Page:Richepin - La Chanson des gueux, 1881.djvu/164

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
127
gueux de paris

Nos peines ont été les siennes,
Et nous songeons à nos anciennes
    Et tristes amours.

Notre voix à sa voix unie
Chante la lente litanie
Du souvenir et du regret,
Chanson lointaine, monotone,
Et qui ressemble au vent d’automne
    Dans une forêt.

Et quand le pauvre fou s’arrête,
Et meurt en renversant sa tête
Dans un sanglot original,
Quand, tandis que la voix trépasse,
Le de Profundis fait la basse
    De l’accord final,

Quelque chose en nous se resserre,
Une larme douce et sincère
De nos yeux pensifs a coulé ;
Et l’orgue en s’en allant nous laisse
La délicieuse tristesse
    D’un rêve envolé.