Météorite de Bendégo — Rapport/02

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MÉTÉORITE DE BENDÉGO


I

Historique du météorite de Bendégo, tentatives faites pour son déplacement.


En 1784, Joaquim da Motta Botelho[1] annonça au gouverneur général de Bahia, dom Rodrigo José de Menezes, avoir trouvé dans le voisinage du ruisseau Bendégo, sur une hauteur, une pierre extraordinaire, qu’il supposait contenir de l’or et de l’argent.

En 1785, le même gouverneur invita le capitaine major d’Itapicuru, Bernardo Carvalho da Cunha, à faire tout son possible pour transporter cette pierre jusqu’au port de mer le plus voisin, d’où elle pourrait être envoyée à la capitale de la province.

En cette même année, Bernardo de Carvalho s’occupa de remplir cette pénible tâche, et fit construire un charriot de bois destiné à être tiré par des bœufs.

Il fit établir aussi une chaussée empierrée à l’endroit où devait s’effectuer le passage du ruisseau Bendégo, car son intention était de se diriger vers le fleuve Irapiranga[2] ou Vasa Barris, duquel le Bendégo est tributaire, afin de le suivre jusqu’à Aracaju, dans la province de Sergipe, qui est le port le plus voisin de la ville de Bahia.

Bernardo de Carvalho réussit, avec d’assez grandes difficultés, à placer la pierre sur le charriot, qui se mit en marche traîné par 12 paires de bœufs. Malheureusement, à la descente de la colline, le charriot accéléra sa course, les essieux prirent feu, et le véhicule alla s’échouer dans le Bendégo, à 180 mètres de l’endroit où il avait chargé la pierre.

Le gouverneur-général, dom Rodrigo de Menezes, informa le ministre d’État de Portugal, Martinho de Mello e Castro, de cette tentative infructueuse et envoya en même quelques échantillons de la pierre, pour qu’ils soient examinés à Lisbonne.

En 1810, A. F. Mornoy, chargé par le gouverneur-général de Bahia d’étudier les sources minérales de l’intérieur de la province, entendant parler de existence de cette pierre extraordinaire d’or et d’argent, qu’il supposa être un météorite, résolut de l’aller voir.

En cette même année, Mornay se rendit à Monte Santo et, accompagné de Joaquim da Motta Botelho, il alla au Bendégo et là trouva la pierre encore sur le charriot ; il reconnut que c’était un météorite composé de fer métallique.

Il en tira, non sans grande difficulté, un fragment de quelques kilogrammes, qu’il envoya, avec une intéressante notice, au docteur Wollaston, secrétaire de la Société Royale de Londres.

La notice de Mornay fut lue à cette Société le 16 mai 1816, avec une note du docteur Wollaston, et insérée en cette même année dans les Philosophical Transactions.

Les dimensions du météorite données par Mornoy sont les suivantes :

Longueur 7 pieds.

Plus grande largeur 4 pieds.

Plus forte épaisseur 2 pieds.

Il estimait la masse à 28 pieds cubes et le poids à 14,000 livres.

L’analyse du docteur Wollaston donna, pour la composition :

Fer 95,1 pour 100
Nickel 3,9
Diverses substances 1,0

En 1811, le météorite fut examiné par le brigadier Felisberto Caldeira, qui fit une nouvelle tentative pour le transporter jusqu’à la capitale.

En 1820, les naturalistes Spix et Martius allèrent au Bendégo et trouvèrent le météorite profondément enterré ; c’est là probablement le motif de la différence du poids, estimé par eux à 21,000 livres, avec celui que Mornay avait calculé.

Il y avait de grandes difficultés à extraire du bloc des échantillons, parce que toutes les petites saillies avaient été tirées par les habitants de la localité ; ce ne fut qu’après un travail pénible que les voyageurs parvinrent à extraire deux échantillons, de quelques kilogrammes chacun.

De l’analyse de ces fragments, Fickentscher obtint les résultats suivants :

Fer 95,90 pour 100
Nickel 5,71
Portion insoluble aux acides 0,46
Perte (eau expulsée par la chaleur) 1,93

L’analyse de la partie insoluble donna :

Oxyde de fer 0,16  
Oxyde de nickel 0,14  
Silice 0,06  
Carbone 0,10  

Il existe des fragments de la masse du météorite dans les musées suivants :

Musée de Munich 3675 grammes
de Londres 2491
de Vienne 2317
de Gœttingue 315
de Saint-Pétersbourg 25
de Berlin 19
d’Erlanger 18
de Copenhague 5

Dans cinq ou six collections particulières, il y a des échantillons de la même origine formant un poids de 75 à 100 grammes.

Le célèbre professeur J. D. Dana, dans son traité de minéralogie, à l’article consacré au fer natif, dit :

« Parmi les grands météorites de fer, celui de Gibbs[3] pèse 1635 livres (743 kilogrammes) ; il est conservé dans le cabinet de HaleCollege (New Haven, États-Unis) ; il a 3 pieds et 4 pouces de long, 2 pieds et 4 pouces de large et 1 pied et 4 pouces de haut. Il a été apporté de Red River, dans le Texas.

« Le météorite d’Insen actuellement conservé dans la Smithsonian institution, pèse 1, 400 livres (638 kilogrammes) et est venu de Sonoza, au Mexique. Il a une forme annulaire et mesure 49 pouces à son plus grand diamètre.

« De plus grandes masses existent dans l’Amérique du Sud. Une y a été découverte par don Rubin de Celis, dans le district du Chaco-Gualamba ( République Argentine), on en calcule le poids à près de 32,000 livres (15,000 kilogrammes) ; et une autre dans la province de Bahia ( Brésil), elle a un volume d’au moins 28 pieds cubes et pèse 14,000 livres ( 1,383 kilogrammes).

« Le météorite de Sibérie, découvert par Pallas, pesait dans l’origine 1,600 livres (729 kilogrammes). »

Depuis 1820, le météorite qui a pris le nom de Bendégo est resté oublié dans l’intérieur de la province de Bahia, jusqu’à ce qu’en 1883, le professeur Orville A. Derby, directeur de la section de géologie du Musée National de Rio de Janeiro, craignant que le météorite ne soit recouvert par les alluvions, demanda à l’un des ingénieurs de la commission chargée de l’amélioration du fleuve São Francisco, le docteur Theodoro Sampaio, de prendre des informations à ce sujet.

Dans une lettre adressée, le 31 décembre 1833, au professeur Orville Derby, le docteur Theodoro Sampaio disait :

« Quant aux renseignements que vous me demandez au sujet de la masse de fer météorique, je n’ai pu réunir que les suivants :

« Une personne qui l’a vue, car cette masse de fer est assez connue dans la campagne de Monte Santo, dit que le lieu où elle se trouve s’appelle Bendégo ; c’est une ferme d’élevage, située sur le bord du ruisseau de ce nom, affluent du fleuve Vasa-Barris, à 12 ou 14 lieues au N. E. du bourg de Monte Santo et à 27 ou 30 du village de Queimadas, où passe la voie ferrée en construction.

« Celui qui me donne ces informations dit que le propriétaire de la ferme a déjà cherché, à l’aide d’un grand nombre de paires de bœufs, à retirer la masse de fer du lit du ruisseau, mais qu’il n’y est pas parvenu à cause du volume et du poids, et aussi du manque de moyens propres pour remuer un tel bloc. »

Au commencement de 1886, le directeur du Musée National de Rio de Janeiro, M. le conseiller Ladisláo Netto, sur les indications du professeur Orville Derby, a cherché à obtenir de nouveaux renseignements à l’égard de cette rareté scientifique.

Par l’intermédiaire du directeur du prolongement du chemin de fer de Bahia au São Francisco, M. l’ingénieur Luiz da Rocha Dias, il obtint que l’on envoyât à Bendégo l’ingénieur Vicente José de Carvalho fils, chef de section de ce prolongement, reconnaître le météorite et voir par quel moyen il serait possible d’en effectuer la translation au Musée National.

Cette année même, le Musée National recevait pour la première fois un échantillon du météorite, envoyé par le directeur du prolongement, l’ingénieur Rocha Dias, avec une notice détaillée des obstacles à vaincre.

En 1887, quand toutes nouvelles tentatives pour le déplacement du météorite semblaient abandonnées, je lus à la Société de Géographie de Rio de Janeiro, en séance du 27 mai, un mémoire sur le météorite de Bendégo, accompagné de nouvelles informations, qui m’avoient été fournies par l’ingénieur Vicente de Carvalho, et je présentai un échanlillon du météorite, quelques fragments de la croûte et deux éclats de ceux qui, en grand nombre, ont été trouvés dispersés autour de l’endroit de la chute.

L’ingénieur Vicente do Carvalho a calculé que le météorite avait approximativement en :

Volume 0m3,911
Poids 7014 kilogrammes
Plus grande longueur 2m,15
Plus grande largueur 1m,50
Hauteur moyenne 0m,66

L’échantillon apporté par cet ingénieur fut offert à S. M. l’Empereur, et le mémoire lu à la Société de Géographie a été publié dans le 2e Bulletin du tome III, de 1887, de la Revue de la même Société, et dans la Gazetitha du Jornal do Commercio}} de Rio de Janeiro, du 5 juillet de la même année.

Dans la séance du 3 juin 1887 de la Société de Géogrophie de Rio de Janeiro, je complétai les renseignements sur le météorite, et le professeur Orville Derby, en cette occasion, discourut largement sur le même objet.

Sur la proposition du président de cette société, M. le marquis de Paranagua, il fut résolu, par un vote unanime, que la Société de Géographie de Rio de Janeiro prendrait sur elle de faire apporter le météorite de l’intérieur de la province de Bahia à la capitale de l’Empire, afin de l’offrir au Musée National.

Dans la séance du 17 juin de la même année, j’annonçai à la Société, après en avoir fait part au préalable à S. M. l’Empereur, que M. le baron de Guahy, député de la province de Bahia, fournirait la somme nécessaire au transport du météorite de Bendégo, et que M. le conseiller Rodrigo Augusto da Silva, alors ministre et secrétaire d’État des Affaires de l’Agriculture, du Commerce et des Travaux Publics, était prêt à aider la Société par tous les moyens du ressort de son ministère.

Le 28 juillet 1887, le président de la Société adressa à M. le ministre de l’Agriculture la lettre suivante :

Société de Géographie de Rio de Janeiro le 28 juillet 1887.

N. 239. — Monsieur le Ministre. — Cette société, ayant résolu de faire apporter à Rio do Janeiro le remarquable météorite de Bendégo, qui a été trouvé dans l’intérieur de la province de Bahia, il y a plus d’un siècle, et, comptant sur la somme nécessaire, offerte par le digne associé M. le baron de Guahy, et sur les services de l’habile associé M. le commandeur José Carlos de Carvalho, vient maintenant solliciter de Votre Excellence tout l’appui possible, quand il sera réclamé par celui qui est chargé de cette entreprise, dont le but et l’accroissement de la richesse du Musée National. Je profite de l’occasion pour renouveler à Votre Excellence l’assurance de ma haute estime et de ma considération distinguée.

À Son Excellence M le conseiller Rodrigo Augusto da Silva, Ministre et Secrétaire d’État des Affaires de l’Agriculture, du Commerce et des Travaux Publics. — Vicomte de Paranagua.


M. le conseiller Rodrigo Augusto da Silva, ministre et secrétaire des Affaires de l’Agriculture, du Commerce et des Travaux Publics, répondit le 31 juillet.

Cabinet du Ministère de l’Agriculture, le 31 juillet 1887.

Monsieur le sénateur vicomte de Paranagua. — J’ai eu le plaisir de recevoir la lettre que Votre Excellence, en qualité de président de la Société de Géographie de Rio do Janeiro, m’a adressée le 28 courant, accompagnée de la Revue de la même société (tome III, 2e bulletin) où se trouve une notice relative au gigantesque météorite existant dans la province de Bahia, près du ruisseau Bendégo, dont le nom lui a été donné par la tradition.

La résolution adoptée par cette société de faire transporter à Rio de Janeiro ledit météorite, avec l’aide pécuniaire de S. Exc. M. le baron de Guahy, et sous la direction personnelle de M. le commandeur José Carlos de Carvalho, et dans le but, déclaré dans la lettre do Votre Excellence, de le donner au Musée National, est digne de louange de la part de l’État ; ce que je m’empresse de faire connaître à Votre Excellence, pour qu’il daigne en donner communication à ses honorables co-sociétaires.


On obtiendra ainsi, par les efforts d’une corporation scientifique, et surtout de quelques uns de ses membres, que le Brésil puisse conserver, dans un établissement public et officiel, cette grande masse de fer, de laquelle divers musées d’Europe possèdent depuis longtemps de précieux échantillons.

Quant à l’aide qui sera à la portée du ministère que je dirige et dont la demande me sera faite en temps opportun, Votre Excellence peut compter qu’elle sera accordée sans demeure et avec une véritable satisfaction.

Je suis, avec une haute estime et une profonde considération,

De Votre Excellence, Ami et Serviteur obligé et respectueux. — Rodrigo Augusto da Silva.




Le 18 août 1887, le chef de l’expédition reçut de M. le ministre de l’Agriculture les instructions suivantes.


Instructions


Rio de Janeiro, le 18 août 1887. Direction des travaux publics du ministère de l’Agriculture, du Commerce et des Travaux publics. — 3e Section, n°99.

Je vous informe, pour votre connaissance et pour les effets qui peuvent en découler, que ce ministère a résolu de faciliter, par les moyens dont il dispose, l’accomplissement de la mission dont vous êtes charge, dont le but est de faire transporter au Musée National le météorite appelé Bendégo, existant dans la province de Bahia.

En ce sens, des ordres ont été déjà donnés pour que l’on vous fournisse les instruments d’ingénieur dont vous pourrez avoir besoin, et pour que toute l’aide qui dépendra d’eux vous soit prêtés par le président de la province et par le directeur ingénieur en chef du prolongement du chemin de fer de Bahia au São Francisco, et le ministère n’hésitera pas à vous fournir en outre toutes les ressources qui seraient nécessaires, pourvu toutefois que cela soit possible.

Pour le bon succès de la mission, il convient que le transport du météorite soit fait dans les meilleures conditions, que toutes les mesures nécessaires soient prises d’avance à l’égard du chemin à parcourir et des moyens de transport, surtout jusqu’à la station du chemin de fer, et qu’il soit procédé, outre cela, aux études indispensables pour qu’en tout temps on puisse connaître dans tous leurs détails les circonstances qui pourront avoir de l’intérêt à l’égard d’un si remarquable météorite.

Ce ministère espère donc que vous dresserez des plans de la localité, en y donnant toutes les indications convenables pour le but exposé, et que vous ferez une étude des caractères géologiques du terrain.

Tout ce qui arrivera depuis le commencement jusqu’à la fin des travaux devra être mentionné dans le rapport que vous présenterez.

L’endroit où se trouve le météorite et les points qui offriraient quelque intérêt spécial devront être signalés au moyen de bornes, qui puissent être retrouvées en tout temps.

Le louable intérêt que vous avez montré pour cet objet, le zèle et l’aptitude avec lesquels vous avez rempli d’autres commissions, sont une garantie du bon résultat de cette délicate mission.

Que Dieu vous garde. — Rodrigo Augusto da Silva. — À Monsieur José Carlos do Carvalho.




Le 20 août 1887, le paquebot brésilien EspiritoSanto, ayant à son bord le chef de la commission et ses compagnons les ingénieurs Vicente José de Carvalho fils et Humberto Saraiva Antunes, quitta Rio de Jnnetro pour se rendre à Bahia.

Le 23 du même mois, la commission arriva à Bahia ; le 27, elle se rendit à Alogoinhas ; le 2 septembre à Santo Antonio das Queimadas : elle était le 5 au bourg de Monte Santo, le 6 à Bendégo, et enfin le 7, jour anniversaire de l’Indépendance du Brésil, à 1 heure du soir, on inaugura solennellement les travaux de déplacement du météorite destiné au Musée National. On dressa à cette occasion le procés-verbal suivant, dont une copie authentique fut placée dans une boite de fer, parmi les fondations du pilier bâti sur l’emplacement où était tombé le météorite.




Inauguration des travaux de transport du météorite de Bendégo au Musée National de Rio de Janeiro


Le septième jour du mois de septembre de l’an 1887, sous le règne de Sa Majesté l’Empereur le Seigneur Dom Pedro II, et durant la régence de la Sérénissime Princesse Impériale Dona Isabelle, en ce lieu, connu sous le nom de Ipoeira do João Venancio, au bord du ruisseau Bendégo, affluent du fleuve Vasa Barris, faisant partie de la paroisse et du terme de Monte Santo, province de Bahia, sous la présidence du conseiller João Capistrano Bandeira do Mello, se trouvant réunis près du météorite le citoyen José Carlos do Carvalho, chef de la commission, et les ingénieurs Vicente José do Carvalho fils et Humberto Saraiva Antunes, nommés par la Société de Géographie de Rio do Janeiro, dont le président est le conseiller d’État vicomte de Paranagua, et conformément aux instructions qui ont été données au chef de la commission par le conseiller Rodrigo Augusto da Silva, Ministre et Secrétaire d’État des Affaires de l’Agriculture, du Commerce et des Travaux Publics, il a été dit par le chef de la commission que, par ordre de la Société de Géographie de Rio de Janeiro et au gouvernement impérial, les travaux de transport du météorite au Musée National étaient inaugurés.

Et pour qu’en tout temps on connaisse le lieu de la chute du météorite, il a fait poser ici la pierre fondamentale d’un pilier, auquel il a donné le nom de Dom Pedro II, en hommage à Sa Majesté l’Empereur et on y a placé dans une boite de fer un exemplaire du présent procès verbal et un du Boletim da Sociedade do Geographia, de l’année courante, dans lequel est inséré un mémoire sur le météorite.

Sur ce pilier, qui a la forme d’une pyramide triangulaire, reposant sur un socle de pierres brutes, on gravera les inscriptions suivantes : Sur la face qui regarde le levant : — Pedro II, Bendego — 1887 ; sur celle de droite : D. Isabel, regente, — Sociedade de Geographia do Rio de Janeiro, presidente Visconde de Paranagua ; sur celle de gauche : Rodrigo Silva, Ministra da Agricultura ; Commissão : José Carlos de Carvalho ; engenheiros, Vicente Jose de Carvalho e Humberto Saraiva Antunes.

Pour conserver la mémoire des conditions dans lesquelles le météorite a été rencontré, on en fit la photographie ; et, pour l’authenticité du tout, on a dressé le présent procès-verbal, qui a été signé par toutes les personnes présentes et par moi, Humberto Saraiva Antunes, faisant fonctions de secrétaire, qui l’ai écrit. — Signés : José Carlos do Carvalho ; Vicente José de Carvalho fils, ingénieur civil ; Humberto Saraiva Antunes, ingénieur civil ; João Cordeiro de Andrade, président de la chambre municipale ; Cesar Belarmino Cordeiro de Andrade, juge de paix ; Bertholino Neves da Silva, subdélégué ; Dr João Fillemont Fontes, professeur adjoint de la Faculté de Médecine de Bahia ; Alvaro Ferreira do Carvalho, Lucas Araujo dos Santos ; capitaine Antonio Joaquim da Silva Lima, Manoel Fernandes do Menezes, négociants ; Reynaldo Aurelio Tupinambà, Antiocho Juvencio de Andrade, collecteur ; João de Alencar Lima, Pedro Correia de Macodo, João Ferreira de Mattos, Quintino Dias Leite, Benedicto José Pereira, Antonio Rodrigues de Sant’Anna, João Mendes da Motta, Joaquim Venancio da Motta, João Venancio da Motta, Manoel Ignacio Semgrosar, José Alves de Jesus, José Ferreira Canario, Manoel Mendes da Silva, José Mendes da Motta fils, José Mendes da Motta, Joaquim Mendes Coelho, Juvenal Ferreira Coelho, Francisco Mendes Dantas, Tietro Alves de Carvalho, Francisco Martins Fontes, juge municipal.




Après que l’on eut exploré la zone du sertão qui devait être traversée, que la direction de la route à parcourir par le météorite jusqu’à la rencontre du chemin de fer eut été choisie ; le charriot construit et tout le train de transport étant prêt, le météorite partit, le 25 novembre de la rive du ruisseau Bendégo, oú on l’avait abandonné 104 ans auparavant et il commença sa marche, dont les conditions ne pourront être dûment connues que par l’examen du plan général et du profil longitudinal du chemin parcouru.

Le 14 mai 1888, j’arrivai avec le météorite à la station de Jacuricy, sur le prolongement du chemin de fer de Bahia au São Francisco, et le 16 je posai la pierre fondamentale du pilier d’arrivée ; à cette occasion on dressa le procès verbal suivant :


Procès verbal d’inauguration du pilier appelé — Baron de Guahy — au kilomètre 245, 316m, du prolongement du chemin de fer de Bahia, point d’embarquement du météorite de Bendégo à destination du Musée National de Rio de Janeiro

Le seizième jour du mois de mai de l’an mil huit cent quatre vingt huit, sous le règne de de S. M. l’Empereur le Seigneur Dom Pedro II et pendant la régence de la Sérénissime Princesse Impériale Dona Isabelle, en ce lieu, kilomètre 245, 316m, près de la station de Jacuricy, sur le prolongement du chemin de fer de Bahia, dont le directeur ingénieur en chef est M. le docteur Luiz da Roeha Dias, à onze heures du matin, en présence du citoyen José Carlos de Carvalho et des ingénieurs Vicente José de Carvalho et Humberto Saraiva Antunes, membres de la commission nommée par la Société de Géographie de Rio de Janeiro, de laquelle est président le conseiller d’État sénateur vicomte de Paranagua, pour transporter au Musée National de Rio de Janeiro le météorite de Bandégo, découvert dans l’intérieur de cette province, en l’an mil sept cent quatre vingt quatre, le chef de la commission, citoyen José Carlos de Carvalho, a déclaré que, par ordre de S. Exc. M. le Ministre de l’Agriculture, du Commerce et des Travaux Publics et par intérim des Affaires Étrangères, conseiller Rodrigo Augusto da Silva, il inaugurait le pilier destiné à signaler le point d’embarquement dudit météorite pour la ville de Bahia, en transit pour Rio de Janeiro.

Et pour qu’en tout temps l’on sache que toutes les dépenses de transport de ce précieux objet scientifique, du lieu où il a été trouvé par la commission, sur la rive du ruisseau Bendégo, jusqu’au chemin de fer de Bahia, ont été faites par l’illustre baron de Guahy, premier vice président de la chambre des Députés, qui l’a promis à la Société de Géographie de Rio de Janeiro, le chef de la commission a déclaré en outre que, comme interprète des sentiments de gratitude de cette société pour M. le baron, son généreux co-associé, il donnait à ce pilier le nom de Barão do Guahy.

Il a fait déposer ensuite dans une boite de fer, placée dans l’ouverture pratiquée dans les fondations, une copie de ce procès-verbal, un exemplaire du Boletim da Sociedade de Geographia do Rio de Janeiro, où se trouve inséré un mémoire sur ledit météorite, et divers journaux de Bahia, qui publient le décret d’abolition de l’esclavage au Brésil.

Et pour donner plus de solennité à cet note, il a fait dire une messe en action, de grâces pour la terminaison heureuse de la pénible et difficile traversée de 113 kilom. 603m.,10 à travers le sertão de cette province.

Pour conserver à jamais la mémoire de ce qui a été accompli, il a fait dresser ce procès-verbal qui est signé par toutes les personnes présentes et par moi, Humberto Saraiva Antunes, qui l’ai écrit.

José Curios de Carvalho.
Ingénieur Luiz da Rocha Dias.
Ingénieur Humberto Saraiva Antunes.
Ingénieur Vicente José de Carvalho fils.
Ingénieur Aluizio Augusto Ramos Accioli.
Ingénieur Antonio Theodorico da Costa fils.
Ingénieur Emiglio José Ribeiro.
Vicaire Firmino de Sousa Estrella.
Vicaire Cantidio Gomes de Azevedo.
Vicaire Alfredo Alves Maciel.



Le 17, le météorite fut chargé par le chemin de fer ; le lendemainil arrivait dans la ville d’Alagoinhas ; le 21, il fut transporté au chemin de fer anglais, et le 22 il arrivait a la station de la Calçada, à Bahia, où il resta en exposition jusqu’au 28, jour où il fut transféré à l’Arsenal de Marine de cette province.

Le 1er juin, on l’embarqua sur le vapeur brésilien Arlindo, propriété de M. Claudio Vincenzi, négociant de Bahia, qui offrit gratuitement son navire pour transporter le météorite.

Le 2 juin, l’Arlindo sortit du port de Bahia à destination de Pernambuco, ayant à son bord le chef de la commission, qui avait l’ordre de M. le président de la Société de Géographie et de M. le Ministre de l’Agriculture d’accompagner le météorite.

Le vapeur Arlindo arriva à Pernambuco le 4, et le 9 il repartait pour aller à Rio de Janeiro directement ; il y arrive le 15.

Le même jour, le météorite fut débarqué de l’Arlindo et remis aux soins de l’Arsenal de Marine de la capitale, jusqu’au jour de son transport au Musée National.

  1. Dans l’original des statuts de la confrérie du Senhor dos Passos do Monto Santo, daté du 12 juillet 1815, j’ai trouvé, parmi les membres du bureau les plus gradués, la signature de Joaquim da Motta Botelho.

    En 1786, le missionnaire apostolique capucin italien P. Apollonio dé Todi, faisant la sainte mission en ce lieu, changea le nom de Pico Arassu en celui de Monte Santo, et installa dans une petite chapelle, qui n’était pas encore terminée, un chemin de croix, auquel il donna le titre de Santos Passos.

    Le Pico Arassu ou Monte Santo s’élève à 781 mètres au desus du niveau de la mer.

    Sur le bas du versant oriental de la Sierra de Monte-Santo s’étend aujourd’hui le bourg de ce nom.

  2. En langue indigène, Irapiranya veut dire poisson rouge.
  3. Il a pris le nom du colonel Gibbs, qui l’a analysé en 1824.