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Effrayés do ces préparatifs et ne connaissant pas exactement les forces qui défendaient Missolonghi, les chefs assiégeants entnmèrent des négociations ; Orner-Pacha envoya comme parlementaire un ami de Marco Botzaris, nommé Vasiaris : il était chargé de promettre une amnistie générale pour tous ceux qui avaient à craindre la colère du sultan, sous la seule condition qu’on déposerait. les armes. Botzaris et Maurocordato tirent semblant d’hésiter. Pour gagner du temps et permettre à des renforts de venir leur porter Secours, ils voulaient faire croire a l’ennemi qu’ils étaient disposés à traiter. Ils usèrent pour cela de plusieurs petites ruses. Ainsi, lia conclurent un armistice de huit jours, pendant lesquels les assiégeants devaient aller chercher les vaisseaux nécessaires au transport des Missolonghiotes, qui étaient censés devoir se rendre. Ce qu’ils avaient espéré arriva en effet : un premier secours de 7 navires.leur vint d’Hydra le 20 novembre et

dispersa l’escadre turque ; en même temps ; la petite flotte débarqua 700 Péloponésiens, . qui entrèrent dans la ville. Comprenant alors qu’il avait été dupé, lo parlementaire Vasiaris adressa de dures paroles à Marco Botzaris. Celui-ci, pour l’apaiser, et trompant encore audacieusement son ami, lui dit que les assiégés allaient envoyer aux Turcs des délégués, et qu’ils offraient eux-mêmes de se rendre. Mais on raconte qu’en quittant la ville il avait dit, en se couvrant de la main la face rouge de honte : t À la patrie, il faut sacrifier même l’honneur I » Ravis de cette promesse, les pachas firent do grands préparatifs pour recevoir solennellement les délégués annoncés. L’heure arrive, et point de délégués. On ne reçoit que cette lettre la conique : « Si vous voulez notre place, venez laprendre 1 » Cela n’était guère facile alors ; le blocus était levé du côté de la mer et la place était constamment ravitaillée. Des secours arrivaient de toutes parts et harcelaient les Turcs sans relâche. Ceux-ci étaient.découragés ; la désertion éclaireissait leurs rangs, et l’hiver qui était rigoureux tuait beaucoup do monde parmi les troupes. Omer-Pacha et Réchid-Pacha résolurent d’en finir. Ils concertèrent un plan d’attaque qui devait l’aire tomber Missolonghi en leurs mains précisément le jour de Noël. Les assiégés devinèrent leur projet, ou bien !a trahison le leur apprit, car ils se préparèrent en conséquence. Le jour arrive ; 800 Albanais avec des fascines et des échelles se jettent sur les remparts, croyant surprendre la garnison, et le reste de l’armée ottomane ouvre le feu sur toute la longueur du fossé ; mais l’entreprise échoua ; elle fut fatale aux Albanais. Après une lutte de trois heures, ceux-ci furent repoussés ; 500 morts ou blessés restèrent dans le fossé. Ce fut la dernière tentative des Turcs. Le 12 janvier, Orner et Réchid, apprenant les, succès de Mavromichalis et d’Odysseus, qui approchaient pour dégager Missolonghi, levèrent le siège. Les troupes quittèrent leur camp avec une telle rapidité qu’elles abandonnèrent tous leurs canons, leur matériel de guerre et même les bagages. À la suite de ce siège mémorable, Marco Botzaris fut proclamé un héros ; quant à Mavrocordato, il déploya le courage du soldat et les rares qualités de calme d’un excellent capitaine.

— II. Le service immense qu’avait rendu Missolonghi en arrêtant les armées turques fit sentir l’importance de cette place, qu’on avait méconnue jusqu’alors. On comprit qu’elle était le véritable boulevard de la patrie contre les continuelles attaques des Albanais, et l’on voulut aussitôt la mettre en état de soutenir un siège régulier. Byron se rendit dans la ville et y appela des ingénieurs pour la fortifier. Le rempart en terre fut garni de bastions, de tours et d’ouvrages à tenaille. L’artillerie fut augmentée, la garnison renforcée. Tous les cotés de la ville non baignés par la mer furent entourés d’un rempart revêtu en maçonnerie et fortifiés par divers autres ouvrages. Chacun do ces ouvrages reçut le nom d’un homme illustré par des bienfaits rendus à la Grèce ou à son propre pays. Les Missolonghiotes voulurent rondre d abord cet hommage à Marco Botzaris, que l’on comparait à l’ancien roi des Spartiates, à Léonidas ; les autres bastions construits sur le front abordable du côté de terre se nommèrent : Franklin, Guillaume-Tell, Rhigas, Byron, Kyriacoulis et Norman,

Los remparts de Missolonghi étaient à peine terminés, quand Orner Vrione, suivi d’une nombreuse armée, parut devant la ville. Ou était dans les derniers mois de l’année 1823 : Marco Botzaris venait de terminer par une mort héroïque, à.Karpenissi, en Ëpire, sa glorieuse carrière. Son frère Constantin Botzaris se jeta dans la place et se prépara à faire une résistance digne de son nom. Il se défendit pendant cinquante-neuf jours et donna ainsi le temps à Mavrocordato de venir a son secours avec des bâtiments hydriotes ; en même temps, la peste se déclara dans le camp do l’armée ottomane et l’obligea de lever le siège.

— III. La guerre de l’indépendance continuait avec des alternatives de succès et de revers ; l’Europe se montrait encore indifférente pour les Grecs, et Mavrocordato cherchait à placer son pays sous la protection de la Grande-Bretagne. Ce projet avait amené un certain refroidissement dans le patriotisme

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du peuple hellénique ; les pacha3 en profitèrent pour’ préparer de nouvelles armées. Ibrahim se tenait tout prêt dans la forteresse de Modon ; quant à l’actif et habile Réchid-Pacha, il né manquait aucune occasion de faire du mal aux troupes grecques.

Au mois d’avril 1825, il vint mettre le siège devant Missolonghi, qui était devenu décidément une puissante et dangereuse forteresse au milieu de l’Épire. Il avait une armée de 35,000 hommes, bien disciplinée, organisée a l’européennel à sa suite marchaient des ingénieurs autrichiens, qui devaient apporter le concours de la science à la valeur des soldats. Aussi Réchid-Pacha espérait-il qu’il aurait bientôt raison de cette placéde Missolonghi, qui ne comptait que 4,000 défenseurs. Il sa trompait. La garnison, à la vérité, était peu nombreuse, mais elle était composée de guerriers d’un courage à toute épreuve, commandés par des chefs qui se nommaient Stournaris, Macris, Tsongas, Liocatas et Noti Botzaris, léfrère du héros souliote. Le siège qu’il allait entreprendre devait rester un des plus fameux de l’histoire, non par la grandeur des" entreprises, mais par les actions héroïques qu’on y devait accomplir ; il allait enfin soulever l’admiration du inonde entier pour ces Grecs courageux, qui depuis sept ans luttaient pour leur indépendance et pour la liberté.. -.,

Les premiers travaux d’attaque furent poussés avec vigueur par Réchid-Pacha ; une flotte turque vint lui fournir bientôt des ressources en vivres et en munitions, et lui permit d’attaquer Missokmghitant par terre que par mer. ’Avant d’entreprendre quoi que ce fût de décisif, il somma la garnison de se

« rendre ; il reçut cette réponse : « Les clefs de la ville sont suspendues à nos canons, venez les prendre. » Cette réponse hardie lui fit ordonner aussitôt un assaut. Ses soldats furent d’abord victorieux ; ils enlevèrent le bastion Marco-Botzaris, niais ce succès même fut leur perte. Il excita les Grecs, -qui s’élancèrent avec furie-et’repoussèrent de purtout l’ennemi. Réchid-Pacha essaya de gagner par ruse ce qu’il ne pouvait obtenir par la force ; mais il ne réussit pas davantage : il n’y avait point de traître parmi les Missolonghiotes. Pendant plusieurs mois, il fit avec patience des travaux d’approche, espérant pouvoir du moins prendre les assiégés par la famine. À ses mines les Missolonghiotes opposèrent des contre-mines ; ils faisaient successivement sauter les ouvrages avancés

dont les Turcs parvenaient a s’emparer. D’un autre côte, Miauris, à la tête d’une flotte peu nombreuse, mais composée de marins expérimentés, put à diverses reprises chasser les vaisseaux ottomans et apporter aux’vaillants assiégés des ravitaillements en vivres et en munitions. Réchid-Pacha commençait à perdre patience. Il tenta un effort désespéré. Il combina avec soin une double attaque du côté de la mer et parterre. Après avoir ordonné de ramasser tous les paysans des environs qu’on

Eourrait rencontrer, il fit avancer Ces maleureux, chassés à coups de fouet devant ses soldats, pour dissimuler les masses turques et tromper les assiégés, qui épuiseraient contre leurs propres compatriotes leurs munitions de guerre. Cet affreux stratagème réussit d’abord. Les Turcs se rendirent maîtres des premiers bastions ; ils allaient entrer dans la ville, quand une explosion épouvantable se fit entendre. Les Grecs venaient de faire sauter leurs ouvrages avancés. Des débris d’hommes calcinés furent lancés en l’air et vinrent tomber sur Réchid-Pacha lui-même, qui rentra épouvanté dans sa tente. Il ne voulait pas cependant abandonner la partie. Le sultan lui avait écrit : « Il mefaut Missolonghi ou ta tête. • Il ne savait plus que tenter ; car dans toute rencontre, quel que fût te courage déployé par ses troupes, les Grecs étaient vainqueurs. Il se décida enfin à appeler à son aide Ibrahim-Pacha. Celui-ci accourut au mois de janvier 1826, à la tête de 20,000 hommes aguerris et commandés par des officiers habiles. Ce renfort décida du sort de Missolonghi. Ibrahim, comprenant qu’on ne pourrait avoir raison de cette place que par la famine, se mit à étudier les environs. Il appliqua tous ses soins à se rendre maître des positions et dés villages qui entouraient Missolonghi. Tout ravitaillement* devint dès lora impossible aux assiégés, qui se trouvèrent en proie à toutes lès horreurs de la faim. Ils vécurent pendant vingt-jours des herbes apportées sur la plage par les flots

« de la mer. Enfin, à bout de forces, .mai 3 n’ayant pas épuisé leur courage, ils se résolurent a une dernière et suprême tentative de sortie. Le 22 avril, tous les hommes çn état de porter les armes, au nombre de 3,000, se préparèrent en silence ;, les femmes elles-mêmes revêtent des habits d’homme et se munissent d’armes. Pendant la nuit, au milieu du plus profond silence, on ouvre les portes, et ils commencent à défiler. Tout à coup deâ cris effroyables se font entendre ; ce sont les Égyptiens. Ibrahim-Pacha avait surpris le dessein des assiégés et avait pris ses précautions contre leur tentative désespérée. Ce fut un terrible carnage. Ni le sexe ni l’âge ne furent épargnés : on massacra tout ; mais l’on’ne triompha que sur des ruinés. Les derniers Missolonghiotes se firent sauter, ensevelissant avec eux plus de 2,000 Égyptiens’.

M. A. Fabre a publié en 1827, in-8°, un ouvrage intéressant : le Siège de Missolonghi.

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MUiolonght (le dernier’ jour de), drame d’Ozaheaux ; représenté le 10 avril 1828 sur le théâtre de l’Odéon. Emprunté tout entier aux événements récents qui venaient de soulever l’émotion de l’Europe en faveur des Grecs, le sujet était tout palpitant d’intérêt. L’auteur de cette œuvre se montrait bien plus poète qu’auteur dramatique ; mais il n’y avait pas besoin de combinaisons subtiles pour représenter sur la scène un fait héroïque qui était présent à toutes les mémoires. Il suffisait d’avoir compris et exprimé le profond sentiment patriotique de ceux qui avaient si vaillamment combattu à Missolonghi. Le draine d’Ozaneaux eut un très-grand succès. Hérold avait fait la musique déquelques chœurs.1 Bocage, Prévost, MH° Anaïs jouaient les principaux rôles de la pièce. Duprez, encore inconnu, chantait un rôle de guerrier.

Missolonghi. Iconogr. La chute de Missolonghi a inspiré à Ary Scheffer une composition que nous décrivons ci-après. Eugène Delacroix a peint la Grèce expirante sur tes ruines de Missolonghi (musée de Bordeaux). Au Salon de 1833, M. Pérignon a exposé un Episode du siège de Missolonghi t au Salon de 1849, le même artiste a donné la Fin de Missolonghi. Au Salon de 1827, David, d’Angers avait exposé une Jeune fille grecque au tombeau de Botzaris (exécutée en marbre en 1834 et donnée par l’artiste h la’ville même. V. l’art, géographique) ; M. Chaponnière a envoyé au Salon de 1833 le plâtre d’une Captive de Missolonghi au tombeau de Byron.

Miasoionghi, tableau d’Ary Scheffer (1826), collection Achille Fould. Botzaris, dontlebras gauche est brisé, approche d’une mine une mèche allumée, tandis qu’un prêtre grec élève la croix pour bénir Jes derniers héros de l’indépendance. À gauche, des philhellènes s’embrassent en pleurant. À droite, une femme serre convulsivement son enfant contre son sein, et une jeune fille, demi-nue, ’ se jette dans les bras de sa mère. On aperçoit au fond l’armée des Turcs sur le bord du rivage. Les têtes sont énergiques, mais les lumières sont disséminée^ et les expressions exagérées. « Ary Scheffer, pour peindre cette toile, dit M. Etex, a emprunté la palette d’Eugène Delacroix, et avec-lui bnsesent transporté vers ce beau temps d’espérance et de délivrance où la Grèce, se réveillant, voulut redevenir une nation. Quelle mâle naïveté dans l’expression des tètes de ces hommes si énergiques, si calmes devant la mort, qui vont se faire sauter 1 Quelle résignation, quelle navrante et touchante éloquence, muette et profonde, chez ces femmes qui vont, elles aussi, droit à la mort, avec leurs maris, leurs fils et leurs filles I à Cette toile, peinte en 1S2Ô, eut un immense retentissement, et elle est restée l’une des plus importantes de l’œuvre tout entier du maîtré..

MISSON (François-Maximilien), littérateur français, né à Lyon vers le milieu du xvue siècle, de parents protestants, mort à Londres en 1722. Il étudia d’abord la jurisprudence et fut pourvu d’une charge de conseiller au parlement de Paris, que la révocation de l’édit de Nantes lui fit perdre. Il passa alors en Angleterre, devint précepteur du comte d’Arran et voyagea en Allemagne, en Hollande et en Italie, avec son élève. À son retour à Londres, il fut entouré par les prophètes cévenols réfugiés ; on prétend môme qu’il se laissa persuader par eux d’entreprendre le voyage de Rome et de Cônstantinople pour convertir le pape et le sultan. On a de lui : Nouveau voyage d’Italie (La Haye, 1C91, in-12), ouvrage qui eut un immense succès ; la 46 édition, celle de La Haye (1702, 3 vol. in-8°), est enrichie de figures ; mais la meilleure est celle d’Utreeht (1722, 4 vol. in-12) ; ce voyage est plein de saillies contre l’Église romaine ; Mémoires et observations faites par un voyageur en Angleterre (La Haye, 1098, in-12 ; trad. en angl., Londres, 1719, in-8 ) ; le Théâtre sacré des Cévennes ou Récit des prodiges arrivés dans cette partie du Languedoc (Londres, 1707, in-8 "). Quelques prophètes cévenols réfugiés lui racontèrent ce qu’ils avaient vu ou entendu dans leurs montagnes. Il en fit ce livre. M. Weiss, dans la Biographie universelle, prétend que « cotte production’, dans laquelle il pousse la crédulité et le fanatisme aussi loin qu’on peut le faire*, nuisit à sa réputation d’homme d’esprit et de jugement. ■

MISSORIO (Raimondi), humaniste et franciscain italien, né à Barbarano, diocèse de Yilerbe, en 1691, mort en 1772.11 enseigna la théologie, le droit canon et l’éloquence dans plusieurs villes, devint théologien du cardinal évêque de Viterbe, depuis Innocent XIII, ’ et fut pendant quelque temps censeur des livres à Venise, Outre des discours, des poésies, des lettres, etc., on a de lui : Ingenuarum artium solidarwngue scientiarum theoremata centum singularia (Viterbè, — 1718) ; De non ilerando hserelicorum laptismodisputationes crilicx (Venise, 1733).

MlSSOTE s. m.-(mi-so-te). Bot. Nom du patuiin maritime, aux environs de- La Rochelle. ’ ■ ; ’.

MISSOURI, grande rivière des États-Unis de l’Amérique septentrionale, .formée, dans le "territoire de Nebraska, sur le versant Oriental dés montagnes Rocheuses, par la réunion des trois torrents de Jefferson, Ma Misa’-

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dison et Gallatiôn, qui confluent par 45° 10’ de lat. N. et 112° do long. 0. Elle se dirigé d’abord au N., puis à l’E., à travers le territoiré de Nebraska, puis coule au S. et au S.’-E. enséparant le territoire de Nebraska du territoire dé Dacotah, la partie septentrionale de l’État de Missouri de l’État de Karisas, tourne alors à l’E. et va, après un nombre incalculable dé circuits, confondre ses eaux avec celles du Mississipi, au N.dô Saint-Louis, par 38» 52’ de lat. N. et 92» 15’ de long. O. Son cours est évalué à 4,760 kilom. Sous le rapport de l’étendue de parcours et du volume des eaux, le Missouri l’emporte beaucoup sur le Mississipi supérieur. Sa largeur varie dé 1 à 2 kilom. Les principales villes qu’il arrose sont : Omana, Franklin, Jefferson et Saint-Charles. Malgré la rapidité de son cours (g à 13 kilom. à l’heure), le Missouri est navigable presque jusqu’à son origine ; mais les grandes cataractes qu’il présente interrompent la navigation, rendue du reste dangereuse par les bancs mobiles que forment les terres et les sables que ses eaux charrient en grande quantité. Les principaux affluents dit Missouri, sont : a droite, le : Yellowstone, le Petit Missouri, la Chayenrie, la White-River, la Plattè, la Kansas et l’Os’âge ; à gauO’he, la Maria, lé MiltRiver, le White-Earth-River, le James et la Sioux, etc. Dans sa partie supérieure, ’ il traverse un terrain volcanique, fracturé par des tremblements - de terre ; sur ses plages, là pierre ponce et les débris de lave se mêlent aux cailloux roulés et au sable granitique. Presque partout’il’coulé à Une grande profondeur dans un canon ou Jcenyon, gorge étroite que la rivière à évidemment creusée dans1 le roc vif, à mesure que la chaîne des montagnes Rocheuses et le continent qui sert de base à ces montagnes s’élevaient au-dessus de la mer. C’est entre les derniers contreforts de la chaîne volcanique, dans une gorge sauvage appelée la Porte des Rocheuses, que le Missouri a fait, pour s’ouvrir une issue, son travail géologique le plus grandiose. Sur une longueur de 9 kilomètres, lès rochers s’élèvent perpendiculairement du’tiofd de la rivière jusqu’à une hauteur d’environ 400 mètres. Le lit du fleuve est tellement encaissé entre ces sombres parois, ’qu’il d tout au plus 150 mètres de largeur, et, déloin eii loin seulement, l’on peut trouver entre la muraille de rocs et le courant de l’eau un point d’appui ’ assez large pour qu’un homme puisse se tenir debout. Le Missouri traversé ensuite une région désolée que les Canadiens appellent du nom significatif de Mauvaises-Terres. Sur une étendue d’environ 7,500 kilomètres carrés se groupent en désordre des collines plus.ou moins pyramidales, que l’on prendrait au loin pour les tours ruinées d’une cité gigantes- ’ que. Le Missouri n’entre réellement dans la. grande vallée mississipienne qu’après avoir franchi les cataractes, Lit, un vaste banc d* rochers traverse le lit du fleuve, et celui-ci se fait une issue vers la plaine par Une successionde sauts et de rapides d ùtie hauteur totale de 110 mètres, espacés de distance en distance sur une longueur de 20 kilomètres. Ces belles cataractes offrent une succession de paysages magnifiques et n’attendent que les visites de la foule pour rivaliser de gloire avec le Niagara. Pendunt la saison des crues, de petits bateaux à vapeur remontent jusqu’au pied même de la quatrième chuté, dont la hauteur est de 87 mètres ; mais le pays’est encore trop désert pour attirer soit les savants, soit les touristes désœuvrés. Au-dessous des cataractes, le Missouri perd son caractère de fleuve de montagne et devient simplement un autre Mississipi. Comme cé, fleuve, il erre incessamment dans leà campagnes à la recherche d’un lit, ici formant dos méandres presque entièrement circulaires, ailleurs se frayant un passage à travers un isthme étroit et laissant à droite et à fauche des tronçons de civière, trahsformant’îlés ’ presqu’îles en îles, eu’ biinc’s de sable ou en lagunes, creusant la base des collines et déracinant lès forêts. Comme le MisSissipi, ii engloutit de vastes rivières’Saris que là masse ’ de ses eaux en paraisse augmentée. Enfin, chargé des alluvions du terrain crétacé qu’il traverse, il va par une embouchure Changeante se déverser dans le Mississipi, .Cette grande aorte de l’Amérique du Nord. ’, ’".

MISSOURI, un des États unis dél’Amérique septentrionale, borné au N. par l’E, tat d’.Iowa, séparé par le Mississipi, a l’E., des États d’Illinois, de Kontucky et de Tennessep, confinant au S. À l’État d’Arkansas et à l’O. à l’État de Kansas. ; compris entre 30° 20’ et 40O’30’ de lat. Ni, et 91» 10’ et 96° 50f do long. O. II mesure dans sa plus grande longueur, ’ ' du N. au S., 700 kilom. çt 500 de l’E. À l’O., Superficie, 67,380 milles carrés (174,379 kilom. carrés) ; 1,182,012 hab, Capitale, Jefferson-City ; villes principales, Saint-Charles, Saint-, Louis, Green’villè, Booileville, Paris, Mexico, Pulmyra, etc. Cet État est traversé de l’E. à l’O. par le Missouri, qui lui donne son nom, et borné à l’E. par le Mississipi. Les bordé (lu Missouri sont très-fertiles ; mais au S. de cette rivière, dans la région traversée par l^s monts Ozarks, la stérilité du sol est Cpinpenséé par la richesse minérale. Oh y recueille, .... entre autres substances, le plomb, le fer, la houille, le sel, la pierre à chaux, le1 gypse, l’antimoine, la plombagine, le zinc, les pyrites, de fer, l’arsenic, Te cuivre et l’argile b ! potier. Les mines de plomb de l’E., au S. du