Page:Cooper - Œuvres complètes, éd Gosselin, tome 6, 1839.djvu/75

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CHAPITRE VII.


Ce fut des sources reculées de la Susquehanna, où des tribus sauvages poursuivent encore leur gibier ; que vint le berger de la forêt ; sa couverture était attachée avec des rubans jaunes.
Freneau.



Avant que les Européens, ou, pour me servir d’un terme plus significatif, avant que les chrétiens se fussent emparés d’un sol appartenant aux anciens propriétaires qu’ils en expulsaient, toute cette étendue de pays qui compose aujourd’hui les États de la Nouvelle-Angleterre, et ceux qui sont situés dans l’intérieur, à l’est des montagnes, étaient occupés par deux grandes nations indiennes. Ces deux nations, qui avaient donné naissance à un nombre infini de peuplades, avaient chacune leur langue différente ; elles étaient presque toujours en état de guerre, et jamais elles ne s’amalgamèrent ensemble avant que les usurpations des blancs eussent réduit la plupart de leurs tribus à un état de dépendance. Leur existence politique comme peuples fut alors à peu près détruite, et, vu les besoins et les habitudes des sauvages, leur situation personnelle comme individus devint très-précaire.

Ces deux grandes division s’étaient composées, d’une part, des cinq, ou, comme on les appela ensuite, des six Nations et de leurs alliés[1], et de l’autre, des Lenni-Lenapes ou Delawares, et des tribus nombreuses et puissantes qui tiraient leur origine de cette nation. Les Anglo-Américains nommaient ordinairement les premiers les Iroquois, ou les six Nations, et quelquefois les Mingos ; mais leurs rivaux leur donnaient toujours le nom de Mengwe ou Maqua. Ils se subdivisaient en plusieurs tribus, ou comme ils le disaient pour se donner plus d’importance, en plusieurs nations, les Mohawks, les Onéidas, les Onondagas, les Cayugas

  1. Voyez les premières notes du Dernier des Mohicans.