Page:Ibn Khaldoun - Prolégomènes, Slane, 1863, tome I.djvu/71

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D'IBN KHALDOUN. Lxm

habité, et nous retrouvâmes enfin nos compagnons à Debdou. De là nous partîmes pour Fez, où nous arrivâmes au mois de djomada (novembre-décembre 1372). J'allai tout de suite me présenter au vizir Ibn Ghazi et à son cousin Mohammed Ibn Othman. J'étais un ancien camarade de celui-ci, ayant fait sa connaissance à l'époque où nous étions allés trouver le sultan Abou Salem à la montagne de Sa- fiha. Le vizir me lit l'accueil le plus honorable et le plus amical ; il surpassa même mon attente dans les traitements et les ictâ qu'il m'ac- corda. Je conservai ainsi ma position à la cour; je jouissais de la considération publique, et j'occupais une place élevée dans le con- seil du gouvernement.

L'hiver se passa ainsi ; mais bientôt une nouvelle révolution priva Saîd du trône. Ibn el-Ahmer, roi de Grenade, fut très- mécontent du départ d'Ibn el-Khatîb, qui avait abandonné son service, et demanda au vizir Ibn Ghazi l'extradition du fugitif. Ayant essuyé un refus, il envoya en Afrique l'émir Abd er-Rah- man Ibn Abi Ifelloucen, prince mérinide, qu'il avait retenu jus- qu'alors dans une captivité honorable, d'après le désir du feu sultan Abd el-Azîz. Lors de son avènement au pouvoir, Abd el- Azîz s'était vu exposé aux tentatives de ses propres parents , et pour cette raison il les avait fait enfermer tous. Abd er-Rah- man débarqua à Ghassaça, port du Rîf marocain, situé à l'ouest du cap Tres-Forcas, et les Botouïa, tribu de cette lo- calité, le proclamèrent sultan. Peu de temps après, le prince Abou '1-Abbas Ahmed, fils du sultan Abou Salem, recouvra la liberté , et Abd er-Rahman s'empressa de le reconnaître pour sultan du Maghreb, en se réservant les provinces de Sidjil- messa et de Derâ. Ils mirent alors le siège devant la Ville-Neuve de Fez, et forcèrent le vizir Ibn Ghazi de se rendre. Le nou- veau sultan, Abou '1-Abbas, fit son entrée dans la capitale des Etats mérinides, le 20 juin 1874, et, par suite d'un second

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