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Ce prince lui fit l’accueil le plus gracieux et lui fournit des chevaux et une escorte pour parcourir sans danger toute l’étendue de ses États. Spallanzani passa par Hermanstadt et séjourna quelque temps en Hongrie, afin de reconnaître les nombreuses mines de ce royaume. Joseph II le reçut à Vienne avec la plus grande distinction. On l'accusait alors d’avoir soustrait quelques morceaux rares du cabinet de Pavie (voy. Scopoli); mais l'Empereur refusa de croire que celui qui n’était occupé que d’enrichir cette belle collection en fût devenu le spoliateur. L’innocence de Spallanzani fut proclamée par un édit impérial, et le savant professeur, après une absence de vingt et un mois, revint à Pavie, où il fit une entrée presque triomphale. Plus il travaillait à compléter le musée, plus il y apercevait de lacunes. Les produits volcaniques surtout y étaient sans suite, sans intérêt et muets pour l'instruction. Voulant combler ce vide, il prit la résolution de se transporter sur les lieux où les feux des volcans déploient depuis des siècles leur désolante énergie. Il partit pour Naples dans l'été de 1788. impatient de visiter le Vésuve et désirant être témoin de quelque forte éruption. Sa curiosité ne tarda pas a être satisfaite. Les flancs du volcan s’ouvrent, et ils répandent des torrents de lave sur les campagnes voisines. Spallanzani s’achemine à la lueur des flammes pour voir de près cette affreuse catastrophe. Il s’embarque ensuite pour la Sicile, escalade les sommets de l'Etna et termine sa course aux iles Eoliennes, que Dolomieu avait déjà visitées. Les volcans et les minéraux ne sont pas les seuls objets qui le frappent ; il embrasse d’un coup d’œil toutes les productions de ces contrées, étudie les mœurs et les usages des habitants, calcule leur population, examine leur commerce, leur agriculture, leur industrie. Il s’approche de Scylla et de Cltaàybde et traverse sur un frêle bateau, les flots écumants qui mugissent autour de ces deux écueils célèbres par tant de naufrages et rendus plus redoutables encore par l'imagination des poëtes. C’est ainsi qu'a l'âge de soixante ans il recueillit cette foule d’anecdotes qui remplissent ses Voyages. dans lesquels il a su lier la littérature ancienne avec l'histoire naturelle, et les récits de Virgile, de Diodore, de Strabon avec ses propres observations. Cet ouvrage est termine par des recherches intéressantes sur les hirondelles, dont il fait connaître les mœurs, le vol et les migrations. Il discute aussi le fameux problème de leur engourdissement pendant l'hiver et prouve que des froids artificiels beaucoup plus rigoureux que ceux de nos climats ne parviennent jamais à mettre ces oiseaux dans un état léthargique. En 1791, il adressa une lettre à l'abbé Fortis sur l'hydroscope Pennet qui l’avait séduit d'abord par ses jongleries. Mais, doué d’un esprit juste et d’un oeil observateur; il ne tarda pas a rester convaincu que nul rapport caché n’existe entre le système nerveux de l’homme et ces sources abondantes que la terre recèle dans ses entrailles. En 1795, il publia ses idées sur un nouveau sens dans les chauves-souris. Il avait remarqué qu’après leur avoir crevé les yeux. ces animaux volaient, se dirigeaient et évitaient les obstacles avec la même adresse qu’auparavant. Cette première observation le porta d’abord à les supposer pourvus d’un sixième sens dont l’analogie ne put jamais lui dévoiler l’existence: il chercha dès lors à découvrir si quelque autre organe remplaçait celui qu’on leur enlevait, et après beaucoup d’essais infructueux, il adopta les idées de Jurine, qui semblait persuadé que l'ouïe pourrait bien servir de guide à ces volatiles aveuglés mais les expériences postérieures de Vassali-Eandi ont détruit cette hypothèse, et l'opinion la plus probable est maintenant celle de Cuvier, qui croit que les chauves souris se dirigent dans leur vol à l’aide du sens du toucher, qui réside principalement dans leurs ailes membraneuses. Tous les ouvrages dont on vient de rendre compte ne représentent pas encore la suite des travaux de Spallanzani. Il observait depuis longtemps les phénomènes de la respiration, et il continuait ses expériences sur les reproductions animales: il avait presque terminé la relation de son voyage à Constantinople et rassemblé des matériaux considérables pour une histoire de la mer. Ces grands services rendus aux sciences naturelles furent récompensés par les suffrages unanimes des savants. En France, en Angleterre. en Allemagne on s’empressa de traduire les écrits du professeur italien, et la plupart des académies de l’Europe lui adressèrent le diplôme de son admission. Salicetti en passant par Pavie, lui offrit au nom de la république française, la chaire d’histoire naturelle au jardin des plantes, à Paris, honneur auquel Spallanzani se refusa. s’excusant sur son âge avancé. Le 3 février 1799, il fut atteint d’une rétention d’urine, et, frappé d’apoplexie au bout de quelques heures, il expira le 12 février 1799. Ses ouvrages sont: l° Ri/lmioui intomo alla trodusione dell’Iliade del Solciiti, Parme, 1760, ttt-ll". 2° Leltrre du sopra un oiaggio ne’utonli del Ileggiono. rd ol logo di l’«nnmo, dans le tome 9 ne la Nuovo rocrolm Cologmau ;’ 3° Saggio di osserrazioni miei-o«•·opirhe roiterrnenti il sislenan della genrraxionc, di Xredlauv cl Ji Begins, , dans le même refüetl, lfatltltt en français, avec les tlples de Needtiam. par Regley, Londres et Paris. 1769, in-8° ; &• De lopiditm ob aqua mi-Iieiuibu, dans le tome 95 du même re«·ueil’de Caiogera. Les deus dernières dissertations ont été réimprinnees ensemble à Marlène, 1765. in-P. î$° Sopra gli aninnfi delle infuniwtipe au î ituori penmatenti, in propoxilo Ji Nred’unn. dans le 3° volume du Giornole d’Italia, Venise, 1767 ; 6° Jlearoric aopro 6 null, Iloilène, 1768, in-8°. àhiëfj :.5- · —“··.:-rr’} ’ à ’·"·. ’.