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L’ARCADIE

de nous & de noz bestes tous blasphemes et imprecations de magicque. Garde noz tendres aigneletz de la poison des yeux pleins d’envie. Sauve la troupe vigilante des chiens, qui sont le refuge et seur appuy des brebiettes craintives, afin que leur nõbre ne puisse aucunemêt appetisser, et qu’il ne se treuve moindre les soirs au rentrer es estables, que les matins allant en pasture : Faiz que ne puißions iamais veoir aucuns de noz pasteurs lermoyant rapporter au logis la peau sanglante d’une beste a grãd peine recousse de la gueulle du loup. Chasse loing de nous la dangereuse famine, & nous procure abondance d’herbes, feuilles, & claires eauz tant pour nostre usage, que pour abbreuver et nettoyer noz bestes : lesquelles semblablement nous soient en toutes saisons fertiles de laict & d’engeance, mesme si bien revestues de layne, que nous en puißiõs tirer agreable profit.

Ceste oraiſon dicte par quatre foys, & autant par nous taiſiblement murmurée, chaſcun pour ſe purger ſe lava les mains d’eau de fontaine vive. Puis ayant faict allumer force feux de paille, nous ſaultaſmes par deßus les uns apres les autres, afin que la fumée emportaſt quant et f oy noz offenſes du temps paßé. Cela faict nous retournasmes devant l’image de la saincte Deesse preſen-

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