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XVII
INTRODUCTION

7. Le groupe germanique a trois subdivisions.

a) Le germanique oriental n’est représenté que par le gotique, aujourd’hui éteint, mais bien connu par une traduction d’une partie du Nouveau Testament qui remonte au IVe siècle, constituant par conséquent la forme la plus archaïque du germanique qui nous soit directement accessible. Grâce à ce précieux intermédiaire, l’évolution de la phonétique et de la grammaire de l’anglais et de l’allemand se manifeste avec autant de netteté et de rigueur que celle même du grec et du sanscrit[1].

b) Le germanique septentrional ou scandinave remonte aussi haut que le gotique, mais seulement par quelques inscriptions en caractères dits runiques. Par ailleurs, il ne dépasse pas le XIe siècle (vieil-islandais), mais se perpétue par le danois, le norvégien, le suédois et l’islandais actuels.

c) Le germanique occidental comprend essentiellement trois classes d’idiomes, puis chronologiquement dans chacune d’elles : — l’anglo-saxon (viiiexie siècles), le moyen-anglais (xiexve siècles), et l’anglais moderne ; — le vieux-saxon, le moyen-néerlandais et le bas-allemand moderne ; — le vieux-haut-allemand (viiiexie siècles), le moyen-haut-allemand (xiexive ), et le haut-allemand moderne. — En dehors de l’importance linguistique générale de tous ces idiomes, l’anglo-saxon en a, pour le celtique insulaire, une toute particulière : langue des conquérants de la Grande-Bretagne, il a dû nécessairement s’infiltrer de fort bonne heure dans la langue des vaincus ; beaucoup moins pourtant que le latin, car les Saxons et les Angles étaient bien moins civilisés que les populations brittoniques qu’ils asservirent en premier lieu[2].

8. La répartition du groupe letto-slave ou balto-slave est celle

  1. On prononcera : ái et áu gotiques en diphtongues, mais ai et respectivement comme e et o ouverts ; ei, comme i long ; u comme u allemand ; w et th, respectivement, comme w et th anglais (dur). Le reste est sans importance ni difficulté.
  2. On prononcera l’anglo-saxon, non comme l’anglais actuel, mais tel qu’il est écrit, en observant bien les signes de longueur ; toutefois, le c comme k en toute position, l’y comme u français, et le th comme th anglais dur.