Poissons d’eau douce du Canada/Siluroide

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Les poissons d’eau douce du Canada
C. O. Beauchemin & Fils (pp. 251-260).
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SILUROÏDES


Ictalarus nigricans (Rafiuesque). — La Barbue (canadien-français). — Channels Cats (anglo-américain).


Ordre :  
Nematognathi 
poissons-chats, cat-fishes.
Famille :  
Siluroïdes.
Sous-Famille :  
Silures protéroptères (de Lacépède).
Espèce :  
Ictalarus nigricans (Lacépède).


Le mot barbare Nemalognathi désignant cet ordre de poissons communs aux eaux des deux continents, mais spécialement abondant dans les deux centres de l’Afrique et de l’Amérique, tire son étymologie de deux mots grecs qui signifient barbillons aux mâchoires. La famille européenne connue sous le nom de siluroïdes habite les contrées centrales de l’Autriche, de l’Allemagne, de la Russie et de l’Asie, où certains sujets atteignent le poids de quatre cents livres et plus.

D’après le professeur Gill, la famille des siluroïdes se compose de plus de cent genres, subdivisés en plus de 900 espèces différentes presque toutes vivant en eau douce, les exceptions marines habitant sous les tropiques. Le bassin du Mississipi en est surabondamment peuplé, pendant que le bassin du fleuve Saint-Laurent n’en compte que cinq ou six espèces, au nombre desquelles figure la grande espèce principale se rapprochant du silure glanis d’Europe, l’ictalarus nigricans qui se développe jusqu’au poids de cent livres et plus. C’est celle que les Canadiens-Français appellent la barbue. Une autre espèce, de bien moindre taille, mais très populaire et fort en demande sur nos marchés, à l’état frais et écorchée, se nomme la barbotte. Il y a la la barbotte noire, et la barbotte jaune, qui diffèrent si peu entre elles, que cette différence mérite à peine d’être remarquée. Le gronias ou barbotte aveugle des sources de Saint-Léon, P. Q., est un objet de curiosité et rien de plus.

Voici le portrait du silure glanis d’Europe par de la Blanchère : « Ce poisson est un véritable monstre. Tête énorme et aplatie ; gueule large armée d’une infinité de petites dents pointues et garnies de chaque côté de plusieurs barbillons qui peuvent atteindre jusqu’à deux pieds de long. Le silure vit solitaire, enfoncé dans la vase dont il sort la nuit pour faire la chasse au menu fretin, à tout ce qui lui tombe sous la dent.

« Pond en juin, des œufs très petits, très nombreux ; les poissons qui en sortent se développent rapidement, puisqu’ils pèsent de deux à trois livres au bout d’une année.

Fig. 44. — La Barbue ou Ictalarus nigricans.

« Corps dépourvu d’écailles ; ligne latérale formée d’une série de petites lignes très fines.

« Dos brun olivâtre tirant au noir : flancs et ventre plus pâles ; lèvre inférieure rouge : anale brune ; pectorales et ventrales brunes, portant à leur base une tache brune entourée d’un cercle plus pâle. Les yeux sont très écartés, le sous-opercule manque, et le préopercule est invisible à travers la peau.

Anale — 90 rayons, va se réunir à la caudale et conserve presque partout la même hauteur, Caudale — 17, coupée carrément, P — 1 ? 16 arrondie. Son premier rayon, d’un tiers plus court, est épineux, très robuste, porte de petites dentelures vers la pointe. Ventrales — 12, arrondies.

« Le silure habite ordinairement le fond de l’eau, et ne monte à la surface que quand il tonne. Il est très vorace, très fort de la queue, saute assez bien, se cache sous les racines, dans les trous ou sous les crônes.

« Le silure n’existe ni en France — où on cherche à l’introduire dans nos départements de l’Est — ni en Angleterre, ni en Italie, ni en Espagne. La Suisse en possède quelques-uns dans les lacs de Morat et de Neufchâtel. Il commence à être abondant dans le Danube, l’Elbe, et leurs affluents.

« On en a mis en liberté, dix individus, dans un bassin du canal du Rhône au Rhin, et l’année suivante, on en a pris dans le Doubs, près de Montbéliard, à Hambourg et à Mulhouse, entre deux vannes. Bloch avait donc tort de dire qu’on ne l’introduirait jamais en France, puisqu’il s’y acclimate si facilement. »


Pour compléter ce portrait du silure d’Europe et en accentuer les traits principaux, ajoutons que la peau nue ne porte jamais d’écailles. Le crane est caractérisé par l’absence totale de certains os tout autant que par le développement extraordinaire que prennent quelques autres. À l’épaule, le scapulaire, le cavacoïdien font défaut, de même que le sous-opercule à l’appareil operculaire. La vessie natatoire existe presque toujours : son conduit communique avec l’organe de l’ouïe par les osselets auditifs. Il n’y a pas d’appendices pyloriques.

Les siluroïdes sont originaires des contrées tropicales. D’après Günther ils se sont rendus au nord de l’Australie par l’Inde, et une espèce a émigré dans les îles Sandwich, probablement par le sud de l’Amérique. Leur progression dans les régions tempérées a été évidemment lente et difficile, quelques espèces seulement ayant pénétré dans la partie tempérée de l’Europe et de l’Asie. Si les espèces de l’Amérique du Nord sont plus nombreuses elles sont peu variées, comme si elles dérivaient toutes d’un seul type. Les siluroïdes habitent volontiers les eaux vaseuses et calmes où leur voracité extrême trouve à s’exercer sur les vers, les crustacés et les myriades de vibrions qui y grouillent. N’empêche qu’ils se complaisent également dans les eaux vives, sous des courants rapides, à de grandes profondeurs où ils acquièrent tout leur développement, en même temps qu’une grande vigueur, dont le sportsman est ravi mais qui surprend et étonne parfois les pêcheurs novices. On a trouvé des siluroïdes dans les montagnes de l’Amérique du Sud, à une altitude de 14,000 pieds ; ceux-là ne vivaient pas assurément dans la vase, pas plus que ceux que vomissent assez fréquemment des volcans de ces mêmes régions, provenant sans doute de lacs souterrains, et qui sont invariablement aveugles. Il en est même qui vivent dans les cours d’eau les plus torrentueux des montagnes, grâce à un disque pectoral pneumatique qui leur permet de se fixer aux pierres et d’y braver la fureur des eaux déchaînées.


Fig. 43. — Le Silure de Tibériade ou Poisson de Saint-Pierre.


Le silure était parfaitement connu des anciens : Aristote en parle : Athénée, Juvénal, Élien en font mention. La mer Caspienne et les rivières qui s’y jettent en produisent tant, qu’il est au plus vil prix. À Astrakhan, la livre n’en vaut pas souvent un centime. Le Térek en produit du poids de plus de trois cents livres ; il est des lacs où l’on en a capturé qui pesaient cinq cents livres ; leur voracité est extrême et semble se développer dans la proportion de leur masse. Gessner rapporte qu’une fois on a trouvé dans l’un d’eux une tête humaine et une main portant deux anneaux d’or ; il dévore tout ce qu’il peut atteindre ; oies, canards, n’épargnant pas même le bétail quand il se rend à l’abreuvoir. S’il faut en croire Valenciennes, il va même jusqu’à s’attaquer à l’espèce humaine.

En 1700, le 3 juillet, un paysan en prit une auprès de Thorn qui avait un enfant entier dans l’estomac. On parle, en Hongrie, d’enfants et de jeunes filles dévorés en allant puiser de l’eau, et l’on raconte même, que sur les frontières de la Turquie, un pauvre pêcheur en prit un, un jour, qui avait dans l’estomac le corps d’une femme, sa bourse pleine d’or, et ses anneaux aux oreilles. Neckel et Kner rapportent également qu’on trouva dans l’estomac d’un glanis capturé à Presbourg, les restes d’un jeune garçon dans celui d’un troisième une oie que l’animal avait noyée avant de la dévorer.

Les habitants du Danube et de ses affluents redoutent le silure et ne se baignent jamais dans les eaux qu’il fréquente. D’après Gamelin, le silure secoue avec sa queue, lors des inondations, les arbustes sur lesquels se sont réfugiés les animaux terrestres, de manière à les faire tomber et à s’en emparer. Tout ceci peut paraître exagéré, mais on s’en accommode quelque peu lorsqu’on songe qu’il est des silures longs de dix pieds et si gros qu’un homme peut à peine les embrasser.

Au temps du frai, de mai à juin, les silures s’approchent des rivages par couples, et viennent attacher leurs œufs flottants et gluants a des fucus ou des roseaux. Pendant le temps de l’incubation les parents restent à peu de distance du précieux radeau, dans des eaux peu profondes, ce qu’ils ne font jamais en dehors de la saison du frai. La femelle pond de 15 à 20,000 œufs d’où sortent, huit ou dix jours après, de petits animaux qui ressemblent pas mal à des têtards. D’après Valenciennes, ce qu’Aristote rapporte avec détails, et en deux endroits, le soin que le silure mâle prend des œufs de sa femelle tient un peu du merveilleux. Selon lui les grands silures les déposent dans les eaux profondes ; ceux de moindre taille entre les racines des saules, des aulnes, entre les roseaux et même dans la mousse. La femelle, après les avoir pondus, les quitte ; mais le mâle les garde et les défend jusqu’à l’éclosion et plusieurs jours encore après.

Voilà pour le silure glanis d’Europe. En le comparant à notre barbue, à l’ictalarus nigricans du bassin du fleuve Saint-Laurent et des grands lacs, nous constatons que ce dernier est de bien moins forte taille, puisqu’il ne dépasse jamais cent livres, lorsque son congénère d’Europe atteint le poids de cinq cents livres ; nous constatons aussi que s’ils se ressemblent par la forme de la tête, la couleur et la texture de la peau, par la couleur bleue des yeux, ils diffèrent considérablement par la conformation et la disposition de leurs nageoires dorsales, anale et ventrale. Quant aux mœurs, nous admettons qu’elles sont à peu près les mêmes : nos grands silures ne viennent jamais près des rives pour y déposer leurs œufs, ils se tiennent constamment au fond d’eaux profondes, sous des courants rapides où pour les capturer on fait usage de lignes dormantes ou de longues et fortes lignes à fronder munies de plombs d’une demi-livre au moins. Rien dans l’histoire de notre barbue ne rappelle les traits de férocité attribués par les auteurs au glanis du Danube, de la mer Caspienne et autres lieux. Les esches dont on se sert pour pêcher la barbue à l’automne, lorsqu’elle se met en chasse, lorsqu’elle sent le besoin de se mettre du gras sur les côtes pour braver les rigueurs de l’hiver, sont des poissons blancs tout ronds, s’ils sont petits, par morceaux ou en libèches, s’ils sont gros, des quartiers de passereaux, des grenouilles, des écrevisses, des losanges de fromage de Gruyères, du foie de porc, des tranches de pommes de terre même, à défaut de mieux ; mais l’esche des esches, l’esche par excellence pour la barbue, consiste dans des morceaux de maquereau salé.

Il y a quelque cinquante ans, il n’existait pas d’endroits au Canada où cette pêche fût aussi abondante que dans l’Ottawa. Plusieurs semaines avant le temps de la pêche, le vieux (le père ou le grand-père), se rendait au bois pour y lever de l’écorce d’orme qu’il faisait bouillir pour en faire des câblières, ce qui lui prenait des jours et des jours suivant la longueur de la ligne dormante qu’il voulait tendre. La ficelle étant un article rare alors, on se servait de chanvre pour faire des empiles auxquelles on attachait des hameçons éhanchés, les seuls connus, et qui coûtaient bel et bien un ou deux sous la pièce. Un beau soir, la ligne dormante allait se coucher au fond, longue de dix, de douze, de quinze arpents, armée de cent à deux cents empiles, eschées d’ablettes, de grenouilles et de gardons. Le lendemain, dès l’aube, le vieux faisait la levée et, de retour, son canot étant rempli, il était fier d’éveiller les jeunes en les appelant à son aide pour transporter son poisson de la grève à la maison. En trois ou quatre nuits chanceuses, la famille s’approvisionnait pour jusqu’après le carême ; le surplus allait aux pauvres, les plus belles pièces au seigneur et au curé. C’était le bon temps. Aujourd’hui le rendement n’est plus le même, le seigneur est disparu et le curé est oublié !…

C’est que la petite graine de bran de scie, si petite qu’elle soit, si inerte, si dénuée de force en apparence, roulée au gré des flots, débris perdu sans espoir de retour, a fini cependant par détruire ou chasser nos plus gros, nos plus vaillants poissons.

Où sont la truite, le saumon, l’esturgeon, le maskinongé, cette armée de barbues montant processionnellement jusqu’au seuil des Chaudières au milieu des eaux limpides des Laurentides, sous les ombrages des plus belles forêts du monde ?

Mais où sont plutôt les ormes, les chênes, les pins orgueilleux qui faisaient la richesse et la grandeur de ces forêts ? Tombés, hélas ! sous le grain de blé, le grain de mil, comme nos grands poissons, partis aussi chassés, hélas ! devant la moulée de scie.

On a beau dire que la navigation, les chaussées, un nombre exagéré de filets, détruisent ou détournent le poisson de la rivière Ottawa, j’affirme que le bran de scie est le grand coupable de cette dévastation.

AMIURUS


Pimclode-Chat (LeSueur). — Barbotte (canadien-français). — Bull-head. — Horned-pout. — Mud-pout (anglais).


La barbotte, l’un des innombrables sous-genres siluroïdes, peuple très abondamment les eaux du bassin de l’Ottawa. Elle a à peu près la même forme que son aîné le silure d’Amérique, la barbue, sauf qu’elle porte une queue carrée plus épaisse, plus large, au lieu d’une queue fourchue. Sa tête et sa queue le rapprochent plutôt du silure d’Europe, un géant à côté d’elle, puisque rarement elle dépasse le poids d’une livre, même dans les eaux les plus favorables à son développement, comme le lac Bernard, par exemple, où elle est si alerte qu’elle saute à la mouche et vient disputer des poissons vifs au nez même de l’achigan et les lui arracher de la bouche. Les petits cours d’eau et les marais du bassin du Saint-Laurent, tant au nord qu’au sud, en sont radicalement infestés. Tout le monde la connaît, c’est le poisson des enfants, et qui de nous n’a payé sa connaissance d’une cuisante blessure provenant des pectorales ou de leur dorsale toujours armées en guerre ?

Vous n’avez pas oublié, sans doute, l’avoir pêchée à la bouche du ruisseau voisin moiré de vase, en enfonçant votre canne de pêche dans le sol et l’appuyant sur une fourche de houx, pendant que vous suiviez des yeux les manœuvres d’un gars vigoureux qui pêchait au carrelet, du haut d’un lourd bachot.

Et vous reveniez encore là, le soir, avec le père ou le grand frère, pêcher le même poisson mêlé d’anguilles, à la vermée et au flambeau. On pêche encore au flambeau, au harpon, mais la vermée est tombée en désuétude, je crois. J’en ai tout de même gardé un délicieux souvenir en ma mémoire.

La barbotte pond ses œufs dans les ajoncs, et les fixe à une plante quelconque, vers la fin de mai. Quelquefois, la parturition lui coûte de dures souffrances ; si vous en voyez sur le marché, le corps meurtri, déchiré, sanglant, c’est qu’elles ont passé entre des racines ou des cailloux pour se débarrasser de leurs œufs. C’est pour avoir ainsi souffert qu’elles s’attachent à leurs petits. Le mâle pourtant leur porte un intérêt vraiment curieux. Il les suit de jour et de nuit, lorsque dégagé de la tige qui les a vus naître, ils vont au gré des remous ou de la brise, d’une anse à l’autre, masse noire et grouillante, grossissant de jour en jour, ressemblant beaucoup aux nids de grenouilles, comme les petits ressemblent aussi, du reste, aux têtards du premier âge. Il réussit à les protéger contre les crapets, les perchaudes, les achigans mêmes qu’il tient à une respectueuse distance : mais si un brochet passe auprès, d’un coup de dent il disperse pour toujours l’heureuse et innocente nichée.


Fig. 45. — La barbotte.

La chair de la barbotte est fort prisée par les uns et dédaignée par les autres ; elle est comme le pâté de foie gras, ou en raffole ou elle nous écœure.


À ce sujet, je vous raconterai une anecdote. Quelques familles de millionnaires américains passaient des semaines à l’hôtel Russell, à Ottawa, au temps de leur carême, et le galant M. Saint-Jacques, le gérant, faisait de son mieux pour leur procurer de bon, d’excellent poisson, sans pouvoir les satisfaire. Les jolies misses lui montraient des dents blanches aiguisées d’un appétit féroce. Comme feu Vatel, il allait se percer de sa fourchette lorsqu’il songea à Moses Lapointe, le grand fournisseur de marée d’Ottawa. Il lui expose son cas, lui dit son désespoir, et va donc toujours !…

Moses souriant, lui répond : « Avez-vous essayé de la barbotte ? »

— Non, c’est le seul poisson que je ne leur ai pas offert.

— Essayez-en, et vous m’en direz des nouvelles : puis élevant la voix :

— Garçon, douze douzaines de barbottes pour l’hôtel Russell.

Pas n’est besoin de dire que les barbottes furent servies à la meilleure sauce. Cependant pas une des jeunes femmes n’y toucha.

M. Saint-Jacques retourne se plonger dans le gilet de M. Lapointe, qui lui demande sèchement :

— Sous quel nom avez-vous servi le poisson ?

— Sous le nom de barbotte, naturellement.

— Je comprends ; eh bien, je vais vous envoyer du même poisson, mais cette fois, portez-le sur la carte sous le nom de mountain trout et je vous attends ici, demain, de bonne heure.

— Garçon, douze douzaines de barbottes pour l’hôtel Russell !…

Le lendemain, M. Saint-Jacques téléphonait à M. Lapointe : « Je retiens toute votre barbotte. »


Qu’était-il arrivé ? Les millionnaires américains avaient avalé les mountain trouts, du museau jusqu’à la queue, les avaient dévorées jusqu’à la dernière ; les jeunes misses avaient les doigts en sang, à force de se les sucer, et elles en demandaient encore. Depuis, le Russell est devenu le meilleur client de M. Lapointe, pour la barbotte ?… pardon, pour la mountain trout.


La barbotte vit par bandes immenses, sans souci des poissons les plus dangereux, protégée qu’elle est par ses dards aigus ; elle voyage beaucoup, et il faut la chercher longtemps quelquefois avant de trouver son gîte.

Elle aime les fonds vaseux où elle se nourrit de larves, d’insectes mous, de vers. Demandez comment, quand et avec quoi on la pêche, et le premier enfant venu, n’eût-il que cinq ans, vous en dira là-dessus autant que moi.

Dans nos grands hôtels, la truite de montagne est le poisson des millionnaires, mais, sur nos marchés, la barbotte est restée le poisson du prolétaire.

Depuis quelques années la barbotte s’est réhabilitée dans l’estime des habitants des villes, qui en font une grande consommation. Elle n’a pas encore sa cote à part, mais proprement écorchée elle représente une masse alléchante dans le tas du menu fretin.