Page:Ibn Khaldoun - Prolégomènes, Slane, 1863, tome I.djvu/13

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cette ville. Le zèle qu’il déploya alors en supprimant des abus et en châtiant les prévarications des gens de loi lui attira beaucoup d’ennemis et entraîna sa destitution. En 1387, il fit le pèlerinage de la Mecque, d’où il revint au Caire, afin de se dévouer uniquement à l’étude et à l’enseignement. Ce fut en l’an 1394 qu’il composa son autobiographie. Il avait alors soixante-deux ans. Nommé encore grand cadi, il fut destitué de nouveau, puis, en l’an 1400, il accompagna le sultan en Syrie et tomba entre les mains de Tamerlan. Remis en liberté, il rentra en Egypte, devint encore grand cadi malékite du Caire, et y mourut le 15 mars 1406, à lâge de soixante et quatorze ans.

Sa famille, originaire du Yémen, s’établit en Espagne lors de la conquête arabe, et devint très-puissante à Séville; aussi commence-t-il son autobiographie par l’histoire de ses ancêtres. Ensuite il parle de ses études et de ses professeurs ; il consacre même des notices biographiques à plusieurs de ces savants. Ce devoir accompli, il se met à raconter sa carrière politique, et, afin de mettre ses lecteurs au courant des événements dans lesquels il avait joué un rôle, il expose de temps en temps, et d’une manière souvent très-détaillée, les divers changements qui eurent lieu en Mauritanie sous les trois dynasties dont il fut contemporain : celle des Hafsides, à Tunis, celle des Abd el-Ouadites, à Tlemcen, et celle des Mérinides, à Fez. Les révoltes, les guerres, les révolutions, les perfidies des Arabes nomades, qui, jouissant d’une entière indépendance, servaient et trahissaient chacun des trois royaumes tour à tour, les intrigues de cour, les rapports du gouvernement de Fez avec celui de Grenade, tous les événements auxquels il avait assisté, lui fournissent à chaque page l’occasion de s’écarter de son sujet afin de mieux l’éclairer. Cela ne lui suffit pas : ne voulant rien perdre des matériaux qu’il avait amassés, il insère dans son