Notices sur les rues de Nantes

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher

Édouard Pied
Notices sur les rues de Nantes
A. Dugas, 1906 (pp. v-331).
AVANT-PROPOS

L’Histoire de la Ville de Nantes a été faite et nous est conservée par de nombreux livres, ou par de simples brochures.

L’Histoire de ses rues a aussi été entreprise dernièrement, et de main de maître, et nous devons désirer qu’elle soit promptement achevée.

Il semble qu’après un pareil travail il ne reste rien à publier.

Cependant, pour l’étranger qui n’a souvent qu’un moment d’attention à donner, pour beaucoup même de nos concitoyens que la lecture d’un long ouvrage pourrait effrayer ou décourager, surtout quand on n’a qu’un simple renseignement à chercher, il fallait un moyen plus pratique et plus prompt.

C’est ce moyen que nous nous sommes proposé de trouver ; nous avons voulu, sans viser le moins du monde à faire œuvre d’historien ou de lettré, fournir au lecteur, sous une forme brève et méthodique, l’explication du nom des rues, leur topographie, l’arrondissement et la paroisse auxquels elles se rattachent. Le titre lui-même que nous réservons à cette monographie nous prémunit contre la crainte de paraître marcher sur les brisées des personnes éminentes qui jusqu’ici ont poursuivi ce genre de travail.

Au reste, cette étude, que nous avons su depuis avoir déjà entreprise mais non réservée au public, est presque audacieuse, et la meilleure preuve c’est que bien des points sont demeurés obscurs, faute de pièces officielles à présenter, grâce même, serions-nous tenté de dire, à la maligne intervention des fabricants de légendes.

Nous nous sommes attaché à parcourir les ouvrages, à feuilleter les documents déposés aux Archives municipales, et, quand cela nous était possible, nous avons pris le soin de recueillir les souvenirs communiqués par les anciens.

Nous ne dissimulons en aucune façon les emprunts faits à Travers, Ogée, Mellinet, Richer, Verger, Guépin ; ceux que nous nous sommes permis dans les monographies si intéressantes de Foulon, Petit, Orieux, etc., ne sauraient non plus nous être reprochés. Et nous n’avons pas à craindre, nous l’espérons du moins, que MM. Maître, de Berthou, l’abbé Durville, et bien d’autres encore, ne nous appellent devant un Tribunal pour répondre des soustractions opérées sans scrupule dans leurs écrits, aujourd’hui si recherchés par les amateurs du passé.

Nous devons cependant faire une réserve ; le lecteur comprendra aisément pourquoi, tout en circonscrivant le plus possible notre travail, nous avons été plusieurs fois entraîné au delà des limites que nous nous étions tracées. C’est qu’il est impossible, lorsque l’on décrit certaines voies, de ne pas mentionner le fait d’histoire violemment rappelé par un nom ; de même, s’il s’agissait d’un monument disparu ou existant encore, l’hésitation serait aussi condamnable. Mais, lorsque nous l’avons fait, c’est toujours à l’aide de documents officiels et, quand nous n’avions pas de source autorisée, nous avons gardé le silence.

Nos bons aïeux ne se mettaient pas martel en tête pour donner un nom aux rues, il leur suffisait de les dénommer par quelque particularité typique, et presque toutes portaient des noms parlants, où l’on trouvait signalés les besoins de la vie, des noms de choses et des noms de bêtes (rue des Vignes, avenue des Roses, rue de l’Echelle, rue Contrescarpe, rue des Marais, place de la Grenouillère, etc.) ; des noms d’artisans et de corps de métiers (rue de la Poulaillerie, rue de la Rôtisserie, rue de la Casserie, rue de la Faïencerie, quai des Tanneurs, rue de la Boucherie, rue de la Bléterie, rue de la Clavurerie, rue des Chapeliers, etc.) ; des noms rappelant des faits tragiques ou glorieux de l’histoire (quai Baco, rue Haudaudine, place Wattignies, rue Newton, boulevard Sébastopol, rue de Strasbourg, rue de Châteaudun, etc.) ; on y rencontrait encore des dénominations singulières, des appellations naïves, des noms saugrenus ou charmants, dus à la fantaisie populaire qui voulait rappeler la position, le voisinage, les avantages ou les désavantages inhérents à la rue ou au quartier (rue des Halles, quai de la Fosse, rue de l’Abreuvoir, rue Monte-au-Ciel, rue des Caves, etc. ; rue des Cordeliers, rue des Carmélites, rue des Capucins, rue de l’Ancien-Muséum, rue de la Monnaie, etc. ; cale et ruelle des Quatre-Vents, rue du Pas-Périlleux, rue du Mauvais détour, Pont Maudit, etc.).

Pourquoi cet usage ne fut-il pas conservé ? Nous n’aurions pas à mentionner toutes les modifications introduites si souvent[1] dans la nomenclature des rues, et à regretter surtout la suppression de certains de ces noms, qui nous permettraient justement de retrouver aujourd’hui la vraie et seule raison de bien des appellations. Nous reconnaissons la nécessité de doter d’un nom les voies nouvelles, mais il serait aisé de leur réserver des dénominations destinées à rappeler les faits nouveaux, ou les gloires anciennes que l’on aurait pu omettre.

Evoquer ainsi, comme autant de titres à l’attention et au respect des habitants et des étrangers, le souvenir des hommes et des choses d’autrefois, n’est-ce pas faire œuvre de bon citoyen ? C’est celle que nous poursuivons.

La Ville de Nantes est divisée en six Arrondissements, et renferme onze paroisses. Si nous ne nous sommes pas trompé dans notre relevé, nous aurons à décrire quinze îles et prairies, quarante-trois cours, squares, boulevards, avenues ou tenues, vingt-cinq ponts, quarante-trois quais ou cales, soixante-six places, quatre-vingt-deux cours intérieures, trente-cinq impasses, vingt-six passages fermés ou non par des grilles, cinq cent trente-cinq rues, et enfin vingt-sept routes ou chemins traversant la Ville.

La tâche, comme il est facile de le voir, est quelque peu ardue, mais on nous avait si souvent manifesté le désir de la voir s’accomplir que nous avons essayé de répondre à ce vœu.

Bien des points sont demeurés douteux, plusieurs sont à confirmer par des preuves qui nous ont échappé, des erreurs enfin seront relevées ; nous avons montré notre bonne volonté, d’autres sauront faire mieux.

Nantes, Mars 1905.
Ed. PIED.



NOTICES
sur les
Rues, Ruelles, Cours, Impasses, Quais, Ponts,
Boulevards et Promenades
de la
VILLE DE NANTES




Passage de l’Abattoir
Premier arrondissement. Paroisse de Saint-Similien.
De la rue de Bel-Air à la rue Jeanne-d’Arc.

Voie d’isolement ouverte en 1821, lors de la construction des Abattoirs, et livrée à la circulation en même temps que la rue Jeanne-d’Arc, en 1892, époque à laquelle les grilles de clôture ont été supprimées.




Rue de l’Abreuvoir
Premier arrondissement. Paroisse de Saint-Similien.
Descend de la place Bretagne à la place du Cirque.

Cette voie qui, en 1721, était un chemin de neuf pieds de large et réduit à une pente de treize pouces par toise de six pieds, qui en 1832 possédait encore remises et écuries, servait aux rouliers et aux habitants du Marchix pour mener leurs chevaux à l’Abreuvoir. Les personnes qui ne connaissent cette rue qu’avec les 63 marches de son escalier actuel, se représenteront difficilement son état antérieur et chercheraient en pure perte l’abreuvoir auquel elle doit son nom.

Pendant la Révolution, on l’appelait rue Raphaël.



Rue Affre
Troisième arrondissement. Paroisse de Saint-Nicolas.
De la rue de Feltre à la place Félix-Fournier.

Décidée en 1846, la rue reçut en 1856 son nom, en souvenir de Mgr Affre, archevêque de Paris, né en 1793 à Saint-Rome-de-Tarn. Le prélat prit possession de son trône épiscopal en 1840 et mourut le 27 juin 1848, blessé mortellement, deux jours auparavant, au moment où il cherchait à s’interposer entre les combattants au faubourg Saint-Antoine.




Chemin des Agenets
Deuxième arrondissement. Paroisse de Saint-Donatien.
De la rue des Chambelles à la rue du Casterneau.

Le nom vient d’une propriété, citée dans une demande d’alignement de 1850, « la petite pièce des Agénés, près la maison du Casternot ».




Rue d’Aguesseau
Deuxième arrondissement. Paroisse de Saint-Pierre.
De la rue Saint-Jean à la place de la Préfecture.

Cette rue s’appela un instant rue Saint-François, puis en 1791, de son nom actuel qu’elle doit au Chancelier Henri-François d’Aguesseau, né à Limoges, le 7 novembre 1668 et mort le 9 février 1751. Elle fut établie sur une partie de terrain cédé par les Cordeliers, le 16 septembre 1786.




Rue de Bel Air
Premier arrondissement. Paroisse de Saint-Similien.
De la place Saint-Similien à la rue de Rennes, n° 33.

On l’appela primitivement rue du Vieux-Bel-Air, jusqu’en 1816 tout au moins. Ce n’était qu’un chemin bien mal entretenu, car en 1741, le Recteur de Saint-Similien avertit la Municipalité « qu’il ne peut plus porter décemment et même sans danger le Très Saint-Sacrement aux malades de ces quartiers ». Une autre pièce de 1784 dit : « Le pavé qui commence à peu près vers le Gué Moreau et finit dès la petite rue transversale qu’il vous a plu de nommer de Bel-Air est inaccompli ». — Et plus loin, dans la même requête, il est dit « que la grande route n’étant pas achevée, c’est le seul chemin que suivent présentement les voituriers de Rennes, Saint-Malo et autres lieux ».

Le quartier, à ce moment, se modifia quelque peu, plusieurs établissements s’y fondèrent, entre autres une Manufacture d’acier et d’outils aratoires, qui mit en vente les premières cheminées économiques en fonte qui aient paru dans notre Ville.

L’établissement des Frères date de 1841 à 1843.

Au n° 39 existe une cour assez vaste, dénommée cour Saint-Justin ou de Bel-Air.




Quai d’Aiguillon
Sixième arrondissement. Paroisse de Sainte-Anne.
Du quai Ernest-Renaud au quai Saint-Louis.

Le quai, appelé Palamède au moment de la Révolution, daterait de 1763, époque où le Bureau de Ville décida « qu’un chemin praticable serait établi pour éviter la montée du coteau et porterait le nom de quai d’Aiguillon, que ce nom serait gravé sur une pierre avec la date et les armes du Duc ». Armand de Wignerol, Duc d’Aiguillon, neveu de Richelieu, nommé Lieutenant-Général du Comté Nantais et Gouverneur de la Bretagne, prit possession de son commandement l’an 1753.




Rue Alain-Barbe-Torte
Quatrième arrondissement. Paroisse de la Madeleine.
Du quai André-Rhuys au boulevard Babin-Chevaye.

On rappelle par ce nom le souvenir du Duc de Bretagne qui mourut à Nantes, en l’an 952. Son corps, déposé d’abord à Saint-Donatien, fut porté ensuite dans l’Eglise Notre-Dame, qu’il avait fait bâtir.

Voie récente du milieu du siècle dernier.




Rue d’Alger
Cinquième et sixième arrondissements. Paroisse Notre-Dame.
De la rue de Bréa au passage du Sanitat.

Créée par arrêté du 27 octobre 1837, sur l’emplacement de l’ancienne Verrerie ; tout un quartier y naquit vers cette époque, sous l’impulsion de MM. Vallée frères. Nous étions au moment des événements d’Algérie, il est tout naturel qu’on ait choisi ce nom pour la rue que l’on ouvrait.




Avenue Allard
Sixième arrondissement. Paroisse Notre-Dame.
Va de la place du Général-Mellinet à l’avenue Pasteur.

Son nom est celui du propriétaire des terrains de Launay, acquis en 1826, de la vieille famille Bertrand de Saint-Pern.

Son ouverture date du 27 octobre 1837.




Rue d’Allonville
Deuxième arrondissement. Paroisse de Saint-Donatien.
De la rue Frédéric-Cailliaud à la rue de Coulmiers.

Voie récente dont la création remonte au 18 août 1874, c’est l’ancienne partie Est de la rue de Richebourg, coupée par le prolongement du Jardin des Plantes. A l’angle de cette rue et de celle de Frédéric-Cailliaud, subsiste un vieux bâtiment, bien délabré, qui était autrefois une campagne où Carrier allait, en joyeuse compagnie, se livrer à toutes sortes de débauches.

On y a ouvert, en 1905, diverses avenues destinées à faciliter la construction des nouvelles maisons : au n° 62, l’avenue de la Devinière ; au n° 94, le passage Guillon, du nom d’un propriétaire ; au n° 76, l’avenue de Monty, ainsi désignée de la propriété de ce nom qui y existait encore au milieu du siècle dernier et dont le souvenir se trouve rappelé par un puits sculpté.




Rue de la Prairie-d’Amont
Quatrième arrondissement. Paroisse de la Madeleine.
Coupée par la rue de Vertais, elle va du boulevard Victor-Hugo aux prairies sur le bord de la Loire.

Dénommée en 1830, la voie existait précédemment, car dès 1808, il est fait mention de procès, chacun des propriétaires se croyant autorisé à pénétrer sur la Prairie du même nom, dont les propriétaires, menacés, se plaignirent et sollicitèrent une descente de la Municipalité.

Son nom rappelle simplement son orientation et la distinguait de la rue Prairie-d’Aval. Le quartier de Vertais, du côté de la Prairie-d’Amont, en était séparé par un chemin dit de la Machine, ou chemin de la Prairie-d’Amont.




Ruelle de la Prairie-d’Amont
Quatrième arrondissement. Prairie de la Madeleine.

Cette petite ruelle, qui figure encore sur le plan de Bilange de 1853, part de la place Victor-Mangin et tombe dans la rue de la Loire.




Prairie d’Amont
Quatrième arrondissement. Paroisse de la Madeleine.
Entre la Prairie de Biesse et la côte Saint-Sébastien.




Rue d’Ancin
Cinquième arrondissement. Paroisse de Saint-Nicolas.
Monte du quai de la Fosse, n° 40, à la rue de l’Héronnière.

Elle prend son nom d’une maison citée en plusieurs circonstances, et dans une requête de 1821, le propriétaire affecte de mettre sous sa signature ces mots : « Propriétaire de la maison d’Ancin ».




Rue d’Anguille

Notons pour mémoire la rue d’Anguille qui a été supprimée par l’établissement du chemin de fer de Nantes à Saint-Nazaire en 1861 et par les travaux d’alignement et de nivellement de la rue de l’Hermitage en 1881-1882. Une passerelle, établie par la Compagnie d’Orléans, entre le quai de l’Aiguillon et la rue de l’Hermitage, rappelle l’endroit où se trouvait la rue.

Le nom proviendrait de la sinuosité de la voie.




Rue Anizon
Sixième arrondissement. Paroisse de Notre-Dame.
De la place de la Monnaie à la rue Racine.

Un arrêté du 27 octobre 1837 lui donna son nom, mais nous en trouvons l’existence antérieurement. Les habitants du Cul-de-sac Anizon demandent, en 1819, que l’on supprime le passage des tombereaux, « s’appuyant sur la convention, contractée en l’an 1725 entre MM. Brée, cordiers, et Jean Bernard, et qui précisait que le cul-de-sac ne devait être qu’un passage pour les gens de pied ». Or, l’un des signataires est justement un M. Anizon, d’où nous serions porté à lui attribuer le nom de la rue, d’autant plus qu’en 1863 le nom revient dans différentes pièces.




Rue d’Anjou
Premier arrondissement. Paroisse de Saint-Similien.
De la rue du Général-Bedeau à la rue du Maine.

L’administration consacra en 1903 le nom qui lui avait été donné par les spéculateurs qui ouvrirent cette rue et les voies voisines.



Place de la Duchesse-Anne
Troisième arrondissement. Paroisse Saint-Clément.
Du quai du Port-Maillard à la rue Prémion.

La place, qu’on nomma un instant place Cincinnatus (le nom figure sur des plans partiels jusqu’en 1838), fut régularisée en 1846, par suite de la cession d’une partie des douves du Château. On attribua plus tard cette appellation à l’ensemble des immeubles qui constituaient le commencement de la rue Henri IV actuelle.

Le nom rappelle celui de la Bonne Duchesse, fille du duc François II, née à Nantes le 26 janvier 1476, celle qui aimait tant la Bretagne qu’elle voulut qu’après sa mort, survenue le 9 janvier 1514, à Blois, son cœur fût déposé dans le tombeau de son père. Il est aujourd’hui au Musée Dobrée, dont il constitue un des joyaux les plus précieux.




Rue Anne-de-Bretagne
Quatrième arrondissement. Paroisse de la Madeleine.
De la rue de La Tour-d’Auvergne au quai André-Rhuys.

Voie récente, créée vers 1860.




Quai des Antilles
Quatrième arrondissement. Paroisse de la Madeleine.

Commencé en 1902 et terminé en 1904, le quai situé à l’extrémité Ouest de la rue J. Voruz et du boulevard Babin-Chevaye s’étend actuellement sur une longueur de 500 mètres, sur la rive gauche du Port maritime. C’est en 1905 qu’il reçut son appellation en mémoire des anciennes relations de la Ville de Nantes avec les Villes du nouveau continent.



Rue Jeanne-d’Arc
Premier arrondissement. Paroisse de Saint-Similien.
De la rue de Rennes à la place Saint-Similien.

Dénommée le 2 avril 1892, en souvenir de la Pucelle d’Orléans, née en 1409 à Domrémy, près de Vaucouleurs, morte le 30 mai 1431, brûlée vive par les Anglais à Rouen, la rue a remplacé celle nommée Moquechien, et qui s’était aussi appelée rue Basse-Porte. Le premier nom (un acte de sépulture du 22 mai 1764 relate le décès de Demoiselle Anne Tessier, veuve Guérin de la Branche, décédée à « la maison de Mocchien ») viendrait du propriétaire, originaire des Moutiers, qui aurait cédé sa maison, le presbytère actuel, à M. l’Abbé Rivet. (Le Diocèse de Nantes sous la Révolution) ; nous n’osons présenter d’attribution pour le second nom.

En 1774, la rue n’était qu’une voie étroite, ouverte sur une tenue que l’on nommait Tenue de la Tombe, et qui appartenait alors à Ecuyer Jean Mérot ; celui-ci en fit la cession à la Ville, vers 1825, et c’est à cette époque que l’on y entreprit les travaux de l’Abattoir terminés en 1829.

Alors, la rue, comme bien d’autres, hélas ! était dans un triste état, témoin cette réclamation du curé de Saint-Similien qui, en 1827, écrit : « un de mes vicaires en ce moment, part pour chercher à Barbin un corps mort, il sera obligé de passer par la Chaussée de Barbin, par derrière la Préfecture, le Port Communeau, la rue de Talensac, la rue de Bel-Air, afin d’arriver à Saint-Similien ».




Rue de l’Arche-Sèche
Premier et troisième arrondissements. Paroisse Saint-Nicolas.
De la place Royale à la place du Cirque.

Appelée rue des Douves Saint-Nicolas, rue Cornic pendant la Révolution, elle prend son nom du Pont de l’Arche-Sèche ; son ouverture fut décidée vers 1766, d’après un plan de 1761 du voyer de la Ville « en remplacement du Petit Chemin des Murailles, pour la même rue communiquer du bout de celle des Carmes à la place de Bretagne en passant par dessus le terrain de la Vve Portail ». En 1781, l’affaire était encore en litige, et le dépôt des Archives municipales nous montre une série de propositions qui nous conduisent jusqu’à l’époque moderne, où la voie prend enfin la physionomie que nous lui connaissons. Nous aurons à en reparler à la rue de Feltre, où nous nous occuperons du grand et du petit Erail. Une cour existe au n° 8 de cette rue, sous le nom de cour Gerbaud.




Pont de l’Arche-Sèche
Troisième arrondissement. Paroisse Saint-Nicolas.

Il s’est appelé pont de l’Erail. L’arche devait établir la communication de la place du Bon-Pasteur à la rue de la Boucherie, par l’Erail. Un crédit de 17.360 fr. 46 avait été voté le 17 octobre 1829 pour l’exécution du pont en fer, les travaux furent suspendus jusqu’en 1834, où l’on vota un supplément de crédit de 4.060 fr. 71, puis en 1838 un autre crédit de 12.600 fr. fut ouvert en vue de couvrir le chiffre des indemnités mises à la charge de la Ville. Enfin, en 1844, on votait un nouveau crédit de 4.612 fr. 20 pour dépenses supplémentaires nécessitées par la restauration du tablier.




Rue du Pont de l’Arche-Sèche
Troisième arrondissement. Paroisse Saint-Nicolas (numéros impairs), et Saint-Similien (numéros pairs).
De la place Bretagne à la rue des Petits-Murs.

C’est vers 1811 que l’on s’occupe de l’ouverture de cette rue, qui s’appela un instant rue de l’Arche-Sèche.




Rue Aregnaudeau
Sixième arrondissement. Paroisse de Sainte-Anne.

Anciennement Petit chemin du Moulin des Poules, ayant porté aussi le nom de Mont Nouël, la voie changeait d’appellation le 23 janvier 1900. On y voyait, en 1824, un vague planté de peupliers, mais c’était encore un chemin contesté, et en 1843, deux propriétaires en revendiquent la propriété contre la Ville. En 1868 (les droits de la commune avaient été reconnus), il est parlé de la vente du sol de la rue, dont l’utilité comme passage est complètement nulle ; enfin, dans un exposé de 1869, nous lisons : « l’ordonnance royale du 5 septembre 1839 a eu pour effet de déclasser l’ancienne rue du Petit Chemin du Moulin des Poules, cette rue a été remplacée au plan de la Ville par celle du Chemin du Moulin des Poules, et l’ancienne rue ayant été circonscrite à l’état de passage, les propriétés riveraines de cette rue et de la nouvelle se trouvent desservies par deux voies presque contiguës ». Aregnaudeau, corsaire, originaire de la Vendée, fit beaucoup parler de lui sous le premier Empire. Il reçut un sabre d’honneur des mains de l’Impératrice Joséphine, à son passage à Nantes, et disparut en mer, sans que l’on ait jamais su ce qu’il était devenu.




Rue d’Argentré
Deuxième arrondissement. Paroisse de Saint-Pierre.
De la rue Tournefort à la place de la Préfecture.

Il en est fait mention dans les actes de 1779 pour des travaux de voirie. C’est dans cette rue que se trouvaient l’ancienne Eglise de Saint-Cyr et Sainte-Julitte, qui était entourée d’un cimetière dont les tombes furent rencontrées en 1764, et la Tour du Papegault, ou des Arquebusiers, ou encore Grosse Tour, nom qu’elle partage avec une autre située le long de l’Erdre.

Le nom rappelle la mémoire de Bertrand d’Argentré, sénéchal de Rennes et historien de Bretagne, né à Vitré, le 19 mai 1519, mort au Château de Tizé près Rennes, le 13 février 1590.

La rue s’était aussi appelée rue Kervégan, nom qui fut donné à une voie de l’île Feydeau.



Rue Arthur III
Quatrième arrondissement. Paroisse de la Madeleine.
Du boulevard Babin-Chevaye au quai île Videment.

On en trouve mention à partir de 1855, mais ce n’est qu’en 1872 qu’on s’occupe de sa viabilité. En 1882, une partie de la rue fut supprimée, depuis la rue de la Prairie-au-Duc jusqu’à la Boire de Toussaint.

Arthur III, Duc de Bretagne et de Touraine, comte de Richemont, connétable de France, né le 22 août 1393, fut fait prisonnier à Azincourt, conquit la Normandie sur les Anglais en 1448 ; il mourut à Nantes le 26 décembre 1458.




Rue des Arts
Premier arrondissement. Paroisse de Saint-Similien (la paroisse Saint-Nicolas a le n° 37).
De la place Saint-Similien à la place Lafayette.

Les projets concernant cette voie remontent au 23 prairial an XIII et au 6 frimaire an XIV, « on décrète une rue de 16 pieds de largeur, sur le terrain de la ci-devant communauté de Sainte-Elisabeth. » Les religieuses du Quint Ordre de Saint-François, dites cordelières de Sainte-Elisabeth, succédèrent en 1632 aux Capucins qui s’y étaient établis depuis 1593 sous la protection du Duc de Mercœur. En 1803, les bâtiments furent divisés par lots et vendus ; la chapelle disparut en 1828.

En 1830, en 1832, enfin en 1837, nouveaux projets et nouvelles acquisitions, en vue de l’achèvement des travaux, en même temps qu’on lui désigne son nom : celui qui fut choisi est à expliquer.

Au n° 20, au-dessus du portail, on voit encore une inscription « POSTE AUX CHEVAUX », qui nous indique l’installation de ce service en cet endroit.



Impasse de l’Ascension
Deuxième arrondissement. Paroisse de Saint-Donatien.
Rue de Coulmiers, 17.

L’Intermédiaire Nantais a voulu fournir l’origine de ce nom, nous respectons l’humoristique explication qu’il en a présentée.




Rue Athénas
Sixième arrondissement. Paroisse de Notre-Dame.
De la rue Voltaire à la place de la Monnaie.

Les travaux relatifs à la rue apparaissent vers 1824 ; le nom lui fut attribué en 1837, en souvenir de Pierre-Louis Athenas, né à Paris en 1752 (nous avons lu ailleurs né en 1749 en Lorraine) et qui mourut le 22 mars 1829 à Nantes, après s’être consacré à l’éducation de ses compatriotes. On a de lui de nombreux mémoires de chimie et d’archéologie. « Le citoyen Athenas, dit un arrêté qui le rendait à la liberté, en juin 1794, physicien utile à la chose publique, sera mis en liberté. »




Impasse Audran
Deuxième arrondissement. Paroisse de Saint-Clément.
Rue Sully, 3.

Elle fut dénommée par arrêté de 1837 (un acte du 25 février 1837 nous la présente comme voie privée) ; son nom peut être attribué à un membre d’une famille de Lyon qui, au XVIIe siècle, a fourni plusieurs artistes renommés, entre autres Gérard Audran, né à Lyon en 1640, et mort à Paris en 1678 (d’autres disent 1691 et 1703), graveur distingué.




Avenue de l’Aumônerie
Deuxième arrondissement. Paroisse de Saint-Donatien.
De la rue du Coudray à l’avenue Coquebert.

Si l’avenue n’est pas ancienne, le nom du moins peut revendiquer ce titre, car il rappelle l’ancienne Aumônerie, qui paraît avoir appartenu à l’aumônier de Saint-Clément, et dont il est fait mention dans la déclaration de Gilles de Beauveau du 9 février 1683. (Arch. dép. G. 8).




Rue d’Auvours
Premier arrondissement. Paroisse de Saint-Similien.
De la place Viarme au Cimetière de Miséricorde.

Décrétée en 1853, elle s’appela d’abord rue du Service d’eau (les bâtiments de ce service y furent élevés en 1856), puis, en 1874, elle prit son nom actuel, en souvenir de la bataille du 10 janvier 1871. En 1880, on décida son élargissement, ce qui donna lieu à une discussion historique au sein de l’Assemblée municipale, à propos d’un emplacement que la famille de Charette voulait se réserver et qu’elle considérait à tort, cela fut reconnu, comme celui où le général serait tombé (séance du 16 mai).




Rue de la Prairie d’Aval
Quatrième arrondissement, Paroisse de la Madeleine.
Du boulevard Victor-Hugo à la cour de la gare de Legé.

Se serait appelée rue de la Prairie-d’Abas. Elle figure à la nomenclature des rues de 1818, et alors elle aboutissait au quai de la Brasserie. Aujourd’hui encore on trouve, près le pont des Récollets, et bien désignée par sa plaque en fer oxydé, la Ruelle de la Prairie d’Aval.




Prairie d’Aval
Mêmes arrondissement et Paroisse.
Entre l'île du Balagué et la commune de Rezé.



Boulevard Babin-Chevaye
Quatrième arrondissement. Paroisse de la Madeleine.
De la rue Grande-Biesse à l’île du Grand Fendy.

C’est l’ancienne Grande-Rue de la Prairie-au-Duc, dont, dès 1847, les habitants réclamaient la viabilité, mais elle n’était pas encore classée ; ce ne fut que de 1851 à 1859 que l’on commença à s’occuper de cette voie, nouvellement dénommée, en 1891, Babin-Chevaye.

Louis-Mathurin Babin Chevaye, né à Nantes en 1824, et décédé le 16 avril 1887, était un constructeur de navires, membre du Tribunal et de la Chambre de Commerce dont il devint Président, Conseiller Municipal et Membre de l’Assemblée nationale ; c’est à lui que l’on doit les premiers jalons posés pour la création de la Loire Navigable.

La Gare de l’État établie sur ce boulevard, fut inaugurée le 1er juillet 1887, pour le service des voyageurs.




Rue Baboneau
Sixième arrondissement. Paroisse de Notre-Dame, numéros pairs et numéros impairs de 1 à 19, et Sainte-Anne à partir du n° 19.
De la rue de la Brasserie au boulevard Saint-Aignan.

Les pourparlers pour l’ouverture de la rue commencèrent en 1849, mais n’aboutirent que plus tard, et, en 1881, on lui donna le nom du propriétaire du lieu : M. Baboneau Jean-Alexandre, né à Nantes le 28 juillet 1790 et mort le 2 mars 1869 en cette Ville, appartient à une famille d’industriels nantais. Il possédait un établissement considérable de constructions ; sa maison et ses ateliers, situés quai des Constructions, furent construits en 1822.




Rue du Petit-Bacchus
Troisième arrondissement. Paroisse de Sainte-Croix.
De la rue du Port-Maillard à celle de la Bâclerie.

Au XVIIIe siècle, la rue s’appelait rue de Germonde ou de Guermonde ; en 1721, on la divise en rue de Guermonde et rue Basse de la Bâclerie, et nous la trouvons, dès 1759, sous son nom actuel. Il est probable que, dès ce moment, elle devait avoir le pittoresque qui la distingue encore aujourd’hui, à défaut d’élégance et de propreté.




Rue de la Bâclerie
Troisième arrondissement. Paroisse de Sainte-Croix.
De la rue Sainte-Croix à la place du Bouffay.

On a cherché à expliquer le nom de cette rue qui est ancienne, puisqu’en 1669 on y signale le Prieuré de Saint-Martin, qui disparut pour la reconstruction de Sainte-Croix. Nous ne prenons parti, ni pour ceux qui y fixeraient l’installation « des portefaix, des bâcleurs », ni contre ceux qui veulent rappeler le souvenir des arbalétriers qui se réunissaient au XVe siècle dans le quartier « de la Baguerie ».

Deux cours existent aux nos 8 et 9 de la rue.




Quai Baco
Quatrième arrondissement. Paroisse de Sainte-Croix.
De la rue Fouré au quai de la Maison-Rouge.

René-Gaston Baco de la Chapelle, né à Nantes le 28 avril 1751, ancien Procureur du Roi au siège Présidial de Nantes, ancien Procureur de Police, devint Maire aux moments les plus difficiles ; il exposa ses jours pour la défense des lois et de la vraie liberté, sans reculer devant le pouvoir anarchique. Blessé à l’attaque de la Ville, le 29 juin 1793, il résilia ses fonctions le 9 octobre, fut nommé Commissaire du Directoire aux Iles du Vent, et mourut à la Guadeloupe, le 29 novembre 1800.

Ce nom fut donné au quai le 31 août 1848.




Rue du Roi-Baco
Sixième arrondissement. Paroisse de Sainte-Anne.
De la rue des Garennes à la rue des Salorges.

La rue porta plusieurs noms, celui actuel d’abord, dont l’étymologie courante nous semble bien voisine de la légende, puis, en 1792, Monplaisir ou Montplaisir, plus tard Républicaine, puis redevint rue du Roi-Baco. Nous retrouvons ces diverses appellations dans des pièces qui ont trait, presque toujours, aux difficultés de son passage : on pourrait les répéter encore aujourd’hui.




Ruelle du Roi Baco
Sixième arrondissement. Même paroisse.

La ruelle, qui vient aboutir à la rue de l’Hermitage n’est pas faite pour relever le prestige de sa voisine.




Rue Bacqua
Quatrième arrondissement. Paroisse de Sainte-Croix.
De la rue Bias au quai Moncousu.

C’est en 1835 que fut ainsi dénommée cette rue qui avait porté les noms de rue des Baigneurs, de rue d’Arcole.

Luc-Auguste Bacqua, né à Aubigny (Vendée) était un chirurgien d’un rare mérite. Il mourut à Nantes, le 1er avril 1814, à l’âge de 57 ans environ. La Ville lui a fait élever, au cimetière de Miséricorde, en témoignage de la reconnaissance publique, un tombeau qui ne se distingue que par sa simplicité.




Prairie du Balagué
Quatrième arrondissement. Paroisse de la Madeleine.
De la rue de Vertais à la Loire.

D’une demande présentée par des propriétaires et de la réponse de la Municipalité, il appert que l’Administration était déchargée de tout entretien à cet endroit, et que le chemin portant ce nom est privatif.



Rue Balen
Quatrième arrondissement. Paroisse de Sainte-Croix.
Du quai Duguay-Trouin à la rue Kervégan.

La rue possède un escalier à chacune de ses extrémités, et n’était pas voie publique avant 1838.

Aucun élément pour expliquer le nom ; serait-ce Henri Van Balen, peintre flamand, qui vivait de 1560 à 1632 ?




Rue du Ballet
Premier arrondissement. Paroisse de Saint-Félix.
Du boulevard Amiral-Courbet à la place du Croisic.

La voie, qui fut ouverte et dénommée en 1837, devrait son nom au Clos Ballet, que l’on trouve cité dans les Archives Départementales (série G, 223, 1468-1751, clergé séculier et régulier). Il y avait aussi une famille de ce nom, un seigneur du Plessis Glain, Président de la Chambre des Comptes de Bretagne.

Dans les premières pièces rencontrées, et même jusqu’en 1865, nous trouvons souvent la désignation de « chemin des Petits Echaliers », pour des immeubles situés sur cette voie.




Petite Rue du Ballet
Mêmes arrondissement et paroisse.
De la rue du Ballet à la rue François-Bruneau.




Rue Banier
Quatrième arrondissement. Paroisse de Sainte-Croix.
De la rue Haudaudine au quai de l’Hôpital.

On l’appela Hohenlinden jusqu’en 1818. En 1820, nous trouvons un acte par lequel la rue est déclarée privée à ce moment.

Le nom qui lui fut attribué est celui de l’Abbé Thomas- Antoine Banier, savant mythologue, Membre de l’Académie des Inscriptions et Belles Lettres, né en 1673 à Dallet, en Auvergne, et mort en 1741.




Quai de Barbin
Deuxième arrondissement. Paroisse de Saint-Clément.
De la rue Sully à la place du Lieutenant-Jehenne.

Les travaux de ce quai, qui porta le nom de Van Loo, les plantations d’arbres, le pavage, datent des vingt premières années du siècle dernier ; on veut chercher la nature de ce nom dans une famille souvent citée dans des actes concernant ce quartier ; soit, mais c’est à prouver.

Citons, pour mémoire, la petite place plantée d’arbres, sise vis-à-vis la passerelle, et qui porte le nom de place de la Bonde, du nom d’un petit ruisselet, qui s’étend à travers les terrains situés entre le quai et la rue Saint-André, et qui vient se jeter à cet endroit dans l’Erdre.




Rue de Barbin
Premier arrondissement. Paroisse de Saint-Félix.
Du quai de Versailles à la rue Fontaine-de-Barbin.




Rue Fontaine-de-Barbin
Mêmes arrondissement et paroisse.
De la rue de Barbin à l’Erdre, par le travers de propriétés privées.

On l’appelait aussi rue de la Fontaine, rue des Quarts, rue de la Fontaine des Quarts, tous noms significatifs, et remontant très haut puisqu’ils sont cités dans des actes de 1092, 1485 et 1554.




Rue de la Barbinais
Sixième arrondissement. Paroisse de Sainte-Anne.
Rue du Roi-Baco.

Ce nom fut attribué en 1899 à la ruelle des Grands-Jardins, qu’on avait aussi appelée ruelle de Beauregard, et dont l’alignement à 10 mètres venait d’être voté par le Conseil Municipal. Voici, pour l’explication du nom, la note que nous avons relevée sur un catalogue de tableaux : « Porçon de la Barbinais, né à Saint-Malo, le 31 octobre 1639, fut chargé en 1667 de détruire les pirates qui infestaient la Méditerranée. Fait prisonnier par le Dey d’Alger, celui-ci le renvoya à Louis XIV pour traiter de la paix, mais après avoir donné sa parole que, s’il ne réussissait pas, il reviendrait prendre sa place parmi les prisonniers. Ses propositions ne furent pas acceptées par le Roi ; il revint à Alger, et eut la tête tranchée. 1682 ».




Rue de la Barillerie
Troisième arrondissement. Paroisse de Sainte-Croix pour les numéros impairs, et paroisse Saint-Pierre pour les numéros pairs.
De la place du Change au Pont d’Orléans.

C’est la rue où l’on préparait les barriques, dit-on.

En 1777, nous avons rencontré le nom de « Rue des Pannereux », que nous citons sans vouloir l’expliquer. La voie, qui en 1742 n’avait que 10, 14, et 18 pieds dans son étendue, fut élargie en 1829, puis en 1878.




Cour Baron
Premier arrondissement. Paroisse de Saint-Similien.
Rue Saint-Similien, numéros 9, 11 et 13.

Le nom vient du Propriétaire ; sur un acte de décès de 1765 (registre de la Paroisse), on dit que le décédé demeurait dans « la cour à Baron ». C’était la cour de l’ancienne Hôtellerie du Plat d’Etain.




Rue Baron
Quatrième arrondissement. Paroisse de Sainte-Croix.
De la rue Fouré à la rue des Olivettes.

La rue s’appela rue Cincius sous la Révolution ; sa propriété fut contestée en 1832, en vertu de titres de 1781, 1805 et 1829, à la Ville qui n’avait à opposer que le nombre d’années depuis lesquelles elle en jouissait : c’est la ville qui obtint gain de cause.

Aucun renseignement sur le nom.




Rue Fontaine-des-Baronnies
Sixième arrondissement. Paroisse de Sainte-Anne pour le côté aspectant Nantes.

La rue, limite entre les communes de Chantenay et de Nantes a son origine Nord rue Gutenberg et son origine Sud au pont dit de la Hallée, au-dessus de la ligne du chemin de fer.

Nous avons vainement cherché l’explication de ce nom.

Il y avait bien, à l’angle du quai de la Piperie, un terrain de 1767 m 10 appartenant à un M. d’Havelooze, et qui s’appelait la Baronnie, mais ?…




Quai Jean-Bart
Troisième arrondissement. Paroisse de Sainte-Croix.
Du Pont d’Erdre au Pont d’Orléans.

Le quai, qui s’appela aussi quai d’Erdre, emprunta son nom à l’intrépide marin, né à Dunkerque en 1651, mort en 1702, qu’on avait surnommé le Bayard de la marine.




Ruelle Bascher
Deuxième arrondissement. Paroisse de Saint-Clément, numéros à gauche, et de Saint-Donatien, numéros à droite.
De la rue des Orphelins, n° 16, à la rue Saint-Clément, n° 9.

De pièces de la Voirie, qui datent de 1822 et de 1833, il est reconnu que la voie est privée et que les bornes, dont on voulait la disparition, étaient la propriété d’une dame Bascher. Ce qui nous expliquerait en même temps le nom de la rue.

Le nom appartient à une vieille famille Bretonne ; on cite entre autres le chanoine F. A. Bascher, premier supérieur des Missionnaires de Saint-François en 1820 ; le colonel J.-J. Bascher, Prévôt de la cour prévôtale de Nantes, en 1816, anobli en 1818, etc.




Rue de la Bastille
Cinquième arrondissement. Paroisse de Saint-Similien tout le côté droit ; Paroisse Saint-Nicolas jusqu’au n° 37, côté gauche ; Paroisse de Notre-Dame, de la rue Mondésir au Repos de Jules César.
De la place Edouard-Normand à la rue des Dervallières.

Cette rue fut dénommée plusieurs fois, on a dit : rue de Valmont, chemin de la Contrie (tout au moins pour la partie entre le chemin des Herses et les Dervallières), rue Campistron, puis elle reprit son nom de rue de la Bastille, qui lui vient d’un domaine anciennement possédé par Germain de Vaux, Sieur de la Porcherie et de la Bastille, sous le fief de l’archidiaconé de la Mée.

Plusieurs cours existent dans cette rue, toutes avec de nombreux habitants, nos 8, 12, 16, 26.




Rue Stanislas-Baudry
Deuxième arrondissement. Paroisse Saint-Clément.
Du boulevard Sébastopol à la rue du Lycée.

On l’appella rue de Flore en 1856, lors d’une première rectification de direction, puis, après les travaux de 1891-1892, elle fut dénommée de son dernier nom, destiné à rappeler la mémoire du docteur Baudry, homme actif et hardi, grand industriel, passant malheureusement d’une spéculation à une autre, et qui un jour douta de lui-même et succomba à la crainte de l’infortune. Nantes lui est redevable de ses omnibus. Né en 1780, il mourut à Paris en 1830.

La rue du Seil qui a disparu lors de la percée complète de cette voie, n’est plus représentée que par quelques maisons en contrebas qui servaient au débouché de la rue sur le quai Richebourg.



Rue de Bayard
Sixième arrondissement. Paroisse de Notre-Dame.

La rue, qui part de la rue Chevert, a dû être coupée lors de l’ouverture de la rue de la Moricière, et la partie scindée à l’est est devenue une impasse, comme la rue Maréchal de Gassion et la rue Villars.

Le terrain de ces impasses avait été donné à la Ville par M. Le Mercier de la Clémencière, sous la condition qu’elles seraient prolongées, au delà de la Chézine, jusqu’à la rue des Coulées (actuellement rue Arsène-Leloup), mais cette condition ne fut jamais remplie.

Bayard (Pierre de Terrail, Seigneur de), surnommé le Chevalier sans peur et sans reproche, né en 1476 au château de Bayard, près Grenoble, meurt le 30 avril 1524 des suites d’une blessure reçue en Italie à Romagnano.

Nous rencontrons pour cette voie les noms de rue Rumain et rue Plumard.




Ile Beaulieu
Quatrième arrondissement, entre la Prairie de Mauves et la Commune de Saint-Sébastien, en amont de l’Ile Launay.




Rue Beaumanoir
Sixième arrondissement. Paroisse de Notre-Dame.
De la rue de la Rosière à l’intersection des rues Jean V et Bertrand-Geslin.

C’est en 1832 que la rue est projetée, et, primitivement, elle devait, à l’aide d’un pont établi sur la Chézine, couper la rue de la Rosière et aller aboutir place Sanitat, puis place Launay. Le projet fut écarté et la rue, telle qu’elle est aujourd’hui, fut dénommée le 27 octobre 1837, empruntant son nom à l’illustre chevalier breton, Jean de Beaumanoir, un des héros du combat des Trente, mort vers 1365.



Place Beaumanoir
Sixième arrondissement. Paroisse de Notre-Dame.
Rue La Moricière, entre les rues Chevert et Beaumanoir.

Construite en 1844 par MM. Lemercier et consorts.




Pont Beaumanoir

Le Conseil, en 1840, désirant transformer l’avenue des Ormeaux en voie publique, avait autorisé le Maire à acquérir les arbres et une partie du sol dominant le Bois des Coulées (voir à ce nom) ; ces arbres, et le terrain sur lequel ils étaient plantés, étaient indivis entre la Ville et les riverains à l’orient de l’avenue. L’adjudication eut lieu le 24 novembre 1842. Le pont de ce nom, bâti sur la Chézine, devait faire communiquer la rue Beaumanoir et la petite place de l’Entrepôt ; les travaux furent reçus en 1845.




Rue Beauregard
Troisième arrondissement. Paroisse de Sainte-Croix.
De la place Sainte-Croix au quai Jean-Bart.

Après avoir reçu le nom de rue Linnée, elle s’appela en 1837 rue du Pas-Périlleux, puis un autre arrêté du 23 octobre 1891, prolongeant la rue jusqu’au quai Jean-Bart, alors que précédemment elle s’arrêtait rue de la Poissonnerie, fit disparaître ce nom pour celui de Beauregard.

Reste à déterminer le personnage qui lui a valu son appellation. Est-ce Réveillé de Beauregard, ancien avoué et substitut du Procureur du Roi à Nantes, qui mourut à Legé en 1837 ? Est-ce Pierre-René Réveillé de Beauregard, ancien curé de Sainte-Croix, mort à Nantes le 20 septembre 1832, vicaire-général du Diocèse, et inhumé au cimetière de la Bouteillerie, où l’on voit sa tombe ornée d’une longue épitaphe ? Nous pencherions pour la seconde hypothèse.

Au n° 14, une cour dite cour Praud.



Rue du Général Bedeau
Premier arrondissement. Paroisse de Saint-Similien.
De la rue de Rennes, 69, à la rue des Hauts-Pavés.

La rue qui, au milieu du XVIIIe siècle, n’était qu’un tronçon du chemin de Rennes, comme le constate un plan manuscrit de 1731, fut modifiée par les travaux de Cacault et de Ceineray. C’était une voie fort étroite et dont la viabilité laissait beaucoup à désirer. Elle porta différents noms : rue Saint-Jacques, rue de la Quintinie, puis rue Noire. En 1816, c’est encore une rue sans éclairage et très mal pavée. On vient de faire disparaître la ferme, dite Tenue du Gué Moreau, et plusieurs maisons du XVIe siècle qui auraient dépendu de l’ancienne léproserie de Saint-Lazare sur les Hauts-Pavés ; plusieurs ont voulu y voir un hôpital de lépreux, et y ont rattaché le nom de « rue Noire » (voir aussi rue des Hauts-Pavés).

En 1903, ce dernier nom disparut et fut remplacé par celui du Général Marie-Alphonse Bedeau, né à la Robertière, en Vertou, le 19 août 1804, mort dans son pays natal le 30 octobre 1863.

Les travaux entrepris pour la construction du couvent, qui fut occupé par les Capucins, commencèrent en 1873.




Village de la Béhinière

Ce Village, qui réunit 250 habitants environ, est situé entre l’avenue de Lusançay et la propriété des Oblates ; il est du 6e arrondissement et dépend de la Paroisse Sainte-Anne.




Rue de Belfort
Quatrième arrondissement. Paroisse de Sainte-Croix.
Du quai Magellan au Champ de Mars.

Cette voie, ouverte en 1900-1901, qui a été la petite rue de Rieux, avait d’abord été appelée rue Dorgère (voir à ce nom), puis finalement on lui attribua son nom actuel, en souvenir de la belle défense de cette place en 1870-1871, par le colonel Denfert-Rochereau.




Rue de Belleville
Sixième arrondissement. Paroisse de Notre-Dame.
De la place Catinat à la place du Général-Mellinet.

Le nom fut attribué en 1837 à la voie, en souvenir de M. de Belleville, Préfet de la Loire-Inférieure, du 26 février 1804 au 26 décembre 1806. Le terrain sur lequel elle a été ouverte était propriété privée et ne devint public qu’en 1874.




Rue de Belsunce (ou Belzunce)
Sixième arrondissement. Paroisse de Notre-Dame.
De la place Saint-Louis à la rue Sainte-Marie.

Créée vers 1834, la rue reçut en 1837 son nom. Hippolyte-François-Xavier de Belsunce de Castel Moron, célèbre évêque, né en 1671 dans le Périgord, mort en 1755, se signala par son dévouement pendant la peste qui désola Marseille en 1720-1721. Nous croyons que cette voie fut ouverte sur l’emplacement d’une allée Guimberteau, nom de la propriétaire qui céda son terrain.




Avenue de la Béraudière
Deuxième arrondissement. Paroisse de Saint-Donatien.
De la rue Saint-André, n° 10, à la rue Carnot.

C’est une voie privée. Nous avons entendu prononcer, à propos de cette appellation, le nom de la Béraudière, condamné par contumace comme l’un des chefs de l’insurrection de 1832 et acquitté en 1837 par le jury siégeant à Orléans.



Rue Bergère
Premier arrondissement. Paroisse de Saint-Similien.
De la rue Félibien, n° 12, à la rue d’Auvours.

Voie privée ouverte en 1879.




Passage Berthaud
Quatrième arrondissement. Paroisse Sainte-Croix.

Au n° 23 de la rue des Olivettes se trouve le passage qui conduit à la rue Laënnec ; nom d’un propriétaire, probablement.




Rue Bertrand-Geslin
Sixième arrondissement. Paroisse de Saint-Nicolas, jusqu’à 3, 7, 6, rue Sévigné.
Paroisse de Notre-Dame, nos pairs et impairs, de la rue de Sévigné à la place de l’Edit-de-Nantes.
Du boulevard Delorme à la place de l’Edit-de-Nantes.

La rue fut décrétée vers 1820, et, après avoir été désignée sous le nom de Descartes, reçut, le 21 juillet 1848, celui de Bertrand Geslin. Né au Luc, dans le département du Var en 1770, Charles Bertrand, qui prit de sa femme le nom de Geslin, était dans l’armée quand survinrent les événements de Vendée. Il devint maire en 1805, fut renommé en 1808, et donna sa démission en 1813. Il avait reçu, en 1810, le titre de baron de l’Empire. Bertrand Geslin mourut le 6 octobre 1843 dans sa ville natale.




Rue Biaise
Sixième arrondissement. Paroisse de Notre-Dame.
Du quai de la Fosse à la rue de Launay.
(Voir aussi rue Mathurin-Brissonneau).

La rue doit son nom à sa configuration, mais elle en changea souvent, car nous rencontrons ceux de rue Képler, rue Duquesne, rue Ptolémée. La rue fut modifiée en 1899 : une partie devint la rue Mathurin-Brissonneau, et l’autre, ce qui reste aujourd’hui de l’ancienne rue Biaise, avec le nom qui la distinguait.




Rue Bias
Quatrième arrondissement. Paroisse de Sainte-Croix.
De la rue Bacqua à la rue Haudaudine.

Ce nom réveille-t-il le souvenir de l’ancien Sage de la Grèce, et pourquoi l’a-t-on choisi ? Nous ne nous chargeons pas d’y répondre avec preuves à l’appui.




Prairie de Biesse
Quatrième arrondissement. Paroisse de la Madeleine.
Cale Toussaint.

M. de Berthou, dans ses notes, rappelle le gibet carré, à quatre poteaux, qui se trouvait en aval de la chaussée et qui existait encore au XVIIIe siècle.

Les rues, qui portent le nom de Biesse avec ses diverses désignations, les anciennes prairies dénommées aujourd’hui de la Madeleine, de l’Hôpital, Gloriette, formaient autrefois une seule île, qui était l’île de Bièce ou Biesse.




Rue Grande-Biesse
Quatrième arrondissement. Paroisse de la Madeleine.
Du pont de la Madeleine au pont de Toussaint.

La rue est séparée de la rue dite Petite-Biesse par la Boire de Toussaint, et de la partie de la Prairie de Biesse, en aval de la rue, qui porte le nom de Prairie-au-Duc, par un canal qui fut comblé en 1841. La rue fut élargie en 1850. La cour Dupuis est au n° 24.



Rue Petite-Biesse
Mêmes arrondissement et Paroisse.
Du pont de Toussaint au pont des Récollets.

La rue, comme la précédente, fut élargie en 1890. La porte Gellée (ainsi nommée en souvenir de Claude Gellée, échevin en 1720 et père de J.-B. Gellée de Prémion, maire en 1754 et 1776), fermait la Petite Biesse. Une maison, sise à gauche, qui fut détruite en 1865, portait une suscription rappelant ce souvenir. Cette porte, détruite de 1749 à 1752, était à l’entrée du pont de Vertais, aux environs de la rue des Quatre-Vents. Les malins ont voulu faire un rapprochement entre la porte Gellée (qu’ils écrivaient « gelée ») et la rue des Quatre-Vents.




Rue Bisson
Sixième arrondissement. Paroisse de Notre-Dame.
Du quai Ernest-Renaud à la rue de la Hautière.

C’est l’ancienne impasse des Salorges, dont on projette la viabilité en 1829, puis dix ans plus tard, le prolongement jusqu’au vieux chemin de Couëron. Appelée rue Rembrandt, elle reçut en 1837 sa dénomination en souvenir de Hippolyte Bisson, lieutenant de marine, né à Lorient en 1796 et mort le 6 novembre 1827 dans l’expédition de Grèce, où il préféra se faire sauter que de se rendre à l’ennemi.




Rue de Bitche
Quatrième arrondissement. Paroisse de Sainte-Croix.
Du quai Magellan au Champ de Mars.

Ouverte en 1900-1901, la rue reçut son nom en mémoire de la défense de la citadelle pendant la guerre de 1870-1871.



Rue Louis-Blanc
Quatrième arrondissement. Paroisse de la Madeleine.
Du pont Haudaudine à la place de la République.

En 1853-1854 s’ouvrit la discussion sur le projet d’ouverture d’une rue qui, de la rive droite de la Madeleine, devait rejoindre la rue communale derrière l’église, et en prévision de la construction d’un pont qui devait assurer la communication entre le quartier de l’île Gloriette et la Prairie au Duc.

Appelée d’abord, mais sans titre officiel, rue du Nouveau Pont, elle reçut en 1882 l’appellation présente, pour rappeler la mémoire de Jean-Joseph-Louis Blanc, publiciste, historien et homme politique, né à Madrid en 1811 d’une famille française, membre du Gouvernement provisoire de 1848, exilé après les troubles du 15 mai et enfin rendu à sa patrie le 4 septembre 1870, et mort en 1882.




Rue de la Bléterie
Troisième arrondissement. Paroisse de Sainte-Croix.
Du quai Flesselles à la rue de la Barillerie.

Nous rencontrons la rue dans des actes du commencement du XVIIIe siècle, et sous différents noms, rue de la Poterne (un immeuble est indiqué « sis à vis la porte de la Poterne, Paroisse de Saint-Saturnin »), rue de la Salorge (l’immeuble visé est dit près la voûte qui conduit sur le quai), rue de la Salinière, sur un dessin de M. Petit, déposé au Musée Th. Dobrée, puis sous son nom présent.

Nous ferons remarquer qu’il dut exister une autre rue de ce nom (rue de la Salorge, au bout de la rue de la Bléterie, dit un acte du 26 floréal an V), qui longeait le quai de la Poterne, avec lequel elle a disparu pour constituer le quai de Flesselles. Elle a pris son nom de la nature des marchands qui y habitaient, et qui étaient en général des marchands de blé.

Une cour existe au n° 9 et porte le nom du propriétaire.



Rue de Blois
Cinquième arrondissement. Paroisse de Saint-Nicolas.
De la rue J.-J. Rousseau à la rue du Chêne-d’Aron.

La rue a une sortie, fermée par une porte en bois, au n° 4 du quai de la Fosse, et que nous trouvons précisée dans un acte d’alignement du 20 germinal, an XIII.

Il faudra trouver l’explication de ce nom. Nos gloires bretonnes sont rappelées par les noms de plusieurs rues, ne serait-on pas autorisé à penser que celui-ci fût également destiné à conserver le souvenir de la famille de Blois ?




Rue du Boccage
Cinquième et sixième arrondissements. Paroisse de Saint-Nicolas jusqu’aux rues Mondésir et Sévigné. Paroisse de Notre-Dame à partir du boulevard Delorme, côté gauche, et les deux côtés à partir de la rue Mondésir.
Du boulevard Delorme à la rue Gigant.

De 1770 à 1781, plusieurs actes que nous avons rencontrés nous parlent d’une « tenue située au lieu et dans la franchise de la Bastille, nommée Pousse Pénil, qui aboutit à la place de la Barrière de Couëron où se tient le marché aux cochons ; ce sont les dames Prieure, Relligieuses et Communauté des Carmélites de Nantes, Propriétaires de moullins, borderies, prés, terres et tenues, demandant à clore leur terrain qui conduit de la place de la Barrière de Couëron au Pon de Gigan ; ce sont ensuite des procès-verbaux pour des terrains situés entre la Bastille et la rue des Moulins, dite des Carmélites, conduisant à Gigan, ou du chemin de Gigan qui conduit aux Moulins ».

La rue porta donc différents noms, auxquels s’adjoignit à la Révolution celui de Montaigne, puis enfin celui qu’elle a conservé. Pour expliquer ce dernier, nous avons entendu parler d’une demoiselle Le Page, dame du Boccage, femme poëte, née à Rouen en 1710 et morte à Paris en 1802.

La chapelle de Saint-François de Sales (Etablissement des Enfants Nantais) fut construite de 1824 à 1826.

On a fait disparaître dernièrement les derniers vestiges d’arbres dont la plantation remontait à 1827.




Avenue du Boccage
Deuxième arrondissement. Paroisse de Saint-Donatien.
De la rue de Paris à la rue du Coudray.

Elle est citée à plusieurs reprises dans l’ouvrage de M. l’abbé Delanoue sur SS. Donatien et Rogatien, et est déjà ancienne.

Il y a aussi le passage du même nom, faisant communiquer cette avenue avec l’avenue Coquebert.




Rue Germain-Boffrand
Cinquième arrondissement. Paroisse de Saint-Similien.
De la place Charles-Monselet à la rue des Herses.

La rue, nouvellement ouverte, reçut ce nom en 1901 ; on a voulu rappeler le souvenir de l’architecte, né à Nantes, le 7 mai 1667, fils de Jean, sculpteur estimé et de demoiselle Barbe Quinault, sœur du poète de ce nom. Membre de l’Académie d’Architecture en 1719, il fut nommé, en 1728, architecte de l’Hôpital Général de Paris, où il mourut le 18 mars 1754. Parmi ses œuvres, on cite le Palais ducal de Nancy, la résidence de Wurtzbourg, le château de Lunéville, l’Hôpital des Enfants trouvés de Paris, et ici même la belle maison qui fait le fond de la place de la Bourse, entre les rues de la Fosse et Thurot. La rue, le quai et la petite rue du Marais ont porté jusqu’en 1818 ce même nom.

On aperçoit, au fond de cette rue, en venant de la rue Félibien, la petite chapelle de Toutes-Joies, où le service du culte est entretenu par le clergé de Saint-Similien.




Rue Boileau
Cinquième arrondissement. Paroisse de Saint-Nicolas.
De la rue Crébillon à la rue du Calvaire.

Des escaliers, dont les habitants réclamèrent la disparition, mettaient encore en 1822 cette rue en communication avec les rues Crébillon et Rubens, et, si nous en jugeons par une correspondance, échangée alors entre Mme Vve Dobrée et la Municipalité, l’emplacement de ces escaliers n’était pas très bien habité, nous avons rencontré les numéros des immeubles visés et les noms des personnes dont on se plaignait. En 1832, la rue était encore séparée, par la rue du Chapeau-Rouge, du quartier de la rue du Calvaire. Son prolongement, qui donna lieu à de nombreux procès, ne fut achevé qu’en 1844.

Parmi les immeubles achetés en vue de ce prolongement, nous trouvons cité le Cirque du Chapeau-Rouge, situé cour du même nom, près la rue du Calvaire.

Elle s’appela rue du Merle-Blanc, avant de prendre le nom de Nicolas Boileau, surnommé Despréaux, né en 1636 à Paris et mort en 1711.




Prairie du Bois-Joli
Quatrième arrondissement. Paroisse de la Madeleine.
Pont des Récollets.

Ce nom est encore rappelé aujourd’hui par l’ouverture d’une nouvelle voie (33, rue Petite-Biesse), où les habitants ont fait placer un écriteau avec cette mention : rue du Bois-Joli.




Rue du Bois-Tortu
Troisième arrondissement. Paroisse de Saint-Nicolas.
De la rue et du quai d’Orléans à la rue Saint-Nicolas.

La voûte que l’on voit du quai d’Orléans date de 1729, sur la réclamation des habitants que l’on avait condamnés à démolir le porche situé dans cette rue et que l’on dédommagea de cette façon assez singulière. Une grille y fut installée en 1745 pour défendre les propriétaires contre l’invasion des filles de mauvaise vie qui y faisaient scandale. Et dire que la situation est encore identique. Sur un plan manuscrit de 1823, la rue est portée, allant en ligne droite d’abord, puis obliquement, vers le quai Cassard. Elle était sinueuse comme le bois de la vigne, et de là lui serait venu son nom.

Il y avait une chapelle, ou commanderie, dite de Sainte-Catherine, bâtie en 1504 et démolie en 1757 ; on en retrouva les débris, en 1825, en démolissant une maison.

Il y avait aussi un Jeu de Paume, dit de Sainte-Catherine, qui était situé entre la cour de Versailles et la rue du Couédic, et qui donnait sur la rue du Bois-Tortu. En 1793, ce jeu de paume fut utilisé, on y mit les chevaux de l’armée.




Passage Bonnamen
Premier arrondissement. Paroisse de Saint-Similien.
De la rue de la Carterie à la rue de Châteaulin.

Créé en 1873, il prit son nom du propriétaire des terrains sur lesquels il a été ouvert.




Rue Bossuet
Troisième arrondissement. Paroisse de Saint-Pierre.
De la rue de l’Ecluse à la rue de la Commune.

La petite rue Notre-Dame, qui s’appela elle-même un instant rue Tintoret, prit en 1901 ce nom en mémoire de Jacques-Bénigne Bossuet, né à Dijon en 1627 et mort en 1702. Nous avons parlé un peu plus haut de la Chapelle de Notre-Dame de Toutes-Joies, à l’article rue Germain-Boffrand ; cette chapelle était destinée à remplacer celle qu’avaient bâtie, en 1458, les moines de Redon, établis à la Collégiale de Nantes, qui était située à l’angle de la rue de la Commune et de la petite rue Saint-Vincent, et qui fut détruite sous la Révolution. Ceci pour expliquer le nom primitivement donné. Il s’y trouve une cour dite Coudrain ; voir aussi les numéros 9 et 11.




Passage Bouchaud
Troisième arrondissement. Paroisse de Sainte-Croix.
De la Basse-Grande-Rue, n° 9, au n° 20 de la rue de la Juiverie.

Le nom, qui lui vint du propriétaire, fut confirmé en 1837, c’est-à-dire sept ans après son ouverture.

A côté de ce passage, il en est un autre plus petit, également voie privée, et vulgairement appelé Carabiou.




Tenue Bouchaud
Cinquième arrondissement. Paroisse de Saint-Clair.
De la rue des Dervallières, n° 17, à la rue Littré (Chantenay).

La tenue de ce nom, qui a son origine sur la commune de Nantes, fait partie d’un ensemble de voies ouvertes par M. Bouchaud, pour mettre en valeur de vastes terrains dépendant d’une propriété en Chantenay, dite Plessis de la Musse.




Rue de la Boucherie
Troisième arrondissement. Paroisse de Saint-Nicolas.
De la rue de Feltre au Pont-de-Sauvetout.

Rue ancienne et dont nous parlerons plus complètement à l’article rue de Feltre ; cette voie faisait partie d’un vaste quartier, dit grand et petit Erail, auquel elle se rattachait. L’ancienne Halle de la Boucherie, établie en cette rue, fut incendiée en 1736.

Guépin cite une Basse rue de la Boucherie, qui se serait nommée rue de la Gouesnerie.

Les travaux, entrepris pour le prolongement de la rue du Calvaire jusqu’à l’Erdre, ont fait disparaître, peu avant 1837 une Chapelle bâtie vers 1440 par Jean V. D’après Ogée, elle avait été rebâtie vers 1779, puis transformée en maison d’habitation et enfin démolie. Elle mesurait, paraît-il, 16 pieds 1/2 de façade et 48 de profondeur. La Chapelle Saint-Yves, située près du Pont de l’Ecluse, rive droite de l’Erdre, et donnant sur la rue des Halles, était, en vertu d’une transaction passée le 24 novembre 1768 entre le Recteur, le général de Saint-Similien et la Communauté des maîtres Bouchers, entretenue à perpétuité de grosses et menues réparations par ces derniers, qui y faisaient célébrer l’office de Saint-Barthélémy, leur patron.

C’est un de ces vieux noms significatifs à conserver, et nous le réclamerons si, sous un vain prétexte, on en demandait à nouveau la disparition.




Place du Bouffay
Troisième arrondissement. Paroisse de Sainte-Croix.
Du quai du Bouffay à la rue de la Bâclerie.

Cette place représente bien des souvenirs : c’est là que s’installent, au confluent de l’Erdre et de la Loire, les premières populations, que la puissance civile bâtit son palais, que la justice eut son lieu de séance avec sa prison et sa place pour les exécutions, que la communauté de Ville eut sa maison pour les réunions, que l’on battit monnaie, que l’on établit halle, marché et pilori.

L’ancien château du Bouffay, construit vers la fin du Xme siècle et démoli en 1848, occupait, avec la Tour du Beffroi, le vaste emplacement où l’on voit aujourd’hui des maisons, il était de forme quadrangulaire et possédait une tour à chaque angle. En 1477, il devint Palais de Justice et servit de prison jusqu’en 1831.

La Tour de l’horloge, pylogonale, à l’angle ouest de la place, datait de 1664 ; elle aussi disparut en 1848.

Le premier hôtel des Monnaies, un des plus anciens de France, était situé d’abord près des Jacobins, non loin du Château ; lorsqu’il fut transféré sur la place, on l’adossa au mur des fortifications longeant la rivière. Démoli en 1820, il fut transféré en 1824, rue Voltaire, où il fut frappé des monnaies jusqu’en 1834, certains disent 1838.

La Halle, bâtie en 1628, incendiée le 10 février 1718, fut reconstruite en 1721.

La place était autrefois plantée d’arbres et servit souvent de champ clos. On y faisait les exécutions.

Aujourd’hui, paisible, elle abrite modestement les petits marchands qui y tiennent chaque jour un marché, sous les abris que leur a fait élever la Municipalité.



Quai du Bouffay
Troisième arrondissement. Paroisse de Sainte-Croix, du n° 1 à 11, et Paroisse Saint-Pierre.
De la place du Bouffay à la rue de la Poissonnerie.

On le désigna sous les noms de quai de la Tremperie, quai Cérès.




Rue du Bouffay
Troisième arrondissement. Paroisse de Sainte-Croix.
De la rue de la Poissonnerie à la place du Bouffay.

Au n° 3 existe une cour portant le nom de cour du Bouffay.




Rue de Bouillé
Premier arrondissement. Paroisse de Saint-Similien.
De la rue de Rennes, 52, au quai de Versailles.

Un arrêté donna ce nom en 1874, à la rue récemment ouverte, en mémoire de Fernand, Comte de Bouillé, né à Paris le 19 mars 1821, mort à Orléans le 25 décembre 1870 des suites d’une blessure reçue au combat de Patay le 2 du même mois, et de son fils Jacques, né à Nantes le 4 mai 1844 et tué dans le même combat.




Cour de la Boule d’Or
Quatrième arrondissement. Paroisse de Sainte-Croix.
Chaussée de la Madeleine, n° 7.

Il y avait une série de maisons sur la Prairie de la Madeleine, composant une rue se terminant à l’hôtel de la Boule d’Or, située dans son côté Est. En face de la ruelle où est cette cour, on avait élevé le monument dit Notre-Dame-de-Crée-Lait, en mémoire du supplice de Gilles de Retz.



Rue La Bourdonnais
Sixième arrondissement. Paroisse de Sainte-Anne.
De la rue de la Hautière à la limite de Nantes avec Chantenay.

Le vieux chemin de Couëron qui s’était appelé Chemin de la Compagnie, rue de la Brasserie, céda à son tour son nom en 1901 pour prendre celui actuel. Mahé François de la Bourdonnais, né à Saint-Malo en 1699, s’est rendu célèbre par son gouvernement des îles de France et de Bourbon. Il mourut en 1753, méconnu de ses contemporains. Son nom, heureusement, a été sauvé de l’oubli par le souvenir que lui donne l’auteur de Paul et Virginie.

La rue, dite Vieux chemin de Couëron, avait été réunie à celle de la Hautière en 1891. C’était le centre d’établissements de corderies, très vastes, auxquelles on accédait par une série de ponts, dont la suppression fut demandée à plusieurs reprises, accordée, puis refusée à nouveau sur l’intervention de la Chambre de Commerce qui craignait voir disparaître tous ces établissements si on avait maintenu l’interdiction.




Rue du Bourget
Premier arrondissement. Paroisse de Saint-Similien.
De la rue de Miséricorde à la rue d’Auvours.

Le nom lui fut donné en 1874, pour rappeler celui de la commune du département de la Seine, rendue célèbre par le combat qu’y soutinrent, le 23 septembre 1870, les marins français dans la guerre franco-allemande.




Rue du Bourgneuf
Premier arrondissement. Paroisse de Saint-Similien.
De la rue Moquechien à la rue Lenôtre.

La rue conduisait au Moulin Gillet, dit un procès-verbal de 1770. Elle s’appela rue Lepautre, puis reprit son nom, qui veut peut-être marquer l’opposition d’un bourg neuf à un bourg vieux sur lequel la voie aurait été établie.




Rue du Petit-Bourgneuf
Mêmes arrondissement et Paroisse.

La rue, qui aboutit à l’encoignure des rues de Bourgneuf et du quai des Tanneurs, est en communication avec la rue Saint-Similien par la ruelle du même nom.




Pont de la Bourse
Troisième et quatrième arrondissements. Paroisses de Sainte-Croix et de Saint-Nicolas.
De la place du Commerce à la place de la Petite-Hollande.

Le premier pont de la Bourse date de 1728 et fut construit aux frais des propriétaires de la Grève Saulzaie ou Feydeau. Le pont actuel, que l’on dénomma aussi Pont du Nord, Pont Feydeau, fut livré à la circulation en mars 1870.




Place de la Bourse
Troisième arrondissement. Paroisse de Saint-Nicolas.
De l’Hôtel de la Bourse à la place du même nom.

Ce fut autrefois la place du Nord, nous la rencontrons aussi sous le titre de place des Fiacres, dans des actes relatifs au service public de ces voitures. Elle fut convertie en promenade, dans une partie que l’on planta en mars 1800, sous la direction de Fournier, ingénieur, et que l’on dénomma un instant la Hollande.

Le quai, la place et la rue ont pris leur nom du voisinage de l’Hôtel de la Bourse.

La Bourse de Nantes fut fondée en 1640, près la Chapelle Saint-Julien (la Bourse avait sa Chapelle et son chapelain) rue de la Fosse, sur l’emplacement du passage du Commerce, sous la direction d’Elie Brosset. Sa reconstruction fut décidée en juin 1722, mais les travaux ne commencèrent que deux ans après. Démolie en 1767, elle fut remplacée par une baraque provisoire en bois (île Feydeau) qui servait encore en 1778.

La première pierre de la Bourse actuelle fut posée le 1er juillet 1790. Achevée en 1811, inaugurée en 1812, elle fut agrandie en 1889, en même temps qu’on entreprenait les travaux pour sa réfection et sa consolidation ; en 1891, elle fut restituée au public. La façade donnant sur la place du Commerce a son frontispice orné de quatre statues qui représentent Jean Bart, Duguay Trouin, Duquesne et Cassard (par Debay) ; sur l’acrotère du grand péristyle sont dix figures allégoriques, la Loire, l’Abondance, les Beaux Arts, la Géographie et la Ville de Nantes (dues au ciseau de Robinot-Bertrand), l’Amérique, l’Afrique, l’Asie, l’Europe et la Prudence (par Debay). Ces statues furent placées en 1812.




Rue de la Bourse
Mêmes arrondissement et Paroisse.
De la rue de la Fosse à la rue Thurot.

On l’a appelée aussi rue Montaudouine, rue Colomb.




Cour Bouye

Cette cour qui était située rue Grande-Biesse était privée. Elle a disparu avec les travaux de la ligne de l’Etat.




Quai Brancas
Troisième arrondissement. Paroisse de Saint-Nicolas.
Du pont d’Erdre à la place du Commerce.

Le quai fut tracé en 1743, par Ceineray, mais les maisons ne furent bâties qu’en 1772.

Entre la porte Saint-Nicolas et la Loire, on trouvait la Tour des Espagnols et la Tour du Connétable ; la première a été démolie en 1787 pour la construction de la Halle aux Blés qui fut remplacée en 1884 par l’Hôtel des Postes et Télégraphes, précédemment établi rue du Chapeau-Rouge. C’est dans la Tour du Connétable, qui faisait l’angle de l’enceinte, que se trouvait l’ancienne Ecole de Chirurgie.

Dénominations anciennes de ce quai : Quai Bouguer, du nom d’un hydrographe, né au Croisic le 16 février 1698, quai de Tourville ; celui du quai Brancas vient de Louis Toussaint, duc de Brancas, marquis de Céreste, né en 1711, maréchal de France, gouverneur de Nantes et lieutenant général en Bretagne en 1738. Son fils lui succéda dans son commandement en 1747.

Le placis entre les deux parties du quai qui, en 1793, s’appelaient, l’une quai Tourville et l’autre quai Bouguer, porta le nom de place Thénard. C’est sur ce placis que fut installé, en 1884, l’Hôtel de la Poste qui remplaça la Halle aux grains, au-dessus de laquelle était la Bibliothèque (voir aussi rue La Pérouse).

En 1554, Jean Cornichon établit un bureau de poste, au nom et avec privilège du Roi. Il prenait les lettres, dit Travers, pour Paris et la route. Jusqu’alors les habitants n’avaient pu correspondre avec les autres villes que par occasion ou par messagers exprès. Ainsi l’institution des Postes existait en France depuis près d’un siècle, lorsque Nantes fut appelée à en jouir.

Au commencement du xviiie siècle, l’Hôtel des Postes est rue de Briord. Tous les mardis et samedis à 6 heures, il y a courrier pour Paris et autres villes de la route, et pour la Picardie, le Dauphiné, la Flandre, la Hollande, etc. ; les retours sont les mardis et samedis à 8 heures du matin.

Au n° 4 existe un passage, dit Passage Saint-Cloud.




Rue Brassereau
Quatrième arrondissement. Paroisse de Saint-Jacques.
De la rue Saint-Jacques à la rue Dos-d’Ane.

Nous ne connaissons pas la raison de cette appellation, qui a remplacé celle du Tasse, portée pendant quelque temps.



Rue de la Brasserie
Sixième arrondissement. Paroisse de Notre-Dame.
De la rue Lavoisier à la rue Daubenton.

Une arche sur la Chézine, au dessus du Pré Levêque, un peu à l’ouest de la place La Moricière et de l’entrée de l’avenue de Launay, servait de passage à cette rue, et figure en 1836 sur le plan de Jouanne. Elle a dû disparaître vers 1845, dans les remaniements du quartier. Nous trouvons citée près de cette rue une ruelle, dite la Vallée de la Misère. Nous ne pouvons préciser, ni l’emplacement de cette voie qui était près des rues de la Brasserie et de Launay, ni la raison de son nom. Quant à celui de la rue, il lui a été donné par l’établissement d’une brasserie au sieur Rissel, qui, au xviiie siècle, existait à l’angle droit de cette rue et de l’avenue Launay.




Ruelle Quai Brasserie
Quatrième arrondissement. Paroisse de la Madeleine.
De la rue de Vertais, n° 12, au pont des Récollets.

On pénètre dans cette rue par une allée où habitent de nombreux ménages ; après quelques pas, on trouve la rivière.

Au pied du pont des Récollets, on trouve un chemin de quelques centimètres de large, le long de l’eau, et la maison qui touche le pont porte une plaque indicatrice : Quai de la Brasserie : c’est écrit, seulement ne cherchez pas le quai.




Rue de Bréa
Cinquième arrondissement. Paroisse de Notre-Dame.
De la rue Gresset à la rue d’Alger.

La rue fut dénommée en 1848, en souvenir du général Jean-Baptiste-Fidèle de Bréa, né vers 1790 à Menton et mort le 25 juin 1848, assassiné par les Insurgés de la Barrière de Fontainebleau, pendant qu’il parlementait avec eux. Son corps fut ramené à Nantes où il s’était marié et où il résida longtemps comme chef d’Etat-Major.




Place de Bretagne
Premier, troisième et cinquième arrondissements. Paroisse Saint-Similien, partie entre la rue Mercœur et la rue du Marchix, entre la rue de l’Abreuvoir et la rue Sauvetout. Paroisse Saint-Nicolas pour les deux autres parties, 1 à 7 et 18 à 24.

Plusieurs voies publiques ont reçu les noms de personnages ou de localités bretonnes, il était naturel d’y comprendre celui de leur mère commune, la Bretagne.

La place resta longtemps sans être pavée, et dans un état d’entretien peu convenable, on y faisait les marchés, en particulier celui des veaux, près la rue Mercœur. Elle en portait du reste encore le nom en 1763, tout au moins dans le langage populaire, et nous l’avons rencontré dans les registres de baptême de Saint-Similien. Nous avons eu entre les mains un plan manuscrit sur lequel nous trouvons l’avenue d’arbres qui était dite bois des Amourettes (laquelle fut adjugée en 1771 pour 79.453 livres), une croix dont la translation donna lieu en 1752 à une cérémonie dans laquelle figurèrent les recteurs de Saint-Similien et de Saint-Nicolas ; nous y voyons aussi représentées la Glacière et les maisons du Calvaire et du Bon-Pasteur sur leur emplacement réel.

La place porta un instant le nom de rue Buffon.




Rue de Briord
Deuxième et troisième arrondissements. Paroisse de Saint-Pierre.
De la place Saint-Vincent à la place du Pilori.

La rue a porté les noms de rue Bossuet, rue des Jésuites ; deux maisons importantes y rappellent de nombreux souvenirs.

Au n° 9, l’hôtel dit de Briord, bâti en 1473 par Pierre Landais, servit, aux xvie et xviie siècles, de logement au Gouverneur du Château ; plus tard, en 1671, les Pères Jésuites s’y installent malgré les tentatives de refus qu’on leur oppose. L’immeuble fut vendu en 1776, après leur départ.

Le n° 13, dit aujourd’hui hôtel Cheguillaume, s’était appelé maison de Châteaubriant, et fut donné à Jean de Proisy, troisième mari de Françoise de Dinan par cette princesse. L’hôtel fut reconstruit, et devint l’Hôtel de la Papotière, du nom d’une propriété de Doulon qui, en 1480, appartenait à Pierre Landais. La Ville en a fait l’acquisition, et y a installé une Ecole régionale de Dessin et des Beaux-Arts. Deux cours existent aux nos 12 et 16.




Rue Mathurin-Brissonneau
Sixième arrondissement. Paroisse de Notre-Dame.
Du quai de la Fosse, n° 87, à la rue de la Brasserie.

Ce nom fut donné au prolongement de la rue Biaise en 1899, pour honorer la mémoire du grand industriel Mathurin Brissonneau. Membre de la Commission des Hospices, de la Caisse d’Epargne, de la Chambre de Commerce, conseiller municipal, il exerça les fonctions d’adjoint en 1874, et fut délégué le 8 juillet 1881, dans celles de Maire. Né au Pellerin le 20 juin 1824, Brissonneau mourut le 3 décembre 1897, à Nantes.




Rue Brizeux
Premier arrondissement. Paroisse de Saint-Similien.
De la rue de Bel-Air à la rue Frédureau.

Le passage Sainte-Anne, dénommé par arrêté du 31 décembre 1856, était un passage privatif, fermé de grilles et appartenant à M. Rivet Graslin ; il devint en 1899 rue classée, et pour éviter une confusion avec une rue et une avenue du même nom dans le sixième canton, on le dénomma ainsi en souvenir du doux poëte breton dont on aime à relire les œuvres délicates ; Brizeux Julien-Auguste-Pélage, né à Lorient, le 12 septembre 1803, meurt le 3 mai 1858, dans le Languedoc.



Rue des Brosses (ou de Brosses)
Sixième arrondissement. Paroisse de Notre-Dame.
De la rue Linnée à l’avenue de Launay.

La rue fut dénommée le 21 octobre 1837. Le Comte de Brosses, maître des requêtes au Conseil d’Etat était Préfet de notre département de 1815 à 1822 ; le 27 avril de cette année, il fut appelé à prendre l’Administration du département du Doubs.




Rue François-Bruneau
Premier arrondissement. Paroisse Saint-Félix.
De la rue de Rennes, n° 100, au boulevard Amiral-Courbet.

Les préliminaires pour le tracé de cette rue remontent à 1873, entre les familles Perdriel, Lecomte et la Ville. Le nom qui lui fut donné est celui de François-Louis Bruneau, né à Nantes en 1807, ordonné prêtre en 1835, le premier curé de cette paroisse, où il séjourna de 1844 à 1866, date de sa mort.




Rue Buffon
Cinquième arrondissement. Paroisse de Saint-Nicolas.
De la rue Franklin à la rue Copernic.

On l’appela d’abord rue Montesquieu ; le nom, grossièrement dénaturé, provoqua une modification, le nom de l’auteur disparut et fut remplacé par celui d’une de ses œuvres, et la rue devint rue Esprit-des-Lois ; seulement, plus tard, les habitants froissés d’une réputation due, disaient-ils, à ce nom (chacun est prompt à rejeter ses fautes sur un autre), demandèrent un nouveau changement. Pour les contenter, on leur accorda le nom de celui qui a si bien dépeint tous les animaux de la nature. Pourvu cette fois qu’on n’y sente pas une maligne allusion.



Quai Léon-Bureau
Quatrième arrondissement. Paroisse de la Madeleine.

Le quai, qui est l’ancien quai du Canal Nord-Sud, va du quai de l’île Videment ou Pont Transbordeur à l’ancien canal Pelloutier, et sera prolongé plus tard jusqu’au boulevard Babin-Chevaye ; Bureau Léon, né à Nantes, le 1er novembre 1837, y mourut le 9 novembre 1900. Sur le médaillon qui décore sa tombe au cimetière de Miséricorde, on lit « à Léon Bureau, ses camarades de la Loire Navigable et de la Marine Marchande, 1837-1900 ».




Rue Cacault
Troisième arrondissement. Paroisse Saint-Nicolas.
De la rue de Feltre à la rue Pont-Sauvetout.

Rue du grand Erail, rue latérale à la Halle aux Toiles, ainsi fut dénommée cette rue jusqu’en 1837 ; elle emprunta alors son nom actuel à François Cacault, né à Nantes, le 10 Février 1742, amateur distingué en peinture, nommé en 1788 ambassadeur en Italie, qui fut son séjour jusqu’en 1804. M. Cacault était fatigué, il se retira dans une délicieuse habitation acquise en 1798 sur les bords de la Sèvre, où il fonda un véritable Musée destiné d’abord à la ville de Clisson, avec les ressources nécessaires à son entretien, mais qui, par suite de circonstances particulières, et après bien des péripéties qui modifièrent totalement les premières intentions du donateur, devint propriété de la Ville de Nantes, à sa mort survenue le 5 octobre 1805 : c’est son frère, Pierre, peintre d’histoire, qui fut chargé de l’exécution des intentions de François Cacault.




Rue des Cadeniers
Cinquième arrondissement. Paroisse Saint-Nicolas côté des Cours, et paroisse Notre-Dame pour les numéros impairs.
De la rue de l’Héronnière à la place des Irlandais (voir aussi rue Falconnet).

Il y avait une tenue de Gaste Deniers, dit un acte de 1630, relatif à l’établissement d’un enfeu (archives départementales, série 35-286). Est-ce là l’origine du nom de la rue, nom que, dans une autre publication, nous avons voulu rapprocher de celui des gaste-deniers, c’est-à-dire des portefaix ? D’autres ont voulu y voir un dérivé de Cadène (chaîne), et par suite des cadeniers, des fabricants de chaînes. (Rappelons que ce nom de cadène a dû donner lieu au terme cadenettes, genre de coiffure en vogue au moment de la Révolution, et qui fut le sujet à Nantes, en 1795, d’une dispute entre les cadenettes et les queues). Il faut parfois savoir ne pas trop préciser.

Bien des projets ont été présentés au moment de la vente des terrains de ce quartier, dont une partie se trouvait la propriété de la Ville : un musée de peinture et de sculpture, un hôtel des Monnaies, un Palais de Justice, un hôtel de Préfecture furent successivement décidés, de 1825 à 1840, mais aucun de ces projets n’aboutit.




Rue Frédéric-Cailliaud
Deuxième arrondissement. Paroisse de Saint-Clément.
Du boulevard Sébastopol à la rue Gambetta.

Une rue, dont il est fait mention depuis longtemps, a occupé une partie de l’emplacement de cette voie, c’est la rue des Trois-Pendus. Citons les actes rencontrés par ordre de date. Le 4 septembre 1733, les Dames Ursulines et les Pères de la Chartreuse sont condamnés à paver « la tenue, donnant d’un bout au chemin de Richebourg et de l’autre au chemin pour aller à l’Eglise de Saint-Donatien ». En l’an VI, un François Barreau demande « à enfermer le terrain, mais à condition qu’on enlèvera des deux côtés les murs de maçonne qui l’ont fermée lors de l’insurrection des brigands, et la voie est demeurée close sur la pétition des habitants (1793) ». En 1820 une partie, celle supérieure, qui se trouvait ainsi réunie au Cimetière de la Bouteillerie, était encore fermée, l’autre partie était louée à un jardinier : celui-ci est invité à rendre le terrain à la commune et à y laisser passer le public. Nous trouvons la trace de modifications concernant la voie jusqu’en 1874, où elle reçut son appellation présente.

Le nom de rue des Trois-Pendus se rattachait toujours dans le public, à une légende, demeurée la même, puisque dans une lecture faite en 1850 à la Société archéologique, il est encore question de l’inscription « Intellige priusquam discutias », gravée sur une pierre, et encastrée dans la façade d’une maison de cette rue, laquelle inscription était destinée à perpétuer le souvenir du fait tragique qui se serait passé en ce lieu. (Des malheureux, soupçonnés d’être les coupables avaient été arrêtés à la suite d’un crime commis en cette maison et avaient été exécutés. Leur innocence fut reconnue postérieurement et on avait voulu ainsi en faire constater le bien fondé). Cette pierre, retrouvée au moment où on s’occupait de la réfection du Jardin des Plantes, fut recueillie par M. le Docteur Ecorchard, qui la fit placer sur le mur de la maison actuellement occupée par M. le Directeur du Jardin des Plantes.

Les dissertations sur cet événement n’ont pas cessé, et, dernièrement encore, la question fut réveillée ; des esprits chercheurs ont rapproché la légende de la devise inscrite sur un jeton de 1557 de l’échevin Ymbert Dorléans, marchand, sieur de Beauvoir et de la Grélière. Le doute aura disparu lorsqu’il sera prouvé que notre échevin y avait sa demeure.

Quant au nom actuel de la rue, c’est celui du célèbre voyageur, né à Nantes, le 9 juin 1787, renommé surtout par ses séjours en Egypte, d’où il revint avec de nombreuses collections, en partie demeurées en notre ville, où il est décédé le 1er mai 1869.




Rue Joseph-Caillé
Premier arrondissement. Paroisse de Saint-Similien.
De la place Edouard-Normand à la place Viarmes.

Rue Didienne, rue Cacault, rue Brancas, voilà bien des noms pour cette petite voie qui, en 1903, prit son dernier, en souvenir du sculpteur nantais Caillé Joseph-Michel, né en cette ville le 17 mars 1836, où il mourut le 13 août 1881. Le Musée de Nantes possède de lui plusieurs œuvres remarquées. Dans un document de Police municipale du 10 avril 1754, il est fait mention de la fontaine des Quatre savates, sise aux environs de la place de Viarme. Or il y avait, non loin de là, la rue des Mille savates, qui est la rue Callot actuelle (voir ci-dessous).




Rue Jacques-Callot
Premier arrondissement. Paroisse de Saint-Similien.
De la rue précédente à la rue Menou.

La rue porta un instant le nom pittoresque de rue des Mille savates, qui peut nous édifier sur la physionomie qu’elle devait présenter. Est-ce intentionnellement qu’on choisit celui de Jacques Callot, peintre, dessinateur et graveur de grand mérite dont l’œuvre considérable réunit, dit-on, 1600 pièces ?

Callot, né à Nancy en 1593, mourut en 1635.




Rue du Calvaire
Cinquième arrondissement. Paroisse de Saint-Nicolas.
De la place du Bon-Pasteur à la place Delorme.

La rue projetée, juillet 1780, « depuis la porte d’entrée près le Bon Pasteur à aller sortir sur la ruelle du Pertuis-Morel » fut prise, partie sur la corderie Dupuy, partie sur des terrains des Dames du Calvaire ; les projets de prolongement jusqu’à la rue des Halles, avec aplanissement du quartier de la Boucherie, datent de 1791. Nous avons hésité un instant à produire toute la procédure qui se prolonge jusqu’en 1788, il y a des détails intéressants, mais nous y renonçons en raison de leur longueur et de la limite que nous désirons garder dans ces notices. Les pourparlers aboutirent le 15 avril de cette année. Voici un extrait du registre capitulaire de la Communauté : « Par autorisation de la Supérieure Générale, ces Dames acceptent les conditions proposées et abandonneront à la Saint-Jean prochaine la ruelle pour être convertie en rue, et plusieurs petits terrains en dépendant, moyennant une somme de 3.000 livres, la mise en état des clôtures, bâtiments, etc., touchés par ce travail ». Un plan accompagnait l’arrêté.

Or, la propriété du terrain en question datait du 23 janvier 1623. Les religieuses avaient acheté, par acte du 5 mai 1625, la Tenue des Ballues ou de la Motte Ballue, près la Motte de Saint-Nicolas, aujourd’hui place de Bretagne, acquisition qui leur fut confirmée par lettres-patentes du 20 novembre 1628. Le couvent, dont l’avenue forma, en 1788, la rue du Calvaire, servit de caserne à la Légion nantaise en 1793 et fut vendu en 1798. La rue Dugommier et une partie de la place Delorme ont été percées sur son enclos.

Pendant la Révolution, la rue fut nommée rue Galilée. Nous y signalerons l’Hôtel Chardonneau, construit en 1827, approprié en 1835 pour la Société des Beaux-Arts, à laquelle succéda le Sport, puis, plus tard, l’établissement industriel, la Belle Jardinière.

Une note de 1826, relative à l’établissement de trottoirs, contient cette mention qu’à ce moment il n’en existait nulle part « que sur les quais et sur les ports ». Et on se garda bien d’en placer la moindre partie dans la dite rue, puisque ce n’est qu’en 1843 qu’on s’occupa du pavage et de son raccordement avec les rues de la Boucherie et de la Clavurerie.

Au numéro 10, une cour, dite cour Bruzon.




Rue Cambronne
Cinquième arrondissement. Paroisse de Notre-Dame.
Du cours de la République à la rue de Flandres.

Projetée en 1834, ouverte en 1840, elle fut dénommée le 12 mars 1844 ; en 1853, il est question de la prolonger jusqu’à la rue Montaudouine, elle-même prolongée, puis, de 1867 à 1871, jusqu’à la rue de Flandres, la déclaration d’utilité publique est du 14 novembre 1869. Le nom rappelle le souvenir du vaillant général Pierre-Jacques-Etienne Baron de Cambronne, né à Nantes, le 26 décembre 1770 et mort le 29 janvier 1842, dans sa ville natale. Engagé en 1792, notre héros se fit remarquer partout par son courage et son élan ; après la mort de La Tour d’Auvergne, il devint le premier grenadier de France. Sa statue, élevée en 1848, sur le Cours de la République, le représente défendant les derniers débris de son drapeau, et crachant au visage de ses adversaires la réponse à sa proposition de se rendre, lui et ses vaillants soldats.




Tenue Camus
Sixième arrondissement. Paroisse de Notre-Dame.
De la rue Mondésir prolongée à la rue des Dervallières.

La tenue, du nom du propriétaire du sol, fut vendue par parcelles en 1837. C’était autrefois le terrain de Château-Gaillard (notons en passant que ce nom se rencontre en plusieurs endroits séparés de la ville). On trouve en 1654 (archives départ. G. 22) l’adjudication de la terre du Grand Château Gaillard, qui, en 1792, appartenait à Hippolyte d’Achon, Chevalier, Seigneur de Jaunay.

Il y avait le grand et le petit Château Gaillard, qui tous deux se trouvaient sous le fief de l’archidiaconé de la Mée, lequel comprenait toute la partie située sur la rive droite de l’Erdre et de la Loire, depuis le lieu où l’Erdre s’y joint jusqu’à la mer.

Cette voie privée forme une promenade agréable, heureusement plantée, et ornée de charmants hôtels, dont les jardins descendent d’un côté en pentes fleuries jusqu’aux rives de la Chézine.




Place Canclaux
Sixième arrondissement. Paroisse de Notre-Dame excepté à partir du n° 44 jusqu’à la partie gauche de la Ville-en-Bois.
De la rue de Gigant au boulevard Saint-Pern.

Dénommée aussi place de Gigant, la place reçut son nom, le 31 décembre 1856, en souvenir de l’officier général, né à Paris en 1740, mort en 1817, qui commanda à Nantes en 1793, celui « que ses talents et ses vertus ont rendu recommandable », disait Hoche en 1795, au moment où il lui succédait dans son commandement.

La place dont on avait commencé à changer le tracé dès 1867, fut l’objet de travaux plusieurs fois modifiés jusqu’en 1876.



Rue Canclaux
Mêmes arrondissement et Paroisse.
De la place du même nom à la rue La Moricière.

Fut également dénommée le 31 décembre 1856.




Rue Neuve-des-Capucins
Cinquième arrondissement. Paroisse Saint-Nicolas.
Du quai de la Fosse, 29, à la rue de l’Héronnière.

La rue s’appela de divers noms : rue de la Croix-Blanche, rue du Bourgneuf, rue Ozanam, et celui qu’elle porte actuellement lui fut donné, le 29 septembre 1830, en souvenir des religieux capucins établis à Nantes en 1568, au Marchix en 1593, puis vers 1629 sur la Fosse, sur l’emplacement du cours de la République. Leur chapelle et leur logis furent remplacés par la rue Piron. On les appelait les Grands Capucins, par opposition au petit couvent de l’Hermitage.

Une pétition de 1749, dans laquelle figure le gardien des grands capucins, réclame la possibilité d’accès de cette rue pour les voitures : dans un autre de 1752, l’aplanissement demandé donne lieu à des protestations des rues voisines, entre autres des habitants « d’une petite ruelle nommée la Héronnière. »




Rue de Carcouet
Premier et cinquième arrondissements. Paroisse de Saint-Similien.
De l’intersection des rues Gabriel-Luneau et de Miséricorde, sur la droite, au boulevard de la Chézine.

Autrefois, la rue avait son origine rue des Herses, c’est en 1901 que l’on modifia son point de départ. Nous trouvons, en 1580, Antoine de Brénézay, seigneur de Carcouet, avocat au siège Présidial de Nantes, 13e maire de la Ville ; en 1693, parmi les Echevins, noble homme Pierre Burot, sieur de Carcouet, ancien juge en chef des marchands, conseiller du Roi ; en 1749, un Burot de Carcouet est cité comme l’un des six Maîtres des Comptes qui portaient le poële dans une procession ; en 1767, dans le Conseil de fabrique de Saint-Similien, un M. de Carcouet, président à la Cour des Comptes ; et bien plus tard, dans les événements presque contemporains, ce nom se retrouve encore. Par ailleurs, nous savons que la terre noble, d’où vient le nom, se divisait en grand Carcouet, la Bouvardière et le Douet Garnier, et ce dernier, qui tire son nom d’un petit cours d’eau se jetant dans la Chézine, appartenait, en 1654, à Pierre Belon, notaire royal et échevin de Nantes.




Chemin de Carcouet
Premier et cinquième arrondissements. Paroisse de Saint-Similien.

C’est le prolongement de la rue du même nom, après le boulevard de la Chézine.




Rue Cardine
Cinquième arrondissement. Paroisse de Notre-Dame.
Du quai de la Fosse, n° 71, à la petite rue de la Verrerie.

Nous n’avons aucun renseignement sur l’origine de ce nom. Il y a bien une famille Cardin, dont le nom est répandu dans toutes les parties de la Bretagne ; c’est également le nom du fontainier d’Orléans qui, en 1568, présida aux travaux entrepris à Saint-Similien pour les fontaines publiques.




Rue des Carmélites
Deuxième arrondissement. Paroisse de Saint-Pierre.
De la rue du Château à la Haute-Grande-Rue.

Cette voie, qui porta les noms de rue Perdue, de rue Saint-Gildas ou de Saint-Guédas, rue de l’Huis-de-Fer, rue Maupertuis, rue du Temple-des-Protestants, a pris celui actuel aux Carmélites qui s’établirent à Nantes en 1618. La chapelle de Saint-Gildas leur fut concédée, mais à condition qu’elles en feraient bâtir une autre, sur le côté opposé de la rue. La chapelle a servi de temple protestant de 1805 à 1854, elle existe encore aujourd’hui (c’est un atelier de serrurerie) avec sa façade, sa vieille porte de bois richement sculptée et sa nef. Dans les maisons voisines se voient les restes du cloître et des bâtiments du couvent. Nous y avons remarqué l’année dernière (cour de la maison n° 6) deux inscriptions que nous donnons, ne les ayant rencontrées dans aucune brochure. La première est

MA MAISON EST / MAISON DORAISON

Sur la seconde, qui a malheureusement été coupée, on voit quelques mots :

............ AME MAG / ............ LE SEIGNEUR,
que nous proposons de lire ainsi : Mon âme magnifie le Seigneur.

On peut apercevoir dans cette même cour, au milieu d’une fenêtre, la date de 1622, et, à côté une autre date de 1646.

Les Carmélites durent évacuer leur maison à la Révolution, elles se réunirent, en 1816, dans la rue Saint-Donatien, sur l’emplacement des Chartreux, mais ce n’est qu’en 1841 qu’elles prirent possession de leur propriété actuelle, dite de Clermont. Au n° 16 de la rue se voit un escalier de l’époque, dont le porche, malheureusement couvert de plâtre, ne laisse plus apercevoir que très imparfaitement les sculptures.

Le peuple a donné à leur ancien bâtiment le nom de cour des quatre Nations (nous retrouvons ce nom dans plusieurs rues).




Rue des Carmes
Troisième arrondissement. Paroisse de Saint-Pierre.
De la place du Change à la rue Saint-Léonard.

Cette voie put s’appeler autrefois rue de l’Echellerie, laquelle comprenait toute l’étendue entre le Port Communeau et la place des Changes ; devenue rue des Carmes, rue Fontenelle, elle reprit ensuite le nom, qu’elle devait aux Carmes. Fondés vers 1318 par Thibaut de Rochefort, dans l’hôtel de Rochefort, les Carmes furent transférés vers 1325 dans le bâtiment qui occupait le coin de la rue des Carmes. Leur église, dont le chevet donnait sur la rue du Moulin, fut rebâtie vers 1364, et leur couvent, agrandi après 1420 par les libéralités de Jean V, fut reconstruit en 1622. Les Etats de Bretagne s’y tinrent en 1636 et 1638.

Les Ducs de Bretagne veillaient tout particulièrement aux intérêts de ce couvent, Jean V, François II, la Duchesse Anne et bien d’autres ; plusieurs y avaient leur tombeau, ainsi que de nombreux personnages célèbres. Ces religieux furent dispersés en 1791, et leur mobilier, dont on avait préalablement soustrait les objets précieux, fut mis en vente. En 1792, l’acquéreur de l’église proposait d’en abattre la nef, et demandait qu’on en enlevât les orgues, tombeaux et statues. Plus tard, en 1802, la nef était transformée en théâtre des Variétés sous la direction de veuve Charles et Compagnie, puis de Ferville et Potier. Aujourd’hui, il ne reste plus rien du couvent que quelques arcades et des voûtes très bien conservées que l’on peut voir au n° 3 de la rue des Bons-Français et aux nos 16 et 18 de la rue des Carmes.

C’est dans cette rue, près des Changes, que se trouvait, en 1493, la première imprimerie connue en notre cité, sous la direction d’Etienne Larcher, qui publia à cette époque les Lunettes des Princes. Plusieurs cours habitées se voient dans cette rue ; voir à l’article cour Gaillard ou Jabœuf.




Avenue Carnot
Quatrième arrondissement. Paroisse de Sainte-Croix.
Du pont de la Rotonde au Champ de Mars.

Cette voie fut ouverte en 1899 et reçut le nom de Sadi-Carnot, petit-fils du conventionnel. Ingénieur et homme politique, né à Limoges en 1827, élu Président de la République en 1887, mort assassiné à Lyon, par Casério, le 24 juin 1894.




Rue Carnot
Deuxième arrondissement. Paroisse de Saint-Donatien.

Un arrêté du 18 décembre 1882 donne ce nom à la rue située au Sud de la caserne de Barbin, entre la rue Montfoulon et la rue Desaix. On rappelle le souvenir de Lazare- Nicolas-Marguerite Carnot, né à Nolay, en Bourgogne, en 1753, celui qu’on appela « l’Organisateur de la Victoire », et qui mourut en exil à Magdebourg en 1823.




Rue de la Carterie
Premier arrondissement. Paroisse de Saint-Similien.
De la route de Rennes, n° 66, à la rue Ouche-de-Versailles.

La Tenue de la Carterie a donné son nom à la rue et à tout le quartier établi vers 1886 par plusieurs acquéreurs, qui firent un traité avec la Ville. La rue elle-même ne fut acceptée par l’Architecte voyer qu’en l’année 1873 (voir notre article rue Ouche-de-Versailles).




Quai Cassard
Troisième arrondissement. Paroisse de Saint-Nicolas.
Du pont d’Erdre au pont d’Orléans.

Il en était question dès l’an V, mais ce n’est que vers 1836 que ce quai, que nous trouvons nommé quai du Bois-Tortu, quai Geslin, fut réellement créé. Son nom rappelle la mémoire de Jacques Cassard, né à Nantes, le 24 septembre 1672, et mort au château de Ham, le 22 janvier 1740. M. de la Nicollière a tracé, dans une plaquette parue en 1890, l’histoire de celui que Duguay-Trouin, son émule, appelait « le premier marin de son siècle ».




Rue de la Casserie (rue Haute et rue Basse)

La rue Basse, qui appartient au troisième arrondissement et à la paroisse Saint-Nicolas, va du quai d’Orléans à la rue de la Clavurerie. La rue Haute, qui appartient au troisième arrondissement et à la paroisse Saint-Pierre, va du carrefour de la Casserie au quai Penthièvre.

Les deux voies étaient autrefois réunies, puisque en 1741 nous trouvons un plan en vue de l’élargissement de la rue depuis la place des Changes jusqu’au carrefour Saint-Nicolas. C’est un arrêté de 1837 qui ordonna la nouvelle division.

Un pont, le pont de la Casserie, qui à la fin du XVe siècle était encore sans maisons, les réunissait. Ce pont, réparé en 1605, incendié en 1680, s’ecroula en 1741, et en 1743, les maisons furent reconstruites en pierre. Il fut ensuite condamné en 1813 et en 1829 pour le passage du canal de Bretagne, et démoli en 1830. A ce moment, les habitants demandèrent et obtinrent rétablissement d’une passerelle suspendue. Les maisons du pont ne disparurent qu’en 1813, la plupart étaient occupées par les orfèvres, et cela pourrait nous servir à fournir l’étymologie de ce nom. Il y avait en effet les « Casseurs d’acier », dont il est question dans un registre de Chancellerie de 1503 et dans plusieurs autres documents ; nous avons eu à citer leur longue procédure en cette Ville dans leur démêlé avec une autre corporation. Par ailleurs, il a été aussi parlé d’ouvriers qui pliaient ou cassaient les cercles pour les barriques, et nous convenons que la rue de la Barillerie est proche ; tout cela est possible, mais n’est pas fixé irrévocablement.




Carrefour de la Casserie

On l’aurait aussi dénommé Carrefour de la Barillerie, mais nous n’en avons pas trouvé la mention dans les différents actes de voirie qui pourtant remontent jusqu’à l’année 1743 pour cette rue. On désigne sous ce nom, à tort, car il n’y a pas de carrefour proprement dit, le point de jonction entre la rue Haute de la Casserie et celle de la Barillerie.




Rue Cassini
Cinquième arrondissement. Paroisse de Saint- Nicolas.
De la rue Racine au boulevard Delorme.

J. Dominique Cassini, astronome, né en 1625 dans le Comté de Nice, se rendit célèbre par la découverte de plusieurs satellites de Jupiter et de Saturne, ainsi que par la détermination de la rotation de Jupiter, de Mars et de Vénus. Il termina sa carrière en France, s’y fit naturaliser et mourut à Paris en 1712.



Ruelle Cassy

Cette ruelle, qui allait de la rue de l’Hermitage au quai d’Aiguillon, a été supprimée par l’ouverture du chemin de fer de Nantes à Saint-Nazaire et disparut complètement en 1881-1882.

Le décret qui en ordonna la suppression est du 20 octobre 1858. Nous avons rencontré un acte de 1745, qui la signale comme voie privée, établie pour servir de passage aux habitants qui allaient puiser l’eau dans la Loire.

A côté de cette rue, il y en avait une autre, dite des Cent-Pas, à cause d’un escalier de cent degrés qui y conduisait, et qui disparut pour le même motif.




Rue Casterneau
Deuxième arrondissement. Paroisse de Saint-Donatien.
Du chemin des Chalâtres au chemin des Trois-Rois.

Cette voie passe derrière le magasin aux fourrages de l’Armée, c’est le nom d’une tenue citée en plusieurs actes.




Place Catinat
Sixième arrondissement. Paroisse de Notre-Dame.
De la rue du même nom à la rue de Belleville.

Sur un acte de 1858, l’immeuble est dit « sur la place projetée formant la nouvelle rue près l’atelier de M. Voruz », ce qui nous fournit une date, en même temps que pour la rue ci-après.

Le nom rappelle celui de Catinat Nicolas, Maréchal de France, né à Paris en 1637 et mort en 1712.




Rue Catinat
Mêmes arrondissement et Paroisse.
De la place Catinat à la rue La Moricière.

La rue s’est aussi appelée rue Foucault.



Quai Ceineray
Deuxième arrondissement. Paroisse de Saint-Pierre.
De la rue Tournefort à la place du Port-Communeau.

Le quai date de 1750, on le dénomma quai de la Chambre des Comptes, quai Neuf, quai Le Bret en l’honneur de Cardin-François-Xavier Le Bret, Intendant de Bretagne, quai Raynal pendant la Révolution, de nouveau quai Le Bret et quai Raynal puis de nouveau encore quai Le Bret, et enfin quai Ceineray le 10 mai 1838. Jean Baptiste Ceineray, né à Paris le 10 mars 1722, vint à Nantes vers 1752 ; il fut choisi le 21 mai 1757, en suppléance de Portail, architecte voyer de la Communauté. Dès le début, il fut chargé de présenter un ensemble de ses propositions, destinées à transformer la Ville, et pour l’exécution desquelles il donna son temps et son savoir, jusqu’en 1780 où il se décida à donner sa démission. Il mourut, presque dans la misère, le 30 juin 1811.

Les Archives départementales, un des plus riches dépôts de la Province, sont situées sur ce quai.




Pont du Cens
Premier arrondissement. Paroisse de Saint-Similien.
A l’extrémité de la route de Rennes.

Il prend son nom de la petite rivière qui a sa source dans la commune de Vigneux et qui se jette dans l’Erdre, près le Champ de manœuvres du Petit-Port.

« Frère Gilles Durand, dit Travers, hermite de Saint-Antoine, eut permission de la ville, le 5 novembre 1645, de bâtir un hermitage et une chapelle sur les Hauts-Pavés, proche le Pont du Cens, au Petit pré des Bours de Bien, dépendance de la maison de la Porcherie, en Saint-Similien, à condition d’y demeurer seul et de ne point mendier.

Deux autres hermites prirent peu après la place du Frère Gilles, mais ils en furent chassés par la ville.

Les religieux de la Merci firent de cet endroit un hospice, qu’ils abandonnèrent sous l’épiscopat de Monsieur Gilles de Beauveau, n’ayant point eu de lettres patentes du Roi pour s’y établir.

L’Hermitage se trouvant inhabité, les Frères Pierre et Garnier prirent, le 20 novembre 1650, la permission de la ville d’y demeurer, parce qu’ils ne mendieroient point aux Eglises, ni à la porte des dites Eglises, mais par la ville, sans porter la besace : mais seulement un petit sac sous le manteau. »

Plusieurs Ermites s’y succédèrent, Antoine de Saint-Gabriel, le Père de la Mothe, non sans difficultés renouvelées avec la Municipalité.




Rue Amiral-Du Chaffault
Sixième arrondissement. Paroisse de Sainte-Anne, numéros impairs, à partir du 21, et de Notre-Dame, de 1 à 21. Les numéros pairs sont sur Chantenay.
De la rue de la Hautière au Chemin des Chapelières.

Le chemin de la Bigottière fut incorporé en 1901 dans cette rue. Nous connaissons Louis-Charles Du Chaffault de Besné, Lieutenant général des armées navales, né à Nantes le 29 février 1708 ; arrêté le 6 septembre 1793, il mourut de chagrin le 27 juin 1794 à la prison de Lusançay. Sa tombe se trouve au cimetière de Miséricorde (voir sa biographie par Dugast-Matifeux). Il y avait aussi, en Bouguenais, une Seigneurie de ce nom, ancien démembrement de la Seigneurie de Rezé, dont il est fait mention vers la fin au XIIIe siècle.




Rue des Chalâtres
Deuxième arrondissement. Paroisse de Saint-Donatien.
De la rue de Paris à la rue de Toutes-Aides.

Au commencement du siècle dernier, c’était un chemin, qui faisait autrefois partie de la Terre de l’Eperonnière, conduisant à diverses propriétés fermées par des haies ou des murs en ruines ; nous y avons rencontré plusieurs noms, une maison dite de la Basse Béraudière, une ferme dite des Chalâtres, et qui, en 1841, appartenait à M. Mosneron, le chemin du Pâtis-Mercier, le lieu dit la Petite pièce des Agenés, la maison du Casternot, un terrain que l’on appelait Cimetière aux chevaux, etc…

Dans une communication faite à la Société Archéologique, M. l’Abbé Durville a cité une famille de ce nom, qui, au commencement du XIVe siècle fournit un chanoine au Chapitre de Nantes, et on est autorisé à penser que le nom de la rue pourrait lui être attribué.




Rue La Chalotais
Cinquième arrondissement. Paroisse de Saint-Nicolas.
De la rue Jean-Jacques-Rousseau à la rue de l’Héronnière.

La rue, qui s’appela rue de la Laurentie, rue de la Constitution, fut dénommée de son nouveau nom le 29 septembre 1830, en souvenir de Louis-René de Caradeuc de la Chalotais, Procureur Général au Parlement de Bretagne, né à Rennes le 6 mars 1701 et mort en 1785. Une statue de ce magistrat décore la façade du Palais de Justice dans sa ville natale.




Chemin des Chambelles
Deuxième arrondissement. Paroisse de Saint-Donatien.

Le chemin, qui prend son nom d’une terre, passe devant la Poudrière et conduit de la rue des Chalâtres au chemin de l’Ouchette.




Place du Change
Troisième arrondissement. Paroisse de Sainte-Croix pour la partie gauche en déscendant vers l’Erdre, et paroisse de Saint-Pierre pour la partie droite.
De la rue de la Poissonnerie à celle des Carmes et de la Basse-Grande-Rue à celle de la Barillerie.

La place a été élargie en 1743 et a été entièrement transformée depuis 1840. Il s’y tenait autrefois un marché qui fut transféré, en 1555 (d’autres disent en 1562), place du Bouffay. On y voyait une porte près de laquelle, au moyen-âge, se criaient toutes les bannies de la ville ; la place était occupée par les bureaux des Changeurs, d’où son nom.

Une maison qui, en 1636, faisait le coin de la rue des Halles, se nommait la maison de la prévôté ; elle avait été abandonnée en 1491 par le Roi à la Ville pour y tenir ses assemblées ; reconstruite en 1494, reprise par le Roi lors de la réformation du Domaine, en 1678, elle ne servait plus que de corps de garde, lorsque la Ville prit possession de son nouvel hôtel, dit Hôtel de Bizart ou des Dervallières, dans la rue de Verdun.

La place est le point central de départ de toutes les grandes voies de communication anciennes et modernes.




Rue des Chantiers
Quatrième arrondissement. Paroisse de la Madeleine.
De la rue Magin au quai du Canal.

Les ateliers et chantiers de construction, dits chantiers de la Loire, sont situés en face de cette rue, de l’autre côté du canal ; de là son nom.




Avenue Chanzy
Deuxième arrondissement. Paroisse de Saint-Donatien
De la rue Saint-André à la rue Carnot.

Les avant-projets datent de 1881, et l’arrêté qui attribue le nom est du 9 janvier 1883. On a voulu rappeler le souvenir du général Chanzy Antoine-Eugène- Alfred, né à Nouart (Ardennes) le 18 mars 1823, mort le 5 janvier 1883, à qui la Ville du Mans a élevé une statue.




Rue du Chapeau-Rouge
Cinquième arrondissement. Paroisse de Saint-Nicolas
De la rue Contrescarpe à la rue du Calvaire.

Une hôtellerie, située entre l’auberge de la Corne de Cerf et un jeu de Paume, et qui était contiguë au Jardin des Calvairiennes, a dû fournir ce nom, que nous trouvons cité dans un acte de 1751. D’un autre côté, le Jeu de Paume est dit Jeu de Paulme de la Perdrix. (Ce nom d’hôtellerie est un de ceux que l’on rencontre le plus souvent, et dans toutes les régions, et à toutes les époques.)

En 1840, on installa, à l’angle des rues Boileau et du Chapeau-Rouge, l’Hôtel de la Poste.




Rue des Chapeliers
Troisième arrondissement. Paroisse de Sainte-Croix pour les numéros impairs et de Saint-Pierre pour les numéros pairs.
De la rue du Port-Maillard à la place du Pilori.

Un plan du 23 août 1741 fut dressé en vue de l’élargissement de cette rue jusqu’à la Porte du Port-Maillard ; les démolitions se succèdent pendant plusieurs années. Le nom de rue du Lion d’Argent est indiqué par Mellinet, mais nous ne l’avons trouvé cité nulle part ailleurs. Nous ne pourrions non plus préciser si la corporation des chapeliers a pu participer à cette dénomination.




Chemin des Chapellières
Sixième arrondissement. Paroisse de Sainte-Anne du coté de la maison Ferronnière, et de Notre-Dame de l’autre côté.
De la rue de la Hautière à la rue Baboneau.

Aucun renseignement n’a été recueilli sur ce nom, qui pourrait provenir d’une propriété ; nous trouvons bien, actuellement, les Petites Chapelières, ensemble d’habitations comprenant une quinzaine de ménages.




Place de la Chapelle
Sixième arrondissement. Paroisse de Notre-Dame.
Du boulevard Saint-Aignan à la rue Montyon.

Dénommée par arrêté du 27 octobre 1837, la place a été faite en vue de la construction d’une chapelle projetée en 1826, lors de la transformation du quartier de Launay, qui eût été desservie par le clergé de la paroisse Notre-Dame, et qui est dessinée sur les plans de 1849. L’érection de la nouvelle paroisse Sainte-Anne fit abandonner ce projet, le nom seul en est resté.




Rue de la Chapellerie

C’est une voie privée du quartier de Pilleux, que nous trouvons citée dans une demande d’alignement de 1857, à laquelle il est répondu que la rue n’est pas portée au plan d’alignement de la ville.




Rue Chaptal
Sixième arrondissement. Paroisse de Noire-Dame.
De l’avenue de Launay à la rue Daubenton.

Comprise dans les travaux du nouveau quartier de Launay, la rue reçut le 27 octobre 1837 son nom, en souvenir de Jean-Antoine-Claude Chaptal, comte de Chanteloup, né à Nogaret (Lozère) le 5 juin 1756, mort en 1832. C’était un chimiste qui a fait les plus heureuses applications de la science à l’industrie ; son nom était tout indiqué dans ce quartier industriel.




Rue du Château
Deuxième et troisième arrondissements. Paroisse de Saint-Pierre
De la rue des Etats à la place du Pilori.

L’ancienne rue, dite Basse-du-Château, qui fut aussi dénommée rue Girardon pendant la Révolution, perdit une partie de cette appellation lorsque sa voisine, la rue Haute-du-Château, changea de nom. Nous avons rencontré dans son dossier de nombreux actes, parmi lesquels nous citerons celui du 12 prairial, an IX, qui fait allusion à l’explosion de la tour du Château survenue le 5 prairial an VIII, un autre de l’an XII à propos des terrains provenant des Carmélites dont la vente s’était faite le 4 vendémiaire, an IX. A l’entrée de la rue existe une cour munie d’une grille et qui porte le nom du propriétaire.




Place du Château
Mêmes arrondissement et paroisse.

Cette place est un simple carrefour formé à l’angle des rues Prémion, Mathelin-Rodier, des Etats et du Château.

L’entrée du Château est sur cette place, nous devons en dire quelques mots.

Le Château remonte à une époque fort reculée, il fut établi sur des fortifications ajoutées à la Tour sud-est de l’enceinte gallo-romaine. Il fut ruiné et démantelé au moment des invasions normandes, rétabli en 1207 par Guy de Thouars, agrandi en 1227 par Pierre de Dreux, entièrement reconstruit par le duc François II et la duchesse Anne, sa fille. Plusieurs fois, au XVIe siècle, on recommença les travaux, bastions et courtines faisant face à la rue Prémion ; au siècle suivant, le bâtiment derrière la Tour du Pied de Biche. Mais il y aurait un livre à écrire et nous préférons indiquer les auteurs qui en ont fait l’objet d’une étude toute spéciale, Travers, Mellinet, le colonel Allard, Ch. Bougouin, de La Borderie, Furrel et Caillé.

Plusieurs événements remarquables s’y sont succédés : en 1440, le procès de Gilles de Retz ; en 1499, le mariage de la duchesse avec François II ; en 1598, séjour du roi Henri IV, plusieurs auteurs choisissent la vieille forteresse comme lieu d’où il rendit l’Edit qui fut appelé l’Edit de Nantes. En 1648, Madame de Sévigné y fut reçue et le Surintendant Fouquet y subit une détention momentanée ; en 1654 internement du cardinal de Retz qui s’en échappe en se laissant glisser sur un bâton attaché à une corde ; beaucoup plus tard, en 1800, une explosion fait sauter la Tour des Espagnols ; en 1832, la duchesse de Berry y fut prisonnière pendant quelques jours.

Voilà, à pas rapides, les caractères principaux et les souvenirs que nous fournit le monument. Dans ces temps derniers, un projet a été présenté pour les travaux à entreprendre dans les bâtiments que l’Etat aurait rétrocédés à la Ville ; un plan longuement étudié, et accompagné de dessins flatteurs, permettait de se rendre compte des modifications qui s’en seraient suivies. L’opinion n’a pas paru favorable à un projet qui aurait changé la physionomie du Château, et, présentement tout au moins, les vieux murs tant admirés des étrangers, sont demeurés indemnes de toute nouvelle profanation. La place remonterait à la fin du XVIIIe siècle, si nous nous en reportons à la pièce suivante :

« Le sieur Marion jeune s’est présenté et a dit qu’il avait été informé que la Municipalité avait dessein de se rendre adjudicataire de l’Eglise et du Presbytère de Sainte-Radegonde, afin de disposer d’une partie du terrain pour former une place au-devant du Château et élargir la rue conformément au plan de la Ville, qu’il était bien éloigné de mettre obstacle à des vues si utiles au public mais que le terrain qui restera après qu’on aura pris ce qui convient au plan de la Ville lui est absolument nécessaire pour conserver les jours de sa maison voisine et empêcher qu’une partie devienne inhabitable ; qu’en conséquence, voulant concourir au bien public et veiller en même temps à la conservation de ses propriétés, il offre d’abandonner à la Municipalité tout le terrain qui doit entrer dans la formation de la place et de la rue au-devant du château, sans rien exiger pour cet objet, parce que, de son côté, la Municipalité voudra bien l’associer dans l’adjudication de l’Eglise et du Presbytère dont est cas, et acquérir, tant pour elle que pour autre qu’elle désignera dans … (en blanc)… laquelle désignation ne pourra être faite qu’en faveur de lui, sieur Marion, qui contracte l’obligation de payer la prise de l’adjudication en entier et de ne rien exiger pour le terrain nécessaire à l’embellissement de la Ville et à la perfection de son plan.

Nantes, le 4 septembre 1791, Signé Marion. Présenté le 5 septembre au Bureau de la Cour ». (Archives Municipales, DD, 264).




Rue Chateaubriand
Premier arrondissement. Paroisse de Saint-Similien
De la rue de Rennes, n° 8, au quai de Versailles.

Elle fut dénommée le 21 juillet 1848, date éventuelle de son ouverture.

François René, Vicomte de Chateaubriand, né à Saint-Malo le 4 septembre 1768, mourut à Paris le 4 juillet 1848 et fut inhumé le 19 du même mois sur l’îlot du Grand-Bey, à 500 mètres environ des remparts de sa ville natale.




Place Chateaubriand
Mêmes arrondissement et Paroisse.

Nous trouvons en 1876 et 1877 une discussion sur un projet d’agrandissement de cette place, située sur le quai de Versailles, et qui forme le carrefour des rues Saget et de Chateaubriand, mais sa dénomination n’est pas officielle.




Rue de Châteaudun
Deuxième arrondissement. Paroisse Saint-Pierre
De la place Saint-Pierre à la place de l’Hôtel-de-Ville.

Tous ont encore présente à l’esprit la défense opposée au mois d’octobre 1870, aux envahisseurs, par la noble cité, qui, une des premières, eut l’honneur de joindre à ses armes, le signe de la Légion d’Honneur.

Le nom fut donné à la rue récemment tracée, par l’arrêté du 18 août 1874.




Rue de Châteaulin
Premier arrondissement. Paroisse de Saint-Similien.
Du quai de Versailles à l’intersection de la rue de la Carterie et de la rue Ouche-de-Versailles.

Tire son nom de l’ancien domaine noble de Châteaulin, sis au Port de Barbin. (Arch. dép., G, 116).




Rue Chauvin
Deuxième arrondissement. Paroisse de Saint-Pierre
De la place Louis XVI à la rue Royale.

Sur l’emplacement occupé, en partie par la rue Royale, en partie, par le dernier immeuble qui fait l’angle de cette rue avec la place de la Préfecture, à droite en descendant, existait la Tour Chauvin, ainsi nommée en souvenir de Guillaume Chauvin, Chancelier de Bretagne et Premier Président de la Chambre des Comptes, qui y mourut de faim et de misère en 1482. (D’après une inscription de tombe, il serait mort à Vannes). Le nom fut attribué à notre rue, qui s’était aussi appelée rue des Regaires, en raison de l’établissement de ce nom sur lequel elle avait été établie, vers 1780.




Rue Chêne-d’Aron
Cinquième arrondissement. Paroisse de Saint-Nicolas.
De la rue J.-J.-Rousseau à la rue Lévêque.

La rue correspondait avec le quai de la Fosse, puisque, dans un acte relativement récent, l’Architecte s’adressant au Maire pense « que la petite ruelle, qui existe entre les maisons 4 et 5 du quai de la Fosse, appelée autrefois rue du Chêne, est encore propriété communale, quoique fermée à chacune de ses extrémités ; » la ruelle est aussi désignée sous le nom de Ruelle de dessous le Chêne, et au XVIIIe siècle on aurait ajouté le nom d’un propriétaire, Daron.

Il y avait un gros chêne, qui précédait le clos Bouvet, dit Mellinet ; on nous a aussi signalé un dessin, dans lequel se voyait ce chêne.

Ces détails serviront-ils à fournir l’étymologie du nom ? Le passage Budan qui permettait d’aller du Bouvet à la Fosse par cette rue, fut démoli en 1879 pour la construction d’une École communale. (Il y avait un hôtel Budan, construit en 1697, sur le quai de la Fosse).




Rue du Cheval-Blanc
Troisième arrondissement. Paroisse de Saint-Pierre
De la rue des Carmes à la place des Petits-Murs.

Ce nom en a remplacé plusieurs autres, rue Bellabre, rue des Murailles, rue des Petits-Murs, rue Beaurepaire, puis rue du Cheval-Blanc. C’était le nom d’un hôtel qui, en 1751, fut donné à l’Hôtel-Dieu moyennant une faible redevance. Des plans manuscrits accompagnent les procès-verbaux d’alignement qui vont de 1753 à 1777, et où se retrouvent les appellations que nous citons plus haut.




Rue Chevert
Sixième arrondissement. Paroisse de Notre-Dame.
De la rue Linnée à la rue Catinat.

Cette rue était dans un quartier, généralement peu avantagé ; des clôtures de pré, des réclamations contre les frais de pavage et de nivellement à cause du peu de valeur des propriétés riveraines, voila le thème de toutes les pièces que nous avons rencontrées.

On l’appela rue de la Ville ; le nom qu’elle porte est celui du Général François de Chevert, né à Verdun en 1695 et mort en 1769.




Boulevard de la Chézine
Premier et cinquième arrondissements. Paroisse de Saint-Similien.
De la route de Vannes à la limite de Nantes, côté Chantenay.

Le travail des boulevards extérieurs fut commencé en 1875 et terminé en 1891. Celui-ci tire son nom de la seigneurie de Chézines, en Chantenay, vassale de la sénéchaussée de Nantes. Aveux du Domaine et Manoir de Chézines, rendus par Jean de Henleix, Jean de Machecoul, époux de Jeanne de Henleix, et Gilles de la Lande, sieur de la Clartière, de Chézines et du Pressoir. (Arch. dép. E. 390, 1460-1575).




Pont sur la Chézine

Le pont fut construit, dit Guépin, le 11 septembre 1818. Voici un acte de 1832. A Procé, au bord de coteau où coule la Chézine, qui sépare les communes de Nantes et de Chantenay, le chemin se prolonge au moyen d’un pont en pierre. Le viaduc fut achevé en 1879. Un dessin de M. Petit fournit une vue « de la Chézine ». On voit le pont et la chaussée, construits en 1708 ; à droite, le pré Lévêque, le pré Barbot ; à gauche, le bois de Launay ; la rue Brasserie vient aboutir au Pont.




Rue Joseph-Cholet
Sixième arrondissement. Paroisse de Sainte-Anne.

Décret du 10 mai 1894, pour rappeler le souvenir de l’explorateur, un des compagnons de Brazza. Nous n’avons point trouvé de renseignements sur cette rue. Les procès-verbaux qui datent de 1882 disent toujours « rue latérale à la carrière de Miséry ou au chemin de fer de Saint-Nazaire ».




Place du Cirque
Premier arrondissement. Paroisse de Saint-Similien.
Du quai d’Orléans au quai des Tanneurs.

Cette place, dénommée par arrêté du 29 octobre 1837, et que l’on appelait place de l’Abreuvoir (voir rue de ce nom) prit son nom du cirque Paquer, ou du Chapeau-Rouge, reconstruit en 1834 et augmenté en 1836 d’un théâtre machiné pour former la salle des Variétés, qui remplaça les anciennes salles de la rue Biguon-Lestard et du Chapeau-Rouge. Le théâtre était situé sur l’emplacement d’une des vieilles tours de la Porte Sauvetout. On avait d’abord pensé à y installer une usine à gaz, mais le projet ne fut pas poursuivi.




Rue Clavurerie
Troisième arrondissement. Paroisse de Saint-Nicolas
De la rue de Feltre à la rue Saint-Nicolas.

Elle s’appela autrefois rue du Bourgmain, elle devait être le lieu plus spécialement occupé par les serruriers, mais nous n’avons aucun titre à présenter, pour justifier cette idée. La rectification de la rue du Pré-Nian et la construction de l’énorme bâtiment en bordure sur la rue de Feltre ont fait disparaître deux cours, celle de la Taille et celle des quatre Nations, qui existaient à cet endroit.




Rue de Clermont
Deuxième arrondissement. Paroisse de Saint-Donatien.
De la rue du Coudray à la rue Desaix.

Il est question, dans des aveux et contrats des vassaux de la paroisse de Saint-Donatien, des filles de Guillaume Chatain « pour le lieu du Coudray et le Ténement de Clermont ».(Arch. dép., G. 21, 1258-1777). Clermont viendrait de Clairmont au lieu de Montclair, premier nom du Cellier, où se trouvait une maison de moines, puis un château.




Rue de Clisson. (Il faudrait dire rue Olivier-de-Clisson).
Quatrième arrondissement. Paroisse de Sainte-Croix.
Du quai Duguay-Trouin au quai Turenne.

Olivier IV, Sire de Clisson, né le 23 avril 1336 au château de ce nom, Connétable de France, meurt le 23 avril 1407.

Il a été décidé, en 1905, de poser une plaque commémorative sur la maison de cette rue où est né notre compatriote Jules Verne, en même temps qu’on lui élèverait un monument sur une de nos places publiques.




Route de Clisson
Quatrième arrondissement. Paroisse de Saint-Jacques.
Du chemin de la Ripossière à la limite de la commune, (route nationale de Nantes à Poitiers).

Prend son nom du chef-lieu de canton de Clisson.




Ile Cochard

Sur le plan de Nantes, par Lerouge, en 1766, tracé d’après celui de Cacault en 1757, cette île est désignée un peu au-dessous du quai d’Estrées. Elle disparut dans le commencement du XIXe siècle. Son emplacement fut réuni à la Prairie-au-Duc. Elle avait pris son nom d’un batelier, qui s’y fixa le premier.




Rue Cochard-Polenne
Premier arrondissement. Paroisse de Saint-Donatien
De la rue du Mont-Goguet à la rue François-Bruneau.

Un industriel y avait fondé, en 1868, un établissement destiné à devenir un lieu de réunion pour toutes les cérémonies mondaines, et qui y prospéra, sous son successeur, jusqu’en 1892, où il fut transféré rue Voltaire. Le sol de la rue est propriété particulière. C’est vers 1871 que le nom lui fut attribué par l’Administration chargée de faire le recensement.




Rue Colbert
Sixième arrondissement. Paroisse de Notre-Dame.
De la rue de Gigant à la rue du Boccage.

La rue fut ouverte par ordonnance royale du 23 janvier 1844, sur le terrain cédé, partie par les sieurs Charrier et Duvigneau (tenue des Gâtineaux — l’acte notarié est du 28 juin 1851) —, partie par M. Delahaye. Le nom rappelle celui de Jean-Baptiste Colbert, l’illustre Ministre et Secrétaire d’Etat à qui revient l’honneur d’avoir créé et multiplié les Manufactures, le Contrôleur Général des Finances qui sut mettre fin aux désordres et à la disette, et faire disparaitre les dilapidations, et liquider les dettes de l’Etat. Colbert, né à Reims en 1619. mourut en 1683.




Quartier rural de la Collinière

La limite des communes de Nantes et de Doulon est déterminée par le ruisseau du Gué-Robert qui passe à l’Est du chemin de la Collinière, ou route de Sainte-Luce. C’est le nom d’une terre en Doulon (1675). — Julien Charette (1776), — qui fut érigée en baronnie en faveur de Louis-François Charette.

Un des trois hôtels de Charette, encore existants à Nantes, était dénommé Hôtel Colinière.




Boulevard de la Collinière
Deuxième arrondissement. Paroisse de Saint-Donatien.
Du boulevard de Saint-Donatien au boulevard de Mauves.

Le chemin de Sainte-Luce, où il aboutit, forme la limite de Nantes. Le boulevard fut dénommé en 1901.




Rue Colombe
Premier arrondissement. Paroisse de Saint-Félix.
De la rue Fellonneau à la place Saint-Félix.

Le nom lui fut attribué le 31 décembre 1856, en souvenir de Evariste-Jean-Marie Colombel, né le 2 février 1813 et mort à Nantes le 22 novembre 1856. Avocat distingué, il fut nommé maire le 21 mars 1848 et demeura en fonctions jusqu’en 1852. Son fils, Georges-Evariste-Eugène, également avocat, occupa le même poste le 28 novembre 1881 jusqu’au 28 novembre 1885 et mourut le 7 juillet 1894. Leurs bustes ornent le monument élevé en leur mémoire au cimetière de la Bouteillerie.




Rue Michel-Colomb
Quatrième arrondissement. Paroisse de la Madeleine.
Du quai André-Rhuys à l’église de la Madeleine.

Cette voie récente reçut son nom de Michel Colomb ou Colombe, né vers 1430 et mort en 1512, auteur du tombeau commandé par la reine Anne et qu’il termina en 1506. Ce tombeau, dont l’ouverture donna lieu à une cérémonie les 16 et 17 octobre 1727, et dans lequel on trouva les cercueils de François II et des deux Duchesses, Marguerite de Bretagne, morte le 25 septembre 1469 et Marguerite de Foix, morte le 15 mai 1477, ainsi que le coffre renfermant le cœur d’or qui contenait le cœur de la reine Anne, fut transporté en 1792 dans la chapelle Saint-Clair de la cathédrale. Grâce aux efforts d’Ogée et de Crucy, il fut démonté en 1793 en plusieurs pièces, enfoui avec soin dans un lieu voisin de l’église où il demeura jusqu’en 1817. La boite d’or du cœur d’Anne fut déposée à la Bibliothèque à Paris (rendue à la Ville de Nantes en 1819, elle devint un des plus beaux joyaux du Musée archéologique). Le 28 août 1817, on remonta le tombeau dans le bras sud du transept de la Cathédrale, et on y plaça les restes du duc Arthur III, enlevés des Chartreux.

De Michel Colomb, on peut encore citer un Christ en marbre blanc, qui ornait l’autel des Carmes, disparu pendant la Révolution ; le tombeau et la statue de Guillaume Gueguen, également disparus ; le mausolée de Philibert de Savoie, à Notre-Dame-de-Brou.




Rue de Colmar
Quatrième arrondissement. Paroisse de Sainte-Croix.

Le nom fut attribué, en 1901, à la voie nouvellement ouverte sur le Champ de Mars qui, partant de la rue de Mayence, vient aboutir à la rue Fouré.

Le nom est encore un souvenir des événements de 1870-1871.




Rue Columelle
Quatrième arrondissement. Paroisse de Sainte-Croix.
De la rue Baron à la rue Pérelle.

D’où ce nom. et pourquoi a-t-il survécu aux hécatombes des dénominations de rues de 1818 ? Mystère.

On cite Columelle, Agronome distingué, né à Gades, dans le premier siècle de l’ère chrétienne.



Passage du Commerce
Cinquième arrondissement. Paroisse de Saint-Nicolas.
De la rue de la Fosse, n° 30, à la rue Santeuil.

Nous avons parlé de la première Bourse du Commerce, fondée en 1640, dont on voit encore quelques vestiges dans la cour d’une maison : il en est fait mention dans des actes de 1792 à 1817.

Ce passage a été signalé à l’attention publique en ces dernières années et le savant abbé Durville a présenté un travail sur la Seigneurie de Bouvet, dont le passage a du reste porté le nom, et sur la maison de la Fontaine de Hérédye, ainsi dénommée de Bonaventure de Hérédye, de nationalité espagnole, qui fut inhumé aux Cordeliers.




Place du Commerce
Troisième arrondissement. Paroisse de Saint-Nicolas
De la rue de Gorges au pont de la Bourse.

C’était jadis le Port-au-Vin et on construisait des navires sur le quai voisin, mais l’espace se trouvant trop petit, on transporta le chantier sur l’Ile-Gloriette. Alors on augmenta la place du côté de la rivière et on en refit le quai ; elle changea de face et fut exhaussée en 1581 ; réédifiée en 1721, aplanie en 1755, elle reçut en 1793 son nom actuel. Au milieu du XVIIIe siècle, elle était séparée en deux portions par la chapelle Saint-Julien, qui fut démolie en 1667 et remplacée par la chapelle de la Chambre de Commerce, construite pour la Ville, peu après 1641, par l’architecte Brosset.

Ce nom du Port-au-Vin lui est également acquis, et nous le trouvons vers 1577. Les habitants de Nantes s’opposent cette année à l’entérinement des lettres du roi, obtenues par Nicodème Monnier, marchand de vin, « afin de se faire bailler et arrenter une partie de la place du Port-au-Vin. » En 1648 également, dans une requête de quatre négociants en vins et propriétaires de celliers « sys sur la contrescarpe de la douve, près la porte de Saint-Nicolas tirant vers le port au vin » ; en 1715, en 1777, jusqu’en 1818, même.



Rue de la Commune
Troisième arrondissement. Paroisse de Saint-Pierre.
De la rue du Moulin à la place Saint-Jean.

La rue de Verdun, nom primitif de cette voie, dit Guépin, allait aboutir au carrefour de la Laiterie, c’est-à-dire à la Basse-Grande-Rue (fin du XVe siècle). Le nom fut maintenu jusqu’en 1793. Nous renverrons à la rue Bossuet pour la chapelle Notre-Dame-de-Toutes-Joies qui se trouvait dans cette rue. On y voyait aussi la chapelle de Saint-Jean, ancien hôpital et bénéfice de l’Ordre du Temple, presque en face des Cordeliers, dont on fit, en 1790, une salle pour l’assemblée primaire du canton.

A signaler dans cette rue plusieurs restes d’anciens hôtels, dont le souvenir est rappelé par les dessins Petit et parmi lesquels nous citerons l’Hôtel Rosmadec, où se trouvent des sculptures assez remarquables au plafond du grand escalier (ancien hôtel de Dronges, bâti en 1653 par Messire Cœsar de Renouard, trésorier-général des Etats de Bretagne). En 1828, on le réserva aux classes des Ecoles chrétiennes, dont les cours s’y sont poursuivis jusqu’à nos jours.




Rue Conan-Mériadec
Quatrième arrondissement. Paroisse de la Madeleine
De la rue Latour-d’Auvergne au boulevard Babin-Chevaye.

On ne pouvait oublier, parmi les noms rappelant les gloires bretonnes, celui du vieux duc d’Armorique, qui, après avoir gouverné la Bretagne pendant 26 ans sous la dépendance des Romains, aurait reçu en 409 l’autorité souveraine de ses sujets ; et à sa mort en 421, aurait légué son pouvoir à ses descendants, qui furent depuis ducs de Bretagne. Nous devons mentionner que, dans une brochure, parue à Rennes en 1902, l’existence de ce personnage a été anéantie par M. de la Borderie.

Le terrain de cette voie récente fut abandonné à la Ville par M. Pelloutier.



Rue Constantine
Sixième arrondissement. Paroisse de Notre-Dame.
De la place du Sanitat à la place La Moricière.

Le nom rappelle la prise de possession de cette ville en 1837, après un siège meurtrier où périt le général Damrémont. C’est cette année que le nom fut appliqué à cette voie conquise sur les terrains du Sanitat, au moment de la transformation du quartier.




Rue Contrescarpe
Troisième et cinquième arrondissements. Paroisse de Saint-Nicolas
De la rue Crébillon à la place du Bon-Pasteur.

Il y avait une Contrescarpe près la Porte-Neuve, qui fut démolie en 1743, en même temps que la porte ; de là l’origine du nom, substitué précédemment à ceux de la Glacière, rue Basse-Motte-Saint-Nicolas, noms rencontrés dans les actes de 1745 à 1786. La glacière, qui fut une des appellations de la voie, fut vendue, l’an II de la République, au sieur Adam aîné.




Rue Copernic
Cinquième arrondissement. Paroisse de Saint-Nicolas, du n° 2 à 22, et paroisse de Notre-Dame, à partir de la rue Kléber
De la place Delorme à la place de l’Edit de Nantes.

On l’appela un instant rue Sully et elle dépendait de ce qui était dénommé le quartier de la Grille.

Nicolas Copernic, astronome, naquit à Thorn en 1473, et mourut en 1543.



Impasse Copernic
Même arrondissement, et paroisse de Saint-Sicolas.

On y établit, en 1837, le Temple des Israélites, précédemment installé dans l’impasse Rosière.




Avenue Coquebert
Deuxième arrondissement. Paroisse de Saint-Donatien.
De la rue du Haut-Moreau à la rue du Port-Guichard.

C’est le nom d’une vieille famille nantaise ; nous trouvons cités en 1723 un Coquebert, comme capitaine d’une compagnie ; un Benjamin Coquebert, raffineur, rue Gassendi ; un autre, payeur, figure sur un des tableaux de Sablet.




Rue des Cordeliers
Deuxième arrondissement. Paroisse de Saint-Pierre.
De la rue du Refuge à la rue Saint-Jean.

Appelée, rue des Marchands, rue Saint-Gildas, petite rue du Refuge, et enfin, en 1901, rue des Cordeliers, pour rappeler le souvenir de l’ancienne église des Cordeliers, la rue conserva, jusqu’en 1855, une plaque de fer blanc portant la dénomination de la rue des Marchands, et, alors, cette plaque fut remplacée par une autre en faïence avec ces mots ; Petite rue du Refuge.

Les Cordeliers, installés à Nantes avant 1250, eurent leur couvent à la fin du XIIIe siècle près d’une chapelle dédiée à saint Michel, par la libéralité de la maison de Rieux, dont l’enfeu y fut installé, et où on remarquait les tombes d’un grand nombre de hauts personnages. Le Conseil de Bretagne, qui siégeait à Nantes pendant six mois avant la création du Parlement, s’y réunit en 1538, et les Etats de Bretagne y siégèrent aussi plusieurs fois. En 1760. ce fut la Chambre des Comptes qui s’y transporta jusqu’à sa reconstruction. En 1791, les religieux furent dispersés, leur église fut vendue en 1793, démolie partiellement, puis transformée en 1794 en fonderie de canon. L’acquéreur des bâtiments obtint l’autorisation d’y établir un marché aux Toiles.

Les bâtiments restants donnèrent l’hospitalité, en 1796, à l’institut des Amis réunis, abritèrent en 1811 l’œuvre du Refuge, puis furent abandonnés en octobre 1868 à la Congrégation des Dames de la Retraite de Vannes, à la charge de relever les parties les plus endommagées. Ce qui restait de la chapelle des Cordeliers disparut l’année suivante, et la nouvelle chapelle, commencée en 1870 fut bénie le 17 août 1871.

La rue avait été percée en 1835 dans la longueur de la plus petite des deux nefs de l’ancienne chapelle, c’est-à-dire celle du sud. Les deux chapelles, jadis accolées à cette nef, existent encore et font partie de la maison des Sœurs de Saint-Vincent-de-Paul. La grande nef est devenue un jardin, dont on peut voir la muraille latérale au nord, et les piliers des arcades qui la faisaient communiquer avec la petite nef du sud. Cette église s’appuyait sur la muraille romaine, dont les restes sont visibles dans la cour intérieure du Couvent de la Retraite.




Cale Cordoue

Ou dénomme ainsi la partie du quai joignant la place Neptune à l’angle du pont de la Belle-Croix.




Rue du Capitaine-Corhumel
Premier arrondissement. Paroisse de Saint-Similien.
De la rue du Marchix à la place Edouard-Normand.

Elle s’est appelée rue Barrière-de-Couëron, rue Vertot, puis après avoir repris son premier nom, fut dénommée ainsi pour rappeler le souvenir de Edouard-Joseph Corhumel, capitaine au 1er régiment de Chasseurs d’Afrique, né à Nantes, le 27 janvier 1865, décédé à Majunga (Madagascar), le 28 octobre 1895.

On peut regretter le nom disparu, qui indiquait une barrière installée près la porte de Couëron, à l’emplacement de la place Edouard-Normand.



Rue Corneille
Cinquième arrondissement. Paroisse de Saint-Nicolas
De la place Graslin à la rue Scribe.

Pierre Corneille, le vrai créateur de l’art dramatique en France, est né à Rouen en 1606 et mourut en 1684. On a réuni les noms des auteurs principaux autour du monument destiné à la représentation de leurs œuvres.




Rue de Cornulier
Deuxième arrondissement. Paroisse de Saint-Clément.
Du quai Malakoff au quai de Lourmel.

Une pièce du 23 avril 1868 écarte l’idée de classer la rue avant que les propriétaires n’aient exécuté les travaux nécessaires, et, en 1882, il est proposé d’accepter l’offre de 8.000 francs représentant la moitié de la dépense, et de la classer. Elle avait reçu, dans l’intervalle, en 1856, en substitution de la dénomination La Patache, son nom actuel pour honorer le souvenir de M. de Cornulier-Lucinière Marie-Alfred-Ernest, chef de bataillon des chasseurs à pied de la Garde Impériale, tué devant Malakoff en septembre 1855.

Il y a aussi l’impasse du même nom, au n° 24, qui aboutit à la Prairie de Mauves.




Rue Emile-Cossé
Cinquième arrondissement. Paroisse de Saint-Similien.
De la rue Saint-Yves à la rue Leroy.

La rue a été dernièrement séparée de la rue Saint-Yves (1898), et on a donné le nom de rue Emile-Cossé prolongée à la prolongation de cette rue, formant impasse, qui aboutit au derrière des maisons aspectant la rue Charles-Monselet. Le docteur Emile-André Cossé, né à Nantes en 1830, mort le 22 février 1892 à Paris, a institué plusieurs prix à l’École de Médecine (prix Marcé, prix Malherbe, prix Guépin), et a laissé à la Bibliothèque de notre Ville des manuscrits et une collection de journaux.




Rue du Coudray
Deuxième arrondissement. Paroisse de Saint-Donatien.
Du boulevard Saint-Donatien à la rue Saint-André.

L’ancien bas chemin de Saint-Donatien fut compris dans cette rue en 1901, et celle-ci, tout au moins dans une partie, reçut le nom de rue Saint-André, à laquelle on la joignait.

Le Coudray a appartenu à plusieurs familles ; en 1633, il devint l’habitation de Pierre Charette de la Bretonnière, sénéchal de Nantes, puis il fut acquis par André de la Tullaye, sieur de Fresne, en 1683.

La chapelle du Coudray servit de paroisse pendant la Révolution. Une partie du manoir est encore visible, ce sont deux pavillons carrés du XVIIe siècle, que l’on a accolés à une maison neuve sur la place formant carrefour, entre les rues Saint-André et Saint-Rogatien.

On y rencontrait un ensemble de tenues portant toutes des noms significatifs : la tenue de Clermont, le chemin des Chartreux, la Pièce d’Espagne, la tenue du Chêne-Creux, la ruelle du Carrois, la tenue du Grand-Bocage, et bien d’autres.




Chemin de Couëron
Chemin de grande communication, n° 77, de Nantes à Couëron.

Au XVIIIe siècle, ce chemin commençait au haut du faubourg de Bignon-Lestard, c’est-à-dire au pont de Gigant actuel, jusqu’au bas du rocher de la Fontaine Journet et recommençait à la crête de ce rocher, allait jusqu’à la lande de la Fournillère, où il s’interrompait, et recommençait à ce point jusqu’à la Grande.



Rue de Coulmiers
Deuxième arrondissement. Paroisse de Saint-Donatien.
Du boulevard Sébastopol à la rue de Paris.

Elle reçut, le 18 août 1874, ce nom rappelant la bataille du 9 novembre 1870. Cette rue a remplacé la rue de Malgouverne, qui disparait vers 1856, et la rue de l’Arche-de-Mauves, aussi nommée rue des Hannes. Le quartier devait abriter beaucoup de foulonniers, il y avait là un terrain glaiseux favorable à leur industrie, et nous rencontrons souvent des requêtes adressées par eux à la Municipalité. Il y existe plusieurs impasses que nous ne pouvons que citer, celle dite de Tivoli, n° 10, l’impasse Coulmiers, n° 24, et celle dite Philibert, n° 16, mais nous ne pouvons expliquer les noms, comme nous l’avons déjà dit pour l’impasse Ascension, précédemment citée.

En 1882, un contrat intervint entre l’Etat et la Ville au sujet d’une rue à établir entre le chemin des Rochettes et la rue de Coulmiers, qui devait être privative, et aussi pour l’installation des magasins du campement et de l’habillement.




Boulevard de l’Amiral-Courbet
Premier arrondissement. Paroisse de Saint-Félix.
Du pont de la Motte-Rouge au boulevard Michelet.

Un décret d’utilité publique du 30 décembre 1880 autorise l’ouverture de la voie, pour laquelle on expropria, en 1882, les terrains nécessaires, et en 1885, le 19 juin, on lui donna le nom du vice-amiral Courbet, né à Abbeville, le 26 juin 1827, mort le 11 juin 1885 aux îles Pescadores, dont il venait de s’emparer. Son corps fut ramené en France et inhumé dans sa ville natale, dans un tombeau de famille.




Rue de Courson
Deuxième arrondissement. Paroisse de Saint-Donatien.
De la rue de Paris à la rue des Orphelins.

La rue fut décidée le 20 mai 1844, on l’appela d’abord petite rue Saint-Rogatien, rue de la Philosophie, puis le 31 décembre 1856, elle reçut le nom de M. l’abbé de Courson, un des propriétaires du sol de la voie. M. l’abbé Louis de Courson, né à Nantes le 28 octobre 1799, fut ordonné prêtre à Paris en 1822, vicaire général de Nantes l’année suivante, directeur du Grand Séminaire en 1824, en 1826, premier supérieur du séminaire de Philosophie ; en 1844, il remplit les mêmes fonctions à Issy (Seine), puis en 1845, il fut nommé supérieur général de la Communauté de Saint-Sulpice et y mourut le 10 avril 1850.




Rue Courtine
Cinquième arrondissement. Paroisse de Notre-Dame.
Du quai de la Fosse, n° 62, à la rue des Vignes.




Petite rue Courtine

Mêmes arrondissement et paroisse. — Quai de la Fosse, 60.

Nous ne connaissons rien sur ces deux voies, qui sont plutôt des passages.




Rue Coustou
Deuxième arrondissement. Paroisse de Saint-Clément.
De la rue de Richebourg, n° 4, à la rue Malherbe.

Nicolas Coustou, né en 1638 à Lyon, mort à Paris en 1733, décora Paris, Marly et Versailles de ses merveilleux morceaux de sculpture.




Rue de Coutances
Premier arrondissement. Paroisse de Saint-Similien.
De la rue de Bel Air à la rue des Hauts-Pavés.

Le 22 février 1768, la Ville acquiert le terrain destiné à l’ouverture de cette rue, qui s’appela aussi partie Haute-de-Talensac, rue de Réaumur. Une famille de ce nom figure dans un acte de 1639 relatif à la reconnaissance des tombeaux des Ducs dans l’église des Carmes, et aussi, au XVIIIe siècle, dans un acte de vente de la Bouteillerie concédée à l’Evêque de Nantes.




Chemin de la Coutancinière
Quatrième arrondissement. Paroisse de Saint-Jacques.

Le terrain sur lequel a été établi le cimetière s’appelait la Coutancinière, d’où le nom de ce chemin qui y aboutit.




Rue Crébillon
Troisième et cinquième arrondissements. Paroisse de Saint-Nicolas.
De la place Graslin à la place Royale.

On l’a dénommée rue de Goyon, puis rue de Varennes, puis du nom de Prosper Julyot de Crébillon, poète tragique, né à Dijon en 1674 et mort en 1762.

On commença à s’occuper de cette voie vers 1770 et son alignement complet ne remonte qu’à 1828.




Chemin de la Basse-Creuse
Premier arrondissement. Paroisse Saint-Félix.
De la rue de Barbin aux escaliers du boulevard Amiral-Courbet.

Le chemin, que nous trouvons en 1842 dénommé chemin des Sables-Rouges, doit son nom à sa situation topographique. Il aurait été ouvert sur l’emplacement d’un fossé creusé en 1793 pour la défense de la Ville contre les Vendéens.




Rue du Croisic
Premier arrondissement. Paroisse Saint-Félix.
De la rue de Rennes, n° 118, au boulevard Michelet.

Un petit village de ce nom existait au XVIIe siècle, on cite aussi une propriété, ainsi nommée, qui aurait occupé l’emplacement du chemin conduisant à l’Ecole normale de jeunes filles, dite Villa Maria. Elle reçut son nom le 27 octobre 1837, et son prolongement de la place du Croisic, où elle s’arrêtait d’abord, au boulevard Michelet, fut décidé le 21 mai 1890.




Place du Croisic
Mêmes arrondissement et paroisse.

Dénommée également en 1837, la place ne fut guère l’objet de travaux de voirie avant 1845.




Pont de la Belle-Croix
Quatrième arrondissement. Paroisse de Sainte-Croix.
De la rue Bon-Secours à la Chaussée de la Madeleine.

Le pont, dit de Nantes, de la Saulzaie, de la Belle-Croix, d’Orient, puis encore de la Belle-Croix, rebâti en 1577, élargi en 1623, reçut ce dernier nom en 1635, comme cela résulte d’un procès-verbal du 18 juillet 1732 « des armes et inscriptions étant sur la pyramide de la Belle-Croix, au joignant d’une maison appartenant à l’Hôtel-Dieu ». On le répara à nouveau en 1803 et il fut entièrement reconstruit depuis 1862. Sous ses premières arches fut construit, en 1483, le Moulin du Chapitre de Notre-Dame, démoli vers 1750. C’est en cette année qu’on démolit la « Belle-Croix », à laquelle le pont devait son nom. On y établit à côté, vers le XVe siècle, le Moulin Grognard, appartenant à la Ville, démoli en 1725, remplacé par des bains, incendiés en 1770, qui ne disparurent que vers 1800. A la même place, on installe un moulin sur bateaux, supprimé vers 1837 ; plusieurs autres moulins y subsistèrent du reste jusque vers la même époque. (En 1573, il y avait six moulins à eau sur la Loire). Près de ce pont se voyait jadis le Vieux logis de la Belle-Croix, contigu à un ancien mur où existaient encore, au milieu du XVIIIe siècle, les statues de la Vierge, de Saint-Gilles et de Saint-Laud, placées en souvenir de l’exécution du Maréchal de Retz.



Rue Crucy
Quatrième arrondissement. Paroisse de Sainte-Croix.
De la rue Fouré à la rue des Olivettes.

Un arrêté du 27 octobre 1837 donna à la rue le nom de l’architecte Mathurin Crucy, à qui la Ville doit tant de travaux, et qui, né à Nantes le 22 février 1749, y mourut le 7 novembre 1826.

Dès 1816, il est question de cette voie, dont la propriété du sol était alors contestée par différents habitants, entre autres par la famille Arnous qui présenta des titres remontant à 1745. Ce chemin était fermé d’une porte, dont les héritiers Arnous avaient seuls la clef, et ne devaient supporter qu’un chemin de halage de 18 pieds sur le bord de l’eau.

Les projets des Ediles remontent au 12 avril 1824, les réclamations des riverains persistèrent jusqu’en 1828.




Rue Cuvier
Sixième arrondissement. Paroisse de Notre-Dame.
De la place Catinat à l’avenue de Launay.

La rue reçut son nom en 1837, mais ne fut incorporée à la Ville que le 21 février 1874 ; en 1857, elle se terminait par une impasse, que M. Voruz demande à clore provisoirement.

Le célèbre naturaliste Georges Cuvier, nommé l’Aristote du XIXe siècle, naquit à Montbéliard en 1769 et mourut à Paris en 1832.




Boulevard du Dahomey
Deuxième arrondissement. Paroisse de Saint-Donatien.
De la rue d’Allonville au boulevard de Doulon.

Le nom avait été choisi par les habitants, lors de son ouverture en 1884, et fut maintenu. C’était au moment où la France faisait la guerre à ce pays.



Rue Damrémont
Sixième arrondissement. Paroisse de Notre-Dame.
De la place du Sanitat à la rue Dobrée.

Nom avons déjà rappelé la mémoire du vaillant général Gouverneur de l’Algérie, mort à la suite de la prise de Constantine.

Dénommée en 1837, cette voie a été conquise, vers 1834, sur les terrains provenant de la vente faite par les Hospices dans l’ancienne propriété su Sanitat.




Rue Darbefeuille
Cinquième arrondissement. Paroisse de Notre-Dame.
De la rue d’Alger à la place de la Verrerie.

Le nom du chirurgien philanthrope et courageux, qui fut l’un des fondateurs de l’Ecole de Médecine de Nantes, remplaça, en 1899, celui de Petite rue de Flandres. Darbefeuille Jean-Baptiste-Augustin, né en notre ville le 27 août 1736, y mourut le 17 novembre 1831.

Il y a une petite place du même nom.



Rue Daubenton
Sixième arrondissement. Paroisse de Notre-Dame.
De la petite rue de Launay à la place Daubenton.

La rue, dénommée en 1837, prit son nom de Daubenton Louis-Jean-Marie, naturaliste, né en 1716 à Montbard (Côte-d’Or), et mort à Paris en 1800.

En 1841, la rue est prolongée jusqu’à la rue Jenner, avec le concours de plusieurs propriétaires, parmi lesquels nous rencontrons MM. Pommeraye, Malescot, des Dorides. M. Pommeraye abandonne gratuitement le sol sur lequel avait existé l’ancienne corderie Benier.



Place Daubenton
Mêmes arrondissement et paroisse.
De la rue du même nom à la rue Rollin.




Rue Jean-Debay
Premier arrondissement. Paroisse de Saint-Félix.

Jean-Baptisle-Joseph Debay, désigné sous le nom de Jean pour le distinguer de son père dont il avait les prénoms, sculpteur, né à Nantes le 31 août 1802, mort à Paris le 7 janvier 1862, donna son nom en 1903 à la Ruelle-des-Quarts-de-Barbin, que l’on désignait aussi tout simplement Ruelle-des-Quarts. Son nom méritait d’être rappelé dans une rue de ce quartier ; il a travaillé en particulier, pour l’Eglise de cette Paroisse, et en a sculpté la chaire et les autels.

(Voir également Pierre Toulmouche, notre observation convient aux deux voies).




Rue Elie-Delaunay
Deuxième arrondissement. Paroisse de Saint-Clément.
De la rue du Lycée à la rue Gambetta.

La rue qui fut ouverte au moment de la construction du nouveau Musée des Beaux-Arts, reçut le 23 octobre 1891 son nom, en mémoire de Jules-Elie Delaunay, Peintre d’Histoire, Membre de l’Institut, né à Nantes le 13 juin 1828, et mort à Paris le 5 septembre 1891. C’est dans l’atelier de Flandrin qu’il se prépara à l’Ecole des Beaux-Arts où il fut inscrit le 7 avril 1848 : sa première exposition date de 1853 ; à partir de cette époque, il n’a cessé de produire, abordant tous les genres, avec un succès qui le mit en évidence et lui valut de nombreuses commandes.



Boulevard Delorme


Cinquième arrondissement. Paroisse Saint-Nicolas.
De la place Delorme à la rue Mondésir.

Voir place du même nom pour l’explication de la dénomination qui avait remplacé les précédentes, tenue de la Grille, le boulevard, les Boulevards, cours du Peuple, cours Delorme, noms qui se succèdent depuis 1790, où l’on commença les travaux de voirie.




Place Delorme
Mêmes arrondissement et paroisse.
De la rue du Calvaire au Boulevard du même nom.

Les noms de Mirabeau, de la Montagne, avaient d’abord été proposés ; à la date du 8 floréal an III, le citoyen Thibaud-François De l’Orme (telle est l’orthographe de sa signature) écrit au Maire « pour lui demander d’appeler cette place, établie sur son terrain de la Grille, du nom de son fils qui a été la première victime des brigands, étant à son poste ». Et le Maire, dans son arrêté, décide que « par le traité et plan arrêté il y a environ sept ans, M. Delorme ayant abandonné plus de 60.000 pieds de son terrain dans la tenue de la Grille pour former une place publique et partie de la promenade des rues dudit quartier, sous la condition de la faculté de donner le nom qui lui conviendrait à la dite place, etc... » il est autorisé à nommer cette place du nom de son fils tué à Petit-Mars, lors de l’insurrection des campagnes au mois de mars 1793, où il a été envoyé en qualité de Commissaire du district.

En 1847, on s’occupa de l’uniformité des maisons à y construire, les propriétaires contestèrent à la Ville le droit de la leur imposer. M. Petit dit qu’en 1792, un club tenait ses séances dans la maison située à l’angle de la place et de la rue du Calvaire qui, précédemment, était l’Allée des Filles du Calvaire.



Rue de Loynes
Deuxième arrondissement. Paroisse de Saint-Clément.
De la rue de Richebourg, n° 39, au quai de Richebourg, n° 17.

La rue reçut son nom le 31 décembre 1856 ; précédemment on se contentait de désigner les rues parallèles « première ou seconde, ruelle du quai de Richebourg, vers le Château ». Celle-ci est désignée deuxième ruelle dans un acte de 1845. Le 20 décembre 1853, la ville est autorisée à acquérir les propriétés nécessaires pour l’établissement des machines hydrauliques, bassins et réservoirs, pour le service d’eau.

M. de Loynes Augustin-Louis (on lit aussi de Luynes, c’est du reste ainsi que ce nom nous apparaît en maintes circonstances), fut nommé Maire par décret du 7 prairial an XI (27 mai 1803). Son acte de baptême, Paroisse de Saint-Nicolas, est du 15 août 1743. Il meurt à Nantes le 8 avril 1808.



Rue des Dervallières
Cinquième arrondissement. Paroisse de Saint-Similien, de la rue de la Bastille au Chemin de la Contrie, à la limite des communes de Nantes et Chantenay, à droite en descendant ; la partie gauche appartient à la paroisse de Notre-Dame.

Actes anciens : 1494, Françoise de Dinan, comtesse de Laval, dame de Chateaubriand, donne sa maison de Derval (Hôtel-de-Ville actuel) et la terre et seigneurie de Grillaud et des Dervallières. Au XVIe siècle les seigneurs de Derval y possédaient de vastes terrains.

Epoque récente : 1820, les terres se séparèrent. La famille de la Brosse possède les Dervallières ; quand à celle de Grillaud, un notaire de Nantes, M. Chaillou s’en rendit acquéreur et y installa quantité de maisons avec jardins, dans un but de spéculation qui tourna à sa ruine, d’où le nom qu’on lui a donné de Folies-Chaillou.

La viabilité du chemin, vers 1830, laissait beaucoup à désirer, puisque des actes constatent qu’à ce moment on ne trouvait plus, à partir des Folies-Chaillou « que des murs destinés à soutenir les terres du côté du nord et au sud des haies ; à Procé, un pont de pierre jeté sur la Chézine (c’est le pont de la Cagossais ou Cacaussais) ; et là, un vague, envahi à certaines époques par les eaux de la Chézine, de sorte qu’il devient un marais dangereux, quoique défendu par la pose de pierres et un banc placé en face de l’entrée de Procé ».




Rue Desaix


Deuxième atrondissement. Paroisse de Saint-Donatien.
De la place Waldeck-Rousseau à la rue de Paris.

Ouverte en 1882, la rue s’arrêtait d’abord à la rue du Coudray, et ce ne fut que dix ans plus tard qu’elle fut prolongée jusqu’à la rue de Paris, englobant la voie qui s’était appelée rue d’Enfer. Charles-Antoine Desaix, né à Saint-Hilaire-d’Ayat en Auvergne, en 1768, était lieutenant au régiment de Bretagne au moment de la Révolution. Il accompagna, en 1798, Bonaparte dans son expédition d’Egypte, assista à plusieurs campagnes et mourut glorieusement à Marengo, le 14 juin 1800, où son arrivée soudaine sur le champ de bataille sauva le sort de l’armée qui battait déjà en retraite.




Rue Descartes


Cinquième arrondissement. Paroisse de Saint-Nicolas.
De la place La Fayette au boulevard Delorme.

Commencée vers 1826, la rue fut prolongée en 1851-1853, puis en 1868, et fut dénommée le 18 août 1874 du nom du célèbre philosophe René Descartes. C’était presque un breton ; son père qui habitait Rennes, dans l’hôtel de Piré, était conseiller au Parlement de Bretagne, et figure parmi les Juges de la Chambre criminelle établie à Nantes, en 1626 : il aurait habité une maison de la rue de Briord, située derrière les nos 10 et 12. Le futur auteur du discours sur la Méthode naquit à la Haye (Indre-et-Loire) en 1596, dans le cours d’un voyage qu’y fit sa mère et aurait séjourné quelque temps en notre ville, sur les bords de l’Erdre ; il mourut en 1650 à Stockholm.




Rue Deshoulières
Mêmes arrondissement et paroisse.

La rue ne commença à prendre sa physionomie actuelle que vers 1847, et même en 1854 pour le pavage et le nivellement ; ne dussions-nous citer que cette protestation du commandant des chasseurs qui, à ce moment, se plaint que les eaux de la caserne ne peuvent s’écouler.

Celle qu’on nomma la Dixième Muse, la Calliope française, Antoinette du Ligier de la Garde, Dame Deshoulières, était née à Paris en 1638 et mourut en 1694. Son esprit et sa beauté étaient remarquables, elle s’essaya dans tous les genres, allant de la chanson jusqu’à la tragédie, mais réussit surtout dans l’Idylle et dans l’Eglogue.




Rue Deurbroucq
Quatrième arrondissement. Paroisse de Sainte-Croix.
Du quai Ile Gloriette au quai Tourville.

D’une lettre du 5 septembre 1839, cette rue est dite privative, et d’après un titre, cette privauté remonterait à 1791, dit un des propriétaires. En 1845, la ville reconnaissant ces droits se décide à payer le terrain, à raison de 2 fr. 50 le mètre carré.

Nous trouvons des Deurbroucq, cités parmi les principaux personnages accompagnant l’évêque dans une procession, en 1749 ; nous retrouvons un Deurbroucq parmi les habitants de l’île Gloriette qui, par leurs démarches et leurs avances de fonds, surent arracher au Bureau de Ville toutes les autorisations nécessaires aux réparations, puis à la reconstruction du pont Maudit (1770) ; Peter Deurbroucq, dit Guépin, aussi remarquable par son bon ton que par sa brillante fortune qu’il dépensait très libéralement, aimé dans toutes les opinions, sut garder la faveur jusque sous l’Empire.

Ce nom fut donné à la rue le 27 octobre 1837.


Impasse Deurbroucq
Mêmes arrondissement et paroisse.

L’impasse, située dans la rue du même nom, d’après une lettre en réponse à M. Schaeffer, est dite privée. La cour située en face de cette impasse porte le nom de Cour au Beurre, tout au moins dans le peuple. Il est probable qu’une industrie de ce genre y a été autrefois établie, mais il n’en reste que le souvenir.




Rue Diderot
Quatrième arrondissement. Paroisse de Sainte-Croix.
Du quai Turenne à la rue Kervégan.

Un acte du 24 Messidor, an IV, pour l’écoulement des eaux qui obstruaient la rue, cite cette voie « ci-devant Toulon ».

Diderot Denis, philosophe du XVIIIe siècle, naquit à Langres en 1712 et mourut en 1784.




Rue Didienne
Premier arrondissement. Paroisse de Saint-Similien.
De la rue Saint-Similien, n° 4, au quai des Tanneurs, 3-4.

Elle s’est aussi appelée rue Dubois.




Rue de la Distillerie
Mêmes arrondissement et Paroisse.
De la rue de Versailles à la rue de Bouillé, et de cette dernière, par prolongation, à la rue Ouche-de-Versailles, où elle se ferme en impasse.

La rue est voie privée entre la rue de Versailles et la rue de Bouillé, puis devient voie publique entre cette dernière et le croisement des rues de la Carterie et Ouche-de-Versailles. Elle fut ouverte en 1839 sur le terrain connu sous le nom de Tenue-des-Mouches. En 1877. on discutait encore sur la remise des terrains cédés à la Ville.

Son nom peut être attribué à l’établissement industriel construit en 1844 par M. Le Romain pour distiller des alcools, et qui fut remplacé par la construction Suzer.




Rue Dobrée
Sixième arrondissement. Paroisse de Notre-Dame.
De la place Saint-Louis à la place La Moricière.

La rue fut commencée vers 1824 et reçut en 1837 son nom de Thomas-Dobrée, consul des Etats-Unis, spéculateur, praticien habile, devenu l’un des premiers négociants de notre Ville. Né à Nantes le 6 avril 1781, il y mourut le 15 novembre 1828. Par ce souvenir donné au fils, on honorait également la mémoire du père, lui aussi consul et considéré comme l’un des plus honorables citoyens de Nantes ; à sa mort, il lui en fut rendu un témoignage éclatant, et son convoi reçut toutes les marques de sympathie qui lui étaient dues, 23 septembre 1801.

Au n° 12 existe une cour qui porte le même nom.




Rue des Docks
Deuxième arrondissement. Paroisse de Saint-Donatien
Du boulevard Sébastopol à la rue d’Allonville, n° 127,

La rue est privée, elle prend son nom de l’établissement dit des Docks-Nantais, établi en ce lieu en 1848.




Rue Dorgère
Quatrième arrondissement. Paroisse de la Madeleine.
Du quai des Quatre-Vents à la cale Toussaint.

L’ancienne rue Biesse-Désirée, prit en 1901, le nom du Père Dorgère, né à Nantes le 6 septembre 1855, dont la personnalité fut mise en relief lors des événements qui se passèrent au Dahomey, et qui mourut le 23 février 1900, à Sainte-Anne-d’Evenos (Var), en soignant une jeune bohémienne atteinte d’une maladie contagieuse, qu’il avait recueillie dans son presbytère. Ses paroissiens reconnaissants lui ont élevé un monument sur lequel sont relatés les événements principaux de sa carrière, et Bel-Air, dont il fut élève, a rappelé sa mémoire par un buste en marbre.




Rue Dos-d’Ane
Quatrième arrondissement. Paroisse de Saint-Jacques.
'De la place Pirmil au Pont Rousseau.

A l’extrémité de la rue se trouvait, en 1615, la porte de l’Espau.




Cour Douard
Quatrième arrondissement. Paroisse de Sainte-Croix.
De la Chaussée de la Madeleine, 13, au n° 6 de la rue des Olivettes.

Une pièce nous décrit l’inconvénient résultant des eaux provenant de l’établissement de papiers peints des sieurs Goude et Rable ; plusieurs autres maisons similaires devaient s’y trouver, et l’on s’en préoccupe dans l’intérêt de l’hôpital voisin.

Une autre pièce de 1885 précise que le sol de la cour appartient aux riverains.




Rue des Vieilles-Douves
Troisième arrondissement. Paroisse de Saint-Nicolas.
De la place Royale à la rue de l’Arche-Sèche.

Il en est fait mention, 16 mars 1845, à propos d’un arrêté royal pour la vente des terrains des Fossés-Saint-Nicolas, d’après un projet qui remonterait à 1713. « C’était un dépotoir où chacun vient jeter toutes ses immondices, et dont les maisons en bois sont un danger perpétuel d’incendie ou d’accidents en tombant sur la rue ». Il y est aussi mentionné que la Commune avait promis des arches sèches pour permettre les communications, que l’on attendit en vain.

En 1792, en 1807, nous rencontrons les mêmes plaintes des propriétaires. Cette voie s’est appelée Douves-Saint-Nicolas, nom que l’on retrouve en différents endroits, et rue Blondel.




Cour Drouin
Sixième arrondissement. Paroisse de Sainte-Anne.
Rue du Roi-Baco, n° 32.




Rue Dubois
Troisième arrondissement. Paroisse de Saint-Pierre.
Du quai du Port-Maillard à la place des Jacobins.

La rue a porté le nom de rue Haxo, de Haxo Nicolas, brave général républicain, connu par la prise de l’île de Noirmoutier, et qui se brûla la cervelle au combat de la Roche-sur-Yon, pour ne pas tomber vivant entre les mains des ennemis.




Impasse Dubois
Mêmes arrondissement et Paroisse.
Rue Dubois, 1.

Comme la voie précédente, elle porta le nom de Haxo, et antérieurement celui de Brandouille. Au n° 2,on remarque un curieux logis, dit Maison des Jacobins, probablement l’ancienne hôtellerie du couvent ; cette grande maison du XVe siècle, à quatre étages séparés par des larmiers, un escalier avec cage polygonale, en spirale dont les degrés sont en granit, enfermé dans un pavillon à pans coupés, et couronné par un toit en charpente ayant la forme d’un colombier. Dans l’intérieur, de belles pièces, de grandes cheminées gothiques, mais le tout est d’une architecture simple et privée d’ornements. La maison a souvent abrité les grands dignitaires de l’époque ; des assemblées publiques, pour les élections et les affaires de la Ville, s’y sont fréquemment tenues, et d’illustres voyageurs venaient y chercher un asile qu’on leur faisait payer.




Rue du Breil
Sixième arrondissement, Paroisse de Notre-Dame.
Du quai de la Fosse, 95, à la rue de la Brasserie.

La rue fut dénommée le 27 octobre 1837, en mémoire de Michel Leloup du Breil, maire de Nantes pendant les années 1573 et 1574. Cette vieille famille du comté Nantais a fourni entres autres : Jean Le Loup du Breil, échevin en 1564, Michel Le Loup du Breil, doyen des Maîtres des comptes de Nantes, ci-dessus nommé, Yves Le Loup du Breil, maire de Nantes de 1603 à 1605 et député de notre Ville aux Etats de Rennes en 1603.




Prairie-au-Duc
Quatrième arrondissement. Paroisse de la Madeleine.
Entre les îles Sainte-Anne et du Balagué, l’île Gloriette et le quai de la Fosse.

Les Iles et Prairies formées par les sables de la Loire étaient la propriété des Ducs de Bretagne.

On cite (Arch. dép. G. 250) une maison des Ducs, sise à l’île de Grande-Biesse, et ornée de leurs portraits en forme de médaillons.




Rue du Couëdic
Troisième arrondissement. Paroisse de Saint-Nicolas.
Du quai Brancas à la place Félix-Fournier.

Elle fut ouverte en 1787 et élargie de 1834 à 1841, elle porta le nom de rue Sainte-Catherine, et prit ensuite celui de Charles-Louis, vicomte du Couëdic de Kergoualer, né dans le château de Kerguelenen, commune de Pouldregat (Finistère), le 17 juillet 1740. La gravure a reproduit le haut fait d’armes, la rencontre de sa frégate “ la Surveillante ” avec “ le Quebec ”, frégate anglaise, qu’il fit sauter le 16 octobre 1779, à la hauteur d’Ouessant. Il mourut couvert de blessures en 1780.




Rue Dudrezène ou du Drezen
Sixième arrondissement. Paroisse de Notre-Dame.
De la rue Chaptal à la place Daubenton.

Des pièces de 1841 et années suivantes, semblent indiquer la date de formation de cette voie vers l’année 1837.

On reporte son nom au souvenir de Mlle S.-U Dudrezène, romancière féconde et d’un style facile, originaire de notre Ville.




Rue du Fou
Premier arrondissement. Paroisse de Saint-Félix.
De la place Saint-Félix au boulevard Amiral-Courbet.

Elle fut dénommée le 31 décembre 1836, rappelant la mémoire de François-Marie-Bonaventure du Fou, né à Nantes le 7 novembre 1765, nommé maire par décret impérial du 25 mars 1813. Il abandonna ses fonctions, au retour de Napoléon de l’île d’Elbe, puis les reprit jusqu’en août 1816 ; il mourut le 14 mars 1833 après avoir longtemps dirigé l’importante maison de commerce Jogues et du Fou.




Rue Dugast-Matifeux
Deuxième arrondissement. Paroisse Saint-Clément.
De la rue Saint-Clément à la rue Gambetta.

C’était autrefois l’impasse Saint-Clément, qui devint rue ouverte, en face de l’entrée de la Bibliothèque publique, et à qui on donna en 1899 ce nom, en souvenir des riches collections dont ce généreux donateur a gratifié la Bibliothèque.

On appelle encore impasse Saint-Clément, aujourd’hui, une partie de cette voie demeurée intacte et enfermée par une grille où ne se trouvent, il est vrai, que deux immeubles.

Charles Dugast-Matifeux est né le 23 octobre 1812 au fief de ce nom, près de Montaigu (Vendée). Il descendait d’une ancienne famille du Poitou. Il mourut le 13 avril 1892, quelques jours après avoir fait don à la Ville de Nantes de toutes ses collections personnelles, manuscrits et imprimés, qui furent déposé à la Bibliothèque publique, dont il avait présidé longtemps la Commission de surveillance.

Son buste, qui orne le vestibule de cet établissement, a été inauguré en 1904.




Rue Dugommier
Cinquième arrondissement. Paroisse de Saint-Nicolas.
De la rue La Fayette à la place Newton.

Les demandes d’alignement nous reportent aux environs de 1830 : dans une pièce de 1845, il est parlé d’une dame Bernard chargée du service des malles-postes, habitant le n° 7 de cette rue où sont établies les remises de ce service.

Elle prit son nom, après avoir été la rue du Boulevard, de Jean François-Coquelle Dugommier, né à la Guadeloupe en 1736 et arrivé en France en 1792. Il acquit de suite les plus hauts grades et se distingua dans de nombreux combats, en Espagne principalement, où il mourut atteint par un éclat d’obus, le 17 novembre 1794, à Sierra-Negra.




Quai Duguay-Trouin
Quatrième arrondissement. Paroisse de Sainte-Croix.
De la rue Bon-Secours à la place de la Petite-Hollande.


Construit en même temps que les autres quais et cales de l’île Feydeau, de 1721 à 1730, le quai ne s’étendait pas à l’est au delà de la rue de Clisson, limite du quartier. C’est en 1742 qu’il fut question de le prolonger jusqu’au pont de la Poissonnerie, ce prolongement entraina la disparition du port Giraud, seul point de débarquement existant sur toute la grève de La Saulzaie.

Port Giraud, quai Geslin, quai Rivet, quai Duquesne, quai de la Saulzaie, il devint enfin quai Duguay-Trouin, en souvenir du marin célèbre, né à Saint-Malo le 10 juin 1673, mort à Paris le 27 septembre 1736.




Rue Du Guesclin
Mêmes arrondissement et paroisse.
Du quai précédemment nommé au quai Turenne.

Bertrand du Guesclin, le grand connétable, naquit dans le château de la Motte-Broons, près Rennes, en 1320, et mourut le 13 juillet 1380 devant Cbâteauneuf-de-Randon, en Auvergne.




Ruelle Dumée

Cette ruelle est citée dans un acte de 1841, comme abandonnée au sieur Frendenthaller, en échange de l’indemnité à laquelle il aurait droit pour le recul de deux maisons sises 4 et 6 de la rue Grande-Biesse. Nous n’en savons pas plus. Elle figure sur le plan de 1849.




Place Du Moustier
Deuxième arrondissement. Paroisse de Saint-Pierre.
De la rue Saint-Denis à la rue du Refuge.

Dénommée en 1832, place Notre-Dame et en 1837, place du Moustier, la place, acquise par la Ville en 1828, a fait disparaître une rue Lanoue qui figure dans des actes de 1819. Cette voie est encore citée, en 1828, à propos de l’ouverture d’un marché, pour la vente des châtaignes, près d’un puits, dont le comblement fut l’origine d’inondations dans toutes les caves voisines ; et en 1850, où elle est désignée comme une ruelle infecte, de 13 mètres de long. En 1857, la place, remaniée et abaissée considérablement, suscite de nouvelles réclamations des propriétaires, condamnés à ajouter de nouvelles marches pour l’entrée de leurs maisons. Enfin, en 1871, elle prit l’aspect qu’elle a aujourd’hui et on fit disparaître le petit mur d’enceinte qui fermait une partie de la place.

Elle fut établie sur remplacement de l’ancienne église royale et collégiale de Notre-Dame de Nantes : voir au sujet de cette église la brochure de M. de la Nicollière. L’église Notre-Dame aurait été reconstruite par Alain Barbe-Torte peu après 937, la nef datait du XIVe siècle, époque à laquelle on remania le bas côté nord, le chœur fut reconstruit par le duc Pierre II, la très élégante et haute flèche pyramidale, qui s’apercevait de tous les environs de la cité, fut élevée après la mort du prince et le monument fut consacré en 1476. L’aile sud, élevée par la duchesse Anne, remonte à 1506. Les chapelles furent construites bien après et l’on y travaillait encore en 1745.

Notre-Dame était paroisse depuis le XIIe siècle, l’évêque Daniel Vigier l’érigea en collégiale et constitua son chapitre par acte du 18 mars 1325.

Il s’y trouvait aussi une chapelle dite de Saint-Thomas, élevée en 1514 par Thomas Régis, évêque nommé de Dol, chefcier de la Collégiale, dont les restes disparurent en 1866, et forment aujourd’hui le vestibule d’entrée de l’annexe des Archives, place de l’Oratoire.

Les travaux de démolition commencèrent en 1829 seulement.

Nous signalons des restes de construction encore visibles à l’angle de la Place et de la rue du Refuge, quelques vestiges également dans la cour du n°8 et du n°6 de la rue Ogée, une tourelle très bien conservée, des fenêtres sculptées, qui auraient pu appartenir à une dépendance de cet important monument ; dans une maison voisine, on signale aussi un escalier, qui serait une preuve de constructions importantes autour de l’Eglise disparue.

Le nom qui a été réservé à la place est celui du comte Pierre Dumoustier, né à Saint-Quentin en 1771. Engagé volontaire en 1793, il était général de division en 1811. Le Général était à Nantes au moment des événements de 1830, il fut nommé le 5 août à la place du général Despinoy. Le 25 avril 1831, pendant une tournée aux environs de Beau-préau, il fut renversé de cheval, et se cassa la cuisse, ce qui nécessita une opération dont il mourut le 15 juin suivant.



Rue Dupleix
Sixième arrondissement. Paroisse de Sainte-Anne.
Du boulevard Saint-Aignan à la rue de l’Hermitage.

Cette grande voie, ouverte en 1899, et qui n’est pas encore terminée, a coupé en maints tronçons plusieurs petites rues que nous citerons. Joseph-Marquis Dupleix, naquit dans les dernières années du XVIIe siècle. Gouverneur des Etablissements français dans l’Inde, il y déploya un génie supérieur et chercha à fonder une compagnie puissante, dont il lassa la bonne volonté par ses entreprises aventureuses. Rappelé en France en 1754, il mourut dans la misère 9 ans après.




Cour Jules-Dupré
Deuxième arrondissement. Paroisse de Saint-Clément.

La rue, fermée d’isolement, qui longe le nouveau Musée et présentement non livrée à la circulation publique, reçut en 1899 le nom du peintre paysagiste, Jules Dupré, né à Nantes le 5 avril 1811, mort à l’Isle Adam le 6 octobre 1899.




Quai Duquesne
Troisième arrondissement. Paroisse de Saint-Pierre.
De la place des Petits-Murs au quai du Marais.

A propos d’une mise en vente de terrains appartenant à la Ville, en 1832, un sieur Revial oppose des droits de propriété résultant, dit-il, de la vente de ses biens, comme domaine national, le 15 ventôse, an III. Nous en parlons, parce qu’il est question de l’hôtel du Cheval-Blanc, dont nous avons eu l’occasion de dire quelques mots à la rue de ce nom. Or, en 1842, l’architecte de la Ville est chargé d’une enquête sur ces droits de propriété, et la dame Revial, qui avait retrouvé ses titres dont un remonte à 1686, peut établir ses droits sur cet hôtel, qui avait toujours été une hôtellerie avec Jeu de Paume. Sur cet acte de 1831, pour un repéré du terrain en discussion, l’architecte dit s’être transporté « quai du Petit-Mercier ? » La ville finit par obtenir gain de cause en 1845, dans ce procès.

Le quai porta le nom de quai Helvétius, de quai du Marais et enfin celui du marin renommé qui naquit à Dieppe en 1610 et mourut en 1688 à Paris.




Cour Duval
Sixième arrondissement. Paroisse de Saint-Anne.
Ruelle des Grands-Jardins.

Une pérégrination à proposer à un membre du Club Alpin, ce serait de parcourir toutes ces cours ou simulacres de cours, d’escalader les pointes de rochers qui parfois barrent les ruelles, les amorces des voies nouvelles remplaçant les anciennes : il en est encore temps, quoique les démolitions avancent vite.

La cour figure dans la nomenclature de 1818, et nous la retrouvons dans les actes postérieurs, mais elle est reconnue ne pas faire partie des voies publiques.




Rue Maurice-Duval
Deuxième arrondissement. Paroisse de Saint-Pierre.
De la place de la Préfecture à celle du Port-Communeau.

On y voit, des 1515, les religieuses dites Cordelières de Sainte-Elisabeth. A ce moment elle portait le nom de rue des Caves, nom qui proviendrait de ce que le chemin situé au pied de la butte près des marais de l’Erdre, et qui était bordé de pauvres maisons, se trouvait beaucoup plus bas que les terrains du bastion Saint-André.

La rue, autrefois, se composait de deux parties, l’une allant de l’église Saint-Léonard au Port Communeau et l’autre du Port Communeau à la Chambre des Comptes. A la première partie reviendrait le nom de rue des Caves ou Saint-Léonard et à la seconde ceux de petite rue des Caves, rue de la Chambre des Comptes, rue Cochin, et enfin, en 1857, rue Maurice-Duval, du nom du Préfet qui, nommé en 1832, fut révoqué en 1840. Cette rue devait être bien étroite, car dans une lettre de 1823, on se plaint que deux charrettes ne peuvent s’y rencontrer sans endommager les murs des maisons et les habitants demandent l’autorisation d’y placer des bornes.

A l’angle de cette rue et de celle des Pénitentes, il y avait une maison ancienne qui fut vendue en 1873, et qui était autrefois connue sous le nom d’Hôtel du Bon Tuteur.




Rue Duvoisin
Troisième arrondissement. Paroisse de Saint-Nicolas.
De la rue de Feltre à la place Saint-Nicolas.

Ce serait plutôt un passage, mais, tel quel, on le décore du nom de rue, et, en 1856, il reçut le nom de Jean-Baptiste Duvoisin, Evéque de Nantes, qui sut attirer sur lui l’attention de Napoléon en 1801. Le prélat était né à Langres le 19 octobre 1741 et mourut en notre Ville le 8 juillet 1813. On lui doit plusieurs ouvrages qui avaient surtout pour but de défendre la Religion contre les philosophes du temps.

Comme beaucoup de voies du quartier, la rue a aussi porté le nom d’Echelle-Saint-Nicolas.




Rue des Ecachoirs
Deuxième arrondissement. Paroisse de Saint-Donatien.
De la rue du Coudray à la rue Carnot.

Très peu de renseignements sur cette voie établie sur des tenues ou des jardins. Le nom pourrait provenir du genre d’industrie pratiqué en cet endroit. Or on dit communément écacher le raisin au lieu d’écraser, et comme tout le quartier se composait de vignes, il y aurait quelque raison d’en faire provenir le nom.

Nous y relevons les actes, en 1879, de l’élargissement de la rue pour le passage des troupes allant de la Mitrie au champ de manœuvres, en 1881 des travaux pour la construction de la caserne.

Le chemin des Ecachoirs allait de la rivière à la rue de ce nom qui, elle, reliait l’ancien bas chemin du Coudray au chemin de Clermont, enveloppant le terrain où se sont établies les Carmélites.




Rue de l’Echappée
Quatrième arrondissement. Paroisse de la Madeleine.
De la rue Petite-Biesse à la prairie Batagué.

En 1845, les propriétaires du chemin de Bois-Jolly (voir à ce nom), dont l’entrée comprend la moitié de la largeur de la rue de l’Echappée, déclarent abandonner à la Ville leurs droits de propriété sur cette portion de rue. Au moment des crues, il leur fallait traverser les cours de la communauté de Beauséjour, celle-ci réclame qu’on mette la rue en état de viabilité pour se soustraire à cette servitude.

La rue, qui avait été appelée Frimaire, prit son nom actuel le 6 août 1816, mais nous n’en saisissons pas l’explication.




Rue de l’Echelle
Troisième arrondissement. Paroisse de Saint-Nicolas.
De la place Royale à la place du Bon-Pasteur.

Ainsi nommée à cause des escaliers qui y donnaient accès dans la partie haute, elle fut aussi inscrite sous les noms de rue Bouchardon et de rue Saint-Julien.




Rue de l’Ecluse
Troisième arrondissement. Paroisse de Saint-Pierre.
De la place du même nom à la rue du Moulin.

La rue est ancienne, tout au moins dans la partie, ancienne petite rue des Carmes, qui lui fut ajoutée en 1899, et qui s’était appelée rue des Trois-Croissants, nom qu’elle avait emprunté à l’hôtellerie appartenant à l’Abbé de Geneston, située au coin ouest de la petite rue Notre-Dame débouchant dans la petite rue des Carmes (c’est-à-dire de la rue de l’Ecluse et Bossuet actuelles), puis ensuite rue Milton ; signalons, en passant, une pièce de 1834, dans laquelle nous lisons que la Ville fit installer un urinal, « son intention étant de faire établir sur divers points de cette Ville des bailles à uriner destinés au service public ».




Place de l’Ecluse
Mêmes arrondissement et Paroisse.
Du pont de l’Ecluse à la rue du même nom.

Le plan en fut établi en 1830, comme pour le commencement de la rue allant jusqu’à la rue Saint-Léonard, et on lui donna son nom en 1837. Auparavant, on disait place du Petit-Marais.




Pont de l’Ecluse
Troisième arrondissement. Paroisses Saint-Pierre et Saint-Nicolas.
De la rue de Feltre à la place de l’Ecluse.

La première pierre de l’écluse de l’Erdre fut posée le 25 juin 1828 par Mme la Duchesse de Berry, ce qui explique le nom de pont Madame que le pont porta un instant, avant celui qui lui fut attribué le 27 septembre 1830. En 1886 on refit le tablier.




Passage des Ecoles
Cinquième arrondissement. Paroisse Saint-Nicolas.
De la rue Scribe et de la rue Lekain à la rue du Chapeau-Rouge.

Ce passage se subdivise en trois sections qui ont porté un nom différent ; on avait d’abord choisi la dénomination de passage Raymond, du nom d’un architecte qui avait présidé à son établissement, puis plus tard on le désigna sous le nom de passage des Ecoles, pour rappeler l’établissement libre, dit Ecole des Apprentis de la Société Industrielle, créé en 1830 ; une des sections fut appelée passage Crucy. C’est une voie demeurée privée.




Rue Ecorchard
Deuxième arrondissement. Paroisse de Saint-Clément.
Du boulevard Sébastopol à la rue Stanislas-Baudry, le long du Jardin des Plantes.

On décide, en 1901, de donner ce nom en souvenir de M. le docteur Jean-Marie Ecorchard, né en 1809 à Lohéac, et mort à Nantes, le 17 décembre 1882. C’est à lui que l’on doit le Jardin des Plantes tel que nous l’admirons aujourd’hui ; son buste y fut inauguré le 4 juin 1893 (lire aussi rue du Jardin des Plantes).




Place de l’Edit-de-Nantes
Sixième arrondissement. Paroisse de Notre-Dame.
Entre les rues de Gigant, Rosière et Bonne-Louise.

On l’appelait autrefois Carrefour de la Croix des Gastineaux, elle était garnie d’olivettes qui ne disparurent qu’en 1841. Nous trouvons une correspondance qui fixe à 1832 l’ouverture des projets de la place ; le 27 octobre 1837, on la dénomma place de Gigant, puis plus tard du nom de l’Edit qui, en 1598, accordait aux calvinistes la liberté de conscience, l’exercice de leur culte et leur admission aux charges et fonctions publiques, et qui fut révoqué par Louis XIV en 1685.

On cite un Joseph de la Haie, seigneur des Gàtineaux. (Arch. dép. G. 22, 1572-1788). Sur cette place s’élève le Temple des Protestants, monument d’une architecture bizarre, lourde, et qui fut critiquée dès le début de sa construction.

Après s’être réunis tout d’abord, à la Fruitière, en Saint-Donatien, au Marchix, à Barbin dans un modeste pressoir, à Richebourg au lieu dit Beauregard, sur les bords de l’Erdre à Sucé, les protestants profitèrent de l’élévation de leur église au rang de consistoriale, 31 octobre 1804, pour solliciter un local plus convenable. Une commission fut nommée, et, de concert avec la Municipalité, on choisit l’ancienne chapelle des Carmélites, tombée en la possession de M. Marion, qui consentit à en faire la cession.

Dès 1845, on agite la question d’un nouveau transfert, et en 1850 la commission élue fixait son choix sur l’emplacement actuel, après avoir d’abord pensé à la rue Rosière. Le 18 août 1852 le terrain est acheté ; le 8 décembre les travaux, confiés à la direction de M. Driollet, architecte, sont adjugés ; et le 29 juin 1853 on pose solennellement la première pierre de l’édifice, dont la dédicace fut célébrée le 25 mars 1855.

La grille fut placée l’année suivante. La dépense globale s’est élevée à 145.195 francs.




Rue Emery ou de Lemery
Troisième arrondissement. Paroisse de Saint-Pierre.
De la place des Jacobins à la rue du Port-Maillard.

On l’a dénommée rue des Jacobins, rue Basse-des-Jacobins, rue Montebello, rue Basse-du-Port-Maillard.

A titre de simple indication, nous citerons Nicolas Lémery, chimiste français, qui vécut de 1645 à 1715.

A signaler aux numéros 2 et 8 de cette rue des restes d’architecture du XVe et du XVIe siècle, et des balcons Louis XV. Au n° 9 il y a une cour, dite Héry.




Rue de l’Evéque-Emilien
Deuxième arrondissement. Paroisse de Saint-Donatien.
De la rue de Paris à la place des Enfants-Nantais.

C’est le nom d’Emilien, évêque de Nantes, vers 725. L’arrêté qui le lui attribue est du 17 septembre 1874, en remplacement de celui de Petite rue Saint-Donatien, qu’elle portait précédemment.



Place des Enfants-Nantais
Deuxième arrondissement. Paroisse Saint-Donatien.
De la rue Guillet de la Brosse à la rue Saint-Donatien.

Un projet sur l’établissement de cette place remonte à 1828, mais il faut aller jusqu’en 1874 pour rencontrer des travaux sérieux de nivellement et d’alignement. C’est aussi à cette époque que la place, qui avant était ou le Carrois ou place Carrois, voire même place Saint-Donatien, prend son nom définitif. D’une demande du Conseil de Fabrique à cette date, nous apprenons que son sol a été gratuitement fourni à la Ville par le Conseil, ce qui décide la Municipalité à accéder au désir de faire avancer de 5m50 sur la place la façade du monument.

La Basilique des S. S. Donatien et Rogatien, édifice roman établi sur les débris d’une villa Romaine, fut plusieurs fois reconstruite, en 1739, en 1778 entr’autres, soit en totalité, soit en parties. En 1793, les quatre cloches furent brisées et fondues, l’Eglise transformée en hôpital, puis détruite l’année suivante, sauf la façade et le clocher. Les ruines furent rachetées en 1796 par des personnes pieuses, et rendues au culte, et en 1804, on reconstruisit une église neuve. La basilique actuelle fut commencée en 1873 et ouverte au Culte le 9 décembre 1878, à la suite d’un vœu formulé par Mgr Fournier, évêque de Nantes, en 1870. Le curé de la basilique Saint-Donatien a eu la pensée de réunir sur la façade de sa majestueuse église romane les dix personnages qui se rattachent le plus directement au culte des S. S. Donatien et Rogatien. Ce sont : l’évêque Nonnechius, évêque de Nantes en 464, mort en 475, qui fut enseveli au pied du sépulcre des saints ; Carmundus, évêque en 475, mort en 492 et enterré au même endroit ; Landranus qui était évêque en 889 et mourut en 896 ; Fulcherius, son successeur, mort en 906 ; puis les évêques Fournier et Lecoq, les rois Charlemagne et Eudes, le duc Jean III et le chef militaire Marc Chillon.

Dans le cimetière, un peu au sud, existe encore la chapelle Saint-Etienne qui parait remonter au VIe siècle, bâtiment rectangulaire, en petit appareil avec chaînes de briques, récemment restauré par M. Ferronnière, architecte, et M. Rivet, entrepreneur.




Rue des Enfants-Nantais
Mêmes arrondissement et Paroisse.
De la rue Saint-Donatien à la rue du Coudray.

Nous saluerons d’un souvenir cette rue, englobée par le boulevard Desaix, et qui avait été ouverte dans la tenue du Chêne creux, dénommée d’abord rue du Carois, petit chemin du Coudray, puis inscrite sous son dernier nom par différents arrêtés du 12 avril 1859, du 18 août 1874 et du 23 octobre 1891.




Cour des Bons-Enfants
Au fond de l’immeuble n° 10, quai Ernest-Renaud.




Rue d’Enfer
Troisième arrondissement. Paroisse de Saint-Pierre.
De la rue du Port-Communeau à la rue Garde-Dieu.

La rue porte les noms, au XVIIe siècle, de rue Dieudonné (nous supposons que le nom actuel lui aura été donné par antithèse), et de rue J.-B.-Rousseau.

Il y avait une maison de ce nom, puisqu’on dit « Jeu de Paume de la maison d’Enfer ». Cette maison est citée par Mellinet, qui la dit habitée par Isaac Caron, maitre apothicaire.




Ruelle du quai d’Enfer
Quatrième arrondissement. Paroisse de la Madeleine.
De la rue Petite-Biesse à la Boire en aval du Pont Toussaint.

C’est une voie privée dont nous n’avons pas trouvé l’explication.

Pénétrez par les allées des immeubles 6, 10 ou 16 de la rue Petite-Biesse, et, après quelques nombreux détours, surtout si vous avez pris soin de vous munir de hautes bottes et d’éviter les enlisements, vous vous retrouverez sur le bord de l’eau, près le pont de Toussaint.

Cette surprise nous a été ménagée, quand nous étions à la recherche de cette ruelle, qui existe bien, et qui possède une plaque dénotant son nom, mais que les habitants eux-mêmes ne savaient pas se nommer ainsi.

C’est un voyage que nous recommandons aux intrépides qui recherchent de l’inconnu.




Avenue de l’Eperonnière
Deuxième arrondissement. Paroisse de Saint-Donatien.
De la rue de Paris à la rue des Chalâtres.

Il y avait, à Saint-Donatien, une chapelle de Saint-Jean, dite Saint-Jean de Lesperonnière, dont jouissait au XVe siècle la famille Chauvin de Léperonnière. Le château de Léperonnière est aujourd’hui la communauté des Dames du Sacré-Cœur ; ce château était en 1594 la propriété du Duc de Mercœur. Le 4 février 1794, l’Eperonnière fut le théâtre de tristes événements, dont on trouve le récit dans « la Justice révolutionnaire à Nantes, par M. Alfred Lallié ».



Chemin de l’Eperonnière
Mêmes arrondissement et paroisse.
De la rue de Coulmiers au Chemin de la Mitrie.

Les Dames du Sacré-Cœur abandonnent, en 1808, 526m87 de leur terrain pour l’élargissement de la rue.




Rue d’Erdre
Troisième arrondissement. Paroisse de Saint-Pierre.
Du quai Penthièvre au quai du Marais.

La rue fut un instant dénommée rue du Marais, et quitta ce nom pour reprendre le premier. D’une pétition des habitants du 22 prairial, an XIII, il appert « que la rue est un cloaque infect et qu’il est temps de commencer l’exécution des travaux promis dans ce quartier le 20 février 1793.




Pont d’Erdre
Troisième arrondissement. Paroisses de Saint-Nicolas et de Sainte-Croix.
Du quai Flesselles au quai Brancas.

Il y avait, à l’embouchure de l’Erdre, deux tours polygonales différentes de forme et de grosseur, qui la défendaient, c’étaient la Tour Sainte-Catherine et la Tour du Râteau (le râteau de l’Erdre) ; elles avaient été construites en 1472 et furent démolies vers 1760. 17 ventôse an V. Procès-verbal d’adjudication d’une « petite maison menaçant ruine sur le Pont d’Erdre ».

21 Prairial an XI, on décide la construction d’un pont en pierre. A la suite de difficultés, les adjudicataires résilient le marché, et on établit une passerelle en bois et en 1840 on la remplaça par un pont en fer.

Le pont s’est appelé pont d’Erdre sud, pont Sainte-Catherine, puis de son nom actuel.




Quai d’Erdre
Troisième arrondissement. Paroisse de Saint-Pierre.
Du quai Duquesne à la place du Port-Communeau.

Ce nom fut donné, le 23 mars 1898, au quai qui a toujours laissé un peu à désirer au point de vue de l’hygiène, car nous en trouvons trace en plusieurs circonstances. II s’appela quai du Marais, quai Boffrand, quai du Marais encore.




Rue d’Erlon
Premier arrondissement. Paroisse de Saint-Similien.
De la rue du Marchix à la rue Faustin-Hélie.

La rue fut dénommée, par arrêté du 31 décembre 1856, en mémoire du lieutenant-général Drouet d’Erlon, qui commanda la division militaire en notre Ville. On l’avait appelée rue du Palais-de-Justice.




Rue d’Espagne
Deuxième arrondissement. Paroisse de Saint-Donatien.
Du bas chemin de Saint-Donatien à la place des Enfants-Nantais.

Elle porta d’abord le nom Le Carois, et reçut son dernier nom par arrêté du 23 octobre 1891 .

On rencontre une tenue et une maison de ce nom (Arch. dép. G. 20, 1456-1772). « Le duc de Mercœur, qui était un des chefs de la Ligue, dit M. l’abbé Delanoue, dans son ouvrage sur SS. Donatien et Rogatien de Nantes, était soutenu par les Espagnols, dont un grand nombre s’établirent près de l’Eperonnière, notamment dans la tenue dite des Espagnols, aujourd’hui rue d’Espagne.

On peut rappeler ce fait, pour expliquer le nom.




Rue Esnoul-des-Chatelets
Quatrième arrondissement. Paroisse de Saint-Jacques.
De la rue Dos-d’Ane à la rue Saint-Jacques.

Nous trouvons, 1845-1846, une proposition de M. Esnoul des Chatelets d’ouvrir sur sa propriété une voie publique, l’acte de donation est du 10 février 1847. En 1859, le même propose de lui donner un nom (elle avait été dénommée du sien jusqu’à cette date), et offre celui de Marignan, en souvenir de la victoire remportée en 1515 par François Ier, la fameuse bataille des géants. Et elle conserva cette dénomination jusqu’en 1905 où il est décidé de revenir au premier nom. Or, la voie est presque démunie d’habitants et doit être soumise à un travail nouveau qui en fera une rue véritable.

Au milieu de la rue s’élevait un curieux logis avec tours ; du côté de la rue Saint-Jacques, on voit encore une maison en triste état, ornée de fenêtres en ogives sculptées et fleuronnées, une porte cintrée, que l’on peut attribuer au XVIe siècle.




Cour des Essauts
Quatrième arrondissement. Paroisse de Saint-Jacques.
Rue Saint-Jacques, n° 13.

La cour fut dénommée, le 31 décembre 1856, du nom d’une maison qui existe à l’extrémité, du côté de la côte Saint-Sébastien.




Rue des Etats
Troisième arrondissement. Paroisse de Saint-Pierre.
De la rue du Château au quai du Port-Maillard.

Prend son nom des Etats de Bretagne qui se sont tenus, en 1651 dans la grande salle des Jacobins, s’est un instant appelée rue Simonneau, puis a repris son premier nom.

De 1757 a 1787, nous rencontrons des plaintes très vives sur le danger qu’offre cette rue « dont l’effet est le plus mauvais, dangereux, en laissant aux malfaiteurs un endroit où ils peuvent se cacher pour y attenter à la vie ou à la bourse des passants, qui enfin laisserait à des hommes malhonnêtes la liberté de se montrer aux yeux du sexe dans des postures indécentes… »

Dans une autre requête, non datée, et munie de 93 signatures, il est encore dit : « Supplient humblement les soussignés, Délibérans de la paroisse Sainte-Radegonde et autres notables et citoyens de cette Ville. Disant qu’ils ont des actions de grâce à vous rendre pour la communication sollicitée par plusieurs de vos citoyens qui va rendre ce fauxbourg intéressant et favorisera le commerce.

» Mais ils doivent vous faire remarquer. Messieurs, que ce beau projet, conçu dans les vues de l’utilité publique, deviendra inutile s’il n’est porté à sa perfection, puisqu’il faudra l’intercepter par des olivettes ou, si on le laisse subsister tel qu’il est, sera sûrement l’occasion de malheurs journaliers. Vous n’ignorez pas que cette nouvelle rue est angustrée dans beaucoup d’endroits, que vis-à-vis de la sacristie de Sainte- Radegonde et maison y joignante il y a à peine la voye d’une seule voiture, etc. »

Cette supplique donne un aperçu de ce que pouvait être alors la rue.




Rue de l’Evéché
Deuxième arrondissement. Paroisse de Saint-Pierre.
De la place Saint-Pierre à la place Louis XVI.

Le côté nord de la rue de la porte Saint-Pierre, aujourd’hui rue de l’Evêché (elle a été aussi nommée rue Cérutti, du nom d’un Jésuite), était autrefois occupé par les écuries de l’Evêché, la Conciergerie, la cour, le jardin et l’auditoire des Regaires. Le jardin joignait le mur de ville sur une longueur de 245 pieds, dit M. Bizeul.

En 1763, il est question d’ouvrir une rue qui correspondra à celle de Saint-Clément, pour entrer en Ville. Un compromis est signé entre l’Evêque et la Ville. Les travaux se prolongèrent de 1783 à 1791, et nous voyons disparaître toutes les dépendances qui avançaient sur la rue à ses deux extrémités.

Bien longtemps après, un reste de construction, qui a abrité le poste militaire pendant nombre d’années, a également disparu, et l’on nous fait espérer dans un avenir plus ou moins prochain la mise en état de ce qui fut autrefois la porte Saint-Pierre.

La petite paroisse de Saint-Jean, en Saint-Pierre, qui ne comprenait guère que cette rue, avait eu, à l’origine. un édifice séparé et un cimetière, contigus à la cathédrale, du côté nord, et cités en 1424. L’église existait encore en 1609, et c’est au commencement du XVIIe siècle que le Recteur de Saint-Jean prend le nom de recteur de Saint-Jean en Saint-Pierre. Vers cette époque, l’église de Saint-Jean ayant été détruite, la paroisse de ce nom fut desservie dans une chapelle de la Cathédrale, dite de Saint-Jean-Baptiste située dans le bas côté nord, immédiatement avant le transept.

En 1790, la paroisse fut supprimée.



Rue Fabert
Sixième arrondissement. Paroisse de Notre-Dame.
De la rue Chevert à la rue Guichen.

Rue Balan, autrefois, elle devint rue Fabert, empruntant son nom à Fabert Abraham, maréchal de France, né à Metz le 11 octobre 1599, mort à Sedan le 17 mai 1662.




Rue de la Faïencerie
Quatrième arrondissement. Paroisse de Sainte-Croix.
De la Chaussée de la Madeleine, n° 24, au quai Moncousu.

Prend son nom d’une manufacture de porcelaine et.de faïence (la maison de Rivas). Le terrain de la rue, qui à ce moment est désignée rue Numa, est l’objet d’une discussion entre le propriétaire Orillard et la Ville, 29 janvier 1824. Et ce n’est que le 11 février 1847 qu’il est sérieusement parlé de l’abandon définitif du sol et du classement de la rue.




Impasse de la Faïencerie
Mêmes arrondissement et paroisse.
De la rue du même nom au quai Moncousu.

Nous y trouvons une cour, dite cour Bataille, sur laquelle les renseignements nous manquent.

Celle impasse se prolonge à travers la rue précédente jusqu’à l’extrémité de la cour privée dépendant du n°22 de la Chaussée de la Madeleine.




Rue Falconnet
Cinquième arrondissement. Paroisse de Notre-Dame.
Du quai de la Fosse, 34, à la rue des Trois Matelots.

Dans le récit humoristique d’une excursion à la cour Richard (nous avons aussi lu « Cour des Richards » sur un acte de l’Etat-Civil), M. l’abbé Durville nous dit qu’on peut y parvenir par la rue Falconnet, désignée au XVIIIe siècle par ces mots : « Venelle qui conduit à la cour des Richards ». C’était un ténement, dit un document du 18 mars 1700, qui la fait voisine du Jardin du Gast Denier, au Nord et au Nord-Est de la cour. Il y avait le Grand et le Petit Gast Denier, limités à l’orient par la venelle du même nom, conduisant de la Fosse au Bois de la Touche, et l’immeuble dont il est question devait être le Grand Gast Denier. Tout ce coteau de la Loire était couvert de vignes (on trouve un peu plus loin la rue des Vignes) et la venelle des Gast Denier serait devenue la rue des Cadeniers. En 1850, deux propriétaires de cette rue demandent à clore à leurs frais les deux extrémités de cette petite ruelle « déserte et abandonnée ».

Le statuaire Falconnet Etienne-Maurice, né à Paris en 1716, mort en 1791 a donné son nom à la rue ; pour qui l’honneur ? Ce nom a remplacé celui de Montaudouin.




Rue Félix-Faure
Premier arrondissement. Paroisse de Saint-Similien.
De l’ancien Poste de Vannes au boulevard Lelasseur.

C’est l’ancien petit boulevard Lelasseur, ouvert par le propriétaire du château de la Sauzinière, et à qui on donna dernièrement le nom de Félix-Faure, né à Paris, le 30 janvier 1841, élu Président de la République le 17 janvier 1895 et mort soudainement dans la soirée du 16 février 1899.




Quai Ferdinand-Favre
Quatrième arrondissement. Paroisse de Sainte-Croix.
Du pont de la Rotonde au quai Magellan.

Dénommé le 18 août 1874, en mémoire de Ferdinand-Abraham Favre, négociant manufacturier, né à Couvet, canton de Neufchâtel le 22 février 1779, nommé Maire de Nantes le 9 février 1832 ; cinq autres fois il fut appelé à cette charge, quand arriva la Révolution de 1848. Révoqué, il fut de nouveau appelé à ces hautes fonctions le 30 décembre 1851, et demeura à la tête de l’Administration jusqu’au 30 janvier 1866. Il mourut le 16 juillet de l’année suivante à Paris.




Rue Félibien
Premier et cinquième arrondissements. Paroisse de Saint-Similien.
De la place Viarme à la place Charles-Monselet.

Le chemin du même nom, dont nous trouvons la trace en l’an VI, donne lieu en 1821 à un projet de rue. Il s’y trouvait une filature de coton, et la rue, du reste, était surtout habitée par des tisserands, d’après un acte de 1830, mais dans un bien triste état de viabilité, puisque en 1832, il est dit « que la mort d’un habitant peut être attribuée aux émanations de l’eau qui y croupissait ». C’est à partir de 1840 qu’on s’occupe de l’élargir, de la niveler, et en 1850 de la paver. Il est fait mention de la Tenue de la Magourie.

Elle s’appela Saint-Yves et, aussi, parait-il, le Cordon-Rouge (?), puis reçut son nom de Félibien André, né à Chartre en 1619, mort à Paris en 1695. Secrétaire d’Ambassade, Contrôleur Général des Ponts et Chaussées, Membre de l’Académie de Peinture, il a laissé plusieurs ouvrages de peinture. Seulement est-ce lui, car il y a plusieurs personnages du même nom, et entre autres Dom Félibien, de la Congrégation de Saint-Maur, qui avait commencé une Histoire de Paris, terminée par son confrère Dom Lobineau.




Passage Félibien
Cinquième arrondissement. Paroisse Saint-Similien.
De la rue Félibien, n° 80, au chemin de Miséricorde.

Il fut ouvert vers 1868, par M. Gambonnet dans une tenue appelée le Champ Corbin, et était fermé aux deux extrémités par une grille ; le propriétaire offre, en 1882, d’en faire l’abandon à la Ville, pourvu qu’on lui laisse les grilles et les piliers.

Il est encore voie privée.



Rue Fellonneau
Premier arrondissement. Paroisse de Saint-Félix.
De la rue Félix-Thomas au boulevard Amiral-Courbet.

La rue fut terminée le 31 décembre 1856, et son nom rappelle la mémoire de François de Salles Godefroy Fellonneau, né le 16 avril 1744 à Nantes. Avocat du Roi au siège Présidial de cette Ville, Echevin, Sous-Maire, il devint Maire le 30 messidor, an VII, et mourut le 10 germinal, an IX (31 mars 1801). Ses funérailles eurent lieu aux frais de la Mairie, au cimetière de la Bouteillerie.




Rue de Feltre
Troisième arrondissement. Paroisse de Saint-Nicolas.
Du pont de l’Ecluse à la place du Bon-Pasteur.

Tout un quartier, dont il a beaucoup été parlé, le quartier de l’Erail, ou le grand et le petit Erail, ou encore les Eraux, ou l’Ero et Léraud, occupait l’espace entre l’Eglise Saint-Nicolas, la rue Contrescarpe et le cours de l’Erdre. Nous le trouvons dessiné sur deux plans manuscrits de 1823, qui nous permettent de suivre les diverses opérations de voirie rencontrées dans le dossier se rapportant à notre rue : c’est la place telle qu’elle existait avant la reconstruction de l’Eglise, avec la rue et la cour du Grand-Erail ; c’est l’ancien cimetière Saint-Nicolas, sur le sol de la rue de Feltre, à peu près vis-à-vis la nouvelle halle construite ; c’est encore, plus bas de l’autre côté de l’eau, la cour des Messageries, un peu à gauche à l’entrée de la rue de l’Ecluse. En 1827, dans une désignation de terrain vendu, on parle de l’exploitation du Rocher du Grand Erail. Nous savons, en effet, que l’Erail était enfermé d’un côté par les murs des fortifications, et de l’autre par le Rocher et les maisons de la rue de la Boucherie, au bas de laquelle était la seule ruelle qui y conduisait. C’étaient de misérables logements insalubres, des écuries, des caves servant d’abattoir aux bouchers, en un mot un quartier peu connu d’une partie des habitants.

De 1820 à 1830, se poursuivirent les travaux qui transformèrent ce quartier ; en 1820, plans et devis de la Halle aux toiles qui fut commencée le 7 octobre 1823, et le 31 décembre on adjugea les travaux du marché couvert, dont les affreux vestiges ne disparurent qu’en 1903 ; en 1827, on poursuit l’achat des maisons pour remplacement de la nouvelle Eglise, ceux-là durèrent jusqu’en 1844. La rue en somme ne fut livrée qu’en 1835, après la pose du pont de fer.

En 1824, on descendait encore de la place du Bon-Pasteur à la rue de l’Arche-Sèche par un escalier ouvert dans l’ancien mur de la rue Contrescarpe, escalier dont les marches étaient en pierre d’ardoise, et très mal entretenu. Ce petit bout de rue a porté le nom de rue Régulus, puis celui de la Glacière.

Notre rue, du reste, a porté également plusieurs appellations : rue Régulus, rue Charlier, rue de la Glacière ; celle d’aujourd’hui rappelle la mémoire de Edgard Clarke, duc de Feltre, né à Neuviller, près Saverne, le 21 novembre 1799, mort à Paris, le 29 mars 1852. Il était le fils du maréchal de ce nom, grand amateur de peinture. Sa collection devint à sa mort la propriété du Musée des Tableaux de la Ville.




Pont de Feltre
Mêmes arrondissement et Paroisse.
Rue de Feltre, au-dessus de l’Arche-Sèche.

Autrefois pont de l’Erail.




Rue Fénelon
Troisième arrondissement. Paroisse de Saint-Pierre.
De la rue Saint-Vincent à la rue de la Commune.

On disait autrefois rue des Saintes-Claires, en souvenir de la maison des Clarisses, de la réforme de Sainte-Colette, établies à Nantes, en 1456, par Françoise d’Amboise dans l’hôtel de Rochefort. En 1792, on les dispersa et l’année suivante leur couvent devenait une prison fermée ; puis l’enclos fut morcelé et les derniers restes disparurent en 1798.

Plusieurs maisons y sont remarquées. Au n° 1 celle occupée par la comtesse de Chateaubriand et par le brave marin Barrin de la Galissonnière, datant de 1699 ; le n° 3, dont on admire la jolie tourelle, aurait été occupé par la belle Gabrielle d’Estrées en 1598, celle que les Nantais appelaient « la belle aux cheveux blonds ».

Aujourd’hui, la rue porte le même nom depuis la Révolution, en mémoire de François de Salignac, de Lamothe Fénelon, né au château de Fénelon en Quercy, en 1651, nommé Précepteur du Duc de Bourgogne, petit-fils de Louis XIV, et quelques années après archevêque de Cambrai où il mourut en 1715.

Au n° 4, il y a une cour avec de nombreux locataires.




Ile Feydeau
Quatrième arrondissement. Paroisse de Sainte-Croix.

Quatre ponts, celui de la Bourse et le pont Maudit d’une part, le pont de la Poisonnerie et celui de la Belle-Croix d’autre part, donnent accès dans l’Ile qu’on dénommait autrefois Grève de la Saulzaie, et dont l’appellation actuelle est destinée à rappeler le souvenir de Feydeau de Brou, nommé le 20 février 1716, intendant de Bretagne, en remplacement de Ferrand.

L’île de la Saulzaie avait été entourée de remparts au XVe siècle, et la porte de la Saulzaie ou de Bon-Secours en défendait l’accès du côté du Poitou ; cette porte, reconstruite eu 1611, fut démolie au milieu du XVIIIe siècle.

Le projet de consolider la grève qui s’étendait en aval de l’île et d’y créer ce quartier qui porte le nom d’île Feydeau, date de 1721, les travaux des quais commencèrent en 1724. De 1732 à 1760, dit Mellinet, deux maisons seulement y avaient été construites et plus de vingt années s’écoulèrent avant que d’autres constructions s’y élevassent. Les acquéreurs de terrains, découragés par les difficultés qu’avaient rencontrées les premiers propriétaires pour l’établissement de pilotis dans un sol où l’on ne pouvait arriver au solide qu’à 25 ou 30 pieds de profondeur, n’osaient se lancer dans des dépenses si élevées. Heureusement, un nouveau procédé pour bâtir fut essayé avec succès et dès lors l’île ne tarda pas à être achevée. On y voit plusieurs maisons remarquables par la variété et la richesse de leurs sculptures, entre autres le n° 3, en face le marché de la Petite Hollande, qui fut habité par Carrier.




Rue de Flandres
Cinquième arrondissement. Paroisse de Notre-Dame.
Du quai de la Fosse, 64, à la rue Voltaire.

La rue était projetée tout à fait à la fin du XVIIIe siècle, et ne fut ouverte que quelques années après, les travaux se prolongèrent jusqu’en 1840. Une pièce récente, de 1856, relative à un différend entre une dame veuve Etienne et la Ville pour la propriété d’un terrain, nous indique que la dite propriétaire présenta des titres de vente et de partage de 1742, et un aveu rendu à l’Evêque de Nantes, le 23 avril 1762, où l’on parle que l’immeuble en question, sis au bas de la Fosse, s’appelait autrefois « La Perrière ». Au bas de la rue de Flandres, nous avons rencontré le signalement d’une « Rue de la Rangrège », également mentionnée sur un des dessins de M. Petit.




Rue Fléchier
Troisième arrondissement. Paroisse de Saint-Pierre.
De la petite rue Saint-Vincent à la rue Fénelon.

Le nom fut donné en 1901 à la petite rue Fénelon qui, elle aussi, s’était dénommée terrain des Saintes-Claires. Evêque et orateur sacré ; Fléchier Esprit est né en 1632 à Pernes, dans le Comtat d’Avignon et meurt en 1710. Rappelons, pour mémoire, que cet orateur qui n’était pas encore revêtu de l’Episcopat (il fut nommé à l’évêché de Lavaur à la suite de sa mission), fut choisi en 1685 pour venir prêcher à Nantes.




Quai Flesselles
Troisième arrondissement. Paroisse de Sainte-Croix.
Du pont de la Poissonnerie au pont d’Erdre.

Tracé en 1759 par Ceineray, le quai, dit un titre du 11 août 1767, devait être construit sur un modèle imposé.

On le dénomma quai de la Poterne, à cause de la Poterne placée dans l’axe de la rue de la Bléterie actuelle ; la portion de muraille dans laquelle elle s’ouvrait fut démolie entre 1767 et 1770 pour la construction des maisons : puis il fut dit quai des Gardes Françaises, et enfin de son nom qui rappelle le Prévôt des Marchands de Paris, tué le 14 juillet 1789.




Rue Fleurus
Quatrième arrondissement. Paroisse de Sainte-Croix.
De la rue de Rieux au quai Ferdinand-Fapre.

Le nom, qui rappelle la bataille dite de Ligny, livrée le 16 juin 1815 contre le général prussien Blûcher (Hainault, Belgique) fut donné à cette nouvelle voie ouverte en 1900.




Chemin de la Forêt

Il y avait le chemin de la Haute-Forêt et le chemin de la Basse-Forêt, ou de la Petite-Forêt.

Le premier avait son origine vers le quartier de Barbin, à la rencontre des chemins de Basse-Creuse et des Sables rouges (aujourd’hui boulevard Amiral-Courbet), remontait vers la propriété Pironneau et allait rejoindre le second chemin. Ce chemin, appelé depuis rue Fellonneau (voir à cette rue) jusqu’à la rue Toulmouche, a vu cette dernière dénomination étendue jusqu’au boulevard Eugène-Orieux.

Le second avait son origine place du Croisic et allait rejoindre le premier à l’Ecusson et se continuait sous la dénomination de chemin du Loquidy (voir aussi à ce nom).

La partie urbaine est du premier arrondissement et en Saint-Félix.




Rue de la Fosse
Troisième et cinquième arrondissements. Paroisse de Saint-Nicolas.
De la place Royale à la rue Jean-Jacques-Rousseau.

Nous avons signalé le passage du Commerce qui est entre les numéros 28 et 30 de cette rue. Nous parlerons encore d’une rue dite Geslin, et aussi Vannières, supprimée par le décret du 19 mars 1844, qui contournait la maison faisant l’angle des rues J.-J. Rousseau et de la Fosse, fermée à ses deux extrémités.

La rue de la Fosse s’est appelée autrefois rue Thurot.




Quai de la Fosse
Cinquième et sixième arrondissements. Paroisse de Saint-Nicolas de 1 à 52, et de Notre-Dame à partir de 53.
De l’extrémité de la promenade de la Bourse au quai Ernest-Renaud.

Le quai qui, d’après des actes d’alignement du XVIIIe siècle, commençait a la suite du Port-au-Vin, aujourd’hui place du Commerce, portait plusieurs noms, quai d’Ansain, quai du Sanitat, quai de la Chézine, quai d’Estrées, quai Chourand, suivant son emplacement ; nous y relevons également plusieurs dénominations intéressantes à recueillir. C’est par exemple le pré Barbot, la cour Mondar, la tenue Mabit, citées dans des actes pour des terrains limitrophes aux rues qui viennent aboutir sur ce quai. « La Machine » était en face de la rue des Trois-Matelots. Le nom du quai lui vient du fief appartenant à l’Evèque de Nantes au XIIIe siècle. On y remarque la maison dite des Tourelles, construite par André de Rhuys de Embito, riche négociant d’origine espagnole, qui, en 1565 y reçut le roi Charles IX à son passage, et plus tard Henri IV. l’hôtel construit pour la Compagnie des Indes, l’Hôtel des Douanes, la façade de l’ancien portail de l’Hospice du Sanitat, le bâtiment des Salorges, construit tout en granit en 1778 pour servir de magasin aux sels de la Gabelle.

Le quai fut commencé en 1516. continué en 1622, 1624 et 1755, reconstruit en 1838 et en 1874. Ses chantiers de construction furent transportés en 1738 au quai de la Chézine. les maisons, dont plusieurs nous présentent des traces d’architecture assez remarquables, furent alignées vers 1724. Le quai de la Chézine, continuant celui de la Fosse jusqu’au pied de l’Hermitage fut construit en 1726, la première pierre fut posée le 21 août 1726 et nommé Port d’Estrées, du nom de M. le Maréchal d’Estrées, Gouverneur de Bretagne, né en 1695, mort en 1771. A signaler au n°72 la cour Barthélémy, au 101 la cour Chaurand, au 42 la cour Bougaud, au n°39 la cour et le passage Noé-Lansier.




Cour Foucault
Cinquième arrondissement. Paroisse de Sainte-Croix
Rue des Olivettes, 29.

On la désigne sous ce nom dès 1836. C’est une cour privée.




Rue Fourcroy
Cinquième arrondissement. Paroisse de Saint-Nicolas
Du quai de la Fosse, n°20, à la rue de l’Héronnière.

Le rue fut ainsi dénommée le 27 octobre 1837 en souvenir de A. F. de Fourcroy, chimiste distingué, né à Paris en 1755 et mort en 1809. C’est l’ancienne Grande Rue des Capucins car il y avait la petite et la grande rue des Capucins (acte de 1806).

Il y avait dans cette rue une hôtellerie, dite « des trois Hermines ».




Rue Fouré
Quatrième arrondissement. Paroisse de Sainte-Croix.
Du pont de la Rotonde au quai Magellan.

La voie est récente, de 1850 à 1860, pensons-nous, et aurait reçu son appellation le 31 décembre 1856 de Julien-Anne Fouré, docteur-médecin, né à Nantes le 15 juillet 1769, mort le 17 novembre 1855. Directeur de l’Ecole de Médecine.



Place Félix-Fournier
Troisième arrondissement. Paroisse de Saint-Nicolas.
Eglise Saint-Nicolas.

Le nom du Pasteur qui, après avoir occupé pendant 34 ans la cure de Saint-Nicolas, fut appelé à monter sur le siège épiscopal de sa ville natale, devait revenir à la place où s’élève le monument dû à son zèle et aux efforts qu’il déploya de 1843 à 1854. Né le 3 mai 1803, ordonné prêtre le 29 mai 1827, curé de Saint-Nicolas le 25 mars 1836, évéque le 17 mai 1870, Mgr Fournier mourut à Rome le 9 juin 1877. Son tombeau, œuvre de MM. de la Vingtrie, Delaunay et Bourgerel, érigé en 1883, attire l’attention des visiteurs qui viennent admirer la Basilique.

L’église Saint-Nicolas, mentionnée en 1186 et paroisse de ce nom, fut comprise vers 1226 dans l’enceinte de Pierre de Dreux contre le mur de laquelle elle s’appuya. Elle fut reconstruite en 1458 et achevée en 1499 ; le clocher fut reconstruit en 1666. En 1793, elle fut transformée en atelier d’armes, en 1796, on vendit son tabernacle et divers autres objets. Les travaux de la nouvelle église furent commencés en 1843, et elle fut ouverte au culte le 25 octobre 1854. La façade est composée d’une tour carrée à deux étages, ornée de balustrades à jour, la dernière galerie est surmontée d’une flèche à écailles et flanquée de quatre tourelles à huit pans avec pyramides ornementées.




Chemin des Fraises
Premier arrondissement. Paroisse de Saint-Félix.
De la route de Rennes au boulevard du Petit-Port.




Rue des Bons-Français
Troisième arrondissement. Paroisse de Saint-Pierre.
De la rue du Moulin à la rue de l’Ecluse.

La rue a dû être percée vers 1792, sur le terrain du couvent des Carmes ; rue du Patriotisme en 1814, elle est devenue de son nom actuel ; on a voulu probablement lui en appliquer un qui ne jurât pas trop avec le premier.




Place François II
Quatrième arrondissement. Paroisse de la Madeleine.
De la rue de la Tour-d’Auvergne à la rue Alain-Barbe-Torte.

François II, né la veille de la Saint-Jean-Baptiste en 1435, devint Duc de Bretagne en 1458, il mourut le 7 septembre 1488, à Couëron, laissant le duché à sa fille unique Anne.

Les projets de travaux commencèrent en 1852, et des échanges de terrain eurent immédiatement lieu entre divers propriétaires et la Ville.




Rue Franklin
Cinquième arrondissement. Paroisse de Saint-Nicolas,
De la place Delorme à la rue Racine.

La rue fut ouverte en même temps que la place et le boulevard Delorme, vers 1791, où on estime le terrain pour « ouvrir une rue qui doit communiquer de celle de Thiard près l’Hôtel de Henri IV à celle du Bignon-Lestard » ; on la dénomma rue de la Fraternité, pendant la Révolution, puis elle prit celui de Benjamin Franklin, né en 1706 à Boston (Massachusetts) et mort en 1790. A sa mort, l’Union prit le deuil pendant un mois, et l’Assemblée Nationale de la France pendant trois jours.




Rue Frédureau
Premier arrondissement. Paroisse de Saint-Similien.
De la rue Sarrazin à la rue de Coutances.

Dans sa séance du 25 août 1841, le Conseil adopta la proposition faite par M. Frédureau de céder le terrain nécessaire pour ouvrir la rue qui reçut son nom. Elle fut classée voie publique le 3 octobre 1860.

Elle porta le nom de petite rue Sarrazin.




Rue Fulton
Sixième arrondissement. Paroisse de Notre-Dame.
De la place Daubenton au boulevard Saint-Aignan.

Sur une plaque indicatrice du nom de la rue, à l’angle de la rue et du boulevard, on lit l’inscription suivante :

Fulton Robert

né en Pensylvanie (Amérique) en 1767,

mort en 1815.

Célèbre ingénieur, s’est fait un nom

par ses plans de navigation intérieure et par l’invention

des bateaux à vapeur dont il fut le premier

à doter sa patrie.

Nantes 1840.

Le nom du mécanicien lui fut attribué le 27 octobre 1837.




Boulevard Vincent-Gâche
Quatrième arrondissement. Paroisse de la Madeleine.
A créer dans l’axe du boulevard Babin-Chevaye.

Compris dans l’ensemble des travaux en exécution de l’autre côté de la ligne des Ponts, le boulevard en projet reçut son nom en 1905. V. Gâche était l’ainé d’une famille de constructeurs de machines, né et mort en notre Ville, qui a fait faire des progrès à la construction des bateaux à vapeur. C’est à lui que l’on doit les premiers pyroscaphes de l’Erdre et de la Loire, qu’ils remontaient jusqu’à Orléans.




Cour Gaillard
Troisième arrondissement. Paroisse de Saint-Pierre.
Rue des Carmes, 15.

Au fond d’un couloir, dans la seconde partie de cette cour, qui correspond avec la rue des Halles, on remarque, encastrée dans le mur d’une vieille maison, une sculpture en bois, malheureusement recouverte d’un hideux badigeon, et représentant une Vierge connue sous le nom de Notre-Dame-de-la-Délivrance. Selon une croyance populaire, cette vierge était l’objet d’une vénération toute particulière de la part des femmes, en certaines circonstances de la vie, et on y voit encore souvent de modestes bouts de cire brûlés autour du piédestal qui la soutient. Cette statue serait la reproduction d’une autre, signalée dès le xvie siècle.

D’autres cours existent aux numéros 19, 23 et 25 de cette rue.




Rue de la Galissonnière
Sixième arrondissement. Paroisse de Notre-Dame.
De la rue de Gigant à la rue Urvoy-de-Saint-Bedan.

Rolan-Michel Barrin de la Galissonnière, qui vainquit l’amiral Bing, s’empara du Fort Mahon et fut chargé de régler les limites du Canada, était né à Rochefort en 1693 et mourut le 17 octobre 1756 à Nemours (Seine-et-Marne), au moment où il se rendait à Fontainebleau pour recevoir le bâton de Maréchal que Louis XV se disposait à lui remettre. Nous avons lu dans une brochure récente, que l’église de Monnières possède sous le maître-autel une crypte, ouverte le 27 novembre 1862, dans laquelle on trouva une chasse en plomb, posée sur deux pierres de granit, et où on lit « Ci git noble homme Gabriel Barrin, de son vivant connétable et Conseiller du Roi au Parlement de Bretagne, décédé à Nantes, le 4 juillet 1597 ».

Les travaux de cette rue furent entrepris en 1836, et la voie fut dénommée ainsi l’année suivante.




Rue Gambetta
Deuxième arrondissement. Paroisses de Saint-Clément et de Saint.
De la place Louis XVI à la rue de Coulmiers.

Le projet d’ouverture de cette rue remonte à 1875, tout au moins pour la partie entre le quartier de la Mitrie et la place du Jardin des Plantes, et, en 1880, on s’occupa de la seconde partie, celle entre l’entrée du cimetière et la place Louis XVI. La voie fut tracée, décret du 4 mars 1884, au milieu des cours de l’ancien quartier d’infanterie, permettant un large accès et surtout direct au cimetière de la Bouteillerie et au quartier de cavalerie (autrefois la Mitrie et aujourd’hui distingué sous le nom de caserne Richemond, pour le quartier des Dragons, et de caserne La Moricière pour le train des équipages).

Cet ancien quartier d’infanterie avait été établi dans les bâtiments du monastère de la Visitation. Le 12 mai 1629, la Ville autorisait les Visitandines à s’établir dans le lieu dit Malvoisine où les Ursulines demeuraient depuis deux années. En juin 1630, les religieuses obtinrent des lettres patentes du Roi, en vertu desquelles, 1632, elles s’installèrent dans le logis de la Mironnerie, derrière le collège Saint-Clément. En 1644, la Ville leur accorda quelques terrains pour aligner leurs bâtiments. C’est peu après cette date qu’elles construisirent leur beau couvent où Gresset a placé les plus jolies scènes de son poème de Vert-Vert. Et c’est ce couvent qui fut ensuite transformé en caserne d’infanterie ; de 1878 à 1899 on y avait abrité provisoirement toutes les richesses que renferme notre Bibliothèque. Le couvent existe encore en entier, de même que le beau cloître de l’intérieur qui bientôt sera visible au public ; la chapelle, dont plusieurs parties ont survécu, se trouvait contre le côté nord du cloitre.

La rue a également rendu plus facile l’accès au cimetière auquel, autrefois, on n’accédait que par une rue tortueuse et en pente ; en voici du reste une preuve. Le 3 pluviôse 1793 « sur le rapport du Commissaire aux inhumations qui constate que le cimetière du Brigandin est tellement plein qu’il n’y a plus sécurité pour la santé publique à y continuer les sépultures, le Conseil arrête qu’il sera fermé et qu’un terrain sur la route de Rennes sera choisi pour cet objet. » Ce projet ne fut pas exécuté et il est probable qu’on trouva de suite sur place les moyens de l’agrandir. D’où vient le nom de Brigandin, de la Bouteillerie ? Le premier a fourni thèse à l’enterrement des victimes de la Révolution que l’on désignait de ce nom, il est vrai que d’autres disent Brigantin au lieu de Brigandin, et cela rendrait peu plausible cette explication. Quant au second nom, il vient d’une maison noble, ainsi désignée, acquise par l’Evêché de Nantes et cédée aux Chartreux.

La rue, en son entier développement, a enfin reçu son appellation de Léon Gambetta, ancien membre du Gouvernement de la Défense nationale, ancien président de la Chambre des Députés, né à Cahors le 30 octobre 1838, mort le 31 décembre 1882.




Chemin de Bonne-Garde et de la Gréneraie
Quatrième arrondissement. Paroisse de Saint-Jacques
Du chemin Creux du Douet à la rue Saint-Jacques.

Ainsi nommé en raison de la petite chapelle, dite de Bonne-Garde, édifiée à l’angle droit de ce chemin et de la rue Saint-Jacques. Cette chapelle avait été bâtie en 1657 par les soins de sœur Marie, appelée de Bonne-Garde, et des Coquin ses parents, qui fit appel à la charité de nombreuses personnes.

Nous rencontrons dans les différentes pièces qui nous renseignent sur les propriétés en dépendant, le Moulin de la Gréneraie, le Moulin Blanchard, les Moulins à vis la Butte Gréneraie, etc. Les moulins étaient nombreux à Saint-Sébastien.




Rue Garde-Dieu
Troisième arrondissement. Paroisse de Saint-Pierre.
De la rue du Port-Communeau à la rue des Pénitentes.

Cette rue, que l’on dénommait rue de la Garde-Dieu, doit son nom à un hébergement qui remonterait à 1329. Il y avait même deux logis portant ce nom ; le second fut remplacé, dans les dernières années du xvie siècle, par un hôtel dit l’Hôtel de Monti, ou du Président Mignot, qui fut remanié vers 1848 ; une petite tourelle carrée a disparu en 1875, et on y a élevé un portail qui sert d’entrée à l’auberge du Cheval Noir.

Au coin des rues Garde-Dieu et de Saint-Léonard, se trouvait l’église de Saint-Cyr et Sainte-Julitte, fondée vers le Ve ou VIe siècle, reconstruite en 1048 par le comte de Nantes Budic, et démolie vers 1226 par Pierre de Dreux pour l’établissement de sa nouvelle enceinte, puis reconstruite sous le nom de Saint-Léonard ; elle a subsisté sous cette dernière appellation jusqu’en 1821. On la transforma, au moment de la Révolution, en fonderie et on utilisa les cloches dont on faisait de la monnaie. Dans des procès-verbaux de 1777 et 1778, nous trouvons des actes qui se rapportent à des travaux de son presbytère.




Place des Garennes
Sixième arrondissement. Paroisse de Sainte-Anne.
De l’avenue Sainte-Anne aux escaliers du même nom.

Ou « Les Garennes » tout simplement, comme cela se disait autrefois. Un projet de place à ouvrir sur l’emplacement de la Garenne, appartenant alors à M. de Lusançay avait été présenté en 1780, puis abandonné, pour devenir de 1848 à 1854 la réalité. Nous renvoyons à l’article Sainte-Anne, car une partie de ce que nous indiquerions ici s’y adapte de préférence.




Rue des Garennes
Mêmes arrondissement et paroisse.
De la place des Garennes à l’avenue de Lusançay.

C’était avant 1856, date de son appellation actuelle, « la rue de l’avenue de Lusançay », rue peu favorisée et qui, en 1883, était encore indivise entre la Ville et les propriétaires, à qui, à cette même date, on n’avait pas encore accordé d’éclairage.




Rue Gassendi
Sixième arrondissement. Paroisse de Sainte-Anne.
Du quai Saint-Louis à la rue de Lusançay.

Pierre Gassendi, philosophe français, né en 1592 à Champercier, près Digne, auteur de nombreux ouvrages et biographies, mourut à Paris en 1655.

Une contestation eut lieu en 1818 sur la propriété des terrains de cette rue entre les héritiers Plumard, le Maire de la Ville et M. Benjamin Coquebert qui venait d’établir une raffinerie de sucre, sur remplacement d’une maison, dite la « Pompe à feu, » près la Barrière de Chantenay. La rue fut modifiée vers 1854, 1862.




Rue Maréchal-de-Gassion
Sixième arrondissement. Paroisse de Notre-Dame.
De la rue de la Moricière, 6 bis, et la rue Chevert.

La rue a été coupée par la rue de la Moricière et forme une impasse du côté de l’est. Elle fut dénommée en 1837, en mémoire de Jean de Gassion, maréchal de France, né à Pau en 1609, mort d’un coup de mousquet au siège de Lens en 1647.




Impasse Gaudine
Troisième arrondissement. Paroisse de Saint-Pierre.
Basse-Grande-Rue, n° 2.

L’impasse a été considérée comme rue, elle figure sous ce titre dans la nomenclature de 1818, nous la retrouvons encore sous le mème classement en 1846 où, à la date du 3 avril, les habitants réclament sa fermeture pendant la nuit. On leur répond que cette impasse figure comme rue, que les maisons sont numérotées, et que la ville en assure l’éclairage.




Rue Geoffroy-Drouet
Deuxième arrondissement. Paroisse de Saint-Clément.
De la rue Saint-André à la rue Saint-Clément.

Geoffroy Drouet, sieur de l’Angle, élu maire le 28 novembre 1564, prêta serment le même jour el fut installé le 1er décembre pour entrer en fonctions le 1er janvier 1565. Sa famille était originaire de Couëron. Mêlé d’une façon fort active aux affaires de la Ville pendant plus de trente ans, il laissa dans sa vieillesse le nom de sa terre de l’Angle pour prendre celui de sieur de Portric.

Cette appellation fut appliquée en 1899, à la petite rue Saint-André et à la place Saint-André (cette place fut un instant dénommée place Pope) réunies, qui, en réalité, ne sont que la suite l’une de l’autre.

Au n° 15 de la rue existe la cour dite Gaillard-Henri.




Rue de Gigant
Cinquième et sixième arrondissements. Paroisse de Notre-Dame.
De la place de l’Edit-de-Nantes à la place Canclaux.

Ancienne rue Bignon-Lestard, rue Racine, elle nous est signalée par de nombreux actes qui nous reportent jusqu’en mai 1679, où des Commissaires présentent leur avis d’inspection sur « le chemin de Gigant depuis la barrière du Bignon-Lestard jusqu’à la croix qui est advis du Bois de la Touche ». En 1753, il est question de la tenue de la Gentilomière, appartenant à M. de Plumangat, En 1763, on parle des corderies Brée » qui aboutissent sur la croix des Gastineaux, avis le chemin du « Moulin ». Il y avait une autre tenue, dite « de la Maison Rouge » ; on signale encore une « manufacture de coton et un terrain appartenant aux Carmélites », en 1784 ; enfin dans une pièce du 8 juillet 1786, l’immeuble « est dit devoir s’aligner sur la direction des arrière-corps de la salle de spectacle ». Signalons encore « la tenue Saint-Gilles, la ruelle du Pertuis-Moret, la tenue Huchette » ; toute cette rue a été conquise, comme le quartier entier, sur de vastes propriétés qui ont été morcelées et ont fini par disparaître.

On a souvent demandé la raison de ce nom, tout ce que nous pouvons dire, c’est que c’est un nom de famille ancien, signalé dès le XVe siècle, que nous le trouvons cité dans des congés pour bâtir des moulins à vent 1520-1785, sur les terres de la Fosse Boutin et du clos Gigant, et qu’il existe encore en notre ville des personnes apparentées aux Gigant ; Le pont de Gigant traversait la Chézine au bas de cette rue ; il a disparu vers 1873, lors de l’alignement de la place Canclaux.




Quai de l’Ile-Gloriette
Quatrième arrondissement. Paroisse de Sainte-Croix.
Du pont Maudit à l’extrémité de l’Ile, au sud-ouest.

Ainsi nommé d’un vieux château ducal, dit Guépin, que François II avait donné à l’un de ses officiers, à la charge de lui fournir tous les ans un épervier de chasse.

Les chantiers pour la construction des galères et autres navires, situés auparavant sur le Port au Vin, y furent transportés vers 1580.

L’Hôpital y fut transporté vers 1642.

Il a porté les noms de Gonneville et Colomb ou Colombe et Lucker. Des procès-verbaux constatent que des propriétaires avaient pris l’habitude d’y faire échouer des bateaux chargés de pierres qu’ils entouraient ensuite de pieux, de manière à accroître le terrain de leurs immeubles. Il semble que, jusqu’en 1811, le droit de propriété n’était pas encore nettement fixé, et que certaines parcelles pouvaient être considérées comme alluvion.




Rue de Gorges
Troisième arrondissement. Paroisse de Saint-Nicolas.

Des procès-verbaux de toisé, remontant jusqu’en 1744, parlent de cette voie, un instant dénommée rue de Bayle, qui subit de nombreuses modifications en 1889.

On signale l’Hôtel de la Poste tenu au XVIIIe siècle par un nommé Caton, et dans lequel descendit le 14 juin 1777, l’empereur Joseph II.




Boulevard Benoni-Goullin
Quatrième arrondissement. Paroisse de la Madeleine.
En projet. De la rue Louis-Blanc prolongée au quai des Antilles.

Ce nom fut donné, en avril 1903, à la voie qui, parallèle au boulevard Babin-Chevaye, va prendre la place du Bras de Toussaint que l’on est en train de combler. L’idée première du canal maritime, dont l’ouverture est due en grande partie aux démarches de Babin-Chevaye, ancien Président de la Chambre de Commerce, appartient à Bénoni Goullin, et son nom méritait bien d’être conservé par une voie publique de ce quartier. Pierre-Benoni Goullin, né en 1799, consul de Belgique, Président du Tribunal de Commerce, membre de la Chambre de Commerce et du Conseil Municipal de Nantes, mourut en cette ville, le 21 mars 1875.




Basse-Grande-Rue
Troisième arrondissement. Paroisse de Sainte-Croix pour les numéros impairs, et de Saint-Pierre pour les numéros pairs.
De la place du Pilori à la place du Change

Jusqu’en 1494, cette voie, ainsi que la suivante, s’appela rue de la Chaussée ; c’était, dit Mellinet, une ancienne voie romaine. Un ruisseau, le ruisseau des Carmes, en descendait la pente depuis les hauteurs de Saint-Pierre et venait se jeter dans l’Erdre près du couvent des Carmes.

Les pièces de voirie, de 1721 à 1771, sont nombreuses ; la rue était si irrégulière que les travaux se succédèrent presque ininterrompus, et en même temps si étroite « qu’il n’y avait que le passage d’un carrosse, charrette ou autre voiture, en sorte que les gens de pied n’y peuvent passer, sans courir des risques, dès qu’il survient des voitures ».




Haute-Grande-Rue
Deuxième arrondissement. Paroisse de Saint-Pierre.
De la place Saint-Pierre à la place du Pilori.

Les immeubles bordant ces deux rues devaient être en bien mauvais état ; à chaque instant ce sont des descentes de la police, appelée pour en ordonner la destruction, ou pour consolider les parties menaçant le public ; entre autres, une de ces vieilles maisons s’abat et entraine dans sa chute deux maisons neuves que l’on venait de construire.

La partie extrême de cette rue, allant du carrefour de la rue Saint-Denis à la place Saint-Pierre, abandonna, en 1903, son nom à la petite rue voisine qui aboutit vis-à-vis l’impasse Saint-Laurent, laquelle s’appelait rue Saint-Pierre, et le nom fut reporté à la première de ces voies. Aux numéros 20 et 22 existent deux cours qui établissent une communication avec la rue de Briord.




Place Graslin
Cinquième arrondissement. Paroisse de Saint-Nicolas.
Débornée par les rues Crébillon, J.-J.-Rousseau, Piron, Voltaire, Racine, Corneille et Molière.

Cette place est le point central du quartier, autrefois coteau abrupte et peu habité, créé par Jean-Joseph-Louis Graslin, écuyer, avocat au Parlement de Paris, Receveur-Général des fermes du Roi à Nantes, né à Tours le 13 décembre 1728, mort à Nantes le 11 mars 1790.

II fut le créateur de toutes les voies comprises entre les abords de la Fosse et la place Royale ; on lui doit la construction de la salle de spectacle (1787), qui porte son nom, et l’exécution d’une quantité d’autres projets, pour lesquels il dut compromettre son repos et engager même sa fortune.

Les délibérations qui ordonnèrent les travaux sont du 13 novembre 1779 et du 26 février 1780 ; à Mathurin Crucy revient l’honneur du plan des bâtiments.

Cette place fut appelée place de la Comédie, place Impériale.




Chemin des Grenouilles
Premier arrondissement. Paroisse de Saint-Similien.
De la route de Vannes au boulevard Lelasseur et à la rue de Rennes.

Ainsi nommé d’un pâté de maisons qui a porté cette désignation, et bordé par le ruisseau du Gué-Moreau qui se jette dans l’Erdre, un peu en amont de la rue de Bouille ;

La partie de l’ancien chemin comprise entre la rue des Hauts-Pavés et les rues Léon-Say, Casimir-Perier et Emile-Souvestre est devenue la rue Jules-Simon.

C’est l’autre partie, celle comprise entre le carrefour que nous venons de citer et la route de Rennes, qui est encore désignée sous cette appellation. On passe à gué le ruisseau du Gué-Moreau et on débouche sur la rue de Rennes, n° 113, en face la rue du Croisic.




Rue Gresset
Cinquième arrondissement. Paroisse de Saint-Nicolas pour les numéros 1 à 15 et 2 à 12, et paroisse de Notre-Dame, pour les autres.
De la place Graslin à la rue de Bréa.

Dénommée rue Saint-François en 1787, la rue prit son nom actuel du poète Gresset Jean-Baptiste-Louis, né en 1709 à Amiens et mort en 1777. En 1792, la voie était désignée comme projetée, elle ne ne fut rectifiée que petit à petit, puisque, en 1832 il est question d’un monticule de rochers qui intercepte encore le passage. En 1846 on la prolonge depuis la rue des Cadeniers jusqu’à la rue de Flandres; en 1855 il en est de nouveau question à l’occasion du pan coupé entre cette rue et la rue Voltaire.




Rue Grétry
Cinquième arrondissement. Paroisse de Saint-Nicolas.
De la rue Rameau à la rue Crébillon.

La rue est alignée vers 1788, elle s’appelait alors rue Céresle, alias Cérestre, et en 1830 on lui appliqua le nom du célèbre compositeur de musique André-Ernest-Modeste Grétry, né à Liège en 1741 et mort à Montmorency le 24 septembre 1813.




Rue Mathurin-Julien-Groleau
Quatrième arrondissement. Paroisse de la Madeleine.

Le nom de l’ingénieur Groleau Mathurin-Julien, né à Nantes en 1734 et mort le 10 février 1806, à qui l’on doit, au cours de la période révolutionnaire, la conservation de la Cathédrale et du Château, fut donné, en 1903, à la nouvelle voie dont on vient de décider l’ouverture, la rue Louis-Blanc prolongée.




Rue Grou
Deuxième arrondissement. Paroisse de Saint-Clément.
De la rue Gambetta à la rue des Orphelins.

La rue des Trois-Pendus, qui séparait le Jardin des Plantes du cimetière de la Bouteillerie, déviait à gauche et venait, par la rue Grou actuelle, déboucher rue des Orphelins, d’où, par la ruelle Bascher, elle aboutit définitivement à la rue Saint-Clément.

Nous en avons parlé à propos de la rue Frédéric-Cailliaud, nous allons dire quelques mots de celui à qui la rue doit son appellation. Le 10 avril 1779, par son testament, M. Grou Guillaume, Conseiller honoraire, Secrétaire du Roi, maison et couronne de France à la Chancellerie du Parlement de Bretagne, ancien Echevin, Juge-Consul, Administrateur de l’Hôtel-Dieu et négociant à Nantes, légua aux Hospices de Nantes une somme de 200.000 francs qui devait être employée à l’établissement d’une maison destinée à recevoir les orphelins, dits Enfants de police, au moment où ils reviennent de nourrice, et à les élever jusqu’à l’âge de 10 ans, époque à laquelle on les reçoit à l’Hôpital Général. Le Bureau accepta ce don pour les Hospices.

Le Bureau et les Administrateurs cherchèrent en vain à faire l’acquisition d’une maison pour fonder cet établissement; ils s’adressèrent à l’évêque, Mgr de Sarra, et lui déclarèrent que la seule propriété qui put leur convenir était « le bénéfice des Trois Pendus », situé en Saint-Donatien, près de la ferme de la Mitrie. L’évêque consentit à supprimer ce bénéfice à condition que les Hospices feraient une pension viagère de 500 livres à M. Douaud, chanoine de la Cathédrale, qui en avait la jouissance. Ledit bénéfice fut mis à l’Hôtel-Dieu et les messes qu’il devait furent payées par ledit Hôpital.

Rue Guépin
Troisième et cinquième arrondissements. Paroisse de Saint-Nicolas.
De la place du Bon-Pasteur à la place de Bretagne.

La rue était autefois dite rue Haute-Contrescarpe et reçut la dénomination actuelle le 27 février 1875, en souvenir de Guépin Ange-Marie-François ; médecin, publiciste et homme politique, né à Pontivy le 30 août 1805, mort le 27 mai 1873 à Nantes, où il a vécu et joui de la plus grande popularité.

Pontivy et Nantes lui ont élevé une statue.




Rue de Guérande
Troisième et cinquième arrondissements. Paroisse de Saint-Nicolas.
De la rue Crébillon à la rue de la Fosse.

Il y avait, à peu près à l’endroit de cette rue, une porte dite de Guérande, nom qui fut attribué à la porte de Sauvetout pour récompenser les Guérandais du secours apporté, en 1487, au Duc François II, mais qui fut restitué plus tard à la première.

Telle est l’origine du nom de la rue.




Rue Guibal
Cinquième arrondissement. Paroisse de Saint-Similien.
De la rue de la Bastille à la rue Charles-Monsetet.

La rue, qui d’abord avait été passage, a pris son nom au propriétaire des terrains sur lesquels elle fut ouverte, et qui lui fut conservé en 1901 quand elle fut classée.




Rue Guibourd-de-Luzinais
Deuxième arrondissement. Paroisse de Saint-Clément.

La petite rue Saint-Clément, qui est l’ancien nom de la voie, possédait plusieurs tenues, celle dite l’Houche, située derrière la communauté de Saint-Clément, celle dite de Saint-Clément qui était la propriété de la fabrique et sur laquelle la rue a été ouverte, et où on voyait encore des bornes en 1842.

On lui donna, en 1903. après l'avoir dénommée rue Lorette de la Refoulais, le nom de l’ancien Maire de Nantes dont c’était le canton électoral : M. Guibourd de Luzinais, né le 8 juillet 1834 à Angrie (Maine-et-Loire) fut nommé maire le 20 mai 1888 et demeura en fonctions jusqu’au 5 mai 1892. il fut élu sénateur en 1886 et mourut en notre ville le 24 décembre 1899.




Rue Guichen
Sixième arrondissement. Paroisse de Notre-Dame.
De la rue Canclaux à la rue Lamotte-Piquet.

Voie récente dénommée le 18 août 1874.




Avenue Guillemet
Premier arrondissement. Paroisse de Saint-Similien.

Voie privée ouverte sur la rue du Général-Bedeau.




Rue Guillet de la Brosse
Deuxième arrondissement. Paroisse de Saint-Donatien.
De la place des Enfants-Nantais au bas chemin de Saint-Donatien.

On disait autrefois le Carois ou Carouer, et le 17 septembre 1874 on lui donna le nom destiné à rappeler le souvenir des deux frères Auguste et Hippolyte Guillet de la Brosse, tués pendant la guerre franco-allemande.




Rue des Halles
Troisième arrondissement. Paroisse de Saint-Pierre.
De la place da Change au quai Penthieure.

Cette rue traversait l’Erdre sur un pont, qui était garni de moulins et de boucheries, incendiés en 1557 et 1736. Les maisons, condamnées dès 1813, ne furent démolies qu’en 1823. « Les voitures chargées, dit un rapport du 29 août 1818, qui passent continuellement dans cette rue doivent fatiguer la voûte et concourir à sa destruction ». La suppression du pont faisait partie des travaux d’exécution du canal de Nantes à Brest (Voir aussi rues de Feltre et de la Boucherie). Cette voie était très fréquentée à cause du voisinage de l’Erail, dont nous avons eu à parler plus haut, et aussi à cause des moulins qui y entretenaient un passage continuel.

Au n° 21, cour Chéneau.

Guimard dit que la rue portait, en 1556, le nom de rue Mercerie.




Rue Harrouys
Cinquième arrondissement. Paroisse de Saint-Nicolas.
De la place Edouard-Normand au boulevard Delorme.

La rue avait d’abord été dénommée rue Pétrarque, puis on voulut rappeler rue Gaspard Barbier, ancien membre de la Chambre des Députés, adjoint au maire, et l’un des fondateurs du Musée des Tableaux ; mais, le 21 avril 1863, sur la demande des habitants qui adressèrent une pétition, elle fut définitivement dénommée en souvenir de Guillaume, Charles, Louis et Jean Harrouys, successivement maires de Nantes, le premier en 1571-1572, le deuxième en 1587, 1588 et 1598, le troisième en 1623-1624 et le quatrième en 1625-1626. Elle fut ouverte sur un chemin qui a porté les noms de chemin des Moulins et de rue Valmont, où se trouvait entr’autres la tenue Saint-Gilles, dont nous parle un acte de 1792.

Le Lycée de jeunes filles y fut créé en 1882.

Au n° 24 existe un passage, voie privée à laquelle un des propriétaires a donné son nom. Nous en faisons mention, parce qu’on y voit les restes d’un moulin, comme il en existait tout autour, dans le quartier.




Rue Haudaudine
Quatrième arrondissement. Paroisse de Sainte-Croix.
Du pont du même nom au pont Maudit.

Les discussions pour l’ouverture de la rue datent de 1843, un décret du 12 juillet 1848 en décide les travaux qui durèrent jusqu’en 1851 et même en 1886 où on élargit la voie, en vue de la nouvelle ligne des Ponts. Le nom lui fut donné le 31 décembre 1856, en souvenir de Haudaudine Pierre, né à Bayonne, le 19 novembre 1756 et mort le 7 août 1846 à Nantes.

Trois gardes nationaux du bataillon de l’ile Feydeau, faits prisonniers à Legé pendant les guerres de la Révolution, avaient été envoyés à Nantes pour faciliter un échange des combattants entre les deux corps ennemis. Sur le refus de l’Assemblée communale, Haudaudine retourne seul à Montaigu pour se livrer à ses ennemis qui admirent son courage ; l’histoire lui a conservé le nom de Régulus Nantais. Quelque temps après, 18 octobre 1793, notre même héros allait périr avec quantité de républicains, quand, au moment de mourir, Bonchamp leva la main et sauva leur vie. Haudaudine ne fut pas ingrat, et, rendu à la liberté, il acquitta sa dette par les importants services qu’il rendit à la veuve de son libérateur.




Pont Haudaudine
Mêmes arrondissement et paroisse.
De la rue Haudaudine à la rue Louis-Blanc.

La construction du pont est comprise dans l’emprunt voté le 19 octobre 1875 par le Conseil Municipal qui décide, dans sa séance du 31 mars 1876, que la Ville contribuera aux frais de construction pour une somme de 430.000 francs.




Rue de la Hautière
Sixième arrondissement. Paroisse de Sainte-Anne, numéros impairs, à partir du n° 25 (Maison du Marin), et numéros pairs, depuis le n° 40 ; le reste est de la paroisse Notre-Dame.
De la rue de la Brasserie au chemin de la Bigottière, limite des communes de Chantenay et Nantes.

« La Haultière » est le nom d’un vieux château féodal, dont on voit encore des restes à l’angle formé par la rue de ce nom et le chemin de la Bigottière. Il appartint à la famille Carré de Lusançay, autrefois unique propriétaire de tout le canton.

On a englobé dans cette voie une partie du chemin du moulin des Poules qui dut prendre son nom de ce moulin, car dans un acte de 1825, relatit au clos des Perrières, nous avons trouvé un plan manuscrit où se voit le Moulin des Poules, situé au-dessus de ce clos dont il était séparé par ledit chemin, lequel conduisait au quartier des Corderies et venait se briser contre la corderie Chala.

En 1889, les habitants firent une pétition pour obtenir la suppression de la rue du Moulin des Poules, qui devint, le 9 mai, la rue de la Hautière.

Il y a l’avenue de la Hautière, qui va de la place Charles-Lechat à la rue Amiral du Chaffault.




Rue des Hauts-Pavés
Premier arrondissement. Paroisse de Saint-Similien.
De la place Viarme à la route de Vannes.

Au milieu du XVIIIe siècle tout au moins, les actes de l’État Civil lui donnent de préférence le titre de rue des Pavés, le nom actuel ne se rencontre que plus tard.

La léproserie de Saint-Lazare, fondée par les Ducs de Bretagne, était située à l’entrée de la route de Vannes. Elle fut abandonnée en 1569 et ses revenus, d’abord joints à ceux de l’Hôtel-Dieu, furent attribués en 1672 à l’ordre de Saint-Lazare et du Mont-Carmel. La chapelle reconstruite au XVIIe siècle existe toujours, elle est devenue une maison d’habitation (n° 46). Quant à la maison des Ladres, elle était située dans la tenue qui a conservé le nom de tenue Saint-Lazare n° 44) à l’angle ouest de rue du Général Bedeau sur laquelle elle présente un long développement. La tenue a été vendue en 1793 : le 3 février 1763, un acte nous la montre appartenant au Chapitre de l’église de Nantes qui demande à la faire clore et renfermer de murs.

Un peu plus haut, du côté opposé de la rue (n° 21) on signale la maison ou plutôt la cour Cattuit, (ou Cathuis, du nom du propriétaire qui, en 1481, possédait une partie de cette rue), où la Duchesse Anne aimait parfois séjourner, et où il y avait une chapelle : quelques restes de sculpture (XVe siècle) la signalent encore à l’attention.

Dans cette rue, au n° 4, trois cours se suivant abritent de nombreux ménages ; au n° 42, la cour Manuet, où existe aujourd’hui un lavoir municipal ; au n° 31, la cour Gâche.




Rue de la Havane
Deuxième arrondissement. Paroisse de Saint-Donatien.
De la rue de Coulmiers à la rue Maryland.

La rue d’isolement, ouverte au moment de la construction de la Manufacture des Tabacs, prit son nom le 18 août 1874 ; Le nom était tout indiqué en cet endroit.




Rue d’Havelooze
Cinquième arrondissement. Paroisse Saint-Similien.
De la rue Félibien à la rue de Miséricorde.

L’ancien passage du Nord, ouvert vers 1879 dans la tenue Lizé, fut classé en 1893 et prit ce nom le 23 janvier 1900. Charles-Mathurin-Julien d’Havelooze, négociant, né à Angers, demeurant sur l’ile Feydeau, n° 3, mourut dans notre ville, âgé de 87 ans, le 12 janvier 1846, léguant aux paroisses de Nantes et de Chantenay, par un testament olographe en date du 28 février 1839, une somme de 300.000 francs que ces localités furent admises à accepter, par une ordonnance royale.

Un moment funéraire, dernièrement transporté contre la conciergerie du cimetière de la Bouteillerie, rappelle sa mémoire.




Rue Faustin-Hélie
Premier et cinquième arrondissements. Paroisse de Saint-Similien.
De la rue des Arts à la place Edouard-Normand.

La rue, formée de la partie haute de la rue Mercœur, fut dénommée le 21 mai 1890» en souvenir du Jurisconsulte, Membre de l’Institut, Faustin-Hélie, qui naquit le 31 mai 1799 à Nantes, où son père était armateur, et mourut à Passy le 22 octobre 1884.




Rue Henri-IV
Deuxième arrondissement. Paroisse de Saint-Clément.
De la place de la Duchesse-Anne à la place Louis XVI.

L’ancien nom de rue Félix, du nom de l’évêque de Nantes né en 513, mort en 584, fut supprimé en 1902, pour éviter les confusions avec le quartier Saint-Félix. On avait d’abord arrêté de lui donner le nom de Richemont, puis ou estima que celui de Henri IV se trouvait tout justifié, à cause de la proximité de la rue Sully, son ministre. Henri IV, né en 1553, mourut en 1610.

La rue s’était aussi appelée rue des Etats.




Rue de Hercé
Quatrième arrondissement. Paroisse de la Madeleine.
De la rue Michel-Columb au boulevard Babin-Chevaye.

Voie récente, dénommée ainsi en souvenir du coadjuteur de Mgr de Guérines, Mgr Jean-François de Hercé, qui lui succéda de mai 1838 à l’année 1849. Né à Mayence en 1776, MMgr de Hercé mourut le 31 janvier 1849.


Rue de l’Hermitage


Sixième arrondissement. Paroisse de Sainte-Anne.
Du quai d’Aiguillon à l’avenue Sainte-Anne.

Ainsi nommée de l’établissement créé en 1629 par un hermite franciscain dans un terrain appartenant à la Seigneurie de la Hautière, qui le concéda aux religieux, maintenus en ce lieu par lettres patentes de Louis XIV ; un hospice s’y bâtit vers 1630. Le monastère fut évacué en 1791, vendu deux ans après. Une partie des roches sur lesquelles il s’élevait était dite Pierre Nantaise, et c’est sur cet emplacement qu’a pris naissance la carrière de Miséry, dont l’origine remonterait à 1718, date à laquelle a été passé un traité entre la Ville et la famille seigneuriale, pour l’extraction des pavés.

Le chemin, car à ce moment on ne pouvait lui donner le nom de rue, est l’objet de réclamations des habitants qui, au moment des pluies surtout ne savaient comment accéder à la Fosse ; il en est une, de 1787 où le pétitionnaire se désigne « comme habitant au haut de l’Hermitape, vis-à-vis la Croix des capucins, près la Bouteille couronnée ». Guépin nous en précise la topographie en disant « qu’on n’y accédait qu’en faisant de longs détours, à travers un terrain marécageux ». Aussi les pièces de voirie sont continues jusqu’à nos jours.

La place des Petits-Capucins se trouvait entre cette rue et l’avenue Sainte-Anne.




Rue du Petit-Hermitage
Premier arrondissement. Paroisse de Saint-Félix.
De la rue de Rennes au boulevard Gabriel-Lauriol.

Près la route de Rennes existe un ancien chemin, qui a pris son nom d’un couvent construit dans ces parages, vers 1645 (Arch. dép. G. 116). — Voir également Pont-du-Cens.



Rue de l’Héronnière
Cinquième arrondissement. Paroisse de Saint- Nicolas.
De la rue des Cadeniers à la rue de la Chalotais.

Dans un procès-verbal de 1730, il est constaté qu’une descente aura lieu au couvent des Capucins pour prendre connaissance de leurs litres de propriété sur les terrains qu’ils occupaient (ils avaient placé des portes au bout des deux chemins voisins de leur maison) : Leurs titres furent reconnus et on les obligea seulement à tenir ces portes ouvertes pour l’utilité publique. On y parle de « la tenue Bouvet, du chemin qui conduit de cette tenue à la Gagaie, de la grande et de la petite Ouche, du Jardin de l’Héronnière ». Mellinet dit qu’il y avait une maison de la petite Fléronnière voisine « du Jeu de Paume de l’Héronnière ». La tenue de l’Héronnière, qu’on appelait aussi la Colline, contenait un journal et demi de terre environ, et faisait partie des terrains des Capucins.

La Héronnière appartint en 1700 au sieur Rousseau de Saint-Aignan, Président de la Chambre des Comptes et Général des Finances. On ne cessa, de la fin du XVIIIe siècle à 1680 environ, de s’occuper de l’élargissement et de l’alignement de cette rue « d’autant plus nécessaire, dit une pièce de 1820, qu’on y a établi le logement de l’Etat-Major général de la Division, dans la maison Cossin, affermée par le Gouvernement ».

Aujourd’hui on peut encore dire de cette voie : Adlxuc sub judice lis est.




Rue des Herses
Cinquième arrondissement. Paroisse de Saint-Similien.
De la rue de la Bastille à la rue de Carcouet.

On disait auparavant chemin, et ce n’est qu’en 1903 qu’il prend le nom de rue.




Cour des Hervés
Sixième arrondissement. Paroisse de Saint-Anne.

Encore un coin qui deviendra bientôt un mythe, et bien difficile à découvrir dans le quartier Sainte-Anne (voir aussi cour Duval) ; nous le mentionnons parce que ce nom revient assez souvent dans les pièces de voirie pour ce quartier.




Quai Hoche
Quatrième arrondissement. Paroisse de la Madeleine.
Du pont de la Madeleine à la rue La Tour d’Auvergne.

Ce quai, qui porta aussi le nom de quai de Berry, doit avoir été établi de 1832 à 1840 ; il en est du moins fait mention dans un acte de cette époque, où il est dit que la ruelle Dumay (voir à ce nom) doit être élargie de manière à faire un quai de 10 mètres de largeur.

Lazare Hoche, général en chef des armées de la République française, né en 1768 à Versailles, qui lui a érigé une statue en 1832, meurt à Mayence le 13 septembre 1797.




Place de la Petite-Hollande
Quatrième arrondissement. Paroisse de Sainte-Croix.
Du pont de la Bourse au pont Maudit.

C’était autrefois le point de débarquement des bateaux qui apportaient en particulier les fromages de Hollande, de là son nom que d’autres attribuent à un riche négociant du pays.

Elle s’appela également place Scevola, place de l’Eperon.

Il fut question de la vente de son emplacement, d’après une pétition des habitants, de 1791, qui protestent contre cet abandon. En 1802, on y construisit un établissement de bains qui disparut en 1869, et, sur son emplacement, en 1871, on éleva le marché couvert actuel.




Quai de l'Hôpital
Quatrième arrondissement. Paroisse de Sainte-Croix.
De la place de l’Hôtel-Dieu au pont Maudit.

Guépin dit que le quai fut commencé en 1636.

On le désigne parfois sous le titre de quai de l’Hôtel-Dieu, il fut aussi dénommé un instant quai de la Barbinais.

Le quai était en bien mauvais état à la fin du XVIIIe siècle, les pourparlers durèrent longtemps, enfin, en 1835, il fut décidé que la Ville prendrait à sa charge le tiers de la dépense, quelqu’en fut le chiffre.




Rue du Vieil-Hôpital
Troisième arrondissement. Paroisse de Sainte-Croix.
De la rue de la Poissonnerie au quai Jean-Bart.

Le nom de cette rue lui vient de l’Hôpital de la Ville, dit Notre-Dame-de-Pitié, dont nous avons déjà parlé. Placé d’abord rue des Jacobins, puis, en 1499, transféré dans la rue d’Erdre près de l’embouchure de cette rivière, d’où il prit le nom d’Hôpital d’Erdre, construit de 1503 à 1508 sous la direction de Guillaume Pâtissier, il devint, en 1569, l’Hôtel-Dieu. Il fut vendu, en 1655, par la Ville et transféré dans la prairie de Gloriette.

Il y avait dans cette rue l’auberge du Griffon, que nous avons eu l’occasion de noter ailleurs, comme étant le lieu préféré de rendez-vous par les marchands de toiles.

Dans une pièce de l’an VII, nous trouvons un autre détail que nous signalons, c’est que c’est principalement sur le quai Jean-Bart, voisin de notre rue, que les vanniers exposaient journellement leur osier et les marchandises fabriquées par eux.




Place et Square de l’Hôtel-Dieu
Quatrième arrondissement. Paroisse de Sainte-Croix.
Du pont de la Belle-Croix au quai de l’Hôpital.

On peut dire squares au lieu de jardin, puisque celui-ci, si bien tracé, en 1868, pour égayer la façade du monument, se divise en deux parties qui prirent, en 1900 (décision municipale du 13 juin, suivie d’un décret présidentiel du 24 juillet), les noms de Chassaignac et de Maisonneuve.

Le 26 septembre 1901, on inaugura leurs bustes dus à une souscription de médecins, d’élèves, de clients et de personnes de tout rang, réunis dans l’idée commune de perpétuer le souvenir des deux chirurgiens qui avaient laissé dans la science française, au siècle dernier, une trace profonde. Deux Nantais, MM. Le Bourg et Bareau furent chargés des bustes, M. Marchand, architecte en chef de la Ville, s’occupa du piédestal. Une brochure parue, en 1902, de M. le docteur Rouxeau, relate les détails de la cérémonie et donne les renseignements sur la vie de nos deux illustres compatriotes.

Chassaignac Pierre-Edouard-Marie, né à Nantes le 24 décembre 1804 et mort le 26 août 1879 ;

Maisonneuve Jacques-Gilles, né le 10 décembre 1809 et mort à l’âge de 88 ans dans sa propriété de la Roche-Hervé.

Nous venons de dire que l’Hôtel-Dieu y fut transféré vers 1653. L’Ecole de Médecine, installée à Nantes au mois d’août 1808, fut érigée en Ecole de plein exercice par décret du 28 janvier 1876.




Pont de l’Hôtel-de-Ville
Premier arrondissement. Paroisses de Saint-Pierre et Saint-Similien.
Du quai Duquesne à la place du Cirque.

Les pourparlers pour la construction de ce pont furent longs, nous les voyons commencer en 1837 à propos de celui des Petits-Murs, dont le rétablissement avait été formellement promis, et dont nous parlerons à cet article. Mais le projet d’ouverture de la rue qui conduisait de la place Saint-Pierre au quai Duquesne brisa toute résistance, et la construction en fut décidée et achevée vers 1863.




Place de l’Hôtel-de-Ville
Deuxième et troisième arrondissements. Paroisse de Saint-Pierre.

C’est le carrefour qui est déborné par les rues Thiers, de la Commune, de Fanny-Peccot et de Châteaudun.

On y a installé les bureaux de l’Administration de Bienfaisance sur un terrain qui dépendait de l’ancien monastère des religieuses de Sainte-Claire. On s’est occupé plusieurs fois de la formation de cette place ; en l’an V « où le citoyen Colin avait abandonné gratuitement le terrain dépendant du cidevant bénéfice de Toute-Joye ». Une rue de 30 pieds de largeur devait y aboutir.

En 1808, il en est encore question : en 1849, une pétition couverte de nombreuses signatures de la Garde Nationale, réclame toujours la place promise.

Nous parlerons de la Mairie à l’occasion de la rue Thiers.




Boulevard Victor-Hugo
Quatrième arrondissement. Paroisse de la Madeleine.
De la place de la République au pont de Pirmil.

Le boulevard fut dénommé le 26 mai 1885, en mémoire de Victor-Marie Hugo, né le 7 ventôse, an X (26 février 1802) à Besançon et mort à Paris, le 22 mai 1885. Sa mère, Marie-Françoise Trébuchet, était native de Nantes.

Cette voie a incorporé une rue que l’on appela rue Rivière des Neuf Ponts, puis tout simplement rue des Neuf Ponts. Son nom lui venait d’un petit cours d’eau que l’on traversait sur diverses petites arches, et sur lequel la rue a été conquise.

Il en est fait mention en 1811, les propriétaires demandèrent à être mis en possession de la moitié de la largeur de ces alluvions, et nous en retrouvons trace jusqu’en 1841. Dans un rapport du 25 octobre 1883, la rue est dite déclassée par arrêté du 30 décembre 1880, lequel avait ordonné le prolongement de cette ancienne voie jusqu’à la rue Petit-Pierre.




Rue Belle-Image
Troisième arrondissement. Paroisse de Sainte Croix.
De la rue du Bouffay à la place Sainte-Croix.

L’ancienne rue de la Poulaillerie, dite aussi de la Rôtisserie, séparait le chevet de Saint-Saturnin de la façade Sainte-Croix. Elle se rattachait donc à notre rue qui s’est appelée rue Carrache, rue Lavoisier, et nous reporterions la modification à 1818 environ, où nous entendons parler d’une voie en construction.

Nous n’avons point une justification officielle du nom que l’on trouve, sous forme d’enseigne, sur une hôtellerie, à une époque déjà ancienne.




Rue de l’Industrie
Premier arrondissement. Paroisse de Saint-Similien.
De la rue du Marchix à la rue Mercœur.

Nous la trouvons notée en 1832, comme d’une rue qui va être livrée à la circulation, mais elle est encore voie privée.

Avant la rue, il y avait une cour portant le même nom, mais cela n’explique pas l’appellation.




Place des Irlandais
Sixième arrondissement. Paroisse de Notre-Dame.
De la rue Voltaire à la rue Jean-V

On l’a aussi appelée place des Prêtres Irlandais, place des Catherinettes (voir rue Jean V pour l’explication de ces noms).

En 1822, nous trouvons indiquée, au n° 3 de cette place, la présence des magasins des subsistances militaires.

Celte place est en train de se transformer, les travaux en cours ne permettent pas encore d’en juger l’effet.




Place des Jacobins
Troisième arrondissement. Paroisse de Saint-Pierre.
De la rue Emery à la rue Dubois.

Elle porta plusieurs noms : place des Jacobins, place du Port-Maillard, place Largillière, puis de nouveau place des Jacobins, noms destinés à rappeler le souvenir des Jacobins, fondés de 1228 à 1247. En 1357, Charles de Blois agrandit leur domaine ; en 1365, Jean IV leur concède les vieux bâtiments de la Monnaie ; en 1410, un incendie détruit leur église qui fut reconstruite dans l’espace de trois ans ; en 1499, la reine Anne leur accorde l’ancien hôpital de Notre-Dame-de-Pitié, en échange d’un terrain qui lui était nécessaire ; en 1653 fut créée la place dont nous traitons ; en 1688, nos religieux commencèrent la Chapelle qui ne disparût qu’en 1898, et dont les derniers restes affectant la rue des Etats et de l’Union viennent d’être anéantis, sans même livrer le secret des tombes qu’ils renfermaient. En 1764, les Etats de Bretagne tiennent séance dans leur salle. Ils furent dispersés en 1791, et en 1793 leur Eglise servit d’abord à un sculpteur. En 1868, la percée de la rue de Strasbourg lui portait un coup mortel et la divisait en deux tronçons, celui de droite avec sa façade à riches ornements du XVIIe siècle qui disparut le premier, et celui de gauche, le dernier détruit, où on pouvait admirer encore ces dernières années le chevet plat, percé d’une belle et grande fenêtre à meneaux compliqués et dont le dessin figure dans l’Histoire de Nantes par Guépin.




Rue du Jardin des Plantes
Deuxième arrondissement. Paroisse de Saint-Clément.
De la place du même nom à la rue Gambetta.

Un acte du 30 juillet 1774 concerne « le petit chemin devant la tenue du moulin du Chapitre, qui passait devant le portail des Dames Religieuses Ursulines et aboutissait au cimetière public ». C’était tout au moins une partie de notre rue.

Le 7 Germinal an VI, le citoyen Louis Huard, propriétaire du moulin ci-devant du Chapitre demande à clore son terrain.

En 1827, le clergé de Saint-Clément réclame, « gêné dans les cérémonies funèbres pour arriver au cimetière de la Bouteillerie ».

Le décret impérial du 17 juin 1857 modifie finalement le tracé de la voie. La petite rue de ce nom longe le magnifique Jardin des Plantes qui fait l’admiration des étrangers parcourant notre cité.

Le Jardin des Plantes dont, vers la fin du XVIIe siècle, on avait médité l’installation au bas de la rue Sully, dans les environs du square Jules Verne, fut planté en 1805, sur les plans et dessins de Jean-François Ogée et sous la direction de François-René-André Dubuisson, Directeur du cabinet d’Histoire naturelle ; mais ce n’est qu’en 1822 qu’on s’occupe du nivellement ; un atelier de charité fut établi en vue de ce travail et le Jardin fut livré au public le 18 juillet 1829. Il fut plusieurs fois agrandi, notamment en 1857, où l’on ouvrit deux rues, à l’est et à l’ouest, où l’on forma trois places, une devant l’entrée principale, sur le boulevard de la gare, la seconde à l’extrémité de la rue de l’est, devant l’entrée du cimetière, et la troisième à l’extrémité de la rue de l’ouest, devant le Lycée. Puis la rue de Flore et une portion de la rue de Richebourg sont supprimées, et leur emplacement est réuni au Jardin.

(Nous avons entendu préciser l’emplacement du Labyrinthe ; on signale en cet endroit, un château de Bellestre, près la rue d’Allonville, où se trouvait un corps de logis appelé la Tour Carrée, avec une chapelle proche, la Chapelle Saint-René). Mais c’est surtout de 1858 à 1800 que de nouveaux travaux furent entrepris par les soins du Dr Ecorchard, travaux qui le transformèrent complètement. La Municipalité a voulu en rappeler le souvenir en y élevant, en 1893, un buste au laborieux et distingué professeur d’horticulture.




Rue des Grands-Jardins
Sixième arrondissement. Paroisse de Sainte-Anne.
De la rue Dupleix au n° 22 de la rue des Perrières (dans laquelle elle aboutit par une porte de maison).

Elle s’est appelée rue Beauregard.

Il y avait aussi une ruelle du même nom qui, elle également, aurait porté cette première dénomination, et dont nous avons parlé à l’article rue Barbinais.


Rue Jean-V
Sixième arrondissement. Paroisse de Notre-Dame.
De la place des Irlandais à la rue Beaumanoir.

Cette voie fut tracée sur l’emplacement qu’occupaient les rues des Catherinettes ou Cathelinettes et des Irlandais, dont les noms rappelaient, l’un les prêtres Irlandais, réfugiés en Bretagne et définitivement installés dans la rue du Chapeau-Rouge ; l’autre, les religieuses dominicaines de Sainte-Catherine, qui s’établirent, en 1694, avec la permission de la communauté de Ville dans une chapelle dédiée à Saint Gabriel, mais qui furent supprimées comme manquant de lettres patentes, et durent céder leur place aux prêtres irlandais. En 1602, le Bureau de Ville avait décidé de louer le manoir de la Touche pour y mettre les pestiférés, à la suite d’un retour de la maladie qui infestait à nouveau la Ville ; les convalescents devaient passer dix à douze jours au Manoir, à leurs frais s’ils en avaient les moyens, et aux frais de la cité s’ils étaient pauvres.

Sur un procès-verbal de 1778, l’immeuble visé est dit « sis au bout de la rue des Catherinettes et en retour sur la rue de la Grande-Corderie ». Le nom que porte depuis 1899 la rue est celui du Duc de Bretagne, qui, après avoir joué un rôle important dans notre histoire mourut le 29 août 1442, dans le manoir désigné communément sous le titre de manoir de Jean V.

Suivant Albert le Grand, Guillaume de Vern, évêque de Nantes, aurait acheté en 1276 le fief de la Fosse, où se trouve le manoir de la Touche. Travers dit que cet achat aurait été fait par l’évêque Durand, son successeur, sur le trône épiscopal.

On y voit l’entrée des constructions élevées par M. Thomas Dobrée, qui les a léguées au Département en même temps que les riches collections qu’il y avait accumulées depuis de nombreuses années. Ces mêmes bâtiments abritent les richesses archéologiques du Musée départemental qui y ont été transportées en 1898-1899.

Il y avait, à l’angle de la place actuelle, une impasse appelée Lelorrain, que l’on trouve sur le plan de 1849, et qui a disparu au moment de l’ouverture de la rue Jean V.




Place du Lieutenant-Jehenne
Deuxième arrondissement. Paroisse de Saint-Donatien.
(Les maisons à l’extrémité de la rue de la Poudrière sont de la paroisse Saint-Clément).
Du quai de Barbin à la rue de la Poudrière.

Le nom fut donné le 25 août 1886, en mémoire du Lieutenant Jehenne Louis, blessé mortellement au combat de Sontay (Tonkin) et mort à Formose, le 4 juin 1885,

Le quartier a été modifié au moment de l’établissement du nouveau pont.




Rue de Jemmapes
Quatrième arrondissement. Paroisse de Sainte-Croix.
De la rue Fouré à l’avenue Carnot.

La rue fut ouverte en 1900 et le nom lui fut donné l’année suivante en souvenir de la victoire remportée le 6 novembre 1793 sur les Autrichiens par les Français sous les ordres de Dumouriez.

Cette voie limite le Champ de Mars au Nord.




Rue Jenner
Sixième arrondissement. Paroisse de Notre-Dame.
De la place Daubenton à la rue Lemot.

Le médecin anglais Edward Jenner, né en 1749 à Berkeley (Glocester), mort en 1823, est compté au nombre des bienfaiteurs de l’humanité, pour avoir découvert et propagé la vaccine qu’il ne fit connaître qu’en 1796, après vingt années d’études et de recherches.

Son nom fut donné le 27 octobre 1837 à cette rue de date récente.




Rue du Quatorze-Juillet
Cinquième arrondissement. Paroisse de Saint-Nicolas.
De la rue de la Bastille, n° 25, au boulevard Delorme, n° 34.

On la dénomma le 15 juillet 1880 en souvenir de la journée où furent abattus les remparts de la Bastille, et où le peuple reconquit ses droits. L’Ecole pratique de Commerce et d’Industrie pour les jeunes filles, qui avait été d’abord installée rue du Guesclin, place de la Monnaie, rue Arsène-Leloup, de 1869 à 1886, y fut transférée le 1er octobre de cette dernière année et reçut en même temps la dénomination « d’Ecole Vial », pour rappeler la mémoire de cet ancien conseiller municipal qui avait légué des fonds pour la construction d’une Ecole.




Rue de la Juiverie
Troisième arrondissement. Paroisse de Sainte-Croix.
De la rue du Port-Maillard à la rue de la Baclerie.

Cette rue est souvent visitée par les curieux et les étrangers de passage en notre ville. Elle était autrefois habitée par les juifs, à l’époque où la loi leur imposait une habitation dans un quartier déterminé, et ils y avaient établi leur synagogue.

A signaler, au n° 11, une maison qui porte sur sa façade deux tableaux en relief, le premier représentant un buste de femme dont la figure est tournée vers l’orient, avec ces lettres A Ō, et au-dessous ces mots QUŒRENDA EST, que l’on cherche à expliquer ainsi : A supero quœrenda est (veritas ou felicitas, ou tout autre mot) ; dans le second se voit un homme assis à la porte d’un temple dont le fronton est décoré de trois lampes ardentes, une tortue dans la main, des ailes au talon gauche, on y lit : Expecto donec veniat.

Au n° 9, quelques restes de sculpture, et une vieille porte en bois dont il ne restera bientôt plus que très peu de chose.



Rue Jussieu
Troisième arrondissement. Paroisse de Saint-Pierre.
De la place des Jacobins à la rue de Strasbourg.

Les travaux de la rue de Strasbourg ont presque fait disparaître cette rue qui s’était appelée Haute rue des Jacobins, Haute rue du Port-Maillard, et à qui on donna en dernier lieu celui du botaniste Antoine de Jussieu, né à Lyon en 1686, et mort en 1758 à Paris. Deux immeubles sont signalés, l’un à l’angle de la rue et de la place des Jacobins, qui était l’hôtel du Maire Gérard Mellier, et un autre dans la rue même, celui de M. de la Vincendière.




Square du Palais de Justice
Cinquième arrondissement. Paroisse de Saint-Nicolas.

Le jardin qui entoure le bâtiment du Palais de Justice appartient au Département. Un arrêté préfectoral du 20 juin 1869 autorise la construction de la grille destinée à le clore.




Rue Kervégan
Quatrième arrondissement. Paroisse de Sainte-Croix.
De la Poissonnerie à la place de la Petite-Hollande.

En décembre 1787, la rue qui a porté les noms de rue de Rohan, rue Desilles, rue de Montfort, rue du Milieu, était divisée en deux, avec les dénominations de rue de Rohan et rue de Montfort ; plus tard, en 1901, on y incorpora la petite rue Bon-Secours.

En 1749, nous trouvons cette dernière voie citée dans un acte de vente, par lequel le terrain est estimé à 5 livres le mètre carré ; elle reçut sa dénomination actuelle le 1er décembre 1817, pour rappeler la mémoire de Christophe-Clair-Daniel de Kervégan, négociant, ancien juge consul, ancien échevin, maire et colonel de la Milice bourgeoise jusqu’au 30 novembre 1791, né à Nantes le 25 décembre 1735. Trois fois rappelé à la Mairie, magistrat sans reproche, ayant su conserver l’indépendance de sa modération au milieu des passions adverses qui le menaçaient et le provoquaient, son nom reparait à maintes reprises dans nos Annales, il mourut le 2 octobre 1817. La Ville en deuil conduisit au champ du repos celui qui lui avait consacré toute sa vie.




Rue Kléber
Sixième arrondissement. Paroisse de Notre-Dame.
De la place de la Monnaie à la rue Copernic.

L’ouverture de la rue, à travers les terrains de la corderie Brée et le bois de la Touche, fut décidée en 1827, et ne fut exécutée que dix ans après.

On lui donna, le 27 octobre 1837, le nom du général J.-B. Kléber, né à Strasbourg en 1753, qui s’engagea d’abord au service de l’Autriche, puis, revenu en France vers 1792, se fit soldat et s’éleva rapidement aux premiers grades. On le rencontre sur les principaux, champs de bataille, dans l’est, dans l’ouest, pour finir, le 14 juin 1800, assassiné au Caire par un Turc fanatique, au moment où il allait consolider la conquête de l’Egypte.




Rue Labouchère
Deuxième arrondissement. Paroisse de Saint-Clément.
De la rue Saint-Clément à la rue Gambetta.

C’est l’ancienne rue Traversière, qui avait elle-même porté les noms de rue de la Visitation et de rue Rollin. Son dernier nom lui fut attribué en 1899, pour rappeler la mémoire de la Bouchère Pierre-Antoine, peintre, né à Nantes le 26 novembre 1807, mort à Paris le 28 mars 1873, donateur d’une belle collection de monnaies en faveur de la Bibliothèque de sa ville natale.

Nous ne pouvons donner une explication du premier nom qu’elle a porté.



Rue Laennec
Quatrième arrondissement. Paroisse de Sainte-Croix.
De la rue Baron à la rue Emile-Péhant.

Dans la séance du 14 mars 1889, le Conseil fut averti que les propriétaires riverains des rues nord-sud et est-ouest, rues ouvertes sur la prairie de la Madeleine, proposaient de céder à la Ville la propriété de leur sol, moyennant une somme représentant le montant des travaux à exécuter pour leur mise en état de viabilité. Et l’année suivante, on attribua à la voie établie sur elles le nom du médecin habile et très érudit, qui a laissé plusieurs mémoires scientifiques et rédigé l’un des premiers budgets de Nantes.

Quatre personnages de ce nom figurent à une place honorable, parmi lesquels nous citerons : Guillaume-François, aïeul de Théophile, né à Quimper le 11 novembre 1748 et mort à Nantes le 8 février 1822. Il s’était installé en notre Ville vers 1780-1782 : recteur de l’Université, fondateur de l’Ecole de Médecine, médecin en chef des hôpitaux, correspondant de la Société de Médecine de la Faculté de Paris (pendant la Révolution, il occupa les fonctions de médecin en chef de l’armée des côtes de Brest), il devint conseiller municipal de Nantes ;

Son fils, Ambroise-François, né à Nantes le 11 juin 1790 et mort en cette Ville le 12 novembre 1839, également professeur à l’Ecole de Médecine et médecin des hôpitaux ;

Enfin Théophile-Ambroise, né aussi à Nantes le 12 mars 1830, professeur et directeur de l’Ecole de Médecine.

Nous devons encore signaler René-Théophile-Hyacinthe, professeur à la Faculté de Médecine de Paris et au Collège de France, membre titulaire de l’Académie de Médecine, auteur de l’auscultation, né à Quimper te 17 février 1781 et mort à Kerlouarnec, près Douarnenez, le 13 avril 1826.




Place La Fayette
Cinquième arrondissement. Paroisse de Saint-Nicolas.
Entre les rues Marceau, Descartes, des Arts et du Général-Meusnier.

On l’a désignée antérieurement sous les noms de place de la Reconnaissance et de place de Berry.

Nous la trouvons à l’état de projet encore assez vague en 1809 ; elle figure, en 1824, dans un autre projet de modification. Une ordonnance royale du 7 avril 1845 déclare d’utilité publique les travaux de construction d’un Palais de Justice, de prisons et d’une caserne de gendarmerie, d’où formation d’une nouvelle place substituée à la petite du même nom, et, comme suite, percement de trois rues qui devaient en partir pour déboucher, l’une dans la rue Deshoulières, l’autre rue Mercœur, et la troisième sur cette dernière vis-à-vis la rue des Arts, dont elle sera le prolongement.

Le Palais de Justice fut achevé en 1852, les trois étages de ce monument sont reliés entre eux par quatre escaliers ; sur la porte supérieure de la grande arcade, un groupe allégorique représente la Justice protégeant l’Innocence contre le crime, les statues de la Force et de la Loi sont placées dans les niches des pied-droits de l’arcade.

L’Hôtel de la Gendarmerie fut terminé en 1864.

La Prison fut ouverte en 1869.

On y éleva, en 1867, une statue qui fut inaugurée le 15 septembre, à la mémoire de M. Billault Auguste-Adolphe-Marie, ministre de Napoléon III, né à Vannes en 1805 et mort le 13 octobre 1863, au château des Grésillères, en Basse Goulaine, mais elle y resta peu de temps et fut retirée en 1872. Le socle, dit Maillard, avec les figures allégoriques qui l’ornaient, aurait été transporté sur la place Launay, puis utilisé pour un monument funèbre ; la statue elle-même est demeurée enfouie dans le sous-sol du Palais de Justice, c’est le seul fait que l’on puisse affirmer.

Comme la rue ci-après décrite, la rue a reçu son nom en l’honneur du célèbre général Gilbert Motier, marquis de la Fayette, qui naquit en 1757 à Chavagnac près Brioude (Haute-Loire) et mourut à Paris en 1834.



Rue La Fayette
Mêmes arrondissement et paroisse.
De la place du même nom à la rue du Calvaire.

Fut dénommée le 29 septembre 1830, c’est l’époque où le quartier subit sa transformation actuelle.




Impasse La Fontaine
Cinquième arrondissement. Paroisse Saint-Nicolas.
Rue La Chalotais.

D’une demande de 1807, au sujet d’une maison sise rue Chêne-d’Aron, ont peut croire au projet d’une communication sollicitée alors, la municipalité s’y refusa.

Ainsi dénommée de notre grand fabuliste Jean de la Fontaine, né en 1621 à Château-Thierry et mort à Paris en 1695.




Rue Lambert
Troisième arrondissement. Paroisse de Saint-Pierre.
De la rue Dubois à la rue du Port-Maillard.

Dans une pétition de 1819, la voie est désignée ruelle. En 1866, dans un rapport, le docteur Guépin en trace un tableau navrant, et en demande la démolition, et à défaut, deux portes pour fermer cette ruelle qui n’offre aucune entrée.

On peut dire que la situation de cette rue, que l’on a dénommée rue Brandouille, ruelle des Jacobins, n’a pas beaucoup été modifiée, et l’attention d’un étranger en quête de pittoresque ne serait pas arrêtée, à son entrée sur la rue Dubois, où elle ne mesure que 0m70 de large.




Rue La Moricière
Sixième arrondissement. Paroisse de Notre-Dame.
De la rue de Gigant à la place La Moricière.

On a dit, rue de l’Entrepôt, chaussée de l’Entrepôt, rue de la Rivière, chaussée de la Chézine ; c’était autrefois une avenue plantée d’arbres. Tout le terrain sur lequel MM. Mellinet et Duparc firent construire, vers 1788, dans les marécages desséchés de la Chézine, l’Entrepôt des Cafés, depuis détruit par un incendie, dans la nuit du 21 au 22 septembre 1839, était primitivement une Boire qui s’étendait par la vallée où coule la Chézine jusqu’à la Bouvardière. Sous la Révolution, ce bâtiment avait servi de prison aux victimes de la Terreur.

Une note de l’Architecte voyer du 12 novembre 1816 dit que le pont de bois établi sur la Chézine dans la rue de l’Entrepôt aurait été construit 24 ans auparavant par M. Duparc. Ce pont fut reconstruit en 1825 et en 1832.

C’est en 1874 qu’on attribua à la voie nouvelle le nom du Général Christophe-Louis-Léon Juchault de La Moricière, né à Nantes le 5 février 1806 et mort le 10 septembre 1865 au château de Proussal, près d’Amiens.




Place de La Moricière
Mêmes arrondissement et paroisse.
De la rue à l’avenue de Launay.

On l’appelait autrefois place de l’Entrepôt, pour les mêmes raisons que nous venons de donner à la rue du même nom.




Rue Lamotte Piquet
Sixième arrondissement. Paroisse de Notre-Dame.
De la place Catinat au boulevard Saint-Pern.

Une ordonnance du 5 septembre 1839 fut rendue sur l’établissement de plusieurs voies publiques à ouvrir sur les terrains du quartier de l’Entrepôt ; des alignements avaient bien été fixés par suite d’une convention approuvée le 16 septembre 1786, mais ils furent successivement ajournés, jusqu’en 1844 où une autre ordonnance royale autorisa la Commune à modifier son plan.

En 1874, la voie est déclarée voie privative, et en 1876, le Commissaire Voyer déclare que le sol de la rue a été abandonné par les Propriétaires riverains à la fin du mois de février.

Le 31 décembre 1856, on lui donnait le nom de Toussaint Guillaume, comte de la Motte Piquet, lieutenant général des armées navales, né à Rennes en 1720. Il se signala de 1737 à 1783 en de nombreux combats, et en particulier à la bataille d’Ouessant et au combat de Fort-Royal. Il mourut en 1791 à Brest.




Rue Pierre-Landais
Quatrième arrondissement. Paroisse de la Madeleine.
De la rue Alain-Barbe-Torte à la rue Arthur-III

Ouverte en 1905, cette rue a été construite sur l’emplacement de l’ancien canal Pelloutier ; ultérieurement, elle sera prolongée jusqu’au quai Léon-Bureau.

Pierre Landais, natif d’un faubourg de Vitré, fils d’un pauvre artisan, tailleur, Grand trésorier de Bretagne, avait d’abord été valet de garde-robe de François II ; il sut s’élever rapidement aux honneurs, qu’il mérita du reste par une administration de vingt-cinq ans réellement remarquable. Les seigneurs bretons, jaloux de son pouvoir, conspirèrent contre lui, et, pour éviter la révolte, le Duc préféra leur sacrifier son fidèle serviteur qui fut arrêté, renfermé dans la grosse tour Saint-Nicolas, et condamné à être pendu en 1485, au gibet de la prée de Biesse ; son corps, descendu, fut déposé en l’église collégiale de Nantes.




Rue de l’Angle
Troisième arrondissement. Paroisse de Saint-Nicolas.
De la rue du Couëdic à la rue La Pérouse.

Ouverte en 1787, la rue fut dénommée ainsi pour rappeler la mémoire de Paul-Antoine-Marie Fleuriot de l’Angle, né au Château de Kerlouet (Côtes-du-Nord) en 1744, mort en Océanie, à l’Ile Maama, en 1787.



Rue Lanoue-Bras-de-Fer
Quatrième arrondissement. Paroisse de la Madeleine.
De la place François-II aux chantiers de la Loire.

François de la Noue, surnommé Bras de fer, à cause d’un bras qu’il avait perdu au siège de Fontenay, en l569, capitaine calviniste renommé, l’ami et le compagnon d’armes de l’amiral Coligny et de Henri IV, naquit en Bretagne, à quelques lieues de Nantes, en 1531, et doit tenir une des premières places parmi les Nantais qui figurèrent dans la longue lutte du calvinisme et de la Ligue ; en 1591 il fut blessé mortellement au siège de Lamballe.

Cette voie qui, en 1856, est encore déclarée voie non publique (elle faisait partie des terrains que devait céder en 1861 M. Pelloutier) fut classée dès cette année, le 12 octobre.




Rue La Pérouse
Troisième arrondissement. Paroisse de Saint-Nicolas.
Du quai Brancas à la place Royale.

La rue date de 1787, ainsi que celles avoisinant l’Hôtel de la Poste qui y fut installé, en 1884, dans le bâtiment de l’ancienne halle aux blés, dont l’étage supérieur avait abrité pendant plusieurs années la Bibliothèque.

J.-F. de la Pérouse, navigateur de grand renom, né à Albi en 1741, est surtout célèbre par son voyage de découverte avec les frégates La Boussole et l’Astrolabe. Au bout de trois ans il disparut sans laisser de traces et on désespérait de le découvrir, lorsqu’en 1827. un capitaine Anglais rencontra, dans une des îles Vanikoro les débris de ses vaisseaux, débris qui furent reconnus l’année suivante par Dumont d’Urville. Deux passages, appelés l’un n° 9, passage de la Belle Georgette et l’autre au n° 11 passage de Lesseps, permettent la communication entre la rue et la place du Commerce.

M. de la Nicollière a publié en 1892 (Revue de Bretagne et de Vendée) une plaquette sur Louise-Eléonore Broudou, femme de la Peyrouse, qui était Nantaise.



Avenue de Launay
Sixième arrondissement. Paroisse de Notre-Dame.
De la place La Moricière à la place du Général-Mellinet.

Le quartier de Launay, bâti en 1828, a pris son nom du vieux château et parc de Launay-Godetière. (La Terre de Launay-Godetière s’était appelée jusqu’en 1603 Launay-Dionis).

On cite un Boaistruau ou Boistuau Pierre, seigneur de Launay, né à Nantes au commencement du XVIe siècle et que l’on avait surnommé Launai, auteur de plusieurs ouvrages ; il mourut à Paris en 1566.

Cet ancien parc, appelé plus souvent Bois de Launay, était le lieu de promenade et de fêtes des Nantais. C’est en l’année 1826 que MM. Allard frères, Vanloup, propriétaires de cette terre qu’ils avaient acquise de la vieille famille Bertrand de Saint-Pern, se décidèrent à la transformer en un vaste quartier, et en confièrent le plan à MM. Blon et Amouroux.

Dans l’axe de la rue de Launay, la principale avenue fut tracée aux deux tiers de sa longueur ; elle fut coupée par une autre partant du chantier Crucy et allant par Gigant joindre le château Gaillard et le Doué-Garnier ; contenance de la propriété 2.500.000 pieds. L’ancien château occupait le terrain de la place octogone. Un plan manuscrit de Coulon, l’an 3 de la République, en donne une physionomie fidèle.

En définitive, projets, propositions, plans et devis se prolongèrent de 1786 à 1856, d’après les pièces déposées à la voirie.

Signalons, à l’entrée du chemin du bois, une carrière que l’on désignait sous le nom de carrière aux chiens.




Rue de Launay
Mêmes arrondissement et Paroisse.
Du quai de la Fosse, 83, à la place La Moricière.

La rue est mentionnée dans un acte de vente de terrain dans le Pré Lévesque en 1727, à propos d’alignements en vue des constructions de maisons sur le quai d’Estrées, puis en 1730, dans un procès-verbal d’alignement sollicité par les Administrateurs de l’Hôpital dit Sanitat.

La rue ne devait être alors qu’un simple chemin, car elle ne fut nivelée qu’en 1847.

A l’angle de la petite rue de Launay existait la maison « Chaurand », dont nous avons trouvé le nom appliqué à une partie du quai de la Fosse.

La rue de Launay se serait appelée aussi rue des Marchands, on y voyait l’Entrée du « chemin de la Compagnie », et au côté opposé l’entrepôt des cafés.




Ile de Launay
Quatrième arrondissement.
Entre la Prairie de Mauves et la côte Saint-Sébastien, la Prairie d’Amont et l’ile Beaulieu.




Boulevard Gabriel-Lauriol
Premier arrondissement. Paroisse de Saint-Félix.
Du carrefour formé par les boulevards Saint-Félix et Eugène-Orieux aux avenues du Champ de Manœuvres et du Stand.

Son premier nom de Petit-Port se rapporte à l’espèce de petit bassin formé par le Cens, à son embouchure dans l’Erdre.

Une Seigneurie de ce nom existait.

A côté, on voit encore une maison, La Morrhonnière, modèle du style gothique du XVIe siècle : un peu plus loin la petite Houssinière qui est aujourd’hui l’orphelinat de Bethléem, fondé vers le milieu du siècle dernier par l’Abbé Bauduz.

L’observatoire météorologique (ancienne maison des Oratoriens) fut établi par décision du 12 février 1879.

Le Champ de manœuvres date de 1875, les terrains furent acquis à la date du 11 mai, et plus tard, en 1883, on y éleva les tribunes du Champ de Courses.

Le nom du Boulevard du Petit-Port lui fut d’abord attribué, le 18 décembre 1882, puis, en 1901, on lui substitua celui actuel, destiné à rappeler la mémoire du grand industriel, né à Morlaix, le 20 décembre 1807, et mort à Nantes, le 10 juillet 1889.




Avenue du Lavoir
Premier arrondissement. Paroisse de Saint-Similien.
Voie privée au n° 125 de la rue de Rennes.




Rue Lavoisier
Sixième arrondissement. Paroisse de Notre-Dame.
De l’avenue de Launay à la rue de la Brasserie.

Le grand chimiste A. Laurent Lavoisier, né à Paris en 1743, entra à l’Académie des Sciences à l’âge de 25 ans. On lui doit de nombreuses découvertes en chimie, en même temps qu’il faisait des applications utiles de ses connaissances. Traduit en 1793 devant le Tribunal Révolutionnaire, il fut condamné et exécuté le 8 mai 1794. Ouverte au moment de la formation du quartier, la rue a reçu un nom approprié au milieu où elle se trouve.




Rue Lebrun
Deuxième arrondissement. Paroisse de Saint-Clément.
De la rue Sully à la rue Saint-Clément.

Diverses attributions peuvent également convenir pour cette rue, et nous hésitons entre le Jésuite de ce nom, né à Nantes en 1607 et mort à Paris en 1663, appellation justifiée par le voisinage de l’Oratoire, et le peintre graveur qui vécut de 1619 à 1690, dont la mémoire méritait aussi d’être rappelée. Pour ce dernier, la dénomination des voies voisines Audran et Vignoies semblerait une justification de cette attribution.



Rue Charles-Lechat
Sixième arrondissement. Paroisse de Sainte-Anne.
De la place du même nom à l’église Sainte-Anne.

En 1899, sur la demande des habitants, on donna ce nom, déjà attribué à la place voisine, à la rue, nouvellement élargie et très courte qui prolonge cette place jusqu’à l’église, et qui portait auparavant le nom de rue Vierge-Marie.

Julien-Charles-Marie-Claudius Lechat, né le 6 novembre 1825 à Laigle (Orne) fut nommé maire de Nantes, le 14 décembre 1874 et resta en fonctions jusqu’au mois de juillet 1881. Il avait été professeur au Lycée de cette ville, puis il devint industriel et fut nommé membre de la Chambre de Commerce. Il mourut à Nantes, le 18 mai 1894.




Place Charles-Lechat
Mêmes arrondissement et paroisse.
Du boulevard Saint-Aignan à la rue de la Hautière.

Un décret du 8 mai 1896, donna ce nom au petit placis qui forme la tête du boulevard Saint-Aignan, derrière l’église Sainte-Anne.




Cour Lecocq
Mêmes arrondissement et Paroisse.

Encore un de ces emplacements situés dans le quartier Sainte-Anne que la transformation du quartier va faire disparaître à bref délai. La cour de ce nom est en partie occupée par la nouvelle voie, la rue Dupleix.




Rue Ledru-Rollin
Quatrième arrondissement. Paroisse de Saint-Jacques.
De la rue Saint-Jacques à la rue du Frère-Louis.

La voie ne date que de 1882, et c’est le 6 août de cette année qu’on lui appliqua le nom du membre du Gouvernement provisoire de 1848, Alexandre-Auguste Ledru-Rollin, né à Paris en 1808, mort en 1874.




Rue Leglas-Maurice
Premier arrondissement. Paroisse de Saint-Félix.
De la rue François-Bruneau à la rue Cochard-Polenne.

Le nom fut attribué par les habitants à la rue qui desservait la fabrique de meubles établie en 1874 sur des terrains incultes par le grand industriel nantais. Mais c’est une voie non classée, dont le sol appartient à un particulier.




Rue Le Huédé
Sixième arrondissement. Paroisse de Sainte-Anne.
De la rue Miséry à la place des Garennes.

Une décision municipale du 21 mai 1890 dénomme ainsi cette voie pour rappeler le souvenir de l’ancien curé de la paroisse, dont le nom est demeuré populaire.

Le Huédé, Jean-Noël, né à Batz en 1807, vicaire à Chantenay en 1831, fondateur et premier curé de Sainte-Anne, le 22 novembre 1846, chanoine honoraire en 1870, mourut le 6 décembre 1884.

Présentement la rue s’étend de l’autre côté de la place où elle devient cul-de-sac.




Rue Lekain
Cinquième arrondissement. Paroisse de Saint-Nicolas.
De la rue du Calvaire à la rue Scribe.

Un procès-verbal du 14 ventôse, an V, dit que la ruelle (c’est ainsi qu’elle est indiquée à ce moment) est encombrée par les dépôts qu'y accumule le sieur de l’Orme ». Il s’agissait, en la circonstance, des travaux entrepris pour le boulevard et les voies voisines. Une lettre du 26 juillet 1817 nous fait connaître que la ruelle Pertuis-Morel (désignation antérieure de la rue Lekain, qui s’est encore appelée rue Sydney) est propriété de la Ville, et qu’une propriétaire dont le mur donnait sur la ruelle, a eu tort d’y pratiquer des jours sans aviser la communauté.

En 1820, quelques propriétaires acquièrent une portion de la ruelle. En 1844, dans une question d’alignement, il est parlé d’un terrain sis à l’angle de la rue Lekain et du passage de la tenue Gaudin.

La voie existait donc au moment des percées de ce quartier, mais ne devint rue que postérieurement, et, en raison du voisinage du Théâtre, on la dénomma du nom du tragédien Henri-Louis Caïn, dit Lekain, né à Paris en 1728, mort le 8 février 1778.




Boulevard Lelasseur
Premier arrondissement. Paroisse de Saint-Similien.
De la route de Vannes à la route de Rennes.

René-François Le Lasseur, né le 4 avril 1754, mort le 27 janvier 1838, ancien avocat général à la Chambre des Comptes, philanthrope, a laissé 30.000 francs au dépôt de mendicité, 20.000 francs à la maison de Saint-Vincent-de-Paul, 15.000 aux pauvres des paroisses Saint-Clément, Saint-Donatien et Saint-Similien, 6.000 francs à l’Hospice des pauvres et 10.000 francs à celui des incurables. Sa tombe avoisine le Calvaire au cimetière Saint-Donatien.

Des héritiers de cette famille ont continué à habiter la Ville ; en 1842, un M. Le Lasseur figure dans un projet d’établir une ligne de boulevards, du boulevard Delorme à la route de Rennes, et deux ans après, il donne l’autorisation de laisser percer son terrain de la Sauzinière, en fournissant les fonds nécessaires qui lui seront remboursés par annuités ; un arrêté royal du 23 décembre 1846 est intervenu au sujet des travaux que l’on avait acceptés.



Rue Arsène-Leloup
Sixième arrondissement. Paroisse de Notre-Dame.
De la rue Dobrée à la rue Evariste-Luminais.

Il y eut une rue et une ruelle des Coulées, dont il est fait mention dans des travaux projetés pour la construction d’une Ecole normale, de 1832 à 1837. Il y avait encore une voie dite Bas des Coulées, une avenue dite Bois des Coulées, qui fut utilisée quelques années avant, vers 1825, pour le percement de la voie.

C’est cet ensemble qui a constitué la rue qui, en 1884, reçut son nom de M. Arsène Leloup, né à Avranches le 11 février 1803, devenu directeur fondateur de l’Ecole professionnelle de Nantes, en juin 1834, Conseiller général en 1857, élu maire le 19 juillet 1871 ; révoqué par un décret du 17 décembre 1872, M. Arsène Leloup se retira à Port-Launay, en Couëron, où il mourut le 17 février 1876.




Ile Lemaire ou Mabon

Saluons d’un souvenir cette ile, située en face le quai d’Aiguillon, et vulgairement dénommée Ile Mabon, qui a disparu en 1903-1904, au moment où on entreprenait de grands travaux pour l’amélioration de l’entrée du Port. Avec sa verdure, ses ruines pittoresques quand on les regardait de loin, elle tenait sa place dans la physionomie de notre cité, et si on n’y a jamais construit d’hôtel Terminus, elle servait du moins parfois de point d’excursion et d’événements plus ou moins heureux à rappeler.

Par contrat du 25 septembre 1741, l’île Miseiry, qui avait été achetée par un sieur Lemaire, dont elle avait pris le nom, fut revendue au sieur Lemballeur de la Roche. Le 6 juin 1761 elle est vendue à une dame Vatard ; le 19 avril 1776 aux sieurs Rolland Hubert et J-B. Boudoin associés (l’achat ne leur fut confirmé qu’en 1783). A ce moment vient s’y installer un constructeur de bateaux, Mabon Francisque, qui à son tour lui donna son nom (L’annuaire de 1808 porte le nom des frères Mabon, constructeurs) et y demeura jusque vers 1822.

Le 14 juillet 1826, M. Delaporte en devient propriétaire ; Frédéric Bertrand en 1849 ; le 24 juillet 1879, l’Etat en prenait à son tour possession, l’ayant acquise de M. Briau, Directeur de la Compagnie des Chemins de fer nantais.




Rue Lemot
Sixième arrondissement. Paroisse de Notre-Dame.
Du boulevard Saint-Aignan à la rue Jenner.

La rue fut dénommée le 27 octobre 1837, en souvenir du baron François-Frédéric Lemot, né à Lyon le 4 novembre 1773, mort à Paris le 6 mai 1827. Grand statuaire, membre de l’institut et professeur à l’Ecole des Beaux-Arts, grand prix de Rome à 17 ans pour un bas-relief représentant le jugement de Salomon, le baron Lemot fit un long séjour à Clisson, et la famille y a conservé la propriété, dite Garenne Lemot.




Rue Le Nôtre
Premier arrondissement. Paroisse de Saint-Similien,
De la rue Saint-Similien au quai des Tanneurs, 11.

Elle s’appela d’abord rue du Tertre, et figure sous ce nom dans les pièces qui remontent jusqu’en 1747. La rue n’était pas très praticable, d’après une pétitition de 1792, où l’on dit qu’il s’y fait de nombreux charrois, impossibles dans l’état actuel, pour les Tanneries qui s’y trouvent. En 1832, mêmes plaintes ; une dame Rosalie Périer se refuse même à payer l’entretien du pavé, parce que la rue est tellement étroite que les voitures y passent peu, et que celles qui passent endommagent les bornes de sa maison. Un escalier y fut établi en 1874.

Nous pensons pouvoir attribuer le nom au célèbre dessinateur de parcs et jardins sous Louis XIV, qui vécut de 1613 à 1700, mais sans aucune preuve à l’appui.



Rue Le Pays
Sixième arrondissement. Paroisse de Notre-Dame.
De la rue Mellier au chemin de Plaisance.

Voie moderne, dénommée le 27 octobre 1837, en souvenir de l’écrivain quelque peu maltraité par Boileau, René Le Pays, né à Fougères le 28 décembre 1634, et mort à Paris en 1690. On le crut un instant originaire de Nantes. Ce serait là l’attribution vraie de ce nom.




Rue Abbé de Lépée
Sixième arrondissement. Paroisse de Notre-Dame.
De l’avenue Allard à la rue Le Pays.

Comme la précédente, ouverte lors de la création du quartier, elle a reçu, à la même date aussi, son nom en mémoire du fondateur de l’Institution des sourds et muets, né à Versailles en 1712 et mort à Paris en 1789.




Cour Leroux
Premier arrondissement. Paroisse de Saint-Similien.
De la rue Saint-Similien, n° 12 au quai des Tanneurs, 5.

La gravure a rendu populaire cette entrée, qui laisse apercevoir dans le lointain la magnifique façade de Saint-Pierre ; mais, pour se rendre compte de cette cour, il faut y pénétrer et accomplir le voyage jusqu’à son débouché, sous le nom de cour Legris, sur le quai des Tanneurs, vous serez récompensé de vos efforts d’équilibre, par la satisfaction d’avoir vu du nouveau.




Passage Leroy
Cinquième arrondissement. Paroisse de Saint-Similien.
De la rue de la Bastille, n° 38, à la rue Leroy.

Cette voie privée, établie sur d’anciens jardins quelque peu avant 1870, a pris son nom du propriétaire du sol sur lequel ont été élevés les petits hôtels qui la garnissent entièrement aujourd’hui, et qu’il avait acquis le 25 avril 1853.




Rue Leroy
Mêmes arrondissement et Paroisse.
Du passage de ce nom à la rue Félibien.

Cette rue forma tout d’abord l’extrémité Nord de la rue Saint-Yves puis devint une rue distincte à laquelle on donna, en 1898, le nom actuel, probablement parce qu’elle forme la prolongation du passage.




Rue Lesage
Cinquième et sixième arrondissements. Paroisse Notre-Dame.
De la rue Voltaire à la rue Marivaux.

La voie reçut le 27 octobre 1837 le nom du célèbre écrivain René-Alain Lesage, né à Sarzeau (Morbihan) le 8 mai 1668, mort en 1747.




Rue Lévêque
Cinquième arrondissement. Paroisse de Saint-Nicolas.
Du quai de la Fosse, 14, à la rue de l’Héronnière.

La rue, autrefois, rue Thomas, ne se signale par rien de remarquable ; on lui a donné, en 1818, le nom de Pierre Lévèque, Membre de l’Institut, mathématicien distingué, né à Nantes le 4 septembre l746 et mort au Havre le 16 octobre 1814.




Passage Louis Levesque
Cinquième arrondissement. Paroisse de Saint-Similien.
De la rue Félibien à la rue Menou.

Louis-Hyacinte-Nicolas Levesque, négociant, ancien Président de la Chambre de Commerce, né à la Roche-Bernard en 1774, fut nommé maire par ordonnance royale du 14 juillet 1819 ; réélu le 18 juillet 1821 et le 28 décembre 1825, il demeura en fonctions jusqu’en 1830. Il mourut à Paris le 5 février 1840.

C’était auparavant une rue, puisqu’en 1840 nous trouvons une lettre par laquelle le propriétaire offre de céder partie de son terrain pour l’élargissement de la rue Louis Levesque qu’il dénomme « nouvelle communication. » Le nom lui fut donné par M. de Coninck qui en avait offert, en 1841, l’abandon à la Ville et y avait même fait placer une plaque indicatrice à ce nom. Mais comme la Ville exigeait une largeur supérieure à celle proposée, la plaque fut retirée et la voie fermée à ses deux extrémités. Autrefois la Tenue Magourie en a constitué le sol.




Rue Linné
Sixième arrondissement. Paroisse de Notre-Dame.
De la rue Cuvier à la rue de, ou des Brosses.

Ouverte vers cette époque, la rue reçut, le 27 octobre 1837, son nom du célèbre naturaliste suédois, né en 1707, mort en 1778.




Rue de la Loire
Quatrième arrondissement. Paroisse de la Madeleine.
De la Loué à la Boire des Récollets.

La voie s’est formée et a été dénommée ainsi le 21 mai 1890, en substitution de la rue Prairie-d’Amont.

On cite également une rue Hameau, sans mention autre ni aucun détail, qui va de la rue de la Loire à la place Victor-Mangin et qui, pour nous ne serait autre que l’ancienne ruelle de la Prairie d’Amont, d’après les plans du commencement, du siècle dernier.



Chemin du Loquidy
Premier arrondissement. Paroisse de Saint-Félix.

Le chemin de ce nom a été remplacé en partie par le boulevard Gabriel-Lauriol ; il en existe une portion, qui part de ce boulevard et va à l’entrée de la propriété de la Houssinière, et qui desservait la propriété de Bethléem.

Le chemin du Petit Loquidy va du boulevard Eugène-Orieux au boulevard Gabriel-Lauriol.

Nous y avons trouvé citées la Borderie de l’Ecusson, la Carrière Henri, les propriétés de la Tortière, du Tertre, du Pin, les Moulins de la Marnière ou de la Marrière. Rappelons encore la petite et ancienne chapelle de ce nom, disparue dernièrement, et qu’on voyait en bordure du boulevard Michelet.

Le Loquidic est cité dans des titres très anciens comme appartenant au grand archidiacre de Nantes. Ogée dit qu’en 1092 cette terre dépendait de Saint-Donatien.




Rue Lorette de la Refoulais
Deuxième arrondissement. Paroisse de Saint-Clément.
De la rue du Lycée à la rue Saint-Clément.

C’est l’ancienne petite rue du Jardin-des-Plantes ; le nom avait d’abord été appliqué à l’ancienne petite rue Saint-Clément, puis fut donné à celle-ci en 1901.

Jean-Charles-Marie Lorette de la Refoulais, né en 1778 et mort à Champtoceaux le 15 août 1862, employa sa fortune à de nombreux actes de générosité en faveur des établissements de bienfaisance de la Ville. En 1847, il consacrait 130.000 francs à la maison de travail et de secours, dite de Saint-Joseph, en la tenue des Orphelins. En 1853, il faisait don à la Société de la Providence d’un terrain sur lequel elle avait fait édifier l’école des frères de la doctrine chrétienne du quartier Saint-Jacques. Le 30 avril 1862, 50.000 francs étaient remis à l’Hôtel-Dieu pour l’ameublement du nouvel édifice. Enfin, après sa mort, 40.000 francs étaient versés, d’après son testament, à là maison de Saint-Joseph, 10.000 fr. à la Société de la Providence, 10.000 francs pour l’établissement des sœurs gardes-malades pour les Pauvres, et l’excédent de sa fortune, une fois toutes ses intentions liquidées, devait être partagé entre l’Hôtel-Dieu et Saint-Joseph.

L’Administration des Hospices donna son nom au premier pavillon du nouvel Hôtel-Dieu et y fit placer son buste en marbre exécuté gratuitement par le sculpteur Amédée Ménard.




Rue du Frère Louis
Quatrième arrondissement. Paroisse de Saint-Jacques.
De la rue Saint-Jacques à la rue Ledru-Rollin.

On disait auparavant rue de Vertou, chemin de Vertou ; le 21 mai 1890, on lui appliqua le nom de Louis-Augustin Cailleau, en religion frère Louis, de la Congrégation de Saint-Gabriel, né le 7 janvier 1823 à Treize-Vents (Vendée), mort à Nantes le 14 janvier 1890, directeur de l’établissement des sourds-muets de la Persagotière depuis sa fondation. Un monument a été élevé sur sa tombe par décision du Conseil municipal du 21 janvier 1890. A propos de ce chemin de Vertou, nous avons rencontré, en 1822, une pétition des habitants demandant à clore à nouveau (car elle l’était auparavant), par une barrière fermant à clef, l’avenue de la Civelière, qui leur avait été concédée par une décision de 1789 : on leur accorda tout ce qu’ils demandaient.




Place Louis XVI
Deuxième arrondissement. Paroisses de Saint-Clément et de Saint-Pierre.
Du cours Saint-Pierre au cours Saint-André.

En 1759, les habitants durent aliéner une maison pour faciliter la communication projetée de la Motte Saint-Pierre à celle Saint-André.

En 1765, on s’occupe du pavage, et du nivellement, pour se raccorder avec la rue Saint-Clément. En 1771, le sieur René-Louis d’Aux adresse une requête pour une maison sise place d’Armes (la place a en effet porté ce nom, ainsi que ceux de place de la Liberté, place Joséphine) à laquelle on nuit par une pente trop prononcée, et contre la nécessité d’ouverture d’une rue entre la place et la rue Royale qui pourrait être avantageusement remplacée par un cul-de-sac, répondant à celui qui donne entrée à la Visitation.

Mêmes réclamations, en 1783, de l’Evèque, de la dame veuve Montaudouin de la Clartière ; l’hôtel d’Aux servit de logement au Préfet jusqu’en 1828, époque où l’Administration militaire entra en arrangement avec les propriétaires pour y installer le Commandant de la 12e division ; l’impasse, dont il semble être question plus haut, se serait à ce moment appelée Balechoux, du nom d’un graveur assez renommé qui vécut de 1715 à 1765. A la date du 3 février 1845, nous rencontrons une demande du marquis de Tinguy, qui aurait désiré clore par une grille l’impasse appelée « rue Baluchon. »

La colonne fut érigée le 24 juin 1790 par les Architectes de Nantes pour perpétuer le souvenir des grands travaux exécutés en cette ville sous Louis XVI, et se nomma Colonne de la Liberté. La statue de Louis XVI, exécutée par Molchnet, y fut placée le 14 août 1823, en même temps qu’elle recevait sa nouvelle dénomination ; postérieurement, on la cannela et on l’entoura d’une grille. Une plaque de marbre y rappelle les souvenirs de 1830.




Rue Bonne Louise
Sixième arrondissement. Paroisse de Notre-Dame.
De la place de l’Edit de Nantes à la rue du Boccage.

Le prolongement de la rue de la Rosière, aboutissant rue du Boccage (c’est notre rue), fut autorisé par ordonnance royale du 26 décembre 1842. M. Charrier, mort vers 1855, avait épousé Mlle Louise Dumouillé, dont les biens se composaient notamment d’une tenue et de terrains situés en bordure ou sur l’emplacement de la rue actuelle. A la mort de Mme Charrier, ses biens, à l’exception de legs charitables, étaient passés aux mains de son mari, qui se trouva intervenir dans la dénomination de la voie et qui fit accepter le nom qu’elle porte.



Quai de Lourmel
Deuxième arrondissement. Paroisse de Saint-Clément.

Le quai reçut le 31 décembre 1856 le nom du général Frédéric-Henri Lenormand de Lourmel. né à Pontivy en 1811, mort en Crimée le 8 novembre 1854, mortellement blessé à la bataille d’Inkermann. Une statue lui a été élevée dans sa ville natale.

Aux numéros 4 et 5, on trouve les cours dénommées Chevalier, et Forty-Delamare.




Rue Evariste Luminais
Sixième arrondissement. Paroisse de Notre-Dame.
De la rue La Moricière à la rue Arsène-Leloup.

L’ancienne rue des Coulées, établie dans le prolongement de la rue Beaumanoir, reçut le 22 août 1896 le nom du peintre Evariste-Vital Luminais, né à Nantes, le 13 octobre 1821; mort le 15 mai 1896.




Rue Gabriel Luneau
Premier et cinquième arrondissements. Paroisse de Saint-Similien.
De la rue Charles-Moncelet à la rue de Carcouët.

Cette voie, tracée sur le terrain appartenant au propriétaire du sol sur lequel se sont élevés les différents immeubles qui la bordent, a été ouverte en 1891.




Avenue Gabriel Luneau

A l'endroit où la rue de Carcouët vient se souder à la rue de Miséricorde, la rue Luneau se continue par une petite percée qui a pris son nom dans les mêmes conditions ; cette percée se prolonge jusqu’à l’embranchement des rues Charles-Monselet et de la Pelleterie.



Rue de Lusançay
Sixième arrondissement. Paroisse de Sainte-Anne.
Du quai d’Aiguillon au quai de la Piperie.

Le chemin, qui devint la rue en question, aurait été tracé vers 1781-1785. Si nous nous reportons aux réclamations formulées à cette époque par les propriétaires riverains, on avait promis une voie d’accès pour parvenir à Nantes ; ils renouvellent leurs plaintes contre l’inviabilité du chemin de la Sécherie, c’est ainsi qu’on le nomma d’abord, envahi à chaque instant par les eaux, et ces plaintes se prolongent jusque vers 1853. Un comte Pierre-Antoine de Lusançay, officier supérieur de marine, fut adjoint au maire dans la mairie Bertrand-Geslin, né au château du Faou (Morbihan), le 4 mai 1766.

Est-ce à lui qu’il faut reporter la dénomination ?




Avenue de Lusançay
Mêmes arrondissement et paroisse.
De la Hautière à la rue des Garennes.

Le nom fut donné le 31 décembre 1856, à cette avenue autrefois signalée par une plantation de magnolias, détruite par le froid rigoureux qui un hiver saccagea en même temps notre Jardin des Plantes.




Rue du Lycée
Deuxième arrondissement. Paroisse de Saint-Clément.
De la rue Stanislas-Baudry à la rue Henri-IV.

Plusieurs noms ont été attribués à cette rue : elle fut dite rue des Ursules, rue du Séminaire, rue Pigalle, rue du Lycée, rue du Collège royal, puis, à nouveau et définitivement, rue du Lycée ; un instant, vers 1788, on la dénomma aussi rue de l’Aubépin. Les premières appellations rappellent les divers établissements qui s’y sont succédés.

Les Ursulines : les religieuses, qui avaient demandé, en 1626, l’autorisation de s’établir à Nantes, y vinrent en mars 1627 et bâtirent leur couvent, à partir de 1629, dans les tenues dites de la Malvoisine, de la Colletrie et de Bellevue.

Le séminaire : tout à côté et à l’ouest de leur couvent on bâtit le séminaire, nouvellement créé en 1642, reconstruit en 1699 .

Les deux établissements n’étaient séparés que par une ruelle étroite et tortueuse, dite de Saint-François, qui allait de cette rue à la rue de Richebourg, les Ursulines à l’est, le séminaire à l’ouest.

Le Lycée : lors de la création du Lycée en 1805, les immeubles des deux établissements ci-dessus dénommés furent réunis par trois petits ponts de bois, qui sont demeurés jusqu’à nos jours presque le seul moyen de communication entre les deux maisons.

Le couvent des Ursulines, confisqué en 1791, fut transformé en 1793 en hôpital, puis en caserne, où l’on mit des colons réfugiés de Saint-Domingue. En juin 1796, on y plaça l’école centrale, qui devint le Lycée, mais dont l’ouverture officielle n’eut lieu que le 1er mai 1808. Le jardin des Ursulines, après avoir été d’abord loué à des fermiers, devint, en 1807, le Jardin des Plantes : nous avons entendu répéter que le grand pin, qui s’élève au bord de la grande pièce d’eau, en formait la limite de ce côté. Le portail du Lycée datait de 1811.

D’après un plan manuscrit, dressé le 20 septembre 1792 par Buron, et qui doit se rapporter à la vente des terrains, la propriété de la communauté des Ursules contenait 585.108 pieds de surface ; l’estimation faite à cette époque, sur le taux de 3 sols le pied, portait la valeur de tout le terrain, avec les bâtiments, à 87.788 francs, 14 sols.

Sur ce plan, on voit la chapelle, qui devint celle de l’ancien Lycée ; à côté, à droite, si on se place devant la façade de la chapelle, le cimetière des Religieuses devenu la conciergerie ; on y voit aussi la cour d’honneur, avec ses cloitres, qui ne fut pas modifiée ; enfin, entre la chapelle et la rue actuelle F. Cailliaud, les jardins, les bosquets, les vignes, une pièce d’eau, etc...

Des bâtiments neufs ont remplacé les vieilles bâtisses et on peut admirer, surtout du Jardin des Plantes, l’étendue des constructions nouvelles établies et aménagées avec le plus grand soin, grâce à la libéralité de l’Etat et de l’Edilité nantaise. L’inauguration du nouveau Lycée eut lieu le 17 octobre 1892.

En 1838, la Gendarmerie était installée dans cette rue sur l’emplacement actuel d’un loueur de voitures.

En même temps que l’on élevait les bâtiments du Lycée on y construisit le Palais splendide destiné à abriter les richesses artistiques, qui depuis 1830 étaient déposées dans l’ancienne halle aux toiles : ce monument a été inauguré en juillet 1900.

On y a réservé, au rez-de-chaussée, pour la Bibliothèque, un vaste emplacement avec une entrée particulière sur la rue Gambetta.

Nous avons dit qu’en 1788, la rue s’était appelée rue de l’Aubépin, du nom d’un propriétaire, ayant abandonné une certaine quantité de terrain pour la formation de la voie. En 1830, son fils, sous-intendant militaire, s’adressa à la Mairie pour faire rétablir le nom. La Ville, trouvant sa réclamation fondée, décida que l’appellation serait réservée à la rue depuis la rue Félix jusqu’à « la nouvelle rue projetée dans le Jardin des Minimes ». Mais le protestataire, ayant renoncé à sa demande, rien ne fut changé.

C’est en 1860 que l’on projeta de redresser cette rue inégale, le projet aboutit en 1865, les travaux ne commencèrent que quelques années après.




Cour Macé-Brelet
Quatrième arrondissement. Paroisse de Sainte-Croix.
Au n° 26, rue des Olivettes, ou 37, Chaussée Madeleine.

Cour privée, dénommée le 31 décembre 1856.




Chaussée de la Madeleine
Quatrième arrondissement. Paroisse de Sainte-Croix.
Du pont de la Belle-Croix au pont de la Madeleine.

Sur la prairie de ce nom (voir plus loin à ce titre) existait, au milieu du XVIIe siècle, un pâté de maisons formant une rue qui se terminait à l’auberge de la Boule d’Or (voir plus haut, à ce titre). En face de cette auberge, c’est-à-dire du côté Ouest de la rue, on voyait le petit monument dit Notre-Dame-de-Crée-Lait, élevé en mémoire du supplice de Gilles-de-Rais. Il se composait d’une statue de la Vierge dans une niche ou grotte, ornée dans le goût du XVe siècle, entre les statues de Saint-Gilles et de Saint-Leu, le tout abrité par un petit toit, en 1578. Ce monument a été détruit vers 1866 dans les travaux de reconstruction de l’Hôtel-Dieu, à l’endroit occupé présentement par le square devant cet Établissement. La rue, qu’on a désignée, pour la partie comprise dans ce pâté de maisons indiqué plus haut, sous les noms de ruelle de la Belle-Croix, rue Bonne-Vierge-de-Crée-Lait, rue d’Orient, était plus étroite que la chaussée qui lui faisait suite ; elle fut élargie vers 1830, et à partir de ce moment, elle ne fit plus qu’un avec la chaussée.




Prairie de la Madeleine
Quatrième arrondissement. Paroisse de la Madeleine.
Du pont de la Belle-Croix au pont de la Madeleine, à l’opposé de l’île Gloriette, et entre le canal de Saint-Félix et le bras dit de la Madeleine.

La prairie de la Madeleine est aussi dite Île-Gloriette. On projeta, en 1621, d’y établir un jeu de mail, en amont de la chaussée, mais il ne fut pas exécuté.

La rue, la prairie, le pont, le quai, ont emprunté leur nom à la Chapelle de la Madeleine, qui faisait le coin Est de la chaussée et du quai ; cette chapelle, siège d’un prieuré fondé le 9 octobre 1119 par le Duc Conan III, dit le Gros, en faveur de l’Abbaye de Toussaint d’Angers, comprenait un petit chapitre de chanoines réguliers qui subsista jusqu’au XVIe siècle. En 1412, une École, où l’on enseignait la musique et la grammaire, lui était adjointe. A la fin du XVIIIe siècle, ce n’était plus qu’une chapelle dépendant de Saint-Croix. Elle fut mise en vente le 4 janvier 1791, et, en 1821, elle servait de magasin et d’habitation. Démolie en 1865 pour la construction du quai, elle datait du XVe siècle. C’est en souvenir de cette chapelle que la nouvelle Église paroissiale commencée sur la Prairie au Duc en 1841, et terminée en 1851, a été nommée « La Madeleine ».




Pont de la Madeleine
Quatrième arrondissement. Paroisses de Sainte-Croix et de Madeleine.
De la Chaussée de la Madeleine à la rue Grande-Biesse.

On le reconstruisit, en pierre, vers 1580 ; On le répara en 1651 ; en 1772 on y établit un corps de garde ; en 1832, une de ses arches abritait un moulin sur bateau ; enfin en 1840, il fut élargi et remis à neuf.




Quai Magellan
Quatrième arrondissement. Paroisse de Sainte-Croix.
Du pont de la Madeleine au quai Ferdinand-Favre.

Le nom lui fut appliqué le 27 octobre 1837, on disait auparavant quai de la Madeleine, et même en 1849 le quai Magellan s’arrêtait, sous cette dénomination, à la rue Fouré. On disait aussi antérieurement quai des Fumiers, par suite d’un dépôt de fumiers qui n’a été supprimé qu’en 1837.

Magellan Fernand, navigateur Portugais du XVIe siècle, découvrit en 1520 le détroit qui a reçu son nom, périt vers 1521 à Zébu, l’une des Philippines.

Une pièce, relativement ancienne, elle est du 3 décembre 1693, cite deux dames propriétaires accusées d’avoir, de leur autorité privée, fait enfoncer des pierres et attacher des planches pour gagner sur la rivière, « empeschans le passage que les habitans de cette ville et les propriétaires de la dicte prée sont en possession d’avoir par dessous la dicte arche pour aller et venir et faire passer leurs foins et matériaux et marchandises pour sortir par la grande prée, n’aient pas d’autre passage ni sortie commode, laquelle possession n’estant point esté contestée et ne le pouvant estre puisqu’elle est paisible et publique etc. » Elles furent condamnées à les enlever.

Le 20 avril 1736, l’Hôtel-Dieu est autorisé à élever un mur sur le parapet du pont qui conduit à la Chapelle de la Madeleine.

Le 20 juin 1835, le Conseil Municipal est invité à revenir au plan du 26 septembre 1793 relatif à ce quai ; les travaux étaient commencés, ils furent poursuivis.




Rue Magin
Quatrième arrondissement. Paroisse de la Madeleine.
De la rue Arthur-III à la rue des Chantiers.

M. Magin, architecte et ingénieur de la Marine, qui construisit des digues entre les prairies au Duc et Biesse, entre celle-ci et le Bois-Joly, qui étudia aussi les travaux à faire pour améliorer la Loire entre Nantes et Paimbœuf, a donné son nom à cette rue, récemment percée, et qui, d’après un procès-verbal de 1888, « était encore dite à l’état de sol naturel, qu’il ne s’y trouve qu’une seule habitation, celle du propriétaire, et qu’elle aboutit à la rue des Chantiers, qui est une voie privée ».




Quai du Port-Maillard
Troisième arrondissement. Paroisse de Sainte-Croix à partir du n° 12, et paroisse de Saint-Pierre, de 1 à 11.
De la place de la Duchesse-Anne à la place du Bouffay.

Briand Maillard, Sénéchal du Comté de Nantes, de Rezé et du Pallet, cité en 1226, décédé le 11 novembre 1284, fut un des personnages les plus considérables de Nantes au XIIIe siècle ; un autre, Chevalier, est cité en 1437: la famille, encore représentée aujourd’hui, ajouta à son nom celui de la « Terre de Bois Saint-Lys » en Carquefou.

Son nom fut donné au Port Briand-Maillard, qui devint le quai du Port Maillard en 1759. Sur ce port, une porte, masquée par un bastion du XVIIe siècle, s’ouvrait dans la muraille, au bout de la rue du Port-Maillard et au coin de la Monnaie. La porte fut démolie de 1753 à 1759 pour la construction du quai.

Les murs de la Monnaie, depuis la rue du Port-Maillard, jusqu’à, La Tremperie, avec créneaux, furent rasés en 1820, jusqu’au niveau du pavé de la Place du Bouffay. En 1848, ils disparurent jusqu’à leur base et furent remplacés par un nouveau mur du quai, relié déjà à l’angle du pont de la Poissonnerie, sans qu’il fût possible de le repousser en avant de la rivière.

Les deux Tours de la Poissonnerie, démolies en 1756 et qui, avec leur forme en fer à cheval s’avançaient beaucoup dans la Loire, ont encore leur basse assez apparente aux basses eaux, en juillet et août, elles s’avancent jusqu’à près d’un tiers de la longueur du pont.

Près de ce port, un peu plus à l’est, il en existait un autre qui aurait été construit par Pierre de Dreux, et qu’on nommait « Port de Pierre de France » ; celui-ci disparut lorsque la Duchesse-Anne éleva la Tour du Château, dite Tour du Port, et la Tour de la Loire, au début du XVIe siècle. Ce port parait avoir été desservi par une ancienne porte, la Porte Drouin-Hillart, qui semble devoir se confondre avec la Porte-Charrière, près de l’église des Jacobins.

C’est à l’angle de ce quai et de la rue du Port-Maillard, que l’on aurait trouvé, en 1803, les débris d’un Temple Romain, attribué à l’époque de Néron, orné d’un péristyle de 12 colonnes de granit ; le monument était carré et pouvait avoir 48 mètres sur chaque face, dit Mellinet. Mais cette assertion a été contestée depuis.

Verger dit que Port Maillard, aurait été bâti en 1449, et que les marchands d’Orléans y contribuèrent pour 2.000 L. ; Mellinet dit, 1218.

Différents noms lui ont été attribués. Port Tararie, quai des Jacobins, quai Belidor, quai de la Liberté.




Rue du Port-Maillard
Troisième arrondissement. Paroisse de Sainte-Croix, numéros impairs, et paroisse Saint-Pierre pour les numéros pairs.
Du quai du même nom à la rue de la Juiverie.

Dans un acte du 24 juin 1735, au sujet d’une baraque en bois, dont la possession était revendiquée par un Juge-Garde de la Monnaie, il est dit que l’objet de la contestation est sis « près de la Petite Ecurie ». C’était la maison des Palefroix, où étaient les petites écuries du Duc, qui devint au XVIIIe siècle, l’Hôtel de la Petite Ecurie, dont l’enseigne fat continuée jusqu’en 1820.

A l’angle de cette rue se trouvait un cul-de-sac, qui porta le même nom ; dans des procès-verbaux du commencement du siècle dernier, on continue à rencontrer la distinction entre les deux termes, rue Haute du Port-Maillard, et rue Basse du Port-Maillard. Au n° 22, on voit encore, mais pour peu de temps, la voie dénommée Haute-Impasse-Maillard (celle dite Basse-Impasse-Maillard a disparu au siècle dernier).

Nous signalons aux nos 1 et 19, deux cours, qui toutes deux portent le nom de leurs Propriétaires.




Rue du Maine
Premier arrondissement. Paroisse de Saint-Similien.
De la rue Villebois-Mareuil à la rue des Hauts-Pavés.

On maintint officiellement, en 1903, ce nom qui avait été donné par les premiers habitants de la rue.

En 1905, on comprit sous la même dénomination l’avenue de Bernon, classée aussi tout nouvellement, et qui en est le prolongement.




Quai de la Maison-Rouge
Quatrième arrondissement. Paroisse de Sainte-Croix.
Du pont de la Belle-Croix à la rue des Olivettes.

Ce quai, qu’on dénomma aussi quai Montcalm, fut achevé en 1636, d’après Guépin. Il y avait une hôtellerie que nous trouvons citée dans un partage du 11 juin 1701 ; que nous retrouvons bien après, dans un acte de 1820, et qui était importante ; plusieurs personnages de marque y descendirent, entre autres, en 1745, le Prince Charles-Edouard, fils du Prétendant au Trône d’Angleterre. Plusieurs familles ont porté ce nom, citons entre autres le sieur Perrault de la Maison-Rouge, Echevin et Directeur de l’hôpital général, qui, en 1686, fut délégué par la ville de Nantes pour assister à une Assemblée de marchands à Orléans, et qui, la même année, fut envoyé au-devant des ambassadeurs de Siam, qu’on logea à l’hôtellerie le Bon-Conseil.

Nous voyons là ce que nous avons déjà eu l’occasion de relever, c’est la prétention des propriétaires riverains de vouloir étendre leur propriété jusqu’à la rivière et de considérer comme sol privé la pente sablonneuse qui s’était formée entre le quai et le fleuve.




Quai Malakoff
Deuxième arrondissement. Paroisse de Saint-Clément.
Du pont de Traktir au pont du Chemin de fer (Doulon).

Le quai, reçut son nom, le 31 décembre 1856 pour honorer le combat qui précéda en 1855 la prise de Sébastopol ; auparavant on l’appelait quai devant la Gare.




Rue Malherbe
Mêmes arrondissement et paroisse.
De la rue Henri-IV à la rue Rabelais.

On a présenté plusieurs attributions de ce nom, que les uns appliquent au poète, né à Caen en 1655 et mort en 1628. que d’autres réservent à l’Architecte de la Ville. Auparavant la rue s’appelait rue des Minimes, de la chapelle de Saint-Antoine-de-Padoue, devenue l’église des Minimes, construite en 1468 par le Duc François II, dans « les jardins de la conciergerie, près le château Gaillard», pour l’ordre des Minimes, vulgairement appelés Bons Hommes. Les Minimes vinrent à Nantes en 1589 et habitèrent quelques mois l’hermitage de la Fosse. Ils furent mis en possession de la chapelle, dédiée à Saint-Antoine-de-Padoue, et en 1593 le Duc de Mercœur fit construire leur couvent. La Ville vint en aide aux Religieux en 1601 et en 1606, et ils purent agrandir leur chapelle en 1635. Vers 1728, ils eurent quelques difficultés avec la Ville, au sujet d’un terrain cédé par eux pour l'agrandissement de la Motte Sainte-Pierre, et dont ils réclamaient la restitution. Ils furent dispersés en 1791, leur couvent fut vendu, et devint en 1821 un magasin à fourrage ; leurs bâtiments abritèrent une filature de coton, une raffinerie de sucre. Enfin, en 1849, Mgr Jacquemet acheta tous les restes du couvent, et en 1850 fit restaurer l’Eglise, où fut installée l’archiconfrérie de l’Immaculée Conception, puis on y appela pour la desservir les Missionnaires Nantais qui, en 1824, étaient installés rue du Boccage dans la chapelle Saint-François-de-Sales.

Ce n’est que dans le milieu du siècle dernier que la rue fut mise en communication avec le quai Richebourg et qu’on la prolongea jusqu’à la rue Rabelais.




Place Victor-Mangin
Quatrième arrondissement. Paroisse de la Madeleine.
Du boulevard Victor-Hugo au Pont de Pirmil.

Elle fut ainsi dénommée, le 25 août 1886, en souvenir de Victor-Aimé-Napoléon-Eugène Mangin, publiciste et imprimeur, né à Nantes le 19 février 1819 et mort en sa ville natale le 7 novembre 1867.

On disait auparavant place de Pirmil.

Plusieurs voies disparurent au moment où on établit et rectifia la place ; nous le notons à leur nom, entre autres la place et le quai des Pêcheurs, la rue des Neuf-Ponts.




Rue de Manille
Deuxième arrondissement. Paroisse de Saint-Donatien.
De la rue de Coulmiers au boulevard Sébastopol.

Le voisinage de la Manufacture de Tabac appelait cette dénomination, qui lui fut appliquée le 18 août 1874.

Les pourparlers pour l’ouverture des rues destinées à isoler la Manufacture datent de 1861 et 1862.



Avenue du Champ de Manœuvres
Premier arrondissement. Paroisse de Saint-Félix.

Sous ce nom on désigne le chemin qui va du chemin vicinal n° 6, près Bethléem, au Champ de Manœuvres, près les tribunes.




Rue du Marais
Troisième arrondissement. Paroisse de Saint-Pierre.
De la rue Saint-Léonard au quai d’Erdre.

Le nom fut donné en 1903 à la petite rue du Marais, la distinction entre Grande et Petite Rue de ce nom n’ayant plus de raison d’être. La rue, ouverte en 1782, s’appela un instant petite rue Boffrand, comme la rue et le quai voisins, puis reprit son nom en 1816.




Rue Marceau
Cinquième arrondissement. Paroisse de Saint-Nicolas.
De la place Lafayette au boulevard Delorme.

Fr. Séverin des Graviers Marceau, né à Chartres en 1769 (cette ville lui a élevé une statue en 1850 et célèbre tous les ans avec pompe son anniversaire), s’engage à 15 ans et à 27 ans il était le général en chef des armées de l’Ouest, où il se distingua par son humanité, son désintéressement, autant que par ses talents stratégiques et par son courage. Blessé mortellement près d’Altenkirchen, il mourut dans un de ces combats d’arrière-garde qu’il soutint pour couvrir la retraite de Jourdan.

La rue fut un instant nommé rue Lambert.




Rue du Marchix
Premier arrondissement. Paroisse de Saint-Similien.
De la place de Bretagne à la rue Porte-Neuve.

La place Sainte-Elisabeth, dont une plaque demeurée en place rappelle l’existence, et qui s’était appelée place Cosmopolite, a été réunie à la rue ; on l’avait ainsi désignée pour rappeler le couvent fondé en 1591 par les Capucins, qui le cédèrent en 1632 aux religieuses cordelières de Sainte-Elisabeth ; l’ouverture de la rue des Arts en 1829 a fait disparaître la chapelle.

Si nous nous reportons à une inscription recueillie par Fournier sur une tombe du Cimetière de Saint-Similien, il faudrait rattacher ce nom à celui d’une famille, en voici du reste le texte : « CI GIT SIRE NORMAND DV MARCHIX SEIGNEVR DE LA SAVZINIERE LE QVEL TREPASSA L’AN DV SEIGNEVR MIIe 4 ». Ce seigneur, suivant les documents, donna tous ses biens l’an 1250 à Jean de Sesmaisons.

On a fait dériver le nom de Marchix de Marchié, Marché, du latin Mercatum.

Un acte de 1670 signale l’existence d’une hôtellerie dite de l’Aigle d’Or. De nombreux actes, de 1722 à 1834, nous indiquent encore la présence en cette rue d’une croix sise sur la place, d’un puits situé à l’angle de la rue du Marchix et de la rue Saint-Similien.

Chaque maison de cette rue, pour ainsi dire, possède sa cour, cour possédant souvent plus d’habitants que la maison elle-même. Nous citerons, au hasard des rencontres, 7, le passage Victor-Pouré ; 8, la cour Rosalie la Belle ; 12, la cour Jacob ou Ricard ; 10, la cour Daniel ; 40, la cour Saint-Malo ; 15, le passage de la Boulangère ; 22, le passage Floquette ou de la Traversière ; 45, la cour Dorothée ou Pancrace ; 35, la cour Marie-Eugénie ; 62, la cour des Bretons et nous en omettons. Nous avons respecté les noms que leur donne le peuple.




Rue du Général Margueritte
Deuxième arrondissement. Paroisse de Saint-Donatien.
De la rue Montfoulon à la rue Desaix.

La rue, aussi dénommée rue de la Caserne, rue Carnot, fut ouverte en 1881-1882, et a reçu son nom en mémoire du vaillant général, tué le 1er septembre 1870.



Ruelle des Marguins
Troisième arrondissement. Paroisse de Saint-Nicolas.
De la rue de la Boucherie au quai d’Orléans.

Cette ruelle, actuellement fermée par une grille à ses deux extrémités, fut supprimée, comme voie publique, par l’ordonnance royale du 23 août 1846 et le terrain fut vendu à MM. Poirier. Touchais et Praud.




Rue des Marins
Cinquième arrondissement. Paroisse de Saint-Nicolas.
Du quai de la Fosse, n° 48, à la rue de l’Héronnière.

Autrefois dite rue de la Nation, la rue fut désignée sous son dernier nom en 1818. Traversant le porche de l’immeuble n° 40 du quai de la Fosse, dit l’historien de nos rues, M. l’abbé Durville, on trouve un jardin dit des Quatre-Nations, c’est-à-dire Jardin de la Nation, ou, pour expliquer le mot, Jardin de la Nation Espagnole. Les Espagnols habitaient de préférence ce quartier gai, proche de leurs affaires et exposé au soleil, où ils demeurèrent jusqu’au xve siècle. Il y avait même, près de ce jardin, une maison dite aussi Maison de la Nation, qui servait de lieu de rendez-vous, de bourse en quelque sorte, usage qui a duré jusqu’au milieu du siècle dernier. M. de la Nicollière a également rappelé ce souvenir en parlant de la Contractation, espèce de syndicat communal, et de la chapelle de la Contractation, qui était leur chapelle propre, aux Cordeliers.

Nous sommes ici dans le voisinage de la cour Richard, dont nous parlerons plus loin et que nous trouvons mentionnée dans un procès-verbal de 1839, à propos d’une maison de la rue des Marins dont les fenêtres donnaient sur cette cour.

Aujourd’hui on peut encore y rencontrer des Espagnols, mais ce sont des marins de cette nation et qui s’y rassemblent pour de toutes autres causes.



Rue Marivaux
Cinquième et sixième arrondissements. Paroisse Saint-Nicolas, du n° 1 à 7, et paroisse Notre-Dame pour les autres.
De la rue Racine à la rue Lesage.

Carlet de Chamblain de Marivaux, l’écrivain spirituel à qui l’on doit toutes ces comédies qui prouvent une étude du cœur humain, et surtout du caractère de la femme, naquit à Paris en 1688 et meurt en 1763. La rue, qui a reçu son nom et qu’on appela aussi rue Guillaume Tell, demeura longtemps (car jusqu’en 1853, il est question des ornières qui gênent la marche), dans un bien mauvais état de viabilité, et les voitures ne pouvaient s’y engager sans danger.




Rue Marmontel
Quatrième arrondissement. Paroisse de Sainte-Croix.
De la Chaussée de la Madeleine, n° 43, à la rue des Olivettes.

On rappelait autrefois rue des Fumiers, et le 27 octobre 1837, elle emprunte son nom actuel au littérateur J.-François Marmontel, né en 1723 à Bort (Corrèze), et mort en 1799.

Elle était, dit une pièce de 1811, le seul abord praticable au Parc aux Fumiers.

Une impasse, dite également « Marmontel », existe 47-49 rue des Olivettes.




Chemin de la Marrière
Deuxième arrondissement. Paroisse de Saint-Donatien.
De la route de Paris (octroi) à la route de la Poulaillerie.

Ce chemin dont nous avons déjà parlé (voir chemin du Loquidy) a emprunté son nom à la propriété de la Marrière.



Rue du Martray
Premier arrondissement. Paroisse de Saint-Similien.
De la place du même nom à la rue Porte-Neuve.

L’alignement de cette ruelle était discuté déjà en 1763, mais en pure perte. En 1849, nous trouvons une pétition pour obtenir l’enlèvement des olivettes placées « depuis une vingtaine d’années » aux deux extrémités de la rue. En 1853, en 1882, de nouvelles pétitions sollicitent l’élargissement, cette fois la question est écartée, parce que la dépense évaluée à 107.000 francs dépasserait le profit qu’on en retirerait.




Place du Martray
Mêmes arrondissement et Paroisse.
De la rue du Martray à la rue Sarrazin.

Elle fut un instant dénommée place Colligny. L’appellation, comme pour la rue, vient de Martyrium, et se retrouve ailleurs dans les mêmes circonstances.




Rue Maryland
Deuxième arrondissement. Paroisse de Saint-Donatien.
De la rue de la Havane au boulevard Sébastopol.

Nous répéterons pour cette rue ce que nous avons dit à la rue Manille et de la Havane.




Rue Mascara
Sixième arrondissement. Paroisse de Notre-Dame.
De la place du Sanitat à la rue Dobrée.

Le nom de Mascara, ville forte de l’Algérie, occupée en 1835 par les Français, rappelle un des premiers faits d’armes qui ont signalé le commencement de notre occupation en Algérie, et comme la rue venait de s’ouvrir, on lui appliqua la dénomination, le 27 octobre 1837.




Rue Massillon
Sixième arrondissement. Paroisse de Notre-Dame.
De la place Saint-Louis à la rue Sainte-Marie.

Le célèbre prédicateur, J.-B. Massillon, qui devint, en 1717, évêque de Clermont-Ferrand, qui, deux ans après, fut reçu à l’Académie, est né en 1663 à Hyères, en Provence, et mourut en 1742. Comme la précédente, cette rue a dû s’ouvrir de 1830 à 1835, et reçut son nom le 27 octobre 1837.




Pont Maudit
Quatrième arrondissement. Paroisse de Sainte-Croix.
De la place de la Petite-Hollande à la rue Haudaudine.

En 1779, dit M. Petit, les habitants de l'île Feydeau auraient proposé une avance de fonds de 15.000 francs pour obtenir un pont en bois destiné à relier cette île à l'île Feydeau ; la Ville s'étant refusée à se charger de cette dépense, le pont reçut à cette occasion le nom de Maudit Pont, d’où celui qui lui est resté.

De l'an V à l’an X, les propriétaires de l'île Gloriette sont convoqués pour le rétablissement du pont ; la réparation est d’autant plus nécessaire, est-il dit, « que la chute du pont de la Belle-Croix et celle du quai Barbinais rendent cette nouvelle voie d’une nécessité absolue ». Les fonds avancés, le travail fait, on omit de rembourser les intéressés et ceux-ci réclament en 1814 pour être compris dans le Budget. En 1828, on ferma le pont par des barrières ; l'année suivante on décrète la réparation du pont qui fut achevé en 1831, et enfin 10 ans plus tard on le refit en pierre, mais toujours avec l’argent des habitants, dont le versement annuel devait être de 3.OOO francs pendant huit ans. On l'a dénommé quelque temps Pont d’Occident.



Prairie de Mauves
Deuxième arrondissement.
Limite de Nantes et Doulon.

On l’appelait anciennement prairie de la Hanne ou de la Henne, et elle appartenait aux Templiers. Elle est séparée de la Prairie de la Madeleine par un canal, ouvert en 565 par l'Evéque saint Félix, dont il porte le nom. C’est dans cette prairie que, jusqu’en 1875, ont eu lieu les courses de chevaux que l’on avait essayé de transporter dans la lande de la Plée (1835), dans la vallée de Chantenay (de 1836 à 1838), sur la prairie de Mauves (de 1839 à 1867), en 1868, sur la lande de la Plée, sur la prairie au Duc (de 1872 à 1874), en 1875, de nouveau sur la prairie de Mauves, et enfin au Petit-Port. Les travaux, occasionnés par le chemin de fer pour arriver à la nouvelle gare de l’Etat, ont transformé complètement la prairie, qui avait déjà subi un premier assaut lors de la construction de la ligne de Vendée. Il nous semble avoir lu que l’on disait antérieurement : Prairie des Fontaines.

Dans cette prairie, un peu au-dessus du Pont du Gué aux Chèvres, construit en 1571 par la ville pour 2.900 livres, venait se jeter dans le Seil le petit ruisseau, dénommé le Gué-Robert, qui aujourd’hui le rejoint par un canal souterrain.

Une petite rue disparue, qu’on appelait rue de l'Etier-de-Mauves, avait aussi porté le nom de rue de la Hanne ou rue des Hannes (voir rue Montcalm).




Rue de Mayence
Quatrième arrondissement. Paroisse de Sainte-Croix.
De la rue Fouré à la rue de Rieux.

Ouverte en 1900, la rue reçut, en 1901, le nom de la ville de la Hesse-Darmstadt, qui fut le théâtre de plusieurs sièges, et en particulier pour rappeler le haut fait d’armes de 1793.



Rue Mazagran
Sixième arrondissement. Paroisse de Notre-Dame.
Du quai de la Fosse, n° 83, à la place du Sanitat.

Le nom rappelle la défense de cette ville par 123 Français, commandés par le capitaine Lelièvre, du 2 au 6 février 1840. Auparavant, on la dénommait rue du Sanitat. Elle fut ouverte en 1838 et reçut son nom actuel au moment des événements d’Algérie.




Rue Mellier
Sixième arrondissement. Paroisse de Notre-Dame.
De la place du Général-Mellinet à la rue Le Pays.

Né à Lyon le 21 mai 1674, Gérard Mellier, conseiller du Roi, Trésorier de France, général des Finances en Bretagne, chevalier des ordres royaux, militaires et hospitaliers de N. D. du Mont-Carmel et de Saint-Lazarre de Jérusalem, commissaire-député du conseil pour les affaires de la Compagnie des Indes dans le port de Nantes et autres circonvoisins, président du bureau de santé de la ville de Nantes, colonel de la milice bourgeoise, fut installé comme maire de Nantes, le 1er juillet 1720. Il mourut le 27 décembre 1729. « Je sacrifierai mon temps, mon repos et ma vie, s’il le faut, pour le bien et l’avantage de la communauté nantaise », telle était sa réponse à ceux qui acclamaient sa quatrième réélection municipale.

La rue, ainsi dénommée en 1837 demeurait en un assez mauvais état, puisqu’en 1843, ce n’est pourtant pas une époque bien lointaine, l’un des propriétaires de la rue se plaint « de n’avoir pu faire consentir le médecin à venir y visiter son père malade ».




Place du Général-Mellinet
Sixième arrondissement. Paroisse de Notre-Dame.
De l’avenue de Launay à l’avenue Allard.

Un décret présidentiel du 10 mai 1894 lui retira le nom de place Launay pour y substituer celui du brave général, né le 1er juin 1798, sous-lieutenant en 1814, général de division en 1855, le héros de Malakoff, de Magenta et de Solférino, mort le 20 janvier 1894. Sa statue, inaugurée le 29 mai 1898, s'élève à deux pas de la maison où il s'est éteint, l'un des huit hôtels qui, placés entre autant d’avenues, dessinent la forme octogonale de cette place.

Il y avait sur cet emplacement une maison seigneuriale de Launay-Coquerie (M. de la Chapelle-Coquerie était propriétaire de terrains qu’il avait acquis en partie par afféagements de feu Mgr de Beauveau, évêque de Nantes), dont le nom avait été appliqué à la place le 29 septembre 1830.




Rue Amédée-Ménard
Premier arrondissement. Paroisse de Saint-Félix.
Du boulevard Eugène-Orieux à la rue du Loquidy.

Le nom du sculpteur Nantais fut appliqué, en 1905, à la rue du Cormier, non encore classée. Amédée-René Ménard, né à Nantes le 16 octobre 1806, mourut dans sa ville natale le 22 octobre 1879.




Rue Menou
Premier et cinquième arrondissements. Paroisse de Saint-Similien.
De la place Édouard-Normand à la place Viarme.

La rue, qui a reçu son nom du général Jacques-François baron de Menou, lieutenant du roi à Nantes, né en 1750 en Touraine, et mort à Venise en 1810, avait auparavant été appelée rue des Remparts, en raison du voisinage des fossés de Mercœur, et rue Keller. Au n° 20, existe la cour Besnard.


Rue Mercœur
Même arrondissement. Paroisse de Saint-Nicolas de 1 à 19, et Saint-Similien du côté des numéros pairs.
De la place Bretagne à la rue Faustin-Hélie.

Ainsi nommée en mémoire de Philippe-Emmanuel de Lorraine, duc de Mercœur, de Penthièvre, Pair de France, nommé gouverneur de Bretagne le 5 septembre 1582 en remplacement du duc de Montpensier, et mort à Nuremberg le 19 février 1602, cette voie fut ouverte en 1750 dans la tenue du Pavillon et près les fossés Mercœur, puis prolongée en 1753 en travers du cimetière des protestants. (Deux autres cimetières des protestants sont signalés, le premier au bas de la Motte Saint-André, le deuxième, 1655, vers l’emplacement actuel de la rue d’Orléans).

Un établissement de roulages y a existé, le siècle dernier, à côté de l’Hospice des Prisons, adossé lui-même aux prisons.

On y voyait aussi le Théâtre des Variétés, bâti en 1878, remplaçant l’ancienne salle de Riquiqui, ou des Lilliputiens, qui avait été construite 40 ans auparavant.




Rue Metzinger
Sixième arrondissement. Paroisse de Notre-Dame.
De la rue de la Hautière à la rue de l’Abbé-de-l’Epée.

Le 13 décembre 1858, le Conseil Municipal admet conditionnellement la proposition, formulée par M. Metzinger, concernant l’ouverture d’une nouvelle voie de huit mètres de largeur et l’approuve dans sa séance du 6 mai 1859. Le propriétaire, d’où le nom de la rue, abandonnait le terrain à la Ville ; mais l’affaire n’était pas encore réglée en 1890, si nous nous en rapportons à cette note « la voie dont il s’agit est une propriété privée, le soin de l’entretenir incombe au propriétaire et les règlements peuvent le condamner à munir chacune de ses extrémités de portes ou grilles ».



Rue Meuris
Sixième arrondissement. Paroisse de Notre-Dame.
Du quai de la Fosse, n° 102, à la rue de la Brasserie.

Le nom du ferblantier de Nantes, qui se signala en 1793 à la tête de son bataillon à Nort, poste qu’il n’abandonna qu’au dernier moment pour se replier avec 42 hommes seulement sur Nantes, où il continua son opiniâtre défense contre les Vendéens, remplaça ceux de petite rue de Launay, de rue Sablée, de rue d’Iéna, attribués à cette voie.

Dans une pétition du mois d’août 1814, les sieurs Dubigeon, Robert et autres, se refusent à livrer passage sur cette voie, dont ils peuvent prouver la propriété. En 1838, les propriétaires offrent de céder le terrain si on veut élargir leur rue ; renouvelée en 1841, l’offre ne fut acceptée qu’en 1844.




Rue du Général Meusnier
Cinquième arrondissement Paroisse de Saint-Nicolas.
De la place Lafayette à la rue Mercœur.

D’une pièce de l’an X, la rue est déclarée à l’étude, et il faut remonter jusqu’en 1870-1871 pour rencontrer des travaux définitifs d’alignement.

Elle a reçu le 21 septembre 1872, le nom du général qui se distingua en 1792. L’annexe du Lycée de garçons fut inaugurée le 2 novembre 1880.




Boulevard Michelet
Premier arrondissement. Paroisse de Saint-Félix.
Du boulevard Amiral-Courbet au Petit-Port.

Une décision du 25 août 1886 lui donna le nom de Jules Michelet, né à Paris le 21 août 1798, mort à Hyères le 9 février 1874. M. et Mme Michelet vinrent habiter en 1852 la propriété de la Haute-Forêt, après que le coup d’Etat eut fait à l’historien des loisirs inattendus, en lui enlevant sa chaire du Collège de France. Au fond du verger se dressait un cèdre énorme s’épanouissant en dôme, au pied duquel il aimait à se reposer, et c’est dans cette solitude qu’il a conçu le plan de ses meilleurs livres.




Place des Minimes
Deuxième arrondissement. Paroisse de Saint-Clément.

Cette petite place formait l'extrémité de la rue Malherbe, mais a disparu comme nom, depuis que la rue Malherbe a été prolongée jusqu’à la rue Rabelais. A signaler, au n° 7, l’Hôtel Saint-Pern, où l’on voit un portique important, dont le fronton est orné de belles sculptures.




Rue de Miséricorde
Premier et cinquième arrondissements. Paroisse de Saint-Similien.
De la rue Félibien, n° 18, à la rue Carcouët.

Une chapelle fort ancienne, qui a donné son nom à la rue, existait à l’endroit où, en 1803, on entoura de murs le champ de sépultures, connu sous le nom de clos de Miséricorde ; le cimetière fut agrandi en 1810, en 1830, tout près de l’entrée sur la place également nommée place de Miséricorde. (En 1858 on cherchait un emplacement pour placer une porte, afin d’entrer directement dans le cimetière protestant).

On pouvait encore voir, en 1899, dans le mur de la maison faisant l’angle de la rue Félibien et de la place Viarme, une pierre sculptée représentant une statuette de la vierge, et que l’on croit y avoir été placée pour rappeler le souvenir de la chapelle.

Cette chapelle aurait été construite en mémoire de trois chevaliers nantais qui attaquèrent un dragon désolant les abords de la forêt de Sautron ; l'événement était rappelé par un vitrail représentant, d’un côté un évêque debout près d’un dragon mort et d’un homme dévoré (un des trois chevaliers avait succombé dans la lutte), de l’autre les cavaliers de l’Apocalypse avec une légende rimée. Reconstruite en 1544 et 1626, on y créa en 1542 la Confrérie de Saint-Michel ; le clocher fut réparé en 1726. Elle fut abandonnée en 1791, transformée en corps de garde en 1793, et disparut en 1809.

Nous en trouvons mention dans un acte de 1780 qui parle d’un chemin allant « depuis la croix jusqu’à la chapelle ».

Sous la Révolution, la rue s’appela rue Hennuyer.

Différents actes nous signalent « le Moulin de la Tour, le Champ Corbin, la Tenue Rabu ».




Rue Miséry
Sixième arrondissement. Paroisse de Sainte-Anne.
De la rue de l’Hermitage, n° 54, à la rue des Perrières.

Nous en parlons à l’article rue de l’Hermitage.




Rue de la Mitrie
Deuxième arrondissement. Paroisse de Saint-Donatien.
De la rue de Coulmiers à la rue des Chalalâtres.

Il y avait la Grande et la Petite Mitrie ; la grande, c’est aujourd’hui la caserne du train, et la petite appartenait aux Harrouys au XIVe siècle, puis vers 1650 aux Jacobins.

Les Seigneurs de la Mitterie étaient au nombre des familles distinguées de la Paroisse Saint-Donatien.

De là le nom de la rue, qui fut complètement modifiée dans la dernière moitié du siècle dernier.




Rue Molac
Premier arrondissement. Paroisse de Saint-Similien.
De la rue de Rennes, 41 bis, à la rue Haute-Roche.

M. Sébastien de Rosmadec, marquis de Molac, succédant à M. de la Meilleraie dans le commandement de la Ville et du château, fit son entrée le 15 avril 1666, dit Guépin, et occupa le poste jusqu’à sa mort, survenue à Paris, en 1693. Il était le beau-frère de M. de Fontanges. D’après un acte du 19 brumaire an X, la rue est dite « projetée ».

En 1836, un autre projet devait ouvrir la rue jusqu’à Barbin, d’un côté, et de l’autre sur les Hauts-Pavés.

La voie demeura quelque peu abandonnée, puisqu’en 1874 une pétition des habitants réclame le pavage de leur rue, « demeurée à l’état de sol naturel ».




Rue Molière
Cinquième arrondissement. Paroisse de Saint-Nicolas.
De la place Graslin à la rue Scribe.

La rue fut ouverte lors de la formation du quartier Graslin, et reçut son nom de notre grand poète comique J.-B. Poquelin Molière, né à Paris, le 15 janvier 1622 et mort, presque sur la scène, le 17 février 1673.




Quai Moncousu
Quatrième arrondissement. Paroisse de Sainte-Croix.
Du pont de la Madeleine au pont Haudaudine.

On l’a aussi dénommé quai de la Faïencerie, quai de la Madeleine ; en ces derniers temps on a détaché, sous la dénomination de quai Tourville, la partie allant du pont Haudaudine à l’extrémité de l’île.

Pierre-Augustin Moncousu, né le 26 août 1756 à Angers, entra dans la marine comme simple matelot à 17 ans. Il était aux côtés de du Couëdic dans le combat de la Surveillante et du Québec ; il monta ensuite sur le Redoutable, puis sur l’Indomptable ; il était second du Cutter l’Expédition, et mourut glorieusement sur ce dernier bâtiment, sur son gaillard, emporté par un boulet, devant Algésiras, le 6 juillet 1801.

En 1792-1793, les habitants demandent une cale et un moyen d’accès pour arriver à la Loire, en 1811 ils réclament parce qu’on détruit leur chemin en venant enlever le sable.

C’est sur ce quai que s’opère chaque année le déchargement des foins. On y voit la Morgue, modeste bâtiment adossé à l’Hôtel-Dieu, bâti vers 1856 (auparavant la Morgue était sur le Port au Vin) ; sur l’une des colonnes soutenant la grille on lit « Moritus (sic) hic jacet ignotus ».

La Manufacture des Tabacs y fut installée de 1858 à 1863.




Rue Mondésir ou Mont-Désir
Cinquième arrondissement. Paroisse de Saint-Nicolas, numéros pairs, et de Notre-Dame pour les numéros impairs.
De la rue du Boccage à la rue de la Bastille.

Elle porta les noms de rue de la Constance, rue de l’Union ; en l’An VII nous trouvons la mention d’un chemin « à ouvrir de la rue de la Bastille à la rue Mondésir », mais le travail ne s’exécuta que postérieurement et c’est en 1890 que l’on fit la partie dernière, dénommée rue Mondésir prolongée.

Plusieurs moulins y existaient, entre autres le Moulin Fiston, cité en 1809.

Les Dames de Chavagnes y commencèrent les travaux de leur maison en 1859-1861, leur chapelle fut élevée en 1877.

Celle des Dames Réparatrices, un peu plus haut, fut construite en 1876.

Au numéro 7 existe une tenue, propriété des familles Benoit et Rathouis, que l’on désignait autrefois sous le nom de tenue de la Corderie.

Au n° 9 il y a une autre impasse où se trouvent deux immeubles habités, et qui a pris de l’établissement voisin le nom d’impasse de Chavagnes.




Rue Monfoulon ou Mont-Foulon
Deuxième arrondissement. Paroisse de Saint-Donatien.
De la rue Saint-André à la place du Lieutenant-Jehenne.

Cette ruelle, devenue rue presque régulière, a emprunté son nom à une tenue.

M. l’abbé Delanoue dit « Mont Fellon et Godivelle étaient en 1544 les bien fonds de la chapelle de Champfleuri, située en face de l’église Saint-Clément : les pères qui habitaient la Chartreuse achevèrent les clos de vignes de ce nom.




Rue de l'Ancienne-Monnaie
Troisième arrondissement. Paroisse de Sainte-Croix.
De la place du Bouffay à la rue du Port-Maillard.

Ainsi dénommée le 27 octobre 1837 pour rappeler le souvenir de l’Etablissement, détruit en 1820 pour prolonger le quai du Port-Maillard, et transféré rue Voltaire (voir ci-dessous). On disait auparavant rue de la Monnoye.




Place de la Monnaie
Sixième arrondissement. Paroisse de Notre-Dame.
Entre la rue Athenas et la rue Anizon.

L’Hôtel des Monnaies, qui était tout d’abord près des Jacobins, non loin du Château, fut transféré place du Bouffay dont il formait un des angles à l’entrée du Port-Maillard, puis en 1820, fut installé dans le bâtiment actuellement occupé par l’Ecole des Sciences et le Muséum d’Histoire Naturelle. On y battit monnaie jusqu’en 1838. Le nom lui fut donné le 27 octobre 1837.

Dès 1821, nous voyons la Municipalité en pourparler pour la construction de cette place, conquise sur des terrains abandonnés par l’ancienne corderie Brée. En 1830, les travaux sont à peu près achevés, et en 1853 on les reprend au moment où on y élevait les bâtiments destinés aux collections d’histoire naturelle, mais de nombreuses contestations s’élevèrent ; les uns voulaient un square, les autres une place pavée où se serait tenu un marché. La discussion dura jusqu’en 1874.



Rue Charles-Monselet
Cinquième arrondissement. Paroisse de Saint-Similien.
De la rue de la Bastille à la rue de la Pelleterie.

Décrétée le 10 mai 1894, la rue fut ainsi nommée en souvenir du gai romancier, né à Nantes le 30 avril 1825 et mort le 9 mai 1888 à Paris. Un médaillon a été placé, en 1904, dans le vestibule d’entrée de la Bibliothèque pour rappeler sa mémoire.




Place Charles-Monselet
Mêmes arrondissement et paroisse.

La rue précédente se trouve partagée en deux tronçons par cette place, et en 1901, on lui maintint le nom qui lui avait été attribué dès sa création par les habitants du quartier.




Rue Montaudouine
Cinquième arrondissement. Paroisse de Notre-Dame.
Du quai de la Fosse, n° 56, à la rue Courtine.

A signaler plusieurs personnages de ce nom : noble homme René Montaudouin, marchand, ancien consul de 1709 à 1711 ; noble homme Louis Montaudouin, sieur de la Robertière, capitaine d’une des Compagnies de milice bourgeoise, de 1715 à 1716 ; Gabriel Montaudouin, qui a donné son nom à la rue, a rendu de grands services comme commerçant et a bien mérité de ses concitoyens, dit Guépin. C’est chez ce négociant que fut reçu, en 1777, Joseph Poniatowski, neveu du roi de Pologne, celui-là même qui devait devenir l’un des lieutenants de Napoléon, et qui faisait un voyage en France. Montaudouin mourut à Nantes en 1786. C’est à lui qu’on doit la première pensée d’une Société d’agriculture de Bretagne, fondée en 1757. Un acte relatif à un immeuble de cette rue donne le nom de la veuve Montaudouin comme propriétaire.

En 1819, un propriétaire demande à mettre des bornes pour protéger sa maison contre les roues de voitures, la rue n’avait que 3 mètres 25 de large.

La rue a porté les noms de rue Colomb et de rue Falconnet.

Il y a une petite place portant le même nom.



Petite rue Montaudouine
Mêmes arrondissement et paroisse.

A côté de la précédente au n° 58 du quai, se trouve cette ruelle qui aboutit à la rue des Vignes.




Rue Montcalm
Deuxième arrondissement. Paroisse de Saint-Clément.
De la rue de Richebourg, 19, au quai de Richeboarg, 8.

C’est l’ancienne rue Etier-de-Mauves, elle-même précédemment dénommée rue des Hannes ou Hennés (voir prairie de Mauves).

L.-Joseph, marquis de Montcalm de Saint-Veran né, en 1712, au château de Caudiac, près de Nîmes, fut chargé, en 1736, du commandement des troupes françaises en Amérique. Après plusieurs succès, il fut obligé, en 1759, de livrer un combat inégal dans lequel il allait succomber, lorsqu’il fut atteint d’une blessure mortelle qui l’emporta deux jours après.




Rue Monteil
Quatrième arrondissement. Paroisse de Sainte-Croix.
Du quai Bacco à la rue Crucy, prolongée à la rue Fouré.

Elle fut dénommée en 1856 et on lui attribua le nom d’Adhémar de Monteil, évêque du Puy-en-Velay, du XIe siècle. Nous nous contentons de transcrire ce renseignement verbal, car on peut aussi songer à l’historien du même nom, qui vécut de 1769 à 1850.




Rue Mont-Goguet
Premier arrondissement. Paroisse de Saint-Félix.
De la rue Ouche-de-Versailles à la rue François-Bruneau.

Rue ouverte sur d’anciens terrains ayant appartenu à la famille de Rémond, percés ensuite dé voies par M. Favreau, gendre de M. de Rémond, qui leur avait donné les prénoms de plusieurs dames de cette famille. Vendu postérieurement, le terrain est privé, et la rue non classée.

On trouve cité le nom dans un titre de 1517, par lequel « Guillaume Guillois, valet et fourrier de la Reine, cède à la dame Charier tout ce qui peut lui appartenir dans ce clos de vignes ».




Rue Montyon ou Monthyon
Sixième arrondissement. Paroisse de Notre-Dame.
De la place de La Chapelle à la rue Le-Pays.

Philanthrope, né à Paris en 1733, mort en 1820, Monthyon employa sa fortune en fondant des prix de vertu et autres qui devaient être distribués par l’Académie française et celle des Sciences. Le nom fut donné à la rue le 27 octobre 1837.




Ruelle de Moquechien
Premier arrondissement. Paroisse de Saint-Similien.
De la rue de Rennes, n° 7, au quai des Tanneurs, n° 20.

Dans un procès-verbal d’alignement de 1770, une ruelle de ce nom est dite « conduisant de la rue du Bourgneuf à l’église Saint-Similien ». Celle-ci est plus récente et a dû résulter des travaux entrepris dans ce quartier (Voir rue Jeanne-d’Arc).

Le nom lui fut donné en 1837.



Pont Morand
Premier, deuxième et troisième arrondissements. Paroisses de Saint-Similien et de Saint-Pierre.
De la place du Port-Communeau à la rue de Rennes.

Le pont fut appelé pont du Port-Communeau, puis pont Morand, du nom d’un chirurgien français du XVIIIe siècle, Sauveur-François Morand, le nouveau pont du Port-Communeau, puis enfin débaptisé pour s’appeler du nom du Général Louis-Charles-Antoine-Alexis Morand, commandant à Nantes pendant les Cent jours l’armée d’observation, né en 1770 à Pontarlier et mort en 1835.

L’ancien pont construit en 1755 à l’endroit occupé par l’ancienne chaussée des moulins Coutant, était en dos d’âne et se composait de deux arches d’un diamètre inégal, une grande au milieu et une petite vers la rive droite. Il fut reconstruit en 1862.




Rue Morand
Deuxième arrondissement. Paroisse de Saint-Donatien.
De la rue de Paris à la rue du Coudray.

Construite sur d’anciennes tenues, sur des jardins, elle a dû emprunter son nom à l’un des propriétaires. On la dénommait auparavant rue du Château-Gaillard, on disait aussi chemin du Gros-Chêne, du nom d’une maison sise près le bureau de l’Octroi. C’est un chemin ancien : une déclaration du 17 décembre 1678 comprend dans le fief du chapitre de Saint-Donatien « entre le haut chemin d’un bout et le bas chemin d’autre bout à prendre depuis le chemin ou ruelle appelée le chemin Morand près de le champ Cartier, jusqu’à la maison principale et jardin de la Censive ».

Il y avait, à côté, un chemin dit de la Petite-Poterie.




Cour Moreau

La cour porte le n° 8 de la rue du Moulin : le nom lui aurait été donné par suite de l’installation, au fond de cette cour, au deuxième étage, d’une petite classe maternelle dirigée par deux mêmes demoiselles, dont les parents avaient construit cette maison qu’elles habitaient.



Pont de la Motte-Rouge
Premier et deuxième arrondissements. Paroisse de Saint- Félix.
De la place Waldeck-Rousseau au boulevard Amiral-Courbet.

On disait pont de Barbin, mais sans titre officiel ; le nom actuel lui fut attribué, le 25 juin 1891, en souvenir du Général de ce nom, qui avait commandé à Nantes pendant douze ans, et qui se distingua au combat de Magenta.

L’ancien pont en bois fut supprimé en 1881 et le nouveau fut inauguré le 25 juillet 1886.




Rue du Moulin
Troisième arrondissement. Paroisse de Saint-Pierre.
De la Basse-Grande-Rue à la rue de la Commune.

Nous lisons dans Travers, tome III, page 38, que, en l'an 1590, la ville, craignant d’être assiégée, prit les mesures nécessaires pour ne pas manquer de farine, et qu’à cet effet on construisit plusieurs moulins de bois, un autre autres placé dans la basse rue de Verdun, qui coûta 77 écus sol, un autre à la Tour Saint-Nicolas, proche l’Église, un autre à l'Évêché. Il s’agit de moulins à vent ou à bras. C’est celui construit dans notre rue qui lui donna son nom ; il resta en place jusqu’en 1660 ou 1665. Des restes de constructions, peut-être témérairement attribués comme en provenant, subsistent en plusieurs endroits ; il serait présomptueux de vouloir déterminer exactement l’emplacement du moulin, tout ce que l’on peut avancer c’est que probablement il a dû être installé sur l’ancien mur Gallo-Romain, qui existe encore en partie entre cette rue et la rue des Carmes.

La rue a porté différents noms, rue du Paradis, rue basse de Verdun, rue de Verdun (qui voudrait dire dune verte), puis elle reçut la dénomination actuelle qui a subsisté.

Sur une pièce de l’an X, on signale une maison dite « La Retraite des hommes » ; c’est l’Ecole Municipale actuelle ; sur une autre, du 2 mars 1818, on cite une maison, sise à l’angle de la petite rue des Carmes, « et qui était ci-devant la petite salle de spectacle, dite des variétés ». C’est l’immeuble qui, en 1826, était un magasin d’épicerie et où se trouvait le chevet de l’ancienne église des Carmes.

La confiserie Auvigne s’est installée sur une maison à pilastres, avec baie cintrée, que l’on voit sur un dessin de M. Petit, et au fond se trouvait « l’Hôtel de la Fleuriaye », qui a conservé une porte du XVe siècle, un escalier de pierre à pas de vis, et des cheminées assez belles. M. Auvigne a recueilli d’assez curieux plombs provenant de cet hôtel.




Rue de la Moutonnerie
Deuxième arrondissement. Paroisse de Saint-Donatien.
De la rue de Coulmiers aux terrains bordant le ruisseau du Gué Robert.

Il y avait à côté le Pré aux Chèvres, dont on parle également dans des actes déjà anciens. En 1850, on délibère pour savoir si on raccordera à cette voie le boulevard latéral de la gare. En 1833, les propriétaires proposent de la céder à la Ville si elle veut la rendre viable, mais comme elle n’avait pas la largeur voulue, elle est restée privée.




Rue de Mulhouse
Quatrième arrondissement. Paroisse de Sainte-Croix.
De l’avenue Carnot au quai Ferdinand-Favre.

Ce nom, destiné à rappeler celui des villes qui nous ont été arrachées par le malheureux traité de 1871, fut appliqué en 1901 à cette voie, encore impasse.




Ruelle des Petits-Murs
Troisième arrondissement. Paroisse de Saint-Pierre.
Du quai Penthièvre à la rue d’Erdre.

C’est en 1863 que l’on appela ainsi cette petite rue, pour rappeler l’ancien passage qui existait près de ce lieu avant l’établissement du canal.

Un pont composé de cinq arches, deux fort basses et rondes, une carrée fort basse et à fleur d’eau, et deux rondes au bout ; la dernière, la plus grande, avait une grille pour empêcher le passage des bateaux : Voilà comment on désignait, en 1636, le pont des Petits murs. Un pont de bois y fut reconstruit en 1755, mais il ne dura que jusqu’en 1794, où on le remplaça par un bac, avec une corde tendue d’un bord à l’autre, puis en 1808 on décida la construction d’un autre pont. Ce dernier, commencé en 1810, livré à la circulation en 1814, fut démoli en 1831.

Peu de ponts donnèrent lieu à tant de tribulations et à des projets aussi divers, et tout cela pour aboutir à un résultat négatif, car tous les travaux projetés furent reportés sur le pont de l’Hôtel de Ville, postérieurement construit, un peu en avant.




Place des Petits-Murs
Troisième arrondissement. Paroisse de Saint-Pierre.
Du quai Penthièvre à la rue d’Erdre.

Cette petite place, réservée ordinairement pour le marché à la paille, et qui s’est aussi appelée place de la République, a pris son nom de la partie de l’enceinte qui traversait l’Erdre pour rejoindre le pont de Sauvetout.




Rue des Petits-Murs
Premier, troisième et quatrième arrondissements. Paroisse de Saint-Nicolas, numéros impairs, et paroisse de Saint-Similien, numéros pairs.
Du quai d’Orléans à la rue de la Boucherie.

La rue doit dater de 1780 environ, où on en parle comme d’une « rue projetée conduisant de la rue du Cheval Blanc à la place de Bretagne », et il faut rétablir, par la pensée, le pont qui unissait autrefois cette voie à la place et à la ruelle du même nom.

L’escalier, destiné à joindre le quartier bas et le quartier haut, fut commencé en 1839.

On l’avait auparavant désignée sous les noms de rue Beaurepaire et pont des Petits murs.




Rue de l’Ancien Muséum
Troisième arrondissement. Paroisse de Saint-Pierre.
De la rue Saint-Léonard au quai d’Erdre.

Après avoir été rue de la Butte, rue de la Peyronie, rue du Muséum, elle devint rue de l’Ancien Muséum, pour garder le souvenir de l’établissement qui y avait été installé dans le local précédemment occupé par l’Ecole de Médecine, et qui à son tour céda sa place à une école communale, lorsqu’on eut construit la magnifique annexe, ajoutée à l’Ecole supérieure des Sciences, sur le square de la place de la Monnaie.




Rue Neper
Quatrième arrondissement. Paroisse de Sainte-Croix.
Quai Turenne, n° 4.

Jean Neper, Napier ou Nepair, baron de Markiston, mathématicien écossais, né en 1550, mort en 1617.

Cette rue n’est même pas une impasse ni un passage, c’est une cour, fermée par un portail en fer, de quelques mètres de profondeur, permettant aux locataires d’accéder à leurs appartements.

Si elle a été rue, il n’en reste que le souvenir, perpétué par une vieille plaque en tôle peu visible.
Place Neptune
Quatrième arrondissement. Paroisse de Sainte-Croix.
Du pont de la Belle-Croix au pont de la Poissonnerie.

On disait auparavant place de la Poissonnerie, nom que nous trouvons, en l'an V, « à propos d’un projet de construction de la nouvelle Poissonnerie. » Dans une autre pièce de 1817, il est parlé d’une ruelle Raymond, destinée à disparaître, et de l’auberge de la Fleur de Lys.

L’ancienne halle fut démolie et reconstruite en 1720, démolie de nouveau en 1806 ; celle actuelle fut édifiée en 1852.




Place Newton
Cinquième arrondissement. Paroisse de Saint-Nicolas,
De la rue Newton à la rue Deshoulières.

Isaac Newton était un savant anglais qui sut se placer au premier rang des mathématiciens, des physiciens et des astronomes ; né en 1642 à la Terre de Woolstrope, dans le comté de Lincoln, il meurt en 1727. Date de l'ouverture, vers 1820.




Rue Newton
Mêmes arrondissement et paroisse.
De la rue Deshoulières à la place Delorme.

Comme au précédent.




Rue du Nord-Est
Sixième arrondissement. Paroisse de Sainte-Anne.
De l’avenue de Luzançay au chemin des Fontaines des Baronnies.

C’est une petite ruelle ouverte dans l’enclos de l’ancien château de Luzançay.



Place Edouard-Normand
Premier arrondissement. Paroisse de Saint-Similien.
De la rue Faustin-Hélie aux rues avoisinant le théâtre.

Le Théâtre de la Renaissance, qui avait donné son nom à la place, fut acheté par la ville le 28 janvier 1873 : il avait été construit en 1866 par Chenantais père, architecte, et devait servir de cirque.

Le Conservatoire National de musique, qui y est annexé, a été établi à Nantes sous la direction de M. Bresseler : il devint Ecole succursale du Conservatoire de Paris par arrêté ministériel du 1er septembre 1847.

La place s’était aussi appelée, tout au moins dans le peuple, la Motte aux Cochons, et nous retrouvons ce terme dans des actes de baptême, témoin un acte du 13 février 1764. Plus tard, on la dénomma place Gutenberg, puis elle prit celui de place Brancas et enfin dernièrement, pour éviter une confusion avec le quai de ce nom, elle reçut celui de Edouard-Jean Normand, grand industriel, né à Couché-Veru (Vienne), le 16 octobre 1808, et mort le 30 mai 1896, après avoir exercé les fonctions de Maire du 20 novembre 1885 au 20 mai 1888.




Cour Normand

Cette cour, qui est privée, est au n° 5 de la rue Scribe, et rappelle très probablement un nom de propriétaire.




Rue Notre-Dame
Deuxième arrondissement. Paroisse de Saint-Pierre.
De la place Dumoustier à la rue de Strasbourg.

On l’appela précédemment rue Delille, ou de l’Isle ; son nom présent lui vient de la Collégiale N. D. dont le chapitre fut supprimé en 1790, l'église disparut quelques années plus tard.

Des plans figurent en l'an VII pour « l’alignement de la rue de l’Isle, ci-devant cloître Notre-Dame, » et les rues nouvelles à établir sur remplacement de la Collégiale. En 1826, un autre plan pour la place projetée en vue d’un marché, c’était la place Dumoustier. Les travaux se prolongent jusqu’en 1861.




Rue Ogée
Mêmes arrondissement et paroisse.
De la place Dumoustier à la rue Royale.

La rue, auparavant appelée rue du Cloître Notre-Dame, rue Solon, et aussi rue Lanoue, reçut le 27 octobre 1837 son nom de Jean-Baptiste Ogée, ingénieur géographe des Etats de Bretagne, auteur d’une carte de cette province, d’un atlas itinéraire et d’un dictionnaire historique et géographique. Il naquit le 25 mars 1728 à Chavures (diocèse de Laon) et mourut à Nantes le 4 janvier 1789 ; (d’après Mellinet, il serait né à Morni, en Picardie, et serait mort le 6 janvier 1790, à l’âge de 60 ans).

En 1793, il est question d’une rue à substituer « à la ruelle ou passage communiquant du Cloître Notre-Dame à la rue du Peuple Français », ruelle autrefois fermée par deux portes et privée, où se trouve signalée à cette époque la fonderie Voruz.

La rue se serait aussi appelée rue Portail, puisque en 1816 Félix-François Ogée adresse une protestation contre ce nom donné en remplacement de celui de son aïeul paternel.

L’alignement et la disposition actuelle de la rue s’exécutèrent en 1871.




Rue des Olivettes
Quatrième arrondissement. Paroisse de Sainte-Croix.
Du quai de la Maison-Rouge au quai Magellan.

Olivettes, c’est-à-dire barrières ; clôtures, pourquoi ce nom à la rue, qu’on a aussi désignée sous ceux de rue Monfaucon, partie rue Pellisson ? Elle figure sous ce dernier nom dès 1776 ; tous les actes rencontrés la signalent comme non viable, non ou mal éclairée, exposée aux inondations, et privée de toute surveillance, « les patrouilles n’osent s’y aventurer. » Requête du 23 novembre 1789 pour obtenir le pavage « de la rue large nommée la rue des Olivettes, qui commence au bout oriental du quays de la Maison Rouge à l’endroit de l’abreuvoir, et se rend en droite ligne vers midy jusqu’à la grande rivière, après avoir passé devant le bout oriental de la rue du Marin et le bout occidental, de celle de la Vierge. »

Voilà deux noms inconnus, en cet endroit du moins.

En 1820, elle est encore garnie de deux rangs de poteaux, à hauteur d’appui, en forme d’olivettes, et disposés de manière à ne laisser passer que des piétons. En 1834, une douve existait à l’entrée et on réclame le remblayage. L’extrémité, du côté du quai Magellan, ne fut annexée à la rue que vers 1846.




Place de l’Oratoire
Deuxième arrondissement. Paroisse de Saint-Clément.
Placée à l’extrémité de la rue du Lycée.

L’ancienne Église de l’Oratoire, qui servit un instant de caserne de gendarmerie (jusqu’en 1845 ou 1846), qui avait abrité pendant près d’un demi-siècle les richesses du Musée départemental, qui aujourd’hui est devenue une annexe des Archives du Département, dépendait du Collège du même nom, lequel avait succédé en 1617 à celui de Saint-Clément. Commencée en 1651, l’église fut terminée en 1678 ; des Oratoriens continuèrent d’y enseigner jusqu’en 1793.




Boulevard Eugène-Orieux
Premier arrondissement. Paroisse de Saint-Félix.
Du boulevard Saint-Félix au pont de la Tortière.

Le nom fut appliqué en 1901 à une partie du boulevard de Ceinture, pour honorer la mémoire de Eugène-Honoré Orieux, né le 23 janvier 1823 à la Haute-Ile, en Rezé, devenu, le 1er janvier 1869, agent voyer en chef du Département. Par un travail consciencieux, par l’aménité de son caractère, par la diversité de ses connaissances, il s’était créé une place dans notre Cité, et il était juste de donner son nom à l’un des boulevards dont il avait été le créateur. Il mourut au Croisic le 21 juillet 1901.




Rue d’Orléans
Troisième arrondissement. Paroisse de Saint-Nicolas.
De la place Royale au pont d’Orléans.

Cette voie, que l’on a dénommée rue Poussin, rue du Peuple, rue Charles X, rue Louis-Philippe Ier, rue de la Charte, ne reçut son alignement qu’en 1827 (ordonnance royale du 24 janvier), et sa dénomination, le 27 septembre 1830. Le premier projet d’ouverture avait été discuté le 17 juin 1791, mais demeura à l’état de projet jusqu’en 1825.




Passage d’Orléans
Mêmes arrondissement et Paroisse.
De la rue d’Orléans à la place Félix-Fournier.

On l’appela également quelque temps passage du Peuple ; il date de la même époque que la rue de ce nom, et fut dénommé définitivement le 3 juillet 1852.




Pont d’Orléans
Mêmes arrondissement et paroisses Sainte-Croix et Saint-Nicolas.
De la rue de la Barillerie à la rue d’Orléans.

D’abord connu sous les noms de pont Sainte-Catherine, pont d’Erdre, pont du Peuple, Pont Charles X, puis enfin pont d’Orléans, il fut livré au public en juin 1829. En 1832, à la suite d’un accident (chute et mort de M. Sancton, percepteur de Vertou, dans le canal), on y établit des chaines de sûreté.



Quai d’Orléans
Premier et troisième arrondissements. Paroisse de Saint-Nicolas de 1 à 21, et de Saint-Similien ensuite.
Du quai Cassard à la place du Cirque.

Plusieurs noms lui furent également attribués et on le désigna sous les noms de quai du Peuple et quai La Martine.

Les travaux de ce quai, subordonnés à ceux du canal, se prolongèrent longtemps ; des pourparlers avec les propriétaires riverains, dont beaucoup ne possédaient que de simples cases de bois, traînent jusqu’en 1833-1834.




Rue des Orphelins
Deuxième arrondissement. Paroisse de Saint-Clément jusqu’à la ruelle Bascher, puis paroisse de Saint-Donatien.
De la rue de Coulmiers à la rue Gambetta.

Au n° 15 de cette rue, se trouve la Maison de Saint-Joseph pour l’extinction de la mendicité, où sont admis les vieillards infirmes des deux sexes. Cette maison fut fondée en 1828.

La tenue actuelle portait jadis le nom de tenue des Trois Pendus, en mémoire des trois croix élevées sur le calvaire, et il y existait un bénéfice ecclésiastique portant la même appellation.

Nous avons parlé (voir rue Grou) du testament de ce négociant de Nantes, riche, généreux et sans enfant, qui avait légué sa fortune pour la fondation d’un hospice d’orphelins. Ces enfants y furent entretenus jusqu’en 1811 ; à ce moment l’Hôtel-Dieu demeura possesseur de la tenue, dont il touchait les revenus, jusqu’en 1828, où fut fondée la Société dont nous parlons plus haut.




Chemin de l’Ouchette
Deuxième arrondissement. Paroisse Saint-Donatien.

Nom récemment donné à la partie du chemin du Moulin de la Manière, dont nous avons déjà parlé, située entre la rue de Paris et le boulevard de la Collinière.




Rue Oudry
Quatrième arrondissement. Paroisse de Sainte-Croix.
Du quai de l’Hôpital à la place de la Paix.

J.-B. Oudry, peintre et graveur, élève de Largillière, né en 1686, meurt en 1755.

Nous n’avons pu recueillir de renseignements sur cette rue.




Rue Pagan
Mêmes arrondissement et paroisse.
De la rue Bonsecours à la rue Diderot.

Les immeubles de cette rue étaient en si mauvais état que dès l’an IV nous assistons à une descente de justice et qu’on ordonne leur démolition : « Le sol y est entièrement bas, les issues ne consistent que dans de petites ruelles sans aucun accès à la rivière, les immondices s’y accumulent, et l’air en est complètement vicié ».

Pareille observation se retrouve en 1856.

Cette rue, qui se termine par une impasse fermée par une mince clôture en bois, reçut son nom du comte de Pagan, Blaise-François, ingénieur et astronome, né à Marseille en 1604, mort en 1665.




Place de la Paix
Mêmes arrondissement et paroisse.
Des rues Haudaudine et Oudry aux rues Bias et Banier.




Avenue de la Pajaudière
Deuxième arrondissement. Paroisse de Saint-Donatien.
De la rue de Paris à la rue de Coulmiers.

C’est une voie privée, dont le nom doit appartenir à une famille noble ; en 1607, on rencontre un sieur Henri-Patrice Boylesve sieur de la Pajaudière.




Rue Paré
Cinquième arrondissement. Paroisse de Saint-Nicolas.
De la rue du Calvaire à la place Bretagne.

Ainsi dénommée d’Ambroise Paré, né à Laval en 1518 (où on lui a élevé une statue), mort en 1590, la rue a été ouverte sur l’emplacement du terrain renfermant le Bois des Amourettes, qui fut vendu le 30 avril 1790.

C’est dans cette rue que s’ouvrait le terrain des Apothicaires que leur avait cédé la Ville en 1688, et où s’assemblait autrefois une des Compagnies du Papegault.

Un établissement de bains, qui en a pris le nom, s’est établi au fond d’une cour, dite Sainte-Marie-Louise, dont la dénomination pourrait rappeler « la fontaine que la benoiste Vierge Marie, Mère de Notre-Seigneur, ouvrit au vouloir d’Alain Barbe-Torte pour le rafraîchir, luy et ses chevaliers, pendant le combat qu’il livra aux Normands dans le Pré Nian ».

D’autres placent cette fontaine à la Hautière.




Rue Sylvain-Pâris
Premier arrondissement. Paroisse Saint-Donatien.
De la place Saint-Félix au boulevard Amiral-Courbet.

Voie moderne, dénommée le 31 décembre 1856, en mémoire de Claude-Sylvain Pâris, négociant, Président du Tribunal de Commerce, nommé par le Premier Consul, le 2 juin 1801, Maire de Nantes. Pâris, né à Rochecorbon (Indre-et-Loire), mourut en notre ville le 9 mai 1815, à l’âge de 71 ans.



Rue de Paris
Deuxième arrondissement. Paroisse de Saint-Donatien.
De la route du même nom à la rue Saint-Clément.

Dénommée le 27 octobre 1837, cette rue (ancien chemin de Paris, avec coude au carrefour des Enfants Nantais) fut rectifiée en 1840. Nous trouvons au 182 de cette rue une cour des Quatre-Nations, nom déjà rencontré ailleurs.




Route de Paris

Il existait deux chemins de Paris : 1° le bas chemin, nommé aussi le chemin de Toutes-Aides, commençant à l’entrée du faubourg de Richebourg et continuant jusqu’à la chaussée, percée d’une arche, dite le Pont de Toutes-Aides. Là il tournait à droite vers la prairie de Mauves, à la Moutonnière, et gagnait l’arche du Gué aux Chèvres (cette arche démolie en 1849, datait de 1572) ; 2° le haut chemin, celui du faubourg Saint-Clément, suivait la rue Saint-Clément actuelle jusqu’au bas du Coudray, où il tournait à droite. La rue Saint-Rogatien, maintenant route de Paris, entre les rues de Coulmiers et Saint-Clément, approuvée par ordonnance royale du 26 septembre 1837, a été exécutée de 1838 à 1841, ainsi qu’un passage souterrain au couvent des Dames de l’Adoration.




Rue Parmentler
Sixième arrondissement. Paroisse de Notre-Dame.
Du boulevard Saint-Aignan à Plaisance.

La rue était encore inachevée en 1843 ; « il y a pourtant 20 ans qu’elle existe, dit un pétitionnaire », et dès 1837 elle avait reçu sa dénomination, en souvenir du Baron Parmentier Antoine-Augustin, agronome, né en 1737 à Montdidier, mort en 1813.

La cour Brasseul existe au n° 10.



Place du Bon-Pasteur
Troisième et cinquième arrondissements. Paroisse de Saint-Nicolas.
De la rue Contrescarpe à la rue Guépin.

Comme nous l’avons dit à la rue Paré, cette place a été partiellement conquise sur le terrain aliéné en 1790 ; tout le plan de ce quartier a été proposé et a

© Copyright Wikipedia authors - The articles gathered in this document are under the GFDL licence.
http://www.gnu.org/copyleft/fdl.html