Page:Larive - Dictionnaire français illustré - 1889 - Tome 2.djvu/862

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est coulé en plaques d'un gris blanc, on l'appelle terre d'antimoine; s'il est en pla- ques de couleur brune, il est dit foie dan- timoiiie. Le foie d'antimoine pulvérisé est employé, en médecine vétérinaire, comme purgatif et vermifuge à la dose de 30 à GO grammes. OXYTON (g. oÇO;, aigu + tovo;, accent), sm. Se dit, en terme de grammaire grecque, de tout mot qui a l'accent aigu sur la der- nièrè syllabe.

  • OXYURE (g. bi-i:, aigu + o-jpi, queue),

sm. Genre de vers de l'ordre des Nématoïdes et de la famille des Ascarides, dont toutes les espèces vivent en parasites dans le tube digestif des animaux vertébrés et de certains insectes. Les oxyures ont le corps cylindri- que ou en fuseau, et tcrminé par une queue pointue, la téte non armée et garnie de no- dules qui font l'office de lèvres. Chez ces vers, le mâle est très petit et enroulé en spirale. Le corps de la femelle finit en une queue aiguë. Une espèce d'oxyure vit dans les intestins et particulièrement dans le rec- tum de l'homme. C'est V oxyure vermiculaire [oxyuris vermkularis), très petit ver qui a le corps blanc, demi-transparent,et dont la tète présente de chaque côté un renflement vésiculeux de forme ovoïde. Le mâle est longdeà 3mm,3et la femelle de 9 à millimètres. Celle-ci pond de très petits œufs lisses et oblongs d'où l'embryon éclôt à la chaleur humide et sans la participation de la mère. Cet embryon peut revivre après avoir été desséché. On ne sait pas au juste comment les oxyures s'introduisentdans le corps humain. Ils sont surtout fréquents chez les enfants, dont le rectum en contient parfois des centaines et même des milliers. Ils cau- sent des douleurs lancinantes et un prurit insupportable vers l'anus. Pour en débarras- ser le gros intestin, on administre des lave- ments à l'eau froide, à l'eau de chaux, à l'eau sucrée on-pratique aussi des applications de pommade mercurielle. Les purgatifs produi- sent également de bons effets. Les intestins du cheval et de l'âne sont le-séiourd'uue autre espèce, Voxyuris curuttla. Le lapin et le lièvre sont attaqués par Yoxyuris ambigua. OYANT, ANTE (p. pr. de ouïr), adj. Qui écoute. Subst. Le compte de tutelle est aux dépens cles oyants, c'est-à -dire du pu- pille. OYAPOCK, 310 kilom., fleuve de 1 Amé- rique du S. (Guyane française). Il se jette dans l'Atlantique par un large estuaire. OYA-SIVO, courant marin froid du Paci- fique qui vient de la mer d'Okhotsk, et des- cend le long des côtes orientales du N. du Japon à la rencontre du courant chaud, du Kouro-Sivo, qui est un peu plus à l'E. (V. Courant.)

  • OYAT (x), sf Nom vulgaire du roseau

des sables (arundo arenaria), très répandu sur les dunes des bords de l'Océan et de la Méditerranée. (V. Roseau.) OYONNAX, 4231 hab. Ch.- l . de c., arr. de Nantua (Ain). Fabrique d'objets en bois. écrivain et professeur français, l'un des ton- dateurs de la Société de Saint-Vincent de

  • OZLNE (g. o'Çaiva), sm. Ulcère du nez.

OZOLES (g. o'Çetv, puer), surnom des Lo- criens qui habitaient sur le golfe de Co.- rinthe. OZONE (g. oÇeiv, être odorant),sm.Gaz qui n'est que de l'oxygène, mais un .oxygène qui a une odeur particulière et une plus grande densité; il est doué de propriétés oxydantes plus énergiques; toutefois il re- tourne assez facilement à l'état d'oxygène ordinaire; il se rencontre à l'état naturel dans l'atmosphère. La découverte de l'ozone atmosphérique n'est venue qu'après celle de l'ozone d'autres sources, et après l'étude de ses propriétés. En 1783, Van Marum, en faisant passer une série d'étincelles élec- triques dans de l'oxygène, avait remarqué que ce gaz acquérait la propriété d:attaquer le mercure à la température ordinaire, et de devenir odorant. Ces observations étaient oubliées lorsque, en 1840, Schœnbein, dé- composant de l'eau par la pile, fut surpris de l'odeur étrange et des effets d'oxydation produits par l'oxygène qu'il obtenait; il en- treprit l'étude du corps nouveau qui s'était ainsi formé. La propriété qui avait attiré l'attention des deux savants est extraordinairement sen- sible un millionième d'ozone mêlé à l'air ordinaire suffit pour faire percevoir l'odeur pénétrante de cet oxygène modifié. Lors- qu'on le respire, il provoque la toux et dé- termine une inflammation des voies respira- toires. Sous une épaisseur de 2 mètres, l'oxygène contenant une forte dose d'ozone parait bleu de ciel. Par la compression ce mélange gazeux devient bleu d'azur, puis bleu indigo. Le bleu indigo est également la couleur de l'ozone liquéfié. M. Cailletet, ayant comprimé ce mélange sous une pres- sion de 75 atmosphères à 0°, a vu apparaitre un brouillard blanc, annoncant la liquéfac- tion et même la solidification de l'ozone. MM. Hauteleuille et Chappuis ont obtenu l'ozone à l'état liquide, en le soumettant à une pression de 125 atmosphères et à une températurede 107°. La liquéfaction est le seul procédé par lequel l'ozone ait pu être séparé de l'oxygène. Étant donné un certain poids d'oxygène, on ne peut le transformer complètement en ozone qu'à la condition d'éliminer cet ozone au fur et à mesure de sa production; il faut donc qu'il se trouve en présence d'un corps avec lequel il puisse se combiner immédia- tement. On voit que, par ce procédé, un cer- tain volume d'oxygène ne pourra jamais être transformé en un égal volume d ozone. Le plus que l'on ait pu faire à la température ordinaire a été d'obtenir un mélange de 5 à 10 p. 100 d'ozone dans l'oxygène; il 88°, la proportion d'ozone s'est élevée à 50 p. 100. Par suite de cette impossibilité d'obtenir autre chose qu'un mélange, il a été égalemeut impossible de trouver directement la densité de l'ozone. On a eu recours à une méthode indirecte, consistant à observer la vitesse avec laquelle l'ozone se diffuse (V. Diffusion) à travers une membrane, et à appliquer une formule d'après laquelle on trouve la densité d'un gaz quand on connaît sa vitesse de dif- fusion. On a trouvé ainsi 1,6. Or nous savons que la densité de l'oxygène est 1,1056. La densité de l'ozone atteint donc presque une fois et demie celle de l'oxygène. L'ozone est très instable. Quand on le comprime rapidement, il y a dégagement de chaleur et apparition d'un éclair jaunâtre il se reforme de l'oxygène. Lorsque l'on chauffe de l'ozone à 100°, au moyen de va- peur d'eau, ce gaz se décompose aussitôt et complètement, la vapeur l'échauffant dans toutes ses parties à la fois; sans vapeur, il est nécessaire de chauffer jusqu'à 250° pour obtenir le même effet. Certains corps en poudre provoquent la transformation de l'o- zone en oxygène ordinaire, par simple con- tact tels sont le charbon, l'argent, le bi- oxyde de manganèse, le bioxyde de cuivre. Les bioxydes d'hydrogène, de baryte, de plomb, mis en présence de l'ozone, se dé- composent en le ramenant à l'état d'oxygène ordinaire. L'ozone est l'agent d'oxydation le plus énergique que l'on connaisse. Au contraire de l'oxygène, il agit à froid et immédiate- ment. A son coutact, les corps oxydables passent à leur degré d'oxydation le plus élevé le fer humide devient sesquioxyde (rouge)*; l'étain, acide stannique; le mercure se transforme en protoxyde (et non en sous- oxyde) le plomb, en oxyde puce; l'argent étant plus difficilementoxydable, une feuille de ce métal, bien polie, humide, se recouvre peu à peu d'une croûte noire de peroxyde; des taches d'arsenic, humectées d'eau, de- viennent incolores, de noires qu'elles étaient; l'iode devient acide iodique; le phosphore, acide phosphorique; le soufre, l'hydrogène sulfuré, l'acide sulfureux deviennent acide sulfurique; le papier noirci par. du sulfure de plomb se décolore, le sulfure se trans- formant en sulfate, qui est blanc; l'ammo- niaque donne des fumées blanches d'azotate d'ammoniaque; l'alcool se transforme en acide acétique.' En dissolution dans l'essence de térében- thine, l'ozone quelquefois donne immédiate- ment toutes les réactions de l'oxygène ozo- nisé: quelquefois il faut la présence de certaines matières organiques ou inorga- niques, qui cependant n'agissent pas elles- mêmes et semblentfaire fonction de véhicule tels sont les globules du sang, la mousse de platine et les sels de protoxyde de fer. Nous citerons, à ce sujet, deux expériences très remarquables. Si l'on dissout, dans quelques grammes de teinture de gaïac, deux ou trois gouttes d'essence de térében- thine fortement ozonisée, la teinture de gaïac ne change pas; mais, vient-on à ajouter un peu de mousse de platine, ou un peu d'une solution, soit de sulfate de protoxyde de fer, soit de globules du sang, on la voit bleuir presque instantanément.. L'essence de téré- benthine ozonisée ne blanchit qu'assez len- tement la solution de sulfate d'indigo; mais, après addition de globules du sang, de sulfate de protoxyde de fer, ou de mousse de platine, la décoloration est complète et im- médiate. L'éther ozonisé, l'essence d'aman- des amères ozonisée se comportent comme l'essence de térébenthine. On connaît plus d'un procédé pour prépa- rer l'oaone mélangé à l'oxygène. Le procédé primitif, celui de Van Marum, a été notable- ment perfectionné. La chaleur des étincelles détruisait une partie de l'ozone. On se sert maintenant de courants induits, à forte ten- sion, c'est-à -dire qu'on utilise les décharges obscures ou décharges diffuses, et pour cela on a construit des appareils spéciaux. Dans celui de Berthelot, qui, à la température or- dinaire, fournit de 5 à 10 p. 100 d'ozone, l'oxygène traverse un tube en U dont une branche est étroite et l'autre large; celle-ci renferme un tube droit, fermé par en bas (éprouvette), rempli d'acide sulfurique con- centré;le tout est plongé dans une éprou- vette remplie, elle aussi, d'acide sulfurique concentré. Dans chacun de ces deux bains d'acide est immergée une lame de platine, attachée à un fil de même métal; ces deux fils aboutissent aux deux pôles d'une bobine d'induction. L'effluve, en passant de la large éprouvette à l'autre, entoure comme d'un manchon d'électricité l'oxygène compris en- tre les deux lames de platine. Au pourtour de la branche large du tube en U, s'adapte par en haut un tube de dégagement, par l'in- termédiaire d'une fermeture hydrargyrique, nous voulons dire de deux godets, remplis de mercure. Par surcroit de précaution, le mercure est recouvert d'acide sulfurique, qui a pour mission de détruire toutes les poussières organiques. A côté de cet appa- reil de laboratoire, nous devons signaler ce- lui de Séguy, dont le rendement, par heure, est de plusieurs centaines de litres d'oxygène fortement ozonisé. Il est formé d'une sé- rie d'organes, ou d'éléments, constitués cha- cun par un tube de verre qu'une spirale d'aluminium occupe dans toute sa longueur, et par un autre tube de verre, servant de gaine au précédent; ce second tube ren- ferme une spirale d'aluminium qui entoure le premier. Tous les tubes intérieurs sont traversés par un courant d'oxygène; tous les tubes extérieurs par un autre courant de ce méme gaz. L'effluve passe d'une spirale à l'autre, et les deux courants gazeux d'oxy- gène sortent ozonisés. Le procédé de Schœn- beia ne donne qu'une petite quantité d'ozone encore faut-il que le liquide soit fortement acide et maintenu froid. L'acide sulfurique peut ètre remplacé, sans désavantage, par l'acide chromique. On obtient de l'air ozonisé, en laissant s'oxyder lentement le phosphore, ou divers autres corps, en présence de l'air humide. Lorsqu'on se sert du phosphore, on prend des morceaux à surface bien nette, on les dispose dans un récipient contenant un peu d'eau tiède, de telle sorte que la surface du phosphore soit humectée plutôt que recou- verte on abandonne le tout pendant plu- sieurs heures à une température de 16 à 20 degrés centigrades. Au bout de ce laps de temps, l'air du ballon est fortement ozonisé. L'expérience précédente offre tous les dan- gers qui accompagnent la manipulation du phosphore. Il est préférable, si l'on a re- cours à un procédé chimique, de décomposer