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��PROLÉGOMÈNES

��p.

��toutes et la plus considérable par l'étendue de ses attributions. En- suite arriva l'époque où les ministres tinrent le sultan en tutelle et gouvernèrent en son nom. Cela eut lieu après la mort du douzième souverain de la dynastie ' ; mais Abou '1-Abbas^, le petit-fils de celui-ci , fit disparaître toute trace de ces usurpations en supprimant la charge de hadjeb, qui avait servi d'échelle à l'ambition des ministres. Dès lors il dirigea lui-même toutes les affaires do l'empire sans vouloir se faire aider par qui que ce fût. Tel est encore l'état des choses (chez les Hafsides) jusqu'à ce jour.

On ne trouve pas la moindre trace d'un hadjeb parmi les officiers du plus grand des empires zenatiens, celui des Mérinides '. L'admi- nistration de la guerre et le commandement de l'armée appartenaient au vizir ; les fonctions de la comptabilité et de la correspondance se donnaient à la personne la plus capable de les remplir et que l'on choisissait dans une des familles que la maison royale avait tirées du néant. La comptabilité et la correspondance se trouvaient tantôt réunies entre les mains d'un seul individu, tantôt elles formaient des emplois distincts. L'officier qui gardait la porte du souverain pour empêcher le public d'y pénétrer s'appelait le mizouar. Il était, en réalité, le prévôt des djandar, employés qui se tenaient à la porte du sultan pour exécuter ses ordres, infliger les punitions qu'il pres- crivait, être les instruments de sa vengeance et garder les personnes détenues dans les prisons d'Etat. Leur prévôt avait dans ses attri- butions la garde de la porte du sultan ; il faisait aussi observer l'éti-

��' Le sultan Abou Yahya Abou Bekr; il mourulen 7/17 (i3/16 de J. C). Pour l'his- loirc de son règne, coiisultez ['Histoire des Berbers, t. II et III.

  • Abou 'l-Abbas fut proclamé souverain

à Tunis l'an 770 (i368-i369 de J. C).

' L'autre empire zenalien était celui des Béni Abd el-Ouad, qui régnaient à Tlemcen. (Voy. Histoire des Berbers. t. III; on y trouvera une histoire très-détaillée

��de cette dynastie : l'iiisloire des Mérinides remplit presque tout le quatrième volume.) ' Ce mol est persan et signifie porte-ar- mure, écuyer. En Egypte, sous les Mam- louks.les rf/an(iar remplissaient les mêmes fonctions que leurs confrères du Maghreb; ils étaient huissiers de la porte, valets de pied et bourreaux. (Voy. la Chrestomathie arabe de M. de Sacy, 2' édition, tome II,

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