Dictionnaire universel d’histoire et de géographie Bouillet Chassang/Lettre U

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Lettre U
T Dictionnaire universel d’histoire et de géographie Bouillet Chassang, 1878
Lettre T, pages 1831 à 1921
V


U

N. B. Cherchez par Ou, V, ou W les mots qui ne seraient pas à l’U.

U, chez les anciens, était la même lettre que V.

UBALDINI (Ruggieri ou Roger d’), archevêque de Pise en 1276, et l’un des principaux chefs des Gibelins dans cette ville, eut à lutter contre le perfide Ugolin de la Gherardesca, qui lui disputait la souveraineté dans Pise et qui avait tué un de ses neveux. Il s’empara de sa personne, et le fit enfermer avec ses enfants dans une tour dont il jeta les clefs dans l’Arno et où tous ces malheureux périrent de faim (1288). Le Dante, dans son Enfer, a raconté ce terrible épisode des guerres civiles de Pise. V. GHERARDESCA.

UBALDIS (BALDE de). V. BALDE.

UBAYE (l’), petite riv. de France (B.-Alpes), prend sa source au mont Maurin, passe à Barcelonnette et se jette dans la Durance, après un cours de 80 kil.

UBEDA, Bætula? v. d’Espagne (Andalousie), entre le Guadalquivir et le Guadalimar, à 40 kil. E. N. E. de Jaen; 14 000 hab. Enlevée aux Maures en 1234.

UBERTI (FARINATA DEGLI), chef de la faction gibeline de Florence, fut chassé de sa patrie par les Guelfes en 1250, mais réussit 10 ans après, avec le secours de Mainfroi, qui régnait alors à Naples, à battre les Guelfes à son tour, et prit toutes les villes de la Toscane, Florence y comprise : il les garda jusqu’en 1266. Il a été célébré par le Dante.

UBIENS. Ubii, peuple germain, habitait d’abord à l’E. du Rhin, chez les Suèves, puis fut transporté par Auguste dans la Germanique 2e, à l’O. du Rhin, entre ce fleuve et la Roër, au N. des Treveri. Ils avalent pour capitale Oppidum Ubiorum, depuis Colonia Agrippina (Cologne).

UBIQUISTES ou UBIQUITAIRES. On nomma ainsi au XVIe s. ceux des disciples de Luther qui, défendant la présence réelle de J.-C. dans l'Eucharistie, prétendaient que son corps est partout (ubique), aussi bien que sa divinité. Ils étaient opposés aux Sacramentaires. On remarque parmi les Ubiquistes J. Lefebvre dit Schmiedlin, Illyricus, Osiander.

UCAYALE (l’), riv. de l’Amérique du S. (Pérou), naît par 10° 40’ lat. S. et 74° 40’ long. O., reçoit à droite l’Apurimac, à gauche la Parene et la Pachitea, et se jette dans l’Amazone par la r. dr., après un cours 1 d’env. 1000 kil. On l’a prise à tort pour le bras principal de l’Amazone.

UCHORÉE, roi d’Égypte, 8e successeur d’Osymandias, et probablement l’un des rois d’une des dynasties thébaines, fonda Memphis (suivant Diodore). On place son règne au XXIIe s. av. J.-C.

UCKER (l’), riv. des États prussiens (Brandebourg), sort d’un lac de même nom près de Prenzlow, baigne cette ville, arrose la régence de Potsdam, celle de Stettin, et se jette dans.la Baltique à Uckermünde, après un cours de 40 k. — Elle a donné son nom à la Marche de l’Ucker, une des divisions du Brandebourg.

UCLÈS, Urcesa? bg d’Espagne (Nouv.-Castille), prov. et à 45 k. O. S. O. de Cuença; 2000 h. Évêché; anc. ch.-l. de l’ordre de St-Jacques de l’Épée. Alphonse VI de Castille y fut battu par les Almoravides en 1108. Les Français y vainquirent les Espagnols en 1811.

UDINE, Utina, v. forte de Vénétie, ch.-l. de province, sur la Roja, à 150 kil N. E. de Venise; 22200 hab. Évêché, collège, observatoire. Belle cathédrale, plusieurs palais. Soieries, liqueurs, blanc de céruse, ustensiles de cuivre. Udine était jadis la capit. du Frioul Vénitien; elle passa sous la domination de Venise en 1445, et devint, sous l’Empire, le ch.-l. du dép. italien de Passeriano. — La province d’Udine, formée du Frioul Vénitien, a pour bornes l’Illyrie au N. et à l’E., l’Adriatique et la prov. de Venise au S., les provinces de Trévise et de Bellune à l’O. : 100 kil. en tout sens : 420000 hab.

UDINE (JEAN). V. JEAN D’UDINE.

UDINE (MARTIN d’), peintre. V. PELLEGRINO.

UDVARHÉLY, v. de Transylvanie (Pays des Szeklers), ch.-l. de siège, à 110 k. N . E . d’Hermanstadt; 6000 hab. Collège réformé.

UFENS, nom latin de l’Ufanto.

UGENTO, Uxentum, v. d’Italie (Terre d’Otrante), près du golfe de Tarente, à 22 kil. S. E. de Gallipoli; 1600 hab. Évêché. Cette ville fut saccagée par les Sarrasins au VIIIe s., et par les Turcs en 1537.

UGERNUM, v. de la Narbonnaise, auj. Beaucaire.

UGINES, ch.-l. de c. (Savoie), à 11 kil. N. d’Albertville; 2523 hab. Château en ruines.

UGOLIN. V. GHERARDESCA (UGOLIN de La).

UGOTSCH ou UGOCSA (Comitat d’), une des divisions de la Hongrie, dans le cercle au delà de la Theiss, entre les comitats de Beregh au N., Szathmar au S., Marmaros à l’E.; 48 k. sur 40; 48000 h.; ch.-l., Nagy-Szollos.

UHLAND (J. L.), poëte allemand, né en 1787 à Tubingue, m. en 1862, cultiva la poésie tout en suivant le barreau, fit paraître dans les almanachs littéraires une suite de pièces qui furent remarquées, ses ballades surtout, dans lesquelles il faisait revivre le moyen âge; publia en 1813 et 1815 des poésies nationales qui augmentèrent sa popularité, fut élu député en 1819 et défendit les idées libérales, devint en 1830 prof. de littérature allemande à Tubingue, mais résigna ses fonctions en 1833 pour aller siéger à la Diète allemande et fut élu en 1848 député à l’Assemblée nationale de Francfort. Outre ses poésies, on a de lui quelques tragédies, qui n’obtinrent, qu’un succès d’estime, et un précieux Recueil de vieux chants populaires, Stuttgard, 1844-45.

UHLANS, corps de cavalerie légère. V. HULANS dans notre Dict. univ. des Sciences.

UIST, nom commun à deux des îles Hébrides : la 1re, North-Uist, située entre l’île Lewis au N. et celle de Benbecula au S., a 25 kil. sur 20, et 4000 hab.; elle est presque toute en bruyères et appartient en entier à lord Macdonald; — la 2e, South-Uist, entre les îles de Benbecula au N. et de Barray au S., a 31 kil. sur 3; 5500 hab. ; elle est à peine cultivée. On tire de toutes deux de la soude.

UJ, c.-à-d. nouveau en madgyar (hongrois), entre dans la composition de plusieurs noms géographiques.

UJHELY, v. de Hongrie (Zemplin), à 13 kil. S. O. de Zemplin; 6500 hab. Gymnase de Piaristes.

UJVAROS, v. de Hongrie. V. NEUSTADT.

UKÉRÉVÉ, un des noms du lac Victoria-Nyanza.

UKRAINE, c.-à-d. pays limitrophe, région de la Russie d’Europe, embrasse les gouvts actuels de Kiev, Pultava, Tchernigov et Kharkov (ce dernier se nomme aussi gouvt des Slobodes d’Ukraine). On la divisait jadis en Ukraine polonaise et Ukraine russe. C’est une vaste plaine arrosée par le Dnieper, et d’une fertilité incomparable, surtout en grains. Bestiaux, chevaux renommés, abeilles, etc.; les sauterelles y causent de grands dégâts. — L’Ukraine fit partie de l'empire du Kaptchak; par suite, les parties de cette contrée qu’on nomme auj. gouvts de Pultava et de Kharkov ont jadis appartenu à la Petite-Tartarie. Ce pays passa ensuite sous la domination des Polonais. Il échut aux Russes dans le 1er partage de la Pologne, en 1772.

ULEA, riv. de la Russie d’Europe (Finlande), coule du S. E. au N. O., et se jette dans le golfe de Botnie, près d'Uleaborg : cours, 140 kil.

ULEABORG, v. et port de Russie (Finlande), ch.-l. de district, sur le golfe de Botnie, à 600 kil. N. de St-Pétersbourg; 5000 hab. Fondée en l6l0, prise par les Russes en 1714, mais rendue depuis, elle resta aux Suédois jusqu'en 1809. - Le district d’Uleaborg, le plus septentrional de la Finlande, a pour bornes à l’O. le golfe de Botnie et la Tornéa qui le sépare de la Suède, à l’E. le gouvt d’Arkhangel au N. la Laponie, et au S. les districts de Kouopio et de Vasa. Résine, goudron, beurré salé, poisson.

ULEFELD (CORNIFIX, comte d’), ministre danois, né en 1604, m. en 1664, jouit de la faveur de Christian IV, épousa une fille de ce prince et de Christine de Munch, devint en 1643 grand maître de la cour, eut la direction suprême des finances, de l’armée et de la flotte, et signala son ministère par d’importantes améliorations. Disgracié sous le successeur de Christian, Frédéric III, et impliqué dans une fausse accusation, il se retira en Suède et eut le tort d’agir contre son pays. Il voulut dans la suite rentrer en Danemark; mais il fut arrêté, emprisonné, puis forcé de s’éloigner, et enfin condamné à mort par contumace. Il mourut en Suisse, où il s’était réfugié.

ULÉMAS. On nomme ainsi en Turquie les docteurs de la religion et de la loi; leurs fonctions embrassent à la fois le culte, la justice et le gouvernement. Le corps des ulémas se compose du mufti, qui préside, des imams, des mollahs, des muezzins. Ce corps est très-puissant à Constantinople, et forme comme un contre-poids au despotisme du sultan.

ULFILAS. V. ULPHILAS.

ULLARUS, île de l’Océan Atlantique, auj. Oléron.

ULLIAC-TRÉMADEURE (Mlle Sophie), femme auteur, née en 1794 à Lorient, m. en 1862, était fille d’un colonel du génie. N’ayant d’abord cultivé les lettres que par goût, elle le fit, après la mort de son père, par dévouement pour une mère infirme : elle consacra son talent à l’éducation et composa dans ce but un grand nombre d’ouvrages aussi remarquables par la pureté de la morale que par la solidité de l’instruction et l’intérêt du récit, entre autres : Contes aux jeunes Agronomes, Laideur et Beauté, Histoire de Jean-Marie, Le petit Bossu et Claude Bernard (ces deux derniers ouvrages ont obtenu des prix Montyon), la Pierre de touche, couronnée par la Société de l’instruction élémentaire, le Legs d’un père, Émilie ou la Jeune fille auteur, Étienne et Valentin, les Contes de la mère l’Oie, Nouvelles Scènes du Monde réel, Souvenirs d’une vieille fille (1860) : c’est sa propre histoire. Elle rédigea de 1835 à 1855 le Journal des jeunes Personnes, dont elle assura le succès.

ULLOA (ST-JEAN D’), fort. V. VERA-CRUZ.

ULLOA (Ant. d’), officier de marine né à Séville en 1716, m. en 1795, remplit de nombreuses missions pour le gouvernement espagnol, fut chargé de protéger au Pérou les savants français qui allaient mesurer un arc du méridien, prit possession de la Louisiane au nom de l’Espagne en 1762, et y organisa l’administration. Il fit beaucoup pour l’éducation industrielle et scientifique de l’Espagne, créa le premier cabinet d’histoire naturelle et le premier laboratoire de métallurgie qu’elle ait eus, perfectionna la gravure, l’imprimerie et la fabrication du drap, et fit connaître le platine et ses propriétés (1741). On a de lui un bon livre sur les Indes espagnoles, 1772.

ULM, v. du Wurtemberg (Danube), jadis en Souabe, ch.-l. de cercle, sur le Danube, près de l’embouch. de l’Iller, à 75 kil. S. E. de Stuttgardt; 25000 hab. Forteresse fédérale (depuis l843). Surintendance évangélique, cour d’appel, école polytechnique élémentaire. Belle cathédrale gothique (le Munster), anc. commanderie de l’ordre teutonique; chemin de fer. Ulm tire son nom du grand nombre d’ormeaux (ulmi) qu’offre son territoire. Ville libre impériale depuis 1486, elle fut quelque temps florissante et compta jusqu’à 100 000 h. Souvent assiégée: Napoléon l’investit en 1805, et força le général Mack, qui la défendait avec 30 000 hommes à signer une capitulation honteuse. D’abord cédée à la Bavière, elle passa au Wurtemberg en 1814. Patrie de Freinshemius.

ULPHILAS (WŒLFEL, connu sous le nom d’), évêque des Goths de Dacie et de Thrace au IVe s., né vers 311, m. en 381, était issu d'une famille de Cappadoce qui avait été emmenée en captivité par les Barbares. Après la destruction de l'empire des Goths par les Huns, il obtint de Valens un établissement pour les débris des Goths au S. du Danube, dans la Mésie inférieure, en 376; il instruisit ses compatriotes sur le Christianisme, mais en répandant parmi eux l'hérésie d'Arius. Ulphilas avait traduit la Bible en idiome gothique. Il existe des fragments de cette version, qui a été longtemps perdue : ils se trouvent dans deux manuscrits, l'un à la bibliothèque d'Upsal, l'autre dans celle de Brunswick-Wolfenbüttel : on les nomme, le 1er, Codex argenteus (parce qu'il est écrit en caractères d'argent); le 2e Codex carolinus. Tous deux ont été imprimés et ont eu plusieurs éditions. La meilleure éd. du Codex argenteus est celle de Gabelenz et Lebe, gothique-latine, Leips., 1836-47, revue par Upstroem en 1860. Le Codex carolinus a été publié à Brunswick, 1672, à Leyde, 1781-85, et à Passau, par Gangengigl, 1847.

ULPIA TRAJANA, Augusta Dacica, d'abord Zarmizegethusa, auj. Varhely ou Gradiska, capitale de la Dacie Trajane, au centre, à l'E. du Tibisque.

ULPIA SARDICA. V. SARDIQUE et SOPHIA.

ULPIANUM OU JUSTINIANA SECUNDA, V. de la Mésie lre, au S. de Naïsse et au N. de Succorum Augustiæ, est auj. Ghiustendil.

ULPIEN, Domitius Ulpianus, jurisconsulte romain, originaire de Tyr, professa longtemps le droit, fut préfet du prétoire sous Héliogabale et Alexandre Sévère, fut le confident intime et le principal ministre du second, et fit régner la justice dans l'Empire; mais sa sévérité déplut aux Prétoriens, et ils l'assassinèrent, sous les yeux mêmes d'Alexandre (228). Ulpien avait beaucoup écrit : les Pandectes lui ont emprunté à lui seul plus qu'à tous les autres jurisconsultes ensemble. De plus, on a de lui, sous le titre de Liber singularis regularum, un véritable traité scientifique du droit romain. On lui attribue en outre un traité ou sont comparées les lois des Juifs et celles des Romains. Ce qui reste d'UIpien a été publié par Tilius (Du Tillet), 1549; Cujas, 1566; Hugo, 1788; Gneist, Leips. 1858.

ULRIC (S.), Udalricus, évêque d'Augsbourg au Xe s., est fêté le 4 juillet.

ULRIC, comte de Cilley, magnat de Hongrie au XVe s., avait été nommé par Albert d'Autriche en 1437 gouverneur de la Bohême. Il fut sans cesse en lutte avec le grand Hunyade, s'opposa au mariage d’Élisabeth de Hongrie, veuve d'Albert, avec le roi de Pologne (1440), afin de régner sous le nom de la princesse et de son jeune fils (Vladislas V), qu'il avait fait couronner, et profita du temps où Hunyade repoussait les Turcs pour lui faire la guerre. Il finit par périr sous les coups du fils d'Hunyade (1456).

ULRIC DE HUTTEN. V. HUTTEN.

ULRIQUE-ÉLÉONORE, reine de Suède, fille de Charles XI et d'une autre Ulrique-Éléonore, princesse de Danemark, naquit en 1688, épousa en 1715 le prince Frédéric de Hesse-Cassel, fut élevée sur le trône à la mort de Charles XII, son frère (1719), à la condition qu'elle renoncerait au pouvoir absolu, et accepta en effet la nouvelle constitution qui limitait la royauté, partageant le pouvoir entre le monarque, le sénat et les États. Elle proposa aux États, dès la 2e année de son règne, de céder à son mari le gouvernement, dont le poids était trop lourd pour elle, et fit agréer cette proposition. Elle vécut depuis dans la retraite, se livrant au plaisir de l'étude. Elle mourut en 1744, et avec elle s'éteignit la dynastie des Deux-Ponts.

ULSTER ou ULTONIE, une des 4 grandes divisions de l'Irlande, la plus septentr. des quatre, bornée au N. et à l'O. par l'Atlantique, au S. par le Leinster, à l'E. par la mer d'Irlande et le canal du Nord, a env. 204 kil. (de l'E. à l'O.) sur 175; 3 400 000 hab. (dont les trois quarts catholiques). Il comprend 9 comtés : Armagh, Down, Cavan, Tyrone, Fermanagh, Monaghan, Donegal, Antrim et Londonderry. — L'Ulster a eu longtemps des rois particuliers : c'étaient les O'Neill, qui se perpétuèrent jusqu'en 1603. Henri II avait dès 1171 créé un comté d'Ulster et en avait investi Jean de Courcy : le mariage du duc de Clarence, fils d’Édouard III; roi d'Angleterre, avec l'héritière de ces rois, en 1361, mit fin à ce comté. Toutes les familles nobles de l'Ulster furent dépouillées de leurs biens en 1607 par Jacques I, lors de ce qu'on a appelé la Plantation de l’Ulster.

ULTRAJECTUM, nom latin d'Utrecht.

ULTRAMONTAINS, se dit particulièrement en France de ceux qui reconnaissent dans sa plus grande étendue le pouvoir du St-Siège et défendent l'infaillibilité du pape hors du concile. On les nomme ainsi parce que le pape, résidant à Rome, est, par rapport à la France, ultra montes, au delà les monts. On les oppose aux Gallicans.

ULYSSE, en latin Ulysses, en grec Odysseus, roi d'Ithaque et de Dulichium, avait pour mère Anticlée et pour père Laërte, époux de cette princesse, ou plutôt Sisyphe, son amant. Il succéda à Laërte sur le trône d'Ithaque, et s'unit à Pénélope, dont il eut Télémaque. Lors de la guerre de Troie, il feignit la folie pour se dispenser de prendre part à l'expédition; mais Palamède déjoua la ruse. Ulysse à son tour découvrit Achille caché dans le palais de Lycomède à Scyros. Pendant le siège, il se signala par sa prudence en même temps que par son intrépidité, alla comme ambassadeur à Troie, où il courut de grands dangers, aida Diomède à enlever les chevaux de Rhésus et le Palladium, obtint les armes d'Achille, que lui disputait Ajax, fils de Télamon, ramena Philoctète de Lemnos, et fit entrer dans les murs de Troie le cheval de bois; quand la ville fut prise, il donna le barbare conseil de faire mourir Astyanax et Polyxène. Son retour dans Ithaque fut long et pénible: errant au gré des vents, il fut successivement poussé chez les Cicones, au cap Malée, près de Salamine, dans l'île africaine des Lotophages, en Sicile; il échappa avec peine aux écueils de Charybde et de Scylla, aux chants des Sirènes, à la magicienne Circé, au cyclone Polyphème, aux Lestrigons, aborda dans l'île de Calypso, dont la nymphe le retint 7 ans, enfin dans celle des Phéaciens, d'où, grâce aux vaisseaux d'Alcinoüs, il parvint à Ithaque; il avait erré 10 ans sur les mers et son absence avait duré 20 années. Pénélope pendant son absence avait été obsédée des poursuites d'une foule de prétendants, et les biens d'Ulysse avaient été mis par eux au pillage. Reconnu par le fidèle Eumée et aidé de son fils Télémaque, il perça de flèches les prétendants et comprima la révolte du peuple qui voulait venger leur mort. Un oracle ayant prédit qu'il mourrait de la main de son fils, il exila Télémaque; mais un autre fils, Télégone, issu de ses amours avec Circé, aborda dans Ithaque et accomplit l'oracle en le tuant sans le connaître. — Ulysse est un des principaux héros de l’Iliade; en outre, ses aventures et son retour à Ithaque forment le sujet spécial de l’Odyssée. Les Latins ont donné pour fils ou pour petit-fils à Ulysse un certain Romus ou Romulus, qui aurait été le fondateur de Rome. Les Portugais attribuaient à ce héros la fondation d’Olisippo ou Lisbonne.

UMÉA, v. de Suède, ch.-l. de la Botnie occid., sur l'Uméa, à 12 kil. de son embouch. ; 1500 hab. — La riv. d'Uméa sort des monts Kiœlen, arrose la Botnie occid. et se jette dans le golfe de Botnie sous Uméa, après un cours d'env. 460 kil.

UMERAPOURA. V. AMARAPOURA.

UNELLI, peuple de la Gaule (Lyonnaise 2e), avait pour ch.-l. Constantia (auj. Coutances).

UNGANNIE, anc. prov. de l'Europe sept., située entre l'Esthonie au N. et la Livonie à l'O. Anc. évêché.

UNGHVAR, v. de Hongrie, ch.-l. de comitat, dans une île de l'Ungh (affluent du Laborcsca), à 400 kil. N. E. de Bude; 6000 hab. Château fort. Siège de l'évêché grec-uni de Munkacs. — Le comitat d'Unghvar dans le cercle en deçà de la Theiss, entre la Galicie au N., les comitats de Béregh à l'E., de Zabolcs à l'O., a 80 k. sur 65, et 100 000 hab.

UNIAMÉSI, contrée de l'Afrique équatoriale, entre 5° et 10° lat. S., renferme le grand lac Nyanza, exploré en 1862 par les capitaines Speke et Grant, qui y virent la principale source du Nil.

UNIFORMITÉ (Acte d'), loi passée au parlement d'Angleterre sous Charles II, en 1662, obligeait les ministres de la religion réformée à suivre les rites du culte anglican. On appela Non-Conformistes ceux qui refusèrent de s'y soumettre.

UNIGENITUS (Bulle). V. BULLE.

UNION (l'). V. ÉTATS-UNIS DE L'AMÉRIQUE.

UNION (Acte d'), acte du parlement britannique de 1799, par lequel l'Irlande fut réunie, à partir du 1er janvier 1801, à la Grande-Bretagne et le parlement de Dublin supprimé.

UNION (Arrêt d'). Lorsque le cardinal Mazarin exigea de toutes les cours souveraines quatre années de leurs gages en forme de prêt, le parlement de Paris, qu'il avait excepté de cette mesure, rendit le 13 mai 1648 le célèbre arrêt d’union, par lequel il refusait la faveur qui lui était accordée.

UNION (Édit d'), acte proclamé à Blois en 1588, par lequel Henri III se déclara chef de la Ligue.

UNION (LA SAINTE-). V. LIGUE.

UNION DE CALMAR, D'UTRECHT. V. CALMAR, UTRECHT.

UNION ÉVANGÉLIQUE, alliance formée en 1608 à Auhausen, en Bavière, et resserrée à Halle en 1610, entre les États protestants (Palatinat électoral, Wurtemberg, Hesse-Cassel, margraviat de Bade-Dourlach, etc.), était opposée à la Sainte-Ligue formée par les catholiques à Wurtzbourg en 1609.

UNION HÉRÉDITAIRE, acte par lequel la couronne de Suède fut déclarée héréditaire dans la maison de Vasa. Cet acte, adopté par la diète d'Œrebro en 1540, fut confirmé en 1544 par celle de Væsteras, et renouvelé en 1604 par celle de Nordkœping.

UNION (CARVAJAL, comte de la). V. CARVAJAL.

UNITAIRES. On nomme ainsi en général tous ceux qui nient la Trinité et qui n'admettent en Dieu qu'une seule personne : tels étaient les Ariens dans les premiers temps de l’Église. On a plus spécialement donné ce nom à une secte née au xvi° s., et qui eut pour principaux chefs François Stancari, prêtre de Mantoue (1501-1574), Lelio Socin, de Sienne (1525-1563), et son neveu Lelio Socin, qui fixa leurs doctrines, longtemps indécises. Depuis, le nom de Sociniens remplaça celui d'Unitaires. V. SOCINIENS. — Les écrits des principaux Unitaires ont été réunis sous le titre de Bibliotheca unitaria, Amst., 1692.

UNIVERSITÉ. On nomme ainsi de grands centres d'enseignement répandus par toute l'Europe et modelés pour la plupart sur l'ancienne Université de Paris. On y distingue généralement 4 facultés : théologie, arts (réunissant les lettres et les sciences), droit, médecine.

Université de Paris. Quelques-uns en ont attribué la fondation à Charlemagne, mais sans motif suffisant, ce prince s'étant borné à établir quelques écoles particulières sur divers points de son empire et une académie dans son palais; elle ne commença réellement qu'avec le XIIIe s. Quoiqu'il y eût à Paris bien avant cette époque des écoles florissantes, où enseignaient Guillaume de Champeaux, Abélard, Pierre Lombard, etc., le corps de maîtres et d'écoliers connu sous le nom d’Université de Paris ne date que de l'an 1200 : il fut constitué en cette année par Philippe-Auguste; ses statuts furent rédigés en 1215 par l'Anglais Robert de Courson. Le nom d’université fut donné à ce corps parce qu'il embrassait l’universalité des maîtres et des étudiants (universitas magistrorum et auditorum), à quelque nation qu'ils appartinssent (on y distinguait 4 nations : France, Picardie, Normandie, Angleterre, remplacée depuis par l'Allemagne). L'Université n'admit d'abord que 2 facultés, celle de théologie et celle des arts (lettres et sciences); on en adjoignit plus tard (au XIIIe s.) 2 autres, celles de droit et de médecine. Ces 4 facultés conféraient les grades de bachelier, maître es arts, licencié, docteur, et avaient chacune à leur tête un doyen ; l'Université tout entière avait pour chef un recteur, qui était électif. — L'Université posséda dès l'origine de grands privilèges : elle avait seule droit d'enseigner; elle n'était pas soumise aux juges ordinaires et avait sa juridiction particulière; elle prit, surtout aux XIVe et XVe s., une grande part aux affaires publiques, et eut ses représentants aux États généraux. Quelquefois elle résista aux rois, qui violaient ses privilèges, et troubla l’État en suspendant ses leçons; mais le plus souvent elle prêta son appui au pouvoir royal; elle reçut en retour de Charles V le titre de Fille aînée des rois, et dès lors elle prit rang dans les cérémonies après les princes du sang. En théologie, elle enseigna les plus saines doctrines, tout en défendant constamment les libertés de l’Église gallicane : la Sorbonne, le principal de ses établissements, était l'oracle de l’Église de France. L'Université eut de longues luttes à soutenir contre plusieurs ordres religieux auxquels elle contestait le droit d'enseigner, surtout, au XIIIe s., contre les Dominicains et les Franciscains, au XVIe contre les Jésuites ; mais elle finit par être contrainte à partager ce droit avec eux. L'Université de Paris s'était discréditée pendant la Ligue en se faisant l'instrument des Guises et déliant les peuples du serment de fidélité : elle perdit depuis toute importance politique. Elle fut supprimée, ainsi que les universités provinciales, par un décret de la Convention du 20 mars 1794. Cette Université avait eu à sa tête plusieurs hommes illustres, entre autres Pierre d'Ally, Gerson, Rollin, Grevier. — L’Hisl. de l'Université de Paris a été écrite par Égasse Du Boulay (1665-73), dont l'ouvrage a été continué, pour les XVIIe et XVIIIe s., par M. Ch. Jourdain, 1862-64. On doit à Crevier un bon abrégé de l’Hist. de Du Boulay, et à M. Dubarte une Hist. de l’Université de Paris continuée jusqu'à nos jours, 1829.

Autres universités en France. Outre l'Université de Paris, la France possédait avant la Révolution plusieurs autres universités, savoir :

Toulouse, fondée en 1223 Caen, 1436
Montpellier, 1284 Valence, 1454
Orléans, 1305 Nantes, 1460
Grenoble, 1339 Bourges, 1463
(transf. en 1454 à Valence) Bordeaux, 1472
Angers, 1364 Reims, 1548
Orange, 1365 Douay, 1572
Aix, 1413 Besançon, 1676
Dole, 1422 Pau, 1722
(tr. en 1676 à Besançon) Dijon, 1722
Poitiers, 1431 Nancy, 1769

Université de France. Après divers essais plus ou moins heureux tentés sous la République pour reconstituer l'instruction publique, une Université de France, comprenant l'ensemble des fonctionnaires attachés à l'enseignement, fut fondée sous Napoléon I par la loi du 10 mai 1806, et organisée parles décrets du 17 mars 1808 et 15 nov. 1811. La nouvelle Université centralisait tout l'enseignement public, divisé en 3 ordres : supérieur, secondaire et primaire. Elle avait pour chef un Grand Maître assisté d'un Conseil de l’Université. L'Empire était divisé en Académies (en nombre égal à celui des Cours impériales), régies chacune par un Recteur, assisté d'un Conseil académique. Cette grande institution survécut à l'Empire, et, malgré quelques modifications, elle a subsisté jusqu'en 1850. Par la loi du 15 mars de cette année, la liberté de l'enseignement fut proclamée; néanmoins l'enseignement de l'État fut maintenu : le grand maître de l'Université devint alors ministre de l'instruction publique.

Universités étrangères. Voici le tableau des principales, avec l'année de leur fondation :

Iles Britanniques. Cambridge, 1229 ou 1257 Oxford, 1206 ou 1249 St-André, 1411

Glasgow, 1450 Mayence, 1477
Aberdeen, 1506 Tubingue, 1477
Édimbourg, 1582 Wittenberg, 1502 (transf. en 1816 à Halle).
Dublin, 1591
Londres, 1828 Marbourg, 1527
Italie et Grèce. Kœnisberg, 1544
Bologne, 1141 Iéna, 1558
Naples, 1224 Helmstædt, 1575
Padoue, 1228 Wurtzbourg, 1589
Rome, 1245 Kiel, 1565
Pise, 1343 Halle, 1694
Florence, 1349 Breslau, 1702
Pavie, 1360 Gœttingue, 1735
Sienne, 1380 Erlangen, 1743
Palerme, 1394 Stuttgard, 1775
Turin, 1405 Giessen, 1807
Parme, 1482 Berlin, 1810
Athènes, 1836 Bonn (formée de celle de Munster), 1818
Espagne et Portugal.
Valence, 1209 Munich (formée de celle de Landshut), 1826
Salamanque, 1239
Coïmbre, 1270 Zurich, 1832
Lisbonne, 1290 Berne, 1834
Valladolid, 1346 Pays-Bas.
Tolède, 1499 Louvain, 1425
Séville, 1504 Leyde, 1575
Santiago, 1509 Franeker, 1585
Oviedo, 1580 ou 1604 Groningue, 1614
Madrid, 1836 Utrecht, 1636
Allemagne et Suisse. Liège et Gand, 1816
Prague, 1348 Bruxelles (Université libre), 1834
Vienne, 1365
Genève, 1368 États du Nord.
Cologne, 1385 Cracovie, 1364
Heidelberg, 1386 Copenhague, 1476
Erfurt, 1392 Upsal, 1476
Leipsick, 1409 Dorpat, 1632
Rostock, 1419 Moscou, 1803
Greifswalde, 1456 Vilna, 1803
Bâle, 1459 St-Pétersbourg, 1819

UNKIAR SKÉLESSI, c-à-d. Échelles des officiers du Grand Seigneur, lieu de la Turquie d'Asie, sur la côte orientale du Bosphore, en face de Thérapia, un peu au N. E., de Constantinople, est ainsi nommé parce que c'est là qu'on débarque quand on a traversé le détroit en sortant de Constantinople. Les Russes campèrent en ce lieu en 1833, lorsqu'ils vinrent au secours du sultan, menacé par le pacha d’Égypte, et y signèrent, le 8 juin de la même année, un traité d'alliance défensive et offensive pour huit ans avec la Turquie : une clause secrète du traité fermait éventuellement les Dardanelles aux puissances européennes, tout en laissant ce détroit ouvert, ainsi que le Bosphore, à la seule Russie. Les représentations des puissances lésées ont empêché de renouveler cette clause à l'expiration du traité.

UNST (île), une des îles Shetland, la plus septentr. de toutes, par 3° 13' long. O., 61° 40' lat. N. : 15 kil. sur 11 ; 3500 hab. Jaspe, cristal de roche.

UNSTRUTT (l'), riv des États prussiens(Saxe),coule au S. E., puis au N. E. et au S. E., arrosant l'anc. Thuringe, reçoit la Wipper, la Helme, la Helde, la Salza, la Losse, la Géra, et se jette dans la Saale vis-à-vis de Naumbourg, après un cours d'env. 180 kil. Thierry, roi de Metz, défit sur ses bords Hermanfroy, roi de Thuringe (528), Sigebert, roi d'Austrasie, y fut défait par Radulphe, duc de Thuringe (640).

UNTERWALD, c-à-d. au milieu des forêts, 6e canton de la Confédération helvétique, vers le centre, a pour bornes ceux de Schwitz au N. E., d'Uri à l'E., de Lucerne à l'O., de Berne au S. ; 43 kil. en tout sens ; 28 000 hab. (allemands et catholiques). Ce canton est divisé en 2 républiques : l'Obwaltlen, au S. O., le Nidwalden à l'E. (capit., Sarnen, Stanzk mais, à la diète helvétique, les 2 républiques ensemble n'ont qu'une seule voix. Montagnes boisées au N. E.; 2 grandes vallées, quelques lacs (entre autres une partie de celui des Quatre-Cantons). Climat âpre, très-peu de grains et de pommes de terre ; vergers, pâturages, bétail, fromage. Unterwald est un des trois cantons qui furent le berceau de la liberté suisse (1308).

UPLAND, anc. prov. de Suède, bornée par le golfe de Botnie, la Baltique, le lac Mælar, avait pour ch.-l. Upsal, et a formé le gouvt d'Upsal.

UPSAL, Upsala en suédois, v. de Suède, ch.-l. de gouvt de ce nom, à 62 kil. N. O. de Stockholm, sur le Fyris ; 6000 hab. (sans les étudiants). Archevêché luthérien, dont le titulaire est primat de Suède ; université, la plus célèbre du Nord (fondée en 1476, et où ont professé Bergmann et Linné). Vaste et belle cathédrale, construite de 1258 à 1435 sur le modèle de Notre-Dame de Paris ; riche bibliothèque, observatoire, théâtre d'anatomie, jardin botanique, collections, etc. Séminaire pour les prédicateurs, académie de Charles, société des sciences, société cosmographique. Upsal est une ville fort ancienne ; elle a été longtemps la résidence des rois de Suède, qui jusqu'au Xe s. eurent le titre de rois d’Upsal. — Le gouvt d'Upsal, formé de l'anc. Upland, a pour bornes les gouvts de Stockholm au S., de Gefleborg au N. ; le golfe de Botnie le baigne au N. et à l'E. env. 125 kil. sur 52; 100 000 hab.

UR, v. de Chaldée, patrie d'Abraham et de Tharé. On y entretenait un feu sacré en l'honneur du Soleil. On croit en retrouver les ruines au lieu dit Um-Queer, près de Souk-el-Chouk, ville du pachalik du Bassora, sur la r. g. de l'Euphrate.

URANIE (du grec ouranos, ciel), l'une des neuf Muses, présidait à l'astronomie. On la représente sous la figure d'une jeune fille vêtue d'azur, couronnée d'étoiles, et tenant à la main un globe céleste; on la disait mère de Linus et d'Hyménée. — V. VÉNUS.

URANIENBOURG. V. HVEN et TYCHO-BRAHÉ.

URANUS, le Ciel personnifié et le plus ancien des dieux. Les païens en faisaient à la fois le fils et l'époux de la Terre, dont il eut dix-huit enfants, entre autres Saturne, les Cyclopes et les Titans, qui se révoltèrent contre lui et le détrônèrent.

URBA, Orbe, v. d'Helvétie, capit. des Urbigènes.

URBAIN I (S.), pape de 223 à 230, subit le martyre à Rome. On le fête le 25 mai. — Un autre S. Urbain, évêque de Langres au Ve s., est fêté le 23 janv.

URBAIN II, Eudes ou Odon, pape de 1088 à 1099, né en France, à Lagery près de Châtillon-sur-Marne, avait été d'abord religieux de Cluny, et fut nommé évêque d'Ostie par Grégoire VII, qui en mourant le désigna comme digne de lui succéder. Il fut effectivement élu, mais seulement après la mort de Victor III. Il soutint avec vigueur la querelle papale contre l'empire, ruina les prétentions de l'anti-pape Guibert, et détermina par ses pressantes démarches la 1re croisade, qu'il était venu prêcher en personne au concile de Clermont (1095).

URBAIN III, Hubert Crivelli, pape de 1185 à 1187, né à Milan, était archevêque de cette ville lorsqu'il fut élu. Il eut à lutter contre l'emp. Frédéric I (Barberousse) au sujet des investitures et des biens allodiaux de la comtesse Mathilde.

URBAIN IV, Jacq. Pantaléon, né en 1185 à Troye en Champagne, était arrivé du rang le plus obscur à la dignité de patriarche de Jérusalem, lorsqu'il fut élu pape en 1261. Il augmenta le nombre des cardinaux et institua la fête du St-Sacrement. Ayant déposé l'usurpateur Manfred, il offrit à S. Louis la couronne de Naples, que ce prince eut la sagesse de refuser, mais qu'accepta Charles d'Anjou, son frère. Il mourut en 1264.

URBAIN V, Guill. Grimoard, d'une famille noble du Gévaudan, fut élu en 1362, à la mort d'Innocent VI, et fut le 6e pape d'Avignon. Quoique Français, il voulut, en dépit de la France, retourner en Italie, où son retour avait été préparé par Albornoz : il séjourna à Rome de 1367 à 1370, et parvint même à décider l'emp. Charles IV à se rendre en Italie pour y soumettre les usurpateurs des fiefs ecclésiastiques, Mais ce prince étant venu avec des forces insuffisantes, Urbain V se vit obligé de reprendre la route d'Avignon (1370). Il mourut dans cette ville, la même année, en odeur de sainteté. Sa charité, sa justice, sa sévérité à l'égard de la simonie et des mauvaises mœurs n'étaient pas moindres que son désir d'affranchir la papauté de la tutelle étrangère et de lui rendre ses domaines d'Italie. Il fit aussi tous ses efforts pour faire cesser le schisme d'Orient. Th. Roussel a publié en 1840 à Paris des Recherches sur la vie et le pontificat d’Urbain V.

URBAIN VI, Barthélemi de Prignano, de Naples, était archevêque de Bari lorsqu'il fut élu, en 1378. Plusieurs cardinaux protestèrent contre son élection, prétendant qu'elle était l'œuvre de la violence, mais en réalité parce qu'il les avait irrités par sa sévérité, et ils élurent à sa place Robert de Genève, qui alla siéger à Avignon sous le nom de Clément VII : c'est le commencement du Grand schisme d’Occident. Urbain fut reconnu par la plus grande partie de l'Empire, par la Bohême, la Hongrie, l'Angleterre, la Sicile; mais la France, Naples, l'Espagne se déclarèrent pour son compétiteur. Urbain VI créa 26 cardinaux, pour remplacer ceux qui s'étaient séparés de lui, prêcha en 1383 une croisade contre Clément VII et ses adhérents, appela de Hongrie à sa défense Charles de Duras, lui offrit la couronne de Jeanne I, reine de Naples, et l'accompagna à la conquête de ce royaume ; mais il ne tarda pas à se brouiller avec ce prince. Il se retira à Nocera, où il eut à soutenir un siège, puis à Salerne, enfin à Gênes, où il fit arrêter et mettre à mort cinq cardinaux, qui conspiraient contre lui, et ne put rentrer dans Rome qu'après la mort de Ch. de Duras. Il se disposait à s'emparer du royaume de Naples, qu'il regardait comme sa propriété, lorsqu'il mourut, en 1389. Urbain VI fixa à 33 ans les intervalles du jubilé et institua la fête de la Visitation de la Ste Vierge.

URBAIN VII, J. B. Castagna, élu en 1590, ne régna que 13 jours, entre Sixte-Quint et Grégoire XIV

URBAIN VIII, Matthieu Barberini, né à Florence en 1568, avait rempli avec talent divers emplois importants, lorsqu'il fut élu pape en 1623, à la mort de Grégoire XV. La réunion à l’État romain du duché d'Urbin avec ses annexes (1626-31) signala glorieusement la première partie de son règne; mais il fut moins heureux dans ses différends avec Venise et le Portugal, ainsi que dans la guerre de Castro, qui parut entreprise dans l'intérêt de sa famille autant que dans celui de l’État, et qui se termina par une paix désavantageuse. Du reste, il remplit tout ce qu'on était en droit d'attendre d'un pape aussi éclairé que vertueux. Il donna une nouvelle rédaction à la bulle In cœna Domini (1627), lança en 1642, dans une bulle non moins célèbre (In eminenti), la 1re condamnation contre les erreurs de Jansénius, approuva l'ordre de la Visitation, et supprima, comme contraire aux saines doctrines, l'ordre des Jésuitesses; il publia sous une nouvelle forme le Bréviaire romain. Il m. en 1644. Urbain VIII cultiva avec quelque succès la poésie latine et même la poésie italienne; il corrigea les hymnes de l’Église. Ses Poésies ont paru à Rome, 1640, et à Paris, 1642.

URBANIA, Urbinum Metaurense, v. d'Italie (Urbin-et-Pesaro), sur le Métaure, à 10 kil. S. O. d'Urbin; 2500 hab. Évêché.

URBANISTES. V. FRANCISCAINS.

URBIGÈNES ou VERBIGÈNES, peuple de l'Helvétie, habitait entre le Jura et le lac Léman, et avait pour capit. Urba (auj. Orbe).

URBIN, Urbino en italien, l’Urbinum Hortense des anciens, v. d'Italie, ch.-l. de l'anc. délégation romaine d'Urbin-et-Pesaro, sur le Métaure, à 280 kil. N. de Rome : 12 000 hab. Archevêché. Citadelle, ancien palais des ducs. Académie des Assourdis (Obsurdescentium), la plus ancienne de l'Italie. Urbin a été la cap. du duché d'Urbin, puis de la légation d'Urbin (jusqu'en 1801); elle fut sous Napoléon le ch.-l. d'un arrond. du dép. du Métaure. Raphaël, Bramante, leBaroche, Polydore Virgile étaient d'Urbin. — L'anc délégation d'Urbin-et-Pesaro, auj. prov. de Pesaro, a pour bornes celles de Forli au N. et d'Ancône au S. : 75 k. sur 65 ; env. 255 000 hab.

URBIN (Duché de), anc. État de l'Italie, entre la Romagne au N., la Marche d'Ancône au S., l'Adriatique à l'E., avait pour capit. Urbin et pour autres villes Pesaro, Sinigaglia, Fossombrone, Urbania, Bobbio, Pergola, Macerata et même Fano. Ce duché (d'abord comté) commença en 1213 : il fut possédé d'abord par la maison de Montefeltro, fut un instant envahi par César Borgia (1502), puis passa dans la maison de la Rovère (1508), dont la possession fut interrompue 5 ans par celle de Laurent de Médicis, père de Catherine de Médicis, et par celle du pape Léon X (1516-21). Après la mort de François-Marie II, dernier duc (1574-1626), qui avait légué ses États au pape, le duché fut incorporé au St-Siège (1631). L’Hisl. des ducs d'Urbin a été écrite par J. Dennistoun, Londres, 1850.

URBINUM, nom de 2 villes d'Ombrie, l'une Urbinum Hortense, est auj. Urbin; l'autre, Urbinum Metaurense, au S. O. de la précéd., est auj. Urbania.

URFÉ (Honoré d'), romancier, d'une anc. et illustre maison du Forez, alliée aux maisons de Lascaris et de Savoie, né à Marseille en 1567, montra de la valeur pendant les guerres de la Ligue et de l'habileté dans les négociations dont il fut chargé en Savoie et à Venise. Il passa la dernière partie de sa vie dans la retraite aux environs de Nice, et y composa le célèbre roman pastoral de l’Astrée (1616-18), où il peignait le bonheur des bergers du Lignon. Accueilli avec la plus grande faveur, ce singulier livre donna naissance à toute une école de romanciers bucoliques. D'Urfé mourut avant d'avoir achevé son ouvrage (1625) : Baro, son secrétaire, le termina sur les manuscrits de l'auteur, ou d'après sa propre imagination. La meilleure édition complète de l'Astrée est celle de Rouen, 1647, 5 vol in-8. Outre l’Astrée, H. d'Urfé avait composé la Sirène, poème pastoral; Sylvandre, pastorale en 5 actes, et des Épîtres morales. — Anne d'Urfé, son frère aîné, 1555-1621, fut bailli, lieutenant général du Forez, et membre du conseil d'État sous Henri IV, dont il était partisan. Il avait épousé par amour la belle Diane de Château-Morand : ayant dans la suite fait annuler ce mariage (1598), il entra dans l’Église et reçut les ordres. Il a laissé un recueil de 150 sonnets, intitulé la Diane; 5 seulement ont été imprimés. Cette famille s'éteignit en 1774. — M. Aug. Bernard a publ. en 1839 un curieux livre sur les d'Urfé.

URGEL ou la SEU-DE-URGEL, Orgelum, Urgela, v. forte d'Espagne (Catalogne), dans la prov. de Barcelone,sur la Sègre, à 45 kil. S.O.de Puycerda; 600Ûbab. Évêché (qui a dans son diocèse la république d'Andorre, dont l'évêque d'Urgel partage la souveraineté avec la France). Citadelle importante. Cette ville est très-ancienne. Au IVe s., elle devint un comté qui fit partie de la Marche d'Espagne, puis du marquisat de Barcelone ; il fut réuni a l'Aragon dans le XVe s. Les Français prirent Urgel en 1704, 1809 et 1823.

URI, Uronia, 6e canton de la Confédération helvétique, entre ceux de Schwitz au N., du Tessin au S. E., de Glaris et des Grisons à l'E., du Valais, de Berne et d'Unterwald à l'O. : 54 kil. du S. au N., 24 de largeur moyenne; 15 000 hab. (allemands et catholiques); ch.-l., Altorf. Il est tout en vallées et environné de hautes montagnes; la Reuss y coule; une partie du lac des Quatre-Cantons (dite lac d’Uri) y est comprise. Ce canton est un des trois qui se soulevèrent contre l'Autriche en 1308 : c'est celui qu'habitait Guillaume Tell.

URIAGE ou ST-MARTIN-D'URIAGE, bg et établissement thermal du dép. de l'Isère, à 15 k. S. E. de Grenoble; 1800 bab. Eaux sulfureuses, iodurées et salines, recommandées contre les maladies de la peau et les scrofules. Connues des anciens, mais longtemps abandonnées: exploitées de nouveau depuis 1820. URIE, mari de Bethsabée, servait dans l'armée de David. Ce prince, ayant conçu pour Bethsabée une passion criminelle, envoya Urie au siège de Rabbath et donna ordre de l'exposer à l'endroit le plus périlleux : Urie y périt en combattant. David pleura depuis amèrement ce crime et en fit pénitence.

URIEL, c.-à-d. en hébreu lumière ou feu du ciel, l'ange du Midi selon les rabbins, est selon les uns l'ange de la lumière, selon les autres un des ministres de la justice divine.

URQUIJO (M. L., chevalier d'), ministre espagnol, né en 1768 à Bilbao (Biscaye), m. en 1817, fut chargé par Charles IV du portefeuille des affaires étrangères lors de la retraite de Saavedra (1798), encouragea l'industrie, fit des efforts pour relever la marine, introduisit la vaccine en Espagne, abolit l'esclavage, réprima beaucoup d'abus, mais s'attira de puissants ennemis en voulant supprimer l'inquisition, fut disgracié dès 1800 par les intrigues de Godoï et jeté dans les cachots de Pampelune. Il rentra au pouvoir quand Joseph (Bonaparte) eut été nommé roi d'Espagne. Après la chute de Joseph, il vint se fixer à Paris.

URRAQUE, reine de Castille, fille aînée d'Alphonse VI, et sœur de Thérèse, comtesse de Portugal, fut mariée d'abord à Raymond de Bourgogne (qu'Alphonse VI fit comte de Galice), puis, en 1109, au roi d'Aragon et Navarre Alphonse le Batailleur, mais se fit détester de cet époux par sa conduite licencieuse et par la ténacité avec laquelle elle soutint ses droits de reine dès qu'Alphonse VI, son père, fut mort (1109). Elle destitua le vice-roi nommé en Castille par son mari, mais ne put empêcher ce dernier de se former un puissant parti dans ce royaume; elle fut prise et enfermée à Castellas (en Aragon), mais réussit à s'échapper et demanda au St-Siège l'annulation de son mariage. Alphonse, après une réconciliation momentanée, la répudia publiquement (1111). Réduite à prendre les armes pour le chasser de ses États, elle fut battue à Sepulvéda, et se retira en Galice. Il lui restait de son premier mariage un fils, Alphonse VIII : elle le fit proclamer roi (1112), et gouverna ou plutôt laissa gouverner en son nom son amant le comte de Lara. Enfin, en 1122, les grands de Castille arrêtèrent le favori, et donnèrent la réalité du pouvoir à Alphonse VIII. Urraque ne céda qu'après avoir fait la guerre à son propre fils. Elle mourut 4 ans après, au couvent de Saldanha, où elle avait été enfermée.

URSINS (LES), forme française du nom d’Orsini, nom d'une célèbre maison italienne. V. ORSINI.

URSINS (Anne Marie DE LA TRÉMOILLE, princesse des), née en France en 1643, m. en 1722, épousa d'abord en France le prince de Talleyrand-Chalais, qu'elle suivit en exil et qui mourut en 1670, et en 2espagnol noces (1675), à Rome, le duc Orsini de Bracciano, qui la laissa veuve en 1698. Nommée camarera-mayor de la jeune reine d'Espagne, 1re femme de Philippe V (1701), elle ne tarda point à prendre un ascendant sans bornes sur cette princesse, qui elle-même en avait beaucoup sur le roi, de sorte qu'elle les gouverna tous deux, et régna véritablement sur l'Espagne. Elle voulait soustraire ce royaume à la tutelle de la France ; aussi ne put-elle longtemps marcher d'accord avec la cour de Versailles : après avoir fait renvoyer plusieurs généraux et plusieurs, ambassadeurs français, elle reçut elle-même de Louis XIV l'ordre de quitter l'Espagne (1704). La retraite ayant modifié ses idées, elle accepta les conditions qu'on lui fit, rentra en grâce et travailla dès lors dans le sens français, non pourtant sans être parfois encore en désaccord avec Louis XIV. C'est elle qui fit rappeler de Madrid le duc d'Orléans, qu'elle accusait de viser à la couronne d'Espagne (1709). Elle prétendait obtenir en récompense de ses services une souveraineté dans les Pays-Bas; elle voulut même faire de cette concession une des clauses du traité d'Utrecht (1713), mais elle n'y put réussir. A la mort de la reine d'Espagne (1714), la princesse des Ursins donna pour 2e femme à Philippe V Élisabeth Farnèse, croyant trouver en elle une princesse frivole et sans caractère, sous le nom de laquelle elle gouvernerait ; mais à peine celle-ci était-elle entrée en Espagne qu'elle fit conduire la princesse des Ursins hors de la frontière. Louis XIV ne la reçut qu'avec la dernière froideur. Elle alla se fixer à Gênes, puis a Rome, où elle vécut des pensions que lui payait l'Espagne. Ne pouvant, malgré son âge, se résigner à l'inaction, elle tint à Rome la maison du prétendant Jacques Stuart : c'est dans cette ville qu'elle mourut. Sa Corresp. avec Mme de Maintenon a été publiée en 1826. On a aussi des lettres d'elle au marquis de Villars. D'autres Lettres de cette dame ont été publ. par A. Geffroy, 1859. M. Combes a donné un Essai sur sa vie et son caractère politique, 1858

URSINS (JUVÉNAL OU JOUVENEL des). V. JUVÉNAL.

URSINUS (Fulvius). V. ORSINI (FULVIO).

URSULE (Ste), vierge et martyre, fille, à ce qu'on croit, d'un prince de la Grande-Bretagne, fut mise à mort par les Huns, près de Cologne, vers 452, avec plusieurs autres jeunes filles qui l'accompagnaient. Elles furent enterrées à Cologne, où l'on conserve leurs reliques. On l'honore le 21 octobre. Cette sainte était la patronne de l'anc. Sorbonne. La célèbre congrégation des Ursulines était sous sa protection. Plusieurs écrivains ont dit, d'après une légende, que les compagnes de Ste Ursule étaient au nombre de onze mille; mais le martyrologe romain porte seulement Ursule et ses compagnes, sans déterminer le nombre. Les opinions sont partagées sur l'explication de cette singulière tradition. L'opinion la plus vraisemblable est que les compagnes de Ste Ursule étaient au nombre de onze, nombre dont un traducteur ignorant aura fait onze mille, d'après une inscription ainsi conçue : VRSVLA ET XI MM VV, c-à-d. : Ursula et undecim martyres virgines, prenant MM pour mille.

URSULINES, religieuses placées sous l'invocation de Ste Ursule, furent instituées en 1537 par Ste Angèle de Brescia pour l'éducation gratuite des jeunes personnes, et soumises en 1572 à la règle de St-Augustin et à la clôture. En 1604, elles s'établirent à Paris par les soins de Marie L'Huillier, comtesse de Ste-Beuve; elles se multiplièrent promptement en France. Aboli en 1790, comme tous les ordres religieux, cet ordre a été rétabli depuis quelques années.

URUGUAY (l'), riv. de l'Amérique du Sud, naît dans la prov. de Rio-Grande-do-Sul, au Brésil, puis forme la limite de la république de l'Uruguay et du Rio-de-la-Plata, coule 1400 kil. au S. O., et se réunit au Parana pour former le Rio-de-la-Plata, près de Buénos-Ayres. Affluents, le Négro, l'Ybicuy, l'Yguy.

URUGUAY (République de l'), État de l'Amérique du Sud, entre le Brésil au N., l'État d'Entre-Rios à l'O., l'Océan Atlantique à l'E., et le Rio-de-la-Plata au S., s'étend de 55° à 61° long. O., et de 30° à 35° lat. S. : env. 550 k. de l'E. à l'O., 500 du S. au N.; 250 000h.; capit., Montevideo. Son territoire se compose en partie de vastes solitudes traversées par l'Uruguay, mais le sol est fertile, et la position du pays entre le Brésil et la Confédération de la Plata le rend très-important : aussi ces deux puissances s'en sont-elles disputé la possession. Élève considérable de bestiaux; grande exportation de salaisons et de peaux. — Ce pays faisait déjà partie de la vice-royauté espagnole de Buénos-Ayres sous le nom de Banda Orientale; il fut ensuite dominé neuf ans (1816-1825) par Artigas (qui avait envahi le Buénos-Ayres) ; il passa en partie sous la protection brésilienne en 1821, et forma la Province Cisplatine du Brésil; mais il se souleva en 1825 contre ce protectorat et, avec l'aide de Buénos-Ayres, se fit reconnaître en 1828 république indépendante. Son premier président fut Riveira (1828-32). Après lui, ce pays a eu beaucoup à souffrir tant des longues querelles d'Oribe et de Rosas, d'Aguirre et Florès, querelles qui ne cessèrent que par l'intervention militaire du Brésil que de ses démêlés fréquents avec la Conféd. de la Plata. Cette république est administrée par un président, un sénat et une chambre des représentants. Le Code français est la base de la législation.

URVILLE (DUMONT D'). V. DUMONT.

USCOQUES. V. UZKOKS.

USEDOM (île), île de la mer Baltique, sur les côtes de la Poméranie, à l'embouch. de l'Oder et à l'O. de l'île de Wollin, dépend de la Prusse. 50 kil. sur 22; 11 000 h.; ch.-l. Usedom, ville de 1500 âmes sur la côte S. de l'île.

USHER (Jacq.), en latin Usserius, prélat anglican, né à Dublin en 1580, m. en 1656, fut successivement professeur de théologie à l'Université de Dublin (1607), chancelier de l'église de St-Patrick, évêque de Meath, archevêque d'Armagh, membre du conseil privé. Fort hostile aux catholiques, il se vit privé, quand la révolution d'Irlande éclata (1648), des revenus de son archevêché et contraint de se retirer en Angleterre, où il mourut. Il est surtout célèbre comme historien et chronologiste : c'est lui qui a fixé l'an 1er du monde à l'an 4004 av. J.-C, d'après un calcul consigné dans ses Annales Veteris et Novi Testamenti, Londres, 1650-54. On a encore de lui : Religion des anciens Irlandais et Bretons (en anglais), 1622, et Britannicarum eccelesiarum antiquitates, ouvrage condamné à Rome.

USINGEN, bg de Prusse (Nassau), sur l'Usbach, à 36 k. N. E. de Wiesbaden ; 1900 hab. Cour d'appel. Château et parc. Usingen a donné son nom à une branche auj. éteinte de la maison de Nassau.

USIPIENS ou USIPÈTES, Usipii, peuple de la Germanie, au N. O., près du Rhin, entre les Bructères au N. et les Marses au S., habitait le comté de Zutphen.

USKOKS, association d'aventuriers slaves qui, pour la plupart, avaient quitté les provinces du N. O. de la Turquie (Servie, Bosnie, Croatie, Albanie) sous prétexte de religion, s'établit à la fin du XVIe s., d'abord à Clissa, puis à Zengh, sous la protection de l'Autriche, inquiéta quelque temps les Ottomans, et exerça la piraterie, sans épargner même les Chrétiens. Les Turcs ne parvinrent à les détruire qu'après une longue guerre (1592-1606).

USKUB, v. de Turquie d'Europe. V. OUSKOUB.

USSAT, vge du dép. de l'Ariége, à 20 kil. S. S. E. de Foix ; 300 hab. Eau minérale efficace contre la paralysie. Grottes à stalactites, nombreuses cavernes où se réfugiaient les Albigeois persécutés.

USSEL, ch.-l. d'arr. (Corrèze), à 61 kil. N. E. de Tulle; 3874 hab. Trib. de 1re inst., collège. Chanvre, étoffes de laine ; tanneries. Anc. ch.-l. de duché.

USSERIUS. V. USHER.

USSON, vge du dép. du Puy-de-Dôme, à 9 kil. E. d'Issoire; 800 h. Ancien château des comtes d'Auvergne, que Duguesclin assiégea inutilement en 1371, et que Louis XI convertit en prison d'État ; Marguerite de France, femme de Henri IV, y habita vingt ans; il fut rasé en 1634.

USTARITZ, ch.-l. de c. (B.-Pyrénées), à 13 k. S. de Bayonne ; 2272 hab. Patrie de Garat. Anc. capit. du Labourd. Corroierie, taillanderie.

USUARD, religieux de l'abbaye de St-Germain des Prés, qui vivait sous Charles le Chauve, m. vers 897, fut envoyé en Espagne pour y recueillir les reliques de plusieurs saints, rapporta de Cordoue de précieuses reliques et fut à son retour chargé par le roi de rédiger un nouveau Martyrologe. Cet ouvrage fut imprimé dès 1475 à Lubeck ; la meilleure édition est celle de Sollier, Anvers, 1714, in-fol. Il a servi de base au martyrologe romain.

UTAH, lac de l'Amérique du Nord, situé au S. du lac Salé, par 114° 50' long. O., 40° lat. N., communique par une rivière de même nom avec le grand lac Salé. Il donne son nom à une ville bâtie sur ses bords et à un nouveau territoire des États-Unis formé en 1850 et colonisé par les Mormons. Ce territoire, qui faisait partie de la Hte-Califomie, cédée en 1848 aux États-Unis avec le Nouveau-Mexique, est borné à O. par la Californie, au N. O. par l'Orégon, à l'E. par le Kanas et le Nébraska, et renferme, outre le lac Salé, les lacs Utah, Humboldt, etc. Il compte env. 60 000 hab.; capit., Salt-Lake-City ou Fillmore.

UTELLE, ch.-l. de c. (Alpes-Marit.), à 24 kil. N. de Nice; 2172 hab. Vignes, oliviers, châtaigniers.

UTICA, v. des États-Unis (New-York), ch.-l. de comté, sur la Mohawk, le grand canal Érié et le chemin de fer Grand-Central, à 140 kil. N. O. de New-York; 20 000 hab. Plusieurs maisons d'éducation, maison d'aliénés, industrie active, travail du coton.

UTICENSIS PAGUS, nom latin, du pays d'Ouche, dans la Hte-Normandie. On nommait 'Uticum le célèbre monastère de St-Évroult, près d'Argentan.

UTILITAIRES. On a nommé ainsi les disciples de l'économiste anglais Bentham, parce qu'ils ne reconnaissent pour principe de la morale que l'utilité.

UTIQUE, Utica, v. de l'Afrique propre (dans la régence actuelle de Tunis), sur la mer, au N. O. de Carthage, fut, après la ruine de cette ville, la capit. de la prov. d'Afrique. C'était une des plus anciennes colonies de Tyr. C'est dans cette ville que se tua Caton d’Utique. On en voit les ruines près de Porto-Farina.

UTRAQUISTES, hussites qui communiaient sous les deux espèces. On les nomme aussi Caliztins. V. ce nom.

UTRECHT, Trajectum ad Rhenum, Trajectum vetus chez les anciens, Ultrajectum en latin moderne, v. du roy. de Hollande, ch.-l. de la prov. de son nom, sur le Vieux-Rhin, à 32 kil. S. E. d'Amsterdam et à 50 E. de La Haye; 46 000 h. Archevêché catholique qui a remplacé en 1559 l’évêché, jadis souverain ; université, fondée en 1636; riches collections et grands établissements scientifiques. Velours, tapis, raffinerie de sel et de sucre. — Anc. capit. de l’évêché d'Utrecht. On nomme Union d’Utrecht le pacte par lequel les sept Provinces-Unies se confédérèrent contre Philippe II et se déclarèrent indépendantes (1579) ; Traité d’Utrecht, la paix conclue dans cette ville en 1713, entre la France, l'Espagne, l'Angleterre et la Hollande, qui mit fin à la guerre de succession d'Espagne. Utrecht fut occupé par les Français en 1672 et 1795. Sous l'Empire, cette ville fut un des ch.-l. d'arr. du dép. du Zuyderzée. Patrie du pape Adrien VI, de Burmann, Drakenborch, etc. – La prov. d'U., bornée au N. par la Hollande sept, et le Zuyderzée, à l'O. par la Hollande mérid., au S. et à l'E. par la Gueldre, a 1870 kil. carr., et compte env. 152 000 hab. Elle entra dans l'Union en 1579.

UTRECHT (Évêché d'). Cet évêché qui remonte à la fin du VIIe s., comprenait la province actuelle d'Utrecht et l'Over-Yssel. Le ler évêque fut sacré en 695 ; le dernier évêque souverain fut Henri de Bavière qui, las des révoltes de ses sujets, vendit à Charles-Quint en 1528 la domination temporelle de la principauté. Toutefois l’évêché subsista toujours comme pouvoir spirituel; il fut en 1559 érigé en archevêché.

UXBRIDGE, v. d'Angleterre (Middlesex), sur la Colne et le canal de Great-Junction, à 26 O. N. O. de Londres ; 3800 hab. Il y fut conclu en 1645 un traité entre Charles I et le Long-Parlement.

UXELLES (Nic. DU BLÉ, marquis d'), maréchal de France, né en 1652, m. en 1730, était un protégé de Louvois. Il prit part comme lieutenant général au siège de Philippsbourg (1688), défendit Mayence contre les troupes impériales, mais se vit forcé de capituler (1689), et fut à son retour hué publiquement à Paris. Il conserva cependant la faveur de Louvois et de Louis XIV, et reçut le bâton de maréchal en 1703. Il eut part comme diplomate aux conférences de Gertruydenberg, où il se fit peu d'honneur, et n'en devint pas moins, après la mort de Louis XIV, président du conseil des affaires étrangères.

UXELLODUNUM, v. de Gaule (Aquitaine 1re), chez les Cadurci, à l'O., près des Lemovices, était une place très-forte. Il fallut à César toute son habileté pour la prendre (50 av. J.-C). On est incertain sur son véritable emplacement ; on a cru la retrouver dans Puech d’Issolu, dans Luzech ou Capdenac. C'est à Luzech que la place la commission des Gaules.

UXMAL, lieu de l'Yucatan, à 60 kil. au S. de Mérida, offre les ruines d'une vaste ville où l'on trouve un grand nombre de monuments antérieurs à la conquête, entre autres un magnifique téoacalli.

UZ (Jean Pierre), poète allemand, né en 1720 à Anspach, m. en 1796, remplit diverses charges de magistrature à Anspach et y devint 1er juge du tribunal. Il a traduit avec succès les plus beaux morceaux d'Homère, de Pindare et d'Anacréon, et a mis en vers la Théodicée de Leibnitz. Uz est plutôt un versificateur qu'un poète ; grand partisan de la rime, il ridiculisa, sous le nom de Miltoniens ou Anglicans, les partisans des vers blancs. Ses Œuvres poétiques ont été publiées à Leipsick, 1768 et 1824.

UZBEK, khan du Kaptchak de 1305 à 1342, étendit sa domination sur la Russie, éleva sur le trône ou renversa à son gré les princes de cet empire (Michel II, Iourié, Dmitri, etc.), forma le projet de détruire le Christianisme en Russie, distribua les villes de ce pays à des chefs mongols, et saccagea Tver, Kachin, Torjok pour venger le massacre des Mongols égorgés à Tver (1327). Les peuples qui lui obéissaient prirent de lui le nom d'Uzbeks.

UZBEKS (les), peuple de la famille turque, habite à l'E. de la mer Caspienne, et tire son nom d'un de ses khans les plus célèbres (V. l'art. précédent). Ce sont eux qui dominent dans presque tout le Turkestan indépendant. Beaucoup d'Uzbeks se sont répandus à l'O. de la mer Caspienne ; on en trouve aussi dans la Russie mérid. et dans le gouvt de Tobolsk.

UZEL, ch.-l. de c. (Côtes-du-Nord), à 5 kil. N. O. de Loudéac ; 1705 h. Entrepôt de toiles. Anc. château.

UZERCHE, Usreca ch.-l. de c. (Corrèze), sur une colline escarpée au pied de laquelle coule la Vezère, à 30 k. N. O. de Tulle : 3180 h. Patrie du chirurgien Boyer. Aux env., belles forges de La Grénerie.

UZÈS, Ucetia, ch.-l. d'arr. (Gard), près de l'Auzon, à 24 kil. N. de Nîmes; 6242 h. Anc. évêché, Trib. de 1re inst., collège. On y remarque le clocher de l'anc. cathédrale, l'anc. palais épiscopal, le vieux château, la statue de l'amiral Brueys. Filatures de soie, bonneterie, bourre de soie, vin, eau-de-vie, huile, poterie d'étain. Patrie du traducteur Coste, du chimiste Moïse Charas, du peintre Sigalon. — Cette ville fut prise par Clovis sur les Visigoths en 507. Elle embrassa le Protestantisme au XVIe s. et fut une des principales places des Calvinistes jusqu'en 1629, époque où elle fut soumise et démantelée. Uzès eut jadis des vicomtes particuliers. Elle fut érigée en duché-pairie en 1565.

UZUM-CASSAN. V. OUZOUN-HAÇAN.


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