Le Zend-Avesta (trad. Darmesteter)/Volume II/Vendidad/Fargard 1

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche


 
Traduction de James Darmesteter

Édition : Musée Guimet. Publication : Ernest Leroux, Paris, 1892.
Annales du Musée Guimet, Tome 22.


VENDIDAD
Fargard 1
1.
Énumération de seize pays excellents créés par Auhrmazd et des fléaux correspondant à chacun d’eux, créés par Ahriman I.


VENDIDAD
______


FARGARD 1


Le Fargard qui ouvre le eiulidail contient, pour employer les termes du Dînkart (VIII, 42,2) » l’énumération de seize pays excellents créés [par Auhrmazd] et des fléaux correspondants à chacun d’eux, [envoyés par Ahriman ] ))’. En effet, à chaque pays nouveau créé par Ahura, Angra Mainyu répond en créant un fléau, d’ordre physique ou d’ordre moral, destiné à corrompre la perfection native de la création divine : cette contrecréalion s’appelle paityâra. littéralement « réaclinn, obstacle ». Ces seize contrées appartiennent toutes à l’Iran. On a voulu autrefois tirer des conclusions historiques très lointaines de l’ordre dans lequel elles sont rangées et qui reproduirait la marche de la colonisation iranienne descendant du plateau de l’Asie centrale-. Ilaug en fait un document contemporain de l’occupation de ces provinces et comme le journal de l’immigration. Le texte, pris en lui-même, a des prétentions beaucoup moins 1. Madam 16 j’iràl ; î pûhlînn liriih’m'ilan nàrncns/it’ik iù.s/imiiril, paitijàrak-r-î ol jùt jûl mal ynkoynmùnêl.

2. Hekres et Huode ; voir M. Bhkal, Ln (Jrorjruphic de l’Aucsla (dans tes Mctaiiges de mythologie et de linguistique, 187 sq.). T. II. 1 hautes : c’est un tableau géographique de l’Iran à l’époque où il fut écrit, tableau incomplet, d’ailleurs, et qui laisse en dehors les provinces qui, pour des raisons politiques et religieuses qui nous échappent, ofTraient moins d’intérêt au rédacteur zoroaslrien. On s’étonne, par exemple, de n’y point rencontrer la Perse^et un temps vint oij les Zoroastriens aussi s’en étonnèrent : car il est probable que les lignes finales furent ajoutées par les derniers Diascévastes pour couvrir les omissions et les partis pris de la première rédaction. L’identification des provinces se fait d’elle-même pour neuf d’entre elles, le nom zecd étant identique à celui qu’on trouve dans les listes de satrapies de Darius et qui s’est souvent maintenu dans la nomenclature moderne. Ce sont : Zetid. Perse. Grec. 2° Sughdha Suguda ^ofy.rrr, 3 ■ Môuru Margu MoLpywir, 4° Bâkhdhi Bâkhtri ïji/.’ :px 6° Harôyu Haraiva ■’Ap^^a 9° Vehrkâna Varkâna YpV.Tl’.X Oo Harahvaiti Harauvati ApxyM-.o. il" Haêtumant ’E-6[j.t^ 1 2" Ragha Ragâ PaYa- : I .)' Hapta hindu Hindava 'h y. Soghd -*-i^ (Samarkand) . Merv Ji/* (arm. Marg). Baikh ^, Harc-[vùd) iSy^. Giirfjdn o ^J Jiirjân j^ ^ ? Ar-rokliej j ?’-j’ Ar(]hand-[kh) ^’-Cc-jl. Helmend J-^ij^. Rai iSJ, Hind -»^". Pour les autres provinces dontlcs noms ne paraissenl ni dans la nonionclature ancienne ni dans la moderne, nous en sommes réduits à la tradition 3. F., ;i M(’die y parait sous le nom de Ilaylia, ^ lU. 4. i’rononciation arabisée. 5. Forme arabe, médiévale. 0. iMnployé dans les historiens arabes pour désii,Micr le liant tndiis, le rcnjàli, par opposition au S’nidli (jui est le bas Indus, le premier étant semi-niusuhnan, le second purement indien.

ZEND-AVESTA : VENDIDAD. — KARGARD I 3

pehlvie. Le Commentaire peblvi ne nous est arrivé que dans une forme très corrompue et qu’il est difficile d’utiliser : heureusement le Grand Bundaliish possède une paraphrase de ce Fargard qui permet de déterminer plusieurs valeurs nouvelles. Ce qu’il nous donne, il est vrai, n’est que l’identification sassanide : mais il n’y a pas de raison de mettre en doute la valeur de ces identifications et l’on ne voit pas pourquoi les vieux noms, tombés en désuétude depuis quelques siècles à peine, auraient été oubliés des antiquaires sassanides : la géographie arabe du moyen âge présente des exemples de tradition savante encore plus tenace. De là les identifications suivantes, moins certaines, philologiquement, mais qui ont toute la valeur d’une tradition historique :

Zend. Peblvi.

7° "Vaêkereta Kdpûl Cahoid^^.^.

8° Urva JSIcshan Mésène (bas Euphrate).

14° Varena PulashUn-àrfjar ou Dailam Tabaristân o Crildn. 16° Ranha Arvaslàni Rùm Mésopotamie orientale. Restent indécis les n’" o cl 13, Nisâya-AwffV et Gakhra-Cff/./ ;/’, dont les noms étaient poi’tés par plusieurs villes (voir notes 17 et 30) ; la première a dû être située entre Merv et Bactres ; enfin le n" 1, Airyanena Vaêjô eu Iran Vr/, que nous identifions au moderne Karabagh, l’ancien Arrdn[y. note 4).

L’énumération offre des séries naturelles qui semblent indiquer un certain ordre systématique : les n°’ 2-7 — Sogdiane, Margiane, Bactriane, Nisâya entre Merv et Bactres, Hérat, Caboul — forment un groupe compact qui épuise le nord-est, l’extrême Khorasan. Les n"’ 8-9 — Urva-Mésène et Gurgân, — relient par une ligne à l’occident les deux mers, mer Persique et mer Caspienne ; les n°’ 10-11 nous reportent à l’orient (Arachosie et Seistan) ;lesn°’12 et 14 nous reportent au nord-ouest avec Bai et leTabaristan : si le n- 13,Cakhra, est dans la même région, nous aurons un groupe massif et continu du nord : si c’est le Carkh du pays de Ghaznin (note 3f ), ce sera encore la même allée et venue de l’ouest à l’est ; le n° 15 avec rindus, le n° 1 6 avec la Raiiha, c’est-à-dire avec le Tigre, nous donnent

les deux fleuves cnveloppaiifs qui liinilent l’Iran à l’est et à l’ouest, « le pays eutre le Tigre et l’Indus ». La Raûha nous ramène au point de départ, car ses sources et celles de la rivière de l’Iràn-Vèj ne sont séparées que par le massif de l’Ararat. L’ordre de succession est donc le suivant : 1° Extrême nord-ouest : Iràn-Vèj.

2°-7" Groupe de l’extrême nord est : Soghd, M3rv, Balidi, Nisà, Hérat, Caboul :

8-9°Sud maritimeetnord maritime : Mésène, Gurgân. lOo-H" Est-central : Arachosie et Seistan.

1 2°- ! 3"- 14° Nord-ouest : Rai, Carkli,Tabarislau (ou bien :nord, Rai est, Car/i/i ; nord, T’aharistan).

5° Extrême est : Indus. 

1G° Extrême ouest : Tigre.

Les fléaux créés par Aliriman dans chacun des pays créés par Ormazd donnent quelques renseignements inslruclifs sur la situation religieuse de certaines provinces à l’époque de la rédaction ; Hérat semble avoir été le siège de sectes affectant un rigorisme exagéré dans les lois de pureté ; la sorcellerie prévaut dans le bassin de l’IIelmend et la Péri dans le pays de Caboul, ce qui est, sous une forme zoroastrienne, l’expression du fait que ces provinces étaient dominées par la civilisation indienne : on sait que dès une haute antiquité, jusque vers la conquête musulmane, ces provinces formaient une Inde blanche. — Pour l’âge du morceau voir l’Introduction de ce volume.

1 . .4hura .Ma/.dadit à Spilama Zarathushtra : .l’ai rendu, ô Spilama Zarathushtra, chaque lieu plaisant [là ses enfants], si peu de confort qu’il y eût eo lui ’ ; si je n’avais rendu, ù Spitama Zaru- 1. azem dadliàm... nsù riiiuô-dàitiin nôit kudntshûitiin : Il i/ahbûnt jîvdk... ràmislin dahisliiii/i II) ah/h diil {a’ujk dnl = liudat ; cf. Vd. 1, lulrod., p. ci) yakôijamknél àsà- 711/1. (Iliisc : I, C’ust- ;-ilire que le pays où un hninnie est né et élevé, il lo ("onsidère comint : bon, comme le plus beau et le plus confortable que j’aie créé. ■ Page:Annales du Musée Guimet, tome 22.djvu/51 Page:Annales du Musée Guimet, tome 22.djvu/52 Page:Annales du Musée Guimet, tome 22.djvu/53 Page:Annales du Musée Guimet, tome 22.djvu/54 Page:Annales du Musée Guimet, tome 22.djvu/55 Page:Annales du Musée Guimet, tome 22.djvu/56 Page:Annales du Musée Guimet, tome 22.djvu/57 Page:Annales du Musée Guimet, tome 22.djvu/58 Page:Annales du Musée Guimet, tome 22.djvu/59 Page:Annales du Musée Guimet, tome 22.djvu/60 Page:Annales du Musée Guimet, tome 22.djvu/61