Dictionnaire infernal/6e éd., 1863/Lettre X

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Collin de Plancy
Henri Plon, 1863 (6e éditionpp. 698-707).
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mourut, si l’on ne pouvait en venir-à bout d’une autre manière, et s’il n’y avait que ce moyen de conjurer Ta mort de la femme Wakeman et la venue immédiate du jugement dernier. Quelques témoins ont déclaré que Mathews aurait dit qu’il consentait volontiers à faire le sacrifice de sa vie.

» Les prières se continuèrent encore pendant une heure. Sanford et sa femme visitèrent encore une fois Mathews ; Wooding et Sly étaient avec eux. À ce moment, Jackson cria du haut de l’escalier que si l’on n’emmenait pas Mathews l’esprit malin allait certainement tuer la femme Wakeman. Les quatre visiteurs quittèrent aussitôt la chambre, Sanford et sa femme remontant l’escalier pour prendre leurs effets, dans l’intention de redescendre pour ramener Mathews chez lui, Wooding et Sly entrant dans une chambre contiguë à celle où était resté Mathews.

» Il s’était a peine écoulé quelques minutes, quand on entendit en haut des cris et Je bruit d’une lutte partant de la chambré du bas. Sanford, sa femme et mistress Davis se précipitèrent vers cette chambre, dont ils trouvèrent la porte fermée à l’intérieur ; ils tentèrent de l’enfoncer et ne purent y réussir. À ce moment Wooding et Sly ne furent vus par personne en dehors de cette chambre.

» Sanford partit de suite pour Hamden, résidence de la famille Mathews, et il revint le matin avec le fils de ce malheureux fanatique. Ils pénétrèrent dans la chambre, sans difficulté cette fois, ils y trouvèrent Mathews étendu, sur le parquet, le cou horriblement coupé, déchiqueté par cinq ou six blessures béantes, et le ventre percé de douze autres blessures qui paraissaient avoir été faites avec une fourchette qu’on retrouva sur la table. Une large mare de sang couvrait le milieu de la chambre, dont la porte principale était encore fermée à l’aide de coins de bois placés dans le loquet.

» La police fut immédiatement avertie, et tous les habitants de cette funeste maison furent arrêtes.

» Voici le résumé des aveux qui ont été faits par Sly devant le jury d’enquête.

» Il a commencé par déclarer qu’il était seul coupable du meurtre de Mathews. Cependant, vers la fin de ses déclarations, il a semblé désigner Jackson et miss Hersey comme l’ayant assisté et s’étant rendus ses complices.

» Il raconte que sa sœur, la femme Wakeman, souffrait tellement de l’esprit ou du pouvoir qui était en Mathews, qu’il a pensé, lui, qu’il y avait quelque chose à faire pour l’en délivrer. À cet égard, il s’est consulté avec Jackson sur l’effet probable que produirait sur Mathews, un bâton de coudrier, et il s’en était procuré un depuis quelques jours, dans la prévision qu’une opération de ce genre deviendrait nécessaire. Il pensait dissiper l’enchantement en combinant ce moyen avec une infusion d’écorce de coudrier et d’aune dans du thé. Le bâton qu’il s’est procuré a un pouce de diamètre et un pied et demi de longueur. Il l’avait placé dans la chambre voisine de celle où était Mathews. Jackson et miss Hersey étaient là quand il est venu prendre cette arme.

» Quand il a compris que Sanford et sa femme se disposaient à emmener Mathews, il est rentré dans la chambre, dont il a fermé la porte. Il s’est approché de Mathews, qui avait toujours les yeux bandés et les mains liées, et lui a porté sur la tempe droite un coup de bâton si violent qu’il l’a renversé de sa chaise sur le parquet. Il a continué à le frapper ; puis, tirant son couteau de sa poche, il lui a fait les blessures du cou. Mathews a crié, mais il n’a pas prononcé une parole après le premier coup porté. Sly, prenant alors la fourchette dont il a été parlé, lui a fait ensuite les blessures constatées au ventre. Il dit qu’il n’avait d’abord l’intention d’user que de son bâton, mais qu’ensuite il a été poussé par Une influence qu’il ignore à se servir de son couteau et de la fourchette.

» Il est resté là, renfermé pendant une demi-heure, après laquelle il est rentré dans l’autre chambre, où était miss Hersey ; il tenait d’une main son bâton sanglant, et une lumière de l’autre main. C’est devant elle qu’il a lavé ses mains et qu’il a arraché et brûlé les manches de sa chemise, qui étaient ensanglantées. Il a ensuite brisé en trois morceaux le bâton dont il s’était servi et il a jeté ces morceaux., avec son couteau, dans les lieux d’aisances. »

Nous ne savons pas quel jugement a couronné cette procédure.

Walhalla, Paradis des guerriers chez les anciens Scandinaves. Pour y entrer, il fallait être mort en combattant. On y buvait de la bière forte dans une coupe qui ne se vidait jamais. On y mangeait des grillades d’un sanglier vivant, qui se prêtait à la chose et qui était toujours entier.

Walkiries, fées des Scandinaves. Elles ont, comme la mythologie dont elles dépendent, un caractère très-sauvage. Voy. Vade.

Wall, grand et puissant duc du sombre empire ; il a la forme d’un dromadaire haut et terrible ; s’il prend figure humaine, il parle Égyptien ; il connaît le présent, le passé et l’avenir ; il était de l’ordre des puissances. Trente-six légions sont sous ses ordres.

Walter. Jacques Ier, roi d’Ecosse, fut massacré de nuit, dans son lit, par son oncle Walter, que les historiens français ont appelé Gauthier, et qui voulait monter sur le trône. Mais ce traître reçut à Edimbourg le prix de son crime ; car il fut exposé sur un pilier, et là, devant tout le monde, on lui mit sur la tête une couronne de fer qu’on avait fait rougir dans un grand feu, avec, cette inscription : Le roi des traîtres. Un astrologue lui avait promis qu’il serait couronné publiquement, dans une grande assemblée de peuple…

Walter-Scott. L’illustre romancier a publié sur la démonologie et les sorciers un recueil de lettres qui expliquent et qui éclaircissent certaines particularités mytérieuses, croyances et traditions populaires dont il a fait usage si souvent et si heureusement, dans ses romans célèbres. Il est fâcheux que les opinions religieuses de l’auteur anticatholique aient déteint dans son esprit un peu trop de scepticisme. Il est trop enclin à ne voir dans les matières qui font le sujet de ses lettres que les aspects poétiques ; et s’il est agréable de le suivre dans des recherches piquantes, il faut recommander, de le lire, avec toute réserve ; car il est là, comme dans ses romans, opposé en toute occasion à l’Église romaine.

 
Wall.
 

Dans la première lettre, il établit que le dogme incontestable d’une tune immatérielle a suffi pour accréditer la croyance aux apparitions.

Dans la deuxième, il s’arrête à la tradition du péché originel ; il y trouve la source des communications de l’homme avec les esprits. Il reconnaît que lés sorciers et magiciens, condamnés par la loi de Moïse, méritaient la mort, comme imposteurs, comme empoisonneurs, comme apostats ; et il remarque avec raison qu’on ne voyait pas chez les Juifs et chez les anciens, dans ce qu’on appelait un magicien ou un devin, ce que nous voyons dans les sorciers du moyen âge, sur lesquels, au reste, nous ne sommes encore qu’à demi éclairés.

La troisième lettre est consacrée à l’étude de la démonologie et des sorciers chez les Romains, chez les Gel Les et chez les différents peuples du Nord. Les superstitions des anciens Celtes subsistent encore en divers lieux, dit l’auteur, et les campagnards les observent sans songer à leur origine.

La quatrième et la cinquième lettre sont consacrées aux fées.

La sixième lettre traite principalement des esprits familiers, dont le plus illustre était le célèbre Puck ou Robin Goodfellow, qui chez les sylphes jouait en quelque sorte le rôle de fou ou de bouffon de la compagnie. Ses plaisanteries étaient du comique à la fois le plus simple et le plus saugrenu : égarer un paysan qui se rendait chez lui, prendre la forme d’un singe afin de faire tomber une vieille commère sur son derrière, lorsqu’elle croyait s’asseoir sur une chaise, étaient ses principales jouissances. S’il se prêtait à faire quelque travail pour les gens de la maison pendant leur sommeil, c’était à condition qu’on lui donnerait un déjeuner délicat.

La septième, la huitième et la neuvième lettre s’occupent des sorciers et de la sorcellerie. La dernière est consacrée aux devins et aux revenants. Tout ce dictionnaire est parsemé de faits et de documents pour lesquels nous avons puisé et cité en leur lieu tout ce qui, dans ce livre de démonologie, peut intéresser le lecteur.

Wattier (Pierre). Il a publié, au dix-septième siècle, la Doctrine et interprétation des songes, comme traduite de l’arabe de Gabdorrhaman, fils de Nosar ; in-12, Paris, 1664.

Wechselbalg. La wechselbalg est, dans l’île de Man, une fée ou un lutin qui mange tout ce qui se trouve sous sa main dans les maisons qu’il ou qu’elle hante.

Welz (André), bourgeois de Dottingen, dont la maison, en 1689, fut hantée par un esprit frappeur. Il se montra une fois en oiseau gris, une autre fois en vieille femme laide, une autre fois en chat et fit divers tours.

Wenham (Jane), Anglaise qui se tuait à se faire passer pour sorcière au commencement du dix-huitième siècle. On l’amena au juge Powel, qui était un homme éclairé. Des témoins étaient là qui juraient l’avoir vue voler en l’air. Jeanne se gardait bien de les démentir. Le juge lui demanda s’il était vrai qu’elle eut ce pouvoir, et la pauvre femme en convint naïvement. — Eh bien, dit Powel, je ne vois rien dans la loi qui vous empêche de vous donner ce plaisir. Allez-vous-en à vos affaires ; et Jeanne Wenham se retira triste de voir tomber sa réputation de sorcière.

Wesley, fondateur de la secte des méthodistes. Sa maison fut visitée aussi par un esprit frappeur. Il se montra un jour sous la forme d’un basset, un autre jour sous celle d’un petit lapin, qui disparut lorsqu’on voulut le toucher avec des pincettes.

Wiclef. On croit qu’il fut étranglé par le diable.

Wierus ou Wier (Jean), célèbre démonographe brabançon, élève d’Agrippa, qu’il a défendu dans ses écrits. On lui doit les cinq livres Des prestiges des démons, traduits en français sous ce titre : Cinq livres de l’imposture et tromperie des diables, des enchantements et sorcelleries, pris du latin de Jean Wier, médecin du duc de Clèves, et faits français par Jacques Grevin, de Clermont. Paris, in-8°, 1569.

L’ouvrage de Wierus est plein de crédulité, d’idées bizarres, de contes populaires, d’imaginations, et riche de connaissances. C’est ce même écrivain qui a publié un traité curieux des lamies et l’inventaire de la fausse monarchie de Satan (Pseudomonarchia Dæmonum), où nous avons trouvé de bonnes désignations sur presque tous les esprits de ténèbres cités dans ce dictionnaire.

Wilis. Dans quelques contrées de l’Allemagne, toute fiancée qui meurt avant le mariage, « pour peu que de son vivant elle ait un peu trop aimé

 
 
la danse, devient après sa mort une wili, c’est-à-dire un fantôme blanc et diaphane, qui s’abandonne chaque nuit à la danse d’outre-tombe. Cette danse des morts ne ressemble en rien à la danse terrestre : elle est calme, grave, silencieuse ; le pied effleure a peine la fleur chargée de rosée. La lune éclaire de son pâle rayon ces ébats solennels : tant que la nuit est au ciel et sur la terre, la ronde poursuit son chemin dans les bois, sur les montagnes, sur le bord des lacs bleus. Avez-vous rencontré, à la fin d’une pénible, journée de voyage, quand vous allez au hasard loin des chemins tracés, ces flammes isolées qui s’en vont ça et là à travers les joncs des marécages ? Malheureux voyageur, prenez garde ! ce sont les wilis qui dansent, c’est la ronde infernale qui vous provoque de ses fasci­nations puissantes. Prenez garde, n’allez pas plus loin, ou vous êtes perdu. Les wilis, ajoute Jules Janin, que nous copions ici, sautent jusqu’à l’extinction complète de leur partner mortel. » Voy. Courils.

Wiulmeroz (Guillaume), sorcier en Franche-Comté, vers l’an 1600. Son fils, âgé de douze ans, lui reprocha d’avoir été au sabbat et de l’y avoir mené. Le père, indigné, s’écria : « Tu nous perds tous les deux !… » Il protesta qu’il n’avait jamais été au sabbat. Néanmoins, on prononça son arrêt, parce qu’il y avait cinq personnes qui le chargeaient ; que d’ailleurs sa mère avait été suspecte, ainsi que son frère, et que beaucoup de méfaits avaient été commis par lui.

Comme il fut démontré que l’enfant ne participait pas à la sorcellerie, il fut élargi[1].

Wivre, monstre du moyen âge, à qui on a donné des formes fantastiques.

« Sur le plateau de Haute-Pierre, dans la Franche-Comté, on a vu quelquefois passer une autre Mélusine, un être moitié femme et moitié serpent. C’est la wivre ; elle n’a point d’yeux, mais elle porte au front une escarboucle qui la guide comme un rayon lumineux le jour et la nuit. Lorsqu’elle va se baigner dans les rivières, elle est obligée de déposer cette escarboucle à terre, et si l’on pouvait s’en emparer, on commanderait à tous les génies ; on pourrait se faire apporter tous les trésors enfouis dans les flancs des montagnes. Mais il n’est pas prudent de tenter l’aventure ; car, au moindre bruit, la wivre s’élance au dehors de la rivière, et malheur à celui qu’elle rencontre ! Un pauvre homme de Moustier, qui l’avait suivie un jour de très-loin, et qui l’avait vue déposer son escarboucle au bord de la Loue et plonger ses écailles de serpent dans la rivière, s’approcha avec précaution du bienheureux talisman ; mais à l’instant où il étendait déjà la main pour le saisir, la wivre, qui l’avait entendu, s’élance sur lui, le jette par terre, lui déchire le sein avec ses ongles, lui serre la gorge pour l’étouffer ; et si ce n’était que le malheureux avait reçu le matin même la communion à l’église de Lods, il serait infailliblement mort, sous les coups de cette méchante wivre ; mais il rentra chez lui le visage et le corps tout meurtris, se promettant bien de ne plus courir après l’escarboucle[2]. »

Woden, dieu suprême des anciens Germains, le même qu’Odin. On laissait dans les moissons des épis pour ses chevaux, et dans les bois du gibier pour sa chasse. Les chercheurs ont trouvé que Woden, dont les races germaniques ont fait God, en se convertissant au christianisme, a de l’analogie avec le Bouddha des Indiens[3].

Wolotys, monstres épouvantables qui, selon le récit de Lomonosoff, étaient chez les Slavons comme les géants chez les Grecs.

Woodward. Un médecin empirique, James Woodward, surnommé le Docteur noir à cause de son teint, est mort en 1844 à Cincinnati, laissant une fortune considérable. On a été surpris de trouver chez lui, dans une grande armoire vitrée, une immense quantité de petites fioles de diverses dimensions, les unes pleines et les autres vides, et portant sur leurs étiquettes les noms et demeures de personnages-habitant les différents États de l’Union. Il y en avait aussi du Canada, des Antilles et du Mexique. Voici quel en était l’usage : le Docteur noir se vantail de découvrir le diagnostic de toutes les maladies par des émanations des consultants, à quelque distance qu’ils fussent de lui. Le malade devait tremper son doigt pendant une heure dans Une fiole remplie de l’eau la plus pure, et lui envoyer ensuite cette fiole soigneusement bouchée. L’eau, se trouvant ainsi imprégnée des sueurs du malade, était soumise à une analyse chimique. Le Docteur noir, sans autre indication, répondait au malade qu’il était attaqué ou menacé de phthisie, de péripneumonie, de goutte, de rhumatisme, etc., et il faisait ses prescriptions en conséquence. Quand il rencontrait juste, on était émerveillé de sa science profonde, et l’on demandait une consultation nouvelle, payée plus cher que la première. Les registres du docteur ont constaté-qu’il avait répondu avec les plus grands détails à un grand nombre de ses malades, sans prendre la peine d’analyser leurs émanations, car les fioles étaient encore hermétiquement fermées.

Wortigern, roi d’Angleterre. Voy. Merlin.

Wulson de la Colombière (Marc). On lui doit le Palais des curieux, où, entre autres sujets, il est question des songes, avec un traité de la physionomie. Orléans, 1660.



X

Xacca, philosophe indien, né à Sica, mille ans avant noire ère, el regardé par les Japonais comme leur législateur. Il leur persuada que, pour gagner le ciel, il suffisait de prononcer souvent ces mots : nama, mio, foren, qui, quio. Jusqu’ici, aucun interprète n’a pu deviner le sens de ces paroles. Ce fut Xacca qui introduisit au Japon le culte d’Amidas[4].

Xaphan, démon du second ordre. Quand Satan et ses anges se révoltèrent contre Dieu, Xaphan se joignit aux mécontents, et il en fut bien reçu, car il avait l’esprit inventif. Il proposa aux rebelles de mettre le feu dans le ciel ; mais il fut précipité avec les autres au fond de l’abîme, où il est continuellement occupé à souffler la braise des fourneaux avec sa bouche et ses mains. Il a pour emblème un soufflet.

Xeirscopie. Voici sur ce sujet de charmants traits d’un spirituel écrit de M. Munier des Closeaux :

« Xeirscopie, de xeir, main, et scopeô, j’examine. Les lecteurs sont priés de supposer que les deux mots xeir et scopeô sont écrits en langue grecque, ainsi qu’ils ont droit de l’être ; nous avons mille raisons pour les écrire en lettres ordinaires ; la première et la meilleure de ces mille raisons, c’est celle qui fait qu’on ne lire pas le canon dans les villes qui n’ont pas de canons.

» La signification positive de xeirscopie est donc examen de la main ; mais il en est du mot xeirscopie comme du mot cranioscopie, qui signifié proprement examen, inspection du crâne, et qui, par extension, veut dire aussi art de reconnaître le développement des parties du cerveau, des organes particuliers, ou des conditions matérielles de l’intelligence, d’après la configuration extérieure du crâne. Xeirscopie ne veut pas dire seulement examen, inspection de la main ; il signifie encore l’art de connaître le caractère des hommes d’après la conformation de leur main.

 
Xaphan.
 

» La xeirscopie est donc un système de physiognomie à ajouter au système de Lavater et à celui de Gall.

» Au premier coup d’œil, nous avons considéré la xeirscopie comme une plaisanterie ; il a dû en être de même des doctrines de Lavater et de Gall à leur origine. On en a ri beaucoup avant de les élever à l’état de science ou de quasi-science ; mais un examen attentif nous a prouvé que l’inventeur de la nouvelle doctrine prend la chose au sérieux ; c’est très-sérieusement qu’il prétend trouver dans les différentes parties dont se compose une main des indications aussi nombreuses, aussi variées, aussi certaines que peut en fournir la configuration d’un crâne plus ou moins bossue.

» L’inventeur de la nouvelle doctrine a des titres qui doivent inspirer la confiance, les voici avec ses noms et prénoms : W.-F. Sargenkœnig, docteur en médecine de l’université de Wurlzbourg, conseiller et professeur de physiognomonique à l’université d’Iéna, membre de toutes les académies d’Allemagne et de plusieurs autres sociétés savantes. Après cela, croyez si vous voulez. Au fait, nous ne voyons pas pourquoi des passions qui se trahissent sur la boîte osseuse qui leur sert de domicile ne viendraient pas aussi révéler leur existence par quelques modifications dans la conformation de l’organe qui leur sert d’agent principal et plus habituel.

 
 

» Dans notre siècle de lumières, on ne croit plus aux sorciers ; on traite de fables ridicules les prédictions faites par des sorciers d’une autre époque, au moyen d’un examen attentif de la paume de la main. Il est prouvé pourtant, à en croire les almanachs, que beaucoup de prédictions de ce genre se sont réalisées.

» Ainsi, la mulâtresse qui, après avoir examiné la main de la belle et gracieuse créole de a Martinique, lui prédit qu’elle serait un jour plus que reine, c’est-à-dire impératrice des Français, reine d’Italie, et, par alliance, protectrice de la confédération du Rhin et médiatrice de la confédération suisse, n’était pas, comme on l’a toujours dit, une vieille sorcière tannée, mais bien une xeirscope naturelle, possédant la xeirscopie par intuition. Au train dont vont les choses, bien d’autres mystères seront certainement éclaircis. On ne s’est pas arrêté à Lavater, Gall est venu à son tour ; on ne s’est pas arrêté à la phrénologie ; voici venir le savant docteur W.-F. Sargenkœnig ; on ne s’arrêtera pas à la xeirscopie. Un petit os de quelques lignes suffisait à Cuvier pour recomposer un animal antédiluvien ; un jour peut-être il suffira d’un fragment d’os pour faire, en ce qui concerne l’homme et sous le rapport moral, ce que Cuvier n’a jamais prétendu faire que pour les animaux, et seulement au physique. Quel siècle que notre siècle !

» Le docteur Sargenkœnig prend pour point de départ une passion bien commune, presque générale ; la colère ; en latin ira ou furor brevis. Qu’est-ce que la colère ? C’est une passion violente dont les caractères les plus saillants sont l’accélération du cours du sang et de la respiration, une coloration très-vive de la face, avec des yeux étincelants joints à l’expression menaçante de la voix et des gestes (n’oublions pas et des gestes) ; ou bien, pâleur de visage, tremblement involontaire, altération de la voix, etc., etc. Tous ces phénomènes sont l’effet de l’état d’excitation violente dans lequel est entré le cerveau, à l’occasion d’une cause quelconque. Celte définition de la colère est toute médicale. Suivant les crânioscopes, l’état d’excitation violente dans lequel entre le cerveau, s’il se prolonge ou s’il se renouvelle fréquemment, produira à la longue une bosse au crâne, Quelle bosse ? Nous n’en savons vraiment, rien, mais enfin nous acceptons la bosse. Mais dans la colère, il y a expression menaçante delà, voix et du geste ; quel est l’organe principal du geste ? n’est-ce pas la main ? Dans la colère, la main ne se crispe-t-elle pas ? L’homme en colère ne ferme-t-il pas la main, ne roidit-il pas le poing comme s’il voulait frapper quelqu’un ou quelque chose ? Ces données admises, et elles ne peuvent pas ne pas l’être, l’homme qui aura fait une étude particulière de la, main ne pourra-t-il pas découvrir dans la conformation, de cet organe chez une personne

 
 
si elle se met habituellement en colère ? En ce qui concerne la colère, il saute aux yeux de tout le monde que la xeirscopie offre des indications bien autrement certaines, bien autrement saisissables que la crânioscopie.

» Maintenant et pour l’utilité d’application, le docteur Sargenkœnig prouve sans peine que la xeirscopie laisse bien loin derrière elle son aînée. Jadis, avant de se lier avec une personne, on prenait la peine d’étudier son caractère, ses mœurs, ses habitudes ; tout cela est maintenant inutile ; la nature a pris soin de nous tout révéler ; si nous sommes trompés, c’est que nous le voulons bien. El pourtant on ne peut guère dire à une personne avec laquelle on veut former une liaison : Je me sens disposé à vous aimer ; vous avez, suivant Lavater, une physionomie fort heureuse ; mais pour être plus sûr de mon fait, permettez que je vous tâte le crâne ; si vous n’avez aucune protubérance fâcheuse, je vous accorderai mon estime et vous demanderai votre amitié. Avec la xeirscopie, il suffit d’une poignée de main artistement donnée.

» Vous voulez vous marier. En pareil cas, de part et d’autre ; on dissimule le plus habilement possible ses défauts ; le jeune homme est prévenant, affectueux ; la demoiselle fait patte de velours avec infiniment de grâce. Dans une pareille circonstance, impossible encore de tâter mutuellement le crâne ; mais il est toujours permis au fiancé de prendre la main de sa fiancée ; il peut, sans manquer aux règles de la décence, explorer doucement la face palmaire, l’éminence thénar et l’éminence hypothénar, la face dorsale, etc., etc. Il y a tel signe auquel on peut infailliblement reconnaître que l’un des deux époux sera égratigné avant la fin de la lune de miel.

» Les préjugés ne sont pas tous menteurs. On croit généralement que dans la cérémonie du mariage, si la jeune ou vieille épouse, au moment où le marié lui passe l’anneau au doigt annulaire, ou au quatrième des prolongements de l’extrémité du membre pectoral, parvient à fermer le doigt assez tôt pour que l’anneau ne

 
 
franchisse pas la dernière phalange, elle sera maîtresse de la maison. Ce préjugé n’en est pas un. Ce mouvement instinctif du fléchisseur du quatrième prolongement de l’extrémité du membre pectoral est très-clairement expliqué comme effet physique d’une cause morale dans le traité de xeirscopie du docteur Sargenkœnig. En huit pages, le docte professeur démontre que celle action rapide du fléchisseur particulier du quatrième doigt prouve une grande fermeté de caractère et beaucoup d’énergie et d’obstination dans la volonté.

» Comme étude, la crânioscopie est auprès de la xeirscopie un enfantillage. On peut devenir crânioscope sans connaître le moins du monde l’anatomie ; la besogne d’ailleurs est toute mâchée : avec une tête de carton verni sur laquelle sont indiquées des cases soigneusement marquées par des numéros, on peut tout apprendre. Il n’en est pas de même en xeirscopie ; c’est une étude longue, patiente, qui nécessite des connaissances préliminaires. Dans la pratique, il faut de l’aptitude et beaucoup de tact. En s’intitulant phrénologues, les crânioscopes ont quelque peu étendu leur domaine, mais en définitive tout chez eux se réduit à des bosses plus ou moins prononcées. Les coryphées de la science, lès docteurs, les professeurs ont pu éprouver le besoin de pénétrer plus avant dans les mystères, d’assigner une place distincte à chaque passion, à chaque penchant, à sensation ; mais celle besogne chaque primordiale terminée, la science s’est trouvée créée tout entière ; elle a été livrée sans réserve à la pratique. Quelle différence en, ce, qui concerne la main ! là, pas de bosses, pas de cavernes, mais des détails infinis à étudier. C’est à ce point que nous sommes contraint d’avouer qu’en lisant l’ouvrage, trop savant selon nous, du docteur Sargenkœnig… nous nous sommes perdu cent fois au milieu de ses descriptions anatomiques. Les crânioscopes auront beau faire, ils auront beau prendre des crânes monstrueux et en multiplier les divisions, ils n’arriveront jamais à y placer toutes les opérations, bonnes ou mauvaises, de l’intelligence humaine. Dans une main, au contraire, il y a place pour tout.

» Prenez la paume de la main, ou, pour parler correctement, la face palmaire. Cette partie de a main qui se termine à son extrémité supérieure à l’attache, des premières phalanges, à son extrémité inférieure à l’articulation corpo-brachiale, d’un côté à l’éminence thénar, de l’autre à l’éminence hypothénar, n’a pas, chez les hommes les plus herculéennement constitués, plus de trois pouces carrés d’étendue, et elle contient un monde de passions, de désirs, de penchants vertueux ou criminels. L’éminence thénar seule, c’est-à-dire cette grosseur qui a le pouce pour prolongement, compte douze muscles au moins qui viennent s’y rattacher et s’y confondre. Un de ces muscles, par une saillie imperceptible à l’œil, mais reconnaissable au toucher d’une main exercée, révèle chez celui qui peut offrir cet heureux indice le don de l’éloquence au plus haut degré. Comment l’éloquence va-t-elle se nicher là ? Pour vous l’expliquer, il faudrait vous conduire à travers un labyrinthe inextricable, dans lequel nous nous sommes perdu le premier : nous aimons mieux vous engager à croire le docteur Sargenkœnig sur sa parole. D’ailleurs des planches sont jointes au texte du livre ; et quand vous aurez vu l’éminence thénar de Pitt mise à nu, et que vous l’aurez comparée à celle d’un homme ordinaire, il vous sera loisible, comme à nous, de croire sans comprendre.

» Le docteur Sargenkœnig a enrichi, à ce qu’il paraît, le musée de l’université d’Iéna d’une nombreuse collection xeirscopique ; il a fourni des mains prises dans toutes les conditions sociales ; nous regrettons que celle de Napoléon manque : nous aurions aimé à voir expliquer parle professeur comment cette main si blanche, si douce, aux muscles si peu accusés, pouvait indiquer une aussi grande puissance de volonté, tant de génie ; tout ce que les phrénologues enfin ont trouvé dans la tête du grand homme. Ledocteur s’en serait tiré, nous n’en doutons pas, car il se tire de tout à sa satisfaction. Mais il n’hésite pas à le déclarer, les mains reproduites en plâtre ne lui fournissent que des indications fort incertaines. La xeirscopie ne s’exerce avec avantage que sur la main naturelle et vivante ; pour elle, les secrets de la nature doivent être pris sur le fait ; elle laisse à la crânioscopie les bosses permanentes.

» On comprend que dans un pareil livre les exemples invoqués doivent être nombreux. Les exemples prouvent beaucoup, mais c’est quand ils sont eux-mêmes prouvés, et pour ajouter foi à ce que le docteur fournit à l’appui de son système, il faut être déjà prédisposé à croire. Un jour, par exemple, le docteur reçoit la visite d’un individu qui se ; présentait à lui avec une lettre d’introduction. C’était, lui disait-on, un savant distingué qui désirait se perfectionner auprès de lui. M. Sargenkœnig tend la main à son visiteur qui la lui serre avec effusion. Tout à coup le docteur relire, sa main comme si un fer rouge l’eût brûlée. Fuyez, malheureux, lui dit-il, ma maison ne peut pas servir d’asile à un meurtrier. L’individu se trouble, pâlit, tombe aux genoux du professeur et avoue son crime. On rencontre vingt ou trente événements de ce genre dans le Traité de xeirscopie. Nous sommes trop poli et nous savons trop bien ce que nous devons à un savant étranger pour révoquer sa sincérité en doute, mais tout le monde pensera avec nous qu’il faudra encore bien des exemples, et des exemples bien authentiques, pour que l’on se décide à substituer la xeirscopie à l’épreuve de la cour d’assises.

» Nous avons cherché avec soin dans le livre du professeur allemand quelques indications propres à établir que certains proverbes relatifs à la main, et nous professons un grand respect pour les proverbes, sont fondés en raison. Ainsi on dit ordinairement des personnes, dont les veines de la main sont saillantes et très-visibles : qui voit ses veines voit ses peines. Nous n’avons rien trouvé. Cette particularité s’explique tout naturellement et sans le secours d’aucune influence morale. Les Veines sont saillantes chez les sujets pléthoriques, elles sont visibles chez les sujets à peau délicate, chez ceux dont le chorion manque de densité. Le chorion est la partie la plus épaisse du tissu de la peau.

» On prétend que les Normands ont les doigts crochus. Généralement les Normands ont le caractère processif et quelque peu rapace. Autre-fois, dit-on encore, quand un enfant normand venait au monde ; on le lançait contre, un mur ; s’il parvenait à s’y accrocher, il était déclaré bon Normand et digne enfant de la famille ; s’il tombait, on le laissait, sans pitié, se casser la tête. NOUS avons demandé au livre du docteur Sargenkœnig quels sont les indices d’un caractère processif et d’un penchant à la rapacité. Nous avons trouvé que les individus dont les phalanges dépassent le volume ordinaire sont naturellement difficultueux ; difficultueux peut bien être accepté comme synonyme de processif. Quant à la rapacité, elle est signalée par une grande élasticité des fléchisseurs. Les doigts crochus ne signifient donc absolument rien.

» Dans l’impossibilité où nous nous trouvons de suivre le docteur allemand dans le développement de sa théorie, et cela, comme nous avons dit déjà y faute de connaissances préliminaires suffisantes, nous nous bornerons à ces principes généraux et d’application usuelle.

» Une main potelée, douce, molle, avec lés doigts effilés et leur surface dorsale un peu saillante dénote un caractère facile, timide et faible. Une main large, d’une largeur qui n’est pas en proportion avec la Constitution physique de l’individu, si la surface palmaire ne forme pas cavité, si, en d’autres termes, la main ouverte et renversée ne laisse qu’à peine apercevoir les deux éminences, annonce un caractère absolu, tranchant et de la sécheresse de cœur. La rigidité des extenseurs externes est généralement une indication fâcheuse ; c’est la preuve d’un caractère qui manque de franchise ; c’est aussi le signe de l’avarice.

» Il y a ici quelque chose qui semble se rapporter à une locution assez usitée. On dit : avoir le cœur sur la main. Quand on prononce cette phrase, il semble que l’on voie une main toute grande ouverte, la main d’une personne qui ne sait rien refuser. La rigidité des extenseurs, s’oppose à ce que la main s’ouvre avec facilité. L’aisance dans les fléchisseurs, au contraire, est un indice de générosité. Le volume disproportionné de l’éminence thénar, si la face dorsale de la main est potelée, révèle des passions généreuses. S’il arrive, ce qui est peu ordinaire, que l’éminence hypothénar l’emporte en volume sur l’autre éminence, c’est la plus déplorable de toutes les indications. L’individu colère a l’attache des premières phalanges très-marquée. La surface dorsale des doigts grasse et couverte d’un léger duvet dénote un individu voluptueux. La main sèche et plate, avec les doigts carrés à leur extrémité, est l’indication d’un cerveau propre à l’étude des sciences exactes.

» La xeirscopie est une science, à l’état d’enfance. On se moquera probablement du docteur Sargenkœnig, comme on s’est moqué de Gall lorsqu’il a mis son système en avant. Qui sait pourtant si la xeirscopie n’est pas destinée à faire son chemin comme la crânioscopie a fait le sien ? Au surplus, comme nous l’avons dit, on ne s’arrêtera pas là. Nous connaissons déjà un homme très-sérieux, employé supérieur au ministère de la guerre en France, qui ne demande que deux lignes de l’écriture d’une personne pour reconnaître si elle a eu, ou si elle aura des garçons ou des filles. Auprès de ces sorciers-là, les crânioscopes et les xeirscopes, si le docteur Sargenkœnig n’est pas le seul de sa bande, font certainement triste figure. »

Xerxès. Ayant cédé aux remontrances de son oncle Artaban, qui le dissuadait de porter la guerre en Grèce, il vit dans son sommeil un jeune homme d’une beauté extraordinaire qui lui dit : — Tu renonces donc au projet de faire, la guerre aux Grecs, après avoir mis tes armées en campagne ?… Crois-moi, reprends au plus tôt cette expédition, ou tu seras dans peu aussi bas que tu te vois : élevé aujourd’hui. Cette vision se répéta la nuit suivante. Le roi étonné envoya chercher Artaban, le fit revêtir de ses ornements royaux, en lui contant la double apparition qui l’inquiétait, et lui ordonna de se coucher dans son lit, pour éprouver s’il ne se laissait, point abuser par l’illusion d’un songe. Artaban, quoiqu’il craignît d’offenser les dieux, en les mettant ainsi à l’épreuve, fit ce que le roi voulut, et lorsqu’il fut endormi, le jeune homme, lui apparut et lui dit :

« J’ai déjà déclaré au roi ce qu’il doit craindre, s’il ne se hâte d’obéir à mes ordres ; cessé donc de t’opposer à ce qui est arrêté pari les destins. En même temps il sembla à Artaban que le fantôme voulait lui brûler les yeux avec un fer ardent, il se jeta au bas du lit, raconta à Xerxès ce qu’il venait de voir et d’entendre et se rangea de son avis, bien persuadé que les dieux destinaient la victoire aux Perses ; mais les suites funestes de cette guerre démentirent les promesses du fantôme.

Xezbeth, démon des prodiges imaginaires, es contes merveilleux et du mensonge. Il serait impossible de compter ses disciples.

Xitragupten. Les Indiens appellent ainsi le secrétaire du dieu des enfers ; il est chargé de tenir un registre exact des actions de chaque homme pendant sa vie.

Lorsqu’un défunt est présenté au tribunal du juge infernal, le secrétaire lui met en main le mémoire qui contient toute la vie de cet homme ; c’est sur ce mémoire que le dieu des enfers règle son arrêt.

Xylomancie, divination par le bois. On la pratiquait particulièrement en Esclavonie.

C’était l’art de tirer des présages de la position des morceaux de bois sec qu’on trouvait dans son chemin. On faisait aussi des conjectures non moins certaines pour les choses à venir sur l’arrangement des bûches dans le foyer, sur la manière dont elles brûlaient, etc. C’est peut-être un reste de cette divination qui fait-dire aux bonnes gens, lorsqu’un tison se dérange, qu’ils vont avoir une visite.


  1. M. Garinet, Histoire de la magie en France, p. 464.
  2. Xavier Marmier, Souvenirs de voyages et traditions populaires, p. 72.
  3. Voyez M. Ozanam, Recherches sur l’établissement du christianisme en Allemagne.
  4. Il parait, d’après la description que les disciples d’Amidas, idole japonaise, font de ce dieu, que c’est l’Etre suprême ; car dans leur idée c’est une substance indivisible, incorporelle, immuable, distincte de tous les éléments. Il existait avant la nature ; il est la source et le fondement de tout bien, sans commencement et sans fin, infini, immense, et créateur de l’univers. Il est représenté sur un autel, montant un cheval à sept tôles, hiéroglyphe de sept mille ans, avec une tôle de chien, et tenant dans ses mains un anneau en cercle d’or qu’il mord. Cet emblème a beaucoup d’analogie avec le cercle égyptien, que l’on regarde comme un emblème du temps.