Page:Grillet - Les ancêtres du violon et du violoncelle, 1901,T2.djvu/135

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XIII

Sous le titre d’École académique des amateurs-zélateurs de poésie et de musique, le poète Jean-Antoine de Baïf, fonda, en compagnie du musicien Thibaut de Courville, la première société d’auditions musicales qui ait existé, non seulement en France, mais en Europe. Elle avait son siège à Paris, dans la maison même de Baïf, située sur le rempart entre les portes Saint-Marceau et Saint-Victor. Le roi Charles IX confirma les statuts de cette institution, par lettres patentes, en 1570.

Les académiciens formaient trois classes distinctes : la première comprenait les poètes et les compositeurs de musique ; dans la seconde étaient réunis les exécutants, que l’on rétribuait ; la troisième se composait exclusivement des auditeurs. Ceux-ci, parmi lesquels figurait le roi de France, versaient une cotisation dont le montant n’était pas fixé, mais laissé à leur générosité. Une médaille leur servait de carte d’entrée.

Il y avait répétition tous les jours, et concert chaque dimanche.

À la mort de Baïf, survenue le 19 septembre 1589, Mauduit, bon musicien et alors secrétaire de la Société, prit la direction de l’entreprise, dont le siège fut transféré rue de la Juiverie, aujourd’hui rue de la Cité. On ignore à quelle époque cette académie cessa de donner ses séances.

Les Concerts spirituels furent créés à Paris, en 1725, par Philidor (Anne Danican), célèbre à la fois comme compositeur de musique et joueur d’échecs. Sou but était de remplacer, par des solennités musicales, les représentations théâtrales interdites pendant la Semaine sainte et les quelques grandes fêtes de l’année. Il ne faisait en cela qu’imiter le maréchal de Villars, qui, déjà en 1716, à Marseille, avait fondé