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ses organes intellectuels désignés sous le terme générique de prûnas) '. »

Et le commentateur ajoute en guise d'explication : « Il reste en ce monde sous la forme de son fils, et il ne doit pas être considéré comme mort ; voilà ce que cela veut dire 2 . »

Il est évident toutefois que cette cérémonie était purement symbo- lique ; elle consacrait l'idée de la perpétuité traditionnelle et hérédi- taire des croyances et des obligations religieuses, mais non pas, comme on pourrait le croire, celle de l'identité intellectuelle du père et du fils. Le fils reste sur terre pour continuer le père, et c'est à ce point de vue que VUpanishad peut dire qu'on conquiert ce monde au moyen d'un fils ; cependant l'un et l'autre conservent leur indi- vidualité distincte. C'est, du reste, sur cette réserve implicite qu'est fondé le précepte suivant : « Le monde des ancêtres doit être con- quis par l'œuvre (ou par le sacrifice), » qui résume sous une forme très-concise la théorie de la transmigration.

Dans un autre passage de la Brihad-Arayiyaka-Upanishad (IV, 4, 5 et 6), la théorie des oeuvres et de leurs effets, au point de vue de la condition future des âmes individuelles, est exposée comme suit :

« Il en est qui disent que l'homme est fait de désir (c'est-à-dire qu'il a le désir pour principal mobile et, par conséquent, pour cause de son sort futur) ; tel est son désir, telle est sa détermination; telle est sa détermination, telle est son oeuvre; telle est son oeuvre, tel en est le fruit (tel en est l'effet au point de vue de la transmigration). Il y a à ce propos un vers que voici : « Celui qui a de l'attachement pour quelque chose obtient, au moyen de l'œuvre, ce à quoi son manas, qui est la cause (de l'attachement), est attaché. Ayant obtenu tout le fruit (mot à mot, le bout) de l'œuvre quelconque qu'il avait accomplie ici-bas, celui qui a des désirs revient de ce monde à ce monde 3 par l'effet de l'œuvre 4 . »

Une autre Upanishad ancienne , la Kaushîtaki, énonce en ces termes la même théorie :

« L'âme consciente [prajhâtman) fait accomplir de bonnes œuvres

1. Yadà praishyan manyate 'tha putram âha tvam brahma tvam yajnas tvam. lokaiti sa putràh pratyâhâham brahmâham yajùo liam loka iti... sa yadaivamvid asmàl lokât praity athaibhir eva prânaïh. saha putram âviçati.

2. So' sminn eva loke vartate putrarùpena naiva mrto mantavya ity arthah.

3. C'est-à-dire qu'après l'avoir quitté pour d'autres mondes où l'appelaient les conséquences de ses œuvres, il y revient par l'effet des mêmes causes.

4. Atho khalv âhuh kùmamaya evàyam purusha iti sa yathâkdmo bhavati tatkra- tur bhavati yatkratur bhavati tatkarma kurute yatkarma kurute tad abhisampate. Tad esha çloko bhavati tad eva saktah. saha karmtmaiti lingam mano yatra nishak- tam asya prapydntam karmanas tasya yat kim ceha karoty ayam. tasmûl lokât punar ety asmai lokdya karmana iti nu kûmayamânah..

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