Page:NRF 8.djvu/291

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Cette page n’a pas encore été corrigée


LE MATADOR DES CINQ VILLES 285

— A moi ! Il est venu me chercher ce matin pour sa femme. Elle est près d'accoucher. C'était une fausse alerte. Je lui ai garanti encore au moins douze heures.

— Alors, c'est donc pour ça qu'il joue ? murmura Buchanan.

Les deux rédacteurs levèrent la tête.

— C'est pour ça?

— Il y avait des gens qui disaient qu'il s'était encore disputé avec l'entraîneur et qu'il faisait des manières, dit Buchanan. Mais je ne l'ai pas cru. On peut dire ce qu'on voudra, mais à coup sûr Jos Myatt ne manque pas de franchise.

En réponse à la question que je fis, j'appris qu'un grand et terrible match de football avait lieu en ce moment même à Knype, à quatre où cinq kilomètres de nous, entre le Club de Knype et les Pirates de Man- chester. On me fit comprendre que ce match avait une importance quasi nationale, et que toute la vie du pays était pour ainsi dire suspendue dans l'attente du résultat. Le résultat de la mi-temps était un but à chacune des équipes.

— Si Knype perd, m'expliqua Buchanan, il serait rayé de la Première Ligue à la fin de la saison. C'est sûr... Un des plus vieux clubs d'Angleterre, demi-finalistes pour la Coupe d'Angleterre en Mil-huit-cent-soixante- dix-huit.

— Soixante-dix-neuf, corrigea le plus âgé des rédac- teurs.

Je compris que la crise était grave.

— Et Myatt est le capitaine, sans doute ?

— Non, mais c'est le meilleur arrière de la Ligue.

�� �