Page:LeMay - Le pèlerin de Sainte-Anne, Tome II, 1877.djvu/201

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


saluent avec respect. Car les habitants de Sainte Anne ont beaucoup d’égards pour ceux qui témoignent leur confiance et entretiennent un culte envers leur illustre patronne.

Il arrive. Son estomac vide demande quelques aliments, et ses lèvres altérées se dessèchent. Mais il ne veut ni manger, ni boire avant de s’être prosterné devant le Saint des saints, avant de s’être agenouillé, anxieux et tremblant, au pied de l’image de la bonne sainte. En passant dans l’étroite allée, il laisse sur le plancher des taches de sang, car la blessure de son pied s’est rouverte. Il y a beaucoup de monde dans l’église. Elles sont si nombreuses les âmes souffrantes qui veulent être consolées ! Elles sont si douces les consolations de la foi ! Ceux qui le voient marquer son passage par une trace de sang, se sentent humiliés devant tant de courage et d’amour, et font monter pour lui d’ardentes prières vers le Seigneur. Il s’agenouille sur le balustre et reste de longues heures, immobile comme la statue de la prière, les yeux attachés sur l’autel du Christ ou sur l’image de Sainte Anne. Il se confesse, répondant par des signes aux questions du prêtre.