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Temps, 6k," par son grand savoir, est erìcorë aujourd’hui la gloire èk Thónneur de son art, dont *i a tracé les principes fondamentaux dans ses doctes écrits." La médecine ne manqua pas d’être chez les Grecs, comme la philosophie, un objet dé dispute èk de division. Les uns, ne suivant que Texpérience, furent appelés empiriques ; d’autrés, plus sages, y ajo’utoient tous les secours que" Ton peut tirer des lumières de Tesprit ; ce sont les - dogmatiques. Indépendamment de ces deux grandes divisions, il y eut,encore différentes sectes qui adoptèrent 6k suivirent dés principes particuliers ; on les appela méthodistes (î). On volt par les ouvrages qui nous restent, que les anciens médecins étoient sert adonnés à la botannique, èk qu’ils faisoient cas de Tanatomie. B elles-Leur es. De tous les genres de perfection auxquels atteignirent les Grecs, il en est un surtout dont la constitution de nos" états modernes ne nous permet guère d’approcher. On se fait même difficilement une idée assez juste de leur supériorité dans Tart de discourir èk de parler en public. Les plus grands génies devenoient ordinairement chez eux les premiers hommes de l’état ; ils .agitoient publiquement" les affaires de leur république èk celles de leurs voisins. Un peuple : avide les écoutoit en-silence : assez instruit luimême de la beauté de fa langue, èk trop fier de fa liberté pour accorder des suffrages qu’il n’eût pas cru mérités par le talent, il ’ pouvoit quelquefois être égaré sur ses propres intérêts ; mais il ne s’abusoit guère" sor le charme èkla force de, l’éloquence-de celui, qui lui parloit. L’histoire même chez eux se ressentoit dé cette sorte de beauté. Au mérite d’une diction facile èk d’un art de semer de la variété èk de Tintérêt, comme ont fait Hérodote, Diodore, -&c. presque tous y inféraient de magnifiques harangues, fai- ’soient parler les généraux & les magistrats d’une manière conforme à leur caractère èk à leur situation. C’est ce qui se remarque fur-tout dans Thtì- .. çydide, dans Plutarque èk dans plusieurs autres. La poésie avoit fait de bonne-heure les plus rapides progrès dans le genré.épique.’L,’Asie mineure, ou les ilês adjacentes, avoient vu naître Homère, un siècle après la guerre de Troyes ; èk ses oiiviages immortels sont encore aujourd’hui Tobjet de notre admiration èk de notre étude. Le but de ce genre de poésie étoit de donner de grandes leçons sous Tallégoríe d’une action importante. . Ce premier genre fut suivi d’un autró aussi fécond en beautés,- 8c dans.,lequel les modernes ont atteint "" èk peut-être snrpaffé leurs maîtres. Thespis, mauvais bouffon, ayant imaginé de faire débiter quelques mauvaises farces* par deux ou trois baladins barbouillés de lie, il n’en fallut pas davantage - (î) On peut voir d’ailleurs l’ouvrage de M, Daniel le Clerc suv I’histoire de la médecine. pour faire naître l’idée d’un poème, ou tes eve* nemens racontés dans le poème épique fussent mis en action, èk plates, pour ainsi dire, sous les yeux des spectateurs. Ainsi, des plaisanteries burleiques firent imaginer à Eschyle la tragédie (2), tlans laquelle il fit parler les hommes èk les dieux. Sophocle &, Euripide Tatteignirent & le iurpassèrent bientôt dans cette brillante carrière. Le goût ’ des Athéniens pour le théâtre étendit le genre dramatique, èk Ton en vint à mettre sor la scène des objets plus rapprochés de Thumamte ’ èk du . commerce de la société. Eupolis èk Cratirius donnèrent naissance à la comédie (3). Aristophane fut un des poètes qui se distinguèrent le plus dans çe genre- . -et Les poètes qui fixoient ainsi Tattention èk le goût des Athéniens pour le théâtre, n’étoient pas les seuls qui fissent briller leurs talens. Des poètes lyriques, non moins célèbres,-chantoient dans Tode les exploits des héros : èk des vainqueurs aux . jeux publics. D’autres, s’él.evant d’un vol moins hardi, mais’cherchant plus à plaire, empruntoient le langage du coeur pour célébrer, dans Téglogue, les amusemens èk les plaisirs-de la vie champêtre, ou peignoient dans la tendre élégie les regrets des amans malheureux. L’apologie ou la fable ne,fut pas moins cultivée. Ce gsnre, qui, vraisemblablement leur est venu des Orientaux, èk que Ton croit, avec’assez de fondement, erré né dans TInde, fut traité, dans leur langue, par Esope, avec une simplicifs que Ton "s’est fait depuis un mérite d’imiter. Presque .toutes ces sortes de poésies, si Ycin en excepte les drames 8c Tapologue, mais, auxquelles on peut joindre Tépithalarae (4) j la chanson, &c.&c. étoient appelées lyriques, parce que Ton étoit dans Tufage de les chanter en Raccompagnant de la lyre, comme on voit en Italie, èk particulièrement à Venise, chanter les strophes du Tasse ou de quelques antres poèmes dictés par octave :1e chanteur s’accompagne ordinw’rérn. .it d’une guittare, en jousnt une espèce de ritournelle après le quatrième èk le huitième vers. Pendant que les orateurs èk lès poètes parcouraient à pas de géans la carrière du génie, les rhéteurs èk les grammairiens, d’une marche plus lente, mais plus sûre, soivoient leurs traces, examinoienr, analysoient, pour ainsi dire, les détours de leurs routes, èk en composoient les principes de deux arts utiles à ceux qui voudraient suivre (2) Tragédie vient du mot Tftiy/r, non parce qu’il stgnifie un bouc, & qu’on le donnoit pour récompense aux acteurs ; mais parce que cé’ mot signifie auffi rude, âpre, & par conséquent triste & fâcheux ; & par suite, Tf.etywiTitt,poëme où l’on chante des événemens tristes 8ç funestes. - (3) Comédie ne vient pas non plus de ìUf/.u, bourf.ou rili.tge ; mais de xu-pis, fête, réjouiffance ; d’où ìíofiStict, chant joyeux, poésies gaies. (4) Ce mot vient d’EVi, vers, autour, & de 0«Xa/_of, chambre, ou lit nuptial, parce que l’épithalame étoit chantée dans la chambre des nouveaux époux.