Dictionnaire universel d’histoire et de géographie Bouillet Chassang/Lettre G

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Lettre G
E Dictionnaire universel d’histoire et de géographie Bouillet Chassang, 1878
Lettre G, pages 716 à 822
H


G

G. Cherches à Dj, J, Tch, les noms qui ne se trouveraient point ici.

G. La lettre G s'employait dans les abréviations latines pour gens, ou pour Gaius (Caius). — Chez les modernes, G est l'initiale de Guillaume, Godefroi, George, Gabriel, etc. S. G. s'écrit pour Sa Grandeur.

GABAA, auj. Gib, v. de la tribu de Benjamin, à 8 kil. au N. de Jérusalem, est célèbre par la naissance de Saül et par l'attentat qui causa la guerre dite des Benjamites : ses habitants ayant déshonoré la femme d'un lévite d'Éphraïm, celui-ci appela les autres tribus à le venger, et toutes, se réunissant contre la tribu de Benjamin, détruisirent de fond en comble la ville coupable. David défit les Philistins à Gabaa.

GABALI, peuple de l'Aquitaine Ire, entre les Arvernes au N. O. et les Volces Arécomiques au S. E., habitait le Gévaudan moderne, et avait pour ch.-l. Anderitum (Antérieux ou Javoulx).

GABAON, v. de la tribu de Benjamin. Lors de la conquête du pays de Chanaan par Josué, les Gabaonites furent des premiers à faire alliance avec lui ; Josué les défendit contre cinq rois qui les assiégeaient; c'est pendant ce combat que Dieu arrêta le soleil pour permettre à Josué d'achever la victoire.

GABARDAN, petit pays de l'anc. Gascogne, au S. du Bazadais, à l'O. du Condomais, au N. de l'Eauzan, à l'E. du Marsan. Places, Gabarret (ch.-l.), Aix, Baudignan. Il est auj. compris dans la partie E. du dép. des Landes et dans le S. O. de Lot-et-Garonne. Ce pays a eu des vicomtes dès 1050 ; il a ensuite appartenu aux seigneurs de Béarn.

GABARRET, ch.-l. de c. (Landes) à 46 k. N. E. de Mont-de-Marsan; 1000 hab. Jadis ch.-l. du Gabardan. On y voit les restes d'une abbaye de Templiers et une maison de Jeanne d'Albret et de Henri.

GABELLE (de l'allemand gabe, don, tribut), impôt sur le sel. V. gabelle au Dict. univ. des Sciences.

GABÉLUS, Israélite qui habitait Ragès en Médie et à qui le jeune Tobie alla réclamer 10 talents.

GABÈS, v. d'Afrique. V. CABÈS.

GABIAN, bourg du dép. de l'Hérault, sur la Tongue, à 14 kil. N. O. de Pézenas : 1100 hab. Aux env., houille, vitriol, source de pétrole (huile de Gabian) ; bélemnites fossiles ; cristaux durs imitant le diamant.

GABIES, Gabii, v. du Latium, chez les Volsques, à 16 kil. N. E. de Rome, était une colonie d'Albe. Après un long siège, elle fut livrée à Tarquin le Superbe par l'artifice de Sextus, son fils : celui-ci, feignant une brouillerie avec son père, avait surpris la confiance des Gabiens en implorant leur pitié pour ses malheurs. Cette ville était déjà en ruines au temps d'Auguste.

GABINIUS (Q.), tribun du peuple en 140 av. J.-C., fit rendre la loi Gabinia, qui portait que dans les élections des magistrats les citoyens donneraient leur suffrage par scrutin secret.

GABINIUS (A.), tribun du peuple en 67 av. J.-C., proposa et fit adopter une loi qui donnait à Pompée une autorité extraordinaire pour anéantir les pirates. Consul l'an 58, il fit, de concert avec Clodius, exiler Cicéron. Gouverneur de Syrie en 57, il vainquit, près de Jérusalem, Aristobule, roi des Juifs, et le remplaça par Hyrcan. Quoique le sénat lui eût ordonné de revenir à Rome, il resta à la tête de son armée et passa même en Égypte pour rétablir sur son trône Ptolémée XI (55) : de retour à Rome il fut accusé de lèse-majesté publique et de concussion. Cicéron, le défendit sur les instances de Pompée ; mais il ne put le faire absoudre que sur le 1er point. Gabinius mourut à Salone dans une expédition contre les Illyriens (46).

GABINUS LACUS, dans le Latium, au N. E. de Gabies. C'est le lac de Castiglione, auj. desséché.

GABON (côte de), partie de la Guinée supérieure, entre 3° 30' lat, N. et 0° 45' lat. S., est arrosée par le Gabon, à l'emb. duquel la France a formé en 1843 un comptoir fortifié.

GABRIAS, fabuliste. Les uns le regardent comme le même que Babrius (V. ce nom) ; les autres comme différent. Quoi qu'il en soit, on a sous ce nom un recueil d'apologues ésopiques distinct de celui de Babrius, et qui se compose de quatrains écrits en grec. Le véritable auteur de ces quatrains est un grammairien du IXe siècle, nommé Ignatius Magister. M. Laprade a donné une édition et une traduction française des quatrains attribués à Gabrias, Paris, 1853.

GABRIEL, c-à-d. force de Dieu, archange, fut envoyé de Dieu, d'abord à Zacharie, pour lui annoncer la naissance d'un fils (S. Jean-Baptiste) ; puis à la Ste Vierge, pour lui annoncer qu'elle avait été choisie pour être la mère du Sauveur. Le même archange avait été envoyé à Daniel pour lui expliquer ses visions et lui révéler l'époque de la venue du Messie. Les Mahométans, croient que c'est lui qui apportait à Mahomet les feuilles du Coran.

GABRIEL SIONITE, savant maronite, né à Eddin dans le Liban (Syrie) vers 1577, mort en 1648, étudia à Rome au collège des Maronites, y apprit le latin et le syriaque, ainsi que la théologie ; fut reçu docteur en cette faculté et ordonné prêtre. En 1614, il vint en France, remplit au Collège royal à Paris la chaire de professeur d'arabe, et concourut à la publication de la Bible polyglotte de Le Jay : il s'était engagé à y fournir les textes syriaque et hébreu; mais ses retards et ses prétentions exagérées compromettant l'entreprise. Il fut mis à Vincennes par ordre de Richelieu, et n'en sortit qu'en donnant les deux textes. On a de lui : Grammatica arabica Maronitarum Paris, 1616; Geographia Nubiensis, 1619, traduite d'Edrisi; Liber psalmorum, trad. du syriaque. cette faculté et ordonné prêtre. En 1614, il vint en France, remplit au Collège royal à Paris la chaire de professeur d'arabe, et concourut à la publication de la Bible polyglotte de Le Jay : il s'était engagé à y fournir les textes syriaque et hébreu; mais ses retards et ses prétentions exagérées compromettant l'entreprise. il fut mis à Vincennes par ordre de Richelieu, etu'en sortit qu'en donnant les deux textes. On a de lui : Grammatica arabica Maronitarum} Paris, 1616; Geographia Nubiensis, 1619, traduite'd'E-drisi; Liber psalmorum, trad. du syriaque.

GABRIEL (Jac Ange), architecte, né en 1710 à Paris, mort en 1782, était fils de Jacques Gabriel, architecte lui-même, à qui Nantes, Rennes, Bordeaux, Dijon, doivent de grands embellissements. Il travailla au Louvre, restaura la cathédrale d'Orléans, et eut soin d'y conserverie style gothique, quoique ce genre fût alors peu goûté : construisit la belle salle de spectacle du palais de Versailles et le château de Compiègne, bâtit en 1751 à Paris l'École militaire,son chef-d'œuvre, donna le plan delà place de la Concorde, et éleva, de 1763 à 1772, les deux beaux palais à colonnades qui la bordent au nord. Une avenue des Champs-Elysées porte son nom. Ses compositions se distinguent par l'imagination , la grandeur, une bonne entente des masses; mais son goût manquait quelquefois de pureté.

GABMELLED'ESTRÉES. Y. ESTRÉES.

GABRIELLE DE VERGY. V.*COUCY et VERGY.

GACÉ, ch.-l. de c (Orne), sur la Touque, à 22 k. àl'E. d'Argentan; 1800 hab. Toiles de cretonne. Château où naquit Matignon.

GACON (Franc.), poète satirique, né à Lyon en 1667, mort en 1725, attaqua dans le style le plus grossier toutes les célébrités de son temps : J. B. Rousseau, Lamothe et Boileau même furent les principaux objets de ses diatribes. On a de lui : le poète sans fard, recueil de satires et d'épigrammes, 1696 et 1701 ; une trad. d'Anacréon en vers, 1712; l'Anti-Rousseau, 1712; l'Homère vengé, 1715 (contre La-motte). Gacon avait été de l'Oratoire, et il obtint à la fin de sa vie le prieuré de Bâillon.

GACON-DUFOUR (Mme), romancière, née à Paris en 1753, morte en 1835, avait épousé d'abord M. d'Humières, puis M. J. Michel Dufour, avocat, et était fort liée avec Sylvain Maréchal, fameux athée. Elle a donné une quinzaine de romans, tous médiocres, quelques-uns dans le genre historique, la Cour de Catherine de Médicis, 1807 ; Mémoires sur Mmes de La Vallière, de Montespan, etc.; Correspondance de Mme de Châteauroux, de plusieurs personnages de la cour de Louis IV; et quelques écrits utiles sur l'économie domestique et rurale.

GAD (tribu de), une des 12 divisions de la Judée, à l'E. du Jourdain, s'étendait de l'Hiéromax au torrent de Jazer, entre la demi-tribu orient, de Manassé et celle de Ruben, et avait pour v. principales Maspha, Rabbath-Ammon, Rammoth-Galaad et Jabès-Gaîaad. Elle était ainsi nommée de Gad, 7" fils de Jacob.

GADAMÈS, v. d'Afrique. Y. GHADAMES.

GADARA, v. puissante de la Palestine, dans la demi-tribu orient, de Manassé, sur l'Hiéromax, devint la capit. de la Pérée, et fit partie de la Décapole.

GADDI (Taddeo), peintre et architecte, né à Florence vers 1300, mort en 1352, étudia près de son père, qui était habile dans la mosaïque, et se perfeçtionna sous Giotto, dont il était le filleul. Le pre-I mier de son temps, il sut donner de l'expression à ses | figures. Il l'emporte quelquefois sur Giotto pour la « couleur et la vivacité. Comme architecte, il acheva | la tour du dôme de Florence, et fit les plans du Ponte Vecchio de cette ville.

GADÈS, auj. Cadix, v. de l'Hispanie (Bétique),dans une île à l'emb. du Bétis, sur le fretum Gadi-I tanum, fut fondée par les Phéniciens. Elle était 1 célèbre par ses danseuses et par son commerce avec | Carthage. Hercule y avait un temple fameux. Patrie 1****du consul C. Balbus et de Columeîle.

GAD1TANUM PRETUM, le détroit de Gibraltar.

GAÉLIQUE (Langue), langue que parlaient les anciens Celtes ou Galls (Gaels), habitants primitifs de la Gaule et des Iles britanniques. On la parle encore dans quelques parties de l'Irlande (V. ERSE) . dans les highlands de l'Ecosse, dans le Pays de Galles et la Basse-Bretagne, où elle est connue sous le nom de bas-breton ou bresonec; elle se perd de jour en jour.

GAERTNER (Jos.), naturaliste allemand, né en 1732 à Calw (Wurtemberg), m. en 1791, fut profes- -seur d'anatomie à Goettingue, de botanique à Pt-Pétersbourg, parcourut l'Ukraine, et y fit des découvertes importantes en botanique; revint en 1770 dans sa patrie et alla en 1778 à Londres, où il mourut en 1791. On a de lui : De Fructibus et semini-bus, Stuttgard, 1788-91; Carpologia. Leips., 1805.

GAETAN ou CAIETAN, nom de deux familles italiennes, l'une de Pise, où elle était à la tête du parti gibelin; l'autre de Rome, qui donna à l'Église de grands dignitaires, entre autres Boniface VIII.

GAETAN (S.), Caietanus, fondateur de l'ordre des Théatins, né à Tiène près de Vicence en 1480, m. en 1547; fut d'abord jurisconsulte à Vicence, puis se fit ordonner prêtre. Il se retira à Rome et y fonda en 1524 un nouvel ordre qui fut d'abord désigné sous le nom de Clercs-Réguliers, et qui prit le nom de Théatins, parce qu'il eut pour 1" supérieur l'archevêque de Chiéti (en latin Teate), J. P. Caraffa, depuis pape sous le nom de Paul IV. Gaétan devint supérieur de l'ordre après Caraffa. On le fête le 7 août.

GAETAN, cardinal. V. CAIETAN.

GAÈTE, Caieta des anciens, Gaeta en italien, v.,. de l'anc roy. de Naples (Terre de Labour), sur la. Méditerranée, à 70 k. N. O. de Naples; 15 000 h. Place forte. Port vaste et bien abrité. Evêché. Belle cathédrale, contenant le tombeau du duc de Bourbon; plusieurs tours (d'Orlando, Latratina, de Cicéron). Beaucoup d'antiquités : restes d'un temple de Neptune, des villas d'Adrien, de Scaurus, etc. Patrie du cardinal Caietan et du pape Gélase II. — Cette v. est très-ancienne; on lui donne les Lestrygons pour fondateurs; des Grecs de Samos y vinrent ensuite. Selon Virgile, elle tirait son nom de la nourrice d'Ê-née, Caieta, qui y aurait été enterrée. Elle tomba au pouvoir des Romains en 340 av. J.-C. Antonin le Pieux l'embellit et lui donna un port. Après la destruction de l'empire romain, Gaëte eut des ducs qui devinrent les vassaux de l'Eglise. Alphonse d'Aragon la prit en 1435 et la réunit au roy. de Naples. Les Français y signèrent en 1504 une capitulation par laquelle ils abandonnaient le roy. de Naples aux Espagnols. Gaëte eut à subir plusieurs sièges remarquables : elle fut prise en 1702 par les Autrichiens, en 1734 par une armée sarde-espagnole, en 1799 et 1806 parles Français, en 1815 et 1821 par les Autrichiens. Pie IX se réfugiai Gaëte en 1848 et y séjourna près d'un an. Le roi de Naples François II s'y retira en 1860, après l'entrée deGaribaldi à Naples; il y fut assiégé par les Piémontais et capitula le 13 févr. 1861.—Napoléon I donna le titre de duc de Gaëte à Gaudin, son ministre des finances.

GAFFARELLI.* V. CAPFARELLI.

GAGE (Thomas), voyageur irlandais du xvn* s., m. en 1655, était dominicain. Envoyé au Mexique en 1625, il y séjourna 12 ans, prêchant les Indiens, et acquit la connaissance de la langue, des mœurs et de l'histoire du pays. De retour en Angleterre, il embrassa la religion anglicane, poussa ses compatriotes à s'emparer des colonies espagnoles et publia dans ce but en 1648 une Description des Indes occidentales, qui fut traduite en français par Beaulieu en 1676.

GAGE (Thomas), commandant en chef des troupes royales anglaises dans l'Amérique du Nord, et dernier gouverneur du Massachussets pour le roi d'Angleterre, exerça d'odieuses rigueurs contre les colons insurgés, proclama la loi martiale dans Boston après l'issue de la bataille de Lexington, et se vit, après l'affaire de Bunker's-Hill, contraint à se rembarquer pour l'Angleterre. Il y mourut en 1787.

GAGNIER (Jean), orientaliste, né à. Paris vers 1670, m. en 1740, était Génovéfain. Il sortit de son souvent, se retira en Angleterre, où il embrassa la religion réformée, s'y maria, et enseigna les langues orientales a Oxford. On a de lui une trad. latine de l'iïiîtoiYe juive de Joseph-Ben-Gorion, Oxford, 1706; une Vie de Mahomet, en latin, d'après Aboul-fédaet Jannab, 1723,ouvrage estimé; une trad.latine d'une partit) de la Géographie d'Aboulféda, 1726-27.

GAGUIN (Robert), historien, né à Collines en Artois vers 1440, mort en 1502, fut professeur de théologie, puis supérieur des Mathurins (1473), et remplit diverses missions sous Louis XI, Charles VIII et Louis XII. On a de lui plusieurs ouvrages précieux : une Chronique intitulée Compendium supra Fran-corum gestis, qui va jusqu'en 1491, Paris, 1497, qu'il continua ensuite jusqu'en 1499 ; une trad. de la Chronique de Turpin, 1527; une prosodie (Ars melrificandi), des Lettres, des Discours, en latin, et une poétique latine, Arsmetrica, 1477.

GAIATH-ED-DYN, surnom de plusieurs princes seldjoucides. V. KONIEH (sultanie de), et MAS'oun.

G A IL (J. B.), laborieux helléniste, né à Paris en 1755, mort en 1829, fut professeur de grec au Collège de France, conservateur des manuscrits grecs et latins de la Bibliothèque impériale, et entra en 1809 à l'Académie des inscriptions, il a contribué à relever l'étude du grec en France lors du rétablissement des études ; cependant la solidité de son érudition a été mise en doute, et ses travaux philologiques obtinrent peu d'autorité. Il a donné des éd. et trad. de Thêoerite, 1792, in-8 ;d'Anacréon, 1793, in-8; d'//omère, 1801, 7 vol. in-8; de Xénophon, 1797-1815, 10 v. in-4; de Thucydide, 1807, 10 vol. in-8;une Grammaire grecque, 1798, ouvrage quifut longtemps classique, et un recueil intitulé le Philologue, en 24 vol. in-8, 1817-28, où il reproduisit une foule de mémoires et opuscules philosophiques publiés à diverses époques.—Sa femme, née Sophie Garre, 1776-1819, s'est fait remarquer par son talent pour la musique. On lui doit les opéras des Deux Jaloux, 1813, et de la Sérénade, et un grand nombre de romances qui eurent la vogue.— Son fils, Franc. G., 1795-1845, professeur d'histoire, adonnèdes recherches estimées sur le Culte de Bacchus, 1821, et une éd. des Geographi grssci minores, 1827-31.

GAIIXAC, ch.-l. d'arr. (Tarn), à 23 k. O.d'Alby; 6000 h. Trib., collège. Chapeaux, eau-de-vie, teintureries, futailles, construction de bateaux; vins blancs. Patrie de Vaissette et de Portai; le général d'Hautpoul est né aux environs. — Gaillac existait au vm" siècle; Raimond, comte de Toulouse, y fonda en 960 une abbaye de Bénédictins, autour de laquelle se forma la ville. Gaillac était le siège de la juridiction royale du pays des Albigeois.

GAILLARD (Gabriel Henri), littérateur, né en 1726 à Ostel (Aisne), mort en 1806, abandonna la carrière du barreau pour les lettres et publia plusieurs bons ouvrages, qui le firentadmettre en 1760 à l'Académie des inscriptions et en 1771 à l'Académie Française. On a de lui : BJiétorique française à l'usage des demoiselles, 1745; Poétique française à l'urage des dames, 1749; Histoire de Marie de Bourgogne, fille de Charles le Téméraire, 1757; Hist. de François I", 1766-G9, 7 vol. in-12; Hist. de Charlemagne, 1782, 4 vol. in-12; Hist. de la rivalité de la France et de l'Angleterre, 1771-74-77, 11 vol. in-12 : c'est son meilleur ouvrage ; Hist. de la rivalité de la France et de l'/sjpaone,1801etl807, 8 vol. in-12. Il a en outre rédigé la plus grande partie du Dictionnaire historique de l'Encyclopédie méthodique, et a composé des Eloges de Descartes, de Corneille, Charles V, Henri IV, et une Vie de Malesherbe, dont il avait été l'ami. Gaillard est un écrivain judicieux ; son style est clair et souvent élégant. Dans ses ouvrages historiques, il a le plus souvent préféré l'ordre des- matières (histoire militaire, ecclésiastique, civile, littéraire) à l'ordre chronologique, qui eût montré plus fidèlement la marche et l'enchaînement des événements, Dureste, il recherche la vérité avec ardeur et sagacité.

GAILLON, Castrum Gallimis, ch.-l. de c. (Eure), à 14 kil. S. E. deLouviers; 1200 hab. Ane résidence royale. Maison centrale de détention. Cette prison occupe l'emplacement du château que le cardinal Georges d'Amboise fit construire de 1502 à 1509. Le beau portique de ce château, qui décore auj. la cour de l'Ecole des beaux-arts à Paris, est dû. à Pierre Pain, architecte rouermais. Il ne reste des anc constructions que le porche d'entrée flanqué de 4 tours, le beffroi de l'horloge, une tour de la chapelle, et les oubliettes. Aux env. était une Chartreuse, fondée par le cardinal de Bourbon; elle fut brûlée en 1764-

GAÏNAS, général goth au service d'Arcadius, empereur d'Orient, fit assassiner le ministre Rufin, à l'instigation de Stilicon (395) ; se fit nommer commandant de la milice romaine, suscita une révolte pour perdre Eutrope, à qui il devait tout, obtint la mort de ce nouveau ministre (399), et domina quelque temps le faible Arcadius. Déclaré à la fin ennemi de l'Etat, il prit ouvertement les armes, mais il fut battu en Thrace, fut contraint de reculer jusqu'au delà du Danube, et périt de la main des Huns, chez qui il avait cherché un asile, 400.

GAINSBOROCGH.v. etportd'Angleterre (Lincoln), à 25 kil. N. O. de Lincoln sur le Trent; 8000 hab. Cette ville doit son nom à un chef saxon dont Alfred le Grand épousa la fille en 869. Le roi Suénon y fut assassiné en 1013; le général royaliste Caven-dish y fut tué dans un combat contre Cromwell.

GAINSBOROUGH (Thomas), peintre anglais, né en 1727 dans le comté de Suffolk, mort en 1788, réussit dans le portrait, mais plus encore dans le paysage. Ses tableaux sont recherchés pour la finesse du coloris et l'agrément des figures.

GAIS, vge de Suisse (Appenzell), à 5 k. N. E. d'Ap-penzell ; 2600hab. École normale. Source d'eauminé-rale. Les Suisses y battirent les Autrichiens en 1405.

GAISFORD (Thomas), helléniste anglais, né en 1780, mort en 1855, professa la littérature grecque à Oxford, et devint en 1847 curateur de la Bibliothèque bodléienne. Il a donné d'excellentes éditions qui lui ont mérité le titre de correspondant de l'Institut : Poêlas minores grssci, 1814-21; Stobée, 1822; Hérodote, 1825; Suidas, 1834 ; Parœmiographigrxci, 18S4; VEtymologicum magnum et Ihéodoret, 1854.

GAIUS, jurisconsulte. V. CAIUS.

GALAAD (pays de)_, auj. Dschalad, pays montagneux de l'anc Palestine, à l'E. des monts qifl bornent le bassin du Bas-Jourdain, était compris dans les tribus de Ruben, de Gad et de Manassé, ou dans les contrées appelées depuis Pêrée et Batanée. Il renfermait Jabes-Galaad et Ramoth-Galaad.

GALAM, capit. d'un État de même nom, en Sé-négambie, entre le Sénégal et la Falémé, à 700 kil. E de St-Louis. Établissement français. Galam est le centre du commerce des contrées environnantes '• gomme, ivoire, poudre d'or.

GALAN, ch.-l. de c (Hte-Pyrénées), à 26 kil. E de Tarbes; 1000 hab. Commerce de mules.

GALANTHA, v. de Hongrie (Presbourg), à 46 k. E. de Presbourg; 2000 h. Aux princes d'Esterhazy.

GALAPAGOS (îles), c.-à-d. Iles des Tortues, groupe d'îles du Grand-Océan Equinoxial, s'étend â 10. des côtes du Pérou, entre 90° 24' et 94° 22' long. O., et entre 1° 43' lat. N. et 1° 25' lat S. La plus grande est Albemarle: ensuite viennent Chatam, Norfolk, Bindlœs, Cowley, etc. On y trouve des tortues de mer délicieuses, mais les tortues déterre sont funestes à la santé. Du reste, ces îles sont stériles et désertes. Cédées en 1855 par la république de l'Equateur aux Etats-Unis. — On donne aussi le nom de Galapagos à des îlots situés au N. du banc de Bahama.

GALATA, faubourg de Constantinople, au S. de Pera. Plusieurs mosquées ; arsenal de Top-hané. Tour du Christ, élevée par les Génois en 1446, et qui sert à avertir les habitants eu cas d'incendie. Galata appartint quelque temps aux Génois. C'est auj. le quartier des négociants européens.

GALATÉE, Néréide, fille de Nérée et de Doris, fut aimée de Polyphème et d'Acis, et préféra ce dernier au difforme Cyclope. Polyphème, irrité de cette préférence, lança un rocher sur Acis et l'écrasa.

GALATÉE, fille d'un roi de la Celtique, s'éprit d'Hercule qui était venu dans ce pays, et en eut un fils nommé Galatès. Selon Diodore de Sicile, c'est cette Galatée qui aurait donné son nom aux Gaulois.

GALATES, habitants de la Galatie.

GALATIE, Galatia , Gallo-Grsecia, sandjakats d'Angourieh et de Kiangari ; anc contrée de l'Asie-Mineure, bornée au N. par la Bithynie et la Paphla-gonie, à l'O. par la Phrygie, à l'E. par le Pont, au S. par la Cappadoce, était arrosée par l'Halys et le Sangarius, et devait son nom aux Galates (ou Gallo-Grecs), mélange de Gaulois et de Grecs qui envahi-rentl'Asie en 278 av. J.-C. Nicomèdel, roi de Bithynie, qu'ils avaient secouru contre Antiochus I, roi de Syrie, leur céda un vaste territoire. Les Galales l'agrandirent encore par leurs conquêtes dans l'Asie-Mineure; mais après qu'Antiochus le Grand, dont ils étaient devenus les auxiliaires, eut été vaincu à Magnésie (190), ils furent eux-mêmes attaqués et surpris par le consul romain Manlius Vulso, 189-180, puis définitivement incorporés à l'empire par Auguste (25 av. J.-C). On distinguait dans la nation des Galates trois peuplades : les Trocm.es à l'E., les Tolistoboïes au S. O., les Tectosagesau N. O. Ancyre était leur capitale. Sous les derniers empereurs la Galatie fut divisée en Galatie 1™ (Galatia prima ou Proconsularis), ch.-l., Ancyre; et Galatie 2e (Gala-tiasecunda~*\Salularis), ch.-l., Pessinonte. Les Galates, tant qu'ils furent indépendants, étaient régis par des tétrarques, ainsi nommés parce qu'il y avait quatre chefs dans chacune des trois peuplades dont la nation se composait. Ils formaient une sorte d'aristocratie militaire élective. Ils vendaient leurs services à tous les princes voisins. Ils conservèrent leurs mœurs et leur langue jusqu'au iv° siècle de notre ère.

GALATZ, Axiopolis, v. de Moldavie, sur la r. g. du Danube, à 65 kil. O. d'Isman; 10 000 hab. Port franc, où entrent de gros bâtiments; bateaux à vapeur pour Vienne, Widdin, Orsowa, Silistrie, Varna, Constantinople etTrébisonde. Entrepôt du commerce de la Valachie et de la Moldavie avec Constantinople. Bataille entre les Russes et les Turcs en 1789 : ces derniers y furent défaits et la ville fut prise. Des préliminaires de paix y furent signés en 1791.

GALBA (Sergius ou Servius Sulpitius), préteur en Lusitanie l'an 161 av. J.-C, ayant été vaincu, S3 vengea des vainqueurs en feignant de traiter avec eux et en les faisant massacrer par trahison: il alluma par cette perfidie la guerre de Viriathe. Accusé à Rome pour cette conduite déloyale, il parvint à se soustraire à la condamnation par son éloquence pathétique, et fut même dans la suite nommé consul (144 av. J.-C). Cicéron cite Galba comme le meilleur orateur de son temps.

GALBA (Servius Sulpitius), empereur romain, né près de Terracine, l'an 4 av. J.-C. Après avoir été consul sous Tibère, l'an 30 de J.-C., il commanda les armées de Germanie; fut, sous Claude, gouverneur de l'Afrique, puis, sous Néron, gouverneur de l'Espagne Tarraconaise. Redoutant l'influence que Galba s'était acquise par ses vertus, Néron allait l'immoler à son inquiète jalousie, quand celui-ci le prévint en se révoltant, 68. Proclamé empereur en Espagne, il fut peu après reconnu de tout l'empire. Sa sévérité et son avance le rendirent bientôt odieux aux prétoriens, auxquels il avait refusé le donatimm. Othon, qui n'avait pu se faire choisir par Galba pour son successeur, profita de ces dispositions du peuple à son égard pour le faire assassiner, ainsi que Pison, son fils adoptif, et se rit proclamer à sa piace. Galba n'avait régné que huit mois. C'était un prince doué de grandes qualités : on a dit de lui qu'on l'aurait toujours cru digne de l'empire s'il n'eût jamais été empereur. Plutarque a écrit sa Vie.

GALE (Théophile), théologien anglais non-conformiste, né en 1628 dans le comté de Devon, mort à Londres en 1678, est auteur d'un ouvrage singulier intitulé : la Cour des païens (the Court of the Gen-tiles), Oxford, 1669-77, où il veut prouver que les sages du paganisme ont emprunté des Ecritures saintes non-seulement leur théologie, mais même leur philosophie. On a encore de lui : Philosophie, uni-versàlis, 1676, et quelques autres ouvrages.

GALE (Thomas), savant anglais, né dans le comté d'York en 1636, mort en 1702, doyen d'York, ftit professeur de grec à l'Université de Cambridge et membre de Ja Société royale de Londres. On lui doit : Opuscula mythologica, ethica et physica (fragm. de Paléphate, Ocellus, Heraclite, Théophràste, etc.), Cambridge, 1671, Historiée poeticm scriptoresanti-qui (Apollodore.Conon, Parthénius, Antoninus Libe-ralis, etc.), 1675, Rhetores sélectif 1676; Iamblichus de mysteriis, grec et latin, 1678; Historiée angli-canse scriptores quinque, 1687 , in-fol. ; Historiée britannicx saxonicas, anglo-danicx scriptores XV, 1691. Il avait préparé une édition de l'Iter britanni-cum d'Antonin, qui a été publiée par Roger Gale, son fils, Londres, 1709.

GALEAS. Y. VISCONTI et SFORZA.

GALËRE, C. Galerius Vakrius Maximianus, empereur romain, né en Dacie, fut d'abord berger, ensuite soldat, et par son courage devint général. Dioclétien l'adopta, lui fit épouser sa fille et le nomma césar avec Constance Chlore, l'an 292. Envoyé contre Narsès, roi des Perses, en 296, il fut d'abord battu par ce général; mais ensuite il le vainquit à son tour, et le contraignit à. demander la paix. En 305, il força par ses menaces Dioclétien et Maximien d'abdiquer, et devint, avec Constance Chlore, maître de l'empire. Il se réserva l'Orient et l'Italie. Constance étant mort au bout d'un an. Galère eut pour collègue Constantin, .fils de ce prince, auquel il ne voulut conférer que le titre de césar, mais qui se fit proclamer auguste par les soldats. Maxence ayant pris la pourpre dans l'Italie, Galère marcha contre lui; mais il fut vaincu. Peu après, il fut attaqué d'un ulcère épouvantable, et mourut à Sardique en Dacie, l'an 311. Animé d'une haine implacable contre les Chrétiens, Galère arracha en 304 à Dioclétien l'édit de persécution qui ensanglanta la fin de ce règne; il les ?persécuta lui-même cruellement.

GALESUS, auj. Galeso, petite riv. de l'anc Cala-bre (Terre d'Otrante), qui se jette dans le golfe de Tarente après 20 k. de cours, a été célébrée par Virgile (Géorg., IV, 126), et par Horace (Od., II, vi.10).

GALETTI (J. G. Aug.), historien allemand, né à Altenbourg en 1750, mort en 1828, fut professeur au gymnase de Gotha, puis conseiller aulique et historiographe du due de Saxe-Gotha. On lui doit : Histoire du duché de Gotha, Gotha, 1781; Hist. de la Thuringe, 1782-85; Hist. d'Allemagne, 1785-95; Hist. d'Espagne et de Portugal, 1809-10 ; Hist. de la civilisation des trois derniers siècles, 1814.

GALGACUS, chef des Calédoniens, résista longtemps aux Romains commandés par Agricola. Acculé à l'extrémité du pays, il succomba enfin, avec presque tous les siens, dans une grande bataille, livrée en 84 de J.-C, au lieu appelé auj. Stone-Ha-ven. Tacite met dans la bouche de Galgacus un discours admirable que ce chef adresse à ses troupes au moment du dernier combat.

GALGALA, auj. Gilgal, v. de la tribu de Benjamin, à l'E. de Jéricho, où les Israélites s'arrêtèrent après avoir passé le Jourdain et où Saûl fut salué roi

GALIANI (l'abbé Ferd.), né eu 1728, à Chieti (Abruzze-Citérieure), mort en 1787, s'est distingué comme littérateur, antiquaire et surtout comme éco- nomiste. Il fonda sa réputation par un grand ou-rage sur la Monnaie, qu'il fit paraître à Naples en 1749, et fut un des premiers à exhumer les riehes--?s archéologiques d'Herculanum. Envoyé en l759à l'aris par le roi de Naples comme secrétaire d'am-liassade, il s'y vit partout recherché à cause de son osprit et de sa vivacité; il se lia particulièrement avec Grimm et Diderot. Pendant son séjour à Paris, il composa en français, à l'occasion d'une disette, des Dialogues sur le commerce des blés (1770), écrits piquants, qui étaient dirigés contre les économistes de i 'époque et qu'on regarde comme un chef-d'œuvre de raison et de plaisanterie. Rappelé à Naples en 1769, il y remplit avec succès les plus hauts emplois. Il a laissé un Commentaire sur Horace, publié à Paris en 1821, à la suite de la trad. d'Horace deCampenon, et un volumineux recueil de lettres, dont il n'a paru que sa Correspondance avec Mme d'Êpinay, Paris, 1818.

GALICE, anc prov. de l'Espagne, portant iaij. le titre.de capitainerie générale, et formant jadis un royaume particulier, est située à l'angle N. O. de la Péninsule, entre l'Océan Atlantique au N. et à l'O., la Portugal au S. et les prov. de Valladolid, Léon et Asturies à l'E., a 220 k. sur 200 et 1 795 199 hab. ; elle avait pourcapit. générale Santiago. Depuis 1833 elle est subdivisée en 4 prov. : la Corogne au N. O., Pontevedra au S. O., Orense au S. E., et Lugo au X. E. Les côtes de la Galice sont très-découpées : elles offrent de nombreuses baies et quelques bons ports : la Corogne, le Ferrol, Vigo. La chaîne des monts Cantabres couvre de ses ramifications la Galice tout entière; plusieurs rivières y prennent leur source : l'Oro, le Méa, l'UUa et le Tamboga; le Minho en arrose la partie méridionale. La culture est peu avancée et les céréales rares ; mais les montagnes sont couvertes de forêts où abonde le gibier; les porcs de la Galice sont très-recherchés; sur les côtes la pêche est très-productive. Le fer, l'étain et le plomb se trouvent en assez grande quantité dans les montagnes; autrefois les Romains y exploitaient plusieurs mines d'or et d'argent. Les Galiciens sont robustes, laborieux, et peuvent être comparés à nos Auvergnats. — La Galice fut jadis habitée par les Callaici, issus sans doute des Galls ou Gaulois. Ils défendirent avec énergie leur indépendance contre les Carthaginois, qui ne purent les soumettre, puis contre les Romains. Ils furent compris dès l'an 197 av. J.-C. dans la prov. d'Espagne citer., assujettis GO ans plus tard par Brutus le Gallaïque, et rangés par Auguste dans la Tarraconaise. Au n° siècle de J.-C, Adrien rendit,à ce pays son ancien nom; mais alors la Gai-Ixcia, outre la Galice actuelle, comprenait une partie du Portugal jusqu'au Duero, avec les Asturies, la Biscaye, et une partie (Jes prov. de Léon et de Castille. En 409. la Galice fut occupée par les Suèves : ils y fondèrent un vaste royaume qui embrassa un moment la Lusitanie et la Bétique. Après de longues guerres, ce royaume fut détruit en 585 par les Vi-sigoths, qui y "luttèrent courageusement contre l'invasion des Maures. Soumise au vui" siècle par les rois des Asturies, qui lui imposèrent des comtes, la Galice fut érigée en royaume particulier par Ferdinand le Grand, roi de Léon et de Castille, pour son S' fils, Garcie, en 1065, mais elle fut dès 1073 réunie de nouveau à la Castille; néanmoinslës seigneurs de cette contrée restèrent presque indépendants jusqu'au règne de Ferdinand V, le Catholique, qui en 1480 l'arracha au joug féodal; depuis, elle n'a plus été considérée que comme une prov. de l'Espagne, tout en conservant son titre de royaume.

GALICE (NOUV.-), anc division du Mexique-sous la domination espagnole, portait le titre de royaume. Elle a depuis formé l'intendance de Guadalaxara et partie de celles de Zacatecas et de San-Luisde Potosi.

GALICIE (Royaume de), en allemand Gatizien, dite aussi Russie rouge et Lodomirie, partie de la monarchie autrichienne, entre là Pologne russe au N., la Russie et la Moldavie à l'E., la Moravie et la Silésie à l'O., la Hongrie et la Transylvanie au S. : 590 kil. sur 170; env. 5000000 d'hab. ; ch.-l. Lemberg. On la divise en 19 cercles: Lemberg., Wado-vice, Bochnia, Sandec, Iaslo, Tarnow, Rzesznow, Sanok, Sambor, Przémysl, Zolkiew, Zloczow, Tar-nopol, Brzezani, Stry, Stanislawow, Czortkow, Ko-lomea, Czernowitz; Cracovie y a été incorporée en 1846. Depuis cette incorporation, la Galicie â formé 2 gouvts, Galicie occid., capit. Cracovie; Gî orient., capit. Lemberg. Cette prov. possède un archevêché catholique, à Lemberg, et 2 évêchés suffragants, à Przémysl et à Tarnow, Il y a en outre un évêché arménien à Lemberg et un évêché grêo à Czernowitz. Sol plat au N. et à l'O., plus montagneux S l'E., et surtout au S., où il est appuyé à la chaîne des Car-pathes. Rivières principales : la Vïstule, le Boug, le Pruth, leDniestretplusieursaffiuentsdeces rivières. Terroir fertile en grainls, lin, chaavre_, tabac, plantes oléagineuses, légumes, fruits; mais l'agriculture est arriérée. Gros bétail, bons chevaux, abeilles. Fer, cuivre, plomb argentifère, mais surtout sel gemme, qu'on y trouve en prodigieuse abondance. — Le nom de Galicie est tout moderne : le pays ne porte ce nom que depuis sa réunion à l'Autriche, en 1772; il portait autrefois le nom de Russie rouge, et primitivement celui de Chrobatie rouge ou C%er-niensk (pays rouge). Aux* siècle, il faisait partie des États de MiécislasI, roi de Pologne; il fut envahi à la fin du même siècle par le duc de Kiew, Wladimir ou "Wlodimirle Grand. A cette époque la Russie Rouge reçut le nom de Lodomirie. Plusieurs princes y formèrent alors des États indépendants, parmi lesquels on remarque le due de Ilalict (du nom duquel est dérivé le nom moderne de Galicie). En 1198, Roman, descendant de "Wladimir, réunit toute la Lodomirie; mais il fut tué à la bataille de Zawichost en 1206. Au milieu des guerres qui suivirent sa mort, André II, roi de Hongrie,_ fit couronner roi de Halicz et de Wlodimir (de Galicie et de Lodomirie) Coloman, son 2° fils (1214) ; mais il ne par-vi nt jamais à le mettre en possession de sa'couronne. Daniel, fils de:Roman, se défit de ses compétiteurs (1246), et transmit sa couronne à Léon, son fils, qui fonda Léopoi (auj. Lemberg), et mourut en Î301. En 1340, Casimir, roi de Pologne, réunit définitivement cette contrée à ses États, et elle suivit, dès lors les destinées de la Pologne. Lors du 1" partage de ce royaume, en 1772, l'Autriche lit valoir les droits qu'elle prétendait lui avoir été légués par André, roi de Hongrie; à ce titre, elle réunit la Russie Rouge à son empire et lui imposa le nom de Galicie. En 1809, les Polonais reconquirent la Galicie et elle fut réunie au grand-duchéde Varsovie; mais après 1814, la Galicie fut rendue à l'Autriche, qui en forma un royaume. En 1846, elle s'insurgea, mais elle fut bientôt réduite, et vit appesantir son joug.

GAL1EN (Claude), Galenus, célèbre médecin grec, né à Pergame l'an 131 daJ.-C, mort vers 200, était fils de Nicon, habile architecte, qui lui donna le surnom de Galenus (doux), sans doute à cause de ' la douceur de son caractère. Il s'adonna d'abord à la philosophie, surtout à celle d'Aristote; puis se consacra à la médecine, voyagea pour sa perfectionner, séjourna plusieurs années dans Alexandrie,. où il fit une étude profonde de l'anatomie, puis exerça son art à Pergame, et vint à Rome à trente-quatre ans. Il s'y fit bientôt distinguer, et devint médecin des empereurs Marc-Aurèle, Vérus* et Commode. On croit qu'il retourna à Pergame à la fin de sa vie. Ga-Jien est, après Hippocrate, le premier médecin de „ l'antiquité; il s'est attaché à faire revivre la doctrine du vieillard de Cos, et il a composé lui-même une foule d'écrits qui formaient un corps complet d'études médicales ; il possédait beaucoup de connaissances en anatomie ; cependant il paraît n'avoir disséqué que des animaux. Plusieurs de ses écrits sont perdus. Les principaux de ceux qui nous, restent sont : en anatomie, De cmatomicis administrationibus; De usupartium, son chef-d'œuvre, qui est, comme il ledit, un hymne à l'auteur du corps humain ; pour la médecine : De constitution artis me-dieas; 14 livres de Thérapeutique; des Commentaires sur divers écrits d'Hippocrate; un traité De lotis affectis ; le traité de la saignée, De curandi ralione per sanguinis missionem. Il avait aussi écrit sur d'autres sciences, notamment sur la philosophie; il inventa la 4" figure du syllogisme; on a sous son nom un traité de l'Histoire de la philosophie et une Dialectique (retrouvée en 1844 par Minoïde Mynas). Il est à regretter que Galien ne se soit pas entièrement garanti de l'esprit d'hypothèse; il expliquait tout en médecine, comme en physique, par 4 éléments, l'eau, l'air, la terre, le feu; par 4 qualités physiques, le chaud, le froid, l'humide, le sec; et par 4 humeurs : sang, bile, pituite, atrabile, qui, mélangées en diverses proportions, forment tous les' tempéraments; il admettait pour rendre compte des phénomènes de la vie un esprit vital. Son style est en général élégant et abondant, mais il n'a pas la simplicité et la concision d'Hippocrate. Ses écrits sont restés pendant bien des siècles l'oracle de l'école, chez les Arabes comme en Europe. Ils ont été cent fois publiés et commentés. Les principales éd. sont celles de René Chartier, grec-latin, Paris, 1639-79, 13 vol. in-fol. (avec Hippocrate), et de G. Kûhn, Leipsick, 1821-33, gr.-lat., 20 vol. in-8. M. le Dr Daremberg en a entrepris la trad. complète en français, Paris, 1854, etannées suivantes.

GALIGAI (Leonora). V. CONCINI.

GALILÉE (la), Gaiilxa, une des quatre grandes divisions de la Palestine, la plus septentrionale, était bornée au N. par le cours du Léonte et par le Liban qui la séparaient de la Pbénicie, à l'E. par le Jourdain et le lac de Tibériade ou mer de Galilée, au S. par les chaînes des monts Gelboé et Carmel, à l'O. par la Méditerranée. Elle comprenait les, tribus de Nephtali, Aser, Dan et Zabulon, avait pour ch.-l. Sepphoris ou Diocésarée, et renfermait en outre les v. d'Acco ou Ptolémaïs, Nazareth, Cana, Bé-thulie, Capharnaûm. Elle se divisait en Galilée supérieure ( Galikea superior, GaliUea populosa, Galilxa Gentium), habitée par un mélange d'Égyptiens, d'Arabes et de Phéniciens; et Galilée inférieure (Galilxa inferior), autour du lac de Tibériade. Comprise dans le roy.d'Hérode, elle devint àda mort de ce prince le partage de son fils Philippe, qui la gouverna pendant toute sa vie. Réunie momentanément à l'empire romain en 34, elle fut donnée par Caligula au petit-fils d'Hérode, Agrippa, à la mort duquel, en 44, elle fut de nouveau réduite en prov. romaine, avec tout le reste de la Palestine, sous le nom de Judée. Dans les derniers temps de l'empire, elle fit partie de la Palestine 1", qui dépendait du diocèse et de la préfecture d'Orient. Elle est auj. comprise dans le pachalik d'Acre en Syrie. Les Orientaux l'appellent Beled-el-Boukra (pays de l'Évaugile). — Souvent on donne à J.-C. le nom de Galiléen, parce qu'il fut élevé à Xazareth, v. de Galilée, et qu'il lit en Galilée ses premiers miracles; de là aussi le nom de Galiléens donné aux Chrétiens.

GALILEE (mer de), ou de TIBERIADE. V. TIBERIADE.

GALILEE (Empire de). On nommait ainsi une association qu'avaient formée au xve s. les clercs des procureurs de la Chambre des comptes de Paris, pour se distinguer des clercs des procureurs au parlement, qui s'étaient constitués en Royaume de la Basoche. Ce nom leur venait de ce qu'ils se réunissaient dans la rue de Galilée qui longeait les bâtiments de la Chambre des comptes, et où habitaient beaucoup de Juifs. Cette bizarre association dura jusqu'en 1789.

GALILÉE, Galileo Gaiilei, né en 1564 à Pise, d'une famille noble, mais pauvre, fut destiné par son père à la médecine, mais abandonna bientôt cette étude pour celle des sciences mathématiques vers lesquelles l'entraînait un goût naturel. Il y fit ue tels progrès que dès l'âge de vingt-quatre ans, il fut nommé par la protection des Médicis professeur de mathématiques à l'Université de Pise. Inquiété dans cette ville à cause de la hardiesse de ses idées en physique, qui étaient contraires aux doctrines reçues, il résigna sa chaire en 1592; mais peu après, il futnommé professeur à Padoue et obtint dans cette ville de grands avantages. Il y fit ses découvertes les plus importantes. Après avoir enseigné une vingtaine d'années à Padoue, il vint se fixera Florence sur les instances du grand-duc de Toscane, et jouit auprès de ce prince d'une grande faveur. Mais la fin de sa vie fut empoisonnée. Ayant publié un ouvrage dans lequel il exposait, selon Copernic, le mouvement de la terre et l'immobilitéau soleil, il se vit, en 1633, dénoncé au tribunal de l'inquisition de Rome : on l'accusait d'être en contradiction avec la Bible. Condamné à l'âge de 70 ans, il fut contraint d'abjurer ses doctrines à genoux et fut privé de sa liberté pour un temps indéfini. On dit qu'après avoir prononcé l'abjuration, il ne put s'empêcher de dire à demi-voix : E pur si tnuove (et pourtant elle se meut). Il n'est pas vrai, du reste, qu'il ait été, comme on le croît vulgairement, plongé dans les cachots de l'inquisition, et qu'il soit mort en captivité. On lui donna pour prison le logement même d'un des officiers supérieurs du'tribunal, mais toujours sous la surveillance du saint-office ; il lui fut même permis quelque temps après de résider dans une maison de campagne auprès de Florence, et d'y poursuivre ses études. Néanmoins il ne voulut plus rien publier depuis. Il perdit la vue à l'âge de 74 ans, et mourut 4 ans après, en 1642. Galilée fut le véritable créateur de la physique expérimentale : on lut doit la découverte des lois de,lâ,pesanteur, l'invention du pendule (qui lui fut suggérée un jour par les oscillations isochrones d'une lampe suspendue à la voûte de l'église de Pise), celle de la balance hydrostatique, d'un thermomètre, du compas de proportion, et enfin du télescope qui porte encore son nom (1609) : avec ce dernier instrument, il fit une foule d'observations (entre autres celles des satellites de Jupiter, 1610); qui changèrent la face de l'astronomie. Ses principaux ouvrages sont: Sidereus nuntius\ Florence, 1610, où il expose ses découvertes astrono-miques; Quatre dialogues sur les systèmes dumonâe de Ptolémée et de Copernic, en italien, 1632, trad. en latin par Bemegger, Strasbourg, 1656; cet ouvrage .est considéré comme un chef-d'œuvre pour le style aussi bien que pour la science : c'est celui qui fournit les motifs de sa condamnation; Dialogues sur le mouvement et sur la résistance des fluides, imprimé à Leyde en 1638, par les soins du comte de Noailles, ambassadeur de France à Rome; Epis-tols très de conciliatione sacrse Scripturss cum sys-lemate tellurismobilis ,1649, posth. Ses OEnvres ont été réunies à Milan, 1808, 13 vol. in-8. M. Alberi en a publié' à Florence une édit. plus complète, sur des mss. récemment retrouvés, 1843-46,20 vol. in-8.

GALIN (P.), musicien, né à Bordeaux en 1786, mort à Paris en 1822, inventa une méthode nouvelle pour simplifier l'enseignement de la musique, qu'il appela Méloplaste, et la développa dans l'écrit intitulé : Exposition d'une nouvelle méthode pour l'enseignement de la musique, Bordeaux et Paris, 1818. Cette méthode, renouvelée de J. J. Rousseau et dans laquelle l'étude du rhythme est séparée de celle de l'intonation, a été depuis propagée et perfectionnée par MM. Paris et Chevé.

GALITCH ou GALITZ, v. de Russie d'Europe (Kos-troma), à 116 kil. N. E. de Kostroma; 6000 hab. Fondée en 1152 par le grand-duc George Dolgorouki. On croit que c'est cette ville qui a donné son nom à la famille Galitzih.

GALITZIN (maison de), illustre famille russe, issue à la fin du xv siècle de Michel Ivanovitch Boul-gakof, qui descendait lui-même des grands princes de Lithuanie. Boulgakof avait recule surnom de Ga-litsa (c-à-d. gantelet), d'un gant de cuir qu'il avait coutume de porter à la main droite ; suivant d'autres, ses descendants prirent leur nom de la v. de Galitz.

GALITZIN (Wasili), dit le Grand, seigneur russe, né en 1633, devint en 1680 ministre du czar Fédor Alexiovitz, et lui persuada d'abolir les titres de noblesse afin de n'avancer que le mérite. Tout-puissant sous la régente Sophie, dont il était l'amant, il comprima une révolte des Strélitz (1682), conclut en 1686 ia paix de la Pologne, envoya une ambassade en France, mit un terme aux incursions des Tartares de la Crimée (1688), et prépara la civilisation de son peuple. Accusé en 1689 d'avoir conspiré avec la régente contre la vie du jeune prince Pierre (Pierre I), il fut envoyé en exil. Il mourut en 1713 dans un couvent de Moscou. — La famille Galitzin a fourni sous les règnes suivants des généraux et des administrateurs distingués, entre autres : le prince Michel G., gouverneur de la Finlande en 1703, feld-maréchal en 1724, qui prit part aux négociations qui amenèrent la paix de Nystadt;—Alexandre G., qui battit lesTurcs à Choczim en 1769, et fut nommé par Catherine II maréchal et gouverneur de Moscou; — le prince Di-mitri G., ambassadeur en France (1765), puis en Hollande, qui fut lié avec les hommes les plus illustres de l'époque; il publia plusieurs ouvrages scientifiques, entre autres une Description de la Tauride, en russe (trad. en franc, en 1788), et donna en Hollande une édition complète des œuvres d'Helvétius. Il mourut àBrunswick en 1803.— La famille Kourakin tient à cette maison, comme issue d'un frère de Michel Ivanovitch, tige de la famille des Galitzin.

GALL (S.), né en Irlande dans le vi0 siècle, fut disciple de S. Colomban, qu'il accompagna en France en 585*, se retira plus tard en Suisse, y fonda, à 8 k. du lac de Constance, le célèbre monastère qui prit son nom (F. ST-GALL). et mourut en 646. Il avait été nommé évêque de Constance, mais il refusa cette dignité. On le fête le 16 oct. — Un autre S. Gall, évêque deClermont, né vers 489, mort en 554, se fit remarquer, par son savoir et sa piété, du roi d'Aus-trasie Thierry I", qui l'appela à sa cour. On l'hon. le 1" juillet. Sa Vie a été écrite par Grégoire de Tours, qui était son neveu.

GALL (Franc. Jos.), fondateur de la cranioscopie, né en 1758 àTiefenbrunnprés de Pforzheim (grand-duché de Bade), mort en 1828 à Montrouge près Paris, était fils d'un marchand. Il se fit recevoir médecin à Vienne en 1785, exerça quelque temps dans cette ville, y jeta les fondements de la doctrine à laquelle son nom est attaché, et commença, en 1796, a l'exposer dans des cours particuliers. Inquiété à Vienne pour ses opinions, il vint à Paris en 18(17, et y reçut un si bon accueil qu'il se fit naturaliser i ran-çais (1819). Il fit pendant longtemps à l'Athénée •les cours publics qui popularisèrent sa doctrine. Il prétendait que les instincts, les facultés et les qualités intellectuelles ou morales sont attachés chacun à quelque partie du cerveau, et il chercha à découvrir le siège ou l'organe de chaque faculté, pensant- que toutes sont reproduites par la forme extérieure du crâne. Les facultés fondamen taies qu'il admettait sont au nombre de 27 ; 1° instinct de la reproduction ; 2° amour de la progéniture; 3° attachement: 4°courage ou instinct de la défense; 5° penchant à la destruction et au meurtre; 6° ruse; 7° instinct de la propriété et penchant au vol; 8" orgueil; 9» vanité; 10" circonscription; ll°mémoire des choses; 12° sens des localités; 13° mémoire des personnes; 14° mémoire verbale; 15° sens du langage; 16° sens de rapport des couleurs et talent de la peinture; 17° sens des rapports musicaux ou talent de la musique ; 18° sens du rapport des nombres ou talent mathématique; 19° sens de la mécanique et talent de l'architecture; 20° sagacité comparative; 21 ° esprit métaphysique; 22° esprit caustique ou de saillie; 23° talent poétique; 24° bienveillance et sentiment du juste; 25* mimique; 26° sentiment religieux^27° fermeté. Il assigne aux facultés animales et grossières les parties postérieures et latérales de la tête, aux facultés-intellectuelles 1a partie antérieure, aux qualités morales le sommet. La doctrine de Gall, connue auj. sous le nom de Phrénologie, a trouvé de nombreux partisans et d'ardents contradicteurs ; on l'a attaquée avec l'arme du ridicule et avec celle de la raison; les métaphysiciens et les théologiens l'ont accusée de conduire au matérialisme et au fatalisme; d'ailleurs, ses partisans ne sont pas d'accord sur l'emplacement des organes, sur leur nombre, sur la classification des facultés (V. SPURZHEIM). Quoi qu'il en soit, on ne peut contester que Gall ait avancé l'anatomie et la physiologie du cerveau. Son ouvrage fondamental est le suivant: Anatomie el physiologie du système nerveux en général et du cerveau en particulier, avecdes observations sur la possibilité de reconnaître les dispositions intellectuelles et morales par la configuration de la t&e, 1810-20, 4 vol in-4 et in-fol., et 1822-25, 6 vol. in-8, avec un atlas de 100planches in-fol. Parmi les nombreux écrits où cette doctrine est combattue, on remarque ceux de M. Lélut, membre de l'Institut : Qu'est-ce que ta Phrénologie f 1835 j lîej'et de l'organologie phrénologique, 1843; et le livre de M. Ad. Garnier intitulé : la Psychologie et la Phrénologie comparées, 1839.

GALLAIS (J. Pierre), écrivain politique, né en 1766 à Doué près de Saumur, mort en 1820, était entré jeune chez les Bénédictins. Il combattit la Révolution dans des brochures hardies, concpurut à la rédaction de la Quotidienne, puis du Journal de Paris, et fut nommé en 1800 professeur d'éloquence et de philosophie à l'Académie de législation. 11 fut un des premiers à attaquer Napoléon en 1814. L'empereur Alexandre le choisit pour son correspondant littéraire. Outre plusieurs écrits de circonstance, on lui doit l'Histoire du 18 brumaire, et une suite h l'Histoire de France d'Anquetil jusqu'en 1815.

GAIXAND (Ant.), Orientaliste, né en 1646 à Roi-lot près de Montdidier, mort en 1715, accompagna en 1670 Nointel, ambassadeur a Constantmople ; fit depuis deux autres voyages en Orient, pendant lesquels il se perfectionna dans l'étude du grec et de l'arabe, et exécuta, avec le titre d'antiquaire du roi, un grand nombre de recherches archéologiques ; fut admis en 1701 a l'Académie des inscriptions, et devint en 1709 professeur d'arabe au Collège de France. IlestsurtoutconnupariesMiil«fituneiVwi(s,charmant recueil de contes qu'il traduisit de l'arabe, 1704-8, 12 vol. iil-12. On a encore de lui : Paroles remarquables, bons mots el maximes des Orientaux, 1694, Contes el fables de Pidpaï et Lokman, 1724, et une foule de dissertations sur des médailles grecques ou romaines et sur divers points d'archéologie.

GALLANB (André), oratorien, né à Venise en 1709 de parents français, mort en 1779, employa la plus-grande partie de sa vie à publier une précieuse collection des Pères : Biblioiheca greeco-latinaveierum patrumantiquorumque scriptorumEcclesiie,Venise, 1765-81, 14 vol. in-fol. On y trouve 380 écrivains-des sept premiers siècles.

GALLAPAGOS. V. GALAPAGOS.

GALLARATE, V. de Lombàrdie, à 35 kil. N. O. de Milan; 3900 hab. Fondée, dit-on, par une légion romaine nommée Gallerita. Fortifiée et florissante aux0 siècle; ses fortifications ont été détruites au xm°.

G ALLA S, peuple nomade de l'Afrique, répandu sur les confins de l'Abyssinie méridionale, domine depuis le xyi» siècle dans les Etats de Goadar, Anko-ber, Amhara, Angot, etc. Ils sont féroces et belliqueux; ils se distinguent des autres nègres par une teinte moins foncée et par leurs cheveux, qui sont longs et non crépus.

GAULAS (Mathias), feld-maréchal d'Autriche, né en 1589 dans le comté de Trente, mort à Vienne en 1647, servit sous Wallenstein, refusa d'entrer daus-les projets ambitieux de ce général contre l'emue-reur Ferdinand II, et les dénonça à ce prince dont il se concilia ainsi la faveur. Général en eue! de l'armée envoyée contre la France en 1636, il s'avança sans obstacles jusqu'à St-Jean-de-Losne en Bourgogne; mais il ne put prendre cette place, qui cependant n'était défendue que par une faible garnison, et dut battre en retraite à l'approche du grand Condé. En 1644, il fit également contre les Suédois une campagne malheureuse, qui lui mérita, dit Puf-fendorf, la réputation d'être le premier général du monde pour perdre une armée.

GALLE, famille hollandaise qui a fourni plusieurs artistes distingués: Philippe, dessinateur et graveur, né à Harlem en 1537, mort à Anvers en 1612, qui grava les chefs-d'œuvre de Breughel, deStradan, etc. ;

— Théodore, fils aîné de Philippe, né à Anvers en 1560, qui grava d'aprèsRubens et Martin Vos;—Corneille, dit te Vieux, fils puîné de Philippe, et le plus célèbre de ceux qui portèrent ce nom : il naquit à Anvers vers 1570, visita l'Italie, grava d'après Van-Dyck, Rubens, Raphaël, Carrache, etc., ou d'après ses propres dessins, etse fit surtout remarquer par la correction, la facilité et le bon goût de ses dessins; — Corneille, dit le Jeune, filsdupréc, né à Anvers en 1600 : il n'eut pas le talent de son père.

GALLE (André), graveur en médailles, né à St-Étienne en 1761, mort en 1844, fut d'abord simple ouvrier chez un fabricant de boutons, commença la pratique de son art en gravant des ornements sur les fusils de chasse, vint à Paris vers 1798, révéla son talent par une belle médaille de la Conquête de la haute Egypte et consacra depuis son burin aux grands événements de l'époque: Retour d'Egypte, Bonaparte à Fre'jus, Couronnement de Napoléon, Friedland, Entrée de Louis XVIII à Paris, Départ de la duchessed'Angoulême, Conquête à"Alger,Translation des cendres de Napoléon, etc. Ses œuvres sont des modèles de précision, de netteté et en même temps d'exactitude historique. M. Raoul-Rochette a lu à l'Institut, en 1848, une Notice sur Galle.

GALLÉCIE, Gallœcia. V. GALICE.

GALLÉGO, riv. d'Espagne, descend des Pyrénées et se jette dans l'Êbre à Saragosse; env.130 k.

GALLES, prêtres de Cybèle, ainsi appelés d'un certain Galius, leur fondateur, qui paraît n'être autre qu'Ans (7. ce nom), ou du Galius, fleuve de Phry-gie, affluent du Sangarius. En se faisant initier, ils se mutilaient eux-mêmes. Ils couraient de ville en ville, portant l'image de la déesse, jouant des cymbales ou sonnant de la trompette, et semblaient agités d'une fureur divine pendant laquelle ils chantaient des cantiques sacrés appelés galliambes. Ils prédisaient l'avenir et recevaient en échange de nombreuses aumônes. Leur chef se nommait archigalle. Ces prêtres fanatiques et vagabonds, dont la Ph'rygie et la Galatie furent le berceau, se répandirent dans tout l'empire romain. Ils s'introduisirent à Rome en 206 avant J.-C, et y apportèrent la statue de Cybèle.

GALLES (Principauté de), Wales en anglais, Cam-oria chez les anciens, contrée située dans la partie occidentale de la Grande-Bretagne, a pour bornes au N. la mer d'Irlande, à l'O. le canal St-Georges, au S. le canal de Bristol, et à l'E. les comtés de Mon-mouth, de Hereford, de Shrop et de Chester: 65 k. sur 140; 1 200000 hab., de race celtique. Cette principauté se divise en 12 comtés (V. ANGLETERRE). Le pays est hérissé de hautes montagnes, qu'entrecou pent des vallées profondes et qui s'étendent du S. O. au N. O.; ces montagnes sont peu élevées : la principale, le Snowdon, n'a que 1084". L'air y est vif et froid, mais salubre. Les montagnes renferment des mines de houille inépuisables; les métaux s'y trouvent également en abondance : l'argent et le cuivre à Caernarvon, le plomb à Cardigan, le fer dans tout le sud. L'agriculture est peu avancée; l'industrie consiste surtout dans la métallurgie et dans lafaliri-cation de flanelles. Les habitants des montagnes parlent encore un idiome particulier, issu de l'anc celte ou gaélique (F. GAELIQUE); en outre, ils ont conservé l'originalité de leur caractère et une partie de leurs mœurs: ils sont bons, hospitaliers, vifs, irascibles et superstitieux.— La principauté de Galles fut probablement peuplée par une colonie de Gallo-Kymris sortis de la Bretagne continentale : d'où le nom de Galles ou Wales, et celui de Kxjmbery ou Cam-bria qu'on lui donnait anciennement. Les principaux peuples qui l'habitaient au temps des Romains étaient les Ordovices au N. et les Silures au S. Les Romains firent de vains efforts pour les soumettre. SuetoniM Paulinus occupa un instant le nord de la contrée; mais au S. les Silures attaquèrent les Romains, et, sous la conduite de Caractacus, ils résistèrent courageusement aux efforts d'Agricola. Lorsque les Romains quittèrent la Grande-Bretagne (411), les Cam-briens formèrent une sorte de monarchie fêdérative, qui dans les jours de danger obéissait à un chef unique nommé pendragon. Ils repoussèrent successivement les Anglo-Saxons, les Danois et les Normands, même après la conquête de Guillaume ; ils ne furent soumis que par Edouard I (1283); toutefois la réunion ne fut complète que sous Henri VIII, en T536. Edouard donna le titre de prince de Galles à son fils Edouard II, et depuis, les fils aînés des rois d'Angleterre ont toujours porté ce nom.

GALLES (NOUV.-), New-Wales ou West-Main, vaste contrée de l'Amérique anglaise (Nouv.-Bretagne) , par 47° 30'-64° lat. N. et83°-108° long. O., est bornée à l'E. par la mer d'Hudson, au N. par le golfe de Chesterfield, à l'O. et au S. O. par des ramifications des monts Rocheux, au S. parle Canada: 2200 k. sur 450. Le Churchill ou Mississipi la divise en deux parties : Nouv.-Galles mérid. et Nouv.-Galles septentrionale. La population s'élève à peine à 40000 individus; le principal établissement est le Fort-York. Climat très-rude, mais fort sain; végétation maigre dans le nord, mais développée au S. — La Nouv.-Galles est soumise au gouverneur du Canada; le monopole du commerce, qui consiste principalement en fourrures, appartient à la compagnie de la baie d'Hudson; il se fait surtout à Fort-York, à l'embouchure du Nelson.

GALLES DU SUD (NOUV.-), Nete-South- Wales, vaste colonie anglaise située dans la partie orientale de l'Australie, s'étend depuis le cap York jusqu'au ca!p Wilson, par 10°39'-39° 11' lat. S., sur une longueur d'env. 310myriamètres. La colonie, qui ne comptait que 13 000 hab. en 1802, en compte auj. plus de 300 000, dont une grande partie se compose d'anciens convicLi (déportés), ou de leurs descendants. ; tapit., Sydney; les autres villes importantes sont Paramata, Bathurst, Port-Macquarie, Goulburn, Maitland. — L'intérieur de la Nouv.-Galles est peu connu; les côtes sont découpées par un grand nombre de baies et baignées par le golfe Carpentarie; le pays est traversé par les Montagnes Bleues. Les rivières principales sont leMacquarie, le Brisbane, le Castlereagh, le Hastings, l'York, etc. Le climat est très-chaud, et néanmoins très-salubre. La végétation est puissante et originale; on y a trouvé des végétaux et même des animaux jusqu'alors inconnus (V. Australie). Les indigènes appartiennent à la race nègre et ont l'intelligence fort peu développée. — La colonie de la Nouv.-Galles fut fondée dans le but d'en faire un lieu de déportation. Cook l'avait déjà visitée en 1770; en I7881ecommodore Philips y abordaavec 800 condamnés et fonda l'établissement de Botany-Bay; mais bientôt après il transféra la colonie à Port-Jackson ou Sydney. La colonie reçut de rapides accroissements. L'administration est confiée à un gouverneur nommé par la mère patrie, et assisté d'un conseil exécutif, nommé par lui, et à une assemblée législative de 54 membres, élus par les colons libres. La prospérité de la colonie s'accroît de jour en jour, surtout depuis la découverte des mines d'or de l'Australie. Depuis 1840, on n'y envoie plus de convicts.

GALLES (prince de), titre que porte l'héritier pré- esomptif de la couronne d'Angleterre. V. EDOUARD et GALLES (principauté de).

GALLES (Ile du PRINCE DE).*F. PRINCE.

GALLET, chansonnier, né à Paris vers 1700, était épicier droguiste. D'un caractère jovial, il vécut dans l'intimité de Piron, Collé, Panard, et fit de société avec eux plusieurs pièces fort gaies, ainsi que plusieurs parodies, qui eurent du succès; mais il négligea ses affaires, fit banqueroute, et mourut dans la misère. 1757.—Un autre Gallet, joueur fameux du xv.!' siècle, est mentionné dans les satires de Régnier (sat. XIV), et dans celles de Boileau (sat. VIII). Il perdit toute sa fortune d'un coup de dé.

GALLICANE (Eglise), c.-àd. église des Gaules et de France. Celte église, tout en étant sincèrement attachée à la foi catholique et au St-Siége, réclame certaines franchises, connues sous le nom de libertés gallicanes, qu'elle fait remonter aux premiers temps : elle insiste particulièrement sur la distinction des 2 puissances, spirituelle et temporelle, ainsi que sur leur indépendance; elle met l'infaillibilité, non dans le pape seul, mais dans le corps épiscopal tout entier uni à son chef; elle proclame l'autorité suprême des conciles généraux et celle des saints canons dans le gouvt de l'Église. Ces doctrines ont été longtemps enseignées dans les écoles théologiques et en particulier à la Sorbonne; elles ont été résumées dans la déclaration du clergé de France en 1682, rédigée par Bossuet. .Cette déclaration porte en substance : * Que l'Eglise doit être régie par les canons, qua saint Pierre et ses successeurs n'ont reçu de puissance que sur les choses spirituelles; que les règles et les constitutions admises dans le royaume doivent être maintenues, et les bornes posées par nos pères demeurer inébranlables; que les décrets et jugements du pape ne sont irréformables qu'autant que le consentement de l'Eglise est intervenu, etc. » Les libertés gallicanes ont eu pour principaux défenseurs Hincmar, Gerson, Bossuet, l'abbé Fleury, le cardinal de La Luzerne, Bausset, Frays-sinous, Guillon, Boyer, Affre, etc.

GALLICIE. V. GALICIE.

GALHEN, P. Licinius Egnatius Gallienus, empe-eur romain, fils'de Valérien, né en 232, fut associé par son père à l'empire dès 253. Son père ayant été fait prisonnier par Sapor en 260, il ne fit rien pour le tirer de captivité, et s'empressa de se faire reconnaître empereur. Il commit toutes sortes de cruautés, se plongea dans les excès du luxe et de la débauche, et ne dut la conservation de son trône et de ses provinces qu'au courage d'Odenat, roi de Palmyre, un de ses alliés. Sous son règne les Barbares envahirent les Gaules, la Grèce et l'Orient; et trente de ses généraux, connus sous le nom des Trente Tyrans, prirent I» pourpre. Il venait de réduire Ingenuus en lllyrie ,i Posthumus en Gaule, et il assiégeait Au-v&oh'j dans Milan, lorsqu'il fut tué par unde ses of-fkiars, en 268.

GALLU'ET (Joseph de), écrivain mystique, né en 1663 à Aix, mort vers 1745, était provincial des Jésuites de Lyon, lorsqu'il fit vœu, dans unemaladie, de se consacrer tout entier à la gloire du Sacré-Cœur de Jésus. Dès qu'il fut rétabli, il publia un traité sur ce sujet, qui parut en latinà Rome, avec un mémoire de la mère Alacoque, 1726, et qu'il traduisit sous ce titre : De l'excellence de la dévotion au Cœur adorable de Jésus, Paris, 1733 ; il travailla jusqu'à la lin de sa vie à établir cette nouvelle dévotion, qui fut admise en Franceen 1765à lademandedu clergé.

GAJJUON (Jun.), frère de Sénèque, se nommait d'abord Annaïus Novatus, et reçut le nom de Gai-lion de son père adoptif. II était proconsul d'Achaîe lorsque les Juifs lui amenèrent S. Paul pour le faire condamner; mais il ne voulut point intervenir uans ces disputes. Enveloppé dans la disgrâce de son frère, il se perça de son épée.

GALLIPOLI, CaUipolis, v. forte de la Turquie d'Europe (Roumélie), ch.-l. de livah, sur le bord oc-

cidental du canal des Dardanelles, dit aussi Détroit de Gallipoli, à 140 k. S. d'Andrinople; 18000 hab. Evêohégrec. Deux bons ports; la ville est défendue par 14 châteaux forts. Fabriques de maroquins. C'est la 1™ ville que les Turcs aient eue en Europe : ils la prirent en 1356.—Le livah de Gallipoli, situé le long de la mer de Marmara, a une longueur de 460 kil. et une largeur de 150, et compte 600 000 h. Il correspond au S. de l'anc Thrace et à la Macédoine orientale. — On donne le nom de Presqu'île de Gallipoli à la presqu'île sur laquelle est située Gallipoli : c'est l'anc. Chersonèse de Thrace,

GALLIPOLI, CaUipolis, v. de l'anc roy. deNapIes (Terre d'Otrante), à 44 k. E. d'Otrante, sur une île du golfe de Tarente unie à la côte par un pont; 10000 h. Place forte, château fort; port commode, mais d'entrée difficile. Évêché, cathédrale.

GALLO-GRÈCE. V. GALATIE.

GALLOIS (l'abbé Jean), savant universel, né à Paris en 1632, mort en 1707, était versé dans l'étude de toutes les langues et de toutes les sciences. Chargé après la mort de Denis de Sallo de continuer le Journal des Savants, il le rédigea pendant huit années, 1666-74, traitant de toutes les matières, sciences et lettres, avec exactitude et profondeur. Il était en même temps garde de la Bibliothèque du roi, et professeur de langue grecque au Collège de France. Il fut élu membre de l'Académie française en 1673, et de celle des sciences, en 1668.

GALLOPAGOS.V. GALAPAGOS.

GALLOWAY, district d'Ecosse, au S. É., comprend le comte de Wigton avec l'inten'dance de Kirkcudbright et a pour lieu principal New-Gallo-way, ville de 4000 âmes, sur la riv. de Këh, à 40k. S. E. d'Ayr. Ce bourg fut longtemps indépendant et résista souvent aux rois d'Ecosse.

GALLOWAY, ville d'Ecosse. '— Ne pas confondre avec GALWAY.

GALLS ou GAELS, peuple qui a donné son nom à la Gaule et au pays de Galles. V. GAULOIS, GALLES.

GALLUS (Cornélius), poète et guerrier romain, de l'ordre des chevaliers, né à Forum Juin (Fréjus) l'an 69 av. J.-C, rendit d'importants services à Octave dans la guerre d'Alexandrie, et'fut créé par lui gouverneur d'ÊgypIe. Il abusa tellement de son pouvoir, qu'il fut rappelé et condamné à l'amende et à l'exil; il se donna la mort, l'an 26 av. J.-C'., à l'âge de 43 ans. Il était lié avec Virgile, qui lui adressa sa x" églogue. Il avait composé 4 livres d'élégies qui ne nous sont pas parvenues; on a cependant sous son nom 6 élégies, mais elles paraissent être d'un poète du vie siècle, nommé Maximieti. On les trouve ordinairement à la suite des poésies de Catulle, Tibulle et Properce ; Pezay les a traduites. Ces élégies ont aussi été trad. parL. Puget, à la suite de Properce, dans la collection Nisard.\On a quelquefois attribue le Ciris à Corn. GaUus.

GALLUS (C. Vibius Trebonianus), général en Mésie, fit périr par trahison l'empereur Decius, dans une expédition contre les Goths, et se fit proclamer empereur, en 251. Il eut d'abord pour collègue Hosti-Iien, fils de Decius, mais il ne tarda pas à le faire périr pour s'associer son propre fils, Volusien. Il traita avec les Goths, et persécuta les Chrétiens. II allait combattre Émiiien, qui avait usurpé, lorsqu'il fut tué en Ombrie, par ses propres soldats, 253. _

GALLUS (Flav. Constantinus), neveu de Constantin et frère de Julien, fut créé césar en 351 par Constance II, et chargé du gouvernement de l'Orient Il remporta plusieurs avantages sur les Perses ; mais il fit le plus cruel abus de son pouvoir, et mit à mort plusieurs des principaux habitants de la Syrie et d'Antioche. Rappelé par l'empereur, il fut jugé, condamné, et eut la tête tranchée en 354.

GALLUS (SULP1TIUS). V. SULPITIUS.

GALNA, v. de l'Inde anglaise. V. GAULNA.

GALSUINTE ou GAISWINTHE, fille d'Athanagilde, roi des Visigotbs, et sœur aînée de Brunèhaut, née vers l'an 540, fut, à la sollicitation de sa sœur, donnée en mariage à Chilpéric, roi de Neustrie, que cette princesse espérait par cette union détourner 'ie son commerce avec Frédégonde (567). Mais le fai-Dle Chilpéric se laissa bientôt, malgré ses promesses, dominer de nouveau par Frédégonde, et, à l'instigation de cette femme, il fit étrangler Galsuinte pendant son sommeil. C'est en voulant tirer vengeance de ce crime que Brunehaut s'engagea dans la lutte sanglante où elle finit par succomber.

GALUPPI (Pasquale), professeur de philosophie à l'Université de Naples, né en 1770 à Tropea (Ca-labre), mort en 1846, publia sur la philosophie de nombreux ouvrages qui popularisèrent la science, et soumit à une sage critique les doctrines étrangères. On a de lui : Elementi di filosofia, Messine, 1821; Leltere flosofiche, 1827, trad. par M. Peisse, 1844 (il y traite des vicissitudes de la science sur la question de la connaissance, depuis Descartes jusqu'à Kant). Il était correspondant de l'Institut.

GALVANl (L.), médecin et physicien, né à Bologne en 1737, mort en 1798, fut nommé en 1762 professeur d'anatomie à l'Université de Bologne, et perdit cetle place lors de l'établissement de la République cisalpine, pour n'avoir pas voulu prêter serment au nouveau gouvernement. Il fit en 17901a découverte de ces propriétés électriques que l'on a désignées depuis sous le nom de Galvanisme : ayant par hasard approché un conducteur électrique des muscles d'une grenouille écorchée, il remarqua avec étonnement les mouvements qui s'y produisaient, en fit l'objet d'une étude spéciale, etpublia sur ces phénomènes, en 1791, unecélèbre dissertation De viribus electricitatis in moî.u musculari. Il crut y voir la preuve d'une électricité particulière résidant dans l'animal, et pensa même avoir découvert le fluide nerveux ; mais depuis, Volta a démontré que la cause du développement de l'électricité dans les phénomènes observés par Galvani résidait dans le contact de substances hétérogènes. L'Institut de Bologne a publié en 1841 les OEuvres complètes de Galvani,

GALVESTON, baie du golfe du Mexique, dans VÊ-tat de Texas, à l'emb. du Rio de la Trinidad, est presque fermée au S. par l'île Galveston ou San-Luis, dans laquelle on trouve une v. de Galveston, a l'O., avec un port très-commerçant ; 8000 hab. Bateaux à vapeur pour la Nouv.-Orléans, chemin de fer pour Houston. La v. ne date que de 1837.

GALWAY, 'Gallovidia, v. d'Irlande, ch.-l. du comté de Galway, à 180 k. O. de Dublin; 30 000 h. Ëvêché catholique, collège de Jésuites. Port, séparé delà ville, église collégiale, bourse, caserne, plusieurs anciens monastères, etc. Industrie médiocre (lainages, toiles). Pêche, brûlage de varech.—Galway est une v. ancienne. Elle était jadis très-forte; elle fut conquise par les Anglo-Normands en 1232. Elle refusa en 1641 de recevoir les troupes du Long-Parlement, et protégea les rebelles en se donnant au duc d'Or-mond; elle fut prise en 1651 ; en 1690 elle se déclara pour Jacques II et opposa une longue résistance aux troupes de Guillaume III. —? Le comté de Galway, dans le Connaught, est situé entre ceux de Mayo au N., de Clare au S. et l'Atlantique à l'O. ; 140 k. sur 70; 425 500 h. Beaucoup de lieux incultes.

GAMA (Vasco de), célèbre navigateur portugais, né au port de Synis en Portugal vers 1460, fut chargé, en 1497, par le roi Emmanuel, de chercher une route vers l'Inde en doublant le cap de Bonne-Espérance, qu'avait déjà découvert Barthélémy Diaz; il réussit pleinement, doubla le cap en déc 1497, et jeta l'ancre devant Calicut en mai 14.18, après avoir couru mille dangers. A son retour (1499), il fut accueilli avec la plus grande distinction par le roi Emmanuel, et reçut la grandesse avec le titre d'amiral des Indes et d'e comte de Vidigueyra. Il repartit en 1502 avec 19 vaisseaux, soumit une partie descôtes de l'Afrique orientale, forma des établissements à Mozambiqua, à Sofala, fit des traités avec le roi de Cananor, pénétra jusqu'à Cochin et se fit un allié du radjah de ce pays. De retour à Lisbonne, on le laissa 21 ans dans l'inaction. Enfin en 1524 il fut envoyé dans les Indes par le roi Jean III avec le titre de vice-roi, mais il mourut à Cochin peu après son arrivée, en 1525. L'histoire de l'expédition de.Vasco de Gama a été racontée par l'historien Barros, et chantée par le Camoëns dans ses Lusiades.

GAMACHES, ch.-I. de c (Somme), surla;Bresle, à 27 k. S. O. d'Abbeville; 1800 h. Jadis place importante. Ruines d'un château fort, détruit en 1500par les Anglais. Filatures, moulins àhuile. Patrie de Va-table.- Village du dép. de l'Eure, à 17 k. E. N. E. des Andelys; 376 h. Château jadis important dont il reste des vestiges et des souterrains.

GAMACHES (Joachim ROUAULT de), maréchal de France, d'une maison anc du Poitou, servit sous Charles VII et Louis XI, reçut le bâton de maréchal en 1461, défendit Paris contre le comte de Charo-lais dans la guerre du Bien-Public, 14G5, et défendit Beauvais contre Charles le Téméraire en 1472. Malgré tant de services, Louis XI, le soupçonnant de trahison, le fit arrêter en 1476 : il fut condamné' à payer 20 000 francs d'amende et à o ans de prison; mais l'arrêt ne fut point exécuté, et Gamaches mourut dans ses terres, en 1478.

GAMACHES (Simon), ecclésiastique, né en 1672 à Meulan, mort en 1756, était chanoine de Ste-Croix-de-la-Bretonnerie et membre de l'Académie des sciences. On a de lui : Système du philosophe chrétien; Système du cœur, publié sous le nom de Cla-rigny, 1704, ouvrages où il essaya de populariser les sciences métaphysiques et morales.

GAMAIN (François), serrurier de Louis XVI, fut chargé par ce prince de construire la fameuse armoire de fer. Malgré les bons traitements qu'il avait toujours reçus à la cour, il n'eut pas honte de se tourner contre elle, révéla l'existence de la fameuse armoire après le 10 août (1792), accusa même le roi et la reine d'avoir voulu l'empoisonner pour ensevelir leur secret, et obtint à ce titre une pension.

GAMALIEL, docteur de la loi au temps de J.-C., se montra favorable à la nouvelle religion, défendit S. Pierre contre les Juifs, qui voulaient le faire périr, fut le maître de S. Paul, et se fit, à ce qu'on croit, baptiser secrètement à la fin de sa vie. On l'hon. comme saint (3 août).

GAMBA, État de la Guinée septentr., au N. de celui de Dahomey, dont il est tributaire, a pour ch.-l. une ville de même nom, à 360 kil. N. de Dahomey. Ses habitants" sont agriculteurs et fort doux.

GAMBA (Bartolomeo), bibliographe, bibliothécaire de St-Marc à Venise, né à Bassano en 1780, mort en 1841, a donné un excellent livre de bibliographie, Série dell' edizioni de' testi di lingua italia (Bassano, 1805), des notices sur les Hommes illustres de Bassano, sur les Femmes célèbres de Venise, et une Galerie des littérateurs et artistes vénitiens.

GAMBARA (Laur.), poète latin moderne, né à Bres-cia en 1496, mort en 1586, a composé la Gigantoma-chie et Columbus ou la Découverte du Nouveau-Monde. Ses vers ne manquent ni de goût, ni d'élégance. Ses OEuvres ont eu plusieurs éditions (Bâle, 1555 ; Rome, 1581, etc.). — Véronique Gambara, 1485-1550, née près de Brescia, cultiva la poésie italienne, réussit surtout dans le sonnet, et fut l'amie de Bembo. Elle avait épousé le seigneur de Corregio. Ses vers ont été rassemblés en 1 vol. in-8, Brescia, 1759.

GAMBEY (H.), habile mécanicien, membre du Bureau des longitudes et de l'Institut, né à Troyes en 1789, mort en 1847, se forma à l'École de Châ-lons, porta au plus haut degré l'art de construire les instruments de précision, perfectionna le théodolite. Vhéliostat, la boussole, inventa le cathélomètre, et construisit pour l'Observatoire un équatorial et un cercle mural méridien de 2m de diamètre, admirés des connaisseurs. Travailleur solitaire, il n'avait pas fait connaître toutes ses méthodes : quelques-unes eussent été ensevelies avec lui si M. Armand Sé-guierne les eût recueillies ou retrouvées.

GAMBrE, fleuve d'Afrique, naît par 13° 38' long. O., 10° 37' lat. N., dans l'État de Fouta-Toro, sous le nom de Diman; coule de l'E. à l'O. ; baigne le Bondou, le Saloum, le Badibou, le Barra, reçoit entre autres riv. la Cazamance, le Cacheo, baigne les comptoirs de Bathurst et d'Albreda, et tombe dans l'Océan par plusieurs embouchures, que jadis on prenait pour autant de fleuves différents, après un cours d'env. 1700 kil. Il communique par un bras avec le Sénégal. — La contrée arrosée par le Sénégal et la Gambie a reçu le nom de Sénégambie.

GAMBIER (James), amiral anglais, 1756-1833, issu d'une famille chassée de France par la révocation de l'Ëdit de Nantes, bombarda Copenhague en 1807, détruisit la flotte française avec des brûlots à l'Ile-d'Aix, 1809, etfutfait en récompense chevalier du Bain et baron. 11 a laissé son nom à un archipel du grand Océan, par 23° lat. S., 137° long. O., découvert en 1797 par le capitaine Wilson, et placé depuis 1844 sous le protectorat de la France.

GAMÉLIES, fêtes en l'honneur de Junon, protectrice des mariages (gamos en grec), faisaient donner chez les Grecs le nom de Gamélion au mois dans lequel on les célébrait, mois qui répond à janvier.

GAN, v. du dép. des B.-Pyrénées, sur la Nées, à 8 kil. S. O. de Pau; 3000 hab. Vin estimé.

GAND, Gent en flamand, Gandavum en latin moderne, v. de Belgique, ch.-l. de la Flandre orientale, au confluent de l'Escaut avec la Lys et autres rivières, à 49 kil. N. O. de Bruxelles: 120000 hab. Place forte. Evêché; cour d'appel des deux Flandres, université libre, fondée en 1806; collège royal, académie de dessin, sculpture, peinture et architecture; sociétés savantes, bibliothèque, musée, etc. La ville est située sur 36 petites lies jointes par 300 ponts; elle a 17 kil. de tour, et renferme dans son enceinte des jardins et des terres labourables. On y remarque un magnifique bassin, terminé en 1828 et pouvant contenir 400 bâtiments; l'hôtel de ville, commencé en 1481; le beffroi, élevé en 1183; lebéguinage, vaste bâtiment formant tout un quartier; le palais de l'université; la citadelle, bâtie de 1822 à 1830; la cathédrale de St-Bavon, commencée au xnr3 siècle, surmontée d'une tour haute de 90", et qui possède des tableaux de Van Dyck et de Van Eyck, et une crypte du x° siècle; le palais épiscopal, les églises St-Michel, St-Nicolas et St-Jacques, riches en œuvres d'art; les restes de l'abbaye de St-Pierre, autrefois la plus riche des Pays-Bas ; le théâtre. Chemins de fer pour Bruges, "Ostende, Anvers, etc. Fabriques de toiles, filatures de coton, imprimeries sur toiles, etc. Commerce actif, surtout pour les toiles de Flandre et les produits du sol. Patrie de Charles-Quint, de Daniel Heinsius et de Philippe Lsensberg, astronome. — L'origine de Gand est fort incertaine : suivant les Belges, elle remonte au vit* s.; elle fut fortifiée en 1053 par le comte Baudouin, et devint bientôt une des plus riches villes de la Flandre ; elle se mit plusieurs fois à la tête des révoltes flamandes, surtout de celles qui eurent lieu en 1336 contre le comte de Flandre, Louis de Nevers, sous la conduite de Jacques Arteveld; contre Louis II de Mâle (1379-83), sous la conduite de Philippe Arteveld, et contre Cbarles-^uint en 1358: c'est pour aller réduire les Gantois que ce dernier obtint du trop généreux François I de traverser la France. En 1576 y fut signée la fameuse Pacification de Gand, par laquelle les provinces du nord et du midi des Pays-Bas s'unirent contre les Espagnols. Gand fut prise en 1678 par Louis XIV, en 1745 par Lowen-dahl, en 1792 et 1795 parles armées de la République. Elle devint sous l'Empire le ch.-l. du dép. de l'Escaut. Louis X VIII s'y retira pendant les Cent-Jours (1815), et y publia un journal officiel, le Moniteur de Gand. En 1815, l'Angleterre et les Etats-Unis y signèrent un traité de paix

GANDERSHEIM, v. du Brunswick, sur la Gande, à 39 kil. N. de Gœttingue; 2400 hab. Ane abbaye, fondée en 856. Elle devint dans la suite abbaye laïque impériale et eut un chapitre de Dames.

GANDIE, GANDIA, v. et port d'Espagne (Valence), sur la Méditerranée, à 59 k. S. de Valence ; 6050 h.. On recueille aux env. les meilleurs melons d'Espagne. Ane duché, donné aux Borgia en 1485 par Ferdinand le Catholique, appartenant auj. à la famille d'Ossuna; anc université, fondée en 1547,• et supprimée en 1772. Beau palais des ducs de Gandie.

GANDIE (Franc, BORGIA, duc de). V. BOROIA.

GANDJAM, riv, de l'Hindoustan septentr., sort des monts des Circars et se jette dans le golfe de Bengale au-dessous de la ville de Gandjam. — Cette ville, située parl9° 22'lat. N., 82° 58' long. E., est le ch.-l. d'un district de l'Inde anglaise (Madras), formé de la partie septent. de l'anc État de Cica-cole, qui compte 600000 hab. Commerce très-actif, surtout en toiles de coton.

GANDJOUR. V. DANOJOUR.

GANDOUANA, anc prov. de l'Hindoustan, entre 17° et 25° lat. N., 75" et 83° long, E, au S. de Malwa, au N. des prov. d'Haïderabad et d Orissa : 89Q kil. sur 800; 4000000 d'hab. Le Gandouana se divise en 2 parties: 1° roy. de Nagpour (vassal des Anglais sous un prince mahratte) ; 2° district de Gandouana ou de Djabbalpour (auxAnglais et dans la présidence de Calcutta). Capit. anc, Gharrâ (auj. presque inhabitée) ; princ villes actuelles : Nagpour. Pjabbal-pour. Pays généralement montueux et boisé.

GANEÇA, dieu indien, filsdeBhavani, est le dieu do la sagesse chez les Hindous. On le représente avec une tête d'éléphant, symbole de discernement et de sagacité, avec un gros ventre, des jambes courtes, et monté sur un rat, que les Indiens considèrent comme un animal, prévoyant. Ganeça, qu'on a comparé à Jauus, préside à l'année et à toutes les cérémonies religieuses, à. la paix, aux routes et au commencement de toute entreprise. On lui attribue l'invention des mathématiques et de l'astronomie.

GANELON, personnage félon, à-la trahison duquel leschroniquesetlespoSmeschevaleresquesattribuent la défaite de Roland, était un seigneur du Beaujolais. Charlemagne le vainquit sur la montagne de Torvéon ; Louis le Débonnaire fit raser son château d'Avenas (Beaujolais). Selon une tradition, il aurait été exécuté à Laon.

GANGA, divinité des Hindous, n'est que la personnification du Gange.

GANGANELLI. 7. CLEMENT XIV.

GANGE, Ganges en latin, grand fleuve de l'Hindoustan, naît dans les monts Himalaya, au.Th.ibet, sous le nom de Bagirathi, par 76* 40 long. E., 31° 4' lat. N., à plus de 4000™de hauteur, et prend le nom de Gange dans le Gherouâl, après avoir reçu l'Alakananda à Devapraîaga [divin confluent) -y traverse les prov. de Delhi, Agrah, Aoude, Allahabad, Bahar, Bengale, passant par Farrakhabad, Allaha-bad, Hirzapour, Bénarès, Ghazipour, Patna, Rad-jamahala; et après avoir suivi la direction du S. O., puis celles du S. et de l'E., se dirige au S. E. en formant un énorme delta, dans lequel il se divise en plusieurs braneb.es, dont la plus forte est l'flougly, qui passe par Calcutta et à Chandernagor. Cours total, env. 3000 kilt Affluents : à droite le Calinaddy, le Diemnah; à gauche le Ramganga, le Gogra, le GandakjleBagmatty, le Kouey,le Mahanada, laTis-tah. Le Bramapoutre, qui vient duN. E., reçoit d'abord une des branches nombreuses du Gange, et, s'unissant lui-même à ce fleuve, se jette avec lui dans l'Océan par une même embouchure. Le Gange a dans la dernière partie de sou cours une largeur de 4 à 5 kil.; profond de. 10" dan&lesSOO derfliersk. de son cours, il est navigable sur une étendue de 2000 kil. Tous les ans il sort de son lit et inonde ses bords : en avril eten juillet, ses eaux, s'étendent sur un espace de plus de 100 lieues. La barre s'y fait sentir quelquefois jusqu'à 300 kil. de de la mer. Ce fleuve est aux yeux des Hindous un fleuve sacré : ils en font, sous le nom de Ganga, une déesse, qui est identique à Bhavani; ils réservent ses eaux pour les cérémonies les plus augustes du culte; ils croient se purifier au moral comme au physique en s'y baignant ; ils regardent comme le comble du bonheur et comme l'aurore de la vie céleste de mourir dans ses eaux.

GANGES, ch.-l. de cant. (Hérault), près de l'Hérault, r. g., à 45 kil. N. O. de Montpellier; 4600 h. Eglise calviniste. Élève de vers à soie; filature de soie, bas de soie. Aux env., belle grotte à stalactites, dite la Grotte des Fées ou des Demoiselles.

GANGES (Anne Elisabeth de ROSSAN, marquise de), née à Avignon en 1636, épousa en 1658 le marquis de Ganges, étant déjà veuve du marquis de Castellane. Sa beauté lui avait fait donner à la cour, où elle avait été présentée par son premier mari, le surnom de la Belle Provençale. De retour à Avignon après son 2e mariage, elle inspira une criminelle passion à ses deux beaux-frères, l'abbé et le chevalier de Ganges. Ayant résisté avec courage, elle périt frappée de plusieurs coups d'épée que le chevalier lui porta, après avoir essayé vainement de l'empoisonner. Les deux frères furent condamnés à être rompus (1667), mais ils avaient réussi à sortir de France.

GANGRES, Gangra, auj. Kiankari, v. de Galatie, résidence du roi Déjotarus.

GANDLH (Ch.), économiste, né en 1758 à AUan-che (Cantal), mort en 1836, fut d'abord avocat à Paris; entra en 1799 au Tribunat, où il resta jusqu'en 1802; fut en 1815 nommé député; défendit les libertés publiques, mais toujours avec modération, et porta souvent la lumière dans les questions de finances. Ses principaux ouvrages sont : Essai sur le revenu public, 1806 et 1823; Des Systèmes de l'économie politique, 1809; Dictionnaire de l'économie politique, 1826; Théorie de l'économie politique, 1830; tous attestent un esprit droit et consciencieux.

GANNAL (J. Nie), né en 1791 à Sarrelouis, m. en 1852, quitta la pharmacie militaire pour la chimie, fut préparateur du cours de Thénard, fit plusieurs applications utiles de la science, notamment à la fabrication du borax indigène (1819), de la colle forte, et se voua, à partir de 1825, à l'art des embaumements : son meilleur procédé consistait à injecter dans le corps par la carotide une solution de sulfate d'alumine, il a laissé une Histoire des embaumements, 1837.

GANNAT, Gannatum ou Gannapum, ch.-l. d'arr. (Allier), sur l'Andelot, à 54 kil S. de Moulins et à 382 k. S. E. de Paris; 5800 h. Trib., collège. Blés, vins. Belle église Ste-Croix. Ruines de l'anc château. — Gannat fut détaché en 1210 des domaines du comte d'Auvergne, alors révolté, et donné à Guy de Dampierre, comte de Bourbon.

GANNERON (Aug. Hipp.), banquier, né à Paris en 1792, mort en 1847, fit de bonnes études à Ste-Barbe, suivit quelque temps le barreau, et le quitta pour l'industrie. Juge au tribunal de commerce en juillet 1830, il donna, le lendemain de l'apparition des ordonnances inconstitutionnelles de Charles X, l'exemple de la résistance légale : un imprimeur ayant, conformément aux prescriptions nouvelles, refusé d'imprimer le Courrier français, Ganneron et ses collègues le condamnèrent à. exécuter ses engagements, nonobstant les ordonnances, qu'ils déclarèrent contraires à la Charte. Élu après la révolution député, membre du conseil municipal, colonel de la 2° légion, il fut un des plus fermes appuis du nouveau gouvernement. 11 est un des créateurs du Comptoir d'escompte.

GANS (Éd.), jurisconsulte, né à Berlin en 1798, m. en 1839, se lia de bonne heure avec Hegel, dont il partagea les doctrines, fut nommé en 1826 professeur de droit à Berlin, et se fit remarquer par sa parole claire, vive et colorée. Parmi ses écrits, on distingue ses Scholies sui Gains, Berlin, 1820, où il

combat ï'Scoie de Savigny et de Hugo j et un Traité du droit de succession, 1823-29, 3 v. in-8, qui est son ouvrage capital. Il publia une grande partie de l'édition posthume des Œuvres de Hegel, et rédigea presque toute la Philosophie de l'histoire, dont He gel n'avait laissé que l'introduction. *

GANTEAUME (Honoré), marin, né à La Ciotat en 1765. mort en 1818, était sous-lieutenant de vaisseau en 1789. Il obtint un avancement rapide, commanda dans le Levant une escadre qui captura plusieurs navires marchands anglais, accompagna Brueys en Egypte en qualité de chef d'état-major, réussit à-ra-mener Bonaparte en France, mais échoua dans la mission de porter des secours à l'armée d'Egypte. Lors de la proclamation de l'Empire, il fut fait vice-amiral, comte, et nommé commandant de la flotte de Brest, puis inspecteur général des côtes de l'Océan; en 1810, il entra au conseil de l'Amirauté. Il adhéra à la déchéance de l'Empereur en 1814 et fut fait pair par Louis XVIII.

GANYMÈDE, jeune prince d'une grande beauté, fils de Tros, roi de Troie, fut, selon la Fable, enlevé par l'aigle de Jupiter, et transporté au ciel pour y remplacer Hébé comme éebanson des dieux». Il forme dans le ciel la constellation du Verseau.

GAOUTAMA. V. BOUDDHA.

GAP, Vapincum, ch.-l. du dép. des H.-AIpes, à 677 k. S. E. de Paris; 8219 hab. Ëvêché, trib., collège. Belle cathédrale, où l'on voyait le mausolée du duc de Lesdiguières, par Jacob Richier, monument transporté depuis à l'hôtel de la préfecture. Chemin de fer. Cadis, soie, laine, chapeaux, etc. — Gettev. est fort ancienne : elle fut la capit. des Tricorii, et au moyen âge du Gapençais.. Elle souffrit beaucoup des invasions des Sarrasins et des Lombards. Elle fut prise par Lesdiguières eu 157S, restaaux Protestants jusqu'en 1582, fut prise et ravagée en 1692-par Victor Amédée, duc de Savoie.

GAPENÇAIS, Vapincensis tractus, partie du H.-Dauphiné, sur les confins de la Provence, et au S. E. de l'Embrunais; ch.-L, Gap. Sous les Romains, ce pays fit partie de la Viennaise, puis de la Narbon-naise; il avait pour habitants les Caturiges et les Tricorii. Il appartint successivement aux Burgun-des, aux Francs, au roi d'Arles, et, après le démembrement du royaume, aux comtes de Provence, aux comtes de Toulouse, aux comtes de Forcalquier, qui en cédèrent une partie à l'évêque de Gap. Charles VII s'en empara en 1448; mais il le restitua à René, comte de Provence ; il fut réuni définitivement à la France par Louis XI, en vertu du testament de René. Il est auj. compris dans le dép. des H.-Alpes.

GARAKPOUR, v. de l'Inde anglaise (Calcutta), dans l'anc. Aoude, sur le Rapty ; 20 000 k Elle est le ch.-l. d'un district, cédé aux Anglais en 1801.

GARAMA, auj. Gherma, v. d'Afrique, au S. de laGrande-Syrte, avait donné son nom aux Garaman-tes. C'était un rendez-vous de commerce entre les habitants de la Libye intérieure et ceux de la côte.

GARAMLANTES, peuple indigène de l'Afrique intérieure, au S. de l'Atlas, qui le séparait de la Nu-midie, habitait le pays de Zab et une partie du Sahara et avait Garama pour v. princ : c'était le peuple le plus mérid. que les Romains connussent en Afrique. C. Balbus fit, en 21 av. J.-C, une expédition célèbre dans le territoire des Garamantes.

GARAMOND (Claude), graveur et fondeur de caractères, né à Paris vers 1480, mort en 1561, fut chargé par François I de graver, d'après les dessins d'Ange Vergen, pour l'impression des auteurs grecs, les trois sortes âe caractères grecs connus, depuis sous le nom de garamond : la perfection de ces caractères n'a pas encore été surpassée. Ses caractères romains ne sont pas moins estimés.

GARASSE (Franc.), jésuite, né à Angoulême en 1586, mort en 1631, s'est fait une fâcheuse célébrité par la virulence de ses critiques. Il prêcha d'abord, et se fit remarquer par la fougue de ses discours et par les traits satiriques dont il les assaisonnait; puis il se mit à écrire, et emporté, par un zèle outre, il attaqua sans mesure tout ce qui lui paraissait contraire à la religion ou plutôt aux intérêts de son ordre : le poëte Théophile, l'historien Pasquier, l'avocat [général Servin, le philosophe Charron furent les principaux objets de ses invectives. Cependant sa fin fut honorable : il mourut à Poitiers, d'une maladie contractée en visitant les malades de l'hospice. ' m a de lui : Doctrine curieuse des beaux esprits de ce temps, Paris, 1623; une Somme théologique, 1625, qui fut censurée parla Sorbonne, et une foule de pamphlets publiés sous de faux noms. Il a laissé des Mémoires, qui ont été publ. pour la 1™ fois en 1860, à Paris, par M. Ch. Nisard.

GARAT (Pierre Jean), célèbre chanteur, neveu du préc, né à Ustaritz en 1764, mort à Paris en 1823, vint dans la capitale à 20 ans, y excita par son talent un enthousiasme universel, et obtint la protection de la reine Marie-Antoinette et du comte d'Artois, qui lepensionnèrentgénéreusement. Réunissant tous les registres, doué d'une extrême flexibilité, il rendait avec une égale supériorité les scènes pathétiques et les airs sérieux ou bouffes de l'école italienne. Après avoir parcouru les principales villes de l'Europe, il revint se fixer à Paris, fut nommé en 1796 professeur au Conservatoire, et y forma un grand nombre de brillants élèves. Nourrit, Dérivis, Levasseur, Ponchard. etc. II faisait lui-même des romances : tout le monde a répété celle dans laquelle il déplorait les malheurs de la reine Marie-Antoinette : l'ous qui portez un cœur sensible, qui le fit arrêter on 1793. Ce grand artiste avait une extrême fatuité : il fut sous le Directoire le type des Incroyables.

GARAY (Jean de), général espagnol, né à Ba-dajoz en 1541, passa en Amérique, et fut chargé de nouvelles explorations dans l'Amérique méridionale; découvrit, après avoir remonté le Parana, une immense contrée intérieure, et y fonda Santa-Fé-de-Véra-Cruz, SUr les bords du Parana. Il fut nommé en récompense, par Philippe II, lieutenant général et gouverneur de l'Assomption (1576). En 1580, il rebâtit la ville de Buénos-Ayres, que les Indiens avaient détruite, et sut, par une conduite pleine de douceur et de prudence, y attirer les naturels eux-inêmes. Cependant, il fut. massacré par quelques-uns d'entre eux pendant qu'il remontait le Parana, allant de Buénos-Ayres à l'Assomption (1592).

GARAY (don Martin de), ministre des finances d'Espagne, né en Aragon en 1760, mort en 1822, se déclara contre les Français lors de l'invasion, fut nommé en 1808 secrétaire général de la junte centrale, puis des Cortès (1810), et eut jusqu'à' la rentrée de Ferdinand VII une part importante, dans le gouvernement. Appelé au ministère des finances par Ferdinand VII en 1814, il voulut introduire d'utiles réformes et faire supporter au clergé et à la noblesse leur part des charges publiques; mais ces mesures, bien que nécessaires financièrement, soulevèrent l'opposition des parties intéressées : il perdit bientôt son crédit auprès du roi, et fut disgracié en 1818, emportant l'estime générale.

GARB, GARYE (c-à-d. couchant), nom qu'avaient donné les Arabes à la partie S. O. du Portugal, qui en a conservé le nom d'Al-Garve. — On le donne proprement à la partie N. O. de l'empire de Maroc, située dans le roy. de Fez, sur le détroit de Gibraltar.

GARBIEH, prov. de laBasse-Egypte, dans le Delta, sur la Méditerranée, bornée àl'O. par celles de Me-nouf et de Rosette; à l'E. par celles de Damiette et de Mansourah: 130 kil. sur 65; 230500 h.; ch.-l., Mehallet-el-Kébir.

GARCIA ou GARCIAS, nom de plusieurs comtes de Castille et de quelques rois de Navarre, dont on trouvera la série aux articles de ces royaumes; deux seulement méritent d'être mentionnes à part :.

GARCIA i, comte de Castille, né en 938, mort en 990. 11 succéda à Fernand-Gonzalès, son père, en 970, comprima la révolte des comtes de Véia, battit Almanzor à Osma en 984, et remporta sur les Maures plusieurs autres avantages, mais fut blessé mortellement et pris dans un dernier combat.

GARCIA i et il, rois de Navarre. V. NAVARRE.

GARCIA m, surnommé le Trembleur, roi de Navarre, fils de Sanche II, auquel il succéda en 994. Il combattit les Arabes, se ligua contre Almanzor avec Ber-mude, roideLéon,et le défit à ta bat. de Calatanazor en 998. Il mourut en 1001, à l'âge de 43 ans. Quoique très-brave, il fut surnommé Te ÎYemWeW, parce que toutes les fois qu'il revêtait son armure un frisson involontaire s'emparaitde lui : « Mon corps tremble, disait-il, du périroù mon courage va le porter. *

GARCIA iv, fils aîné de Sanche III, succéda à son père dans la Navarre et dans une partie delaVieille-Castille (1035), repoussa Ramire I, roi d'Aragon, son frère, qui avait envahi ses Etats (1042), mais fut pris en trahison par un autre de ses frères, Ferdinand, roi de Castille (1054). S'étant échappé, il arma pour se venger, mais il périt dans une bataille la même année.

GARCIA DE PAREDES (don Diego), capitaine espagnol, né à Truxillo djtns l'Estramadure en 1466, fut le compagnon d'armes de Gonzalve de Cordoue, et partagea ses exploits et sa çloire dans les guerres d'Italie. En quittant ce pays, il alla retrouver Charles-Quint, dans l'armée duquel il combattit avec sa valeur ordinaire; mais il mourut peu après, des suites d'une chute de cheval (1530). Ce guerrier était d'une taille gigantesque et d'une force physique extraordinaire; pour la loyauté et la.bravoure, il mérita d'être comparé à. notre Bayard.

GARCIA (Manuel), compositeur et chanteur célèbre, né à Séville en 1779, mort à Paris en 1832, débuta à Madrid en 1801, et parcourut ensuite l'Espagne, l'Italie et la France, obtenant partout les plus brillants succès. Ses principaux opéras sont : il Califodi Bagdad (donné à Naples en 1812) ; l'Aubergiste, les Chevilles de maître Adam, le Poëte colporteur. Fin- restan, 1822, etc.—Il fut père de Marie Garcia (Mme Malibran) et de Pauline Garcia (Mme Viardot).

GARCILASO (ou plutôt GARCIAS LASO) DE LA VESA, célèbre poète espagnol, né à Tolède en 1500 ou 1503, était d'une illustre famille, alliée à la maison de Guz-man. Cet homme, qui ne devait chanter que les douceurs du repos, tint l'épée toute sa vie, et mourut en combattant : il prit part à toutes les guerres de Charles-Quint, se distingua particulièrement à la bataille de Pavie (1525), et fut tué au fort de Muy (Var) en 1536, dans l'invasion des Impériaux en Provence. Il n'était alors âgé que de 33 ans; cependant il avait, aumilieu du tumulte des camps, composé des chants qui l'ont rendu immortel. Ils consistent surtout en églogues, en odes et en élégies. Sa poésie est simple, facile, harmonieuse dans le style, gracieuse, naïve, mélancolique dans la pensée. Ses compatriotes le nommèrent le Pétrarque espagnol. Ses principaux modèles furent Pétrarque et le Dante. Les meilleures éditions de ses œuvres sont celle de Venise, 1553, avec les poésies de Boscan, son émule et son ami, et celle de Madrid, 1765 et 1788, avec une bonne préface et des notes utiles.

GARCILASO DE LA VEGA, historien espagnol, surnommé l'inca, parce qu'il descendait par sa mère de la famille royale du Pérou, né en 1530 à Cuzco, mort en 1568, avait pour père Sébastien Garcilaso, un des lieutenants d'Alvarado et de Pizarre, et gouverneur de Cuzco. Il s'appliqua de bonne heure à connaître et à éclaircir l'histoire de cette partie de l'Amérique. Il était parvenu à recueillir tous les matériaux nécessaires à ce travail lorsque l'ombrageux Philippe II, craignant l'influence que pouvaient lui donner son nom et son origine, lui fitintimer l'ordrede se rendre en Espagne : il se fixa à Valladolid et y composa ses écrits. On adelui : Commentaires royaux qui traitent de l'origine des Incas, de leurs lois et de leur gouvernement, Lisbonne, 1609-16, 2 vol. in-fol , trad. par Dalibard, Paris 1744 ; Hist. générale du Pérou, 1616, in-foL, trad. par Baudouin, 1633; Hist. delà Floride, 1605, trad. par Richelet, 1670. On reproche à Garcilaso un style ampoulé; mais on s'accorde à louer la fidélité de ses récits.

GARD, Vardo, riv. de France, est formée par la jonction du Gardon-d'Anduze et du Gardon-d'Alais, qui sortent tous deux des Cévennes, arrose le dép. du Gard, passe à 8 kil. N. de Nîmes, près de laquelle elle est traversée par le Pont du Gard, et tombe dans le Rhône par la r. dr., entre Aramon et Beaucaire, après un cours de 60 kil. environ. — Ce qu'on appelle le Pont du Gard, à 18 kil. N. E. de Nîmes, est un aqueduc, qui fut construit par les Romains : on l'attribue à. Agrippa, gendre d'Auguste. Il est long de 279", haut de 49, et se compose de 3 rangs d'arches élevées les unes sur les autres : le rang supérieur portait l'aqueduc servant à amener jusqu'à Nîmes les eaux des sources d'Aire et d'Airone. Cet aqueduc fut brisé lors de l'invasion des Barbares.

GARD (dép. du), dép. maritime de la France, borné au S. par la Méditerranée, est situé à l'O. de l'embouchure du Rhône et au S. du dép. de l'Ardèche : 5997 kil. carrés; 422107 hab.; ch.-l., Nîmes. Il est formé d'une partie du Bas-Languedoc II est traversé au N. O. par les Cévennes et est arrosé par le Rhône, l'Ardèche, le Gard, la Cèze, la Vidourle. Climat très-doux, température variable, vents impétueux, grande sécheresse. Nombre de marais (dont 17 salants). Houille, plomb, zinc, manganèse, antimoine: marbre, plâtre, kaolin, ocre, pouzzolane, etc. Sol très-varïé, arida ou maigre en beaucoup d'endroits: grains en petite quantité, légumes, fruitsdu Midi, très-bons vins (Lidenon, St-Gilles et Tavel), eaux-de-vie ; oliviers, mûriers: garance, etc. Gros bétail (de petite espèce), moutons, vers à soie, etc.Cadis, étoiles de soie, de coton; distilleries, savons, etc. — Le dép. se divise en 4 arr. (Nîmes, Alais, Uzès, Le Vigan), 38 cant. et 438 comm., appartient à la 10e division militaire, possède une cour impériale et un évêché à Nîmes.

GARDA, oourg de Vénétie, à 26 kil. N. O. de Vérone, sur la rive orientale du lac de Garda. Petit port; pêche de sardines et d'ables. Bonaparte défit Wurm-ser aux environs en 1796.

GARDA (lac de), Benacus lacus, lac de Vénétie, le plus oriental des grands lacs de la région au S. des Alpes. Ce fleuve forme depuis 1859 la limite entre les Etats autrichiens et les Etats sardes. Il a 38 kil. de long sur 16 de large et est traversé par le Minçio, qui y entre par le N. et en sort à Peschiera. Navigation active entre les ports de Peschiera, Sala et Desenzanc,

GARDAFUI, cap d'Afrique. V. GUARDAFUI.

GARDANNE, ch.-l. de c (B.-du-Rhône), à 10kil. S. d'Aix; 3000 hab. Fortifications. Mines de fer et de houille. Le roi René y eut un château de chasse.

GARDANNE (le comte), général de l'Empire, né à Marseille en 1766, mort en 1818, se distingua aux batailles d'Austerlitz, d'-Iéna, d'Eylau; fut envoyé en 1807 comme ministre plénipotentiaire en Perse où un de ses ancêtres avait été consul de France, avec mission de susciter la Perse contre la. Russie, mais y eut peu de succès et revint sans ordre, Il servit depuis en Espagne sous Masséna et y éprouva un échec qui le fit disgracier. Il se rallia aux Bourbons à leur retour.

GARDE CONSULAIRE, IMPÉRIALE, NATIONALE, etc.V. ces mots au Dictionnaire des Sciences.

GARDEL (P. Gabriel), danseur et chorégraphe, né à Nancy en 1758, mort en 1840, débuta à Paris en 1774, dirigea pendant plus de 40 ans les b,allets de l'Opéra, et composa lui-même un grand nombre de ballets, dont voici les principaux : Télêmaque, 1789; Psyché, 1790; le Jugement de Paris, 1793; la Dansomanie, 1800; le Retour de Zéphyr, 1802; Achille à Scyros, 1804; Paul et Virginie, 1806; Vé-nus et Adonis, 1808; Alexandre chez Apelles, 1808; l'Enfant prodigue, 1812; Proserpine, 1818; la Servante justi/iée, 1818. Il a en outre composé les divertissements de plusieurs opéras. — Son frère et sa femme, attachés également à l'Opéra, eurent aussi de la réputation comme danseurs : sa femme, qu'on surnommait la Vénus de Médicis de la danse, excellait surtout dans le rôle de Psyché.

GARD1N DU MESNIL (J. B.), savant latiniste, né en 1720 àSt-Cyr près de Valognes, fut professeur de rhétorique à Paris dans les collèges de Lisieux et d'Harcourt, puis principal du Collège Louis-le-Grand (1764), et mourut à Valognes en 1802. 11 est auteur d'un traité sur les Synonymes latins, 1777-et 1788, ouvrage estimable et longtemps classique, mais surpassé depuis par les travaux de Dœderlein et par ceus de MM. Barrault et Grégoire.

GARDINER (Et.), évêque de "Winchester et grand chancelier d'Angleterre , né en 1483 à St-Edmund-Bury, mort en 1555.était fils naturel de Woodwill, archevêque de Salisbury. Secrétaire du cardinal Wolsey, il fut envoyé à Rome par Henri VIII pour obtenir son divorce avec Catherine d'Aragon : il s'efforça de justifier ce divorce et de soutenir la suprématie royale dans un traité : De vera obedientia (Londres, 1534),qui futmisàl'/ndea;. Attaché néanmoins à la foi catholique, il eut, sous Edouard VI, de vifs démêlés avec Thomas Cranmer, archevêque anglican de Can-torbéry, et fut jeté en prison comme ennemi de la Réforme. A l'avènement de Marie, il ne tarda pas à recouvrer sa faveur, et fut nommé grand chancelier. Il conseilla à cette princesse d'agir avec sévérité contre les Réformés, et en fit périr plusieurs dans da cruels supplices.

GARDINER (William) , mathématicien anglais du xvme siècle, est auteur de Tables de logarithmes estimées, Lpndres, 1742, in-fol, qui ont été plusieurs fois revues et imprimées depuis, notamment par Callet, Paris, 1783 et 1795.

GARDON. V. GARD.

GARENGEOT (Jacq. CROISSANT de), chirurgien, né en 1688 à Vitré (Bretagne), mort à Cologne en 1759, vint à Paris à 23 ans, fut successivement démonstrateur royal, chirurgien-major du régiment du roi, contribua puissamment aux progrès de la chirurgie, et fut membre de l'Académie de chirurgiede Pans et de la Société royale de Londres. On a de lui : Traité des opérations de. chirurgie, Paris, 1720; Traité des instruments de chirurgie, 1723; Kyoto-mie humaine et canine, 1724; Splanchnologie, ou Anatomie des viscères, 1728; Opération de la taille par l'appareil latéral. Son nom est resté attaché à un instrument qui sert à enlever les dents molaires, la clef de Garengeot; cependant il n'est pas l'inventeur de cette clef: il n'a fait que la perfectionner.

GARGANO (cap), Garganum promont., pointe de terre dans l'anc. roy. de Naples (Capitanate), un peu au-dessous du 42° degré de lat. N., forme cette forte saillie qui s'avance dans la mer Adriatique et qui est dominée par le mont Santo-Angelo (Garganusmons). Elle termine l'éperon de la botte que figure la péninsule italique.

GARGETTE, bourg d'Attique où naquit Ëpicure. GARIEP, fleuve d'Afrique. V. ORANGE.

GARIGLIANO ou GAMLLAN , Liris, riv. d'Italie (territ. romain), formée par la jonction du Sacco et du Liri, passe àPonte-Corvo, et tombedans le golfe de Gaete, à 14 kil. E. de Gaête. Cours, 60 kil. Les troupes de Louis XII y furent défaites par celles de Ferdinand le Catholique en 1503, et celles du roi de Naples François I par Victor-Emmanuel, roi de Sar-daigne, le 3nov. 1860.

GARIZIM, mont, de Palestine (tribu d'Ephraïm). Les Samaritains y élevèrent le temple qu'ils voulurent opposer à celui de Jérusalem. Ils intentèrent aux Juifs à ce sujet un célèbre procès qui fut décidé contre eux par Ptolémée Philométor, pris pour arbitre, 150 av. J.-C.

GARLANDE, famille puissante au xir» siècle, ainsi nommée d'un château de la Brie, qu'elle possédait, jouit de la faveur de Louis VI, qui donna successivement la dignité de sénéchal à trois de ses membres : Ansel, sénéchal en 1108, tué en 1117 eji combattant Hugues, siredu Puiset, révolté contre le roi; Guillaume, son frère, et Etienne, qui, bien que prêtre et archidiacre, ne craignit pas d'accepter des fonctions qui l'exposaient à répandre le sang.

GARLANDE (Jean de), poète et grammairien, que les uns placent à la fin du xi° siècle, et les autres, avec plus de fondement, au XHI" siècle, était né en Angleterre et vint se fixer en France, où il enseigna avec distinction. On a de lui : De mysteriis Ecclesia-; De Contemptu mundi, poëme attribué par erreur à S. Bernard ; Floretus, espèce de centon que Gerson commenta; Facelus, poëme sur lesdevoirs de l'homme, et un livre intitulé Libellas de verborum com-positis, sorte de dictionnaire qui renferme des notions intéressantes sur des sujets divers (imprimé à Rouen en 1508, réimpr. à Paris en 1857, par Géraud).

GARLIN, ch.-l. de c (B.-Pyrénées), à 33 k. N. E. de Pau; 1100 hab.

GARNERAY (Jean François), peintre d'histoire, élève de David, né à Paris en 1755, mort en 1837, s'attacha dans ses tableaux, qui pour la plupart sont des tableaux de chevalet, à rappeler des monuments de la France qui n'existent plus et à représenter des scènes en rapport avec ces monuments. On remarque en ce genre : Vue de la Ste Chapelle, avec une Scène du Lutrin; La grande galerie de Fontainebleau, ou Diane de F ailiers vient demander à François I la grâce de son père ; Louis XVI au Temple. Il avait été chargé par la Convention de faire le portrait de Charlotte Corday avant son exécution.

GARNERAY (Ambroise Louis), peintre de marines, fils du préc, né en 1783, m. en 1857. Après avoir été préparé par son père à la peinture, il s'enrôla par goût dans la marine, eut part aux exploits de Surcouf, fut pris par les Anglais en 1806 et détenu sur les pontons jusqu'en 1814, reprit alors les pinceaux et réussit d'autant plus dans les marines qu'il avait longtemps servi sur mer. On lui doit des Vues des principaux ports de France et de l'étranger, la Prise du Kent par Surcouf', ïAttaque d'une division anglaise par la frégate la Virginie, le Combat de Navarin. Il inventa une toile à peindre dite extra-souple et imputrescible, qui lui valut une médaille d'argent à l'exposition universelle de 1855.

GARNERIN (J. Baptiste et André Jacques), aéro-nautes (1766-1845 et 1770-1823), perfectionnèrent le parachute, inventé par le physicien Charles, et exécutèrent avec succès de nombreuses descentes : ils firent leurs premières expériences à Paris vers 1797. — Elisa Garneritt, fille de Jean-Baptiste, née en 1791, est la 1" femme qui ait tenté une descente en parachute; elle renouvela depuis plus de 50 fois cette périlleuse expérience dans tous les pays de l'Europe et en Amérique.

GARNET (le P.), jésuite anglais, né en 1555 à Nottingham, fut envoyé jeune en Italie, étudia sous Bellarmin, pritl'habitàRome, revint en Angleterre comme missionnaire en 1584, et devint provincial de la Compagnie dans ce pays. Impliqué en 1606 dans la conspiration des Poudres, il tut pendu comme ayant négligé de révéler le complot, dont il avait eu connaissance par la confession. Les Jésuites le considèrent comme un martyr.

GARNIER (Robert), auteur dramatique, né en 1534 à La Ferté-Bernard (Sarthe), mort en 1590, est un des premiers enFrance qui ait fait des pièces régulières. On a de lui 9 tragédies, dont la meilleure est Bradamante, jouée en 1580. Garnier était lieutenant général du bailliage du Mans, et fut nommé par Henri IV conseiller au grand conseil. Quoique la langue de cet auteur soit encore informe, on trouve déjà dans ses pièces le sentiment de la grandeur. Ses OEuvres, recueillies dès 1585, ont souvent été réimprimées dans le xvrr* siècle,

GARNIER (Jean), jésuite, né-à Paris en 1612, professa les lettres, puis la. théologie dans divers collèges et mourut en 1681 à Bologne, pendant qu'il se rendait à une assemblée générale de son ordre qui se tenait à Rome. On a de lui des éd. de MariusMer-cator, 1673; délibérât,. 1675; Sysiema bibliotheess coUegii parisiensis, 1678, où il propose un bon système de distribution bibliographique. Il termina l'édition de Thèodoret commencée par le P. Sirmond.

GARNIER (dom Julien), savant Bénédictin, né en 1670 à Connerré (Sarthe), m. en 1725, fut appelé en 1699 du Mans à Paris pour y préparer une éd. de S. Basile et en publia les 2 premiers volumes en 1721 et 1722, in-fol., avec texte grec, trad. latine; le 3= ne put paraître qu'après sa mort, en 1730, par les soins de dom Maran. Cette édition est encore auj. la meilleure et la plus belle.

GARNIER (J. J.), historiographe, né en 1729 à Gorron (Mayenne), m. en 1805, étaitprofesseur d'hébreu au Collège de France et inspecteur de cet établissement. Il fut admis en 1762 à l'Académïé des inscriptions, etfutchoisi après la mort de Villaretpour continuer l'Histoire de France. On lui doit lesrègnes de Louis XI à Charles IX. Inférieur pour le style à Velly et à Villaret, il l'emporte sur eux par ses recherches. Il a aussi publié l'Origine du gouvernement français, 1765, quelques écrits littéraires, et des Mémoires sur la philosophie ancienne, dans le recueil de l'Académie des inscriptions. On cite de lui des traits d'une admirable générosité.

GARNIER (le comte Germain), économiste, né à Auxerreen 1754, mort à Paris en 1821, fut procureur au Châtelet, puis secrétaire de Mme Adélaïde, sœur de Louis XVI, et fut appelé en 1791 au ministère de la justice, maïs il refusa cet honneur et s'expatria en 1793. Sous l'Empire, il fut nommé préfet, comte, puis sénateur, et devient en 1809 président du Sénat. Il a trad. les Recherches, sur les richesses des nations de Smith, 1802, et.a- laissé lui-même plusieurs bons ouvrages d'économie politique : De la propriété dans ses rapports avec le droit politique, 1792; Principes d'économie politique, 1796; Valeur des monnaies de compte dans l'antiquité, 1817 (ouvrage qui fut combattu par Le-tronne) ; Hist. de la monnaie depuis la plus haute antiquité jusqu'à Charlemagne, 1819. — Son frère aîné, Ch. Garnier, 1746-95, avocat et littérateur, a donné des Proverbes dramatiques, 1784, et a édité le Cabinet des Fées, 41 vol. in-8, 1784 et années suiv., et les Voyages imaginaires, 39 vol. in-8, 1787, etc.

GARNIER (Etienne), peintre d'histoire, né à Paris en 1759, mort en 1849, remporta en 1788 le premier prix de peinture, fut envoyé comme pensionnaire à Rome, et entra à l'Académie des beaux-arts en 1816. Ses œuvres principales sont: S. Jérôme, 1790; Ajax, 1791; Socrate et Alcibiade, 1791; Dédale et Icare, 1792 ; la Famille de Priam, 1792 ; Nausicaa et Ulysse; Anacréon; la Charité romaine ; Éponine et Sabi-nus ; la Mort d'Eurydice; Napoléon dans son cabinet. Il se distingue par la grâce du dessin et la beauté du coloris. — GARNIER-PAGES. V. PAGES.

GAROFALO (Benvenuto TISIO, dit le), peintre italien, né en 1481 à Ferrare, m. en 1559, fut l'ami de Raphaël et imita si bien sa manière que ses Vierges et ses enfants ont souvent été attribués à ce grand maître. Ses chefs-d'œuvre sont le Massacre des Innocents, la Résurrection de Lazare et la Prise de Jésus, qu'il peignit de 1519 à 1524 dans l'église de St-François de Ferrare; une Samaritaine, et le Séjour des élus, où il plaça l'Arioste entre deux saints. Par allusion à son nom, qui veut dire œillet en italien, il a peint un œillet sur ses œuvres originales.

GARONNE, Garumna, riv. de France, natt dans les Pyrénées espagnoles*au val d'Aran,*dans*la gorge d'Artigues, par 1° 25' long. O., 42° 43' lat. N.; entre en France après un cours de 48 k., baigne les dép. de Hte-Garonne, de Tarn-et-Garonne, de Lot-et-Garonne, de la Gironde; reçoit à gauche le Gers, à droite l'Ariége, le canal dû Midi, le Tarn, le Lot, s'unit à la Dordogne au Bec-d'Ambez, et prend alors le nom de Gironde. La Garonne arrose St-Béat, Montrejeau, St-Gaudens, Cazères, Muret, Toulouse, Agen,*Tonneins,*Marmande,*La Réole, Langon, Bordeaux , Blaye,* et, unie à la Dordogne, tombe dans l'Océan près de la Tour-de-Cordouan, après un cours de 580 k. La marée remonte le fleuve jusqu'à 130 k. et y forme une barre qui est connue sous le nom de mascaret. — Le canal du Midi, qui s'unit à la Garonne à 2 kil. au-dessous de Toulouse, fait communiquer ce fleuve avec la Méditerranée.— Un autre canal, le Canal latéral à la Garonne, fait suite au canal du Languedoc, avec lequel il se raccorde à Toulouse : il longe la r. dr. du fleuve jusqu'à Agen, puis passe sur la r. g., et finit à Castets. Il a 200 k. de long. *GARONNE (dép. de la HAUTE-), un des dép. frontières de la France, a pour bornes au S. l'Espagne, à l'E. le dép. de l'Ariége, à l'O. celui des Htes-Pyré-nées, au N. celui de Tarn-et-Garonne : 6717 k. carrés; 484081 h.; ch.-l., Toulouse. Il est formé d'une i** partie du Languedoc (diocèse de Toulouse et Laura-:** guais) et de plusieurs annexes de la Gascogne (Comminges, Nébouzan, Quatre-Vallées, Lomagne, Con-ï** serans). Il est traversé au S.*par*la chaîne des Pyrénées, et contient les monts Néthou, Quairat, 1** etc. Forêts au N. et surtout au S., belles plaines et l** prairies dans les vallées. Cuivre, plomb, jayet, an-i** timoine, bismuth, zinc ; marbres de toutes couleurs, ï** marbre statuaire, granit, ardoises; eaux minérales (Bagnères). Vins excellents (Fronton, Montesquieu, \** Cappens) ; grains, fruits, lin, châtaignes, truffes, etc. 1** Chevaux, mulets, ânes, gros bétail, volaille estimée. |** Industrie métallurgique; distilleries; verreries, manufactures d'étoffes de coton, de fil, etc. Commerce actif, surtout celui de transit. — Ce dép. a 4 arr. |** (Toulouse,Muret ,Villefranche,St-Gaudens), 39 cant. |**et 597 comm. 11 appartient à la 12' div. militaire, I**a une cour impériale et un archevêché à Toulouse.

GARRICK (David), célèbre acteur anglais, né à Hereford en 1716, mort en 1779, descendait d'une famille française de protestants réfugiés nommée La Garrigue. 11 était.destiné au barreau; mais un penchant irrésistible le porta vers le théâtre. Ses débuts furent des triomphes (1741) ; il excita à Londres et à Dublin, surtout dans les pièces de Shakespeare, et dans les rôles de Richard III, de Roméo et de Macbeth, une admiration enthousiaste. 11 avait acheté en 1747 le théâtre de Drury-Lane à Londres, et il ne cessa d'y attirer la foule; il quitta la scène en 1776, ayant acquis une fortune de 3 500000 fr. Garrick était d'une taille peu élevée ; ses traits étaient réguliers, son regard plein de feu, sa voix sonore et mélodieuse; son visage revêtait avec une facilité prodigieuse l'expression des passions les plus diverses -et des caractères les plus opposés ; il bannit l'emphase de la tragédie et y porta un naturel parfait. Garrick était aussi auteur dramatique : il a laissé plusieurs pièces estimées, entre autres le Valet menteur, 1741; le Tuteur, 1759; le Bon ton dans l'antichambre, 1759; le Bon ton dans le salon, 1775. Ses OEuvres ont été publiées à Londres, 1798, 3 vol. in-12. Il a en outre laissé d'intéressants Mémoires, qui ont été publiés,à Londres en 1780 et trad. par Marignie. Il eut pour ami Samuel Johnson et s'aida beaucoup de ses conseils. Il fut inhumé à Westminster, près de Shakespeare.

GARRIGUES (monts), mont, de France, font partie de la chaîne des Cévennes, commencent sur la limite des dép. du Gard et de l'Aveyron,se dirigent au S. O. dans ce dernier dép. et se terminent à la source del'Orb, sur les confins du dép. de l'Hérault; leur étendue est de 60 kil.

GARSIMINE (pour Garcia Ximenes). V. NAVARRE.

GARTEMPE, riv. de France, naît près de l'Épinas (Creuse), passe à Montmorillon, et tombe dans la Creuse par la r. g., sur la limite du dép. d'Indre-et-Loire, après un cours de 220 k. — Commune du dép. de la Creuse, sur la Gartempe, à 6 k. O. de Gué-ret. Ane domaine de la famille Voysin de Gartempe.

GARTH (Samuel), médecin et poète anglais, ne en 1671 dans le comté d'York, mort en 1719, devint médecin de George I et membre du collège de médecine de Londres, et établit dans cette ville des dispensaires, salles de consultation gratuite et de pharmacie en faveur des pauvres. On a de lui un poëme burlesque intitulé : the Dispensary, Londres, 1699 : c'est une satire spirituelle dirigée contre«les médecins et les apothicaires qui s'opposaient à ses efforts philanthropiques; et,un petit poème de Claremont, où il chante cette belle résidence.

GARUMNA, riv. de Gaule, auj. la Garonne.

GARVE (Christ.), professeur de philosophie à Leipsick, né en 1742 à Breslau, mort en 1798, s'attacha surtout à la morale et à l'histoire de la philosophie et joignit à une érudition profonde un sage éclectisme. On lui doit des traductions allemandes des Traités de Morale d'Aristote, de Cicéron, de Ker-gusson, de W. Paley, et quelques ouvrages originaux : la Logique des probabilités, 1766, en latin; Union de la Morale et de la Politique, 1788; Principes de la Morale, 1798; Manière d'écrire l'histoire de la philosophie (allem.), etc.

GASCOGNE, portion mérid. de l'anc grand-gouvt de Guyenne-et-Gascogne, entre l'Océan à l'O., le Languedoc et le gouvt de Foix à l'E., la Guyenne au N., l'Espagne et le gouvt de Navarre et Béarn au S. Elle peut se diviser en 3 parties : 1° pays à l'O. et au N. du gouvt de Navarre et Béarn (Condomais. Gabarret, Marsan, Tursan, pays des Marennes, Landes, la Chalosse, le Labour); 2° pays à l'E. : ce sont au N. l'Armagnac, au S. le Bigorre, le Nébouzan, le Comminges, le Conserans; 3° la Soûle, au S. de tout le pays. Ch.-l. général, Auch, qui est aussi celui de l'Armagnac Elle a formé les dép. des H.-Pyrénées, du Gers et des Landes, et quelques parties de ceux des B.-Pyrénées, de la H.-Garonne, de Lot-et-Garonne et de Tarn-et-Garonne. — La Gascogne, qui formait du temps des Romains la Novempopulanie ou Aquitaine 3°, prit son nom des Vascons ou Basques, peuple d'Espagne qui, refoulé par les Goths, franchit les Pyrénées vers l'an 542, et s'établit dans les prov. nommées depuis Gascogne et Guyenne. Vaincus et soumis en 602 par Thierry II; roi de Bourgogne, et Théodebert II, roi d'Austrasie, ils furent réunis au duché d'Aquitaine. Mais dès 630, la,Gascogne fut détachée, avec l'Aquitaine, du roy. des Francs, et donnée à Boggis, 2e fils de Caribert. En 714, les Gascons se soulevèrent, mais Pépin et Char-lemagne les replacèrent sous la dépendance des ducs d'Aquitaine. La Gascogne formait alors un duché comprenant six comtés: Bigorre, Bordeaux, Agen, Fezensac, Lectoure, plus le comté de Gascogne propre, qui avait pour ch.-l. St-Sever, nommé pour cette raison Cap-de-Gascogne. Le titre de duc de Gascogne passa en 1036 par mariage à la maison de Poitieis-et-Aquitaine; en 1137 le mariage d'Eléonore, héritière des comtes d'Aquitaine, avec Louis VII, r»îunit un instant la Gascogne à la couronne de France ; mais le 2* mariage de cette princesse (avec Henri Plantagenet, 1152) mit la Gascogne sous la domination anglaise. Elle resta aux Anglais jusqu'enI 'i53, époque à laquelle Charles VII la réunit définitivement à la France. L'abbé Montlezun a publié en 1850 une Hist. de la Gascogne.

GASCOGNE (golfe de), Aquitanicus sinus, partie de l'Océan Atlantique comprise entre les côtes occident. de la France et les côtes septent. de l'Espagne.

GASCONS. Ce sont proprement les Basques venus d'Espagne pour occuper la Gascogne (V. GASCOGNE); . mais on étend vulgairement la dénomination de Gascons à tous les habitants du pays compris entre les Pyrénées et la Garonne. Les Gascons ont l'esprit fin, délié, adroit, fécond en inventions, mais ils ont aussi la réputation de fanfarons.

GASSENDI (Pierre), philosophe français, né en 1592 à Champtercier près de Digne, mort à Paris en 1655, se fit remarquer par sa précocité, obtint au concours une chaire de rhétorique dès l'âge de 16 ans, et enseigna la philosophie et la théologie à Aix "Us 21 ans. Il embrassa l'état ecclésiastique, devint en 1623 prévôt de la cathédrale de Digne, et fut pourvu d'un bénéfice avantageux qui lui permit de bonne heure de se livrer à son goût pour les sciences. En 1624, il publia une critique d'Aristote {Exercilatio-nes paradoxica; advenus Aristutelem), qui souleva beaucoup d'adversaires, mais qui attira sur lui l'attention. En 1645, il fut appelé à Paris et nommé professeur de mathématiques au Collège de France. Il se lia avec les savants les plus distingués, tels que Galilée, Kepler, Hobbes, Mersenne, Pascal, Lamot!ie-le-Vayer, et devint le centre de leurs réunions. Savant universel, il se distingua à la fois comme philosophe, physicien, mathématicien, astronome, historien, antiquaire; mais c'est surtout comme philosophe qu'il est célèbre. II fut un des premiers à sentir le vide delà philosophie d'Aristote et il l'atta ;ua hardiment dans ses Êxercitalioiies ; il lui préférait celle d'Épicure, et il fit des travaux d'une érudition admirable pour restaurer et réhabiliter cette doctrine si longtemps oubliée et condamnée. Il publia dans ce but trois ouvrages importants :De Vitari moribus Epicuri, 1( 47; Animadversiones in librum X Diogenis Laertii (livre consacré à Epicure), 1649; SyMagma philosophie Epicuri, 1649; il y rassemblait tous les passages des anciens ou il est parlé d'Épicure, exposait et confirmait plusieurs des opinions de ce philosophe, tout en combattant avec force ses dogmes impies. Gassendi se forma en outre une doctrine à lui, sorte d'éclectisme qui avait pour base les données de l'expérience : elle se trouve exposée dans son Syntagma philosophicum, ouvrage posthume, où il traite toutes les parties de la science. Il eut avec Descartes de vives discussions et écrivit contre lui deux traités : Disquisitio meta-physica advenus Cartesium, 1642; Ûubitationes et instantije adversus Carlesii metaphysicàm, 1644 ; il attaquait surtout la doctrine des idées innées, et enseignait que toutes nos idées viennent des sens, les unes immédiatement, les autres mèdiatement. Il réfuta aussi les folies mystiques de Robert Fludd et de Morin. On doit à Gassendi plusieurs ouvrages d'astronomie, d'importantes découvertes sur cette science, et d'excellentes biographies de Tycho-Brahé Copernic, Peyresc, etc. Ses œuvres ont été réunies à Lyon, 1658, 6 v. in-fol., avec sa vie parSorbière. Bernier a donné un excellent Abrégé de sa doctrine ; Molière et Bachaumont avaient reçu ses leçons.

GAssENni (J. J. BASILIEN de), général d'artillerie, de la même famille que le préc., né à Digne en 1748, mort en 1828, se distingua surtout au passage du St-Bernard, où il donna l'idée de transporter les canons à bras en les plaçant dans des troncs d'arbres creusés, quitta le service, avec le grade dégénérai de division, pour entrer dans l'administration, devint conseiller d'État, sénateur en 1806, et filt nommé pair de France par les Bourbons. On lui doit l'Aide-mémoire à l'usage des officiers d'artillerie, 1789, manuel estimé et souvent réimprimé.

GASSION (Jean de); maréchal de France, né à Pau en 1609, servit en Piémont sous le duc de Rohan, passa ensuite en Suède, et combattit en Allemagne sous les ordres de Gustave-Adolphe ; se signala à la bataille de Leipsick, gagnée par ce prince en 1631; revint en France après la mort de Gustave, commanda l'aile droite de l'armée française à la journée de Rocroy (1643), et y décida la victoire.'La même année, après s'être signalé à la prise de Thionville, où il fut blessé, il fut créé maréchal, quoique huguenot. Il prit Courtray, Furnes, Dunkerque, mais en 1647 il reçut un coup de mousquet au siège de Lens, et mourut 5 jours après. Ce général joignait à une audace extrême dans l'action une grande prudence dans le conseil.

GASSNER (J. Joseph), né en 1727 à Bratz (Tyrol), mort en 1779, fut d'abord curé dé Klœsterle dans le pays des Grisons, et se fit une grande réputation par des guérisons qu'on régarda comme miraculeuses. Croyant que les maladies étaient l'effet de la possession, il prétendait les guérir en chassant les démons au nom de Jésus. Il parcourut, à partir de 1773, la Suisse et une partie de l'Allemagne, suivi d'une foule de malades, et séjou'rna surtout à Elwang, à Sulz-bach, à Ratisbonne. L'autorité ecclésiastique et l'empereur Joseph II, alarmés de l'influence qu'exerçait cet enthousiaste, le forcèrent à cesser ses dxorcismes et à se renfermer daiïs sa cure. (1777). On a écrit une foule de volumes, soit pour raconter, soit pour discuter les miracles de Gassner. Il a publié lui-même une Instruction pour combattre le Diable (en allern.), 1774.

GASTINE, GASTINAIS. V. GXTINE, etc. j

GASTON DE*POIX,'D'ORLEANS.*V.*POIX,1 ORLÉANS.

GASTON (Hyacinthe de), poète, né à Rhodez en 1767, mort en 1808, servit dans l'armée de Condé, puis se réfugia en Russie; revint en France sous le consulat et fut fait proviseur du lycée dé Limoges. On a de lui une traduction de Virgile en, vers (Paris, 1808), bien inférieure à celle de Delille.

GASTOUNI, v. de l'État de Grèce (Ëlide), sur une riv. de même nom, à 110 kil. N. O.de Tripolitza; 3000 hab. Petit port, château. Aux environs, ruines de l'ancienne Élis.

GATA, v. d'Espagne (Badaioz), sur la riv. Gâta, au pied des monts de Gâta, à 50 kil. S. 0. de Va-lencia: 2400 h. — Les. Monts de Gâta lient les monts de Grédos à la sierra Estrella: la Gâta (affluent de l'Alagon) y prend sa source. Ces montagâes tirent leur nom des carrières d'agates qui s'y trouvent.

GATA, Charidemum prom., cap d'Espagne, à la pointe S. O., sur la Méditerranée, au S. O, d'Alme-ria, par 36° 43' 30" lat. N., et 4" 28' 3" long. O. Du-quesne y livra aux Espagnols en 1643 un combat dans lequel il fut blessé.

GATAKER (Thomas), théologien et critique anglais, né à Londres en 1574, mort en 1654, fut successivement instituteur particulier, prédicateur, et recteur de Rotherhithe (Surrey). On a de lui plusieurs ouvrages de controverse et d'autres écrits dont les plus remarquables sont : un Discours sur la nature et l'usagedes loteries, 1619; une bonne édition, avec trad. latine, de Marc-Aurèle, précédée d'un discours sur la philosophie des Stoïciens, qui renferme de savantes recherches, Cambridge, 1652; et 6 livres de remarques critiques sous le titre d'Àdversaria miscellanea, 1659. Une partie de ses écrits a été publiée sous le titre d'Opéra critica, Utrecht, 1698, in-folio.

GATCHINA, v. de Russie, dans le gouvt et à 44 k. S. S. 0. de St-Pétersbourg; 8000 h. Château impérial, qui était le séjour de Paul I; école de jardinage; maison d'enfants trouvés et de jeunes aveugles.

GATES (Horace), général américain, né en Angleterre vers 1728, avait servi dans l'armée anglaise pendant la guerre de Sept ans. II s'établit dans la Virginie après la paix de 1763, prit les armes en faveur de sa nouvelle patrie lors de la guerre de l'indépendance, fut chargé du commandement de l'armée du Nord en 1776, battit le général Burgoyne en plusieurs rencontres et le força à mettre bas les armes à Saratoga b 17 octobre 1777. Nommé en 1780 général en chef de l'armée du midi dans la Caroline, il s'efforça vainement de résister à lord Cornwallis. Il mourut en 1806.

GATESUEAD, v. d'Angleterre (Durham), sur la Tyne, est considérée comme un faubourg de New-castle, dont elle n'est séparée que par un pont; 18 000 hab. Houilles, forges, fonderies de fer.

GATIEN (S.), évêque de Tours, un des apôtres des Gaules, vint d'Italie en ce pays vers 250 pour y prêcher la religion, fit un grand nombre de prosélytes, s'arrêta à l'ours, dont il fut le 1" évêque, et subit le martyre vers 301. On le fête le 18 déc

GÂTINAIS, Vastiniensis pagus , anc pays de France, était divisé en Gâtinais français (dans l'Ile-de-France) et Gâtinais Orléanais. Le'l" avait pour capit. Nemours, et forme auj. la partie S. O. du dép. de Seine-et-Marne. Le 2e avait pour capit. Montar-gis, et renfermait le petit pays de Puisaye; il forme auj. l'E. du dép. du Loiret et quelques portions de ceux de la Nièvre et de l'Yonne. Ce pays était renommé par son miel et son petit vin. — Le Gâtinais eut dès le XIe siècle des comtes particuliers. Geoffroy le Barbu, l'un d'eux, fils d'Hermengarde, sœur de Geoffroy le Martel, comte d'Anjou, succéda àson oncle dans le comté de Touraine, mais fut dépouillé par Foulques, son frère cadet. Celui ci, craignant la colère du roi de France, Philippe I, lui céda le Gâtinais, qui fut dès lors réuni à la couronne.

GÂTINE ou GASTINE (c-à-d. lande défrichée), nom donné à plusieurs pays de l'anc. France, notamment à une partie du Bas-Poitou, qui avait pour lieu principal Parthenay. 11 fait auj. partie des Deux-Sèvres.

GATTEAGX. (Nie Marie), graveur en médailles, né en 1751 à Paris, mort en 1832, était fils d'un serrurier. Il montra une aptitude précoce pour le dessin et devint, sous Louis XVI, graveur du roi. Parmi ses médailles, on remarque l'Etablissement de l'École-de-Médecine de Paris, le Sacre de Louis XVI, l'Invention des aérostats, la Fédération, la médaille pour les Prix de vertu de l'Académie, et une foule de portraits. Habile mécanicien, il a inventé la presse à timbrer, ainsi qu'une machine pour la mise au point des œuvres de sculpture. — Son fils, Edouard G., né en 1788, s'est distingué à la fois comme graveur et comme sculpteur.

GATTEL , lexicographe , né à Lyon en 1743 , mort en 1812, enseigna la philosophie à Lyon, la grammaire générale à Grenoble, et devint sous l'Empire proviseur du lycée de Grenoble. On a de lui un Dict. espagnol-français et français-espagnol, Lyon, 1790, et un Dictionnaire portatif français, Paris, 1797, et 1819, 2 v. in-8 : c'est un ouvragé estimé.

GATTEVIIXE, vge du dép. de ta Manche, à 26 k. E. de Cherbourg; 1170 hab. 11 donne son nom au promontoire qui termine la presqu'île du Cotentin à

l'E., et à un beau phare, haut de 70°', bâti sur ns promontoire en 1833.

GAU, anc nom en usage en Germanie pour désigner une circonscription territoriale. Lesgaus étaient administrés par un comte dit gaugraf. Il en reste encore des vestiges dans les nomsdeBrêoatt, Thur-gau (d'où Thurgovie), Nordgau, Sundgau, ,etc

GAU (Franc. Chrét.), architecte, né en 1790 à Cologne, mort à Paris en 1854, s'était fait naturaliser. Il étudia sous Debret et Lebas, alla explorer les monuments de l'Egypte et de la Nubie, publia à son retour les Antiquités de la Nubie, avec un texte rédigé par Niebuhr et Letronne, 1821-23, et acheva en 1824 les Ruines de Pompeies de Mazois. On lui doit les plans de l'église Ste-Clotilde, à Paris, ainsi que la prison de la Roquette, ingénieusement disposée pour l'isolement et la surveillance.

GAUBIL (Antoine), savant missionnaire jésuite, né à Gaillac en 1689, mort-en 1759, fut envoyé à la Chine en 1723, y apprit parfaitement les langues chinoise et mantehoue, devint interprète de la cour impériale, exerça cette charge pendant 30 ans, et mérita l'entière'confiance de l'empereur. Il mourut à Péking en 1759. C'est peut-être celui de tous les Européens qui a le mieux connu la littérature chinoise. On a de lui : Traité historique et critique de l'astronomie chinoise ; Histoire de Gentchiscan (Gen-gis-Khan) et de toute la dynastie des Uongoux, 1739; Traité de la chronologie chinoise ; une trad. française du Chou-King, livre qui renferme les traditions historiques de la Chine, 1771; Description de Péking, 1785 (posthume); des notices et des lettres, dans le recueil des Lettre^ édifiantes (t. XVI à XXXI).

GAUCIIER DE CHÂTILLON. V. CHÂTILLON.

GAUCUOS,nom que portent dans l'Amérique méridionale, surtout au Brésil, dans l'Uruguay et la Plata, les habitants de la campagne, issus pour la plupart du mélange des Espagnols avec les indigènes. A peine civilisés, ils élèvent des bêtes à cornes et des chevaux sauvages, et sont remarquables par leur vigueur et leur agilité.

GAUDEN (J.), évêque anglican, né en 1605, mort en 1662, était chapelain à Warwick au commencement de la guerre civile sous Charles Ier, et se déclara d'abord pour le Parlement; mais à la vue des excès qui se commettaient, il changea d'opinion et embrassa la cause royale. Il publia après l'exécution du roi un ouvrage qui eut un grand succès, YÉikôn basilikè, ou portrait du roi dans ses souffrances. Au retour de Charles II, il fut fait évêque d'Exeter, puis de'Worcester (1662).

GAUDE.VTS (les Chevaliers), ordre particulier à l'Italie, institué en 1204 par quelques nobles bolonais, et approuvé par Urbain IV. Ils s'obligeaient à protéger la veuve, l'orphelin et le pauvre, et à s'entremettre dans l'intérêt de la paix. Ils portaient le manteau blanc, et la croix rouge surmontée de deux étoiles. Ils devaient être nobles de père et de mère; ils suivaient la règle des Dominicains, sans être astreints au célibat nia la vie commune. Le P. Dominique Federici a écrit leur Histoire, Venise, 1787.

GAUDICHAUD (Ch.), botaniste, né en 1789 à Angoulême, mort en 1854, était pharmacien de marine. Attaché comme naturaliste aux expéditions scientifiques de l'Uranie, de l'Hermine et de la Borée, il en publia la partie botanique. II n'était pas encore de retour de ses voyages, lorsqu'il fut, en son absence, nommé membre de l'Académie des sciences (1837). Il eut avec Mirbel une polémique des plus vives et des plus intéressantes sur le mode de développement des végétaux. Outre ses voyages, il a publié des Recherches générales sur l'organo-graphie, l'organogénie, la physiologie, qui obtinrent en 1835 le prix de physiologie expérimentale décerné par l'Académie des sciences.

GAUDIN (Michel Charl.), duc de Gaête, habile financier, né en 1756 à St-Denis, mort en 1844, fut . nommé * Ï Necker chef d'un des bureaux de la direction générale des contributions, devint en 1791 un des commissaires de la Trésorerie créée par l'Assemblée nationale, accepta le portefeuille des finances après le 18 brumaire (1799) et le garda jusqu'à la chute de l'Empire. Il releva le crédit, établit le système de contributions directes qui nous régit encore, exécuta le cadastre, et fit créer le ministère du Trésor, ainsi que la Cour des comptes. Il fut en récompense nommé duc de Gaëte (1809) et resta jusqu'au bout fidèle à Napoléon. Accusé d'avoir aidé l'empereur à spolier le trésor, il vit son innocence proclamée par Louis XVIII lui-même. Nommé gouv. de la Banque en 1820, il conserva ces fonctions jusqu'en 1834. Gaudin a publié des Mémoires et Souvenirs (3 vol. in-8, 1826-34).

GAUGAMELA, vaste plaine de l'anc. Assyrie, à rO. du Tigre et près d'Arbèles. C'est là que se livra la fameuse bataille vulgairement dite d'Arbèles.

GAULANITIDE, petit pays de Palestine, s'étendait depuis le mont Hermon au S. jusqu'au fleuve Hiéromax et avait pour v. princ. Gaulon et Gamala.

GAULE. On désignait sous ce nom : 1° la Gaule proprement dite ou Gaule Transalpine (France actuelle) ; 2° la Gaule Cisalpine (Italie septentrionale) ; 3° la préfecture des Gaules, qui comprenait avec la Gaule Transalpine les lies Britanniques et l'Hispanie.

I. GAULE proprement dite, appelée parles Romains Sallia Transalpina, parce qu'elle était située par rapport à eux au delà des Alpes, contrée de l'Europe anc, comprenant à peu près la France actuelle, plus la Belgique, avait pour limites au N. la Manche (Oceanus brilannicus) et la mer du Nord (Oceanus germanicus), à l'E. le Rhin et les Alpes, au S. la Méditerranée et les Pyrénées, à l'O. 1 Océan Atlantique. Elle était habitée, avant l'arrivée des Romains, par des peuples de quatre races différentes : 1° des Celtes ou Gafls ; 2° des Germains (Kymris ou Cimbres, Belges et Vokfues. Volcse), venus postérieurement; 3° des Ibères ou Ligures ; 4° des Grecs (les Massiliotes et leurs colonies). Ce pays n'avait pas de nom général, ni même de division géographique reconnue Provinces. Germanie ou Germanique 1™ ou supérieure, avant la conquête de César. Les Grecs l'appelaient vaguement Celtique. Les Romains, qui en possédaient depuis l'an 123 av. J.-C. Une portion au S. E., qu'ils appelaient Provincia (la Provence moderne), ne connaissaient pas les limites et l'étendue du reste.

Lors de la conquête de César (59 av. J.-C), on

distinguait dans la Gaule deux parties : la Province romaine, dite aussi Gallia braccata, à cause des braies ou hauts-de-chausses que portaient les habi tants; la Gaule libre, ou chevelue (Gallia _comata), ainsi nommée à cause des longs cheveux qui distin guaient ses habitants. Celle-ci se subdivisait : 1° en Belgique, alors bornée au N. et à l'E. par le Rhin (Rlienus), au N. O. par la mer de Germanie, au S. O. par la Marne (Mairona) et la Seine (Sequana): 2° en Aquitaine, entre l'Océan, la Garonne et les Pyré nées; 3° en Gaule propre ou Celtique, entre le Rhône, la Garonne, l'Océan, la Seine, la Marne, et la partie inférieure du Rhin. A celte époque, la Gaule comptait, dit-on, 400 peuples et 800 villes, formant des confédérations où les plus faibles étaient groupés à divers titres comme sujets ou comme clients autour des plus puissants. Ceux-ci' étaient : l°dans la G. Belgique, les Bellovaci, Suessiones, Rémi, Treveri, Nervii; 2° dans la Celtique, les Helvetii, Sequani, JEdui, Arverni, Armoricï, Carnutes, Senones; 3° en Aquitaine, les Tarbelli et les Ausci. II faut y ajouter, dans la Province romaine, les Allobroges, les Cavares, les Tolosates. — Auguste partagea la Gaule en 4 grands départements : Narbonnaise, Aquitaine, Lyonnaise et Belgique. Dans cette dernière, la contrée située sur la r. g. du Rhin fut sous-divisée en Germanique supérieure et Germanique inférieure (dites plus tard 1» et 2°); l'Aquitaine s'étendit au N. jusqu'à la Loire. — Lors de l'organisation de l'empire sous Constantin, la Gaule propre fut comprise avec la Bretagne romaine, l'Hispanie, et la MauritanieTingitane, dans la Pré fecture des Gaules; elle forma un des trois diocèses de cette préfecture et.se subdivisa elle-même en 17 .* . provinces dont voici le tableau : Chefs-lieux. Pays-modernes correspondants. i M„mmt;,m,m m,™ f Grand-duché'du Bas-Rhin. — Hesse-Darmstadt. — j Moguntiacum (Mayen-**Bavjère Rnénane. „Départements français du Haut oe" l et du Bas-Rhin. Germanie ou Germanique 2* ou inférieure, nâle, Nord-Brabant, Zélande, Anvers, Limbourg; (. Liège, Namur. — Grand-duché du Bas-Rhin. r Grands-duchés du Bas-Rhin et de Luxembourg. — *Départements français: Meuse, Moselle, Meurthe, \ Vosges, Haute-Marne. /Pays-Bas: Flandre, Hainaut. — Départements fran- ]*çais:Nord, Pas-de-Calais, Somme, Oise, Aisne, ( Marne, Haute-Marne. i Haute-Marne, Côte d'or, Nièvre, Allier, Saône-et- i*Loire, Rhône, Loire, Ain.

I Seine-et-O., Seine-Inf., Eure,CaIvados,Orne, Manche. r. ., _ /o. * I Finistère, Côtes-du-N., Ille-et-ViL, Morbihan, Loire-Ctesarodunum (Tours), { InfM j^enne, Sarthe, Maine-et-L., Indre-et-L.

(Seine-et-Marne, Seine, Seine-et-Olse, Eure-et-Loir, l*Loir-et-Cher, Loiret, Nièvre, Yonne, Aube. ! Haute-Saône, Doubs, Jura, SaÔne-et-Loire, Ain. Cher, Indre, Creusa, H.-Vienne, Corrèze, Puy-de-D., Allier, Lozère, Cantal, Aveyron, Lot, Tarn-et-G. Îl Loire-Inférieure, Maine-et-Loire, Vendée, Deux-Sèvres, Vienne, Charente-Inférieure, Charente, Gironde , Dordogne , Lot-et-Garonne, Gers. Conven», Ausci (Auch) J Gironde, Landes, Gers, Haute-Garonne, Hâutes-Py- ou Elusa (Eauze),**'*rénées, Basses-Pyrénées, Ariége. Narbo* Martius*(Nar-{ H.-Garonne, Ariége, Pyrénées-Orient., Aude,Tam-1*et-Gar., Tarn, Hérault,*Gard, Lozère, Ardèche. B.-du-Rhône,Var,Vaucluse,B.-Aip., .H.-Alp., Isère. B.-du-Rhône,Vaucluse, Drôme, Isère, Ain, Savoie. Var, Basses-Alpes, Hautes-Alpes, Alpes maritimes. — Suisse : canton de Genève. Belgique 1", Belgique 2°, Lyonnaise 1", Lyonnaise 2*, Lyonnaise 3«, Lyonnaise 4°, Grande Séquanaise, Aquitaine 1™, Aquitaine 2°, Aquitaine 3° ou Novempo pulanie, Narbonnaise 1™, Narbonnaise 2°, Viennaise, Alpes Maritimes, Treveri (Trêves), Rémi (Reims), Lugdumim (Lyon), Botomagus (Rouen), Senones (Sens), Vesontio (Besançon), Avaricum (Bourges), Burdigala (Bordeaux), i Colonia Agrippina (Co-{ PnaJf-Bas : glande méridionale, Gueldre. méridio- **logne),

bonne), Aquee Sextiae (Aix), Vienna (Vienne),

Ebrodunum (Embrun) J Savoie. — Suisse : canton du Valais. Alpes Grecques et Pennines {B*™^&Û™ Au v* siècle la Viennaise fut partagée en 1" et 2", et alors il y eut 18 provinces en Gaule. Les principales villes des Gaulois avant la conquête étaient (indépendamment des villes antiques de Massilia, Tolosa, Narbo) Gergobia, Uxellodunum, Ayaricum, Genabum, Bibraçte, Vesontio, Aventi-cum, Alesia, Durocortorum, Àgendicum, Autricum, Bratuspantium, Treveri. Sous les Romains beaucoup d'autres villes devinrent importantes, les unes fondées par eux, comme Aquœ Sextiae ou Aix, Lugdu-num ou Lyon, Colonia Agrippina ou Cologne, les autres antérieures à leur domination: Arelate, Ave-nio, Arausio, Vienna, Cuiaro ou Gratianopolis, Noiodunum (Nyons), Nemausus (Nimes), Cossio ou Vasates, Elusa, Aquee Tarbellicœ, Burdigala, Divona ou Cadurci, Limonum ou Pictavi, Nemetum ou Ar-verni, Nevirnum, Turones, Suindinumou Cenomani, Lutetia ou Parisii, Nemetacum ou Atrebates, Sama-robriva ou Ambiani, Tungri, Argentoratum, Mo-guntiacum. C'est à Trêves que résidait le préfet des Gaules.

Les Gaulois ne commencent à figurer dans l'histoire qu'au vi" siècle av. J.-C. Vers l'an 587, des bandes gauloises, chassées de leur territoire par l'invasion des Kymris, allèrent s'établir en Germanie sous Sigovèse, en Italie sous Bellovèse; et pendant 67 ans cette émigration continua vers l'Italie septentrionale, d'où elle fit disparaître la domination étrusque, et qui prit alors le nom de Gaule Cisalpine. Ils firent d'autres invasions dans l'Italie centrale (390-348), où ils furent un moment maîtres de Rome (389) ; en Grèce (279 et 278), où ils ne furent détruits que par la fureur des éléments; en Asie, où ils fondèrent un Etat fédératif (laGalatie). Ils acquirent par là une grande réputation de bravoure et devinrent la terreur des pays qu'ils avaient envahis. Après de longues guerres, les Romains soumirent la Gaule Cisalpine (310-163), et bientôt après ils attaquèrent la vraie Gaule, la Gaule au N. O. des Alpes. Appelés d'abord au secours des Massiliens, ils défirent les Décéates et les Oxybiens, qui les menaçaient. battirent en plusieurs occasions, de 125 à 118, les Salluves, les Ligures, les Voconces, les Allobroges, les Arvernes, et formèrent dès lors la rrovince romaine (121), qui dans l'origine ne comprenait que des pays situés à l'E. du Rhône, mais qui à partir de l'an 106 embrassa les Helviens, lesArécomiques, lesTec-tosages, les Tolosates et les Sardones. De 58 à 50, César soumit le reste de la Gaule. Depuis ce temps, sauf les révoltes de peu de durée (V. CIVILIS, CLASSICUS,*SABINUS, POSTHUME, VICTORINUS,*TETRICUS), Ce pays resta soumis aux Romains jusqu'à l'invasion de 406. Leur domination n'y cessa totalement qu'en 486 (à l'époque de l'établissement des Franos). '_ La religion des Gaulois était le druidisme (V. DRUIDES); leur langue était le celtique ou gaélique (V. GAELIQUE); leur civilisation était peu avancée : de puissantes corporations de prêtres, des nobles guerriers, autour desquels se groupaient des espèces de clans, une population agreste de serfs, voilà quels étaient les éléments de la nation gauloise. Dans les cas de guerre générale, plusieurs grandes nations s'unissaient par des confédérations pour mieux résister à l'ennemi; on élisait un chef qui avait autorité sur tous. Les vêtements nationaux étaient la saie (sagum) et les pantalons (braccse); les armes vulgaires, l'angon (espèce de javelot) et le gais (gœsum, espèce de pieu) ; les sabres étaient de cuivre et mal trempés. —M. Amédée Thierry a donné l'Histoire des Gaulois. Une Carte des Gaules a été entreprise en 1869 par ordre de l'empereur Napoléon III. i

II. GAULE CISALPINE, Gallia Cisalpina (auj. Etais | sardes, royaume Lombard-Vénitien, Emilie, etc.), | partie sept, de l'Italie, ainsi nommée de sa position en-" décades Alpes relativement aux Romains. On la nom-1 mait aussi quelquefois Gallia togala. Elle avait pour | limites à l'O. le Var et les Alpes, au N. les Alpes et | les lacs situés à leur pied, à l'E. le territoire de | Tergeste (Trieste), au S. le Rubicon et l'Arno ou la g** Macra. Elle était divisée en 4 régions, dont les deux premières étaient séparées' par le Padus (le Pô) : 1° Gaule Cispadane (auj. duchés de Parme et de Mo-dène, Bolonais, Ferrarais etRomagne); villes: Pla-centia et Ravenne; 2° Gaule Transpadane (auj. Piémont septentrional et Milanais); villes : Augusta Prxtoria, Augusta Taurinorum, Segusio;3° Ligurie (auj. duché de Gênes), au S. O; villes: Genua, Al-bium Intemelium; 4° Vénétie et Istrie (auj. pays Vénitien), au N. E.; villes : Adria, Palavium. — Sous Constantin,la Gaule Cisalpine fut partagée: 1° en Gaule Cispadane, subdivisée en Flaminie, •lEmilie, Picenum; 2° en Gaule Transpadane, subdivisée en Vénétie, Istrie et Ligurie. On y ajouta les Alpes Cottiennes, près des sources du Pô, et les deux Rhéties qui avaient appartenu à la Germanie. — Le nom de Gaule Cisalpine s'appliquait plus spécialement à la Cispadane et à la Transpadane; car ces deux contrées avaient pour principaux habitants des Gaulois, tandis que les Ligures étaient Ibères, et que les Vénitiens semblent être de race slave. — La G. Cisalpine, primitivement peuplée de Pélasges, fut ensuite soumise en partie par les Rasènes ou Etrusques, qui formèrent, au N. et au S. du Pô, une confédération de 12 cités. De 587 à 520 les Étrusques-furent assujettis ou chassés par les Gaulois, qui fondèrent dans ce pays les v. de Mediolanum, de Bres-cia, de Vérone, etc. C'est de la G. Cisalpine devenue gauloise que partirent les expéditions qui de 390 à 348 firent trembler Rome. En 312, les Sénones s'unirent aux Étrusques pour repousser les attaques de Rome, mais ils furent vaincus. Ils reprirent les armes avec les Ombriens et d'autres Gaulois en 299, et furent encore battus, surtout en 283, au lac Vadimon. Les Gaulois Boïens et les Insùbres éprouvèrent le même sort de 238 à 232, de 225 à 322. Lors de la 2e guerre punique, ils se déclarèrent pour Annibal et firent du mal aux Romains, surtout en 215, à la bataille de Litana Sylva. Victorieuse de Carthage, Rome se vengea des Gaulois cisalpins : elle soumit successivement les Cénomans (197), les Insùbres (194), les Boïens (192), les Liguriens (189-163), le littoral de la Vénétie (183), les Euganéens (117), les Carnes (115); enfin Auguste, en réduisant les Salasses, acheva la soumission de toute cette contrée.

III. GAULES (préfecture des), grande division établie par Constantin. V. ci-dessus GAULE (en général).

GAULE CISPADANE et TRANSPADANE, subdivisions de la Gaule Cisalpine. V. GAULE CISALPINE.

GAULMIER (Eugène), poète, né en 1795 à St-Amand (Cher), était fils d'un receveur des finances. Après s'être destiné successivement à la médecine, au droit, à l'Église, il se voua à l'enseignement et professa avec distinction la rhétorique à Nevers, à Reims, à Bourges. Il cultivait en même temps la poésie avec une ardeur qui lui devint funeste : il succomba prématurément, en 1829, à une affection cérébrale. Il avait composé un grand nombre de poésies où brillent des beautés de premier ordre, et avait entrepris de traduire Tibulle ; ses œuvres éparses ont été recueillies par ses anciens élèves (3 vol. in-8, 1830). On y remarque, outre sa trad. de Tibuile, son Ode sur le dévouement de Malesherbes, couronnée en 1821 par l'Académie française, ses pièces sur le Dévouement des médecins français à Barcelone, sur la Traite des Nègres, l'Élégie sur la mort d'un écolier, la Jeune mère mourante, l'Ode à Manuel, les Souvenirs du poète, ainsi qu'un discours sur les Nouvelles doctrines littéraires, où il combat les tendances romantiques.

GAULIUIN (Gilbert), né à Moulins en 1585, mort en 1665, avait été intendant du Nivernais et conseiller d'État, il était très-versé dans les langues grecque et orientales. On a de lui des trad. latines des romans de Rhodante et Dosiclis de Théodore Prodromus, 1625; d'ismène et Isménie d'Eumathe, 1618; du livre anonyme De Vita et morte Mosis, hébreu et latin, avec notes, 1629, et du Livre }*s lumières en la conduite des rois, de Pilpay, 164-1.

GAULNA ou GALNA, V. forte de l'Inde anglaise (Bombay), ch.-l. d'un district de même nom, à 130 k. S. K de Surate. Prise par les Anglais en 1804.

GAULOS, île de la Méditerranée. V. GOZZO.

GAULTIER (N.), Gualterius, chevalier français, fit partie de la croisade entreprise par Godefroy de Bouillon; devint chancelier de Roger, prince d'An-tioche; fut pris par les Musulmans, après la fin malheureuse de ce prince, et écrivit à son retour les événements qu'il avait vus (1115-1119), sous le titre de Bella Antiochena (dans le recueil de J. Bongars).

GAULTIER (Philippe), Gualterus de Insulis, G. de Castellione (de Châtillon), né à Lille en Flandre au XII" siècle, mort vers 1201, a composé vers 1180 un poëme héroïque latin intituléAlexandreis, sive Gesta AlexandriMagni, qui a été publié à Strasbourg, 1513, et à Lyon, 1558. Ce poème, qui n'est pas sans mérite, fut longtemps regardé comme classique. L'auteur y suit Quinte-Curce; il peint avec force et chaleur; mais on lui reproche de l'emphase, des négligences de style et des fautes de prosodie.

GAULTIER (Claude), avocat au parlement de Paris, né en 1590, mort à Paris en 1666, a laissé des Mémoires et des Plaidoyers, qui ont été réunis à Paris, en 1662. Il n'est plus guère connu que par ces vers de Boileau (sat. IX) :

Dans vos discours chagrins, plus aigre et plus mordant Qu'une femme en furie, ou Gaultier en plaidant.

GAULTIER (Edouard Camille, dit l'abbé), instituteur, né en 1746 à Asti en Piémont d'une famille française, mort en 1818, fut ordonné prêtre à Rome, vint se fixer à Paris en 1780, et se consacra à l'éducation de l'enfance. 11 avait imaginé, pour aplanir au premier âge les difficultés de la science, de réduire les études élémentaires à une espèce de jeu, de tout mettre en action, de provoquer sans cesse l'activité de l'esprit par des interrogations et de récompenser immédiatement les efforts au moyen de jetons. 11 ajouta plus tard à cette méthode l'enseignement mutuel. Forcé pendant la Révolution de se réfugier en Angleterre, ily obtint des succès brillants; il revint an continuer l'application en France en 1800. Il a laissé un cours complet d'études élémentaires (lecture, écriture, arithmétique, langues française, latine; géographie,histoire,etc),formant 21 vol. in-18. Voici les principaux: Leçons de géographie par le moyen du jeu, 1788; Jeu raisonnable et moral pour les enfants, 1791 ; Ejrpnsé du cours complet des jeux instructifs, 1802. 11 a formé des élèves distingués qui ont propagé et amélioré sa méthode.

Yfly. GAUTHIER et GAUTIER. GAUR, v. de l'Inde. V. GOUR.

GAURE (comté de), anc petit pays de France, dans le Bas-Armagnac, avait pour ch.-l. Fleurance. Ce comté fut possédé successivement par les comtes cie Fezensac, par ceux d'Armagnac et par les sires d Aibret, d'où il passa à la couronne. Il est auj. compris dans le dép. du Gers et l'orme l'arr. de Lectoure.

GAURES, c-à-d. in/idèles, nom donné en Orient par les Musulmans aux sectateurs de Zoroastre.

GAURIUKS. V. GOURIDES.

GAURISANKAR ou EVEREST, un des pics les plus élevés de l'Himalaya, entre le Népal et le Sikkim. On lui donne 8840m.

GAURUS MONS, auj. Monte-Gauro (Terre de Labour), mont, des env. de Capoue. Le consul Valérius Corvus y battit les Samnites en 343 av. J.-C.

GAUSS (Ch. Fréd.), astronome et mathématicien, né à Brunswick en 1777, mort en 1855, trouva dès l'âge de 18 ans la méthode des moindres carrés, devint en 1807 professeur d'astronomie à Gœltingue, et consacra toute sa vie à des études astronomiques dans l'observatoire de cette ville. On a de lui : Disquisitiones arithmeticœ (1801)., ouvrage qui transforma l'arithmétique transcendante ; Theoria molus corporum cwlestium (1809), Theoria combinalioaii bbservationum erroribus ininimis obnoxix (1823), «., un Atlas du magnétisme terrestre (avec G. Weber). On lui doit de nouvelles méthodes pour calculer la révolution des planètes, l'invention du magnétomètre, celle de l'héliotrope, instrument propre à rendre visibles les stations les plus éloignées au moyen de la réflexion de la lumière solaire ; des travaux estimés sur la géodésie, la physique,du globe, etc. 1l était associé de l'Institut de France.

GAUSSIN (Jeanne Catherine GAUSSEM, dite Mlle), actrice de la Comédie-Française, était fille d'un laquais de l'acteur Baron et d'une ouvreuse de loges. Elle débuta à Lille, fut appelée à Paris en_1731, parut avec succès sur la scène dans les rôles de Junie, d'Andromaque, d'Iphigénie, de Bérénice ; créa le rôle de Zaïre, et reçut de Voltaire à ce sujet l'épitre la plus flatteuse. Elle ne montra pas moins de talent dans les ingénues et les amoureuses de la comédie que dans les jeunes premières de la tragédie. Sa sensibilité, la naïveté de son jeu, la grâce enchanteresse de son organe, la placèrent au premier rang. Elle quitta le théâtre en 1763, et mourut quatre ans après.

GAUTAMA. V. BOUDDHA GAOUTAMA. •

GAUTHEY (EmUian Marie), ingénieur, né à Chalon-sur-Saône en 1732, mort en 1806, fut directeur général des canaux de la Bourgogne, et inspecteur général des ponts-et-chaussées. On lui doit les quais de Chalon-sur-Saône, le pont de Navilly sur le Doubs, le canal qui joint la Saône à l'Yonne, celui qui va du Doubs à la Saône, etc. On a de lui : Application de la mécanique à la construction des voûtes, 1772; Projet de dérivation jusqu'à Paris des riv. d'Ourcq, Thé-rouenne et Beuvronne, 1803; Traité complet sur la construction des ponts et canaux navigables, 2 vol. in-4, 1809-13, publié par M. Navier, son neveu.

GAUTIER ou GAU rmER (S.), premier abbé de St-Martin de Pontoise, fut élu vers 1060, et mourut en 1099. On le fête le 8 avril.

GAUTIER, dit Sans avoir, chevalier français, bourguignon selon les uns, normand selon d'autres, se croisa à la voix de Pierre l'Ermite en 1096, et fut choisi par lui pour commander l'avant-garde des Croisés qui ne voulaient point attendre le.départ du général en chef, Godefroy de Bouillon. Il les conduisit avec des peines extrêmes à travers l'Allemagne, la Hongrie, fa Bulgarie, où presque tous furent tués par les habitants, irrités de leur indiscipline et de leurs rapines. Cependant Gautier put arriver à Cons-tantinople, où il fut accueilli par l'empereur Alexis Comnène. Il s'empressa de passer en Asie pour y combattre les Turcs; mais il périt dans une embuscade aux env. de Nicée.* ^_

GAUTIER DE BRIENNE,*duc d'Athènes. V, BRIENNE.

GAUTIER DE ST -VICTOR, abbé de la communauté de ce nom, qui vivait au xir» siècle, écrivit vers 1180 un traité intitulé : Contre les quatre labyrintlies, où. il combat certaines opinions d'Ahélard, de Gilbert, de Pierre Lombard et de Pierre de Poitiers, Ce livre curieux pour l'histoire du temps est resté manuscrit.

GAUTIER-GARGUILLE, fameux acteur et auteur de farces au temps de Louis XIII, né en Normandie, était camarade deTurlupin et de Gros-Guillaume, etépousa la fille de Tabarin. Attaché au théâtre de l'hôtel ,de Bourgogne, il excellait à contrefaire les Gascons et les vieillards dupés : son jeu était d'une bjniffonne-rie et d'un naturel achevés. Il a publié (1631) un recueil, réédité par Ed. Fournier (1855).

GAUTIER D'AGOTY (Jacques), membre de l'Académie de Dijon, né à Marseille en 1710, mort_en 1785, cultiva à la fois avec succès la peinture, la gravure, l'anatomieet l'histoire naturelle. Il partage avec Le-blond l'honneur d'avoir inventé la gravure en couleurs. On a de lui une Myologie complète en 20 planches imprimées en couleurs, 1746.11 avait commencé un Journal d'observations sur la physique qui a été continué par l'abbé Rosier. —Arnaud Èloï, son fils, a publié d'excellentes planches d'anatomie et d'histoire naturelle, 1757-73, gravées aussi en.çouleurs

GAUTIER DE SIBERT, membre de l'Académie des inscriptions, né à Tonnerre vers 1725, mort en 1798, a laissé outre S Mémoires insérés dans le recueil de l'Académie : Variations de la monarchie française dans son gouvernement, Paris, 1765-1789, 4'vol. in-12, ouvrage utile et intéressant, mais qui manque un peu de critique; Vies des empereurs Tite, An-tonin et Marc-Aurèle, 1769; Histoire des ordres de St-Lagare^ de Jérusalem etdn Mont-Carmel, 1775. Il a aussi écrit sur la Philosophie de Cicéron, sur la Différence des Académiciens et des Sceptiques.

GAUTIER.* V.*GAULTIER.

GAVARNIE, vge du dép. des Hautes-Pyrénées, sur le Gave de Pau, à 49 kil. S. S. E. d'Argelès et à 12 kil. S. de Luz-en-Barèges, près d'un port ou passage pour aller en Espagne; 360 hab. Près de là est une enceinte de rochers à pic, dite le Cirque, où le Gave se précipite d'une hauteur de 420™, en formant une magnifique cascade.

GAVE, Gabarus en latin, mot synonyme de torrent dans l'anc Béarn. — Gave de Pau, d'Oléron, de Mauléon, etc. V. le mot qui suit Gave.

GAVEAUX (Pierre), acteur et compositeur, né à Béziers en 1761, mort en 1825. Il quitta le petit collet pour le théâtre, débuta à Bordeaux, fut appelé à Paris en 1789, et chanta pendant 20 ans avec le plus grand succès au théâtre Feydeau. Comme, compositeur, il a donné 34 opéras : Sophie et Moncars (1797) et' Léonore (1798) sont les meilleurs. Sa musique était facile et chantante, mais faible. On a gardé mémoire de plusieurs de ses mélodies (la Piété filiale, le Petit matelot, le Bouffe et le tailleur, etc.) ; l'air qu'il composa en 1795, après les excès de la Terreur, pour le Réveil du peuple, hymne de Saint-Marc, eut une vogue extraordinaire.

G A VESTON (Pierre de), favori d'Edouard II, roi d'Angleterre, avait été placé par Edouard I près de ce prince encore jeune, et avait gagné son affection en corrompant ses mœurs, en lui inspirant des passions honteuses et en s'y prêtant lui-même avec une complaisance infâme. Ses prodigalités et son orgueil rirent plusieurs fois révolter la noblesse, et le roi fut obligé de l'exiler; mais à peine le mécontentement paraissait-il calmé qu'il le rappelait auprès de lui. II le créa comte de Cornouailles, en fit son premier ministre et lui donna la main de sa nièce, fille du comte de Glocester. Enfin les barons, las de supporter son joug,prirentlesarmes une dernière fois, le firent prisonnier et lui tranchèrent la tête, l'an 1312.

GAVIUS, citoyen romain, l'une des victimes de Verres, habitait une petite ville de Sicile, lorsqu'il fut arbitrairementt arrêté par le proconsul.battu de verges et mis en croix sur la place publique de Messine, malgré sa qualité de citoyen romain. Cicéron a éloqriem-ment raconté son supplice dans le De Supplicns.

GAVRAY, ch.-l. de c (Manche), sur ta Sienne, à 19 kil. S. O. de Coutances; 1500 hab. Toiles de crin pour tamis.

GAY (John), poète anglais, né à Bamstapie (De-vonshire) en 1688, fut d'abord commis chez un marchand de soie. La duchesse de Monmouth, qui avait eu occasion d'apprécier son talent, le prit pour secrétaire, et il put dès lors se livrer à loisir à son goût pour les lettres. Il accompagna comme secrétaire le comte de Clarendon dans son ambassade en Hanovre. Il jouit quelque temps des faveurs de la cour ; mais ayant été disgracié, il en conçut un vif chagrin et mourut peu après, en 1732," à 45 ans. On a de lui des comédies (The wife of Bath; What d'ye call il ? Three weeks after marriage); des opéras, dont les plus célèbres sont le Gueux (The Beggar) et Polly qui y fait suite; des tragédies et des poésies diverses, mais il est surtout connu par ses fables, qu'il composa en 1726 pour l'instruction du jeune duc de Cumberland, et par des Églogues rustiques (la Semaine du Berger), pleines de naturel. Ses fables ont été traduites par MmedeKéralio, Paris, 1759, et mises en vers par Joly de Salins, 1811.

GAY (Sophie DE LA VALETTE, dame), femme d'esprit, née à Paris en 1776, m. en 1852, était fille du financier La Valette. Mariée fort jeune à un agent de change, elle divorça en 1799 pour épouser M. Gay, qui fut sous l'Empire receveur général du dép. de la Roër. Son salon devint le rendez-vous de la plus brillante société : elle était particulièrement liée avec Pauline Bonaparte (princesse Borghèse). Elle débuta dans la carrière des lettres en 1802, par un roman assez faible, taure d'Estell, donna en 1813 léonie de Montbreuse, son chef-d'œuvre, en 1815 Anatole, récit plein d'intérêt, dont le héros est un sourd-muet, en 1818 les Malheurs d'un amant heureux, où elle peint au naturel la société du Consulat et de l'Empire. Depuis 1830, elle fit paraître une série d'ouvrages dans le goût du jour : la Physiologie du ridicule, la Duchesse de Chdteauroux, la Comtesse d'Egmont, le Comte de Guiche, etc. Parmi ses oeuvres dramatiques, on a remarqué le Marquis de Pomenars, donné à la Comédie-Française en 1819; le Chevalier de Canolle, à l'Opéra Comique, 1836. Poète et bonne musicienne, elle a composé les paroles et la musique de plusieurs romances qui ont eu la vogue, entre autres, Mœris. Elle a laissé des mémoires : les Souvenirs d'une vieille femme, publiés en 1834, en sont un fragment. Tous ses écrits brillent par un esprit naturel, un style net et courant, et respirent un rare parfum d'élégance et de bonne compagnie. Elle eut pour fille Delphine Gay (Mme Ém. de Girardin) : on a dit, sans vouloir rabaisser par là ses mérites personnels, que sa fille était son plus bel ouvrage.

GAY-LUSSAG (Nie François), chimiste et physicien, né en 1778 àSt-Léonard (Hte-Vienne), mort en 1850, entra à l'Ecole polytechnique, fut de bonne heure distingué par Berthollet, qui le dirigea dans ses premiers essais, débuta en 1802 par un beau travail sur la loi de la dilatation des gaz, exécuta en 1804, avec M. Biot d'abord, puis seul, deux célèbres ascensions aérostatiques, s'éleva jusqu'à 7000™ et fit dans ces hautes régions d'intéressantes observations de physique ; voyagea en 1805 et 1806 avec Alex, de Hum-boldt pour recueillir des observations magnétiques ; entreprit en 1808 avec Thénard, au moyen de la pile galvanique, des recherches sur le potassium, le sodium, le bore, récemment découverts par Davy, et publia en 1811 le résultat de ses travaux sous le titre de Recherches physico-chimiques (2 vol. in-8) ; fit dès 1813 une étude approfondie de l'iode, que lo salpêtrier Courtois avait trouvé par hasard, et publia sur ce sujet en 1816 un remarquable Mémoire; porta la lumière de l'analyse sur une foule de sujets de chimie et de physique, tels que le chlore, l'acide fluorique, l'azote, le soufre, l'acide prussique, le cyanogène, l'acide hydrochlorique; découvrit l'acide chlorique oxygéné ; étudia l'expansion de la vapeur, l'hygrométrie, la capillarité; compléta et fixa la théorie des proportions définies ; inventa l'alcoomètre qui a gardé son nom, construisit un baromètre transportable, trouva des méthodes plus sûres pour essayer l'or et l'argent, et porta dans les procédés et les instruments de la science une précision inconnue jusque-là. il avait été admis à l'Institut dès 1804; il devint bientôt professeur de physique à la Faculté des sciences, professeur de chimie à l'École polytechnique et au Muséum, vérificateur des ouvrages d'or et d'argent à la Monnaie,, membre du conseil de perfectionnement des poudres et salpêtres, etc. Député depuis 1831, il fut en 1839 nommé pair de France. En même temps que par ses travaux Gay-Lussac contribuait puissamment aux progrès de la science, son enseignement lucide et intéressant en répandait le goût. Ses nombreux mémoires ont été publiés dans les recueils de la Société d'Arcueil, de l'Académie des sciences, de la Société philomatique, dans les Annales de physique et chimie, qu'il rédigea avec Aragode 1816 à 1840. Son Cours de physique a été recueilli et publié en 1827 par M. Grosse-lin ; son Cours de chimie, par M. Gaultier de Claubry. 1828. Ce savant eut avec Dalton, Davy et Berzélius de vifs démêlés pour la priorité de quelques découvertes, qu'on lui disputait à tort.

GAYAH, v. de l'Inde anglaise (Calcutta), à 90 kil. S. de Patna, sur le Foulg/o; 40000 bab. Tille sainte, regardée comme la patrie de Bouddha. Il s'y rend annuellement 100000 pèlerins.

GAYANT, nom donné en Flandre, notamment à Douai, à un personnage légendaire en l'honneur duquel on célèbre une fête annuelle qui a lieu le 7 juillet ou le dimanche le plus voisin : on promène les mannequins gigantesques de Gayant, de sa femme et de ses enfants, en jouant un vieil air national. Gayant paraît n'être qu'une forme du mot géant.

GAZA (de ghaza, trésor, ou d'un mot hébreu qui signifie forte), auj. Gazzah, grande v. des Philistins, au S. d'Ascalon, au N. de Raphia et près de la mer. C'est de cette ville que Samson enleva les portes; c'est sous les ruines d'un de ses temples qu'il se fit écraser avec 3000 Philistins. Elle fut prise par Ézéchias, par Alexandre le Grand, malgré la résistance de Bétis, et fut reprise par Alexandre Jannée. Ftolémée et Séleucus y battirent Antigone en 312 av. J.-C. Détruite pendant les guerres civiles de la Judée, elle fut rebâtie par Gabinius. La Ville moderne de Gazzah a env. 5000 hab. Elle fut prise par les Français pendant l'expédition d’Égypte, en 1799.

GAZA ou GAZACA , v. de l'Atropatène, anc résidence d'été des rois de Perse. On en voit les ruines entre &ivan et Hamadan.

GAZA (Théodore), grammairien grec, né à Thessalonique vers 1400. mort en 1478, vint en Italie après la prise de sa ville natale par les Turcs en 1429, enseigna le grec à Ferrare et y fonda une académie ; fut appelé à Rome en 1455 par Nicolas V, et s'y lia avec le cardinal Bessarion. On a de lui une excellente Grammaire grecque, en grec, publiée avec trad. latine, par Erasme, Baie, 1521, et Paris, 1529; des trad. latines des Problèmes et de l'Hist. des animaux d'Aristote, ainsi que de plusieurs autres ouvrages.

GAZA (ENEE de), philosophe platonicien. F. ENEE.

GAZNA, GAZNAH ou BHistn, v. du Kaboul (Afghanistan), a. 100 kil. S. O. de Kaboul et à 2350™ au-dessus de la mer; 12 000 hab. Cette ville, importante autrefois, a donné son nom à la dynastie des Gaznévides, qui en est sortie, et qui y eut sa capitale. On voit encore aux env. le tombeau du sultan Mahmoud, le plus grand prince de cette dynastie; il est visité par une foule de pèlerins. Gazna fut prise en 1116 par les Perses et en 1158 par Ala-Ed-dyn, prince de Gour, qui en massacra les habitants. Les Anglais s'en sont rendus maîtres en 1839.

GAZNÉVIDES, dynastie tartareet musulmane qui régna 214 ans sur une grande partie de la Perse et de l'Hindoustan, tire son nom de la ville de Gazna, son berceau et sa capitale. Alp-TeMn, né à Gazna, et sorti de la nation des Turcs Hoêikes, secoua le joug des Samanides et fonda la dynastie vers 960. Sehek-Tekin, gendre d'Alp-Tekin, monta sur le trône après lui, en 975, et eut pour successeur son fils Mahmoud, qui prit le titre de sultan en 997, conquit une grande partie de l'Inde et de la Perse, et forma un vaste empire qui s'étendait de la mer Caspienne au Gange supérieur. Après la mort de Mahmoud, vers 1028, rempiregaznévide perdit beaucoup de sa puissance. Mas'oud, Mohammed, Maudoud, Mas'oud II, Aboiu-Haçan-Ali, Abd-el-Raschid, Ferokh-zad, lira» him, Mas'oud III, Chirzad, Arslan-Chah, Bahram-Chah, y régnèrent successivement jusqu'en 1158, époque où Bahram-Chah fut chassé de Gazna par Ala-Eddyn, de la dynastie des Gourides. Kosrou-Ghab. et Kosrou-Melik régnèrent encore quelque tempsàLahore, mais ce dernier fut vaincu et mis à mort en 1189, et en lui finit la dynastie des Gaznévides. Leur histoire, écrite en persan, a été trad. en allemand par Fr. Wilken, Berlin, 1832.

GÉANG1R ou DUHAN-GUIR (Aboul-Maz'Affer-Nour-reddin-Mohammed), empereur mogol, fils d'Akbar, né en 1569, monta sur le trône en 1605, après la mort de son père, et eut à combattre plusieurs de ses propres enfants. E mourut en 162T, laissant la réputation d'un prince juste,.équitable, généreux, ami et protecteur des arts et des lettres. On a de lui des mémoires sur les 17 premières année? de son rène et quelques chapitres ajoutés aux Commentaires e Babour sur sa propre Vie. H avait épousé la belle Nour-Bjiftan, qui eut sur lui un grand ascendant.

GÉANTS, êtres fabuleux, d'une taille colossale, nés de la Terre, qui, selon la Fable, avait été fécondée par le sang que perdit Uranus quand il fut mutilé par Saturne. On leur donne aussi pour père le Tartare. Confiants en leur force et leur taille monstrueuse, ils voulurent venger la défaite, des Titans, leurs proches parents, et tentèrent à leur tour de détrôner Jupiter; mais celui-ci, aidé d'ïtarcule. les terrassa bientôt t il les frappa de la foudre, précipita les uns dans les enfers et ensevelit les auttes sous de» montagnes volcaniques. Les plus célèbres sont Typhon, Typhoée, Encelade, Éphialte, Otus, Euryte, Ti-tye, Alcyonée, Porphyrïon, Briàrêe. Claudien a chanté leur défaite dans son poème de la Gigantomachie.— La Fable parle d'autres géants qui furent la terreur des humains : Antée, Géryon, Polyphème, etc. La Bible nous apprend qu'il exista un peuple de géants. Ils étaient de la race d'Énac et habitaient la terre promise avant l'arrivée de Moïse. Og, roi de Basan, l'un d'eux, n'avait pas moins de 9 coudées.

GÉANTS (CHAUSSEE DES). Y. CHAUSSEE.

GÉANTS (montagnes des), en allem. Riesengébirge, branche des monts Sudètes. F. SUDÈTESV

GEATJNE, ch.-I. dec. (Landes), à 24 kil. S. E. de St-Sever; 923 hab.

GEBEL, c-à-d. montagne. F. DJEBEL.

GÉBELIN* (COURT DE). F. COURT DE OÉËELIN.

GÉBER, TÉi3ESou PUBER, alchimiste arabe, né à Thous en Perse ou à Harran eu Mésopotamie, vivait à la fin du vin* siècle ou au commencement du ix". On ne sait rien de sa vie. Un. des premiers il tenta d'opérer là transmutation des métaux en or, et, tout en cherchant une chimère, il fit des découvertes importantes 0e sublimé corrosif; l'eau forte, l'eau régale, le nitrate d'argent, etc.). Ses ouvrages, qui se trouvent en mss. à la Bibliothèque irnpériale; ne sont connus que par des trad. latines. Les principaux sont : Alchemia, Berne-, 1545 ; ï e investigatione perfeclisnis melaïïorum, Baie, 1562; Sum-ma perfeclionis magisterii, Dàntzig, 1682 {trad. en français par Salmon, 1672). Ils ont été reproduits dans la Bibliothèque des philosophes chimisM de Man-get. On a fait honnête, à Géber, mais sans preuve, de l'invention de l'algèbre.

GEDANUM, nom latin moderne de DAHTZICK.

GÉDÉON, juge et général des Hébreux de -1349 à -1309. Voyant ses compatriotes opprimés par les Madîanites, il choisit les 300 plus Braves, les munit de vases de terre renfermant des flambeaux allumés, puis entra avec eux dans le camp ennemi, en leur ordonnant de sonner de la trompette et de secouer leurs flambeaux tous à la fois. Les Madianites, épouvantés par cette attaque nocturne, ainsi que de ce bruit et de cet éclat inattendus, et croyant les Hébreux en grand nombre, s'entre-tuèrent ou furent pris par l'ennemi. Les Hébreux, affranchis, offrirent le sceptre à Gédéon; mais il se contenta du titre de juge. Il mourut très-âgé, laissant 70 enfants, qui furent tous, à l'exception .de Joathan, tués par Abimélech, leur frère naturel!

GEDIKE (Fred.), instituteur allemand né dans la Brandebourg en 1754, mort en 1803, dirigea plusieurs gymnases en Prusse, devint membre de l'Académie de Berlin et du comité chargé de perfectionner la langue allemande, enfin inspecteur des écoles. Outre plusieurs compilations classiques, on a de lui : if. Tuttii Giceronishistorià phihsofhix an-tiqum, Berlin, 1781 et 1800, ouvrage précieux qui contient, dans l'ordre chronologique, tous les testes de Cicéron relatifs aux philosophes antérieurs. GÉDOYN (l'abbé), savant ecclésiastique, né à Orléans en 1667, mort en 1744, entra chez les Jésuites, professa la rhétorique dans leur collège de Blois, puis rentra dans le monde, fut admis chez Ninon de Lenclos, sa parente, et obtint par le crédit de ses amis des bénéfices avantageux. Il fut reçu en 1711 à l'Académie des inscriptions et en 17l'9 à l'Acad. française. Il a laissé une Traduction de Quintilien, 1718, réimprimée plusieurs fois, et assez estimée; une Traduction de Pausanias, 1731, des Réflexions sur le goût, et divers opuscules qui ont été réunis sous le titre d'OE-wvres diverses, 1745.

GÉDROSIE, Gedrosia, auj. le Mekran, grande prov. de l'empire des Perses, entre la Carmanie à l'O., l'Inde et l'Jndus à l'K., la Drangiane et l'Ara-chosie au N., s'étendait au S. le long de la mer Erythrée, était arrosée par YArbis et avait pour capitale une ville de Powra. On a peu de renseignements sur l'intérieur de cette contrée. Elle fut conquise par Darius I, puis par Alexandre.

GEEFS (Guiil.), sculpteur belge, né en 1806 à Anvers, mort en 1860. On lui doit le monument de la place des Martyrs, à Bruxelles, le monument de Mubens, à Anvers, etc.

GEEL ou GHEEL, v. de Belgique. Y. GHEEL.

GËFLE ou GEFLEBORG, v. de la Suède propre, ch.-l. du gouvt de même nom, à l'embouch. du Gefle dans le golfe de Botnie et à 158 k. N. N. O. de Stockholm; 9000 h. Évêché. Maisons en bois ; rues larges et bien pavées; commerce maritime florissant; pêche active.— Le gouvt de Gefle, formé des anc prov. de Gestrikland et Helsingland, compte 111 000 hab.

GEHENNE, vallée située au S. de Jérusalem, près de la porte dite des Potiers, sur les frontières des tribus de Juda et de Benjamin. Cette vallée, qui était riante et fertile, ayant été souillée par des sacrifices sanglants offerts au dieu Moloch, fut abandonnée; on y jeta depuis les cadavres des malfaiteurs et des animaux, et elle ne fut plus pour les Juifs qu'un lieu d'horreur et le symbole de l'enfer.

GEISPOLTZHEIM, v. d'Alsace-Lorraine, à 11 kil. S. O. de Strasbourg, sur le chemin de fer de Stras-no urg à Baie; 2200 hab. Rubans, amidon.

GELA, d'ab. Lindes, auj. Terranova ouÂlicata? v. de Sicile, sur la côte mérid., à l'emb. du Gelas. Fondée par les Rhodiens et les Cretois vers 690 av. J.-C, ellefondaàson tourAgrigente,puisPhintiade qui prit aussi le nom de Gela. Gélon, tyran de Syracuse, avait été d'abord tyran de Gela.

GÉLAD-EDDYN. V. DOELAD.

GELiE, peuple d'Asie. 7. CADUSII.

GÉLANOR, fils de Sthénélus, roi d'Argos, régnait vers 1572 av. J.-C. Il se vit enlever la couronne par Danaûs. Il fut le dernier des Inachides.

[[Gélase Ier[GÉLASE I (S.)]], pape de 492 à 496, approuva ce que son prédécesseur, Félix I, avait fait contre Acace; refusa d'admettre à sa communion Euphémius, patriarche de Constantinople, qui ne voulait pas condamner la mémoire de cet hérésiarque ; combattit également les erreurs des Eutychéens, et convoqua en 494 à Rome un concile dans lequel fut dressé le canon des saintes Écritures. On lui doit le Sacramen-tairede l'Église romaine, imprimé à Rome en 1640. On le fête le 21 nov.

GËLASE II, pape, né à Gaëte et connu d'abord sous e nom de Jean de Gaëte, l'ut élu en 1118. Cincio Frangipani, consul de Rome, qui avait voulu faire élire un autre pape, le contraignit à sortir de Rome, et, de concert avec l'empereur Henri V, fit élire à sa place Maurice Bourdin, sous le nom de Grégoire VIII. Gélase se retira à Gaëte, d'où il excommunia l'antipape et ses protecteurs. Il rentra un instant dans Rome, mais il en fut bientôt chassé de nouveau par Frangipani. Il se réfugia alors en France, où il fut reçu avec honneur, et termina ses jours dans l'abbaye de Cluny, en 1119.

GELBOÉ(mont), auj. Djilbo. petite chaîne de mont. de la Palestine, dans les tribus^'Issachar et de Zabulon, est célèbre par la défaite et la mort de Saûl, qui 7 fut battu par les Philistins (1040 av. J.-C). GELÉE (Claude), peintre. Y. LORRAIN (Claude)*

GELHEIM OU GCELBEIM. V. GŒLHEIM.

GELIMER, roi des Vandales. V. GILIMBR.

GELLERT (Christophe), littérateur allemand, né en 1715, à Hainichen, près de Freyberg en Saxe, enseigna avec succès la philosophie morale à Leip-sick, et mourut dans cette ville en 1769. Il a laissé des ouvrages de genres fort divers, des poésies religieuses, des comédies, des dissertations littéraires; mais il est surtout célèbre par ses Fables et ses Contes, dont un 1er recueil parut en 1746 et un 2° en 1748, et qui obtinrent une vogue populaire. On lui doit aussi des Leçons de Morale estimées, publiées après sa mort, 1770. Ses Fables ont été traduites en prose par Toussaint, Berlin, 1768, et mises en vers par Stévens, Breslau, 1777; sa Morale a été trad. par Pajon, Utrecht 1775. Ses œuvres complètes en 10 vol. in-8 ont paru àLeipsick, 1784, 1841, etc. — Son frère, Christlieb G., savant métallurgiste, 1713-95, fit à Freyberg des cours de minéralogie, de métallurgie et fut nommé administrateur des forges et fonderies de cette ville, 1764. On a de lui des Éléments de Métallurgie chimique, Leîpsick, 1750, et des Éléments de Bocimasie, 1755, trad. par d'Holbach, 1758. Il a le premier appliqué en grand le procédé d'extraction des métaux précieux par l'amalgamation à froid.

GELNHAUSEN, v. de • Prusse (Cassel), sur une haute mont., et près de la Kinzig, à 20 kil. N. E. de Hanau ; 4000 hab. Ane ville impériale. Ruines d'un palais de l'emp. Frédéric I.

GELON, tyran de Sicile, s'empara d'abord du pouvoir à Gela, l'an 491 av. J.-C, puis vint régner a Syracuse, en 484, et fit le meilleur usage de l'autorité qu'il avait usurpée. II allait secourir la Grèce envahie par Xerxès,quand les Carthaginois, à l'instigation de ce prince, attaquèrentla Sicile avec 300 000 h. Gélon les battit près d'Himère, les réduisit à demander la paix, et stipula pour 1" condition que Car-thage abolirait les sacrifices humains, 480. Il voulut ensuite abdiquer la puissance, mais le peuple le força de la garder. Il régna avec autant de justice que de sagesse, embellit Syracuse, reformates mœurs et mérita d'être appelé le Père de la patrie. Il mourut l'an 478 av. J.-C, et eut pour successeur Hiéron.

GELONS, Geloni, peuple sarmate, entre le Danà-ster et le Danapris, habitait au S. des Budini. Les villes grecques d'Olbia et d'Odessus étaient dans le pays qu'ils occupaient, mais sans leur appartenir. Les Gelons étaient d'origine grecque; ils étaient connus dès le temps d'Hérodote. A la fin du nc siècle de notre ère ils furent compris dans l'empire goth.

GEMARA. V. TALMUD.

GEMBLOUX ou GEMBLOURS, V. de Belgique (Namur), à 15 kil. N. O. de Namur; 2500 hab. Institut agricole. Ville jadis fortifiée; anc. abbaye de Bénédictins. En 1578, don Juan d'Autriche y battit à la tête des Espagnols l'armée des États généraux; en 1794, les Autrichiens, commandés par Beaulieu, y furent défaits par les Français.

GEMBLOOX (Sigebert de), bénédictin.' V. SIGEBERT.

GÉMEAUX, Gemini, le 3° des 12 signes du zodiaque, représente les deux Tyndarides, Castor et Pollux. Cette contellation était favorable aux navigateurs.

GEMELLI-CARERI(J. Fr.),voyageur,néà Naples en 1651, m. en 1724, exécuta de 1680 à 1698 un long et difficile voyage dans presque toutes les parties du monde; visita l'Europe, l'Asie et l'Afrique, s'avança jusqu'à la grande m.iraille qui sépare la Chine de la Tartarie ; puis parcourut le Mexique et plusieurs autres États de l'Amérique. En 1699, il pu-lia à Naples la relation de ses. voyages sous le titre de Giro del mondo (Tour du monde) ; elle a été trad. par Dubois de St-Gelais, Paris, 1719.

GEMENOS, bourg de France (B.-du-Rhône). à 20 kil, E. de Marseille; 1835 h. Verrerie, exploitation de la craie. Château et parc chantés par Delille. GÉMISTE PLÉTHON (George). F. PLETHON.

GEMMA (Régnier), sum. Frisius ou le Frison, mathématicien, né en 1508 à Dokkum en Frise, m. en 1555, enseignait à l'Université de Louvain. Il s'est rendu célèbre par ses travaux sur l'astronomie. On a de lui : Chartasive mappamundi, dédiée à Charles-Quint, Louvain, 1540; De Radio astronomico et geo-metrico liber, Anvers, 1545; De Annuli astronomici «««, 1548,_ De Principiis astronomix et comosgra-phix, Paris, 1547, 1582, trad. par Boissière; De Astrolabiocatholico, Anvers, 1540, in-8.— Son fils, Corneille Gemma, 1535-79, s'est distingué comme astronome et comme médecin. On a de lui, sous le titre de : De arte cyclognomica, une sorte d'encyclopédie des sciences médicales et philosophiques, Anvers, 1569, et un traité De nalurx divinis carac-terismis. 1575.

GEMMI(le), mont, de Suisse (Valais), sur les confins du canton de Berne et du Valais, a 2320™ de haut. On y a taillé dans le roc une route pour les mulets, qui part des bains de Louèche.

GÉMONIES, Gemonias scalx. On appelait ainsi à Rome un escalier qui descendait de la Prison au Forum et où l'on exposait les corps des suppliciés. Ce lieu était voisin du Tibre et du mont Aventin.

GÉMOZAC, ch.-l. de c (Charente-Inf.), à 22 kil. S. de Saintes; 656 bab.

GEMUND ou OMUND, v. des Ëtats autrichiens (II-lyrie), à 65 kil. N. O. de Klagenfurth ; 3500 h. Mines et fonderies de fer.

GENABUM, v. de la Gaule (Lyonnaise 4*), est auj. Orléans. On a dit à tort que c'était Gien.

GENAPPE, v. de Belgique (Brabant mérid.), sur la r. g. de la Dyle, à 25 kil. S. E. de Bruxelles; 1600 hab. Le château de Genappe fut assigné pour demeure par Philippe le Bon à Louis XI, alors dauphin, et réfugié près de lui. H se livra près de cette v., avant et après la bataille de Waterloo, plusieurs combats entre les Français d'un côté, et les Anglais et les Prussiens de l'autre.

GENÇAY, ch.-l. de c (Vienne), à28 kil. N. E.de Givray; 1150 hab. Etoffes de laine, poteries.

GENCE (J. B.), écrivain, né en 1755, à Amiens, m. en 1840, à Paris, avait été archiviste au dépôt des chartes et à l'Imprimerie impériale. Enthousiaste de l'Imitation de J.-C., il se consacra presque en entier à cet ouvrage, en donna une trad. en 1820 et fit paraître en 1826 une édition nouvelle de l'original, collationnée surun grand nombre de manuscrits. Ha tenté de prouver que le véritable auteur de ce livre fameux est le chancelier Gerson.

GENDARMES, GENDARMERIE. V. ces mots au Dictimiv. des Sciences, des Lettres et des Arts. ,

GENDREY, ch.-l. de c (Jura), à 20 kil. N. E. de Dôle; 700 hab.

GÉNÉBUARD (Gilbert),né à Kiom vers 1537,m. en 1597, entra chez les Bénédictins, se fit recevoir à Paris docteur en théologie, fut nommé en 1566 professeur d'hébreu au Collège de France, se signala par son zèle pour la Ligue et fut promu par Grégoire XIV à l'archevêché d'Aix. Ayant, dans un Traité des élections, attaqué la nomination aux bénéfices par le roi, il fut condamné par le parlement d'Aix, déclaré déchu de son archevêché et banni à perpétuité. Cependant il obtint de Henri IV de finir ses jours au prieuré de Semur. S. François de Sales se glorifiait d'avoir été son disciple. Oh a de Génèbrard, outre ses écrits de polémique, une Chronologie sacrée, en latin, 1580, in-fol., et une trad. française de Josèphe, 1578.

GÉNÉRAL D'ARMÉE, GÉNÉRAL D'ORDRE, GÉNÉRALISSIME. 7. ces mots au Dict. univ. des Sciences.

GÉNÉRA LIE (le), en espagnol Xeniralife, palais de plaisance des rois maures à Grenade, près de l'Alhambra, sur le penchant d'une colline, servait de résidence d'été.

GÉNÉRALITÉ (LA) OU PAYS DES ÉTATS GÉNÉRAUX. On désignait sous ce nom plusieurs pays sujets de la république des Provinces-Unies tout entière, et non d'une seule des provinces en particulier. .Ces pays comprenaient: 1° une partie du Brabant (v. princ, Bois-le-Duc, Eindhoven, Bréda, Berg-op-Zoom) ; 2° le district de MaSstricht; 3" une partie du Limbourg (Fauquemont, Dalem); 4° une partie du quartier supérieur de la Gueldre (Ven"loo-Stevens-"vVaard, Nieu-stadt) -, 5° une partie de laZélande (L'Écluse, Kadsand, Biervliet, Axel).

GÉNÉRALITÉS. On appelait ainsi, dans l'ancienne France, la juridiction d'un intendant général des finances. Le nombre des généralités varia souvent. Au milieu du XIVe siècle, on en comptait 4 : la Langue-d'Oc, la Langue-d'Oil, la Normandie et le pays d'Outre-Seine. Sous François I, il y en avait 16. En 1787, on en comptait 32, parmi lesquelles on distinguait : 20 généralités avec élections (les élections étaient les trib. chargés de juger en 1re inst. les contestations relatives aux impôts), savoir : Amiens, Rouen, Caen, Alençon, Paris, Soissons, Chalons-sur-Marne, Orléans, Tours, Bourges, Poitiers, La Rochelle, Moulins, Limoges, Riom, Lyon, Grenoble, Bordeaux, Montauban, Auch; — 12 généralités sans élections : Flandre, Hainaut, Lorraine, Metz, Alsace,Bretagne, Bourgogne, Franche-Comté, Toulouse, Montpellier, Roussillon, Aix. — En dehors de ces 32 généralités étaient les Pays d'états, qui votaient eux-mêmes leurs contributions et en réglaient la perception; c'étaient : les châtellenies de Lille et de Douai (dites état de Flandre), la Provence, le Béarn, la Basse-Navarre, le Bigorre, le comté de Foix, et les pays de Soule, d'Armagnac, de Nébouzan et de Marsan.— Toutes ces distinctions ont été abolies à la révolution de 1789.

GÊNES, surnommée Gênes-la-Superbe, Genua chez les anc., Genova en italien, grande ville du N. de l'Italie, chef-lieu de la province de Gênes, au fond du golfe de même nom, avec un magnifique port, à 150 k. S. E. de Turin; 128 000 h. Archevêché, cour royale et tribunal, cour d'amirauté ; université, académie des beaux-arts. Celte v., bâtie en amphithéâtre, offre un aspect majestueux du côté de la_mer, mais elle est assez triste à l'intérieur. Elle a beaucoup de beaux palais en marbre blanc, ornés de sculptures et de peintures, et renfermant plusieurs collections, dont quelques-unes magnifiques. On y remarque trois belles rues (Baïbi, Nuova, Suott'ssitna), deux belles places, le pont Carignan, de superbes églises (St-Laurent, qui est l'église métropolitaine, VAnnonciade, St-Ambroise) ; la banque St-Gèorge fdonl les règlements remontent à J407) ; des aqueducs, un grand arsenal naval et militaire, appelé la Darss, de vastes chantiers, dits de la Foce; musée d'histoire naturelle , trois bibliothèques, jardins botaniques, écoles diverses, 2 collèges dont un de Jésuites; 5 hôpitaux et hospices, 3 théâtres. Industrie active;: velours, damas, étoffes de soie, bas, gants, dentelles, fleurs artificielles, pâtes alimentaires, fruits confits, bijouterie en filigrane d'or et d'argent, ouvrages en corail, chapeaux' de paille et de feutre, etc. Très-grand commerce : le port de Gênes est, après ceux de Marseille et de Tneste, le plus important de la Méditerranée. Aux environs, carrières riches eu, beaux marbres.— Gênes paraît avoir été fondée vers 707 av. J.-C., par les Liguriens; elle fut conquise par les Romains et incorporée à la Gaule Cisalpine par Marcellus en 222 av. J.-C; Magon, frèred'Annibal, la détruisit pendant la 2' guerre punique (205); les Romains la relevèrent 3 ans après. Elle devint sous les empereurs une v. municipale. Après la chute de l'empire elle appartint successivement aux Hérules, 476, puis aux Ostrogoths, aux exarques grecs, 553, aux Lombards, à Charlemagne. Elle se rendit indépendante sous les successeurs de ce prince (au commencement du x* siècle), et se donna des consuls. Au xi° siècle elle était déjà importante par le commerce et la navigation; elle s'enrichit pendant les croisades en transportant les Croisés en Asie, et bientôt elle marcha de pair ayec Pise et Venise. Elle étendit son territoire à droite et à gauche sur le golfe qui prit son nom, et conquit autour d'elle les côtes S. E. et S. O.du golfe, qui prirent le nom de Rivière (rive) du Levant et Rivière du Portent. En 1190, Gênes avait remplacé ses consuls par un podestat. Elle eut aux XII" et XIII" siècles à soutenir contre Pise une guerre acharnée, dans laquelle elle finit par triompher. Après une victoire navale remportée en 1284 près de l'île de la Melloria, elle enleva à sa rivale Sassari, l'île de Corse, et détruisit les ports de Pise et de Livourne, 1290. Les Génois, ayant puissamment contribué à rétablir sur le trône de Constantinople les empereurs grecs, obtinrent des Paléologues, en récompense, d'immenses avantages. Ceux-ci leur cédèrent les faubourgs de Péra et de Galata (à Constantinople), la v. de Caffa en Crimée, où ils conduisirent une colonie, Smyrne, Scio, Mételin, Ténédos.etc, 1261-1295. Depuis cette époque Gênes entra en lutte avec Venise pour la suprématie en Orient : elle mit cette république à deux doigts de sa perte dans les guerres dites de Caffa (1350-55) et de Chiozza(1378-81); mais enfin elle se vit contrainte de céder le pas à sa rivale. Gênes était depuis longtemps déchirée par des dissensions intérieures, surtout parles querelles des Guelfes etdes Gibelins, etaffaiblie par de fréquentes révolutions; ses habitants changeaient sans cesse de gouvernement : après avoir obéi à des consuls et à des podestats étrangers, ils s'étaient donné en 1257 des dictateurs sous le titre de capitani, puis des protecteurs (1270),qui gouvernaient concurremment avec des abbés du peuple, espèces de tribuns; enfin ils se donnèrent des doges (ou ducs), en 1339. Le 1" fut Simon Boccanegra; les maisons ducales les plus connues sont les familles nobles des Doria, des Spinola, des Fieschi, des Grimaldi; puis les familles plébéiennes des Adorni, des Fregosi. Deux l'ois les Génois, incapables de se gouverner par eux-mêmes, se mirent entre les mains de la France, sous Charles VI (1391) et sous Louis XI (1458) ; puis ils se donnèrent aux marquis de Montferrat, aux ducs de Milan. Ils avaient déjà perdu au milieu de ces révolutions la plus grande partie de leurs possessions italiennes ; l'invasion des Turcs leur enleva leurs établissements sur la mer Noire et dans l'Archipel (1475). André Doria avait de nouveau soumis Gênes à la France; mais mécontent de François I, il s'allia avec Charles-Quint, affranchit Gênes deladomination française, et lui donna une nouvelle constitution (1528) : l'es doges furent rétablis, mais ils ne furent plus à vie ; ils étaient élus pour deux ans, et on leur adjoignait deux consuls et un censeur (André Doria fut le 1er censeur). Fiesque conspira, mais sans succès, contre ce nouveau gouvt (1547). Gênes resta depuis étroitement liée à l'Espagne, et prit parti pour elle contre la France. En 1684, Louis XIV fit bombarder Gênes qui avait insulté son ambassadeur; le doge dut venir en personne lui faire réparation. En 1746, les Autrichiens occupèrent Gênes; ils en furent chassés 3 mois après. En 17 68, les Génois cédèrent à la France la Corse, dont ils ne pouvaient plus comprimer les révoltes. En 1796, cette place fut occupée par les Français, et l'année suivante son territoire forma la République ligurienne. En 1800, les Français, commandés par Masséna, soutinrent dans Gênes un siège mémorable contre les Anglais et les Autrichiens ; ils furent forcés de rendre la v., mais ils y rentrèrent peu après. En 1805, l'Etat de Gênes fut incorporé à l'empire français, et forma les dép. de Gênes, des Apennins et de Montenotte. En 1814, Gênes fut donnée au roi de Sardaigne par le congrès de Vienne. GENES (État de). L'anc république comprenait une étroite lisière de terrain (dite Rivière) entre les Apennins et la mer, et se divisait : 1° en Riv. du Levant (où se trouvaient les v. de Gènes, Rapallo, Lavagna, Sestri di Levante, Spezio, Luni, Sarzane) ; 2° en Riv. duPonent (Novi, Gavi, la Bocchetta, Savone,Albenga, Vintimille, San-Remo) ; 3° en marquisat de Finale. On peut y ajouter la Corse, qu'elle perdit en 1768.

GÊNES (dép. de), un des dép. de l'empire français, entre la mer, le Pô, le dép. du Taro et ceux de la Stura et de Montenotte, avait pour ch.-l. Gênes.

GÊNES (Intendance générale ou duché de), une des 8 intendances génér. des anc États sardes, s'étend depuis Nice à l'O. jusqu'au duché de Parme auS.E., et se subdivise en 7 intendances : Gênes, Savpne, Albenga, Novi , Chiavari, Bobbio, Spezia.

GÊNES (golfe de), Ligusticus sinus ou mare Ligus-ticum, golfe situé entre la France et l'Italie sept. GENES ou GENEST (S.), comédien, remplissait, lors del'entrée de l'empereur Dioclétien à Rome, le rôle d'un néophyte dans une bouffonnerie où les mystères des Chrétiens étaient tournés en ridicule, quand tout à coup il déclara, au milieu de la représentation, qu'il se sentait éclairé d'une lumière intérieure et qu'il était chrétien. Conduit devant l'empereur, il mourut dans les tourments, martyr de la foi nouvelle, 286. Rotrou a traité ce sujet dans une de ses tragédies. On honore S. Genès le 25 août. GÉNÉSARÊTH (lac de). V. TIBERIADE (mer de). GENÈSE (du mot grec génésis, génération, le premier livre du Pentateuque de Moïse et de toute la Bible, comprend le récit de la création et l'histoire des premiers hommes jusqu'à la mort de Joseph et à la naissance de Moïse.

GENESIUS (Joseph), de Byzance, historien du Bas-Empire, aux" siècle, est auteur d'une Hist. de l'empire grec (de 813 à 88B), imprimée à Venise, 1733, în-fol. grec-latin, dans la collection Byzantine.

GENEST (l'abbé), littérateur, né en 1639 à Paris, m. en 1719, élu membre de l'Académie française en 1689, avait été homme d'épée avant de prendre le petit collet. Secrétaire des commandements du duc du Maine, il devint un des familiers et fut l'un des ornements de la petite cour de Sceaux. Il a écrit plusieurs pièces pour cette cour, entre autres une tragédie de Pénélope, que Bossuet citait avec éloge, des Odes à la louange de Louis XIV, et un poëme sur la Philosophie cartésienne, 1716. — V. GENES (S.).

GENÈVE, Geneva en latin, Genf en allemand, v. de Suisse, ch.-l. ducant. de Genève ,àl'extrémité S. O. du lac Léman, près du confluent du Rhône et deTArve, à 607 kil. S. E, de Paris, à é'26 par chemin de fer; 32000 hab. dont env. 20 000 Calvinistes. Belle cathédrale St-Pierre, hôtel de ville, collège, observatoire, hôpital, 4 ponts, statue de J. J. Rousseau, œuvre de Pradier. Sociétés savantes, université, fondée par Calvin, bibliothèques, musées et collections diverses, etc. Genève est une des v. les plus éclairées et les plus industrieuses qui existent : son horlogerie, sa bijouterie sont renommées ; elle fabrique des instruments de mathématiques et de chirurgie; des étoffes, de laine, de soie, etc. Commerce important de transit; navigation active sur le lac : bateaux à vapeur pour Coppet, Nyon, Vevey, Thonon, etc. D'abord aux Allobroges, Genève fut comprise dans la Province romaine, et devint auv siècle une des villes princip. des Burgundes. Suivant le sort de la Bourgogne, elle passa avec elle sous la domination des Francs, et devint, après Charlemagne, le siège d'un évêché souverain, relevant de l'Empire. Pendant la féodalité, elle fut le théâtre de rixes fréquentes entre ses évêques et ses comtes qui portaient le titre de comtes du Genevois. Ceux-ci, s'étant'éteints enl410, furent remplacés par les ducs de Savoie. Genève secoua le joug de ces ducs en 1524, fit alliance en 1526 avec Berne et Fribourg, embrassa la Réforme en 1533, expulsa son évêque, devint la résidence de Calvin, qui y fit proscrire le culte catholique (1535), et fut dès lors considérée comme la Rome du Calvinisme. Le duc de Savoie tenta en vain de la surprendre en 1602 ; il fut forcé de signer l'année suivante un acte qui reconnaissait l'indépendance de Genève, sous la garantie de la France, de Berne et de Zurich. Genève, avant 1801, était non pas un canton suisse, mais une république alliée des cantons. Cette république eut d'abord un gouvt démocratique; il devint aristocratique en 1782. Prise par les Français en 1798, Genève devint, sous l'Empire, le ch.-l."du, dép. du Léman; elle fut agrégée à la Suisse enlSlS. Elle a été ensanglantée en 1840 par une guerre civile qui a eu pour résultat de donner à ses institutions un caractère plus démocratique.—Genève a produit une foule d'hommes illustres : Casaubon, Leclerc, Le-fort, J. J. Rousseau, Bonnet, Huher, Deluc. Saussure, Lesage, Pictet, De Candolle, Sismondi, Necker, Tœpffer, etc.

GENEVE (canton de), le 22° de la Confédération suisse, entra le cant. de Vaud au N., la France au N. O.,la Savoie au S. et àl'E.; 28 k. sur.9;,64000h. dont 38 000 Calvinistes. Il a été formé de l'ane. république de Genève, plus quelques districtsda la Savoie et du pays de Gex. Il possède, outre Genève, deux villes, Versoy etCarouge, etadeuxenelavesdans le canton de Vaud. Le lac Léman, dit aussi lac de Genève, occupe une grande partie de son territoire, qui est arrosé en outre par le Rhône et l'Arve. Ony parle français. — Ce cant. n'a été admis dans la Confédération qu'en 1815 (F. GENEVE). Le pouvoir législatif est exercé par un Grand Conseil, renouvelé tous les deux ans; le pouvoir exécutif et administratif, par un Conseil d'État de 7 membres élus pour deux ans. Tous les citoyens âgés de 21 ans jouissent des droits politiques.

GENEVE (lac de) ou lac LEMAN, Lemanus lacus, lac situé au S. 0. dala-Su'isse.-entre le cant. de Vaud, le Valais et la Savoie, a 70 kil. de long sur 14 de large et est traversé par le Rhône; ses eaux nourrissent des poissons exquis ; ses côtes offrent des sites délicieux (entre autres celui de Meillerie). Ce lac est exposéàdes crues subites et quelquefois même àdes tempêtes; néanmoins la navigation y est fort active; et il est sillonné par de nombreux bateaux à vapeur. Sa plus grande profondeur est de 308 mètres.

GENEVIEVE (Ste), Genovefa, patronne de Paris, née à Nanterre près de Paris vers 419 ou 422, morte on 512, n'était, selon l'opinion commune, qu'une simple bergère. Sur le conseil de S. Germain d'Au-wrre, elle se consacra à Dieu. Après la mort de ses parents, elle vint demeurer à Paris chez sa marraine, ?t y mena une vie toute de piété et d'abstinence. Selon uue tradition, lors de l'mvasion d'Attila dans les Gaules (4SI), les Parisiens effrayés voulaient abandonner leur ville : Geneviève les retint en leur prédisant que Paris serait épargné, et sa prédiction s'accomplit. A une autre époque eile procura des vivres nux Parisiens affligés d'unedisette. A sa prière, Clovis fi t bâtir au sommet de Paris en l'honneur de S. Pierre ut S. Paul l'église qui a reçu depuis le nom de la sainte elle-même (au haut de la mont, de Ste-Geoe-vièva). L'Eglise l'honore le 3 janvier, jourde sa mort. Ses reliques étaient exposées à la vénération, des fidèles dans l'église qui lui avait été consacrée;, après la destruction de cette église, elles l'ont été dans celle de St-Ëtienne-du-Mont; depuis 1852:, elles ont été transférées dans la magnifique basilique, à, laquelle son nom a été rendu (l'ancien Panthéon). Une neu-vaine, commençant le 3 janvier, jour de sa fête, y attire une foule considérable.

GENEVIEVE DE BRABANT, fille d'un duc de Brabant, épousa, vers l'an 710, Siffrid ou Siffroy, châtelain de Hohen-Simmeren, au pays de Trêves, et fut accusée d'adultère auprès de son mari par l'intendant Golo, qui avaitenvain essayé de la séduira. Siffroy, alors absent, ordonna de la faire périr, ainsi qu'un enfant qu'elle venait de mettre au monde, et dont elle était enceinte au départ de son époux sans que celui-ci le sût. Les hommes chargés, d'exécuter cet ordre barbare ne purent se résoudre à l'accomplir, et abandonnèrent la mère avec l'enfant dans une forêt, où., selon la légende, une biche les nourrit de son luit pendant six ans. Au bout de ce temps (73T), Siffroy retrouva fortuitement son épouse dans une chasse où il poursuivait la biche nourricière; il reconnut l'innocence de Geneviève, lui rendit tous ses honneurs, et fit mettre à mort le perfide Golo. Ge» neviève fit bâtir à, l'endroit même où, elle avait été retrouvée une chapelle dédiée! la vierge, la chapelle,» de Frauenkirehen, dont les ruines; existent encore et attirent de nombreux;pèlerins. Les Belges regardent Geneviève comme une sainte et l'honorent le, 2 avril. Son aventure a_.fourni le sujet d'un: grand; nombre de légendes, romans, complaintes, drames et tragédies; les drames de La Chausséet da Tieek et de Muller sont les plus, remarquables. Le P.. Cerisiers a donné une Vie de cette sainte (1656),

GENEVOIS (comté, puis duché de), Gebeanensis. ducatus, anc prov. des Etats sardes, dans le duché de Savoie,, entre laproy. de Caroube au R. Q., le Faucigny au N. E.,.k Savoie supérieure au S. E., la Savoie propre au S. O. ; ch.-l., Annecy. Ce pays appartint d'abord aux comtes de Genève (d'où le nom qu'il a retenu, quoique la viltede Genèveu'en fasse nullement partie); il passa ensuite à Humbert et Otkon de Villars, puis à. la maison, de Savoie qui l'aliéna en 1564, l'érigeant en apanage avec titre de duché. Le Genevois, fut da nouveau incorporé à la Savoie en 1659. De 1792 à 1815, il fut compris dans l'empire français et. fit partie du dép.du Mont-Blanc. Réuni aux Etats sardes en 1815, il fut annexé à. la France ayec le reste de la Savoie. en 1860 .•; il fait auj. partie du dép. de lit. Haute-Savoie.

GENEVOIS (Charles-Félix, duc de), depuisioi de Sardaigne. V. OHAELES-FELIX..

GENBVKE (mont), Janus mons, mont, des Alpes-Cottiennes, sur la limite, de la France et des États sardes, dans le dép. des H.-Alpes;- hauteur, 'àSSë"-. La Duranca et la Doire Ripaire y ont leurs sources. Quelques-uns croient que c'est sur ce point qu'An-nibal franchit les Alpes. Les Français ont rendu en 1802 la route par le mont Genèvre'plus praticable : un obélisque, élevé en 1807, consacre ce souvenir.

GENGIS-KHAN, c à d. le puissant Khan, célèbre prince mongol, né en 1155 ou 1162, mort en 1227, s'appelait Témudgin etétaitd'abord simple chefd'une horde mongole, tributaire des TartaresKhitans, qui étaient alors maîtres de la Tartarie orientale. En peu d'années, il agrandit prodigieusement son faible bé-ritage. S'étant fait proclamer en 1206 souverain de-tous les Mongols, il conquit le pays des Tartares Oïgours (1209) et la Chine septentrionale (1213); soumit la Corée (1219), la Transoxane (1221), le Khoraçan et l'Irak-Adrémy (1222), le Kharism et plusieurs provinces de la Perse orientale, le Kanda-ar et le Moultan (1224), et enfin une partie de la Russie méridionale. Il était alors maître d'un territoire qui s'étendait de la mer Noire à la mer de Chine. En mourant, il partagea ces vastes Etats entre ses quatre fils, qui lui avaient servi de lieutenants dans sesconquêtes : Batu-Khan,fils de Touchi-Khan, l'atné, eut le Kaptchafc et la Russie mérid. ; Djagafaï, le Turkestan et l'Asie centrale: MangoU, la Perse; et Oktaï-Khan, la Chine. Gengis-Khan se montra souvent conquérant inhumain et barbare : les villes de Bokara, de Samarcand, de Ferganah, de Balk furent détruites par ses ordres, et une foule de monuments des arts et des lettres furent anéantis dans Pékin; cependant, il donna à ses sujets un codé de lois, qui est encore en vigueur en Tartarie.

GÉNIE, Genius, chez les Romains, Dœmon chez les Grecs, dieu subalterne, espèce d'ange gardien, qui, dans les croyances des Grecs et des Romains, s'attachait à chaque homme dès sa naissance et présidait à toute sa vie. Chacun lui offrait, au jour natal, du vin, de l'encens, des fleurs, jamais de-victimes sanglantes;1 ce qu'on pouvait faire de plus agréable pour lui était de travailler à son propre bien-être-: aussi les Romains disaient-ils genib in-dulpere (satisfaire- son génie) pour s'abandonner au plaisir. On croyait que les génies se manifestaient. quelquefois sous la forme de serpents. — Au moyer âge on admettait des génies propres à chacun des & éléments • les Sylplies, pour l'air; les Gnomes, pour la terre ; les Ondins, pour l'eau, et les Salamandres, pour le feu.

GENIE CIVIL, GENIE MILITAIRE. Y. ces mots au Dict. univ. des Sciences.

GÉNIN (François), philologue, né à Amiens en 1803, mort en 1856, fut élève de l'Ecole normale, professa au collège et à la Faculté de Strasbourg, écrivit en même temps dans le National et devint en ? 1848 chef de division au ministère de l'instruction publique. Il a publié, outre des écrits de polémique, des travaux sérieux qui prouvent de l'érudition et de l'originalité, mais quelquefois aussi l'amour du paradoxe : Variations du langage français depuis le xir siècle, 1845; Lexique comparé dé la langue de Molièreet des écrivains du xvn° siècle, 1846; Récréations philologiques, 1856. On lui doit des éditions des Lettres de la reine de Navarre; de la Chanson de Roland; de VÉclaircissement de la langue française par J. Palsgrave; de la farce de Maître Patelin.

GENLIS, ch.-l. de c. (Côte-d'Or), sur la Tille, à 19 kil. S. E. de Dijon. Station.

GENLIS (Félicité Stéphanie DUCREST DE ST-AUBIN, comtesse de), célèbre femme auteur, née en 1746, au château de Champcery près d'Autun, d'une famille noble, mais pauvre, morte en 1830, reçut une éducation brillante, qu'elle dut en partie à la générosité du financier La Popelinière, et fut mariée dès l'âge de 15 ans au comte Bruslart de Genlis (depuis marquis de Sillery). Nièce de Mme de Mon-tesson, qui avait épousé secrètement le duc d'Orléans, elle entra par son crédit dans la maison de ce prince, et fut peu après chargée, avec le titre de gouverneur, de l'éducation de ses enfants (Mme Adélaïde, Louis-Philippe, le duc de Chartres, le duc de Montpensier et le comte de Beaujolais). Elle exerça bientôt sur le prince lui-même un grand ascendant ;_ elle parait même avoir puissamment contribué à lui faire prendre parti contre la cour. Forcée d'émigrer en 1792, elle revint en France sous le Consulat et reçut une pension de Napoléon, avec lequel elle entretenait correspondance. A la Restauration, elle perdit tout crédit; néanmoins elle reçut jusqu'à sa mort une pension de la maison d'Orléans. Elle a laissé de son mari deux filles; on la regarde aussi comme la mère de la célèbre Paméla qui épousa lord Fitz-Gérald. Les ouvrages de Mme de Genlis ne s'élèvent pas à moins de quatre-vingts; ils se rapportent presque tous à l'éducation et consistent en contes, fables, romans et petites comédies. Les principaux sont ; Théâtre d'éducation à l'usage des jeunes personnes, 1771-80, 4 vol. in-8, où la morale est présentée avec art et intérêt; Annales de la vertu, 1781, 2 vol. in-8 : c'est un cours d'histoire où ne figurent que les actions vertueuses ; Adèle et Théodore, ou Lettres sur l'éducation, 1782, 3 vol. in-8, où les divers procédés des plus habiles pédagogues sont mis en œuvre avec bonheur; les Veillées du château, 1784, 4 vol. in-12; les Petits émigrés, 1798, 2 vol. in-8; Contes moraux et Nouvelles historiques, \802 et 1803, 4 vol. in-8, recueil plein de variété, d'intérêt et de délicatesse. Elle a aussi composé de nombreux romans historiques, parmi lesquels on remarque : Mlle deClermont,\&02; la Duchesse de La Vallière, 1804; ifme de Maintenon, 1806; le Siège de La Rochelle, 1808 ouvrages qui eurent du succès, mais qui ont le tort de fausser l'histoire. Enfin, elle publia en 1825 ses Mémoires (10 vol, in-8), ouvrage diffus, qui offre des révélations curieuses, mais qui fit grand scandale. Mme de Genlis a surtout réussi dans ses ouvrages d'éducation : dans ces livres, écrits avec naturel et élégance et remplis d'intérêt, elle enseigne une morale pure, que malheureusement elle n'a pas toujours mise elle-même en pratique.

GENNADE, Gennadms, prêtre de Marseille, auv's., mort vers 495. On a de lui Se Viris illustribus ou DeScriptoribus ecclesiasticis, dans lequel il traite des écrivains ecclésiastiques (impr. à la suite d'un ouvr. analogue de S. Jérôme, et à part, par J. Fuchte, Helmstaadt, 1612) ; de Dogmatibus ecclesiasMciSjiau.-vrage qu'on a quelquefois attribué à S. Augustin, mais dont les sentiments, tout opposés à ceux de ce Père, sont entachés de semi-pélagianisme (publié par Œhler, Berlin, 1856). Gennade est un écrivain êrudit, mais de peu de jugement.

GENNADE (George SCHOLARIUS, plus connu sous la nom de), né à Constantinople vers 1400, mort en 1464, fut juge-général des Grecs et secrétaire de Jean VII, et suivit cet empereur au concile général de Florence (1439). Il y appuya d'abord la réunion des deux églises; mais il se montra ensuite un des plus ardents adversaires de l'union. Après la prise de Constantinople par les Turcs, il fut nommé pa-» triarohe par Mahomet II; il abdiqua en 1458 et se retira dans un monastère. Dans les disputes philosophiques de son temps, il prit parti pour Aristote et écrivit contre Pléthon, qui défendait le Platonisme.

GENNARO (Jos. Aurèle de), jurisconsulte, né à Naples, en 1701, mort en 1761, unit les lettres à la jurisprudence. Il fut nommé en 1738 par le Toi Charles VIII magistrat de Naples, fut chargé en 1741 par le ministre Tanucci de préparer un code uniforme pour tout le royaume, et iut appelé en 1753 à une chaire de droit féodal à Naples. On a de lui : Respublica jurisconsultorum, 1731, fiction ingénieuse, où il fait comparaître pour les juger les plus célèbres jurisconsultes; Ferim autumnales, 1752, dialogue où l'on trouve ime partie du Digeste mise en vers latins avec assez de bonheur.

GENNES, ch.-l. de c (Maine-et-Loire), sur la r. g. de la Loire, à 20 kil. N. O. de Saumux; 1800 h. Restes d'un temple romain.**. .

GENOILHAC, ch.-l. de c. (Gard), à 27 kil. N. O. d'Alais; 1500 h. Mine de plomb argentifère.

GENOILHAC (Jacq. GALIOT de), né vers 1466, m en 1546, fit ses premières armes en Italie sous Charles VIII; se distingua aux bat. de Fornoue et d'A-gnadel; fut nommé en 1512 grand maître de l'artillerie; assista à la bataille'de Marigmtn et à celle de Pavie, où ses sages conseils ne furent pas suivis par François I, et fut nommé gouverneur du Languedoc en 1545. — Son fils, François de G., né en 1516, mourut avant lui, en 1544] des blessures qu'il avait reçues à la bat. de Cérisoles.

GENOLA, v.de l'Italie sept. (Coni), à 17 kil.E. de Saluées. Mêlas y battit Championnet en 1799.


  • GENOUDE (A. Eugène de), publiciste, né en 1792 à Montélimart, mort en 1849, fut successivement étudiant en droit, professeur au lycée Bonaparte, séminariste, aide de camp du prince de Polignac, et se consacra enfin à la politique. Il prit, à partir de 1823, la direction de la Gaxette de France, où il soutint constamment la cause de la monarchie et delà religion, et ne cessa depuis 1830 de réclamer le suffrage universel. Devenu veuf en 1835, il embrassa l'état ecclésiastique. Elu député de la Hte-Garonne en 1846, il ne put être réélu en 1848, bien que le suffrage universel, pour lequelilavait tant combattu., eût alors triomphé. Genoude a publié de nombreux écrits, appartenant les uns à la.polémique du jour, les autres à la théologie et à l'histoire, entre autres une Histoire de France en 23 vol. in-8,1844-48; les Pires des trois premiers siècles, traduits en français, 6 vol. in-8, 1837-43, et une nouvelle traduction de la Bible (23 vol in-8, 1821-24, et 5 vol. in-4,1839-40), traduction fort vantée pour son élégance et publiée aux frais de l'État, mais à laquelle des juges compétents préfèrent encore la simplicité de celle de Sacy.

GÉNOVÉFAINS, chanoines de l'abbaye de Ste-Geneviève qui formaient un ordre connu sous le nom de Congrégation de France, remontent aux premiers temps de la monarchie ; on pense qu'ils furent institués par Clovis vers 500 pour desservir une église que ce roi venait de fonder à Paris à la sollicitation de Ste Geneviève. Ils suivaient la règle de S. Augustin. Ils portaient une robe blanche et un rochet; hors du couvent ils se couvraient d'un manteau noir. Ils subirent plusieurs réformes : en 1626, on leur donna pour supérieur le P. Ch. Faure, homme d'une piété exemplaire. Les Génovéfains desservaient les paroisses, administraient les hôpitaux et les maisons de charité, dirigeaient les séminaires; plusieurs se sont illustrés dans les lettres. Ils avaient eu dernier pour chef-lieu l'édifice qui forma depuis la bibliothèque Ste-Geneviève et le lycée Napoléon. A la fin du XVIII' s., ils comptaient 107 maisons et plus de 1300 membres.

GENOVÈSË (LE), peintre. Y. STROZZI.

GENOVESI (Ant.), philosophe et économiste, né en 1712, prèsdeSalerne, reçut les ordres, mais préféra l'enseignement de la philosophie à la théologie et professa, à l'université de Naples, lamétaphys:que, puis la morale. En 1754, Bartolomeo Intieri, homme riche, et ami des sciences, fonda pour lui à Naples une chaire d'économie politique; il la remplit avee le plus grand succès, et l'occupa jusqu'à sa mort, 1769. Éclectique en philosophie, il tâcha de concilier Bacon et Descartes, Locke et Leibnitz; il créa eu Italie l'économie politique, et exerça par ses écrits une grande influence; mais il mérita d'être censuré à Rome pour quelques-unes de ses opinions théolo-giques. Il écrivit d'abord en latin et donna dans cette langue des Éléments de Métaphysique, 1743, et une Logique, 1745. Depuis, il adopta la langue vulgaire, et publia : en 1757 et 1765, Lezzioni di Commercio e d'Economia; en 1766, Logica per gligiovanetli et Sciense melapsiche; en 1767, Diceostna (c'est un traité de Morale).

GENSÉRIC, roi des Vandales, de 428 à 477, était le 2° fils du roi Godégisile, et succéda à Gundéric, son frère. Il passa d'Espagne en Afrique, l'an 429, à la sollicitation du gouverneur romain de ce pays, le comte Boniface, qui s'était révolté contre l'empereur Valentinien, et s'empara promptement de la Mauritanie. Boniface, rappelé au devoir par S. Augustin, voulut plus tard repousser l'ennemi qu'il avait appelé; mais il fut vaincu par le roi barbare. Genséric s'empara de Carthage en 439, y établit le siège de son royaume, et força l'empereur à lui accorder la paix età le reconnaître maître de l'Afrique. Quelque temps après, Valentinien ayant été tué par Pétrone Maxime, Eudoxie, sa veuve, appela Genséric en Italie pour venger sa mort. Genséric accourut aussitôt, prit Rome (455), la pilla pendant 14 jours, en emporta des trésors immenses, dévasta le Péloponèse, l'Êpire, la Dalmatie, l'Istrie, prit Nico-polis, et emmena Eudoxie elle-même en captivité. Il laissa la réputation d'un conquérant farouche, qui ne respirait que le meurtre et le carnage. Il laissa ses vastes États à Hunéric, son fils.

GENSONNÉ (Armand), né à Bordeaux en 1758, était en 1789 avocat au parlement de cette ville. Envoyé en 1791 à l'Assemblée législative, il s'y fit remarquer par une éloquence vive et animée, qu'aiguisait le sarcasme; il y provoqua la déclaration de guerre à l'Autriche. Réélu à la Convention, il y forma, avec ses compatriotes Guadet et Vergniaud, le noyau du parti de la Gironde. Il demanda que le procès de Louis XVI fût renvoyé aux assemblées primaires, et combattit les Terroristes. Arrêté le 2 juin 1793, avec la plupart des Girondins, il fut condamné à mort par le tribunal révolutionnaire, et exécuté îe 31 octobre. Son vrai crime était d'avoir été l'ami et le confident de Dumouriez.

GENTILHOMME, homme de race noble. F. ce mot au Diction, des Sciences, des Lettres et des Arts.

GENTIL-BERNARD, poète. 7. BERNARD.

GENTILIS (Albéric), né en 1551, dans la Marche d'Ancône, m. en 1611, renonça à la foi catholique pour embrasser la Réforme, se retira en Carniole, et de là en Angleterre ; fut professeur de droit à Oxford, et publia, entre autres écrits, trois livres De Jure belli, Leyde, 1598, in-8; c'est peut-être le 1" ouvrage qui ait été écrit sur le droit international.

GENTILIS (J. Valentin), hérétique du xvr siècle, né à Cosenza(roy.de Naples),obligé de fuir sa patrie pour opinion religieuse, se retirai Genèv*, où..ilrépandi( les doctrines de Soçin. Inquiété pai Calvin (1558), il passa en France, o;ù il ne fut pas mieux accueilli, de là en Moravie, puis à Vienne, et revint en Suisse, Arrêté à Berne, il fut condamne et mis-àmort pour avoir attaqué le dogme de la Trinité (1566). II est considéré par les siens comme un martyr.

GENTILLY, anc bourg du dép. de la Seine, sur la Bièvre, à 5 kil. S. de Paris, à 7 kil. N. E. de Sceaux : • est depuis 1860 annexé à Paris. Il comptait avant l'annexion près de 16 000 h. Fabriques d'acides minéraux, de savons, de pâtes alimentaires, blanchisseries, glacières. —Ane résidence des rois francs de la 1" et de la 2* race. S. Eloi y avait fondé un monastère. Pépin y avait un château, auj. détruit.

GENTILS (de rentes, nations), nom sous lequel les païens sont désignés dans l'Ecriture sainte. S. Paul est appelé spécialement l'Apôtre des Genius.

GENTIOUX, ch.-l. de c (Creuse), à 23 kil. S. O. d'Aubusson; 1500 hab.

GENTIUS, roi d'IIIyrie, parvint au trône en 172 av. J.-C. par un fratricide. Il s'allia avec Persée, roi de Macédoine, contre les Romains. N'ayant point reçu de lui les secours qu'il en attendait, il fut vaincu, pris et emmené à Rome par le préteur Anicius (168).

GENTZ (Frédéric de), publiciste prussien, né à Breslau en 1764, mort en 1832j fut un des plus constants adversaires de la Révolution française. Attaché comme secrétaire à la. direction générale de la guerre à Berlin, il rédigea le manifeste de la Prusse contre la France en 1806, ainsi que celui de l'Autriche en 1809 et 1813. Secrétaire des Conférences de Vienne en 1814 et 1815, il en dressa les protocoles et fut un des rédacteurs du pacte de la Ste-Alliancé. Il a publié : Système de l'éq\uilïbre européen ; Sur la moralité des révolutions ; Sur la déclaration des droits de l'homme; Yie de Marie Siuart, 1799, trad. en franc, par Damaze de'Raymond, Paris, 1820;

GENUA, ville de la Ligurie, auj. Gênes.

GEOFFRIN (Marie Thérèse RODET, dame), née à Paris en 1699, morte en 1777, était fille d'un valet de chambre de la Dauphine. Elle épousa dès l'âga de 15 ans un riche entrepreneur de glaces, dont elle demeura bientôt veuve. Douée de tous les agréments de l'esprit aussi bien que du corps, elle fit de sa maison le rendez-vous des gens de lettres, des savants et des artistes de la capitale ainsi que des étrangers de distinction. Stanislas Poniatowski, qui l'honorait du nom de mère, la fit venir à Varsovie après son avènement au trône de Pologne. On cite de Mme Geof-frin une foule de maximes et dépensées heureuses, et plusieurs actes de générosité accomplis avec une délicatesse admirable. Indulgente et généreuse, elle avait pour devise: donner et pardonner. Amie des idées philosophiques, elle dépensa des sommes considérables pour soutenir l'Encyclopédie. D'Alembert, Thomas et Moreliet, qui avaient vécu dans son intimité, ont écrit son Éloge. — Sa fille qui épousa le marquis de La Fèrté-Imbault, ne partageait pas son goût pour les philosophes.

GEOFFROY (S.), Golhofredus. V. GODEFROY.

GEOPFROY.ducs de Bretagne. Geoffroy Ij fils de Conan Geoffroi, comte de Rennes, succéda à son père en 992. Le l"ilprit le titre de duc de Bretagne; mais ce titre ne fut pas réconnu par son suzerain. Voulant s'emparer des Etats du comte de Nantes, Judicaël-Bérenger, il lui fit une guerre longue et cruelle, mai? sans résultats. Revenu à des sentiments plus pacifiques, il se rendit à Rome en pèlerinage. Lorsqu'il rentrait dans ses Etats, il fut tué d'un coup de pierre lancée par une femme irritée de ce qu'une de ses poules avait été dévorée par un oiseau de proie du duc — Geoffroy, 3° fils de Henri H, roi d'Angleterre, épousa dès l'enfance Constance, fille dé Conan IV, duc de Bretagne. Henri II, sans attendra la mort de Conan, dont Geoffroy devait hériter, s'empara de la Bre-tagneaunomde sonfils (1166). Néanmoins Geoffroy ; ne compte comme duc que depuis 1171. Il rendit une loi connue sous le nom d'Assise de Geoffroy, par laquelle les biens des oarons et des chevaliers passaient à leurs fils aînés, au détriment des autres enfants. Geoffroy fut l'allié fidèle de Philippe-Auguste. Il périt à Paris en 1186, mortellement blessé dans un tournoi que le roi de France donnait en son honneur. Il était père du jeune Arthur, que son oncle Jean sans Terre, roi d'Angleterre, fit assassiner pour s'emparer de ses États.

GEOFFROY, comtes d'Anjou. L'Anjou a eu cinq comtes de ce nom, dont le 1" régna de 958 à 985 et fut sénéchal de France sous Lothaire, et dont les plus importants sont : Geoffroy HetGeofiïoy V.— Geoffroy II, comte de 1041 à 1060, était brave et d'une humeur belliqueuse, ce qui lui fit donner le surnom de Martel. Il ajouta à ses États le comté de Poitou, que lui apporta en mariage la veuve de Guillaume V, duc d'Aquitaine; le comté de Vendôme, qu'il enleva à son neveu Foulques, dit V Oison ; enfin la Saintonge et la Touraine. Il essaya même, mais sans succès, de s'emparer de la Guyenne. Appelé au secours de la Sicile par l'empereur grec Michel le Paphlagonien, il défit les Sarrasins, et reçut en récompense la Sainte-Larme, relique dont il fit présent à l'abbaye de la Trinité de Vendôme. Il mourut dans un monastère d'Angers, où il avait pris l'habit religieux. — Geoffroy V, surnommé Plantagenet (parce qu'il portait à son casque une branche de genêt), fils de Foulques, comte d'Anjou et roi de Jérusalem, né en 1113, mort en 1151, acquit le duché de Normandie par son mariage avec Mathilde, fille de Henri I, roi d'Angleterre. A la mort du roi, en 1135, il eut à lutter, pour conserver l'héritage de sa femme, contre Etienne de Blois, qui enleva à Mathilde le trône d'Angleterre, et contre Louis le Jeune, roi de France;il perdit la Normandie et vit ses propres Etats ravagés par une faminesi terrible qu'on allajusqu'à se nourrir de chair humaine (1146). — Henri, son fils aîné, recouvra la Normandie, devint roi d'Angleterre sous le nom de HenriII, et futlechefdeladynastiedesPlantagenets.

GEOFFROY de Monmouth, Galfridus ilonumetensis, prélat anglais, né vers 1100, mort vers 1180, vécut à la cour de Henri I et de Henri II et fut fait évêque de St-Asaphenll51. Il écrivit vers 1147, d'après des manuscrits bretons apportés de la Bretagne française : Origoet Gesta regum Britannix.... abMneaet Bruto (Paris, 1517, in-4), histoire fabuleuse qui fut la source des romans de chevalerie; Vita Merlini Caledonii, en vers latins, avec l'exposé de ses Prophéties. Ces ouvrages ont été fréquemment réimprimés et traduits, avec des additions.

GEOFFROY de Winesalf ou de Vinsauf, Galfridus de Vinosalvo, poète latin de la fin du xnc siècle, a composé une poétique (Nova Poelria), dédiée au pape Innocent III. On lui attribue, mais sans preuve suf-fiante, VItinerarium Ricardi Anglorumregis in Terrain sanctam, qui se trouve dans les recueils de Bon-gars et de Gale.

GEOFFROY de Béaulieu, dominicain, né près de Chartres vers 1200, mort en 1274,accompagna S.Louis dans sesdeux croisades et écrivit une Fie de ce prince, qu'on trouve dans les recueils de Duchesne et dans 'es Actes des Bollandistes.

GEOFFROY (J. Louis), critique, né à Rennes en 1743 , morten 1814, fut élevé chez les Jésuites, fut nommé en 1776 professeur de rhétorique au collège de Mon-taigu, puis au collège Mazarin, à Paris, et travailla, après la mort de Fréron, à la rédaction de l'Année littéraire (1776-92). Proscriten 1793 pour avoir rédigé l'Ami du Roi, il se fit maître d'école dans un village, et ne revint à Paris qu'après le 18 brumaire (1799). Il entra vers la même époque au Journal des Débats, où il se chargea de la partie littéraire, spécialement de l'analyse des pièces de théâtre. On trouvait dans ses feuilletons une érudition sans pédantisme, mais il s'y montra souvent injuste et partial, tant à l'égard de Voltaire, à qui il déclara la guerre, qu'à l'égard de plusieurs des artistes les plus remarquables du temps, Talma, Mlle Contât, etc., dont il ne voulut pas reconnaître le talent. Ses feuilletons furent réunis après sa mort sous le titre de Cours de littérature dramatique (1819- 20, 5 vol. in-8). Geoffroy a laissé une Trad. de Théocrite (1801) assez estimée en son temps, et un Commentaire sur Racine, 1808. GEOFFROY, honorable famille desavants, issue de Mathieu François Geoffroy, échevin de Paris en 1617, doit sa lr0 illustration à Etienne François, né à Paris en 1672, mort en 1731. Après avoir visité pour s'instruire l'Angleterre, la Hollande et l'Italie, il ftk nommé en 1707 professeur de chimie au Jardin du Roi (Jardin des Plantes), en 1709.prof, de médecine et de pharmacie au Collège de France, et fut élu en 1726 doyen de la Faculté de Paris. Il avait été admis dès 1698 à la Société royale de Londres et en 169!) àl'Académie des sciences de Paris. Son principal titre est un Traité de Matière médicale, rédigé eh latin, publié après sa mort en 1741 par Chaudon de Cour-celles, en 3 vol. in-8, mis en français par A. Ber-gier, 1743, complété depuis par Bernard de Jussieu, A. de Nobleville et Saleine, et trad. dans presque toutes les langues de l'Europe. On lui doit aussi une Table des rapports observés en chimie entre différentes substances, où se trouve pour la 1" fois énoncée la loi si importante des affinités électives. Fontenelle a écrit son Éloge. — Son frère Claude Joseph, né en 1685,m. en 1752, étudia sous Tournefort, parcourut, pour s'instruire, le midi de la France, et fut à son retour (1705) reçu membre de l'Académie des sciences. Il fournit au recueil de cette compagnie 60 Mémoires sur l'histoire naturelle, la botanique, la chimie et la pharmacie. — Etienne Louis, fils d'Etienne François, né en 1725, mort en 1810, fut un des praticiens les plus renommés de son temps. Tout en exerçant sa profession, il se livra avec succès à l'histoire naturelle, et publia : Histoire des insectes qui se trouvent aux environs de Paris, 1762 et 1799 ; Traité des coquilles qui se trouvent aux env. de Paris, 1767. On lui doit aussi un poème élégant, écrit en latin, Hygiène, sive Ars sanitatem conservandi, 1771 (trad. en franc. par Launoy, 1774). A la vue des excè-, révolutionnaires, il quitta Paris et se retira dans sa terre de Chartreuve près de Soissons. Il était correspondant de l'Académie des sciences. —René Claude Geoffroy, filsd'Êtienne-Louis, 1767-1831, servit quelques années avec bravoure dans les armées de la République, puis exerça la médecine, devint médecin de l'hôtel-Dieu de Paris, montra beaucoup de dévouement en 1811 penda'i' ^vision du typhus, et consacra ses dernières année» à la pratique gratuite de son art. — Son fils, M. Ernest Geoffroy de Villeneuve, représente depuis plusieurs années le dép. de l'Aisne dans nos assemblées législatives.

GEOFFROY ST-HILAIRE (Etienne), zoologiste, né en 1772 à Étampes, mort en 1844, issu d'une famille de savants médecins, se voua de bonne heure aux sciences, naturelles dont il avait puisé le goût dans les leçons de Brisson et de Daubenton et dans la société d'Haùy. Sur la proposition de Daubenton, il fut nommé dès 1793 sous-démonstrateur au Jardin des plantes; trois mois après, cet établissement ayant été réorganisé, il y devint professeur-administrateur, et fut chargé de la zoologie : il ouvrit le 1" cours qui ait été fait en France sur cette science. commença les collections zoologiques et créa la ménagerie. Mis dès 1794 en relation avec G. Cuvier, alors ignoré, il devina son génie, l'appela à Paris, et vécut avec lui fraternellement. De 1798 à 1802, Geoffroy fit partie de l'expédition d'Egypte : il ex • plora le pays conquis, et fut un des fondateurs et des membres les plus actifs de l'Institut du Caire; ii sauva par son énergie les collections scientifiques. qu'une capitulation abandonnait aux Anglais. Il fut admis à l'Institut en 1807, et nommé en 1809 prof. de zoologie et de physiologie comparées à la Faculté des sciences. II professa jusqu'à sa mort. Purement zoologiste d'abord, E. Geoffroy travailla quelque temps de concert avec Cuvier ; mais à partir de 1807, il s'en sépara et se livra presque entièrement à des spéculations sur la philosophie de l'hist. naturelle, sciencedontonpeutle regardercommelepère. Il s'attacha à démontrer l'unité de composition organiqui entre les diverses espèces d'animaux, unité déjà pressentie par Buffon et Gœthe, et fonda la théorie dei, analogues quilui servait à démontrer l'unité de composition. Il conçut aussi dès 1807 une idée qui est le complément des précédentes, celle de l'analogie qu'offrent les caractères permanents des espèces inférieures avec les caractères transitoires de l'embryon dans l'homme et les animaux supérieurs'; ennn, il se servit de sa doctrine pour expliquer heureusement, par des arrêts de développement, les inégalités des êtres et les monstruosités des individus. Un débat célèbre s'éleva en 1830, au sein de l'Acad. des sciences, entre Cuvier et Geoffroy, au sujet de l'unité de composition : le monde savant se partagea entre les deux antagonistes. Le style de Geoffroy a du nerf et de l'éclat, mais est quelquefois négligé, et par suite obscur. Ses principaux ouvrages sont : Histoire naturelle des mammifères (avec Fréd. Cuvier), 1819-1837, in-fol.; Philosophie anatomique, 1818 et 1822, 2 vol. in-8 (c'est là que se trouve exposée sa nouvelle doctrine) : Principes de la philosophie zoologique, 1 vol. in-8, 1830 (il y résume sa discussion avec Cuvier); Études, progressives d'un naturaliste, 1835, in-4. Statue à Etampes. Son Éloge a été lu à l'Académie par M. Flourens.

GEOFFROY-SAINT-HILAIRE (Isidore), zoologiste, jfils du précédent, né à Paris en 1805, m. en 1861, fut successivement aide-naturaliste au Muséum, suppléant à la Faculté des sciences de Paris, doyen de celle de Bordeaux, professeur de zoologie au Muséum et à la Faculté des sciences de Paris, et inspecteur général des études; entra en 1833 à l'Académie des sciences; s'attacha surtout à confirmer et à développer les idées philosophiques de son père. Ses principaux écrits sont un Traité de Tératologie (1832-36), des Essais de Zoologie générale (1840) et l'Histoire naturelle générale des règnes organiques (1854-61). Il fonda en 1854 la Société d'acclimatation.

GÉOGRAPHES GRECS (les pETiTs), géographes qui n'ont fait que des périples, des monographies, ou dont il ne nous reste que des fragments peu étendus; tels sont : Hannon de Carthage, Scylax de Caryande, Isidore de Charax, Artémidore, Agathémère, Dicéarque, Denys le Périégète, Scymnus de Chios, Arrien, Mar-cien d'Héraclée, etc. La collection en a été publiée par David Hosschel, Augsbourg, 1600, in-8; par J. Gronovius, Leyde, 1697, in-4; par J. Hudson, 1698-1712,4 V. in-8 ; et par C. Miiller (dans la Bibl. grecque de Didot, 1855). — On appelle Grands géographes Strabon, Pausanias, Ptolémée, Etienne de Byzance.

GEORGE ou GEORGES (S.), Georgius, était, selon une légende, un jeune prince de Cappadoce, qui souffrit le martyre sous Dioclétien, et qui, comme Persée, sauva la fille d'un roi qu'un dragon allait dévorer : on le représente armé d'une lance et pourfendant le dragon. Il est fort célèbre en Orient, et c'est de là que son culte a passé en Occident. On l'honore surtout en Russie, en Angleterre et à Gênes, Les Russes ont adopté S. George avec son dragon pour leur principal emblème et ont donné son nom au premier de leurs ordres militaires; les Anglais et les Génois l'ont pris pour patron. Il est aussi le patron des armuriers. On le fête le 23 avril.

GEORGE (ordre de ST-), ordre militaire de Russie, institué en 1769 par Catherine IL — Ordre de Bavière dont l'institution remonte aux croisades, et qui fut renouvelé en 1729 par Charles-Albert (depuis, l'empereur Charles VIT).

GEORGE I, roi d'Angleterre, de la maison de Hanovre, né à Osnabruek en 1660, mort en 1727, était fils d'Ernest Auguste, 1" électeur de Hanovre, et de la princesse Sophie, petite-fille de Jacques I, roi d'Angleterre, et succéda en l698 à son père comme électeur. En 1714, à la mort de la reine Anne, il fut appelé au trône d'Angleterre comme le plus proche héritier dans la ligne protestante, et commença ainsi la dynastie anglaise de Hanovre. Il s'appuya sur le parti whig et conserva le plus souvent une sage neutralité dans les guerres du continent. Toutefois, il prit part à la triple alliance de 1717 et à la quadruple alliance de 1718 contre l'Espagne. Il avait choisi pour principal ministre Robert Walpole, dont l'habileté réprima toutes les tentatives de désordre, et rendit vaines les intrigues du prétendant Jacques III. Malheureux en famille, il fut obligé de divorcer avec Sophie de Zell, qui s'était compromise par une intrigue amoureuse, et enferma cette princesse dans un château fort, où elle termina son existence après 32 ans de captivité (1716).

GEORGE II, roi d'Angleterre, fîlsdu précéd., né en 11683, m. en 1760, succéda à son père en 1727. Il garda d'abord pour ministre le célèbre Walpole, qui sut conserver la paix pendant les 12 premières années de ce règne; mais l'ayant ensuite écarté, il entreprit des expéditions désastreuses. Dans la guerre de la succession d'Autriche, il se déclara pour Marie-Thérèse et contre la France : ses armes, heureuses à Dettingen (1743), échouèrent aux combats de Fontenoy (1745) et de Lawfeld (1747), qui furent suivis du traité d'Aix-la-Chapelle (1748). Il est vrai qu'en même temps son trône était raffermi par la victoire de Culloden, remportés sur le prétendant, Charles-Edouard, en Ecosse (lT46).Laguerres'étant rallumée sur le .continent en 1755, l'Angleterre-éprouva de nouveaux revers en Allemagne et perdit tout le Hanovre; mais ces pertes furent compensées par de brillantes conquêtes aux Indes et en Amérique. On doit à G. II la création du British Muséum.

GEORGE III, roi d'Angleterre, né en 1738, m. en 1820, succéda en 1760 à George II, son grand-père, obtint de brillants succès contre la France et l'Autriche dans la guerre de Sept ans, conclut en 1763 une paix avantageuse, qui cependant ne satisfit pas encore son pays, excita par des mesures arbitraires une émeute qui faillit lui être fatale (1768); eut à soutenir la guerre contre les colonies d'Amérique révoltées, fut forcé en 1783 de reconnaître l'indépendance des États-Unis, mais étendit les conquêtes de l'Angleterre dans l'Inde, et réunit définitivement l'Irlande au royaume. Il combattit de tout son pouvoir la Révolution française, et s'empressa de rompre la paix d'Amiens, conclue an 1802. En 1810, il tomba en démence ; il ne mourut que dix ans après. George III eut pour principal ministre le célèbre Pitt; c'est sous son règne que brillèrent à la tribune Fox, Burke, Sheridan, et sur mer Jervys et Nelson. Il laissa plusieurs fils ; Georges I? et Guillaume IV, qui régnèrent, Edouard, duc de Kent, père de la reine Victoria, Ernest-Auguste, qui fut roi de Hanovre.

GEORGE iv, roi d'Angleterre, fils de Georges III, né en 1762, m. en 1830, eut une jeunesse scandaleuse. Il fut appeléàla régence en 1811, lorsque son père fut tombé en démence, mais il ne prit le titre de roi qu'en 1820. Quoiqu'il se fût précédemment déclaré pour les Whigs, il s'abandonna longtemps aux Tories, et eut pour principaux ministres Castle-reagh et "Wellington. H contribua à renverser Napoléon, mais tint une conduite peu loyale envers le héros vaincu qui était venu se confier à lui. Il rendit dé nombreuses lois contre la liberté de la presse, et eut à réprimer des troubles incessants dans l'Irlande. Cependant en 1823 il se rapprocha du parti libéral, et prit pour ministre Cannmg; en 1829, fut accordée l'émancipation des Catholiques. George IV avait épousé en 1796 la princesse Caroline 4 laquelle il intenta un scandaleux procès en adultère.

GEORGE, duc de Clarence. F. OLARENCE.

GEORGE, prince de Danemark, frère de Christian V, épousa la princesse Anne, fille de Jacques II, roi d'Angleterre. Lorsque ce dernier eut été détrôné en 1688 par Guillaume d'Orange, George embrassa le parti du vainqueur, qui le créa duc de Cumberland. Son épouse ayant succédé en 1702 à Guillaume sur le trône d'Angleterre, il fut nommé grand amiral; du reste, il ne prit aucune part aux affaires. Il mourut en 1708, à 55 ans.

GEORGE est aussi le nom de onze rois de Géorgie. George I se révolta contre l'empereur grec Basile II (1021), résista victorieusement à ses efforts et obtint de lui une paix avantageuse; il mourut en 1027. — George IV (1206-1222), fit plusieurs conquêtes dans l'Aderbidjan, s'allia aux rois francs de Syrie et de Palestine, mais ne put préserver la Géorgie de l'invasion des Mongols en 1220. — George VI profita de la décadence des Gengiskhanides pour affranchir la Géorgie; il m. en 1346. — George XI, fils d'Héra-clius, ne régna que deux ans, 1798-99. Ne pouvant s'opposer aux ravages des Turcs et des Lesghis, il légua en mourant ses Etats à la Russie. V. GEORGIE.

GEORGE PISIDES, écrivain grec qui florissait vers 630, était diacre, garde des archives et référendaire de l'église de Constantinople. On a de lui : De expe-ditione Heraclii contra Persas ; Bellum arabicum; Hexameron, poëme où il raconte la création; De va-nitate vilse, autre poëme. Ses contemporains le regardaient comme un grand écrivain et un grand poète. Ses oeuvres ont été publiées à Rome en 1777, in-f", et réimpr. à Montrouge, par l'abbé Migne, 1860.

GEORGE LE SYNCELLE, historien grec, ainsi nommé de la fonction qu'il exerçait (le syncelle était un clerc qui habitait la même cellule que le patriarche et l'accompagnaitpartout),fut attaché à Taraise,patriar-che de Constantinople ; écrivit de 780 à 800, et mourut, à ce qu'on croit, vers 800. Il a laissé une Chro-nographie qui va jusqu'à l'an 284 de J.-C., et que Théophane î'Isaurien a continuée jusqu'en 813. Elle a été imprimée dans la Byzantine et à Bonn, par G. Dindorf, 1829. Elle paraît avoir été faite, ainsi que la Chronique d'Eusèbe, d'après Jules Africain et offre quelques renseignements précieux.

GEORGE DE TREBIZONDE, écrivain grec, né en 1396 en Crète, d'une famille originaire de Trébizonde, mort à Rome en 1486, vint à Venise vers 1430 pour y enseigner le grec; lut appelé à Rome par le pape Eugène, et chargé de traduire des ouvrages grecs en latin ; mais il s'acquitta avec peu de soin de cette mission et se vit bientôt surpassé par Valla et Théodore Gaza. Il a traduit, entre autres ouvrages, les . Problèmes et la Rhétorique d'Aristote, l'Almagestede Ptolémée, quelques écrits de S. Cyrille et.de S. Jean . Chrysostôme, et a écrit une Comparaison d'Aristote ; et de Platon où il élève le premier fort au-dessus du second; il fut combattu par Gémiste Pléthon.

GEORGE SCHOLARIUS. V.*GENNADE. GEORGE CADOUDAL. V.*CADOUDAL.

GEORGEL (J. François), jésuite, né en Lorraine, en 1731, mort en 1813, s'attacha au prince Louis de Rohan qui l'emmena dans son ambassade à Vienne, . devint son grand vicaire quand il eut été nommé cardinal, et fut chargé de le défendre dans le célèbre procès du Collier. Déporté pendant la Révolu-. tion, il se réfugia en Suisse, puis alla en Russie offrir i à Paul I la grande maîtrise de l'ordre de St-Jean de -. Jérusalem (1799). Il revint en France sous le Consulat ; et fut nommé vicaire général de l'évêque de Nancy Il a laissé d'intéressants Mémoires sur la fin du xvnr1 siècle(n60-1806),publiésàParisenl818,6vol.in-8. GEORGETOWN, v. et port des États-Unis (district . de Colombia), sur le Potomak, à 4 kil. O. N. O. de : Washington dont la sépare le Kock-Creek; 8000 h. Collège catholique. Commerce considérable.

GEORGETOWN ou STABROEK, capit. de la Guyane anglaise, ch.-l. du gvt de Demerara,, près de la Deme--rara; 21000 hab. Ëvêchés catholique et anglican. Exportation de sucre, café, rhum, etc.

GEORGETOWN, ch.-L de l'île du Prince-de-Galles; 10 000 hab. Port, fort, arsenal, casernes, etc. :* GEORGETOWN, v. de l'île de Grenade. V. ST-GEORGE,

GÉORGIE, en arabe, en persan et en turc Gura. jistan (c-à-d. pays d'esclaves), et en russe Grou-sia, prov. de l'empire russe, bornée au N. par le Caucase qui la sépare de la Circassie, à l'O. par la mer Noire, au S. par l'Arménie et le cours inférieur du Kour, à l'E. par le Daghestan et le Chir-van : 450 kil. sur 300; 250 000 hab.; ch.-l. Tiflis; autres villes : Gouri et Télavi. La Géorgie se divise en trois districts : 1° le Karthli (vulgairement appelé Carduel ou Kartalinie) ; 2° le Kakh'eth ; 3° le Somkheth. A ces trois provinces, qui forment la Géorgie propre, longtemps appelée Géorgie persane, il faut ajouter la Gourie, l'Iméréthie, la Mingrélie et le Souaneth qui composaient la Géorgie turque, et qui appartiennent au], également à la Russie. La-Géorgie est toute couverte des ramifications du Caucase; on y trouve partout des vallées fertiles et délicieuses; aussi a-t-on voulu y placer le paradis terrestre. Elle est arrosée par de nombreuses rivières dont la principale est le Kour. Le climat est chaud et le sol très-fertile ; on y cultive avec succès le mûrier, la vigne et le coton. On y élève de superbes-troupeaux de gros et de menu bétail; on y trouve des mines d'or, d'argent, de fer, de cuivre et d'é-tain, des rubis, de l'alun, du jaspe, de l'ambre noir. Les Géorgiens sont très-braves; mais ils sont féroces, pillards et adonnés à l'ivrognerie. Leurs femmes sont célèbres dans tout l'Orient par leur beauté. La religion du pays est celle des Grecs dits orthodoxes; ils ont une langue à part, qui a deux dialectes, le sacré et le profane.

Les Géorgiens habitent le pays connu autrefois sous le nom d'Ibérie, ainsi qu'une partie de la CoJ-chidc à l'O. et de l'Albanie à l'E. ils font remonter leur origine jusqu'à 2640 av. J.-C., et reconnais^ sent pour 1" roi Thagarmos, qu'ils font contemporain de Nemrod. Ils se soumirent volontairement à Alexandre ; mais après la mort du conquérant (323), ils choisirent pour chef Pharnavaz, descendant de leurs anciens rois, qui délivra le pays de toute domination étrangère, et fit alliance avec Antiochus, roi de Syrie. Artocès, un de ses successeurs, fut l'allié de Mithridate; mais, vaincu par Pompée (65) il se soumit aux P.omains. Néanmoins la Géorgie conserva ses rois : elle fut gouvernée parles Arsa-cides de 71 av. J.-C. à 242 après, et, à partir de 242,. par les Sassanides. Le Christianisme y fut introduit en 280 et y remplaça le culte des astres. Au vie siècle, Chosroês Nouschirvan détrôna Bakour IV, et donna aux Géorgiens un roi de sa famille (568). Les Géorgiens résistèrent longtemps aux armes victorieuses-des Arabes ; mais en 732, Merwan, qui fut depuis le calife Merwan II, étendit sa domination au delà, du Kour, et à la fin du vur3 siècle, la Géorgie tout entière était regardée comme une province des califes. Elle avait alors pour rois des princes de la dynastie des Bagratides ou Pagratides, qui déjà régnait en Arménie. En 861, les Géorgiens secouèrent le joug musulman, mais au x« s. ils furent successivement soumis par les Dilemites sortis du Ghilan et par les Bouïdes. Sous Bagrat IV (1027-1072), Alp.-Arslan soumit ce pays, et un grand nombre de Turcs Seld-joucides s'y établirent. David III releva la Géorgie (1089), et, secondé par les Khazars, étendit au loin» ses conquêtes. En 1248, la Géorgie fut réunie au, vaste empire des Gengiskhanides. De 1386,à 140Q,. elle eut à subir plusieurs invasions de Ta'merlan,. qui la réduisirent à l'état le plus déplorable. Alexandre I (1407-1442) partagea ses Etats entre ses trois, fils, qui formèrent les royaumes rivaux de Karthli,,. de Kakheth et de Gourie, et il prépara ainsi la ruina?. de la Géorgie : en effet, dès, 1520,. la Géorgie orientale devint vassale des Sophis de Perse, et la Géorgie occidentale des sultans ottomans. Ceux-ci conquirent tout le pays en 1589; mais, de 1603 à 1615, Chah-Abbas la reprit aux Turcs et la remit sous, la. domination de la Perse; elle retomba presque tau* entière sous le joug des Turcs en 1724. Nadir-Chah en soumit une partie dont il donna le gouvernement à Theimouroz II en 1740. Héraclius, successeur de ce dernier (1760-1798), menacé d'un concurrent par le souverain de Perse Kerim-Khan, s'allia aux Russes et finit par se reconnaître leur vassal en 1783; mais en 1795, Aga Mohammed fit une invasion en Géorgie, prit Tiflis et emmena une foule d'habitants en esclavage. L'arrivée d'une armée russe prévint une nouvelle invasion (1797). Georges XI, fils d'Héraclius, signa en mourant l'acte qui soumettait ses Etats à l'empereur Paull (1799). En 1802, la Géorgie fut déclarée province russe; mais de continuelles révoltes rendirent pendant longtemps encore cette possession purement nominale.

GEORGIE, Georgia, un des États-Unis de l'Amérique du Nord .bornée au N. par l'État ds Tennessee, au N. E. par la Caroline du Sud dont le sépare la Savannah, à l'E. par l'Océan, au S. par la Floride, àl'O. par l'Alabama : 490 k. sur 400; 1057 286 h. (les esclaves en forment près de la moitié) ; ch.-l. Miiledgeville. La Géorgie offre plusieurs chaînes de montagnes au N. O. ; dans cette partie, le climat est tempéré: partout ailleurs il est chaud. Le sc\ est très-fertile, surtout en coton, le commerce fort actif: plusieurs chemins de fer. Dans la partie occid. habitaient plusieurs tribus belliqueuses, dont les principales étaient les Creeks et les Cherokees : elles ont été expulsées en 1835. — Jadis le nom de Géorgie s'étendait à toute la contrée située à l'E. du Mis-sissipi, et comprenait les États actuels de Mississipi et d Alabaina. Les Anglais s'y établirent pour la 1™ fois en 1733, sous le règne de George II (d'où son nom). La colonie souffrit d'abord de la guerre qui éclata peu après entre l'Espagne et l'Angleterre; mais en 1752 la compagnie qui la dirigeait résigna ses droits à la Couronne, et dès lors la colonie prit un nouvel essor. Elle se déclara indépendante en 1776 et entra en 1861 dans la confédération des États séparatistes.

GÉORGIE MERIDIONALE, dite aussi île du Roi-George, île de l'Océan austral, àl'O.delaTerre-de-Feu, par 39° long. O., 54° 30'lat. S. Glaces et neiges étemelles Découverte en 1675 par le Français La Roche.

GEORGIE SEPTENTRIONALE, archipel de la mer polaire, deST à 117° long. O. etpar75°lat.N., a pour Iles principales les îles Melville, Sabine, Bathurst. Découvert par les Anglais.

GEORGIE VSK, V. forte de la Russie (gouvt du Caucase), sur la petite Kouma, à 320 kil. N. O. de Tiflis; 3000 hab. (presque tous Cosaques du Volga). Fondée en 1771, elle fut de 1793 à 1825 le ch.-l. du gouvt du Caucase.

GÉPIDES, Gepidse , une des trois divisions du peuple goth, se fixa vers les sources de la Vistule, sur le revers des monts Carpathes, tandis que les Os-trogoths et les Visigoths poussaient au Sud : de là, dit-on, leur nom, qui voulait dire traînards ou paresseux. Entre les années 240-246 de J.-C, les Gé-pides forcent à s'expatrier les Burgundes, qui habitaient le nord de l'Allemagne, et les refoulent, parla Thuringe et la Franconie, vers le Rhin. Eu 269, sous Claude II, les Gépides commencent leurs incursions sur le territoire romain. Soumis par les Huns, ils secouent le jouç à la mort d'Attila (453), sous la conduite d'Ardanc, et s'établissent entre le Marosch au N., le Danube au S., la Theiss à l'O. et la Ternes au S. E. Vers l'an 548, éclata entre les Gépides et les Lombards, qui étaient devenus leurs voisins, une guerre sanglante, qui finit par amener la destruction des premiers : les Avares, appelés par les Lombards, exterminèrent une partie de la nation (567); le reste émigra et se dispersa. Rosemonde, fille de Cunimond, dernier roi gépide, qu'Alboin, roi des Lombards, avait tué de sa propre main, vengea la mort de son père dans le sang du meurtrier qu'elle avait été forcée d'épouser (573).

GÉRA^ v. de la principauté de Reuss, ch.-l. de la saigneurie de Géra, sur TElster-Blanc, à 25 k. S. O. d'Altenbourg; 12000 hab. Ville muré, palais des princes de Reuss. Industrie, lainages, étoffes de soie, cotonnades : brasseries, etc. La seigneurie de Géra, enclavée entre les pays de Saxe-Altenbourg, Saxe-Weimar, et le gouvt prussien de Mersebourg, a 474 kil. carrés et 32 000 h. Elle appartient en commun aux deux États da Reuss-Schleitz et Reuss-Lo-benstein-Ebersdorf. _\

GERACE.Iocri, puis Hieracium, v. d'Italie, dans l'anc roy. de Naples (Calabre Ult. I"), à 53 kil. E. N- E. de Reggio ; 8000 hab. Évêçhé. Eaux minérales sulfureuses, vin estimé. Cette ville fut très-endom-magéeparle tremblement de terre de 1783.

GÉRANDO (Joseph Marie, baron de), né à Lyon en 1772, mort en 1842, fut élevé par les Oratoriens et destiné à l'Eglise, prit part, en 1793 à la défense de Lyon contre les troupes delà Convention, ce qui le contraignit à s'exiler; rentra en 1796, S'enrôla et assista à la bataille de Zurich (1799). Cultivant la philosophie au milieu des camps, il fut à la même époque couronné par l'Institut pour un remarquable mémoire sur l'influence du langage {des Signes et de l'Art de penser dans leurs rapports mutuels, 1800), et par l'Académie de Berlin pour un mémoire sur la Génération des connaissances humaines (Berlin, 1802), mémoire qui devint plus tard l'Histoire comparée des systèmes de philosophie. Attaché par Lucien Bonaparte au ministère de l'intérieur, il fut nommé en 1804 secrétaire général de ce ministère, accompagna en 1805 Napoléon en Italie, et introduisit l'administration française en Toscane (1808), dans les Etats romains (1809), puis en Catalogne (1812). Membre du conseil d'État dès 1811, il en fut écarté à la Restauration, maïs il y rentra bientôt. Ilfut appelé en 1819 à la chaire de droit administratif nouvellement créée, et élevé à la pairie en 18371 II était de l'Académie des sciences morales depuis 1804. Zélé philanthrope, De Gérando fut un des fondateurs de la Société de la morale chrétienne, de la Société pour l'instruction élémentaire, de la Société d'encouragement pour l'industrie, des salles d'asile; il créa lui-même à Paris en 1839 un ouvroir qui porte encore son nom. Outre les mémoires déjà cités, on a de lui : Histoire comparée des systèmes de philosophie, publiée d'abord en 1804, en 3 vol. in-8 ; refondue dans une 2° édition, dont les 4 premiers vol. parurent en 1822 et années suivantes, et dont les 4 derniers n'ont paru qu'en 1847, d'après ses manuscrits; Vu perfectionnement moral, 1824, 2 vol in-8 ; De l'éducation des sourds-muets, 1827; Cours normal des instituteurs primaires, 1832; Inslitutes de droit administratif, 1829 et 1845, 4 vol. in-8. On lui doit aussi le' Visiteur du pauvre (1820) ; De la bienfaisance publique (1839). "Il a laissé en manuscrit des traités Des Méthodes et De l'Mxistence de Dieu, et un Examen de Condillac, de fiescartes, de Malébranche , de Locke. D'abord disciple pur-de Condillac, De Gérando se garantit bientôt de l'exagération de cette école, et donna un des nremïers l'exemple d'un éclectisme impartial: son Histoire comparée des systèmes est encore la meilleure histoire de la philosophie qui ait paru en France. Son style, correct et même orné, est ua peu diffus. M. Mignet a lu une Notice historique sur ce savant â l'Académie des sciences morales en 1854. — Un de ses fils, M. J. De Gérando, auj. procureur général, a lui-même publié. plusieurs écrits- philanthropiques et religieux : Tableau des Sociétés religieuses et charitables de Londres, 1824; Divines prières et méditations, 1839; le Démocrate chrétien, 1848.

GÉRARD (S,), évêque de Toul, 963-994, protégea les savants et fonda des écoles. On l'hon. le 23 avril.

GERARD, dit Tom, instituteur de l'ordre de St-Jean de Jérusalem, né en 1040 dans l'Ile de Martigues, sur la oôte de la Provence, fut nommé vers 1080 supérieur d'un hôpital pour les pèlerins annexé à l'église qui venait d'être bâtie à Jérusalem par des négociants d'Amalfi, jeta en 1100 les fon- déments de l'ordre hospitalier de St-Jean, et en fut nommé grand maître. II mourut en 1121. Il mérita par ses vertus et sa charité d'être mis au nombre des bienheureux.

GERARD DE CREMONE, savant traducteur, né vers l'an 1114, près de Crémone, mort en 1187, s'appliqua avec succès à la philosophie et à l'astronomie, passa en Espagne pour y étudier les ouvrages des Arabes, et traduisit en latin divers traités d'Alhaken, d'Avicenne, de Rhasis, d'Albucasis, ainsi que l'Al-mageste de Ptolémée d'après une traduction arabe.

GERARD GROOT, c-à-d. le Grand, fondateur des Frères de la Vie commune, né à Deventer en 1340, mort en 1384, était fils de WernerGroot, consul de cette ville. Il renonça à une belle fortune pour se consacrer à la vie religieuse, et fonda un institut qui avait pour objet de transcrire les manuscrits, de se vouer à l'éducation et à la prière, et qu'il fit approuver par le pape en 1376. Son institut fut transporté en 1386 de Deventer au monastère de Windes-heim, où il forma une congrégation de chanoines réguliers. Ce nouvel ordre rendit de grands services aux lettres : il en sortit plusieurs hommes distingués, tels que Thomas a Kempis et Gerlac Petersen On doit à Gérard Groot quelques écrits mystiques et un livre De Vita in eommuni degentium (sur les Frères de la Vie commune). Quelques-uns n'ont été imprimés que de nos jours, par Gérard Acquoy, 1860-61. Sa fie a été écrite par Thomas a Kempis, et plus récemment par Delprat, 1818 et 1856.

GERARD(Balthasar), fanatique, néàVillafans (Hte-Saône), assassina en 1584, à Delft, le prince d'Orange, Guillaume de Nassau, alors stathouder des provinces soulevées contre l'Espagne. Il fut pris et écartelé. Il était entré au service du prince, et avait captivé sa confiance par un excès de zèle. Il prétendit n'avoir pas de complices, assurant qu'il n'avait eu d'autre mobile que l'intérêt du parti catholique et espagnol. Ce fanatique n'avait que 22 ans. Le roi d'Espagne, Philippe II, donna des lettres de noblesse à sa famille.

GERARD, peintre hollandais. V. DOW et HONTHORST.

GERARD (Alexandre), écriyain écossais, né en 1728 à Garioch (comté d'Aberdeen), mort en 1795, embrassa l'état ecclésiastique, se livra à la prédication, professa la philosophie naturelle et expérimentale au collège Maréchal (1752), puis la théologie à l'université d'Aberdeen (1771). Il a laissé un Essai sur le goût, Londres, 1759; un Essai sur le génie, 1767; des Sermons, 1780, et un traité des Devoirs du pasteur, 1799. L'Essai sur le goût, ouvrage estimé, a été traduit en français par Eidous, 1766.

GERARD (Phil. Louis), chanoine, né à Paris en 1737, mort en 1813. Après avoir passé sa jeunesse dans la dissipation et l'incrédulité, il se convertit et se voua au saint ministère. Il fut longtemps vicaire de St-Merry, à Paris, puis chanoine de St-Louis du Louvre. Il subit une'longue détention pendant la Révolution. On a de lui : le Comte de Valmont ou les Égarements de la raison, 1775, 5 vol. in-12, espèce de roman moral et religieux, où il paraît raconter sa propre histoire (cet ouvrage a eu une très-grande vogue); les Leçons de l'histoire, ou Lettres d'un père à son fils sur les faits intéressants de l'histoire, 1786-1806. 11 vol in-12; l'Esprit du Christianisme, précédé d'un précis de ses preuves, 1803, in-12.

GERARD (le baron), peintre d'histoire, né à Rome en 1770, d'un Français et d'une Italienne, mort en 1837, étudia d'abord la sculpture sous Pajou, et reçut depuis 1784 les leçons de David. Sa 1" œuvre importante fut le Bélisaire, 1795; vinrent ensuite Psyché recevantlepremier baiser de l'Amour, 1796; les Trois Ages, 1806; la Bataille d'Austerlits et Ossian, 1810. Il excellait dans les portraits : toutes les notabilités de l'Empire et de l'Europe voulurent être peintes par lui. Sous la Restauration, Gérard produisit : l'Entrée d'Henri IV à Paris, 1817; Corinne improvisant au 'ap Misène et Xhélis portant les armes d'Achille, 1819; le Tombeau de Ste-Hélène, 1826; louis: XIV déclarant son petit-fils roi d'Espagne, 1828; l'Extase de S te Thérèse, le Sacre de Charles X, 1829; l'Espérance, 1829; la Peste de Marseille, 1832,etles 4 pendentifs de la coupole du Panthéon. Gérarà'fut une des gloires de l'école de David, et un des derniers imitateurs de la belle antiquité : son dessin est àla fois vigoureux et élégant; sa couleur, harmonieuse et brillante; ses compositions, remarquables par la justesse de la pensée et de l'expression, sont en même temps pleines d'art et de poésie. Louis_XVIII le nomma son 1" peintre et le fit baron.* "~:

GERARD (Maurice Etienne, .comte), maréchal de France, né en 1773 à Damvillers (Meusek mort en 1852, était fils d'un notaire. II s'enrôla en 1791, servit en Italie sous Bernadotte, dont il devint l'aide de camp et bientôt l'ami, se signalaà la bataille'd'Aus-terlitz, où il fut blessé; à Wagram, où il çbntribua puissamment au gain de la victoire; fit des.pfodiges de valeur au sanglant combat de Valontma,,ou il remplaçale général Gudin, tué à la tête de ses troupes, et à la bataille de la Moskowa, après laquelle il fut nommé général de division (1812); contribua avec Davoust à sauver l'arrière-garde surprise àKovno, commanda une division à Lûtzen et àBautzèn, fit, pendant la campagne de France, les efforts les plus énergiques pour défendre le territoire, notamment au pont de Dienville, à St-Pane, à Montereau, à Méry; fut placé, pendant la campagne de 1815, sous les ordres du général Grouchy, et insista vainement auprès de lui pour marcher sur Waterloo, où,l'on entendait la canonnade; eut, le même jour (18juin) la poitrine traversée d'une balle à "Wavres; se retira à Bruxelles, après le licenciement de l'année, rentra en France en 1817, mais sans reprendre de service; fut élu député en 1822 et 1827, et se plaça, avec Manuel et Foy, sur les bancs de l'opposition; accueillit avec joie la révolution de 1830; fut aussitôt chargé du portefeuille de la guerre, et réorganisa l'armée; reçut peu après le bâton de maréchal; fut mis en 1831 à la tête de l'armée du Nord, et repoussa les Hollandais de la Belgique; fit en 1832 le siège d'Anvers, qui se rendit après 24jours de tranchée (23 déc); fut nommé en 1835 grand chancelier de la Légion d'honneur et en 1838 commandant supérieur de la garde nationale. Napoléon, qui le proposait pour modèle , l'avait désigné dans ses mémoires pour la dignité de maréchal de France. Une statue lui a été érigée à Damvillers. M. J. Nollet a écrit sa Vie.

GERARD DE NERVAL, littérateur, né à Paris en 1808, mort en 1855, débuta dès 1826.par des poésies de circonstance, étudia la littérature allemande et fit paraître en 1830 un Choix de ballades et de poésies traduites de Gœtlie, Schiller, KIopstock, Burger, Schubert, Kcsrner, etc.; rédigea pour les revues et les journaux des nouvelles et des feuilletons qui furent remarqués, fonda en 1835 le Monde dramatique, qu'il dirigea jusqu'en 1841 ; composa, avec Alexandre Dumas, l'Alchimiste et Léo-Burckhart, drames en 5 actes, puis seul l'Imagier de Harlem, 1852, ainsi que le poème de deux opéras-comiques, Piquillo (musique de Monpou) et les Monténégrins (musique deLinuEan-der). Sujet à des atteintes d'aliénation mentale, Gérard de Nerval se pendit dans un de ses accès.- Aux plus riches fantaisies de l'imagination, cet écrivain joignait une rare simplicité de style.

GÉRARDMER ou GEROME, ch.-l. de cant. (Vosges), sur un petit lac de même nom, à 30 kil. S. de St-Dié; 5600 hab. Boissellerie, sabots, fromages renommés.

GÉRARE, anc v. des Philistins, à l'E. de Gaza, était la résidence d'Abimélech.

GERASA, v. de la Décapole de Palestine, auN. de Gadara et au S. de Damas. C'est auj. Djerrach, ville déserte, où l'on trouve de belles ruines.

GËRBERON (Dom Gabriel), bénédictin de St-Maur, né àSt;Calais en 1628, mort en 1711, prit parti poulies Jansénistes. Il a laissé, entre autres ouvrages : le Miroir de la piété chrétienne, 1676; Histoire du Jann- sénisme, 1700, et a donné une édition estimée de S. Anselme, 1671.

GERBEROY, Tge du dép. de l'Oise, à 25 kil. N. O. de Beauvais; 600 hab. Château fort, auj. en ruines. Ville importante au moyen âge. Guillaume le Conquérant y assiégea son fils Robert; Henri II, roi d'Angleterre, la prit en 1160; elle fut de nouveau prise parles anglais en 1437, mais reprise dès 1449.

GERBERT, pape V. SYLVESTRE-n.

GERBEVHXER, ch.-l. de c (Meurthe), à 11 kil. S. de Lunéville; 2252 hab. Bonneterie.

GERBI, île d'Afrique. F.ZERBI.

GERMER (J. B.), célèbre avocat, né à Rennes en 1725, mort en l788, débuta à Paris en 1753, et y plaida avec un succès toujours croissant. En 1771, lors de l'exil du parlement par le chancelier Maupou, il se sépara de ses confrères, et consentit à plaider devant la commission qui remplaçait le parlement. Son éloquence était insinuante et pathétique; sa diction nette, son élocution facile, sa voix étendue et pénétrante. On le surnomma l'Aigle du barreau. Plusieurs des causes dans lesquelles il a plaidé se trouvent dans le recueil des Cotises célèbres : une des plus remarquables est la Bernardine, où il fit condamner l'abbé de Clairvaux à 40 000 écus de dommages-intérêts au profit d'une pauvre femme dont le mari avait été séquestré dans un couvent de Bernardins. Ses plaidoiries, recueillies par Héraut de Séchelles, se trouvent manuscrites à la bibliothèque des avocats.

GERBIER-DES-JONCS, mont, de France (Ardèche), dans les Cévennes, à28 k. O. N. O. de Privas; 1551 ». La Loire y prend sa source. Eboulée en 1821, cette mont, a été en partie remplacée par un lac

GERBELLON (J. François), jésuite missionnaire, né à Verdun en 1654, fut un des fondateurs de la mission française en Chine (1685), devint maître de mathématiques de l'empereur Kang-hi, fut supérieur général delà mission, dirigea le collège française Pékin, et mourut dans cette ville en 1707. Il fit imprimer en chinois à Pékin des éléments de Géométrie. On a de lui des Relations de ses voyages en Tartane de 1688 à 1698, dans l'Histoire générale des voyages.

GERDIL (Hyacinthe Sigismond), cardinal, né en 1718à SamoSns en Savoie, mort en 1802, entra dans l'ordre des Barnabites, enseigna la philosophie à Casai et à Turin (1749), fut précepteur du prince royal de Piémont (Charles-Emmanuel IV), et reçut la pourpre de Pie VI (1777). Il a laissé un grand no'mbre d'ouvrages, les uns en italien, les autres en latin, quelques-uns en français, qui lui assurent un rang élevé parmi les philosophes et les théologiens. La plupart sont consacrés à réfuter les incrédules ; il y brille à la fois par la force de la dialectique et par la modération. Les principaux sont : De l'origine du sens moral; De l'existence deDieu;De l'immortalité de l'âme, contre Locke; Incompatibilité des principes de Descartes et de Spinosa; VAnti-Émileou Réflexions sur la théorie de Véducation de Rousseau ; Démonstration matliA-matique contre l'éternité de la matière et du mouvement; Caractères de la vraie religion. Ses œuvres ont été réunies en 20 v. in-4 à Rome, 1806-21. Gerdil était de l'Académie de la Crusca et de celle de Turin. GERGOVEG, Gergobia,y. de Gaule, chez lesArver-nes, sur une haute montagne. Vercingétorix y vainquit les Romains ; César l'assiégea, mais ne put k, prendre. Longtemps on a cru que cette ville était la même qn'Auguslonemetum (Clermont) : elle en est seulement voisine; il a été récemment établi qu'elle est située à 5 kil. au S., sur une hauteur qui se détache des Monts Dômes et qu'on nomme encore auj. GergoieoamontGergovin.—Une autre Gergovie était située dans le pays des Éduens, mais appartenait aux Boïens; elle fut fondée du temps de César. On la place dans le dép. de la Nièvre, au lieu où est auj. St-Révé-rien, à 27 kil. S. de Clamecy; sa forteresse, Ara in Boiis, aurait laiss'ô son nom au vge d'Arzemboy. D'autres la placent à Montluçon. GERHAKDT(Ch.), chimiste français, né en 1816 à Strasbourg, mort dans la même ville en 1856, était fils d'un fabricant deproduits chimiques. Il alla compléter ses études scientifiques en Allemagne sous le chimiste Liebig, fut nommé en 1844 professeur de chimie à la Faculté deMontpellier, et en 1855 professeur à la Faculté et à l'École de pharmacie de Strasbourg. Il venait d'être élu correspondant de l'Académie des sciences lorsqu'il fut enlevé par une mort prématurée. Ch. Gerhardt avait conçu, avecl Laurent, son ami, le projet de réformer la chimie organique : considérant certaines substances organiques comme des composés équivalents entre eux, il ne donna pas aux formules qui le3 représentent une valeur absolue, mais il les classa d'après les analogies de leurs métamorphoses; il choisit à cet effet un cet tain nombre de composés dont, il fit des types auxquels il en rapportait une foule d'autres,,distribués enséries. Outre de savantes recherches sur les huiles essentielles, les acides anhydres et les amides, on lui doit la traduct. de plusieurs outrages de Liebig, un Précis de chimie organique (1844) et un grand Traité de chimie organique (1850-1856,4 vol. in-8), qui fait suite au Traité de chimie de Berzéîius. G. Chaneel a donné une Notice sur sa Vie et ses travaux (1857).

GÉRICAULT (André), peintre d'histoire, élève de Guérin, 'né à Rouen en 1791, mort en 1824, exposa en 1819 un tableau qui le plaça au niveau des grands maîtres : le Naufrage de la Méduse, auj. au musée du Louvre. Ses autres compositions sont : un Chasseur à cheval; un Cuirassier blessé; une Forge devillage. On a aussi de lui beaucoup de dessins et d'aquarelles, entre autres un Épisode de la retraite de Moscou. Le caractère de son talent est une énergie un peu fougueuse. Cet artiste, enlevé prématurément, avait des partisans enthousiastes, qui l'opposaient à David.

GERING (Ulric), imprimeur, né près de Lucerne, vers 1440, mort vers 1510, eut avec Martin, Krantz et Michel Friburger, la gloire d'mtroduirel'imprimerie en France. Ils vinrent s'établir à Paris en 1470. Le peuple, les prenant pour des sorciers,menaçait leur industrie, et déjà le parlement les avait condamnés; il fallut que Louis XI intervint pour les sauver.

GERLAC PETERSEN, écrivain ascétique, chanoine régulier de Windeshejm, né en 1378 à Deventer (Hollande), mort en 1411, composa des entretiens spirituels, qui le firent surnommera second Thomas a Kempis: Breviloquium de accidentiis eiterioribus; De liber-taie spiritus; Ignitum cuni Deo soliloqûium, Cologne, 1616, in-12, trad. en franc., Paris, 1667.

GERLE (dom), chartreux, né en 1740 en Auvergne. était en 1789 prieur du couvent de Pûrt-Ste-Marie. Député aux Etais généraux par le clergé de Riom, il adopta les idées révolutionnaires, mais ne s'en fit pas moins remarquer par son exaltation religieuse. En 1794, il crut avoir trouvé une femme inspirée dans une vieille fille nommée Catherine Théot, qui se donnait le titre dé mère de Dieu, et qui le proclama prophète. Tous deux secondèrent Robespierre lorsqu'il fit proclamer par la Convention l'existence de l'Être ? suprême. Ils furent accusés d'avoir formé une conspiration théooratique, et. jetés en prison peu avant le 9 thermidor ; don Gerle recouvra la liberté après cet événement.

GERMAIN (S.), dit VAUxerrois, évêque d'Auxerre, né dans cette ville en 380. m. en 448, était gouverneur de la province d'Auxerre pour Pempereur d'Occident, lorsqu'il M ordonné prêtre par Amator, évêque d'Auxerre. Amator étant mort pou après, Germain fut élu à sa place (418). 11 avait eu une jeunesse peu réglée; il se consacra désormais tout entier aux devoirs religieux, et se condamna à la vie la plus austère. Il fit deux voyages dans la Grande-Bretagne pour y prêcher contre l'hérésie de Pelage (428 et 446), et mourut à Ravenne, où il était allé implorer de Valentinîên III le pardon des Armoricains. On le fête le 26 et le 31 juillet.

GERMAIN (S.), dit de Paris, évêque de Paris, né à Autun en 496, m. à Paris en 576, fut élu évêque en 554, et fut en grande faveur à la cour des rois Childebert et Clotaire. Néanmoins, il excommunia Caribert, un des fils de ce dernier, pour ses débordements. Il s'interposa vainement entre Sigebert et Chilpéric dans la lutte suscitée entre ces deux rois par Frédégonde. Il fonda l'église qui porte encore auj. le nom de St-Germain des Prés, à Paris. On le fête le 28 mai. Sa Vie a été écrite par Fortunat.


GERMAIN (Thomas), architecte, sculpteur et or-évre, né à Paris en 1673, m. en 1748, était fils de Pierre Germain, habile ciseleur, dont les ouvrages ornaient le château de Versailles. Thomas G. exécuta en 1704 un des trophées qui ornent le chœur de Notre-Dame, en 1722 un soleil dont Louis XV fit présent à l'église de Reims, fit construire en 1738 l'église St-Louis-du-Louvre et confectionna un grand nombre de belles œuvres d'orfèvrerie ; la plupart ont été fondues sous Louis XV et pendant la Révolution, pour les besoins de l'État : aussi celles qui ont été conservées ont-elles un grand prix.

GERMAIN (Sophie), mathématicienne, née à Paris en 1776, m. en 1831. attira l'attention de Lagrange qui l'encouragea, découvrit les lois des vibrations des lames élastiques, et rédigea sur ce sujet un mémoire qui fut couronné par l'Institut en 1820, et qu'elle publia sous le titre de Recherches sur la théorie des surfaces élastiques. On lui doit aussi quelques autres travaux estimés.

GERMAINS. V. GERMANTE.

GERMANICA OŒSAREA, Marach, v. de Syrie, dans la Comagène. Patrie de l'hérésiaque Nestorius.

GERMANICUS (TIB. DRUSUS NERO) , fils de Drusus Nero, né à Rome vers l'an 16 av. J.-C., était neveu et fils adoptif de Tibère, et avait épousé Agrippine, petite-fille d'Auguste. Dès sa jeunesse, Auguste lui confia des commandements importants, soit en Dal-matie, soit en Pannonie; ill'éleva au consulat l'an 12 de J.-C. A la mort de ce prince, en 14, il eut à réprimer une révolte terrible des légions de Germanie, qui voulaient le saluer empereur; il repoussa ce titre avec indignation et fit rentrer les soldats dans le devoir; néanmoins Tibère vit dès ce moment en lui un rival dangereux. Chargé peu après de la guerre contre les Germains, il battit Arminius, leur chef (l'an 16 de J.-C), reprit les aigles de Varus, et se couvrit de gloire par des exploits qui lui valurent le titre de Germanicus. Tibère, jaloux de ses succès, le rappela à Rome, puis l'envoya en Orient. Après avoir apaisé les troubles de l'Arménie, et avoir donné un roi à ce pays, il eut une altercation avec Pison, gouverneur de Syrie et confident intime de Tibère, qui s'était plu a l'insulter. Il le chassa de sa province, mais, peu après, il fut emporté par une maladie aiguë, l'an 19 de J.-C; il n'avait que 34 ans. Il témoigna en mourant qu'il se croyait empoisonné, et excita ses amis à le venger. Agrippine, sa veuve, porta ses cendres en Italie, et accusa Pison, qui prévint le supplice en se donnant la mort. Germanicus réunissait toutes les vertus et tous les talents : il était adoré universellement pour sa bonté, sa générosité et sa justice. Possédant les dons de l'esprit comme ceux du cœur, il s'était livré avec succès à l'étude de l'éloquence et de la poésie ; on a de lui une traduction des Phénomènes d'Aratus. Tacite a fait de Germanicus le héros de ses Annales. On a plusieurs fois mis sur la scène sa fin tragique. V. ARNAULT.

GERMANIE, Germania (de gehr ou wehr-mann, homme de guerre ? ), vaste contrée de l'Europe ancienne, correspondant à peu près à l'Allemagne actuelle. A la mort d'Auguste, elle avait pour bornes au N. le sinus Codanus et la mer Germanique, à l'O. le cours du Rhin, au S. les Alpes et le cour du Danube. Sa limite à l'E. était fort incertaine : elle paraît avoir été la Vistule et les Carpathes. On peut la diviser en deux parts : Germanie romaine et Germanie purement barbare. La 1™, au S. O., était séparée de ta 2e par un long mur de retranchement qui s'étendait du Rhin au Danube, qui commençait près i'A-aux Mattiacœ (Wiesbaden) et se terminait au confluent du Naab et du Danube (Voy. mur du niABLE). Les Decumates agri, espèce de frontière militaire située en deçà de ce mur et correspondant à peu près au Brisgau'actuel, formaient le district principal de la Germanie romaine; il faut y joindre les deux Germaniques, l'Helvétie, la Rhétie*et laVindélicie. Quant à la Germanie purement barbare, il est fort difficile* de déterminer les noms et la position des peuples qui l'habitaient : toutefois, dans les deux premiers siècles de notre ère, la Germanie paraît avoir été partagée entre trois grandes nations principales: 1° les Hermions au N. E., entre l'Elbe et la Vistule; 2° les Ingsevons auN. et au N. O.; 3"les Istasvons à l'O. *— 1. Les Hermions, que l'on regarde comme la souche des deux autres, et qui sont désignés tantôt sous le nom de Teutons, tantôt sous celui de Suèves, comprenaient les Semnones, entre l'Elbe et l'Oder; les Varini, entre les embouchures de la Trave et de la Warne; les Sidini, depuis la "Warne jusqu'à l'Oder; les Rugii, dans la Poméra-nie; les Gothones et les Heruli, sur les bords de la Baltique et en Pologne; les Vdndalii et les Silingi, dans les monts Sudètes et la Lusace ; les Burgundio-nes et les Lygïi, derrière les Vandales et dans la Si-lésie. Il faut y joindre les Langooardi (Lombards) et lesAngli, qui primitivement habitaient sur les bords de' l'Elbe et qui émigrèrent, les 1*™ chez les Istav vons, et les 2" chez les Ingéevons. — 2. Les Ingxnons comprenaient de nombreuses et puissantes tribus répandues des embouchures du Rhin aux rives occid. de la Baltique ; c'étaient : les Frisii, dans la Hollande et le Hanovre; les Chaud, dans le pays d'Oldenbourg et de Brème • les Angrioarii, aux environs de Lunebourg et de Kalenberg; les Saxons, dans le Holstein actuel (divisés eux-mêmes en Ostphales, Westphales et Angarii) ; on peut y joindre les peuples de la Scandinavie mérid., ireïlêinone.s,TSi(iones, Fenni, et ceux des bords de la Baltique orient., jEstyi, Tenedi, etc. — 3. Sous le nom à'Istxvons, on réunissait les Chamavi, Tubantes, Usipii, Ansi-barii, et Bructeri, entre le Weser et le Rhin; les Sicambri, Attuarii eXMarsi, depuis la Lippe jusqu'à Cologne; les Chassuarii, Tencteriet Ingriones, sur la rive occid. du Weser; les Catti, dans laThuringe, depuis les sources du Weser jusqu'au Mein et à la Saale; les Turoni, les Marvingiet les Hattiaci, aux environs de Marbourg et de Wiesbaden; les Che-rusci dans le Harz, les Fosi dans le Brunswick, etc. Toutes ces tribus formèrent à diverses époques de "grandes confédérations, telles que celles desSicam-bres, des Chérusques et des Cattes, qui plus tard devinrent les deux puissantes confédérations des Francs et des Allemands (Alemanni). — Les Quadi, les Mar-comani, les Boii et les Hermunduri, émigrés de diverses tribus, habitaient au midi de la Germanie et dans la forêt Hercynienne, et formèrent plus tard de puissants empires.

Les Germains se distinguaient par une grande taille, une force prodigieuse, des cheveux blonds, des yeux bleus, une peau blanche. Accoutumés dès l'enfance aux intempéries, ils marchaient presque nus, n'ayant qu'un court manteau ou une peau de bête sur les épaules. Ils portaient la chevelure longue , signe distinetif de l'homme libre. Du temps de César et d'Auguste, ces peuples étaient encore barbares, mais moins que les Slaves et les Scythes. Grossiers plutôt que féroces, ils étaient francs, loyaux, hospitaliers, observateurs religieux de leur parole ; ils laissaient aux esclaves et aux femmes les soins pacifiques , mais du moins ils connaissaient l'agriculture; ils avaient des demeures fixes, bien qu'ils détestassent les villes; ils avaient des usages qui pour eux étaient en quelque sorte un code oral; ils se groupaient autour de chefs de leur choix pour de grandes expéditions; ils obéissaient pour la plupart à des rois héréditaires, mais ils n'en avaient pas moins une sorte d'aristocratie dans le' conseil des grands et des vieillards, et une démocratie dans les mails ou diètes nationales où tous les hommes libres se rendaient. Il faut bien distinguer chez eux la nation, qui comprenait, avec les guerriers, les femmes, les enfants, les vieillards, d'avec la bande, composée d'hommes armés qui s'associaient à la fortune d'un guerrier renommé et le suivaient dans une expédition. — La religion des Germains était grossière : leurs divinités principales étaient Hertha (la Terre), Teutsch ou Tuisko, père de la race germanique, Wodan ou Odin et Thor, dieux de la guerre, Freya, femme d'Odin (Y. ces noms). Ils croyaient aux sorts, aux oracles, aux prophéties : les femmes surtout leur semblaient aptes à prédire, et sous ce rapport ils témoignaient à quelques-unes d'entre elles une vénération qu'on a eu tort de croire générale. Leurs défauts capitaux étaient le goût des orgies, le jeu, l'extrême irascibilité, l'ignorance et une paresse sans bornes pour tout ce qui n'était pas la guerre, la chasse ou l'exercice de la souveraineté.

L'histoire de la Germanie av. J.-C. est presque inconnue. On suppose que ses habitants appartiennent à la race indo-européenne et qu'ils émigrèrent de l'Asie vers le vu" siècle avant notre ère. L'invasion du Gaulois Sigovèse en Germanie vers 587 av. J.-C, celle des Cimbres et des Teutons en Gaule et en Italie , où ils furent exterminés par Marius, 103-101, la tentative du Suève Arioviste sur la Gaule, en sont presque les seuls grands traits connus. Les Romains, devenus maîtres de la Gaule l'an 50 av. J.-C., de la Rhétie l'an 15 av. J.-C, se trouvèrent en contact avec les Germains au delà du Rhin et du Danube, et dès ce temps les hostilités commencèrent ( V. DRUSUS et GERMANICUS). Au i" siècle de notre ère, les Ché-rusques elles Marcomans étaient de tous les peuples germains les plus puissants; ils avaient formé chacun une confédération de tous leurs voisins. L'an 9 de J .-C., Arminius, à la tête de la ligue des Chérusques, battit Varus et rendit pour quelques années la liberté à la Germanie. Dans les siècles suivants, la ligue des Marcomans, plus connue sous les noms de Ligue des Suèves et de Ligue des Alamans, devint de plus en plus redoutable. Vers 244 se réorganisa aussi la ligue chérusque, sous le nom de Ligue des Francs ( V. FRANCS). Les attaques perpétuelles des uns et des autres pendant 160 ans (244-403) affaiblirent immensément l'empire romain : la grande invasion de 408, opérée d'abord malgré l'opposition des Francs, porta la décadence de l'empire d'Occident au plus haut point, et bientôt Visigoths, Burgundes, Suèves, s'établirent en Gaule et en Espagne. Les Francs parurent à leur tour et portèrent les derniers coups, de 420 à 486. Les Vandales étaient en Afrique depuis 429 ; les Hérules, en 476, les Ostrogoths, en 493, les Lombards, en 568, devinrent les maîtres de l'Italie; de 455 à 584 les Jutes, les Saxons et les Angles occupèrent presque toute la Bretagne romaine (Angleterre). L'empire d'Occident devint donc presque exclusivement la proie des peuples germains. Plusieurs d'entre eux disparurent : les Ostrogoths et les Vandales sous les coups de l'empire grec, les Suèves sous ceux des Visigoths, ceux-ci sous ceux des Arabes; les Jutes, Angles et Saxons, furent soumis par les Northmans (ou Normands); les Lombards par les Francs. Finalement les Francs devinrent le peuple dominateur dans l'ancien empire d'Occident, comme dans toute la Germanie. On distinguait alors dans cette vaste contrée quatre nations germaines: les Francs, les Alemans (ou Suèves), les Saxons, les Bavarois. Sous' les successeurs de Charlemagne, la Germanie forma quelque temps un royaume particulier. Après la chute des Carlovingiens en Germanie, le nom de Germanie fit place à celui d'Allemagne; mais pendant longtemps ces deux noms furent pris l'un pour l'autre.

GERMANIE (Royaume de). On donne ce nom à un des royaumes nés du démembrement de l'empire de Charlemagne. Par le traité de Verdun en 843, Louis, dit le Germanique, petit-fils de Charlemagne, avait


obtenu en partage toutes celles des provinces situées au delà du Rhin qui avaient fait partie de la monarchie des Francs, et en deçà du Rhin les villes de Spire, de "Worms et de Mayence ; il en forma le roy. dit de Germanie. Ce royaume était défendu à l'E. par les Marches de Carmthïe. de Bohême, d'Autriche, entrél'Ensetla Leitha; et par celles des So-rabes, entre l'Elhe et l'Oder. Au S. E. se trouvaient les Marches de Liburnie, de Frioul et d'Istrie. En 870, le roy. de Germanie fut agrandi, paï le traité de Mersen, de la Lorraine allemande, située à l'E. dé la Meuse, avec les villes de Bâle, Strasbourg, Metz, Cologne, Trêves, Aix-la-Chapelle et Utrecht. Les prov. frontières du roy. de Germanie étaient gouvernées par des ducs et des margraves; colles de l'intérieur, par des comtes; mais pendant le règne de Louis VEnfant, la Franconie orientale, la Lorraine, la Souabe, la Bavière et la Thuringe étaient devenues des souverainetés héréditaires, et ne reconnaissaient que nominalement l'autorité du roi de Germanie. Ce titre subsista cependant même après la mort de Louis l'Enfant (911), mais il cessa dès lors d'appartenir à la dynastie Carlovingienne, Louis l'Enfant étant mort sans laisser depostérité, Après ce prince, Conrad de Franconie usurpa le trônasans pouvoir le rendre héréditaire danssa famille. Henri l'Oiseleur, de Saxe, s'en saisit en 919 et le transmit à ses descendants. Cédernierprinceagranditencore le roy. de Germanie par ses victoires sur les Hongrois et les Normands, et parla création de nouveaux margraviats,- tels quaceuxde Sieswig, deSaxeseptentr., de Misme et de Haute et Basse-Lusaoe. Henri l'Oiseleur, déjà roi de Germanie, ïut proclamé empereur en 933, Cependant le titré de roi de Germanie ne fut remplacé définitivement par celui d'empereur qu'en 962 sous son fils Othon. le Grand, qui, ayant conquis l'Italie septentr., se fit couronner à. Rome par le pape Jean XII. Depuis cette époque, le titre de roi de Germanie ne fut plus donné qu'aux empereurs élus, mais non encore couronnés à Rome; puis il fut affecté aux fils des empereurs. Les empereurs faisaient décerner ce titre à leurs fils par les électeurs de l'empire, pour assurer la transmission héréditaire de cette couronne dans leur famille. Les rois de Germanie al-taient ensuite recevoir en Italie la couronne de fer et le titre de rois de Lombardie ; mais ils ne devenaient empereurs qu'après leur couronnement à Rome. Toutefois, à la fin du xin" siècle, lorsque les empereurs d'Allemagne se furent affranchis de l'espèce de suprématie que la cour de Rome affectait envers eux, les titres de rois de Germanie et d'empereur se confondirent peu à peu. Enfin, lorsque la maison d'Autriche se fut affermie sur le trône, dans la 2° moitié du xv* siècle, elle-introduisit la coutume nouvelle de faire décerner à l'héritier présomptif le titre de roi des Romains, qui fit disparaître définitivement celui de roi de Germanie. — Pour la liste des rois de Germanie ou d'Allemagne, V. l'art. ALLEMAGNE.


GERMANIQUE I™ ou G. SUPERIEURE, auj. l'Alsace, le grand-duché du Bas-Rhin, la Bavière rhénane, une des 17 prov. du diocèse de Gaule à la mort d'Auguste, entre la Belgique 1" et le Rhin, comprenait du S. au N. les Rauraci, les Triboccij les Nemetes, les Vangiones, les Caracates, et avait pour ch.-l. Moguntiaeum (Mayence).

GERMANIQUE 2° ou G. INPERIEURE, auj. partie du grand-duché du, Bas-Rhin, àl'O. duRhin, et Belgique orientale, une des 17 prov. du diocèse de Gaule à la mort d'Auguste, auN. des deux Belgiques et de la Germanique 1™, comprenait les Vbh, Gugerni, Toxandri, Tungri ou Aduatici, Condrusi, Men,apih et avait pour ch.-l. Colonia Agrippina (Cologne).

GERMANIQUE (Confédération). 7. ALLEMAGNE.

GERMANOS, archevêque de Patras, né à Dimit-zana en Arcadie,- fut un des premiers à exciter les Grecs à l'insurrection contre les Turcs (1821), souleva les Péloponnésiens.au nom de la religion, se rendit en 1822 au congrès de Vérone pour solliciter les se- cours des puissances chrétiennes, puis à Rome, où il tenta la réunion des deux églises d'Occident et d'Orient, il fut enlevé parle typhus en 1826.

GERMERSHEIM, Viras Julius, v. forte de la Bavière ihénane, au confluent de la Queich et du Rhin, à 17 kil. S. de Spire; 1470 hab. Place forte. Rodolphe de Habsbourg y mourut en 1291.

GERMINAL AN ni (Journée du 12), 1"avril 1795. Les faubourgs de Paris s'insurgèrent contre la Convention, dans le but de combattre la réaction thermidorienne et de soutenir les anciens chefs du parti populaire, Billaud-Varennes, Collot-d'Herbois, Va-dier, Barère, etc. Les insurgés pénétrèrent dans la falle de l'Assemblée, en demandant le rétablissement delà Constitution de 1793; mais ils furent repoussés. GÉROMË, v. de France. V. GERARDMER. GERRI, Acerris ,bourg d'Espagne (Barcelone), à 40 kil. 0. de Cervera; 650 hab. Source salée, d'où l'on tire annuellement*14 000 charges de sel.

GERS, Mgirlius, riv. de France, coule du S. au N., arrose les dép. des H.-Pyrénées, du Gers, de Lot-et-Garonne, et tombe dans la Garonne à 7 kil. au-dessus d'Agen, après 150 kil. de cours.

GERS (dép. du), entre ceux des Landes à l'O., de la H.-Garonne et de Tarn-et-Garonne à l'E., des Hautes-Pyrénées au S., de Lot-et-Garonne au N. : 6152 kil. carrés; 298931 hab.;ch.-l., Auch. Il est formé de l'Armagnac, de l'Astarac, d'une partie de la Lomagne, du Comminges, du Condomais. Montagnes, vallées longitudinales où courent du S. au N. beaucoup d'affluents de la Garonne. Marbre rouge et vert, marne, spath fusible, etc. Terre à bruyères ; grains, vin, lin, légumes secs, ail, ognons (cultivés en grand). Gros bétail, chevaux, mules, aies, porcs, volaille (foiesde canard renommés). Eau-de-vie estimée; toiles, verre, faïence, etc. — Le 'lép. du Gers a 5 arr. (Auch, Mirande, Condom, J.ectoure, Lombez), 29 cant. et 684 couim. 11 fait partie de la 13e division militaire, dépend delacour imp. d'Agen et de l'archevêché d'Auch.

GERSAU, bourg de Suisse (Schwytz), à 18 kil. S. E. de Lucerne, sur le lac de Lucerne; 1600 hab. Il forma dès 1315 un petit État indépendant qui fut réuni au canton1 de Scnwytz en 171)8.

GEUSEN (Jean), bénédictin de Cavaglia en Piémont, est un de ceux auxquels on attribue l'Imitation de J.-C. Il l'aurait écrite de 1220 à 1240. On a révoqué en doute son existence même, son nom pa raissant n'être qu'une altération de celui de Gerson. GERSNHKIM, v. du grand-duché deHesse-Darm-stadt, à 17 kil. S..O. de Darmstadt, 2600 hab. Patrie de l'imprimeur Schœffer.

GERSON (Jean CHARLIER de), surnommé le Docteur très-Chrétien, Ductor* Christianissimus,*né en 1363, d'une famille obscure, à Gerson, près de Réthel, fut élevé au collège de Navarre à Paris, et se*fit recevoir docteur en théologie. Il avait déjà fait preuve en plus d'une occasion d'énergie et de talent, quand on le donna pour successeur à Pierre d'Ailly dans la charge de chancelier de l'Université (1392). Gerson déploya dans l'exercice de ces fonctions un courage et une sagesse admirables. Après l'assassinat du duc d'Orléans, en 1408, il s'éleva éner-giquement contre le duc de Bourgogne, auteur de l'attentat, et fitcondamner Jean Petit,son apologiste. Sa fermeté fut la même dans ses rapports avec l'Eglise : en même temps qu'il se montrait l'adversaire 5** de toute hérésie, principalement aux conciles de =** Pise et de Constance, il soutenait avec force lès li-|** bertés de l'église gallicane, et combattait le relâche-:** ment de la discipline. Après le concile de Constance !** (1415), il ne put revenir dans sa patrie, à cause Ë** des troubles civils qui la désolaient, et se retira en |** Bavière. Durant son exil, il composa ses Consnla-1** lions de la Théologie, ouvrage divisé en quatre li-*** vres. Au bout*de deux années il put rentrer en |**France, mais il ne prit plus aucune part aux affaires ?**publiques, et alla s'enfermer à Lyon au couvent des CéIestins,_ où il s'occupa à'composer des livres ascétiques et à enseigner de pauvres enfants. 11 mourut en 1429. Les meilleures éd. de ses ouvrages sont celles de Geyler, Strasb., 1488. 3 v. in-f., et de Du-pin, Paris, 1706,5 vol. in-f. 'On y remarque les traités sur la Théologie mystique, le traité De £u-feribilitate pâpx, et les Sermons en français. De graves critiques, Bellarmin, Mabillon, Genceetles Bénédictins lui attribuent l'Imitation de J.-C. {Y. THOMAS A KEMPIS) : sa Consolation internelle, écrite en français,' offre en effet une grande analogie avec cet écrit si célèbre. V. l'Éloge de Gerson, de L. Fau-gère; Domina Gersoni de mystica theologia, de M. Jourdain, Paris, 1838; les Études sur Gerson, de M. Ch. Vert, 1859.

GERSTENBERG (H. Guill. de), poète et critiqua allemand, 1737-1823; a publié des poésies, un drame d'Ugolin, et les Lettres sur les merveilles de la Littérature (1766-1770), recueil critique qui eut une heureuse' influence.

GERTRUDE (Ste), fille de Pépin de Landen, maire du palais des rois d'Austrasie, née en 626, m. en 659, se consacra à Dieu dès l'âge de dix ans, fonda avec sa mère le couvent de Nivelle en Brabant, et en fut la première abbesse. On la fête le 17 mars.

GERTRUDE (Ste), abbesse d'un couvent de l'ordre de St-Benoît, née à Eisleben en Saxe, prit l'habit en 1294 chez les Bénédictines de Robersdorf, et mourut en 1334. Elle est célèbre par un livre de Révélations (en latin), où elle raconte ses,communications avec Dieu et qui est placé par les maîtres de la spiritualité auprès de ceux de Ste Thérèse; il a été publié par Lanspe'-gius, chartreux; par Blosius, abbé de Liessies, et par dom Nicolas Canteleu sous le titre tflfssinuationes pietatis , 1662, et a été trad. en français par dom Mège, 1674. On la fête le 15 hov.

GERTRUYDENBERG, v. de Hollande (Brabant sept.), à 15 kil. N.E. de Breda; 1500 hab. Elle tire son nom de Ste Gertrude, fille de Pépin de Landen, à qui son père la donna en 647. Prise plusieurs fois (1753, 1593, 1793). Il s'y tint en 1710 des conférences entre les ambassadeurs de Louis-XIV et les députés des Etats généraux : ceux-ci firent les propositions les plus humiliantes, que Louis le-poussa.

GÉRUZEZ (Eugène), littérateur français, né à Reims en 1799, m. en 1865; fut élève'de l'École normale, professa dans les collèges, à l'École normale et à la Faculté des lettres de Paris. On lui doit : llist. de l'éloq. franc, du xiv" au xvie siècle, 1837; des Essais d'hist. lilt., 1835-45; une llist. de la lilt. fr. jusqu'en 1789, 1852,'et une llist. .de la lilt. fr. pondant la liévnluliop,, 1863.

GERVAIS (3.), deMilan, fils deS. Vital et de Ste Valérie, souffrit le martyre a\ec son frère S.Protais au i" siècle. On dit que ces deux martyrs apparurent à S. Ambroise pour lui découvrir le lieu où ds avaient été ensevelis, et qu'Ambroise, ayant trouvé leurs reiiques, les plaça dans la basilique qu'il faisait bâtir à Milan (380)'. On les fête le 19 juin, jour de la translation de leurs reliques.—S. Gervais a dans Paris (quartier de l'Hôtel-de-Ville) une église qui remonte au vt« siècle; elle a été rebâtie en 1212, et ornée en 1616 d'un beau portail fait sur les dessins de Jacques De Brosse; elle contenait de fort beaux tableaux de Lesueur, représentant l'histoire des deux martyrs.

GERVAISE (Nic.), missionnaire, né à Paris en 1662, voyagea dans le royaume de Siam, fut à son retour nommé curé de Vannes, quitta sa cure pourse rendre à Home, et y fut sacré évêque in parlibus. Ayant recommencé ses missions, il fut massacré en Amérique par les Caraïbes, 1729. Il a écrit : Histoire naturelle et politique du royaume de Siam ; Description historique du royaume de Macaçar, 1688; Vie de S. Martin de Tours, 1699; Histoire de Soèce, 1715. — Dom Armand, son frère, né vers 1660, mort en 17r,l, fut farme déchaussé, puis abbé de La Trappe, et sortit de son couvent pour se mettre à écrire. Il publia une Histoire générale de CAteaux, (Avignon, 1746), qui lui attira la haine des Bernardins et le fit enfermer à l'abbaye de Notre-Dame-des-Reclus. On lui doit une foule d'écrits, entre autres : Vie cPAbélard e.td'Héloïse, 1720; Lettres d'Abélardet HHélolse. trad. en français, 1723/.Histoirede l'abbé Suger, 1721, et ia Vie de plusieurs Pères (S. Cyprien, S. Irénée, S. Êpiphane, S. Paulin, etc.).

GERYON, fils de Chrysaor et de Callirhoé, et roi d'Érythie ou des Baléares- Les poètes en ont fait un sçéaDt à trois corps, qui avait de grands troupeaux île bœufs rouges qu'il nourrissait de chair humaine; il avait pour les garder un chien à. deux têtes, et un dragon à sept. Hercule le tua avec ses défenseurs, «t emmena ses bœufs pour les offrir à Eurysthée.

GESATES, tribu gauloise, située entre le Rhône ?t les Alpes, avait pour arme principale le gossum, épieu ferré. Les Gésates envahirent l'Italie avec les f énonais en 225 av. J.-C. et tuèrent le consul Atilius Regulus ; 3 ans après, Viridomar, leur roi, fut battu et tué à Clastidium, par le consul Marcellus.

GESENIUS(H. Guill.), orientaliste, né àNordhau-sen en 1785, mort en 1842, fut successivement professeur au gymnase de Helmstedt, répétiteur de théologie à Gœttingro, professeur de littérature anc au gymnase d'Heiligenstadt, et, depuis 1810, professeur de théologie à l'université de Halle. Ses principaux ouvrages, outre une Grammaire et un Dictionnaire hébraïques fort estimés, sont : Histoire de là langue et de l'écriture hébraïques, Leipzig, 1815; de Penta-teuchiSamaritani origineet aucloritate, 1815; Système de la langue hébraïque, 1817 ; de Samaritano-rum theologia", 1822; Thésaurusphilologico-criticus lingual hebraïcas et chaldalcx, 1827-58; Études pa-liographiques sur l'écriture phénicienne et carthaginoise, 1835; Scriptural linguxque Phœnicix monu-menta quolquot supersunt, 1837.

GESNER (Conrad), Je Pline de l'Allemagne, né à Zurich en 1516, mort en 1565, se livra avec ardeur \ l'étude, malgré' les obstacles que lui opposait sa pauvreté; fut reçu médecin à Bâle en 1541, lut nommé •;n 1555 professeur d'histoire naturelle à Zurich, et jouit de la faveur de l'emp. Ferdinand. Il mourut victime de son dévouement à soigner les malades dans une violente épidémie. Il a laissé une foule de travaux dans les genres les plus différents : des éditions et des traductions d'auteurs grecs, entre autres d'Élien, grec-latin, 1656 ; un excellent recueil bibliographique sous le titre de Bibliotheca (Zurich, 1545), réimprimé avec augmentations par Simler et Frisius (1583. in-fol.); une Histoire des animaux, en latin (Zurich, 1551-1589, 4 vol. in-fol.), l'ouvrage le plus vaste et le plus savant qu'on eût publié jusque-là sur ce sujet ; plusieurs écrits sur la Botanique (Nuremberg, 1754-1770), où il établit le 1" une classification scientifique fondéesur les organes de la fructification ; et un traité de la comparaison des langues, Mithridates de differentiis Hnguarum, Zurich, 1555. Il a aussi écrit, mais avec moins de succès, sur la théologie : ses Partitiones theologicas sont à l'Index à Rome.

GESSER (J. Mathias), philologue, né en 1691 àRoth, près d'Anspach, mort en 1761, enseigna d'abord les belles-lettres à 'Weimar, fut nommé en 1734 prof. d'éloquence et bibliothécaire de l'Université de Leip-sick, et fonda dans cette ville le Séminaire philologique, espèce d'école normale pour former de jeunes professeurs. Savant universel, il possédait, outre le latin et le grec, la connaissance des langues orientales, de la philosophie, des mathématiques, de l'histoire naturelle et du droit. Il s'occupa sans cesse d'améliorer les méthodes d'enseignement et d'avancer les études. Il donna des éditions de Caton, de Varron, de Columelle et de Palladius. qu'il réunit sous le titre de : Agriculteurs latins, Leipsick, 1735, 2 vol. in-4; duLexiquedeBasile Faber, La Haye, 1735,2 v. in-fol. ; du Panégyrique et des Lettres de Pline, 1735-39-49; oe Quintilien, 1738; de Claudien, 1759, du Thésaurus lingual latinas 3$ Robert ^tienne, LBipsick, 1749, et publia une Chrestomuthie de Cicèron et une-Chreslomathie grecque, longtemps classique. Se^-opuscules ont été. recueillis à Breslau en 8 vol. in-8.

GESNER (J. J.), orientaliste et antiquaire; né à Zurich en 1707, mort en 1787, a donné un recueil gravé des médailles grecques et romaines connues jusqu'alors, sous le titre de Numismata antiquapopulorum et urbium omni'o-, Zurich, 1735-38.

GESNER (Salomon), écrivain, né à Zurich, en 1730, mort en 1788, était fils d'un libraire, et fut^lui-même libraire et imprimeur à Zurich. Il montra d'abord peu d'aptitude pour l'étude; mais le commerce des grands poètes de l'époque, surtout de Klopstock, lui inspira ensuite le goût des lettres, et dès .1755 il se fit connaître par le poème pastoral de Daphnis. Il publia en 1756 des Idylles qui le placèrent au 1" rang dans ce genre, et donna en 1758 le poème de la Mort d'Abel, en prose, remarquable par le sentiment biblique. Il a encore composé le Premier Navigateur, poème, 1762, le Tableau du Déluge, des Contes moraux. Ses écrits se distinguent par une aimable naïveté et par la pureté des sentiments. L'auteur donnait dans sa vie privée l'exemple.de toutes les vertus-domestiques. Gesner en outre était excellent peintre de paysage et bon graveur. On a de lui des Lettres sur le paysage, fort estimées. Ses œuvres ont été trad. en français : la trad. de Huber, Meistar et Brute de Loirelle forme 3 vol. in-4, Paris, 1786-93, Son œuvre de graveur* comprenant des figures faites pour sescontes moraux et pour ses Idylles, forme 336 pi., et a été publié à Zurich, 1762-88.

GESOBMVATE ou GESOCRIDATE, auj. Sfest.

GESORIACUM, partie de Boulogne-sur-Mer, v. de Gaule (Belgique 2*), chez les Morini, dans le Ner-vic'anus tractus, était unie par un pont à Bùnània.

GESSEN(paysde), district del'Êgypte anc. (Egypte inf.), sur la r..dr. du Nil et à l'E. de Bubastis. Ce pays, très-fertile, fut donné par Pharaon à Jacob et a ses fils, sur.la demande de Joseph, et fut jusqu'au départ de Moïse iademeure des Israélites en Egypte. Il s'appelle auj. Toumilat et est traversé par le nouveau canal de Suez.

GESSENAI (le), Saanen, vallée et village de Suisse (Berne), sur la Sarine, à 50 kil. S. S. O..3e-Berne, est situé à 1036° au-dessus de la mer, à 12 kil. S. O. de Zweysinnen. Fromages estimés.

GESSI(Franesoo), peintre,né à Bologne en 1588, mort en 1649, élève et collaborateur du Guide, égala presque son maître. On voit de lui dans la galerie de Milan un superbe tableau de la Vierge.-

GESSLER (Hermann), gouverneur des cantons de-Son wytz et d'Uri pour Albert I d'Autriche, fut cause, par sa cruauté, de l'insurrection qui enleva ce pays à la maison d'Autriche en 1307 et périt, selon la tradition, de la main de Guillaume Tell.

GESSNER. 7. GESNER.

GESTR1CIE ou GËSTRIKLAN», anc division de la Suède, entre l'Upland au S., l'Helsingland au N., le golfe de Botnie à l'E., la Dalécarlie à l'O., avait pour ch.-l. Gefle, et forme auj. avec l'Helsinglang le lan de Gefleborg.

GÉTA (P. Septimius), fils de Septime-Sévêre et frère de Caracalla, fut associé avec son frère à l'empire par liwr père en 198, et partagea le trône après la mort de l'empereur, en 211. Caracalla chercha à l'empoisonner aïn de régner seul; n'ayant pu y réussir, il l'assassina de sa propre main, entre les bras mêmes de leur, mèrej Julia Domna, l'an 212. Géta était un prince doux et aimé du peuple.* -

GÈTES, Gela), anc. peuple de l'Europe barbare, habitait dans les montagnes de la Hongrie, de la Transylvanie, de la Bukowine, de la Moldavie et de la Valachie. Les uns les font descendre des Thraces, d'autres les regardent comme une branche des Scythes, de laquelle seraient sortis les Germains et les Scandinaves; on les confond aussi avec les Daces, dont la capitale Zarmigéthuse rappelait leur nom. Les historiens grecs citent un de leurs rois, Télè-phe, qui se serait distingué à la guerre de Troie. Sous leur reine Tomyris et sous Indathyrse ils défirent Cyrus et Darius fils d'Hystaspe. Alexandre les combattit, puis les admit dans son alliance. Plus tard Lysimaque, roi de Thrace, fut défait par eux; mais, vaincus à leur tour, ils quittèrent les vallées de l'Hé-mus. Au temps d'Ovide, qui fut exilé dans leur pays, à Tomi, les Gètes avaient franchi le Danube et s'étaient étendus le long des bords du Pont-Euxin jusqu'au Borysthène, dans le pays appelé de leur nom Désert des Gètes (auj. la Bessarabie). D'autres pénétrèrent dans la Transylvanie, d'où ils chassèrent les Agathyrses. Au i" siècle de notre ère on les voit mêlés aux Daces dont ils suivirent depuis les destinées. On cite parmi les sages ou ases de ce peuple: Zamolxis, qui les civilisa et qui était révéré par eux comme un dieu; Anacharsis, qui voyagea en Grèce, et Abaris fameux magicien. Y. MASSAGETES.

GETH ou GATH, v. de Palestine, dans la tribu de Dan, sur la mer, à 16 kil. de Joppé, était la patrie de Goliath et fut prise par David sur les Philistins. GETHSEMANI, lieu situé sur une montagne à l'E. et près de Jérusalem. C'est là qu'était le Jardin des Oliviers, où J.-C. passa une nuit dans l'agonie.

GÉTULLE, Gxlulia, partie du Biledulgérid, du Maroc, du Sedjelmesse, du Sahara, anc. contrée de l'Afrique, au S. de l'Atlas, avait au N. la Numi-die et les deux Mauritanies, à l'E. le pays des Gara-mantes, au S. la Nigr'tie et à l'O. l'Océan Atlantique. Iarbas, que l'on fait contemporain de Didon, est le plus célèbre de leurs rois. Carthage avait beaucoup de Gétules parmi ses mercenaires. Jugurtha vaincu s'enfuit chez ce peuple et y forma d'excédents soldats avec lesquels il prolongea la guerre contre les Romains. Les Gétules avaient les mœurs des Kabyles modernes, et probablement ils n'en diffèrent pas,

GEULINCX (Arnold), professeur de philosophie et de théologie, né à Anvers en 1625, mort à Leyde en 1669, était d'abord catholique et enseigna 12 ans à l'Université catholique de Louvain (1646-1658), puis il adopta la Réforme, et fut pourvu d'une chaire de philosophie à'Leyde. Il a laissé: Logica, Leyde, 1662, Gnothi seauton, s ive Elhica, publié après sa mort, 1675; Compendium physicum, 1688; Metaphysica vera, 1091, et des JVotes sur les principes de Descartes, 1691. Geulincx déduisit des principes de ce philosophe le système des Causes occasionnelles, d'après lequel Dieu seul meut le corps à l'occasion des volontés de l'âme, sans que l'ame agisse elle-même sur le corps.

GÉVAUDAN, Gabalitanus ou Gavuldanus pagus, anc pays de France, dans le grand-gouvt de Languedoc, entre le Vélay, le Vivarais, le Bas-Languedoc, le Rouergue et l'Auvergne. On y remarquait Mende (ch.-l. général), Marvejols, Javoulx, Espa-gnac, Langogne, Florac, Barre, Quezac Il est auj. compris dans lesdép. de la Lozère et de laHte-Loire. Ce pays, habité autrefois par les Gabalir fut compris par les Romains dans la Celtique, puis dans l'Aquitaine 1". Il fit ensuite partie du roy. d'Auslrasie et du duché d'Aquitaine; il devint comté sous les rois francs de la 2" race. La maison de Toulouse le posséda héréditairement du x" au xi" siècle. A cette époque, Raymond de St-Gilles, comte de Toulouse, l'aliéna pour subvenir aux frais de la guerre sainte. —Il ne faut pas confondre le comté de Gévaudan avec la vicomte de même nom. Celle-ci avait pour ch.-l. Grèzes (Lozère). Elle fut possédée au x* siècle par Bernard, frère de Bérenger, vicomte de Milhaud en Rouergue. Elle passa ensuite dans la maison de Barcelone, puis dans celle d'Aragon. Jacques I, roi d'Aragon, la céda à S. Louis en 1258.

GEVREY, ch.-l. de c (Côte-d'Or), à 11 kil. S. O. de Dijon; 1560 hab. Station. Vins renommés.

GEVROLLES, vge de la Côte-d'Or, arr. et à 27 k. E. N. E. de Châtillon-, 670 hab. Bergerie impériale.

GEX, ch.-l. d'an-, (Ain), sur le Jornant, au pied du Jura, à 92 kilN. E. de Bourg; 2800 hab. Station. Trib. de 1"* inst. Mérinos; commerce de laine, fromages recherchés. — Autrefois Gex était ch.-l. du Gesinensis pagus, petit pays presque indépendant. Il avait pour places principales Gex, Versoy, Ferney, le Fort-de-l'Êcluse. Soumis successivement par les ducs de Savoie, les Bernois et les Genevois, il fut cédé à la France en 1601. Compris d'abord dans le dép. du Léman, il fut réuni en 1814 à. celui de l'Ain. GEYER (Éric Gustave), historien et poète suédois, né en 1783 dans le Wermeland, mort en 1847, fut en 1810 nommé adjoint à la Faculté de philosophie d'Upsal, en 1817 professeur d'histoire, puis istoriographe du roi, et représenta l'Université aux diètes de 1828 et de 1840. On lui doit une excellente Histoire de Suède, qui malheureusement ne va que jusqu'à la fin du règne de Christine (trad. par J. F. de Lundblad, Paris, 1840). II a aussi composé des poésies nationales, qu'il mit lui-même en musique, et qui excitèrent un enthousiasme universel, surtout le Wiking, le Dernier barde, le Dernier héros.

GEYLER (J.), écrivain et prédicateur suisse, né à Schaffouse en 1445, mort à Strasbourg en 1510, où il était chapelain de l'évêque, a donné une édition des OEuvres de Gerson, Strasbourg, 1488, 3 v. rn-fol, et a laissé lui-même un recueil de sermons sur la Nef des fous (Narrenschi/fj de Séb. Brandt. Ce recueil fut publié en latin par Other, sous le titre deNavicula siveSpéculum fatuorum, Strasb., 1510.

GEYSA, duc de Hongrie au x" s., fut converti au ChristianisL^e par Adelbert, évêque de Prague, et fut père d'Etienne le Saint, qui lui succéda en 9ÔÏ-

GEYSA i, joi de Hongrie, fils de Bêla I, renversa du trône Salomon, son cousin, et régna trois ans, de 1074 à 1077. — Geysa II, arrière-petit-fils de Geysa I, fut couronné roi de Hongrie en 1141, après la mort de Bêla II, son père, et mourut en 1161. Il prêta hommage à l'empereur Conrad III en 1151.

GEYSERS, sources thermales d'Islande, lancent des jets d'eau d'une manière intermittente et à diverses hauteurs. Les jets des deux sources principales, le Grand-Geyser et le Nouveau-Geyser, s'élèvent à 30 et 50m.

GHADAMÈS ou RHADAMES, oasis d'Afrique-, dans l'Etat de Tripoli, au S. O., renferme 92 villes ou-bourgades, et forme comme une république tributaire du pacha de Tripoli. Elle a pour ch.-l. une ville du même nom, à 400 kil. S. S. O. de Tripoli, par 8° 5'long. E., 30°41'lat. N. Cette oasis, couverteda forêts de palmiers, produit des dattes en abondance. Commerce avec Bournou, Kachena, Tombouctotï. Aux environs, ruines d'une ville anc, Cydame, soumise par les Romains l'an 19 de J.-C.

GHARIPOUR, île de l'Inde. V. ELEPHANTA.

GHAT ou RHAT, oasis de l'Afrique, chez les Touaregs du Sahara, à 1000 kil. E. de Laghouat, et à l'O. du Fezzan. Marché important.

GHATTES (monts), double chaîne de montagnes qui s'étend sur toute la surface de la péninsule indique, se distingue en Ghatles occident., longues de 1400 k. (de l'emb. du Tapty au çap Comorin), et Ohn orient., longues d'env. 600 k. (dans les prov. de Salem, Carnatic, Balaghat, jusqu'au Krichna). Les Ghattes occident, serrent de très-près la côte; elles ont des sommets qui s'élèvent à 1500 et 2000™.

G1IAZAN-KHAN, sultan de la Perse occidentale-, né dans le Mazandéran en 1271, m. en 1304, était fils d'Arghoun-Khan et petit-fils de Gengis-Khan. Il protégea les Chrétiens qui, persécutés par le soudas d'Egypte, avaient abandonné la Syrie et s'étaient réfugiés en Perse. Après avoir remporté quelques avantages en Syrie sur Nasser, soudan d'Egypte,-il fut complètement défait. Il donna aux Persans uni espèce de code, qui est encore en vigueur, et dont un extrait, trad. par Kirk-Patrick, avec des-notes, a été publié à Calcutta en 1786.

GHÉDIMIN, grand-duc de Lithuanie, succéda vers l'an 1315 à Within qu'il avait fait assassiner, battit les Chevaliers Teutons et les Russes qui ravageaient ws États, conquit la principauté de Kief, fonda Wilna en 1320, et s'allia à la Pologne en mariant sa fille Anne au prince Casimir, fils du roi Ladislas Nokietek (1325). il périt 3 ans après dans une expédition contre les Chevaliers Teutons (1328); cependant les annales russes le font vivre jusqu'en 1341. — Olgierd, son 2" fils, fut père du 1" Jagellon.

GIIÈEL, v. Belgique (Anvers), à 20 k. S. deTurn-hout, au centre de la Campine; env. 10 000 h. Draps, étoffes de coton. Les habitants des environs reçoivent en pension des aliénés qui, grâce à l'apparence de liberté dont ils jouissent, et aux bons soins qu'on prend d'eux, recouvrent quelquefois la raison.

GHERAI, khan tartare de Crimce, issu de Gengis-Khan par Batou-Khan, obtint en 1475, contre son frère, le secours de Mahomet II, dont il reconnut la suzeraineté. Sa postérité régna en Crimée jusqu'en 178'!.

GHERARDESCA, famille noble et puissante de Pise, qui tire son nom de la Gherardesca, petit pays situé entre Livourne etPiombino, le long de la mer, joua un rôle important dans les guerres intestines de Pise au xnr siècle. Elle soutint longtemps le peuple contre l'aristocratie; puis se déclara pour les empereurs de la maison de Souabe, se mit à la tête du parti gibelin, et combattit avec acharnement le parti guelfe, à la tête duquel étaient lesVisconti. Le personnage le plus connu de cette famille est le fameux Ugolin, comte de la Gherardesca. Cet homme tenta d'asservir sa patrie, et, pour y réussir, il se rapprocha de Jean Visconti, chef du pa' n guelfe à Pise. Le complot ayant été découvert (1274), il fut arrêté et jeté en prison, puis banni. Il passa dans l'armée des Florentins et des Lucquois, et, aidé de leurs secours, il força ses concitoyens a le rappeler (1276). Quelque temps après, il parvint par de nouvelles menées à se faire nommer capitaine général de la république : il n'avait pas craint, dit-on, pour forcer ses compatriotes à se jeter dans ses bras, de laisser battre par les Génois, à la Meloria, la flotte des Pisans, dont le commandement lui était confié (1284); il se défit de ses ennemis, soit en les exilant, soit en les faisant périr, et devint le tyran de sa patrie. Il ne tarda pas à se brouiller avec l'archevêque de Pise, Roger d'Ubaldini, non moins ambitieux et non moins cruel; ce prélat conspira sa perte, et fit prendre les armes au peuple (1288). Ugolin, attaqué dans son palais, fut pris après une vigoureuse résistance, avec trois de ses fils et l'un de ses petits-fils. Roger les fit tous enfermer dans une tour près de la ville, et les y laissa mourir de faim. Le Dante a décrit dans son Enfer, avec un admirable talent, le supplice d'Ugolin et de ses enfants dans la tour de la Faim ; depuis, l'infortune d'Ugolin a été cent ibis reproduite parle pinceau, le ciseau et le burin.

GHUUGONG.ane.capit. de l'Assam, auj.ch.-l. de l'Assam central, sur le Dikho, affluent du Brahmapoutre, par 92° 15'long. K., 29°lat. N. Prise en 1662 par Aureng-Zeyb; auj. en ruines.

GHERAI A, Gamma, v. du Fezzan, à 80 kil. N. O. de Mourzouk. Aspect misérable. L'anc Garama était beaucoup plus grande que la ville actuelle.

GUEROUAL, anc prov. de l'Hindoustan, a pour bornes au N. le Tbibet, au S. le Delhi, à l'E. le Népal, et a 240 kil. sur 200. Elle appartient auj. aux Anglais et forme 3 districts de la présidence de Calcutta : Sirinagor, Kemaon, Sirmore. C'est dans ce pays, sur lequel s'étend l'Himalaya, que naissent es nv. qui forment le Haut-Gauge (Bagirathi, Ala-kananda, Ramganga, Kali).

GUESQUIÈHËDE RAEMSDONK (Joseph de), jésuite, né à Courlray vers 1736, m. vers 1800, fut un des plus laborieux Bollandistes, el publia les saints de la Belgique _: Acta Sanciorum Belgii, 1783-1794, 6 v. tn-4. On lui doit quelques travaux de numismatique et des recherches sur l'auteur de l'Imitation de J.-C.

GHIAUA-D'ADUA, district de la Lombardie, situé entre l'Adda, POglioetle Pô, est ainsi nommé parce que c'est un terrain d'alluvion composé .de galet {ghiara, galet, gravier). C'est dans ce district que se trouvent les villes de Pîzzighettone et Crème.

GHIBERTI (Laurent), sculpteur et architecte, né à Florence en 1378, mort vers 1455, exécuta pour le baptistère de l'église St-Jean à Florence deux portes en bronze qui font l'admiration des.connais-seurs; sur ces portes sont représentés divers sujets du Nouveau Testament. Rival de Brunellsschi, il travailla avec lui à la construction de la cathédrale de Florence et l'orna de magnifiques vitraux. 11 a laissé un ouvrage sur la sculpture.

GHILAN, dit aussi DILEM, pays des Gelx ou Cadusii, province de la Perse, entre le Chirvanau N. 0. et le Mazandéran au S. E., sur les bords de la mer-Caspienne, a 270 k. de long sur 80 de large; 250000 n. ; ch.-l. Recht. Chaleurs très-fortes, que tempèrent des vents de mer; sol fertile.—-Le Ghilan est une. des provinces cédées à la Russie en 1723 par Chah-Tamasp; la Russie s'en dessaisiten faveur de la Porte.en 1724, et celle-ci le rendit à la Perse en 1737. C'est du Ghilan que sortirent les Bouides.

GUIOLOF (empire), dans la Nigritie maritime, formait jadis un Etat très-vaste et très-florissant, et comprenait, avec le Ghîolof proprement dit, les roy. actuels de Cayor, Oualo, Baol, Sin, Saloum. — Le Ghiolof proprement dit a pour capitale Oiiarkogh. Les Ghiolofs, dits aussi Yolofs, sont les plus beaux et les plus noirs des nègres.

GHIRLANDAJO (Domenico COHRADI, dit LE'-, peintre florentin, né en 1451, mort en 1495, essaya le premier d'imiter la dorure à l'aide de la couleur, et de donner de la profondeur aux tableaux par la distinction des plans et la gradation des teintes. On admire son Massacre des Innocents peint à fresque dans le chœur de Sta-Maria-Novella à Florence. Le musée du Louvre possède de lui la Visitation de Ste Anne à la Vierge. Le nom de Ghirlandajo lui vient d'une parure en forme de guirlande inventée par son père, qui était orfèvre. Il inventa lui-même un genre de mosaïque. Ghirlandajo fut le maître de Michel-Ange.

GUIUSTENDIL ou KUSTENML, Ulpianum, Justiniana secunda,v. de Turquie d'Europe (Uoumélie), ch.-l. de livah, sur une mont, de même nom, à 61 kil. S. O. de Sophie; 10 000 hab. Ëvêohé grec

GHIZNI. V. GAZNA.

GU1ZONI, ch.-l. de c (Corse), arr. de Corte; 1600 hab. Formé en 1860 aux dépens du canton de Vezzani.

GHUZEL-HISSAR, Magnesia Meandri, v, murée de la Turquie d'Asie (Anatolie); sur unegmont.. à 90 k. S. E. de Smyrne} 30000 h. Très-commerçante : entrepôt du commerce de l'Anatolie avec §myrne.

GIABER, alchimiste arabe, F. GEBEH.

GIAC (Pierre de), ministre et favori de Charles VII, fut élevé au pouvoir par le crédit du minittre Lou-vet. qu'il avait capté par l'intrigue. Afin de" se maintenir à ce poste, il favorisa les goûts de Charles VII pour le repos et la mollesse, et fit échouer les entreprises du connétablede Rioliemont en détournant l'argent destiné aux frais de la guerre; le_connétable, n'espérant pas obtenir justice du roi, fit enlever Giac, et le traduisit devant une commission extraordinaire. Il fut condamné à mort et jeté à l'eau dans un sac, à Dun-ie-Roi, 1426.

GIAFAR ou DJAKAR, 6e imam de la race d'Ali, né à Médine en 702, mort en "765. reçut les surnoms de vrai et de preux (seid hathal), pour ses vertus et ses exploits, qui ne sont qu'imaginaires. Les Chyites le vénèrent comme un saint.

GIAFAR, fils d'Yahia, de la famille persane des Barmécides ( V. ce nom), fut d'abord le ravpri du calife Haroun-al-Raschid : c'est sous ce caractère qu'il figure dans les Mille et une Nuits. Après la disgrâce de Fadhl, son frère aîné, il lui succéda ail titre de vizir et déploya dans ces hautes fonctions des talents et des vertus; néanmoins, il ne tarda pas à éprouver lui-même une terrible disgrâce, et il entraîna dans sa chute toute sa famille. Il périt en 803, par l'ordre d'Haroun, et tous les Barmécides furent exterminés ou exilés. La véritable cause de sa mort parait avoir été son amour pour Abbassa, sœur du calife.

GIANNI (François), poète, né vers 1760 à Rome, mort à Paris en 1823, parcourut l'Italie, et excita un enthousiasme général par son talent d'improvisation. Il improvisa à Milan devant Bonaparte, qui lui donna plus tard le titre de poète impérial. Gianni chanta avec exaltation les victoires du héros. Ses hymnes sur les victoires de Slarengo, à'Austerliti, d'iéna, etc., sont des chefs-d'œuvre. A la fin de sa vie, il consacra son talent à des sujets religieux.

GIANNONE (Pierre), écrivain, né en 1676 à Ischi-tella (Pouille), fut d'abord avocat à Naples, publia en 1723 une Histoire civile du royaume de Naples, ouvrage rempli de savantes recherches, mais où il attaque l'autorité du St-Siége; s'attira par là toutes sortes de disgrâces, fut excommunié par son archevêque et se vit forcé de quitter Naples; mena longtemps une vie errante, cherchant un asile successivement à Vienne, à Venise, àPadoue, à Modène, à Genève; fut attiré en Savoie par trahison, y fut arrêté en 1736 par ordre du roi de Sardaigne, emprisonné à Turin, et mourut dans sa prison, en 1748, après s'être rétracté. Son Histoire de Naples a été trad. dès 1742, par Demonceaux, en 4 vol. in-4, La Haye (Genève). Vernet, ministre protestant, en a extrait les passages les plus hardis sous le titre d'Anecdotes ecclésiastiques, La Haye, 1738.

GIAOUR, c-à-d. infidèle, mécréant, terme injurieux dont les Musulmans se servent pour désigner les infidèles, à quelque religion qu'ils appartiennent. On le dérive d'un mot persan qui veut dire partisan du veau d'or; il ferait allusion aux adorateurs du veau d'or, dont le Coran parle souvent avec mépris. Byron a composé un poëme intitulé : le Giaour.

GIBBON (Edouard), historien anglais, né en 1737, d'une famille ancienne, à Putney (Surrey), mort en 1794, changea deux fois de religion dans sa jeunesse : il passa du Protestantisme au Catholicisme après la lecture de l'Histoire des variations de Bossuet; puis il revint du Catholicisme au Protestantisme pour se conformer au désir de ses parents. En 1770, il entra au parlement et il y siégea huit ans; mais il n'y joua aucun rôle important. En 1761, il publia un Essai sur l'élude de la littérature, qui le fit connaître dans le monde savant, en France surtout, cet ouvrage étant écrit en français. En 1776 parut le 1" vol. de son Histoire de la décadence et de la chute de l'empire romain; l'ouvrage ne fut achevé qu'en 1787. On y trouve une érudition vaste et solide, une critique aussi exacte qu'ingénieuse, un intérêt soutenu; mais on reproche à l'auteur d'avoir rabaissé à plaisir le Christianisme et de n'avoir montré aucune sympathie pour les souffrances des Chrétiens. En 1783, il se retira à Lausanne, où il passa le reste de sa vie. VHist. de la décadence a été traduite dans presque toutes les langues de l'Europe. Le 1" vol. fut mis en français par Leclerc de Septchênes, secrétaire de Louis XVI, ou, assure-t-on, par Louis XVI lui-même; les suivants le furent par Cantwell, Demeunier et Boulard. Cette traduction a été refondue par M. Guizot, qui y a joint une Notice sur la vie et le caractère de Gibbon, 1812, 13 vol. in-8. Lord Sheffield, ami de Gibbon, adonné ses œuvres diverses (Miscellaneous works) en 3 v. in-4, 1796-1815; elles se composent de Mémoires autobiographiques , d'une vaste Correspondance, d'Extraits raisonnes, de Lectures, etc. Ces mémoires ont été traduits par Marignié, Paris, 1798, 2 v. in-8. Le talent de l'écrivain a été fort bien apprécié par M. Villemain dana son Tableau de la Littérature au xvin" siècle. Ses erreurs ont été réfutées en Angleterre par Watson, Wittaker, Priestley; en Italie, par Spedalieri.

GIBEL, c-à-d montagne. Y DJEBEL et ETNA.

GIBELINS, partisans de. la maison impériale de Souahe, opposés aux Guelfes. V. GUELFES. .

GIBERT (Balthasar), professeur de l'Université, né à Aix en 1662, mort en 1740, enseigna la philosophie à Paris, au collège dit de Beauvais, puis la rhétorique au collège Mazarin, fut cinq fois recteur de l'Université de Paris, s'attira en 1740 1e mécontentement du roi pour avoir parlé contre la bulle Unigenitus, et fut exilé à Auxerre. Il a laissé : la Rhétorique ou les Règles de l'éloquence ; Jugements des savants sur les auteurs qui ont traité de la Rhétorique; Observations sur le Traité des études de Rollin, et des Éloges de Lamoignon, de Mesmes, etc.

GIBERT (J. P.), prêtre, cousin du précédent, né à Aix en 1660, enseigna la théologie à Toulon et à Aix. puis s'établit à Paris, où il mourut en 1736. On lui doit les Institutions ecclésiastiques, 1720, et un Corpus juris canonici, Genève, 1736, et Lyon, 1737 , 3 vol. in fol, ouvrages estimes.

GIBRALTAR,le Colpedes anciens, le-Gibel-el-Tarik des Arabes, v. espagnole possédée par les Anglais, à l'extrémité mérid. de la Péninsule, sur un cap qui domine la Méditerranée, à l'entrée E. du détioit de Gibraltar; 20 000 hab. (non compris 4000 h. de garnison anglaise). Très-belle baie, vaste port, évêché anglican. Gibraltar est une des places les plus fortes de l'univers. Le rocher sur lequel elle est située offre de profondes cavernes, qui sont autant d'arsenaux à l'épreuve de la bombe. En même temps que cette place est pour l'Angleterre la clef de la Méditerranée , elle sert aux Anglais d'entrepôt pour une infinité de marchandises d'Amérique et d'Orient, et fait un grand commerce avec l'Espagne et le Maroc. Port franc, bateaux à vapeur pour Lisbonne, Oporto, Falmouth, Southampton, Marseille, Malte, Corfou, Alexandrie. — On fait dériver le nom de Gibraltar de l'arabe gïbel el Tarik, montagne de Tarik (le 1" général qui ait amené les Maures en Espagne). Les Anglais surprirent cette ville en 1704, pendant la guerre de la succession d'Espagne; le traité d'Utrecht leur en confirma la possession. La France et l'Espagne réunies ont plusieurs fois tenté de la reprendre, en 1704, en 1727, en 1779 et en 1782 (cette dernière fois à l'aide des batteries flottantes de d'Arçon) : mais toujours sans succès.

GIBRALTAR (détroit de), Fretum Gaditanum ou Herculeum, entre la péninsule hispanique et l'empire de Maroc, a 64 k. de long et 15 seulement de large dans sa partie la plus étroite. Un courant continuel le traverse et porte les eaux de l'Océan dans la Méditerranée, dont le niveau est moins élevé. — Selon la Fable, ce détroit n'existait pas primitivement; ce serait Hercule qui aurait donné passage aux eaux de l'Océan, en séparant les deux monts de Calpe (Gibraltar) et d'Abyla (Ceuta), qui depuis portèrent le nom de Colonnes d'Hercule.

GIBRAT (J. B.), doctrinaire, né vers 1727, près de Cordes, au diocèse de Tarbes, mort en 1803, principal du collège de Castelnaudary, a écrit une Géographie moderne, qui a eu plusieurs éditions, et une Géographie ancienne, sacrée et profane, 1790, 4 vol. in-12, qui mérite encore d'être consultée.

GIBSON (Edmond), évêque de Londres, né en lG6y, mort en 1748, possédait une connaissance approfondie des langues du Nord, des antiquités de son pays, et des droiis ainsi que des devoirs du clergé anglais. Il a publié, entre autres ouvrages, une trad. latine du Chronicon saxonicum, avec l'original anglo-saxon et des notes, Oxford, 1692,jjne trad. anglaise delà Britannia de Camden, Lontîres, 1695, et les OEuvres posthumes de sir H. Spelman relatives aux lois et antiquités de l'Angleterre, 1698, in-f.

GIÉ (Pierre, maréchal de), vicomte de Rohan, né en Bretagne vers 1450, mort en 1513, donna â Louis XI de nombreuses marques de dévouement, fut créé par lui maréchal en 1475, reprit en Flandre, en 1479, toutes les places que Louis XI avait réunies à la monarchie après la mort du duc de Bourgogne, Charles le Téméraire, et dont Maximilien j d'Autriche venait de s'emparer, servit avec la même ! distinction sous Charles VIII et Louis XII, mais fut disgracié pour avoir déplu à la reine Anne de Bretagne, épouse de Louis XII, et fut enfermé pendant 5 ans au château de Dreux (1504). Gié avait été gouverneur du jeune duc d'Angoulême (François I).

GIEN, Gtanum en latin moderne, ch.-l. d'arr. (Loiret), à 67 kil. S. E. d'Orléans; 6000 hab., trib. de 1" inst. Beau port. Faïence façon anglaise, blé, vins, laines. — On a cru à tort que Gien était l'ancienne ville de Genabum. Le jeune duc d'Orléans y signa en 1410 un traité avec les ducs de Berry, de Bourbon et de Bretagne, contre le duc de Bourgogne Jean Sans Peur, pour venger son père assassiné.

GIENS, Pomponiana, petite presqu'île fortifiée dans le dép. du Var, au N. de l'île Porquerolles.

GEER, petite riv. de France, sort des Cévennes, passe à St-Chamond et à Rive-de-Gier (Loire), et tombe dans le Rhône, par la r. dr., près de Givors.

GIERIG (Théoph. Erdmann), philologue, né à Wehrau (Hte-Lusace), en 1753, mort en 1814, fut recteur à Lennep (duché de Berg), professeur de théologie et gymnasiarque à Dortmund, enfin professeur et recteur au lycée de Fulde. On a de lui : Plutarchi instituta et apophthegtnata laconica, î.eipsick, 1779; des éditions estimées des lettres et du Panégyrique de Pline, ainsi que la Tie, le Caractère moral et le mérite littéraire de Pline, 1798.

GIESSEN, v. de Hesse-Darmstadt, sur la Lahn et la Wieseck, à 8 kil. E. de Wetzlar; 10 000 hab. Université luthérienne, fondée en 1607; biblioth. riche enmss. ; observatoire, collections scientifiques. Filature de laines- étoffes de coton, etc. Ville jadis fortifiée; les fortifications furent rasées en 1805. .

GIFFORD (William), critique anglais, né à Ash-burton (Devonshire), vers 1755, mort en 1826, fut l'abord mousse, puis apprenti cordonnier, et dut à Son talent naturel pour les vers la protection du chirurgien Cookesley, qui le fit entrer à l'Université d'Oxford. Il fonda en 1809 le Quarterly Review, revue écrite dans l'esprit des Tories , qu'il opposa à l'Edinburgh Review. Ses principaux ouvrages sont la Baviade et la Mœviade, satires contre le mauvais goût du temps, et la traduction de Juvénal, 1802. On lui doit la publication des OEuvres de Massinger, 1808, et de BenrJohnson, 1816. — Un autre Gifford, John, 1758-1818, se mit aux gages des Tories et publia de nombreux pamphlets de circonstance. Il a laissé une Histoire de Will. Pitt et de son époque, 1809, qui contient de précieux renseignements.

GIGELLI, GIGERI. 7. MIGELLI.

GIGLI (Jérôme), littérateur italien, né à Sienne en 1660, mort à Rome en 1722, professa la littérature toscane dans sa ville natale, et y jouit d'abord d'une grande faveur; mais son penchant à la satire lui ayant attiré un grand nombre d'ennemis, on le perdit dans l'esprit du grand-duc Cosme III, et il se vit disgracié, dépouillé de ses fonctions et de sa fortune. On a de lui des Drames sacrés et profanes, représentés avec succès sur différents théâtres d'Italie; des Comédies, les unes originales, les autres traduites ou imitées du français (surtout de Molière) ; et une édition des OEuvres de Ste Catherine, 1717, qui est à l'Index à Rome.

GIGLIO, îgïlium, île de la Méditerranée, sur la côte de la Toscane, et à 17 kil. de la terre, par 8° 35'long. E., 42" 21'lat. N.; 1200 hab. Beau marbre.

GIGNAC, ch.-l. de c (Hérault), à 24 kil. S. E. de Lodève ; 2500 h. Curieuse église de Notre-Dame de Grâce. Savon, eau-de-vie, amandes, huiles.

GIHON, fleuve de l'Asie anc, un des quatre qui arrosaient le Paradis terrestre. Y. EDEN et DIIHOUN.

GIJON, Gigia, v. et port d'Espagne (Oviédo), sur l'Océan, à 35 kil. N. E. d'Oviédo ; 6260 hab. Bon port, vieux château, batteries. Belle place publique, arc de triomphe, antiquités. Bibliothèque, école d hydrographie et de siences exactes. Fabriques de vases en grès, chapeaux, toiles, couvertures.' Premier séjour des rois d'Oviédo. Patrie de Jovellanos.

GILA, rivière du Mexique (Sonora), naît dans la Sierra-de-los-Mimbres, et se jette dans le Colorado par la r. g., après un cours de 520 kil.

GILBERT (S.), gentilhomme d'Auvergne, vécut d'abord à la cour et accompagna Louis le Jeune à la croisade en 1146; à son retour, il embrassa la vie monastique et fonda l'abbaye deNeuf-Fontaines, qui prit depuis le nom de St-Gilbert; il mourut: en 1152. On l'honore le 6 juin.

GILBERT DE LA PORREE, Porretanus, évêque de Poitiers, né dans cette ville vers 1070, mort en 1154, professa la dialectiqueet la théologie à Paris, se mit a la tête des Réalistes, attaqua, vivement les iVottu-naux, vit plusieurs de ses propositions condamnées par le concile tenu à Reims en 1148, mais se rétracta, et ne s'occupa plus j'usqu'à. sa mort (1154) que du soin d'instruire ses diocésains. On a de lui, entre autres ouvrages, un traité Des six Principes, imprimé avec plusieurs anc éditions d'Arîstote, et des Commentaires, dont un sur l'Apocalypse.

GILBERT (Guill.), médecin de la reine Elisabeth, né à Colchester en 1540, mort en 1603, fit de nombreuses expériences de physique, et fut un des premiers à étudier les propriétés de l'aimant. On a de lui : De Magnete, magneticisque corporibus, Londres, 1600, et plusieurs autres écrits, qui ont été réunis par W. BosWell,.sous ce titre : De mmdi nos-tri sublunaris philosophia nova, Amsterdam, 1651. Il expliquait tout par l'aimant.

GILDEHT (Gabriel), poste médiocre du xvrr siècle, né vers 1610, mort vers 1680, était calviniste, Il fut d'abord secrétaire de la duchesse de Rohatt, puis de la reine de Suède, Christine, qui.le;nomma son résident à Paris, jouit de la protection de Monsieur, frère du roi, et de Richelieu, et néanmoins mourut dans la misère. On a de lui l'Art de plaire, poème imité d'Ovide, des odes.,.des, psaumes, et une quinzaine de pièces de théâtre, tragédies ou comédies, qui eurent du succès dans ieur temps, entre autres, Téléphonte (1642), où.le cardinal fit entrer.des vers de sa façon; Iiodogune (1644), tragédie qui Offre une telle ressemblance avec la pièce de Corneille (jouée en 1646), qu'on accusa Gilbert de l'avoir connue à l'avance et mise à contribution ; HtppolytellGkë). dont Racine paraît avoir imité quelques vers dans Phèdre. Gilbert manque de chaleur et ne sait pas construire un plan; cependant il contribua à épurer la langue et à préparer le goût.

GILBERT (Laurent), poète du xvrtr siècle, né en 1751, à Fontenoy-le-Château, en Lorraine, d'une famille pauvre, vint à Paris, n'ayant d'autre ressource que son talent. Il s'essaya d'abord dans l'ode... mais, ne recevant pas l'accueil qu'il attendait, il devint misanthrope, embrassa legenrede la satire, attaqua surtout les philosophes avec virulence, et se fit par là des ennemis sans se tirer de la misère. Pendant qu'il luttait ainsi contre la mauvaise fortune, une chute de cheval le rendit fou : conduit à l'Hô.tel-Dieu, il, s'étrangla dans un de ses accès en avalant une petite clef, et mourut à, l'âge de 29 ans (1780). Les meilleures éditions de ses œuvres sont celles de Da-libon. 1822, et de Ch. Nodier, 1826; on yremarque Le Dix-huitième siècle, satire; Mon Apologie, ses Adieux à la vie, et une Ode imitée des psaumes, qu'il composa huit jours avant sa mort. On trouve dans sa poésie une verve et une énergie qui promettaient un grand poste.

GILCHRIST (John BORTHWICK), orientaliste, jaôà Edimbourg en 1759, mort'en 184L, professa l'hin-doustani et le persan au collège de Calcutta, puis à Edimbourg "età Londres. Ses travaux ont^ait faire d'immenses progrès a là linguistique : son Dictionnaire anglais-Mndpustani, Calcutta, 1787-1790, et sa Grammaire, Î.796, sont classiques.

GILDAS (S.), le Sage, né vers 516 dans la Grande-Bretagne, prêcha en Angleterre et en Irlande, passa en Gaule, s'établit à Ruys près de Vannes, y fonda un monastère (St-Gildas de Ruys), et mourut vers 665, à Ruys même, ou, selon d'autres, en Angleterre, à Glastonbury. On a sous son nom une curieuse lettre Deexcidio Britannise, écrite vers 560 et publ. à Londres en 1525 et 1838. Les paysans bretons ?avoquent ce saint pour guérir la folie. On l'hon. le 29 janv. On a supposé à tort l'existence de deux Gildas.

GILIMER, dernier roi des Vandales en Afrique, descendant de Genséric, usurpa le trône en 530, après en avoir précipité le faible Hildéric, allié des Romains. Justinien saisit ce prétexte pour l'attaquer, et envoya contre lui Bélisaire qui le défit en 534 à la bat. de Tricaméron, lui enleva Carthage et s'empara de sa personne. Justinien fit du royaume des Vandales une province de son empire, mais il accorda à Gilimer un domaine considérable en Galatie.

GILLES (le comte), JEgidius, général romain qui commandait en Gaule au v° siècle V. .EGIDIUS.

GILLES (S.), jEgidius, Grec de nation, vint, selon la légende, d'Athènes en Gaule au vi" siècle, se mit sous la conduite de Césaire, archevêque d'Arles; fut chargé par ce prélat d'aller présenter une requête au pape Symmaque, et fonda, dans le lieu nommédepnis St-Gilles (Gard), un monastère dont il fut 1" abbé. Il mourut en 550. On le fête le 1" septembre.

GILLES DE PARIS, Ægidius Parisiensis, poète et historien du XIIIe siècle, vivait sous Philippe-Auguste et Louis VIII; il était diacre et enseigna les belles-lettres à Paris. Il composa pour le prince Louis, fils de Philippe-Auguste, un poème latin intitulé : Carolinus, en 5 livres, où il chante Charlemagne et le propose pour modèle au jeune prince : ce poème a été publié en partie dans les Scriptores rerum francicarum de Duchesne. Il a aussi écrit Historia primæ expeditionis hierosolymitanaæ, publié par D. Martène (Anecdota, tom. III).

GILLES (Jean), J. jEgidius Nucerensis, né, à ce qu'on croit, à Noyers en Auxois, vers la fin du xv" siècle, était professeur et correcteur d'imprimerie à Paris. On a de lui : Proverbia gallicana se-cundum ordinem alphabeli reposita et latinis ver-siculis traducta, Paris, 1519, trad. sous ce titre : Proverbes communs et belles sentences, 1602.

GILLES (Nicole), chroniqueur du xv* siècle, fut notaire et secrétaire de Louis XII, puis secrétaire du trésor jusqu'en 1496, et mourut à Paris en 1503. Il a écrit : Les Annales et Chroniques de France, de l'origine des Français jusqu'au roi Charles VIII, Paris, 1492, in-4, qui furent continuées par D. Sauvage , Belleforest et Chappuis.

GILLES (Pierre), Gylhus, naturaliste, né en 1490, à Alby, m. eu 1535, visita les bords de la Méditerranée et de l'Adriatique, fut envoyé dans le Levant par François I, explora les ruines de Chalcédoine, revint à la suite d'Aramont, ambassadeur de France, fut appelé en Italie auprès du cardinal d'Armagnac, et mourut à Rome. On a de lui : Ex Mliani historia, ilemque ex Porphyrio, Heliodoro, Oppiano, libri XVI ; De vi et natura animalium; De gallicis et latinis nominibus piscium, Lyon, 1533, et dans l'édition d'Élien de Conrad Gesner; De Bosphoro Thracio ; De Topographia Constantinopoleos et de illius antiquitâtibus, Lyon, 1561. Ces deux derniers ouvrages ont été rédigés à l'aide d'un voyage écrit en grec au n° siècle, dont il avait un ms.

GILLES DE ROME OU G. COLONNA. V. COLONNA.

GILLES MUNOZ, antipape. V. MUNOZ.

G1LLIANEZ, navigateur portugais, natif de Lagos, fut chargé en 1433 par l'infant don Henri de Portugal de faire _un voyage de découvertes sur les côtes de l'Afrique, parvint en 1434à doubler le cap730-jador et reçuten récompense la dignité d'amiral.

GILLIES (John), historien écossais, né en 1747, à Brechin (Fùrfar), m. en 1836, fut d'abord précepteur et devint-historiographe du roi pour l'Ecosse, après Robertson, son ami. Il était membre de la Société royale de Londres et de celle des Antiquaires. Ses principaux ouvrages sont : Histoire de la Grèce jusqu'au partage de l'empire d'Alexandre, 1786 ; Hist. universelle depuis Alexandre jusqu'à Auguste, 1807; Frédéric II, roi de Prusse, comparé à Philippe, roi de Macédoine, 1789. On a encore de lui des traductions de Lysias et à'Isocrate, 1778; de l'Éthique et de la Politique d'Aristote, 1797, ainsi que de la Rhétorique, 1823. L'Histoire de la Grèce est le plus important de ses travaux : malgré son style diffus et ambitieux, cet ouvrage se recommande par la sagacité des aperçus, la proportion des parties, et par une marche régulière. Il a été trad. par Carra. Paris, 1787-88, 6 vol. in-8, et refondu par M. Ruelle, dans son Histoire résumée des temps anciens, Paris, 1841, 2 vol. in-8.

GILOLO, ou HALAMAHERA, la plus grande des Moluques, par 0° 50' lat. S.-2° 20' lat. N.', 124° 50'-126° 50' long. E., offre une -surface très-découpée; 380 kil. dû N. au S. sur 69 del'E. àl'.O. La partie N. appartient au sultan de Ternate, le S. au sultan de Tidor, le centre à des chefs indépendants. Elle apoùr lieux principaux Gilolo, sur la côte O., résidence d'un chef qui prend le titre de sultan, Bitjolie et Galéla, qui ont depuis 1824 des résidents hollandais. Climat, brûlant; sol fertile: on en tire du sucre, des épices. Habitants de race malaise. V. MOLUQUES.

GILON, dit de Paris, cardinal, né à Toucy, près d'Auxerre, à la fin du xi" siècle, m. vers 1142, vint à Paris où il se fit une grande réputation par ses connaissances et son talent pour la poésie ; mais en 1119, il quitta le monde, et'entra dans l'ordre de Cluny. Le pape Calixtell, qui l'avait remarqué, se l'attacha et le nomma évêqué de Tusculum, puis cardinal. Honoré II l'envoya -à, la Terre-Sainte' pour apaiser les querelles qui y divisaient le cierge, et le nomma ensuite légat en Pologne: On: à de lui: De Via hierosnlymitana, envers et en 6 livres, imprimé dans le Thésaurus AnecdotoruW, de D.Martèné.

GILPIN (W.), écrivain anglais, né en 1724, m. en 1804, descendait de Bernard Gilpin (1517-83), l'un des premiers réformateurs anglais; dit l'Apôtre du Nord. W. Gilpin, fut vicaire de Boldre, dans New-Forest, près de Lymington, après avoir tenu une maison d'éducation florissante à Cheam dans le Surrey. Iladécrit d'une manière intéressante et dans un style poétique les beautés pittoresques de la Grande-Bretagne; ses principaux ouvrages sont -.Voyages en différentes parties de l'Angleterre, particulièrement dans les montagnes et sur les lacs du Cumberland et du Westmo-reïand, 1787 ; Beautés pittoresques de l'Ecosse, 1789; beautés pittoresques des pays boisés avec les vues de New-Forest dans le New-Hampshire, 1791. On a aussi de lui des notices biographiques sur Latimer, Wiclef, Jean Huss, Jérôme de Prague, Th. Cran-mer, etc., et quelques ouvrages ascétiques.

GIL-POLO ( Gaspard), poète espagnol, né à Valence en 1516, mort en 1572, a composé de gracieux sonnets et des camones, mais est surtout connu comme auteur de Diana enamorada, fable pastorale qui fait en quelque sorte suite au chef-d'œuvre de Montemayor, et qui est aussi remarquable par l'invention que parla pureté et l'harmonie du style. La Diana a été imprimée à Valence en 1564, et imitée en latin par Barthius, dans son Erodidascalus.

GIL-VICENTE, le Plaute portugais, né en 1480 a Barcellos (Minho), mort à Evora en 1557, avait d'abord étudié le droit, mais se consacra de bonne heure à l'art dramatique. Ses pièces ne sont point régulières et pèchent souvent contre le goût ; mais l'originalité, la richesse d'invention., le naturel et la vivacité du dialogue, la force comique qui y dominent, les rendent dignes d'être, encore lues.-C'est surtout dans les farces que brille le génie de Gil-Yicente ; on a en outre de lui des autos (où la poésie bucolique tient beaucoup de place, des comédies et des tragi-comédies. Ses 'OÉuvres' ont été publiées à-Lisbonne en 1562, in-fol., par son fils (éd. très-rare), et réimprimées à Hambourg, 1834, 3 vol. in-8 GIMONE, riv. de France, naît dans les Pyrénées près de Villemur, arrose Gimont, Beaumont-de-Lo-magne, et se jette dans la Garonne, r. g., à 4 kil. de Castel-Sarrasin, après un cours de 110 kil.

GIMONT, ch.-l. de c. (Gers), sur la Gimone, à 26 kil. E. .d'Auch; 1810 hab. Collège. Près de là, mine de turquoises. Ane abbaye de Cîteaux.

GIN (P. L. Cl.), conseiller au parlement, né à Paris en 1726, mort en 1807, était arrière-neveu de Boileau. Il publia un grand nombre d'écrits, médiocres pour la plupart, entre autres : Se l'Éloquence du barreau, 1767; Se la Religion, par un liomme du monde, 1779, refondu en 1806 sous le titre de la Religion du vrai philosophe; il traduisit Homère, Hésiode, Théo/rite, Pindare, Bémosthène, Eschine, Virgile, et eut la prétention de continuer l'Histoire universelle de Bossuet, 1802.

GINESTAS, ch.-l. de c (Aude), à 14 kil. N. O. de Narbonne; 540 hab. Bons vins rouges.

GINGI, v. de l'Inde (Karnatic), à 60 kil. N. O. de. Pondichéry, était regardée comme imprenable ; néanmoins elle fut prise" par les Français en 1750, puis parles Anglais en 1761.

G1NGUENÉ (P. L.), littérateur français, né à Rennes en 1748, mort à Paris en 1816, se fit d'abord connaître par uo joli poème, la Confession de Zulmé, 1779, et travailla à divers journaux littéraires et politiques. Il remplit sous la République quelques fonctions administratives, fut directeur général de l'instruction publique (1795-97), puis ambassadeur à Turin, siégea quelque temps au tribunat, et se retira des affaires lors de la fondation de l'Empire. Il fit de 1803 à 1816 un cours de littérature à l'Athénée, et rédigea l'Histoire littéraire de l'Italie, 9 v. in-8, 1811 et ann. suiv., vaste composition qui a fait sa réputation, mais qu'il ne put achever (Salfi en publia en 1819 les 3 derniers vol.). On a encore de Ginguené un Rapport sur les travaux de la classe d'histoire et de littérature ancienne, 1807-13; des Fables, en vers, imitées de fabulistes italiens, 1810, et un grand nombre d'articles dans la Biographie universelle. Il avait été admis à l'Institut en 1803. Il était l'ami de Piccini, qu'il soutint dans sa lutte contre Gluck et sur lequel il a laissé une excellente Notice.

GIOBERTI (l'abbé Vinci, né à Turin en 1801, mort en 1852, enseigna la théologie à Turin, et fut choisi pour chapelain par le roi de Sardaigne Charles-Albert, mais se fit exiler en 1833 à cause de la hardiesse de ses opinions; se retira en France, puis en Belgique; fit à Bruxelles de 1834 à 1845, des cours de philosophie et d'histoire, qui furent fort suivis, et y publia des ouvrages de polémique qui rendirent son nom populaire en Italie; fut ramené dans sa patrie par les événements de 1848, se vit à cette époque appelé par Charles-Albert à la direction des affaires et nommé président du conseil. Aussi opposé à l'anarchie qu'au despotisme, il proposa de faire rétablir par une armée piémontaise le pape et les autres princes italiens dépossédés ; n'ayant pu faire adopter cette proposition, il résigna le pouvoir. On a de lui des ouvrages de pure philosophie : Essai sur le beau; Introduction à l étude de la philosophie ; Lettres sur les doctrines de Rosmini; — de Lamennais;—de Y. Cousin; mais il doit surtout sa réputation à ses écrits politiques : Primauté civile des Italiens, 1843; le J.'suite moderne, 1847, où il attaque violemment cet ordre célèbre : Rénovation de l'Italie, 1851, où il expose les fautes récemment commises par les Italiens, et leur donne des conseils pour l'avenir. Plusieurs de ses ouvrages ont été traduits.

GIOCUNDO (Fra Giovanni), en latin Jocundus, dominicain, né à Vérone vers 1435, mort vers 1520, se distingua comme architecte et comme littérateur, et fut successivement attaché à l'empereur Maximilien I, au roi de France Louis XII et au pape Léon X. Comme architecte, il construisit divers édifices à Vérone, bâtit à Paris le pont Notre-Dame, la Chambre des comptes, la Chambre dorée du parlement; exécuta à Venise de grands travaux qui prévinrent les atterrissements des lagunes, et dirigea avec Michel-Ange les travaux de la basilique de St-Pierre. Comme érudit, il «donna des éditions estimées de T'i'trwee, de César, des Agriculteurs romains, de Pline le Jeune, dont il découvrit plusieurs lettres, et rassembla un grand nombre d'inscriptions anciennes).

GIOJA (Fiavio), d'Amalfi, pilote ou capitaine de vaisseau, né à Pasitano près d'Amalfi à la fin du xm° siècle, passe pour être l'inventeur de la boussole, dont il fit, dit-on, le premier usage en 1302 ou 1303. La vertu qu'a l'aimant de se diriger vers le-nord était connue bien avant lui, mais la boussole en usage alors ne consistait que dans une aiguille aimantée qui flottait dans un vase d'eau, soutenue par du liège; Gioia eut le mérite de la suspendre sur un pivot qui lui permit de se mouvoir en tous sens, et de rendre ainsi les observations plus faciles et plus exactes.

Giou (Melchior), né à Plaisance en 1767, mort en 1829, reçut les ordres, adopta les idées révolutionnaires lofs de l'arrivée des Français en Italie, rédigea le Moniteur cisalpin, fut nommé par Napoléon historiographe d'Italie, puis chef du bureau de la statistique de Milan, fut destitué en 1820 pourses opinions politiques, et se'donna dès lors tout entier aux lettres. Les plus estimés de ses ouvrages sont : Tables statistiques, Milan, 1808; Dumériteetdesrécompen-ses, 1818; Idéologie, 1822; Éléments de philosophie, 1822; Philosophie de la statistique, 1826; la Nouvelle Galatée, traité de la politesse, etc. Il professe en général les doctrines de Locke et de Bentham. Presque tous ses ouvr. sont condamnés à Rome.

GIOLOFS. V. GHIOLttPS.

GIORDANO (Luc), peintre, né à Naples en 1632, mort en 1701, se forma sous' Rjbéra et Pierre de Cortone, et reçut le surnom de Fapresto, à cause de la facilité avec laquelle il travaillait. Cette facilité lui permettait d'imiter la manière des autres peintres ; ce qui le fit encore appeler le Prolée de la peinture. Par suite de la rapidité de son travail, son dessin n'est pas toujours correct; mais sa couleur est toujours brillante, harmonieuse et aérienne. Il séjourna successivement à Rome, à Parme, à Venise, à Florence, exécutant partout des ouvrages distingués, fut appelé par Charles II à Madrid en 1692 et orna de ses peintures l'Escurial. Ses principaux tableaux sont : Ste Cécile mourante, Venus caressant l'Amour, l'Enlèvement des Sabines, le Jugement de Paris, Jésus se soumettant à la mort, Mars et Vénus servis par les Grâces et les Amours (ces 3 derniers sont au musée de Paris). Giordano a souvent signé ses tableaux du nom latin de Jordanus, ce qui l'a fait confondre quelquefois avec le peintre-flamand Jacques Jordaens. — V, BRUNO (Giordano).

GIORGI (Dominique), prélat italien, antiquaire-et bibliographe, né à La Costa, près de Rovigo, en 1690, mort a Rome en 1747, a laissé diveïs ouvrages estimés sur les antiquités ecclésiastiques, qui lui avaient été demandés par les papes Innocent XIII,. Benoît XIII et Benoît XIV. Les principaux sont : Se-antiquis Italias metropolibus, Rome, 1722; Se origine ecclesim Heneventana?, 1725; Se Litû/rgia romani pontificis, 1731; Yita Nicolai Y, 1742.

GIORQI (Ant. Aug.), religieux augustin, ni près à» Rimini en 1711, mort en 1797, deyint procureur général de son ordre et méritasouventd'être consulté-par Benoît XIV sur les affaires de la religion. Il possédait les langues grecque, hébraïque, chaldéenne, samaritaine et syriaque. On a de lui : Alphabetum. tibetanum, Rome, 1762; Se Àrabicis intefpretatio-nibus veteris Testamenti, 1782.

GIORGION (George BABBARELLI, dit LE), un des plus anciens peintres de l'école vénitienne, né en 1477 à Castei-Franco, mort de la peste,en 1511, exécutai Venise un.grand nombre de peintures à fresque que le temps a détruites. On a conservé plusieurs de ses tableaux à l'huile. Ils sont reconnaissables à la fermeté de la touche, à la vivacité des couleurs, à l'énergie des reliefs, à la bizarrerie des airs de tête et des draperies. Ses œuvres produisaient de loin un effet plus heureux que de près. Le musée de Paris en possède quatre : Salomé recevant la tête de S. Jean Baptiste, Jésus assis sur les genoux de sa mère, Concert champêtre,*Gaston de Poix, duc de Nemours. On admire encore son Christ mort, à Trévise, et le Moïse sauvé des eaux, dans le palais archiépiscopal de Milan.

GIOSEPPINO, peintre. Voy. JOSEPIN.

GIOTTINO (Thomas DI LAP'PO), peintre, petit-fils de Giotto, né à Florence en 1324, mort en 1356, est auteur d'un grand tableau où Gauthier de Brienne, duc d'Athènes, que les Florentins avaient chassé de leur ville en 1343, est représenté sous des formes grotesques et entouré d'attributs satiriques. Cette composition est peu propre à justifier la réputation dont a joui cet artiste.

GIOTTO (pour Angiolotto, diminutif d'Angelo), peintre, sculpteur et architecte, né vers 1266 à Vespignano près de Florence, mort en 1334, avait été dans son enfance gardien de troupeaux. Cimabué devina son talent et le prit pour élève. Ce maître avait déjà restauré l'art en faisant revivre l'étude de la nature depuis longtemps abandonnée; mais sa manière était rude et sèche : Giotto, en prenant aussi la nature pour modèle, la revêtit de formes p.'us noblés et prépara ainsi Raphaël. Parmi ses nombreux tableaux on remarque un S. François d'Assise recevaut les stigmates (au Louvre), et une mosaïque représentant S. Pierre marchant sur les eaux (dans St-Pierre de Rome). Il dirigea comme architecte les fortifications de Florence en 1334. Giotto était l'ami du Dante, dont il a conservé les traits, et qui lui consacra en*retour quelques vers dans la Divine Comédie. Laurent de Médicis lui érigea un tombeau magnifique à Florence, et l'on mit au-dessous de son buste ces vers d'Ange Politien : llle ego sum per quem pictura extincta revixit, etc.

GIOVANNI DA FIESOLE, surnommé Fra Angelico, Il Beato Angelico, le Peintre des anges, peintre toscan, né en 1387, entra jeune chez les Dominicains de Fiesole, prit l'habit de l'ordre, et n'en cultiva pas moins son art : il couvrit de peintures à fresque les murs de son couvent, fut appelé à Rome par Nicolas V pour orner une chapelle du Vatican, et mourut dans cette ville en 1455, avec une grande réputation de sainteté, qui le fit béatifier. Il avait refusé, pour se livrer tout entier à son art, les plus grands honneurs ecclésiastiques. Ce pieux artiste ne voulut peindre que des sujets sacrés ; il ne prenait jamais sa palette sans avoir invoqué Dieu. Son coloris est suave et bien fondu; ses têtes d'anges et de saints sont d'une beauté angélique qui justifie bien le surnom sous lequel il est connu. Parmi ses tableaux, on admire encore à Florence ses Noces de la Vierge et son Couronnement de la Vierge.

GIOVENAZZO, Natiolum, v. et port d'Italie, dans l'anc roy. de Naples (Terre de Bari), à 19 kil. N. O. de Ban; 7000hab. Archevêché. Hautes murailles, vieux château, maison de refuge.

GIOVIO, famille de Côme qui a produit plusieurs écrivains distingués, entre autres Paul Jove. V. JO.VE.

GIPELANIUS (Hubert VAN GIFFEN, dit en latin), jurisconsulte, le Cujas de l'Allemagne, né à Buren, dans la Gueldre, en 1534, mort à Prague en 1604, enseigna le droit à Strasbourg, à Ingolstadt, et jouit de la faveur de l'emp. Rodolphe II. On a de lui : Commentarius ad institutiones, Ingolstadt, 1596; Antinomiarium juris civilis, 1605; OEconomiajuris, 1606; une édition de Lucrèce, Anvers, 1566, et des Commentaires sur la Morale d'Arislote, 1608.

GIRALDI (Lilio Gregorio), Lilius Gregorius Gyraldus, savant et poète latin, né à Ferrare en 1479, mort en 1552, protonotaire apostolique sous Clément VII, a laissé différents écrits qui ont été réunis à Leyde, 1696, in-fol. Les plus remarqua bles sont : De annis et mensïbus, Bâle, 1541 ;ïïiste-ria de Diis gentium, Lyon, 1555, in-fol. On n'avait de son temps, sur la mythologie, que l'ouvrage très-imparfait de Boceace, intitulé : Genealogia Deo-rum : l'ouvrage de Giraldi est le 1er qui ait été fait sur cette matière d'après les sources originales; Historise poetarum tam grxcorum quam latinorum dialogiX, Bâle, 1545; Dialogi duo de poetis nostro-rum temporum, Florence, 1551.

GIRALDI CINTIO (J. B.), littérateur, de la même famille que le précédent, né à Ferrare en 1504, professa 12 ans à l'université de cette ville et jouit de la faveur des ducs de Ferrare. Une querelle littéraire qui s'engagea entre lui et Pigna au sujet d'un livre dont chacun d'eux se prétendait l'auteur, le. détermina à quitter sa patrie; il n'y revint qu'en 1573, et mourut trois mois après. On a de lui des Tragédies, dont la meilleure est Orbecche (1541), des Poésies diverses, en latin: un poème héroï-comique à'Ercole; une Histoire delà maison d'Esté, une Vi d'André Doria, des Discours, etc. Son meilleur ouvrage est un recueil de cent nouvelles intitulé : Gli Ecalomiti, Mondovi, 1565, et traduit par Gabriel Chappuis, Paris, 1584.

G1RALDUS CAMBRENSIS. 7. BARRY (Girald).

GIRARD (J. B.), jésuite, né à Dôle vers 1680, était recteur du séminaire de la marine à Toulon. Parmi ses pénitentes se trouvait Catherine Cadière. fille d'une grande beauté et d'une piété exaltée, qu; prétendait avoir des visions et des révélations. Son directeur l'ayant congédiée, cette femme l'accusa de séduction, d inceste spirituel, de magie et de sorcellerie. Le procès fut instruit au parlement d'Aix, et ce ne fut qu'à grand'peine que le P'. Girard put se faire acquitter : il mourut deux ans après à Dôle, où il s'était retiré. Toutes les pièces du Procès du P. Girard ont été publiées en 1731.

GIRARD (l'abbé Gabriel), grammairien, né à Cler-mont en Auvergne vers 1677, mort en 1748, était secrétaire général du roi pour les langues esclavone et russe, chapelain de la duchesse de Berry, fille dsi régent, et fut admis à l'Académie française. On a de lui : la Justesse de la langue française, ou le» Différentes significations des mots qui passent pour synonymes, 1718, souvent réimprimé sous le titre de Synonymes français, et augmenté par Beauzée, Roubaud, Guizot, etc.; Vrais principes de la langue française, 1747; l'Orthographe française sans-équivoque, 1716. — Un autre abbé Girard (Ant. Gervais), né en 1752 à Joux près de Pontarlier, mort en 1822, fut longtemps professeur de rhétorique à Rodez, puis devint proviseur et inspecteur d'Académie à Cahors. On a de lui des Préceptes de rhétorique, Rodez, 1787, souvent réimprimés. Il compta parmi ses élèves l'abbé Frayssinous.

GIRARD (Stephen), fameux millionnaire, né en 1750 à Périgueux, de parents pauvres, mort à Philadelphie en 1831. Chassé de la maison paternelle, il s'embarqua comme mousse à Bordeaux, alla à New-York, puis à Philadelphie, s'y livra au commerce avec un succès extraordinaire, et amassa en peu d'années par son intelligence, mais aussi pas-une avarice sordide, une fortune qui s'élevait à sa mort à plus de 70 millions. Il laissa un testament par lequel il frustrait sa famille et fondait à Philadelphie un collège d'où tout ecclésiastique était exclu.

GIRARD (Philippe de), habile inventeur, né en 1775 à Lourmarin (Vaucluse), mort en 1845, entreprit de répondre à l'appel de Napoléon qui, en 1810, avait promis un prix d'un million à l'inventeur ds la meilleure machine à filer le lin : il y réussit en 1813 et fonda à Parts la 1™ filature de lin; mais la chute de l'Empire le priva de la récompense promise. Ruiné par de dispendieux essais, il fut réduit à offrir ses services à l'étranger : il fut nommé en-1826 ingénieur en chef des mines de Pologne. Il revint à Paris en 1844, sans avoir fait fortune. Cependant ses droits à l'invention de la filature mécanique du lin avaient été proclamés en 1842 par la Société d'encouragement; au moment où il mourut, une société de fixateurs et de mécaniciens venait de lui assurer une pension de 6000 fr.,et le gouvt français allait enfin le récompenser. Une loi rendue en 1853 assura du moins une pension viagère àses héritiers. Outre la machine à filer le lin.-Pbil. de Girard perfectionna la machine à vapeur, inventa les lampes hydrostatiques à niveau constant; ainsi qu'un procédé pour fabriquer les bois de fusil h la mécanique. M. G. Desclosières a publié une Notice sur sa vie et son invention.

GIRARD (leP. Grégoire), instituteur suisse, de l'ordre des Cordeliers, né en 1765 à Fribourg, mort en 1850, fut d'abord curé catholique à Berne. Il dirigea de de 1805 à 1823 l'école française de Fribourg, qu'il porta au plus haut point de' prospérité; professa de 1825 à 1835 la philosophie à Lucerne, et se retira en 1835 dans un couvent de son ordre, où il se consacra à la rédaction de ses ouvrages. Le plus important est le Cours éducatif de langue maternelle, en français, publié à Paris par MM. Rapet et Michel (1845-48,6 vol. in-12) : il y transforme l'étude de la langue, si souvent fastidieuse et stérile, en un puissant moyen de culture intellectuelle et morale. Cet ouvrage, vraiment original, valut à l'auteur un prix extraordinaire de 6000 fr. que lui décerna l'Institut de France (1844), et le titre de correspondant de l'Académie des sciences morales. On lui doit encore un Cours de philosophie (Lucerne, 1829-1831, en allemand), remarquable par la clarté et l'élévation.

G1RARDIN (René Louis, marquis de), maréchal de camp, né à Paris en 1735, mort en 1808, était issu de la famille noble des Gherardini de Florence. Il est un des premiers en France qui aient su embellir les jardins et leur donner des formes pittoresques : il disposa dans ce goût sa terre d'Ermenonville, y offrit une retraite à J. J. Rousseau, et fit élever au philosophe après sa mort un tombeau dans l'Ile des Peupliers. On lui doit un traité De la Composition des paysages, 1777, ouvrage estimé.

GIRARDIN (Stanislas Xavier, comte de), fils du préc, né en 1762 à-Lunéville, mort en 1827, eut un instant pour maître J. J. Rousseau. Il entra au service à 17 ans, embrassa les principes delà Révolution, fut député du bailliage de Sentis aux États généraux, présida en 1790 le directoire de l'Oise, et plus tard l'Assemblée législative; fut incarcéré pendant la Terreur et ne recouvra la liberté qu'au 9 thermidor. En 1802, il présida le tribunat; il accompagna en 1806 'e roi Joseph àNaples, servit au siège de Gaëte comme colonel, et en Espagne comme général, devint en 1812 préfet de la Seine-Inférieure, où 12 se fit chérir de ses administrés; et n'en fut pas moins destitué à la Restauration. Cependant, en 1819, il fut appelé à la préfecture de la Côte-d'Or. mais il fut révoqué dès ] 820. La même année il était élu député de la Seine-Inférieure. A la Chambre il se fit remarquer par sa constance à soutenir les doctrines constitutionnelles. On a publié en 1828 : Discours et Opinions, Journal et Souvenirs de St. Girardin.— L'aîné de ses fils, le cte Ernest Stanislas de G., plusieurs fois député, sénateur sous le 2* empire, est mort en 1874. —Son frère cadet, le cte Alex. de G. né en 1776, mort en 1855, fit avec distinction les campagnes de l'Empire, se distingua surtout à Aus-terlitz, où, avec 10 hommes, il fit 400 prisonniers et prit 4 pièces de canon, à Ostrowno, où, avec 2 bataillons, il repoussa 6000 Russes, à Champaubert et à Montmirail, où sa brillante conduite lui valut le grade de général de division. 11 se rallia aux Bourbons en 1815 et fut 1" veneur de Louis XVIII et de Charles X. On a de lui un grand nombre d'écrits de circonstance, parmi lesquels on remarque : Projet de législation sur les chasses, 1817; la Question chevaline simplifiée, 1843. Il est père de M. Emile de Girardin, le célèbre publiciste.

GIRARDIN .(Mme de), femme distinguée par son esprit et ses talents littéraires, née en 1805" à Aix-la-Chapelle, morte en 1855, était fille de la célèbre Mme Sophie Gay, et fut d'abord connue sous le nom de Delphine Gay. Dès l'âge de 17 ans-, elle adressait à l'Académie une pièce de vers sur le Dévouement des sœurs de Ste-Camilh pendant Vépidémïe de Barcelone; bientôt après, elle célébra, dans des chants pleins de sensibilité, dénature! et d'harmonie, plusieurs des événements qui excitaient la sympathie fénérale, la Mort de Napoléon, la Mort du général 'oy, l'Insurrection de là Grèce,"ce qui lui mérita le surnom de Muse de la Pafm. Dès 1824, elle publia, sous le titre d'Essais poétiques, un recueil de ses productions qui fut accueilli avec la plus grande faveur : Charles X lui fit 'dès lors une pension de 1500 fr. sur sa cassette. A Rome, en 1827, elle reçut une véritable ovation à l'occasion d'une pièce de vers sur le Retour de Romains captifs à Alger. Elle était dans tout l'éclat de sa réputation etdesabeauté lorsqu'en 1831 elle épousaM. Emile de Girardin. Son salon devint bientôt le rendez-vous de toutes les illustrations littéraires. Mme de Girardin a cultivé avec succès le roman (le Lorgnon, le Marquis dêPontan-ges, la Canne de Balzac, Marguerite), la,comédie (l'École des Journalistes, 1839;Xadf/ Tartufe, 1853; la Joie fait peur, 1854; le Chapeau-d'un horloger), et même la tragédie (Judith, 18iZ;'Cléopatfe, 1847); elle réussissait surtout dans la peinture des sentiments les plus délicats. Elle écrivit de 1836 à 1839, pour le feuilleton de la Presse, des Courriers de Paris, pleins de verve, d'esprit et d'enjouenrent (réunis sous le titre de Le Ticomte de Launay et de Lettres parisiennes). Une belle édit. de ses "OEuvres complètes en 6 v. in-8 a paru en 1860.

GIRARDON (François), sculpteur, né à Tîoyes en 1630, mort à Paris e'n 1715, fut protégé par le chancelier Séguier, qui l'envoya à: ses frais étudier à Rome. De retour en France, il orna de ses oiuvrages, en marbre et en bronze, les maisons royales. Après la mort de Lebrun, il obtînt la charge d'inspecteur général des sculptures, Sesoùvrâges les plus remarquables sont les groupes en marbre d'Apollon chez Thétis, de Pluton enlevant Prosérpine, et de l'HÏ-ver, dans le jardin de Versailles; la statue "équestre de Louis XIV, en bronze, qui ornait la place Vendôme, et qui fut détruité dans la Révolution,' le Mausolée de Richelieu, à la Sorbonne, et celui de Louvois, qui était dans l'église des Capucines, auj. détruite.

GIRARDOT (Nie de), horticulteur, né vers 1715, avait d'abord servi dans lés mousquetaire^ et avait été blessé à Dettingue (1733). Rentré dans la vie privée, il se retira àBagholet, près de Vincennes, et s'y adonna à la culture du pêcher. Il améliora cette culture et en communiqua le goût à son voisinage, si bien que la vente des pêches a depuis fait la réputation et la fortune dès jardiniers de Bagndïef, de Montreuil et de Vincennes.

GIRAUD (J. B.), sculpteur, né en 17521. Aix en Provence, m. en 1830. Ses principaux ouvrages sont un Mercure, un Hercule,, un Achille mourant. Il entra à l'Académie en 1789. Il fit mouler à -ses frais les plus précieux monuments de la sculpture antique, et coopéra à l'ouvrage intitulé Recherches sur Part statuaire des Grecs. — Son frère, Grégoire Gi-caud, né au Luc(Var) enl783, m. en 1836-, fut son élève et son émule. II le seconda dans ses efforts pour conserver les traditions de l'antique. On' lui doit plusieursbas-reliefs remarquables: & Mort deJPallas, Philoclète blessé; une statue de Triomphateur, et un Faune jouant avec les serpents sacres.

GIRAUD (le comte Giovanni) auteur comique italien, originaire de France, né à Rome en 1776, m. en 1834, quitta le service pour se livrer à la poésie dramatique, fut en 1809 nommé par Napoléon inspecteur général dès théâtres de l'Italie, et alla après 1814 s'établir en Toscane, où il s'enrichit par le commerce. Son Teatro dornestico, recueil de petites pièces de société, composé en grande partie d'imitation de Berqûîn, a paru à Milan (1823), et à Florence (1825). On y remarque le Précepteur dans l l'embarras, d'où a été tirée la pièce française de ï même titre ; la Capricieuse corrigée, le Rendez-vous i dans l'obscurité. Son théâtre a été traduit avec celui d'Alberto Nota par Th. Bettinger, Paris, 1839.

GIRAUDEAU (le P. Bonaventure), savant jésuite, né en 1697 à St-Vincent-sur-Jard (Vendée), m. ; en 1774, professa la rhétorique à La Rochelle. Il a surtout écrit pour la jeunesse. On a de lui : Introduction à la langue grecque, en 5 parties, méthode estimée, publiée d'abord en 1739, refondue en 1752; une petite Odyssée, poème mnémonique écrit en grec, dans lequel il a réuni, en 604 vers, toute les racines grecques (ce poëme, qui fait partie de sa méthode, a été publié à part et traduit par Lécluse en 1802); Praxis linguse sanctx, 1757, grammaire et dictionnaire abrégé de la langue hébraïque, où il propose une méthode de lire l'hébreu plus simple que celle de Masclef; enfin des ouvrages de piété et d'éducation, parmi lesquels on remarque : Histoires et paraboles du P. Bonaventure, 1766,- écrit qui eut un succès populaire, et l'Évangile médité, distribué pour tous les jours de l'année, 1773.

GIRAULT-DUVIVIER (Ch. P.), grammairien, né à Paris en 1765, m. en 1832, était associé d'agent de change et ne s'occupa de grammaire qu'en faisant l'éducation de ses filles. Il publia en 1811 la Grammaire des grammaires, 2 vol. in-8, ouvrage qui contient l'analyse raisonnée des meilleurs traités sur la grammaire française et qui a été amélioré par M. A. Lemaire, 1842. On lui doit aussi une Encyclopédie de l'antiquité, 1830, qui présente, d'après les meilleurs auteurs, l'origine, les progrès des arts et des sciences chez les anciens.

GIRGENTI, en grec Âcragas, en latin Agrigentum, v. de Sicile, ch.-l. d'intendance, à 102 kil. S.*de Païenne, à 3 kil. de la mer; 18 000 hab. Évêché, |***tribunaux. La ville est mal bâtie et sale, mais on y Ë** jouit d'une superbe perspective j belle cathédrale. A |** 2 kil. de là, se trouve Girgenti Vecchio où l'on voit ;** les*ruines de l'anc Agrigente. Girgenti même occupe l'emplacement de l'anc citadelle. — L'inten-=** dance de G., située sur la côte mérid. de la Sicile, entre celles de Trapani àl'O., et de Calatanisetta à l'E., a 130 kil. sur 35 de large, et 250 000 hab. Grande exploitation de soufre et de pétrole.

GIROD (Amédée), dit Girod de l'Ain, né en 1781, d'une famille honorable du pays de Gex (Ain), m. en 1847, avait pour père J. L. Girod, membre des conseils des Anciens, des Cinq-Cents, et baron de l'Empire. Il suivit la carrière de la magistrature, fit partie de la Chambre des Représentants aux Cent-Jours, entra au barreau après la chute de Napoléon, défendit le général Drouot accusé d'avoir, au retour de l'île d'Elbe, attaqué la France à main armée, et réussit à le faire acquitter; fut élu député en 1827 et redigea le rapport sur la proposition d'accusation du ministère Villèle, eut part à la révolution de 1830, fut aussitôt après nommé préfet de police et prit des mesures efficaces pour rétablir l'ordre, fut élu en 1831 président de la Chambre des Députés, et porté en 1832 au ministère de l'instruction publique, puis, en 1839, à coiui de la justice et des cultes. Il avait été nommé dès 1832 pair et vice-président du Conseil d'État. Dans ces diverses positions, il se montra toujours dévoué à l'intérêt public.

GIRODET (Anne Louis), célèbre peintre, né en 1767 à Montargis, m. à Paris en 1824, fut adopté par le médecin Trioson, dont il joignit le nom au sien, reçut les leçons de David, remporta en 1789 le grand prix de peinture, fut envoyé à Rome, y exécuta deux tableaux remarquables : Endymion, et Hippocrate refusant les présents d'Artaxerce (1791), auj. à l'École de Médecine, et ne revint d'Italie qu'après S**un séjour de cinq ans, pendant lesquels il courut les plus grands dangers, comme partisan de la Ré-Tolutioc. Après son retour, il produisit successive-ment Ossian, Danaé, les Saisons, Scène du déluge. 1806, son chef-d'oeuvre, qui obtint lé grand prix décennal, Ântioehus et Stratonice, les Eunérailles d'Âtala, la Révolte du Caire, enfin Galalée, 1819. Avec une admirable pureté de dessin et un coloris animé, Girodet possédait une imagination brillante et originale, et une teinte de poésie rêveuse. Il était en même temps bon littérateur et même poète estimable : on a de lui un poëme en 6 chants, le Peintre, et des traductions d'Anacréon,- de Musée, de Lucain, qui renferment des beautés, de l'élégance et de


l'harmonie.


GIROMAGNY,(territoire de Belfort), sur la Savoureuse, à 12 kil. N. O. de Béfort; 1950 h. Tissus de coton. Mines de cuivre, carrière de porphyre.

GIRONDE, nom que prend la Garonne, après avoir reçu la Dordogne au Bec d'Ambez.

GIRONDE (dèp. delà), dép. maritime de la France, sur le golfe de Gascogne, au S. du dép. de la Cha-rente-Inf., et au N. de celui des Landes : 10 250 kil. carrés; 667193 hab.; ch.-l., Bordeaux. Il est formé du Bordelais, du Bazadais et d'une portion de l'Agé-nais et du Périgord. Sol fertile au N. et à l'E"« céréales , vins célèbres, rouges .et blancs, connus sous le nom général de Bordeaux, et parmi lesquels on distingue ceux de Médoc, Château-Margaux.Laffitte, Ht-Brion, St-Émilion, Graves, etc.; quelques forêts sur la côte O.", pins, chênes-liéges, etc. ; beaucoup de bêtes à laine. Sol assez uni ; dunes (qu'on a fixées ae-puis 1787 par des plantations de pins maritimes); landes, marais, étangs. Constructions navales, eor-deries, extraction de résine, de goudron; manufactures de tabac ; verreries, faïence, eaux-de-vie, esprits, vinaigres; raffineries de sucre. Très-grand commerce maritime, surtout avec les colonies, l'Inde et l'Amérique. — Le dép. de la Gironde a 6 arr. (Bordeaux, Blaye, Bazas, Libourne, Lesparre, La Réole), 48 cant. et 580 communes. Il appartient à la 14e division militaire, à la cour impériale et àl'ar-chevêché de Bordeaux.

GIRONDE (la), GIRONDINS, (les), parti célèbre qui joua un rôle important dans l'Assemblée législative et dans la Convention, fut ainsi nommé parca qu'on y remarquait principalement des députés de la Gironde. Distingués presque tous par leur éloquence, les Girondins dominèrent d'abord l'assemblée. et furent des plus ardents à faire proclamer la république; mais après les événements du 10 août (1792) et les massacres de septembre, ils témoignèrent hautement leur horreur pour les excès populaires, condamnèrent le régime de la Terreur et voulurent faire régner la modération. Dès ce moment, ils devinrent en butte à la haine du parti démagogique. On les accusait surtout de conspirer contre l'unité et l'indivisibilité de la République. Le 31 mai 1793, 29 députés girondins furent mis en état d'arrestation, à l'instigation de Robespierre, et le 31 octobre, malgré les vaines démonstrations de quelques départements en leur faveur, 20 députés, parmi lesquels on remarque Brissot, Gensonné, Vergniaud, Ducos, Sil-lery, etc., montèrent sur l'échafaud ; Valazé se poignarda devant ses juges. Les autres Girondins, poursuivis par les envoyés de la Convention, rie purent échapper longtemps à la mort. — On désigne souvent les Girondins sous la dénomination de Fédéralistes, parce qu'ils voulaient, prétendait-on, faire des divers départements autant d'États indépendants et fédérés entre eux, à l'Instar des États-Unis'd'Amérique. L'Histoire des Girondins a été écrite, à des points de vue fort différents, par M. de Lamartinë-et par M. Granier de Cassagnac

GIRONE, Gerunda chez les anciens, Gerbna en espagnol, v. forte d'Espagne (Catalogne), cfi.-I.de la prov. de Girone, sur une mont, que baigné lé Ter, à 85 kil. N. E. de Barcelone; 16 000 hab. Évêché. Place forte. Cathédrale, dont on vante la façade et dont le campanile garde le nom de tour de Charlemagne. Établissements de bienfaisance et d' instruction. Filatures de coton, toiles communes, bas, lainages, étoffes de coton, savon, papier. — Cette ville, qui est très-ancienne, fut conquise sur les Maures par Charlemagne, mais bientôt perdue. Elle dépendit dans la suite du comté de Barcelone, et eut ses comtes particuliers. Elle donnait son nom aux fils aînés des rois d'Aragon. Elle eut à subir un grand nombre de sièges : les Français la prirent en 1656, 1694, 1711 et 1809. — La prov. de Girone, entre celle de Barcelone à l'O. et au S., la Méditerranée à l'E., et la France au N., est formée d'une partie de l'anc. Catalogne ; 165000 bab.

GIROU de BUZARKINGCES (H.), agronome et physiologiste, né en 1773 à St-Geniez (Aveyron), mort en 1856, servit d'abord dans le génie, se rôtira de bonne heure pour raison de santé, se consacra à l'exploitation de son domaine de Buzareingues et se livra en même temps à d'intéressantes recherches sur l'agriculture et les sciences, ce qui lui valut le titre de correspondant de l'Institut. Entre ses nombreux écrits, on remarque : Essais sur les mérinos, 1812; Physiologie appliquée aux chevaux, 1814; Distribution et rapports des deux sexes, 1828; Philosophie ?physiologique, 1828; Mémoire sur l'évolution des plantes, 1831; Mécanisme des sensations, 1848, et surtout ses travaux sur la Génération.

GISCHALB, Gischala, v. de Galilée, aux env. de Gadara, fut la dernière qui tint contre les Romains, animée par les discours de Jean de Gischale.

G1SCON, général carthaginois, fils d'Himilcon, fut chassé de Carthage par une cabale, et rappelé vers 339 av. J.-C. On lui permit de se venger de ses ennemis comme il le voudrait : il se contenta de les voir prosternés à ses pieds et de leur montrer que leur vie dépendait de lui. Envoyé enSicile_vers338 contre les Corinthiens, commandés par Timoléon, il obtint une paix avantageuse. — Un autre Giscon commandait à Lilybée en Sicile, sous Amilcar Barca, et s'v distingua. Chargé, à son retour, de réprimer la révolte des mercenaires, il tomba entre leurs mains et fut tué, 239 av. J.-C.

GISÈLE, fille de Charles le Simple, roi de France, épousa en 912 Rollon, duc de Normandie. V. ce nom.

GISOLFE, 1" duc de Frioul, neveu d'Alboin, roi des Lombards, fut créé duc par ce prince en 568 et fut tué dans un combat contre le roi des Avares.

GISOLFE, duc de Bénévent, issu du précéd., monta sur le trône ducal vers 686, régna 17 ans et fit une incursion dans le duché de Rome en 702.

GISOLFE i, prince de Salerne de 933 à 978, fils de Guaimar II, prit eu 959 la défense des princes de Bénévent et de Capoue contre le pape Jean XII; sut se garantir de l'invasion d'Othon le Grand en Italie (969), mais fut quelque temps privé de son trône par Landolfe en 973. — Gisolfe II (1052-1057) fut dépossédé par Robert Guiscard, son beau-frère.

G1SORS, Gisortium, ch.-l. de cant. (Eure), sur l'Epte, à 26 kil. E. des Andelys; 3600 hab. Collège, église du xar siècle avec des vitraux et des sculptures remarquables ; restes des anciennes fortifications : tour St-Thomas, tour du Prisonnier. Manufacture d'indiennes, filature hydraulique du coton, blanchisserie, apprêts. Gisors était autrefois la capit. du Vexin normand; sa possession futdisputée par Louis le Gros et Henri I d Angleterre, 1109.

GITANOS. F. BOHEMIENS.

GIURGEVO. Djordjova, v. forte de Valachie, sur la r. g. du Danube, à 70 kil. S. de Bucharest, en face de Routschouk; 15000 hab. Château fort, qu'environnent deux bras du Danube: pris par les Russes en 1771, 1810 et 1829.

GIUSTINIANI, famille patricienne de Venise qui a fourni plusieurs hommes distingués. LaurentG., évê-que, puis patriarche de Venise (1451), mérita d'être canoLisé. On l'invoque sous le nom de S. Laurent Jus-tinien (V. s. LAURENT),—Bernard G., sénateur vénitien, né en 1408, m. en 1489, fut chargé de différentes unissions auprès de Ferdinand, roi de Naples, de Louis XI, roi de France, des papes Pie II, Paul II et Sixte IV. et fut procurateur de St-Macs, Ou a de lui : De Origine urbîs Venetiarum rebusq'ue ab ipso ?gestis, Venise, 1492.^Augustin G.,dominicain, né à -Gênes en 1470. Use livra avec ardeur à l'étude": des langues orientales, fut fait évoque de Nebbio, en Corse, par LéonX, assista au 5¥ concile'de Latran,lu^ appelé en France par François I", qui le prit pour chapelain et le nomma professeur d'hébreu à Paris, retourna dans son diocèse en 1522 , et périt en -1531 dans une traversée de Gênes en Corse. On a de lui : Psalterium hebrœum, grxcum, arabicum, chaldaieum, cuin tribus latinis interpretatiônibus, in-fol., Gênes, 1516 : c'est le premier ouvrage de ce genre qui ait été publié.—Marc Antoine G., doge de 1684 à 1688, s'allia contre les Turcs avec l'empereur Léopold I et le roi de Pologne J. Sobieski : c'est sous son administration qu'eut lieu la conquête de la Morée par les Vénitiens.

GIVET, ch.-l. de ç. (Ardennes), sur la Meuse, à 40 kil. N. E, de Rocroy, près de la frontière belge, 6001 hab. Place de guerre, fortifiée par Vauban. On -y distingue 3 parties;: sur la rive droite d.e la Meuse, Givet-Notre-Dame ou Petit-Givet ; sur la rive gauche, Givet-St-ffilaire ou Grand-Giut, qui sont réunis par un beau pont: et, sur une hauteur voisine, Charlemont, qui doit a Charles-Quint sa fondation et " son nom. Petit port, chemin de fer; cuivre, faïence, colle-forte, céruse, tanneries. Patrie de Méhul.

GIVONNE, vge du dép. des Ardennes, à 6 kil. " N. E. de Sedan; 500 bab. Fonderies, lamjneries, fa- -briques de faux, enclumes, balanciers, ajc.

GIVORS, ch.-l. de c (Rhône), sur la r. dr. du Rhône, au confluent du Gïer, à 22 k. S. O. de Lyon; 10 000 h. Verrerie à bouteilles, teinturerie de soie en couleurs fines, forges. Chemin de fer conduisant h St-Étienne, canal communiquant avec Rive-de-Gier.

GIVRY, ch.-l. de c. (Saône-et-Loire), sur l'Orbize, à 9 kil. O. de Chalon-sur-Saône; 3000 nab. Auxenv. belle forêt, vignobles estimés.

GIZEH, v. d'Egypte. Y. DJIZEH.

GLABER (Raoul), bénédictin de Cluny, né en Bourgogne, mort à Cluny en 1060, méfia une vie très-déréglée quoiqu'il eût embrassé l'état ecclésiastique. On a de lui une Chronique qui va de l'an 90O à l'an 1046 ; elle a été imprimée dans les Eistoriœ Francorum de P. Pithou, dans les Scriptôres Francorum coxtanei de Duchesne, et trad. dans la Collection des mémoires sur l'Hist, de la France de Guizot. On trouve une Vie de Glaber dans l'Histoire littéraire de la France, t.VII, et des Mémoires sur ses ouvrages, par Lacurce-Sainte-Palaye, dans le Recueil de l'Académie des inscriptions, t. YIII.

GLABRIO, consul romain. F. ACILIUS.

GLACIALE ANTARCTIQUE (mer), mer que l'on suppose occuper toute l'étendue de la zone glaciale du Sud, du cercle polaire antarctique au pôle ; elle est fort peu connue, les glaces qui la couvrent, empêchant les navigateurs d'y pénétrer : le Nouveau-Shetland, les terres Sandwich, Adélie, Louis-Philippe Victoria, sont les seuls points qu'on ait pu aborder.

GLACIALE ASCTIQUE (mer), mer de glaces qui s'étend du pôle boréal au cercle polaire arctique, est bornée au S. par les côtes septentrionales de l'Europe, de l'Asie et de l'Amérique. La Nouvelle-Zemble au N. O. de l'Asie, et le Spitzberg au N. de la Suède, sont les deux plus grandes îles de cette mer. Elle est surtout fréquentée pour la pêche de la baleine. Les principaux navigateurs qui l'ont explorée sont : Hudson, en 1607 ; Philipps et lord Mulgrave, en 1773, et plus récemment les capitaines Ross et Parry ; qui se sont élevés jusque sous 82° 45' 15" lat. N.

GLADIATEURS (de gladius,è-gèe), hommes qui faisaient profession de se battre dans le cirque, soit contre les bêtes féroces, soit contre d'autres hommes. Ils étaient pour la plupart esclaves ; cependant quelques-uns étaient de condition libre et embrassaient le métier par ardeur guerrière : c'étaient le plus souvent des Gaulois ou des Germains. Les Romains aimaient ce spectacle avec fureur ; dans les jeux publics, il n'était pas rare de voir jusqu'à 300 paires de gladiateurs. On en distinguait diverses classes : le mirmillon, qui était armé d'un bouclier et d'une faux, et portait sur son casque l'image d'un poisson de mer nommé mirmillo ; le rétiaire, qui devait le combattre, tenait un trident d'une main, et de l'autre un filet avec lequel il cherchait à envelopper la tête de son adversaire; les essédaires, qui combattaient en chariot ; les andabates ou équestres, qui combattaient à cheval ; les bestiaires, qui combattaient les bêtes féroces, etc. Quand un gladiateur était blessé, il devait mettre bas les armes, et il restait à la discrétion du vainqueur, qui le tuait, à moins que les spectateurs ne s'y opposassent : s'ils levaient la main en abaissant le pouce, c'était signe qu'ils lui faisaient grâce ; s'ils levaient le pouce, il fallait l'immoler. L'arrivée de l'empereur sauvait la vie au vaincu. Les gladiateurs avaient le droit de ne plus se représenter dans l'arène au bout de trois ans de service ; on leur donnait leur congé en leur remettant un fleuret de bois (rudis) et une palme d'argent. — On place à l'an 264 av. J.-C. l'introduction des combats de gladiateurs à Rome : on les donnait d'ordinaire à l'occasion des funérailles des grands personnages. Constantin les interdit en 326 ; cependant ce n'est qu'en 402 qu'ils furent entièrement abolis, par l'empereur Honorius. Les anciens nous ont laissé plusieurs belles statues de gladiateurs : les plus célèbres sont le Gladiateur dit Borghèse, au Capitole de Rome, et le Gladiateur mourant, aussi à Rome.

GLAFEY (Adam Fréd.), publiciste et historien, né à Reichenbach (Saxe) en 1692, mort en 1753, fit pendant plusieurs années avec succès des leçons publiques sur le droit naturel à Leipsik, et fut nommé en 1726 archiviste privé de la cour de Dresde. On a de lui, en allemand : Précis historique de la maison électorale de Saxe, Francfort, 1121 ; Historia Germaniæ polemica, 1722 ; Traité du droit naturel, 1723; une Histoire complète du droit de la nature, 1739 ; et la continuation du Théâtre historique des prétentions et des disputes des grands souverains en Europe, de Schroder (en latin).

GLAMORGAN (comté de), un des comtés méridionaux de la principauté de Galles, à l'E. de celui de Caermarthen, à l'O. de celui de Monmouth ; 80 k. sur 40; 124 600 hab. ; ch.-l., Cardiff. Climat rude ; montagnes peu élevées, mais abruptes, vallées pittoresques : on a surnommé ce comté le Jardin du pays de Galles. Fer, houille, pierres calcaires ; fonderies. Antiquités romaines et normandes. — Ce comté fut jadis habité par les Silures.

GLANDEVES Glannaliva ou Glanum Livii, anc v. du dép. des Basses-Alpes, sur le Var, à 47 kil. N. E. de Castellane, a été détruite par les débordements du Var, et n'a plus que 40 hab. Ses anciens habitants l'ont abandonnée pour se retirer à Entrevaux. Anc. évêché, anc. château.

GLANDORP (Jean), littérateur allemand, né à Munster vers 1500, mort en 1564, fut recteur du gymnase de Hanovre, puis professeur d'histoire à Marbourg. Il a publié : Sylva carminum elegiacurum in enarrationem Commentariorum C. Julii Cæsaris, Magdebourg, 1551 ; Disticha sacra et moralia, 1559 ; Descriptio gentis Antoniæ, 1559 ; Descriptio gentis Juliæ, 1576 ; Onomasticon historiæ romanæ, 1589, ainsi que des notes sur César, Cicéron (épîtres familières), etc.

GLANFEUIL, anc monastère de l'Anjou, s'élevait au lieu dit auj. St-Maur-sur-Loire (Maine-et-Loire), à 32 k.N. O. de Saumur. Fondé en 543 par S. Maur, ruiné vers 750.

GLANVILLE (Ranulph de), baron anglais du xiie s., célèbre à la fois comme jurisconsulte et comme guerrier, descendait d'une famille normande. Il était justiciaire du royaume sous Henri II : chargé en 1166 de rédiger un corps de lois anglaises, il écrivit dans


ce but un livre curieux, Tractatus de legibus, qui a été publié en 1554, et trad. du latin en anglais par J. Beames à Londres, en 1812, avec une Vie de l'auteur. Comme guerrier, il repoussa avec courage le roi d'Ecosse, qui avait fait une invasion en Angleterre. Il prit la croix avec le roi Richard, et périt au siège de St-Jean-d'Acre, en 1190.

glanville (Joseph), théologien catholique anglais, né à Plymouth en 1636, mort en 1680, fut d'abord curé à Bath, puis prébendier de l'église de Worcester et chapelain de Charles II. Il défendit la religion contre les athées, et combattit en même temps ceux qui abusaient de la religion pour justifier des superstitions. On a de lui : la Vanité du dogmatisme, avec des réflexions sur le péripatéticisme et une apologie de la philosophie, 1661 ; Scepsis scientifica, ou l'Ignorance avouée, 1665 ; Considérations philosophiques sur l'existence des sorciers et de la sorcellerie, 1666, ouvrage qui lui fit reprocher une assez grande crédulité ; Philosophia pia, ou Discours sur le caractère religieux et la tendance de la philosophie expérimentale, 1671 ; Saducismus triumphatus, posthume, 1726. Il professa une sorte de scepticisme, qui chez lui n'est que l'examen impartial des erreurs accréditées. Il éleva des doutes, bien avant Hume, sur l'idée de cause. Il défendit la philosophie de Bacon et la Société royale de Londres, dont il était membre, contre leurs détracteurs.

GLAPHYRA, femme d'Archélaus, grand prêtre de Bellone à Comana, en Cappadoce, séduisit Antoine par sa beauté et obtint de lui le royaume de Cappadoce pour ses fils Sisenna et Archélaüs. — Une autre Glaphyra, sa petite-fille, épousa successivement Alexandre, fils d'Hérode, puis Juba, roi de Mauritanie, et Archélaûs, roi de Judée, son beau-frère.

GLAREANUS (Henri Lorits, dit), savant philologue, né en 1488, dans le canton de Glaris (d'où son nom de Glareanus), mort à Fribourg en 1563, était lié avec Erasme, et fut un des propagateurs de la science au xvie siècle. Également versé dans la philosophie, la théologie, l'histoire, l'astronomie et la chronologie, il enseigna les mathématiques et la philosophie à Bâle (1515), les belles-lettres au Collège de France à Paris (1521), l'histoire à Fribourg (1529). Il a laissé des commentaires sur presque tous les poëtes et les historiens de l'antiquité, notamment sur Horace, Ovide, Tite-Live, Cicéron. On cite parmi ses autres écrits : Helvetiæ Descriptio, poëme latin, 1514 ; De Geographia liber, Bâle, 1527 ; et un curieux traité de musique intitulé Dodecachordon, 1547.

GLARIS, Gloronia ou Glorizium en latin moderne, Glarus en allemand, v. de Suisse, ch.-l. du canton de Glaris, à 130 kil. N. E. de Berne ; 4000 hab. — Ce canton, situé au N. de celui des Grisons, au S. et à l'O. de celui de St-Gall, a 40 kil. sur 26 ; il compte 30 000 hab., presque tous protestants. Montagnes et vallées ; le pays est fréquemment ravagé par les inondations de la Linth et de ses affluents. Peu d'agriculture, mais beaucoup de pâturages et de bestiaux; fromage vert, dit schabziger ; quelque industrie. — Ce canton avait d'abord été la propriété du couvent de Seckingen qui l'inféoda en 1299 à la maison de Habsbourg ; il entra en 1352 dans la Confédération suisse. Sa dernière constitution, toute démocratique, date de 1836.

GLASER (Christ.), chimiste, né à Bâle, mort en 1678, était apothicaire de Louis XIV et démonstrateur au Jardin du Roi. Il fut impliqué dans l'affaire de la Brinvilliers, mais il s'en tira. On lui doit le sel polychreste qui porte son nom (sulfate de potasse) et un ouvrage remarquable par sa clarté : Traité de la chimie, enseignant par une briefce et facile méthode toutes ses plus nécessaires préparations, Paris, 1663.

GLASGOW, Glascovium, grande v. d'Ecosse (Lanark), à 65 k. O. d'Edimbourg, sur la r. dr. de la Clyde ; 400 000 hab. Divisée en 2 parties : la vielle v., mal bâtie, sombre et malpropre ; la nouvelle ville, qui est percée de larges rues et remplie de superbes

édifices, tels que : Courthouse (palais de justice), Traders-Mail (la Bourse), l'hôtel de ville, la salle de spectacle, la cathédrale dite St-Mungo church, les églises St-André et St-George, l'hôpital dit Royal Infirmary. Célèbre université, fondée en 1450 par Will. Turn-bull, évêque de Glasgow, et qui réunit 1500 étudiants ; Grammar-School, institution académique d'Anderson, fondée en 1796 par le professeur de ce nom. Nombreuses manufactures; fonderies pour les machines à vapeur, les mécaniques et les caractères d'imprimerie. Verreries, raffineries, teintureries. Commerce considérable, facilité par plusieurs canaux. Bateaux à vapeur pour Liverpool, Dublin, Belfast, Londonderry, Cork, Inverness, etc. Un chemin de fer l'unit à Benvick. Patrie de Th. Reid. — La ville de Glasgow est fort ancienne. Son origine est attribuée à S. Mungo, qui y fonda en 560 un évêché, érigé en archevêché en 1454. Guillaume le Lion, roi d'Ecosse, érigea Glasgow en bourg vers 1172; depuis elle reçut de nombreux privilèges des rois d'Ecosse. Le Prétendant la prit en 1745. C'est dans cette v. que se tint, en 1638, l'assemblée de l'église d'Ecosse qui établit le presbytérianisme.

glasgow (port-), v. d'Ecosse (Renfrew), à 32 kil. O. de Glasgow, sur le golfe de la Clyde; 6000 bab.; sert de port à Glasgow. Elle fut fondée en 1668.

GLASTONBURY, v. d'Angleterre (Somerset), à 9 k. S. O. de Wells, dans une presqu'île marécageuse dite île d'Avalon ; 3500 hab. Ruines d'une magnifique et riche abbaye. Cette abbaye, fondée, selon la légende, par Joseph d'Arimathie, mais assurément à une époque fort anc., fut détruite par les Danois en 703, rebâtie par le roi Edmond en 873, enrichie par ce prince et ses successeurs, et supprimée par Henri VIII.

GLATZ, Glacium en latin moderne, ville forte des États prussiens (Silésie), ch.-l. de cercle, à 77 kil. S. O. de Breslau ; 9000 hab. Ane ch.-l. du comté de Glatz. Lainages, peluche, mousselines, damas, toile, savon, maroquins ; imprimerie sur toiles, etc. — Glatz fut assiégée et occupée par le roi Henri III, 1049 ; par les Polonais, 1114 ; par les Hussites, 1421 ; par les Autrichiens, 1622 ; elle se rendit à la Prusse en 1742, fut prise par les Autrichiens en 1759, par les Bavarois et les Wurtembergeois en 1807. — Le comté de Glatz, anc. comté d'Empire, entre la Bohême, la Silésie, la Moravie, est auj. compris dans les États prussiens et dans le gouvt de Breslau, auquel il fournit 2 cercles (Glatz, Habelschwerdt) ; il compte env. 100 000 hab. — Anc. fief de la couronne de Bohême, ce comté fut donné en 1331 à Henri VI de Breslau, puis il appartint aux ducs de Munsterberg jusqu'au xvie siècle ; à Ferdinand II d'Autriche de 1534 à 1547, à la Bavière (1547-61), à l'Autriche (1561-1742) ; il fut occupé en 1742 par la Prusse, qui le conserva depuis (sauf de 1760 à 1763).

GLAUBER (Jean Rodolphe), chimiste et médecin allemand du xviie siècle, se fixa en Hollande après avoir beaucoup voyagé, et mourut à Amsterdam en 1668. Grand partisan de l'alchimie, il cherchait la panacée universelle et la pierre philosophale ; mais, au milieu de ses expériences, il fit quelques découvertes utiles, entre autres celle du sel secret (sulfate d'ammoniaque) et du sel admirable de Glauber (sulfate de soude), que l'on emploie comme purgatif. Il a laissé plusieurs écrits ; les principaux sont : Miraculum mundi, Amsterdam, 1653 ; De Medicina universali, sive de Auro potabili, 1658, et un traité de l’Art distillatoire, en latin, 1659, qui ont été trad. en franc, par Teil, Paris, 1659. Son emphase le fit appeler le Paracelse de son époque.

GLAUCUA ou glauchau, v. murée du roy. de Saxe (Erzgebirge), à 12 kil. N. E. de Zwickau ; 4400 hab. Patrie du minéralogiste Agricola. Château des princes de Schœnburg.

GLAUCIA (C.), préteur, ami du tribun Saturninus. Celui-ci, voulant le faire nommer consul, fit assassiner Memmius, son compétiteur. Le peuple indigné massacra Glaucia et Saturninus, l'an 100 av. J.-C.



GLAUCUS, pêcheur d'Anthédon, en Béotie, se-précipita dans la mer après avoir mangé d'une herbe merveilleuse, fut changé en dieu marin et reçut le don de prophétie. — Petit-fils de Bellérophon et fils d'Hippolochus, vint au secours de Troie avec un corps de Lyciens. Au moment de combattre Diomède, il reconnut en lui un hôte de son père et troqua ses armes avec lui en signe d'amitié : comme ses armes étaient d'or et celles de Diomède d'airain, on dit depuis le troc de Glaucus pour exprimer un marché inégal. Glaucus fut dans la suite tué par Ajax.

GLEICH (Jos. Aloys), écrivain, né à Vienne en 1772, mort en l841, occupait un modeste emploi dans les finances autrichiennes. D'une imagination inépuisable, il a composé près de 200 romans et autant de pièces de théâtre. Il réussissait surtout dans les romans de chevalerie ; on lit encore le Chevalier noir, Harald ou la Guerre des couronnes, Bodo et ses frères. Ses meilleures pièces ont été recueillies sous le titre de Théâtre comique, Brunn, 1821 : on y distingue les Chevaliers du lion.

GLEIM (J. Guill. Louis), poète, né en 1719 à Ermsleben, près d'Halberstadt, mort en 1803, fut secrétaire de Guillaume, margrave de Brandebourg et servit avec distinction dans les troupes prussiennes. Il a chanté la gloire des armes de son pays dans des chants guerriers qui lui méritèrent le surnom de Tyrtée allemand. Il a aussi réussi dans le genre anacréontique et surtout dans la fable. Ses Fables ont paru à Berlin en 1756.

GLÉNANS (les), groupe de 9 petites lies de l'Océan atlantique, près des côtes de France (Finistère), vis-à-vis de Concarneau, à 21 kil. de la pointe de Penmarch. Position importante en cas de guerre. Un fort a été construit sur l'île principale.

GLENCOE, vallée d'Ecosse, dans la partie septentrionale du comté d'Argyle, est remplie de rocs escarpés, et offre un des plus magnifiques spectacles du pays. On croit que c'est la patrie d'Ossian. Au milieu, est un petit lac d'où sort la Cona. C'est près de là que fut massacré le clan des Macdonald, 1692.

GLINSKY (Michel), d'une famille princière de Lithuanie, s'illustra en combattant les Tartares et jouit de la faveur du roi de Pologne Alexandre (1505), mais fut disgracié par le successeur de ce prince, Sigismond ; il se réfugia en Russie auprès du czar Vasili IV, et lui fournit les moyens de s'emparer de Smolensk et de plusieurs autres places de la Pologne. Devenu plus tard suspect à Vasili, il fut jeté dans un cachot où il resta 13 ans et n'en sortit qu'à la mort du czar. Sa fille se dévoua pour le soigner dans sa prison. — Sa nièce, Hélène, avait épousé Vasili IV et fut mère d'Ivan IV. — Ses frères disputèrent la régence aux Chouisky pendant la minorité d'Ivan IV.

GLIOUBOTIN (monts), Scordus mons, chaîne de monts de la Turquie d'Europe, lie le Nissava Gora à l'Argentaro, et sépare la Servie de l'Albanie.

GLOCESTER, gloucester (qu'on dérive du saxon glow caër, belle ville), Claudia castra en latin, v. d'Angleterre, ch.-l. du comté de Glocester, sur la Severn, à 178 kil. N. O. de Londres; 15 000 hab. Evêché anglican. Belle cathédrale ; nouveau palais de justice, nouvelle prison. Immense fabrication d'épingles (pour 25 millions par an). Aux environs, superbe pont d'une seule arche (150 pieds anglais d'ouverture). Eaux minérales. Cette v. fut une des premières à se déclarer contre Charles I (1641). — Le comté de Glocester, borné au N. par ceux de Worcester et de Hereford, au S. par ceux de Wilt et de Somerset, a 100 kil. sur 35 et compte 432 000 h. Climat tempéré ; beaucoup de pommes et de poires ; houille, fer, gypse, pierre à chaux, eaux minérales ; nombreux canaux.

GLOCESTER (comtes et ducs de). Le titre de comte ou de duc de Glocester a été porté par plusieurs personnages historiques, la plupart fils ou frères des rois d'Angleterre. Robert, comte de Glocester, fils naturel de Henri I, soutint les droits de Mathilde. sa sœur, au trône d'Angleterre contre Etienne de Blois, 1138, et fit Etienne prisonnier, mais il fut pris à son tour par les partisans de ce prince ; il recouvra la liberté par l'échange qu'on fit des deux chefs et remporta une nouvelle victoire àWilton. Il mourut en 1146. Le parti de Mathilde tomba avec lui.—Thomas Woodstock, duc de Glocester, frère d'Edouard III, fut l'un dss tuteurs du jeune Richard II, fils d'Edouard (1377). Fier de quelques succès remportés sur la France, il essaya, dit-on, de détrôner son neveu (1399) ; celui-ci le fit arrêter à Calais et mettre à mort. —Un autre duc de Glocester, oncle et tuteur d'Henri VI, fut condamné, à l'instigation de l'évêque de "Winchester, son rival, qui l'accusa de trahison, 1447. Zélé pour les lettres, il donna à l'Université d'Oxford une bibliothèque riche en livres précieux. — Richard, duo de Glocester. Y. RICHARD m.

Le titre de duc de Glocester fut rétabli en 1764 en faveur de William Henry, neveu de George III, m. en 1807. — W. Frédéric, fils de W. Henri, feld-maréchal, 1776-1834, lui succéda dans ce titre. Il avait épousé en 1816 la 4' fille de George III et avait été élevé au rang de prince du sang.

GLOCKNER, montagne des Etats autrichiens, sur les limites du Salzbourg, du Tyrol et de la Carin-thie, à quelquesk.deKlagenfurth. Hauteur, 3000". GLOGAU ou GROSS-GLOOAU , c-à-d. Grand Glogau, Glocavia major, v. des Etats prussiens, ch.-l. de cercle, dans la Silésie, à 55 kil. N. de Leignitz, située jadis près de l'Oder, auj. à 7 kil. de ce fleuve; 15 500 hab. Arsenal, magasins à poudre; draps, imprimerie d'indiennes,*etc. Chemin de fer. —Il y eut des ducs oil princes de Glogau, de la famille royale des Pia'sts, qui résidèrent dans cette ville jusqu'en 1476. Ils s'éteignirent à cette époque; leur principauté échut à la Bohême et par suite à l'Autriche. Frédéric prit la ville de Glogau en 1741 ; les Français s'en emparèrent en 1806; elle fut.rendue à ;***la Prusse en 1814. — On donne le nom de Petit-Glo-;***gau ou Glogau supérieur, Klein-Glogau, Ober-Glo-!***gau, à une petite*ville de Silésie,* à 15 kil. S. 1***d'Oppeln ; 2200 hab. | GLOGGNITZ, v. d'Autriche, surlaLeitha, au-des- |***sas de Neustadt. Station de chemin de fer. | GLOMMEN, riv. de Norwége, sortdulacŒrsund, 1***se divise près de Rakestad en deux bras, qui tous |***deux se jettent dans le Skager-Rack. Son cours est ï***de 480 kil. Il offre plusieurs cataractes. î GLOTA, la Clyde, riv. de l'anc Calédonie (Ecosse), !***au N. O. de la Valentie. Agricola parvint à son etn- |***bouchure l'an 85 de J .-C. C'est de la Glota à l'estuaire -***de la Bodotriâ qu'allait le mur d'Antonin, qui for- I***mait la limite de l'empire romain au N. O. 1 GLOVER (Richard), poète anglais, né à Londres | en 1712, m. en 1785, était commerçant, fut élu au ï parlement par les négociants de Londres et joua un 1 rôle dans l'opposition. On a de lui un poème de Léo- | nidas, Londres,- 1737, qui eut un grand succès et | fut traduit par Bertrand, 1783; l'Athénaïde, poème | posthume, en'30 chants; deux tragédies, Éoadicée ï et Médêe, et des Mémoires, Londres, 1814. 1 GLUCK (Christophe), compositeur célèbre, né en f 1712 dans le H.-Palatinat, m. à Vienneen 1787, étu-I dia la musique à Milan sous San-Martini, et donna | ensuite sur différents théâtres d'Italie plusieurs opé-J ras qui ne furent point remarqués. Ce peu de succès | était dû en partie à la faiblesse deslibretti; Gluck | s'adjoignit alors le poète Ranieri di Calzabigi, et son | opéra d'Hélène et Paris, travaillé sur un plan large, f fut accueilli avec transport. En 1774 il vint à Paris, j et y donna successivement plusieurs chefs-d'œuvre : % lphigénie en Aulide, Orphée, Armide, Ivliigènie en 1 Tauride, Alceste, dont les paroles sont en français. Le | dernier sujet fut aussi traité par Piccini : il s'é-| '.eva à cette occasion entre les deux compositeurs, ; et par suite entre leurs partisans, les Piccinis-tes et les Gluckistes, une querelle fort animée '-****sur la prééminence des deux rivaux et du genre

cultivé par chacun d'eux. Les deux chefs d'école avaient chacun leur part de gloire bien distincte ; à Piccini la suavité de la mélodie, à Gluck la vérité musicale, le pathétique, la puissance et le grandiose de l'harmonie. Dégoûté de la lutte, Gluck quitta la France en 1780. A la tête des Gluckistes étaient l'abbé Arnaud et Suard; à la tête des Picci-nistes, Marmontel, La Harpe, Ginguené. A. Schmid a publié à Vienne en 1854 : Vie et ouvrages de Gluck.

GLUCK.STADT, Fanum Fortunx, ch.-l. de bailliage et de tout le duché de Holstein, sur l'Elbe, r. dr., à 300 kil. S. O. de Copenhague : 600Ô hab. Port, école de marine; plusieurs canaux; commerce maritime très-actif. Armements pour la pêche-de la baleine. Fondée en 1619, assiégée en 1628 parTilly, mais inutilement Ses fortifications ont été détruites depuis 1814.

GLYCAS (Michel), écrivain.grec du Bas-Empire, vivait au XII" siècle, ou selon quelques-uns au XV, et habitait la Sicile. II est auteur à. Annales qui vont de la création jusqu'en 1118,et qui ont été publiées par le P. Labbe, Paris, 1660, dans la collection byzantine, et de Lettres intéressantes..— Un autre GÏycas, Michel, patriarche de Constantinopie en 1316j a laissé un traité sur la Syntaxe.

GLYCERIUS (Flavius), emper.romain d'Occident. Soldat obscur, il fut revêtu de la pourpre en 473, par Gundobald, prince burgunde; mais Léon I, empereur d'Orient, irrité d'un choix fait sans sa participation, donna la couronne à Julius Nepos; Glycérius, s'é-tant laissé surprendre dans Rome, fut forcé d'y renoncer. Il reçut en échange l'évêché de Salone. J. Nepos ayant été .exilé dans cette même ville de Salone, Glycérius l'y fit tuer. II. m. en 480.

GLYCON, statuaire, grec, auteur de la belle statue d'Hercule dite l'Hercule Farnèse. On croit qu'il vint en Italie vers le temps d'Auguste.

GMELIN (J. George), naturaliste, né à Tubingue en 1709, m. en 1755, passa fort jeune en Russie, enseigna la chimie et l'histoire naturelle à St-Pétersbourg , fut chargé en 1733 d'un voyage scientifique en Sibérie, employa dix années à explorer cette contrée, revint en 1747 dans, son pays, et y enseigna la botanique jusqu'à sa mort. On lui doit la Flore de Sibérie, St-Pétersbourg, 1747-70, enlatin; Voyage en Sibérie, Gœttingue, 1751, en allemand, abrégé par Kéralio, Paris, 1767. — Sam.-Théoph. Gmelin, son neveu, né à Tubingue en 1745, enseigna la botanique à St-Pétersbourg, fit un voyage scientifique pour la Russie, visita le Mazandéran, la mer Caspienne; fut en 1774 jeté dans une prison par un khan des Kirghises. et mourut de la dyssenterie dans les montagnes du Caucase. On lui doit : Hislo-ria fucorum, St-Pétersb., 1768, et une Relation de ses Voyages, 1770-84 (la publication en fut terminée par Pallas). — J. Frédéric, neveu de Jean George, né à Tubingue en 1748. m. en 1804, fut professeur de médecine dans sa ville natale, puis à Gœttingue et fit un grand nombre de traités élémentaires de botanique, de minéralogie, de métallurgie, de chimie, etc. On estime surtout son Histoire générale des poissons, et son Dictionnaire de Botanique (Onomotologia Botanica).

GNEDITSCH (Nicolas), poète russe, né à Pultawa en 1784, mort en 1833 à St-Pétersbourg, était conservateur de la Bibliothèque impériale, conseiller aulique, membre de l'Académie russe. Il a traduit l'Iliade en vers russes, 1831, 2 vol in-4. On lui doit aussi des traductions de l'Abufar de Ducis, du Roi Lear deShakspeare, du Tancrède de Voltaire, et des chants populaires des Grecs. 11 a en outre composé des poésies originales, dont quelques-unes ont été trad. par Dupré de St-Maur, 1823.

GNESNE, v. murée de l'anc. Pologne, auj. dans les États prussiens (Posnanie), à 49 kil. N. E. de Posen; 6000 hab. Archevêché, dont le titulaire était primat de Pologne et vicaire du roi pendant les interrègnes. Draps, toiles, eau-de-vie de grains, bière; tanneries. Jadis capitale de la Grande-Pologne. Les Prussiens la prirent en 1793.

GNIPHON, M. Anlonius Gnipho, grammairien-latin du i" siècle av. J.-C, né en Gauie, vint à Rome se perfectionner à l'école de Lucius Plotius, son compatriote; enseigna lui-même ensuite la grammaire, les belles-lettres et l'art oratoire, et compta parmi ses élèves César et Cicéron. On lui attribue un grand nombre d'ouvrages ; tous sont perdus.

GNOMES (du grec gnômé, pensée, intelligence), êtres fantastiques, imaginés par les Gnostiques, et dont les poètes se sont emparés. Ce sont des génies bienfaisants qui habitent l'intérieur de la terre, et qui ont un empire souverain sur cet élément, comme les Sylphes sur l'air, les Salamandres sur le feu, lesOndins sur los eaux. Ils sont d'une taille minime, mais pleine de grâce dans ses proportions. Ils habitent les grottes cristallines et gardent les mines d'or et d'argent que récèlent les entrailles de la terre. Invisibles, ils servent et défendent l'homme h son insu toutes les fo:s que Dieu le leur commande.

GNOMIQUES (du grec gnômê, pensée, maxime), poètes grecs qui ont m:s en vers des sentences morales; tels sont: Solon, Pythagore (pour ses Vers dorés), Théognis, Phocylide. On y joint aussi Hésiode.

GNOSTIQUES (du grec gnôsis, connaissance, intuition), partisans de certaines doctrines religieuses et philosophiques répandues surtout en Asie et en Egypte, et qui eurent une très-grande vogue au premier siècle de l'ère chrétienne et dans les siècles suivants.

Ils regardaient - comme insuffisante et inexacte la révélation contenue dans les livres saints et prétendaient avoir seuls la vraie science (gnôsis) de la divinité et de toutes les choses divines : ils la devaient, soit à une intuition directe, soit à une tradition qui remontait au berceau de l'humanité et qu'ils plaçaient au-dessus de toute autre révélation. Ils admettaient pour expliquer le monde trois choses : la matière, le Démiurge, auteur du monde actuel, qui n'est qu'une œuvre imparfaite, et le Sauveur, chargé de réformer l'œuvre du Démiurge et de réparer le mal. La plupart joignaient à ces dogmes celui de l'émanation, et faisaient sortir toutes choses du sein d'un Dieu suprême, être ineffable et irrévélé. Ces doctrines, issues de l'alliance des croyances orientales avec la religion juive ou chrétienne et avec la philosophie platonicienne, donnèrent naissance à une foule de sectes : on en trouve le germe au i" siècle dans Simon le Magicien, Mé-nandre le Samaritain, Cérinthe, Dosithée, et Phi-Ion le Juif. Elles furent développées aux H' et m* s. par Marcion, hérétique de Syrie, Cerdon, sorti de l'Asie-Mineure, Saturnin d'Antioche, Bardesane d'Ë-desse, Tatien, Basilide, Valentin, Carpocrate, tous trois à Alexandrie. Elles furent combattues à la fois par les Pères de l'Eglise (S. Clément, Origène, Iré-née, Théodoret, Épiphane, Tertullien,S. Augustin), et par les philosophes, notamment par Plotin. On doit à M. Matter une Histoire critique du Gnosli-cisme, 1828 et 1842, ouvrage couronné par l'Académie des inscriptions, et à Néander : Développement des systèmes gnostiquei, 1818, ell'Ânlignostique, 1826.

GOA, île et v.de l'Inde, dans l'anc Bedjapour, sur la côte O. ou de Malabar. — La ville actuelle de Goa, Villanova-da-Goa ou l'andjim, ch.-l. des possessions portugaises dans l'Inde, est située par 71° 22' long. E., 15° 30' lat. N., dans l'Ile de Goa ; 20 000 hab. Elle a remplacé l'ancienne Goa, située à 9 kil. de là, dans la même ile, et qui n'a que 4000 hab. Deux beaux ports, fortifications redoutables. Résidence du vice-roi portugais. Archevêché : l'archevêque, primat des Indes, habite une île voisine, l'île San-Pedro. Goa renferme un très-grand nombre de commerçants juifs et banians. — L'Ile de Goa est dans la mer d'Oman, à l'emb. de h Mandova, qui la sépare de la terre ferme ; elle a 40 kil. de tour. Elle forme, avec les districts de Diu et de Daman, le gouvt de Goa, dont la population est de 420 000 âmes. — L'anc. Goa, habitée au xvr» siècle par une population arabe, fut prise par Albuquerque en 1610 et devint la capitale des Portugais dans l'Inde. Cette ville a joué le plus grand rôle dans tout le xvi* siècle. Sa décadence date de l'époque où les Anglais enlevèrent aux Portugais leurs possessions dans les Indes. Elle fut abandonnée au xvni" siècle, à la suite d'une épidémie. Les Anglais s'emparèrent de l'Ile et de la v. de Goa en 1807, mais ils les rendirent aux Portugais en 1814. Nulle part l'inquisition ne fut plus rigoureuse qu'à Goa ; sa domination subsista jusqu'en1815.

GOAREC, ch.-l. dec (Côtès-du-Nord)., sur le Blavet, à 43 kil. O. N. O. de Loudéae; §55 hab.

GOAVE (LE GRAND-), v. de l'île d'Haïti (dép. de l'Ouest), à 46 kil. S. O. du Port-au-Prince, sur le golfe de Léogane, avec un port et un fort. — Le Petit-Goave est à 53 kil. O. S. O. du Port-au-Prince, sur une petite baie, et a aussi un fort. Ce dernier fut fondé en 1655, par les Flibustiers, Culture du café.

GOBJEUM PROH., cap qui forma l'extrémité N. O. de la Gaule, chez les Osismii, est auj. le cap St-Mahé ou St-Matthieu, près du Conquet (Finistère),

GOBANIUM, nom latin d'Abergavenny.

GOBELIN (Gilles), teinturier, natif de Reims, vint avec son frère s'établir à Paris sous le règne de François I, et y fonda, à l'extrémité du faubourg St-Marcel, près de la rivière de Bièvre, un établissement pour les teintures en laine, qui est devenu célèbre et qui conserve encore auj; le nom des Gobelins. On lui doit dit-on, le secret de la teinture en écarlate. La maison des Gobelins est devenue en 1667 manufacture royale; on y exécute encore auj. des tapisseries destinées aux palais impériaux.

GOBERT (le baron Napoléon), fils d'un général distingué de l'Empire, tué à Bayien, naquit en 1807 et eut pour parrain l'empereur Napoléon. Il embrassa la carrière militaire, que sa santé lejorçade quitter, prit part aux journées de juillet 1830, fut attaché peu après à l'ambassade française' en Angleterre, alla en 1833 an Egypte et mourut au Caire d'une fièvre gagnée pour s'être baigné imprudemment dans le Nil. Possesseur d'un% fortune considérable, il légua à l'Académie française et à l'Académie des inscriptions une rente de 10000 fr., sur laquelle 9000 devaient.î|(.re donnés annuellement à l'auteurdu meilleur ouvrage sur l'histoire de.France, à la condition que l'auteur désigné cesserait d'en jouir dès qu'aurait paru un ouvrage supérieur. Augustin Thierry a joui de ce prix jusqu'à sa mort.

GOBINET(Ch.), docteur de Sorbonne, né en 1613, à St-Quentin, m. en 1690, fut 43 ans principal du collège du Plessis à Paris, et y fit beaucoup de bien tant par ses exemples que par ses leçons. On lui doit plusieurs ouvrages d'éducation et de piété, longtemps classiques, dont le style a vieilli, mais qui n'ont rien perdu de leur mérite, entre autres : Instruction de ta jeunesse en la piété, Paris,. 1655; Instruction chrétienne des jeunes filles, 1682; Instr. sur la manière de bien étudier, 1689.—Son neveu, Jean G., lui succéda dans la direction du PÎessis.

GOCLEN1CS (Rodolphe), professeur de logique à Marbourg, né en 1547 à Corbach (comté de Waldeck), m. en 1628, a laissé : Psychologia, Marbourg, 1590; Philosophia practica, ]QO!i;Idea phiLosophia; plaloniae, 1612; Lexicon philosophicum, 1613, etc.

GOCLEmus (Rodolphe), fils du précéd., médecin, né à Wittemberg en 1572, mort en 1621, professait la physique et les mathématiques à Marbourg. Crédule et enthousiaste, il adopta et propagea les idées de Paracelse; il est un des plus anciens partisans de la médecine magnétique, qu'a depuis pratiquée Mesmer. On a de lui, entre autres ouvrages singuliers : Tractatus de magnelicacuratione vulnerum, Marbourg, 1608; Synarthrosis magnetica., 1617; Slirahiliumnatura) liber, 1625, etc. 11 a aussi écrit sur Vuronoscopie, la chiroscopie, etc., 1603.

GODARD (S.), éyêque de Rouen au vi" s., assista au concile d'Orléans de 51), et fit de nombreuses conversions dans son diocèse. Il m. vers 530, et fut enterré à Rouen dans l'église qui porte encore son nom. On a dit, mais sans preuves, qu'il était frère de S. Médard. On l'hon. le 8 juin.

GODAVERY, fleuve de l'Hindoustan, sort des Ghattes occidentales, dans l'Aurengabad; traverse le Bider, le Berar, les Circars septentr., passe à Nandere et Mangapet ; reçoit la Mandjera, la Pourna, la Ouarda, et tombe dans le golfe de Bengale par plusieurs bouches, après un cours d'env. 1500 kil. Ses eaux sont sacrées comme celles du Gange.

GODEAU (Ant.), évêque de Grasse et Vence, né à Dreux en 1605, mort à Vence en 1672, était parent de Conrart. Il commença sa fortune par de petits vers qui lui firent de la réputation à l'hôtel de Rambouillet , où on le surnommait le Nain de Julie, et qui lui valurent la protection de Richelieu, ainsi qu'un fauteuil à l'Académie française. Le cardinal ayant reçu de lui, entre autres pièces, une paraphrase du Benedicite, lui dit, en jouant sur le mot, qu'en retour il lui rendait Grasse (grâces), et en effet il le fit évêque de cette ville. Outre ses poésies, parmi lesquelles on remarque les Fastes de l'Église, qu'il prétendait opposer aux Fastes d'Ovide, Godeau : a composé plusieurs ouvrages sérieux, entre autres une Hist. de l'^Kse jusqu'au vm°siècle (Paris,1653), justement estimée, et des Vies de S. Paul, de S. Augustin et de S. Charles.

GODEBERT, roi des Lombards, fils d'Aribert, succéda à son père en 661, partagea le trône avec Pertharite, son frère, et s'établit à Pavie. La guerre - ayant éclaté entre les deux frères, Godebert appela à son secours Grimoald, duc de Bénévent : celui-ci profita de ces divisions pour s'emparer de la Lombardie, fit massacrer Godebert, chassa Pertharite et se fit couronner roi, 662.

GODECHARLES (Guill.), sculpteur, né à Bruxelles en 1750, mort en 1835, remporta le grand prix de sculpture, enseigna longtemps à l'Académie des I Beaux-Arts de Bruxelles, et fut successivement sculpteur du prince Charles de Lorraine, d'Albert de Saxe-Teschen, de Napoléon et du roi des Pays-Bas. Parmi ses nombreux ouvrages, on remarque les bas-reliefs du palais des Deux-Chambres et du château de Laeken, les statues des magnifiques jardins de Wespelaer (entre Louvain et Malines). Cet artiste, d'une fécondité prodigieuse, eut plus de facilité que de goût, plus de force que de grâce et de pureté.

GODEFROY (S.) ou GEOFFROY, Gothofredus, abbé de Nogent en 1091, devint évêque d'Amiens en 1104, | et mourut en 1115. On le fête le 8 novembre.

GODEFROY de Strasbourg, minnesinger du XH" siècle. On lui doit, outre plusieurs poésies, un grand poème de chevalerie intitulé Tristan et Isolde, tiré des traditions de la Table-Ronde. Ce poème a été continué par Ulrich de Turheim, Henri de Freyberg et plusieurs autres. La meilleure édit. est celle de Breslau, 1823, 2 vol. in-8.

GODEFROY (Denis), jurisconsulte français, né à Paris en 1549, m. en 1622, était fils d'un conseiller au Châtelet. Ayant embrassé la Réforme, il se vit forcé de quitter la France, et se retira d'abord à Genève, puis à Strasbourg, à Heidelberg, et se fixa enfin à Strasbourg, où il enseigna le droit romain. On a de lui une excellente édition avec notes du Corpus juris civilis, qui a fait époque, et qui est devenue classique. Elle parut d'abord à Lyon en 1583, et fut réimprimée a Paris en 1628. On a aussi de lui un livre connu sous le titre d'Immo Gothofridi, où il s'efforce de concilier les antinomies apparentes du droit romain. Enfin, il a laissé des notes sur Cicéron, sur Sénèque, et autres écrivains latins, et un livre a contre l'autorité temporelle des papes.—Il laissa deux fils qui abjurèrent le protestantisme et revinrent en France : l'un, Théodore, fut nommé historiographe en 1632, rédigea le Cérémonial de France et composa quelques écrits historiques; l'autre, Jacques, prof, de droit à Genève, est estimé comme juris-consulte et érudit. On lui doit des éditions, des Fragments des douze Tables, 1616, et du Codex

Theodosianus, Lyon, 1665, posthume, 1665 et 1736. — Un autre Denis, fils- de Théodore, a laissé une Histoire de Charles VU, 1661. ,

GODEFROY DE BOUILLON. V. BOUILLON.

GODÉGISILE, 3e fils de Gondioc, roi des Bourguignons, eut le pays de Besançon en partage après la mort de son père (463). Il s'allia avec Clovis contre son frère Gondebaud ; mais Gondebaud l'assiégea dans Vienne, le fit prisonnier et le mit à mort, 507.

GODKRVILLE, ch.-l. de c (Seine-Infér.), à 30 kil. N. E. du Havre; 850 hab. Station.

GODESCALC. V. GOTESCALC.

GODESCARD (J. Franc.), savant ecclésiastique, né en 1728 à Roquemort, près de St-Saens (Seine-Inf.), mort en 1800. fut successivement secrétaire de l'archevêché de Paris, prieur de N.-Dame-de-Bon-Repos, près Versailles, et chanoine à Paris. On a de lui une traduction estimée des Vies des Pères, des martyrs, et autres saints, d'Alban Butler, Paris, 1763-1788,12 vol. ih-8; souv. réimpr., notamment à Besançon, 1843, 10 vol. in-8, et à Lille, 1855, 5 vol. grand"in-8. Il avait lui-même rédigé un Abrégé de ce grand ouvrage, qui a paru en 1802, 4 vol. in-12.

GODIN (Louis), astronome, membre de l'Académie des sciences, né à Paris en 1704, m. en 1760, fut envoyé au Pérou en 1736 avec Bouguer et La Condamine, pour déterminer la figure et la mesure de la terre, séjourna longtemps à Lima et y fut témoin du tremblement de terre de 1746; fit ensuite un voyage en Espagne et en Portugal et put voir aussi le tremblement de terre de Lisbonne, en 1755. On a de lui, outre plusieurs Mémoires, une Hist. de l'Acad. des sciences de 1680 à 1699,11 vol. in-4, et un Appendix aux Tables astronomiques de Lahire, 1724.

GODOLPHIN (Sydney, comte de), ministre anglais, né vers 1650, mort en 1712, administra les finances sous Jacques II, Guillaume III et la reine Anne (de 1679 à 1710), et contribua par une sage administration aux succès militaires qui illustrèrent ce dernier règne. Il appartenait au parti whig et fut enveloppé dans sa disgrâce en 1710.

GODOUNOF (Boris), czar de Russie de 1598 à 1605, était Tartare d'origine. Sa sœur Irène ayant épousé le czar Fédor Iwanowitch, il obtint un grand crédit et devint 1er ministre. Il n'en profita que pour trahir son maître, l'empoisonna et usurpa le trône, 1598 : il avait dès 1592 fait périr Dimitri, frère de Fédor, et héritier de la couronne. Après quelques années de troubles, pendant lesquelles il se montra quelquefois habile, mais toujours cruel, il fut lui-même empoisonné, en 1605. Son fils, Fédor II, ne se soutint qu'un moment sur le trône.

GODOY (don Manuel), prince de la Paix, né en 1767 à Badajoz, d'une famille noble, mais pauvre, entra fort jeune dans les gardes du corps de Charles IV, roi d'Espagne, attira l'attention de la reine Marie-Louise par les agréments de sa personne et par sou talent musical, sut en même temps capter la faveur du faible roi, fut porté avec une rapidité scandaleuse aux grades les plus élevés, devint en 1792 premier ministre et fut en même temps créé duc d'Alcudia; fit déclarer la guerre à la France après la condamnation de Louis XVI, conclut en 1795 la paix de Bâle, à l'occasion de laquelle il fut créé prince de la Paix et grand d'Espagne; signa l'année suivante, à St-lldefonse, un traité d|àiliance offensive et défensive avec la Republique française, traité qui entraîna son pays dans une guérie désastreuse; se vit écarter des affaires en 1798 par une intrigue de cour, mais sans perdre l'affection personnelle du couple royal, et fut, en compensation, élevé au grade de capitaine général; rentra au pouvoir en 1800, ayant plus de crédit que jamais, se mit en 1801 à la tête d'une armée destinée à occuper le Portugal de concert avec la France, fit assez heureusement une facile campagne et signa le traité de Badajoz, dont un article secret lui assurait plusieurs millions ; déclara la guerre à l'Angleterre en 1804, sous la pression de la France, et reçut à cette occasion le titre de généralissime, mais ne put empêcher que l'Espagne, battue à Trafalgar, perdît ses plus belles colonies; tenta en 1806 de secouer le joug de Napoléon, et seconda en secret la coalition du Nord, mais s'empressa, dès qu'il connut les victoires d'Iéna et d'Austerlitz, de mettre son pays à la discrétion de l'Empereur; excita, par cette lâche conduite, l'indignation universelle en Espagne, et vit le propre fils du roi, le prince des Asturies (Ferdinand VII), se mettre à la tête des mécontents; ne craignit pas, sur l'ordre de Charles IV, de faire incarcérer ce prince, et de le traduire en jugement comme conspirateur, mais fut arrêté dans sa vengeance par l'intervention de Napoléon, qui se réserva le jugement du différend; prévit dès lors le sort de la monarchie espagnole, et détermina le roi et la reine à quitter Madrid et a s'embarquer pour le Mexique; mais échoua encore dans ce projet, par suite de la révolte d'Araniuez (l'8 mars 1808), qu'avait fomentée le prince des Asturies, et n'échappa à la fureur populaire que par l'abdication de Charles IV ; fut jeté dans une étroite prison par Ferdinand, devenu roi pour un instant, mais fut relâché au bout de quelques jours sur les instances de la France, et amené à Bayonne, où il contribua à déterminer Charles IV à signer son abdication ; accompagna la famille royale dans ses diverses résidences en France et en Italie; vint, après la mort des deux époux, se fixer à Paris, vécut dans l'obscurité dans cette ville et y mourut en 1851, dans sa 85" année. Il avait été marié en 1797 à une princesse du sang royal, Maria Teresa de Bourbon, fille de l'infant don Louis, et cousine du roi, qui ne lui donna sa main qu'avec répugnance. Le prince de la Paix a été l'objet d'accusations de toute nature, dirigées les unes contre ses mœurs, les autres contres sa politique : il a rédigé, pour réfuter ces dernières, des Mémoires, qui ont été traduits par J. G. d'Esménard, Paris, 1836-38,4 vol. in-8. Bien que manquant d'instruction et de moralité, Godoy connaissait bien les hommes et les employait habilement : il était doux, et ne versa jamais de sang.

GODWIN (le comte), seigneur anglais d'origine saxonne, fils d'Ulfnoth, comte de Sussex, ou, selon d'autres, d'un simple pâtre, exerça pendant plusieurs années pur les rois d'Angleterre un pouvoir égal à celui qu'eurent en France les maires du palais, maria sa fille Edith au roi Edouard le Confesseur, et prépara à son fils Harold les moyens d'usurper le trône. Chef du parti anglais contre les Normands introduits à la cour, il se révolta en 1051. Défait avec ses fils, il s'enfuit à Bruges; cependant il put rentrer en Angleterre et même recouvra sa faveur. II mourut subitement en 1054, étant à table avec le roi Edouard.

GODWIN (William), écrivain anglais, né en 1756 à Wisbeach (Cambridge), mort en 1836, fut d'abord prédicateur et ministre d'une congrégation non conformiste. Il abandonna l'église pour se faire écrivain, se fixa à Londres et y fit paraître plusieurs ouvrages qui excitèrent au plus haut point l'attention publique : la Justice politique, 1793, où il peignait avec talent les plaies sociales; mais où il attaquait la plupart des institutions, même le mariage et la propriété; Caleb Williams, 1794, roman philosophique. écrit dans le même but, qu'il fit suivre de Pleetwood, de Mandeville, 1817, etc. On a de lui aussi une Vie de Chaucer, 1803, et une bonne Histoire de la république d'Angleterre, 1824-1828. A la fin de sa vie, il se fit libraire. Malgré ses déclamations contre le mariage, il se maria deux fois. Sa 1" femme, miss Wollstoncraft, est connue par quelques écrits, surtout par une Défense des droits des femmes, 1790. Les écrits de Godwin sont remarquables par l'éloquence et l'énergie : il y exalte jusqu'à l'extrême les vertus morales, et attribue une grande part dans les actions humaines aux motifs désintéressés, s'opposant ainsi à Bentham qui ramenait tout à l'utile. Il rétracta dans ses derniers ouvrages quelques théories trop avancées. Plusieurs de ses écrits ont été traduits enfrançais, notamment Caleb Williams, par G. Garnier, Paris, 1794, et par Sam. Constant de Rttbecque, Genève, 1795.

GOELHEBI, bourg de Bavière (cercle du Rhin), près de Kaiserslautern, et à 45 kil. S. de Mayence; 1200 hab. Adolphe de Nassau y fut défait et tué en 1298 par Albert d'Autriche. Un monument y consacre ce souvenir.

GOEMOER, comitat de Hongrie, dans le cercle en deçà de la Theiss, entre ceux de Zips et de Lipto au N., de Hevescht et de Neograd au S. : 99 k. sur 70; 222 000 hab. Ch.-I. Gross-Steffelsdorf, et auparavant Pleisnicz. Montagnes, forêts; climat froid. Bétail, lin, vin, tabac, peu de grains; fer de qualité supérieure ,-aimant. — Cë comitat est ainsi nommé d'une petite ville de Gœmœr, qui y est située.

GOERLITZ, v. murée des Etats prussiens (Silésie, sur la Neisse, à 80 kil. O. de Liegnitz; 20 000 hab. Plusieurs monuments. Société des sciences, collection de cartes géographiques. Cabinets de physique, de minéralogie, de médailles, de machines, etc.; bibliothèques. Draps, toiles, rubans de fil, chapeaux.

GUERRES (J. Joseph), écrivain, né à Coblentz en 1776, mort à Munich en 1848, adopta d'abord les doctrines de la Révolution et la philosophie de la nature de Schelling, tout en les alliant a des idées mystiques, publia, à partir de 1807, avec Arnim et Brentano, une collection de Livres populaires de l'Allemagne, où il remettait en honneur les légendes du moyen âge, fut en 1813 un des plus ardents à soulever ses. compatriotes contre les Français, et rédigea dans ce sens le Mercure rhénan; mais, ayant continué l'agitation démagogique après -1815, il devint suspect et fut forcé de sortir des Etats prussiens (1819). Ses idées s'étant depuis tournées vers le catholicisme, il fut accueilli par le roi de Bavière, qui lui confia en 1827 une chaire de littérature et d'histoire à l'Université de Munich. Outre ses écrits politiques et religieux, on a de lui une Histoire mythique de l'Asie, le iil're héroïque de l'Iran (d'après le Schah-Nameh de Ferdoucy, Berlin, 1820), et la Kystique chrétienne, 1836-42 (trad. par M. Ste-Foy, 1855). Gœrres avait fini par devenir un des chefs de l'école catholique allemande.—Son fils, Guido G., mort en 1852, l'a suivi dans cette voie et a écrit une Histoire de Jeanne d'Arc.

GOERTZ (G. Henri SCHLITZ_, baron de),- ministre de Charles XII. né dans la seigneurie de Schlitz en Franconie, avait d'abord servi le duc de Holstein-Gottorp. Charles XII le choisit pour son ministre après son retour de Bender : il eut l'art de créer de nouvelles ressources pour continuer la guerre; mais il lui fallut, pour l'exécution de ses plans, recourir à des mesures arbitraires qui soulevèrent contre lui une partie de la nation. Accusé après la mort du roi de haute trahison et de dilapidation, il fut condamné à mort sans avoir été entendu, et exécuté à Stockholm en 1719. Son vrai crime était d'être étranger.

GŒRTZ (J. Eustaehe, comte de), diplomate, né en 1737, en Franconie, de la même famille que le précédent, mort en 1821, s'attacha à la cour de Weimar, fut chargé de l'éducation des enfants de la duchesse douairière Amélie, et forma le prince Charles-Auguste, qui fit de Weimar l'Athènes de l'Allemagne; puis entra au service du roi de Prusse Frédéric II, fut chargé par lui de diverses négociations en Russie, en Hollande, où il obtint peu de succès, et fut enfin ministre de Prusse à la diète de Ratisbonne. Il a laissé des Mémoires sur les négociations qui ont précédé le partage de la Pologne, Weimar, 1810, et sur les Négociations pour la cession de la Bavière en 1778, Francfort, 1812,

GOETHA-ELF, riv. de Suède, sort du lac Wener, se partage en deux bras à Kongelf, et va se perdre dans le Cattégat, à Gothembourg, après un cours de 130 kil. Célèbre cataracte de Trollhatta.

GOETHALS. V. HENRI DE GAND.

GOETHE (Jean Wolfgang), l'un des plus grands écrivains de l'Allemagne, né en 1749 à Francfort-sur-le-Mein, mort en 1832, était fils d'un conseiller impérial. Il étudia le droit à Leipsick, et reçut le bonnet de docteur à Strasbourg. Il était destiné au barreau, mais il préféra s'adonner tout entier à la littérature, dont les écrits de Lessing surtout lui avaient inspiré le goût. Il commença à se faire connaître dès 1772 par le drame de GœU de Berlichin-

gen; il publia en 1774 le roman de Werther, qui lui avait été suggéré par une aventure de jeunesse. Cet ouvrage, d'un genre tout nouveau, obtint un succès prodigieux, et lui valut la protection et l'amitié du jeune duc de Weimar, Charles-Auguste, qui l'attacha à sa personne, d'abord en qualité de conseiller de légation, et ensuite comme membre du conseil privé. Il n'en fit pas moins paraître successivement un grand nombre d'ouvrages de genres divers, parmi lesquels on distingue les drames de Clavijo, Stella, Iphigénie en Tauride, le Tasse, le comte d'Egmont; les Années d'apprentissage de Wilhem Meister, ro- man; le Grand Cophte, comédie; le poème d'Hermann et Dorothée, les Métamorphoses des plantes, les Élégies romaines (écrites à Rome en 1790), et enfin le drame de Faust (1798), œuvre philosophi- que et religieuse, où il a exprimé ses sentiments, ses luttes intérieures, ses méditations, et après le- quel il n'eut plus de rival. Napoléon, pendant son séjour à Erfurt, voulut voir l'écrivain dont le nom remplissait l'Allemagne, et le décora de la grand-croix de la Légion d'honneur (1808). Goethe prit peu de part à la grande lutte du patriotisme allemand contre la France, et pendant que tout s'armait autour de lui, il publiait tranquillement son roman des Affinités électives et ses mémoires sous le titre de Vérité et Poésie (1813). Malgré cette indifférence, il fut choisi pour ministre d'État par le duc de Weimar (1815); il conserva ces fonctions jusqu'en 1828. Sans être ralenti par l'âge, il fit encore paraître plusieurs ouvrages :*le Divan oriental (1819), les Années de voyage de Wilhem Meister (1821), faisant suite aux Années d'apprentissage ; la 2e partie de Faust (1829), de charmantes ballades et de nombreux mémoires sur différentes branches des sciences physiques. Il s'éteignit doucement à l'âge de 83 ans et fut inhumé à Weimar, entre Schiller, qui avait été son ami, et le prince Charles-Auguste, son protecteur. Il laissait en mourant des Mémoires et une Correspondance avec Schiller, avec injonction de n'en prendre connaissance qu'en 1850. Gœthe est un des génies les plus remarquables que l'Allemagne*ait produits : comme poète, il égale, s'il ne les surpasse, les plu grands poètes de son pays; prosateur, son style est un modèle de pureté et d'élégance; comme savant, il a attaché son nom à plusieurs découvertes ingénieuses, notamment au principe de l'unité de composition, développé depuis si heureusement par De Candolle en botanique,*par Geoffroy St-Hilaire en zoologie. Mais on chercherait en vain dans ses nom- breux ouvrages l'enthousiasme : génie vaste et élevé, mais cœur froid et égoïste, Gœthe parait n'avoir d'autre religion qu'un panthéisme indécis et il professe une indifférence générale. Ses œuvres ont été réimprimées plusieurs fois ; les éditions les plus récentes sont celle de Stuttgard, 1827-1831, 40 vol. in-8, à laquelle on a joint un supplément en 15 vol., 1832 et années suivantes, et celle de Paris 1835-37, 4 vol. grand in-8. Il existe dans notre langue de nomDreuses traductions de son Théâtre et de chacune de ses œuvres séparées. M. Porchat, de Lausanne, en a publié une trad. compl'te, 1860-63, 10 vol. 8°. On doit à X. Marmier (1855), à M. Richelot (1862) et à il.Mézières (1869 et suiv.) des Études sur*Gœthe.

GOETTINGUE, Gœtlingen, v. des Etats prussiens (anc roy. de Hanovre), sur la Leine, à 120 kil. S. E. de Hanovre ; 12 000 h. Université célèbre, dite Georgia Augusta, fondée en 1735 par George H, bibliothèque (une des plus riches du monde), jardin botanique, musée, observatoire, collections scientifiques nombreuses ; magnifiques établissements pour les sciences et les arts. Société royale, fondée en 1750. Industrie active; nombreuses, imprimeries, instruments de mathématiques et de physique, etc. — Fondée au xie siècle et jadis ville hanséatique; le commerce y fut très-actif, jusqu'à la guerre de Trente ans. Les Autrichiens l'assiégèrent vainement en 1641 ; les Français la prirent en 1757 et en 1762, et l'occupèrent dé 1803 à 1807 ; elle fit partie du roy. de Westphalie jusqu'en 1814. — La principauté de Gcettingue formait jadis un État particulier (compris dans le cercle de B.-Saxe), qui appartenait à une branche de la maison de Brunswick, et qui, à l'extinction de cette branche, s'unit à la princip. de Kalenberg. Elle a fait partie jusqu'en 1866 du roy. de Hanovre, a pour bornes le Brunswick' au N. et à l'E., la Saxe prussienne et la Hesse électorale au 8. : 65 kil. sur 50; 180000 h.

GOETZ DE BERLICHINGEN. V. BERLICHINGEN.

GOFFIN (Hubert), maître mineur de la houillère d'Ans, près de Liège, sauva au péril de sa vie 70 ouvriers qu'une inondation avait surpris dans la mine et menaçait d'y engloutir (1812). Il fut en récompense décoré par Napoléon de la croix d'honneur.

GOG et MAGOG, êtres mystérieux que la Bible représente comme rois dépeuples géants, ennemis d'Iraël. Dans l'Apocalypse, ils sont les précurseurs de l'Antéchrist.— On désigne aussi sous ces noms deux énormes statues de guerriers saxons placées à Londres devant la porte du Guildhall.

GOGOL (Nicolas), écrivain russe, né en 1808, débuta par un recueil de Nouvelles, puis donna une comédie, le Contrôleur, où il signalait les abus de l'administration ; acheva de rendre son nom populaire par son roman des Ames mortes, peinture assez libre de la société russe, qui lui suscita quelques persécutions; alla passer plusieurs années à Rome, puis revint dans sa patrie, où il fut enlevé presque subitement en 1852 par une mort que l'on a lieu de croire volontaire. Il était, depuis 1847, atteint d'une noire hypocondrie ; dans un de ses accès, il brûla tous ses manuscrits. Une traduction de ses Nouvelles choisies et de son roman de Tarass Boulba, espèce d'Iliade cosaque, a été donnée par L. Viardot, 1845.

GOGRAH, dite aussi nEVA (c-à-d. Divine), l'Bl-goramis d'Arrien 1 ri v. de l'Hindoustan, sort des monts Himalaya, baigne l'Aoude et la présid. d'Agrah; reçoit le Kali, le Rapti, et tombe dans le Gange à Mandji, après un cours de 800 kil. Elle forme une magnifique cascade à Kanaar. Les Hindous regardent cette riv. comme sacrée.

GOGUET (Ant. Yves), conseiller au parlement de Paris, né en 1716, m. en 1758, est connu par un bon ouvrage : De l'origine des lois, des arts et des sciences, et de leurs progrès chez les anciens peuples, 1758, réimprimé en 1820, 3 vol. in-8.

GOHELLE (LA), petit pays de l'anc Artois (auj. Pas-de-Calais), où étaient Aix-en-Gohelle, Bully-en-Gohelle, Arleux-en-Gohelle, Montigny-en-Gohelle, Bouvignies-en-Gohelle et Sains-en-Gonelle/

GOHIER (L. Jérôme), l'un des Directeurs de la République française, né en 1746 à Semblancay en Touraine, mort en 1830, était d'abord avocat à Rennes. Il se prononça avec force contre les parlements Maupeou, fut chargé par les états de Bretagne de la défense des droits de la province et rédigea à cet effet un mémoire dans lequel il protestait contre les mesures du ministre Brienne; fut nommé en 1791 membre de l'Assemblée législative, où il combattit la formule du serment civique imposé aux prêtres; fut chargé après le 10 août de faire un rapport sur les papiers trouvés aux Tuileries, et s'acquitta de cette mission avec modération ; fut appelé en 1799 à remplacer Treilhard au Directoire, et s'y montra, avec Moulin et Roger-Ducos, l'adversaire de Sieyès. Président du Directoire au 18 brumaire, il protesta avec énergie, mais inutilement. contre la violence qui lui était faite; cependant il accepta deux ans après la place de consul général en Hollande. Il a publié des Mémoires, 1824.

GOIS (Et. Pierre Adrien), statuaire, né en 1731 à Paris, m. en 1823, remporta le grand prix de sculpteur à 17 ans, fut admis à l'Académie en 1770, et devint professeur en 1776. On cite de lui L'Hôpital, au grand escalier des Tuileries, Mole, à l'institut, S. Vincent, à St-Germain-l'Auxerrois, S. Jacques et S. Philippe, au Musée des beaux-arts.

GOITO, bourg de Vénétie, sur la r. dr. du Mincio, à 12 kil. N. O. de Mantoue. Les Piémontais y obtinrent sur les Autrichiens le 30 mai 1848 un avantage éphémère.

GOJAM, prov. d'Abyssinie (Amhara), au S. du lac Dembea, au N. de la prov. de Damot. Hautes montagnes qui renferment la source du Bahr-el-Azrek (Nil bleu). Explorée en 1846 p. M. d'Abbadie.

GOLBÉRY (Aimé de), né à Colmar en 1786, m. en 1854, fut successivement procureur impérial à Colmar, conseiller à la cour de Strasbourg, procureur général à la cour de Besançon. député (1834), et siégea parmi .es membres de l'opposition modérée. On a de lui quelques ouvrages estimés : Lettres sur la Suisse, 1827-1832, Antiquités de l'Alsace, 1828; Suisse et Tyrol, 1839 (dans VUnivers pittoresque), et des traductions de Suétone, de!'Histoire romaine de Niebuhr, de l'Histoire universelle de l'antiquité, de Schlosser. Il était correspondant de l'Institut.

GOLCONDE, v. célèbre de l'Inde anglaise médiate, dans le Décan (États du Nizam) et dans la province d'Haïderabad, sur un rocher à 3 kil. O. d'Haïderabad, dont elle est comme la citadelle. C'est l'entrepôt des diamants qu'on recueille dans la Krichna et le Pennar : c'est dans cette ville qu'on les taille. Golconde était jadis la capitale du roy. de Télinga ; auj. elle est fort déchue, mais elle est encore très-forte ; elle sert de trésor au Nizam et de prison d'État; les banquiers d'Haïderabad peuvent s'y retirer en cas d'alarme. Nul Européen n'y entre sans un permis du prince. — On donne quelquefois le nom de Golconde à la prov. d'Haïderabad. Y. HAÏDEBABAD.

GOLDAST (Melchior), historien , né en 1576 à Espen (Thurgovie), mort en 1635, chancelier de l'Université de Giessen, a donné plusieurs recueils estimés entre autres : Seriptores rerum Suevicarurr, Francfort, 1605:— Alemannicarum, 1606 et 1730; Constilutiones Impériales, 1607 et 1713.

GOLDBERG. v. des États prussiens (Silésie), à 17 k. S. O.de Liegnitz; 5800 hab. Draps, flanelles, bas de laine, gants. Aux env. mine d'or, auj. abandonnée.

GOLDONI (Ch.), le premier auteur comique de l'Italie, né à Venise en 1707, mort à Paris en 1793, était fils d'un médecin. Il étudia successivement la médecine, le droit, la théologie, mais se sentit entraîné vers le théâtre et produisit une foule de pièces qui furent jouées avec le plus grand succès sur tous les théâtres d'Italie. En 1761 il fut appelé en France pour y être attaché au Théâtre Italien; il y donna, outre des comédies italiennes, quelques pièces françaises, entre autres le Bourra bienfaisant (1771), qui est resté au répertoire. Il était en outre maître de langue italienne des filles de Louis XV, ce qui lui valut plus tard une pension de 3G0O livres. La suppression de cette pension pendant la Révolution le laissa dans un état voisin de la misère, et il mourut de chagrin au moment où la Convention, sur la proposition de Chénier, la lui restituait Goldoni a mérité d'être appelé le Molière italien : comme notre grand comique, en effet, il est peintre de mœurs très-fidèle, et en même temps il poursuit impitoyablement les vices et les travers, dans un langage naturel et souvent mordant.' Tout en conservant à la scène les personnages traditionnels de Pantalon, d'Arlequin, de Colombine, il tenta une réforme qui eut pour but de remplacer les farces qu'on leur faisait jouer par de bonnes comédies. Ses pièces se distinguent par la fertilité de l'invention, la variété des caractères, des situations et des intrigues, l'unité de l'action, la vivacité du dialogue, le naturel des situations. Sort Théâtre a eu nombre d'éditions ; la meilleure est celle de Lucques, 1809, 26 vol. in-18. Quelques-unes de ses pièces ont été traduites : le Père de famille et le Véritable ami, par Deleyre; Paméla et te Feuue rusée, par Bonnet du Valgufer; la Suivante généreuse, les Mécontents, par Sablier; Paméla mariée, par Desriaux; le Menteur, Molière, Térence et V Auberge de la poste, par Aignan (dans les Théâtres étrangers du libraire Ladvocat). Il a laissé des Mémoires, qui ont été publiés à Paris en 1787.

GOLDSMTTH (Olivier), célèbre écrivain,né en 1728 en Irlande, mort en 1774, fut destiné à l'Église, pré

féra la médecine et se rendit à Edimbourg pour l'y étudier. Forcé de quitter cette ville pour dettes, il se sauva sur le continent; parcourut la Hollande, la France, l'Allemagne, la Suisse, voyageant à pied, et* n'avant souvent d'autre ressource que son talent sur la flûte. De retour en Angleterr-e en 1758, il com mença par écrire dans les revues littéraires, puis il publia sous son propre nom divers ouvrages qui lui firent bientôt une grande réputation. Néanmoins, ses habitudes de prodigalité et son caractère morose* L l'empêchèrent d'être heureux ; il mourut dans un âge peu avancé. lia écrit des romans} dont le plus estimé est le Vicaire de IVafte/îeld,populaire en France comme en Angleterre; des Contes moraux; des ouvrages his toriques élémentaires : Abrégé d'histoire romaine, Histoire de la Grèce, Histoire d'Angleterre; des Let tres sur l'Histoire d!'Angleterre ;.des poèmes, .dont le meilleur est le Village abandonné ; des comédies qui eurent beaucoup de succès, surtout She_ stoops to conquer (Elle s'abaisse pour vaincre), 1772, On trouve dans ses écrits une sensibilité vraie, une philosophie douce, un style, facile, pur, élégant. Ses OEuvres ont été publiées à Edimbourg, 1801, 4 vol. in-8. Washington Irving a fait paraître à Paris en 1825 ses Miscellaneous Works. Presque tous ses ouvrages ont été trad. en français, quelques-uns, notamment le Vicaire de Walsefield, par différents auteurs.

GOLGOTHA, colline située à l'O. et tout près de .msa.em, est le lieu où l'on exécutait les criminels. C'est là que fut crucifié J.-C. C'est ce qu'on appelle vulgairement le Calvaire. V. ce mot. _

GOLIATH, géant philistin, natif de Geth, haut — de plus de 6 coudées (env. 3"), vint défier les Israélites. David s'offrit pour le combattre, sans autre arme que sa fronde : il le renversa d'un coup de pierre et lui coupa la tête avec la propre épée du géant.

GOLIK.OEF(Iwan), écrivain russe, né à Koursk en -1735, mort à St-Pétersbourg en 1801, était d'abord négociant. Il se livra à l'étude de l'histoire et de la littérature, recueillit une foule de documents sur la vie de Pierre le Grand, et fit paraître de 17S8 à 1790, en russe : Les hauts faits de Pierre le Grand, 12 vol. — in-12. Il publia successivement jusqu'en 1798 divers suppléments à cet ouvrage qui formèrent 18 nouveaux volumes; il le compléta enfin en 1798 par les Anecdotes de Pierre le Grand. Paul l lui donna en 1800 1e titre de conseiller aulique.

GOLIUS (Jacques), orientaliste, né à La Haye en — 1596, mort en 1667, fut attaché à l'ambassade que les Provinces-Unies envoyèrent au Maroc en 1622, — obtint à son retour une chaire d'arabe, et visita de 1626 à 1629 la Syrie, l'Arabie et la Turquie. On a de lui entre autres ouvrages -.Lexicon arabico-latinum, -Leyde, 1653, in-fol.; Alfragani elementa astronomica, 1669, in-4; Ahmedis arabsiadse vitm et rerum ' gestarum Timuri (Tamerlan) historia, 1636, in-4.

GOLO, riv. de Corse, naît au S. du mont Paglia-Orba, arrose le N. E. de l'arr. de Corte, traverse celui _ de Bastia, et tombe dans la Méditerranée près des ruines de Mariana, après un cours de 65 kil. — Cette riv. donna son nom en 1793 à un dép. de la République française qui comprenait toute la partie septentrionale de la Corse et qui avait pour ch.-l. Bastia. Il a été réuni à celui de Liamone en 1811 pour former le dép. actuel de la Corse. — V. GENEVIEVE.

GOLOVINE (Fédor Alexiévitch, le comte), né vers 1650, mort en 1706, d'une des grandes familles de Russie, fut avec Lefort le serviteur le plus dévoué de Pierre le Grand. Il conduisit une ambassade en Chine et parvint à conclure un traité d'alliance avec le Céleste empire (1689). En 1697, il contribua à la prise d'Azof où il commandait l'infanterie ; il fut l'année suivante choisi avec Lefort pour accompagner le czar pendantson voyage dans les divers Etats de l'Europe. Il conclut plusieurs traités avantageux pour la

Russie, à Amsterdam, à Londres, à Vienne, à Copenhague, à Varsovie, et fut en récompense nommé successivement comte de l'Empire, membre de l'ordre de St-André, grand amiral,*grand chancelier, mi- nistre des affaires étrangères et feld-maréchal.

GOLOVKINE (Gabriel* Ivanovitch,*comte),*né en 1660, d'une famille polonaise,*mort en 1734, servit avec fidélité Pierre le Grand, Catherine I et Pierre II, et fut fait grand chancelier en 1709. — Michel Gavriolovitch, son fils, jouit d'un grand crédit sous l'impératrice Anne, fut vice-chancelier et ministre de l'intérieur; mais ayant, après la mort de cette princesse, agi contre les intérêts d'Elisabeth, il fut subitement destitué en 1741 et conduit en Sibérie, où il mourut en 1755.

GOLOVN1NE (Vasili Michaïlovitch), amiral russe, né en 1776, mort en 1831, fut chargé de relever les côtes orientales de la Russie d'Asie, fit dans ce but deux voyages autour du monde (1806-1817); resta prisonnier des Japonais de 1811 à 1814, et publia ses deux voyages à son retour. Eyriès a traduit le Voyage de Goloxnin, contenant le récit de sa captivité chez les Japonais, Paris, 1818.

GOLTZIUS (Hubert) , savant hollandais, né en à 1526 à Venloo (Gueldre), mort en 1587, eut la réputation d'être le premier numismate de son temps. On l'accuse cependant d'avoir admis un grand nombre de médailles suspectes. Il dessinait et gravait lui même les médailles. Ses principaux ouvrages sont : Icônes imperatorum Romanorum, Anvers, 1557, in-f.; Thésaurus rei antiquarùe uberrimus, 1579, in-f. ; Fasti magistratuum et triumyhorum Romanorum ab U. C. ad Augusti obitum, 1566, in-fol. 1

GOLTZIUS (Henri), graveur et peintre sur verre, né en 1658 dans le duché de Juliers, mort en 1617, il s'exerça de lui-même dès son enfance à dessiner, a graver, à colorier des vitraux, puis alla travaillera 1 Harlem sous la direction de Philippe Galle, et visita l'Allemagne et l'Italie. Il a souvent imité, à s'y méprendre, la manière de Lucas de Leyde et celle d'Albert Durer. 11 a aussi peint plusieurs tableaux qui ne sont pas sans mérite, quoiqu'il ne se fût mis à la peinture qu'à 42 ans.

GOMAR (Franc.), Gomarus, fameux ministre protestant, né à Bruges en 1563, mort en 1641, exerça d'abord son ministère à Francfort, puis enseigna la théologie à Leyde Là il eut de longues et vives querelles avec Jacques Arminius, son collègue, au sujet du libre arbitre, et voulut faire accepter dans toute leur rigueur les dogmes de Calvin sur la prédestination; ces querelles divisèrent les villes et les églises de la Hollande, et Gomar se vit forcé en 1611 de quitter Leyde; néanmoins il réussit, au synode de Dordrecht (1618), à faire condamner la doctrine de son adversaire. Ses OEuwes ont été imprimées à Amsterdam en 1645, in-fol. Ses partisans furent appelés Gomaristes; ses adversaires Arminiens.

GOMBAUD, roi bourguignon. V. GONDEBAUD.

GUMBAUD (Jean OGIER de), poète français, né en Saintonge vers 1576, mort à Paris en 1666, fut membre de l'Académie Française dès sa fondation. Écrivain fade et médiocre, il composa des sonnets et des madrigaux qui furent cependant fort goûtés de son temps. A l'hôtel Rambouillet, on l'avait surnommé le Beau Ténébreux. Boileau a dit de lui :

Et Gombaud tant loué garde encore la boutique.

On a de lui : Endymion, poème en prose, 1624; Amaranthe, pastorale, 1631; les Danaides, tragédie, 1658; et des recueils de Poésies, 1646; de Sonnets, l§k9;etd'Épigrammes, 165'7.

GOMBERVILLE (Marin LEROY de), membre de l'Académie Française à sa création, né à Paris en 1600, mort en 1674, fit paraître dès 14 ans un Éloge de la Vieillesse, en 110 quatrains. Il s'essaya à écrire l'histoire, mais son penchant le ramenait à la poésie et au roman. On a de lui, outre le recueil de ses Poésies: Discours des vertus et des vices de l'histoire, avec un traité de l'origine des Français, 1620; Doctrine des mœurs, tirée de la philo'sophie des Stoïques, 1646; et plusieurs ro,mans qui eurent la vogue en son temps: la Caritie, 1622; Polexandre, 1657 (dont la Jeune Alcidiane d'Angélique Gomezest une suite) : la Cythérée, 1642, qui eut 9 éditions.

GOMBETTE (Loi), loi des Bourguignons, ainsi appelée de Gombaud ou Gondebaud, 3" roi des Bourguignons, qui la promulgua à Lyon en 502. Elle renferme beaucoup de dispositions du Code Théodosien; établit que les Bourguignons laisseront aux vaincus. le tiers au moins des terres conquises, et accorde aux Romains les mêmes droits qu'au peuple vainqueur. Elle fut complétée par une 2° partie publiée en 519 par Sigismond, Bis et successeur de Gondebaud. Louis le Débonnaire y substitua en 840 les capitulaires de Charlemagne. La loi Gambette a été plusieurs fois publiée, notamment dans le Codex legum antiqua-rum de Lindeborg, Francfort, 1613, et aététrad. en français par Peyré, Lyon, 1855.

GOMER, fils aîné de Japhet, et père d'Ascenez, Riphathet Thogorma, fut, dit-on, la tige des peuples primitifs de la Galatie.—C'est aussi de Gomer qu'on fait descendre les Cimbres et les Celtes'. On a donné par suite le nom de Gomer à la langue de ces anciens peuples, dont on retrouve encore des traces dans le dialecte gaélique, parlé dans la Basse-Bretagne et le Pays de Galles.

GOMERA (île), Capraria, une des Canaries, de forme presque ronde, a 26 kil. sur 22; 12000 hab.; ch.-l., St-Sébastien. Montagnes; quelques vallées délicieuses. Vins estimés.

GOMEZ (Ferd.), gentilhomme espagnol, né à Tolède vers 1138, mort en 1242, se distingua d'abord dans la carrière des armes contre les Maures et les Portugais, et obtint la faveur du roi Ferdinand II, faveur que ses désordres finirent par lui faire perdre. Délivré comme par miracle d'un péril imminent, il revint à ia vertu, et fonda en 1176, sous les auspices de son souverain, un ordre de chevaliers voués à la défense de la chrétienté (1176). Cet ordre reçut d'abord le nom de St-Julien du Poirier; il se fondit au xive siècle dans celui d'Alcantara.

GOMEZ de Ciudad-Réal (Ferd.), médecin, né en 1388, mort en 1457, fut attaché à la personne de Jean II jusqu'à la mort de ce prince en 1453, acquit une grande réputation par des cures difficiles, et se distingua aussi dans les lettres. On a de lui, sous lu titre de Cenion circulaire du bachelier Ferdinand Gomes (en espagnol), un recueil de 105 lettres dans lesquelles on trouve l'histoire secrète du règne de Jean II. lia été publié à Madrid, en 1765. — Un autre Gomez de Ciudad-Réal (Alvarez), poète, 1488-1538, d'une des premières familles de Guadalaxara, s'était distingué dans les guerres de 1506, de 1512 et de 1525. Il composa des poésies latines, qui lui valurent en son temps le surnom de Virgile espagnol : la plus remarquable est un poème sur la loi-son d'Or, Tolède 1540. On a encore de lui : Theolo-gica descripcion de los mysterios sagrados, poëme en 12 chants, 1541, et Satiras morales, 1604.

GOMEZ (Sébastien), peintre, né à Séville vers 1616, était fils d'un nègre, esclave de Murillo. Ce grand maître donna des leçons de peinture au jeune Gomez, qui dès lors fut surnommé le Mulâtre de Murùlo. On connaît de lui une Notre-Dame avec l'enfant Jésus, une Ste-Anne, un Christ à la colonne, à Séville, etc. Sa manière est gracieuse et son coloris vif. — Gomez de Valencia (Phil.), peintre, né à Grenade en 1634, mort en 1694, a imité avec succès Alonzo Cano On cite de lui la Présentation des clefs de Séville à Ferdinand III par les députés maures, et un Christ dans le linceul.

GOMEZ (Angélique POISSON, dame de), fille du comédien Poisson, née à Paris en 16S4, morte en 177 0, épousa un gentilhomme espagnol sans fortune, et fut obligée pour vivre de mettre à profit les talents littéraires qu'elle possédait. Ses ouvrages les plus connus sont: les Journées amusantes, 1723; la Jeune Âlcidiane, faisant suite au roman de Gomberville qui porte ce titre, 1733; Anecdotes persanes, Cent Nouvelles nouvelles, 1735.

GOMOR, comitat de Hongrie.*P. GCEMŒR.

GOMORRHE, v. mérid. de Palestine", au N. de So-dome, fut prise par Chodorlahomor, roi d'Élam, puis anéantie avec Sodotne par le feu du ciel en punition des abominables débauches de ses habitants. La mer Morte en couvre l'emplacement.

GOMROUN, v. de Perse. V. BENDER-ABASSI.

GONAÏVES (Les), v. d'Haïti, ch.-l. du dép. de l'Artibonite, sur la côte O. et surlegolfedeGonave, 6000 hab. Bon port. C'est là que fut proclamée en 1804 l'indépendance d'Haïti.

GONATAS (ANTIGONE). Y. ANTIGONE.

GONCELIN, ch.-l. de cant. (Isère), à 30 kil. N. 1. de Grenoble et près de l'Isère: 1650 hab.

GONDAR, dite la Tille aux 44 églises, v. d'Afrique, capit. du roy. de Gondar, etprecedemmentcapit.de tout l'empire d'Abyssinie, par 35° 10' long. E., 12°34'lat. N., à 60k. S. O. d'Axoum; env. 50 000 h. Nombreuses églises : on remarque surtout celle dite ICoskom; palais du roi ou négus, assez délabré.—Le roy. de GONDAR improprement dit roy. d'Amltara, un des débris de l'empire d'Abyssinie, comprend les provinces centrales de cette région (Dembea, Gojam, Belessem, Damot, Voggara, Tchelga, etc.). Ce roy. est exposé aux ravages des Gallas.

GONDEBAUD, roi des Bourguignons, fils de Gon-dioc et petit-fils de Gondicaire. A la mort de son père (463), il n'eut en partage que le pays de Genève, mais il dépouilla et mit à mort ses trois frères Jondemar, Godégisile et Chilpéric, et étendit ainsi son royaume depuis le H.-Rhin jusqu'à la Méditerranée et depuis la Hte-Loire jusqu'aux Alpes. Clovis, qui avait épousé Clotilde, fille de Chilpéric, un des frères dépouillés, déclara la guerre à Gondebaud et le vainquit (601); il lui accorda cependant la paix, tt la condition qu'il abondonnerait l'Arianisme pour embrasser le Catholicisme. Il m. en 516. Gondebaud donna à ses sujets un code célèbre, connu sous le nom de loi Gambette. (V. ce mot). Cette*loi fut promulguée en 502 à Lugdunum (Lyon), sa capitale.

GONDELOUR. V. KADDALOR.

GONDEMAR I, roi de Bourgogne, fils de Gon-dioo, et frère de Gondebaud, avait eu en partage à la mort de son père le pays de Vienne (en Dauphiné) (463); il en fut dépouillé en 476 par Gondebaud, qui le fit mettre à mort.

GONDEMAR n, roi des Bourguignons, 2' fils de Gondebaud, succéda à son frère Sigismond en 524; chassa les Francs de son royaume, vainquit et tua Clodomir, leur roi, dans la plaine de Véseronce, 524; conserva la paix avec l'Italie en cédant plusieurs villes à Théodoric, et resta paisible possesseur de ses Etats jusqu'en 534. A cette époque il fut vaincu à Au-tun et détrôné par les fils de Clovis. H mourut prisonnier en 541. Son royaume fut réuni a la France.

GONDERIC, roi des Vandales de 406 à 427.

GONDI (maison de), illustre maison de France, originaire de Florence. Un rejeton de cette famille, Antoine de Gondi, vint en France avec Catherine de Médicis et fut maître de l'hôtel sous Henri II, — Aï* bert de Gondi, son fils, né en 1522, m. en 1602, épousa en 1565 Claude-Catherine de Clermont, baronne de Retz, et devint le chef d'une branche nouvelle ; il est connu sous le nom de maréchal de Retz (V. ce nom). — Son fils, Emmanuel de Gondi, 1581-1662, général des galères sous Louis XIII, eut à combattre les Barbaresques et les Rocheîlois. Il fut père du fameux cardinal de Retz. — Cette maison a donné à l'Église de Paris deux évêques, qui tous deux devinrent cardinaux. Le: 1" permit, pendant le blocus de Paris par Henri IV, que l'argenterie des églises servît à secourir les habitants. — Le 2" est le fameux Cardinal de Rets. — V. RETZ.

GONDICAIRE, 1" roi des Bourguignons, entra en Gaule en 406, s'empara en 411 d'un vaste territoire situé à l'E. de la Gaule, du Rhin aux Alpes, se reconnut d'abord tributaire des Romains, puis se révolta et fut vaincu par Àétius. Il resta depuis fidèle aux Romains et combattit avec eux Attila : il périt en 436, dans une grande bataille livrée aux Huns près du Rhin. Gondioc, son fils, lui succéda.

GONDIOC, 2e roi des Bourguignons, succéda en 436 à son père Gondicaire, étendît ses cqnquê.tes et régna jusqu'en 463. Il partagea en mourant ses États-entre ses quatre fils: Chilpéric, qui détint roi de Lyon; Gondemar I, de Vienne; Gondebaud, de Genève, et Godégisile, de Besançon.

GONDOK, Condahates, riv." de l'Inde, prend sa source dans le Thibèt, par 80° 45' long. E., 30" lat, N. ; franchit l'Himalaya, traverse le Neypour, sépare l'Aoude du Béhar, et tombe dans le Gange après un cours de 800 kil.

GONDOUIN (Jacques), architecte, né en 1737 à St-Ouen, près Paris, m. en 1818, était fils d'un jardinier de Louis XV, ce qui lui procura la protection du roi. Il fut élève'de Blondel et pensionnaire de l'école de Rome. Il a construit VÉeole de médecine de Paris, dont le style est éminemment classique, et a dirigé avec Lepère la construction de la colonne de la place Vendôme : ils transporta scrupuleusement dans ce monument les formes, les détails et les proportions de la colonne Trajane de Rome.

GONDOVALD, fils naturel de Clotaire I, fut opposé par les leudes de la Gaule méridionale au roi Gontran, proclamé roi à Brives, en 584, et reconnu par une partie de l'Aquitaine. Trahi au moment de la lutte, il fut pris dans Comminges et mis à mort par ordre de Gontran et de Childebert II (585).

GONDRECOURÏ, Ch.-l. de cant. (Meuse), surl'Or-nain, à 27 kil. S. O. de Commercy; 1600 hab. C'était une des 4 prévôtés du Bassigny mouvant.

GONDRIN (Ant. de), duc d'Antin. V. ANTIN.

GONESSE, ch.-l. de cant. (Seine-et-Oisé), à 30 k, E. S. de Pontoise, à 15 kil. N. E. de Paris; 2350 h. Station. Franges de coton,-blanchisseries de toiles, etc. Boulangerie jadis renommée.

GONFALON ou GONFANON , grande bannière en usage au moyen âge, et ainsi nommée parce qu'elle-était ornée de plusieurs pendants appelés fanons. Dans plusieurs républiques italiennes, leé gonfalo- _ niers (porteurs du gonîalon) furent longtemps des officiers de justice, ou les commandants d'un corps de troupes destiné à protéger l'exécution des lois. , Dans quelques-unes même, comme à Florence avant le xi" siècle, on nommait ainsi le chef de'.l'État. — En France, le gonfalpn était plus spécialement une bannière d'église, qu'on arborait pour lever des troupes, et qui était portée par les avoués ou défenseurs temporels des abbayes et des églises; tous les vassaux du clergé se rangeaient sous cette bannière.

GONGORA Y ARGOTE (Luis de), poëte espagnol, né à Cordoue en 1561, m. en 1627, embrassa à 45 ans l'état ecclésiastique, et devint aumônier de Philippe III. Il composa des sonnets, des romances, des chansons, des satires et de petits poèmes (les Solitudes, 1622, Polyphème, 1624). Après avoir débuté par un langage précis et naturel, il mit à la mode, sous le nom d’Estilo culto, un style ampoulé qui a été désigné sous le nom de gongorisme. Ses œuvres ont été publiées à Madrid en 1630 et 1659. Don Ramon demandez en a donné un choix, Madrid, 1787.

GONNELIEU (Jérôme de) , jésuite , né à Soissons en 1640, m. à Paris en 1715, se distingua comme prédicateur, comme directeur des consciences et comme écrivain ascétique. 11 a laissé : Exercices de la vie spirituelle, Paris, 1701 ; Méthode de bien prier etPratique de lavie intérieure,! 710, ouvrages pleins d'onction. On connaît sous son nom une traduction de l'Imitation de J.-C., publiée en 1673, qui est de J. Cusson, et dans laquelle il n'a fait qu'insérer des prières et des pratiques.

GONSALVE DE CORDOUE, surnommé le Grand Capitaine, général espagnol, né en 1443 àMontilla, près de Cordoue, se signala d'abord contre les Maures, et leur enleva Grenade (1492). Appeléen 1500 par les Vénitiens, il força les Turcs à lever le siège de Zante. Placé l'année suiv. par le roi Ferdinand à la tête d'une expédition dans le roy. de Naples, dont Louis XII, roi de France, venait de s'emparer, il débarqua à Tropea, battit les Français à Barletta et à Seminara (1503), remporta une victoire complète à Cerignola, dans la Pouille, sur le duc de Nemours, qui y périt (1503), et assura à l'Espagne la possession du roy. de Naples, dont il fut nommé connétable. Mais des envieux le calomnièrent auprès de Ferdinand : il reçut l'ordre de quitter Naples, et il alla finir ses jours dans la disgrâce à Grenade (1515). I Gonsalve était généreux autant que brave; cepen-: dant on lui reproche de la duplicité et des traits de 1 cruauté. Sa Vie a été écrite par le P. Duponcet et par s Quintana ; Florian en a fait le héros d'un roman.

GONTAUT (maison de), noble famille de France, ï originaire du bourg de Gontaut, dans l'ancien Agé-! nois (Lot-et-Garonne), remonte auxe siècle. Laplu-1 part de ses membres se sont illustrés par les armes : J elle a fourni 4 maréchaux et un amiral. Dès l'an ? 1180, les seigneurs de Gontaut prennent le titre de | seigneurs de Biron. V. BIRON. |

GONTHIER d'Andernach (Jean), médecin alle-I mand, né en 1487 à Andernach, mort à Strasbourg 1 en 1574, fut recteur des écoles publiques à Goslar, | professeur de grec à Louvain; vint ensuite exercer ï la médecine en France, et fut à partir de 1635 médecin | de François I; mais les mesures dirigées contre les 1 Protestants l'obligèrent à retourner en Allemagne. Il | s'occupa surtout d'anatomie et fut le maître de Vésale I et de Rondelet. Il a laissé des ouvrages estimés : | Anatomicarum Institutionum libri IV, Paris et Bâle, j 1536; Padoue, 1558, revu par Vesale; De Medicina i veieri et nova, Bâle, 1571; De la Peste, Strasbourg, = 1564. Il a traduit en latin divers traités de Galien. 1

GONTRAN, 2e fils de Clotaire Ier, roi de France, eut en partage en 561 les roy. de Bourgogne et d'Orléans; calma les dissensions fréquentes qui s'élevaient entre ses frères, battit les Lombards et fit cesser leurs incursions sur son territoire. La mort de ses trois frères le laissa seul possesseur des Gaules; il se déclara le protecteur de ses neveux, fit sacrer roi de Soissons Clotaire II, fils de son frère Chilpéric l, et légua ses États à Childebert II. Il mourut en 593, et fut canonisé. On le fête le 28 mars.

GONZAGUE, en italien Gonaaga, bourg de Vénétie, à 20 kil. S. de Mantoue, a donné son nom à l'illustre famille des Gonzague.

GONZAGUE, famille princière d'Italie, qui depuis le XIe siècle a donné des seigneurs à quelques souverainetés de l'Italie, de grands dignitaires à l'Êglise, des princesses à plusieurs maisons royales, et qui régna sur Mantoue de 1328 à 1708. Elle se partagea en plusieurs branches :


1° la branche aînée, à laquelle appartinrent les marquis, puis ducs de Mantoue, et qui s'éteignit en 1627;

2° la branche Z collatérale des ducs de Nevers, qui la remplaça en 1 1627 ;

3° la branche des ducs de Guastalla, issue en 1**1557 de la branche aînée, et éteinte en 1746;

4°la branche des ducs de Sabionetta et de Castiglione;

5*Ik» branche des comtes de Novellara, éteinte en 1728.

Louis de Gonzague, fondateur de cette maison, se" défit en 1328 de Passerino Bonacossi, capitano de Mantoue , et se fit proclamer à sa place. Il ajouta Reg--gio à ses États (1335) et mourut en 1361.

Jean François II, marquis de Mantoue de 1484 S" 1519, fut choisi en 1495 par le pape, les Vénitiens, l'Espagne et le duc de Milan, pour commander leurs; troupes réunies contre Charles VIII, roi de France, lors de l'expéditionde ce prince en Italie, et remporta quelques avantages sur l'armée française. Il ne s'en mit pas moins à la solde de Louis Xiren 1503, et prit part en 1509 à la Ligue de Cambray contre Venise.

Frédéric I de Gonzague, fils aîné du préc, s'attacha a Charles-Quint et en obtint l'érection du marquisat de Mantoue en duché, 1530, ainsi que la possession du Montferrat, 1536.11 m.enl540.Undesesfils, Louisde G., devint par mariage duc de Nevers.—Y. NEVERS.

Ferdinand, 3" fils de Jean François II, se mit au service de Charles-Quint, et acquit la réputation d'un des meilleurs généraux de l'Italie. Il prit Florence en 1530. Charles-Quint l'avait fait vice-roi de Sicile et gouverneur de Milan ; mais il s'y rendit odieux par ses concussions et sa dureté et fut dépouillé de ce gouvt par Philippe II, en 1556. Il acheta alors le duché de Molfetta dans le roy. de Naples, et la v. de Guastalla dans le Parmesan, qui fut érigée en duché en sa faveur. 11 mourut en 1557, laissant ses nouveaux États à ses descendants. On le soupçonne d'avoir empoisonné le dauphin, fils de François 1, roi de France, et d'avoir fait assassiner P. L. "Farnèse, duc de Parme, en 1547.

Charles I, duc de Nevers, fils de Louis de Gonzague, duc de Nevers, et petit-fils de Frédéric, duc de Mantoue, se porta héritier du duché de Mantoue à la mort du duc Vincent, son cousin, 1627, et eut pour concurrents César de Gonzague, duc de Guastalla, et le duc de Savoie qui était soutenu par les Espagnols. Après avoir été surpris par les Impériaux dans Mantoue, qui fut livrée au pillage, Charles fit sa soumission. 11 finit, avec l'appui de la France, par obtenir l'investiture des duchés de Mantoue et de Montferrat (1630). Il mourut en 1637 et eut pour successeur Charles II (1637-65),son petit-fils.—CharlesII, n'étant âgé que de 8 ans, fut d'abord placé sous la tutelle de sa mère. Il vendit à Mazarin en 1659toutesses possessions de France (duché de Nevers, Rethel, Mayenne, etc.) — Charles III, dernier duc de Mantoue, fils de Charles II, né en 1652, lui succéda sous la tutelle de sa mère, prit parti pour Louis XIV dans la guerre de la succession d'Espagne, reçut garnison française à Mantoue et vit par suite ses Etats envahis par les Impériaux après le désastre de Turin (1706). Il mourut en 1708, empoisonné par une femme. Il ne laissait pas d'enfants.

Lucrèce de Gonzague, femme illustre du^vi* siècle, née vers 1520, morte en 1576, fille de Pyrrhus de Gonzague, seigneur de Gozzuola; avait appris le latin et le grec de Bandello, qui fit un poème à sa louange (F.,BANOELLO). Son mari, P. Mandoni, seigneur ferrarais, ayant été condamné à mort pour conspiration (1546), elle obtint la commutation de la peine en une détention perpétuelle et s'enferma avec lui. Elle entra dans un couvent après sa mort.

Marie Louise de Gonzague, de la ligne de Nevers, née vers 1612, épousa en 1645 Wladislas, roi de Pologne, puis, en 1649, Jean Casimir, son successeur, et fut chassée de ses États avec son 2" époux; elle mourut en 1667. — Sa sœur puînée, Anne de Gor.-zague, née en 1616, connue sous le nom de Princesse palatine, est célèbre par sa beauté et son esprit ; jûe épousa le prince Edouard, comte palatin, fils dt l'électeur palatin Frédéric V, et vint se fixera Paris, orj elle fit l'ornement de la cour d'Anne d'Autriche, Après une vie de plaisir et d'intrigues, elle passa ses dernières années dans la pénitence et mourut à Paris en 1684. Bossuet a prononcé son Oraison funèbre.
GORD
GORK
-776-


On a sous son nom des Mémoires, publiées en 1786 par Rulhières, à qui on les attribua.

GONZALVE. V. GONSALVE.

GORDES, Vordenses, ch.-l. de c. (Vaucluse), à 16 k. N. O. d’Apt; 1115 hab.

GORDIEN I, dit l’Ancien et l’Africain, empereur romain, né à Rome en 157, était proconsul en Afrique, où il avait mérité d’être surnommé le Vrai Scipion, et avait 80 ans lorsqu’il fut proclamé à Carthage conjointement avec son fils, par les troupes révoltées contre le féroce Maximin, 237. Il refusa vainement la pourpre. Au bout de six semaines il s’étrangla en apprenant que son fils avait été vaincu et tué dans Carthage par Capélien, général de Maximin. — Gordien II, dit le Jeune, son fils, avait été associé à l’empire ; il périt à Carthage en combattant Capélien. Il avait 46 ans. — Gordien III, dit le Pieux, petit-fils par sa mère de Gordien I, fut placé sur le trône en 238, après la mort de Pupien et Balbin, n’étant encore âgé que de 13 ans. Dirigé par le préfet du prétoire Misithée, dont il épousa la fille, il gouverna sagement. Il périt en Orient, en 244, pendant qu’il combattait Sapor, roi des Perses. On le crut assassiné par Philippe l’Arabe. L’histoire des Gordiens a été écrite par Jules Capitolin.

GORDIEN (nœud). V. GORDIUS.

GORDIUM, plus tard Juliopolis, v. de Phrygie, sur le Sangarius, près des frontières de la Galatie, fut longtemps la capitale du pays. C’est là que se trouvait le nœud Gordien. V. GORDIUS.

GORDIUS, Phrygien qui, de simple laboureur, devint roi, pour avoir accompli un oracle qui promettait le trône à celui qui entrerait le premier dans le temple de Jupiter à Gordium. Midas, son fils, consacra au dieu le char qui le portait quand on vint lui offrir la royauté. Le joug était lié au timon par un nœud si artistement fait, qu’on ne pouvait en apercevoir les bouts : on le nommait le nœud gordien. L’oracle promettait l’empire de l’Asie à celui qui délierait ce nœud. Alexandre, au début de son expédition contre la Perse, désespérant de le délier, le coupa d’un coup d’épée, et parvint ainsi à accomplir ou plutôt à éluder l’oracle (334).

GORDON (famille de), anc. maison d’Écosse, qui parait être venue s’établir dans la Grande-Bretagne à la suite de Guillaume le Conquérant (1066). Les Gordon s’allièrent aux nobles maisons de Keith, d’Argyle, de Norfolk, et même aux Stuarts, à la cause desquels ils se montrèrent toujours fidèles. Ils reçurent en 1684 le titre de ducs. La ligne mâle des ducs s’est éteinte en 1836 en la personne de George Gordon, né en 1770, pair en 1807, général en 1819, et garde du grand-sceau d’Écosse. — John Byron, père du célèbre lord Byron, avait épousé Catherine Gordon, issue de la branche aînée de cette famille, d’où vient que le poëte portait aussi le nom de Gordon.

GORDON (Patrik), noble écossais, issu de la même famille, né en 1635 mort en 1698, quitta jeune sa patrie, et devint feld-maréchal de Russie et gouverneur de Moscou sous le règne de Pierre le Grand, à qui il rendit de grands services dans la guerre de 1696 contre les Turcs, et dans la révolte des Strélitz. On a de lui un Journal précieux, publié de nouveau et complété à St-Pétersbourg en 1840.

GORDON (George), connu sous le nom de lord Gordon, né en 1750, membre de la chambre des Communes, s’y fit remarquer par son opposition au ministère et causa, par ses déclamations contre le bill en faveur des catholiques, des troubles qui amenèrent son emprisonnement, en 1780. Mis en jugement, il fut acquitté. Ayant publié en 1788 un libelle contre la reine de France, il fut arrêté et mis à Newgate, où il mourut en 1793.

GORDON (Alexandre), antiquaire écossais, mort à la Caroline vers 1750, a laissé, sous le titre d’Itinerarium septentrionale, un voyage dans plusieurs comtés d’Écosse et d’Angleterre (1726-1732), in-fol.; les Vies du pape Alexandre VI et de César Borgia,

1729, trad. en franç., 1732 ; une traduction de l’Histoire complète des anciens amphithéâtres de Scipion Maffei, 1730, in-8 ; des descriptions de momies égyptiennes, d’hiéroglyphes et autres antiquités, etc.

GORDYÈNE, partie sept. du Kourdistan, contrée d’Arménie, entre la Bagraydanène au N. et le Tigre au S., était voisine de l’Atropatène et de l’Assyrie.

GORÉE, Bir en langue indigène, îlot situé sur la côte de Senégambie ; à 3 k. S. du cap Vert, par 14° 40’ lat. N., 19° 45’ long. O. ; 6000 hab. Ses côtes sont très-escarpées et presque inaccessibles. La plus grande partie de l’île est occupée par la ville de Gorée, que défend le fort St-Michel. Trib., cour d’assises. Gomme, ivoire, poudre d’or. — Les Hollandais s’emparèrent de cette île en 1619, et l’appelèrent Gorée, du nom d’une île de la Zélande. L’amiral d’Estrées la leur enleva en 1667. Occupée en 1804 par les Anglais, elle a été rendue à la France en 1815. Elle dépend du gouvernement du Sénégal.

GORGIAS, sophiste grec, né à Léontium en Sicile vers l’an 485 av. J.-C., vécut, dit-on, 107 ans. Envoyé par les Léontins à Athènes pour y demander des secours, il se fit tellement admirer des Athéniens par son éloquence qu’on l’y retint pour donner des leçons de rhétorique. Non moins remarquable comme philosophe, il écrivit un livre de la Nature, dans lequel il soutenait qu’il n'y a rien de réel, rien qui puisse être connu, rien qui puisse être enseigné ou transmis par les mots. On a sous son nom deux discours, dans les Orateurs grecs de Reiske, et dans les Oratores attici de la collection Didot. — Platon a donné le nom de Gorgias à un dialogue célèbre où il traite de la rhétorique et se moque des sophistes et des rhéteurs de son temps.

GORGONES, monstres femelles, célèbres dans la Fable, étaient sœurs. et filles de Phorcys et de Céto. On en comptait trois : Méduse, Sthéno et Euryale. Homère n’en cite qu’une, qu’il nomme Gorgo. Elles habitaient près du jardin des Hespérides, situé aux environs des colonnes d’Hercule. Elles n’avaient qu’un œil en commun et étaient si hideuses à voir qu’elles changeaient en pierres tous ceux qui les regardaient. Persée délivra la terre de ces monstres, et parvint, avec le secours de Minerve, à trancher la tête de Méduse que la déesse attacha à son égide.

GORI ou Gouri, v. de Russie d’Asie (Géorgie), ch.-l. de prov., à 80 kil. N. O. de Tiflis, près du confluent du Kour et du Didi-Liakvi ; 1500 hab. Cette ville a donné son nom à la Gourie.

GORI (l’abbé), antiquaire florentin, 1691-1757, élève de Salvini, fut un des hommes les plus savants de son temps. Il a donné, entre autres ouvrages, un recueil des Inscriptions grecques de la Toscane (1726-44, 3 v. in-f., lat.), Museum florentinum (1731-43), 9 v. in-f.). On lui reproche de manquer de critique ; il n’en a pas moins rendu de grands services à l’archéologie et à l’art.

GORIONIDES (Joseph), dit aussi Ben Gorion et Jossiphon, rabbin juif, du VIIIe ou du IXe siècle, est auteur d’une Histoire juive qui a été imprimée à Mantoue vers 1470, et qui a été traduite en latin par Munster, Bâle, 1541, et par Gagnier, Oxford, 1706.

GORITZ ou Gorice, Gœrtz en allemand, v. des États autrichiens (Illyrie), sur l’Isonzo, à 41 kil. N. O. de Trieste ; 10 000 hab. Évêché. Sociétés savantes ; imprimerie de livres hébreux pour l’Orient. Soieries, bougies, rubans de fil ; liqueurs. Cette ville fut pendant quelques années le séjour des Bourbons déchus du trône de France. Charles X y m. en 1836.

GORKUM, v. forte. du roy. de Hollande (Hollande mérid.) à 35 kil. S. E. de Rotterdam, sur la Meuse ; 6000 hab. Église et hôtel de ville remarquables. Pêche active. Commerce (grains, beurre, chanvre, poissons, surtout saumons). Patrie de l’orientaliste Erpenius, des peintres J. Van der Heyden, J. Van der Ulft, et Abr. Blœmaert. — Fondée en 1230 ; très-florissante au XIVe siècle ; presque submergée en 1809. Prise en 1787 par les Prussiens, et en 1795 par les Français, qui l'ont fortifiée; reprise par les Prussiens en 1814.

GORLITZ, v. de Silésie. Y. GŒRLITZ.

GORM, le Vieux, roi Danois, fils de Canut I, régna de 913 à 930 environ, fit des incursions dans le nord de l'Allemagne et en Russie jusqu'à Kiev, et laissa prêcher le Christianisme dans ses États.

GORRAH, nom qu'on donne souvent au Setledie et à la Beyah réunis, avant leur jonction avec le Tchennab : c'est l'anc Hyphase.

GORRON, ch. de c (Mayenne), sur le Colmort, à 17 kil. N. O. de Mayenne; 2600 hab. Ane château fort, auj. détruit.

GORTSCHAK.OFF (Michel), général russe, 1795-1861, se signala dans les guerres contre les Turcs, les Polonais et les Hongrois ; fut le général en chef de l'armée russe dans la guerre de Crimée, et résista longtemps dans Sébastopol à l'attaque des Anglais et des Français. Il était un des membres les plus influents du vieux parti russe.

GORTYNE, v. de Crète, au S. O. de Cnosse, sur le fleuve Léthé. Près de cette ville était le fameux LABYRINTHE (V. ce mot). — Ville d'Arcadie, au confluent de l'Alphée et du Gortynias.

GORZE, ch.-l. de c (Meurthe-et-Moselle) à 17 kil. S. O. de Metz; 1608 h. Ane abbaye de Bénédictins.

GOSLAR. v. murée de Hanovre, surlaGose,à6k. S. E. de Hildesheim ; 8000 h. Siège de l'exploitation des riches mines du Harts. Cathédrale antique, vieux château impérial, dit Kaiserburg, où se rassemblèrent plusieurs diètes impériales. Antirmités saxonnes. Potasse, tabac, savon, vitriol, liqueurs, bière renommée, eau-de-we de grains, etc.Aux environs, plomb, ocre, soufre, ardoises. — Goslar était jadis une ville impériale; elle fut donnée à la Prusse en 1803, annexée au royaume de Wes'phalie en 1807 ; puis rendue en 1813 à la Prusse, qui la céda au Hanovre en 1815, et la reprit avec ce roy. en 1866.

GOSLLV, évêque de Paris, était cousin de Charles le Chauve. 11 concourut avec le comte Eudes à défendre Paris con.re les Normands qui l'assiégeaient (885) : monté lui-même sur une brèche et armé d'une hache, il combattit avec courage, repoussa plusieurs assauts, et tua de sa main Sigefroy, chef des Normands ; il mourut pendant le siése, en 886.

GOSPORT, v. et port d'Angleterre (Hampshire), à 2 kil. O. de Porlsmouth, dont elle n'est séparée qi:e par un petit bras de mer; 15 000 hab. Bel hôpital d'Haslar (pour les tr.arins), fonderies et autres établissements pour la marine royale.

GOSSE (Etienne), auteur dramatique, né enl773 à Bordeaux, mort en 1834, s'enrôla en 1793, devint rapidement officier, se retira du service après avoir été blessé en Vendée (1796), et occupa sous l'Empire un emploi que la Restauration lui fit perdre. Il a fait des comédies, dont les meilleures sont les Femmes politiques, 1797, et le Médisant, en 3 actes et en vers, 1816 ; des romans, entre autres les Amants vendéens, 1800, et des Fables, 1818, remplies d'allusions politiques, et qui eurent un grand succès. On a aussi de lui des Proverbes dramatiques, 1819, et les Bêtes parlantes, ouvragj satirique en vers.

GOSSEC (François Joseph), compositeur, né à Vergnies (Hainaut) en 1733, mort à Paris en 1829, était fils d'un laboureur. Il fut un des créateurs de la symphonie, introduisit une instrumentation plus vigoureuse, et tira surtout parti des ressources qu'offrent les instruments de cuivre. Il composa des opéras qui eurent un grand succès: les Pêcheurs, 1766 ; la Fête du village, 1778 ; Rosine, 1786; .'o Reprise de Toulon. On lui doit une Messe des Morts et un O Salula-ris qui sont regardés comme ses chefs-d'œuvre. C'est lui qui pendant la Révolution fit la musique pour presque toutes les fêtes patriotiques. Après avoir été, de 1775 à 1780, maître de musique à l'Opéra, il créa en 1784 une école de chant, d'où est sorti le Conservatoire. Il fut nommé inspecteur de ce dernier établissement dès sa fondation, 1795. Il fut aussi &e. l'Institut dès sa création.

GOSSELIN (François Joseph), savant géographe, né à Lille en 1T51, mort à Paris en 1830, était destiné au commerce et fut pendant plusieurs années député de sa province au conseil de commerce siégeant à Paris. Après avoir voyagé pour s'instruire et avoir visité la Suisse, l'Italie, l'Espagne, les Pays-Bas , recueillant partout des matériaux sur la géographie des anciens, il débuta en 1789 dans la carrière scientifique en remportant le prix proposé par l'Académie des inscriptions sur la Comparaison de Slrabon et dePtolémée. II fut admis à l'Académie en 1791 et devint en 1799 conservateur du cabinet des antiques. Son premier ouvrage est la Géographie des Grecs analysée ou les Systèmes d'Ératosthène, de Strabon et ? de Ptolémée comparés entre eux (mémoire couronné), 1790; il le fit suivre d'une foule de mémoires qu'il lut à l'Institut, et qu'il recueillit sous le titre de Recherches sur la géographie systématique et positive des anciens, 1798 à 1813, 4 vol. in-4, ouvrage capital rempli de découvertes importantes, mais où il se laissa entraîner par l'esprit de système : il supposait que les anciens ont possédé la mesure exacte de la terre, dont la connaissance leur aurait été léguée par un peuple primitif; il expliquait les contradictions apparentes qu'on trouve dans les auteurs sur la distance des lieux en admettant différents stades qu'on aurait confondus jusqu'à lui.

GOTAIMA. V. BOUDDHA.

GOTESCALC, prêtre allemand, partit en 1096 à la tête d'une troupe indisciplinée de 15 000 croisés, qui furent presque tous tués en Hongrie.

GOTESCALC, surnommé le second Fulgence, hérétique, né en Allemagne vers l'an 806, embrassa la vie monastique à Orbais, abbaye de l'ordre de St-Benoît, dans le diocèse de Soissons. Nourri de la lecture de S. Augustin, il crut trouver dans cet auteur le dogme de la prédestination absolue et enseigna que Dieu a gratuitement prédestiné les élus à la vie éternelle et les réprouvés à la mort éternelle. Cette doctrine ayant été condamnée au concile de Mayence en 848, et Gotescalc ayant refusé de se rétracter, il fut déclaré hérétique incorrigible et se vit déposé du sacerdoce, battu de verges et enfermé pour le reste de ses jours dans l'abbaye de Ht-Villiers, par ordre d'Hincmar, archevêque de Reims. Il mourut dans sa prison, en 868, sans avoir consenti à une rétractation. Sa vie a été écrite par Usserius, 1631, et par le jésuite L. Cellot, 1655.

GOTHA, capit. du duché de Saxe-Cobourg-Gotha, près de la Leine, à 74 k. N. O. deCobo'urg, à8T6k. N. E. de Paris; 15000 hab. Station de chemin de fer. Beau château ducal avec terrasse ; muséeouvert au public; biblioth., riche cabinet de médailles, cabinet chinois, galerie de tableaux; gymnase, écoles polytechn., de commerce, normale primaire. Porcelaine, toiles de coton, lainages, etc. On y rédige depuis 1764 l'Almanach de Gotha. Patrie de Gotter, de Th. Reinesius.

GOTHARD (S.), né en Bavière, réforma plusieurs monastères, et fut évêque d'Hildesheim de 1021 à 1038. On l'hon. le 4 mai. —V. ST-GOTHARD.

GOTHEMBOURG ou GŒTHEBORG , v. de Suède (Westrogothie), ch.-l. du gouvt de Gothembourg-et-Bohus, à480 kil. O. S. O. de Stockholm; 25 000h. Évêché, place forte, consulats. Rues larges et régulières; bon nombre d'édifices. Imprimeries, fabriques de drap, de tapis, de toiles à voiles, d'horlogerie; filatures de coton, corderies, papeteries, raffineries, teintureries, etc. Chantiers de construction; commerce florissant; bateaux à vapeur pour Stockholm, Copenhague, etc. Gothembourg fut fondée en 1607 par Charles IX, détruite en 1611 par les Danois, et rebâtie par Gustave-Adolphe. — Le gouvt de Gothembourg-et-Bohus, formé de l'anc. province de Bohus et d'une partie de la Westrogothie, est borné au N. par la Norwége, à l'E. par le gouvernement d'Elfsborg dont elle est séparée par le Gœta-Elf, au S. par celui de Halmstad, et à l'O. par le Skager-Rack et le Cattégat.

GOTHIE (roy. de). On désignait jadis sous ce nom /a portion mérid. de la Suède, au S. de la Suède propre et à l'E. de la Norvège, elle était divisée en .'S parties : 1" Ostrogothie (subdivisée en Ostrogothie nropre, Smaland, îles d'Œland et Gottland); 2° Wes-.rogothie (Wostrogothie propre, Bohus, DaliejWer-u'eknd) ; 3° Gothie du Sud (Halland , Skana, Ble-inge). Auj. la Gothie forme 12 lans ou gouvts :

Unkœping, Calmar, Kronoberg, Gottland, Jœnkce- jing, Skaraborg . Elfsborg, Gœtheborg-et-Bohus, Halmstad, Christianstad, Malmœhus, Blekinge. La Gothie tirait son nom des Goths, qui la conquirent vers le i" siècle de J.-C. Elle forma jusqu'au xin* siecle un roy. à part. Un prince de la famille royale do Suède porte le ..tre de duc de Gothie.

Canal de Gothie, grand canal qui fait communiquer la Baltique et la mer du Nord, allant de Stockholm à Gothembourg. Il est composé en grande partie de lacs et de rivières réunis par des canaux. Il a été achevé en 1832.

Marche de Gothie. V. SEPTIMANIE.

GOTHIQUE (mer), Codanus sinus, la mer Baltique.

GOTHOFREDUS. V. GODEFROY, GEOFFROY, GALFRID.

GOTHONS, Golhones. V. GOTHS. GOTHS, Gothi, peuple germanique. Ils eurent, à ce qu'on croit, pour Habitation première, soit le Boio-hemum qu'ils partageaient, dit-on, avec les Marco-mans, soit les sources de la Vistule; ils conquirent ensuite la Scandinavie méridionale et centrale, ainsi que le nord de la péninsule Cimbrique, tous pays où on les trouve établis 3 siècles av. J.-C. et où leur passage est attesté par les noms de Gothie, Coda-nus sinus, Jutland (car Jutes et Goths ne diffèrent pas) ; puis ils revinrent au S. de la Baltique où une de leurs tribus s'établit sous le nom de Gothons (dans la Prusse actuelle) ; de là, subjuguant les Venèdes, Burgundes, Roxolans, Iazyges etFinnois, ils s'étendirent de proche en proche depuis la Vistule et la Theiss jusqu'au Rha, et se divisèrent en trois grandes masses ne formant qu'un même État (Gépides, au N. des Alpes*Bastarniques ;*"Visigoths ou Goths de l'Ouest, du Tibisque au Borysthène; Ostrogoths ou Goths de l'Est, du Borysthène au Rha); ils franchirent plusieurs fois le Danube et même le Pont-Euxin, pour ravager l'empire (sous Maximin, Gordien, Décius); rançonnèrent Marcianopolis, prirent Phiuppopolis, assujettirent Gallien au tribut, mais furent repoussés par Claude II qui prit de là le surnom de Gothique (269) ; occupèrent la Dacie Trajane dès que les Romains l'abandonnèrent (274); se jetèrent sur le roy. du Bosphore, qu'ils détruisirent, et pillèrent l'Asie-Mineure. Leur roi Hermanaric porta leur puissance à son plus haut degré dans le iv* siècle : leur empire embrassait vers 350 tout le pays qui s'étend depuis le Don jusqu'à la Theiss et depuis la mer Noire jusqu'à la Baltique; mais ils furent arrêtés dans leurs progrès par l'invasion des Huns; Hermanaric périt en combattant ces derniers sans pouvoir arrêter leur marche (376). Une partie des Goths, les Ostrogoths, consentit à subir le joug des Huns; les autres, les Visigoths, franchissant le Danube, se jetèrent de nouveau sur l'empire romain et obtinrent du faible Valens des terres en Mésie (376); mais dès 378, ils reprirent les armes contre l'empire : vainqueurs à Andrinople, ils pillèrent les faubourgs de Constantinople : ils ne furent réduits que par Théodose I, qui prit les plus redoutables à sa solde. A la mort de cet empereur (395), Alaric I, leur chef les promène par toute la Thrace et la Macédoine; il se fait donner par Arcadius le titre de général des milices romaines en Illyrie orientale (397), il envahit deux fois l'Italie sous le règne d'Honorius (403-409), prend et saccage Rome (410). Ataulf, son frère et son successeur, fonda la monarchie des Visigoths dans la Gaule méridioaals st l'Hispani® (412).

De leur côté, les Ostrogoths^, redevenus libres ete 453, à la mort d'Attila, obtinrent des demeures, les uns en Pannonie, les autres en Thrace; puis-ils se réunirent tous: sous Théodoric le Grand, et allèrent, avec l'aveu de l'empereur Zenon, reprendre l'Italie sur les Hérules (489-93); ils fondèrent dans-ce pays le roy. des Ostrogoths, qui, après avoir été florissant sous Théodoric (493-526), tomba bientôt en décadence, puis succomba sous les coups de Bé-lisaire et de Narsès (534-553). Les Ostrogoths passèrent alors en Noriqûe , mais ils n'existèrent plus comme nation. — Le royaume des Visigoths en Espagne se maintint jusqu'en 711, époque à laquelle il fut détruit par les Arabes ; néanmoins les restes de la nation se conservèrent dans les montagnes des Asturies et de la Galice, et y fondèrent lés petits royaumes chrétiens qui furent le noyau de la monarchie espagnole. — Les Goths étaient de tous les barbares les plus aptes à la civilisation. Ils embrassèrent la religion chrétienne du temps de Constantin , mais ils adoptèrent l'hérésie d'Arius. La loi des Visigoths est sans contredit la plus savante et la plus douce des lois barbares. Pour plus de détails sur l'histoire des Ostrogoths et des Visigoths, 7. cesnoms. — On peut consulter sur les Goths, qui paraissent être identiques avec les Scythes et les Gètes : Jdrnandès, De Getarum,sive Gothorumorijjine et rébus gestis; Pinkerton, Recherches' sur l'origine et les établissements des Scythes et dés Goths, trad. par Miel, 1804, et Bergmann, Recherches sur les Gètes.

GOTTER (Fréd. Guil.), poëte allemand, né à Gotha en 1746, m. en 1797, occupait dans sa ville natale un emploi qui lui faisait le loisir de se livrer aux lettres. Il avait étudié à fond la langue et la littérature françaises, et appréciait nos chefs-d'œuvre-poétiques ; il chercha à en reproduire les beautés. dans ses œuvres. Il a composé des épitres, des élégies, des poésies légères etdesouvages dramatiques-Le recueil de ses Poésies a été publié a Gotha, 1787-88, 2 V. On y trouve des imitations del'Omîe, de la Mérope et de l'Algire de Voltaire. Il a aussi donné des Opéras-Comiques et des Drames.

GOTTCNGUE. V. GŒTTINGHE.

GOTTLAND, île suédoise de la mer Baltique, au S. E. de la Suède, par 15° 48'-16° 49' long. E., 56° 54'-57° 56' lat. N.: 115 kil. sur 63, forme ûngouvtj 40 000 hab. ; ch.-l., "Wisby. Climat moins rude qu'en Suède. Forêts, grains, beaucoup de légumes; bétail; pêche active. — Cette île fut peuplée aune époque fort reculée par les Goths. Elle fut conquise par les Danois en 1361 et 1437 : le traité de 1644 la donna à la Suède. Les Russes l'occupèrent momentanément en 1807. Le roi de Suède Charles IX porta d'abord le titre de duc de Gottland.

GOTTLIEBEN, bourg de Suisse (Thurgovie), à 2 kil. O. de Constance; 250 hab. Vieux château fort. où furent enfermés Jean XXIII, Jean Huss et Jérôma de Prague pendant le concile de Constance (1414). Le prince Louis Napoléon (Napoléon III) l'acheta en 1837 et le restaura.

GOTTORP, bailliage du Danemark, dans la partie mérid. du duché de Sleswig, tire son nom du château de Gottorp qui défend la ville de Sleswig, son ch.-l.; 20 000 hab. Il a donné son nom à une branche de la maison de Holstein.

GOTTSCHED (J. Christian), écrivain allemand, né en 1700 près de Kœnigsberg, m. en 1766, enseigna les belles-lettres à Leipsick depuis 1730, et influa puissamment, par ses leçons et ses ouvrages de critique, sur le développement de la littérature allemande. Ses principaux écrits sont : l'éloquence académique, à l'usage des écoles, 1728 ; Essai d'art poétique pour les Allemands, 1730; Histoire critique et littéraire de la langue allemande, 1732-44; Grammaire allemande, 1748: cet excellent ouvrage a eu de nombreuses éditions; Dictionnaire des arts libéraux, 1780. On lui doit des traductions de Bayle, de Fontanelle, une tragédie da Coton, et deux recueils de poésies (1736 et 1750), qui sont médiocres. Gottsched fit tous ses efforts pour constituer une littérature propre à l'Allemagne et fut le chef d'une école qui, tout en visant à l'originalité, plaçait au-dessus de tout la pureté de la langue et la correction du style. On lui reproche du pédantisme.

GOUALIOR, v. et fort de l'Inde anglaise (Agrah), anc capit. du roy. de Sindyah, par 75° 42' long E., 26° 15' lat. N., à105 kil. S. d'Agrab; 80000 hab. Célèbre forteresse regardée comme la clef de l'Hindous-tan du côté des Mahrattes et comme inexpugnable; elle fut prise pourtant par les Anglais en 1780. Rendue aux Mahrattes en 1805, elle est devenue la capit. de l'Etat de Sindhyah; les Anglais l'ont prise de nouveau en 1844. — Goualior donne son nom à un vaste et fertile district de l'Inde, qui se trouve vers le centre de la presqu'île, entre 26° et 27° lat. N., et qui compte près de 4 millions d'hab.

GOUDA, quelquefois Ter-gouw, v. du roy. de Hollande (Holl. mérid.), sur l'Yssel et la Gouwe, à 17 k. N. E. de Rotterdam; 15 000 hab. Superbe et vaste cathédrale, remarquable par ses vitraux peints; grandes écluses, etc. Pipes, fromages estimes. Entrepôt de marchandises pour Amsterdam, Rotterdam et la Belgique. Patrie du voyageur Houtman.

GOUDELOUR. V. KADBALORE.

GOUDIMEL (Claude), compositeur du xvie siècle, né vers 1510, probablement en Franche-Comté, fut maître de chapelle à Besançon, puis se rendit à Rome et y fonda une école, d'où sortit Palestrina, revint vers 1555 en France, où il embrassa le Calvinisme, et fut tué à Lyon en 1572; lors du massacre de la St-Barthélemy. On a de lui des messes, des motets et autres chants d'église, dont plusieurs remarquables, et des chansons. Il mit en musique la traduction des Psaumes de Cl. Marot et de Th. de Bèze, ainsi que lès Odes d'Horace (Paris, 1555) : c'est un de ses meilleurs ouvrages. Ses productions se font remarquer par la pureté de l'harmonie.

GOUDJERATE, prov. de l'Inde. V. GUZZERAT.

GOUDOULI ou GOUDELIN (Pierre), poète toulousain, né en 1579, m. en 1649, était avocat. Il écrivit dans l'idiome languedocien des poésies diverses, qui eurent un grand succès : ses compatriotes lui assurèrent un revenu, afin qu'il pût se livrer tout entier à son talent. Ses Œuvres ont été imprimées à Toulouse en 1648, in-4, et réimprimées en 1842, 2 v. in-8; on y admire surtout son Chant Royal et son Ode sur la mort d'Henri IV.

GOUET (le), petite riv. des Côtes-du-Nord, naît près de Quintin, passe à St-Brieuc, et se jette dans la Manche au port du Légué, après un cours de 50 kil.

GOUFFÉ (Armand), le Panard du xix" siècle, né à Paris en 1775, m. en 1845, occupaitau ministère des finances un emploi de chef de bureau. Il se retira à Beaune, en 1827, au sein de sa famille. Ami de la gaieté et de la bonne chère, il fut un des fondateurs du Caveau moderne. Il a donné à divers théâtres, le plus souvent avec des collaborateurs, un grand nombre de vaudevilles et de petites pièces (Cange ou le Commissionnaire, Bientôt, les deux Jocrisses, Nicodème à Paris, le Chaudronnier de St-Flour, le Duel et le Déjeuner, le Directeur dans Vembarras, etc.). Il réussit surtout dans la chanson; plusieurs de celles qu'il composa sont devenues populaires : tout le monde a chanté sous l'Empire Plus on est de fous, plus on rit. Gouffé se place dans ce genre entre Désaugiers et Béranger : on a dit que Désaugiers faisait des ponts-neufs, Béranger des odes et Gouffé des chansons. Il en publia plusieurs recueils sous les titres de Ballon d'essai (1802), Ballon perdu (1804), Encore un ballon (1807), le Dernier ballon (1812).

GOUFFD2R, maison du Poitou à laquelle appartient Bonnivet, et qui s'allia à celle des Choiseul. V. BONNIVET et CHOISEUL.

GOUGES (Olympe de), femme AUBRY, née à Montauban en 1755, était fille d'une revendeuse à la toilette. Elle vint à Paris à 18 ans, s'y fit bientôt remarquer par sa beauté et son esprit, adopta avec exaltation les idées révolutionnaires et forma, dit-on, la société des Tricoteuses ; néanmoins, elle s'offrit lors du procès de Louis XVI pour défendre le roi, et elle combattit le système de la Terreur ; ce qui la fit condamner à mort à la fin de 1793. Elle avait composé plusieurs pièces de théâtre : le Mariage de Chérubin, 1785 ; l'Homme généreux, 1786 ; Molière chez Ninon, 1787 ; le Couvent ou les Yœux forcés, 1792 ; des romans et des pamphlets.

GOUGH (Richard), antiquaire anglais, né à Londres en 1735, m. en 1809, a publié entre autres ouvrages les Monuments funéraires de la Grande-Bretagne, 3 vol. in-f., 1786-99, et a mérité d'être surnommé le Camden du xviir* siècle.

GOUHENANS, commune de la Hte-Saône, à 101. S. de Lure; 500 hab. Salines et houillères. La concession de ces mines donna lieu en 1847 à un triste procès à la suite duquel le ministre Teste fut condamné comme prévaricateur.

GOUJET (l'abbé Cl. P.), savant compilateur, né' à Paris en 1697, m. en 1767, était oratorien et chanoine de St-Jacques de l'Hôpital, et se montra ardent janséniste. Il a composé plus de 60 ouvrages; les plus importants sont: Vie des saints, 1730, 7 vol. in-12; Bibliothèque des écrivains ecclésiastiques, faisant suite à la collection de Dupin, 1736; Bibliothèque française, 18 vol. in-12, Paris, 1740, renfermant des "analyses de livres peu connus ; Mémoires sur le collège de France, 1758, in-4; Histoire du-pontificat de Paul V, 1765. On lui doit une édition. du Dictionnaire de Richelet, ainsi que des corrections et additions importantes pour l'édition de 1750' du Dictionnaire de Moréri.

GOUJON (Jean), célèbre sculpteur et architecte, le restaurateur de la sculpture en France, né vers 1510, mort en 1572, prit les anciens pour modèle et mérita d'être appelé le Phidias français et le Corrige de la sculpture. J. Goujon était calviniste : on a dit qu'il avait été tué le jour de la St-Barthélemy, tandis qu'il travaillait, sur un échafaudage, aux décorations du vieux Louvre, mais cette tradition ne repose sur aucun fondement. Il eut pour amis Germain Pilon, Pierre Lescot et Philibert Delorme, artistes célèbres alors, et il forma Bullant. Son chef-d'ceusre est la fontaine des Innocents à Paris (1550), où l'on admire des figures de Naïades de la forme la plus. gracieuse. Le Louvre possède son groupe de Diane à la biche et son buste de Coîigny. Il orna de sculptures le château d'Ecouen, pour Anne de Montmorency, le château d'Anet pour Diane de Poitiers, et la. partie du Louvre que bâtit Pierre Lescot. On doit aussi à son ciseau les sculptures qui ornent l'hôtel de Carnavalet à Paris. A la science de l'anatomie, cet artiste joignait un goût parfait, un dessin irréprochable, un travail fin et précieux; ses groupes ont des formes élégantes et pures, les attitudes en sont variées, les draperies franchement jetées; les figufes ont tant de relief qu'on croirait embrasser toute la rondeur. On trouve dans une ancienne traduction de Vitruve par Martin (Paris, 1547) \m Appendice écrit par J.Goujon. On a gravé ses plus beaux ouvrages dans le Musée des monuments français. Réveil les a publiés à part en 1844.

GOULARD (Thomas), chirurgien, né vers 1720 à St-Nicolas de la Grave, près de Montauban, mort vers 1790, était démonstrateur royal de chirurgie et d'anatomie à Montpellier et chirurgien-major de l'hôpital militaire de cette ville. On a de lui un Traité des effets des préparations de plomb, et principalement d,' l'extrait de saturne, 1760. Son nom est resté attaché à l'extrait de saturne, qu'on appelle vulgairement eau de Goulard (acétate de plomb).

GOULART (Simon), écrivain du xvi° siècle, né a Senlis en 1543, mort en 1628, adopta la religion réformée, se réfugia après la St-Barthélemy à Genève, où il avait été reçu ministre dès 1566, et présida le synode après Théodore de Bèze. On a de lui un ouvrage curieux et recherché : Trésor œhtstoires admirables, Genève, 1620; des Mémoires historiques sur la Ligue; des traductions de Xénophon, Sénèque, Thiodoret, etc., et des éditions de S. Cyprien, de Tertullien, de Plutarque et d'Amyot.

GOULETTE (la). V. TUNIS.

GOULU (Nicolas), professeur de grec au Collége de France, né en 1530, près de Chartres, mort en 1601, était gendre de Dorât. Il a surtout travaillé sur la philosophie de Cicéron (/h Ciceronis doctrinam topi-cam, 1560; i» universam Ciceronis philosophiam, 1564,etc) .On lui doit aussi une traduction des Hymnes de Callimaque, des Sermons de Grégoirede Nysse, etc. — Son fil?, Jean Goulu, mort en 1629, fut général des Feuillants, composa plusieurs traités religieux, et donna des traductions deS. Denisl'Aréopagite, 1629, et d'Épiclèle, 1630. Il a composé, sous le titre de Lettres de Phyllarque (c à d. général des Feuillants) à Ariste, un ouvrage critique où il attaque violemment Balzac.

GOUMTI, tiv. d'Hindoustan, naît dans le district de Bareily (présid. d'Agrah); traverse l'Aoude, où il baigne Laknau; l'Allahabad, où il baigne Djouan-pour, et se jette dans le Gange, par la r. g.,àTchan-draouty, après un cours de 520 k. — Une riv. de même nom arrose le district de Tipperah dans la présidence de Calcutta et se jette dans le Brahma poutre.

GOUR ou GAUR, v. du Kaboul, ch.-l. du pays de Gour ou Ghorat, à 220 kil. N. de Kandahar, par 34° 18'lat. N., 62° 10'long. E., fut la capitale des Gou-rides et leur donnason nom. Elle fut priseau xin° s. par ie khan duKharism, ravagée ensuite par Gengis-Khan et par Tamerlan, et n'offre plus que des ruines.

GOUR. quelquefoisLAKNAOUTT, la Gangia&egia de Ptolémée ? v. de l'Inde, sur le Gange, par 34° 18' lat. N., 62° 50' long. E., fut la capit. du Bengale de 1204 à 1564 ; elle a été abandonnée à cause de son insalubrité.

GOURDON, ch.-l. d'arr. (Lot), près du Bleu, à 32 kil. N. de Cahors; 5000 hab. Trib. de l'inst. Société d'agriculture. Toile à voiles, bonneterie, chapeaux : vins, truffes.

GOURGAUD (Gaspard), général d'artillerie, né à Versailles en 1783, mort en 1852, était fils d'un musicien de la chapelle de Louis XVI et neveu de Du-gazon. Entré au service dès 1801, il se signala à la bataille d'Austerlitz, où il fut blessé, à celles d'Iéna, de Kriedland, d'Essling, etsurtout àWagram; devint en 1811 l'un des officiers d'ordonnance de Napoléon, prit une part glorieuse à la campagne de Russie, entra le 1" dans le Kremlin, où il sauva l'Empereur et une partie de l'armée en enlevant, au péril de sa vie, une mèche qui allait mettre le feu aux poudres; ne se distingua pas moins dans la campagne de France, eut, après le combat de Brienne, le bonheur de sauver une 2° fois la vie à l'Empereur; combattit comme général de brigade à Waterloo, où il tira les derniers coupsde canon; accompagna Napoléon à Ste-Hé-lène, mais se vit obligé de s'éloigner par suite de mésintelligence avec un de ses compagnons d'exil; fit à son retour en Europe d'activés démarches auprès des souverains réunis à Aix-la-ChapeEe pour faire adoucir le sort du prisonnier ; publia en 1818 la Campagne de 1815, écrite à Ste Hélène, fut, pour cette publication, rayé par Louis XVIII des contrôles de l'armée, rentra en activité sous Louis-Philippe, qui l'éleva au grade de général de division et le choisit pour aide de camp; accompagna en 1840 le prince de Joinvilie à Ste-Hélène, ramena avec lui en France les cendres de l'Empereur et fut à son retour élevé à la pairie. Gourgaud a rédigé, avec Montholon, les Mémoires pour servir à l'Histoire de France sotw .Napoléon (1822-25, 8v. in-8). Il a réfuté Bourrienne dans les Erreurs de Bourrienne et s combattu les calomnies contenues dans la Vie de Napoléon de W. Scott.

GOURIDES ou GAURIDES, dynastie qui régna sur la Perse au xn* siècle, eut pour chef Hussein-Mah-moud-Gouri, gouverneur du pays de Gour pour les Gaznévides, qui se déclara indépendant en 1155. Les Gourides, sous la conduite d'AIa-Eddyn, conquirent rapidement toute la Perse, et en chassèrent les Gaznévides (1158) ; mais en 1213 ils furent eux-mêmes renversés par les khans du Kharism.

GOURIE ou GOURIEL, partie méridionale dé là Colchide, anc. région d'Asie sur la mer Noire, entre les embouch. du Tchorok et du Rîoni, au S. de la Min-grélie ; env. 40 OûÙ hab. Elle tire son nom d'une v. de Gori ou Gouri, auj. peu impartante, et est divisée en Gourie russe, qui est annexée à la prov. d'Imé-réthie et qui apour ch.-l. Poti, et va. Gourie turque, dans le pachalik de Trébizonde; ch.-l.,Batoum.Yastes forêts; cire, miel (dont une espèce enivrante), vin^ maïs, millet, tabac — La Gourie fit partie du roy de Géorgie jusque vers le milieu du xvc siècle, puis du roy. d'Iméréthie. A la fin du xvne siècle, elle secoua le joug, mais pour subir bientôt la domination ottomane. Les Russes s'en sont approprié la plus grande partie en 1801.

GOURIEV-GORODOK, v. et fortde la Russie d'Europe (Orenbourg), sur l'Oural, à 12 kil. de sonemb. dans la mer Caspienne : 3000 hab., cosaques. Elle fit partie du gouvt d'Astrakhan jusqu'en 1753.

GOURIN, ch.-l. dec (Morbihan), à 6 k. N. O.de Napoléonville; 1122 hab.

GOURNAY, Gornacum, ch.-l. de cant. (Seine-Inférieure), à 44 kil. S. E. de Neufchâtel, sur l'Ente; 3164 hab. Trib. de commerce, bibliothèque. Station. Beurre renommé, cidre, etc. Auxenv., eaux minérales dites de Jouvence.— Cette v. appartenait jadis, aux Caletes. Rollon en fit le ch.-l. d'une seigneurie au x° siècle.—On appelle cette v. Gournay-en-Bray, pour la distinguer de deux vgesde même nom situés dans les dép. de l'Oise et de Seïne-et-Oise^ '

GOURNAY (Mlle Marie LEJARS de), femme célèbre par son esprit, née à Paris en 1566. morte en 1645. Ayant lu à l'âge de 18 ans les Essais de Montaigne, elle conçut pour l'auteur la plus vive admiration, s'en fit connaître, et lui inspira un si tendre attachement qu'il lui donna le titre de sa Fille d'alliance. Après la mort de Montaigne, elle donna deux édit. estimées des Essais, en 1594 et 1635. Elle a aussi composé elle-même quelques écrits, parmi lesquels on remarque l'Égalité des hommes et des femmes et la Défense de la poésie et du langage des poêles (où elle défend la vieille langue de nos poètes). Elle a trad. des morceaux de Virgile, de Tacite et de Salluste, 1623. Elle était recherchée des personnes les plus distinguées et reçut une pension du roi.

GOURNAY (Vincent de), économiste, né à St-Malo en 1712, mort en 1759, était fils d'un riche négociant. Il dirigea longtemps les opérations de son père à Cadix, et visita les principaux pays de l'Europe pour y. étudier l'état du commerce. Ii quitta les affaires en 1749, acheta, d'après le conseil de Maupas, une charge de conseiller au grand conseil, fut nommé deux ans après intendant du commerce, et parcourut à ce titre les provinces de France, signalant et combattant partout les abus. Gournay fut avec Quesnay le fondateur de l'école des économistes; mais il diffère essentiellement de Quesnay, en ce qu'il ne plaçait pas toute la richesse dans la terre et reconnaissait que l'industrie crée une valeur réelle et ajoute beaucoup à la richesse nationale; grand partisan de la liberté commerciale, il proclama le premier cette fameuse maxime : Laissez faire, laissez passer. On n'a de lui qu'une trad. d'un f mité sur le commerce et l'intérêt de l'argent, de Josias Child (Paris, 1754, in-I2). Turgot a écrit son Éloge.

GOUROU, mot indien qui veut dire maiire, instituteur, désigne spécialement tantôt Bouddha, tantôt Ganéça. — Dans la religion des Syks, il désigne le chef spirituel de la confédération, et se joint au nom propre. Les plus célèbres Gourous des Syks sont : Nanek, qui porta le premier ce titre, et Govinda.

GOURVILLE (J. HËBAULD de], né en 1625, mort en 1703, fut d'abord secrétaire du duc de La Rochefoucauld, à qui il rendit des services pendant les troubles de la Fronde ; fut nommé par Mazarin intendant des vivres à l'armée de Catalogne, obtint par la protection de Fouquet la place de receveur général des tailles de Guyenne, et fit rapidement une grande fortune. Accusé de concussion, il fut enveloppé dans la disgrâce de Fouquet et s'exila. Pendant son exil, il fut chargé d'une mission secrète auprès du duc de Brunswick ; il s'en acquitta avec succès et obtint sa grâce. Il rentra en France en 1681. On a de lui des Mémoires qui vont de 1642 à 1678, Paris, 1724.

GOUVEA, bourg du Portugal (Beira), à 80 kil. N. E. de Coimbre; 1700 hab. — Enlevé aux Maures par Ferdinand le Grand 1038. Philippe III l'érigea en marquisat en faveur de la maison de Silva.

GOUVEA (Ant. de), Goveanus, jurisconsulte et philologue, né à Béja en Portugal l'an 1505, vint jeune se fixer en France; cultiva d'abord la littérature et composa des poésies latines estimées ; puis s'adonna à la philosophie, enseigna la doctrine péripatéticienne, eut à ce sujet de vifs démêlés avec Ramus, et publia contre lui, en 1543 : Pro Aristo-tele adversus P. Rami calumnias ; puis il se consacra à la jurisprudence, et enseigna le droit avec éclat à Toulouse, à Valence, à Grenoble. Il mourut à Turin en 1566. Ses œuvres ont été publiées à Rotterdam sous le titre d'Opera juridica, philoso-phica, etc., 1756, 2 vol. in-fol. — Son frère, André de G., vint aussi en France, enseigna la grammaire et la philosophie au collège Ste-Barbe à Paris, puis au collège de Guyenne à Bordeaux; fut rappelé en Portugal en 1547 par le roi Jean III et chargé de fonder à Coimbre un collège sur le pian des écoles françaises. Il mourut l'année suivante, lorsque cet établissement commençait à prospérer.

GOUVEA (Ant.), moine augustin, fut envoyé à Goa en 1597 pour professer la théologie, alla, en 1602, solliciter du roi de Perse Chah-Abbas la permission de fonder des établissements dans ses États, fut jeté en prison, s'échappa, et tomba entre les mains de corsaires algériens, qui le retinrent encore pendant 8 ans. Il publia à son retour plusieurs ouvrages qui ont de l'intérêt : Histoire des progrès de l'Église catholique en la réduction des chrétiens de S. Thomas, Coïmbre, 1606, trad. en français, 1609; Relations de la Perse et de l'Orient, 1609; Relation des guerres et victoiresde Chah-Abbas, 1611, trad. en 1646.

GOUVION-SAINT-CYR (Laurent), maréchal de France, né en 1764 à Toul (Meurthe), de parents sans fortune, mort en 1830, se destinait aux arts et donna des leçons de dessin. Il embrassa avec ardeur les idées nouvelles en 1789, obtint un emploi dans l'état-major de la garde nationale de Paris, s'enrôla en 1792 dans le bataillon des Chasseurs républicains, fit toutes les campagnes des armées du Rhin et de Rhin et Moselle, fut fait général de division en 1794, devint en 1798 général en chef de l'armée de Rome, en 1803 de l'armée de Naples, et se signala dans ces deux commandements par son intégrité autant que par son habileté; jouit d'abord de peu de faveur auprès de l'empereur à cause de son attachement aux idées républicaines, et resta quelque temps sans emploi; fut néanmoins rappelé dès 1806, fit la campagne de Prusse et de Pologne en 1807, et fut nomme gouverneur de Varsovie. Envoyé en Espagne en 1808, il fit une campagne brillante en Catalogne, où il prit Rosas et Barcelone. Appelé en Russie en 1812 et placé à la tête du 6e corps de la grande armée, il remporta sur le comte de Wittgenstein la brillante victoire de Polotsk, et reçut en récompense le bâton de maréchal avec le titre de comte de l'Empire. En 1813 il défendit Dresde, y soutint un long siège et obtint une capitulation honorable; il n'en fut pas moins retenu prisonnier par trahison. Rentré en France en 1814, il reconnut le gouvernement de Louis XVIII; il suivit le roi à Gand eu 1815, et fut chargé à différentes reprises, de 1815 à 1821, du ministère de la guerre. 11 porta dans son administration des idées libérales qui contribuèrent à rallier les esprits a la cause des Bourbons et fit de bonnes lois sur le recrutement, sur l'avancement militaire et les pensions de retraite. La réaction de 1821 l'écarta du ministère. Rentré dans la vie privée, il s'occupa de rédiger ses mémoires. On a de lui : Journal des opérations de l'armée de Catalogne en 1808 et 1809, Paris, 1821.; Mémoires sur les campagnes des armées du Rhin et de Rhin et Moselle, 1829; Campagnes de 1812 et de 1813, Paris, 1831. Habile tacticien, profond dans ses combinaisons, Gouvion St-Cyr excellait dans la guerre méthodique. Sa Vie a été écrite par Gay de Vernon, 1857.

GOVEA, GOVEANUS. V. GOUVEA.

GOVINDA, dit aussi Gourou-Govind , chef des Syks, né en 1656 à Patnah, succéda en 1671 à son père, qui avait été assassiné par ordre d'Aureng-Zeyb. Poursuivi par les agents du conquérant mongol, il erra dans divers pays, excitant partout la haine contre le nom musulman ; trouva un asile dans le Pendjab; réussit à transformer des peuplades jusque-là timides en une nation belliqueuse et redoutable, et fonda ainsi la puissance temporelle des Syks, qui, depuis Nanek, n'étaient qu'une secte religieuse. Malgré tous ses efforts, il ne put parvenir à chasser les Mongols. Il mourut, à ce qu'on croit, en 1708à Nan-dere, dans le Décan. Gourou-Govind enseignait un pur théisme qui conciliait le Mahométisme et le Brahmisme; comme Mahomet, il promettait le ciel à ceux qui mouraient en combattant. 11 donna à ses partisans un livre sacré (le Livre des Dix Rois), écrit dans l'idiome du Pendjab.

GOWER (J.), vieux poète anglais, contemporain de Chaucer, né vers 1320, mort en 1408, exerça la profession de jurisconsulte, et fut attaché à la cour de Richard II et de Henri IV. Il avait composé un grand poëme en 25 livres et en trois parties sous le titre de Spéculum meditantis , Vox clamantis , Confessio amantis. La 1" partie, en 10 livres et en vers français, fait l'éloge du bonheur conjugal, et donne le moyen de recouvrer la grâce perdue. La 2e, en 7 livres et en vers élégiaques latins, n'est guère qu'une chronique métrique de l'insurrection des communes sous Richard II (ces deux premières parties n'ont pas été imprimées). La 3e est un poëme anglais en en 8 livres, écrit par l'ordre de RichardII, mêlé de couplets ou strophes en vers latins: ce poëme, qui est en grande partie imité de notre Jean de Meung, roule sur la métaphysique de l'amour; il obtint un grand succès (imprimé à Londres en 1483, 1532 et 1857 ). Gower a pu, par son style travaillé, rendre de grands services à la langue anglaise; mais il n'a ni l'esprit ni l'élégance de Chaucer. Sa versification est harmonieuse, mais sa poésie a un caractère sentencieux qui lui donne quelque chose de pédantesque.

GOYA-Y-LUCIENTES (don F.rançois), peintre espagnol, né en 1746 à Fuente-de-Todos (Aragon), mort à Bordeaux en 1828, imita Vélasquez et Rembrandt. Ses chefs-d'œuvre sont un Crucifia pour l'église St-Ferdinand à Madrid, S. François de Borja à Valence, ['Arrestation de J.-C. à Tolède, la Famille de Charles IV, ouvrage qui lui valut le titre de premier peintre de la cour. On lui doit aussi une collection de capriccios, caricatures politiques remplies de verve et d'originalité.

GOYAZ, primitivement VILLABOA, V. du Brésil, ch.-l. de la prov. de Goyaz, sur le Vermelho, à976 k. N. O. de Riode-Janeiro, par 16° 20' lat. S., 50° 49' long. O.; 8000 hab. Évêcné. — La prov. de Goyaz, entre celles de Para à l'O., Fernambuco et Minas-Geraës à l'E., a 160 k. sur 580 et env. 200 000 h. Pays montagneux, arrosé par le Vermelho, le Tocantins et le Parahiba. Bois colorants, écorces et plantes médicinales, sucre, ananas; culture du coton et du tabac; mines d'or, diamants, cristal.

GOZLIM. Voir GOSLIN.

GOZON (Dieudonné de), grand maître de St-Jean de Jérusalem en 1345, s'était signalé, n'étant encore que simple chevalier, en délivrant l'île de Rhodes d'un serpent monstrueux qui la désolait (exploit que quelques-uns regardent comme fabuleux). Élevé à la grande maîtrise, il fit revivre l'ancienne discipline de l'ordre, augmenta les fortifications de Rhodes, rétablit le roi de la Petite-Arménie et l'aida à chasser les Sarrasins venus d’Égypte. Il mourut en 1353, dans un âge avancé.

GOZZE ou oozzo, Gaulos chez les anciens, ile de la Méditerranée, à 6 kil. N. O. de Malte: 15 kil. sur 8; 16 000 hab. ; lieu principal, Rabatto. Cette lie fut donnée aus chevaliers de St-Jean de Jérusalem en même temps que Malte (1530), dont elle a toujours suivi le sort. Elle appartient auj. aux Anglais.

GOZZI (Gaspard), littérateur, né à Venise en 1713, mort en 1786, est estimé comme critique: 'il fit paraître, à partir de 1768, l'Observateur vénitien, journal dans le genre du Spectateur anglais. Il a aussi publié une Apologie de Dante contre les attaques de Bettinelli, 1758, et divers ouvrages en prose ou en vers, 1759. — Charles Gozzi, son frère, né en 1718, mort vers 1801, travailla pour le théâtre. II attaqua de front le genre trop sérieux créé par Goldoni, et y opposa un genre fantastique et bouffon qui eut quelque temps la vogue. Ses Œuvres parurent à Venise, 1772-91, 10 vol. 8". Son Théâtre & été traduit par Alph. Royer, 1865. Il a laissé des Mémoires, qui ont été traduits par P. de Musset.

GOZZOLI (Benozzo), peintre, né à Florence en 1400, mort à Pise en 1478, élève de fra Giovanni da Fiesole, fut un des artistes les plus féconds de l'ancienne école italienne. Il peignit toute une muraille du Campo Santo de Pise, et y retraça toute l'histoire de l'Ancien Testament, depuis Noé jusqu'à Salomon. Quoique dessinant mieux que la plupart des maîtres de son époque, il leur fut inférieur sous le rapport de l'expression. Cependant ses œuvres se distinguaient par la vie et la fraîcheur.

GRAAF (REGNIER de), médecin et anatomiste hollandais, né à Schoonhove en 1641, mort en 1673, étudia sous Sylvius, dont il adopta les doctrines; vint se perfectionner à Paris, puis se fixa à Delft où il exerça jusqu'à sa mort. On lui doit d'intéressantes recherches sur le suc pancréatique (Lëyde, 1664), sur les organes génitaux (1668) et sur la génération (1672) : il prouva que les vivipares naissent d'un œuf, aussi bien que les ovipares. Il eut de vives disputes avec Swammerdam. Ses OEuvres, écrites en latin, ont été réunies à Leyde en 1677, in-8.

GRAAL (le SAINT).* V. GRÉAL.

GRABOUSA, Cimarus, îlot de la Méditerranée, à la pointe N. O. de l'Ile de Candie. Les Vénitiens la possédaient dès le xm° siècle; elle leur fut enlevée en 1692 par les Turcs. Elle servait de refuge à un grand nombre de pirates qui furent détruits par la marine française en 1828.

GRAÇAY, ch.-l. de c (Cher), à 52 kil. O. de Bourges; 2986 hab. Ane seigneurie. Aux env. se trouve un monument celtique formé de 21 pierres énormes, dites les Pierres folles.

GRACCHUS (Tibérius Sempronius), père des Gracques, d'une famille plébéienne, fut deux fois consul (177 et 163 av. J.-C), vainquit les Hispaniens et les Ligures, soumit la Sardaigne et fut honoré du triomphe. Il est célèbre par son éloquence et par sa grandeur d'âme : ennemi personnel des Scipions, il n'en défendit pas moins Scipion l'Africain ainsi que Scipion l'Asiatique contre les accusations des tribuns. Il obtint en reconnaissance la main deCornélie, fille de Scipion l'Africain : il en eut les Gracques, que leur mère éleva elle-même avec le plus grand soin.

GRACCHUS (Tibérius), fils aîné du précédent, né en 162 av. J.-C. Nommé questeur en 137, il suivit le consul C. Hostilius Mancinus en Espagne, et sauva, en traitant avec les Numantins, l'armée romaine que l'inhabileté du consul avait mise en danger. Élu tribun en 133, il fit passer, malgré l'opposition violente des patriciens, une loi agraire qui limitait la possession des terres usurpées sur le domaine public et distribuait aux citoyens pauvres les terres détenues illégalement; en outre, il leur distribuait les richesses'qu'Attale, roi de Pergame, avait léguées en mourant au peuple romain. Mais le sénat, craignant son influence, le fit assassiner au milieu de ses partisans, au bout de l'année, au moment où il allait se faire réélire.

GRACCHUS (Caïus), frère de Tibérius, plus jeune : que lui de 10 ans. Le Sénat, dans le but de l'éloi- .;• gner, l'avait nommé questeur en Sardaigne (126), ? ' mais il s'empressa de revenir à Rome dès qu'il fut sorti de charge. Il fut nommé tribun en 123 et réélu*; ! avec acclamation l'année, suivante. Pendant les deux* .'-.• ans qu'il exerça cettecharge, il fit passer aussi une loi agraire, appela les peuples de l'Italie au droit de suffrage, fit transférer aux chevaliers le pouvoir ju-**[ diciaire, pourvut aux embellissements de Rome, créa plusieurs colonies afin de donner des terres aux citoyens indigents, et conduisit lui-même une de ces colonies à Carthage. Ecarté du tribunat par les intrigues des sénateurs, il ourdit un complot contre eux. Caïus ayant réuni ses partisans dans le Forum, le consul Opimius s'y rendit avec des hommes armés, et voulut dissoudre l'assemblée. Un combat s'ensuivit. dans lequel le peuple, qui était sans armes, fut facilement vaincu. C. Gracchus se vit forcé de fuir dans le temple de Diane, puis il se réfugia dans un bois voisin. Il y fut tué par ordre d'Opimius, ou, selon d'autres, se fit donner la mort par un esclave, l'an 121 av. J.-C. Sa tête avait été mise à prix : le meurtrier qui l'apporta y avait coulé du plomb pour la rendre plus lourde. Cicéron loue l'éloquence des Gracques : il relève surtout chez Caïus l'élévation, la force et la passion. Plutarque a écrit la Vie des Gracques.

GRÂCES (les), Charités chez les Grecs, Gratix chez les Latins, filles de Jupiter et d'Eurynome, ou selon d'autres d'Apollon et de Vénus, étaient les compagnes de Vénus et présidaient à la gaieté des festins, à l'harmonie des fêtes, à la joie innocente, à tout ce qui est beau, radieux, attrayant; elles étaient la personnification de ce qu'il a do plus séduisant dans la beauté. Les Grecs juraient par les Grâces et ouvraient le repas en vidant une coupe en leur honneur. On en compte ordinairement trois : Aglaé (brillante), Thalïe (verdoyante, qui Inspire la joie), et Euphrosyne (quiréjouit l'âme). A Sparte et à Athènes, on n'en admettait que deux. On les représentait tantôt vêtues de longues robes, tan tôt sous la figure de trois jeunes vierges nues, sans ceinture, les mains et les bras entrelacés,- et formant des danses agréables auprès de Vénus. Parmi les groupes antiques des Grâces qui ont été conservés, les plus célèbres sont ceux de la villa Borghèse et du palais Ruspoli à Rome, et celui que l'on conserve au Dôme de Sienne.

GRACIAS-A-DIOS, T. de l'État de Honduras, à 98 kil. N. E. de San-Salvador; 1500 hab. Fondée en 1536 par Juan de Chayes, elle fut jusqu'en 1544 le siège de l'audience royale de Guatemala et de Nicaragua.

GRACIOSA, une des Açores, auN. O. dp Terceira; 12 000 hab.; ch.-l. Santa-Cruz.

GRACQUES (les), nom par lequel on désigne les deux célèbres tribuns Tibérius et Caïus Gracchus. Y. GRACCHUS.

GRADENIGO (Pierre), doge de Venise de 1289 à 1311, fut élu parla faction aristocratique, voulut rendre l'aristocratie héréditaire, et s'attira la haine du peuple par des mesures contraires à la liberté. Il eut à déjouer les conspirations de Marino, Bocconio et Tiepoîo, champions de la cause populaire.— Barthélémy Gr., doge de 1339 à 1343, réprima un soulèvement des Grecs de Candie. — Jean Gr., succéda en 1355 à Marino Faliero, qui avait conspué contre l'État, punit ses complices et fit la paix avec les Génois. Il mourut en 1356 GRADISKA, v. ae Bosnie, sir la r. d. de la Save, en face de Vieux-Gradiska. — VIEUX GRADISKA, V. des États autrichiens (Esclavonie), à 40 kil. O. de Posega; 2500 hab. Place forte.— NOBV. GRADISKA, bourg des États autrichiens (Esclavonie), à 182 kil. O. de Pe-terwaradin; 1600 hab.

GRADO, v. et port desBtats autrichiens (Illyrie), à 31 kil. S. O. de Goriz; 2500 hab. Le patriarche d'Aquilée y transporta son séjour vers 568, et le patriarcat resta dans cette ville jusqu'en 451, époque à laquelle il fut transféré à Venise.

GR.3EFENBERG, vge de la Silésie autrichienne, à 32 k. S. de Neisse. C'est là que fut fondé le 1" établissement hydrothérapique. V. PRIESSNITZ.

GRAETZ ou GRATZ, Grascium ou Gratium, v. murée des États autrichiens, en Styrie, ch.-l. du cercle de Graetz à 180 kil. S. O. de Vienne, sur la Muhr; 60 000 hab. Siège de l'évêché de Seckau, autrefois princier, et du gouvernement de la Styrie. Burg ou château, nouvel hôtel de ville, cathédrale remarquable, université; Johanneum (établissement pour les hautes sciences); bibliothèque de 100 000 volumes; muséum d'histoire naturelle (avec collections); observatoire, etc. Soieries, cotonnades, draps; faïence; rosoglio, etc. Grand commerce. — Le cercle, entre l'archiduché d'Autriche au N. E., le cercle de Bruck au N. O., l'Illyrie à l'O., le cercle de Marburg au S., et la Hongrie à l'E., compte 345 000 hab.

GRAEVIUS, J. George Grxfe, érudit, né en 1632 à Naumbourg en Saxe, mort en 1703, se forma en Hollande sous Gronovius, le remplaça en 1658 dans la chaire d'histoire de Deventer, fut appelé en 1661 à l'université d'Utrecht, et y enseigna l'histoire avec une grande distinction jusqu'à sa mort : il compta au nombre de ses élèves le prince de Nassau, fils de Guillaume I. On a de lui des éditions estimées de Justin, Catulle, Tïbulle, Properce, Suétone, Florus, César, de plusieurs ouvrages de Cicéron, cum notis Variorum ; le Trésor des antiquités romaines, en latin, 12 v. in-f., Utrecht, 1694 (c'est un recueil de tous les traités sur les antiquités romaines qui lui avaient paru mériter d'être conservés en un seul corps); ie Trésor des antiquités d'Italie,. 1701-1723, — de Sicile, Sardaigne et Corse, 1723-1725 : ces 2 derniers ouv., écrits aussi en latin, ne forment pas moins de 15 vol. in-folio; ils furent terminés par Burmann. On admire l'élégance de la latinité de Grœvius.

GRAFFIGNY (Françoise d'APPONCouRT, dame de), née à Nancy en 1695, morte en 1758, avait épousé un chambellan du duc de Lorraine, homme violent, dont elle fut obligée de se séparer. Elle vint à Paris en 1743 avec Mlle de Guise (depuis duchesse de Richelieu), s'y consacra aux lettres , et publia en 1746 les Lettres d'une Péruvienne, roman ingénieux qui eut du succès; elle donna aussi deux drames, Cénie, qui réussit, la Fille d'Aristide, qui échoua, et composa des petites pièces pour les enfants, entre autres la Fièvre d'Azor. Ses Œuvres forment 4 vol. in-12, Paris, 1788. On a publié en 1820, sous le titre de Vie privée de Voltaire et de Mme Duchdlelet, 29 Lettres de Mme de Graffigny, écrites pendant un séjour qu'elle fit à Cirey et qui n'étaient pas destinées à l'impression.

GRAHAM (George), célèbre horloger et mécanicien de Londres, né en 1675, mort en 1751, a inventé l'échappement à cylindre et exécuté des instrumenls d'astronomie et de mathématiques d'une précision admirable, notamment le mural, qu'il fit pour Halley, le secteur, à l'aide duquel Bradley a fait de nouvelles observations sur les étoiles fixes, et un planétaire connu sous le nom d'Orrerjy, parce qu'il fut fait pour le comte de ce nom.

GRAIIAM'S TOWN, v. de la colonie anglaise du Cap, à 35 k. N. O. de Bathurst; 2000 h. Résidence du gouverneur des districts de l'Est.

GRAII.LY, antique maison de Guyenne, acquit le comté de Foix en 1398 par le mariage d'Archambault de Grailly avec Isabelle, héritière de la maison de Foix. Son membre le' plus illustre est Jean de Grailly r dit le Captai de Buck. V. GAPTAL.

GRAINES (Côte des). V. COTE DES GRAINES.* •

GRAINVILLE (J. B. Franc. Xavier COUSIN de),' écrivain, né au Havre-de-Grace en 1746, mort en 1806, était cousin de Bernardin de St-Pierre. Il entra dans la carrière ecclésiastique, se fit quelque réputation comme prédicateur et. embrassa pendant la Révolution l'état d'instituteur. On a de lui une comédie en vers, le Jugement de Paris, et «n poème en prose, le Dernier Homme du monde (1805). Le peu de succès de ce poëme, auquel il attachait beaucoup de prix, lui causa une fièvre violente; dans un accès, il se jeta dans le canal de la Somme, à Amiens, où il s'était retiré. Le poëme du Dernier Homme était tombé dans l'oubli quand il en fut tiré en 1810par un érudit anglais nommé Croft. Ch. Nodier en publia une 2" éd. en 1811 avec une notice intéressante. Creuzé deLes-ser le mit en vers : ce travail, bien supérieur à celui de Grainville, a été publié en 1831.

GRAISSESSAC, commune de l'Hérault, cant. et au N. de Bédarieux; 1500 hab. Riche mine de houille; chemin de fer conduisant à Béziers.

GRAMAT, ch.-l. de c (Lot), sur l'Alzou, à 30 kil. N. E. de Gourdon ; 1830 hab. Laines, eaux minérales.

GRAMMONT, Gerardsbergen en flamand, Gerardi mons en latin, v. murée de Belgique (Flandre or.), sur la Dender, à 31 kil. S. E. d'Oudenarde, 8000 h. Toiles, tapis de pied, tapisseries, dentelles, tabac, etc. — Fondée en 1068 par le comte Baudouin de Mons, qui en avait acheté le terrain d'un nommé Gérard.

GRAMMONT, vge de France (Hte-Saône), à 22 kil S. de Luxe; 350 hab. Ane château fort, qui a donné son nom à la famille de Grammont.

GRAMMONT ou GRANDMONT, anc abbaye de Bénédictins, fondée près de Muret (Hte-Garonne), au milieu des montagnes, en 1076, par des religieux qu'avait réunis Etienne, fils/l'un vicomte de Thiers, eut des prieurs jusqu'en 1318, puis des abbés électifs. La règle de l'ordre était très-sévère : elle fut mitigée par InnocentIVen 1217. Cet ordre fut supprimé en 1769.

GRAMMONT (famille de), illustre famille de Bourgogne, ainsi nommée de l'anc château fort de Grammont, en Franche-Comté (Haute-Saône), entre Ve-soul et Montbéliard, remonteauxi" siècle, et compte parmi ses ancêtres S. Théodule, évêque de Sion sous Charlemagne. En 1656 la terre de Grammont fut érigée en comté par le roi d'Espagne, Philippe IV; en 1708, Louis XIV donna le marquisat de Villersexelà Michel, comte de Grammont, lieutenant général, en récompense de sa belle défense de Rheinstein. La famille de Grammont a fourni trois archevêques à Besançon : Ant. Pierre I, mort en 1698; Franc. Joseph, mort en 1717, et Ant. Pierre II, mort en 1754. Besançon est remplie des monuments de leur bienfaisance. Le dép. de la Hte-Saône, reconnaissant envers cette famille, a successivement choisi pour députés, depuis 1815, le marquis de Grammont (Alex. Théodule), alors chef de la maison, et beau-frère de Lafayette, puis son fils Ferdinand, comte de Grammont. — 11 ne faut pas confondre cette famille avec celle des Gramont. V. ci-après.

GRAMONT (que l'on écrit souvent, mais à tort, Grammont), famille anc et illustre, issue de Sanche Garcie d'Aure, qui vivait à la fin du xiv" siècle, tire son nom de la seigneurie de Gramont dans la Basse-Navarre (Labourd). D'abord comté, cette maison fut érigée en duché en 1643. Elle a fourni plusieurs personnages éminents, ducs, maréchaux et pairs de France. Nous citerons : Gabriel de Gramont, mort en 1534; il fut ambassadeur de France à la cour de Rome sous le règne de Louis XII, et chargé par François I de plusieurs missions diplomatiques dont il s'acquitta avec succès ; il reçut en récompense l'évêché de Poitiers, puis l'archevêché de Toulouse; — Philibert de Gramont, comte de Guiche, qui épousa en 1567la belle Corisande{V.GUICHE);—Antoine III, duc de Gramont, qui se distingua comme militaire et diplomate sous Louis XIII et Louis XIV et fut fait maréchal en 1641 ; il mourut en 1678, à 74 ans; il a laissé des Mémoires sur ses négociations, publiés en 1716 par un de ses fils, Ant. Charles, duc de Gra--mont. C'était un des plus beaux hommes et des cavaliers les plus accomplis de son temps; Louis XIV le chargea d'aller en Espagne demander la main de Marie-Thérèse. — Philibert, comte de Gramont, son frère, accompagna Louis XIVdans la conquête de la Franche-Comté et de la Hollande ; mais il est surtout célèbre par son esprit, sa galanterie et son adresse au jeu. Il fut quelque temps disgracié pour avoir disputé au roi le cœur de Mlle Lamotte-Houdancourt. Il avait épousé la sœur d'Ant. Hamilton, qui a laissé sous le titre de Mémoires du comte de Gramont un portrait piquant de son caractère. Il mourut en 1707. — Armand de Gramont, comte de Guiche, fils aîné du maréchal Antoine III, est l'un des premiers qui passèrent le Rhin en 1672 [7. GUICHE). — Louis, duc de Gramont, lieutenant général, colonel des gardes françaises, causa par une coupable désobéissance la défaite de Dettingen, 1743: il fut tué à Fontenoy, 1745.—A cette maison se rattache celle des ducs de Gramont-Caderousse (ainsi appelés d'une !le du Rhône comprise dans leurs domaines) : c'est une famille du comtat Venaissin, qui tenait du pape le titre de duc.

GRAMONT ou GRAMOND (Gabriel de BARTHELEMY, seigneur de), historien, né vers la fin du xvi' siècle, mort à Toulouse en 1634, appartenait à une famille parlementaire originaire du Rouergue. Il fut président au parlement de cette ville et conseiller d'État. On ade lui : HistoriaprostralœaLudovico XlIIsecta-riorum in Gallia rebellionis, Toulouse, 1623, où il fait l'apologie de la St-Barthélémy ; Historiarum Gal-liœ abexcessu UenricilY UbriXVIIl, 1643, in-fol., ouv. médiocre, où il prétendit continuer De Thou. GRAMONT (Scipion de), sieur de St-Germain, né en Provence au xvi" siècle, fut secrétaire du cabinet de Louis XIII, eut la confiance de Richelieu, fit plusieurs voyages en Italie, et mourut, dit-on, à Venise en 1638. On a de lui : l'Abrégé des artifices, traictant de plusieurs inventions nouvelles, Aix, 1606; la Rationnelle ou l'Art des conséquences, Paris, 1614; Traité de la Nature, des qualités et prérogatives des points, otl se voient plusieurs belles et admirables curiosités, 1619 : c'est un écrit de géométrie ; le Denier royal, traité curieux de l'or et de l'argent, 1620, in-8; Dupella capta, poëme sur la prise de La Rochelle, dédié au cardinal de Richelieu, 1628.

GRAMPIANS (monts), Grampius mons, chaîne de montagnes qui traverse l'Ecosse centrale du S. O. au N. E., depuis la presqu'île de Cantyre, dans le comté d'Argyle, jusqu'au cap Kinnaird dans le comté d'A-berdeen, s'étend de l'O. àl'E. depuis l'Océan'Atlantique jusqu'à la mer d'Allemagne. Son développement est de 400 kil.— Ses plus hauts sommets sont: le Ben-Nevis, 1364°; ieBen-na-Muich-Diudh,1346-. Les monts Grampians partagent l'Ecosse en deux régions tout à fait distinctes: celle qui est située au N. prend le nom de hautes-terres (high-lands), et celle qui est au S. celui de basses-terres (low-lands). GRAN (Le), riv. de Hongrie, naît dans le comitat de Gœmuer et tombe dans le Danube, par la r. g., en face de la v. de Gran, après un cours de 260 kil.

GRAN, Strigonium en latin,*Esxtergom en hongrois, v. de Hongrie, ch.-l. du comitat de Gran, au confluent du Gran et du Danube, à 45 kil. N*O. de Bude;*13 000 hab. Archevêché primalial de Hongrie; collège de Bénédictins, belle cathédrale, construite en 1821. Draps, teintureries; bons vins; eaux thermales. Les Turcs prirent cette ville en*1540; Jean Sobieski et Charles de Lorraine la reprirent en 1683. Un violent incendie en détruisit une partie en 1818. — Le comitat, situé entre ceux de Bars, Ko-morn. Pesth, a 49 k. sur 36 et compte env. 100000h.

GRANADA, v. du Nicaragua, près du volcan de Granada, sur la rive O. du lac de Nicaragua ; 10 000 h. Indigo, cochenille, cuirs, sucre. Fondée, en 1523; saccagée par les flibustiers en 1680 et 1856.

GRANBOURG , ou MARIGOT, ch.-l. de l'ile française Marie-Galante, sur la côte S. O. ; 2500 h,

GRANCEr-LE-CHÂTEAU, ch.-l. dec (Côte-d'Or), à40 kil. N. de Dijon; 700 hab. Château magnifique.

GRANCOLAS (Jean), docteur en Sorbonne, chapelain de Monsieur frère de Louis XIV, né vers 1660, mort en 1732, avait une connaissance profonde des antiquités ecclésiastiques. On a de lui : Traité de l'antiquité des cérémonies des sacrements, 1692; le Quiétisme contraire à la doctrine des sacrements, 1695; l'Antique discipline de l'Église sur la confes-fession et la pénitence, 1697; Traité des liturgies, 1697; latrad. des Catéchèses de S. Cyrille, 1715, etc.

GRAND, bourg du dép. des Vosges, à 15 kil. O. de Neufchateau ; 1300 hab. Clouteries. Restes d'ui; amphithéâtre romain, dit Amphith. de Julien.

GRAND D'ESPAGNE.*Y. GRANDESSE. GRAND-BOURG DE SALAGNAC, Ch.-l. de C.*(Creuse), à 19 kil. S. O. de Guéret, sur la Gàrtempe ; 3015 bab.

GRANDCHAMP, ch.-l. de c (Morbihan), à 19 kil. N. O. de Vannes; 50.0 hab. George Cadoudal y fut battu par les Républicains en l'an vm.

GRAND-COMBE (LA), ch.-l.de C. (Gard), à 16 k. N. E. d'Alais; 6000 h. Riche mine de houille connue depuis peu, exploitée par une puissante société, et desservie par un chemin de fer conduisant à Alais. Station de chemin de .fer. Ce canton, distrait de celui de Genoilhac, a été créé en 185*8.

GRAND-COURONNE, ch.-l. de c. (Seine-inf.), à 8 kil. O. de Rouen ; 1000 hab.

GRAND-DUC, nom que portent plusieurs princes souverains de l'Allemagne etde l'Italie. En Allemagne on compte 6 grands-ducs : ceux de Bade, de Hesse-Darmstadt, de Saxe-Weimar, de Mecklembourg-Stré-litz, de M.-Schwerin, d'Oldenbourg. En Italie, il en existait un seul, celui de Toscane.—In Russie, le titre de grand-duc est porté par les princes du sang.

GRANDE-BRETAGNE, GRANDE-CÉSARIENNE, GRANDE-GRÊCE, etC.*T. BRETAGNE, etC

GRANDESSE, dignité qui est d'usage en Espagne. Les grands d'Espagne sont divisés en trois classes : les grands de la 1" classe parlent au roi la tête couverte ; ceux de la 2° parlent au roi la tête découverte, mais se couvrent pour écouter sa réponse; ceux de la 3° attendent l'invitation du roi pour se couvrir. Avant le xvr siècle, tous les nobles {hidalgos) d'Espagne portaient le titre de ricoshombres: Charles-Quint y substitua le nom de grands. Auj. la grandesse a perdu toute son importance et n'a plus qu'une existence nominale.

GRANDIDIER (Phil. André), historien.ecclésiasti-que, né à Strasbourg en 1752, mort en 1787, eut pour protecteur le cardinal de Rohan, devint successivement archiviste de l'évêché de sa ville natale. chanoine du grand-chœur, historiographe de France, On a de lui : Histoire de l'évêché et des évêques de Strasbourg, Strasb., 1776 et 1778 (il n'en a paru que 2 vol. sur 8 qu'elle devait avoir) ; Histoire ecclé' siastique, militaire, civile et littéraire de l'Alsace, 1787; la Cathédrale de Strasbourg, 1782.

GRANDD3R (Urbain), prêtre fameux par sa fin tragique, né en 1590 à Rovère, près de Sablé (diocèse du Mans), était curé de St-Pisrre à Loudun et chanoine de Ste-Croix. Il sollicita la place de directeur des religieuses d'un couvent d'Ursulines 4 Loudun' mais un concurrent plus heureux l'emporta. Peu après, les Ursulines furent atteintes d'une espèce de folie contagieuse, se croyant tourmentées par des esprits malins. On prétendit aussitôt qu'elles étaient possédées du démon, et on accusa Grandier de leur avoir jeté un maléfice. Il porta plainte en calomnie devant l'archevêque de Bordeaux, Charles de Sourdis; ce sage prélat calma les esprits et assoupit l'affaire. Mais à quelque temps de là, un émissaire du cardinal de Richelieu, Laubardemont, étant venu à Loudun. l'accusation fut renouvelée devant lui. Le curé, qui peut-être avait donné prise par une vie peu réglée, fut déclaré coupable d'adultère, de sacrilège, de magie, de maléfice et de possession, et condamné à être brûlé vif après avoir été appliqué à la torture. La . sentence fut exécutée en 1634 sur la place de Loudun. On regarda cette exécution atroce comme une vengeance du cardinal, contre lequel Urbain Grandier avait écrit un pamphlet. Aubin, écrivain protestant, a publié à Amsterdam en 1776 : Histoire des diables de Loudun, ou Cruels effets de la vengeance de Richelieu. On conserve à la Bibliothèque impériale la procédure du curé de Loudun.

GRANDJOUAN, hameau de la Loire-Infér., à 24k. ;***de Ohâteaubriant, dépend de la commune de Nozay; 200 h. Ecole régionale d'agriculture et ferme-école, fondée en 1833 ; fabr. d'instruments aratoires ; haras de juments arabes.

GRAND JUGE, titre créé en France en 1802 pour un haut fonctionnaire chargé de l'administration de la justice. V. REGNIER.

GRAND-LEMPS (Le), ch.-l. de c (Isère), arr. et à 20 kil. S. de La Tour-du-Pin; 2070 hab.

GRAND-LIEU (lac de), lac de France,, dans le dép. de la Loire-Inf., à 10 k. S. O. de Nantes, avait 8 kil. sur 6 et 3894 hectares de superficie. Il communiquait avec la rive gauche de la Loire par un canal navigable de 22 kil. Il a été desséché en 1860. —Selon une tradition, l'emplacement occupé maintenant parce lac était autrefois un vallon déticieux du nom d'Herbadilla, qu'ombrageait la forêt de Vertave et qui fut submergé vers 554 ou 580.

GRAND-LUCÉ (Le), ch.-l. de c (Sarthe), à 25 k. S. O. de St-Calais; 2500 hab. :

GRAND-MAÎTRE, titre des chefs de certains or-|**dres et de certains corps. Y. ce mot au Dict. univ. des Sciences, des Lettres et Arts. 1***_

GRANDMÉNIL (J. B. FAUcHARn de), célèbre comédien, né à Paris en 1737, mort en 1816, avait suivi !**d'abord la carrière du barreau. Par suite de contra-ï**riétés de famille, il alla s'engager au théâtre de s**Bruxelles, puis il rentra en France, joua aux grands :** théâtres de Bordeaux et de Marseille, fut appelé en |**1790 à Paris, et parut avec le plus grand succès à =**la Comédie-Française. Il faisait les rôles à manteaux : i**il excellait dans lés rôles de l'Avare, d'Arnolphe (dans |**l'École des femmes), de Francaleu (dans lailétroma-|**nie), du commandeur (dans le Père*de famille). |**Lors de la réorganisation de la Comédie-Française, i**il fut nommé sociétaire. Il prit sa retraite en 1811. I**II était professeur au Conservatoire et membre de =**l'Académie des beaux-arts. 1***

GRAND iMOGOL. Y. MOGOL. i***

GRAND-MONT. Y. GRAMMONT. =**

GRAND-OURS (lac du), lac de l'Amérique du Nord, i**par 123° 35' long O., 65° 10' lat. N., a 140 kil. sur |**50. Ses eaux s'écoulent dans le fleuve Mackenzie.* • |***

GRAND-PORT. V. PORT-BOURBON. i***

GRANDPRÉ, ch.-l. de o. (Ardennes), sur l'Aire, I**à 15 kil. S. E. de Vouziers; 1500 hab.— Jadis ch.-l. |**d'une seigneurie qui appartint à lamaisonde Joyeuse. |**

GRANDRIEU, ch.-l. de c. (Lozère), à 31 kil. de !**Mende; 1500 hab.

GRAND-SERRE (Le), ch.-l. de c (Drôme), sur la 1 Galaure, à 50 kil. N. N. E. de Valence; 1700 h. i Hauts fourneaux, affinerie pour fer et acier. Ruines | d'un château fort, nommé jadis Castrum Serris. I

GRANDS JOURS. On donnait primitivement ce 3 nom, dans le comté de Champagne, aux assises solennelles que les comtes tenaient à Troyes à certains jours de l'année pour rendre justice. Dans la suite ce nom s'étendit aux assises extraordinaires que les rois de France envoyaient tenir par leurs commissaires ou tenaient eux-mêmes dans les pro-j yinces éloignées de la capitale. Les juges étaient ï tirés des parlements. C'est le règne de François I qui | offre le plus d'exemples de grands jours ; ce'roi en fit ] tenir à Poitiers en 1531 et 1541 ; à Moulins en 1534, 1**1540 et 1545; à Troyes en 1535, à Angers en 1539, à Riom, 1546, etc. Les derniers furent tenus en 1605 par Henri IV dans le Quercy et le Limousin, en 1634 à Poitiers, sous Louis XIII, et en 1665 à Clermont-Ferrand, sous Louis XIV. Ceux-ci sont connus par la relation qu'en a rédigée Fléchier.

GRANDVAL (Ch. Franc, RACOT de), acteur péle-bre, né à Paris en 1711, mort 1784, joua'pendant 40 ans avec un succès soutenu : il excellait également dans la comédie et dans la tragédie. H a laissé quelques pièces fort plaisantes, mais licencieuses. — Son père, Nie. Racot de Grandval, né en 1676, mort en 1755, avait aussi été acteur; il fut ensuite organiste. On a de lui un poëme intitulé : Cartouche ou le Yice puni, 1725.

GRANDVILLE (J. J.), dessinateur, né en 1804 à Nancy, mort en 1847, reçut les premières leçons de son père, peintre de miniatures, vint se perfectionner à Paris, et s'ouvrit une voie nouvelle en créant la caricature philosophique et sociale. Il débuta par les Tribulations de la petite propriété, que suivirent les Plaisirs de tout âge, la Sibylle des salons, puis les Métamorphoses du jour, dont les piquantes figures, moitié hommes, moitié animaux, rendirent son nom populaire. Il enrichit de ses dessins la Silhouette, l'Artiste, la Caricature, le Charivari, illustra Guliver, Robinson, Bèranger, Jérôme Pa-turot, interpréta avec un admirable talent les Fables de La Fontaine, donnant aux animaux l'expression de la physionomie humaine , puis en vint h. composer des livres en estampes où le texte n'est plus que l'accessoire (Scènes de la vie privée et publique des animaux, Petites misères de la vie humaine, etc.). Il donna dans les derniers temps de sa vie les Fleurs animées, les Étoiles animées, l'Autre monde, compositions empreintes d'un certain mysticisme qui avait sa source dans la tristesse : il avait perdu coup sur coup une femme qu'il aimait et trois jeunes enfants. Grandville était parvenu à exprimer avec autant de justesse et de concision que d'esprit les sentiments les plus secrets du cœur humain, les traits lesplus fins du caractère.

GRANDVILLLERS, ch.-l. de c. (Oise), à 34 kil. N. O. de Beauvais; 1800 h. Calicot, draperies, etc. Bâti en 1213 par Philippe de Dreux, évêque de Beauvais. Aux env., beau château de Domerancourt.

GRANET (Franc. Marius), peintre, né à Aix en 1775, mort en 1849, était fils d'un maître maçon. Il se trouvait réduit à peindre des poupes et des proues de vaisseau lorsqu'il fut tiré de cette humble profession par le comte de Forbin, son compagnon d'études» Après avoir visité avec cet ami Paris et l'Italie, il s'ouvrit une voie nouvelle en s'attachant aux effets de lumière : il débuta en ce genre par une Yue du cloître des Feuillants, envoya de Rome en 1810 Stella traçant une Vierge sur les murs de sa prison , peignit ensuite le Chœur des Capucins de la place Barberine, où l'illusion est parfaite, et ne cessa de produire d'excellents ouvrages qui assurèrent sa réputation. Admis à l'Académie en 1830, il donna depuis Ja Mort du Poussin (1834), la Communion des premiers chrétiens dans les Catacombes (1837), la Cérémonie funèbre aux Invalides après l'attentat de Fieschi (1839), où son talent se montra sous de nouvelles faces. On l'a quelquefois appelé le Rembrandt français; cependant il réussit le plus souvent à éviter les écueils de l'artiste hollandais. Peintre de la lumière par-dessus tout, Granet a su par le choix des sujets et des lieux, par le caractère de ses personnages, élever son style à la hauteur de la peinture d'histoire. Raoul Rochette a lu à l'Institut, en 1851, une Notice sur cet artiste.

GRANGENEUVE (J. Ant), avocat de Bordeaux, né dans cette ville en 1750, fut nommé député de la Gironde à l'Assemblée législative, puis à la Convention, et prit une part active et honorable à tou-ses les discussions : lors du procès de Louis XVI, if se récusa, ne pouvant, dit-il, réunir en sa personne les fonctions d'accusateur, de témoin et de juge. Il fut compris dans la proscription des Girondins du 31 mai 1793, arrêté à Bordeaux, et guillottiné. Dans la première ardeur de son fanatisme républicain, avant le 10 août, Grangeneuve avait formé le projet de se faire assassiner afin de faire peser les soupçons sur le roi et de soulever ainsi le peuple.

GRANIQUE, Granicus, auj. Oustwlasou, petite riv. de l'Asie-Mineure (Mysie), tombait dans la Pro-pontide, à FO. de Cyzique. Alexandre remporta sur ses bords sa 1" victoire sur les Perses, 334 av. J.-C. Lucullus y battit Mithridate l'an 73 av. J.-C.

GRANJA (La), c-à-d. la Ferme, résidence royale des souverains d'Espagne, près deSt-Ildephonse, est située, comme notre Versailles, sur une éminence. Elle fut fondée par Philippe V. — La Granja a été, le 12 août 1836, le théâtre d'une insurrection militaire qui força la régente Christine à accepter provisoirement la constitution de 1812; une nouvelle constitution fut par suite rédigée et promulguée en 1837 : Espartero eut tout le pouvoir.

GRAN-SASSO ou MONTE-CORNO, un des sommets de l'Apennin central dans l'anc roy. de Naples, à 17 k. N. E. d'Aquila ; 2980m : c'est le plus haut de l'Apennin.

GRANSON, Grandisonium, v. de Suisse (Vaud.), ch..-l. du district, à 32 kil. N. de Lausanne et près de Morat, sur la rive occid. du lac de Neuchâtel; 800 hab. Vieux château, résidence des anciens barons de Granson. Charles le Téméraire y fut complètement battu par les Suisses en 1476.

GRANT (Terre de), côte S. E. de l'Australie, sur le détroit de Bass, s'étend de 138° 15' à 144° 2' long. E.

GRANT (Ch.), homme d'État, né en Ecosse l'an 1746, mort à Londres en 1823, fut nommé par lord Sonrwaûis président du bureau du commerce à Calcutta en 1787; devint en 1793 un des directeurs de la Compagnie des Indes; introduisit d'importantes améliorations et proscrivit le trafic des emplois. Député du comté d'Inverness à la Chambre des Communes, il contribua puissamment à faire renouveler la charte de la Compagnie (1813). H se signala également par sa philanthropie, travailla à l'émancipation des esclaves, à la propagation de l'instruction, et introduisit en Ecosse les écoles du dimanche.

GRANTHAM, V. d'Angleterre (Lincoln), à 35 kil. S. de Lincoln, sur un canal qui aboutit au Trent; 9000 h. Ecole où étudia Newton. Courses de chevaux.

GRANVELLE (Ant. PERRENOTde), cardinal, ministre de Charles-Quint et de Philippe II, né à Ornans près de Besançon en 1517, mort à Madrid en 1586, fut initié à la politique par son père, qui était chancelier de Charles-Quint. Evêque d'Arras dès 23 ans, il montra une grande habileté aux diètes de Worms et de Ratisbonne, où il assistait son père, et fut nommé garde des sceaux en 1544. Il conclut en 1553, contre ies Réformés, une alliance difficile entre l'Espagne et l'Angleterre, qui fut sanctionnée par le mariage du fils de Charles-Quint avec Marie, fille de Henri VIII, roi d'Angleterre. Cette alliance ayant été rompue à l'avènement d'Elisabeth, l'habile ministre en conclut une autre avec la France à Cateau-Cambrésis, en 1559. Chargé enfin, avec Marguerite de Parme, par Philippe II,d'établir dans lés Pays-Bas le gouvt absolu et l'unité religieuse, il s'acquitta de cette mission avec un zèle qui lui valut le chapeau de cardinal (1561) ; mais il se fit par sa rigueur tant d'ennemis qu'il se vit obligé de s'éloigner (1554). Il se retira à Besançon, et s'y livra à la culture des lettres. Philippe II le nomma en 1571 vice-roi de Na-ples, puis le rappela près de lui et lui confia la régence pendant son voyage en Portugal. Promu en 1584 à l'archevêché de Besançon, il mourut avant d'avoir pu se rendre dans son nouveau diocèse. Gran-velle a laissé manuscr. de précieux Mémoires sur les affaires du temps, qui étaient conservés à la bibliothèque de Besançon et qui out été publ. en 1839 et années suiv. par M. Weiss, dans les Documents inédite, sous le titre de Papiers d'État de Granvelle.

GRANVILLE, Grannonum, ch.-l. de cant. (Manche) , sur une presqu'île, à,26 kil. N. O, d'Avranches ;, 13 568 h. Port sûr, mais d'accès difficile : môle magnifique; fortifications. Trib. et chambre de cpmmerce; école de navigation; chantiers de construction; entrepôt de sel. Pêche d'huîtres (dites de Cancale), cabotage, armements pour la pêche de la morue et pour l'Amérique; grand commerce d'exportation avec l'Angleterre. Bateaux à vapeur pour Jersey, — Cette y. se fut qu'un bourg jusqu'au xv" siècle : en 1440 les Anglais en firent une place forte ; elle fut prise par les Français en 1450, brûlée par les Anglais en 1695, assiégée en 1793 par les Vendéens qui ne purent s'en emparer, et bombardée en 1803 par les Anglais.

GRANVILLE (George), vicomte de Lansdowne, homme d'État, né en 1667, mortenl735.Ilse fit remarquer à la Chambre des Communes dans, les rangs des Tories, fut nommé en 1710 secrétaire d'État de la guerre à la place de Robert Walpole, puis fut élevé au rang de pair, démembre du conseil privé, et enfin nommé trésorier de la maison de la reine. Disgracié à l'avènement de George I, il se vit accusé d'avoir favorisé une descente du prétendant en Angleterre, et subit une année de détention, 1715. En 1722 il passa en France, où il demeura dix ans. Ami des lettres, ce lord les cultivait lui-même : ses OEwores, qu'il publia en 1732, se composent de comédies, de tragédies, et de dissertations " historiques. H fut un des protecteurs de Pope.

GRANVILLE SHARP, philanthrope, né en 1735 à Bradford-Dale, mort en 1813, fils d'un doyen du Northum- -berland, fut un des premiers et des plus ardents à combattre l'esclavage des nègres. Il occupait un emploi dans les bureaux de la guerre, et refusa des postes plus importants afin de vaquer librement à. la mission qu'il s'était donnée. Il fit prévaloir ce principe ; que tout esclave qui metle pied sur le sol de la Grande-Bretagne est libre; fonda la colonie de Sierra-Leone en Afrique (1787), et fut un des fondateurs de la Société pour l'abolition de la traite. Il a écrit plus de 50 pamphlets pour répandre ses vues. Il a aussi laissé quelques écrits philosophiques.

GRASSE, ch.-l. d'arr. (Alpes marit.), à 15 kil. de la Méditerranée et à 912 kil. S. E. de Paris; 12825 hab. Trib., collège. Rues étroites, belle promenade du Cours. Huile d'olive, savon, tabac, liqueurs, es-* -sences, parfums renommés. Commerce d'oranges,. citrons, miel, cire, et des produits de ses fabriques. Jadis évêché (T. GOBEAU). Patrie des peintres Fragonard.— Cette ville remonte auxn" siècle-: elle servit* „ souvent d'asile aux habitants de Fréjus et d'Antïbes contre les incursions des pirates.— L'arr. de Grasse appartenait avant 1860 au dép. du Var.

GRASSE (Franc. Jos. Paul, comte de), lieutenant général des armées,navales, né en 1723 à Valette en Provence, mort en 1788, passa par tous les grades, fut nommé chef d'escadre eu 1779, et assista à toutes*" les batailles qui eurent lieu pendant la guerre de l'in-* .. dépendance en Amérique : attaqué en 1782 dans la mer des Antilles près des Saintes par lord Rodney dont . les forces étaient bien, supérieures, il fut forcé d'amener son pavillon après un combat des plus acharnés et resta deux ans prisonnier en Angleterre ; il ne revint en France qu'à la paix. Â son retour il publia un Mémoire justificatif et fut honorablement ac- _ quitté.

GRASSET DE ST-SAUVEUR (Jacq.), compilateur, né en 1757 à Montréal, au Canada, mort en 1810, vint étudier à Paris, et fut longtemps vice-consul en Hongrie et dans le Levant. Il a publié . Costumes civils de tous les peuples connus (avec Sylvain Maréchal), 1784etann. suiv.; Tableaux cosmographiques de l'Ewope, l'Asie, l'Afrique'et l'Amérique, 1787; l'Antique Rome, 1795, en 50 tableaux; Encyclopédie des voyages, 1795-96; le Sérail ou Histoire des mtri- _ gués secrètes du Grand Seigneur, 1796 ; les Fastes du peuple français, 1796 ; Esprit des ana, 1801 ; Voyage pittoresque dans les aualre varties du monde, 1806 ; les Archives de l'honneur, 1805, etc. La plupart de ces écrits sont sans valeur.

GRASSIN (Pierre), vicomte de Busancy, conseiller au parlement de Paris, fonda en 1569 à Paris le collège dit des Grassins, en faveur des pauvres écoliers de la ville de Sens; ce collège était situé rue des Amandiers, sur la montagne Ste-Geneviève. Depuis 1789, il est devenu une propriété particulière.

GRATAROLI (Guill.), médecin du XVÏ" siècle, né à Bergame en 1516, mort en 1568, étudia à l'Université de Padoue, quitta l'Italie désolée par la guerre et par des querelles religieuses, professa la médecine à Marbourg et à Baie, et acquit la réputation d'un habile praticien. On a de lui : De littera-torum valetudine, Paris, 1561; De medicinx et rei herbarix origine, progressu et utilitate, Strasbourg, 1564, ouvrage estimé; Discours sur les moyens de conserver et augmenter la mémoire, traduits du latin par Et. Coppé, Lyon, 1586.

GRATET-DUPLESSIS (Alex.), littérateur, né en 1792 à Janville (Eure-et-Loir), mort en 1853, fut successivement professeur dans divers collèges, proviseur, inspecteur et enfin recteur des Académies de Caen et de Douai. On lui doit la. Bibliographie parémiologique, 1847, indiquant tous les ouvrages consacrés aux proverbes; la publication ou la réimpression de pièces devenues rares (l'Ordre des bannerets de Bretagne, le Doctrinal des nouveaux mariés, le Mirouër des femmes vertueuses, etc.), une bonne édition annotée de La Rochefoucauld (1853), et une collection de petits livres récréatifs, qui parurent sous le pseudonyme d'Hilaire le Gai. — Y. DOLOMIEU.

GRATIANOPOLIS, v. de Gaule, auj. Grenoble.

GRATIANOPOLITANUS* PAGUS , le Grésivaudan.

GRATIEN, Flavius Gratianus, empereur d'Occident, né à Sirmium en 359, fut associé à l'empire ? en 367, par Valentinien I, son père, dès l'âge de | huit ans, et lui succéda en 375, conjointement avec I son jeune frère Valentinien IL II repoussa les Alle-| mands et les Goths. Le trône de Constantinople étant 1 devenu vacant par la mort de Valens, il y éleva ï Théodose, le plus habile de ses généraux, 379. Gra-| tien, élève d'Ausone, aimait les lettres, mais était fort 1 hostile au paganisme; ayant fait enlever du Capitole » la statue de la Victoire, il se rendit par là odieux j aux Romains, et dès que le tyran Maxime se fut fait j proclamer dans la Grande-Bretagne, il se vit aban-i donné de ses sujets. Il fut pris et mis à mort jprès I de Lyon par Andragathius, lieutenant de Maxime, j**en 383.

GRATIEN, canoniste, né à Chiusi en Toscane, em-j brassa la vie religieuse à Bologne, et mourut dans j cette ville vers le milieu du xu" siècle. Il est auteur j d'un recueil des décisions des papes, connu sous le j nom de Décret de Gratien, qui fut publié pour la | 1" fois en 1151 et qui a été plusieurs fois imprimé. -; notamment à Strasbourg en 1471, et tout récem-I ment à Leipsick, dans le Corpus juris canonici de I Richter, 1833-39. Y. DECRETALES. |

GRATIOLET (Louis-Pierre), naturaliste, né à § Ste-Foy (Gironde), m. en 1865, fut l'élève et j (1844-50) le suppléant de Blainville, puis profes-j seur à la Faculté des sciences de Paris ; a laissé de | savants Mémoires, et donné un tome n à VAnatomie i comparée du système nerveux, de Leuret, 1858. S

GRATIUS FALISCUS, poète latin, né à Faléries, i v. des Falisques, était contemporain et ami d'Ovide, i qui le cite avec éloge. Il a laissé un poëme intitulé : 1 Cynegeticon, qui, publié pour la 1" fois à Bologne, Jj 1504, in-ldl., a souvent été réimprimé. Il a ététra-~ duit en prose par Cabaret - Dupaty ( dans la j collection Panckoucke), et en vers par L. A. Ja-|**quot, 1854.<

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