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ALONG — ALP

AlONG ou Ha-LONC, grande ot belle baie de la côte N.-E. de l’Annam (ludo-Chine), prov. d’Haïphong, constituant un excellent refuge, j^ui a souvent servi de lieu de réunion à la flotte française pendant la dernière guerre du Tonkin. Elle offre, dans sa partie sept., le petit port Courbet. Le voisinage des mines de charbon de Hong-Haï lui donne une grande importance. ALONSOA (de Zanoni Alonso, n. pr. esp.) n. f. Genre do plantes de la famille des antirrhinées, à fleurs disposées en épis d’un rouge éclatant, et cultivées dans les jardins d’agrément. Elles sont originaires des Andes péruviennes et chiliennes.

Alopa {Laurent-François d’), imprimeur italien, né à Venise, exerçait son art à Florence vers la lin du XV* siècle. Il se livra particulièrement à l’impression des ouvrages grecs. Ses éditions sont très élégantes et très belles. Il a le premier employé les capitales. Il eut pour correcteur le célèbre Jean Lascaris. AlOPE, tîlle de Cercyon, eut de Neptune un fils nommé Hippothous. Fut tuée à coups de flèches par son père, et métamorpliosée en fontaine. — Nom d’une des Harpies. AlopÈCE, petit bourg de l’anc. Atti(^ue,à]2kil. d’Athènes, célèbre par la naissance d’Aristide et de Socrate. ALOPÉCIE (du gr. alôpêx, renard, cet animal étant sujet à une maladie qui lui fait tomher le poil) n. f. Chute ou absence totale, ou partielle, des poils et des cheveux.

— Encycl. L’alopécie est différente de la calvitie. Cette dernière désigne la chute définitive des cheveux, tandis que Talopécie ne s’applique qu’à leur chute temporaire. L’alopécie peut être générale ou partielle, selon qu’elle attaque les poils de toute la surface du corps, ou ceux de quelques régions seulement. Elle peut être aussi physiologique ou morbide. L’alopécie phvsiologicjue est congénitale ou acguise. La première s’observe à titre d’exception ; le plus souvent, les parties habituellement recouvertes do poils ont quelques poils follets. Elle est presque toujours héréditaire. Il faut ranger l’alopécie sénile (v. calvitie) parmi les alopécies physiologiques. Les causes de l’alopécie morbide sont directes ou indirectes. Les premières, qui sont des affections locales, agissent immédiatement sur le cuir chevelu : Tcrysipèle du cuir chevelu, l’inflammation érytKémateuse produite par un cosmétique irritant, l’eczéma, l’impétigo, le psoriasis, le lupus, les brûlures, les coups et les parasites de tous les genres, particulièrement les teignes. Parmi les secondes se rangent la syphilis, la fièvre typhoïde, les fièvres éruptives, surtout la variole et la scarlatine, les suites de couches, la phtisie pulmonaire. Le traitement de l’alopécie varie avec la cause qui lui a donné naissance. Une bonne hygiène, des applications aromatiques ou alcooliques ou irritantes rendent de réels services ; ce sont : les alcoolats de romarin, de mélisse, le rhum, la pommade de Dupuytren, les lotions à la quinine, les lotions antiseptiques. Il est utile de porter les cheveux très courts.

ALOPÉCIQUE adj. Qui a rapport à l’alopécie : Affection ALOPECIQUE.

— n. Personne atteinte d’alopécie. ALOPÉCURE {an sv. alôpêx, renard, et oura, queue) n. m. Genre de plantes graminées, con- Alopécure. nues sous le nom do vulpins, et de taille médiocre. Sur une vingtaine d’espèces connues, la moitié sont propres à l’Europe ; ce genre est surtout caractérisé par l’avortementpresque constant d’unedespiècesde laglunielle. Alopeus (le baron Maximilien d’), diplomate russe, né en Finlande en 1748, mort à Francfort-sur-le-Mein en 1822. II fut ministre plénipotentiaire à Berlin (1790), puis à Londres (1807). — Son frère, le comte Davu» d’Alopeus, remplit aussi diverses fonctions diplomati (|nes. Dans la campagne de Saxe, eu 1813, il fut nommé commissaire général dos armées alliées et, en 1815, gouverneur de la Lorraine. Il mourut en 1831, ministre plénipotentiaire à Berlin. Aloph.’ ALOPHE(dugr. a priv., ot /op/ios, crête) (Sfossi 2 fois}. n. m. Genre d’insectes coléoptères rhynchophores, famille des brachyrhinidés, comprenant quelques espèces répa dues dans l’ancien mondé, notam

Ce sont des charançons de taille

moyenne, grisâtres, variés de blanc et do brun, vivant à terre, sous les plantes basses, dont leurs larves dévorent sans doute les racines.

Deux espèces françaises : alophus triguttatiis, alophus nictitans.

ALOPHORE {du gr. «/û5, aire, disque, et pkoros, qui porto) n. m.

Genre d’insectes c

dés, a corps large

ALOPIAS {dss

— du gr. aiôpéx,

renard) n. m.

Genre de pois-

lamnidés, renfer-

mant des squales

plus vulgaire-

ment connus sous

le nom à& renards

et caractérisés

par le développe-

ment extraordi-

naire du lobe su-

périeur de la na-

geoire caudale ,

qui peut dépasser

la longueur du

corps.

— Encycl. Les

alopias sont des

requins des mers

it dans le N.de l’Asie.

AlopoDote (long, totale 0’°,4d).

chaudes et tempérées. Le renard {alopias vulpes) est commun le long de nos côtes ; il atteint jusqu’à 5 mètres de long.

ALOPONOTE {du gr. alopos, dépourvu d’écaillés, et notas, dos) n. m. Genre de reptiles sauriens crassilingues, famille des iguanidés, dé- ,

pourvus décailles sur

le dos et sur le cou.

L’espèce vivant à Saint-

Domingue, ]’ alopono-

tus Bicordi , est remar-

quable par la crête

ecailleuse qui existe

sur le dos et sur la

queue.

AlORA, ville d’Es-

pagne (prov. de Ma-

laga), près du fleuve

côtier le Guadalhorce ;

10.500 hab. Les envi-

rons sont plantés d’orangers, de citronniers, de grenadiers et d’arbres à fruit de toute espèce. Le district compte 37.000 hab.

ALORGINIQUE (de aloès, et orcine) adj. Se dit d’un acide cristallisé extrait de l’aloès et présentant dans sa constitution un certain rapport avec l’orcine. ’

— Encycl. L’acide alorcinique

CH’-'O ou C’H'.(CH’)'.0H.C0»H ;

s’obtient en fondant l’aloès socotrin (préparé avec Valoé socotrina) avec trois fois son poids do soude caustique. La masse reprise par l’eau, additionnée d’acide sulfurique. puis agitée avec l’éther, cède à ce dernier l’acide alorcinique mélangé d’acide acétique, d’acide paroxybenzol’que et dorcine.

Séché dans le vide, il fond à 97°. Par distillation, il se transforme en anhydride alorcnnque C’*H"*0’ : deux molécules d’acide alorcinique s’unissent avec élimination d’eau. L’acide alorcinique réduit lazotate d’argent et le réactif de Fehling. Le sous-acétate de plomb donne un précipité qui rougit à l’air. La potasse fondue la dédouble en acido acétique et orcine. Les alorcinates de baryum, de calcium, de cuivre, sont solubles dans l’eau et l’alcool. ALORS [lor — de l’ital. allora, à l’heure ; ou mieux de l’ablatif lat. hora, dont on a fait d’abord are, ores ; puis, par addition de l’article, lores, lors, et, enfin, en y joignant la prép. à, alors) adv. de temps. A ce moment-là : Que vouliez-vous qu’il fit contre trois ? — Qu’il mourût. -Ou qu’un beau désespoir, alors, le secourût P. Corneille.

i ! En ce temps-là : Le « qu’il mourût ! » de Corneille est bien le cri d’un Romain rf’ALORs. il En ce cas-là, si telle chose arrive : Si l’on me dit cela, alors je répondrai. (En ce sens, ALORS est souvent précédé de locutions interjectives : Oh ! alors... Eh bien ! alors... Mon Dieu ! alors...)

— Alors que, loc. conj. Lorsque : Tous les maux sont pareils aiors qu’ils sont extrêmes. Corneille.

— Jïtsqu’alors. loc. adv. Jusqu’à ce moment-là.

— Prov. Alors comme alors, Quand on en sera là, on avisera à ce qu’il faudra faire, on se tirera d’affaire comme on pourra. (Fam.)

— Syn. Alors, pour lors. Alors rappelle une époque d’une certaine durée, pendant laquelle avait lieu tout un genre ou une suite d’actions. Pour lors indique une époque courte, précise, à laquelle se rapporte un fait unique. AlOS, comm. de l’Ariège, arr. et à 14 kil. de Saint-Girons, près de l’Arrout, affl. du Salât ; 1.062 hab. Fromages. ALOSE (lat. alausa, même sens) n. f. Goure de poissons phvsostomos ^

abdominaux,de

la famille des

clupéidés.

— Encycl.

Les aloses vi-

vent dans les

mers tempé-

rées, et sont

caractérisées par leur corps comprimé latéralement, avec une carène et des épines au ventre. L’alose commune {alausa vulgaris fOcéan et Méditerranée]) remonte les fleuves au moment du frai, vers le printemps. Un peu plus tard apparaît une autre espèce, la feinte {atosa finta). Ces poissons-, dont la chair est très estimée malgré les nombreuses arêtes, atteignent jusqu’à 1 mètre de long. On les pêche au filet, surtout au moment do la montée. ALOSEAU {zô — dimin. de alose) n. m. Petite alose. ALOSIER( ;(-^ — rad. alose) n. m. ou ALOSIÈRE n. f. Filet pour prendre des aloses.

Alosno, ville d’Espagne, prov. de Huclva (.Andalousie) ; 12.030 liab. Mines de cuivre dites de Tharsis. AlOST ou Aalst, ville de Belgique (Flandre or.), sur la Dender ; 26.000 hab. Industrie active. Cette ville, très ancienne, capitale depuis 1016 d’un comté réuni à la Flandre en 1167, fut prise et démantelée parTurenne en 1667, abandonnée par les Français en 1706. Patrie de l’imprimeur Thierry Martens. Monuments remarquables ; hôtel de ville (xiii*s.) ; église collégiale de Saint-Martin, qui possède un des chefs-d’œuvre de Rubens : Saint Hoch, patron des pestiférés, et le tombeau de Thierry Martens. Non loin d’Alost sont les ruines de l’abbaye dAfflighem.

— Pop. du caot. : 64.000 hab.

ALOUATE n. m. Nom vulgaire d’un singe américain, appartmaiit au genre mycetes (ou hurleur). V. ces mots. ALOUETTE (dimin. de aloue, mot de l’anc. franc, qui vient du lat. atauda. — Le lat. alauda est d’origine celtique ) n. f. Petit oiseau chanteur, d’une couleur grisâtre, qui fait son nid dans les champs : L’oiseau des champs par excellence, l’oiseau du laboureur, c’est rALOUETTE, sa compagne assidue. (Michelet.)

— Alouette de mer. Oiseau du genre des vanneaux, de Tordre des échassiers, dit bécasseau : Les alouettes dk MER volent en troupe le long des côtes et des rivières. ~ Prov. S’éveiller, se lever avec les alouettes, au chant de l’alouette, De très grand matin, il Si le ciel tombait, il y aurait bien des alouettes de prises, toutes les alouettes sei-aient prises. Se dit à quelqu’un, pour lui faire sentir qu’il vient ae faire uno supposition absurde, ii II attend que les alouettes lui tombent toutes rôties dans le bec. Se dit d’un Alose

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paresseux, qui voudrait avoir les choses sans se donner la moindre peine, ii Manger comme une alouette, Manger très peu, faire la petite bouche.

— Agric. Terres à alouettes, Terres sablonneuses.

— Mar. Aœud d’alouette, Sorte de nœud qu’on appelle aussi TÈTb : DE MORT.

— E.NCYCL. Ornith. L’alouette est un genre d’oiseaux passereaux conirostres, famille des alaudîdés, renfermant de nombreuses espèces qui habitent les régions septentrionales de l’ancien monde. Ce sont des oiseaux à plumage gris, marqué de grivelures plus foncées à la gorge et à la poitrine ; ils ont le bec cylindrique, pointu, allongé en alêne. Les alouettes se plaisent dans les lieux découverts, nichent sur le sol, volent bien et accomplissent de grands voyages pour aller passer l’hiver dans les régions chaudes de l’Afrique ou de l’Asie. L’alouette commune habite les champs : très matinale, elle fait entendre son chant dès le point du jour, durant la belle saison. Souvent elle s’élève verticalement à une grande hauteur, oii elle se soutient longtemps. Elle fait deux ou trois pontes par an, et chaque ponte est de quatre ou cinq œufs. La mère nourrit ses petits avec des vers, des chenilles, des œufs de fourmis et de sauterelles. En somme, c’est un animal plus utile que nuisible à l’agriculture.

— Chass. L’alouette n’est pas considérée comme un véritable gibier, sous prétexte qu’elle n’est qu’un oisillon ; et cependant, on lui fait une chasse active, car sa chair est délicate. Fusils, nappes, collets, ghiaux. miroirs, etc.. - C, alouette hausse col

tout est bon pour l’occire. Les gluaux et collets autorisés pour les seuls oiseaux de passage sont utilisés contre elle, parce qu’à l’approche des froids les alouettes communes {alauda arvensis) se réunissent en bandes pour aller se réfugier dans les grandes vallées. On chasse l’alouette surtout au miroir, soit avec le fusil, soit avec des nappes (v. miroir), souvent en s’aidant de mouvants et d’appelants ou bien d’appeaux. L’époque la plus favorable s’étend de juillet à la fin d’octobre. La chasse au collet réussit bien en hiver. Si l’on élève des alouettes prises au piège ou enlevées jeunes du nid, il faut avoir soin de ne mettre en travers de leur cage aucun bâtonnet, et de n’en terminer la partie supérieure qu’avec une toile, car ces oisillons, qui ont l’habitude de s élever perpendiculairement, se blessent avec une grande facilité.

— Syn. Alouette, mauviette. Ces deux noms désignent un seul oiseau. L’alouette, c’est l’oiseau chanteur qui anime et égayé nos campagnes. La mauviette, c’est 1 alouette engraissée, considérée au point de vue culinaire. Alouette (légion de l"), légion célèbre, exclusivement composée de Gaulois,

((ue César avait levée dans la

Gaule transalpine, et dont les

casques portaient deux ailes

d’alouette éployées.

ALOUETTINE n. f. Syn.

vulgaire de alouette.

Aloupka. village de Cri-

mée, sur la mer Noire, au S.

de Simphéropol, à 17 kilom.

de Jalta. Ruines de fortifi-

cations construites par Jus-

tinien. Magnifique château

appartenant au prince Vo-

ronzov, et dont les vignobles

sont très connus en Russie.

Carrières de marbre.

ALOURDIR(rad./o»J’rf)v.a. _

Rendre lourd, pesant : L’ai’-

mure alourdissait les chevaliers. (N’est guère usité au sens propre.) ii Par ext. ; Les années alourdissent la marche. S’alourdir, v. pr. Devenir lourd, plus pesant : En séjournant dans l’eau, une corde s’alourdit, il Par ext. : Le temps s’alourdit. La tète s’alourdit dans l’ivresse.

— Anton. Alléger, décharger, dégrever, exonérer. ALOURDISSANT, ANTE adj. Qui alourdit, qui est de nature à alourdir : ^/i’/^■» ;’ alourdissante. ALOURDISSEMENT n. m. Etat de celui qui est alourdi, de ce (|ui est alourdi : /,’alourdisse.ment des sens. ALOUVI, lE ou ALLOUVI, lE (rad. loup, louve) adj. Qui éprouve une faim dévorante, insatiable, une faim de loup. AlOXE-CORTON, comm. de France (Côte-d’Or), arr. de Beaune ; 24ô hab. Son territoire produit le grand vin de Bourgogne conuu sous le nom do corton. ALOYAGE [loi-ia) n. m. Action daloyer ; résultat do cette action.

ALOYAU (loi-io) n. m. Pièce de la chair du bœuf qui se trouve le long dos reins : Aloyau rôti. Aloyau braisé. Chaque bœuf fournit deux aloyaux. V. dœuf. ALOYER (^oi-iV — rad. a/o() V. a. Donner à l’or et à l’argent laloi ou le titre légal, il Mettre un alliage dans l’étain. ALOYSIE {lo-i~zi). Bot. Syn. de lippie. V. ce mot. ALP n. m. Nom commun usité par les habitants du massif montagneux des Alpes pour désigner des pâturages de montagnes inaccessibles pendant la mauvaise saison à cause des neiges. Ce mot était déjà connu des anciens et désignait soit de hautes montagnes, soit des roches escar-