Dictionnaire de la langue française du seizième siècle/Tome 1/Fascicules

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TABLE DES MATIERES


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EDMOND HUGUET
Professeur de philologie française
à la faculté des lettres de l'université de paris



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DICTIONNAIRE
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DE LA
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LANGUE FRANCAISE


DU


SEIZIÈME SIÈCLE


TOME PREMIER
PARIS
LIBRAIRIE ANCIENNE ÉDOUARD CHAMPION
LIBRAIRE DE LA SOCIÉTÉ DES ANCIENS TEXTES FRANÇAIS ET DE LA REVUE DU XVIe SIECLE
5 QUAI MALAQUAIS
1925

Fascicules I et 2

DICTIONNAIRE


DE LA LANGUE FRANCAISE


DU


SEIZIÈME SIÈCLE


TOME PREMIER


























Copyright hy Edouard Champion october 1925
EDMOND HUGUET
Professeur de philologie française
à la faculté des lettres de l'université de paris



_______________


DICTIONNAIRE
_________
DE LA
____
LANGUE FRANCAISE


DU


SEIZIÈME SIÈCLE


TOME PREMIER
PARIS
LIBRAIRIE ANCIENNE ÉDOUARD CHAMPION
LIBRAIRE DE LA SOCIÉTÉ DES ANCIENS TEXTES FRANÇAIS ET DE LA REVUE DU XVIe SIECLE
5 QUAI MALAQUAIS
1925
PRÉFACE


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La première idée de ce travail est très ancienne. Elle remonte au temps où j’étais élève de l’École Normale. Dès mes premiers pas dans l’étude du xvie siècle, je m’étais heurté à de nombreux obstacles, et j’avais eu naturellement le désir d’aplanir, pour les travailleurs qui viendraient après moi, le chemin sur lequel je marchais si péniblement.

Mon projet primitif était très modeste, ou du moins je le croyais tel. Je me proposais d’étudier seulement les plus grands écrivains du xvie siècle, une vingtaine tout au plus. Mais dans ceux-cii j’ai rencontré des difficultés qu’il m’était impossible de résoudre. Afin d’en chercher la solution, j’ai continué mes lectures. Pour un problème résolu, plusieurs autres se sont présentés, et, a mesure que j’avançais, je voyais reculer le but que je désirais atteindre. Cependant le temps s’écoulait, m’avertissant qu’il fallait aboutir, utiliser les notes amassées, et façonner tant bien que mal l’instrument de travail que j’aurais voulu beaucoup moins imparfait.

Mes lectures ne se sont pas superstitieusement enfermées entre les deux dates extrêmes du xvie siècle. Il ne m’est pas arrivé très souvent de remonter jusqu’au xve, mais il était indispensable d’entrer à chaque instant dans le xvio, et quelquefois d’y aller assez loin. Brantôme, Étienne Pasquier, Guillaume du Vair, Agrippa d’Aubigné, morts sous Louis XIII, sont bien pourtant, par leur esprit comme par leur langue, des écrivains du siècle précédent. Régnier a près de vingt ans de moins que Malherbe. Son premier recueil de Satires ne parait qu’en 1608. Malgré la chronologie, je n’ai pu hésiter ni à ranger Régnier parmi les écrivains du xvie siècle, ni à écarter Malherbe, dont certaines pièces sont contemporaines de Henri III, mais dont l’œuvre, dans son ensemble, se rattache évidemment aux temps nouveaux.

En parcourant la liste des œuvres qui m’ont fourni mes matériaux, on pourra facilement constater que les raisons de mon choix n’ont pas été exclusivement d’ordre littéraire. Parmi les textes que l’ai lus, un certain nombre n’ont ni valeur ni notoriété. Mais j’ai eu l’espoir d’y trouver les mots, les expressions qui m’avaient embarrassé ailleurs, et dont je pourrais, par ce rapprochement, déterminer le sens. Au contraire, j’ai laissé de côté certains textes dont l’intérêt littéraire était plus grand, mais qui, par leur nature, ne me donnaient lieu d’espérer aucun éclaircissement nouveau. J’ai recherché particulièrement les œuvres où je pouvais rencontrer des mots populaires, des expressions de la langue familière. C’est dans celles-là qu’il y a le plus de difficultés. Telle locution, très claire pour nos ancêtres, est inintelligible pour nous, si nous n’avons la bonne fortune de la trouver dans plusieurs textes, dont la comparaison nous donne la solution du problème. Je n’ai pas toujours eu cette heureuse chance. Pour plusieurs mots, je ne propose, aucune explication, parce que je n’en ai pas trouvé une seule qui me parût satis- faisante. Peut-être d’autres chercheurs découvriront-ils, dans des ouvrages que je vrai pas eu le temps de lire, le texte décisif qui m’a manqué.

***

Les mots qu’on trouvera dans ce dictionnaire sont d’abord ceux qui, employés au xvie siècle, ont cessé de l'être depuis. Ils sont très nombreux. Les uns appartenaient à notre vieux fonds français, soit venus régulièrement du latin populaire, soit empruntés de très bonne heure au latin ou à d’autres ! argues, et complètement amalgamés à notre vocabulaire le plus ancien. D’autres étaient entrés plus récemment clans notre langue, par un emprunt au latin, au grec, ou à. diverses langues modernes. Ils étaient reconnais- sables, souvent mal accueillis et repoussés comme des intrus. D’autres étaient nouveaux venus aussi, mais formés d’éléments français, de radicaux familiers, associés à des pré- fixes et à des suffixes usuels. Faciles à créer, faciles à comprendre, ils naissaient en foule, avec surabondance, et souvent deux, trois ou davantage servaient a exprimer une même idée.

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Si beaucoup de nos vieux mots disparaissent, ce n’est pas sans laisser beaucoup de regrets. Ronsard et ses contemporains s’intéressent à eux, s’affligent de leur disparition et tâchent d’en sauver quelques-uns. Puisons dans nos vieux romans, dans nos vieux poèmes, dit Du Bellay l’antiquité des mots donne de la majesté au style 1 [1]. Ne faisons conscience, dit Ronsard, de remettre en usage les antiques vocables 2 [2]. Henri Estienne se plait à étaler les abondantes ressources que nous offre le vieux langage 3 [3]. Mais lorsqu’un mot a commencé à vieillir, il est bien difficile de lui rendre sa vigueur passée. Les écrivains qui s’intéressent à l’histoire de notre langue, comme Henri Estienne, Claude Fauchet, £tienne Pasquier, constatent souvent que tel ou tel mot d’autrefois s’emploie de plus en plus rarement, ou même est complètement abandonné, et parfois il y a une opposition apparente entre leurs constatations et les faits. Ainsi Du Bellay croit archaïser en employant isnel, et le mot, dans le sens de prompt, rapide, léger, se trouve chez Olivier de Magny, chez Baïf, Amadis Janin, Noël du Fail, Vauquelin de la Fresnaye. Ronsard voit un archaïsme dans hucher, appeler, que tout le monde emploiera encore longtemps après lui. Henri Estienne dit que soulas, plaisir, est vieux et peu usité : cependant le mot reste longtemps encore chez les meilleurs écrivains. Nice, sot, simple, est vieux aussi, d’après lui il se maintient pourtant, au moins chez les poètes, jusqu’à la fin du siècle. Je ne crois pas qu’entre ces constatations et les faits il y ait vraiment contradiction. Probablement Du Bellay, Ronsard, Henri Estienne ne se sont pas trompés en croyant vieux certains mots que nous rencontrons souvent, même après eux. Mais l’esprit qui les poussait à regretter de beaux vocables expressifs, à s’efforcer de les conserver, était sans doute très répandu parmi les poètes et les lettrés. Il est possible que des mots abandonnés par la langue usuelle aient conservé dans la langue littéraire une apparence de vie, qui ne pouvait durer bien longtemps.

Parmi les mots qui allaient disparaître, beaucoup étaient depuis longtemps en lutte avec des dérivés issus du même radical et ayant le même sens. On avait choue et chouette, passe et passereau, ep et avette, qui devait être vaincu lui-même par le mot dialectal abeille. On disait raim et rameau, bers et berceau, haim et hameçon, coudre et coudrier, peuple et peuplier, mu et muet. Comme on peut le remarquer, ces mots étaient condamnés par leur forme même. Monosyllabiques, ou composés d’une syllabe sonore et d’une syllabe muette, ils pouvaient facilement, par leur brièveté, se confondre avec des homonymes de sens tout différent. Une langue ennemie de l’équivoque leur préférera des mots ayant plus de corps, plus de consistance, composés d’assez de sons pour n’être pas confondus avec d’autres. C’est le travail qui s’était opéré déjà en latin vulgaire. Que l’on songe à ce que serait notre langue si des dérivés, des diminutifs surtout, n’avaient pris la place de certains mots classiques que l’évolution phonétique aurait réduits au point de les rendre indiscernables.

Je ne voudrais pas grossir outre mesure l’importance de l’homonymie dans la destinée des mots. Nous avons un grand nombre d’homonymes, encore aujourd’hui, et leur existence ne semble pas menacée, le vocabulaire n’ayant plus autant de fluidité qu’au xvie siècle. Mais le besoin de clarté est si grand dans l’esprit français qu’il a pu quelquefois aller jusqu’à l’exagération, et nuire à certains mots qui ne risquaient pas beaucoup d’être confondus. Son action est d’autant plus forte qu’elle est irréfléchie. On ne peut s’empêcher de remarquer que, parmi les mots qui ont disparu, beaucoup avaient cet inconvénient de l’homonymie. Nous avons eu au xvie siècle couture, terre cultivée, à côté de couture, action de coudre. — Outre le mot grève que nous avons encore, le xvie siécle en avait deux de forme identique, l’un désignant la jambe ou l’armure de la jambe, l’autre la raie qui sépare les cheveux peignés d’une certaine façon. — A côté de notre mot main, nous en avons eu un autre tout semblable, provenant du latin mane et signifiant matin : nous n’en trouvons plus la trace que dans demain. — Parti, enfantement, n’a pu soutenir la lutte contre l’autre substantif part, qui était naturellement d’un emploi beaucoup plus fréquent. —— Ose, armée, a fini par se prononcer comme eau, qui pendant longtemps ne risquait pas du tout d’être confondu avec lui la prononciation de chacun des deux mots a évolué de façon à les rendre homonymes. — Past, nourriture, repas, est condamné parce que ses deux consonnes finales sont devenues muettes son rapporte avec le verbe paître était le même que celui de repas (pour repas) avec le verbe repaistre. — Test signifiant pot, débris de pot, crâne, est devenu au xvie siècle homonyme de test, qu’on emploie encore aujourd’hui dans certaines provinces pour désigner une étable. — Le mot plenté, grande quantité, a changé d’orthographe sousl’influence de planter ; mais depuis plusieurs siècles le substantif plenté et le participe planté se prononçaient de la même façon. Baud, joyeux, disparaît auxvie siècle, du moins dans la seconde moitié l'e de beau étant devenu de plus en plus imperceptible, les deux adjectifs devaient facilement se confondre. — L'adjectif ria e, devenu manque, mutilé, défectueux, disparaît parce que d'Italie est venu le verbe manquer, d'où nous avons tiré le substantif manque. — Or ti cesse d'être employé, quoique son dérivé, ordure, se maintienne. — Souei, doux, et soit s'étaient peu à peu rejoints dans la pro- nonciation. De là peut-être la préférence que suave obtient, dès son apparition, au détri- ment du mot populaire. — Duire, instruire, et duire, conduire, puis plaire, convenir, malgré leur différence d'origine, arrivent à une identité complète et succombent tous les doux, le second se maintenant. toutefois dans les composés. — Esmer, esme sont rem- placés par leurs doublets, estimer et estime, peut-être parce que dans la forme et dans la prononciation ils sont venus à rencontrer Je verbe amer, si différent dans notre plus ancienne la.ngue, surtout. clans les formes à radical atone. — Nouer, nager, est tout à fait semblable à nouer venant de nodare. lit'fais nager, venant de nueeigare et signifiant navi- guer, cède cette signification au mot savant, prend celle que nous Iui connaissons, et nouer, nager, n'est plus nécessaire. Rager, briller, de racliaret est identique à rayer venant de raie : de nombreux synonymes permettent de le laisser tomber en désuétude. Ces faits et beaucoup d'autres que je pourrais citer permettent de croire que, dans le grand travail qui s'est accompli sut notre vocabulaire, le rôle de l'homonymie n'a pas été sans import ance. _

Une cause de mortalité particulière aux verbes, c'est la difficulté de leur conjugai- son. Elle nous a fait perdre beaucoup de vieux verbes qui s'employaient encore au xvie siècle. Un verbe irrégulier court le risque de se voir abandonné, à moins que, comme être, aller, et quelques autres, il ne soit d'un usage si fréquent que tout le monde s. habitue dès l'enfance à ses irrégularités. On hésite à employer une forme dont on n'est pas bien sûr, ou qui pourrait n'être pas reconnue et comprise par l'interlocuteur. On a volontiers recours, surtout dans la conversation, à un verbe plus commode, qui souvent. est fourni par le morne radical. C'est ainsi que raire, après une longue résistance, finit par être remplacé par raser. Secourre passe à la première conjugaison et devient secouer. Tistre devient tisser et ne subsiste plus que dans son participe passé lissw, ainsi que dans les formes qui lui étaient communes avec la, première conjugaison. — Le plus souvent c'est un autre radical qui nous donne le nouveau verbe. Issir est remplacé par sortir la cause de sa disparition, c'est son manque de consistance, sa prononciation étant parfois réduite à un son unique ; 1e lien entre les différentes formes n'est pas assez visible. On ne peut plus dire que clore, ouïr soient vraiment vivants. Dans l'usage courant fermer et entendre les ont remplacés et. ont abandonné pour cela leur signification primitive. Cuir ne survit plus que dans quelques formes. Traire, dans son sens généra], a fait place à tirer, et ses composés distraire, extraire, soustraire, etc., sont, comme lui, dépourvus de passé défini. Occire ne conserve un semblant de vie que dans son infinitif et dans son participe passé c'est, que la conjugaison de tuer est infiniment plus facile. Un grand nombre de mots, usités au xvie siècle, ont été abandonnés depuis parce que PMI n'avait plus besoin d'eux. C'est le cas des mots qui désignaient des objets qui ont cessé d'exister le costume, les armes, par exemple, noue en fourniraient une longue liste. Parfois les mots survivent aux choses ainsi fusil vit toujours, quoique dans l'arme moderne ne se trouve plus la pièce à laquelle Parme ancienne devait son nom. Le mot cuirasse a subsisté quand l'acier s'est substitué au cuir. Mais le plus souvent le nom dis parait avec l’objet qu’il désignait, et ce sont les faits eux-mêmes qui éliminent de notre vocabulaire une grande quantité de mots sans emploi.

Dans le travail d’élimination qui s’est fait depuis le xvie siècle, l’action de la syno- nymie a été très puissante. Quand deux mots ont absolument la même valeur, il est à peu près inévitable que l’un soit préféré à l’autre et parfois finisse par l’évincer. Jumeau et besson avaient tous deux plusieurs siècles d’existence jumeau triomphe, et besson se réfugie dans les dialectes. — Curial, homme de cour, mot savant, d’ailleurs, est vaincu par l’italien courti9an, qui, ah vie siècle. vient prendre sa place. — Créditeur est évincé par créancier, meseau par lépreux, geline par poule. — Jan est déjà dialectal au xvIe siècle et le mot habituel est coq. — Devanteau cède à oublier, à une époque plus récente, et lui aussi devient. dialectal. — Carole et earoler, bal et baller, danse et danser sont en concur- rence au xvie siècle carole, caroler, baller disparaissent, et bal se réduit à un sens par- ticulier. Guerdon est chassé par loyer, qui lui-même réduira sa signification quand l’évolution sémantique de récompense aura abouti au sens actuel. — Parmi les nombreux mots qui expriment l’idée de combat, de lutte, de querelle, nous avons pu perdre estour, riotte, tenon, sans qu’il en résultât pour notre langue un sensible appauvrisse- ment. — Nous avons laissé tomber plusieurs mots exprimant. l’idée de tromperie, comme barat, baye, bitte. Il nous en reste encore assez. — Henri Estienne énumère les mots qui signifient avare. Aujourd’hui plusieurs nous manquent, comme schars, pleure-pain ; d’autres ont changé de sens, comme taquin, vilain, et aussi mécanique, qu’il ne men- tionne pas, et pourtant, nous sommes encore très suffisa.mment pourvus. En général, pour les mots qui viennent à se trouver en concurrence, la synonymie ne date pas de très loin. Souvent même elle n’existe pas encore au XVIe siècle. C’est plus tard qu’éclate la riva- lité qui doit être funeste à beaucoup de nos vieux mots.

Le désir de conserver toutes les richesses de notre langue ne s’exprimait pas seule- ment par l’amour de nos vieux vocables. 11 se manifestait aussi par une large hospitalité offerte aux mots dialectaux, qui d’ailleurs ne sont souvent autre chose que des mots vieillis, oubliés de la langue commune, et conservés seulement, dans quelques régions. Ronsard, Étienne Pasquier, Henri Estienne, Vauquelin de la Fresnaye’conseillent de ne pas négliger ces précieuses ressources. Certainement, ils avaient raison, en principe, de

1.. Depuis l’aehevement de mon Livre, Lecteur, j’ai entendu que nos consciencieu.s poiites ont trouvé mauvais de quoi je parle con-ii-ner ils disent) mon Vandorrickis, écrivant ores charlit, ores nuaus, ores tillent, et plusieurs autres mots que je confesse veritableinent sentir mon terroi… Tant. s’en faut que je reruze les —vocables Picards, Anevins, Toura, ngea.us, Manssea_us, lors qu’ils expriment un mot qui defaut en nostre François, que si ya_voi parlé le naif dialecte de Vandomois, je ne m’estimeroi barri pour cela d’eloquence des Muses, imitateur de tous les potes Grecs qui ont ordinerement écrit en’ours livres le propre langage de leurs nations, » TtoNSA Ri), Odes, tex te de 1550, Suravertiasement Ler1eur.

Ix Tu sauras dextrement choisir et approprier à ton u..uvre los vocables plus significatifs des dia- lectes de nostre France, quand ceux de ta nation ne seront assez propres ni signifions, et ne se faut sou- cier s’ils sont Gascons, Poitevins, Normans, bplanceaux, Lionnois ou d’autre pays, pourvu crue ils soyent bons, et que proprement ils expriment ce que tu veux dire., sans a.ffeeter par trop le parler de la court, lequel est quelques fois tresmativais. n ID., Art poeliquc.

« Je suis d’a, dvis que cette pureté [di-) la langle] n’est ri-straitite en un certain lieu ou pais., aies espar-se par toute la France. Non que je vueille dire qu’au langage Picard, Normand, Gascon, Proven- çal, Poitevin, Angevin, ou tels autres, sejourne la pureté dont, nous discourons, Mais tout, ainsi que l’Abeille volette sur unes et autres fleurs, dont elle forme son miel, ainsi veux-je que ceux qui auront quelque asseurance de leur esprit., se donnent loy de fureter par toutes Ies autres langues de nostro Frai co,. et rapportent ; à nost.re vulgaire tout ce qu’ils trouveront digne d’y csire approprié. » E. PAS QUIER, Lettre, II, 12.

t Ainsi que les pactes Grecs s’aidoyent au besoin de mots peculiers t certains pays de la Grece, ainsi nos poetes Fra.nçois peuvent faire leur prou rit de plusieurs vocables qui toutesfois ne sont en usage vouloir abaisser ta barrière qui s'élève entre la langue française proprement dite et ses dialectes. liais l'expérience a dérnontrô que les mots dialectaux ne peuvent guère prendre place dans la langue commune. Ils peuvent s'y faire accepter momentanément pour désigner un objet, un usage particulier à telle ou telle province, quand leur équiva- lent précis ne pourrait. être trouvé dans la langue usuelle. Mais ils restent provinciaux, ce sont toujours des mots de terroir. Un écrivain aimé du public arrive à faire prendre en gré les mots de sa province, on les rencontre chez lui avec plaisir, mais on serait sur- pris de les retrouver ailleurs. Aussi parmi les mots disparus depuis le xvie siècle nous verrons figurer à peu près tous les mots dialectaux que l'on avait, essayé de sauver.

***

Une large place dans ce dictionnaire sera occupée par des mots d'emprunt qui, après un séjour plus ou moins long dans notre langue, en ont été exclus. Les deux sources les plus abondantes sont le latin et l'italien. L'invasion du latin savant. remonte beaucoup plus loin que le xvie siècle. On la constate déjà dans nos plus anciens textes. Mais à partir du xive siècle surtout, sous l'in- fluence des traducteurs, les mots latins, utiles ou non, affluent dans notre langue. Il est hien difficile d'indiquer avec certitude en quel siècle se produit chaque emprunt. De ce que la présence d'un mot. a été constatée pour la première fois dans un texte du xvie siècle, il ne s'ensuit, pas qu'il n'ait jamais été employé auparavant. Bea.ucoup de textes du moyen àge. sont perdus, et nous sommes loin d'avoir étudié tous ceux qui nous restent. Par contre, on peut avoir remarqué l'emploi d'un mot au xIve siècle ou au xve sans que cela nous donne le droit de croire qu'il ait été vraiment vivant au temps de sa première apparition. Il a pu se présenter par hasard sous la plume d'un écrivain et attendre un siècle ou deux qu'on eût de nouveau besoin de lui. Qu'ils soient tout récents ou qu'ils aient quelque ancienneté, très nombreux sont au'vie siècle les mots latins destinés à périr. On latinisait à plaisir, sans la moindre nécessité. Sans remonter plus haut que le début du xvie siècle, on peut voir chez Le- maire de Belges les mots latins jetés à profusion. Pendant longtemps, en vers oit en prose, on parle comme l'écolier limousin. Et ce ne sont pas seulement les gens de Palais, comme Jean Bouchet, qui émaillent ainsi leur style de mots dont la terminaison seule est française ce sont aussi des écrivains qui n'ont iamais passé pour des latiniseurs maniaques, Clément Marot par exemple. Il serait tout à fait injuste de rendre la Pléiade responsable de cet abus, qu'elle a au contraire atténué. Agrippa d'Aubigné, dans la pré- face des Tragiques, raconte que Ronsard était l'ennemi déclaré des latiniseurs I. Déjà,

qu'en certains endroits de la France. Et ceux mesmenicrtt qui escrivent en prose, peuvent. quelques fois prendre ceste liberté'. » II. ESTIE N E,Preceuence, p. 168.

f L'idiome Norman, l'Angevin, le Manceau,
Le François, le Picard, le poli Tourangeau
Apprens, comme Ies moL5 de tous arts rnecaniques
Pour en orner après tes phrases poétiques. »

VALIQuELIN DE LA FRESNA4ii E, Art poéliv4e, I, 361-6.i,

Mais Vauquelin n'admet pas les mot-s du Midi, qui appartiennent vraiment à une autre langue. Voir Ani poétique, II, 90.3-910.

« Le bonhomme Ronsard... disoit quelquefois... Mes enfants, detten.dez vostre mort de ceux qui veulent faire servante une Darnoyselle de bonne maison. ll y a dos vocables qui sont. François natu beaucoup plus tôt, l’excès avait soulevé des protestations’, et, dans la deuxième moitié du siècle, l’invasion est très fortement combattue 2. On la voit se ralentir de plus en plus, et parmi les intrus beaucoup sont sortis de l’usage avant Ia grande épuration du xvue siècle.

Les mots latins avaient pu facilement s’introduire dans ]es livres, à une époque où le 14in était familier à. tous les lettrés. Mais, évidemment, la plupart de ces mots res- taient à la surface de ]a langue, ils n’y pénétraient pas, et le peuple les ignorait complè- tement. Ils sortaient aussi facilement qu’ils étaient entrés, sans laisser aucun vide, car on n’avait pas besoin d’eux.

Beaucoup n’étaient que des doublets et n’ajoutaient rien au sens du mot primitif on voyait côte à côte pelerin et peregrin, sauveur et salvateur, vengeur et vindicateur, étincelle et scintille, cruauté et crudelité, vergogne et verecundie, coi et quiet, tiede et tepide, rai.9onner et ratiociner.

Ailleurs on peut voir, entre le latinisme et le mot français plus ancien, qui a triom- phé, une communauté de radical et une complète équivalence de suffixe. Amaritucle, daritude, nobilité, pallidité, castigation, radiation, nutriment, incredible n’ont pu dépos- séder amertume, &trié, noblesse, pâleur, châtiment, rayonnement, nourriture, incroyable.

rels, qui sentent le vieux, mais le libre fra.nçois, comme dente ieneee, emport ?, dorme, bauge., bouger, et autres de telle sorte, Je vous recomm.ancle par testament que vous ne laissir’z point. perdre ces vieux termes, que vous les employiez et deffendiez hardiment contre des maraux, qui ne tiennent pas clegant ce qui n’est point escorché du latin et de l’italien, et qui airn.ent mieux dire collatider, conte ber, biasnnner, que louer, mes priser, blasmer ; tout cela c’est pour l’escolier de LiTriosin, Les Tragiques, aux Lec- teurs. — Comme le remarque M. Brunot is. de la langue franç.., il, 225), les trois mets blâmés par Ronsard avaient été employés par Marot.. Ils l’ont été aussi par beaucoup d’autres écrivains blasonner est dans Lemaire de Belges., le Loyal Serviteur, Baïf, etc ; colletuder dans Collerye, Rabelais, Marguerite de Navarre, Baïf, etc. ; conternner dans Gringore, Calvin, Amyot, Pasquier, etc.

1. On sait que, plusieurs années avant Rabelais, Geofroy Tory, dans son Champ ileury, tournait en dérision une phrase que nous retrouvons dans le discours de l’écolier Limousin : Quand Escumeurs de Latin disent Despurnon la verbocination latiale., et transfreton la Sequane au di_lucule et crepuscule, puis deambulon par les Quadrivies et P]atees de Lutece, et comme verisimiles amorabundes ca.ptivon la benivolence de lomnigene et omniforme sexe feminin, me semble quilz ne se moucquent seulle- ment de leurs semblables, mais de leur mesure Personne. » Je pense, comme M. Brunot, que Rabelais n’a pas emprunté cette phrase à Tory, niais quo tous deux reproduisent une parodie dont. nous n’avons pas d’autres traces et qui prouve qu’on se moquait couramment des latiniseurs.

Sagon, dans le Rabais du caquet de Marot par le page de Sa on, reproche à Marot heunile, excellé, fulgente, phareire « et. mille Que on son stile Marot usurpe cent fois » Marot, il est —vrai, avait con-u-nencé par reprocher à Sagou d’écorcher k latin. a.gon aurai pu noter dans Marot beaucoup d’autres latinismes : buccine, eurvertrire, rnalivolence, nwriifere, pPistine, inereper, etc.

2. « Et n’y a rien qui nous perde tant en cela, sinon que la plus part de nous, nourris dés nostre jeu- nesse au Grec et au Latin, ayans quelque asseurance de nostre suffisance, si nous ne trouvons [no t. apoinci, faisons d’une parole bonne Latine, une tres-ma.uvaise en François : Ne nous advisairs pas que ceste pauvreté ne provient de la disette de nostre langue, airs de nous mes-es et de nostre paresse. E. PASQUIE R2 LenrICSI II, 12. — Pasquier n’a_ contre le latin et le grec aucune hostilité de parti pris. Mais ïl veut. qu’on en fasse un usage modéré. Nous devons, dit-il un peu auparavant, , clans la même lettre, ic nous aider mesmes du Grec et, du Latin, non pour les escorcher ineptement, comme fit sur nostre jeune Rage Ilelisaine, dont nostre gentil Rabelais s’est mocqué fort à. propos en la personne du l’escolier Limosin, qu’il introduit parlant à Pantagruel en un langage escorelle-latin. Mais avec telle sobrieté, que… nous digerions et transformions doucement en nostre langue ce que trouverons pouvoir faire du Grec et Latin, et ce qui sera insolent, que le rejettions liberalement.

Henri Estienne se plaint très vivement des écorcheurs de latin : « Mais encores tout cela n’est. que sucre, au pris de l’affectation qui se voit M mots qu’on arrache du latin, desquels on ne sçaurcpil dire le nombre ; car chascun descharge sa cholere sur ce povre latin, quand il ne s.çait à qui s’adresser : de sortka que je m’esbahi comment il est encores au monde, veu les uoups de taille et d’estoc qu’il reçoit tous les jours. Voire n’est-il pas jusques aux femmes, qui ne se vacillent mesler de l’esgratigner, Witte de luy savoir pis faire. » Conlormité du lang. franç, avec k grec-, préface p. Dans d'autres cas le suffixe est le même, et la lutte est seulement entre le radical populaire et le radical savant ravisseur et rupteur ; matinal et matutinal; nombreux, innombrable, et numereux, innumerable ; ou lieux et oblivieux.

Souvent on avait recours à un mot latin, exactement transcrit en français, alors qu'un autre radical avait déjà fourni à notre langue un mot exprimant la même idée. Le français n'avait aucun besoin du latin incole, puisqu'il avait habitant, Pro heur~, prodi- lion ne disaient. rien de plus que traître, trahison. A salvateur, déjà inutile à côté de sau- veur, pourquoi ajouter encore servateur? n'y avait aucune raison pour que cetsitude fût préféré hauteur ou à élévation., magnitude à grandeur, contumelie à i njure, dormition à sommeil, fallace i tromperie, formosité à beauté, fruition à jouissance, qu-erimonie à plainte, stolidité à folie ou sottise, trameur à crainte, tuition à protection, uberté à fécondité. La plu- part de ces mots, aujourd'hui disparus, étaient entrés dans la langue avant le xvie siècle, mais, dès leur apparition, ils avaient trouvé en face d'eux des synonymes, populaires ou savants, bien établis dans l'usage et destinés à durer.

Les mots déjà anciens devaient une partie de leur force à ce fait que, le plus souvent, ils étaient apparentés à d'autres relatifs au même ordre d'idées, tandis que souvent le nouveau venu était isolé. ru nt ne pouvait pas lutter contre sanglant, lethai contre mortel, muliebre contre féminin, crucier contre tourmenter, tenir et ienité contre adoucir et douceur, eut .tirer contre blesser. La grande extension d'une famille de mots a certaine- ment été très favora_ble au maintien de chacun de ses membres. Quelquefois l'isolement a pu nuire à des mots qui peut-être n'étaient pas tout à fait, inutiles. Assentateur n'a pas exactement le même sens qu'approbateur, ni, d'autre part, que flatteur ou adulateur. Laudateur serait. l'équivalent. de louangeur, mais louangeur ne peut être considéré comme un substantif. Nous avons exhortation, mais nous n'avons plus le mot contraire, dehorta- don, parce que le verbe exhorter n'a pas comme contre-partie dehorter. Au lieu de dire paueité nous disons petit nombre, parce que le lien de pauciié aval peu n'était pas assez visible. Nous ne pouvons exprimer que par des périphrases l'idée contenue dans certains mots empruntés autrefois au latin, comme aequanime, a-equanimité, diuturne, revolver. Il ne serait pas possih]e, cependant, de dresser une très longue liste de mots de cette catégorie. Parmi les latinismes qui n'ont pas vécu, très peu sont vraiment à regretter.

On trouve chez les poètes du xvie siècle un groupe d'adjectifs dont plusieurs avaient existé dans l'ancienne langue, mais dont l'emploi, tout à fait conforme à l'usage latin, n'était pas d'accord avec les tendances du français moderne. Ce sont les adjectifs par lesquels on prétendait. remplacer un complément déterminatif exprimant des rapports assez variés : la matière, ou la ressemblance avec l'objet, désigné par le radical, ou l'es- sence, la nature, ou : ardoisin, diamantin, tulgurin, sulphurin, rosie, saphirin, geantin, touvin, iigrin, abeillin. Souvent le mot avait un radical latin anserin, asinin, caballin, i ire,gigantin, adamantin. Très souvent le radical était français : damoiselin, cheprin, chiennin, coulevrin, cuivrin, sucrin, laurierin, mais te tour était dans tous les cas purement latin. Les latiniseurs n'ont pu faire admettre dans le vocabulaire po6- tique les épaules marbrines, ivoirines ou eburnine_s, albastrines, neigines, laitines, les che- veux orins, ebenins, les lèvres coralines, les dents perlines. Et pourtant l'autorité des plus grands poètes recommandait par l'exemple l'emploi de ces adjectifs. fil arbrin se trouve chez Ilarot aussi bien que chez Ronsard, qui d'ailleurs, sur ce point comme sur un grand nombre d'autres, a latinisé beaucoup moins que la plupart de ses amis et de

ses disciples.
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J’ai relevé les mots italiens qui ont, quelque temps figuré dans notre vocabulaire et ne s’y sont pas _maintenus. J’y ai joint même ceux qui n’y ont jamais pris pied, et qui ont pu être employés tout au plus par quelques courtisans poussant l’excentricité jusqu’à la déraison. Il est peu probable que jamais personne ait parlé le langage qu’Henri Estienne attribue à Philausone dans la Préface des Dialogues du langage français italia- niceé « Ayant quelque martel in teste (ce qui m’advient souvent, pendant que je fa y ma_ stanse en la cour) et à cause de ce estant sorti apres le part pour aller un peu spa.ceger, je trouvai par la strade un mien ami nommé Celtophile. Or voyant qu’il se monstret estre tout sbigotit de mon la.ngage (qui est toutes fois le langage courtisanesque, dont usent aujourdh_uy les gentilshommes Francs qui ont quelque gare, et aussi de sirent ne point parler sgarbatement) je me mis à ragioner avec luy touchant iceluy, en le sousto- uant le mieux qu’il m’estet possible. Et voyant que nonobstant tout ce que je luy pou es alleguer, ce langage italianizé luy sernblet fort strane, voire avoir de la gofferie eÉ balor- de•’ie, je pris beaucoup de fatigue pour luy caver cela de la fantasie. Mais… je ne trouves point de raisons bastantes pour ce faire : et au contraire tant plus je m’efforces de luy lever ceste opinion par mes ragionemens, tant plus luy se.burlet de m_oi… En la fin… j’acceptai fort volontiers pour arbitre M. Philalethe, esperant qu’il y auret quelque domestichesse entre luy et ces mots, qu’il oit souvent à la cour et pourtant me feret morte. Mais je trouva y que je m’ingannes bien, car luy, au lieu de me favoregger, faisoit aussi semblant d’esta.° tout. shigotit, et trouver je ne sça_y quelle saivatichesse en ce lan- gage escorché. » Il y a chez Henri Estienne une exagération manifesta, Mais nous savons d’une façon certaine combien ont été répandus certains mots italiens qui pourtant ne nous sont pas restés : par exemple acconch.e signifiant bien vêtu, paré, ainsi que la locu- tion en bonne couche, qui se trouve même chez Ronsard. Baster, suffire, est venu d’Italie avec bastance et s’est longtemps maintenu. Burler, se moquer, n’a pas fait un long séjour dans notre langue, mais nous avons gardé burlesque. Nous avons perdu intrade, rente, faciende, affaire, jaciendaire, agent, encorne, affront, menestre, soupe, et une foule d’autres qui seront enregistrés dans ce dictionnaire. Il est nécessaire, en outre, de noter le témoi- gnage des écrivains du temps, quand ils nous signalent comme des italianismes certains mots très heureusement empruntés, à cette époque, qui ont joué immédiatement un rôle important dans notre langue et se sont rendus si indispensables que personne ne pense- rait plus aujourd’hui à leur origine étrangère si elle n’était sûrement attestée.

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Dès les plus anciens temps, le meilleur procédé pour donner à notre langue tous les instruments nécessaires à l’expression de la pensée a été la formation de mots par suffixes. Ce procédé est si essentiel chez nous, si commode, si habituel, qu’il arrive non pas à éliminer les autres, mais souvent à en restreindre l’emploi. Ainsi nous aurons à recueillir un grand nombre de mots qui, de ce fait, sont sortis de la langue ce sont des substantifs tirés du radical des verbes, sans l’addition d’aucun suffixe. Cette formation est toujours vivante, surtout dans la langue populaire, mais dans la langue des lettrés elle n’a plus son activité d’autrefois, et nous avons perdu beaucoup de mots qui étaient usités au xvie siècle. Croisi, aecroisi, decroist, déjà en lutte à cette époque avec croissance, accroissement, decroissance, ont disparu. 1I chef a cédé la place à achèvement, bat à battement, broud à brouillement, crousle à croulement, de bord à déborde, nent, gazouil à gazouillement, tre, nble à tre, nble, nent. C’est souvenl le suffixe —ation, s i lourd, que nous voyons Lriomphcr : on dit protestation, prononciation, lamentation, diffa1nation., stùnulation, au lieu de proteste, prononce, la, nente, di/faine, sti, nule. Autrefois ni a désigné l’action de nier, et l’on a dit, par exemple, mettre en ni. Cette fois, c’est la trop grande brièveté du mot qui a causé sa chute. Nous avons perdu sert, action de servir. Pille a été éliminé par pillage, fourbe par/ourberie, accol par accolade, hant par hantise, cueille par cueillette, gel par gelée. Il nous resle pourtant assez de substantifs ainsi formés pour que nous puissions constaler que ce procédé était facile, clair et avait l’avantage de donner à la finale des substantifs une variété de sons très favorable à l’harmonie du langage. Mais, dans la dérivation par suffixes, il se fait une analyse qui est bien conforme au génie de notre langue. Le radical exprime une idée, et le suffixe en exprime une autre qui se joint à la première pour la modifier de diverses façons. Protestation est un mol analytique, proteste était un mot synthétique.

La formation des mots par suffixes était si naturelle et si commode qu’elle était un peu dangereuse. Du Dellay et Ronsard reco1nmandenl la modération dans la création des mols nouveaux. Ils veulenl que ces mols soienL formés selon les lois de l’analogie et conformément aux habiLudes de la langue. « Ne crains donques, PoëLe futur, dit Du Bellay (]Jeffence, II, 6), d’innover quelques termes, en un long poëme principalement, avecques modestie loutesfois, analogie el jugement de l’oreille. » Ronsard prescrit la même prudence (Franciade, Préface de 1587) : « J e te veux bien encourager de prendre la sage hardiesse d’inventer des vocables nouveaux, pourveu qu’ils soient moulez et façonnez sus un patron desja receu du peuple. Il est fort difficile d’escrire bien en nostre langue, si elle n’est enrichie autrement qu’elle n’est pour le present de mots et de diverses manieres de parler. » liais le plus grave danger, ce n’était pas la création maladroite, c’était la créaLion inutile. La langue française était loin d’être pauvre, comme le croyaienl ses amis aussi bien que ses ennemis. Seulement sa richesse n’était pas ordonnée et organisée. Personne n’en avait fait un inventaire complet, personne ne pouvait la connaître tout entière. C’est pourquoi l’on créait souvent des mots dont on n’avait nullement besoin.

Suffixes français, suffixes latins, suffixes germaniques, suffixes provençaux ou italiens, tout est mis à contribution pour former des mots nouveaux, et cette création surabondante commence bien avant le xv, e siècle. Quand on examine Je vocabulaire de cette époque, on s’aperçoit qu’à un même radical se sont joints souvent deux, trois ou quatre suffixes ayant la même valeur, produisant ainsi des dérivés qui font double, triple ou quadruple emploi : esclavitude et esclaC1age, lentitade et lenteur, cultivage et cultiC1e 1nent, cuisinage, cuisinement, cuisinerie, nourrissage, nourrissance, nourrissement, à côté de nourriture, nopçage eL nopçailles, , nutinage, , nutination, 1nutine, nent, tous éliminés au profit de mutinerie, deceC1ance et deceC1ement, empirance et etnpirenient, glorifiance eL glorifiernent, jouissance et jôuisse, nent, 1nesprisance, 1nesprise1nent et mesprison, desirance eL desiration, tardance, tarde, nent et tardité, vengeance et vengenient, resplendissance et resplendeur, terminance et termination, sans compter terrninaison, gentilisnie (paganisme) et gentilité, papalité, papat et papauté, pro fondité et profondeur, pnrité et pureté, rarilé et rareté, aC1eugleté et aveugle, nent, noireté et noirceur, tendreté el tendreur, maigresse, maigreté et maigreur, lassesse, lasseté, lasseur et lassitude, lourderie, tour , lourdeté, et Ionise, grosserie, grossesse et grosseur, employés tous les trois soit au sens de grosseur, soit, au sens de grossièreté, — infameté et infamie, — modesteté et modestie, — deciinaison, deelination et declinement, dans le rame sens que déclin, — agilesse et — aspresse, aspreur et aspreté, duresse e t dureté, fermesse et fermeté, — grandesse et grandeur, — tristesse et triste r, — rondesse et rondeur, — subtilesse et subtilité, — parlerie, parlement et Far- lettre, — besterie et test e, trainement et trainerie, criement et crierie, — couronna- lion. et couronnement, — edipsation et edipsement, el femination et efferninement, exhortation et exhortement, — murmuration et murmurement, — retaniation et retarde- ment, — ’ianterie et Qu’aise, tremblerie, tremblement et tremblis.

Parmi les adjectifs, nous voyons corrigeabie et corrigible, — defen, 9able et defensible, ta ale et taisible, inflechissable et infleehible, — indigestif et incligestibie, — nui- sable, nuisible et nuisit, — fanerai et funereux, uital, nuit eux, nuitier, nuitager, geanial et geantin, — gigantal et giganiin, — printannal, printannin etprintanier, yiperal, viperin et viperique, — racinal et racineux, — nopçai et nopcier, — bruyant, bruyard et bruyeux, — bonteux et bontit, — lamenteux et. lamerait, — terreux, terrien, terrier, dans le même sens que terrestre, — estoileux et estoilin, — plornbeux et plombin, pourpret, pourpreux et pourprin, myrthé, metheux et myrt in, perleux et perlin, nectaré, neetareux, neaarien, nectar ire et nectarique, celestiel, cele_stien et célestin, sepuleraire et sepulcral.

Parmi les verbes allonger et. allongir, abhorrer et abh.orrir, affoler et affolir, aveugler et 12peuglir, profonder et profondir, tousser et toussir, latiner et latiniser, ai/0ra. et avons’er, a_sprir et « proyer, apostater et apostaster.

Souvent des radicaux populaires sont en lutte avec des radicaux latins : corrompe- ment et corrompue avec Corruption et corruptele, — humbiesse avec humilité, — pieu- reté avec maturité, — prochaineté avec proximité, — sourclesse avec surdité, — cornpre- nable et incomprenable avec compréhensible et incompréhensible, — corrompable avec corruptible, — yoyable avec visible, — chrestienner avec christianiser.

Évidemment, toutes ces concurrences, dont le dénombrement serait interminable, devaient avoir pour résultat une forte réduction de notre vocabulaire. Certains syno- nymes 8e sont maintenus en se nuançant. Le plus souvent une sélection s’est faite, au hasard et inconsciemment, sans qu’on puisse distinguer pourquoi tel suffixe a été pré- féré à tel autre. Quelquefois, trop rarement, ce sont des mots sans suffixe qui ont évincé les dérivés concurrents, et la plupart. du temps la langue y a beaucoup gagné.

Les suffixes du xvIe siècle se retrouvent à peu près tous dans le français d’a_ujour- dlui. Mais il en est dont le rôle s’est beaucoup restreint. Ainsi le suffixe —ie existait dans beaucoup de mots aujourd’hui disparus. Déjà„ bien avant le ivre siècle, il était en lutte avec le suffixe —erse, créé par une fausse analogie. Ch.anoinieet chanoinerie sont tous deux éliminés par eaPwnieat. On trouve doctorie et dodorerie, — friandie et frianderie, glou.- tonnie et gloutonnerie, — igourmandie et gourmanderie, ciergie et elergerie, pastourie et pastourerie, — payennie et pmjennerie, renardie et renarderie, —— sottie et sotterie. Marehandie cède la place à marchandise, couardie à couardise. — Le Suffixe —ise a plu- sieurs fois remplacé —ie et —erie. Il est d’ailleurs encore très vivant maintenant, mais il a perdu un certain nombre d’emplois : nous ne disons plus bigrotise, galantise, mignonnise, neantise, opiniasirise, vaillantise, etc. Le suffixe —is a été bien fâcheusement remplacé dans des mots comme brouillis, /ro sis, g u s, soufflis, tremblis, iremblotis. C’est un de ceux dont la perte presque complète nous parait le plus regrettable quand nous voyons le lourd suffixe qui s’est substitué à lui. — Le suffixe —ance a repris un peu de faveur au siècle dernier, mais nous n’avons plus aceroimance, contredisance, demong- trance, nuisance, signiflance, et bien d’autres encore qui vaudraient mieux que les mots actuels.

Parmi les adjectifs disparus, nous en verrons beaucoup formés à l’aide du suffixe -eux. Quoique très vivant encore aujourd’hui, c’est peut-être un de ceux qui ont le plus perdu depuis le xvie siècle. Il était alors d’un emploi extrêmement fréquent pour marquer une qualité, un caractère dominant, une grande abondance allaireux, ani- ’wu ; arbreux, areneux, argenteux, asireux, azureux, cedreux, coulevreux, ri eux estoieux, feuilleux, Heureux, lamineux, foudreux, truiteux, gemmeux, glaceux, larmem, morbreux, myrtheux,’miteux, °dorera, onde, pampreux, perlera, plombera, pommeux, raisineux, soigneux, et une foule d’autres, disparus aussi, peuvent nous montrer quelle a été sa fécondité. — Le suffixe —u était assez productif : il avait donné, par exemple, eorporu, erinu, espaulu, griffu, jambu, lainu, osso, ionehu. Il y faut joindre des mots comme borbelu, erespelu, fosseiu, fourehelu, grosselu, houpelll, mousse ri, pommelu.

Nous avons aussi perdu beaucoup de verbes, et des mieux formés, avec les suffixes toujours vivants —el. et —ir : comme claver, escrevisser, grenouiller, limaçonner asprir, fermir, nettir. Nous avons à regretter nos vieux verbes en —oyer, les uns dérivés de substantifs, comme branehoyer, cendroyer, labloyer, hontoyer, ombrager # les autres déri- vés d’adjectifs, comme asproyer, blondoyer, coinloyer, folloyer, jaunoyer, rondoyer.

Les suffixes les plus maltraités par le temps et par le changement du goût ont été les suffixes diminutifs, ceux qu’Llenri Estienne et ses contemporains considéraient comme une des plus grandes beautés de la langue française. On se lasse bientôt de ces grâces affectées, et la fin du siècle en voit déjà le discrédit. Alors disparaissent les amou- reaux, les salyreaux, les colombeaux, les lezardeaux, si chers à Remy Belleau et à Baii.f. Il n’est plus question des amourets, des bergerets, des buissonnets, des poissonnets, ni des abeilleiles, des brebiettes, des cigalettes, des colom.beiles, des nymphettes, des boueheltes, des gorgettes, des fontainettes, des estoilates, des ceriselles, des corbeillettes. Les adjectifs diminutifs sont délaissés aussi plus de tresse blondette ou noirette, de nuit fraiehate, de feuille largage. On trouve risibles les superdiminutifs, comme angelet, dieutelet, enfan- tele, hommelet, ourselet, montelet, livrelet, litelet, ventelet, ou beslelette, boilelelle, bouche- lette, dentelette, herbelette, larmeletle, lèvretelle, nympheielle, ondeleue, plantelette. On aban- donne argentelet, blondelel, brunele, fraiehelet, grasseld, grossetei, mignardelet, noirelet, rougelel, iendreiel. Ces mots et une foule d’autres semblables étaient le produit d’un engouement dont la Pléiade n’est que partiellement responsable, car il date de beau- coup plus loin.

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L’emploi des préfixes a quelque chose de moins conscient que celui des suffixes. Par sa position dans le mot, le préfixe est moins en vue que le suffixe, qui porte l’accent tonique. Cependant, les variations dans l’emploi des préfixes sont nombreuses et impor- tantes. L’usage était beaucoup plus libre au’vie siècle qu’aujourd’hui.

Nous avons perdu beaucoup de mots formés à l’aide de particules, qui n’ont pas été remplacés. I] faut souvent aujourd’hui, pour exprimer la même idée, se servir d’une périphrase. C’étaient des mots clairs et bien faits, dont le radical était connu, et où le préfixe était employé à proposà Tels sont abarbarir, accouardir, acertener, alferhier, ahonter et a.ko ntir, anonchalir et anonchaioir, apoltronnir, apparessir, appoi.sisonner, assau- vager et assauvagir, sera r, compartir, decaptiver, eclore, demaisonner, deprisonner, desamasser, desangoisser, desaugmenter, desautoriser, desauvager, desorgueillir, dessom- miner, embasionner, emperler, empeupler, engloirer, enjouvencer, enlierrer, nsaigner, ensepulchrer, ensepulturer, entroupder. De ces mots, les uns étaient, d’un emploi courant, —4 d’autres n’ont fait que paraître accidentellement chez un ou deux écrivains. Mais même ceux-Ià étaient en général composés d’une manière conforme aux habitudes de la langue, et plusieurs n’auraient pas été inutiles.

Beaucoup de mots, employés autrefois sans préfixe, ont disparu depuis le xvie et leur rôle est tenu maintenant par des composés qui, pour la plupart, existaient déjà à cette époque compagner, co tir’et complissement, meliorer et melioration, mirabie, moindrir, neantir, noncer, plu udir et plaudissement, rondir, saisonner, sermenter, tendrir, tiller, trister n’existent plus. Mais nous avons accompagner, accomplir et accom- plissement, améliorer et amélioration, admirahle, amoindrir, anéantir, annoncer, aplanir, applaudir et applaudissement, arrondir, assaisonner, assermenter, attendrir, attifer, attris- ter et contrister. Le sens du composé n’est pas toujours exactement celui du mot sans préfixe F par exemple, rondin signifiait non seulement arrondir, mais aussi faire une ronde. Nous n’avons plus luire, fiance, eration, roborer, solider, mais conduire, con- fiance, commisération, corroborer, consolider. Nombrer, piorabie, rober ont disparu, mais nous avons encore dénombrer, déplorable, dérober. Faroucher, merveiller mit existé à côté des composés effaroucher, emerveiner. Fariner, flarnmer, gluer, guirlandé, laidir, orgueil- lir, registrer, sanglanter, sevelir,.oie hier, sorceler, vironner ont laissé seuls en possession de l’emploi enfariner, enflammer, engluer, enguirlandé, enlaidir, enorgueillir, enregistrer, emanglanter, ensevelir, ensoleiller, ensorceler, environner.’Nous ne disons plus mercier, semblance, sourire, splendissant, vendiquer, niais remercier, ressemblance, résoudre, res- plendissant, revendiquer.

Au contraire, des mots à préfixes ont cédé la place à d’autres qui en étaient dépour- vus ou qui en avaient un de moins. A commencer, accomparer, acconduire, accourber, aparesser, appalir, assoulager sont éliminés par commencer, comparer, conduire, courber, paresser, pâlir, soulager ; — complaindre, complanter et complant, comprouver, concele- brer, condecence et condecent, concligne, corrival, par plaindre, planter et plant, prouver, celebrer, decence et decent, digtne, rivai ; debriser, dechanter, dechant, echasser, defrau- der, degaster, dehacher, delascher, demarcher, deprier, derompre, detrancher, detroubler, par briser, chanter, chant, chasser, frauder, gester, hacher, lascher, marcher, prier, rompre, trancher, troubler’. — Embarbouiller, emboisé, emmasqué, emmorceler, ernpariumer, em- peupler, empoudrer, enaigrir, ena_rgenter, encharmer, enciseler, englacer, engraver, enhui- eniaunir, enjamber, entier, ennoircir, enrougir, ensucrer ont, été évincés par barbouil- ler, boisé, masqué, morceler, parluiner, peupler, poudrer, aigrir, argenter, charnier, ciseler, glacer, graver, huiler, jaunir, joncher, lier, noircir, rougir, sucrer.

Ailleurs des composés ont disparu, laissant leurs fonctions à d’autres qui avaient un préfixe différent. Assentir laisse sa place à consentir ; assoleiller, assommeiller,

1. Dans ces verbes, de marquait soit une idée de point de départ, soit une idée de renforcement, et nous ne devons pas les confondre avec ceux où de ou des servait à former un mot exprimant l’idée contraire à celle que contenait le radieg comme un autre déprier, qui signifiait détourncr par prière. attrainer à ensoleiller, ensommeiller, entraîner ; — complanir à aplanir ; — conciter, concitation à exciter, excitation ; — confuter, confutationà ré/ uter, réfutation ; defortune, defortuné à infortune, infortuné ; — se deporier à se comporter ; des habité à inhabité, qui ne dit pas du tout la même chose ; — despriser, despris, desprisable à mépriser, mépris, méprisable ; — eslourdir, es planir, esracher, essourdir à alourdir, aplanir, arracher, assour- dir ; — esjamber, s’es voler à enjamber, s’envoler ; exanimé inanimé ; — empare t, empaeevrir, ententif, envilir, e ? ivoisiner à apparenté, appauvrir, attentif, avilir, avoisiner ; erehorter, enhortation à exhorter, exhortation ; — emmatrieuler, eneareerer, encliner, enferrai, engenieur, enlustrer, enve.9tir à immatriculer, incarcérer, incliner, infernal, ingé- nieur, illustrer, investir ; s’ntresembler à se ressembier ; — entreregne, entrerompre à interrègne, interrompre. Parmi les mots qui ont disparu et parmi ceux qui ont triomphé, on peut voir que beaucoup ne sont pas des composés français, mais ont été de toutes pièces empruntés au latin.

I1 suffit de feuilleter le Dictionnaire de Godefroy pour voir que l’ancienne langue française avait une extrême abondance de mots composés à l’aide de préfixes. 11 en res- tait encore beaucoup au xvie siècle, et même de nouveaux s’étaient formés. Une foule de mots perdus aujourd’hui commençaient par contre contrebondir, se contrecourroucer, contreddense, eontrede fier, contregarder, eontreharanguer, contreheurter, contre-imiter, etc. Entre marquant réciprocité se trouvait dans s’entrabandonner, s’entraboyer, s’entrat- . tendre, s’entre attirer, s’entrebaiser, s’enireblasmer, s’entreblesser, s’entreearesser… Entre marquant, un faible degré dans eniredoubter, entremonsirerm — For dans forehan- ger, forconseiller, jorconter, forjurer, forp* ayser… — Outre dans outrecouler, outrejendre, outrenager, outre navrer, outrepereer… — Par dans parcroiere, pardurer, pardurable, par- lire… — Trans dans tramcouler, transfuir, iransgloutir,.. — Tree dans tresiuire, tresper- . cer, tressuer… — Mal ou Mati dans malcontent, irai once inalgracieux, malplaisant, mai sociable, ou ma content, maueouriois, maugracieux, malmener, maupiteux, mauplai- sant, mauvestu… — Mes dans mesarriver, mesadvenir, mescroire, mescroyable, meschance, mesiouer, meslouable…

Je ne parlerai que pour mémoire des mots composés forgés par la Pléiade et surtout par ses imitateurs maladroits. Sur ce point l’erreur a été complète. Poètes et théoriciens ont tout à fait méconnu le génie de la langue. Il est inutile d’insister sur les fantaisies de Du Bartas appelant la lune flambeau. guide-passant, conduy-somme, aime-paix ; le dau- phin aime-lieux, aime-humains, aime-vers, aime-lyre. Je n’ai pas cru nécessaire d’encom- . brer ce dictionnaire de pareilles créations. Mais notre langue avait au xvie siècle certains composés très bien formés et employés à propos. Ils étaient conformes aux di r- férents types familiers au frammis, et d’ailleurs la plupart n’étaient pas des nouveaux venus dans la langue. 11 est fâcheux que nous ayons perdu boutefeu, corneguerre, brouille- papier, gante-papier, happebourse, happelopin, haussebee, serredenier, boutehors, haut- Muer, montjoie, tremble-terre, doux-coulants tournebouier, tournevirer, et beaucoup d’autres.

Nous avions aussi beaucoup de composés empruntés au latin ou formés d’éléments latins airaoque, altiloquent, altiionant, grandi oient, dulcifluent, dukiloque, dukisonani, melliflue, mellitluence, mellilluent, benivolence, benivolent, auricome, matri- cide, vaniloquence, celicole, Romieole, mortifere, odorilere, pestifere, soporifere, stelliicre, armigere, lanigere, mondi fier, nidifier, dulciflque, horrifique, miracli fique, odorifique, stellifique, venefique. Ceux-là ne sont pas à regretter. Pour la plupart, d’ailleurs, ils étaient d’un emploi peu étendu, souvent forgés pour la circonstance, ou marne par plaisanterie.

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Un dictionnaire de la langue du xvie siècle ne doit pas oublier les locutions prover- biales et figurées que nous avons perdues. Elles ont un grand intérêt, car nous y trou- vons toute la vie d’autrefois, et nulle part nous ne voyons mieux marqué l’esprit de nos ancêtres. Tout ce qui les occupait, tout ce qui tenait une pla.ce dans leur existence avait fourni son contingent. Nous n’avons pas tout perdu d’ailleurs, et ces expressions, que le plus souvent nous employons sans penser à leur origine, sont une des plus précieuses richesses de notre langue.

La religion avait beaucoup donné : vrai comme la messe, vrai comme la patenostre se disait d’une vérité incontestable. Vouloir corriger le magnificat, Gi était avoir la, préten- tion d’améliorer ce qui est parfait. Le lu autan, c’était dans une affaire le point impor- tant, en souvenir du bréviaire t lu autel ; Domine, miserere mei. L’expression estourdy comme le premier coup de matines nous rappelle les moines s’éveillant péniblement pour se rendre à l’office. Se rendre au premier coup de mqtines, c’était céder à la première som- mation ; chanter magnificat à matines, faire une chose mal à propos. Un bénéfice à simple tonsure, littéralement c’était celui qu’on pouvait obtenir sans avoir reçu les ordres, pour lequel il suffisait d’avoir été tonsuré. Au figuré, l’expression à simple tonsure s’appliquait à un personnage de qualité inférieure, et particulièrement à un homme ou à une femme de médiocre noblesse. Mettre quelqu’un ou quelque chose ai& rang des péchés oubliés, ou des péchés effacés, c’était rien faire aucun cas, ne pas s’eu soucier plus que des péchés dont on n’a pas même gardé le souvenir, ou de ceux qui ont été effacés par l’absolution. Vouloir vendre ses coquilles à ceux qui viennent du. mont Saint-Michel, ou, par abréviation, vendre ses coquines, c’était offrir une chose à ceux qui en étaient déjà pourvus, qui n’en avaient pas besoin, vouloir en remontrer à de plus habiles, ou tromper plus fin que soi. Un évêque des champs, c’était un pendu, semblant donner avec les pieds la bénédiction aux passants. Foueller à double carillon, c’était fouetter à coups nombreux et pressés.

Les jeux avaient fourni de nombreuses expressions. Le mot pelote étant un_ de ceux qui désignaient la balle au jeu de paume, on disait se jouer de quelqu’un ou de-quelque chose comme d’une pelote. Un autre nom de la balle était estent jouer esteuf à quel- qu’un, &était lui jouer un tour. Renvoyer l’esteuf signifiait riposter ; se jeter l’esteuf, se donner un mutuel appui ; suivre son este ut, continuer comme on a commencé ; courir après son esteuf, chercher un avantage incertain, ou s’efforcer de ravoir ce qu’on a laissé échapper. Ma droite balte signifiait ce qui me convient le mieux. Le mot chasse désignait le lancement de la balle par n loueur, et par extension la chute de la balle à telle ou telle place Fmarquer une chasse, c’était donc noter avec précision une action qui venait d’âtre faite, reniarquer exa.ctement une chose. Une chasse morte, c’était une chose qui ne comptait pas, un coup perdu, une entreprise manquée, un événement qui n’avait pas de suite. On gagnait ou on perdait une chasse selon qu’on lançait la balle avec plus ou moins de succès que l’ad_versaire gagner une chasse signifiait donc emporter un avantage. Au jeu de boules, tenir pied à boule, c’était tenir le pied posé près de l’endroit où la boule s’était arrêtée ; au figuré, ne pas s’écarter d’un lieu, ou bien rester attaché avec persévé persévérance à une occupation, à un travail. On appelait tablier la planchette servant à diffé- rents jeux échecs, daines, trictrac. Meure une chose sur le tablier, c’était, au figuré, 1’ex poser au hasard d’une lutte. tre maitre du tablier, c’était être victorieux.

Le commerce, les métiers fournissaient des expressions comme le cours du marché, c’est-à-dire la manière dont les choses se passent ordinairement. Amender soh marché signifiait améliorer sa situation. Ne faire d’une chose ni mise ni recette, n’en pas tenir compte, n’en faire aucun cas. C a.rreier un soulier, au sens propre, c’était y mettre une pièce, un carcel : se carreler le ventre, prendre une earrelure de ventre, c’était faire un bon repas. A triple semelle signifiait au supréme degré, tandis que l’expression à simple semelle indiquait une qualité moyenne : un sot à triple semelle, un avocat à simple semelle. Pour dire qu’un homme était indocile, qu’il se pliait difficilement à l’obéissance, on disait, qu’il était difficile à ferrer. Démêler un /mail, une fusée, c’était débrouiller une affaire compliquée, Toutes les occupations domestiques fournissaient aussi leur apport.

Une des sources les plus abondantes, c’était la chasse. Être bon pour la plume et pour le poil, c’étaii avoir des aptitudes variées. Conniller, tic dérober comme un lapin, un connut, qui se réfugie dans un terrier, user de ruses, de subterfuges pour éviter un dan- ger ou une difficulté. Prendre le contre-ongle de quelque chose, c’était aller à l’opposé, faire le contraire, comme les chiens qui vont à rebours de la piste t nous disons encore aujourd’hui le contre-pied, qui a la même origine. La fauconnerie nous avait donné de nombreuses expressions : par exemple tiercelet, mot désignant, parmi les oiseaux de proie, le mâle, d’un tiers plus petit que la femelle. De là un tiereelet de prince, de gen- tilhomme, pour qualifier un prince, un gentilhomme de très petite importance. Leurrer quelqu’un n’était pas primitivement le trornpei’: c’était plutôt l’instruire, comme le faucon que l’on dresse à l’aide du leurre ; c’était aussi l’attirer, comme le faucon que l’on- habitue à venir au leurre.

La langue figurée avait une grande richesse de termes pour désigner tout ce que l’esprit populaire voulait rendre avec une force particulière. Pour exprimer l’idée de battre, par exemple, elle avait testonner, tricoter, doter, galer, charpenter, pelisser on faire un pelisson de coups, bourrer le pourpoint, hausser le menton, trimmer en malle, draper, battre à double carillon, carillonner sur le dos, charger de bois, faire crocheteur, se mettre sur la draperie, sur la friperie, sur la mercerie de quelqu’un, en donner tout du long et du large, en. donner depuis miserere jusqu’à vitulos, et bien d’autres locutions encore. Pour exprimer l’idée de vol, on pouvait dire faire mitaine de la bourse d’autrui, ferrer la mule, expression réservée aux larcins des valets et servantes, allong-er les s, qui se disait d’un compte de marchand quand les chiffres étaient excessifs. Le coupeur de bourses était appelé soldai de la courte espée, chevalier de la petite espée. Un buveur.se bridait de sar- ment, se chargeait à poids de marc, se barbouillait l’armet, coiffait son heaume, ourlait son bonnet.

Les locutions figurées sont souvent très obscures. Même quand le contexte indique clairement Je sens, il n’est pas toujours possible de voir quel est le lien entre l’idée et l’expression. Une des causes de cette difficulté, c’est que parfois l’expression est tout à fait déformée, fait, fréquent encore aujourd’hui dans la langue populaire et familière. Dans ce cas, le lien se trouve rompu, et il est extrêmement difficile, quelquefois impos- sible, de le renouer. Ce qui prouve que le fait n’est pas rare, c’est que plusieurs fois, à côté de la locution correcte et logique, on en trouve une autre complètement altérée,

dont le sens ne peut, être établi que grâce à la persistance de la première.
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Jusqu'ici, j'ai parlé seulement de ce qui n'existe plus. Ce sera naturellement le prin- cipal élément de ce dictionnaire. Mais si beaucoup de mots ont été éliminés, un grand nombre aussi ont subi des changements de sens qui doivent être enregistrés. De nou- veaux besoins sont nés depuis le xvie siècle. Une partie des mots surabondants sont res- tés, les uns pour exprimer des idées nouvelles, les autres pour marquer distinctement des nuances qui, auparavant, étaient confondues dans une commune expression. Chaque siècle a travaillé à mettre en oeuvre et à bien ordonner tous les matériaux, anciens ou nouveaux. Ce travail, auquel s'emploie toute la nation, dure encore et durera toujours, car jamais une langue vivante n'est immobile et définitivement fixée. Le désir d'être bien compris, cl'employcr des mots qui correspondent exactement aux choses, qui expriment la pensée sans possibilité d'équivoque, est une force toujours active, qui fait que tous, ignorants et lettrés, remanient sans cesse le vocabulaire, le modifient, le renou- vellent, le précisent, toujours à la poursuite d'une perfection qui ne peut pas être attei nte

Souvent, un même mot se présentant sous deux formes différentes, nous avons gardé les deux formes et nous nous en sommes servis pour marquer une distinction utile. Le x.viie siècle disait encore s'asseoir sur une chaire de paille, et. le prédicateur monte en chaise. Fantasque et fantastique s'employaient l'un pour l'autre au xvie siècle nous ne pourrions plus dire aujourd'hui qu'un réait est jantasque, ou qu'un homme est fantaetique. Les doublets loyal et Le gal étaient absolument équivalents, ainsi que loyauté et, legalité. Nous en sommes venus maintenant non seulement à les distinguer, mais parfois même à les opposer l'un à l'autre. Nager a signifié naviguer, et quand il a rem- placé le vieux verbe nciuer, son doublet savant s'est trouvé là pour prendre sa place. On a employé autrefois confidenee dans le sens de confiance avoir confidence au médecin, aux remèdes. La distinction que nous avons établie entre les deux mots correspond bien à une distinction de deux idées. Dans venimeux et vénéneux les éléments sont exacte- ment les mêmes. Vénéneux n'apparaît qu'au xvie siècle jusque-là venimeux s'est dit des végétaux aussi bien que des animaux et conserve longtemps encore sa signification générale. Attaquer, venu d1talie, trouve en face de lui le mot français attacher pendant un certain temps on continue à_ dire attacher pour attaquer, et attache pour attaque, puis on &habitue à donner aux nouveaux vernis le sens qui leur était particulier (lès leur entrée dans notre langue. Cap, mot d'emprunt, est le même mot que chet. Aussi pen- dant longtemps on a continué à appeler chef un promontoire, et inversement cap dans le sens de tête se trouve encore dans l'expression de pied en cap. Cueillette a eu autrefois, entre autres sens, celui de collecte, et l'on a dit la cueillette des impôts, des aumônes. Il serait facile d'allonger cette liste, qui pourrait comprendre beaucoup de nos doublets, tous ceux qui étaient encore confondus au xvie siècle et qu'on a distingués seulement après cette époque.

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Pendant longtemps, on a vu confondus dans un mérne sens des mots qui avaient un radical commun.

Jet est le substantif verbal de feter, et jeton est un dérivé du même radical. Autre- fois jet a désigné un jeton pour compter : Je ne sçay conter ny gel, ny à plume. Montaigne, I I, 17. — Il a aussi signifié calcul, et jeter a signifié calculer, littéralement compter à l'aide de jetons Cette foie curiosité de niesurer le Ciel... consumer son temps à conter, getter. L. LABÉ', Debat de Folie et d'Amour, 5.

Negoce et negociation ont eu l'un et l'autre le sens général d'occupation, alaire. Puis l'un collante Vautre a signifié commerce, et le mot negociateur s'est employé pour désigner un marchand, un négociant Jesus l'estat [de marchand] appreuve En l'Evan- gile, en laquelle Ion treuve Qu' il a loué negociation. J. BOUCHET, Epistres. or ie dag Tra- verse ur, II, ix, l..— Si le gaing des laboureurs est moindre, toutes/ois il est plus certain et sans danger, que celuy des marchands et negotiateurs. SE YSSEL, trad. d' Appien, Guerre libyque, 9.

Olive a désigné l'olivier, l'arbre aussi bien que le fruit. Mais la Paix bien-heureuse a son retour arrive Ceinte tout à l'entour des branches de l'Olive. RoNsArtn, Poe es, Retour d'Anne de Montmorency.

Chariot et charrette ont été employés dans le méme sens que char : Luy mesure monta dessus son chariot iriumphal, et alla ainsi par toute la ville. AMYOT, Marcellus, 8. — A insi a que le raoy Prophete Dans une flambante charette _Haut eslever en l'air s'est veu. Rus Anna Odes, V, 4. — Charretier ou chartier a désigné le conducteur d'un char : ,turne... Par terre ab bat Methisque le chartier Du Roi Turnus. DES !IASURES, ne e, 12.

Change a eu tous les sens du mot changement : 1-1 n'a jamais souci du change des sai- sons. RONSARD, Bocage royat, 2e partie.

Feinte et fiction pouvaient s'employer indifféremment. On disait les feintes de la poésie, et les fictions destinées à tromper quelqu'un : Vray est qu'en tout trois Graces nous sont peintes Des anciens : mais ce ne sont que teintes. MAROT, Leander et Hero. — Ii y a bien des gentils-hommes qui aiment sans fiction. FRANçois n' BOISE, Dialogues et Devis des Damoiselles, 149 r°.

Soutenance et sowenement ont eu tous les deux le sens de soutien Mais mon Dieu est ma soustenance Et l'appuy de mon esperance. Ti. DE BÈZE, .fis. de David, 94. — Quel plai- sir reçois-tu de ravir de mes bras Le seul soutenement de ma chetive vie? BAÏF, Amours de Meline (1, 17).

Concordance a signifié concorde : Juppiter... Met tout discord en bonne concordance. LEMAIRE DE BELGES„ 3e Conte de Cupido et d' Atropos. •

Déclinaison a signifié déclin : Celuy qui... a mieux ma escrire la dedinaison. de l'Em- pire de Home, est Zozinee. E. PASQUIER, Lettres, XII, 2.

Défi a eu le sens de défiance, et défidnce a eu le sens de défi : Il me tient en grand de/fy de soy. J. BouCIIET1 Epistres morales. du Traverseur,1, 14. — Combaire te veux à outrance. Vien doncques, ne retarde s rpasi.. Je Penvoye ma deffiance. MARG, DE NAV., Les Mar g., Chansons spirituelles.

Jardinage ne si ni rie plus aujourd'hui que culture d'un jardin; — mais -a e, qui est devenu ainsi un suffixe d'action, a été autre-rois, dans ce mot comme clans d'autres, un suffixe collectif et a signifié jardin.. Il a désigné, en outre, les produits des jardins : En ce niesme mont... y a des plus beaux jardinages et verglas qu'on soumit voir. THEVET, Cos- Inogr., VI, 14. — Planté de bled; iegumaiges, fruitages, jardinaiges, beurres, laictaiges. RABELAIS, Paniagr. Prognost., 6.

Marine a été synonyme de mer : On ne voit plus une Saphon Pour son Paon precipitee : Ny sur la marine irritee... Nouer un Leandre amoureux. BELLEAU1 Petites Inven- tions, à 1' Amour. Signai et signe se confondaient souvent. Le signal pouvait être le signe auquel on reconnaissait une personne ou une chose, et l’on donnait le signe du combat On peut connoistre aisément ce garçon Par maint signai à tuy voir /a façon.. Am. JAMYN1 Poe_sies, L. V, 260 vo. — Le signe estant donné, la bataille commence. Du BARTAS, Lepanthe.

Entente a signifié intention, et aussi attention : Va, vogue, fuy, persiste en ton entente. FoncADEL, Poesies, p. 64. — Croy moy, Princesse, et preste ton entente. LEMAIRE D BELGES 2e Epistre de I’21.mant Verd.

On a dit estime pour estimation, évaluation d’un objet, et estimation pour estime, opinion qu’on a de quelqu’un Il me dit qu’a son advis, voue vous trompiez grandement en l’estime des biens de feu rnonrsieur vostre pore., St FnANçois DE SALES, Lettres, 853. — Alexan-dre ic grand… l’avoit [Diogène] en telle estimation, qu’il souhaytoit en cas que Alexandre ne feust, esire Diogenes Sinopien. R A B E L A I, III, Prologue.

Barbarisme a été synonyme de barbarie, cachot de cachette, vacation de vacance Voyez quelle vertu aPO une telle beauté et telle grâce, de /aire tourner un barbarisme gros- sier en une douce civilité et gr Dieu. mondanité. BRAN TômE, des. Damas., la Reyne d’Es- cosse. — Les bestes sauvages laissent leurs cavernes et cachots. PARÉ, X X i V, 6. — De ce droit d’Investiture vient celuy de Re gale, duquel nos Rois fouissent advenan.t vacation d’au- cun Evesché. FAUCHET, Lib. e l’Eglise gallicane.

Croisée s’est dit aussi pour croigade, et croisade pour croisement : On tint un Concile à Clermont en A ueergne, auquel fut conclue celle merveilleue Croisse du voyage de la Terre Sainte. THEVET, Cosmogr., XV, 16. — [L’espalier] traversant aucun lesdits Jardins par croisades et autrement. O. SEHREs, Th. d’Agric., VI, 20.

Célébrité n’a pas toujours (.1té bien distinct de célébration : Elle s’en alla vers les sages Gymnosophistes… le-s ilz vousiesent tant faire… que d’honorer la celebrité des sacrifices de leur presence. _AM Y OFF, Hist. fEthiop., L. X.

Communion a été pris dans le sens de coribmunauté ; communication dans celui de communion.La communion des femmes et en ! ans, in/roduitte en la Republique de Platon. L. L E ROT,.rad. des Potitiques d’Aristote, II, 2 (titre). — Nausea baille son conseil a Ferdinand de nous conceder la communication sou les deux especes. AL iN, Lettres, 228.

Compétence &est dit pour compétition Les Canonistes sont en competence avec nos maistres de Theologie pour la preseance. MAnNix, Differ. de la Relig., I, y, Préface.

Acception s’est dit pour acceptation, et acceptation pour acception_ Accepter pouvait se dire à la même époque là où nous disons faire acception de Nostre justice devant Dieu est une acception, par laquelle nous recevant en sa graee il nous tient pour justes. CALVIN, Instit., III, xi, 2, — Rendre la justice au peuple, autant aux petits qu’aux grands, sans acceptation de personne. UHOSPITAL, Reform. de la Justice, 4e partie. — Il tailloit à un chas= faire droid, sans varier ny accepter personne. RABELAIS, II, 13.

On a employé hérédité dans le sens que nous donnons à héritage, résidence dans celui de résidu, procédure dans celui de procédé : On prioit l’huilier de vouloir rendre l’heredité à tel ou tel. E. PASQUIER, Lettres, XIX, 13, — Tout ce qu’il y a de gros et de terrestre dedans le vin… fait une residence de lie. Amy o T, Causes naturelles, IO. — Les actions et procedures de cette Providence regime et gouvernement de ce inonde, sont si diverses, qu’elles semblent souvent se contrarier. Cri &BRON, Disc. chrest., I, 9.

Nous voyons souvent leçon pour lecture, et lecture pour leçon IL.. se fejt lire devant Iuy l’Histoire de Quintus C urtides, des taids et gestes d’Alexandre le grand. à la leçon de laquelle il prit… merveilleux plaisir. AMYOT, Vies. Aux Lecteurs. — Un quidam. des regens disoit souvent en ses lectures qu’il n’y a chose tant contraire à la vue comme est la maladie des yeulx. Rm3ELAis, il, 5.

Grossesse a été synonyme de grosseur, hautesse de hauteur, largesse de largeur, lon- gitude de longueur I La grossesse de la voix. G. BOUCHET, fSeree. Se9 corners donc prisa Pour leur force et hautiesse, Ses iambes clesprisa Pour leur seiche maigresse, CORRO- zET, Fab. d’Es-ope, 36. — Et que soudain la hauteur et largesse De tous les cieux abL.it abysmes s’abbaisse. MARG. DE NA v les Marguerites, Triomphe de l’A gneau. — A u para-9£-t’a que la chair fust brusiee, la douleur seroit trop grande, pour la longitude du temps que 1’1l’on seroit à la bru-sler, PARÉ1 X_VII 30.

Chrestienté s’est dit pour christianisme, royaume pour royauté : Ils ne sont point Anthropophages, à cause que la Chrestienté leur a osté ceste brutalité. TREVE ; Cosmogr., XII, 15. — En la Loy ç’onl esté deux chose ineompatibles, que le royaume et la sacrifica- Lure. CALVI N, ler Serm. de Melchisedee.

Antiquaire si gni fi ait souvent antique : Une lanterne antiquaire, faite industrieusement de pierre sphengitide. RABEL AIS, IV, 1.

Chaleureux était le synonyme de chaud, même au sens matériel : [Le Soleil] retourne Fraper à plomb nos Cham s de ses rais chalureux. BAÏF, ler des Meteores,

On trouvait continuel dans le sens de continu, luxurieux dans celui de luxuriant, aima dans celui d’oisif.’Ii ne yoyoit là aucune jointure, ai n.s seulement. un enduit continuel. BiROALDE DE VERVILAJE, Voyage des _Princes fortunez, p. 782. — Pour abaisser gueil des’mies et Iuxurieux arbres, et hausser le cœur aux vieux a langoureux. O. DE SERnts, Th. (I’Agric., VI, 27. — Que /eroy-ie en telle saison, Sinon oiseux à la mai : sore… Pre.s feu faire bonne chere ? RoNsABD, Gayetez, 2.

Originaire se confondait parfois avec ori gluai, et original avec originel t IISSi quit- tons-nous les Keilles traductions, et vouions avoir recours aux livres originaires. E. PAS- QUIEft, Lettres., II, 6. — Par maladie, pelas, si generale Que presque c’est macule originaie Secondement.s.urvenue au grand dam De tous tes filz yssus d’Eve et d’Adam. LEM IRE DE BELGES, 3e Conte de Cupido et d’Atropos.

Partial avait entre autre sens celui de partisan. Il signifiait aussi homme de parti, et partialité servait à désigner dans une ville, dans un État, les partis poli tiques Je ne suis partial… ne du pape, ne de t’empereur, ne du reg d’Espaigne, ne de la rogne d’Angleterre. L’HOSPITAL, lifénoirs, il, 255, — 11 es.toit assez sedicieux et partial. LouvEAu, trad. des Nuits de Straparole, Il, 5. — Or y avoit il dedans Rome deux ligues el partialitez, 1’une de Sylla, qui est oit forte et puissante, et celle de Marius, qui n’osoit pas alors lever la teste. _AMYOT, César, 6.

Social se trouvait dans le sens de sociable, natif dans celui de natal : a ileillesse a un peu besoin d’estre traitee plus tendrement. Recommandons la à ce Dieu, protecteu• de santé et de sagesse mais gage et sociale, MONTAIGNE, III, 13. — J’eusse laissé te port de ma terre native. P. DE BRACH, Poe mes el Mess., L. Ili, S. 9.

Continent, employé comme adjectif, signifiait continental. De même paradoxe, semestre, trimestre s’employaient là où nous dirions aujourd’hui paradoxal, semestriel, trimestriel : Ce que Pay die( des isles se peuh aussi attribuer à la terre continente. THEVET, Cosmogr., IV, 9. — C’est doctrine moult paradoxe et nouvelle. RA.BELAIS, III, 8. — Faire les magistrats semestres, à fin que tous 1e semblables ayent part. L. LE Roy, trad. des Politiques d’Aristote, V, 8. — Venons maintenant aux principales pieces de ceste triennale et trimestre publication et reegociation. CHARRON, Disc. chrest., Redemption, 10, Territoire s’employait cla.ns le même sens que terrestre : Es choses territoires n’y a perfection felicité. MARG DE NA V., Heptarn., 19.

Univers, employé comme adjectif, signifiait universel. On disait souvent. le monde univers. Université signifiait universalité : Un preux, un conquerent, un pretendent aspi- rant à l’empire univers, ne peut tousiours avoir ses ai. s. RABELAIS ? I ? 33. — L’enseigne et la marque d’une toy naturelle est l’université d’approbation. CHARRON Sagesse, FI, 3.

Sanguinaire avait comme synonymes sanglant et sanguinoient Fredegondc avoit son service des gens de pareil naturel, et aussi sanglans qu’elle. FAUCH ET, Antiquitez, IV, 13. — H fallut de rechef que les M uses cedassent, et Mars cruel et sanguinolEnt eut lieu en leur endroit. TlIEVET, COSMOgr., XIV, 19.

Au lieu des adjectifs blanc, blond, brun, jaune, noir, et, c., on employait souvent blanchissant, blondissant, brunissant, jaunissant, noircissant : Junon au coude blanchis- sant. AM. J ANITN, Iliade, XV. — Pourquoy… Arrachez-vous ainsi vos tresses blondis- santes ? Ft GARNIER, Troade, 558. — De ton œil brunissant sort le coup qui m’entame. M AGN Y, Souspirs, S. 96. — Son Cymeterre en arc se flechissant Feue esmailté de jaspe jau- nissant. Du BELLAX, Eneide, IV. — Fay iuy 1e cheveu noircissant En longues tresses finissant. BELLEAU, Odes d’Anacreon.

Egaler, outre son sens actuel, avait celui que nous donnons à égaliser : Iivouloit imi- ter Solon et Lyeurgus, en egalant ies biens de ses citoyens. AM Y OT, Cléomène, 8.

Pendant, substantif, avait souvent, le sens de pente. D’autre part, la parenté entre pendre et pencher se marquait, dans ce fait que pendre signifiait souvent, pencher : Elle est bastie toute en pendant, et a son glise Metropolitaine au plus haut du mont. Tn EV ET7 Cos- mogr., XV, 1. — Je congnoissois bien à ses responses… pencloit quelque peu de ce CO té là de la religion. Moisa.0 G, Comment., L. (II, 369).

On voit par ces exemples quel. travail s’est fait dans notre langue pour attribuer aidant que possible à chaque mot son rôle, pour partager de plus en plus los emplois. Malgré la richesse de notre vieux vocabulaire, l a fallu créer beaucoup d mots nouveaux pour arriver à la spécialisation des anciens t par exemple, contineniaI, semestriel, trimes- triel ne semblent pas avoir existé au, vie siècle. La formation de ces adjectifs a permis à continent, semestre et trimestre de se restreindre au rôle de substa.ntifs.

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Le xvie siècle n’avait pas encore tiré de l’emploi des préfixes tous les avantages que ce procédé peut offrir pour la distinction des sens. On employait très souvent dans le même sens le simple et Je composé.

Cumuler, comme ace ter, avait le sens d’entasser : Ces geants… Qui rnontz sur montz s’efforcent cumuler. MA ROT, Serin. du bon pameur et du ntarais.

Prouver, approuver, esprouver, preuve et espreuve confondaient très souvent leurs sens. Ainsi prouver s’employait pour approuver et pour esprouver : Cyrus… prouva ce conseil, et par ce tendit à l’executer. SALI AT, trad. d’Hérodote, 1, 79. — Mais nioy, qui jusqu’icy n’ay prouvé que la peine… La douleur, le soucy, les regrets, les ennuis,. Je vieillis peu à peu. sur ronde dusonienne. Du RELIAI() Regrets, 35.— Approuver s’employait pour prouver et pour esprouver : Quand les Prophetes ont voulu approuver pi il estoyent envoyez de Dieu, ils ont dit Je ne sera y point Prophete si ceci n’advient. CALVI Di 1 11 e Serin. sur le Reuter. — Le prudent vigneron doibt planter le complant qu’il aura prodigué et approuvé esire le meilleur, sans y entremesler d’astre. COTERE A IJ7 trad. de Columelle, III, 20. Esprouver pouvait signifier prouver : Dieu leur avoit esprouvé sa puissance, afin qu’ils s’y fiassent. CALVIN, 6e serin..F le Denten — Preuve s’employait pour preuve, et récipro- quement Il vouloit faire une preuve et une dection des estrangers, pour donner à ceulx qu’il cognoistroit plus gens de bien droit de bourgeoisie Spartaine. Arrmyr, Cléomène, 10. — Celuy entre les Turcs est seulement reputé noble, qui aict.de guerre a donné plusieurs espreuves de sa vaillantise. E. IDASQUIE R, Recherches, II, 17.

Advenir se trouvait dans le sens de parvenir, de devenir, et de convenir : Le moyen qu’il teint pour advenir à ses fins. AM YOT, Alcibiade, 15. — Quand il esi advenu Roy, et que les richesses du pais luy sont devant les yeux. CALVIN, 106e Serin. sur le Deuter. — Ceste livree [de pers et vert] itty advenoit bien, veu qu’il avait esté pervers. RABELAIS, II, 31.

Franchir signifiait souvent affranchir ar`ie i e… i s franchit, e ieur ottroya quilz peussent vivre selon leur mode et leurs loix. LEI.kIuE DE BELGES, Le end des Veni- liens, 2.

Annoter s’employait pour noter : Le vin, comme Aristote annote, s’accommodant à la nature des beuveirs. G. BoucHET, Ire Seree.

Attenuer et extenuer se confondaient hi z’o fera venir à la bataille, estans leurs homrrees si affoiblyz et si attenu.ez à faulie de manger, que plusieurs en mouraient de faim. AmyoT, trad. de Diodore, XIII, 28. — Ceux qui le /ont ne doyvent point extenuer leurs /aides, ne prendre vaine couverture. CALVI N, Que doit faire un homme fidele entre les papistes.

Tirer avait souvent le sens d’attirer : Mais il faut par bien-faits et par caresse d’yeux Tirer en ta maison les ministres des Dieux, Les.Poétes sacrez. 1b N SAM), Odes, III, I.

On employait complainte pour plainte, compromettre pour promettre, contourner pour tourner, fier pour confier, sacrer pour consacrer, citoyen pour concitoyen : Il execute ses jugernens, quand les povres oppressez bey adressent leurs complaintes. CALNIN, xx, 1_5. — L’alliance d la fin compromise. DES MASURES, David fug., 1255. — Malheu- reux son-t ceux qui destournent les creatures de leur Createur, pour les contourner au peché. SI FBA.NÇOIS DE SALES, Vie devote, II, 13. — Nui ne fie son secret à 1’yvrongne„ chacun le fie au sage. MONT AIGN E, III, 4. — Belle à qui pay sacré et mes vers et ma peine. AuBIGNÉ, Primiems, II, 16*— L’un et l’autre à la fin encourut la haine et malvueillance de ses citoiens. AMYOT, Thésée, 2.

Comporter s’employait dans le sens de supporter, se comporter dans celui de se trans- porter : Je ne scat’comment je comporteray la douleur en laquelle vous me laissez. LE MA- çoN, trad. de Boccace, Décaméron, X, 9. — Quand dans un verger de plaisance Lasse elle alloit se comportant. BUTTET, Ode 2. — Porter signifiait souvent comporter, se porter avait souvent le sens de se comporter. Porter signifiait aussi supporter : [Les assiegei] capitu- lèrent et receureni une composition plus honneste que le droit de la guerre ne port-oit. AUBI- GNÉ, Hist. Uni v., XI, 14. — Si par le passé je me suis portée en jeune fille, à l’advenir je Inc comporter ay en femme. LARIVEY, le Fidelle, IV, — Ne pouvant plus porter cette haine publique, ils se pendirent emz-inesines. MONTAIGNE, III, 12.

Confluer s’employait pour affluer, conserver pour préserver, consister pour subsister Tous ceux qui ineneni ceste vie y acourent, et confluent de tous costez. AMYOT, Hist. "Ethiop., L. L — s’en alla en un oratoire se recommander à Nostre Seigneur… lut’priant voitioir conserver son cueur de toute mesurante affection. MARG. DE NAV., Reptam., 10. — La vigueur de ce corps ne sauroyt consister A peine un jour, si faim vient à te molester. AU I UN É Création, eh. 6.

Delaisser s’employait pour laisser, denoncer pour annoncer : Les jardins et vergers que Caesar delaissa par testament au peuple Romain. AMTOT, Fortune des Romains, 5. — II denoncea et publia par affiches, que ce mesme four la il vouloit lever gens pour la guerre. ANEYoT, Camitie, 39. — On trouvait dénonciation pour annonce : La rigueur de ma peine n’est que la semonce et denonciation de la leur. Du VAnt, edit. sur les Lainent. de Jerernie, I. — Prononcer aussi s’employait pour annoncer : D’autre conté Foy la bise arriver Qui en soufflant me prononce l’y ver. MAROT, Eglogue au Roy.

Descrire se trouvait dans le sens d’escrire, d’inscrire et de transcrire Tesmoings ces pauvre Coriolanue, Sertorius, Lucullu, s, Scipion, et une infinité d’autres, desquels les nom.s seroient trop longs à cleserire. BRANTômE, M. de La Noue. — Je vous retiens… en estai et office de mes abstradeurs. Par Geber mon premier Tabachin y serez de-scrie. RABELms, V, 21. — Comme il appert par son Epitaphe… lequel je vous ay bien voulu d. cric iey en Fran- çois de mot à MW. THENET, COSMOgr., XIV, 15.

On disait très souvent nier pour dénier, pendre pour despendre, roide pour déroule La terre… _Nia son vin, ses pommes et son blé, Et de ses fils dete, çtant la misere, Devint marastre en lieu de bonne mere. _RoNsAnD, Elemens ennemis de l’Hydre. — ay veu que sous la Lune Tout n’estoii que hazard et pendoit de fortune. Rommin, Amours diverses, à N. de Neufville. — Les Sicyoniens inesprisans ceulx Aikenes pour ceste grande route qu’itz avoient receue pres de Delion, se rebellerent contre eulx. AMYOT ? trad. de Diodore, XII, 21.

On. employait souvent efforcer pour forcer, estancer pour lancer, espuiser pour puiser, change pour eschange : En. parlant et plaidant il efforçoit sa (eoix, FOUQU EI-1N Rhet, franç., 59 vo. — Le Moenetien… Eslança le premier eon javelot luisant. AM. JAm N i e, 16. — li espuisoit du vin hors d’un vase profond Et le vers’oit en. terre. ID., ib., 23. — Voulez-vous faire change D’un vrai père à un père estrang, e ?’1…1A110T1 Colloques d’Emme.

Nous voyons terrer pour enfermer, tramer pour entrainer, emporter pour comporter et pour importer, enluminer pour illuminer : ils virent le gouvern.eur s’estre teriné dedans sa maison avec ses gardes. E. PASQUIER ? Lettres’, XVII, 3. — Aux armes les fa rie sont irréparables. Une bien légère traîne souvent après soy une grande perte. MoNLue, Com- ment., L. I (I, 96-97). — II ne se met point à pari quant "adoration de Dieu, laquelle emporte aussi bien les siacrificeg. CALVIN ? Inelruet. contre les Anabaptistes. — Il emporte beaucoup._ de sçavoir lequel de ces deux langages.. approche plus de la perfection.. H. Es- TIENNE, Dial. Lang. franç. ital., II, 233. —— Une lumiere C riTC enrinne l’esclair du ton- nerre luy enlumina la teste tout alentour. A m1(0115 Fortune des Romains, 10,

Veue avait entre autres sens celui cl’entreveue A prés la prinse de Genes et la veue des deux ions à L.Çavonne, celluy de France repassa par sa ville de Al dan, LE LOYAL SER V ur L LT11, Hist. de ay ri, ch. 28.

Informer s’employait pour former, information pour formation, iinpnrtun pour inop- portun est force que quand on approche des choses, on soit informé ei pir icelles. YOT, Contre Coloies. — Ces deux [la comédie et la tragédie]… tendent plus à la corrup- tion que à la bonne information des mœurs. DEs Atrrns, Replique à Meigret. — Faire testament à ceste heure… me semble acte… importun et rital à propos. RAB ELAIS, IV, 21. Rompre signifiait souvent interrompre Pour ne rompre son disner, voyre ny son som- meil. MONTAIGNE, II, 4.

Parfumer se confondait avec enfumer Le mien extreme est de faire sortir les Abeilles du creux de l'arbre, el ce en les parfumant avec de la fumee de drapeau qui brusle. O. DE SERRES, Th.. d'Agric., V, 14.

On trouve suite att lieu de poursuite, proposer pour exposer, prevoir au lieu de pour- voir : Ainsi est il de Pkebus et Daphné : Espoir le rend fort leger à la suyte, Crainete la rend fort legere à la fuytte. MAROT, trad. de la Iletamorph., I, — Les touaciers... davant leur ro y... proposerent leur complainte. RABELAIS, 17 26. — Elle renversa... la table qui estoit chargée de viandes., el..; dit vielle croit ce fait par mesgarde et voulant prevoir au service. DES PÉRIERS, Nouv. Réer., 127.

Ressembler s'employait pour sembler, et réciproquement ; récompenser avait Sou- vent le sens de compenser, et rarement son sens actuel ; récompense signifiait compensa- tion ; cueillir, dont les sens étaient très variés, avait entre autres celui de recueillir ressembloit comme au dernier souspir Rendre son ante. P. DE BRACH, Aminte, V, I. — La beauté semble à la rose vermeille Qui meurt incontinent. ROIÏSARD, Odes, Ill, 13. — Ceste entrée de guerre eust esté peu heureuse pour eux, si (l'autres effects n'eussent recompensé les premiers defauts. LA NouE, Disc. po i. et mil., XXVI, 2. — _N (Liure, en recornpense de telle diflormité, lie donna un don singulier. CoRnozwr, Vie d'Esope. — Si je suis morte alors (lu' arriveras, A tout le moins mes os tu *lei! I ras. CH. FoN TAIN E, XXI, Epistres d'Ovide,10.

On disait remarquer pour marquer, rem.arque pour marque, regard pour égard : chaseun se campant qui deçà, qui delà, De /myes, de buissons remarqua son partage. RE- 0,NIEn, Sad. 6. —La longue chevelure, sous la première lignée de nos Boys, avoit esté ta plus signalée remarque de leur Royauté. E. PASQUIER, Lettres, XIV, 2. — Il a regard à nostre infirmité ; il nous donne vertu telle qu'il sait nous es-tre propre. CALVIN, 80e Sermon sur le De ter.

Douter signifiait craindre, comme redouter ; susciter s'e-mployait pour ressuciler, et aussi pour exciter Pay peur que ()ogre amour par le temps ne s'efface, Je doute qu'un plus grand ne gaigne vostre graee, Pay peur que quelque Dieu ne voie emporte au Cieux. RO - RD, Elegie — [Jésus Christi a eité montra par ses miracles„. Suscitant mors, imperani à la mer. J. BoueRET, Epi ira m, d rav., 90. — Les Atheniens... e_stoyent poul- sez et suscitez par les ordinaires harengues de Detnosthenes. ANITOT, Demosth., I7.

Commander se confondait avec recommander, tourner avec retourner, verser avec renverser, recueillir avec accueillir, et recueil avec accueil t [Jésus-Christ] Son aie à Dieu recommanda, Et a ai et khan mere commanda. J. BOUCFIET, Ep. /am iTrav., 90. Le rey estant à Carmagnoles, envoya dire au marqui..s. qu'il ne vouloit iou-rner en. France sans le voir. BRANTÔ1E, Marquis del Goust. — [Le comte de Brissac] fut porté par terre de trois coups d'espée ei plusieurs. hommes de marque ers . pres de lui. AuDioNÉ, Hist. Univ., Xill, 12. — Pourquoy difieres tu? Fus tu mal recueilly lorsque lu y presenlas le Jugement de Minos? MAROT, Temple de Cupido. Au Roy. — Lors s'y trouva la dame, qui leur Mit le meilleur recueil du monde, MARG. DE NAV., Ileptam., 4.

Souscrire s'employait pour es rire, et aussi pour in,_9erire t Sus donc, enfant, su-e viste va soubscrire En mon livret ce que je Qien de dire. FR. HABER; trad. d'Horace, Satires, I, 10. — Pay mis sur le iront de mon livre lin beau nom pour le faire vivre D'age en age eter- nellement, Et ores qu'à la fin j'arrive Ii faut! qu'un beau nom j'y soubzcrive Digne d'un tel commancement. MAGN Y", Odes, II, 242. — Dans ce dernier exemple, il est vrai, souscrire dit plus qu'inscrire : il signifie écrire au-dessous, à la fin. Dans un sens analogue, il s’em- ployait souvent là où maintenant nous dirions signer.

L’usage des préfixes est un précieux moyen de tirer d’un radical un très grand nombre de significations, Aussi, en suivant l’évolution du sens des mots, voyons-nous cet usage soumis à des règles de plus en plus précises. La valeur des préfixes tend d’une manière continue a se mieux déterminer, et la confuion d’autrefois fait place a une répartition d’emplois qui est une des causes de la clarté du français moderne.

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Le sujet n change pas, il ne fait que s’élargir quand nous passons aux mots qui ont des radicaux différents. Là aussi nous voyons des mots qui autrefois ont été synonymes et qui ont fini par s’appliquer à des choses très diverses. La modification du sens des synonymes est un fait très important dans l’histoire de notre langue. Si deux mots ont exactement le même sens, nous éprouvons toujours le besoin de trouver.. une différence entre eux, et, comme elle n’existe pas, nous la créons. Les deux mots cessent de pouvoir s’employer indifféremment l’un pour l’autre et en viennent souvent à Otre séparés par une large distance. C’est ainsi que s’imposent à l’esprit des distinctions nouvelles, que l’on aperçoit des nuances longtemps indécises, que l’on analyse les idées avec une finesse minutieuse. L’étude de notre Langage abstrait est à ce point de vue extrêmement ins- tructive. Mais, dans toutes les catégories de mots, on peut trouver de nombreux exemples. D’ailleurs, le travail inconscient de notre esprit s’accorde souvent avec les faits extérieurs qui rendent nécessaires ou du moins très utiles les distinctions qui se font entre des mots primitivement synonymes.

Dans la première moitié du xvie siècle, l’auteur d’un livre pouvait être appelé auteur, comme aujourd’hui. I1 pouvait aussi s’appeler /acteur, ce mot ayant été pris dans un sens général. Beaucoup plus tard même, saint François de Sales appelait encore Dieu facteur de toutes choses. Dieu était le facteur du monde, et Virgile le facteur de l’.ide Ii n’est fadeur qui sceust en prose ou rime Bien declarer la supernelle grave Que Ise viz lors en ceste belle face. MICEIEL D’AMBOISE1 Complaintes de l’Esclave fortuné, 33 vo. — Dieu est le facteur et pere de toutes choses. St FRANçors DE SALES, Amour de Dieu, IV, 8. — L’auteur d’un livre pouvait aussi s’appeler acteur t Je n’ay peu acteur quelconque qui en rive aucune chose plus avant, sinon Ovide eauquatrieme de sa Metarnorphose. LEMAIRE DE BELGES, Ilius/r., I, 27. — Avant la fin du xvie siècle, l’usage avait déjà séparé les trois mots auteur, facteur et acteur.

Le mot physicien, avant que les progrès des sciences physiques eussent exigé sa spé- cialisation, avait été l’un des noms qui désignaient les médecins. Henri Estienne le con- sidérait comme vieux en ce sens, mais Larivey l’employait, encore Le fisicien, ou mecie- eirt, par le moyen de ses sirops, pilluies et medecines, guarit les corps des fieleyres a autres infirmitez. LARIVET, le Ridelle, IV, I.

Le statuaire s’appelait encore un tailleur, on un tailleur d’images, bien que le mot statuaire fût depuis longtemps en usage Phidias, bon et excellent tailleur. CH. FO — TAIN E, Fontaine d’Amour, É p. 7. Deux images d’Alexandre le Grand… l’une desquelles est de Praxitek, et l’autre de l’œuvre de Phidias, deux des plus celle tailleurs d’images , qui agent esté en l’antiquité. THEVET, Cosmogr., XVII, 6. — Henri Estienne considérait comme un néologisme remploi de tailleur pour couturier.

Compagnon s’employait dans le sens de collègue les deux consuls étaient appelés compagnons. On l’employait aussi là où nous dirions confrère, en parlant des médecins, par exemple f eit dire pour son compagnon au consulat le perd de Luvrece. AmyoT, Publicola, 12. — Qui vid jamais mecieein se servir de 1a recepte de son compagnon, sans y retrancher ou adjouster quelque chose ? MONTAIGNE, III, 37.

Le mot coche pouvait désigner divers véhicules. On l’employait souvent pour char : Marc Antoine fut le premier, qui se fit trainer à Borne… par des ions’Aidez à un coche. MONTAIGNE, III, 6.

Un godet, comme un verre ou une tasse, pouvait servir de récipient pour toutes sortes de liquides Enfans, beuvez à pleins guodetz. RABELAIS, HI, Prologue.

Grange était un (les mots qui désignaient une ferme il en achapte force mestairies, force granges, force censes, force mas. RABELAIS, IV, Prologue. Un granger, comme encore aujourd’hui dans quelques provinces, était un fermier.

Le mot herbe pouvait désigner les légumes, et herbages, avec un suffixe collectif, avait, aussi ente signification L’artichot, et la salade, L’asperge, et la pastenade, Et les pepons Tourangeaux Me sont herbes plus friandes Que les royales viandes. RONSARD, Odes, HI, 24. — Le medecin… luy ordonnoit l’abstinence de vin, vivre d’herbages. F. BRE- TIN tract. de Lucien, Menteur, 8.

Unguent était synonyme de parfum, venin synonyme de poison : Et en sentant la tressuave odeur De tes unguens. MARG. DE NA V., les III arguerite_s, e. de J. C. — Elle prit d’une main asseuree la coupe oit estoit le venin, et… avala brusquement ce inortel breu- vage. MONTAIGNE, II, 3.

Anatomie était l’équivalent grec de notre mot latin dissection. Mais dissection ne se répand pas avant le xvie siècle, Où nous voyons dans Ambroige Paré le pléonasme dis- section anatomique. Dissection et anatomie restent longtemps synonymes Et eusse bien voulu es1re en lieu, où l’on eust fait l’anatomie de ce monstre si rare, pour voir ce qu’il avoit dans te corps. THEvET, Cosmogr., IX, 6.

Expedition s’employait déjà au sens militaire, mais on disait encore en ce sens voyage : les voyages de Terre-Sainte, le voyage de Naples. En ce present livre… nous com- mencerons à ce voyage des A theniens en la Sicile, contre les Syracusains. AMYOT, trad. de Diodore, XIII, L

Invasion désignait l’action d’assaillir Les etes et amys dudict Aleibiades qui estoient en la cité de Argos furent souspeçonnez de voloir /aire quelque invasion sur le peuple. SETSSEL trad. de Thucydide, VI, O.

Les mots qui exprimaient des sentiments n’avaient pas toujours un sens bien pré- cis. Dédain pouvait signifier colère, douleur, et aussi dégoût, découragement : [Ninus] en prit un tel desdain luy fit en achapter la reparation par la perte de sa Cifoui : nEs, 2e Apres-Disnee. — Il prend en soy un tel desdain, il ronge en son cœur et en. son aire ien tel despit et chagrin. BRANTôME, M. d’A ussun. — Ii faut choisir ceux… qui n’auront aucune saveur ny gousl malplaisant, à fin que pIus longuement et sans— dedain ils puissent estre tenus en la bouche. PARÉ, XXV, 36. — [La vigne] estant mal choisie… ne peul apporter que desdain, vo iant perdre la spense emploiee à son elevement. O. DE SERRES, Th. d’Agric•, III, 2. — Ire, qui signifiait ordinairement colère, pouvait aussi signifier douleur Le 1 ? oy… se reiyra pour souspirer par grief’e douleur, en une chambre o esioit la Royne, au…quel elle demanda incontinent l’occasion de son ire et melancolie. SEVINs trad. de Boccace, le Phflocope, L. II, 35 vo. — Courroux aussi avait souvent le sens de douieur, et courrou- cer celui d’affliger : La Deesse [Venusj… /ut si dolente quelle k pleura long temps amer e amerement [Adonis], et desrompit ses beaux cheveux. aureins. Et sil ne /let quelle estoi immortelle, elle en. tue morte de courroux. LEM IRE DE BELGE S, , MUSC., I I 27. — On luy dist que sa bonne femme estoyt malade et en grand dangier, dont il monstra estre autant courroucé qu’il estoji possible. MARG. DE NAV., 71.

Continuel était Synonyme de conséewit, qui était probablement assez récent. Il était aussi le synonyme d’assidu Ces feux durerent l’espace de neuf jours continuels. _AMYOT ; trad. de Diodore, XVII, 5. — Ceux qui… desiroient d’estre continuels aux sacrifices. CAL-. YIN, 107e Sernt sur le Denier.

Haineux était souvent substantif et était, plus expressif’que son synonyme ennemi, dont l’emploi est trop large et auquel on fait exprimer trop d’idées différentes Il fit de ses haineux une belle vengeance. _DU BELLKYI Regrets, 40.

Malencontreux avait souvent le sens de malheureux Le malheur Que plus je crai- gnois en mon cœur M’est advenu malencontreuse. BELLEAU, la Reconnue, IV, L

Mécanique, adjectif et substantif, se prêtait à des synonymies tout à sait perdues aujourd’hui. Un homme mécanique, un mécanique était un ouvrier t Ils esleurent entre eulz un duc appellé messire Paule de Novy, homme mécanique el de mestier de tainturier. LE LOYAL SERVITEIS, Hist. de Bayart, 27. — Quand ie mechaniques parviennent à quelque degré, ou bien deviennent riches, ils haïssent fart qu’ils ont exercé. G. Boucn ET, 15e Seree. — Le mot pouvait être aussi synonyme de mesquin et d’avare Celuy yiti ren- doit le Prince chiche et mecanique. AmYeT, Galba, 16.

Scientifique se confondait quelquefois avec savant Platon eseript que les choses publiques Heureuses sont quand Boys scientifiques En ont la charge et le gouvernement. SI BOUCHET1 Epistres morales du Traverseur, II, 1, 4.

Timide pouvait signifier effrayé, et par suite timidité se trouvait dans le sens de crainte : Et sus la mer les Inariniers timides Font un amas de leurs voile humides. PELE- TIER DU MANS, ler Liv. des Géorgiques. — Justice nous presse si fort Que sommes en timi- dité Que ung jour en grant crudelité Porterons sentence de mort. A ne. Poés. franç., XI, 259.

Aggraver s’employait naturellement dans le même sens qu’alourdir. Il signifiait. souvent aussi fatiguer Un eorps… saoul et aggravé de nourriture. AMYOT, S’il tloinsible de manger chair, I, 6. — Je voy leurs pied z de courir agravez. _MARS. DE NAY., les Margue- rites, III, 190.

On employait consentir dans le sens de slaceorder, être d’accord, et consentem.ent dans Je sens d’accord Tous les mesnagers consentent en mesme avis touchant le bestail. O. D E SE RRESe Th. d’Agric., IV, 8. — az ne cessent de calomnier nosire doctrine. Ilz enquierent, s’il est e, xpeclient qu’elle surmonte le consentement de tant de Peres anciens. CAL VIN, hlaii.1 au Roy.

Convenir s’employait dans le sens de s’assembler, et convention dans le sens d’assem- blée Ceste assemblée seroit criminelle de lèse-Majesté, si noie avions osé convenir en ce lieu sans estre asseurez et pleins de neutre droict. AUBIGNÉ Xl 8. — dele- gué pour aller à la convention des Estats eNormendie, qui se tient tous les ans à Rouen. VAUQUELtH DE LA. FRESNAYE, OraiS. fun. de Jean Ro el.

Deprimer était, synonyme d’abaisser, m’ale au sens mat6riel Les Evesques depri- mans les autres doigts, en tenans ces deux tous droits, signifioient voutoient parler au peuple. G-uILL. BOUCHET 33e Seree.

Crouler avait le même sens que secourre ou secouer. Escrouler aussi. Croulement pouvait signifier 1’aetion de secouer i 112… cueilloient des fleurs, eroulloient des arbres fruitiers, et en mengeoient des fruitz. i rv o r, Daph.ni.9 Chloé, L. III. — Là. estait un Sycomore antique ; elle rescroula par irais fois. RABELAIS, III 17. — L’Eternel qui du seul croulement De son chef rayonneu-x meut jusqu’au. fondement Les montagneux rochers. Du BARTAS, Lepanthe.

Despiter pouvait être synonyme tantôt de mépriser, tantôt de défier, braver, tantôt de maudire Ceul.x qui no z voisins sa nt En opprobre n., ous ont, Nous mocquent nous des- .. piteni.M.utoT, Ps. de David, 34. — Jusques au dernier souspir il ne cessa de biasphemer et despiter Dieu. H. ESTIENNE, Apoli pour Her., eh. 26. — Je despite ma vie à son//rir con- damnée. DESPORTES, Elegies, I, 14.

Déclarer, exposer avaient tous deux le sens d’expliquer. Ce verbe avait d’ailleurs d’autfés significations perdues aujourd’hui. Déclaration, exposition signifiaient exp1ica- lion Le Prince, à qui il appartient de deelarer ses loi x quand elles ont besoin de quelque explication. Du Vmri, A rrests prononc. en robe rouge, 7. mettra ses mots pour ceux qui entendent le grec ; ci pui$ tes. exposeray pour ceux qui ne l’entendent pas. 11. ESTIENN E, Conformité, I, 2. — Bridve declaration d’aucunes dictions plus obscures contenues on qua- triesme livre. RA_BELAIS. — Tu me pries de t’escrire quelque chose… de quelques passages du Timee Platon, lesquels semblent avoir besoing de plus diligente exposition. AMYOT, 4Tranquiii. de l’âme, 1.

Entailler était synonyme de graver Car ulciber, des fevres l’oultrepasse… Y en- tailla de la mer la claire unde… Et y grava des terres le grand tour. MARoT, L. I Ide la Meiamorphose.

Exceller s’employait dans le même sens que surpasser. Tous deux étaient nouveaux venus, et l’ancienne langue aurait dit passer L’heur de te voir tout l’heur du monde excelle, fiAïF, Div. Amours, L. L.

Juger pouvait signifier condamner Les uns me jugeoyentà etre lapidé, i autres à estre jeeté dedans le precipice da Harare. AMYOT, Hist. L. I, 7 ro.

Lire avait souvent le sens d’enseigner, et le mot lecteur désignait celui qui ensei- gnait Pierre Forcadel, apres avoir leu à Rome quelque temps les Mathematiques… à la parfin a esté digne Lecteur du Roy en 1’Université de Paris. THEVET7 Cosmogr., XV 23. — EPolemon] estant allé ouïr une leçon. de Xenaerates, ne remerqua pas seulement reioquenee et la suffisance du lecteur. MoNT moNE, II, 17.

Porter, supporter s’employaient au figuré dans le sens de soutenir, et support pou- vait signifier soutien. Scipion 1’ avoit… esté de tout temps tort aimé, porté et favorisé du eornmun peuple. AMYOT, Paul Émile, 38. — L’un de ceutx qui suyvirent Evander en. Dulie 81 appplloit Patron, lequel estant homme secourable et qui supportait les pauvres et petits, donna son nom à eest office d’humanité. AMYOT’Romulus, 13. — in a le cœur si haut qu’il aime ieux mourir Sans support et sans biens, que de les acquerir Par importunité. RONSARD, Bocage royal.

Preposer et proposer s’employaient tous les deux dans le sens de préférer Ta ne preposeras à Dieu homme vivant. P. DE CHANGY instit. de la Femme chrest., I, 15. — Elle proposaia facture à son. f acteur, l’ouvrage l’ouvrier, et le su.biect à son prince. MON TAI GN trad. de R. Sehon, eh. 243.

Rapporter et retirer étaient synonymes de ressembler ; Les Libyens… donnent le Royaume, quand il y a plusieurs en/ans, à celuy qui rapporte mieux au. Fere. G. BOUCHEr, 23e Seree, Nostre vie… retire à la grande et populemee assemblée des jeux Olym.pieques. 1uNT AI E, Il 25. Reciter, dont les sens étaient très nombreux, avait entre autres celui de raconter : Adiousions encore un' histoire.„ que Seneque recite en l'une de ses lettres. MONTAIGNE, I1, 25.

Reclamer avait le même sens qu'invoquer : Eternel, je te reciarne tout le jour : regels mes mains vers toi. AUBIGNÉ. Médit. sur le Ps. 88.

Repugner était Bynonyrne de résister et de contredire, être opposé, et repugnance synonyme de résistance et de contradiction, opposition queles choses leur a esté bien facile de vaincre ceux qui ne repugnoient point. Du BELLAY, Dettence, I, 9. — Combien que ceulx qui estoient descendus les premiers leurs fissent repugnan.ce avec les espées au poing. LE MAÇON, trad. de Boccace, Decam., II, 7. — Telle façon de faire repugne à ce qu' ils mettent en avant touchant la gravité de leur langage. H. ESTIENNE, Preceiience, p. 45. — Le travail de son esprit bandé... à concilier les repugnanees et contrarietez des lois. VAU- QUELIN DE LA FRESNAYE, °rais. fun. de Jr Rome!.

Tourner &emploie souvent pour changer. Il a aussi le sens de traduire, et tourneur celui de traducteur : Daphné fille de Pence Qui en plante fu,s- tournee Pour te sauver d' Apol- lon. Am. J AMY N Poés., L. V, 237 vo. — Garde et regarde que lu ays autant parfaite con- gnoissance de l'idiome de l'autheur que iu entreprendras tourner, comme de celuy auquel in delibereras le traduire. SEBILLE1r, Art poétique, II, 14. — Tousiours l'autheur vers soy la gloire amein.e, Et le tourneur n'en retient que la peine. LA BOETIE, Vers franç., à Margue- rite de Carle. — Traducteur était alors tout nouveau, et moins usité que translater.

Rompre était bien comme aujourd'hui synonyme de briser, mais il était aussi syno- nyme de déchirer A ses souspirs la bride elle destache, Rompt ses habits, ses cheveux elle arrache. RONSARD, Franciade, 3.

Usité avait le sens d'habitué, exercé, et inusité de non habitué : Les Massagetes... co batée à pied et à cheval, car ilz sont usitez aux deux. SALIAT, trad. d'Hérodote, I, 215. — Un petit sommeil... Coula dedans mes yeux inusitez au somme. R. GARN IER, Corné- lie, 675.

On verra dans les pages suivantes encore beaucoup d'autres mots dans lesquels s'est effacée la synonymie, car ce fait est un des plus importants qui se soient produits dam Pfrvohition de notre vocabulaire.

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Certains mots se prêtaient aux changements de sens avec une particulière facilité c'étaient ceux qui avaient des significations très variées. La grande étendue de leur sens faisait qu'ils se prêtaient aisément a des emplois nouveaux. Mais aussi la multiplicité de leurs emplois les empêchait de s'attacher solidement à l'expression des diverses idées auxquelles ils répondaient. Le rapport du mot à l'idée se rompait aussi facilement qu'il s'était établi. Le lexique français contient toujours un assez grand nombre de mots de cette catégorie. Quoique notre langue n'ait plus son instabilité d'autrefois, il semble que pour ceux-là le mouvement de va-et-vient n'ait pas tout à fait cessé.

Action, mot encore si large aujourd'hui, a pourtant perdu plusieurs de ses anciens sens, par exemple ceux de contenance, attitude, de cérémonie, de discours : Sa face pleine de Majesté, son port et son. action, le feroient assez reconnoistre pour Roy, en quelque soli- tude qu'on le trou t. Du VAIR, Var. au Parleur. de Bordeaux, 1620. — Ceste action publique que nous celebrons pour honorer la inemoire du grand Philippe Emmanuel de Lorraine, duc de Mercoeur. St FE.Nçois DE SALES, rais. fun. du duc de Mercœur. Cette singuliere pieté, qui vous a assemblez à ce service et pompe junebre, me donne espe- rance de vous avoir aussi doux et tavorables auditeurs de ceste mienne action que vous estes affectionnez et charitables à la Tnemoire de celle que nous Jevons presenternent touer. Du VAIR, Orais. /un. de la Royne d’Escosse.

Entre autres sens, estat avait ceux de condition, de charge, de train de maison., de costume : Ce doit estre quelque gros personnage, el non pas un homme privé, de bas estat. AMYOT, Esprit /a ii. de Socrate. —Il luy vint en t’entendement d’achepter un estai de con- seiller en la cour de parlement. DES PËBIERS, -N0119. Réer., 126. — Si lu y bailla Menelaus [à Hélène] nouvel estai, et principalement pour ses empaignes et damoiselles dhoreneur, deux de ses parentes. LEMAIRE DE BELGES, 1111..91r., 11, 3. — Une jeune pucelle… laquelle sembioit etre de grande parenté, selon que son estai eton este maintien demon.stroii. Lou- VEAUT trad. d’Apulée, IV, 5.

Ce mot estat entrait dans la locution taire estat, qui elle-même avait différents sens : Faire cas : II ne fait pas grand estat de V eloquence de vostre pere au prix de la sienne. MONTAIGNE, 117 10. — Avoir l’intention Ii faisoit estai afler iu mesure en personne leur mener la guerre. SALIAT, trad. d’Hérodote, I, 153. — Compter sur : Jamais homme ne se défia tant de sa vie, jamais homme ne /est moin.s d’estat de sa durée. MONTAIGNE, I, 19 — II, Être suit. Faites estai que vous aurez et moy et la rogne ma mère pour cruels ennemis. MARC. DE VAL., Mémoires, p. 84.

Partie avait le sens de parti, de qualité, de compte, de rôle (surtout au figuré), d’époux ou épouse : Ce tyran fejt empaler et escorcher plusieurs Chrestiens Grecs et Latins, qui s’es- l’oient rebellez contre son maistre a tenoient la partie des Venitiens. THEVET, Cosrnogr., XVIII, IO. — Les principales parties que mon pere chercha fit à ceux à qui il donnoit charge de moy, c’e_stoit la debonnaireté et facilité de complexion. MONTAIGNE, I, 25 — Je suis hon- teux des parties que je vous envoie, (, e ou asseurant qu’il m’a plus congéde choleres en les fournissant, qu’il ne volis coustera d’argent en les acquittant. E. PASQUIER, Lettres, XIV, 4. Induciomare tenant les premieres parties entre les Trevires. E. PASQUIER, Recherches, I, 2. — Qu’il suee son train, cognoissant que c’est au nom de Dieu qu’il est marié, et qu’il faut qu’il tiene foy à sa partie, puis qu’elle luy est assignee de Dieu. CALVIN, 4e Serm. sur l’Epistre à

On sait quelles variétés de sens peut avoir encore aujourd’hui le mot bon : un bon- homme pouvait être, au xvie siècle, un homme brave, un homme vieux, un paysan : La meilleure delense des places sont les bons hommes en nombre suffisant. LA NOUE, Disc. pot. et mil., XXVI, 1. — Feu M. de Montpensier te bonhomme dernier mort. BRANTôME, Disc. sur les Duels. — Les gentilshommes n’avoient pas le courage si rabaissé de manger le bonhomme. 121-losprr AL, Reformat. de la Just., 4e partie.

Gros s’empJoyait dans le sens de grand, un gros seigneur : Vous estes riche, et je suis pauvre ; vous estes grand seigneur, et je suis de travail ; vous voudriez des grosses dame, et je suis de basse condition. LOUVEAU, trad. des Nuits de Straparole, V, 4. — Avoir le cœur gros signifiait être orgueilleux ; et, le mot estomac étant souvent employé alors dans le sens de cœur, Calvin a pu désigner l’orgueil par le nom de gros estomac : De peur d’enfler le cœur t celtes qui 1’aurayent desja assez gros de nature. H. ESTIENN E, Conformité, I, 2. — II viendra là jeiter ses bouffees et son gros estomac. CALVIN, 37e Serin. sur I’p. aux Galates. — Gros avait aussi le sens de grossier : Nous disons… il parle du le n de cuisine… tes autres disent gros latin. II. ESTIENNE, Conformité, I, I.

Brave, récemment venu d’Italie, avait des significations multiples. Il signîflait beau : un brave palais, de braves habits : Un brave pavalon de feuillées aimables Treillissé et couvert proprement te jeray. B É rtE Eglogue 10 ; — bon, habile, savant : Tous les plus braves medecin, s y esian_s appellés jugerent que c’estoit une convulsion de fort pres appro- chante à repilepsie. PARÉ, XIX ? 32 ; — Hautain : Et bref BoUS me serez ou gracieuse ou brave, Ileiraugré vostre rigueur je sera y vostre esclave. RONSARD, Elegie 9. — On trouvait bravade dans le sens de magnificence et d’ostentation : Nous appeiom parade et bravade… ce que nous nommions magnificence. H. ESTIENNE, Precellence, p. 351. — Lequel [mot] Petrarque et Boccace ont mis en monstre, en faisans grande bravade. In., ib., p. 343. — Braver signifiait défier, parler d’un. ton provocant Ii brava fort et menaça de tout battre, vaincre e ! renverser. BRAIsTômE, Marquis del Gouast. —tl ignifiait aussi parader, se pavaner J’en ay aussi veu autres… qui engageoient gaie ce qu’ils avoient,.. pour acheter chevaux et accoustremen, s afin de braver. Du FAIL, Contes d’Eutrapel, 2.

Defaire avait entre autres sens celui de tuer : Je me rencontray un jour à Rome, sur le point qu’on deffaisoit Catena, an voleur insigne : on Pestrangla sans aucune emotion de l’assistance. MOD.TTAIGNET II, IL — Se defaire signifiait se tuer : Dinocrates ne leur donna pas loisir de le faire mourir par justice, car il se desfeit iurymesme. AmY0T1 Philopoemen, 21.

Donner avait le sens d’attribuer ïToute la faute estoit donnée, par preuves evidentes et manifestes, à un Lucien. LouvEAti, trad. d’Apulée, VI I, 1 ; — celui d’admettre : Don- flow neanimo ins que toutes ces choses se puissent tolerer pour quelque temps. CALVIN, lns- ch. V, p 349 ; — celui de sacrifier : On donne ai privé futilité commune. Du BELLAY, Regrets, 123.

Coucher avait le sens de piacer, poser : Ii ne peut si bien coucher ses couleurs que il en avoit jeté le dessein. LARIVEY, trad. des Nuits de Straparole, IX, 4 ; — celui d’inscrire : Une seule pareille De ceous me peuh faire coucher au rolle. MAK) ; Epistre 28 ; — celui de rapporter, d’poser (par écrit) Toutes ces choses sont bien à plein et bien elegamment couchees es autres œuvres escrites en François. LEMAIRE DE BELGES, II, 6 ; celui de rédiger : Sur te poinct qu’il estoit press de publier redict… et qu’il ne restoit plus qu’à le coucher en bons termes. AMYOT, Solon, 15 ; — celui de mettre au jeu Et bien, mon anty, dit-il à ce jouvenceau, voila cent escus, cou, chez-en autant. Du FmL, Contes dEutra- pel, 26. On sait combien ce dernier sens était développé dans le langage figuré.

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La restriction de sens est un fait très fréquent, bien connu, qui se produit encore triés souvent à notre époque. Beaucoup de mots avaient au xvie siècle un sens plus large qu’aujourd’hui.

Les gendarmes autrefois étaient simplement des hommes d’armes Ainsi jadis ces deux fameux gendarmes, Jason, Achilk, enfonçons de Chiron, Furent nourris en son docte giron. RONSABD ? l’llydre diesjaiet. — Gendarmerie, mot collectif, désignait, aveu la même extension, l’ensemble des gendarmes C’est une dispute non encores jugée… sça- voir si la gendarmerie de pied lait plus d’exploit et est plus’utile à un conquérant que celle de cheval. FAUCHET, Orig. des Chevaliers, I, I. — Ces deux mots s’employaient aussi avec une restriction toute différente de celle d’aujourd’hui ies gendarmes étaient les com- battants à cheval, et gendarmerie était le nom collectif qui ]es désignait Cessez, cessez, gendarmes et pigions, De pilloter et mener le bon homme. COLLERYE, Rondeaux, 96. — Crassus,.. les hastoit encores d’aller, contraignant les gens de pied de marcher aussi tost comme la gendarmerie. AmYoT, Cra_ssus, 23. Un marchand est celui qui fait un marché. Au \r le siècle, ce mot pouvait être le nom de l'acheteur aussi bien que celui du vendeur L'image, s'il est beau, son marchand trou- vera, A quelque pris que soit contant s'achètera. Rimes de P. DE LAVAL. 61. — Marchander ne se bornait pas au sens restreint de discuter le prix, mais avait le sens générai de faire du connnetce Grand joie ilz ont quand ce dont if z marchandent _Pauli au pays, parce qu'a lors Li z vendent Toul a leur pris, sans raison ne pitié. J. Boueur', Epmitres morales du Traverseuri II, 1- x , 1.

Un patient est un homme qui souffre on employait souvent le mot dans le sens de malade ; Il commande rien n'estre au medecin... qui puisse offenser le patient. RABELAIS.: IV, Ancien Prologue.

Un pelerin était un voyageur, que le but d son voyage fût profane ou religieux Par l'a ppreftension des cala mitez que soi f /rent iournellement les pelerins de l'Ocean. CHO- MÈRES, Ire Matinée.

Le mot recteur, quoiqu'il fût depuis longtemps employé dans un sens spécialement universitaire, pouvait encore désigner, d'une façon générale, celui qui dirige, qui gou- verne : Elle fait Dieu recteur du inonde de parolles seulement et non pas de faicl. CiavriN, Pistil., VIII, p. 502.

Un veneur était, un chasseur, et non pas seulement un auxiliaire dans une grande chasse En ce temps là les Princes et les peuples ivoient pour la pif4spart de venaison. Si ayloient presques tous veneurs plus que laboureurs. LEMAIRE DE BELGES, Illustr., III, 1.

Le mot famille désignait tous ceux qui habitaient la maison, les serviteurs comme les maîtres. Souvent, pour distinguer les serviteurs, on leur donnait le nom de grossière famille : Si d'autre part le maisire traide inhumainement sa : c'est larrecin devant Dieu. CALVIN, III, p. 160. — Cestui-ci sera pour vostre table, el cestui-là pour vostre grossiere O. ri E SE RRES7 Th. d' Agric.., Vill, L

Escadron, mot récemment emprunté à l'italien, signifiait troupe en général. I1 s'ap- pliquait aux soldats à pied comme avx soldats à cheval Les gens de cheval Romains... demeurerent en fin ma istres de la place ; et incontinent apres les escadrons de pied se venans à. heurter, commencerent une bataille tres-cruelle. FAUcEier, l t iq. , 1, 23. — Le mot ser- vait même à désigner des troupes qui n'avaient rien de militaire Je semble cii qui nombre Les Cailles, qui couvrant la mer hale d'ombre, Pour vivre sous un Ciel plus teconcl el plus do us Viennent par esta ro passer l' Esté chez nous. Du BARTAS, Ire Semaine, fie Jour.

Faon se disait des petits de toutes sortes de bêtes Pay nourry... ces deux enfang dans une caoerne, comme la lionne ses faons. FAUCH ET, A ntig., I I, 20.

Les mots concile, congrégation, consistoire n'étaient pas encore restreints à leur sens ecclésiastique. Ils pouvaient encore s'employer dans la signification générale d'as.s.eiri- Née Jupiter irriié des larmes de sa fille Des Dieux incontinent ssembla le concile. RoN- sA.RD, Hymne de la 'Justice. — Les congregations et assemblees des hommes associées par droit, qu'on appelle citez. L. LE Box, trad. des Politiques d'Aristote, I, 2, Comment. — ineas... lu y dit... que le Senal luy a'oit proprement semblé un consistoire de plusieurs Rois. AMYOT, Pyrrhus, 19.

Seminaire signifiait au propre liez où l'on sème. Au figuré, il était à peu près l'équi- valent de pépinière : Depuis le commencement d'Octobre jusques à la fin de Janvier... est bon de planter les Oignons... à telle cau,se doucement les arrachons du se funaire. O. DE SERnEs, Th. d' Agric.,. VI, 4. — Le collége des aclvocats est le séminaire des plus grandes charges publiques. L'HOSPIT. L, Reformai. de la fast., 4e partie. Reposoir signifiait, d'une façon générale, lieu où l'on. se repose : Au milieu de l'esca- lier sont reposoirs pour ceux qui montent. SALIAT, tract, d' Hérodote I, 181.

Roches, soutane désignaient l'un et l'autre des vêtements longs, des sortes de tuniques que les femmes portaient, aussi bien que les hommes : [Hélène] s'accoustra bas- tivement clun fin rochet de lin, et partit de sa chambre. LEMAIRE ll E BELGES1 .111ustr., I I, 16. — La principale [nyrnphel... representant Diane... vestue sus la soutane el verclugalle de dainca rouge cramoisi à riches broderies, d'une fine toille deCypre toute battue d'or. RABELAIS, Sciomachie.

Un carcan était un collier. Le mot désignait bien souvent le fer entourant le cou d'un prisonnier, mais il pouvait s'appliquer aussi à une parure : .1e vou.drois esire carquan Qui orne ta gorge yvoirine. RONSARD, Odes, IV, 32.

Estoffe signifiait matière, en général. 11 servait à désigner la pierre, le bois, les mé- taux, aussi bien que les tissus. ESi011é avait aussi une très large signification Les mu- railles en seront de bonnes esioffes, bien basties et maçonnees. O. DE SERRES, Th. d' Agric., -V,I.— Le bouclier luit, estoffé d'airain franc. DES MASURES, Eneitle, VIL

Eschantilion conservait encore souvent son ancien sens de morceau. Faire e_schan- tillon d'un domaine, d'un royaume, e'était le morceler, et Pon employait dans le même sens esehantillonner : Estant nostre Royaume divisé en e_schantillons et parcelles. E. PAS- QUIEB, Recherches, il, 18. — Ces nations estrangeres eschantillonnerent en parcelles l'Estat de Home. In., ib., 1, 7.

Estabie servait à désigner tous les locaux destinés à loger des animaux domestiques, les chevaux aussi bien que les boeufs et. les moutons. Le mot escurie ne s'employait, que dans les maisons des princes ou des grands seigneurs : II courl droit à 1' estable où sa main ne dedagne D'equiper son cheval. )(10-NTCHRESTIEN Hector, IV.

Manoir, ce vieil infinitif pris substantivement, avait, encore le sens général de emeure, séjour, et n'était pas du tout réservé aux habitations seigneuriales Où du S'oleil voisin les Ethiopies noirs Se deffendent, creusans des souterrains manoirs. HAir, Eglogue 2.

L'estude était le lieu où l'on étudie, où l'on travaille intellectuellement, le cabinet de travail Me print envie d'agencer un peu de livres que pay en mon estudc. L ARIVEY, Trois nouvelles Coinedies, Dédica_ce à François d'Amboise.

Boutique rie désignait pas seulement le lieu où l'on vend, mais en général celui où l'on travaille, ou l'on_ exerce une profession. Un ouvrier, un_ peintre, un statuaire avaient une boutique que l'on appellerait aujourd'hui leur atelier. On disait même la boutique d'un médecin : vint un Jour viSWer Apelles jusques en sa boutivie. Amy(); Com.- ment on pourra diycerner le flatteur d'avec — Il erioit que la boutique du Medecin est oit l'esehole de Philosophie. G. Boucti ET, 30e Seree.

Un ouvroir pouvait aussi être, suivant les cas, un atelier, une boutique, en général le lieu où l'on travaille : Au clavant de l'ouvrouoir d'un Roustisseur un Faquin mangeoit son pain à la fumée du, mus/. RABELAIS, III, 37.

Hospital qui, comme adjectif, signifiait hospitalier, avait, comme substantif, le sens de séjour, demeure De là t'Ambition fit anvahir là terre Qui fut, avant le tains que survindrent ces maux, Un hospital commun à tous les animaux. REGN1E R,S'ai. 6.

Un canton était un coin : Ces supercherie-s d'armes sont... pires que celles que l'on faiet en assassinant les personnes aux cantons des rues ou en un coing de bois. BRANTÔM E, .Dise. sur les Duels. — De là était venu déjà le sens de carre/cuit de quartier, de région, d'où dérive, par restriction, la signification actuelle : Il eut davantage de difficulté au pays des Eduens, pour autant que ce canton. estoit plus puissant. FAUCHET, Antiquitez, I, 18.

Destroict se disait d’un espace étroit, resserré. Le mot s’appliquait à un isthme Les Lacedemonienis… vindrent camper au destroict que l’on appelle Istmus. AMYOT, trad. de Diodore, XII, 17 ; — à un défilé Leonidas… prit son chemin vers le destroict des Ther- mopyle_s. In., ib., XI, 1_ ; sans parler des cas Où il désignait une région, une division administrative. On sait qu’au figuré il exprimait une situation difficile : es/re t destroii de vivres, par exemple.

Linceul conservait encore quelque chose de sa signification primitive, ti.s.su de lin. On l’employait dans le sens de linge, morceau de linge : Autant en est-ii clu linceul duquel Jesu.s. Christ torcha les pie dz de ses A postres, apres les avoir lavez. CALVIN Traité des Re- liques. — Il désignait surtout un drap de lit, d’où lui est venu son sens actuel : Son tiret elle brassoit Et les ii ceux trop cours par les pie de iiremsoit. REGN IER7 Sad. il.

Idole signifiait image, statue, et d’autre part apparence, fantôme L’un d’eux avoit de son breton frappé un Gaulois, qui trop privément lu y manioit la barbe, pensant que ce f ust L’idole de quelque Dieu. FAUCHET, A niiquitez, 1, 8. — Je m’en vois à la mort et mon. idole errante Sera tost aux enfers parmy l’ombre courante. Nu Y SEMENT1 CEuvr. pod., p. 78. — Mais depuis longtemps le mot était spécialement employé pour désigner les images des dieux du paganisme.

Perruque, emprunté à l’italien, signifiait chevelure, et quand les cheveux étaient postiches on disait une faire perruque. Dans ce cas, c’est sans doute l’euphémisme qui a supprimé l’adjectif et produit la spécialisation C’est l’image de Lysander faille au natu- rel, ayant une grosse perruque, et la barbe fort espesse el fort longue. AMYOT, Lysandre, I. Au figuré, perruque désignait le feuillage des arbres tLe Chesne remue Sans aucun vent sa perruque meptue. RoNsAwo, Bocage royal.

Crin ne se disait pas seulement quand on parlait de la crinière des animaux. Le mot, signifiait cheveu, ou, avec un sens collectif, chevelure 7 Vous trouverez mille Nymphettes… Les cric épars dessus le front. TA FI 1) R E A Li, Ire 8 Poésies, Aux Muses. — Elle avoit les brads nuds à la mode Nynfale, Son crin étoit noué en un neu simp1ement. VAUQUELIN D E LA. FRESNAYE, Foresteries, 19 8.

Le cuir était la peau de l’homme aussi bien que celle des animaux Nous viendrons aux remedes particuliers, qui oni /acuité de pallier les rides et blanchir le cuir. PARÉ, XXV, 44.

Affection avait encore le sens de sentiment. Il avait aussi celui de désir, ardeur : Her- cules… je ne sçay de quelle affection meu… envahit hostilement la terre de Phrygie. LEAIRE DE BELGES, Illustr., II, 5. — equ. eveistes homme, qui enst plus grande affection d’estre ro y et riche que moy. RABELAIS, I, tn’y iwoit celuy en sa cour, qui de grande affection ne se meist l’estude des lettres. AMYOT, Dion, 13. —— Affectueux signifiait de même zélé, ardent, et affectueusement, signifiait avec ardeur t Le Prince Sophy se monstre ires-affectueux à pourchasser la destruction de la loy de ilf ah th. LEMAIRE DE BELGES, Syach _Isma’il, 3e partie. — Le gouvernement que Scipion avoit si allectueusement quis e prochassé en Hespagne, luy diminua plus sa gloire, qu’il ne fejt celle de Caton. Am-y-crr, Caton le Censeur,

Respect pouvait avoir le sens très large de considération. Il avait souvent celui de cause, motif : L’antiquité a esté en admiration aux uns et en mespris aux autres pour divers respects. H. ESTIEN N E, Apol. pour ér., ch. 3. — Avoir respect à signifiait avoir égard à, prendre eel considération : Combien qu’amour soit de telle nature Qu’il n’a respect à la condition, Mais par l’obied d’une perfection Où il luy plaist fait sentir sa pointure. Du BELLAY, A mours, 8.

Remonstrance signifiait exhortation. Son sens pouvait être rétréci par l’adjonction dune idée de reproche, mais cette restriction était accidentelle Pantagruel leurs feist une briefve reinorutrance, à ce qu’iis eussent à soy monsirer vertueux au combat. RABELMS, IV, 37.

Une semonce était un avertissement, et particulièrement une invitation : Po/ y per- chon… l’avoil convié à venir soupper en son logis le jeune Prince eut peur, et se défia de telle semonce. AMYOT, Mauvaise honte, 4. — Il y a bien pour ce mot. une restriction de sens, mie semonce aujourd’hui étant un avertissement a" sujet d’une faute et une invi tation à ne plus la commettre.

La corpulence était la forme du corps : le mot pouvait &employer même quand on pariait d’une personne maigre : De sa corpulence il estoil maigre, petit et boiteux. J. BouIPI, &publie, IV, 6.

Souffrance participait au sens très large de souffrir il pouvait signifier, par exemple, tolérance De dire que le Senat disposoit des finances, Il est vray, mais c’estoit par soufrance, et tant qu’il p1aisoit au peuple. J. BODIN, Republique, 111, 6.

Succes signifiait succession, suite : Voyons maintenant le succez des Empereurs qui ont gouverné test Empire, l’heur et malheur d’iceux, et en quel nombre. THEVET, COSINOgr, XIX, 3. — II désignait aussi le résultat bon ou mauvais d’une action, d’une entreprise Je me retireray seulement jusques à ce que j’entende le sucrez de eec y, qui ne peut estre sinon cruel. LARIVEY, Tromperies, IV, 4.

Le mot grade n’a ait pas pris le sens restreinte, militaire ou administratif, que nous lui connaissons : il avait le sens général de rang Elle [Catherine de Médicis] sceut entre- tenir son grade et auctorité si imperieusement, que nui n’y °soit contredire. BRANdrimE, des Dames, Catherine de Médicis.

Obseque pouvait avoir différents sens : obéissance, service, hommage, etc. : Tu rte le pourrois demonstrer plus grand en auctorité que par ton obseque et service. P. ru : CHANGY, I n.stit. de la Femme chrestienne, 11, 3. — Dans le sens restreint que Te mot a gardé, Cal- vin dit obseques pour les morts.

Domestique, adjectif, signifiait Pivant dcir, s. la maison, lamilier, remplissant une tonction dans la maison, et conservait ces significations quand il s’employait comme substantif. Les domestiques étaient les gens de la maison, par opposition aux étrangers : Le chien jappe et est mauvais aux estrangers, et doux a.ux domestiques. G. BoucHET, 7 Seree. — Aristote nous est donné comme un familier d’Alexandre, et peut-être aussi comme remplissant un emploi auprès de lui : Alexandre le grand, quoy qu’il eust Arisioteles pour praecepteur et domestic. RABELArs, III, Prologue. — Ailleurs le mot désigne plus nettement celui qui remplit un emploi : Quelques domestiques des Bour bons… entre autres le sieur des Cars et Boachard, chancelier de _Navarre. AunIGNÉ, Hist. Univ., II, 14 Domestiquer signifiait rendre familier, et se domestiquer, se familiariser : Telle monnoye,.. semble estrange au commencement puis l’usage l’adoucit et domestique. RONSARD, Franciade, Préface de 1623. — Apres qu’on s’est plus domestiqué avec eux, ils descouvrent davantage les secrets qu’ils n’osent pas si tost mettre en evidence. LA No u El Di.w. poi. et mil., XXIV

Fatal se disait de toute chose marquée par le destin, aussi bien dans un sens favo favorable que dans un sens défavorable Permis à moi n’a esté que I’liale Cacher je pelisse et /a terre fatale Aveeques goy. DES MASURES, Eneide, V.

Comme vertu avait un sens très général, vertueux servait aussi à qualifier des nié- rites très divers. Il était, par exemple, synonyme de vaillant Pantagruel leurs feist une briefe remonstrance, à ce qu’ilz eussent à soy monstrer vertueux au combat. RABELAIS, IV, 37.

Braire avait le sens de crier et se disait au sujet du cri des hommes ou de divers animaux Dont tous les Senateurs jurent si estortnez quilz se prindrent à crier e à braire. SE TS- SEL, trad. d’Appien, Guerre iiiyque, 10.

Cueillir avait, comme le mot latin correspondant, le sens générai de rassembler Fut ordonné par le Roy Priam, que Hector s’en iroit en ta haute Phrygie pour cuealir des genedarmes. LEIIIIAIRE DE BELGES, Illustr., II, I. — Berthoul fut envoyé entre Seine et Loire, cueillir le tribut des habitans. FAUCHET, Antiquitez, V, 2. — Dans un sens moins large, il signifiait recueillir les produits du sol, cueillir le blé, cueillir l’avoine. Récolter, dérivé de récolte, mot d’origine italienne, ne devait entrer dans la langue que beaucoup plus tard Ne se trou’oit nul qui cueillist du bled pour sa provision. PALISSY, De la marne.

Deceder avait bien son sens actuel. Cependant, on lui donnait encore souvent un complément deceder de ce monde, deceder de la vie, ce qui rappelait sa signification géné- rale Cleanie… s’abstenant de viande, deceda de ceste vie. BRETIN, trad. de Lucien, Ceux qui ont vescu longtemp, 19.

Trespasser, lui aussi, s’employait le plus souvent avec sa signifioation restreinW. Cependant, on le trouvait, aussi dans le sens général de passer au delà Ce seroit assez pour Inc faire trespasser hors les gonde de patience. R ARMAIS, III, 9.

Fossoyer signifiait creuser [la terre] Ces dix hommes fossoyoient, et y en avoit d’autres qui portoient la terre. AMYOT% Rist. iop, , L. 1X.

Beatifier s’employait en dehors du vocabulaire religieux. Il pouvait signifier rendre heureux ! ou proclamer heureux Tant que nostre cher Prince a esté vivant parmy nou-s, la Justice… soulageoit e beatifioit ses sujets. Du \Un : 4 Ouvert. du Parlement en 1610. — On beatifie et repute bien.-heureux les rois de Perse de ce qu’ils passent leur hyver en Babylone, leur esté en la Meue, et la plus douce partie du printemps en Suse. AMYOT, du Bannisse- ment e de l’exil, 12.

Capituler, c’était faire une convention, UTI traité, en en déterminant toue les articles ou chapitres. Le mot s’appliquait aussi bien à l’acte du vainqueur qu’à celui du vaincu, et s’employait aussi pour deux parties traitant sur un pied d’égalité. Capitulation avait le sens de convention, article d’un traité Et arriva. M. de Savignac… me dire que ceulx chameau se vouloient rendre, et eoir si je frouverois bon que l’on les Fine mercy, et capi- tulast avec eux. MONLUC, Comment., L. VII (III, 328). — Caesar, Anionius et Lepidus feirent un accord et une ligue ememble, par les capitulations de laquelle ilz partagerent entre eulx les provinces de l’Empire Romain. AMYOT, Marcus Brutus, 27.

Frauder signifiait tromper, quelle que fût la nature de la. tromperie. Il signifiait aussi frustrer : Certes tu es le plus cruel amant Qui oncques fut, (l’ainsi m’avoir fraude. Marot, Epistres, 1 — A fin qu’il ne semble… que nous les veuillons frauder du bien que Dieu leur a communiqué. LVIN ! Instits, VIII, p. 469+

Outrager signifiait maltraiter, traiter d’une façon violente [Pompée] fut desloyaument oultragé à mort par ceuix à qui il s’estoit fié de sa vie. AMYOT ! Compar. de Pompée avec Agésilas. — Le pauvre vigneron presagist par tels signes, S’outrageant l’estomac, le malheur de ses vignes, R. GA RN IER, Hippolyte, 2072.

Revoquer, comme le mot latin, avait la signification généraie de rappeler ; lb furent deliberez de n’enooier pins armee par mer de leur terre… et de revocquer celle quilz avoient clesja envoyee. SE YSSE Le trad. de Thucydide, VIII, 3. — Revocation signifiait rappel [La Royne Hecuba] conceut adonc certain espoir de procurer sa revocation et remise au nombre de ses freres, en la maison paternelle. LE MAJRE DE BEI— ES, libmtr., I, 23.

Le verbe scier devait à son origine le sens général de couper. Aussi pouvait-il s’em- ployer plus largement qu’aujourd’hui. On disait scier le blé, et le moissonneur était appellé scieur Par les fertiles plaines On void scier les bledz, et faulcher les aunes. GAu- CHET, Plaisir des Champs, les Moissonneurs. —— A peine avoit encor le glaneur amassees Les reliques des grains par le scieur laiss+ ees. Du BARTAS, Judith, 1.

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Certains mots ont subi depuis le xvie siècle un affaiblissement de sens. Le fait pro- vient d’une tendance naturelle à l’exagération. On se sert facilement de mots qui sont trop forts pour l’idée à laquelle on les applique. Cet emploi abusif finit par les affaiblir, par les user. On sait quelle, force avaient encore même au xvne siècle des mots tels que gène, déplaisir, ennui, et beaucoup d’autres très affaiblis aujourd’hui.

Le mot gehenne était le nom de la torture que l’on faisait subir à un accusé pour lui faire avouer sa faute : hl z leur donnoyent la gehenne, ilz les detiroyent sur le chevalet. AM Y OT, LUCUIlle, 20. — De ! à. le sens de supp1ice, torture 11 nous commande de craindre ceiI.Ly qui, apres avoir mis le corps à mort, peut aussi envoyer l’aine en ira gehenne du feu. CALVIN, Inuetit7, 1, xv, 2. —ide même le verbe gehenner signifiait mettre à la torture pour taire avouer, et aussi torturer, tourmenter, physiquement on moralement /ut inconti- nent surpris, et k gehenna lon tout un an. durant, pourluy faire declarer tous ceule gui avouent esté Ses compagnons et complices. AMYOT, Demandes des choses grecques, 47. — Tenaillez, tirassez, tronçonnez-moy le corps, Geenez-moy de tourmens, donnez-moy mille morts. R. GARNtER, Troade, 864.

Inconvenient avait un sens très fort et pouvait se dire des plus grands malheurs [ Paul E mile] ne se in-on.Stra pas de *mur moira grand… en ta Patience qu’il eut de supporter vertueusement le dur inconvenient qui_ in y advint, quand il perdit coup à coup ses deux enfans. Amyorr, Compar. de Paul Emile avec Tinzoléon, 2.

Manie s’employait dans le sens de folie, conservant toute la valeur du mot grec correspondant : Où es tu, Didon ? quelle manie Te change ton dessein… ? Jodelle, Didon se sacrifiant, V.

Aigre et tous les mots de la même famille pouvaient exprimer une idée de violence, de cruauté, de douleur qu’ils ne contiennent plus aujourd’hui. Aigre s’employait dans le sens de violeni : Si commença entre les deux parties dure et aigre escarmouche, et en mourut beaucoup d’un costé et (loutre. LEMAIRE DE BELGES, II, — Il signifiait sévère, rigoureux [Les Venitiens] sont a surplus si aigres et soubdains contre les sediiieux, mu- Un ; et entrepreneurs, que pour soupçons legers ont souvent banny, confiné, exilé, emprisonné, et faict mourir plusieurs de leurs principaux gentilshommes et citoyens. Seyssel, Hist. de Longs XII, V kt. sur les Venitiens. — Il signifiait pénible, douloureux : Quand Dieu nous afflige, qu’il nous advient des choses qui nous sont aigres, pour cep nous ne devons point gouhaiter la mort. CALVIN, 24e Serr. sur le livre de Job. — Aigrement signi- fiait violemment, sévèrement, douloureusement Il se courroucea si aigrement qu’il les tua tous deux à coups de poignard. AMYOT, Paul Emile, 23. —--— Philomon, son secretaire, qu l’avoit voulu, empoisonner, il ne le punit pas plus aigrement que d’une mort simple. MON- d I T MON E, II, I L Ceste piteuse mort portale seigneur de Chaumons dedans son tueur aigre- ment, car il ne vesquit gueres apres. LE LOYAL SERVITEUR, Hist. de Bayart, 40. — Aigreur, aigrir avaient des sens qui correspondaient à ceux-là.

Meurtrir avait le sens de tuer : Il fut traitreusement meurt ry par l’un des citoyens de Colongne, qui fit tout aussi-tort present de sa teste à Theodoric. E. PASQUIER7 Recherches, V, 32.

Froisser avait étymologiquement un sens très fort mettre en pièces. Au’vie siècle, il s’employait habituellement dans le sens de briser : Tous deux contre un mesme rocher Avons froissé nostre navire. RoNsARD, Mort de Marie.

Esgosiller signifiait littéralement égorger : Bogez… ayant ordonné d’allumer un grand bucher, ei d’esgosiller femmes, enfants, concubines et serviteurs, les mit dans le feu, et puis soy mesme. MoNTAIGNE, I1, 3. u voit ce qui reste de ee sens dans s’égosiller signifiant se rompre la gorge a. force de crier.

Detester signifiait maudire : De despit il rompt son espée, la jette contre terre, se maugrée, déteste ciel et terre. BR NTôME, M. d’A u-ss un.

Resver avait le Sens de délirer : Je sçay bien que je ne songe pas, car je suis eweillé. Je sçay entores bien que je ne resve point, car je n’ay pas la fièvre. LARIVEY, e Morfondu, V, 5. ReSverie avait le sens de délire Ayant une fi, ebvre violente et une alteration exireme, but du vin, dont il commencea à entrer en resverie, et à la fin en mourut. AmYoT, Alexandre, 79. — avait aussi le sens de lotie t Appeliez VOUS resverye de donner son bien à 1’E gli.’9e et aux pauvres Mendians. MARG. DE NAV., Ileplarft., 55. — Un rêveur était un fou. — On voit que dans l’emploi actuel de ces mots il y a plus qu’un affaiblissement il y a aussi l’introduction d’une idée nouvelle. Mais il est probable que l’affaiblissement s’est pro- duit d’abord.

Gaster signifiait piller, ravager : hi z le frieiren1 avec tout son exereite, galant bruslant leur plat pais. AeriYoT, César, 26.


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Beaucoup de mots qui s’emploient toujours aujourd’hui dans un sens défavorabie n’avaient au’vie siècle aucune valeur péjorative. Les causes de leur dégradation sont diverses et ne sont pas toujours faciles à discerner. Le plus souvent elle s’explique par une raison psvchoIoziaue. Un mot est employé par euphémisme ; il fait illusion pendant quelque temps ; mais hientin il est entièrement pénétré de l’idée qu’il exprimait sous une forme atténuée, et celte idée apparalt clairement sous k mot par lequel on avait essayé de la masquer. D’autres fois un mot nouveau apparaît et fait double emploi avec l’an- cien, qui se démode, et devient un terme de dédain ou de dérision. Ou bien c’est notre besoin de créer des distinctions entre les synonymes, qui réduit quelques-uns à un sens défavorable. Dans d’autres cas, le mot perd sa raison d’être, l’objet auquel il s’appliquait n’existant plus. Il survit pourtant quelquefois et sert à nommer une personne ou une chose toute différente de celle qu’il avait désignée primitivement.

Adventurier a eu des sens assez divers an ivre siècle, et l’organisation des troupes d’adventuriers a varié dune époque à l’autre. Nous voyons, en tout cas, que le mot s’est employé pour désigner des combattants souvent très braves et dignes d’éloges : _Et qui d’entre eu Lz I’honnesteté dereande, Voyse °tendron veoir de Mouy la bande D’adventuriers issus de nobles gens Nobles sont ilz, pompeux et ditigens. pi Ires, 3. — Le mot, dans cette acception, avait vieilli avant la fin du siè.cle. Une organisation différente de l’armée en avait hâté la disparition. Dans sa signification actuelle, on peut à peine dire que nous ayons encore affaire au même mot qu’au x-vi siècle, tant, l’aventurier d’aujour- d’hui, qui vit d’intrigues, diffère de celui d’autrefois, qui cherchait les aventures mili- taires pour le profit qu’il pouvait en tirer, mais aussi par amour de la bataille et du danger.

Le soudard était simplement un soldat, ûn combattant recevant une solde, en an- cien français une soude. Le mot n’avait rien de péjoratif : A insi tousiours la V ido ire, Mon Roy, sur tes e_stendars Se puisse asseoir, et la gloire Sur te front de tes soudars. BEL- LEAU, Petites Inventions, Chant de triomphe. — Mais l’Italie nous donne solde et soldat. Devant ces mots à la mode, soude disparaît, et le soudard n’est plus qu’un soldat brutal et grossier.

Coquin désignait un mendiant : Qui fait les coquins mandier ? C'est qu’ils n’ont en leurs maisons de quoy leur sac emplir. Rabelais, III, 14. — Un coquin pouvait, être un très honnête homme. Mais la pitié est voisine du dédain, du mépris, et, de l’idée d’extrême pauvreté, de mendicité, on passe facilement à une idée plus défavorable. C’est ce qui s’est produit aussi pour le mot gredin, qui autrefois a servi également à désigner un mendiant.

Faquin, venu d’Italie, avait apporté son sens italien de porte f a i tVous y voyez plus de mille facquins, portans sur leurs dos pour un liard la charge eV un grand mulet. Trad. de Folengo, Merlin Coccaie, L. XII (I, 322). — Puis le mot, devenant le nom typique d’un homme brutal, grossier, est un terme injurieux.

Pedant, lui aussi, venait d’Italie et désignait étymologiquement un homme gni ins- truit les enfants : Des Roys de Macedoine… il s’en fait des menuysiers et greffiers à Rome des tyrans de Sicile, des pelants à Corinthe. MONTAIGNE, I, 18. — A l’idée que contenait ce mot s’ajoutait souvent celle de certains défauts remarqués chez des pédants sots et maladroits. Régnier nous montre que le mot n’était pas encore forc6ment péjoratif, puisque, dans son portrait du pédant ridicule, il appelle Aristote le pédant d’Alexandre Un Pedant, animal domestique, De qui la mine rogue et le parler confu..s, Les cheveux gras et longs, et les sourcils touffus Filisoient par leur sçavoir, comme il fa isoit entendre, La figue sur le nez au Pedant d’Alexandre. Sat. 10.

Garse avait simplement le sens de fille : Luy, venant icy, et sa femme, amenercnt une petite gare qu’ils avoient prise pour leur fille. JEitiN DE LA TAILLE, le Negromant, I, 2. — C’est par euphémisme sans doute qu’on l’a employé au lieu d’un mot plus significatif, dont il est vite devenu l’équivalent exact.

Antiquaille, emprunté à l’italien, désignait une chose antique, sans aucune idée dédaigneuse : Je me souviens des belles antiquailles, Des beaux tableaux, et des belles medailtes. MA.GNy, Odes, I, 146. — Ici, le suffixe a pu contribuer au changement de sens.

Repaire conservait, encore un sens correspondant à celui du verbe repairer, retourner chez soi. Le repaire était la demeure : Toute la terre est à nous ; Le ciel tant doue Est nostre eternel repaire. MARG. DE NANT., les Marguerites, Chanson spirituelles.

Parcimonie était le nom d’une qualité, La parcimonie n’était ni l’avarice ai la mesquinerie. Le mot désignait une sage économie : La vie rustique et solitaire a gaigné le prix, comme maistresse e exemple de toute sobrieté, continence, parcimonie et diligence. O. DE SERRES, Th. d’Agric., Conclusion.

L’usure était l’intérêt de l’argent. C’était une chose légitime, et l’on pouvait prêter de l’argent. à une usure raisonnable. Les deux termes n’étaient pas contradictoires : Les pauvres se contenterent que les usures fussent moderees seuiement, sans que les debte-s tussent abolies et annullees entierement. AMYOT, Solon, 15.

La puerilité était l’enfance : Nous diviserons les auges en quatre, à savoir Puerilité, ti Adolescence, Jeuneme ou V iril/té, Vieinesse. PAliÉ, Introd., 5.

Artificieux signifiait agissant avec art, avec habileté, ou fait avec art, avec habileté. Artificieusement avait le sens correspondant. Il n’y avait, dans ces mots aucune idée de tromperie : Nature, sage ouvriere, n’a jamais rien /ait eans cause, et sans une grande, arti- ficieuse et admirable industrie. PARÉ, I, 23. — Ces belles et grandes portes enrichies de iam d’artificieux ouvrages. Du VAIR, Medit. sur les Lainent. de feremie, — Ce qui est plus à admirer, sont les grandes images bien e artificieusement tailiées en marbre, qui sont tout autour dudit gemple. THEVET, Cosmogr.„ XVI, 21.

Doucereux avait le sens de doux et s’employait au propre et au figuré sans aucune idée défavorable : L’homme paissoit e glan sauvage Sa faim et de miel doucereus. BÉ- BÉ :.1.-u, Ode 7. — 0 que l’homme est bien plus heureux, Qui lient à mépris vos richesses Et jouit du bien doucereux Qu’élargissent les neuf Deesses. BAÏF, Tiers Livre des Poemes (11, 1_62).

Mielleux signifiait relatif au miel ou contenant du miel ; au figuré, doux comme le Toutes ensemble viennent regagner leur ruche, et recommencer leur mielleux travail. Du VAIR, Ouvert. du Parlement de 1614. — Bignets Buignets. Friands… sucerez, delitieux, enfarinez, mielleux. DE LA PORTE, Epithetes. — Les doctes sonar es Sœurs… Dont les mielleuses douceurs Oindront à jamais ta gloire. TAHUREAU, Premières Poésies, à Mme Marguerite. — Il est probable que dans artificieux est entrée l’idée d’excès d’habi- leté, dans doucereux et mielleux l’idée d’affectation de douceur, et qu’ainsi ces mots sont venue à exprimer l’idée de fausseté, de tromperie.

Cupide signifiait désireux, et cupidité signifiait désir : Tri n’es pas… plus cupide de m’enseigner et me faire ton disciple, comme je suis desireux d’aprendre. BAET1N, trad. de Lucien, A nacharsis, 14. — Cette cupidité qui nous espoinçonne à l’estucle des livres. MONTAIGiNre, III, 1.2.

Hautain signifiait haut, élevé, au propre ou au figuré Antres et vous iontaines, De ces roches hautaines Qui tombez contre-bas D’un glissant pas. RONSABD, Odes, IV, 4. — La vie de M. Regulus, ainsi grande et hautaine que ehascun la eognoist. MONTAIGNE, III, 7.

Horrible avait le sens de terrible Quand l’horrible majesté de Dieu nous oient en pen- sée, il est impossible que nous ne soyons espovantez. CALVIN, In.stit., III, xx, 17.

Idiot signifiait simple, ignorant ; imbecile avait le sens de faible, et imbecillité celui de faiblesse ; stupide signifiait frappé de stupeur, insensible. C’est probablement rem- ploi par euphémisme qui a déformé la signification d ces mots : ui est-ce inaintenant qui osera alleguer, Ho, je suis un povre idiot, je ne suis point clerc. CALVIN, 52° Sera, sur l’Harmonie evangel. _ Ne tient-ii qu’à mourir ? je rendray testnoignage Que mon sexe imbe- eile est pourveu de courage. MONTCHRESTIEN, les ace s, 11. — Les uns distinguent les diversitc2 des couleurs, les mures ne les apperçoivent point, à cause de imbecillité de leur veue. AMYOT ! Contre Colotes, 7. — Tout cela nous ayant rendus stupides aus accidans communs, le vastre nous a reveillés et s’est tait sensible à nastre stupidité. AuBIGNÉ, Lettres. diverses, 1_5.

Malostru signifiait littéralement né sous un mauvaips. astre, et par conséquent mal- h.eureux, chétif : Si nous avons à vivre ici bar, ç comme pares malotrus, et que tes uns soient ffligez de maladies, elles autres de povreté. CALVIN, 1 er Sermon de Jacob et d’Esau.

Mediocre avait encore un sens favorable. Il s’appliquait à ce qui est moyen, modéré, placé à égale distance de deux extrêmes. Médiocrité a le sens correspondant Comme en quelque tableau le medioere ombrage Rend la peinture vive, et releve l’ouvrage. PASSE 1LU’, Eleg. sur la Jalousie. — En toutes choses ilfault garder la rnediocrité et mesure. COTE- IPLEAIJ, trad. de Columelle, I, 3. — C’est sans doute l’euphémisme qui a rapproché mé- diocre de mauvais.

Mignard était à peu près synonyme de mignon : Ce sont, Mignarde, tes beaux yeux Qui m’acheminent jusqu’aux cieux. GREVIN, l’Olimpe, p. 56. — 11 se différencie de son synonyme pour exprimer une idée de recherche, d’affectation, et son suffixe a pu contri- buer à lui donner cette acception défavorable.

Monstrueux avait le sens de prodigieux ; Les monstrueuses Beautez, Graves, Vertus, et Sciences d’Ioeasie, la rendirent admirable entre les Hommes. N1rneEl DES ROCHES Dia- logue de Placide et Severe. — L’évohition de ce mot a naturellement accompagné celle du mot monstre, qui au. xvie siècle signifiait prodige, comme le latin monstrum.

Le sens du mot obsequieux était obéissant, respectueux. I1 n’avait, rien de péjoratif, non plias que le mot obsequiosité. On peut rapprocher obséquieux d’artificieux, douce- t’eux, ? nielle= : Faudra d qu’un. autre qui ne sera digne de m’entre comparé en amour, en fidelité et en peines, emporte sans beaucoup de mal ce que j’avais legitimement acquis par mon obsequieux service ? N. n E 1 : 10NTRE LTX, fer Livre des Bergeries de Juliette, Journ. II, 105 vo. — [Didon] esprouva la raye amour, toy et obsequiosité de sa sœur Anne. LEMAIRE DE BELGES ! Couronne M ar garilique,

Specieux signifiait beau, ayant une belle apparence, même si cette apparence n’avait rien de trompeur : Las. demeures sont tre_s specieuses, et dignes d’œuvres royales. LA NOUE, Disc. pot. el mil., 5.

Trivial signifiait qui esi connu de tous : Je maintiendroy rolontiers le rang des biens, selon que portoit la chanson que Platon dit aooir esté triviale, prime de quelque ancien pale : santé, la beauté, la richesse. MONTAIGNE, III, 12.

Affubler, c’était couvrir, vêtir Son corps est a./ f ublé d’un precieux manteau. Du BAirrAs, 2f ? Semaine, 3e Jour, les Capitaines.

Contrefaire s’employait dans le sens de P.eprésenter, imiter. [La pierre sanguine] est fort propre pour contrefaire les visages apres le naturel. PALISSY, De la marne.

Usurper signifiait employer, se servir de : Ceste sorte de rime est souvent usurpee de Marot. SEBILLErr ! Art poetique, I, 7.

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Certains mots avaient au xvie siècle une signification concrète dont ils se sont détachés. Souvent le mot est devenu purement abstrait :

Colere, tout en ayant déjà son sens actuel, conservait encore k sens de bile Et luy prenoit un tremblement de tous les membres, et par vomissements rendoit grande quantité de choiere. ArelYOT Diodore, XVII 22. L'allegresse était souvent une qualité corporelle le mot était synonyme d'agilité. Dans la, phrase suivante, disposition exprime a peu près la même idée, et ne pourrait plus l'exprimer aujourd'hui: D'adresse et de disposition, fe n'en ay point eu ; et si suis fils d'un pere dispost, et d'une allegresse qui luy dura jusques à son extreme vieillesse. MoN- TAIGNE, U, 17.

La droiture pouvait être la qualité de ce qui est droit, au sens matériel Cecum, colon, rectum, dia tel pour sa droyture. AUBIGNÉ, Création, eh. 11.

Sentiment s'employait là où nous dirions maintenant sensation, pour un fait, pure- ment matériel fi recela trois coups d'une main large, comme il en jugeoit au sentiment. AunIGNÉ, ist. iv., IX, 16. — Il désignait particulièrement l'odorat, quelquefois le goût : Toul ainsi que le chien a bon sentiment, aussi les Lares odorent de loi les pechez et ineschancetez. G. BouellET, 7 Seree.

Le mot candeur s'employait pour exprimer une blancheur éclatante. Candide se trouvait, dans le sens matériel de clair, pur L' offre non fardé de son front blanchissant Surpasse la candeur d'un1 espanissant. P. DE CORNU, Poésies, p. 44. — Desquelles cendres l'on pourra faire dus verre qui sera transparent et candide, comme l'eau congelative restoit avant sa congelation. PALISSY, De la marne.

Scabreux avait le sens de raboteux, rocailleux si AUX lieux montueux, scabreux et estroits... la cavalerie est presqu'inutile. CHARRON, Sagesse, III, 3.

Discourir conservait encore le sens de courir çà et Let Leurs sotadars sont espars et discourent par les logis ainsi quilz ont de coustume quant il z ont la victoire. SEYSSEL, trad. de Thucydide, III, 5. — Avec un complément direct, discourir signifiait parcourir en divers sens Les uns discourent le pais, les autres chevalent les voyageurs. LA BoÉTIE, Ser- itude volontaire. — Au figuré, le mot pouvait s'appliquer soit à la pensée, soit à la parole. Intransitivement, discourir, c'était réfléchir, raisonner, méditer, aller d'une idée à une autre ; transitivement, c'était parcourir par la pensée, examiner point par point Elle qui sent parmy Ses propres os loger son ennerny, Pense et repense et discourt en sa teste Son penser voie a jamais ne 8' arreste. RoNsARD, Franciade, III, — En discourant plu- sieurs grandes entreprises, qu'il mettoit en son entendement... il proposa en luy inesme (l'entendre premierement à gaigner ce qui estoit le plus pres de luy. AiipnroT, Pyrrhus, 6. Ainsi le sens propre et le sens figuré existaient l'un et l'autre au xvier siècle. Avec son sens actuel, discourir signifie littéralement aller par la parole d'un point à un autre, à dif- férents points. Nous avons à peu près perdu l'emploi transitif, où discourir signifiait exposez., raconter, littéralement parcourir par la parole Venant sur la bataille de Dreux, il la discourut et la représenta si bien ei si au vif que vous eussiez clict que l'on y esioit encor. BRANTôME, M. de Guise.

Discours avait les sens correspondants à ceux-là a.ction de parcourir matérielle- ment Il ne cesse de /aire ses discoure et circuits par la terre. CA ISINi 8e Serin. sur le livre de Job ; réflexion, raisonnement S'il embrasse les opinions de Xenophon et de Platon par discours, ce ne seront plus lei leurs, ce seront les siennes. MONTAIGNE, I, 25 ; — exposé, récit Fay fnoy de sa mort le discours. B. GA.RNIER, Hippolyte, 1982. — C'est beaucoup plus tard que le mot discours s'est réduit au sens dans lequel nous l'employons aujour- d'hui.

Navrer avait encore le sens matériel aussi bien que le sens figuré. Il était, au sens propre, l'équivalent de blesser Un serviteur de M. de Champagne... lut navré d' un coup despée à la gorge. PARÉ, VIII, 31. Offenser aussi pouvait signifier blesser, endommager matériellement : Ce lyon… s’approcha tout doucement de moy, me presentant sa patte offensée. MONTAIGNE, II, 12.

Outrer signifiait percer d’outre en outre : Mais enfin Arphaxat las de vaincre et d’oc- cire, Outré de mille traite perd sa vie et on ire. Du BARTAS, Judith, V.

Préoccuper, conformément à son étymologie, avait le sens d’occuper d’avance : Les lEtoliens avoyent preoccupé toutes les advenues et passages, par lesquelz il falloit passer pour aller en la ville de Delph.es. AMYOT’, Demetrims, 40.

Tracasser, intransitif, signifiait aller çà et là : J e 7 ay cessé toute la matinée de courir et tracasser par la ville. LA_RIVET, les Jaloux, If, — On disait aussi tracasser, transitif, dans le sens de poiler çà et là : Mourant, fit se feit porter et tracasser où le besoing l’appel- boit. MONTAEGNE ? Il, 21. — Se tracasser avait aussi une signification matérielle Je m’advisay de commander qu’on, donnast un cheval à ma femme, que je voyoy s’empestrer et se fracasser par le chemin, qui est montueux et mai-aisé. MONTAIGNE, II, 6.

Feindre signifiait façonner. On feignait une statue de marbre, un vase de terre : L’ouvrier qui feint des Die les images aimez, Ou soit d’or ou d’argent ou. de bronze formez. AMADIS JAMYN, Poésies, L. I, 54 ro.

Liquider se disait dans tous les cas où nous dirions maintenant liquéfier : En la four- naise ardente on ne liter e A liquider force acier mortifere. DES MASUREs, Eneide, 8.

Dans ce cas comme dans les précédents, l’emp1oi risqué existait déjà au xvie Les mots énumérés mont pa.s acquis de sens nouveaux, mais ils ont perdu les significa- tions matérielles qu’ils ont eues autrefois.

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Certains mots, au contraire, se sont matérialisés. Ils ont passé de l’abstrait au con- cret. Le rapport entre l’ancien sens et le nouveau peut are de diverses natures. Le mot exprimant primitivement une action, par exemple, il peut s’y développer un sens nou- veau qui l’amène à désigner l’auteur de l’action, —ou sa cause, — ou son objet, — ou sort résultat, — ou le moyen de l’accomplir, — ou le lieu ou elle s’accomplit. Quelque- fois, dans un même mot, plusieurs de ces rapports existent soit simultanément, soit successivement. Ainsi marchandise signifie littéralement l’action de marchander, c’est-à-dire de faire du commerce. Ce sens était très fréquent autrefois Vous sçavez… que ma vie et mon estat est de trafiquer et que j’exerce marchandisç. AMTOT, Hist. lEthiop. VI, 66 ro. — Mais, très anciennement, le mot s’était matérialisé pour désigner ceux qui font du commerce, il était devenu un mot collectif signifiant le corps des marchands Pleurez, labeur, el pleu- rez, marchandise. MARG. DE NAV., Dern, Poés., le Navire. — Maintenant, le rapport est différent, et le mot matérialisé indique l’objet de l’action, ce qui se vend el, ce qui s’achète.

Parlement conservait encore son premier sens, action. de parier : Tous ces propos pleurent à ceste Dame, et… continuèrent tous les soirs ces longs parlemens. ARC. DE NAV.i Heptam., 13. — Mais depuis longtemps le mot avait pris une valeur matérielle et collec- tive, les hommes qui se réunissent pour parler, d’où étaient venus les sens particuliers.

Merveille signifiait encore admiration, étonnement esi ceibry… qui ne seroit ravy d’esbahissernent et de merveille ? Am YOT.Foil une des Romains, 12. — Mais déjà le mot indiquait l’objet auquel se rapportent ces sentiments, la chose qu’on admire ou de laquelle on s’étonne. Regiment avait encore le sens de direction, gouvernement Les princes Qui ont le regi- ment des chrestiennes provinces. BÉREAU, Complainte de France. — Le mot désigne l’ob- jet de l’action, quand il s’applique à des soldats réunis sous le commandement d’un chef. On sait que ce sens était un néologisme au xvie siècle.

Bastiment signifiait action de bâtir Le roi ayant voulu bastir une citadelle àV er- dun..• le duc de Guise.voit empesché le bastiment. AUBJGNÉ, Hist, niv, , XI, 18. — Aujourd’hui, le mot désigne le résultat de l’action quand nous l’appliquons à une maison ou bien à un navire.

Le departement, c’est le fait de départir, &est-à-dire de diviser, de répartir Il pro- po soit… des departemens de terre el distributions de bleds. AMYOT, César, 14. — Dans son sens actuel, division territoriale et administrative, et dans le sens de fonction, attribution, le mot en est venu à désigner le résultat de l’action.

Fabrique signifiait action de labriquer, de construire Les Atheniens es/aient à choisir de deux architectes à conduire une grande fabrique. MONTrAIGNE1 I, 25. — Le mot désigne te résultat de l’action dans l’exemple suivant Sur la croppe d’un rreont je vis une fabrique De cent brasses de haut. Du BELLAY, Antiq. de Rome, Songe. Le rapport a changé de nature maintenant, et fabrique désigne le lieu où se fait l’action.

Manufacture, littéralement, exprime l’action de façonner ou d’apprèter avec la main, le travail de la main Les _Delphe_s s’en servent [d’une coupe d’argent] au sacrifice de leur feste… et maintiennent qu’elle est de la manufacture de Theodore Samien. SALIAT1 trad. d’Hérodote, I, 51. — Un métier manuel était une manufacture : Chacun se meit à exercer quelque mestier et quelque manufacture. AMYOT, Publicola, 11. — Le résultat de l’action, au xvie siècle, était appelé du même nom : Nous appelions les artisans ma- nœuvres, el ce qui est sort y de leur art, manufactures. E. PASQUIEB, Lettres, VIII, 10. — Aujourd’hui, comme pour fabrique, le rapport n’est plus le même qu’autrefois, et le mot désigne le plus souvent le lieu où se fait l’action.

Peuplade signifiait action de peupler La grandeur de laquelle ville [Venise] me donna occasion d’en escrire l’assiette, et le commencement de sa peuplade. FAUCI-IET7 Antiquitez, VII, 15. — Le mot avait aussi le sens de colonie et désignait ainsi le sujet de l’action [Les Romains] envoyerent un nombre de leurs Bourgeois (ils’appelloyent cela Colonie, que nous pouvons dire peuplade) habiter Cremone, Plaisance, et autres 4.1ilies. ID., ib., I, 14. — Dans cette phrase, d’ailleurs, le sens est un peu indécis, et l’on peut hésiter entre le sens abstrait et le sens concret. En tout cas, il est certain que le sens concret s’est développé, et que de là provient, par analogie, le sens que nous donnons au mot aujourd’hui.

Amas, c’était l’action d’amasser : C’est à hty un amas qui ne lu y apporte ny honneur, pro fit, d’aller ainsi par tout recueillir les fautes d’autru.y. AMYOT, Curiosité, 12. — C’était souvent l’action de lever des troupes, d’assembler des soldats : M. de Soubize fit gon amas, ei marcha au devant du Prince de Condé avec sept regiments faisants phis de cinq mille hommes. AUBIGN, Sa vie. — Aujourd’hui amas s’applique aux choses amassées, c’est-à-dire au résultat.

C’est encore l’idée du résultat qui a remplacé l’idée de l’action dans le mot eslite, vie siècle, ce participe passé pris substantivement signifiait action de choisir La pru- dence… est l’eslite entre le bien et le mal. MONTAIGNE, II, 12.

Le rapport est le même pour le mot confiture qui avait le sens général de prépara- tion Puis qu’açons commencé à parler de la confiture des olives. COTEHEAu, trad. de Colu- melle, XII, 48. — Il s’est produit., en outre, dans ce mot, une restriction de sens. La complication est un peu plus grande pour le mot dessert. Au xvle siècle, le mot exprimait l' action de desservir : A te dessert du premier metz fut par elles melodieusement chanté un Épode, RABELAIS, IV, 51. — Mais déjà il désignait aussi k résultat de l'action, les mots desservis, ce que l'on appelle maintenant la dmerte Le dessert des tables se donne aux assistons, no, repas faicts. MONTAIGNE, II, 13. — L'on irou.vait aussi déjà le sens actuel, le dernier service du repas, sens qui s'était formé par analogie. — Le mot desserte était, lui aussi arrivé à cette signification, qu'il n'a pas gardée : Il estoit defendu aux Naucratieffl, mesines és noces, de bailler de la desserte faicte d'oeufs et de miel. G-. BOUCHET, 5e Suce.

Advenue signifiait arrivée Je vous envoye le double d'un brief que le Sainct Pere a decretté n'a gueres pour l' advenue de l'Empereur. RABELAIS, Lettres (III, p. 347). — Le mot se matérialise en passant à l'idée de moyen, quand il désigne la voie par laquelle on arrive : Caesar ayant traversé... un grand pais de bois par des advenues dont on, ne se dou- toit point, en surprit les uns par derriere, et assaillit les autres. par devant au desprouveu. Amy orr, César, 53. — Il ne reste plus rien du sens primitif quand le mot s'applique à une large voie, quelle qu'en soit la direction.

Voiture signifiait action de transporter, transport : La voitture des vivres en son camp par la mer estait longue, dangereuse, et de grande despense. Amv crr, Marius, 15. — Le même mot &emploie pour désigner le moyen de transport, quel qu'il soit : Je ne puis souffrir long temps... ny coche, ny 1 re,ny bateau, et ha y toute autre voiture que de che- val. MONTAIGNE, III, G. — Pendant longtemps encore le mot voiture a conservé ce sens généra l

Comme on le voit, ce passage de l'abstrait au concret est fort ancien, et la plupart du temps nous pouvons trouver les mots, au xvie siècle, avec [es deux emplois différents. On rencontrerait même à cette époque et l'on a pu voir Iongtemps après certains sens matérialisés que nous n'avons plus.

Ainsi le mot religion avait pris une valeur concrète en s'appliquant aux personnes qui s'assemblent, qui s'associent pour des pratiques religieuses, pour l'observation d'une règle commune. Il désignait souvent les ordres religieux Souvent il y (oit de l'envie entre les religions, et principalement entre les Cordeliers et facopins. H. ESTIENNE, A pol, pour er., eh, 36, — Le mot religion avait un autre sens concret : il signifiait couvent 11 s'enquist de sa façon de vivre, et troiwa qu'elle alloit souvent aux églises ci Religione. M. R°. DE Av., Heptam., 16.

Le mot rencontre signifiait bien comme aujourd'hui l'action de rencontrer. Mais il désignait aussi l'apparence, l'aspect, la mine Un grand riche homme qu'on appeloit Gil- bert, fort gracieux et de bonne rencontre. LE MAÇON, trad. de Boccace, Decameron, X, 5.

Mariage, outre son sens habituel, a pendant longtemps eu le sens de dot : Quelle lemme estes-vom? — Une pauvre pecheresse qui a trois pauvres. filles à marier sur les bras, sans sçavoir où est le premier denier de leur mariage. TOURNEnu, les Contens, 117 2.

Heritage, en son sens propre, est bien aujourd'huiun mot concret : ce que l'en reçoit par succession. Mais il avait un sens concret plus précis, le sens qui convenait à une époque où l'immeuble était la propriété par excellence, celle qu'on se transmettait de père en fils. Il désignait la maison, la terre, le domaine : bien-heureux celuy qui peut user son âge En repos, labourant son petit heritage. Ro_NsArtn, Poemes, L. I1, Disc. au Card. de

Chatillon.
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Il est des mots dans lesquels le radical n'a pas changé de sens, le suffixe n'a pas (liangé de forme, et cependant le rapport entre le radical et le dérivé n'est pas le même qu'autrefois. Certains rapports que le suffixe marquait au xvie siècle n'existent plus aujourd'hui. Ce n'est pas que Ies sens d'aujourd'hui soient nouveaux, la plupart du temps, ils existaient déjà.. C'est plutôt que pour diverses raisons le mot a perdu une partie de son ancienne signification.

Bercail, outre son sens habituel, étable à mutons, avait très souvent le sens de troupeau de moutons : Nature a donné ceste faculté au bercail de suivre Iole/ours la Fe-miere qui marche devant. Trad. de Folengo, Merlin Coccaie, I, 324. — Ce mot semble (l'ailleurs n'être qu'une variante dialectale de berge ail, qui, lui aussi, au NVIe siècle, signi- fiait troupeau de moutons.

Corsage a été longtemps synonyme de corps. Le suffixe -age avait Ta même valeur collective que dans visage : Darne Minerve... A appellé Thelemacque le sage, Semblant Mentor de poix et de corsage. PELETIER MANs, 2e Livre de l'Odyssée. — Le changement de sens qui a fait de ce mot le nom d'un vêtement n'a rien d'extraordinaire. On l'a vu se produire pour le mot corps lui-même.

Librairie ne désignait pas seulement l'endroit où l'on vend des livres, mais aussi l'endroit où sont rangés des livres. Le mot grec bibliothè-que avait été employé déjà, iL, mais c'est seulement plus tard que son usage est devenu habituel Pua y autresfois trouvé en la Librairie du grand Roy François, qui stoit à Fontainebieau, une vieille tra- duction de la Bible. E. PAsQuiErt, Recherches, VIII, 5.

Indemnité signifiait l'état de ce qui est indemne, sans dommage. Jey ont par/aide seureté, indemnité et franchise. RABELAIS, V, 4.

Asnier, adjectif et. substantif, se disait souvent d'une personne ignorante et sotte Que seroit-ce, si les enfans qui sont de la plus haute reigle, estoyent dee amers, et que ceux qui sont plus bas eussent mieux profité? CALVIN, 5e Serin. sur l' p. aux Corinthiens.

Boursier avait souvent le sens de faiseur de bourses, et aussi eelui de trésorier. Le mot bourse ayant plusieurs significations, il était naturel que son dérivé pût s'adapter l'une ou à l'autre Figurez aussi, pauvres boursiers; De bourses n'avons plus mestier. Anc. Pois. franç,, VII, 78. — [Philippe à Alexandre, qui essaie de plaire aux Macédoniens par des présents] As lu envie que Les subjects te tiennent pour leur boursier, non pour leur roy? MoiNT AIGNE, III, 6.

Perruquier, entré sans doute dans la langue en même temps que perruque, avait déjà son sens actuel. Mais on Je voyait aussi employé dans le sens de chevelu : 0 beau Soleil luisant, belle et claire planette, Qui pousses tes rayons dedans la nuid brunette : O grand Dieu perruquier. R. GARNIER, Hippolyte, 151.

Le sens le plus habituel de tavernier était, comme aujourd'hui, celui qui tient une taverne. Mais le mot pouvait désigner aussi celui qui fréquente les tavernes Garde toy d'estre tavernier Ne joueur. A ne. Poés. franç., 1, 132.

Memorable pouvait signifier non seulement dons on doit se souvenir, mais aussi qui pela se souvenir, qui se souvient. Encore aujourd'hui beaucoup de mots formés avec le suffixe -able ont le sens actif. Autrefois, certains mots pouvaient avoir les deux, et memorable était du nombre : Et or que le peux, memorable Des jeux noirs, breve entre pareils Meste la folie aux coniseils. Luc DE LA PORTE, trad. des Odes d’Horace, IV, 12.

Navigable signifie maintenant où l’on peut naviguer. Dans une phrase de G. Bouchet, le mot peut signifier soit qui peut naviguer, soit au moyen duquel on peut naviguer : Il se trouve des tortues si grandes, que d’une coquille on en pourroit couvrir une maison logeable, ou en faire un vaisseau navigable. 36e Seree.

Le verbe passer ayant toujours eu un grand nombre de sens, l’adjectif passable en a. eu lui aussi beaucoup qui ne se sont pas tous conservés. Avec la valeur active, on l’employait avec la signification de passager, qui pose (die : 0 l’homme miser able Qui aimant pour longtemps Ceste vie passable, Veut vivre beaucoup d’an.9. RIVALTDEAU, Aman, Ill. — Comme passif, il avait le sens de qui peut être passé, traversé : Les tenebreuses Rives de Styx, non passable au retour. Du BELLAY, Antiq. de Rome, 15.

Solvable, avec le sens actif, qui peui payer, avait aussi le sens passif, qui doit être payé : Pour la fbndation et enirdenement d’icelle donna à_ perpeluité vingt trot’s cent soixante neuf mille cinq cens quatorze nobles" à la rose de rente ionciere, indemnez, amortyz, et solvables par chascun an à la porte de l’abbaye. RABELAIS, I, 53.

Risible signifiait capable de rire. Il avait aussi le sens de riant : L’enfant naissant n’est pas. moins risible, eneores qu’il pleure… car la capacité et aptitude naturelle y est. CHARRON, les Trois Veritez, III, 8, Adv. — Veinez en Murs, et larmes indicibles : Ne ne soyez joyeux, gays„ ne risibles. LEMAIRE DE BELGES., Couplets de la Vaiitude. A côté de ces emplois actifs, il avait d’ailleurs la valeur passive, comme aujourd’hui.

Soupçonneux ne signifiait pas seulement porté à eoupçonner, mais aussi propre à être soupçonné, suspect : Elle l’alla cacher en lieu qui luy sembla le moins soupçonneux : ce fut dans une Cypsale, qui est certaine mesure à blé. SALtAT, trad. d’Hérodote, V, 92.

Empierrer s’employait avec le sens de changer en pierre, pétrifier, au propre ou au figuré : Sans respirer je demeure but blanc, Palle, empierré, comme une roche dure. RON- SARD, Eleg. 5.

Dispenser et dispense contenaient bien, comme aujourd’hui, l’idée de permission ; mais l’idée était positive, tandis qu’aujourd’hui elle est négative. Dispenser quelqu’un de raire une chose, c’était lui permettre de la faire. Se dispenser de faire une chose, c’était se permettre de la faire, et une dispense était une permission : Je veux t’estre agreable et je t’ay dispenses De taire tout cela que voudra ta pensee. Am. JAMYN, Iliade, XXII. — Je vous envoye la lettre qu’il vous escrit sur le sujet de ma negoeiation, et pour sçavoir plus a plein ce qu’il en esperoit, je me suis dispermé de l’ouvrir. St FRA-Nçois DE SALES, Lettres, 152. — J’appelle raison nos resveries el nos songes, avec la dispense de la philosophie, qui dii le fol mesme et le meschant, torcener par raison. MONTAIGNE, II, 12.

Se passer, entre autres sens, avait celui de se tirer’a aire. Un complément, joint. à se passer par les prépositions à ou de, désignait la personne ou la chose au moyen de laquelle on se tirait d’affaire. Se passer de pain, pour tonte nourriture, c’était s’en contenter., s’en accommoder : Jean. Baptiste… se passoir de ces sauterellee et de miel sauvage, et d’eau courante… il ne goustoit point de pain et de vin. CALVIN, 42e Serin. sur l’Harmoie evangel. — Puis se passer de prend un sens négatif et signifie se tirer d’affaire sans la per- sonne ou la chose désignée par le complément.

Environner pouvait signifier non seulement être autour de, mais aussi aller autour de, faire le tour de : Il environna tout le Peloponnese, partant du port de Pages en la cosse ilef ega- Tique avec une flotte de cent galeres. AMYOT, Periclès 19. Savourer avait parfois le sens de rendre savoureux Au semer des melons, aucuns ajou.slent im bonnes senteurs et liqueurs, pour en °dorer et savourer le iruict. O. DE SERRES, Th. d’A gric., VI, 9.

Scandaliser signifiait perdre de réputation, déshonorer. On scandalisait quelqu’un en l’accusant, à tort ou raison, d’une action honteuse, en faisant un éclat à ses dépens La Dame (combien qu’à juste occasion le pou voit /aire punir…) si ne (.’oit elle pour ceste premiere fois le scandaliser. Comptes du Monde adventure/a, 23. — Maintenant que scan- daliser quelqu’un signifie le choquer par l’éclat fâcheux d’une mauvaise action, d’un mauvais propos, l’idée fondamentale de scandale est toujours présente, mais le dérivé exprime une tout autre idée qu’anciennement.

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Ailleurs, l’idée primitive n’existe plus. Dans le mot qui l’exprimait, une idée acces- soire s’est jointe à elle, puis est devenue l’idée dominante. Dé.sormais, le mot sert surtout, a l’expression de la nouvelle idée. La première peut disparaître totalement le mot lui survit et n’exprime plus que l’autre, à laquelle il demeure attaché. Ce fait, que Dar- mesteter appelle l’enchaînement de sens, est tout à fait fréquent dans l’histoire de notre langue, et, eornme il peut se produire plus d’une fois dans un même mot, on voit quelle est son importance dans l’évolution sémantique.

Marinier est. primitivement un adjectif signifiant, relatif à la mer, ou plutôt a la. ma- rine, puisque marine avait, pris le sens de mer. Afarinier a d’ailleurs encore cette signi fi- cation générale. Employé comme substantif, il désignait naturellement, un homme navi- guant sur la mer Là le trouverent des mariniers nouvellement arrivez des. isles de l’Ocean Atlantique, que les anciens appelloyent les Isis tortunees. AMYOT, Sertorius, 8. — Dans cet emploi, à l’idée de mer s’est jointe l’idée de navigation, qui prend une importance croissante et finit par dominer. Aujourd’hui, l’idée de la. mer a tout à fait disparu. Le marinier n’est plus que l’homm_e qui navigue sur les fleuves et. les rivières. Il est tout fait opposé à marin, dont il devrait logiquement être le Synonyme, comme autrefois_ Mais c’est justement sans doute cette synonymie qui a été cause de son évolution.

Le secrétaire était celui à qui l’on confiait un secret, le confident. Employé au figuré, le mot, pouvait même s’appliquer à des choses Bais trimes et solitaires, De ma peine secretaires. Du BELLAY, JCLZ-X ru Tiques, Chant d’Amour et de 1’yver. — Mais le rôle du confident pouvait être aussi de tenir la plume pour celui dont il avait la confiance. Ce second caractère prend la prépondérance sur le premier et finit par l’éliminer.

Un badin. était un sot. Le mot était adjectif et substantif, et badinage signifiait sot- t ise Voilà tant de sottises que mesmes les Payens n’ont esté jamais si lourds ne si badins en leurs superstitions, comme aujourd’huy vous estes. CALvt : N, 4, 2e Serin. sur l’Epistre aux Gaides. — Je smy bien que les povres Egyptienps d’Hérodote sont fort mocquez quant à leur religion… et ne nie pas que ce ne soit à bon droit, car on y voit de grans badinages. H. EsTIE NN E, Apol. pour Ilér., au Lecteur. — Mais le badin était, en outre, un personnage de comédie, dont le rôle 6tait de faire riu par sa sottise En, ceste maniere voyons nous entre les Jongleurs à la distribution des roll le personaige du Sot et du Badin estre tousiours representé par le plus petit et perfaict joueur de leur cornpaignie. RABELAIS ? III, 37. C’est par ce personnage que l’idée de faire rire s’introduit dans le mot, domine ridée de sottise et finit par la faire disparaître complètement.

Clerc conservait encore le sens de visage, mine f Quand il s’en deparioit, elle fundeit en larmes, et avoil la chue triste la contenance morne. MuiroT, Antoine, 53. — Ce sens avait déjà vieilli d’après Henri Estienne. C’est qu’une idée accessoire s’éiait développée dans le mot, celle de l’accueil qu’on_ fait à quelqu’un, en lui faisant lionne ou mauvaise mine. Dans cette idée devenue dominante, un élément acquiert une impur Lance particu- lière : le repas qu’on offre à la personne qu’on accueille. Ce repas prend enfin une place telle que l’idée d’accueil cesse d’exister.

Collation avait encore le sens de conférence, harangue, avec plusieurs autres sens d’ailleurs Faites en chacun une brieve collation par ordre. Et tu premierenient, messire Robert Gaguin… desploye icy la suavité de ton cloquence, pour en dire ton seniement. LE- MAIRE DE BELGES, Couronne Margaritique. — Le mot désignait, en particulier, une Con- férence qui avait lieu le soir dans les monastères, et aussi un léger repas qui suivait la conférence. Ce repas prenant bientôt, une importance prédominante dans le sens du mot, collation devient le nom d’un repas léger, quelles qu’en soient les circonstances.

Estape a signifié marché Il nlavoit pas au paravant une seule ville, une seule esta e, ’il/ un seul port en Italie. AMYOT, Feibill-S, 17. — Les marchands apportant aux estape-s ce qu’ils avaient a vendre, il se joint a l’idée contenue dans le mot celle d’un lieu de dépôt de provisions, et les étapes sont des dépôts établis de distance en distance, où les troupes en marche viennent s’approvisionner. De là les sens modernes Heu d’arrêt des troupes en marche, parcours entre chaque point d’arrêt, et distance de l’un à l’autre.

Foule était l’action de fouler, de presser, et, au figuré, de causer du dommage : Nos Boys sont arrivez à ceste grandeur… sans fouie et oppression de leurs sujets. E. PAsQu Recherches, JI, 1. — Quand un grand nombre de personnes se pressent les uhes contre les autres, c’est le mot Mule qui convient pour exprimer le fait, puis pour désigner ! es per- sonnes elles-mêmes par une matérialisation du sens du mot. Enfin l’idée de grand nombre devie-nt quelquefois dominante, et, dans ce cas, l’idée de fouler, de presser, a disparu.

Le sens premier de mesnagerie, c’était gouverner-Rent de la maison Sçaurions nous point dire quel est le faict de la mesnagerie ? dit Socrates… — Je penec pour vray, dit Crito- bule, que le laid d’un bon snager, c’est de bien gouverner sa maison. LA BOÉTIE7 trad. de la illesnagerie de Xenophon, L.— Le sens du mot se matérialise, et mesnagerie s’applique aux moyens de bien e, na de pieu gouverner la maison outils, meubles, ani- maux nécessaires à la vie des champs, au travail agricole. Puis, plus étroitement, il désigne l’ensemble des animaux, et, plus particulièrement encore, les conections d’ani- maux rares, exotiques, que les rois, les grands seigneurs se plaisaient à réunir dans leurs donnai-nes. il ne reste plus au mot qu’à se vulgariser pour arriver au sens que nous lui connaissons, si éloigné de celui qu’il avait au xvle siècle.

Le mot parquet, diminutif dialectal de parc, désignait un enclos A proprement entrdasser les (layes Pour les parquets des ouailles fermer. MAnoT Eglogue au Roy. L’idée de lieu dos prend de plus en plus d’importance. Parquet en vient à désigner soit une salle de justice, soit, dans une salle de justice, la partie où se tiennent les juges et les avocats, séparés du public par une barrière Ilante-moy les Palais, caresse—.oBartolle, Et d’une voix dorée, au. milieu d’un parquet, Aux despens d’un, pauvre horiime exerce ton caquet. RONSARD, Poemes, L, 1 i Discours à P. L’Escot. — Il n’y a pas loin de ce sens à celui que le mot a pris aujourd’hui le parquet du procureur de la République. — Mais le mot par- quet avait aussi, au xvie siècle, un autre sens voisin de celui d’enclos t c’était le sens de compartiment Par un ineyne moyen# seront formez audit rocher cerictins parquets, e petits receplacles, pour faire rafraischir le vin, pendant l’heure du repas. PALIS Y, Recel e veritable, p. 64. — Ce sens nous amène à celui que le mot a pris comme terme de menuiserie, et le passage de l’un à l’autre se comprend facilement quand on pense aux assemblages que formaient les parquets d’autrefois.

Le mot préau a subi une évolution analogue. Au xvie siècle, il conservait un sens conforme son étymologie, d’après laquelle il devait signifier petit pré : Les derme amans entrèrent dans un préau couvert de cerisaye et bien doz de rosiers et de groseillers tort haults. MARG. DE 1\t, A_Fie Heptam., 44.

Le mot potence, étymologiquement, devrait être abstrait et avoir un sens répondant au latin potentia, auquel il est emprunté. Il s’est matérialisé et a exprimé une idée de moyen. La potence était la béquille, qui donnait la force et le pouvoir de marcher : - M. d’A uret se portoit toujours de mieux en mieux, et cheminoit tout seul autour de son jardin sur des potences. PARÉ, Voyage de Fiandre. — Une analogie de forme rait que le mot potence désigne aussi le gibet, et, dès lors, le sens de béquille devient rare et finit par dis- paraître.

Chapeau aurait dû pouvoir toujours être le nom de toutes sortes d’objets servant à couvrir la tête, surtout s’il est vrai que chape puisse se rattacher au radical de caput. Son sens primitif parait, en effet., avoir été plus large que le sens actuel. Au xvie siècle, on l’employait très souvent. dans le sens de couronne, qui n’est qu’un cas particulier, parfaitement d’accord avec la signification générale : Le Dictateur… le couronna… d’un chapeau de branches de chesne, pource que c’est la coostume des Romains que ceiuy qui sauve la vie à un sien citoyen, est honoré d’une telle couronne. AMYOT, Coriolan, 3. — Mais cette acception entraîne le mot vers une autre toute voisine, celle de guirlande, d’où l’idée première est tout à fait absente : Un pont orné de peintures, eloreures, de festons et chap- peaux de triomphe, et de tapisseries fort exquisement. AMYOT, NiCiaS, 3. — On voit, d’ail- leurs, que ce sens analogique n’a pas subsisté.

Un chapelet était d’abord une coiffure ; le mot était un diminutif de l’ancienne forme cleapel tA gathocles… declaira roy sans toutefois prendre ne porter couronne et dyademe royal, aine se contenta dung chappelet quil, voit au paravant, des quil usurpa la tyrannie, pour quelque religion et sacerdoce : ou comme aulcuns dfient, pource, qui’navoit pas beaucoup de cheveuix. SEYSSEL, trad. de Diodore, III, 20. — Comme chapeau, le mot chapelet pouvait avoir le sens de couronne : Que le peuple… De chapelets de fleurs se cou- ronne la teste. RoNs Am], Poeme_s, Retour d’Anne de Montmorency. — Comme lui, il a aussi le sens de guirlande., mais au lieu de le perdre il passe de là à un autre sens analo- gique : un assemblage d’objets reliés entre eux comme les fleurs d’une guirlande. Il

On connaît bien l’histoire du mot bureau, qui, au xviie siècle encore, était le nom d’une groàe étoffe de laine, en sa qualité de dérivé de bure : Je ehangeray voz gros bureauz En tous draps d’or, d’argent, riches’et beaux. MARG. n NAV., les Margue- rites, Com. de la Nativ. de J.-C. — n sait comment ce mot a désigné les tapis de table faits de cette étoffe, et comment de cette signification sont venues toutes celles qu’il a prises dans le français moderne.

Fusil désignait la pièce d’acier dont on se servait pour frapper un silex et en faire jaillir une étincelle Celuy que les Mi-ises cherissent Fait avant qu’il soit jour d’un fusil affilé Bluetter le caillou sur le drap my bruslé. D u BARTAS, In Semaine, 20 J0111% — Le mot avait souvent un sens figuré : Le fusil martelant de mes plaintes n’a peu Du caillou de ton cœur arracher aucun feu. Am. JAMTN, _Nes., IV, 206 vo. — Quand cette pièce d’acier, adaptée à une arme à feu, sert à faire sortir du silex l’étincelle qui doit enflammer la poudre, l’arme tout entière, le mousquet à fusil, prend le nom de cet objet caractéris- tique, et, sans perdre entièrement son autre sens, le mot. fusil s’attache particulièrement t ce se_ns nouveau. Aussi quand le silex et la pièce d’acier disparaissent, le fusil moderne conserve un nom qui n’est plus justifié.

Journal est un adjectif dérivé de jour. Ainsi le travail iournal est le travail qui se fait le jour, ou, quelquefois, qui se fait chaque jour : Mais le soleil panchant au temps que le Bouvier Veut du travail journal ses Toreaux desiier, Alors tes Argiens le dessus empor- terent. AM. JAilrlYN, Iliade, XVI. — Le mot s’employait même comme substantif dans la phrase suivante, fnurnal a le sens de tache du four, tâche quotidienne [La mere des abeilles] jamais ne laisse chaumer les mousches /nid, ain s envoye à la besongne celles qui ont à faire leur journal dehors. LA BoÉTIE, trad. de la illesnagerie de Xenophon, 13. Les papiers journaux avaient pour objet de relater au jour le jour tous les événements de quelque importance t Au papier journal de sa maison, ou est deserit par Ie menu tout ce qu’il faisoit à. chas que jour, il y a que le dix huitieme de Juin, il dormit dedans l’estuve, paume qu’il eut la flebvre. AMYOT, Alexandre, 75. — Dans les emplois actuels dit mot journal, il reste certaineurkent beaucoup de la signification première. Cependant, l’idée dominante est celle d’une publication qui peut être mensuelle aussi bien que quoti- dienne et qui n’est pas forcément relative aux événements du jour. On rie voit pas bien quel rapport peut avoir le Journal des Savants, par exen-iple, avec les papiers fournaux de nos ancêtres.

Ramage aussi a été un adjectif et, au xvre siècle, il signifiait encore quelquefois rameux Moins sont piteulz. que n’est la loupe cerve Eschauffée dedans le boys ramaige. GRINGORE, l’Obstination des Suysses. Il se disait, surtout. des oiseaux qui vivaient dans les bois, dans les branches des arbres, et aussi de leur chant Je m’en allois souvent cueillir le houx, Pour faire giuz prendre oyseaulx ramages. MAnoT, Églogue au Roy. — Plus à l’abri de l’ombrage Des oyselets aux doux chants On n’oit le caquet ramage. BAÏF, Poe es, L. III (II, i28). — L’idée de chant étant devenue dominante, le mot ramage s’est complètement détaché de sa signification primitive.

Le sens primitif de quitter, c’est laisser quitte, libérer d’une dette, d’une obligation. C’était encore un sens usuel au xvIe siècle F fis supplierent la Dresse de les dispenser de leur promesse, et les quitter pour cinq cents chevres qu’ils. luy sacrifieroient tous les ans. AMYOT, Malignité d’Hérodote. — Par un changement de construction, au lieu de dire quitter quelqu’un d’une dette, on a dit quitter une delle à quelqu’un, et de là est venu le sens de céder, abandonner une chose à quelqu’un tOtanez, l’un des sept qui avoient droit de pre- tendre au. royaume de Perse… quitta à ses compagnons son, droit d’y pouvoir. arriver. MON- TAIGNE, III, 7. — On voit comment des expressions telles que quitter la place à quelqu’un ont amené le mot au sens de s’éloigner de quelque chose ou de quelqu’un,

Dans certains mots, la perte complUe dii sens primitif est —venue d’une erreur éty- mologique, d’une fausse analogie, On a rapproché le mot d’un autre avec lequel il avait quoique ressemblance de forme, niais qui appartenait à un radical différent..

Tel a M, é le cas de soufreteux, pour souiraiteux, adjectif dérivé de soufraite, qui signifiait manque, privation, dénuement. On était soufreteux d’argent, de blé, ou bien sou- freteux, sans déterminant, s’employait dans le sens que nous donnons à indigent : Le souffreteu.x est rniserable, Et le trop riche est enceiabie. Fusé— je’ivre entre les deux 1 BAÏF, 1er L. des Mimes. — Souireteux a été rapproché à tort de souffrir. C'est pour cela qu'il a complètement cessé d'exprimer l'idée de pauvreté pour s'appliquer à une personne mala- dive, habituellement souffrante.

Habiller avait le sens de préparer, apprêter [Un Laconien] ayant achepté du poisson, le bailla à habiller à un tavernier, qui iuy demanda du fourindage el de l'huile pour ce faire. G. BOUCHET, 6e Berce. Rhabiller avait le sens de réparer t Au lieu de rab iller rostre faute, nous la redoublons. MONTAIGNE, 1, 56. — C'est un rapprochement erroné avec le mot habit qui a dùtourné habiller et rhabiller de leur sens normal en y substituant un sens tout différent.

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Ces exemples suffisent, pour montrer l'importance de l'évolution sémantique gni a rendu notre langue si différente de celle du xvie siècle, même dans l'usage des mots qui sont communs aux deux époques. Outre les causes de variation que j'ai énumérées, on pourrait en indiquer beaucoup d'autres. Et toutes ces causes se mélangent., s'enche- vêtrent, agissent concurremment. Parmi les exemples que j'ai cités, plusieurs auraient pu prendre place dans deux ou trois catégories distinctes. Toue ce travail inconscient a produit dans le vocabulaire des modifications telles que, pour un lecteur mal averti, un texte du xvie siècle dont tous les mots semblent connus est plein de pièges et peut donner lieu à beaucoup d'erreurs.

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J'ai fait une place dans ce livre à certains mots qui sont toujours vivants, et dont, le sens n'a pas varié depuis le xvie siècle. Ce sont des mots dont j'ai noté l'emploi à une date antérieure à celle qu'on indique ordinairement. En général, j'ai pris pour point de comp:,-ffaison l'excellent. Dictionnaire de Hatzfeld, Darmesteter et Thomas, que l'on con- sulte toujours quand on veut être informé de l'ancienneté d'un mot. Mais les indications que je donne à ce sujet ne peuvent avoir qu'un intérêt provisoire. Certainement de nouvelles recherches feront reporter plus loin que je n'ai pu le faire le premier emploi d'un grand nombre de mots.

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Un dictionnaire n'est pas une grammaire. Je nie suis efforcé de ne jamais l'oublier. on ne trouvera pas dans celui-ci les faits généraux qui ne se rattachent. à aucun mot en particulier la prononciation de la diphtongue oi, par exemple, — ou l'emploi des passés définis en -is, comme je trou vis, dans les verbes de la première conjugaison, — ou l'ac- cord du participe passé. Mais il est certains faits de phonétique, de morphologie et. de syntaxe qui concernent chacun un petit nombre de mo.ts, ou un mot seulement, et il m'a semblé utile de les noter.

En phonétique, nous sommes renseignés soit par la graphie, soit par la. mesure du vers, soit par la rime.

J'ai relevé, par exemple, les cas où nous trouvon,s e au lieu de a, ou inversement cherge, cherrne, guiterre, mer que — li re, marie, sarge, rçarpe;

assoudre pour absoudre ; — oscar, ostiné, sutil pour obscur, obstiné, subtil ; — 'doter, perentoire, sontueux pour adopter., péremptoire, somptue= ; — ajoindre, ajuger, amones- Iter, aversaire pour adioindre, adjuger, admonester, adversaire.

J’ai noté les Cas OÙ la mesure du vers nous indique une prononciation différente de la nôtre : deux syllabes lâ où nous n’en comptons qu’une, une syllabe là où nous en comp- tons deux, comme dans les mots suivante :

Perdreau (3 syllabes) : Le perdreau en sa saieon, Le meilleur vin de la maison. Jo- in LIA, Eugène, I, 1..

Aider (3 syllabes) : M ille preservatits le ires ne a de nature, Afin d’en aider I’humaiite Creatiee. PASSERAT9 Poésies, I, 61.

Paon (2 syllabes) : Et de Paons couple..z, où il le plaist tu guides Ta coche comme vent sur terre et dans les cieux. RONSARD, Eglogue 3.

Viande (2 syllabes sonores) : 0 doulee mort, par salut manifeste TI..1 nous repais de viandes elestes. MAROT, Traduct., 3.

Foy-neant (2 syllabes) : Par le champ du fay-neant je passe… J’y voy tout en friche laissé. B.AiF, 3e Livre des Mimes.

Naif (une syllabe) : Là. noms dirons mainte naifve sornette, Chassant bien loin tristes soucis de nous. J. Bii-).RE AU, Eglogue 2.

Pays (une syllabe) ; paysan (2 syllabes) ; paysage (2 syllabes sonores) : Trouva le 1 tout si ires bien ordonné, Le pays par tout, soit privé ou estrange, Qu’il en donna à sa mere louange. MARG. DE NAV., Dern. Poés., les Prisons de la Reine de Nav. — Par elle le pui- sant, quand son Croissant éciere, Cognoist pour tout le mois quel temps c’est qu’il doit faire. BAIF, le I er des Meteores. — Nous repaissant d’un feint image Ou de quelque estran-ge pay- , sage. BELLEAU, Pelite, s 1 nventions le Pinceau.

Traison (2 syllabes) : Et voilant sa fraisai, d’un masque d’hypocrite. Du BELLAY, liegreis, 73.

Fleau (une syllabe) : Laomme pense eviter les fleaux du Ciel vengeur. AUBIGNÉ, Tra- giques, V.

Poete (une syllabe sonore) ; poetique (2 syllabes sonores) : Je ne sçay quel Demon. m’a fait devenir Poete. REGNIER7 Sai. 2. — Sentier trop rebattu des poetiques esprits. DES- 111)FiT E S, Rodoinont.

Des renseignements peuvent être tirés aussi de la rime, et je les ai notés à l’occa- sion. On verra, par exemple :

Jerusalem rimant avec an : Or parler veulx à toy une lois l’an, Ainsi que Dieu dit de ferusalem. DES PÉDIERS, I,’14L

Eden rimant avec Adam : Monstiant que fut Eve faite en. Edem. De chose pure, et de Iiinon Adam. VAUQUELIN DE LA FRESNAYE, Sat. franç., L. III, à M. de Choisy.

Ancien rimant avec Œean : Le sieele ancien Nomma le pote et vieillard Ocean Germe de tout. }ION S_A rin, Hymne de la Philosophie.

Accepte rimant avec houlette :.Donc, Sauvageot, ces deux voliges accepte, Comme vain- queur : de moi este houlete. VAUQUELIN DE LA FRESNAYE, FOre-SterieS7 I, 6. ’

Sceptre rimant avec prestre : Lors Anius le bon Roy portant sceptre Du peuple Roy, et de.ebus grand Prestre. DES MASURES, Eneide, III.

Delecte rimant avec violette ; Et si l’aller par les champs vous delecte, A chascun pas crois.t une violette. MELIN DE SAINT-GELAYS) I, 198,

Mais il ne faut pas exagérai’la valeur de ces renseignements. Les poètes du

xvLe siècle prennent de grandes libertés tant avec la rime qu’avec la mesure du vers.
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En morphologie, il était indispensable d'indiquer les cas où l'usage du xvie siècle est différent du nôtre, par exemple dans la formation du pluriel -.

-als Par petits ruisseaux et cana. COTE REA 1.1, trad. de Columelle, I, 2 ; Qui sont tous signais de bataille. THEVET, Cosmogr., XVIII, 8 ; — crystais, cardinale, cardias, vitals, cte.

-aux (singulier en -ai) : Les lieux sont fataax. AuniGNi:, neste, III, 7. — Leurs pays nasaux. Du BARTAS, 2e Semaine, 2e Jour, les Colonies.

-ails : Les or ails sont plantes lapidifiées. PA eiù, T.,ivre des animaux, 21. — Jusques à temps que le_sdits e_smails soient fondus. PALISSY, Recepte veritabie, p. 60 ; souspirails, tramas.

-aux (singulier en -ail) Ce sont de_s espouvantaux de chanevieres. F. uei ET, A ntiq., lx, 9. — Seras debout (levant les gram portaulx. NABOT, L. I de la Meta m. ; e,ventaux, gouvernaux.

Pour le genre les féminins sans e muet, : L'escorce vert leur croist autour des aynes. MAR0T, L. I I de la Melain.; fort, gentil, grand, etc.

Les masculins avec un e muet, qu'ils n'ont, plus aujourd'hui Tout ce qui est terrien et du inonde est temporel, etes ne caduque. CALVIN, hiStiti, II, XV, 3. — .11 n'est homme si decrepite qui ne pense avoir encore vingt ans dans le corps MoNTAIGNE, I, 19. — Je le trouvay avec une grosse fievre, les yeux fort enfoncés, avec un visage moribonde et jaunastre. PARÉ, Voyage de Filandres. — Il ne doit se lascher si le publique son De ma trompe luy chante encore une chanson. RoNSABD, Bocage royal ; exacte, fortuite, f furibonde big uiete, sauve, subite, etc.

Dans les verbes, les variations du radical

Manger : Je bois et mengeue ordinairement chez Me le Cardinal du Bellay. RABE- LAIS, Lettres, III, 361.

Amer : ramerois autant mon premier rnedecin. BEROALDE DE VeRviLtE, Moy. de pari)., II, 39.

Esperer : L'en e_spoire avoir remede, vengeance ou conseil de celuy à qui t'en reseript. FABBI, Art. de Rheth, 1, 232.

Peser : Les maux me foullent selon qÉe ils poisent. MONTA IGN E, III, 9.

Veoir estoit aymé parfaitement... de tous ceux qui le veoyent et congnoissoient. IDEM IRE DE BELGES, Mer., I, 21.

Demeurer, pmirer' : Sur le beau temps ainsi tu partiras, Et en ton lieu regretz demou- reront. MARoT Chants clip., 9. — Lesquetz... plouroient l'absence de leurs femmes et Lys. RABELAIS, IV, 21.

Labourer, prouver, souffrir Qu'il te fait bon ouïr, à l'heure Que le bouvier les champs latere. SARD1 Odes, ni, 27. — preuve que bien souvent il jailli prejerer ce qui est hones(e et louable à ce qui est seur et sainlaire. AMYOT, Déznostizène, 13. — Que le corps se meuve et seufire quand et les eslans des passions, on 1' a. per evidemment. AMYOT, Vertu morale, 11.

D'anciennes formes du passé défini : Finalement ils atteindre nt au dessus de la Gaule. E. PAsQuiEll, Recherches, I, 6. — Les princes du sang s'en plaindre au roy. BRANTÔME, Disc. sur les Duels. — Je me resolvis de trouver le moyen pour faire travailler les soldiez. Monluc, Comment., L. Il (I, 309). — De la les citez s’etablirent De là les Princes ils BA : iF Passetems. AU grand Prieur.

D’anciennes formes du participe passé pers pour perdu Comme est un homme à chercher fort soigneux son pers thresor, qu.’il cuidoit bien avoir. VA.SQUIN PHILIEUL, trad. de Pétrarque, L. I, S. 1_41 ; — tins pour tenu Je n’ay bougé de la place où je suis, Où le sommeil m’a tins irequ’à cetteliteure. BA1F1 Eglogue IO ; — mors pour mordu Elle fut d’un Serpent qui vers elle accourut, Morse dams. le talon, dont la pauvre mourut. RONSARD, IV, 83, Etegies, 1"Orphee.

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En syntaxe aussi, beaucoup d’indications ne m’ont pas semblé déplacées dans un dictionnaire.

Par exemple, le genre des mots, quand il se trouvait différent de ce qu’il est aujour- d’hui, comme quand on voit masculins les mots ardeur, erreur, horreur, humeur, odeur, ancre, armoire, asperge base, colere, conzete, dette, dent, dot, eben.e, encre, enigme, epi- gramme, epitaphe, epithete, estude, horloge, huile, hydre, icioie, image, infortune, limite, Loire, offre, ombre plande, populace, preface, rencontre, tiare, tige, vipere, etc. ; o r quand on voit féminins les mots honneur, labeur, appendice, arbre, art, bronze, eareene, cloaque, Bondé, duché, evesché, diocese, doute, espace, Evangile, exemple, frisson, guide, interroga toire, intervalle, masque, mensonge, mesiange, modele, navire, negoce, ongle, orage, ordre, oultrage, ouvrage, Peloponnege, Paris, poison, presehe, reproche, reste, risque, silence, sous- peçon, sort, triomphe, vestige, etc. ;

la construction de certains adjectifs capable, difierent, des.i.reux, digne, indigne construits avec la préposition à ; — /craie, ingrat, inhabile, pareil construits avec la préposition de Je lui planteray et enteray ses Arbres, pour les rendre capables à porter abondance de bore et precieux Iruits. O. DE SERRES, Th. d’Agric., Préface. — Ingrate de ce serviteur, elle ne peut plus ouïr seulement projerer son nom. AuBIGNi ;, Divorce saty rique ;

l’emploi de Bel y, celle comme a_djectif, de ceste comme pronom Le grand per`e d’Antonius fut cetuy laineux orateur que illariums. feit occire. Amy() ; Antoine, I.— Je ne treuve point pies grande raison. que ceste cy. Du BELLAY Defience, I, 2.

Pour les verbes, il était nécessaire de noter des intransitifs comme apaiser pour s’apaiser, appauvrir, attendrir, accroistre, adoucir, alfoiblir, amaigrir, amender, de placer, eclipser, enrichir, escouler, espanouir, espouser (= se marier), equiver, esteindre, esçanouir, exhaler, fiestrir, fourvoyer, etc. ;

des emplois transitifs comme ceux des verbes aspirer pour cepirer à, accoffliumer pour slaccoustu.mer à, bruire, crier rciqu], croistre, clebattre [(na = se le disputer], debor- der (= faire déborder), decroistre, demordre [une proie, une opinion], deperir (= faire dépérir), douter douter de), e-sclater faire éclater), eschaper, eselore (= faire éclore), encrier [inch], escrier [qqn], e’ader, fier (= confier), etc. ;

des emplois pronominaux comme ceux des verbes s’apparoistre, se blesmir, se com- battre à, se condescendre, se coraentir, se consister, se craindre de ou que, se deborder, se des- cendre, se dedaigner, etc. ;

des constructions comme celles de8 verbes apprendre, s’allier, s’associer, encourager, s’entendre, se fier, penser, renoncer avec la préposition de au lieu de la préposition : Cestuy Thueyd ides s’entendoil mizoins de la gu-erre que Cimon, mais plu3 des affaires de la ville ei du gouvernement de la chose publique. Amy er, Périclè_s, 11 ;

comme celles des verbes approcher, cesser, ometire, oublier, se permettre avec la pré- . position à au lieu de la préposition de Agis ayant, par es ii, omis à faire le sacrifice accoustumé d’erre fait à l’issue d’une guerre, il lui par aria conciarnné à t’amende. ÂNITOT, Lycurgue, 12. •

Dans beaucoup de cas, d’ailleurs, une différence dans la construction d’un verbe correspond à une différence dans sa signification, de sorte qu’un fait de syntaxe est sou- vent en même temps un fait de vocabulaire.

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J’ai cité beaucoup d’exemples, souvent bien plus qu’il n’en fallait pour déterminer le sens des mots. C’est que mon but n’a pas été seulement d’expliquer. J’ai voulu fournir aux historiens de la langue des renseignements aussi complets que possible sur k voca- bulaire da xvie siècle. Tel mot, s’emploie-t-il seulement au commencement du siècle, ou son existence peut-elle être constatée jusqu’à la fin ? Appartient-il seulement à la langue de la poésie, ou se trouve-t-il aussi en prose ? SembIe-t-iI particulier à telle ou telle province, ou EC rencontre-t-il partout, ou du moins dans des régions diverses ? Est-il familier uniquement à un groupe d’écrivains, a une école littéraire ? Est-ce un mot savant, employé par un ou deux latiniseurs, ou est-il plus largement répandu ? Est-il particulier à la langue populaire, familière, ou se rencontre-t-il même sous la plume des auteurs les ri plus graves ? Voilà des questions auxquelles je voudrais que ce dictionnaire pût, ré- pondre.

Dans le classement des sens, j’ai toujours comrn_encé par le sens primitif du mot, s’il se rencontre encore au xvie siècle, ou par celui qui s’en rapproche le plus. Mais il ne m’a pas été possible d’établir toujours une filiation rigoureuse. Il m’a semblé voir, dans l’évolution du sens des mots, beaucoup d’hésitations, d’incertitudes, de contaminations. Entre deux mots très voisins par la forme et par le sens, il n’est même pas toujours pos- sible de discerner auquel nous avons affaire. Dans bien des cas, probablement, l’auteur lui-même ne le sait pas. Quand une difficulté de ce genre me parait insoluble, je l’expose tout simplement., en faisant connaitre toutes los données du probléme, et je ne propose une solution que si elle me parait tout à fait vraisemblable.

Dans la disposition des exemples donnés pour chaque sens, pour chaque construc- tion, j’ai suivi, autant que jc l’ai pu, l’ordre chronologique. Je m’en suis écarté pourtant, queîquefois, afin de rapprocher les uns des autres des emplois auxquels ce rapproche- ment donnait pIus de clarté. Mais surtout, je me suis trouvé en présence de difficultés qui rendaient impossible un classement chronologique certain. Comment classer avec une rigoureuse précision les exemples de Ronsard, qui a si souvent remanié ses œuvres et Corrigé son texte ? Comment dater exa.ctement chaque phrase de Ilontaigno ? On peut arriver, sans doute, à constater, pour chaque mot., dans quelle édition il parait pour la première fois, mais que de temps il aurait fallu consacrer à cette recherche] I] ne m’en serait guère resté pour d’autres lectures. Et combien de problèmes se posent au sujet des écrivains qui ont, employé de longues années à la composition d’un livre, qui se sont interrompus souvent, qui ont, modifié leur texte, si bien que nous ne savons à quelle date attribuer chaque détail de la rédaction définitive. Noël du Fail publie les Propos rustiques en 1547, les Baliverneries d'Eutrapel en 1349 et. les Gonzes d'Eutrapel en 1585. Comment, savoir à quelle époque chacun des contes a été composé, quelles corrections le texte a subies, et quand? Des incertitudes analogues se renenontrent au sujet d'Étienne Pasquier, de Vauquelin de la Fresnaye, d'Agrippa d'Aubigné et de beaucoup d'autres. Quand je n'ai pu savoir exactement la vérité, j'ai cherché, du moins, à m'approcher le plus possible de la vraisemblance.

On trouvera plus loin la liste des éditions que j'ai suivies. J'ai eu recours de préfé- rence, entre les éditions sûres, a celles qui sont assez répandues pour que l'on puisse faci- lernent s'y reporter. Le plus souvent je donne la référence d'une façon telle que la phrase citée puisse être trouvée même dans une autre édition pour Rabelais, par exempie, le livre et ]e chapitre # pour les comédies de Larivey, l'acte et la scène. Dans certains cas, j'ai cru nécessaire d'étire plus précis et d'indiquer la page de mon édition, comme pour Montaigne, qui a quelques chapitres si longs, ou pour les deux Dialogues du Langage françois italianisé, dont chacun remplit un -volume. — Pour les traductions d'auteurs anciens, on trouvera souvent des indications de chapitres qui n'existent pas dans le texte du traducteur ce sont les divisions adoptées dans les éditions modernes. D'autre part, la division en chapitres, chez certains traducteurs, ne correspond pas exactement à celle que l'on suit. aujourd'hui. J'ai cru devoir cependant la conserver.

J'ai toujours donné exactement le texte de l'édition que je suivais, et je n'en ai jamais modifié l'orthographe, si étrange et contradictoire qu'elle puisse être souvent. Mais je ne me suis pas cru obligé de respecter les fautes d'impression évidentes. Je me suis permis de faire les corrections qui s'imposaient avec certitude. Je l'ai fait très rare- ment d'ailleurs, car j'ai évité le plus possible de citer comme exemples des ph-rases où il Mt indispensable de prendre cette liberté. Je niai fias admis certains mots que je n'avais trouvés qu'une fois, et qui étaient manifestement le résultat d'une faute d'im- pression. Souvent la comparaison avec d'autres éditions m'a permis de constater que mes soupçons étaient fondés et que je n'avais pas. à tenir compte du mot douteux.

Il aurait été assez tentant de réunir dans un même article toutes les différentes formes d'un même mot. Je l'ai fait chaque fois que les différences étaient purement orthographiques. alois je m'en suis abstenu quand les différences étaient. plus profondes, - comme pour oses suie et escale, escheler et escaler, car j'aurais réuni des mots qui ne sont pas de la même langue. J'ai séparé rochet et roquet, qui ne sont pas du même dialecte. Je n'ai pas osé méme confondre annombrer et ennornbrer, amonceler et emenonceler, quoique la différence de préfixe ne soit probablement qu'apparente et n'existe pas pour l'oreille.

Lorsque des mots se présentent avec dos orthographes différentes, j'ai été très sou- vent embarrassé pour savoir laquelle choisir comme titre de l'article accommencer ou acommencer, adinonnester ou amonnester, deciain ou de_sdain? Adopter une règle im- muable m'aurait amené à des conséquences absurdes il aurait fallu attribuer à tel ou tel mot, comme orthographe normale, une graphie qu'il. n'a pas une fois sur vingt. J'ai cherché avant tout à faciliter les recherches, à économiser le temps. J'ai choisi, omme tête d'article, la forme la plus habituelle, celle que généralement l'on pensera d'abord à chercher, Mais toutes les autres formes figurent à leur ordre alphabétique avec un ren- voi à la forme adoptée.

La liste des livres que j'ai lus est, assez longue. Celle des livres que j'aurais voulu lire et que je n'ai pas lus serait plus longue encore. Je crois pourtant que travail pourra pr être utile, puisqu’il facilitera. l’étude de tous les grands écrivains du xvie siècle, de beaucoup d’écrivains secondaires, et donnera des renseignements précis pour l’histoire de notre langue. Je continuerai mes lectures tout en corrigeant les épreuves, et, si j’en ai le temps, je publierai un Supplément. En tout cas, j’apporte ma contribution. Que d’autres y ajoutent ce qu’ils pourront.. Puisé-je les avoir aidés à faire une œuvre meilleure et plus complète que la mienne.

Paris, 28 mars 1925.









LISTE DES OUVRAGES
AUXQUELS SONT EMPRUNTÉES LES CITATIONS
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A. D. S. D, (ANTOINE DE SAINT-DENIS ?). Les Comptes du Monde adventureux. publiés par Félix Frank. Paris, Lemerre, 1878, 2 vol. in-16.

ALCRIPE (PHILIPPE D’) (LE PICARD). La Nouvelle Fabrique des exceliens traits de Verité… Par PlitLEPPE d’ALCRIPE.„ publiée par G. Duplessis (13iidioth. elzév.). Paris, P. Jaunet} 1853, in-16.

Amadis de Gaule. Le premier livre de Amadis de Gaule, traduit d’Espaignol en François par le seigneur DES ESSARS.

(A la fin du volume Fin du premier livre d’Amadis de Gaule, nouvelement imprimé Paris par Denis Janot [1540] in-fol.

— Le second livre de Amadis de Gaule, traduict nouvellement d’espaignol en Françoys par le Seigneur DEs EssArts, Nicouts DE HERBERAY.. 1541. Nouvellement imprimé à Paris, par Denys Janot, in-fol.

— Le tiers livre de Aneadis de Gaule… 1542. On les vend au Palais… en la boutique de Vincent Sertenas, in-fol.

— Le quatriemne livre de A madis de Gaule… 1543. A Paris. On les vend au Palays… en la hou. ticque de Vincent Sertenas,

— Le cinquiesme livre de Amadis de Gaule… mis en Françoys par le Seigneur Dxs Essmis, NICOLAS DE HERBERAY… 1544. On les vend à Paris au Palays… en la bouticque de Jehan Longis, in-fol.

— Le premier livre d’Amadis de Gaule, publié sur l’édition originale par Hugues Vaganay (Société des Textes français modernes). Paris, Hachette, 1018, in-16.

AmuoisE (F.a_hczçoiS D’). Dialogues et Devis des Damoiselle_s… A Paris, chez Vincent Norment… 1581, in-16.

— Les Nespolitaines (dans l’Ancien Théâtre frariçai.9, t. VII).

AMBOISE (MICHEL D !). Leselave Fortuné, Le Babilon aultrernent la Contusion de esclave For- tuné. Nouvellement composé par luy. Ou sont contenues p[usieurs Lettres reereatifves el joyeuses. Avecques aulcuns lloncleaulx et Epistres Amoureuses. On les vend a Lyon pris de INostre Daine de Confort cheuIx Olivier Arnoullet, [15351, petit in-80.

— Les cens epigrareze_s avec quel la ion, la complainte de vertu traduyte de frere baptiste Mantuan en son livre des calaniitez du temps, et la fa* de lamoureuse Biblis et de Cau- nus traduyte Dovide par Michel damboyse dit lesclave fortuné seigneur de Chevillon. On les vend a paris en la rue neufve notre dame par Main lotrian. Et a la galerie du Pala-ys par Jehan longis, petit in-8°.

- Les complainetes de 1esclae7e Fortuné. Avoeques vingt’pitres et trente Roruleaulx Damours, Nouvellement. imprimez a Paris. Ilz 5e vendent par Jehan sainet denys libraire deniou- rant a Paris, in-80.

- Les epistres veneriermes de Leselave _Fortuné privé de la court, Damours nouvellement [aines et composées par hiy. Avecques tous ses œuvres par lu y reveues et corrigees. Premierement les _V X XI epistres efeneriennes. Les lantasies. Les complaintes, regrets, et epitaphes. Avec rondeaulx et cinq balades dan2.ours. On les vend a Paris en la nie neurve nostre 1)a.rne… Et au premier pillier de Ta Brant Salle du Palays en la boutique de F.)cirti$ Janot, [1532] petit in-80.

Amboise Michel d'). Voir Fregoso.

AMYOT. Voir DIODORE DE SICLE, _HÉLIODORE, LONGUS, PLuTARQUE.

Ancien Thé(itre français, publié par Viollet-le-Duc (Bibl. e]zév.). Paris, P. Janne, 1854-1867, 10 vol. in-16.

Anciennes Poésies françaises. Recueil de Poésies françaises des xve et xvie siècles, morales, facétieuses, historiques, publiées par A. de Montaiglon (Bibi. elzév.). Paris, Jannet, Daffis, etc., 1.8554878, 13 vol. in-16.

ANEAU (URTHÉLEMY). Chant Natal contenant sept Noelz, un g chant. Pastoural, et un g chant F. Royal, avec un g Mystere de la Nativité par personnages… Apud Seb. Gryphiurn, Lug- duni. 1539, in-40.

— imagination poefique traduide en vers François, des Latins et des Gretz, par l’auteur mesure d’iceux… A Lyon par Macé Bonhomme, 1552, ire— 80.

— Lyon marchant. Satyre Françoise, sur la comparaison de Paris, Rohan, Lyon, Orleans… 1542. On les veud a Lyon… par Pierre de Tours., petit in-8°.

— Quintil. sur le premier livre de la defense et illustration de la langue Françoise, et la Suyte. (Imprimé à la suite de l’Art Poetique de Sebillet. Lyon, Thibauld Payan, 1556, in-80.)

Apologue nouveau du debat d’Eole et Neptune. Paris, en la rue Neufve Nostre Dame, à l’en- seigne Saine Nicolas, 1544, in-80.

APPIAN Alexandrin, historien grec, des Guerres des Romains, Livres T. assavoir,. le Libyque, le Syrien, le Parthique, le Illyrien, le Celtique, et cinq des guerres civiles ; plus le sixieme desdietea guerres civiles extraict de Plutarque, Io tout traduiet en françoys par reu M. CLAUDE DE SErssEL… a Lyon, pour Antoine Constantin, 1544, in-fol. Arqn, ii : E, LIU :.

APULÉE de 17 Ane doré, XI livres, traduit en François par J. LouvEAU d’Orleans, et mis par Chapitres et. Sommaires… A Paris, par Nicolas Bonfons… 1586, in-16.

Aristote. Les Politiques d’Aristote… traduictes de Grec en François, avec expositions prises des meilleurs aucteurs… par Lors LE ROY digit liegius… A Paris, par Michel de Vascosa.n… 1568, in-4°.

AUBIGNÉ (AGRIPPA D’). CEuvres cornpUtes [moins l’Histoire Universelle] publiées par Réatime et au cade. Paris, Lemerre, 1873-](12., 6 vol. in-8°.

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(A la fin du volume se trouve la date d’impression : 1532), petit in-8°.

— La Fiammetie amoureuse de M. JEAN BocAcE… faicte Françoise et Italienne, pour l’utilité de ceux qui de sirent apprendre les deux langues, par G. C. D. T. (GABRIEL HAPPUIS de Tou is). A Paris, chez Abel l’Angelier… 1585, petit in-12.

— Le Phiiocope de Messire JEHAN BoccAcE Florentin, Contenant. l’histoire de Fleury et Blan- chefleur divisé en sept livres traduictz d’Italien en Franenys par ADRIAN SEVI t.. 1542… On les vend à Paris… par Denys Janot Imprimeur et Librayre, in-fol.

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— Le Livre de I’Insiitution du Prince… faict et composé par M. GuFT.i..&1Tl1 h : Buil É… A Paris, chez Jehan Foucher…, 1547, in-80. (Le livre est publié par les soins de Richard Le Blanc, et précédé d’une Epistre de R. Le

Blaite au due de Guise, Le texte diffère beaucoup de celui de l’édition imprimée rArrivour.)

BuGNyoN (PinLIBEBT) Erotasines de Phidie ei Gelasinc, plus le chan ! Panegyrique de 1’ale Pon- line : avec la gayeté de May. A Lyon, par Jean Temporal, 1557 in-80.

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CALVIN (JEAN).. JOA_Nri[s CALVINI opera que supersunt omnia ecliderunt Guilielmus Baum, Eduardus Cunitz, Eduardus Reuss (Corpus rt.eformatorum). Brunsvigae, aputi C. A. Schwetzlze et filium, 1863-1900,.59 vol. in-40.

— Institution de la Religion Chrestienne, texte de 1541, réimprimé par A. Letranc, H.Chate- lain et J. Pannier. Paris, Champion, 1911, 2 vol. in-80, (Bibliothèque de l’École des Hautes- Études.)

— L’Excuse de Noble Seigneur Jacques de Bourgogne, publiée par A. Cartier. Paris, Lemerre, 1896, in-16.

(Pour les citations de 1’Institution Chrestienne empruntées au texte de 1541, les renvois indiquent le chapitre et ]a page ; — pour le texte de 1560, les renvois indiquent le livre, le chapitre et le paragraphe.)

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DOLET (ÉTIEND.Tt)L De la Poinetuation de ta Langue Françoise. —. Les »cens de la Langue Françoise.

(Ces deux traités sont imprimés à la suite de l'Art poétique de Sebillet et du Quintil Floratian. Lyon, Thibault Pa an, 1558, in-16.

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Du BARTAS. Les Œuvres de G. DE SALUSTE Sr DU BARTAS Reveues, Corrigees, Augmentees de Nouveaux Commentaires. Annotations en Marge... Plus y a esté adj oust la premier° et seconde partie de la suitte, avecq l'Argument general et Amples Sommaires au Commen- cement de chacun livre par S. G. Si (Simon Goulart, Senfisien). — 1611. A Paris, chez Claude Rigaud, in-fol.

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— Odes, Enigmes et Epigrammes, adressez pour etreines au Roy, i la Rogne., à Madame Mar- gu, erite, et autres Princes et Princesses de France..A Lyon, par Jean Citoys, 1.557i in-80. Sensuyvent les Ruisseaux de Fontaine, Œuvre contenant Epistres, Elegies, Chants divers, Odes et Estrenes pour cette presente anise 1555, par CHAI-11, Es FONTAINE, Parisien. Plus y a un iraité du passetemps des amis, avec un translaL d’un livre d} VIDE, et de 28 Enigmes de SYNIPOSIUS ; traduits par lediet FON TAIN E. A Lyon, par Thibault Pa an, 1555, in-8°.

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FOUQUELIN (ANTOINE). La etorique jranoise d’ANTOINE FOUQUELIN. Paris) André Wechel, 1557, in-8°.

EGOSID_ Le Ris de Democrise, et le _Pleur de lleradite, philosophes, sur les tonies et iniseres de ce mond-e, Invention de M. ANTONIO PHILEEEMO FIIEGOSO chevalier Italien, interpretée en ryme Françoise, par noble homme, MICHEL D’AMBOYSE eseuyer… A Paris, pour Arnoul l’Angelier…, 1547, 1n--80.

GARNIER ( RŒBERT). Tragédies, publiées par W. Foerster. Heilbronn, Henninger, 1882-1883, 4 vol. petit in-8°. (Cette édition contient aussi Bradamante, tragi-comédie.) Les chiffres renvoient aux vers, qui sont numérotés.

G AUCHET (CLAUDE). Le Plaisir des Champs, publié par P. Blanehemain (Bibi. eizév.). Paris, Franck, 1869, in-16. G.) u. GOI) EFROY. G. C. D. T. Voir BOCCACE.

GELIA. Les Discours fantastiques de Justin Tonnelier, composez en Italien par JEAN BAPTISTE

GELLI, Academie, Florentin. Et nouvellement traduits en François par C. D. K. P. [de Kerquifin.en]. A Lyon, à la Salamandre, 1566, in-, 8°.

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GODEFROI( (F.). Dictionnaire de l’ancienne langue ird2nçaise et de tous ses dialectes du IXe au XV’siècle. 10 vol. in-40. Paris, Bouillon, 1880-1902. (En abrégé, G., et G., Compl.) G. P. P. Voir HORACE.

GRE VIN (JACQUES). L’Olimpe (le JACQUES GREVIN de Ciermont en.Beauvaisis, ensomble les autres euvres poétiques dudiet Auteur… A Paris, de l’imprimerie de Robert Estienne, 1560, in-80.

- Le Théâtre de JACQUES GREVIN de Cler-mont en Beauvaisis… ensemble, la Seconde partie de L’Olimpe et de la Gelodacrye. A Paris, pour Vincent Sertenas… et pour Guillaume Barbé, 1561, in-80.

- Le$ Esbahis (dans 1’Ancien Théâtre français, tome IV).

GRINGORE (PIERRE)— Œuvres complétes1 publiks par Ch. d’lléricault, A. de Montaiglon et J. de Rothschild (Bibi. elzév.). Paris, P. Jannc_t, 1858, et Dafîis, 1877 2 vo]. in-16. (L’édition est ina.chevée.) GRINGORE (PIERRE). Sotye nouvelle des Croniqueurs (dans le Recueil général des Sotties, tome I I).

GuÉ, Rouur (Guu, LAumE). Le premier livre des Emblemes composé par G un_i_oLuiplE GUEIMULT. A Lyon, chez Baltha2ar Arnoullet,

GUET’ARA (ANTOINE DE). L’Orloge des princes, œuvre… composé en espaignaI par… don ANTIIONIO DI GUEVARA…1 traduict en français [par R.-B. DE LA GRISE], Paris, G. Corro- zet, 1550, in-80.

GUT DE Touas (MiciiEL). Poésies, publiées par P. Blanchemain. Paris, Willem, 1.879, 2 val. in-18.

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Jeu (le) de A flac, dans Tricatel, édition d la Sape Men ippee.

JODELLE (EsTIEN N E). Œfewes et Me langes poétiques, publiés par Marty-Laveaux. Paris, Le- merre, 186S-1870, 2 vo]. in-8°.

Julyot (Ferry). Elegies de la belle flic lamentant sa virginité perdue ÿ avec plusieurs Epistres, Epigrammes, Instructions et traductions morales, composées par FERRI’J U L Y O T. — Réimpression.. Paris, Willem, 1873, in-12. LISTE DES OUVRAGES AUXQUELS SONT EMPRUNTÉES LES CITATIONS LXXI L., y. LITTRÉ. LABÉ (LOU/SE). Œuvres, publiées par Ch. Boy. Paris, Lemerre, 1887, in-16. LA_ 130ÉVE (ÉliTIENNE DE). (rE. uvree complètes, publiées par Paul Bonneîon. Bordeaux, Gou- nouilh.ou, et Paris, Rouam, 1892, in-40. LA CURNE r)E S. INT E - PALAYE . Dictionnaire historique de l'ancien. langage français, 10 vol. in-40,. Niort, Favre, et Paris, H. Champion, 1875-1881. LA GARDE (GUY DE). tlifiete,ire et Description. du. Phoenix... par maistre Gu Y DE LA GA_RDE7 escuier de Chambonas,. A Paris, de l'imprimerie de Regnaud Chauldiere, et Claude son filz, 1550, in-80. LA GRISE (R. B. DE). Voir GU E VARA (ANTOI i E DE). LA LkNDE (JA_N DE). Voir DICTYS de Crète. LA Nom:, (FRANçors DE). _Diseours politiques et militaires... Basie, Fr. Forest, 1587 in-80. LÀ PLANCHE (ÉTIEN_NE D E). Voir TACITE. LA PORTE (Luc DE). Voir HORACE. LA PORTE (MAURICE DE). Les Epithetes de M. DE LA PORTE, parisien... A Paris, chez Gabriel Buon,.., 1580, in-16. LA RAMÉE (PIERRE DE). Voir Ramus. LA.RivEY (PIERRE DE)..fde Laquais. — La Veive. — Les Esprits.. — Le Morfondu,. — Les Jaloux. — Les scolliers. — .La Constance. — Le Fû ciic,— Le_s Tromperies (dans l'Ancien Théâtre français., tomes V-V1I). — Voir STRAPAROLE. LASI111RISE (MARC DE PA,[11..LON, capitaine). La Nouvelle tragi-eornique (dans 11' Ancien ThMtre français, tome VII). LA TAILLE (JEAN DE). (EiereS, publiées par R. de Maulde. Paris, Willern, 1878-1879 4 vol. in-12. (L'édition est inachevée.) 1_04SAL (PIERRE DE). Rimes de PIERRE D E LAVAL, publiées par G. Hermann, d'après un manus- crit de 1576. Périgueux, 1901, in-8°. LE BLOND (JEHAN). Voir MORUS (THOMAS). LE; CARON (Louis). La Poesie de Loys LE CARON, Parisien, Paris, Gilles Bobinot, 1554, in-80. Les Dialogues de LOTS LE CA RO N, Parisien. Paris, Sertenas, 1556, in-80. LE Fioux (JEAN). Les Vaux de V ire, publiés par A. Gasté. Paris, Lemerre, 1.875, in-16. LE LOYER (PIERRE). Discours et Histoire des Spectres, Visions et A pparitions des Esprits, Anges., Démons, et Âmes, se ramerons visibles aux hommes... par PIERRE LE LOYER... A Paris, chez Nicolas Blm, 1605, 2 vol, LIE MAÇON (ANTOINE). Voir BOCCACE. LEMAIRE DE BELGES (Jr).EA Œuvres, public :i!es par J. Stecher. Louvain, 1882-18917 vol. LEON HEBRIEIT. De l'Amour [traduit par PONTUS DE TYARD]. A Lyon, par Jean de Tournes, 1551, in-80. LE Roy (Louis). Voir ARISTOTE? ISOCRATE, XÉNOPHON. LITTRÉ (E.). Dictionnaire de la tangue française, 5 vol. grand in-40. Paris; Hachette, 1873-'1892. (En abrégé, L.) LONG Us. Les Amours pastorales de Daphnie et de Chloé escriptes premierement en Grec par LoNGusl et puis traduictes en François tpar Amyorr]. A Paris, pour Viiicent Sertenas..., 1559, in-80. LOU VEA (JEAN). Voir APULÉE, STRAPA_ROLE. I. I oYkt. (LE) SERVITEUix. Histoire du gentil Seigneur de Bayart, publiée par J. Roman (Société de l'Histoire de France). Paris, Renouard, 1878 in-8°.

Les chiffres renvoient aux chapitres. LX Il LISTE BES OUVRAGES AUXQUELS SONT EMPRUNTÉES LES CITATIONS LUCIEN. Les Œuvres de LuciAN de Samosate... traduites du grec par FILBEnT BF1ETIN. Paris, Abel liAngelier, 1582, in-foI. (OLIVIEti. DE). Les Amours, publiées par. Courbet. Paris, Lemerre, 1878, — Les Gayelez, publiées par E. Courbet. Paris, Lernerre, 1871, in-16. — Les Souspirs, publiés par E. Courbet. Paris, Lemerre, 1874 in-16. — Les Odes, publiées par E. Courbet. Paris, Lernerre, 1878 2 vol. in-I6. - Dernières _Poésies, publiées par E. Courbet. Paris, Lemerre, 1880, in-16. rd A ItGUEll[TE DE NAVARRE. Les Marguerites de la Marguerite des Princesses, publiées par Félix Frank. Paris, Jounust, t873, 4 vol. in-16. — fies Derniéres Poésies de M,AiliGU1.;ItITE i L NAVAHRE, publiées par Abel Lefrane (Sociat. d'Histoire littéraire de la Franci). Paris, Armand Colin, 1896, in-8ni. - L'ilepiaméron (les Nouvelles de,.. ARGUER' TE D'ArwouLEM y, reine de Navarre, publié par Le floux de Liney et A. de Montaiglon. Paris, Eudes, lbbç_J, i vol. in-80. (Le tome IN. contient les Farces de Marguerite de Navarre : le Manade, la Farce d.e.q deux filles et des deux mariée-s, l'inquisiteur, et ta Farce de Trop, Prou, Peu, Moins. A la suite viennent des poésies inédites.) MARGUERITE DE VALOIS. Mémoires, publiés par L. Lalanne (Bibi. elzév.). Paris, P. Jannet, IF 1858, in-16. MARLORAT. Voir P8eiitItineS de David. MARNIX DE SAINTE-ALDEGONDE (PHILIPPE DE). ŒLIMS. Bruxelles, Fra.nçois Van Meenen, 1857-1860, 7 vol. in-Su. MA ROT (CLÉMENT). (Euvreiis ecuroplétes, publiées par Pierre Janne. Paris, E. Picard,I868, 4 vol. - Pièces inédites dans l'édition Guiffrey, tomes II et III, Paris, or and, 1876, in-SD. MATTHIEU (PIERRE). Vasthi, premiere tragedie de Pi MULE IVIATTmEtt... Lyon, Benoist nigaud, 189, in-12. Aman, seconde tragedie du même... Lyon, Benoist Rigaud, 1589, - Clytemnestre, tragedie de P. MATTHIEU... Lyon, Benoist Rigaud, 1589, in-12. MICHEL de Tours. Voir SUÉTONE. MOLLET (HENRI). Voir _Pseaumes de David. MŒNLec (GLAISE DE). Commentaires et Lettres, publiés par A. de %Ne (Soeiétf:.." de l'Histoire de France). Paris, Renouard, 1864-1872, 5 vol. in-80. MONTAIGNE (MICH EL DE). Les Essais, publiés par E. Courbet et Ch. Royen. Paris, Lenaerre, 1872-1.900, 5 vol. in-813. (Le tome IV contient en outre les Lettres.) — Journal de voyage, publié par Louis Lautrey. Pari; Hachette, 19.06, in-80. - Voir S EBO N (ri.A Y MO ri D ). MoNTCHi EST1F,:N (.‘.7%^TOINE DE). TragédiCS, publiées par L. Petit de Julleville elzév.). Paris, Plon, 1s9I, in.-16. [MONTREUX (.NICOLAS DE)]. Le premier livre des Bergeries de Julliette... ensemble une pastorale en vers François [intitulée .Athlette], à. l'imitation des Italiens, de l'invention IrPOLLENIX DU MONT-SACRÉ. A Paris, chez Gilles Beys, 1585, in-8°. MORUS (THOMAS). Lia Description de PISle Utopie.,, par THOMAS MORUS... Paris, Charles 1550, 1.ra.duction est de J E Il AN LE BLoriD7 dont le nom se trouve dans l'Avertissement.) La Navigation du Compaignon à la Bou Mille, avec le Discours des ars et Sciences de Maistre Hambrelin. A Paris. Pour Claude Micard, 1576, in-16, Nwm,,As DE TRDTE.S. Le Grand _Parangon des Nouvelles Nouoelles, publié par E. abille (Bibi. elzév.). Paris? Franck, 1869, in-16. NUYSEMENT. Voir IlEsrEAu DE NUISEMENT. OCHEN (BERNARDIN). Dialogue de M. BERNARDIN °CHIN, Senois, touchant le Purgatoire. (Tra- duction.) Paris, Librairie générale, 1878, in-18. LISTE DES OUVRAGES AUXQUELS SONT EMPRUNTÉES LES CITA_TIONS LXXIII OLLEN1X DU MONT-SACRÉ. Voir MONTREUX (NI_COLAS DE). OVID E. Les XXI, Epistres dOVID E. Les dix premieres sont traduites par ClIABLES FONTAINE Parisien le reste est par lui revu et augmenté de Prefaces. Les amours de Mars ei Venus, et de Pluton vers Proserpine, imitation d' Homere et d'Ovide. A Lion, par Jan de Tournes et Gui!. Gazeau, 1556, in-16. PALISSY (BEBNARD) oeuvres complètes, publiées par P. A. Cap. Paris, Dubochet, 1_844, PAPON (Louis). Œuores du chanoine Lors PApoN, publiées par Yemeniz et Guy de la Grye. Lyon, Louis Perrin, 1857, in-80. — Supplément. Lyon, Louis Perrin, 1860, in-80. PARÉ (AMBROISE). Œuvres complètes, publiées par J.-F. Malgaigne. Paris, J.-B. Baillière, 1840, 3 vol. in-8°. PASQUIER (ESTIENNE). Les CEuvres d'ESTIENNE PASQUIER contenant ses Recherches de la France, sou Plaidoyé pour M. le Duc de Lorraine... Ses Lettres, ses Œuvres me.,siées... A Amsterdam, aux depens de la Compagnie des Libraires associez, 1723, 2 vol. in-fol. PASQUIER (EsTiENNE), recteur des Escholes de Louhans. Voir PLUTARQUE. PASSERAT (JEAN). Poésies françaises, publiées par P. BIanchemain. Paris, Lernerre, 1880, 2 vol.. PELETIER DU MANS (JACQUES). Œuvres poétique_s, publiées par Léon_ Séché et Paul Laumonier. Paris, Revue de la Renaissance, 1904, in-4°. (FRANçois). L-es Escoliers, dans le Théare françois an IV le a XV Il skie, par Édouard Fournier. Paris, Laplace et Sanchez, s. d., grand in-80. Pt...rnAnQuE (FRANÇOIS). Alaes les Euvres vulgaires de FRANÇOTS PETRARQUEI contena.ns quatre Livres de M. D. Laure d'Avignon, sa maistresse Jadis par luy mmposés en lan- gage Thuscan, et mis en Francoys par VASQUIN PHILIEUL... En Avignon, de l'Imprimerie de Barthelemy Bonhomme, 1555, in-80. PkI1L1EUL (VASQUIN). Voir PÉTRARQUE, PITMAC (Guy DU FAIM1 DE). Les Quatrains de PiBnAc suivis de ses autres poésies, publiés par Jules Claretie. Paris, Lernerre, 1874, in-16. PLETHON. Voir II.É.RopoTE. PLUTARQUE... Les Vyes de huict excellera et renommez personnaiges Grec; et Roenains, mises au parangon lune de lauttre escriptes premierement en langue Grecque par... PLUTARQUE... et depuis transiatees en françois... par feu„. GEORGE DE SELVE... Ces livres sont imprimez a Paris par Michel de Vascosa_n,... pour luy, et Jehan du pre libraire..., 1543, in-fol. — Les Vies. des hommes illusires comparées l'une avec l'autre par PLUTARQUE de Chaeronée, translatées premieremerit de grec en françois par JACQUES AMYOT... et depuis en ce,ste troisierne edition reveues et corrigees en in finis passages par le traducteur... Paris, par Vascosan..., 1567 6 vol. in-8°. — Opuscules de PLUTARCIIE Cheronee. Traduic.tz par maistre ESTIENNE PASQUIE Li, Recteur des Escholes de Louhans. A Lyon, par Jean de Tournes, 1546, in-8e. — Les Œuvres morales et meslées de PLuTAnQuE, translatées de grec en françois par JACQUES AMYOT, reveues et corrigées en ceste seconde edition en plusieurs passages par le traduc- teur. Paris, par Vascosa.n, 1574, 7 vo'. in-80. — Voir DionoRE de Sicile. PONTUS DE TYAHD. Œuvres, publiées par Marty-Laveaux. Paris, Lemerre, 1875, in-80. - Voir LÉON HEBRIEU. -Pseaurnes de David, Les seau ses de David mis en rime Françoise par CU M E NTMAROT ET THE °- DORE DE BEZE, avec une oraison en la fin d'un chacun Pseaurne par NI. AuGUSTEN MA RLO- RAT... A Lyon, par Charles Pesnot, 1563, in--16 — Vingt Pseaumes de David traduits selon la venté Ilebraïque et mis en rime Françoise par Louis DES MASUBEs, Tournisien... A Lion, par Jan de Tournes et Guil, Gazeau, 1557, in-80. — Les Pseaumes de David et les Cantiques de la Bible, avec les argumens et la Paraphrase de 1_,XXIV LISTE DES OUVRAGES AUXQUELS SONT EMPRUNTÉES LES CITArrONS THEODORE DE BEZE, le tout traduit de nouveau de Latin en Fra.nçois. Jointe aussi la Rime Françoyse des Pseaumes. A Geneve, de IlItnprimerie de Jaques Berjon, 1581, in-80. (La traduction est de HENra MOLLE J.) Pseammes de David. Les CL Pseaurnes de David mis en vers français par Pu. ÛESPORTES. Paris, Mamert Patisson, 1603, in-12. RABELAis (FRA_Nçois). œuvres, pubiiées par Marty-Laveaux. Paris, Lemerre, 1868-1903, 6 val. in- '. Rmints. 'Grammaire de PIERRE DE TA RAMEE1. lecteur Boy.... A Paris, de l'Imprimerie d'André Wechel, 572, in-8°. La Dialectique de M. PIERRE DE LA RAMEEI professeur du Boy, comprise en deux livres selon la derniere edition... A Paris, chez Guillaume Auvray..., 1576, IlEci.raER (MATH u R1 N ) Œuvres complètes, publiées par E. Courbet. Paris, Lemerre, 1875, in-8°. REGMER DE LA PLANCHE (Louis). Histoire de l'Estat de France... sous ie règne de François 11 . I — Le Livre des Marchans. Édition Ed. Mennechet. Paris, Techener, 1836, 2 vol. in-80. BivAunEAu (ANDBÉ DE). Œuvres poétiques, publiées par C. Mourain de Sourdeval, Paris, Aubry, 1.859, in-8°. RordiEu (MA_FLIE tr)E.). CEuvres poétiques, publiées par P. Blanchemain. Paris, Jouaust, 1878, 411. in-16. RONSARD (PIERRE DE).Œtivre.S1 publiées par Marty-Lavea.ux. Paris, Lemerre, 1887-1893, 6 vol. L11-8°. ROQUETAILLADE (JEAN DE). La Vertu et Proprio té de la Quinte Essence de toutes choses, faite en Latin par JOANN ES DE RUPESCILSSA. Et mise en François par ANTOINE DU MOULIN, Mas- cannois... A Lyon, par Jean de Tournes, 1M9, in-8°. RuPE SCISSA (IOANNES RE). Voir ROQUETAILLADE (JEAN DE). SA1NCT-GELAYS (MELIN DE). oeuvres complètes, publiées par P. Blanchemain (Bibi. elzév.). Paris, Dais, 1873, 7 vol. in-16. SALEL (HuGuEs). Voir HO MÈRE. SALES (SAINT FRANÇOIS DE). Œuvres complètes, publiées par les Religieuses de la Visitation d'Annecy. Annecy, 1893 et suiv., in-80. SALMAT (PIERRE). Voir HÉRODOTE. Satyre Ménippée tela) ou la Vertu du Catholieon, publiée par Ch. Read. Paris, Jouaust, 1876, in-16. Satyre Menippee de la Vertu du Catholicon d'Espagne..., publiée par E. Tricote]. Paris, Lemerre, 1877-1881, 2 vol. in-16. SCÈVE (MAURICE). Églogue sus le tre.çpas de feu Monsieur le Daulphin. Autheur ScAEvE. A riom. (Dans le Recueil de Vers Latins et vulgaires de plusieurs Poetes Françoys, composés sur le trespas de ,feu Monsieur le Daulphin, 1536. On les vend a Lyon chez Françoys Juste), in-8°. —Delle, publiée par E. Parturier (Société des Tel français modernes). Paris, Hachette, 1916, in-16. - Saulsaye. Eglogue de la Vie solitaire. Lyon, par Jean de Tournes, 1537. (Réimpression en fac-similé. Aix, Ponthier fils aine', 1829, petit in-Se.) — Microcosme. A Lion, par Jan de Tournes, 1562, in-4°. — Voir FLOR.ES (JEHAN DE). SEB1LLET (THOMAS). Art poetique irançoys, publié par F, Gaulle (Société des Textes français modernes). Paris, Cornély, 1910, in- I6 SERON (RAYMOND). La Theologie naturdie di B.AYNIOND SEEON, traduicte nouvellement en François par Messire MICILEL Seigneur DE MONTAIGNE... A Paris, chez Guillaume Chau- diere..., 1581, in-8°. SELvE (GEORGE DE). Voir PLUT Al LISTE DES OUVRAGES AUXQUELS SONT EMPRUNTÉES LES CITATIONS LXXV SEBRES (OLIVIER Le Theatre d'Agriculture et Mesnage des champs d'OLIVIER DE SERliES Seigneur du PradeI. 319 édition reveue et augmentée par l'Auteur. Paris, Sa_ugrain, 1605i in-40. SEVI.N (ADRIEN). Voir BOCCACE. SEYSSEL (CLAUDE DE). HiSiOire de Loue XII Roy de France..., par Messire CLAUDE DE SEYS- SEL..., mise en lumiere par Theodore Godefroy. Paris, Abraham Pacard, 1615, in-40. Voir AppIEN„ Dl000RE de Sicile, THUCYDIDE:. Sotties (Recued général des), publié par Émile Picot (Société des Anciens Textes français). Paris, Firmin-Didot, 1902-1912, 3 vo], in-b0. STRAPAROLE (JEAN-FRANÇOIS). Les Facetieuses Nuits de STRAPAROLEI traduites par JEAN LouvEAu et PIERRE 11 E LAR"VE Y (Bibi. elzév). Paris, P. Jannet, 1857, 2 vol. in-16. SuETONE TRANQUILE, Des faictz et Gestes des douze Canars [trad. par Guir.L. Micu EL, dit de Tours], nouvellement imprimé a Paris, 1541. On les vend a Paris en la grand salle du palais, par Arnoul langelier, in-8°. Supplémeni (i) du Catholieon ou nouvelles des Regions de la Lune, dans Tricote], édition de la Satyre Menippee. TABOURUT DES ACCORDS (ÉTIENNE). Les Bigarrures du Seigneur DES ACCORDS, avec les Apophthegme_s du Sieur Gaulcud et les Escraignes Dijonnoises. Bruxelles, Mertens et fils, 186b, 3 vol. in-16. TACITE. Les cinq premiers livres des Annales de P. CORN ELIUS TACITUS. traduictz nouvelle- ment de Latin en Françoys [par T. DE LA PLANCHE]. A Paris, Pour Vincent. Sertenas..., 1548, in-4°. TAHuREAu (J AcQuEs). Les Dialogup_,s, publiés par F. Conscience. Paris, Lemerre, 1870, in-1.6. — Poésie_s, publiées par P. Blanchemain. Paris, Jouaust, 1870, 2 vol. in-16. TAILLEMONT (C. DE). La Tricarite, plus Quelques chants an faveur de pluzieurs Damoaelles : par c. DE TAILLEMONT, Lyonoes. A Lyon, par Jean Temporal, 1556, in-8°. — A la suite : Conte de ,'Infante Geniere fiele du Roy d' eusse pris du jurieus, è fet Françoes par C. DE TAILLE MONT} Lyonoes. TASSO (ToHQuATo). Quatre chants de la Hiericalern de TORQUATO TASSO, par PIERRE DE 13RACH. Paris, L'A.ngelier, 1596, in-8°. , Testament (le) de la Ligue, dans Tricote', édition de la Satyre Menippee. Théâtre mystique.. Voir Du VAL (PIERRE). THENET (ANDR). La Cosmographie Universelle d'ANDRÉ T'UN-ET, cosmographe du Roy... A Paris, chez Pierre 1575, 2 vol. in-fol. THUCYDIDE. L'Histoire de T1JUCYDIDE, Athenien, de la guerre qui fut entre les Peloponnesiens et les Atheniens, translates en Langue Franoyse par [eu Messire CLAUDE DE SETSSEL. Paris, Josse Badius, 1,527, in-fol. TORY (GEOFRUY). Champ fieury. Paris, 1529 in-40. To u jr N EB U (0 D ET DE). Les Contens (dans VA n den Théâtre français, t. VI I). VAGANAY (II). Deux mille mots peu. connus (extrait de la Zeitschrift /Ur Romanische Philologie, tomes XXVIII et XXIX), 1905, in-8°. — Pour l'Histoire du français moderne (extrait des Romanische Forsehungen, tome XXXII), 1.911, in-Se. Variétés historiques et littéraires, recueil de pièces volantes rares et curieuses en prose et en vers, revues et annotées par Édouard Fournier (Bibi. elzév.), Paris, P. Jannet, 1855-1863, 10 vol. in-16. VAUQUELIN DE LA FRESNAYE (JEAN). Les di perses poésies publiées par Julien 'Travers. Caen, Le Blanc-FIardel, 1869, 2 vol. in-80. — Œuvres diverses, publiées par Julien Travers. Caen, Le Blanc-Ilardel, 1872, in-8°. VILLEROI (Lettre de M. DE) à M. du Vair sur le subject d’un livre intitulé la Satyre Menippee, et Reponse de M. du Vair, dans Tricote !, édition de la Satyre Menippee.

VINTEmILLE (JAcQuEs DE). Voir XÉNOPHON.

VIRGILE. L’Eneicle de VIRGILE, prince des postes latins, translates de latin n François par Louis uEs MAZIIRESe Tou rnisien. Paris, Jean Borel, 1567, in-80.

VivÈs (JEHAN-LOUIS), Livre de l’Institution de la Femme elerestienne… aussi de l’Office d Mary, nagueres composez en latin par JE1IAN Lors VEVES,.. et nouvellement traduictz en langue Françoyse par PIERRE 1E CHANGY, publiés par A. Delboulle. Le Havre, Lemale, 1891, in-16.

XÉNOPHON. La Cyropedie de XENOPHON… traduicte d Grec par Jaques des Comtes DE VIN TEMILLE7 Rhodien… A Paris, chez Gilles Bobinot {15721 in-80.

Enseignements d’Isocrates et Xénophon… traduictz de Grec en François par Loys le Roy dict Regius,.. A Paris, par Vascosan…, 1568, in-4°.





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DICTIONNAIRE


DE LA LANGUE FRANÇAISE


DU


SEIZIÈME SIÈCLE


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A


A. Marqué à l’A. De la meilleure qualité. — Quant à ce proverbe, il est des bons, il est marqué à l’A, il sent plus son menu peuple que les autres : il est toutesfois fondé sur quelque raison, ou pour le moins apparence de raison. Car la monnoye faicte à Paris est marquee d’un A . . . et on ha opinion qu’elle soit la meilleure laquelle opinion vient de ce qu’on pense qu’il y ait plus d’esclaireurs. H. Estienne, Preeellence, 147. — J’av ouy dire maintesfois qu’un homme est marqué à l’A, quand on le veut qualifier très-homme de bien, et, si je sçavois bien que cela estoit emprunté des monnoyes mais parce que Henry Estienne en son livre de la Precellence de la langue Françoise en a fait estat, je ne seray marry d’en faire icy mention. En toutes les villes esquelles il est permis de forger monnoyes, on les marque par l’ordre abecedaire selon leurs primautez, afin que si elles se trouvent trop faibles d’alloy, ou de poids, on se puisse addresser contre les Maistres des monnoyes des lieux. Paris, pour estre la Metropolitaine de France, est la premiere, et pour cette cause la monnoye que l’on y forge est marrée à l'A. Et d’autant que les Monnoyeurs de ce lieu-là peuvent estre enduirez de plus prés par les Generaux des Monnoyes, qui y resident, on y a tousjours fait monnoye de meilleur alloy et poids qu'en autres villes. Qui a donné cours à cest adage. E. Pasquier, Recherches, VIII, 23.

A, prépositicm. — A s’emploie souvent d’une façon qui s’écarte de l’usage actuel devant certains mots indiquant le temps. — Apres devisoient des leçons leues au matin. Rabelais, I, 23. — Consideroient l’estat du ciel, si tel estoit comme l'avoient noté au soir preeedent. Id., ib. —— Ung Berger, ramenant au soir ses brebis, le trouva assis parmy les pierres. Marg. de Nay, Heptam., Prol. — Vous . . . nous lirez au matin de la vie que tenoit nostre Seigneur Jésus Christ. Ead., ib. — Le jour s’esteint au soir, et au matin reluit. Du Bellay, Regrete, 53. — M’esveillant au matin, devant que faire rien J’invoque l’Eternel, Ronsard, Resp. à quelque Ministre (V, 411). — J’ay


faict à ce matin, depuis l’aube sonnée. Par le chant de noz coqs, un manche à ma coignée, J. Béreau, Eglogues} 3. — Ou comme l’on voit luire au soir le beau visage De Vesper la Cyprine. Ronsard, Hymne de l'or, (1V, 3 ! t5). — Quand vous serez bien vieille, au soir, à, la chandelle. Id., Sonnets pour Helene, II, 43 316). — Au lendemain… prindrent chemin Gargantua, son precepteur pornocrates et ses gens. Rabelais, I, 16. — Caracalia à l’une foys occist les Alexandrins : à l’autre desfit la compaignie de Artaban. Id., IV, 36.

A s’emploie dans le sens de pour devant un mot indiquant le but : verbe à l’infinitif, nom ou pronom. — A quoy prouver je vous pourrois renvoyer au livre de Laurens Valle contre Bartole. Rabelais T31.0. Nostre unie qui est fori nee à aimer, son affection, estant departie en plusieurs, s’en affoiblit et revient presquesà neant. Amyot, Pluralité d’amis, 2.— Nous sommes nais à Élues-ter la verité. Montaigne, III, 8 (IV, 18). — N’ayant pas de quoy à se faire enterrer. BRAN-T (3, Cap. tsar., Pedro de Toledo (II, 25), — solente main Qui s’estendoit naguere à mandier du pain. Aubigné, Tragiques, I (IV, 36). — mant … IL à paix, non à guerre : animant né à jouissance mirificque de tous fruictz et plantes vegetables, animant né à domination pacifique sus toutes bectes, Rabelais, III, 8. — Ne vois-tu que le jour se passe ? Je ne vy point au lendemain. Ronsard, Odes, II, 10. — Cest animal n’estoit pas na y Un tel service. MONTAIGNE, Ill, 8 (IV, 29). — Vestris môn livre à peu d’hommes et à peu d’années. ID., III, 9 (IV, 94). — Une. troupe d’amoureux qui la reeherchoyent à mariage, Jean de Champ-Repus, Ulysse, Argument. — Pour autant que leur qualité naturelle est ilz font ce à quo ilz sont nez, et non pas ce qu’ilz veulent. Amvot, Hire 21Eatiop.e III (36 r°). — Je ne me pais de l’aure populaire . . . J'escry à ceux, ceux dy-je, qui vous semblent, Car des sçavans on a la vraye estime. Fourcadel, Oeuv. poet., p 142. Qui ne vit aucunement. à autruy, ne vit guere à soy. Montaigne, III, 10 (IV, 126.). — A quoy me tourmentes tu ainsi sans utilité? A. SEVIN, trad. du Philocope d BOCCACE V (98 ro). - Les cm- paignons à chaque morceau le prioient se retirer .qui n'avoient autre response, à quoy in y ameniez vous? Du FAIL, Bc 1rix. d'Entrapel (1, 27). - Mais à quoy pour les corps ces despences estran es, Si ces corps n'estoient plus que cendres et que fanges? AUBMNÉ, Tragiques., VII 286).

A se place devant un attribut avec le sens de pour, comme, en qualité de. - I l lu y donna femme sa sœur Isis. LE.NIAIRE DE BELGES, nibiliStr., I, 7. - Les humains pourront s'a..sseoir à table avecques nous, et rio Déesses prendre à femmes. RABELAIS, Ili.51 - Le Roy Piolornaeus voulut communiquer l'honneur du diademe royal, et la faire Royne, la demandant à femme. AmyoT, Gracchus 1. - Maint jeune gars à femme me desire. FoRc.An Œuv+ poet., p, 272.. - Drvas.., leur demanda Daphnis à Inary pour Chloé, Amie oT, Daphnis et Chloé, Ill 59 ro). - Irai-je .supplier Pour aux Seigneurs Nomades m'allier, Qu'ai dédaignez i maris si souvent? 1.4;s MA- SURES, Eneide, IV, p. 194. - l'a.voit envoyé pour sçavoir si elle le voudroit à mari. FAUC'EET, II, 17. n nostoc ins- tant furent aussi ii,Taineuz Par ]nea.s Crethon, Orsilochus Lesquels avoient Diocleus pere. SA LM!, Iliade, V, 86 vo. - Cet Alpheus eut ja.dis pour enfant Orsilochus, qui fut Roy triumphant, Lequel apres eut à Fils legitime Diocleus h Prince mal:pardi-ne. Ton pere... Mes freres et mon pere„ eu son injuste guerre, Cruel a faict mourir, pour usurper leur terre : Puis sachant que de droit elle veriolt à niov, A sa bru nie vouloit pour t'en faire le roy. P. DE BRACH, Imitations, Olin-tpe, 63 VÔ. - Affin que tost et sans sejour Cori-vinssent tous ensemb.Ie, pour Choisir à ro:r- celluv d'elitre eulx Qui seroit sen 5 faire faulx tour Le plus triurriphani et pompeux. FIAU.DENt, Apo- logues d'Esope, I I, 22. - [Cae.sail penetra jusques à la grand'iner ()ceane, subjuguant toutes les na- tions qui' paravant ne recognoissoyent point les Romains à seigneurs. 4.zioinroT, César, 12. - Du seul Dieu des Chrestiens humble serf je m'avoue, Et tout autre à. Seigneur que luy je desavoue, Pi- n RACt Plais. de la vie rustique. - Les Sumaritains qui se sont aydez des lettres de Moyse, qui auroient suivy à patron les Chaldaïques. LE LOYER, hris des Spectres, V111, 7. - J'ay, dit le bon homme, à nom E'.utychus. AMYOT, Antoine, 65. Ce Picard a.voit en sa maison une chambrier° assez qui avoit à nom Ali2.011. JEA.N DE LA TAILLE, les Corrivaus, Prologue. - La Royne... enfanta. un fils qui eut à nom j chan, Titr.v ET, COS- Mogr., VII, 2. - Si fut le propos de l'évesque de Grenoble tenu a hon. LOYAL Si•: FiviTEuR, 1- di Bayant, 2. - A l'adventure. que le peuple se voyant victorieux se saoulera facilement de la guerre, et que les Romains.„ auront maintenant a cher un prince dais lxet aimant /a justice. AMYOT, Numa, 6. -- Je n'avois à suspecte ceste prosperité. TillARG. DE VAL 11:1 1S , MértiOireS, p.1 g.


A s'emploie comme de, pour marquer tin rapport d'appa.r Lenance, de possession. - L'espouse a Ju- piter et sa fille Pallas Ont charpenté ma nef. R.ON- SARI),Hymne de t.'alays et de Zethés. - La bien ayinée con nripagne à Pluton estendoit les tendues de toutes parts. LA_RtvEy, trad. de STEAPA.ROLE, Vile Préamb. - Desjà le point du jour peu à peu s'avaliçoiti Et la femme à Tithon son chemin, commençait. DESPORTF.S, Elegies, L. II, Euryks. - Tousjours derriere muy je retourne les yeux, Comme la femme à Lot ayant quitté sa terre, 1n., Sonnets spirituels, 10. Quand la


feutrine à Syphax sans avoir peur des armes Tra- verse librement et soldats et gerisda.rmes. MONT- CH B. P. STIL Nt, la Cartaginoise, III, p..136,. - Maistre ehan je suis le seigneur EL le man.' • Antoinette, BELLEAu, la ReCOn n V - Comme quand fi contreint la main de naine. éprise Du pere aux Dieux soudain son tonnerre laisser. BAÏF+ Ain. Meline, I, A Ronsard (I, 51). - Vous cognais- sez Billette, servante du père à. Susanne. VEY, les Escoliers, I, 2. - Mere à Memnon, ton char d'or jaunissant Arreste un peu. BAÏF, dm. de Meline, 11 (1, 85). - Cette flateresse sacreron'nous en don A la mere à Cupidon? .M.A.GNYt GaydeZ, p. 4. - Tousjours la mere Memnon te caresse. BELLEAU, Bergerie, 2e journ, la Cigale, Fils i D eesse, à ton meilleur avis Que te semble-il maintenant estre à faire? DFs MA- SURES, Eneid-e, I, p. 42. - Consequen-tment louons pour son mente La fille unique a Cesar Ires sa.tré. LET•IAIRE DE BELGES, Chan$0.01S de Na- mur. - Dieu Bard la fille au roy Loys, Qui me re- çoit quand on me chasse. MA ROT, Épiseres, 44. Vien, Prince, vieil : la. fille au Roy de France Vela estre tienne. "ID., Chants. divers, 9.- Europe alors la pucelle tendrette Fille à Phenix dormoit en sa chambrette, BAÏF, PoemeN, L. IX (H, 422}, Voici venir Cassandre la pucelle Fille à Priam. DES MASURES, Eneirde, II, p. 82. - Il n'est pas temps d'ainsi pleurer, Juturne, Ce lui dit fors Jun°, fille à Saturne. ID., ib., XII, p.. 622. - La fille à Pharaon, merveille de son temps, Agençoit ses cheveux. Di BARTAS, 2e Semaine, 4e Jour, Le Magnificence. - La fille àSeianus. MONTAIGNE, III, I (III, 255). - C'est nostre cher, le duc de Nemours, nepveu de nostre prince et frère à vostre royne. LOYAL SERVITE.U.R„ Hist. de Dayan, 54. - Je iuy dy que restois le frère à Marie. LA- RIVEY p le Laquais, IV, 1t - Lune est madame Si- cambrie soeur au Roy Priana... et lautre est ma- dame Theano soeur a la Royne Hecuba. LE Cri AIRE mI BELnES, illustr,, I, 41. - La sœur au Dieu Phebus ne Ille dedaigne pas. B141Eittr, Eglogues, 4. - Madami de Fontaines... soeur à feu M. de Tor- cy. BRANTôer[E, Ca,p. estr., le Conte .e..rliguemone 163). - Aussi fauldra peindre sur ce tumbel L'antique histoire au beau Luciabel. MAROT1 Epi- replies, 10. - Secondement fois l'histoire a Clo- taire, Roy des Françoys. J. BOUCHET, Epistres morales du. Traverseur, 11,11. - Sur la. bouche à Madame... J'alloy cueillant un baiser savoureux. BELLEAU, Petites Inventions, Amour rnetlecin - on aine} tu te pers, et. t'enfuis esgaree Sur la bouche vermeille à, ma belle maistresse. ID., Bergerie, 2e Journ., Baisers.

A s'emploie dans le sens d'avec, pour marquer l'accompagnement, le moyen, la manière. « Je tire i vous de l'erbalestre, » c'est a dire 7 « Je tire- ray avec vous de l'erbalestre. » FABni, Art de nhe- tor., I, ta. - Themistocles à peu de gens les des- confit. RAD E LAS, II! 2G,- Que] appetit et visage de chasse s'estoit reservé celny de ses ancestres qui Wallon jamais aux champs à moins de sept mille fauconniers? MoxrAtGrit, I, 42 (I, 362-363). Ce que voyans eeulx qui le servoyen.t, le lieront à gros cables. likrumAis, il, 4, - Voyez là les Geans.... Donnez dessus à -vostre mast gualante- ment. ID9 III 29.- On ses ouvroit parie mylieu et fermait à un ressort. In., II, 33. - Le Darda..nois contre ces pars éparses Va de furie. A son glaive inhumain, D'Auxur en bas mite ia senestre main, Et tout le tour de l'écu avalla. DES MASURES, Eneide, X, p, 528, - Les gourmands font leurs fosses à leurs dents. Proverbe, dans H, EsTIENT'llE Preccitence, 211.. - Qui ha mes-0er du feu, à son doit le quiert. Ib., 220.. — A difficulté seroys je receu en la premiere classe des petitz grimaulx. RABELAIS, II., 8.

Chez certains écrivains gascons, à s’emploie souvent d’une manière explétive, devant des compléments qui, dans l’usage ordinaire, ne sont précédés d’aucune préposition. — Si vous avez envye de me veoir, je l’ay encores plus grande, sans comparaison, de vous veoir à vous que vous à moy. MONLUC, m Lettres, 202. — J’ay prié le sieur de Moreau… d’aller de ma part vers voz Majestés pour vous faire entendre au vray lestai des af- faires de deça… vous suppliant très humblement le vouloir entendre comme à moy-mesmes. ID., ib., 245. — S’il entroiet dens la rue, la compaignie qu’estoiet dens la ville les tliueroiet ou à leurs chevaulx. ID., Commentaires, L. I (I, 117). — Il mlaymoit autant qu’à cappitaine de France. ID., ib., L. Il (I, 253). — Desquels n’y moreust que M. d’Assier, que ra, ymois plus qu’à moy-mesmes. ID ib. (I, 256). Les aultres soldatz appelloinet aux nostres pioniers gastadours. 1 1)„, ib. (I, 210). — Les Huguenotz pensarent en eschapper à bon marché, et que je ne les punirois pas à eulx. ID., ib., L. V (III, 72). — Il me devoit par raison mieulx ayrner que non à ceulx qui le conseilloient de faire au contraire de ce que je luy In., ib., L. VII (III, 340). — Je les vous donne dong ; mais non pas pour les voir Vous tuer comme à moy. P. DE BRACH, Arni5Frir d’Aymee, L. II, S. 16. — Je vous invoquerai, ô saint trou- peau des Muses, Et à toi, Delien. ID., Poernes et Mesl., L. III, Ekg. 1. — faut, il faut qu’aveugle Ion l’appelle, Et non à moy, qui aveugle estimé Du peuple aveugle, aveugle suis nominé. ID., Imitations, Aminte, Prol. — Nous leur donnons [aux animaux] un ires grand avantage sur nous, de faire que Nature par une douceur maternelle les accompaigne et guide, comme par la main, à toutes les actions et cornmoditez de leur vie, et qu’à nous elle nous abandonne au hazard et à la fortune. MONTAIGNE, 11, 12 (II, 171). — Le Latin me pippe par la faveur de sa dignité, au delà de cequi luy appartient comme aux enfants et au vulgaire. ID., Il, 17 (III, 22). — Nous disons d’aucuns ouvrages qu’ils puent à l’huile et à la lampe. ID., 1, 10 (1, 50). — Je hay à mort de sentir au flateur. In., I, 39 (I, 322). — Je le menay [Montaigne] en ma chambre, où j’avais son Livre l ; et là, je luy monstray plusieurs manieres de par- ler familieres non aux François, airs seulement aux Gascons, Un Paie-rostre, un Debte, un Couple, un Rencontre, les bestes nous fiaient, nous requierent, et non nous à elles, ces ouvrages sen.tent à l’huile et à la lampe. E. PASQUIER, _ Lettres, XV1I1, 1.

A se rencontre" devant le second terme d’une comparaison. — Il est greigneur nampas de cor- pulence Mais de sçavoir a Homere et Hortense. MICHEL D’AmB o isE Complaincies de l’Esclave fortuné, 57 y0.

A entre en composition dans des adverbes, des prépositions et des conjonctions :

A bas, V. Bas.

A ce que. Afin que. Et le feray imprizner à ce que chascun y apreigne comme je ay blet. RAB E- LMS, II, 20. — A ceste fin j’ay composé ce present livre. Et premierement Pay mis en latin : à ce qu’il peust servir à toutes gens diestude, de quelque nation qu’ilz feussent. Argum. —Dieu leur a donné quelque petite sa- veur de sa divinité, à ce qu’ilz ne prétendissent ignorance pour excuser leur impieté. ID., ib.,


II, p. 58. — Je rnettray la crainte de mon nom en leurs cœurs, à ce qu’ilz ne se destournent point de moy. ID., ib., p. 75. — Le Seigneur a envoyé à. son peuple de la viande celer te par la main de Moyse, à ce qu’il ne perist point de faim. In., ib, VII, p. 437. — Celuy qui a limité nostre vie… nous a faict prevoir les periiz, à ce qu’ilz ne nous peussent surprendre. ID., ib., VIII, p. 506. — Il est expedient que des bectes si dangereuses soyent marquées, à ce que chacun les congnoisse, de peur d’en recevoir dommage par faute d’ad- vertissement. ID., Contre les Libertins, fi (VII, 161). — J’ay… depesc1i Malicorne : à ce que par luy je soys acertainé d’ton portement. RAB Fi — LAIS, IV, 3. — Les dames… s’esclatterent de rire, et feirent signes aux paiges, à ce qu’ilz houstassent leurs atours. ID., IV, 10. — Pantagruel… corn.. monda… toutes les munitions des naufz estre en terre exposees, à ce que toutes les chorrnes feissent chere lie. ID., IV, 25. — Pantagruel /ours feint une briefve remonstrance, à ce qu’ilz eussent à soy monstrer vertueux au combat. ID.p IV, 37.. — A ce qu’il ne te semble que je parle à credit, je Vallegueray mon a_uilieur. TA I-I UREAU ler Dial. du Democritic, — Les autels et temples ne sont inventez à ce qu’il soit loisible aus meschans d’y tuer les bons. L. LABÉ, Rebat de Folie et d’Amour, Disc. 5. — Comme ceulx d’Athenes eussent con- damné Athenodorus à l’amende… il pria Alexandre de vouloir escrire pour luy, à ce que l’amende luy fast remise. Amyot., Alexandre, 29. — Tu me pries que je te gouverne et que raye coing de toy, à ce que tu ne sois pauvre et souf- freteux de tout point. LA BOÉTIE, Mesnagi de ’Ven., 5. — Voicy le médecin que j’avais mandé à ce qu’il vint voir sa maladie avant qu’elle s’en allant aux champs. JEAN DE LA TAILLE, les Corri- paus, 111, 1. — Jacob servit quatorze ans Laban, fils de Nachor, à ce qu’il peut avoir à femme Ra- die’. CHOLIÈRES, 5° Matinée (p. 199). — En ceste conséquence fut le serpent d’aerain eslevé par v sur un long-boys à ce que ceux qui es- toient mords du serpent, en le voyant seulement, fussent gueris. Du FAIL, Contes d’Eutrapel, 34. — Je diraipareillement quelque chose de la Chasse, et des autres exercices du Gentilhomme, à ceque nostre vertueux Pere-de-famille, en faisant ses affaires, se recree honestement. O. DE SERRES., Theatre d’Agric., Préf. — Licurgus ordonna que les filles vierges fussent mariées sans douaire d’ar- gent, à ce que les hommes les espousassent par leurs vertuz, non pour l’avarice. BRANTÔME, des Dames, II (IX, 698). — Ceux du chasteau… sur la n-uict traittoyent avec le capitaine Caesar, qui estoit en garde de ce costé, à ce qu’il les laissast sortir pour une somme d’argent. AuBiGra, Hist. Unie., III, 1L

A certes, Acertes, Adcertes, V. Certes. A coup, Acoup, Y. Coup.

A dens, A dent, Y. Dent.

A Verte, v. Alerte.

A mont, V. Amont.

A par, v. Par.

A stheure, Asteure, Amure, v. Heure.

A tant,’liant, Y. Tant.

A tard, Atard, v. Tard.

A tout, Atout. Avec (Tout ne sert qu’a renforcer la préposition à qui signifie avec). — Préposition. A tout sert à marquer l’accompagnement, la ca- ractéristique, le moyen.

A tout, préposition marquant l’accompagne- ment. — Elle arriva finablement saine et sauve en la ceste de Bisquaye, à tout trois ou quatre na- vires seulement. LEMAIRE DE BELGES, Couronne Margaritique (IV, A tout ceste grande, noble et puissante armee,’empereur Osiris cir- cuyt toute In.. terre universelle. ID., niustr., I, 7, partit d’Egypte à. tout une grosse armee. ID., ib., I, 8. — Je seray après vous à tout le reste de la COMpaigflie.. LOYA.L SE RlilTE1r11.5 HiSL. Hayart, 53. — Pour remuer encor en France avec le prince d’Or : luge, qui venoit d’Allernaigne à tout une gro.sse armée. BRANTôMEI Cap. franç., Maresehal ele Cossé {IV, 88). — Des FFeaux de vos ou.ailles à tout leurs toisons espesses et drues, VOUS ne vous pouvez bonnernolt passer, LE bl AIR g DE BELGES, illusir., I, 22. — De. Iespaule dextre luy pendoit escharpe son carquois fait de cuir bivre à tout le poil. ID., ib., I, 42. — A ce jour la y a plusieurs jeunes homines… qui courent tou› nuds parray la ville, frappons par jeu et en riant avec. des courroyes de cuir atout le poil, ceulx qu’ilz rencontrent en leur chemin. Arvt OT, CéSar, 61. De-ssus le flanc la belle panetiere A tout le Foi !, la trompe forestiere Au ventre creux. BEL- LEAUI. la Bergerie, ire Journ., la Chasteté. — Puis à tout son ba.slon de croix guaingria la broche qtea.voient faict les ennemys. RA13ELAIS5 15 27. — Estant si fort esperdu de tra.yeur, que de se jetter à tout son ensciigne hors de la ville, par une canon- niere. il fut mis en pieces par les assa.illa.ns. MoN- T A NE, I, 17 (I, 76), — Les plus jeunes T’iront à la chasse des bestes, à tout des arcs.. ID.., 1, 30 261). mt-lilleur sera de les planter à-tout leurs racines, sans rien leur roigner, 0, DF. SERRES, f Theatre d’Agric., 4..

A tout, préposition marquant la ca.ractéristique. Lig. noble. vieillard à tout sa ba.rbe chenue se jetta aux genoux du jeune Duc Achilles. LEMAlriE DE BELGES, Illustr.., 19. — Sur ceste entre- prise Vint arriver (à tout sa. barbe grise) Un bon vieillard. MARoT, Epistres„ 2. — Frerot à tout SOD accoustrernent de velours incarnat… et Fabritia avecques couronne de laurier. RABELAis, Scio- m.achie. — Là veis.n-ies des Prœultous et Chiqua- nous gens à tout le poil. ID., IV, 12. — Voila une description qui retire bien fort à l’equippage d’un homme d’armes François, à tout ses bardes, Mo N- TAWN II, 9 {II. 106), — Le roy de Navarre, qui venoit que de fraiz dresser sa garde, pria Mon- sieur qu’elle fist la. première poincte, qui la fit très-bien ; et la fit beau voir atout leurs beaux rnandils neufs de veilours jaune., avec du passe-ment d’argent et noir. Bi#ANTÔME5 Cap. franç., M. Louis de Nevers (IV, 382-883).

A tout, préposition marquant le moyen. —Pa- ris Alexandre voyant le Soleil abaissé… recueillit à tout sa lkoulette ses troupeaux de brebis, chievres et moutons.F.J.sparse LEmAIRE. DE BELGES, fileeir., 1 35. — Les autres rfemine.s des Cimbres] se pendirent aux arbres prochains, aux timons de leurs chariotz, —voire à tout leurs cheveux mesmes par faulte de cordes. ID.., ib., III, — Eu grande peine se °nanan pour prendre tout. ]a. langue quelque lippee. RABELAis, t.t. — Je luy baillis si vert dronos sur les doigts à tout rnon javelot qu’il n’y retourna pas deux fois. ID., II, 14. — Jamais Ma.ugis hermite ne se porta si vaillam- ment à tout son bourdon contre 1es Sarrazins… comme foist le moine à l’encontre des ennemys avec le baston de la. croix. ID., I, 27. — A tout une si faible puissance, qu’il se trouva entre mains à l’entree de ceste guerre… iI conquit de grands pais, et prit plusieurs bonnes villes. AMY in, Sertorius, — Les soldatz… Pomme- nerent elle et se_s best.us, en la. clia.5sant devant eux à tout de razier, comme on feroit une chevre ou mie brebis. ID., Daphni$ et Chioé, L. ri (ai


— Nul ne fui veu., qui n’essaiast en son dernier souspir de. se venger encores : et à. tout les armes du desespoir consoler sa. mort en 1 ; 1 mort de quelque ennemy. MeNTAiGNE, 1, 1 (I, 8). — faut retenir à tout nos dents et rios grilles l’usa.ge des plaisirs de la vie, que. nos ans nous arrachent des poings. ID., I, 38 (I, 313). — Ce fut luy [Porn- peiusi… que Sertorius battit en Espaigne à tou.t ces belles armes, qui ont aussi servy— Enmenes contre Antigonus. II, 12 (I/, 200). — Nails voyions depuis… Androdus conduisant ce lyon tout une petite. laisse. ID., ib. (tI, 204). — Les Caunieusw prennent armes ers dos… et vont cou. ra.nt toute leur ba.nliene, frappant l’air par-cy pa.r-là, à tout leurs glaives, IL, ib. (II, 282). L’esteuf, il le prend à la main ga.uche, et In pousse à tout sa raquette. ID., ib. (Hi se2. — Ils onrt une grande abondance de chous cabus, qu’ils hachent menus à tout un instruirient expres. ID., Journal de voyage, p.. 105. — ne font pas tant malitieusement, que lourdement et grosslere- ment, les ingenieu-x, à tout leur mesdisance. ID., 1, 36. 0, 292).

A tout, adverbe., marquant une idée d’accom- pagnement. — Et de fait luy osta le demorent de son dra.p et s’en va à tout. NicoLA3 DE TROYES, Grand Parangon, — Ce levrier avait ceste as- tuce que de la patte il renversoit Ie pot qui bouil- loit au feu et en prenoit la. chair, et s’en alWit à tOUt. DES PErliEltS5 Recr.„ 18. — il gaigua un bon butin, et s’en retourna atout en nsle de Samos. AbiYo ; trad. de DIODORE, XIII, VI. Les Beotiens… ayant pris aucunes petites \ril- lettes, et gaigué grande quantité de butin, s’en retournerent à tout au pa rs de la Beoce. ID., ib, , XVI, 13. — Theseus et Pirith.ous s’en allerent ensemble en la ville de Lucedaèrnone, là ou ilz ra.virent Helene… et s’en fouirent à tout. In., Thésée, ai. — LeS Vestales… prirent sur elles ce qui estoit le principal et le plus digne, et s’en fouirent à tout le long de la riviere, Caenale, 21. — y en eut soixante el ; dix huit qui ailerent en une rostisserie, ou az saisirent des broches, des coupperets et cousteaux cuisine, et se jetterent hors de la ville atoul„. ID., Crassus, 8. [Alexandre) ayant occis de son espee deux des Barbares qui esloyent couchez a.0 long du ieu, y ravit un tizon, et s’en recourut atout vers ses gens. ID., Alexandre, 24. — Je voyois Chloé à mon aise, et maintenant Lapes qui l’a ravye s’en va à tou.t. ID., Daph.n et Cht0d1 IV (77 r°). — Si ne me sentoy-je troublé Tant qu’a.voy te ventre à la table, Mais je n’ay eu ferme ny stable le pas ny J’esprit atou.t Depuis que ray esté debout. BAÏF, t’Eunuque, IV, 5. A /out, adverbe, se rencontre aussi pour expri-mer ridée de moyen. — 11 a esté si fin, QUe de nouer bout contre bout Deux grandes na_ppos, pour à Lou L En la cave me devaler. BAÏF., te Brave, Ill, 2.

A val, v. Aval.

Ange. Age. BaS aage. On désigne par Ce nom la jeunesse, et non fi’as seulement la premiére enfance, — Il [Alexandre] commença à ordon- ner le.s affaires de son estat beaucoup mieux que tout le monde n’esperoit, pource qu’il estoit fort jeune cl peu estimé de quelques uns, à ca.use de son bas eage, _Amy0T, trad. de I)io- DoRE, XVII, 1. — Pres de La.ngres furent vain- cuz les Alernans par Constantin le Grand, es- tant encor de fort bas a.age, TELEVET, Cosmogr., XIV, 19. — Les uns sa, bea.uté meut, les a.utres son ba.s age (de Polyx.éne]… Ma.is tous prisent son cœur si magnanime et fort. R. GARNIER, la Troade, 2104.. — Ledit Medeci•1 miad.miroit d’estre si, dextre aux opérations de chirurgir veu lo bas aage que rali01.5. AMUI. PARÉ, Voyage de Turin. — Ceste rené fut verve en fort bas aage, ayant perdu le roy Louys, son rnary, qui, fort jeune, mourut en une bataille. BRIN E des Daines, II (IX, 610).

Hault aage. L’âge qui vient après la première jeunesse. — La fille es toit en bault aage, nubile, cognoissant l’iniquite du père, qui laissoit moisir son pueellage de 1.JiLur de démoisir ses esc.uz. MARC. DE _NAV" Heptants t4.

Moyen aage. — II estoit grand personnage, beau et plaisant à regarder, jeune, de moyen aage, et de bien bonne grace. LE MAçoN, trad. de Boc CàCEI Decarn., II, 2. — LOFS elles doi-vent cher cher et accepter telz, ausquelz soyent decen tes femmes verve, s, hommes de moyen aage, sobres, revereridz, experlmentez, et de bonne reputation. P. DE CHAN (. ; y, instiwtion de hl femme chreflienne, 111, 7. — Jamais Prince ne recelai tant. d’heurs dés son enfance, ny tant de heurts de fortune sur, son moyen nage jusques à la mort, que ces tuy [Federic II, né en 1194, favorisé par la fortune jusqu en 1221e mort en 12.50j. E. PASQuIEB} Re cherches, VIII, 5 — Sur mon moyen aage, en l’an 1564, ceste grande et fameuse Université de Paris rue nomma… pour plaider sa cause contre vous. In., Lelerrs, III, 3.

Bon aage. — Ces darnes qui sont ensemble., et se monstrent assez de bon aage, sont tes deux tantes, LIMAIE D E BELGF.s, atails.rr, „ I, fil, — Za.mbelle avoit atteint une bonne aage. Trad. de FoLFNGo, Merlin Crincecrie, LE IV (I, 92).

Aage de discours. Age de. raison. — Estant par venu en l’orage rassis et de discours. Trad_ de E.tr,.1„ Disc. fantasti de Justin Tonnelier, III tP, 87).

Fleur d’aage. — La fleur d’aage se meurt et passe quand la vieillesse survient et la jeunesse se ter mine 131•1 fleur d’aage d’homme faict l’enfance en la jeunesse : et le premier aage meurt en l’enfance. MONTAIGNE, II, 12 IIt 3811.

Bas d’aage. — Par ce qu’est trop bas d’eage (car il n’a encores cinq ans accomplys), RA_BELAISJ I, 50.

Aage. Vie, — Elle passa grande partie de son aage sans estre mariée. MAR G. D E NAY." Hepia ; rit.„ 110. — Bien loin outre la mer Je veux aller bien loin mon BAÏF., Eglogue 2. — Ce n’est rien nosi.N âge fulardt3i C’est un point, si on la regarde l’égard de l’éternitii, In., Passe V (IV, 423). — J’ay passé une. bonne. par tie de mon ange en une parfaite et enticre sari. 4 MONTAIGNE, il, 6 56) — Nulle vieillesse peut estre si caduque et si rance, à un personnage qui a passé en honneur son aage, qu’elle ne soit 1..Tene raide. ID., I I, 8 (II, 8(), — Ce sont elles [les lettres] qui… nous guident à passer nostre aage. sans desplaisir et sans offence. 12 (II„ 220). — Leur age defaudra plu stost que la ma Liere. EGrifiER, Sat. 9.

Ëpoque… — Tels estoien.t les bons }lois de l’âge phis fleurie, Numa le Sacerdote„ instruit par Ege rie. Ro Ns.m. RD, Bocage Royal (III, 196). — Aris tote, Pline, et autres, [disent] que Zoroastre vi voit six mille ans avant Paage de Platon. MON TAIGNE., II, 12 (II, 339. — L’ace doré. L’âge d’or.. — La Vertu, la Pitié, Durant nge dorée l’autans ces manoirs bas Ne nous dedaignoy-ent pas. BA1F, Feues, L. VIII (II, 402). — Platon en sa peinture de l’aage doré sous Saturne, compte


entre les principaux advantages de Phornme de lors, la communication qu’il avoit avec les testes, lielorerATEres, II, 12 (II, 167).

Temps, durée. — Jusques à quand as eeably, Seigneur, de me mettre en oubly ? Est ce à jamais ? Par combien d’aage Des tourneras tu ton visage De moy, las ! d’angoisse rem.ply ? MAnoT, Ps, de David, 13, — Diogenes Apolloniates [dit] que. [Dieu’, c’est [’Rage. MONTAIGNE ! II, 12 (II, 257).

Génération, ensemble des hommes qui vivent à telle ou telle époque. Apres la mort dicelle, Jauge aveuglee et erronec du temps dadonques, qui estoit prodigue de forger nouveaux Dieux et Deesses par idolatrie, meit et rengea ladit Hekin° au n.ombro et catalogue des Deesses immortelles. LEmAiRE n E BELGES !. Il, 24. Tes vertus estincelantes Tout par tout je publiray, Et les Liges renaissantes Parier de toy je fera. y. J. 13ÉREAtre Ode a. — Que tout. cela d’ennuis que les âges passees Ont peu venir encombrer d’angoisses arnassees Les plus thetifs humains tout cela de malheurs, Qui les tirans Gregeois combla de tant de pleurs, Se rue contre toy. BAÏF, Pognes, L. III (II, 120).

On trouve encore des traces de l’ancienne prononciation a-age. — Ceste nature ilz tiennent de la race Du grand Ilydra, qui au profond de Thrace… Les engendra des Paage et le temps Du faiilx Cayn. MARoT, rEirifer. Marot ou Gement Disoit bien comment. Et en beau langage, Qu’après son a_a_ge Ce don preoleux Nous aurions des cieux. And. Pois. f•ardçi, VII, 36 (texte de 156.2).

Aage est souvent féminin. — Virilité tient la voye moienne Entre jeunesse et nostre orage ancienne, BoucuF.T, Episires Morales du Traper, Çeur, 1, 14. — Nombre grand de peuple Outré, de tous sexes., toutes aages, et. tous es torts. I A rl ELMS ? V,. 16. — 11 avoil fait amasser ceste trouppe de jeunes hommes Persiens trous d’une mesine eage. AnYoT, trad. de Dionoitt, XVI !, 24. — Et ces abits sea.ns à ton âge fleurie. BAÏF, Ain.our de Francine, L. I (I, i — Il establit les Ephores avec autres personnaiges cl’eage meure et rasize pour a.3.-der le R.oy au gouvernement de son royaume. SALIAT, trad. d’HÉ.RoDoTE, r, 65_ Un desir plus ambitieux que ne porton l’aa.ge en laquelle il se trouvoit alors AmyoT, Marcellus, 28. — Estant en l’aa.ge, en _laquelle quand les les hommes faillent, encore leur pardonne lori. ID., A gis, 20, — Ahi j’ay grau }peur qu— quand l’âge parfaite Au jeu d’amour plus propre —t’aura. faite, Tu changes ce bon cœur. BAÏF, DiVerSeS Amours, L. 1 (I, 317). — Toutes ages sont bonnes à celuy qui sçait reigler sa vie selon la portee et le naturel de chacune. Trad. de CIELLI, Disc. fantas,. de Justin Tonnelier, IX 288). — La vieillesse ne merite point d’entre a.ppelee la pire et la plus fa.scheuse aage de toutes les autres. h), ib., X (p.. 318). — Mais iIz seroient heureux, si dés premiere D’un sommeil eterneI ilz fermement leur paupiere. AulliGN É, Primtems, H, 17. Pourquoy Page craintive ha elle esté sans eraincte ? Poils. die., il. — En temps d’ilyver, faut en tontes orages donner plus d’alimens qu’en Esté. AMBR. PARE, Vill, 14. — Or passe-je ceste mienne vieille et plus joyeuse Rage, bers vaut du pur Nectar. F……PRETIN,.rail. de Laer EN, ICS’Saturnales, 7, — Et Paage coustumiere Aux folles gayetez n’enst sa vigueur premiere Qu% consoler les bons, et s’esjouir en Dif, 11. AUBIGNÉ, Trag+} 1V (IV, 171). — V.. d’autres exemples dans les alinéas précédents,

Abac (d') et d'aboc. De tous côtés. — Sy me riroys, tu louras du croc, Par tout ou tu poura_s entendre: Tu prendras d'abat et d'aboc Par tout ou tu le pouras prendre.. Moral à cinq personn, dans Du VAL, Theitre mystique, p. 210.

D'abac o d'aboc. De côté ou d'autre. — Je res- ponds, Si Bon Temps peut passer les pons, Qu'il viendra d'aba.c ou d'alloc, De dee ou delà des monts, Ane. Pois. franç., IV, 138.

Abai, Aboi. Aboiement. — lAscolier... ainsi que Clairet faisoit encores : flap/ Impie luy va res- pondre en un abba.y de ces clabaux de village Hop! hop/ hop? DES PE R1 ERS, 54, — I1 n'y a non plus de raison en son dire qu'à rabbay d'un chien. CALVIN, Response à. un Holantin OX, 598). — le fus emportant (un chevreau] Maugré l'allai de Volmont eihaia.nt, Vidi.uQuEmr; courans çà et là comme chiens affamez et parleur importunité, comme par abay, ils arrachent par force des uns et des autres quelques morceaux pour fourrer en leur ventre. CALVIN, Instit., r, v, 9. — Estant descouvert par l'abba.y d'un chien, il fut pris. 11, ESTIENNE Appt. pour iler., 21 (II, Cerbere a retenu Ses escla- tans abais, tout muet devenu, P. DE. BRACHe Hie- rusaient, IV . Fig. : Le sainct Esprit nous com- mande de nous reposer sur les promesses l'au- thorité duquel doit bien rabattre tous les abbays de ce chien mastin. CALvrN, Instit., I I, Ix, 3. A &boys du parchenin. Chants d'église. — Ma- tines ayant neuf leçons, plus matin se levoient par raison. Plus aussi multiplioient en appetit et alteration aux abboys du parchemin : que ma- tines es tari tes ourlées d'une, ou trois leçons seulement. RABELAIS, Ill, 15+ A boys de l'esiomach. — Son disner estoit sobre et frugal, car tant seulement mangeoit pour refre- ner les abus de restomach. RAB ELAIS, I, 23. Tenirn en aboy. Lui résister, lui tenir tète. — qqn Ainsi fut levé le siége de devant Mai Mères, où le bon chevalier sans paour et sans reprouche ac- quist couronne de laurier car bien qu'on ne livra.st nul a_ssault, il tint les ennemys trois sep- mailles durant en aboy. LOYAL SERVITEUR Hi st. de Ba art, 63. — Et ne faut douter que ceste façon de parler, Tenir queleun en abbey (ou en. abbay), ne soit aussi venue de la venerie : mais il y-a appa- rence que ce soit des bectes noires plustost que des autres, comme quand un sanglier se laisse abbayer par les chiens, perdans leur peine. H. ESTIENNE, Peeeellenee, 125. Rendre les abois, Ëtre sans une situation déses- pérée, renoncer à la lutte, mourir_ — S'en' ne fait rendre Ies abbois A Monsieur, je veuxqu'on me tonde : n'y a femme en tout le monde Qui se fasche plus aigre ment. BELLEAU, la Reconnue, I, 4. — Aussi Last que ces ad votas Nous ont empie- tez une fois, Ils nous font rendre les abbois. ib., V, 3 — Li'ay porté dans le flanc Le coup d'un trait doré de l'amoureuse trousse, Pay rendu les abois, comme la teste rousse Qui ta.ch.e les buis- sons des marques de son sang. AuBiGtid, PO &. clip. sonnet 9. — Comme les Turcs eussent u- siegé la ville de Metelin, et desja les Lesbiens et Genevois fussent prests à rendre les abbois, voyansque la bresche estoit grande, et qu'ils estoient las du travail des combats preceidens. THEVETt Cosmogr., VIII, 2. — Si n'oublieray-je pas entre ce peu d'exemples que je veux amener, ces façons de parler, Rendre les abbois, et Faire rendre les abbois. Car c'est un des gentils em iDrunts que nostre langage ait tacet de messieurs les veneurs disant d'un homme qui n'en peut plus, et pourtant est contraint de se rendre, qu'il rend les abbois nu (comme les autres escrivent) les abbais. Et proprement se dit du povre cerf, quand ne pouvant plus courir, il s'accule en quelque lieu le plus avantageux qu'il peut trou- ver, et là attendant les chiens endure d'estre abbayé par eux. 11. ESTIENNE, Precellence, Les Saxons furent plusieurs fois vaincus, et alitant de fois se rebelIerent. N'a.yans autre plus signalé entremetteur de leurs rebellions que ce grand guerrier [Witikind]. Lequel ne voulut ja- mais rendre les abois, quelque victoire que Char- lemagne oust obtenue contr'eux. E. PAsQuiErt, Recherches, VI, — Je ne suis François, que par cette grande cité [Paris)... Tant qu'elle durera, je n'auray faute de retrakte, où rendre mes abboys. MoNTArGrilE, 9 (IV, 80. — Ce que n oust faire dom ,f ouais d'Autriche peu devant qu'il ren- dist les derniers abois fut faict après sa mort. BRANTôME1 Cap, esti..., M. de Bure (I, 318), — Vous eussiez veux icy une infinité d'espées rompre et casser des boucliers, des bras, des jambes, et froisser des espar les. Icy oyoit-on les voix mise- rahies de ceux, qui en grand nombre rendoient les a.bbois. Trad. de FoLF.riGo, Merlin Coccaie, L. XI (I, 304). Les derniers abois, les abois de la mon. — re- tiens l'heure qu'il faille à mon pere mourant, Et aux derniers bbais de la mort jà. tirant, Faire pour l'entuber un convoi lamentable. P. DE BB.AG“, Poe es et Mesl., L. 1, sonnet 5_ — S'acharnerent sur leurs compaignons les plus foibles et ala_ngouris, voire qui tendoient aux der- niers abbays de 1a mort. CHOLiÈit SS, ire Matinée, p. 22. — Sa vie s'alentist, toujours son mal s'empire, Aux abais de la mort on voit jà qu'elle tire. P. DE BraC111 Regrets funèbres, Eleg. 1. — Ce qui fit lever et y courir le cardinal de Guise et Parchevesque de Lyon. Le dernier, plus dili- gent, arriva aux derniers abois et assez tout pour ouïr prelintInCer 4 Traistre roi. » AUBIGNi, link., XII, 14. Abalourdir. Elles„, ont rebouché et aba- !ourdi les poirotes des intelligences Royales. PH, DE MA nriux, Differ. Za 1. Abandon (expression adverbiale ; cf, Randon). Libéralement, librement. — Vous ne craignez ouvrir bource abandon, Appauvrissant vostre pouvoir, par don. FE RRY IJU LY OT, Eleg. de ta belle fille, I, 6. — Lecteur amy lis ce livre habandon, Que Julyot te lache sans jactance. AN T. LumEtN au lecteur, dans FERRY JULTOT, ib. (Substantif.) Pouvoir. — A la llegnarde elle requiert pardon Pour ses oyseaulx, qui sont en l'abandon Du feu ardent. CORROZETp Fables d'Esope, 55. Possession. — Dieu facteur de tout ouvrage Accepte bien le verdoiant fueillage De ceux qui n'ont de grues biens l'abandon, Dont ilz luy font en ses eglises don. J.. BOUCHET, Epistres !tura tizi. Traverse ../..r, Abondance. — Portons à leur povre mesnage De nez biens à grand abandon. I1/41.A.ac.. DE NAN., les Marguerites, Comedie de Na tiv. de J. C. (Il, 22). — En mon païs croist en grand abandon Trescher encens, dont sort suave odeur, EAD., ib., Comedie rileior. des trois Boys (II, 102). — Vous delectez-vous du fruitage? Et où en est l'abandon, sinon aux Hales, où est le grand jardin de Paris? E. PASQUIER, Lettres, II, 4.

Abandonné,. Abandonnée, Nr.74 bandonnerl

Abandonnement. Abandon. Pourquoy en matiere de cession de biens l’on fait alandonne- ment de sa ceinture devant la face du juge. E PAsQutER, Recherches, IV, 10. — 11 ne faut point trouver estrange que l’on estimast raban- donnem.ent de la ceinture, representer aussi l’obandonnement de nos biens. — C’est un mot d’abandonnement perpetueI que Dieu fait de teIz malheureux. St FRANÇOIS DE SALES ? In- trad. à la Pie Mac, — Gest estai du delais- sement de soy-m.esme comprend aussi raban- donnernent au bon plaisir de Dieu en toutes ten- tations, aridités, secheresses, aversions et repu- gnances qui arrivent en la vie spirituelle, ID., En- tretiens spirituels, 2. — Il faut que vous vous jet- tiés, avec un total abandonnernent de vous mesme, entre les bras de sa providence. ID., Lettres, 949.

Abandonner. (Futur sans e) : Je n’aban.donray ja ma prise. BAD. le Br e, H, 4. Abandonné. Libéral, prodigue. — J n prince doit aimer la jouxte, Estre large et ha.bandonné, Certm Goa c, Sainct Loys, I (I I, 6). — J’estoys joyeux, prest à menger et boire, fla.handonné, -voulant à tous complaire. Anc. Pois› franç., XII !, 5, — Qui veult bien a.ymer il ne faut point estre chiche de son bien, mais doit on estre’large et abandonné. N ! AS T.ROyEs, Grand Paran- gon, 51.— Et n’espargne aucun tresor ne richesse, dont il isist hahandonnE Plus qu’autre prince.. A. SP.vm, trad. de BoccitcE, le Philocepe, L. VI Femme abandonnée. Femme de mauvaise vie. — Tu ne duibs aller aux convives ne autres lieux ris delices ; car c’est affaire a femme abandonnee. P. DE CHA N GY, Instit. de la femme chrestienne, 3. — 0 maudite ennemie de toute sapience, ô

Femme abandonnee, ô à tort nornmee Deesse. L. Debat de Folie et d’Amour, Dise.. 2. — Adieu vile et habandon.née dame. Comptes du Monde adoenturem, 45. — Les autres ont eserit que ceste Phea estoit une hrigande, ineurtriere, t ahandounee de son corps. ANYOT, Thésée, 9. — Peu te donneras de peine de ce que j’en escriray, ayant j a fait si grand’bresehe à ton honneur, que la plus abandonnée femme du monde est plus soigneuse de son fait et renommée, que toi. E. PASQUIER, Lettres amoureuses, 21.

Abarharir. Rendre barbare. — Qui méprise L’honeur› le forfait autorise… Loix et droiture bouleverse Abarbarist l’humanité. RAD, les Pas- seterns, au Grand Prieur (IV, 2021.

Abas, V. Bas.

Abasac, V. Baffle,.

Abat. Action d’abattre. — Papin tout inconti- riant vint planter son camp devant Pavie n’ou- bliant les François… aucune espece de cruauté soit d’abats de maisons, soit de feu… pour avec indignitez tirer l’enne.my au combat. FAM- CHETI Aniiquitezi VI, 4.

Abatardir. Déclarer bâtard. — Ce qui ne doit en rien diminuer l’excellence de nostre langue, veu que ceste arrogance gre que, admiratrice seu- lement de. ses inventions, n’avoit loy ny privilege de legitimer ainsi sa nation et ahatardir les autres. Du BELLAY, Deffence et illastration, I, 2.

Abatardissement. Au grand deshonneur et abatardIssement de nostre langue. Du BELLAY, Préf.. du Recueil de Poesie de 1549.

Abateur. Abateur de bois, abateur de quille$. Faiseur de grandes prouesses. (Mémo sens libre que joueur de quilles dans Marot.) — Et ne devez


point plaindre le temps passé, car jay veu quil nen y avoit que pour vous, rien ne se ternit de- vant vous, vous estiez Je chien au grand collier de tout le païs, et le plus grand abbatteur de bois, qui fast dicy au gué de Vede. Du FAJI„ Propos rustiques, 5. — Si vous y prenez garde, vous ver- rez ces grands abbatteurs de bois n’avoir que des filles, et peu d’enfans m.asles… Que si ces grands abbateurs de bois font force enfans, ils seront de petite complexion, et si la pluspart ne feront que filles là où,.eux qui ne vont pas souvent à leurs femmes, feront des enfans forts et robustes, comme sont comnum’ément les bastards, et plus- tue rn.a.sles que femelles. Guai. Bo u Cil ET 23e Se- ree , 10 Ce Jaques dont est question, estoit un grand abateur de bois remuant, et culbuteur de comeres, et n’espargnoit rien de ce qui se pre- sentoit. BEROALDE DE Moyen de par- venir, Cayonnerie (1, 318). Ardez, voire, c’est- mon, je m e cognois en gens, Vous estes, je voy bien, grand ahhateur de. quilles, Mais au reste honneste homme, et payez bien les Hes. RE- nNiEn, Sat. 11.

Abateur de poulx. — Abateur de poulx, abbé de maulgouver, affecté, aliborum. DES AUTELS, Mitisioire Barragouyne, 5.

Abatis. Action d’abattre, de couper. — Avec ri.buet on ordonne l’abatis des cil-II-Jeux, comm.e p•ine extraordinaire. E. PASQUIE ir, liFecherches, VIII, 9.

Abay, v. Aboi.

Abayer, Aboyer i (He Estienne préfère aboyer à « bayer Conformité, p, 20, 1, Mots /rançois pris du.. grec ; mais aimer est très fréquent.) — On estime aussi voz gardes, voz descouvreurs, et. avantcoureurq rie sont voz chiens Joyaux et bien aboyons. L F., Aine DI BELGES, IllUer.e 1, 22. —Ili [les i niqu.ns] oseront abhayer comme chiens. CALVIN, ifs L, VIII, p. 480. — Tous sont chiens muetz sçachans abba.yer. ID., ib., XV, p..735. — n chien abaye, sil voyt quon assaille son maistre. I n., LeÉtres, 634. — Au tour de luy abayent les chiens. RABE LAIS, III, 13. — ’J'un est un fin et cauld Renard ; ra_ultre mesdi- sant, me.seserivant et aba.yant. contre les antiques Philosophes et Orateurs comme un chien. ID„ IV, Prel. — Les chiens abbayoyent desja bien fort. Ameo-r, Aratus, — Par tourbillons la vague qui se suit, Contre les bords abaye d’un grand bruit. RONSARD, liPanciades 1 (III, 36). — Un autre chiui estant à. la garde d’un temple Athenes, ayant aperceu un larron sacrilege qui emportoit les plus beaux joyaux, se mit à a.hboyer contre luy tant qu’il peut. MONTAI NE, IIa 12 (II, 20n — Abbayez comme chiens, Duriez en voz. tourments. AuBiGNÉ., Tragiques, VI1 (IV, — V. d’autres exemples dans les alinéas suivants.

(Intransitif.) Fig. Avoir un besoin urgent de nourriture, en réclamer d’une façon pressante.— La faim estoit on corps : pour à laquelle remedjer, aba.ye l’estomach. RABgLAIS, III, 12. — Mon sto- ma.ch ahhoye de male faim comme un chien. In., III, 15— — Ce leur est. tout un quand ils auront bien disné, que leur famille abbaye, et qulene meure de faim. GA.Lviri(,. Serenb sur ieDeuter., 146 (XXVIII, 265). — Tu me voudras tantost per- suader que quand j’a y restomach vuide et. ab- boyard, qu’il seroit plein. Trad. de ETA !, Disc, faniasi. de Justin Tonnelier, Dise, 2 (64-65). — Par telle tyrannie le povre peuple abbaye à la faim, et meurt sans miséricord.e. H. ESTUNNE, .spot. pour Her., ch. 6 (I, 88-89).. — Mon ventre affamé abaye Comme l’oisillon qui bée. E. PAS- Qutsft, Jeux Poet., III (II, 878). — Glouton. Pa- ressemii_., ventru, engouleur ou engloutisseer.._ allauvy, voluptueux, albayant. M. DE LA PoP.TE, Epithetes, au mot Glouton.

(Transitif.) A boyer qqn. Aboyer contre qqn (au propre et au figuré). — Chassons ceste petulence de chien, laquelle peut bien abbayer de loing la justice de Dieu, mais, ne la peut attoucher. CAL- VIN1 Instit, • VIII, p. 508. —.le no poursuy point ce propos davantage, pource que la calum- nie est. trop evidente, et aussi que ce nous est une grand gloire d’estre ahbayez par ces chiens. ID., Epistre contre un Cordelier (Vil, 362. — Ou est l’orage tournoyant ? Ou est le froissis ab- boyant Le sein de Thetys courroucee ? GREVIN, Cesar, I p. — Combattu des vents et des flots, Voyant. tous les jours ma mort preste, Et aboyé d’une tempeste D’ennemis., d’aguetz, de corn- plotz. AuBIGNÉ, Primiems, I7 4. — Rendre les proprement se dit du povre cerf, quand no pouvant plus courir, il saccule en quelque lieu le plus a.vontageux qu’il peul trouver, et ! à atten dant les chiens endure d’estre abbayé par eux. I-L.ESTIEN N Precellence, p_ 1.2r :. — I l a abbayé notre Religion et blasphemé contre Jesus-Christ. LE. LOYER, ! list. des Spectres, V, 3. — Comme moy. de mon m8.l mes troupeaux s’amaigrissent, Et mon chien m’aboyant semble me reprocher, Que Faye ore à mespris ce qui mo fut si cher. REGN1Elq. Cloris et P y is. — Ce sont chiens qui nie peuvent abayer, non mordre. E. PASQUIRR* Lettres, XIX, 6. —.Voila un camp maudit, à son ma/heur planté, Aux bords de l’Occean, abbayant la cité, La saincte Bethulie aux agnelets defence. AuBrcii, W, Tragiques, 230). Manclelot et le comte de Tournon., commandez de le suivre, ]’ah- bayeront cinq jours entiers sans le mordre, et ne mesierent dans ia retraitte des siens qu’une fois. In., Hist. Unio., XI, 20. — Cette ca-vallerie espa- gnole+.. fut tousjours ahayée d’une escoupeterie. ID., ib., XIV, 18. — Le. Theologal Xainctes, voyant Cous nos dogues abbayer cet ours sans mordre, ne l’osant prendre à l’oreille, a fait pour te moins une gambade par dessus. ID., Sancy, II, 6.

Abbayer le parchemin. Chanter a l’é’glise, à la synagogue. — Les autres, comme les chanoines et caffars, en abbayant le parchemin jour et nuit, et. barbotant leur breviaire, vendent leurs coquilles au peuple. CALVIN, III, xx, 29. Ce. pauvre Juif fut contraint de demeurer en ce plaisant lieu (sans boire rie manger) par long temps, délaissé des.siens, qui alloient abbayer le parchemin en leur sinagogue. Comptes du. Monde ativentureux, 17. — Cf. Abbois. parchernirh

Abbayer qqch. Le crier très haut. — Je te con- seille d’apprendre diligemment la langue Grecque et Latine… puis quand tu les sçauras parfaite- ment… composer en ta langue maternelle… Car c’est un crime de leze Majesté (l’abandonner le langage de son pays, vivant et florissant, pour vouloir deterrer je ne sçay quelle cendre des an- ciens, et abboyer les verves des trespa.ssez, et encore opiniastrement se braver là dessus, et dire, j’atteste les Muses que je ne suis point ignorant., et ne crie point en langage vulgaire. RONSARD1 Franciade, Préf. de 15U.

(Substantif.) traistre, ton aboyer Traistre m’a rendu le loyer De t’aimer plus cher qu’une mere N’aime sa fille la plus chere. Ro ri- s_kete, Gayetez, 6 (édit. de 1623). — Car pour ton aheyer je ne perds la couronne De Laurier, dont Phebus tout le chef m’environne. ID., Resp. à


quelque Ministre (V, 425). En certain aboyer du chien le cognoist qu’il 7 a de la colere. MoNTAIGNE, I It 12 (I I, 168. — C est à l’avanture quelque sens particulier.,.. qui advertit les poulets de la qualité hostile, qui est au chat contr’eux, et à ne se deffier du chien s’armer contre le rniau.- lernent, voix aucunement flatteuse, non contre l’a.bayer, voix aspre et quercleuso. ID-, ib., (II, ma).

Abayer, Aboyer 2 (Intransitif.) Abayer à qqch, après qqch. Aspirer à qqch, le désirer aidem- ment. — [Les Venitiens] rte tas choient fors à nourrir la guerre., et l’inimitié entre, les dicts Princes, pour s’agrandir sur eulx, apres qu’ils se- roient travaillez et affoiblis, et mesme.s en son Duché et Estat de Milan, auquel ils ont tousjours abbayé, sur toutes choses. SEYSSEL5 Hist. de Lonys ria. sur ies Venitiens {p. 21)2. — Ceux cy aiment pour le gain, et ceux la pour Io vertu et l’un des amans abbaye à l’utile, et l’autre est tout fondé en l’honnesteté. PONT rs DE TYARD1 trad. de I’Aineur de LEON IIEBRIEu Dial. 2 (p. 282). — Ha, c’est peu d’estre grand, j’en sers icy d’exemple… C’est peu d’abboyer tant à ces honneurs si courts. JEAN DE LA TAULE, Epitaphe de Henry H. — Mais quand ces presens ils neenvoyent, C’est qu’apres mes biens ils aboyent. B AÏr, le Brave, III, 1. — • [Caton d’Utiqu.e] dia à ses amysqu’il voyolt abbayer après ses îbrésents… que de leur donner ou per- mettre prendre soubs sa faveur du bien d’oui truy, ce ne sertit ny son honneur ny la justice. L’HosPrTAL, Reforrn. de la. Justice, 2e part, OV, 101). Entachez d’ung gain g sordide et illiberal, après lequel ilz abayent incessamment. ib., 4 e part. (IV, 327). Feraule.z… se delibera de eontenter un jeune homme pauvre son fidele amy, ab- boyant apres les richesses ; et luy feit present de tolites les siennes. Morii-rAreiiiE, I, 40 (I, 34S). — Pythée, Foy des Bithyniens, abba.yoit tellement aprés l’or qu’il occupait tous ses sujets à fouir et deterrer tes rninieres d’or. C1ÉOLLÊRES5 ire Matinée (I, ! là). — Ma basse fortune, Qui n’a.baye [l’aspire ainsi que la commune Apres l’or du Perou. REGNIER, Set. 3. — Ou toutes ces grondeurs tpres qui Pan abbaye. In., (Rem). posth., Satyre (p. 200). — Tesmoin le pauvre Cahier, qui a ab- bayé aprés l’Abbaye promise, et n’en void que limage. AunicriFÉ., Sancy, I, G. Abboyer aux raies. Aspirer à ge que l’on rie peut atteindre. — Je l’ay tousjours ayrnée, encor que mon frère m’en ait voulu einpeseher ; le cueille me disoit bien que je n’abboyeis pas aux nues. 11 me raison vieil et cassé ; mais je voy bien ce qui en est, puis que je luy agrée. LAMVEY1 ta Vefre, III, 2. .(Transitif., Désirer ardemment, chercher à ob- tenir. — Estant le Royaume abbayé par plusieurs grands Princes… chaque Duc,.. commença de se faire grand par la mute du Roy. E. PAsQurEa, Reeh.erches, 13. — Pour servir à l’ambition insatiable de Lily, qui abayois la papauté, et ton Frère affectant la couronne d+L Naples et de Sicile. HEIQNIER DE LA PLANCliu, Hist. de t’Este de _Pranee, I, 319.

Abayeur. Celui qui cherche à obtenir. — Cét heritier.,. divertit ]es desseins de ces aboyeurs de successions. Du VArn, Arrests prononcez en robe rouge} 1.

Abbadesque. Relatif à un abbé. Les Fanfares et Coryeee abbadesques des Roule Boniemps (titre).

Abbaisser (s'). Baisser, s’affaiblir. — Sur les onze heures… arriva un laquais, luy rapportant nouvelles que Cyrus s’abbaissoil, fort, et qu’il es- toit besoin, s’il le desiroil voir encore en qu’il s’en retournant promptement. Du VAIR, Clodius contre MiL9n.

Abbander (s’). Se réunir en bandes.— Il con- duit aux forests les Dauphins hors des ondes.„, Et les Cerfs il veut faire en hardes abbander, Pour aller hors la terre en la mer viander. VA UQUEL1N DE LA FRESNAYE, APt poétique, 1.

Abbateur, v. batettr.

Abbatie. — S'il se trouve quelque a bbatie, nous. l’adjugeons en forme d’espavo celuy qui en sera le premier occupant, sans qu’il soit tenu de la re- voler ou communiquer art _x_ gru.yer et capitaine de nos forests. E. PAsQuiER, Ordonnances d’ , Acteu•, dans les Var. hist. et lin., II, 183.

Abbattre. (Conditionnel avec —e-.) — [La paix] leur fut accordee soubz condition qu’ilz roient les longues murailles, qui prenoient depuis la ville jusques à la mer. ArrnioT, trad. (le DORE, XIII, 4.

Abbay, v. Aboi.

Abbaye. (La mesure du vers et la rime nous montrent. que souvent dans ce mot ay n’est com.p- té que pour une A e syllabe.) — Li_bbaye en est plus décorée, El reveramment honorée. Gu.u.I.GoRE, Sainct Loys, L. I U1, 306). — Preunierement l’este que je tennis C’esioil saint Marc abbaye en SOiSSOM10iS. COLIN BUCREa, Poésies, 297. —-- L’autre atLetidoit vingt ans sans estre contenté, L’attire dix, Vautre cinq : puis au lieu d’une Ab- baye Ou d’une autre faveur, luy donnoil une baye. Ilo.risAnD., Elegies, 21. — Pour avertir c’ Prelat que —vacante L’Abbaye estait des mile es- eus de rente. VAUQUELIN leE LA FRESPiTAYE, franç., L. Il, à Malherbe. — Que du deffunct uri Frere estait venu, A qui le Prince voit donné l’Abbaye : Le Gentilhomme alors voyant non vraye L’excuse feinte… ID., i — Or cetteAb- baye alors n’estoit mangee, Et point n’estoit eue’ore venin angee. "ID., ib. — Que j’a.ye encor une Abbaye ernboisee, Pour rendre aussi ma. maison plus aisee. ID.„ III, à M. de 2a. Serre. Plrgot.) b baye ruffanie. — Quand il foison Froid, nous peausions dans l’abba.ye rufl’ante, c’est dans le four chauld, où l’on a. tiré le pain naguéres. Var. hist, cl litt., VIII, 151. Cf. 152 et 189.

Abbayer, v. Aboyer.

Abbayeur. Aboyeur. —11s… se retirent serrez, tournans tousjours la teste, comme a acousturné de faire un furieux sanglier que les a.b.bayeur pou.rsuprent. LA. No u Is, Disc. pet. et mil., XXVI 2 (p. 724).

Abbé. A hbei de Maulgobwer, de illartgouverree. Homme désordonné. — Aba.teur de pou Ix, abbé de maulgouver, affecté, aliborum. DES AUTELS, gai. ire Barragouyne, 5. — Les plus avancez se mettent à’toute bride. et tout le reste les suit. sans ordre, tellement. que plusieurs, allans le che- min de Paris, voyoyent chapeaux et manteaux par terre qu}on tre daignoit amasser, les prenoyent ou pour fois venans de. Saint lieIa.thurin, ou pour gens qui jouoyent à l’abbé de Mau gouverne.. Au- rriIV I}Univ., III, 3.

Abbé de Putigny. — Au monde n’a, se semble, ame sans blasme, Nemo sine tube, s’il n’est l’Abbé De Putiguy, qui sois basme s’embasrne. à Honorat de la Jaille (p. 218).

Face d’abbé. — A propos de proverbes, ces deux là me font souvenir encore d’un autre, qui est


Face d'abbé, lequel proverbe estant ancien. me faict croire que desjà anciennement les Abbez eussent les faces enluminees. H. ESTIE N NE Apole pôur lier., 22 (II, 37).

Jurer comme un abbé. — Au lieu qu’aucuns di- soyent il y a quelques ans par maniere. de pro- verbe, II jure comme un gentilhomme… et tes a-utres disoyent et disent encores aujourdhuy, Il jure comme un charretier souloit dire a.ussi, Il jrec comme un Abbé, ou n jure comme un prélat. ESTIEN "_%q : I, , Apol. pour fier., 25 Vi). A pa_s d’Abbé. — Je y recongnu le grand dic- m’in de Bourges, et Je vy marcher à pas d’AbbE’_ :. RABEtAls, V, 25.

Abbegaux. Les masles il nommoit,… Evesgaux, Cardingaux. R.Abmitis, V, 2. — Le ra.mage de tous ces Papegaux, Cardingaui, Evesganx… Abbegau.x, Moineau x et autres oi- seaux de la fore, st PapimanIque. Pu. DE MARNix, Differ, de la Rclig., I, i, 3.

Abbegesse. — Les femelles il nommoit… Abbegesses, Evesgesses, Cardingesses. RADELAIS, V, 2, — Si ay-je n’a.gueres icy veu une Abbegesse blanc, plumage. 1D., V, — luy estait une jolie Abbegesse, laquelle joyeusc.rn, ent chantoit. V$ 8.

Abbesse. Prêtresse. — Le temple de Juno qui estait a Argos brula par la faune de Glu : Ir-sis qui estait lors abbe :.. ;,..se, SEY S.SEL7 trad., de Tu ncyri ID E, IV, 18 (152). Grande pré’tresse. — Il aposta un des princi- paux de Deiphy… pour gaigner l’abbesse des reli- gieuses d’Apollo nommée Periale, laquelle feroi respondre par l’oracle ce que voudrait Cleomenes, SALIAT$ trait d’IURODOTE„ VI, 66.

Abblandissement. Caresse. — [A des ganis.] Allez d’ive tout d’un pis„ Recueillir ses clous ap- pas, Et ses a.bblandissemE.ns Sa bouche vous bai- sera, Son nez vous odorera. Pli. bu r ; T Ero- tasrnes de Phi-Élie et Gelasine, 41.

Abboi, y. A bai.

Abboucher, v. Aboucher.

Abboy, Abboyer, v. Abai, Abayer.

Abbreuver, Abbrevoir, V. Abreuver, Abreuvoir.

Abbreviateur. Abbreviature, Abbrevir, v. A bre.’" iaec ur, 1 bre iaiure, A b•evier.

Abbrier, v. Abrier.

Abdiquer. Abdiquer de soy. Rejeter, détacher de soi. — Tout ainsi, que le vassal ne se fleut. dis- penser de la Foy envers son Seigneur ferodat, aussi nepeut le Seigneur feodal a.biliquer de soy— son vassal sans le consentement de luy. Eh PASQUiEn, Piaidoyé pour le duc de Lorraine (I, 1080).

S’abdiquer. Se démettre.. — Fortune… ne l’abandonna pas, apre— : ci. qu’il se fut abdiqué de son magistrat tyrannifiiii’. IkD É, Instit, du. Prince (édit. J. Foucher), p. 1 CO.

Abdit. Caché. — ll ma semblé qu’estois en pa- radis Des arra 11.11r.s, oxr lon va par abditz Et secretz lieux des muses Sicilid.es. J. BOUCHET, Epistres /ami !. du T•aperseler, 21.

Abécédaire. Appartenant à l’alphabet. — La premiere Abecedaire qui est A. G. TORY, Champ fleur y, L. I, 6 vo. — Omega, qui est. la der- nie.re. lettre Abe.cedairo en Grec, 1D., ib., L. III, 51 vo.

Ordre abecedaire. Ordre alphabétique. — Tiers et dernier Livre, sont deseignees et propor- tionnees tolites lesdittos Lettres Attiques selon leur Ordre Ahecedaire. G. TORY, Charneee.dry, vo du titre. — La lettre E… est la seconde vocale en ]ordre Abecedaire. 1D., ib., L. III, 39 ro. — toutes les villes esquelles il est permis de forer monnoyes, on les marque par l’ordre abecedaire selon leurs primau.tez. FI. ESTUINNE, Precellence7 147.

Qui en est à l’alphabet, aux éléments. — On peut continuer à tout temps l’estude, non pas l’eseholage. La sotte chose, qu’un vieillard a.bece- daim ! MON1AIGI1E5 II, 28 (III, 118).

Abecher, Abecquer, nourrir. — Sur ce débat quant an a le loysir, Et que oysea.ux ont tain assez bon devoir, On les abesches en leur faisant plaisir, Sur le gybier. CRETirif, Passe/ente des chiens et oyseaux (p. 83). — Celle là qui abecha De froid venin son enfance, Et longtemps d’autre substance Ne cogneut et ne macha. AuDIGNi„ Prirretems, I, 91. — Sus, amis, qu’en deux motz Je voie desarmer les Alpes de son dos, L’Averne d’arsenic et la roche oir l’Envie Ahecha de serpens ses rages et sa vie ! I n., Poes. di’_. 8 Sorceere), r_A la France.] Que si tu vis encor, c’est la mourante vie Que le malade vit en extreme ago- nie, Lors que ies sens sont morts, quand il est au rumeau, Etque d’un bout de plume on l’abeche avec l’eau, ID., Tragiq+11-e’S 1 (IV, fi 7) — Le mensonge qui fut vos tre.l ai au berceau Vous nourrit en jeunesse, et abeche au tombeau. ID., ib_, Hf (IV, 147),

S’abesehere e repattre. — Th estes en repas, Tel s’abesche d’humain qui rie le pense pas. AuTragiquee, Hi (IV, 123.

Abedissimon, Reptile. — Aspicz… Abedissi- mons. Aihartafz. RABELAI, 1, 64.

Abefoing, — Les Aultres [cueillent] des En- cholyes, des Soucyes, ou des Abefoings. G. TORY, Champ fleury, Lettres hebr., 6 ro. Cf. A ubefoin.

Abeilher. — L’umbrage ou le inidy, vos ai- gneaus se someilhent, Les ruches de la cire ou vos m.ouchos abeilhent. L. PAporl, Pasiorelle, V, I. Abeillanne. — Une autre sorte de raisin, à laquelle les Abeilles s’attachent comme au gus- quat à ceste occasion par d’aucuns appellee.

Abeillanne, estant, de couleur blanche. O. DE SERRES, Theatre d’Agric., 111, 2.

Abeiliaud. — Touchant les Bou’rdons ou Fre- lons, qu’en plusieurs endroits de Languedoc l’on appelle, A beillatuM, c’est une espece d’Abeilles naissan t avec les bonnes. O. DE Snli.RE, s, Theatre d’Agric., V, 14. — Le plus asseuré est de croire que les Rusches sont. pleines, quand les Abeilles chassent opinia.strément de leurs Rusches les Fre- loads ou _Abeillauds. Fo., ib.

Abeillette {diminutif). — Ou volez-vous, abeilletes, Baisant ces fleurs Vermeilletes ? Baïf, Amour de Francine, L. IV (I, 260). L'abeillette aime le lin. Id. Eglogue 14 (III, 78).

Abeillien — Mouches à mipi. Prirn.tanieres, aboilliennes, bruyantes, amers. 1. DE LA Ports, Epithetes.

Abeillin. Vabeilline liqueur. Le miel. — Et sans souffrir la piquure saigneuse, Qui veut serrer rabeilline liqueur ? BAÏF, Amour de Francine, L. 1 (I,.12).

Aberger, v. Ilerberger.

Aberrer. S’écarter [du bon chemin]. — Que valait a nous aPegu.er oncle ou tante, Si du chemin et equité aberrons. MICHEL D’AMBOISE, Ballades, 1 ii9 vo.

Abescher, v. Abecher.


Abesté. — Il fut conté d’un buste.., qui a nom Mica l’Abesté, ainsi nommé parce qu’il ne vouloit loger que ceux qui estoient a_bectez, c’est à dire, que ceux qui avaient des bestes, et non les gens de pied. GRILL. BOUCIIET, 11° Seree (II, 240). — Ce Miel)… luy demande s’il estoit ahesté : te pas- sant luy respond que non, mais qu’il le payeroit aussi bien que s’il e.stoit de cheval. ID.., ib.. — Et fusmes contraincts, parce que n’es- tions pas abestez, de retourner coucher en no sire bateau. In., ib. (IL 242).

Abestin, v. Asbestin.

Abestir. S’abestir de. S’engouer stupidement de. — Le plus souvent les Princes s’abestissent De deux ou trois que mignons ils choisissent, Vrais ignorans qui tont les suffisans, Qui ne se. royent entre les artizans Dignes d’honneur, grosses lames ferrées Du peuple simple à grand tort honorées. RONSM1Di Fraikeidde, L, IV (III, 168).

Abeston, v. Asbeston.

Abetissement. Action d’abêtir. Abetisse- nient d’en tans, par tyranrsie des magisters. B. ANEAu, beuzgintainn poetivie, 43.

Abborrable. Qui excite l’horreur, qui doit être abhorré. — Pour celuy nard] de Fu.rsternberg, il estoit trop ha y et ahhorrable aux François. BRANTômE, Cap. estr., UilI.de Furstemberg (1, 352). — Ce qui est ahhorrable et leur revient. à une honte fort Mame, ID., Cap. franç., Charles (V, 245), — Les lansquenets jurent estran eurent aussy. Bref, tous sert aydent, et principalement les Italiens ; car ils prennent Dieu, la Vierge Ma- rie, et tous les saincts et saincts par le haut, par le bas, par le mitan, que c’est chose fort abhor- rable. lD., Sermens et iuremens espaignols (VII, 200). — Tels ingrats faillons airs y sont abhor- rahles partout ID" M. de Noue (VIL 236).

Abhorrant, Abhorrent. Éloigné. — La chose est… tant a.bhorrente de sens commun, que à peine peut elle entre par humain entendement conceue. RABÉLAIS, I5 31. — C’estoit le pour- trajet de justice Grippe-ntinaudiere., bien a.bhor- rente de l’institution des antiques Thebains, ID., V, IL — Heraclitus tant abhorrant du propre humain, qui est, rire. ID.., V, 24. — Cela n’est-il oculairernent abhorrent de toute marque de ve- rité ? E. PASQ1[11Eft„ Monophile, L. I (Il, 747). — Posé qu’aucuns leur tournassent à impropere les sacrifices dont ils u.soient, comme peut-entre trop cruels et abhorrons d’une commune humanité. I, Recherches, I, — Contre… la s ubstan de la religion. Chrestienne, l’on objecte l’estrangeté ex trerne et du tout incroyable, abhorrente de tout sens commun. Cu.1/2_RnoN, les Trois Verilez, II, 12. — C’est une opinion… excogitee par esprit privé, differeute et abhorrante de la min une et uni- verselle. in., ib., III, 8. — Une hirondelle ne fait le Printemps, et le naturel d’un seul individu abhorrant des autres, n’est le juge certain de la nature generalee LE LOYEB., Hist. des Spectres., 1, — Institution impie, abhominable, et ahhorrente de. nostre Religion Chrestienne, E. PASQuiER5 Recherches, VIII, 20. — Plusieurs choses que le peuple dit ordinairement, sans sçavoir ny quoy ny comment, lesquelles toutesfois ne prindrent lamais leur origine, que de personnes abhorrens du tout de nostre Christiamsrne. ib., VIII, M.

(Sans déterminant.) Déraisonnable, absurde, inconvenant, — Lisans ces motz, vous mocquez du vieil beuveur, et reputez l’exposition des cou- leurs par trop indague et ahhorrente. RABELAIS, I, 9. — Il estima la promesse tant abhorrent° et impossible, qu’oncques l’aurcille praester ne luy voulut, ne donner audience. ID., III, 16. — Je vous menerois à logicalement inferer une proposi- tion bien abhorrente et paradoxe. ID., III, 19. — Combien que pour lors nous semblassent ces pro- pheties aulcunement abhorrentes et estranges. IED., III, — Affin de remettre leurs sens… effa- rouchez par affections a.bhorrentes, en bonne et philosophicque discipline. ID., III, 45. — Au Roy sembloit indecentque en sa cuisine le Poete fai- soit telle fricasses. Le Poete luy remonstroit, que chose trop plus abhorrente estoit rencontrer le Roy en cuisine. ID., IV, 11. — Chose griefve, abhorrente, et desnaturee est perir en mer. ID., IV, 22.

Abhorrer. Abhorrer de. Ne pas s’accorder avec. — L’usage, qui est religieusement gardé par toute la chrestienté, à nommer les jours de la semaine par le nom des planetes, monstre tres evidernment que l’influence celeste n’abhorre de la pieté chrestienne. CHOLlÈRES, 813 Ap. clisnée (p. 316). Abhorrer une opinion. La repousser. — Afin que desormais n’abhorrez l’opinion de Platon, Anaxagoras, et Democritus (Furent-ils petis phi- losophes ?). RABELAIS, 9. Abhorrir. Abhorrer, avoir en horreur. — Plu- sieurs… ont abhorry le nom de servitude, quilz reputent deshonneste, et ont mieulx aymé endu- rer le nom destro veincuz. SEYSSEL, tra.d.TRU- CYDIDE, V, 12 (181). — Le jeune Antiochus… congnoissant et abhorrissant la ternerité de ses folles amours, ne sen osait descouvrir à personne. ID., trad. d’APPIEN, Gr terre Syriaque, eh. 7. — Les anciens Romrnains… abhorrissoient les usures, ainsi que faisoient les Grecz. ID., trait d’APPIEN, Guerres civiles, I, 7. — Iceulx fuyez, abhorrissez, et haïssez autant que je foys. RABE- LAIS, II, 34. — [Les moines] de tous sont huez et abhorrys. ID., I, 40. — Prendre ce que les autres saiges abhourrissent. MAURICE SCÈVE, la Deplourable Fin de Flamete, 8. — Amour… les plus meschans recoit, et les desirez abhorrist et dechasse. ib., 16. — Quant tu seras a ta bonne congnoissance retournes, tu loueras ce que a ceste heure tu abhorris et desprises. In., ib., 19. — Meilleur, ô Cœur, m’est d’avoir chaste esté En si pudique, et hault contentement, t Et abhorrir pour vil contemnernent Le bien, qu’Amour (Amour la.ssif) conseille. ID., Relie, 28. — Elle ha en soy’influence de Jupiter, du Soleil et des Pla- nettes, desquelles les diables abhorrissent lin- fluence. ANT. nu MouuN, trad. de la Vertu de la Quinte Essence, 127-128. — ilz abhorrissent de frequenter la compagnie des hommes ayment les lieux secretz et ombrageux. ID., trad. des Complexions des hommes, 28.1, — Exaltant la vir- ginité jusques au ciel… abhorrissant et refuyant au contraire tout amour, toute feste, et tout plai- sir nuptial. AMYOT, Hist. iEthiop., L. II, 30.v0. — Toute chose qui délecte noz sentirnens rnaterielz, tombee à l’accomplissement de celuy qui la desi- roit, est naturellement plustost, abhorrie qu’aymee. PONTUS DE TYARD, trad. de l’Amour de LEON HEBRIEU, Dial. 1 (p. 4). — Les autres vivent chichement et durement, abhorrissants los sumptueuses et lascives voluptez. LE CARON, Dia- logues, I, 2 (72 vo). — Ceulx qui souffroyent de faict tout ce que font les Roys à leurs subjets, de- testoyent et abhorrissoyent encore neantmoins ce nom de Roy. AMYOT, Antoine, 12. — Il y en a qu’ils refuient, et abhorrissent, et quelques uns rnesmes qu’ils ne daignent pas saluer. ID., Comm. Concept. contre les Sto4lues, 10. — De celle qu’au paravant on a.borrissoit, on en cherche si curieu- sement la figure si que l’on la trouve par tout. st FRANçws DF. SALES, Defense de la Croix, Il, 7. - C’est cela rnesme qu’ilz rejettent et abtior- rissent le plus. ID., ib.., IV, 15. Abhorrissement. Horreur, action d’abhorrer. - Dont je croy qu’il te viendra une si grande re- pentence et abhorrissement, que je crains fort que de tes propres mains tu ne te tue, MAuRicE ScÊvE, la Deplourable Fin de Flamete, 20. — Ne vueillez vous delecter longuement en ung vice, speciallement a cestuy cy, dont la grand conti- nuation faict abhorrissement. ID., ib., 26. — On ne se peut contenir quelquefois en des accidens si dignes d’abhorrissement. St FRANÇOIS DE SALES, Lettres, 496. Abhourrir, V. Abhorrir. Abigoti. Devenu bigot, — Ce moine [Jacques Clément] ayant donc esté recru du roi, comme estoyent les moines de cet esprit abigoti. AU M— IGNÉ ; Hist. Unir., XII, 22. Abiller, v. Habiller. Abite, V.Abise. Abisi. Abîme, — Les yeulx pouvans enclumes amollir, Et les abys de lumieres remplir. VASQUIN PHILIEUL„ trad. de PÉTRARQUE, L. 1, S. 128. — Metz moy au ciel, aux abys, ou en terre, En haut coustaut, en vallée ou ma_retz. ID., i&., L. I, S. 142. -— Et s’il est vray que si grand ton credit Soit es abis et aux cieux comme on dit… Reprens à Mort ce que Mort nous a pris. ID., ib., L. II, chant 4. Abismal. De la nature de l’abîme. — L’Ouest. bruyant aux Gouffres abismaulx, Faisant aux Nefz inestimables maulx, Vint carnpeger devers la Picardie. Apologue dri ilebat d’Ede et Neptune. - Car c’est yin creuz abismal de grand mise, Le Fons duquel au certain on n’advise. J. BoucnET, Episires morales du Traverseur, 11, vr, 6.

ABISME I, 9. — Il estima la promesse tant abhorrent° et impossible, qu’oncques l’aurcille praester ne luy voulut, ne donner audience. ID., III, 16. — Je vous menerois à logicalement inferer une proposi- tion bien abhorrente et paradoxe. ID., III, 19. — Combien que pour lors nous semblassent ces pro- pheties aulcunement abhorrentes et estranges. IED., III, — Affin de remettre leurs sens… effa- rouchez par affections a.bhorrentes, en bonne et philosophicque discipline. ID., III, 45. — Au Roy sembloit indecentque en sa cuisine le Poete fai- soit telle fricasses. Le Poete luy remonstroit, que chose trop plus abhorrente estoit rencontrer le Roy en cuisine. ID., IV, 11. — Chose griefve, abhorrente, et desnaturee est perir en mer. ID., IV, 22. Abhorrer. Abhorrer de. Ne pas s’accorder avec. — L’usage, qui est religieusement gardé par toute la chrestienté, à nommer les jours de la semaine par le nom des planetes, monstre tres evidernment que l’influence celeste n’abhorre de la pieté chrestienne. CHOLlÈRES, 813 Ap. clisnée (p. 316). Abhorrer une opinion. La repousser. — Afin que desormais n’abhorrez l’opinion de Platon, Anaxagoras, et Democritus (Furent-ils petis phi- losophes ?). RABELAIS, 9. Abhorrir. Abhorrer, avoir en horreur. — Plu- sieurs… ont abhorry le nom de servitude, quilz reputent deshonneste, et ont mieulx aymé endu- rer le nom destro veincuz. SEYSSEL, tra.d.TRU- CYDIDE, V, 12 (181). — Le jeune Antiochus… congnoissant et abhorrissant la ternerité de ses folles amours, ne sen osait descouvrir à personne. ID., trad. d’APPIEN, Gr terre Syriaque, eh. 7. — Les anciens Romrnains… abhorrissoient les usures, ainsi que faisoient les Grecz. ID., trait d’APPIEN, Guerres civiles, I, 7. — Iceulx fuyez, abhorrissez, et haïssez autant que je foys. RABE- LAIS, II, 34. — [Les moines] de tous sont huez et abhorrys. ID., I, 40. — Prendre ce que les autres saiges abhourrissent. MAURICE SCÈVE, la Deplourable Fin de Flamete, 8. — Amour… les plus meschans recoit, et les desirez abhorrist et dechasse. ib., 16. — Quant tu seras a ta bonne congnoissance retournes, tu loueras ce que a ceste heure tu abhorris et desprises. In., ib., 19. — Meilleur, ô Cœur, m’est d’avoir chaste esté En si pudique, et hault contentement, t Et abhorrir pour vil contemnernent Le bien, qu’Amour (Amour la.ssif) conseille. ID., Relie, 28. — Elle ha en soy’influence de Jupiter, du Soleil et des Pla- nettes, desquelles les diables abhorrissent lin- fluence. ANT. nu MouuN, trad. de la Vertu de la Quinte Essence, 127-128. — ilz abhorrissent de frequenter la compagnie des hommes ayment les lieux secretz et ombrageux. ID., trad. des Complexions des hommes, 28.1, — Exaltant la vir- ginité jusques au ciel… abhorrissant et refuyant au contraire tout amour, toute feste, et tout plai- sir nuptial. AMYOT, Hist. iEthiop., L. II, 30.v0. — Toute chose qui délecte noz sentirnens rnaterielz, tombee à l’accomplissement de celuy qui la desi- roit, est naturellement plustost, abhorrie qu’aymee. PONTUS DE TYARD, trad. de l’Amour de LEON HEBRIEU, Dial. 1 (p. 4). — Les autres vivent chichement et durement, abhorrissants los sumptueuses et lascives voluptez. LE CARON, Dia- logues, I, 2 (72 vo). — Ceulx qui souffroyent de faict tout ce que font les Roys à leurs subjets, de- testoyent et abhorrissoyent encore neantmoins ce nom de Roy. AMYOT, Antoine, 12. — Il y en a qu’ils refuient, et abhorrissent, et quelques uns rnesmes qu’ils ne daignent pas saluer. ID., Comm. Concept. contre les Sto4lues, 10. — De celle qu’au paravant on a.borrissoit, on en cherche si curieu- sement la figure si que l’on la trouve par tout. st FRANçws DF. SALES, Defense de la Croix, Il, 7. - C’est cela rnesme qu’ilz rejettent et abtior- rissent le plus. ID., ib.., IV, 15. Abhorrissement. Horreur, action d’abhorrer. - Dont je croy qu’il te viendra une si grande re- pentence et abhorrissement, que je crains fort que de tes propres mains tu ne te tue, MAuRicE ScÊvE, la Deplourable Fin de Flamete, 20. — Ne vueillez vous delecter longuement en ung vice, speciallement a cestuy cy, dont la grand conti- nuation faict abhorrissement. ID., ib., 26. — On ne se peut contenir quelquefois en des accidens si dignes d’abhorrissement. St FRANÇOIS DE SALES, Lettres, 496. Abhourrir, V. Abhorrir. Abigoti. Devenu bigot, — Ce moine [Jacques Clément] ayant donc esté recru du roi, comme estoyent les moines de cet esprit abigoti. AU M— IGNÉ ; Hist. Unir., XII, 22. Abiller, v. Habiller. Abite, V.Abise. Abisi. Abîme, — Les yeulx pouvans enclumes amollir, Et les abys de lumieres remplir. VASQUIN PHILIEUL„ trad. de PÉTRARQUE, L. 1, S. 128. — Metz moy au ciel, aux abys, ou en terre, En haut coustaut, en vallée ou ma_retz. ID., i&., L. I, S. 142. -— Et s’il est vray que si grand ton credit Soit es abis et aux cieux comme on dit… Reprens à Mort ce que Mort nous a pris. ID., ib., L. II, chant 4.

Abismal. De la nature de l’abîme. — L’Ouest. bruyant aux Gouffres abismaulx, Faisant aux Nefz inestimables maulx, Vint carnpeger devers la Picardie. Apologue dri ilebat d’Ede et Neptune. - Car c’est yin creuz abismal de grand mise, Le Fons duquel au certain on n’advise. J. BoucnET, Episires morales du Traverseur, 11, vr, 6.

Abisme. Entre l’abiene des yeux. ntre l’objet de la contemplation. — Tu es à son gré la personne De la Cour qui danse le mieux, Tu es l’abîme de ses yeux, Tant tu vas propre et hien en poinct. MELIN DE SAINCT-GELAYS, ChanSOnS, 9 (II, 230). Abisme est souvent féminin. Cestoit une abyme de doleance, un gouffre de pitié. LEMAIRE DE BEL(ES, Couronne Margaritique IV, 40). — Il entendoit combien estoit grande Pabystne de noz pechez. CALVIN, Ineit., V, p. 321. — En attendant qu’il te plaise choisir Mon cœur au fonds de ceste abysme noire, Et luy donner de ton eau vive à boire. MKRG. D E.NAV., les Marguerites, Oraison de l’aine fidele (I, 106). — Les haults ro- chers des monstrueuses undes Se sont cachez es ahismes profondes. Apologue du Rebat d’Ente et Neptune. — On l’eust jugé a Pouyr et le venir Une profunde abisme de scavoir. J. BOUCHET, Epistres familieres du Traperseur, 68. — La de ! a terre, et là de Ponde Sont les racines jusqu’au fond De Pabysme la plus profonde test Orque le plus profond. RONSARD, Odes, 1, 10 (II, 126). - Il sernbloit que les ondes Tasehassent de ravir aux abysmes profondes Ceux qui s’estoyent sau- vez de la Troyenne cendre. JODELLE, Didon, [il (I, 201). — Amour darde ses trains jusqu’au plus m’eus des ondes, 11 balance son vol dessus le vol des nues Et se fait mesure craindre aux abysmes profondes. Iu., les Amours, Chapitre d’Amour (Il, 31). Donques jouis des rayons du Soleil,

Abisme. Entre l’abiene des yeux. ntre l’objet de la contemplation. — Tu es à son gré la personne De la Cour qui danse le mieux, Tu es l’abîme de ses yeux, Tant tu vas propre et hien en poinct. MELIN DE SAINCT-GELAYS, ChanSOnS, 9 (II, 230). Abisme est souvent féminin. Cestoit une abyme de doleance, un gouffre de pitié. LEMAIRE DE BEL(ES, Couronne Margaritique IV, 40). — Il entendoit combien estoit grande Pabystne de noz pechez. CALVIN, Ineit., V, p. 321. — En attendant qu’il te plaise choisir Mon cœur au fonds de ceste abysme noire, Et luy donner de ton eau vive à boire. MKRG. D E.NAV., les Marguerites, Oraison de l’aine fidele (I, 106). — Les haults ro- chers des monstrueuses undes Se sont cachez es ahismes profondes. Apologue du Rebat d’Ente et Neptune. — On l’eust jugé a Pouyr et le venir Une profunde abisme de scavoir. J. BOUCHET, Epistres familieres du Traperseur, 68. — La de ! a terre, et là de Ponde Sont les racines jusqu’au fond De Pabysme la plus profonde test Orque le plus profond. RONSARD, Odes, 1, 10 (II, 126). - I i sernbloit que les ondes Tasehassent de ravir aux abysmes profondes Ceux qui s’estoyent sau- vez de la Troyenne cendre. JODELLE, Didon, [il (I, 201). — Amour darde ses trains jusqu’au plus m’eus des ondes, 11 balance son vol dessus le vol des nues Et se fait mesure craindre aux abysmes profondes. Iu., les Amours, Chapitre d’Amour (Il, 31). Donques jouis des rayons du Soleil, Et sans descendre e.ri l’abystrie profonde Demeure vive haste se de ce monde. RoNsA.Rn, Franciade, [I (Ili, 112). — II y a de grandes abysmes erg ce Bosphore. TrrEvET, Cosmogr., VIII, 8 —- les corps engloutis dans l’abysme profonde Fil rim t faits la victime et Le tribut de l’onde..-NJ YSEM E e poet., 7a. Abistrternent. Action d’abîmer. — Et vou- droyent… avoir perseveré en ce meslange, ou plustost abismement d’eux mesure en Dieu. St FRANçoirs Dr. SA.Lzs, AfelOUr de Dieu, Li VI, lro rédaet. (V, 412)1. Ablsmer. Paire disparaître, anéantir, effacer. — Je congnoy bien la tienne affection, Qui est d’Amour la Foy en ton desir, Pour abismer nuyeulx desplaisir Qui te detient pour un g tien amy mort. P. Du’4, -A L, Dial. Contemnement de ta Mon Crhéeitre’ p..133). — Je ne pou- ro ys sans race alilcan bien faire En tant que Grace abisrno les forfaict.z Des vrays croyons, en vray amour refaictz. ID., Morallité à six person- nages (lb., p. 1_37). — En toute autre sumptuosité cic faire jouer jeux, et donner festins publiques, il abysma, par maniere de dire, la magnificence de tous ceulx qui s’estoyent efforcez d’en faire au paravant. 2-17.11y0T„ César, 5. qntransitif.) S’abimer, s’engloutir. — Si que les nefz sans crainte d’abismer Nageoient en mer à vailles avollées. AROT., Ballades,’7. — Mais si d’un u : il foudroyant elle tire Dessus mon chef quelque traict de son ire, J’abisme au fond du l’eternelle nuit. Du BELLAY., l’Olive, 81. — Et quelqu’au tre bien loin g, en danger d’abysrner. 1D., Regrets, 34. — Voyant mon cher Seigneur au danger d’ab limer, me p]aist de courir une inesme fortune. Io., ib., 49. Abismeux. De la nature do Pabime. — Lieux abisrneux, en cavernes retretz. An c. Prés. franç, XI, 210. — A verne. Profond, obscur._ abysmeux, ou abysma.nt. M. DE LA PO RTE, Epithees. — Leur nef or par les flots jusqaes aus cieux tou- choit, Et or jusqu’oins enfers abismeus se caclioit. P. DE BnAcn, Imitations, atimpe, — De l’abismeux enfer la part pins reculée. lu., H ie- rusalem, XVI, 15 vo. Abject. Qui est de basse condition, qui est dans un état d’abaissement. — toy… non de trop haulte condition, ou appi..IM au reine pu- bliq’, non aussi abject et Du Bir LL AY1 De/- Jen-Ce II, 5. — Mon Roy ne doit. nourrir ny ilicques ni discordes, Rancueur rt &Mance entre ses vrais subjects, De peur de l’estranger, ny les tenir abjects.. JEAN D E LA TA JJ.1, E.e le Prince Né- ce…q.eaire, H. — Les Apostros, simples et gibjects, confondirent la sapience de ceux qui estoie.nt re- puiez prudezis. LA RIV EY „ trad. des Fane- tieuses STRAPAROLE} IX, 5, — Il ne me semble point, que les plus abjects serviteurs facent volontiers pour leurs maistres, ce que les Princes s’honorent de faire pour ces pestes [les oiseaux, les chevaux et les chiens]. firioNTAruN II, 1.2 (II, 180). IIumble, modeste, — Il se rendait si treshurnbIe et abject. Qu’il ne seiribluit estre Abbé, tuais sub- ject. J. BOUCH Epi : ares land’. du Travereeur„ — Avez 1e tueur tant be.ning et humain Qu’estes tous jours premiere au service, Ab- jecte et humble autant qu’une Novice. ID., 115. — Elle [rEcriture Sainte] regs ir.rt un cucu humble et abject, A vanitez et abus non subject. FR. II A B F-RT 5 DeP 10. de Prat, Epistre. —- Certainement si Dieu n’est point, rnocqueur, Il prend e.n gré l’abject et humble tueur. ID., Exposit. morale. (Prononciation.) — Comme personne a_bjecte, En t’adorant me jette En terre soubs ton pié. MARG. DE NAV., LU, Lillarguieriteg, Coin, de radara des trois Boys (II, 123). — Qui de rateaux rom.pt les mutes abgettes, Et va trayant les clayes de vergettes. PELETIE}C. D CI trad, du licir livre des Georgiques. Abjeeter (s’). S’abaisser. — Or en Jesus nul au —vray ne se fie, Sinon celuy qui sous son bras puissant En tous endroits s’abjette et humilie. MAROT, le Riche en Poortié. — Que dictes vous, Madame ? est-ce une chose honneste vous objecter aux façons d’une becte ? R. GAR.NIER, Hippolyte, 52.6. bjection. Action d’abaisser, de mépriser. — Sainte Elizabeth, toute grande princesse qu’elle estait, aymoit sur tout l’abjection dE soy rnesme. SI FRA NÇOIS U E Introd. à 1e-1. Vie depote, 111, 1. — La vraye vefve est en l’Egiise une petite violette de mars, qui respa, nd une suavité nompareille par l’odeur de sa devotion, et se tient presque tous-jours cachet sous les larges feuilles de son abjection.. In., ib_, Hi, 40. Abjurer qqn. Rejeter par serment son auto- rité — Les Flamands. déclareren.t le roi d’Es- pa.gne &schen de sa seigneurie et principauté des Pays-Bas… A cela fut a.djoustée une forme de serment pour abjurer Io roi d’Espagne. AUBIGN Hist. Unive, X, 22. Ablatif, — Or, de ses sirophs la.xatifz, Ne dyarondon ablatifz, Ne d’herbes, ne d’elec- tuaires, De telz fatras n’ayez que faire. Au.. Poés. franç., II,. 115. Ablativo. Abiativo Iota à un tas. Péle-méle. — Ce maistre Tasteur ne laisse pas de les mettri• ablativo tout à tin tas : encependant telle en pa- tira quy n’en pourra mais. Var. hie. et ’IO. Able. — L’Olme, le Chesne, l’Able en ce lieu escarté Pourront seuls tesmoigner ta rnisere infinie. Mme DES ROC. II E Ss Poesies, à Charite. Ablottir (e). Se blottir. — Là tout caché, de brossailles couvert, Ou ablotti derriere un gazon vert, Coy j’attendra y l’heure de sa venue. P. DE BRACH, irmitalions, A milite, I I, 1. — La fun lasse et debile à bas siablotissant, Ces propo.s elle dict d’un parler gemissant ln., ib., arimpe, p. 83. Abluer. Laver. — O Roy des Cieus…’Pay ferme foy Qu’il est en toy Diabluer nos vices par don, PH. BUiGNVON t Chain panegyrique. Abnegatlon. Action de rejeter, de nier, de reniera — mettons nous neutre on Medi- cine, et moyen en philosophie par participation de l’une ot l’aultre extreinité par abrogation de rune et Pauline extrema& RAIIELAis, HI. 5. —. Pierre._ aiant par trois fois renoncé Jesus Christ… aurait esté… descheu de la prerogative, à laquelle le Seigneur avait appellé ses A postres-.. li quo, pour le restablir en sa puuniore di- gnité, il effa.ceast la tare de ceste triple abnegalion, Pu. D E Differ. de 1a Relig., I, n, Aboi, v.Abai.

Aboissonner. Abreuver. — Cruels ils m’ont offert du fiel pour nourriture : De vinaigre en ma soif (si douce est leur nature) Ils m’ont abois- sonné. DESPORTES, Ps. de David, 68. S’aboiseonner. tre arrosé, imbibé. — Jadis de Joricho la terre salpetreuse, Pour ne s’aboisson- aboissonner que d'une humeur nitreuse, Avortoit de ses fruicts, et ses mal saines eaux Vuidoient d'hommes la ville, et les champs de troupeaux- Du BARTAS, 2e Semaine, 4e Jour., k Schisme- Abolir, Détruire„ anéantir, effacer. — Ce sont les propres pierres, m.oyenan.s les q_u.elles Deuca.- lion et Pyrrha restitueront le genre humain aboly par le deluge Poetique. RABELAIS, rii, S. Ceste unique faute doiht estre abolie, extaincte, et absarbee en la nier immense de tant d'equi- table_bs sentences qu'il a donné par le passé. ID., III, 42. Abolissetnemit. Destruction, anéantissement, abolition. — Nul ne peut nyer qu'un tel abolys- sement de 1a chair, ne soit mort. CA_Lvrri, 1 nstit.., 26•. — Si pour rabolissement du ciel et de la terre les fideles ne laissent point d'estre establiz devant Dieu il s'ensuyt que leur salut est Donjoinct avec son eternité. ID., ib., Tot, p. 446. — Job... ne prend la mort que comme u.n abolissement de toute sa vie, ne regardant point à ce qui s'ensuit apres. hiStriiei. contre ICS Anabaptistes (V11, 139). — Ils sentiront leurs concupiscences se diminuer aucunement de jour en jour, jusqu'à ce qu'ils seront parvenuz où ils tendent : c'est assavoir au dernier abolissement de leur chair, qui sera parfait en la fin de ceste vie mortelle. ID., litait., IV, — Aussi leur advient aux cuisses un refroidissement et abolis- se.ment de sentir et mouvoir. AMBH. PARÉ, 15. • Jusques à l'entier abolissement des noms, et ancienne cognoissance des Ueux, s'est estendue la desolatiou de cette conqueste. MoNTA.Pc:NE, 18 .111, 67). — Calvin... ne vise qu'à l'abolisse- ruent de l'observation des conseilz evangeliques, st Femeçois DE SALES, Controverses, I, HI, 11. — Mercure Trisrnegiste n'est il pas lamentable, do lamenter et plaindre si laschement l'abolisse- rftent de l'ido-latrie...? ID., Amour d-e Dieu, I, 17. Abominer (subst), — Ces prestres abominoient le poisson, de sorte que quand ils vouloient es- crire le hayr, et l'abominer, ils peignoyent un poisson. (WILL. BoLICHET, 318 Seree (TV, 297). Abondant. &Ire abondant de. Abonder en. — Touchant conseil et science, il est assez divulgué par les histoires de Troye communes, que Hele- nus en estoil abondant plus que nul autre des en-fans de Priam. LEMAIRE DE BELGES, III, 1. Diabcnda.n.t.. En outre, par surcroît. — Quand doriques le bon Patriarche Noë eut ainsi envoyé ses gens peupler le monde, et que d'abondant il Leur eut promis de leur mener par luy inesines des gens de renfort.... il divisa ce qui luy restait de peuple en deux parties. LEMAIRE DE. BELGES, Illustr., I, 4, — Il {Chiron] institua le noble en- fant Achilles, en icelle art de medecine. Et d'abon- dant luy aprint à toucher de la harpe. ID., ib., I, 26. — une mesme heure avons retrouvé rostre Inilz (si longuement perdu) et avec luy dabonclant une belle fille. ID., ib., I„ 44. — Son seul disciple me a contenté et m'en a plus dici que n'en de- mandas, d'abundant m'a ouvert et ensemble solu eraultres doubtes inestimables. RABELAis, If, 20. —Il luy donnait sept cens mille et troys Philip- pus... et d'abondant luy donnait la inestayrie de la Pomardiere. In. l, 32. — Là se sont trouvez vingt cen et deux s mille chameaulx, et seize cens El'- phares... et d'abcfndant eustes toute la 0-a_rava_ne de la Meeha. ID., 1, 32, — Je... vous rends francs et liheres comme par avant. D'abanda_nt serez à l'yssue des portes payez chascun pour troys moys. ID., I, 50. _ Ce ne fut pas encorE.1. assez au juge- ment de la mère, si, après l'arbre inanimé et la chienne morte, elle Woliençoit d'abondant son nia.ry en quelques personnes des plus cheries de luy, DES PERIERS, _MÉRU). Rett..1 127. — Par ta bonté eternelle ilz sont tiens, Et d'abondant par achapt ils sont miens. MArtc. Ù E Nklar." ks Mar- guerites, Triomphe de rAgneau (III, 59). — Pa- nurge respundi que son anly Xenomanes leurs su croit. et d' abondant deliberoit.... prendre quelque docte et utile Lanterne. 1-ZABELAis, 47. — Hz ne se contentent de santé d'abondant ilz soubbaytent guaing. 1V, Prol. — Pyrrhon estant en pareil dangier que nous sommes, et \rayant un pourceau pros l rivaige qui mangeoit de l'orge espandu, le declaira. bien heureux en deux qualitez, savoir est qu'il a.voit orge à foi- son, et d'abondant estait en terre, ID., 1V, 18. — Je vouldrois estre la dorure, Que sir vostre chef vous portez... Je vouldrois estre d'abondant, La perle que je voy pendant Au bout de vostre belle oreille, MAGNY, Odes, de ses Deeirs (Hl 162). — Bref. tout cela qu'enseigne l'Aretin, Je le sçavoy : et sçavoy mettre en oeuvre Tous les secrets que son livre descœuvre Et d'abondant mille tours inc-agneus. Du BELLAY, Jeux Rustiques, la Vieille Courtisarene. — Les principaux du Senat luy en- vieront ceste gloire, estais marris qu'il ne se con- ten toit pas deta.nt d'honneurs qu'il avoit niaisque d'abondant il voulust encore avoir l'honneur de ceste dedicatiori. Amvor, Publicola, 14, — Nos Jesuites... font les trois voeux ordi naires, et un quatriesme d'abondant qui est superlatif. E. PASQ U1ERy Recherches, .111, 44. — Je protesteray ne vouloir m'aider de oo mien traitté, sinon ainsi que d'une piece que je pro- duirais (comme d'abondant) apres toutes les autres. ESTIENNEe 1}FeCe1kneep 34- 5e Abonder (transitif). Rendre abondant en — Les brebis alaictanies seront mieux Irai- tees que les autres.., polir les abonder en laid. 0, DE SERRES, Theatre treAgrie" Difb Aboulai (81, Devenir bon. —Vin s'abonist en fraisehe cave, BAÏF, A I bnes, L. 1I (V, 70). — Vous faie tes, en ce faisant, profiter les troupeaux, a.c- croistre les fumiers des laboureurs, qui s'a.bo- nissent par la fiante de ces animauls. Var. hist. et lat., III, 315. Abord. Lieu où l'on aborde. aucrate es- toit anciennement le seul abord d*Egypte, ou se faisait et menoit le trafic. SALTA; trad. dIFIÉRO- DOTE., .179. — Plusieurs ports et abords de mer, ou se fait grand trafic, lD.7 ib., 111, 5 — Athenes, qui estait un port de mer et abord do marchands forains qui y venoient de toutes parts. LE LOYERe Hist. d-es Speares„ V11.I. 3. — Le Roy... le comble [Phermitage onneurj de toutes les singularitez dont il se peut aviser, l'ayant fait un abord do toutes sortes de gens d'honneur. BEROALDE DE VERVILLE, Voyage des Princes fortune.z, s22. Abordade. Action d'aborder. D'abordade, prerniere abordade, de prime abordade. Au premier abord, du premier coup, dès le commencement. — Il donne donc si vaillamment dedans les enne- mis, que d'abordade il tue de ses mains ro alles don Hernando Castriota. BRANTômE, Cap, franç., le grand roy François (111,1,41.). — D'abordade, et siavança.nt des plus avantz, il receut une grandi harq-uebuzade au corps. 1D., Rodomontades espai- gnalles (VII , 90-91 # — Et d'abordade allèrent assiéger NI a rseille. I „ Betra icteg de guerre (V117 269). — Les Gascons et Provençaux eurent pour département les fauxbourgs de Sainct-Jean et de Bourgneuf, qu’ils emportèrent d’abordade, quoi que bien retranchez. Aunicrd, Hi, t. Unie., IV, 14. — Toutefois les Troyens d’abordade premier° Les Gregeois aux yeux noirs chasseront en arriere. AMADJS JAmy ry, trad. de lit acte, XVII. — Ces braves et déterminez soldats donriareut la teste baisses dans les retrenchements, en criant : San- tiago ! Santiago ! Hespaiial ll’espafiai et de prime abordade clonnarent a celtty que tnnoient quelques six cens François. BRANTÔME Cap. estr., don Sanche Avilla (II, 185). Abordee. Abord. — Le port de ceste Isle s’ap- pelle Asedegan, où. la ville est bonne et mar— chande, et de facile abordee. CIVET, COSinagr., XI ! 20. —— Ce Gap de Four est de difficile abordee. ID., ib., XV, 12. — Vers le Sudoue.st voyez deux roches haultes et larges, lesquelles sont d’abordee tresdangereuse. 11).1 ib., XX1, 2. D’abordee, de preiniere abordee, de prime abùr- (ire. D’abord, au premier abord, dès le commen- cement., du premier coup. — Les Barbares se ruerent sur eulx, et d’abordee en tueront un bon nombro. A m-yorr, Sertorius,. JCe promu r` Ange s’obstina. d’abordee en sa videuse volonté_ MONTAIGNE ! trad. de RAYMOND EBON, cha.p. 243. maistres… se jettent d’abordee dans la fran- chise de la coustume Fa ils s’enflent, et triomphent à bon compte. ID Ess., I, 22 0, 135). — C. Popilius arriva à luy de la part du Sena, t et. d’abordee, refusa de luy toucher à la main, qu’il n’eust premierement. leu les lettres qu’il luy ap- portoit. lu., II, 24 (In, 94). • Un de ces jours… se vint, de fortune, adresser à moy par la rue un grand vieil homme fort maigre et pasle… qui me demanda d’abordée si i’esioit pas moy qui avoit imprimé le Catholicon.. Sat. Mén., 2e advis de — Je partis à l’heure rnesme et arrivay le lendemain à Paris, mais je rnladvisay de n’estaller d’abordée ma m.archandise et me con tenta de recongnoistre le cours du marché. Lettre de VILI.EROY àDu Vair, dans Tricote !, éAil, de la Sali énf, 1I, 157. — Juppin doncq co- pnoissant qu’il avoit deruandee Une telle faveur, s’en mocqua d’abordee, L’Ixion hes pa gnol, dans Tricote’, II, 245. — Je marchera y pre.mierement contrieux, et m’addiressera3.’d’abordée aux Atheistes. LE LOYER, Hist. des Spectres, 1, 2. — il avoit des le commencement laissé perdre la vigueur de son armee, à faulte d’avoir vivement ale premiere abordee couru sus aux ennemis. AmyoT, 21. — S’il se met quasi de pre- miere abordee luy manifester son amour. FRAN ÇOIS D’AMBOISEe Dia. !. des Damoiselles, I, 88 vo. — Si de pren-tkore abordee il veut monstrer… la qua- lité et grandeur de son affection. IDd7 ib., I, 127 vo,. — L’une partie ira, ruer sur ce Grandgousier… Par icene sera de prime abordee facilement des- confi. RABELAIS Ir 33.. Abordement. Action d’aborder. — Jusques au merveilleux na, uffrage et abordement en Engleterre du feu ro y Philippes. LE MAIRE DE BELGES, Chronique annale. — Nous estaus sus le moule, et de ]oing 1.-oyans les mariniers et voya- giers dedans leurs naufz en haulte mer… bien prions pour leur prospere abourdement. RARE- i. ms, III, 2L Si dés l’abourdernentqu’en ces rives Troïques Se jetterent dehors ces troupes Ar- goliques. Jori ELLE r les Discours de Jules Cesar, 257. Attaque. — La guerre est une mer commune Pour s’enrichir en un moment : Il ne faut qu’un abordement, Un sac, un dé, une ruine. BELLEAU ia Reconnue, V, I. Aborder. Arriver, venir. — Fu ceste vostre maison journellement abourdent gens de toutes pars. RABF.r…us, W, 12, — Wautant que la daine estoit fort maladive et su.bgette aux médecins et apoticaires, il en y abordoit ordinairement Ians. BRANTÔME, des Dames, II (IX, 566). S’aborder. Aborder. — Mais quand ma nef de s’aborder est preste, Tousjours plus loin quelque horrible tempeste La single en mer, tant je suis Ar malheureux. ReNsAnn, A. de Cassa.redre (I, 59), S’aborder Él qqn. Aborder qqn. — Le Roy scella appuyer sur une fenestre… et in Mayne avec’nye Chacun aussi des Princes print sa chacune : et chacun des gentilzhommes saborda à quelque dame ou damoiselle. LEMAIRE DE BEL G E St I, 44. — II faudra que la damoiselle à qui se seront abordez tels mignons, serve de conte à un chacun. FRANÇOIS D’AMBOISEe Dial. des Dan2oiselles, I, 126 ro. Aborder (subst,), — Paris à ! aborder… meit à mort et navra tant de ces grosses gens rustiques et barbares. LE TAIRE DE BELGES 1-11148ihi I ! 23. Les camps s’entreheurterent A l’aborder de divers lieux. IloNsAHD, Odes, I, 10 (II, 129)1, — A l’instant mesme du peril arriva en la ville Gon- gylus qui venoit de Corinthe avec une gaiere, l’aborder duquel estant incontinent tout le peu- ple… accouru à l’entour de luy, il Leur declara que Gylippus arriveroit bien tort. AMYCIT1 ieia, s, 19, — Ayant dés l’aborder ! la pieç.a mis au poing leurs tren.chantes espees. Jonams, Discours de Jules Cesar (II, 264). TfuEnTREA(.5 cite aborder comme un mot à la mode. ler » i d. du Der rite, p+ 34. Abornement. Convention pour le paiement d’une redevance. Aprts que le-s parties eurent escrit d’une pari et d’autre, et les deffendeurs ve- ri fié leur aborne ment contre la pretention des six et deux deniers par an, areguée par le Pro-cureur du Roy, les defendeurs gagnerent leur cause, et furent condamnez pour une fois payer le, s dix sels, quoy leurs predecesseurs avoient esté abornez. E. PAsQuiER, Recherches, IV, 7. Aborner. Fixer. — Nous sommes mariez, part pour avoir lignée, Part pour entre en nous deux nostre foy abornée. E. PASQL/lER Jeux Pst., 30 part., Eleg. à sa femme. Enns aborné à faire qqch. En avoir une habitude invincible. — Accoustumance telz gens a subor- nez, Voulans dire qu’ilz sont tous abornez A re. nier et blasphémer la loy.el- , RING0.RE ! les Folles Entreprise$ (I, 130). Aborner, s’abonner. Faire une convention au sujet du paiement d’une redevance. — Borne ou Bonne… De ce mot nous avons le verbe Aborner MI Abonner, L composer avec le fermier. M. DE LA PORTEe pi S. Ciestoit un. draie que plusieurs Evespies et Abbez devoient à nos Roys, quand ils passoient sur leurs Eveschet ouAb- bayes, qu’ils appelloient… droiets de Ciste.,. Et quelquesfois les Eglises s’abornoient à une fois payer ce droict, soit que les vinssent visiter ou non. E. PASQUIER, Recherches, III, 35. — Les Abonnez (que je pense devoir entre dictz Abornez} sont ceux qui par une longue prescription et laps de temps, ou par des contra.cts se sont abornez avecques les Seigneurs à certaines tailles an- nuelles. ID., ib. 1V1 5.— Nous disons s’abonner avec un Seigneur de Fief, pour les droits et de- voirs Seigneuriaux, ou avec un fermier du huic- tiesme pour le vin qu’un Bourgeois vend eu de- tai], pour s’aborner, c’est à dire se borner par con- vention, soit avec le Seigneur ou fermier, de ce que l’on leur doit payer. ID., ib., VIII, 62. — V. Abrenement. Abornement. Action d’abhorrer. — Et qui, honte du Ciel, des Dieux, et d’Amour mesme, Devroit d’aborrernent et contre-cœur extreme NOUS faire oster le feu qui de l’Amour nous vient. JoDELLs, la Riere-Venus (II, 95). Aborreur. Action d’abhorrer. — De nos faits la refile certéne, C’est aler droit où pousse et méne, Ou l’aborreur ou le desir— BAÏF, efierneS, L. VIII (II, — Je maintien que la vie hu- maine Tout-par-tout de travail est pleine, Qui s’entremesie de plaisir : u i n’est pas un seul, mais se change Selon que chacun se meslange lie Paborreur et du desir. ID., Passetems, L. IV 378). Aborrir, v, bhorrir. Aborrition. Action d’abhorrer. — Le vray contraire de desirer, c’est avoir en horreur, et il est tout. evident que icelle _.iborrition est une mesme chose que la haine. PONTUS DE TYA_RD, trad. de l’Amour de LEorq HE.B.RiEu, Rial, (p. 74) Abortif. Qui meurt en naissant. — Ses vers naistront inutis, Ainsi qu’enfuis abortis Qui ont forcé leur naissance. HoNsAno, Odes, 1, 10 (II, 136). — Le rossignol ne contraint son ramage ; Mes vers aussi rie sont point abortifz. rrAHUREAU, Poesies, sonnet 75. — Je ne veux toutesfois qu’un bon esprit se fiche A faire un Anagramme, à faire une Acerostiche D’un travail obstiné ce sont fruioth abortifs Dont la semence vient des povres apprentifs. VAUQUELIN DE LA FHESNAYE, Art Otique, I, v. 381. Abortivement. — Si par fortune en ses tra- verses lourdes Ne Fast ma joye abortivement née. MAunicE ScÈsE, Delie, 13’2. Abosme. Abomination, horreur. — A Dieu en vint si gant abosme Que pour ce G-omorre et So- dome I t fist toutes ardoir en cendre, J. BoUCUET, les Regnars travers. (G.), Aboth. Officier de Quinte-Essence. — Ses Abs- tracteurs… Sotrins, Alma… et autres siens offi- ciers. RAIBELAIS, V ? 19. Abouchement. Conversation, entrevue, ren- contre. — Les autheurs susdictz ont au meclitin l aile advertissement, particulier des parolles, propolis, abouchemens, et confabulations, qu’il doibt tenir a.vecques les malades. RABELAIS ? IV, à Odet de Chastillon. — C’est… une cerimonie ordinaire aux abouchemens de tels Princes, que le plus grand soit avant les autres au lieu assigné. MOHTAICNE, I ? 13 {I, 63). — IL introduisit Pa- nurge, parler sept ou huit langages divers au pre- n-lier abouchement de lui avec Pantagruel. E. PASQUIER ? ReeiterChe$, VII’, 59, Aboucher. S’aboucher. Se pencher en avant, abaisser le visage, approcher la bouche. — Des- sus le lict je me baisse et nea.bouche : Puis de nies pleurs estant pleine la couche, Lui vais criant. CIL FONTAINE ? trad. des Epieres d’OvinEr 10. — Des cerfs.., longuement pourchassés et malme- nés… s’abouchais a une claire et fraische fon- taine tirent a eux la fraise-heur de ses belles eaux. SI FRANÇOIS DE SALES ? Amotr de Dieu, V, 1. Abouché. Penché en avant, abaissant ! e visage, approchant la bouche. — Lon voyoit clu.n costé Antoine tout sanglant et à demy mort entre tiré tontremont par une corde, tendait les mains contre la Reyne… Et de l’autre costé icelle Hoyne abouchee sur la fenestre qui sefforçoit de tirer la corde. SEYSSELe Extraiet de PLUTA RQ [JE, ti — Cesar… monta en un Tribunal qui estoit là et voyant tous les Citoyens a.bbouchez en terre, leur commanda quilz se levassent. ID. ? — Sur son ventre abouché à la fraisehe fontaine Sa soif seiche il tain t,. MAURICE SCÈVE ? Microcosme, L. I. p.19. Aboucher (in trans.). Arriver. — Car je jouys du sainct a.dvenement De ce grand Pape abouchant à Marseille. MAURICE SCÊvE, elie, 28. (Tra.ns.) Aboucher qqn. Adresser la parole à qqn, avoir des pourparlers avec qqn. — Un bon Religieux, nommé Colombain… le vint. aboucher, et lu y reirnonstra rudement quel tort il se raison tant envers Dieu que le monde, par la continue de ses paillardises. E. PAse.E£R, Recherches, V, 8. — Si je vous avois abouché, je ferois voir que fa modestie de vostre Roy remittit dornui Auslriacrie novissimos casus. AURIU rd ? Letires et Mém. d’Es- tat, 5. —•— Vous aurez seu… la volonté du Roy d’y aller… pour aboucher le Duc de Bouillon ; et cela pour la paix. ID., 1’6..5 — Les assiegez ne se firent pas prier deux fois de faire sortir Maninville accompagné de La Vallée : Ces deux abouchèrent troc si et Pui-Gaillard au bord du canal d’Yers. IDee 1Jist.LIPLiP., VIII, 18. Abourdeler, cité comme vieux mol par EST1ENNEr Preceiience, 187. Abourdement, Abourder, y. borde nt, Aborder. Abouter (trans.). Conlio.er à. — Cestui Nep- tune estoit alla grand’erre Jusqu’aux_ lointains Ethiopes. épars Et abouttans les hommes tics deux pars. PELETIER DU MANS, tract. du L. I de l’Odyssée (p. 12). — La posterité… blasmeroit nostre ingrate mescognoissance, de n’avoir par nos plumes testillé le grace que Dieu nous fait de vivre sous la douce subjection « .un tel Monarque, que les nations qui aboutent les frontieres de Scy thie, ont ambitieusement recherché pour mestre. R. GARNIER, Tragédies, au Roy de France et. de Polongne. Aboutant. — Voye OU Voie. Frayee, spa.- tieuse… aboutante ou aboutissante.. M. DE LA PORTE, Epithetes. Aboutir (trans.). Confiner à, — Aux mon- taignes voisines, et qui aboutissent ce Lac. E- VET, Coemogr., VI, g, — Les.A, Ifemagnes bornent. et aboutissent les terres du grand seigneur vers l’Orient. AuDiGNÉ, Hi st. Unw. AboFair qqch. ER former le bout. — Sçauroient ils avoir… Rubis si precieux que ceux qui abou- tissent Tes totons qui poupins en leurs rab., s’es jouyssent… ? GUY DE TOURS ? Souspirs amoureux, L. I (I} et). Abouti de, abouti en. Terminé par. — il [l’Amour] cache son carquois sous l’enfleure ju- meile De ce marbre abouty d’une fraize nouvelle.. BELLEAU ? Bergerie, Ire (I, 256). — On le ceint par k corps d’un tissu de maille, qui est abouti dune chaîne. BEROALDE 13E VEE.VeLLI.E1, Voyage des Princes Fortunez, p. 762. — On voit… deux Tritons eslevez par dessus les autres, qui embouchent leurs conqu.es, tortillees et. abouties en pointes. BELLEAU, Bergerie, lre Alun. (1, 278)- — Ceste terre… est terminee de delicieuses monta- nettes abouties d’innumerables petites collines. BEROALDE nEVERVILLE, Voyage des Princes For- tunez, p. S’aboutir de. Se terminer par. — Ses mains sont aussi délicates Que du satin et ses dix doigts, Dignes du seriprrd. de nos rois, S’aboutissent de dix agathes, Gu. » F. Tin uRs, Souspirs aintkureul, 55). Aboutter, Y. Abouter. AbDy, Aboyer, V. A bai, Aboyer. .bradent {de abradere, râcle0. — Melandeolie iibradente, — Tout qe. la melancholie ne se peut tirer du corps qu’ilbien grande. difficulté : aussi les pa.ssions de rame qui sont causees par la melancholie abradente ne sont pas faciles’appai- ser. J. BODIN, RepUbliqiCet V, 1. • Ge qui leur advient à cause de la nie me melancholie spu- meuse, et abradente. ID., i.b. — Les Meridionaux sont paillards, à cause de la inela.ncholie spu- meuse, abradente, et salace, comme il se.-voicl aux lievres, et cruels, parce que cette melancholie abradente presse violemment les passions et la vengeance. CHARRON, StEgC33d5 I, 4`2.. Abraham (prononcé Abram.). — Je passe Id.fesse, Amide, et Nisible, et Carne, Le Men-heureux sejour de vostre ayeul Abram. Du 13AltTA.S, Judith, V. — Noé, Moyse, Abram, qui pas- seren t és champs, Laboureurs, ou Bergers, la plus part de leurs ans. ID., ite Semaine, 3e Jour, — Sur toy monta.ignette sainte, Le bon Abram list sa plainte. H. GA_IINI.E11.5 leg Juifves, S 2. —— Qu’au sein d’Abram par vous elle soit transportée.. MoNTGlin.EsTIEN, la. Reine d’Escosse, IV (p. 101), • (Prononciation de —anz.. — Me sembla voir le

second Abraam, Qui vray David eestoit monstré

l’autre an.Midair… uc ÎAV..les Marguerites, Epistre au Roy PU, 203). — Quo y que Pua fast hideux, enluminé pour cstre Seiche’de feu, de soif, de peines et d’ahan, Et l’autre rajeuni dans le sein d’Abraham. AUBIGNg„ Tragiques, VII {IV, 306). Cf. alinéa. précédent. Abramien. La race Abrandenne. La race d’Abraham. — Afin qu’à l’avenir la terre Egip- tienne Nourrice. eecueillist la race Abramienne. Du BAirrAs, lre Semaine, le Jour. Abre, y. Arbre. reger. Accourcir. — Le bran de Dieu est il donc abrogé Par qui estait le martir soulagé ? MARG. DE NAv., Dern. Pros.., les Prisons de la Reine de Nae.b, , p, 255. eabreger. Se-hAter. Printes vous pointjour de conseil ? Resistés vous si de ]épier ? Vous semble il, en cas pareil, Que ont se doive. tant. habregier ? ne. Poés. X, 157. — En bas, Seigneur du Pont, Alletz, Abrege toy tost, et te haste. GRINGORE* Prince des Sotz, Sotie (I, 208). — Sire, c’e.st raison que je face Vostre plaisir. — Abregez-vous faictes tant que devers nous Noz bons Prelatz soient ramenez. ID.., Sainte Loysi Li, III (I I, 93). .10 lu y voys tresîbereer le tueur Sans espera.nce de confort. — Ahrege toy. Le vella mort. ID., L. V (II, 169). —’Bourreau, il te lima delivrer, Abrège toy, fais la justice. ID., ib., L. VI fII, 213. Abrenuntiation. Renonciation, — Il a fanii qu’eux mesmes agent fait confession de leur foy, abrenuntiation de leur ordre, protestation, et agent esté Traietés, comme purs lais. CHA.R.RoN MN Trois T’eritez1 ILI, 13, Adv. Abreuver qqn. Le pénétrer profondément [grume croyance, d’une opinion, (Fun goût, dlun sentiment, d’un usage]. — Quand il s’encline de- Vante pour luy faire honneur, desja il est abbreuvé de quelque superstition. CAuvrei, Instit., III, p. 132. — Ce ont esté les Theologiens Sorboniques qui ont abreuvé le inonde de ceste faulse opinion, qu’on tient communement. ID., ib, , V, p. 356. Pense donques, je te prie, Lecteur, quel prix doiikTent, avoir, en l’endroit de celle tant docte et ingenieuse nation italienne, les ecriz d’ung petit ina.gister, d’un conard, d’un badauit, et. autres inignons de telle farine, dont les oreilles de nostre peuple sont si ahbreuvées, qu’elles ne veillera au- jourd’Iluy recevoir aultre chose. Du f3ELLAY 2.0 Préf. de — En_ tout cc] pais on est abreuvé de ceste endiablec ceremonie, que d’im- moler les hommes à Sellai’. THEvET, Cosinogr›, XXII, 15. — Plusieurs sont abrevez d’une opi- nion fausse, disant que les coquilles réduites en pierres ont esta apportées au temps du deluge… jusques au sommet des montagnes. PALissy, Cop- pie des— escriis (p. 361). — Tel qui rapporte de sa maison la douleur de la goutte, la jalousie, ou le larrecin de son valet, ayant toute rame teinte et abbreuvee de colore} il ne faut pas doubter que son jugement ne s’en ancre. MoNTAIGNE, II, 12 (H, 326). Abreuver qqn de qqch. L’en informer, hd en parler. — Vous ne trouverez quo tous ces bons vieux Peres qui ont traité de nostre Histoire Françoise !, en agent jamais parlé.„ Gaguin, pres- que nostre contemporain, est le premierui nous en a abreuvé. E. PAS-Q.151ER, ReeherdieS, III, 7. — Ce qui, n’estant pas approuvé par Havart, fut nuisible au comte ; car l’amiral en abreuva le con- seil d’Angleterre. AuBtirm g., Hist. Unip., X IV, 27. demandoit à Monglar quelqui-s ad- verlissemens : Vert sçay un (dit Mongrar)qui vaut cent millions d’or, c’est une confiscation de la- quelle l’arrest a esté donné trois ou quattre fois ; l’Italien ayant abrevé de cela. le Ma.resclial d’An- cre, On pressa lielonglar de s’expliquer. ID..e Traiité eur les guerres cieites, 4. Abreuver qqn que. Faire savoir à qqn que. —Je cognois un gentilhomme., lequel, voulant abre- ver le monde qu’il estoit veau amoureux dune belle et honueste darne que je sçay, fit un jour tenir son petit mulet avec deux de ses laquais et pages au devant sa porte. BRANTÔDIEe des Dames, II (IX, 122-124L &Ire abreuvé de qqch. En avoir connaissance. Les gentilz hommes… montèrent tous ou pres- que tous à cheval pour luy aller au devant, tant grand désir avoient de le veoir, car chascun estoit desjà abreuvé de ses vertus. LOYAL SERVITEUR, Hist. de Bayari, 9. — Jà estuit. l’armée des Fran- çois.à. dix ou douze milles de Milan., qui e-stoît toute abreuvé, e de ceque le bon chevalier estait pris. ib., 15. — Voila qui viendrait bien à point et aussi que le monde n’en fut point abreu- vé, ii vaudroit mieux que cela se fit elle= vous, à tout le moins personne n’en sana jR rien. Nico- LAS DE TROYES, Grand Parangon, 35. — Quand je nie trouve seulet et que je voy que personne ne me peut ou2Frr, je me prens à dire à. part moy tout. ce que j’ay sur le crieur, et vu de ainsi mon flux de ventre, je vous dy de langue, sans que le monde en soit abreuvé. DF : s PuRIERS, Cymbalum, Dia !, fi. — Elle leur conta de bout en bout tout ce beau conte. Ces femmes le dirent à leurs maris, et à d’autres femmes, et ceux-là à plusieurs autres : et ainsi en moins de deux jours Venise en fut toute abreuvée. LE MA_ÇON trad. de Bo ccAcy.., Décaméron, IV, 2. — Je ne vous escri, Siret que le bruit commun, mais dont trop de gens sont ab- brevez. CALVIN, Lettres, — S. Luc adjoins Le que chacun a esté abbruvé d’un tel bruit. ID., Serin. sur I’llarinun. Evangei., 2.5 (XLVI, 307). Si qu.elque preude femme leur a fait cet honneur que de les recevoir en sa compagnie, il n’y aura celuy qui n’en soit abreuvé, les petis enfaiis en iront incontinent à la moutarde. TAnuRsAu, ier Rial. du. Democritie (p. — Le bruit de ce qui a esté fait perse toute la Grece, et n’en est aucun qui n’en soit abreuvé. J. Dy. LA LANDE, trad. de DICTIS D E CRETE, L. I, 9 vo. JNostre France est trop abbruvée De vostre feinte con trouvée. GREFIN les ESbahiS, V5 4. — Pour cestP en treprinse le Roy avoiet dressé une des plus belles armées que raye jamais veu… Mais l’Espaignri es toit toute abreuvée de son entreprinse. I o riî L U c, Commentaires, L. I (I, 138), — Je demanderais volontiers à_ ces gens là s’ilz pensent que ces cliozes tramées par le commandement de l’Empereur et Roy des Romains, puis dix ans en çà, avec le Grand Seigneur, soinct si secrettes que la plus grande partie de la Chresllenté n’en sojot a_bhreu vée. lu., ib., L. I (I, 144). — Il ne me sera hors de propos… de m’enquerir qui est ceste nation Turquesque… et d’où elle est venue car de par ier de sa force, grandeur et richesse, ce sema dire ce dont tout le monde est alibreuvé. TlIEFET1 Cosmogr., XI, 1.. — Je suis bien deliherée de ma rier ma fille… avant que le monde soit a.bruvé de reste histoire. TouRNEBu, les Con.iens, V, 2. — Quand vous devriez attacher au pied des mouches quelques billets où vous escririez les confessions les unes des autres, le pays seroit abbreuvé de vos vies et deportemens. Criouhus, 5e Ap. Dis née (p. 210).

Abreuver. Persuader faussement. — Je veux que nous simulions une dispute vous et moy, et quit nous sortions les portes pour nous battre affin que tout le monde, et entre autres Gin the en soit abreuvée. N. DE MONTREUX, fer Livre des Bergeries. de Juliette, fourn. 1, 44 va. — Il [César] respondit qu’il oe vouloit pas que seulement son lict fust taché de ce crime, mais exempt de toute suspicion. Cela estoit bon pour en abbreuver ainsi le monde ; mais dans son aine il sçavoit bien que vou]oit dire Cela. BRANTÔME, dee Dames, II (IX, 27). — II falut faire une confession de foi des églises françoises, pour ce qu’on avoit abreuvé. les Aliemans d’une autre confession contrefaicte. AuniwiÉ. Hist. Unie., III, 10. — Toute l’arrnép fut abruvée qu’à la mort de ce pape estoit arrivé presque chose pareille que l’on conte d’Alexandre sixième et autres, qui avoyent rait marché avec le diable pour la durée de leur règne. ID., ib., XIII, 8. — Perez… déclaré innocent pa.r ce sénat, est attacquo d’une autre sorte, accusé d’hérésie et demandé par l’Inquisition ; estant le peuple abru vé qu’il estoit magicien. ID., ib., XIII, 29.

Estre abreuvé de qqn. Se laisser tromper par qqn. — Il n’est pas possible que sa Majesté ne pippee et.abreuvée de quelques gens qu’elle a.voit auprès delle. Mornuc, Com.rnen taires, VI (III, 93).

Se laisser abreuver de. Se laisser amener à. On a murmuré ces jours de quelque appoincte ment. Il fauldroit de merveilleux massons pour le bastir. Mais je crains que les, rostres… ne se laissent a.bbreuver dentrer en propos. GALii, liN, Lettres, 861. Abreuvoir. A breuooir à mouches. Plaie, où les mouches peuvent s’abreuver, — Vous le reco gnoistrez à. ses grandes moustaches noires, re troussées en dents de sanglier, et à un grand abreuvoir à mouches qu’il a sur la joue gauche. ToultNED LF les Contens, III, 1. — Certain baste leur., jouant Ajax le furieux devint au milieu de la Tragedie si esgaré de ses sens, qu’il ne feignoit plus le furieux, aires l’estait sans feinte. A ses compagnons bas ieleurs il rompait la robe… à


Urysses il alloit faire un abbreuvoir à mousches sur la teste, si le chapeau dont il estoit affublé n’eust porté le coup. LE LOY ER, Hist. des Spectres ! II, 5. Abreviateur. Celui qui abrège. — Pleust Dieu… fust premier President de Paris. Vertu goy, mon arny, quel expéditeur de causes, quel abreviateur de proces, quel vuydeur de de bats… quel minuteur d’escritures ce seroit. RABELAIS, VI 27. Celui qui écrit les brefs apostoliques. — Gens soubzmis… à Jupiter} comme Cagotz. Caffars, Bo tineurs, Porteurs de rogatons, Abbreviateurs, Scripteurs, Copistes, Bulistes, Dataires, Chiqua rieurs, Caputon.s„ Moines, Dermites. RA.BELAIS1 Paniagriieline Prognost., 5. — Bollistes, copistes, scripteurs, abbreviateurs, referend aires et da taires, In., II, 9. Ahreviature. Abréviation. — Q, est bien mis aucunesfais tout. seul en abreviature, quant il signifie Quintus, Toav, Champ fleury, Il, 12 vg. — A l’imitation des Grecs et des Latins nous usons aussi Dabreviatures par seulles lettres en Noms propres, et ce en no signa manuelz. ID., ib., III, 50 v°. P. en abreviature Latine, signifie autant que Publius. ID.i ib, , III, 53 r°. — Les Modernes esc.rivains… escrivent encores en lettre courant c, et t, en une lettre quon dit Abrevia jure. 1.1)., i, , III, 59 ro. Abrevier. Accourcir, abréger {dans la dimen sion ou dans la durée). — De bled en herbe vous fait te belle sauf ce verde.,. Laquelle… dilate les vases sperrnaticques, abbrevie les cremasteres. 2, — Les goutes froydes, les goules chauldes qui abrevient et retirent les nerfz sensitifs et narcolitz, fine, Pois. franç., IV, 274. Il ahriève que en 9. TABOUROT DES ACCORDS1 Bigarrures, 1, — Tous les filtres du droict s’abréiiient de ceste façon ; connue Si ter. pet-, si cerium. pampa.. ID., ib., I, 21. —Puis que Digestis est un nain pluriel, il fauldroit, à la maniere an tique d’abbrevier, deux DD. trenchez ou non. DES AUTELS, Mitistoire Harragouyne, 15, Dictes ce que vouldrez et abreviez, sans rien t011 testoys laisser de ce que servira au propo.s. RABE LAIS, H, 11. — Afin d’abbrevier, ce que nous en avons dia cy dessus peut suffire pour solution de leur —][r.gu.ment. CALVIN, Instruct. contre les Ana baptis-tes (VII, 132). —Que si ces longs parleurs se faschoient autant de parler, que les auditeurs s’eunuyent d’escouter, ils ne foraient leurs orai sons si longues, et abbrevieroient. leur QuangE.É.a.rin., OLTILL. BOUCEIET 12e Seree (il, 267). — Plustost pour leur abbrevier la vie que pour l’augmenter. lifkunicE SCÈVE, Deplourable Fin de Flamete, 21. Les jeunes femmes ahrevient plu tiostla vie aux jeunes et vieux, que les vieilles. Girn., L. Boa cHET, 5e Seree (I, 229). — Il n’y en a pHs ung d’entre eu lx [les procureurs] qui reàyrne nrieulx avoir beaucoup de procez que peu, qui ne desire plustasi de prolonger que d’abrevier, et encore moins de terminer ung ; affaire. L’HOSPITAL, fie format. de la. Ju-st., IVe part, (IV, 257). — En inten-. tien… de couper la racine des procez et pour abrevLer, pensait on, la justice. In., ib. (IV, 258). — Au lieu d’abbrevier les procez… il les a fa ict multiplier par milliers. ID., ib., Ve part. (V, 20). ikbrezer. eahrezer. S’embraser. — Le feu qui s’abreze en son centre Par orage, ni ventz, ne [a eut mettre en cendre. L. PAPONi Pastorelle, A brez…é. Excité. — De la plage Maltoyse ou ses chiens abrezés, Ayans honteusement levé siege inutile, Bruyoint de revenir pour invahir cet ysle. Id., ib., V, 1.

Abric, Abril, Abrit. Abri. — Je m'en allayt eulx rendre à. l'abri t. RABELAIS5 1Ii 32. — Ce pe.sseau ou eschallat doibt estre tellement mis qu'il serve d'abril et appuy contre le froid et. la bise. COTETIF.A11, trad. de CottuaY,LLE, IV, 16- — De son fruict se repaissent les ouailles du Sei- gneur, et a rabril de ses feuilles., elles sant gar- dees et du chaud et du froid. St FRAI...10LS DE SALES, Sermons autographes, 3 (VII, 631. —lia reyne qui u l'honneur de porter vostre nom soit tousjours à l'abrit de vos saintes faveurs. ID., ib., 61 (VII, 462). — Geneve s'en va un bon ahrie. AUBIGNÉ, Lettres irait. personu., 8. A_bricotier (adjectif). D'abricot. — Dur, pruneux, olivier, abricotier, peschifir, ger- meux, serisier, a.rnandeu.x ou amandier, dactier. M. DE LA PO rlT E, Epithetes. Abrier 1. Abriter, couvrir. —FI les pendoit [des tableaux d'ardoise] ans arbres de son Bôquet, si bien les abriants, que les tempêtes et grélies ne les eussent peu effacer. VAtiQt1 DE LA. FRESNAYE, FOreSterieS„ II, 9. — A ceste heure qu'enimeine La poulie mere au bic accoustumé De ses possins le trou.ppeau bien aimé, Les abriant de son aisle trenihiarde. J. BÉREA_U„ Rayisseneent d'H (p, .140). — Et n'oubliasi de rejetter ma robLe sur son net, en maniere qu'elle les abria_st tous deux, MONTAIGNE, Il 20 (I, 110). — Les acconstremens 110US esf..,haufierd non de leur cha- leur, niais de la ncstro, laquelle ils son l, propres à couver et nourrir : qui en abrieroit un corps froid, il en tireroit mesme service pour la froi- deur ainsi se conserve la neige et la glace. ID., I, (T, 349). — A ceux qui chantent tes louanges Ton visage est leur ciel, leur chevet ton giron, Abriez de tes mains, les rideaux d'environ Sont le camp de tes Anges. AlLfB1GNÉ„ Poesies reli- gieuses (iii, 'OO). Gaesar volant, semant sa poictrine blessee.... Par honneur, abbria de sa robbe percee Et son coeur céffencé et sa grue offensee. ID., Tragiques,. IV (IV, 157), — Que -voy-je? L'Ocean à la face inconnue, Qui en con- trefaisant la nourrir iere nue, D'où le desert blan- chit par les celestes dons Veut blanchir le rivage abrié de sourdons, In., ib." V (IV, 230). — Sept casemates... abriées de ruine ou aveuglées. 1»., ist. Unie.? ., VI, 10., — Les assiégez... atérière.n I.. le rouage de fascines gouldronnées, et, entretenans une escoupeterie, y mirent le feu. In., ib., XII, 2t. — Ce pont devoit, sur la fin, estre abrié de terre. ID., ib., 1:3. S'abrier. S'abriter, se couvrir, — Je leur donne loy [aux medecins] de me commandt.I.T de m'ahrier chauldement. -11rIONTAICTifE, Il, 37 (III, 230). — Un maneuvre des miens, avec ses mains, o! ses pieds, attira sur soy la terre en mourant. I.:.-Atoit ce pas s'ab•ier pour s'endormir plus à son aise? 1»., 111,12 (IV, 185). E. Pasquier reproche à Montaigne l'emploi du mot alirier Tout de ceste niesme façon s'est-il dispensé plusieurs fois d'user de mots inaceoustu- mez, ausquels, si je ne m'abuse, malaisément bail- lera-Vil -vogue ; gendarmer, pour braver ; ..Abrier Pour mettre â liabry ; Silence rarlier ; reduit en En- fantilla.ge, PMU' Ce que nous disons au rang d'en- fance ; Asture, pour J cette heure, et autres de mesrne trempe : pour le moins rie voy-je point., que jusques a In y, ils soient tombez en commun usage. Leures, XVIII, L Abrier 2,, V. Arbrier.


Abrieux, Exposé au soleil. — Faune qui cours fuiantes Les Nymphes, amoureu.x, Marche cloulx par mes sentes, A mes champs ahrieirx. LUC DE LA PORTE, trad. d'IIonAcr,, Odes, 111,18 (champs abrieux traduit aprica ru.ra.). Abril, v+ if bric. Abrissean, Arbrisseau. — Une pierre en ma- niere de caverne faicte d'herbes, de mousse, de eueilies et de petits abrisseaux. LouvEml, trad. II, 1, Abrit, y. Abrie. Abrogation. Ion-vt.r:-,:vIllen ti — Pisander+.. faisoit -voluntiers tout 1... qu'il entendoit servir à lextinction et abrogation de lestat populaire. SEYSSEL„ tra..d. de THUCYDIDE, VIII, 10 (p. 267). Abroguer. Abroger, abolir. — Combien que le Sabbath soit abrogué+ Cm.v1N, instit., ch. III, p. VO. •- Elles 1[1e2. ceremonies] devolent avoir lin, et estre 11"... ib., eh. VII, p. 4Z8. — Ce n'est pas sans cause que nostre Sei,gneu_r winiit ordonné telle forme pour un temps, a fin qu'elle min!. fin et. feust abroguée quelque fois. ID" Sainete Cone (V, 455). — 12Apostre parlant du serment... ne dit pas que l'usage en soit a.bro- gué mais le nomme fin et. decision des contro- versies humaines. lu., Instruct. contre les ibia- lioplisles 0:1 I, PA). — 11 [César]. kit publique- nient d ecern tir la guerre contre Cleopatra, et. ubro- guer la puissance et L'empire.. d'Antonius. AanyoT, •.ntoine, 60. Abrouti. [Taillis] dont les polisses ont été broutées. — Soit menagoant en nos Forest Nor- mandes, Soit en fieffant de nos bois abroutk, De niers d'entree à prendre entants subtils. Vx Qui LM DE LA FRESNA.YE, Sot. franç., à M. de 'ilron. Ici tu ne verras que des plaines desertes, Que des bois ahroutis sans fleurs ni feuilles vertes. ID., Divers sonnets, ruver, V. Abreuver. Absenter, y.Absenter. Retranchement.— Fon faisant inci- sions, et, abscisions de membres. BUDÉ, Insiit. du Prince {édit. J. Foucher), ch. 44. Chose retranchée,por — Zonon,.. dit que la semence humaine pleine d'humeur et d'esprits faitpa.rtie de l'Aine, et est un meslange confus, et cornme une abscision de la semence de nos pores, voire aveux et majeurs. LE LOYER, Hie. des Spectres, V, 2.

Absconcer, v. beconser.

Abscondre. Cacher. — A &scons. Caché, secret, mystérieux. — 11 est bien mestier de ramener' Iilmiere toute ces le belle antiquité, laquelle ha osté absconse et celee jusques present à la plus-part des hommes.. LEMAIRE DE BELGEs, É, 1, — La nudité de ses beaux bras... faisoit foy du resté- de sa 1,eenuste corpulence. Laquelle neS- toit absconce du regard de Paris, sinon par Enter- pos dune houpelande tenue e L dellee, telle que les Nymphes et Fees ont accoustumé de porter. ID., I, 24. — As tu le tueur plus endurcy quo pierre De me laisser en cestuy boys absconse? Epistres, 1+ — Le chant du coq la !miel point ne prononce, Ains le retour de la lumiere absconse. ID., .Epig..r., 35. — Ily avoit six ans en- -Gemment Que sceu navoys rien de son porteinent Et sa santé pour lors hies toit absconce. M'eu EL D'AMBOISE:5 iteS Cent Epigrahrumes„ 9 Yo. — En icelle bien aultre goust trouverez, et doctrine pins absconce, laquelle vous revelera do treshaultz sacremens et mysteres horrificques, RABELAIS, I, Prologue. L’homme ancien doit estes liheral Sans rien monstrer de son naturel mai, 17.’it vice abscond, qui est comme on devise Crainte de perdre, et sotte convoitise, J. BCFCCHET, Epi5.tres morilles du Travers., 1, 14-— Pour sçavoir sur ce quel est son plaisir, ne fault entrer en descspoir, comme de chose absconse, et pour laquelle en- tendre, fauldroit consulter son conseil priivé. RA- BELAIS, Hl, 30. — Les nations que Nature sem- bloit tenir absconses, impermeables, et incon- gneues. In., III, 1, — Est ce… quelque vertu latente et proprieté specificque abseorice dedans les. marmites et contrehastiers… ? Is), IV, 11. Aussi (hry respondirent ses compa.ignons, tu as une jambe de Dieu. Comme si quelque divinité feust absconse en une jambe toute spbacelee et pourryi.. ID, IV, 50. • Les gens saiges et stu- dieLIX 110 se doibvent adonner à la Musique tri- viale et vulgaire, mais à la celer te, divine, ange- ligue, plus absconse et de plus loin g apportee. In., IV 62. — Dieu souverain, lequel jadis les Egip- tiens nommoient en leur langue l’abscond, le rnussé, le caché. ID., V, 47. — Les archers, tous dressent leur Ilesehes en un blanc, non tant à cause de ce blanc, qui de soy est bien peu de chose, que pour autTe. plus grand respect, qui est (’honneur lequel ils tiennent abscons dans leurs P. PASQuIER, le Monophile, L. I (II, 729). Allez, mes vers, allez, n’y faillez pas, Droict agi rocher, qui mon thresor aiiscond. VAsouIN WEILL, trad. de PÈTRAKQuE, L. Il, S. 65. — [Nep- tune] Qui au festin cependant Entre dans la sale asconse, Dessous Ponde s’épandant Sur une vous te de ponce. 8 ï r. Poemes, L. (11, 138). Dans l’enclos de Bethieem on voit plusieurs grot- Lesques… Or y en a il une entre Welles, en la- quelle… se tint absconse et eaehee la vierge Marie avec son enfant. TnEvET, Cosmogr, „ VI, 10. Des rochers qui sont abscons dans les vagues es- cumeuses de la mer. ID., ib., X, 4. S’Erbstiondre, Se cacher. — Lors Melibee a la doute facunde Vernon plus quautr’e en son parc bourbonnoys Affin que riens d son œil ne s’abs ’bonde. LEPLAIRE DE BELGES, le Temple d’Honneur et de Vertus. Voix absconse. Voix profonde, caverneuse.. La propriété et nature de linterjection est. (rostre pronuncee dune voix absconse et stomaqueuse. G. Ton+, Champ fleur. L. III, 32 r°.

Absconser. Cacher. — I1 ha fallu_ pour ceste crainte que je me soye obligee par promesse et serment inhumain, de te deffaire et absconser en tenebres mortelles. LEMAIRE DE BELGES, Illustr., Il 20., — Icelle sublime Trinité, en laquelle sont abseonsez tous tresors de beatitude. P. DE CHAN- Gy, De l’Office da Mary, ch. 14. — Car les ]taux faictz du temps, et des gtans princes Sont abs cousez aux gens simples et minces. Jr. BoucnET, Epistree familieres du. Traverseu•, 42. — Et aultres cas ilz font pour absconser Vices latens. ID., Epistres moraies du Traverseur, II, x, 10. — Ainsi que ces choses se disoient, et se faisoient, le Su- la absconsé entierement en son giste fyrdinaire, fist celuy entremoyen du jour et de la nuict, que nous appelions entre Chien et Loup. AcrivoT, ist. "Ethinp, , L. V, 60 ro. —— Elle est absconsee des yeux de tous les vivans, et aussi est celee aux oiseaux du ciel. CALVIN, Serin. sur le livre de Job, 102 (XXXIV, 507). — Lors que les yens qui du Pon.ent enfonsent Parmi Piver les étoiles absconsent, Dis MASURES1 Eneide,. V, pi 214. Le vulgaire,.. distingue le jour et la nuict par le sentiment de la voue et des yeulx, prenans pour le commancement du jour, quand le Soleil com-


mance à se lever, et pour le comrnancement de la nuict, quand il est de tout poinct absconsé. AMYOT, Demandes dee choses romaines, 84. — Tout ror et l’argent, que les avares a, voient. absconse sou.z terre. THEVET, COSin-Ogr., fi, Absconse si tu veux, grand Dieu porte-lumiere, L’infatigable Eton dans l’onde. mariniere. Du MAs, ŒuQres aras es, 2.25. Enfoncer entièrement. — A travers le corps Lao rude glaive Ence lui enforise Et tout entier au dedans il l’absconse. DES MASIJP.E.S Eneide, X, p— 545, — Les Gentilshommes… ont dagues presque toutes absconcees dans leurs fourreaux. THESET, Cosmogr., XIX, 12. — (Cf. le premier et lo dernier exemple de l’alinéa précédent). S’absconser. Se cacher. — J’attens nia paix du repos de la nuict, Muid, refrigere a toute aspre tristesse:i lais s’absconsant le Soleil, qui me riuyj, Nec avec soy ce peu de ma liesse. MAU- RICE SCEVE, D 1 e, 106, — Le chariot du Pole Arctique s’absconsoit, tant Hz estoient Ares de FONTA IN P., IVO.r..Welles et Art- ligue Merveilles. — Le soleil disparant de, son lieu s’absconsa. SALTA.T, trad. d’ElÉe.opoTE„ VIL 37. Avant. qu’obscur en l’Ocea.n se bagne, Et sur la nuict s’absconse le soleil. DES ! l’USURES, Dapid triomphant, 1548. — Quand Orion rude et cruel enfonse, Et. parmi l’onde hybernale s’a_bsconse. DES MASURES, Eneicle, VII, p. 376. — Tout le haut ciel s’absconsa en tenebres. In., ib., XI, p. 564. — Les Mathernaticiens tous d’un accord disent, que ce que tous les mois elle {la Lune] &absconse est par ce qu’elle se vient joindre au Soleil, de la ]iuniere duquel elle est toute olTus- quee. ArsiyoT, Opinions des Philosophes›.II, 29. Il fault qu’ils passent par le pais mesure} où ces subtils rechercheurs des secrets de Nature veulent que le Nil se perde et s’absconse, THEFEr, Cos- onogr., II, 7. S’enfoncer entièrement.. — Amour si fort son arc roide enfonsa Pour esprouver dessus moy sa puissance, Que quand le traict delasché s’abs- corisa. Au fond du cœur d’eutiere congnoissance, a poincte entra au dur de rosistance. MAURICE SCEVE, Delle, 145. .Absccnser (substant.). — De l’Orion l’abscon… sein et la sourse Des sept Trions que ne baigne Tethys. DES MA.SURI1S, CEuv. poet.„ p.. 11. Absconsion. Le fait d’être caché. — Ils nom- ment son abSCOnSien e t cacherneat [de la Lune] les Calendes. AMYOT, Demandes des chose » ro-; II utines, 24. Abseynee, y. Absinthe. Absent. E’iloigné, séparé. — Absent de qqn, de qqch. — Par le moyen de la nos tre arnytié Qui veldt aussi que la moytié je sente Du deuil quia, u+ rez crestre de moy absente, MAROT, Elepies, 3, Ce que je sen’, la langue ne refuse Vous decouvrir, quand suis de vous absent. Du BELLAx, 28. — Quand je suis absent de toy, Mon Dieu, r11011. Dieu., quel esmoyi TA II 1J Pi F.. A LI Po es, , Ode 7. Quand du long de tes bords l’herbe verte elle presse, Seulete rechantant les vers de son amant, Qui comme moy se plaint absent de sa tresse. B.OF, Amour de Francine, L. I I (I, 187, Je veux chanter en ces vers ma tristesse Car sans pleurer chanter je ne pourrois, Veu que je suis absent de ma maistresse. RONSARD,. Amours de Marie, Chanson (I, 137), — Mais moy absent d’une Bene maistresse je ne vis, las, qu’en pleurs et qu’en. destresse. JEAN DE LA TAILLE, Elegies, 6.. — Or’que je suis absent du bel œil qui me tue, Cet heureux souvenir le presente à ma veue, Desportes, Elegies, I, 3. — Phylis, comment veux tu qu’absent de toy je vive… ? Regnier, Cloris et Phylis.

Absentement. Abse.nce, éloignement. — A tout le moins vostre consentement Soit de sentir nia peine aussi presente Comme fasch.eux m’est vostre obsentern.ent. N’ULM’DE SAINCT-ŒLAYS ? Œuy, poet., II, 125, var. — Le propos que j’ay autrefois ouy toucha.ut ceste fuyte et cest absentement est tort merveilleux et estrange. Ara YOT, lies Oracles qui on.1 cessé, 15. Absenter. Éiioigner, séparer. — L’on envoye ees nouveaulx mariez veau leur oncle po-u.r les absenter de leurs femmes, RABELAIS ? III, 6, — Je cogneu lors combien m’estoit nuysante La Volupté., qui de son doulx venin, Avec un bien tost passé’, DCWS absente D’un eternel, inflny et MICHEL D’AMBOISE, trad. du Pleur d’He- racIite, ch. 12. — Puis que mon fier destin d’avec- que vous m’absante. BAÏF, AMOUr de Frannine, Li, II (1, 190). — Ah chetifsi ne sentés-vous pa.s La. pale mort triste-riante Qtli vous talonne pas à pa.s, Et de tous vos biens vous absente ? ID., Poemes, L. III (II, 162). — Quand le Soleil ardent. veut un chemin choisir Qui l’absente de nous. Am. JAm y N Focs., L. IV, 107 ro. — M’absentant loin de toi, affin que ton absence Absentast ta beauté loin de ma souvenance. P. DE BRACH ? Amours d’A yrnée, Li. 1 Eleg. 3. — Afin d’aller veoir mon. espoux, que tu as desja absenté de mes yeux. N. bE \Iii\-TnEux, ler Livre des Bergeries de Ju- liette, ourn, J, 50 ro. —— La mort ta ravy au plus beau de ton aage, et ta cruellement absenté de mes yeux. 1D. ? ib., fourn. H, 100 re. —Sentant la ilere rnort pour jamais m’absenter De toy. BER-TAUT ? Sur la Mort de Caleryine (p. 185). — Quel sujet t’a de nous si long temps absenté ? De quel lieu reviens-tu tant de moi.s „souhaité ? ID., tra, d. du Liv. II de I’Eneide. A bsenté. Éloigriés séparé. — Tout me desplaist, -mais rien ne. m’est si grief Qu’estre absenté des beaux yeux de rna Dame, RONSARD, Amours de Cassandre (I, — Plaintes d’amy absenté de sa darne. VASQUEN PHILIE tra.d. de Pi’JTRAR- QUE, L. I, chant 14, Argument. — Et si de. vous après je me trouve absenté, Uri de.sir importun dans moy Ia peine augmente. BAÏF ?..-lni.our de Francine, L. I I (I, 152).. — Comme qui est dor- mant du songe espov ; _titté Se reveille en sursaut joyeux d’estre absenté Du peril entinent, où perdu cuidoit estre. MAURICE SCÈVE, MitrOCCieriie ? L. I, p. 18. Absenter qqn ou qqch. S’en éloigner. —Ou rnen- voyez voz membres alligeres Pour absenter ces puantes Tnegeres. MICHEL 10AreinülSE ? Babilon, 23 — Mais sil te plaist tant de grace me faitz Que briefvement ceste prison Pimente. ID.., ib., 85 v°. — Si tu m’absentes, 11113 laisseras en di- verses et variables pensées et solicitude_s. A. SE-trad, de BoccAckl, le Philocope, 5 vn, — Superbe cloitirt j’absenteray, aussi Ses grands bom- bons, et son ambition. Miai[M, DiAPili3OYSE5 tralt du Pleur de lieraclite, ch. — Depuis le temps que nous a.s absentez, Ne. sommes poirit des Eques demontez. Epistre du Lenosin, dans RA_BELAIS, jii, 277. — N’ayant tant de regret de me voir desseicher Mourant, que d’absenter cest œil qui m’est si cher. BELLEAU ? la Éergerie, 2e Journée (Ji, 50). — Trois fois, pour absenter ceste ingrate lu- rniere, Je me voulu plonger dans Ponde mari- niere. R. GARNIER, Cornelie, 411. — or lueurs donc, Cleopatre, et plus long temps n’absentes Antoine, qui t’attend aux rives palis8antes. Marc Antoine, 1904. — Son père et luy avoyent de Iong-temps absenté le pays.. RE ritietER DE LA, PLANCItE Hist. PEstat de France, I, 342. — Le mal que je souffre en moura.nt FA’si le reg„ret que ray, que mon œil vous absente. N. DE. MONTREUX, ler Liv. d-es Bergeries de Juliette, Journ. I V, 197 vp. — Mais je sçay plus que la grand’fermeté Qui dedans vous tient la meilleure place, Vous fait aimer, servir, suivre à la trace, sans absenter d’un pa.s vostre bonté. BRANTÔME, Poes. .(X, 434). — Consitifirez. mon cœur, vous le verrez dissoudre, S’escoulant de regret d’absenter vos beautez. BERom., DE DE VERVILLE ? Voyage des Princes falunez, 379. .S’absenter. S’éloigner, se tenir éloigné. — Il esioit au conseil venu, qui tant d’années au para vant s’estuit absenté de toutes compagnies. RA- BELAIS, IV, Anc. Prol. — Et pourtant se donne bien garde. cest amant, qui par un long trait de temps se sera absenté de sa Dante, de la raccoster puis aprés que bien peu. E. PASQLF1ER, le. Mono- L, II (.1 1, 4781). — Ainsi quand par fortune, ou quand par maladie Je m’absente de vous, ma. Muse est refroidie. noriis.iiitu, Elegies, 1. — t’absente, hastif, des faveurs de. ton P..oy. BEL-L E U Discours de M Vanité, S. S’absenter. S’écouler. — Sept ans peurent s’ab- senter Ains qu’elle Fust accouciree Du Élls, dont je vais chanter La. louange non touchee. RoNsAnn, Odes, 111, 3. Absenter (intrans.). S’absenter. — Je seray bien a.yRi-L vostre curé absente, car il est de ceux la desquelz la residence est plus nuysible aux brebis que l’absence. S1 FHANçots SAL4s, Lettres, 986. Absinthe. On trouve aussi d’autres formes Absince ou Absynlhe, DE LA Po R T Ep thetes. L’absint de ces mesla.nges. L. PAPONe Ilyenne Marguerite. Cf, alinéa, s suivants. Absinthe s’empli : pie comme symbole d’amer- tume, — Faisant deluger mes deux yeuix, Je masche Abstynce en mon piteux affaire. MAU-RICE SCÈVE, Delie, 50. — Si tu dis Miel, ton pen-ser est Absynse. FORCADEL, CEItv. pŒg. ? 1.69. — Il suerolt son absynthe, et sous un doux visage Ilecelloit la rigueur de sort mauvais courage. DES- POR.TÊS„ Elegies, 1, 8. — La Joneou.r d’une a.b- sen.ce est. bien pleine dia.bsinthe. BERTAUT e Com- plainte sur une absence (p. ai9). — Ma.riage sacré, source du genre humain, Qui rends doux les tra- vaux du cœur et de la main, Qui detrempes l’ab- sinthe au miel de tes delices. MoreTcHBF…sTTF, N, David, 1I (p. 213). Absinthe (masculin). — Boire je veulx le calipce et la. couppe Que m’a. donné le pere, et dans l’ab- sine° Très fort amer je trarnperay ma souppe. MARG. D E NAV., Dern. Pois., le NaPire, p. 406. — Voilà l’autel tout prest de gazons façonné ; D’al- pie et (l’absinthe blanc il est environné. D’Es-poRT Elegies, L. II, lct Pyrontance. Absoet. Ce mot semble correspondre au latin absit, soit absent. — Moes absoet tel vein 11.).’s, car nul obscur efùce Ce qe si cléremant se manifeste aus Cieus. TAILLEMONT ? la Tricarne, p. 62. Absolu. Achevé, accompli, parfait. — ray le deir content, et trion temps absolu, Dist le vie] Symeon de poil chanu velu. B. ANEALle Chant — Comme si je n’eusse au/tre thesor en ce monde, que de te veoir… absolu ut parfaict, tant en vertu, honesteté et preudhommie, comme en tout sçavoir libera.I et honeste. RABELASS, 11, 8. — Pourtant reste à ces vaticinations soinniales interprete, qui soit dextre, saige, industrieux, expert, rational, et absolu Onirocriles et Oniro- pole. ID., III, 13.

On trouve souvent. absolut, absolute, absolit. — Ceste absolute maniere. FABRI, Art de lehetor., 1, 84. — Ung mot signifiant puissance absolu te. PB. DE MARN1X, Ecrits polit. et histor., p. 196. — Elle a plaine et alsoIute authorité, Io., Diger. de la &lig., 1, Iv, Préface. — Pour en faire la reigle absolute de nostre Foy. 1D, , Lb., I, iv, 20. Jeudi abeolet. Jeudi saint.— Un Cordelier.,. un jour de jeudi absolut preschant de l’agneau pas chat. H. ESTIENNE Appl. pour er., ch. 36 {II, 265). — Et oignent l’enfa_nt de saint Chresme, consacré le jour du Jeudy absolu t. TilEvÉT, Cos- ’mgr., XIX, 19. — Le jour qu’on soiernnisoit la benediction du Chresme, qui estoit 1 Jeudy absolu. LE LOYER1 (JIU Spectres, VI I I, 3,.Le Jeudi absolu on fait le creseté, BEROILDE nr VERNILLEI Moyen de parvenir, Ordonnance (H, 251), — Nous faisons la communion le jour de Pasque, et, non du Jeudy absolu. E. PASQUIERe Lou a, IX, 9. — Estant allée le jeudi, qu’on ap- pelle absolu, pour accomplir les cérémonies de ceste journée.. AUBIC ri, Hist. Uniei., XV, 3, _ Aleolutement. D’une manière absolue. — Lequel se conferme en deux manieres absolute- ment et assumptiveme.nt. FAEUU, Art de Rhea., I, 83. — Nous respondismes, absolutement et reso- lutemen L. PH. u E MARN E X. ECrieS piqiC et hIstar., p.2171 — Si l’Elglise peut absolutement defaillir et apostater de son chef Jesus Christ. ID., if fer. de la Relig., I, iii, 3. — Si la doctrine et foy de sahicte refera Egiise Catholique Romaine se peut absolut(menl, trouver es livres des anciens Peres et. Docteurs de l’Eglise. ID, , ib., I., vt 1 aitre). — Le souverain Pontife est a.bsoluternent par dessus les Conciles, ID., ib., 1, y 2. Absolutoire. Qui porte absolution. Ice- lus_ eut bien ]audace de prononcer la sentence absolutoire en faveur des dessusdictz. SEYSSELI [rad, d’APPlEypi, Guerres civiles, IV, fi. — Des ta- blettes diversifiees de couleurs, et de lettres abso- lutoires, ou condamnatoires. J. BORIN, Terint- Nique, IV, 6. Absoudre. Détacher, libérer, Car ce, qui deust le rond lyer, le soult Ce, qui devroit bien fort contraindre, absoult, Rymes de PERNETTE Dur GUILLETe r)4. Dégager, délier [deuil serment, d’une promesse]. Et tous ceulx, qui sont joinctz a luy Par foy serraient a.ujourduy, Vabsouz de tour foy et que plus Ilz nobeissent an surplus A ieel]ui comme Empereur, OrmuoRP., Sainct Loys, L. III {II, 103). • il leur remonstra que ce avoit esté de gratis, et de sa liberalité, par laquelle ilz D’es- toient mie absoubz de leurs promesses. RABE- LAIS, I, 20. — Lycurgus… resolut de mourir, à Jin que ses citoyens ne peussent jamais estre absoulz du serment, qu’ils a.voyent fait entre ses mains. Am-yoT, Lycurpe, 29.. — Le presbtre Augure estant lié et obligé de tresgrands sermens, quil rie re..vellera jamaisles secrets des sacrifices, ils ne le veulfm tpas absoudre et dispenser de ces sermens la, en le de radant de presbtriso et le rendant homme privé. ID.., Dern.a.ndes des choses romaines, 99. — S’il advenait… que je faussasse mon serment, je vous absous tous de la foy que me devez. J. ion Iv, Republique, I, 8, L’air promené des vents, la marine orageuse, Le ciel tristement sombre et la terre espineuse, Comme absous du serment de leur fidélité, Ven- gent sur luy l’honneur de la Divinité. Du BAR- TAS1 2e Semaine, fer Jour, les Furies.. Pape… acquitta et. absent les Arra.gonois du ser- ment de tridenté. E. P.AsQuiER, Recherches, 111, 15. — Si tant est que nostredit decret ne les a peu ab- soudre du serment de fidelité et obeissance na_tu- relie quo les subjects doivent à leur Prince. Sat. Men, liar. et. Recteur Rose (p.1, 14). Libérer [d’une force, d’une puissance, d’une au- torité]. — Sainct Paul, apres..+ avoir d’et que nous sornines quittes et absoulz de la subjection de la Io y, nous ramene neantmoins puis apres à la doctrine d’icelle. CALVIN, Contre les Libertins, 19 .(V11, 207). — Par la prochaine session duquel estoit de l’obeissance qu’il a naturellement à l’Aimant absout et dispensé. RABELMS, y, 36. — Entrons en cette dignité [de Patrice), par le teneur de leur privilege, ils estoient absous et affranchis de la puissance de leurs peres., E. P.A.SQUIE R, Recherches,. II ! 9. — Ce fut luy [Bo- leslas] le premier, qui entre Ies Princes PoIacques porta le nom et Couronne Royale, à. luy octroyé par Othon troisieme, Empereur… tellement que Boleslas fut absout de l’hommage qu’il faisoit à l’Empire. T HF..VET„ Cosinogr., _XX, 3. Dispenser. — Les gensdarmes… se mutinerent, demandais estre absoulz de ! a gendarmerie. SEys- sEL, trad. d’APPIEN, Guerres civiles, V, 13. — Je vous absoulz de pain et de so-uppe, et vous dis- pense de ne valoir jamais rien. RABELAIS,.1..0 O. Jesus Christ ne leur est qu’un idole, pour les transporter, à lin qu’Ai se facent à. croire qu’ilz sont quittes envers Dieu et. le monde, et absoulz de faire aucun bien. CALVIN, Contre les Libertins, 17 (VII, 19S). — En Lacedemone, il Y avoit une loy, laquelle declaroit. les enfa, ns absouls d’aider à leurs peres en vieillesse, quand ils avoyent este nonchala.ns de les faire instruire en jeunesse. LA Nou EI Dise. pot. et mit., Vpf 138). Libérer [d’une dette], dispenser de la payer, Cculx qui luy demander nt des are absoulz de leurs debtes, quilz avoient faictes pour cause de la guerre et des séditions. SEYSSELI trad. d’AP- NEN, Guerres civiles, II, — A quoy s’accorde l’exhortation contenue au Pseaume 82, de faire droict au povre et. indigent, d’absoudre les povres et diseteux, et retirer les débiles et les povres de la main de l’oppresseur. C.ALviri, Instit., IV, xx, 9. Les articles principaux estoyent, Que ceulx qui devoyent fussent entierement absouls de leurs debtes. AMYCIIT, Agis, Dispenser de subir une condamnation. — A la requeste de tous il fut mis en liberté, et absous de cette condamnation. MONTAIGNEe II, 12 (II, 204). (Prononciation.) — El trouvera moyens Vous desiver de tous lyens, Et vous a.ssouldra par par- dons. ixiNooRE, le Prince des Sotz, Sottie (1, 234). Il fait., deffait, excommunie, assoult. ID., l’Es- poir de Paix (I, 176). — Ne croyez ja ce qui l’a contrainte de venir, que ce soit pour se faire souda de quelques homicides. JEAN DELA TAILLE, Ncgromant} Prologue. (Formes.) Indicatif présent. — Je vous abso- luz, et. delivre, et vous rends francs et liberes comme par avant. RABELAts, I, 50 (Il faut pro- bablement lire abenaz, comme dans ildition (le 1535 et l’édition sans lieu de 1537. L’édition anté- rieure à. 1535 donne absoubz). — La conscience testille avec les hommes, quand leurs pensées les accusent ou almoudent au jugement de Dieu. CALVIN, Instith, III, mx, 15, — La conscience atteste aussi avec les hommes quand leurs pen- sées les condamnent ou absoudent devant Dieu. ID., ib., IV, x, 3, Imparfait. — L’un les adrnonestoil de leur salut, les conressoit, et absouloit. RABELAIS, Scio- machie (111, 408). — Les voix des juges qui le condarnnoyent, estoyent une de plus que celles qui l’absouloyen t. Am Y OT, Caton d’thique, 16. — On trouvaqu’il avoit plus grand nombre de ceulx qui le absouloyent [Clodius] que d’autres. Cbcérnn, 29. — Caesar… declara publique- ment qu’il absouloi L. le peuple, et leur pardon noi l’offense et ]a felonnie qu’il z avoyent commise f : kil ceste guerre. ID., Antoirer, BO. Passé défini, — Balbinus rneu de pitié absolvit la femme ris Ia plrigerie_ SESSSEL, trad. d’Ar- FiEri, Guerres civiles, IV. 6. — Si firent tous deux grosse en queste de celluy traieté… Mais estant in- formez quil ny avoit eu aulcune chose mauvaise, ains que cela avoit esté controuvé.’pour le bien de la cité, absolurent tous celui \…PI sen retournerent. ID., trad. de TruuCYD1DE7 (256 vo).— Non seulement il absolut les A thenins de tout ains leur conseilla et les admonesta davantage qu’ilz eussent l’œil aux alTaires. M’on o.r, Alexan- dre, 13. — Le peuple non seulement l’absolut de toutes les charges el imputations que lonproposa contre lu y, ains conhinua davantage à l’honorer tousjours comme devant.. Ti, ,. Dérnmsthène, 21. [Les juges] n’abandonnerent point Demosthenes à ses ennemis… ains l’absoIurent. ID., ib., 24. Le peuple Thebain… ayant mis en Justice d’ac- cusation capitale ses Capi bines, pour avoir conti- nua leur charge outre le. temps qui leur avoit esté prescript et. preordonné, absolut à toute peine Pe- lopidas.MoriTAIGNE, I, 1 (I, Subjonctif présent. — Feu.,. monseigneur le conte de Ligny vostre dict cousin (que Dieu par sa grace absoille). LEMAIRE DE BELGES, le Temple ’Honneur et de Vertus (IV, 185), — A fin de ra, - mentevoir la memorable integrité du tresnoble Roy Charle.s. buitieme, que Dieu par sa grace ab- soulle. I n Legende des Venifiens, 2. — Il occit uostre ayeul de bonne memoire le Roy Laorne- don, que les Dieux absoullent, ID., If, 5 Les Epitaphes des feuz. boys Loys, unziesme de ce nom et de Charles son filz, VII I de ce nom, que Dieu absoille. Arc. Poés. franç., VIII, 91. Ne pensons point que Dieu nous alsoue, quand nous aurons encores un tel regret en nous, et que nous garderons l’offense qui nous aura esté faite. CA LVI N Serm, „sur le Douter., 122 (XXVII, 669). Imparfait du subfoncid. — Elle requist agi Sainct Père qu’il la Guye en confession et, l’abso— t de ses péchez. BRANTÔME, Des Dames, part, I", Jehanne Reynie de Naples (V1II, 166). — N’est ce pas plus d’avoir laissé la puyssance d’absouvre en l’Église, que de n’en avoir point laissé ? St FRANÇOIS DE SALES, Conleoverses., 11, vnt, 4. Absourde, v. Absurde. Absoute_ Absolution. — Puisses-tu forcené courant de terre en terre Durant ta vie errer pour ton absoute qu.erre. Poemes, L. III (II, 122). Abstenence, y. Abstinence. Abstenir (tram.). Tenir éloigné_ Mais plain- dre ce beau poil qu’au lieu de le retordre, Elle laisse empestrer sans ornement, sans ordre, sans presque en abstenir les sacrileges mains. JiaDELLEI Didon, IV (I, 206, Retenir, empêcher. — [Mon pere] A peine sceut abstenir son courage Que de ses mains ne fisc sur lm outrage. 0.. DE St GELA S et CII. FO NTA1 trad. des Heroides d’OVIDE, it (Intrans.) S’abstenir. — Vous perdrez temps, et la chandelle, Mieux vous vaudroit d’en abste- 9.2 114% DES AMIELS,.Pues. (1550) Autre dialogue MO- rai, p. ta6. (Prononciationi) — Ains Venjoincts pour ta pe- ’liter « que par trois vendredis consecutifs, si tu n’as de la chair, tu Vastienne d’en manger_ LA il I- E Y, trad. des Facetieuses Phi iCtS de S Ti ft A P B. 0 E XIII, 1.. (Formes.) Passé défini. — Les dames s’abstin- &en t de rire le mieux qu’il leur fut possible. ID., ib., XII, 2. Participe passé. — La recordation de la charité et bienveillance de ceulx à qui tu as hien faict Va_porte plus de plaisir, que la volupté que tu eusse prince en ton corps de laquelle tu te es abstins. J. Le BLONDI trait de Tu. Montrs„ l’Isle d’Utopie, L. II, 60 ro. Absterser. Nettoyer. — La sainte huile do- rée, laquelle comme un excellent. savon et pre- deux baume, est de si grande vertu et efficace, qu’il n’y a peché ny meschanceté si grande qui n’en soit obstersée et honnestement buandee. PH. DE l’IrlAnNIX] Dijjer. de la I I, iv, 22. Abstinence. Abstention, a.ction de s’interdire un acte. — La reste et solennité d’Apollo Tym- bree approcha. Et furent donnees treves et absti- nence de guerre dun costé et clautre, pour vaquer à icelle. LEMAIRE DE BELGES, J fa r., IL 20. Homme de grand intégrité et non hay des Fla- rnengz à cause de sa preud’hommie et abstenence de pillaige. ID-1 Chronique annale (IV, 49’0. Estans adoric rapportees ces choses à Antoine… commanda à ses gens quilz feissent abstinence de guerre. SEyssEL, tra.d. d’APPIE Ni Guerre Par- thique, ch. i. — Les armees dun costé et.autre es- toient en silence et. abstinence de guerre, atten- dons la respon.se. ib., Gu-erres civiles, Ti 11 Après toutes ces choses passées, y eut quelque abstinence de guerre entre France et Espaigne. LOYAL SERVITEU Re Hist. de Bayart, 26.— Ils sont esehappez outre ceste borne, quand ils ont ordon- né l’abstinence de mariage à leurs prestres. CAL- VIN, inStit. au Roy de France. — L’abstinence de faire est souvent aussi genereuse que le faire. MONTAIGNE III, 10 (IV, 15 ! } Désintéressement. — Le plus grand los que km donne aux Gracques, d’abstinence, de ne point prendre argent, est qu’en tous leurs magistrats et en toutes leurs entremises des affaires publiques, iiz eurent tousjours les mains nettes. AMYOT, Compar. de Tibérius et Cajus Gracchus avec Agis et Cléomène, i. Abst ! ner (s"), S’abstenir. Semblablement s’abstiner de manger Frians morceaulx. J. Bou-CH ET’Epiare5 morales du Traverseur, I, 6. — Ce- luy qui s’enyvre Par ehaseun jour et lu y mr.àsme se livre A s’enyvrer, sans vouloir s’abstiner, Ne de ce cas tant vilain decliner. Plus on se destine A mai qu’a bien, nul est qui s’en abstine. ID., ib., I, 14. — Un des grands biens qui en un Prince soit… C’est quand des biens de ses subjectz s’abstine Prendre sans cause. hi., ib., II, 11. — S’il fault deux jours de quaresme jeuner, Ou de manger de la chair s’abstiner. lui., ib., II, vin, — Ne controuvez vestemens dissolutz… Abstinez vous, et sur ce faictes pause. ID-, ib-, Abstract. Tiré hors, séparé. — Que toute am e ne survit, ains l’intellect, et que les intellectz abs- tra.ctz sont coëternelz avec Dieu. Lotus LE Roy, tra.d. des Politiques d’AntsloTE, I, 3. Commen- taire. — Dieu… ne peut en aucune façon estes co- gneu ny apprehendé sinon dune une abstracte, et retirée de. la contemplation de toutes choses terriennes. Pu. DE MAftNIX, Differ. dela Religbili, 1, 2. Abstracteur. Abetractear de quinte essence. Celui qui e-xtrail la_ partie la plus subtile d’une substance. — Pa_ntagruel, Roy des Dipsodos, res- titué à. son naturel, avec ses faictz et prouuses es- poven ta_bles composez par feu M. ideofribas abs- tracteur de quinte essence. RA PI ELA IS, L. Il, titre. — La vie treshorrificque du grand Gargantua… jadis cornposee par M. fiLlcofribas a.bstracteur de quirite essence. 1D, , L. I, titre. — Se, s Abstrae- teurs, Spodizateurs, Massiteres, Pre.gustes… et autres siens officiers [de Quinte Essence]. In., V, 19. — Je vous retic : ns presentement en estat office de mes abstracteurs. ID., V, 21. (Pa.r analogie.) Ceux qui enlèvent. de la subs- tance les accidents. — Oyez doncques que c’est de certains, purs, vrais, s ;…iinctz et justes elemens que je veux dire, lesquels les ahstracteurs, faid ficat.eurs, brouillons et hypocrites ont gasté… En-faUt— il VOUS a.dvertir touchant. les abstra.c- teurs, d’auta_nt qu’il y en a une sorte : on m’a dit que les plus subtils sont à. la Rochelle, pource que c’est une ville ti me, et que là sont les abs trac- teurs cerimonies qui se parent bravement de leur subject, comme entendus Philosophes, qui levent les aceidens de leur sustanee. BEROALDE VERVEL de par’Jen.ir, Notice (I, 160). Abstractil. — Je ne quiers pas par €…spesse d’envie… Surpa.sser tous en science abs- tractive. LErmAARE. DF, BEI.cE.s„ Oraiion (IV ! 326). — Par laquelle il differe des substances intellec- tuelles et abstractives, qui sont formées sans raa- tiere. Burd, instit. du Prince, 20. Abstraction. Enlèvement. — Achilles tenant à grand injure lahstraction de sa concubine Bri sets„. en conceut en son courage une terrible indi- gnation contre les Grecz. LE.MAIRE E BELi ; ES 11, 15. Abstractiveiment. Abstraitement. — La, Prin- cesse Marguerite nest pas seulement moderee con- cretivemen t., à fin que je use de term.es de. logique, mais est mesmes icelle propre moderation abs-tractivement. LEMAIRE DE BELGES, Couronne Margaritique (IV, 67). A.bstraindre. Abstrainet. Resserré, réduit. a.0 dénuement. — Le rov mon oncle me presse tous les jours de. donner 1.aL’bataille, et eroy qu’il m’en presseroit eneores plus s’il sçayoit comment no-us sommes a.bstrainetz de —vivres. Loy AL SE RFTTE FI Hist. de Beyart, 54. S’aMtraindre. Se retenir. — Je— me, suis abs- trainct le plus que ray peu de rien luy respondre à toutes ses menteries. FABRE, Art Rhet., L, I, p. 262. Abstraire.. Enliwer. — La noble pucelle Cas- sandra se veit abstraire par force et violence, hors du temple de Minerve, où elle estoit courue à re- fu.ge. LEM A IP E DE BELGES, Ill ! IStr., I I 23. — Es- prit abstraict, ravy, et ecstatic, Qui frequentant les eieulx, ton origine, As delaissé ton haste et. do- Triestic, Ton corps conconds. RA RELAIS, L. III, à l’esprig de la renync de Na9arre. — En tel person- ’laie studieux vous voirez su.spendues toutes les facu.ILez naturelles… vous le jugerez.., estre hors soy abstraiet par ecstase. In, , III, 3.1. Extraire. — Un sommaire, qui est comme un elixir et quinte-essence, tirée et abstraiete, non seulement des harangues, mais aussi des inten- tions et pretentions des prineipa_ux personnages qui jouerent sur cest eschaffa.ut. Satyre Menippee, la Vertu du Caiholieon, Absumer. Absorber, consumer.— En roborant ilz [les cauteres actuels] absument et desseichent les superfluitez imbibées en la substance de l’os. MUR. PARÉ, XVI 33, var. — Fa.ult eviter la te- meraire application des medicamentz cha.uidz et acres, apres que nature aura exfolié et jecté l’os carieux, de paour qu’ilz nlabsument la chair re- generee pour la munition de l’os et instauration de la perdue. ID., XVI, 34, var. Absumption. Absorption. — Par tel moyen evacuation et absurap Lion d’icelle [sa- nie] se fera beaucoup mieux. Am DRe PARÉ, IX, 6, Absurde. On trouve aussi absurd et a/moud-61e. Dnndelot avait tenu quelques propos ab-surclz di— la messe. BRANTÔME Couronnas fran- çois CO, 26).. — Et pour epistre inelegante et lourde OU nulles sont. museynes mesures, Nulles doulceurs mais toute chose absourde. GER COLIN Bunit ft à. J. Bouchet, dans les Epi.56(res the. Traverseur, 66.. (Subst.) Chose absurde. — Il n’est aucun ab. surde, selon nous, plus extreme, que de maintenir que le feu n’eschaulte point, que la. lumie-re n’es, claire point,. MONTAIGNE, II, 12 360), Absynse, Absynthe v, A bsinlhe. Absynthien. De l’absinthe. — Aneeptume. Sa, lee, acre, mal-plaisante… absynthienne. M, DE LA. E Ep ithetes. Abundance. D’abundance, En outre.— Notez uncores d.abundance que la lettre 0 est lettre La- tine. 0-, Tony, Chu.inp fleury, III, 54 vo.. Abundant, v. Abondant. Abundantement. Abondamn-tent. — Comme jay— dict et tosrnoigné tresabundanternent en plu- sieurs lieux de tout nostre Œuvre. O. Tom, Champ fleurg, 79 vo. Abus. Erreur ilans une croyance, dans une opi- nion, — umbroth, filz de Cam, regna_ Be- lus son qui fu.t surnommé Jupiter et deïfié par son filz, dant tout l’a.bus des ldolatres print ori- gine. LEMAILIE DEB EL G ES I I I „ — Ne me parragonnez poinci icy la Salamandre, c’est abus, Je confesse bien que petit feu de paille la vegele et resjouist. Mais je vous asceure que en grande fournaise elle ost comme tout auitre suffocquée, et consumée. RADUAIS, 111, 52. — Quand l’imaginant je m’oublie Cet abus con- forte ma —vue : Et ! ors l’aperçoy si belle en tan t. do lieux, Que si l’erreur duroit, je ne voudroy pa.s mieux, BAïlz, Amour de Francine, L. IV (I, 2.1")2). — C’est abus de pen.ser qu’une immortelle peur Allie tousjours frappant d’un riche homme le cœur. RoNsAEo, Hymne de l’Or {IV 1350). — Si nous cuidons estre eschappez quand nous aurons surmonté un mal, c’est un abus : car Dieu en aura incontinent une centaine. CALVIN5 Seren. S’Ut le Denier., 156 (XXVIII, 38kil. — Si par nostre or- gueil et n.os despitemens nous cuidons fouller Je- sus Christ au pied, et le tenir sous terre, c’est un abus. ID., Sertie. sur ia prophét. du Christ, 2 (XX IV, 614). — C’est merveille comment un abus si lourd a peu tomber en la teste des anciens Doc- teurs, veu que.ç’ont esté gens de. bon jugement, et qu’il y avoil beaucoup de raisons au contraire à ce qu’ilz ne s’abusassent point ainsi. CALVIN, inS- tit, , Per, XII, 20.— Or est ce bien un grand abus, s’on cuide Que d’inventer la fontaine soit vuide. LA Bo ETIE, Vers franç., à Marguerite de Carle. — Voyla.mon naturel, et si trompé. je suis, La faute vient d’Amour, non de rnoy qui ne puis M’eslon- gner de l’arcieur de te revoir presente : Si je suis abusé, mon abus me contente. RoNsARD, Elegies, Disc. 2 42). — C’est un ex treme abus, une ex- treme folie De croire que la Mort soit cause de la vie. ID., Elegies, II, texte de 1623 (VI, 311). — Ce seroit abus de penser que Charlemagne eust voulu avoir pour Pairs ou semblables à soy, ceux qui totalement despencloient de son a_uthorité et puissance. E. PAsQuiEn, Recherches, IL 9. — La folle au bruit qui de joye s’espasme Guide premier que ce soit son Pyrame : Mais son abus elle co gneut apres Que ! e Lyon elle apperceut de pues. BAÏF, Poses, L. IV (il, 174). — L’un pense avoir la raison, et.. s’abuse : Ment. et ne sait que l’inno- cent accuse : Le mesme abus qui jetta dans la mer Son frere a rn cestui-cy fait armer. ID. ! lb., L, V (II, 255). — C’est ung abus de penser qu’ung monarque se puisse. garantir et saulver son estai par la force. L’HOSPITAL, Reform.. de la..1 us- tirP., 2e part, (IV, 83). — L’ireur du paganisme-. laissa tomber cette grand. ame [Platon]..e en cet autre voisin abus, que les en fans e i. les virillars se trouvent plus susceptibles (le religion, comme si lao naissoit et tiroit son crédit de nostre imbecil- lité. l’iloYrAiGNE, II., 12 (IL 150). — Quels abus, quels mescontes nous trouverions en rostre pau- vre science I ID., ib. iil, 286), — C’est un abus de penser que ia force seule face les grands effects, LA NOUE, Disc. pûl. et mil., IX (p_ 226). — Il le fut [religieux], et fort bon catholique, encore qu’aucuns ont eu opinion contraire, mais c’es- toient abus. BRA NTÔNI El, Cap. frane., le prince de /a Roche sur Von (V 26), — Aucuns crurent que c’estoit un diable ainsi transformé, c’est un abus_ In., Disc. s’if les Duels (VI, 459). Erreur en ce que l’on dit.. — 0 beau Paris, je ne croy pas qu’llelaine… Fust de beauté autant. que ma_ maistresse ; Si on le dicl, certes ce sont abus. MAPOT, Epistres, 1. — C’est chose superstitieuse : et n’est que abus ce qu’en script Serapion Ascalo- nites. RABELAISt III, 13. — C’est abus dire que ayons languaigre naturel, In., III, 19+ — C’est abusque Pluton ait ainité. Proserpine, Si doux coing n’entre point en si dure poitrine : Amour regrée en la terre et non point en enfer. RorisAHD, Amours de Marie (I, 173), — Des vains destins de Francus je n’a,.y cure : Tels sots abus ne me vien- nent piper, ID., Franciade, 11 (III, — Il fut filz naturel du grand empereur Charles, et d’une grand dame… et non point d’une boullengère de Bruxelles ou lavandière (comme la pluspart du commun l’a. dict ce sont abus. BRANTÔME, Ga- estrang., Dom Juan d’Autriche (II, 139). — Aucuns en ay-je voit en Piedmont qui ont. creu et affermé que le diable le vint presser de ! a mort et remporta, Mais ce sont abuse ID., Capit, franç., M. de Sagvoyson (nr, 97). Erreur en ce qu’on fait, — Si les vers ont esté Palme de ma jeunesse, Les vers seront aussi l’op- puy de ma vieillesse. Du BELLAY, Regrets, 13, — ’as tu rien fait entendre à Fleurdelis de ma part ? — Nenny certes, Filadelfe car je sçay bien que, si je lui vouloir parler de vostre amitié, ce serait abus, elle ne s’y arresteroit jamais. JEAN DE LÀ TAILLE, les Corrieaus. I, 3. — Ha Sarmates ra- sez… Que] abus vous poussa pour venir de si’oing Priser ce mesprisé— ? g, Tragiques, II (IV, 92). Tromperie. — Fille, soyez en. habit cointe, Et vous parez de grands vertus Sans (aulx semblant, ne ris, n’abus Faire à eeuix dont estes acointe. A nt. Poés. franç., II, 19. — Cy n’entrez pas, Hy- pocrites, bigotz… Tirez ailleurs pour vendre VOL.Z. abus. RABELMS, I, 54. — Je ne l’eussepas creu : et me I’eust dit Phcebus, J’eusse dit son trepied et lui n’estre qu’abus. RONSARD, POditieS„ L. Il, Disc+ au car d. de Chastilion, Abusat. Abusé. — Il y en aura bien d’ahusats. PH. DE MARNIX, Differ. de la Relie., Additions. Abusement. Ce qui trompe. — Mon enfant, n’abuse jamais Ton cueur en ces orduremens Mon- dains, qui sont abusemens. Anc. Poe. franç., II, 240. — Leurs gestz ne sont qu’a, busemens Dont troublent voz entendemens. lb., V, 183. — Com bien d’a.busemens Font aujourduy plusieurs sup. postz d’eglise. J. BoicnET„ Epistees nun-aks.da l’raperseiir, III V„ 22. Abuseux. Trompeur. V. A busil. Abusif. Trompeur. — Les Lacedernoniens… porterent avec eu x grande quantité de menottes de fer, se confians en l’oracle abusif, qu’ilz prendroient les Tegeates prisonniers. SALIATI trad. d’HÉRODOTE, I, 66. — Enchanteur. Abusif ou abuseuxi M. DE LA_ PORTE, Ep iikete9. — Ce sont fables abusives, Mme ? DES ROCHES, Secondes Œuvres,. Rial, de Placide el Sei.5ere. Abusif de. Qui abuse de, ou qui trompe au moyen de. — Antigonus congnoissant le person- nage, ou la maniere de ces philosophes simulés, et abusif de l’habit et profession. Buné, ! neje, du Prince, édit. J. _Foucher, ch. 36, Abusion. Abus, usage impropre [d’un mot]. — Quelquefois on donne le nom de beau aux testes, aux fleurs, aux pierres, aux metaux et autres sem- blables : mais trop improprement et. par abusion. LE CARON, Diaiogues, 1, 5 (152 va). — Lorsque nous leur attribuons ta.ux éléphants] religion, nous ne la prenons pas en. sa propre signification, mais par une maniere de dire, et par abusion de lan- gage, et. par comparaison. AMER. PARÉ, Livre des Anifraanx, 45 (III, 768). Erreur, illusion, folie. — En reprenant rostre conclusion, Ou avez dit que œil faict plus qu’ouye, Touchant cela c’est tout abusion. Guitt. CRET1N, Debat sur te passetemps des chiens et oyseaux. — La première voyo, Qui tent venir par sotte abu- sion A heresie, est la presurnption Du propre sens de l’homme, qui pense entre Trop sain et cler de soy inesme et congnoistre Plus qu’il ne doit. 3RiNG0RE, Blazon des hrerefiques 1, 297). — Ne faire pas comme plusieurs, lesquelz ayant quelque bon moyen eleulx sauver qua.nt ilz se voient hors desperance apparente, se retournent a auitres in- certaines abusions, comme sont veut, divinemens, oracle. SEVSSEL, trad. de THUCYDIDE, V, 12 I8O ro). Parquoy concludz que c’est abusion D’estre amoureux. MArler, Rondeau. ; 10. — Jusques à quand emprises vaines Sans fruict, et d’abusion pleines Aymerez vous et chercherez ? ID., Ps. de David., 5. — Et de ces troys seigneurs ont faict yfiole, Estimant sens leur sotte abusion. MARC. DE NA17„ Dern. Poés., les Prisons de la Reine de Nav. iCp. 171). — Le vice est plus loué que la vertu, Tarit des humains le faux jugement em, ,. Jusques à quand, bon Dieu, souffriras tu Demeurer telle abusion sus terre ? Dis AUTELS, Repos de plus grand frayait, 5— 6-— Vierge com- bien de larmes Ay je faict pour aliarmes Pleine d’abusion I AsQurN PH[LEETL1L, trad, de PÉ- TRA11.QUE„ L. IL chant 9. — Ils entretiendront le povre inonde en telles abusions. CAT….viN Serm.. sur le Deiftpr., 8I (XXVII, 161). — Plusieurs Maho- metans, qui eussent bien desiré entre en la liberté que j’estois pour se chrest.ieriner, et qui dotes, taxent du tout l’abusion de la reigle Alcoraniste- TnE-vvr, Cosmogre, III, 9. — Les Prestres, qui Ies tenoient en ceste abusion, estoient toue enchanteurs. ID., ib., XIX, 10. Tromperie, mensonge. — se dit aller raire le partage dune grand succession en Crete, Je croy que toutes ces choses sont paraboles et abusions. LEMAIRE DE BELGES, III, 7. — Il les tien- dra [les faux monnoyeurs] en telle subjection Qu’ilz n’a_uront ca_use de faire abusion. /Inc. Pciési franç., IV, 72. — Qui vouldra donc des nouvelles sçavoir, Qui ne sçaura des follies cent mille, Qui ne sçaura mainte abusion vile, Sans trop picquer l’en ferons souvenir. MAROT, BaltadeCI 2. — Apres que Mehemet eut ga.sté le monde avec ses a.bu- skons. THEVETI, COSffiCegr. VI, 2. — Un homme… qui n’estoit pas peu rusé à. telles abusions. F. BRE-TIN, trad. de LUCIEN, les Fugitifs, 1. Abusoire. Tromperie. — Suivant comme les autres les belles abusoires de ju.risdiction, et pos- session. ReCitliSe. BEROALDE DE VEE.VILLE5, Moyen de parvenir, Notice (1, 161). Abuter. Diriger vers un but. — 11 n’en fanon esperer que rentier rabaissement de la France, laquelle., estant de naturel martial et rernua.nt, aya.nt perdu ceste belle escolle martialle ou pepi- niere de guerre, ne se contiendroil jamais en paix si elle n’avoit quelque visee ou a.butter sa valeur et sa vertu. Du VILLARS, YfeYneireSi X (C1.)i Siabuter. Se diriger vers un but. — Il semble que rame esbranlee et esmeue se perde en soy- rnesme, si on ne luy donne prinse : fa.ut tous- jours lu y fournir d’object où elle s’abutte et agisse, MONTA IGN E7 I e 4 (I, 25). — Qui fest polir les ma.ux des mizeres humaines, Ne se doit abuter aux prosperes effetz. PAPONe 1a Constance. Abuter. Prendre pour but. — Avisez quelle cel- lule vous desirez abuter, car on n’en ouvre qu’une à la fois. BEPoALDF. oE VERVILLIii Voyage de$ Princes fortunez, 505. Fixer d’ava.nce tune date]. — Un Luncly matin qui estoit le jour abutté, nos estions tous à regar-der. BEROALDE DE VERVELLE,.4loyen de parereniej Enseignernent (I, 100). Assembler, réunir. — Quand iceux os sont tel- lement a.buttés et alliés, qu’entre iceux se voit quelque chose de diverse nature. AmBrL PAttÉ, L, IV, Table des arlieulations. — Ces lettres lettes et clese..hirees par Aubain, les pieces furent recueil- lies par un Gentil-homme amy de Garnier, qui les abute avec de la cire, et y ayant, trouvé la mort conjurée contre Iuy, tout aussi-tost Ies luy ap-porte. E. P.AsQurEn, Recherches, V, 8, Ad.clitionner. — Recueillez, par parcelles, tou- tes les sommes mentionnées pa.r cest article, o I les abutezi avertmes les dix ans vous trouverez les quatre mille ma.res. E. PASQUIER, Recherches, IX, S6. (1ntra_ns.) — Le Roy de ce pays-là. a tellement accommodé les passages, qu’il faut que tous voya-geurs viennent abuter à 1111 palaiSi qu’il a fait bas-. tir aupres des chemins.. BERICIA.LBE DE VERVILLF.1 Voyage dee Princes fortunez, 317. Abyame, v. Al.èie, A bisme, Acabrer (si). Se cabrer. — Un meschant che- val malheureux, un jour en s’acabrant villaine-ment, se renversa. sur moy. BRA A NIMPiEl Cap. franç., le mareschai Bellegkarde (V, 211), Acacia, Aeaele. — Suc de acacie.. m isn. R VIII, 25. Acacia (féminin). — L’Aca.cia blanche se pou.r-ri t. en l’eau. Du PIN F.-T trad. de PIAN E.p XIII, 9. (G.) Acadcralé. — Tournant ainsi à toutes legeretez et conseilz, on demeureroit assez perptex, confus, et academié pour ne rien entreprendre. DU FAIL„ Contes diEutrapel., 27. — Cou.rbet traduit p4 : u. assoié. M. Philipot —voit dans acadeinié : un em- prunt à l’argot du jeu : confus, déconfit comme quelqu’un qui vient de se faire décaver dans une aca.demie de joueurs. » Di ; e pourrait-on pas. plutôt voir dans ce passage un souvenir de la 2e Acadé- mie, celle d’Arcésflas, et de la. 36 Académir, celle de Carnéa.de, puisque l’un et l’autro professaient le scepticisme et niaient la possibilité d9 la eer- titu.de ? Aeadernien, Disciple de Platon. — C’est Ia. vra.ye Psycogonie de Platon, tant. celebre  ! par les Aeademiens. RABELAIS’V, 35. Academique (subs0. Philosophe. — Mais si cela seulement pique Quelque petit Academique, Laissés aller les corramtans. PASSERAT, PeeSieS% 166. — (Dans cet exemple comme dans les deux suivants, académique, académiquement me sem- blent employés da.ns un sens. élargi.) A l’académique. A la manière des discussions philosophiques. — Il nous faut en eecy proceder l’Academique, je veux dire monstrer par bio.nnes lAables raisons ce qui n’est pas, et timidement asseurer qui peut estre. P4sQuiER, Re- cherch-es, Acaderniquement. la ma_nière des discus- sions philosophiques. — Ce qui n’est que proposé, secoué, et disputé problematiquement et acade-miquement. CEA ri HoNe Sage : 5Se7 Préface. Académiste. Chien acaclémi.gte. Chien. savant. 31.1.nge-loup, chien a.cadémiste, Chien assez sa-vant alchimiste. Var. hist. et IV, 265, Acagnarder. Accoutumer à la paresse, à rina.ction, — Il n’y a rien au niroiric… qui acan- gnarde plus les gens que les jeux, voire jusques à tenir leurs sens captifz, comme une espece de sor-cellerie. CA.L’ItiN 5 Lettres, 3i51/— Jusques à quand, fils d’Hector, sans rien faire Nous tiendras-tu sur ce bord solita.ire, Acagnardez en paresseux sejour, A boire, à rire, demener l’amour’? HoNsA, RD, Francia*, 11.5. S’acagnarder, S’accoutumer à la paresse, à — Voila un homme que s’il se voidoit advancer, est assez sage, mais il est trop non.- cha.la.nt, il ne demande qu’a, s’a.ccaig, narder là sans se mettre a.0 hazard. CALVIN, Serm. sur le de Job, 20 (XXXIII, 253), — En ce-pendant par soins et pa.r labeurs par travaux aiguise nos cœurs Diversement, de peur que nostre vie Ne s’accagnarde en paresse engourdie. RoNsARD, Poemes, L. I, à Jea.n de la Peruse (V, — Tels que. sont quasi les corps des femmes,. qui s’accai-gna.rdent et moisissent sous rombre. F. BBETIN trad. de LAuc.J ENI A nacarsi.5., 25. — Il n’a garde de s, 5acaigno.rder en oysivetté, ny aux plaisirs do sa court. B RA NT13111 E, CaP. este., Charles-Quine (I, 29). Aeagnardir (s’)i S’accoutumer à la paresse, à l’inaction. — Avez vous eu Ta_ moindre raison de VOUS estre plustost acagnardis ouir le bailetrient de, vos troupeaux, qu’il_ vous jetter en guerre avec nous.,. ? Tu. DE BkZ.E7 Canti9ue de Debora, Para- phrase. — Ces Gaulois siestoicnt tant acanihardis après les femmes et les richesses qu’ilz avoient gaignées, qu’ilz entrarent en peur n’ausofen sortir de la ville. I’Vfoinuc, Comment., L. VI (III, Aeaignarder, Acagnarder, Acancer (7), — Mance ma. Carite a son pied de Pegaze L’escarpe blanc-tiré, qui en-ayie sa baze. L. PAPoN, Disc, à’line Painphiie 31)). — (Peut-être faut-il lire ajance.)

Acangnarder, A.cagnarder.

Acanihardir (s'), v. Acagnardir (s').

Acantonner (s'). S'établir. — Si le roy leur hailloi L [aux huguenots I à choisir pour s'acanton- ner au. royaume clo France, ilz n'en pussent sceu choisir Ling plus à leur commodité et adva.nlaige qu'estilyià [le port. La Hi.-}chelle]. I'vloNLuc, Comment., L. VI 011, 166). — Que si ledit I sei- gneur de Guyse n'eu.st. faict ce qu.'il list [en défen- dant Metz], l'empereur se feust aquantond dans lo coeur de la Fra.nce. ID ., ib., L. VII (III, 467). Acappaye. (Commandement nautique.) — Han amure, amure bas. 1-1 au Uretacque, Cap e.n houlle. Desmanche le heai,iline. Accapaye. flA.1312,- LAIS, IV, ap. Accapaye, hall , s'escria Jamel maistre pilot, accapaye. 1D., ib. — dans son Co66aire Nautique, décla.re n'avoir ja.- mais vu ce mot que chez Rabelais : « H est difficilP de préciser le sons que. l'auteur de Panteign.rel vou- lut donner à ce terme ; tenir la cape, ou poui'.;ser le cap en. ko lie. -à-dire piquer au vent et affronter la lame? Probablement. c'est 'apayer qu'a. voulu dire le curé de Meudon. II Acaration, Confron La Lion. — Confrontations, nenni:ions, 1 ih Ill s, aluns iules, letres royauls, com pulsoires, declinatuires, RABF.LAI, 111, 39. Acarer. Confronter. Acariastre, aucuns le (let-luisent de ze4-1, c'est à ffire. test( eomme aussi ce qui se dit en quelques lieux, tarer des te,s.-moins, semble venir de la. I-I.. EsTIE NENE, Con.- tormité 'Vols jranfois pris du grec. — envoya prier ln rune de ne raire mourir ce malheureux qu'il ne Pu st premieremen L acaré à luy et affronté, pour le faire desdire des menteries qu'il di. oit de luy. BRANTÔME" Cap. franç.., Al. de Guyse (IV, 25a). Acearer à qqn une arquebuse. Lui tirer un coup d'arquebuse en face. — Buzarto le tua c•uelle- ment, luy a.ccarant une grosse arquehus de qua• libre dans sa cuirasse. BRANTffirt F..5 Cap. frane... Al. de la Pallice (II, 3'79). Acariastre. Fout privé de raison. — Gens soullzmis... à la Lune, comme... Foiz L'cervelez, Acariastres, Esve.ntcz. R4ÉkBELA15" Pantagr. Pro- gnost., 5. — De telle maniere de gens sont venuz cn avant je ne sexy quelz accariastres, lesqueIz pro tendent orguilleusement la doctrine de l'Es- prit, inesprisan quant à eulz toute lecture. CA I.- VINi InStit. p. 24. — JE rie ver lx point.. pour- suyvre tous les Lesmoignages que 1-os accaria.stres Sorboniques prennent inconsideri.ment ç et là 11e l'EscriilIFICI POUF batailler contre nous. ID. VI, p. IA304 — Mais ces accariastres [vertigi- nosi] imaginent bien une tkuLre chose, que n'a pas (lire sa.inct. Luc. li),, Contre tes Libertins, 21 1217). — Quand on a dict que S. Acaire gua- rissoit les a.ca.riastres, je ne doute point qu'on n'ait regardé à l'origine de son nom. IL ESTI E N N Apoi. pour Her., 28 (Il, 312). — n'a trouvé ne veu vine ny village en ces païs !à, oit il n'y ait belle troupe. de ceste parenté, marquez pour estre cogliPuz tds qu'ils sont, à sçavoir fois et LI.Ce- riastres, d'un Turban verd. TitKvET, Cosmogr., \T I, 5. — Noll pas que je suis si accariastre de soickriir cc! qu allegue Gesnerus, savoir qu'en ces luik •-L des Indes lesdits moutons, brebis et chevrys, xcedenl, on grandeur le.-s asnes d' Egyp te, ib„ XI, 20.— En nostre apprenons un se- cret, C'est quo celuy qui se croie. plus discret Que la commune, est. un acariastre.11.„ PfiksQuIEB, Jeux poetiquAe, II, 10. — Quo veut dire que Bacchus a fait ses guerres et conquestes aussi bien avec des femmes qu'avec des hommes? et que ses restes Orgiennes estoient celebrees de trois ans en trois ans, par des femmes folles et a.cariastres, avec des hommes? OUILL. BoucnET„ lre Seree 1'7), — Les choses es tans telles que dessus, je trouve- rois trés-estrange, que k commun peuple n}eust esti provenu de ceste malheureuse opinion mais encore le trouverois-je plus estrange, après m'avoir tout au long ouy, y per-sistoit, et esti- me.rois celuy qui serait frappé à ce coing, non seu- lement opi niastre, ains acariastre, E. PAser Lettres, XI C, I . — Ils nous aideront hien et einpes- cheront bien que ces meschants Huguenots aca- riastres n'entrent aux Estes- Men., Har. M. le Lieutenani (p. 881; — Lesquels miracles no peuvent estre mis on doute, sans faire. l'aca- riastre, et dementir les livres, les histoires, 1a foy et creance de tout le monde. CliARRON, le.5' Trois Veritez, I, S. — Il s'a.git d'un nostre ['rue qui ne soit ni paye.n ni publicain, mais sous la, discipline et correction de I'Eglise, et neantmoins n'est pas inconvenient quil soit reprouvé, acariastre ef obstiné. SI. Fru Nçors DE SALES. Controverses, 1, 11, 2, ileasaner (e). S'établir, s'habituer à rester chez soi, dans l'inaction_ — Les Normands, qui encor portent le nom de leur païs, s'estans accasa- nez en France, se sont aussi arrestc . en un lieu. froid, el. bon pour les pasturages. TITEVET Cos- mogri, IX, 2, — Faut-il quo PI thaquois, après tarit de vacarmes, D'escarmouches, d'assauts, de combats et d'alarmes, Soit désormais domt par un sommeil flateux? Faut-il que la vertu d un prince belliqueux S'acasane si tost...? J. B E ilijiANP-RE'P(15, Ulysse, I (p.1.6. ne permet que leurs. esprits s'abastarclissent ou accasanent en veduptez et exercices de nonprix. E. PASQUIER1 Pour-parler du Prince (I, 1031). oasaaé. Habitué à ne pas sortir de chez soi, à rester dans l'inaction. .' A present et l'un et l'a.utre peuple sont accasa_ne.z, et ne se soucient que bien peu de la marine. THEVET, Cosenogr., I, 12, — Quelques ignorans, accasa nez en France, qui ne voyageront jamais. ib.., IX, 8. — Quel honneur peut avoir cil qui accasané N'a jamais rait essa.y du sort ou il est na y.„? NuysE- Œuvr. poet., 13 -vo. Acaser (BI). S.Y„itablir, s'installer_ — 0 pie ces 1.Fauvres Anglois, qui s'estoinct a.c.casés (lespuis trois cens ans dans la ville de Calais, dolveril, maudire la lascheté et poltronnerie de celuy qui si laschenient laissa perdre une si bonne place ! MoN- Luc, Comment., L. III {H, 113). — [Le Loth] S'acase aptes en Gaule r et chassé de Oascorigno, S'arreste en Portugal, Castille et. Catalongne.Du I3,é1/4,wrASI 2e' Semaine, 2,e Jour, les Colonies. —Tout ainsi !es ma,çons de la superbe Tour S'en vont es- parpillez, acazer à l'entour de Mesopotamie. ID., ih. — La prodigue moisson et l'onde qui ruisselle Par cent mille canaux au long d'un si beau lieu Qu'il seinhle estre moulé sur le jardin de Dieu, Troublent ton jugement, et Le font miserable, Acaser au milieu d'un peuple abborninable. 3e1Jour, la Vocation.— On n'oust jamais pensé qu'il (Birague] deust abandonner Thurin, d'où il estoit premier président, où de longue main il S'eSt accasé et habitué. B aA N Tô isl Ei Iran t71- le ,ie.a.resehal de Bourdillon (V, 178. — Le roy René de Scicifie, duc de Lorraine et d'Anjou, airnoit fort les Gascons... et s'en servit fort, si bien qu'il y en eut quel quel u.ns qui s'y accazèrent. In., Dise. sur les Duels (Vl, 235. — Jehan de Bourdeiile_ s'en alla après aux guerres de Naples d'alors sous Charles, duc d’Anjou, et s’y acaza. In., Or. Pin. rie R4 Bourdeille (X, 66). Acaeé. — Vous ne treuvez pas que les nymphes fussent. accasées entre l’onceine I des mu- railles d’une ville.. leur séjour n’estoit qu’aux fo- rk-sts, aux fontaines, aux monta.gries. CnoLIÈRss, Re Matinée, p. 276. Estant à’Purin, je passay par devant. la boutique d’un courdonnier… lequel s’e9pelloit maistre Blaize, de la Réole, mais acasé a Turin. BRANTÔNIE, Couronnele fronçons (VI, 156). S’aca-ser. so fixer [près de qqn]. — Un Gentil homme de nos parents… lequel depuis quelque temps s’est aceazé et servilement attaché à une Damoiselle de beaucoup moindre, condition qui) luy. AuFnuiÉ, Lettres de poiriers de seiridre, ri37), Acaste. Agate, — sarde, crisolicte Louable, .Amatiste, jaspe ou acaste, Et ligure t’est convenable.., inc. Foies. franç., X I I, 281. Acatalepsie. — Qui a esté. cause… aux Pyrro- niens de mettre ces opposez entre les arguments de leur* acatalepsie, c’est à dire inco.mprehensibi- lité. LA RAMÉS, DiCtiediépe, 1, 44. Accablement. Éc.rasement, — Ayant veu à Six_ l’espouventable et irreparable accablement survenu il y a quelques années par la (-Meute d’une piece de montagne. St FRANÇOIS DE, SALES ; Lettres, 714… Accabler. Écrmer. — Il ne dura en son regne non plus haut de huiet mois, estant subitement anc..ablé en la ville de Viterbe de la ni— d’une chambre qu’il y faisoit..bastir. Pn. DE MARNIX, if fer, de la Religi, I I, 17, 3. Précipiter. — 0 champs plaisans et doux ! ô vie heureuse et sainte ! Où, francs de tout soucy, nous n’avons point de crainte D’estre accablez en bas, quand phis ambitieux Et d’honneurs et de biens, nous voisinons les cieux !.D E SI’0 RIES, Bergeries. D iscours (Intrans.) Succomber. — J’accable saufs ceci fk grand faveur que vous me faites… je suis si débile, que je ne puis soustenir le grand faix de Pesperance que me donnez. LARIVEY, les Tromperies, V, 3. Accagnarder, Accaignarder, v. Acagnarder. Accaler+ Sorte de bateau. — 2-’iLvecques ria5- selles, barques, gondoles… accalers, piragues, ca.- rabes, canoues, Li LOYER, Hist. des Spectres, IV, 1’7, Accapi. — Quand donc un homme se sentira en tel trouble, qu’il ne pourra point arracher un seul mot en priant Dieu, qu’il sera là accapi„ et. qu’il ne sçaura par quel bout comnencer, 5. ; 1 faut-il enc.orP1.--. prier quoy en soit. CALVIN, Serin. sur k Can.- tique d’Ezeeleias, 2 (XXXV, 545). Accarer, v.. Acarer. Ac ruer(sl. S’acharner. Ni °ru :. aux Loupz ceste coustume Ne fut, ni aux Lions, Que sur leur dispareille plume De s’accarner Pelons. Luc DE LA PORTE, tract d’HortA_cE, Epodes, 7. Accasaner, Accaser, v. Acasaner, A raser. Accatz. Afeure aceatz. Rendre confus. — Ce qu’il y a n’est qu’un trop petit cas, Pour en parler entre les rhetoriques, Entre sçavans, procureur± :… advocatz, Et. gens lettrez : test seroys mis acca.tz De, rio vanter devant les theoricques Et gens parfaietz, en carmes heroïques. Bounn G N Pierre Faiteu, Enpow en maniere de ballade. Acceint. Enceinte. — C’est chose estrange, que Dieu ait esté courroucé jusques-là, que d’avoir… ACCEPTATEUR abandonné aux mains impures et pollues des peuples infideles son sainct Temple… avoir logé ceste impure nation dans ce brave, rnag, ni fiqu c., et religieux acceint, r(Imme dans les tentes d’un camp. Du VAin,..11.-dit. sur les lanient. Éle Jere- mie, 2. _Accenser 1. — L’aulx° par trop les oreilles m’offc…noe Quand pour allu me a voulu dire nreense. Cir. FONT.AINV” dais MA ROT ! Upstres, 52. Aceenser 2, Assenser. enser, donner à ferme. — Tov qui ton hien a : -.7.ense et. terre, A quelcun qu’est rnaulvais payi ! _1r, A luy te fauldra, avoir guerre. Ane. Pois. franç., Il, 74. — M. de Sainct Paul nie dit que M. l’Abbé. avoit laissé d’ae censer l’abbaye, selon qu’il rn’avoil. donné pa- roule, pour quelques pa.rolles laschees de voire Bart, qui estonnerent les fermiers qui sioffroyent. FraNçois DE SALES, Lettres, 202. Acceptable. — Qui rne sera un plai- sir acr..eptable rra voir 11.amo-nr d’ung tel soigne : lu notable. Ft COLLERYE Epistres, 20. — Cies- toit un Refuge amyable, C’estoiL un Refuge parfaict, C’estoit ung Refuge acceptable.. CfmtpiaineteS, 1. — En ce faisant, il z obe.yssen I a son commandement et volurité : et font chose ag- greable devant luy : d’autant qu’il denonGe qu’il n’a. chose plus acceptable que obeYSSanee. CAL- VIN’InSat. 5 X, p.. 528. — Nous sommes… con- damnez et convaineuz dovani Dieu, auquel rien n’est acceptable sinon jusLice, innoe.cnce et pu- reté.. ID., ib., XI, p. 588. — Ils allumerent sur les autelz de Marmorine devotz et. a.cceptabIes sa- crifices au souverain Juppiter. A. SzviN, trad. de BoccAcE, h Philocope, L. IV, 92, — 11 n’y a riens plus precieux ny plus acceptable à Dieu que distribuer aux po-vres de la labeur de. ses mains.. P. DE CHANGY1 Instit. de la femme chrestienne, I, 8. Aulcun chien blandissoit A son seigneur, et lu v applaudissoi t., Quand le voyait notamment en Pi table, Dont en effeet estoit fort acceptable son seigneur, ainsi comme a eeluy A qui don- noit passe temps non ennuy. EldkluDENT, Apo- topées d’Esope, I, 121E. — ensemble appeliez Mon peu….1iinchise, en priere acceptable. D e i..\- -u-REs, trad. de l’Eneidie, VII, p. 336. — L’amour 1..st souhaitable et acceptable de soy sans lis autres ehoses, et nulle autre chose n’est n3.— plai- sante ny aggreablt.i ! sans l’amour. MoNTA[Griz, -trad. de RAYMOND SudioN, ch. 111). — Les arbres ne nous donnent pas seulement les fruicts, niais.. ils nous ]es donnent meurs, plaisons et accep- tables. 1D., ib, , ch. 11/d. — Et ne m’est jamais tombé en fantasie… que ]es services d’un homme qui a dix mille livres de rente, ou qui a pris Casai, ou derendu Sicne, luy soyent commodes et plus acceptables, que d’un bon valet et bien expe- rimen té. In., Ess., I, 42 {I, 364). — 0 que mon allie est satisfaitte de l’exercice de penitence que nous avons fait ces jours passés, jours heureux, et ac- ceptzd)les, et enemorables1 St ii’RANçois DE SALES, Let ires, 288. — Ceste excellence qui les rendoit acceptables, multiplioit en elle le desir de leur donner rentree plus. familiere qu’aux autres. BE- RoALDE DE VERVILLE.5 1.70ya5e CIÉS PrifteeS nez, p. 232. .acceptateur„Acreptateur cfc persemizes. Celui qui lient compte clesconsidérations depersonnes, qui fait acception de personne. — Dieu n’est point acc.eptateiir des personnes : niais en toute nation ceIlly qui fait justice luy est plaisant. CAL- VIN, Instit., I, p, — Dieu n’est point ac- ceptateur de personnes, pource qu’il ne discerne point entre le Grec et le Juif, pour en avoir l’un aggreabie et rejetter l’autre, seulement à cause de la nation.. ID., ib., VIII, p. 484. Acc eptation. ccep lion, action de tenir compte des considérations de personnes. — Sans accepta- tion de personnes quiconque est Advocat ou Procu- reur au Parlement, il jouit de c.e bene lice. E. PAs- Qu’ER, Recherches, II, 3. — Il condamna par con- tumace tous les coupables, sans port, fabveur ni acceptation d’aucuns. L’II osrrrAL Reforne.. de la Justice, 2e partie (IV, 149). — Rendre la justice au peuple, autant aux petits qu’aux grands, sans acceptation de personne. ID., ib., rie partie (IV, 369). — Fais et garde justice, sur toutes choses, aux pauvres comme aux riches, aux estrangers comme ait x privez, sans avoir acceptation d per- sonne. AUBIGNÉ, Hist. Unie., V III, 1. Accepter. Faire acception de, tenir compte des considérations de personnes. — I] (M’oit à un chascun faire drain, sans varier ny accepter personne. RABELAIS, II, 13. — Compte rendront. devant Dieu de leur faict, Et. ce, stuy la lequel aura m.ieulx faict, Noble ou Justin sans accepter per. sonne Sera sautvé. J. Boucius, Epistres’morales du. Traverseur, II, in, 6. — Il est dit, Qu’il n’ac- cepte point la personne des rans mais que sans considerer les riches ne tes povres il met la main sur tous. CALVIN, Ser. sur je liv. de Job, 131 {X XXV, •63-1611). — Nous demandons Veu que Dieu n’accepte point les personnes, pourquoy pardonne-il plustost à. l’un qu’à l’autre ? ID., ib.., 134 (X X XV, 105). — Sire, le Seigneur vit, qui n’accepte personn.e. Et n’estime les traits dont ! e corps se façonne. DES MASURES, David combat- if-mg, 1340. — Dieu, qui n’accepte l’apparence des personnes, a ses esleus par toutes les nations du inonde. E _ ? IViA n NI X Corresp, etMelange$„ p. 405. — Dieu est juste, et n’accepte point l’ap- parente des personnes, ni des tiltres, mitres, digni- tés, eathedres ou siegcs+ 1n., Dinar. de la Relig„ I, nt,’7. (Proncincia.tion,) — CELTOPH. Or a, puis qu’on Affettio.re pour A ffeerion, aussi dit on Accater, pour AecEpter el. pareillement Acceualion. pour Acceptation ? — PunAus. Vous 11’011 devez point douter : car nous suivons la prononciation Ita- lienne aussi bien en l’un qu’en l’autre. ff. Es- TLENSE, 2.0 Dial. du, long. franç. ilatian. (II, 250, -Vauquelin de la Fresnaye fait rimer accepte avec houlete, dans les Foresteries, 1, 6., et avec einplaite, dans les Sa. franç., L. III, à J.-A. de. Baïf. Accepter (subst.). — Comme le donner est qua- lité ambitieuse, et de prerogative, aussi est. l’ac- cepter qualité de soumission. MoyrAiGNEI HI, (IV, 75). — Le determiner et le distribuer appar- tient à la maistrise„ et à la rege.nce r comme it la subjection et apprentissage, l’accepter. In., III, 11 (IV, 155). Accepteur. Accepteur de personnes. Celui qui tient compto des considérations de personnes, qui tait a_cception de personne. — Paris… n’est point accepteur de personnes, rie sousteneur de querelles iniques. LE MAIRE DÉ BELGT.1 1, 30. —e Les graves do Dieu ne se donnent poinc.t.. aux ilomin.es pour leurs noblesses et richesses, mals selon qu’il plaint à sa bonté, qui n’est poinct accepteur de personne, lequel eslit ce qu’il veult. MARG. DE NAV" HepiCtin., — Dieu en vou.i- droict, saulver Et l’autre aux tourmens re server, Sans quelque esgard aux œuvres bonnes Ou bien mauvaises qu’il prevoyt En nous, pe- cheurs ? Dire il fauldroyct Qu’il hi st accepteur d c. personnes, —11brai à cinq personnages, dans P. Du VAL, Théâtre mystiqu£, p.11, 7, — Dieu, qui de tout. ordonno Selon sa saincte volonté, En justice, graco et bonté, N’est poinet accepteur de per- sonne. Ib., p. 182. — S’il eslit ceux que bon lui semble, il est, a.ccepteur de personnes. Pourquoi pIustost l’un que l’autre ? CALV[N, Serm, sur le liv. de Job, 49 (XXXII !, 616). — Si on dit, Et il sernbleroit donc qu’il fust accepteur des per- sonnes. Non est, car il n’cslit point les riches pour laisser les povres,.. On ne dira donc pas qu’il y ait acception de personnes en Dieu. Jr,. Serm. sur l’Ep. aux Ephesiens, 2 (LI, 266). — Dieu n’est pas accepteur de l’apparence des persones, mais en toute gent celuy qui le craint et fait justice, il luy est aggreable. ID., Bible franç., Actes des Apostres, 10 (LVII, 322). Acception. Action de recevoir, acceptation. Dorme faveur et ]e support à filtre D’acception à ceste mienne Epistre. CuETIN, Poes., au Nom de le _Royne Marie. — Les tresors mobiles, portatitz et transitoires des Empereurs Phelippes, et ! ac- ception diceux par le Pape Fabian, causerent le premier SCII/SMC. LEMAIRE DE BELGES, SehiSirteS Conciles, ro part. 111.1, 252). — le receoit et embrasse comme nouvelle creature, avec les dons de son Esprit. Ceste est l’acception de la- quelle parle Sainet Pierre. CALvIbt, p. 4O7. — Nostre justice devant Dieu est une ac- ception, par laquelle nous recevant en sa grace, il nous tient pour justes. ID., ib., III, xi, 2. — Les fil:tees sont justes devant Dieu, non point par leurs œuvres, mais par acception gratuite. ID., xi, 22. — Les saisons n’y font quières rien ; ny leur acception ny election n’y a pas grand lieu. BRANTÔt1rEE, Dee Dames, part I (IX, 227). De grand’aeception, De. grand prix, — Je ne te scat’(monsii-mr) ny gré nt’grave D’avoir obtins a la presente place. C’est ascavoir ta benediction Vau quel’ne m’est de grand’acception Pourtant que sI elle oust vallu de sot’Un seul dernier’, ne l’eusse eue de. toy. HAUDENT, Apologues d’Esopc, Il, 103. Pretendre acception. Faire accepter. — Puis, c..ela fait, luy pria par amour Se transporter, sil avilit_ le ioysir, Chez un brodeur avec. luy, pour choisir Aucun chasuble, en donnant à. entendre A ce monsieur, auquel voulut prétendre Acception, que les parroissiens Et thresoriers jeunes et an- ciens D’un certain lieu luy avoien t donné charge D’acheter un chasuble beau et large Pour leur curé. Aile. Pus. franç., VI I, 184. Avoir acception.. Faire acception, tenir compte. — Maisqu’ils soient gens de bien, je n’a y accep- tion De leurs estats, cela List en leur option. E. PASQUiEft, Jer.12. peet, , III, Elegie. Accès. Assistance. Si sa menterie Faiet perdre a l’un des plaidons son proces, Sera dam- né, sans y trouver acces. 3. BOUCHET, Epistres mordes— du Traverseur, II, v, Ft. — Compte en rendront devant Dieu, sans acces. In., ib, II, IT, 16. Accessenr, v. Assesseur. Accession. Augmentation, addition. —La sa- gesse divine, et l’humaine sagesse n’ont autre dis- tinction, sinon que celle-la est éternelle. Or la du- rée n’est aucune accession à la sagesse. Parquoy nous vola compagnons, I’dorarrAiGNÉ.1 I I, 12 1(II, 218). — Laquelle louange, puis que nous ne la pouvons incorporer en luy [Dieu], d’autant qu’il n’y peut avoir accession de bien, nous l’attribuons à son nom. ID., II, 16 (III, 1). — Nulle sagesse ne va si avant, de concevoir la cause d’une tristesse, si vive et entiere, par jugement, qu’elle ne souffre accession par la presence, quand les yeux et les oreilles y mit leur part. III, 4 (III, 309-310). Addition, chose ajoutée. — Si penda.nt que l’œuvre s’imprime, it m’en survient quelqu’un des oubliez, ou que l’on m’advertis.se d’a.ucun nouvel ouvrage, nous ferons imprimer à la fin du livre une accession, ou il sera mis. Du VERDIEfil Bi- Prét. (G.), Attaque d’un mal, accès. — De la il alla tout- jours do pis eu pis, niant toutz les jours quatre accessions aveques paroxisrnes subintrants, qui commençoit par rigueur et finissoit par sueur. Texte de 1562 dans G. — Quand le fehricitant a esté purgé par le conseil du Medecin, tous les fris- sonnemens, alteraticFns, degoustemens, lassitudes de membres, et autres telles accessions s}en vont au moyen d’icelle medecine„ Du FMI), Contes trEutrapel, I. Accessoire. Situation difficile, fâcheuse ; em- barras, malheur ! danger, — Lin chascun d’eulx (comme la coustume est en tel accessoire) estait diligent pour soymesrnes, sans prester l’aureille aux ailmonitions dés capitaines. Trad. des cinq premiers livres des Annales de TACITE, I, p. 9. — [Les Syracusains] sa_ultoient à la foule dedans lps- vaisseaux des ennemys, et environnans les Bar• bares, estonnez et esperduz de se venir en telle accessoire, les mettaient salis mercy à l’espée. AislyoT, trad. de DunDom, XIV, 18. — Apperce- vant que ceux qui estoient d’autre faction que mn y en la Republique, me dressoient des em buselies… je trouvay ceste seule eschappatoire et seureté e n tels accessoires. F.. BRET1N, trad. de Luci.EN, Phalaris, I,. 2. — Combien qu’au Roy et au Parlement demeurant la victoire, comme il eS- toit raisonnable, toutesfois ne desirant plus reve- nir en cet accessoire… jamais on ne parla depuis delta reforrnation des entreprises que l’on faisoit à Rome sur les Ordinaires. E. PAsQuini., Re- cherches-, 111, 28. — C’est un mal commun à tous boys, de ne recognoistre jamais leurs fautes, que quand ils sont visitez de Dieu, et tou- tesfois en tels accessoires., quand ils commencent d’avoir recours à luy, par une contrition de cœur, ils sont ses mieux aimez. In., Lettres, X1.1, 7. — Et doit le sage en tels accessoires esquiver le plus qu’il peut, tout ainsi que le Nautonnier cale le voile à la tempeste. ID., Recherches, VI, t 1, – Nous Nrisincs.„., la Picardie pillée et ravagée par l’Anglois, le Languedoc et la Provence par les Im- periaux, secondez par les Adventuriers François. Car en tels accessoires, le soldat qui delîend ne fait pas moins de clegast que l’assaillant. ID.,. ib., VI, 12. — Le D u.ché de Milan serviroit deplanche et passage, et en tel accessoire y avoit danger qu’en passant, le Roy de France ne s’en voulust faire croire. ID., ib., VI, 28. Emre, , Fe irŒiWr, tomber cri accessoire. — Ji.- pense bien que ledict M. de Bressuire fut en gra.nd accessoire, après ceste lettre receue, pour attrappr ledict M. de Sainct-Lou ; car s’il y manqua, ne fautpoint doubter qu’il [Louis XI] n’entrast en mediance de luy. BRANTÔNic, Cap. franç., le roy Louys Xi (II, 342). — L’homme se trouvant en telles accessoires de visions, si pour se resoudre i] n’a du conseil, il est en douer de souffrir naufrage et perte de son âme. Lit Loir E D.5 Hist. des Spectres, VIII, 12. — Quand Us rencontrent quelque païs estrange, ils sont à deviner, et tombent bien sou- vent. en tel accessoire, que de douze ou quinze Navires, • qu’ils tireront de leurs ha.vres, s’ils voyagent longuement, il n’en reviendra pas six bon port. TFIEvRT, Cos, nogr, , XI 5’14 : — Com- ment. estois-tu si sot, puis que comme homme de cerveau tu ponvois discerner aisément que Pori- gine de ton mal-heur provenoit de tes richesses, que tu ne les abandonnois, premier que de tomber en tel accessoire ? E. PASQUIER, Pour-parle• de la Loy (I, 1051). — Les Italiens craignans de tomber au mes me accessoire qu a u p aravan t, si on élisoi t un François, jettoient toutes leurs opinions sur cri qui Fust de leur Nation. ID., Recherches, III, 26. — -N’attendons doncques point cille nous tombions en tels accessoires. ID., Lb., HI, — ceste mesme facilité le fit tomber en un accessoire de plus dangereuse consequence. In., LettreS, VII, i0. Uii M. Bûver, Advocat, mien voisin, es- tant._ tombé en pareil accessoire de maladie, où les Medecins sernbloient avoir perdu leur latin, luy convié de son instinct, avoit par la malvoisie, retrouvé sa santé, ID.„ ib., XI Xe 16. Meilre, réduire en accessoire. — Adva.nturiers, que la picque on manye Pour les choquer et mettre en accessoire. MAROT, Ballades, 9. — Cette sienne proposition, pour avoir esté un peu trop largement et iniquement intorpretee, le mit au- trefois et tint long temps en grand accessoire à l’inquisition à Rome. MON TAIGN E, I, 25 (I, 183), — Ce pli nous acquierera force lions amis Catho- liques,.. qui l’ern.pescheront bien de leur ccFsté [l’hérétique] et le mettront en grand accessoire. i : SnÉLÉ. Men., I ! ar de Al. le Lieutenant (p. 86). Encore ne seeust.es-vous les empescher [les Reis- tres] de passer, et, s’il n’y eust eu que vous et les vostres qui vous en fussiez rueslez… ils fussent venez boire nostre via jusques à nos portes et vous eussent mis en merveilleux accessoire, Ib., Har. de Al. d’Aubray (p. 206). — Si fut la ad verty que Craterus estait bleeé à_ mort, et s’en alla en diligence la part où il gisolt… et en plorant chauldes larmes, luy prit la nain droitte, detes- tant et mauldissant Neoptolemus, par lequel il avoit esté reduit à_ si piteux accessoire. AmYoT, Er.unène, 7. — Croyez que me reduisez en un es- trange accessoire ; car de vous desobeïr, ce m’est conscience, et en vous abeïssant, je crains tout. E. PAsguiER, Lettres, XII, 10. A.ccessoire. Faute. — Ceux qui ont icy escrit, ne tomberont jamais en l’accessoire du Cordonnier, lequel aprés avoir controllé ses souliers represen- tez dans un tableau d’Apelle, voulant outrepasser ce qui estoit de son art, fut arresté5 tout court, par ce grand Peintre. E. PASQUIER, Lettres, VIII, IO. — Charles… respondit… que c’estoit contre tout l’ordre ancien de Rome, et de la France, que le Roy ordonné de Dieu pour reformer toutes les fautes de ses sujets, permist que eeluy eust re- cours à Rome, qui avoit esté condamné par un Synode Provincial en presence de son Metropoli- tain, et que jamais ses predecesseurs Roys de France, n’estaient tombez en cet accessoire. ID., Recherches, III, 12. — Les Chirurgiens furent citez pardeva.nt la Faculté de Medecine, à certain jour, sur ce qu’ils ordonnoient des clysteres, apo- sumes et Mederines, tout ainsi que les Medeeins… et sur les remous trames à eux foictes, promirent._ qu’à l’avenir ils ne tomberoient plus en cet accessoire. ID., ib, , IX, âl. Accherement. Mine. — Visage, et acchere- ment asseuré, plein de mansuetude, et auctorité. BUDÉ, ÉM. Prince, édit. J. Foucher, ch. 8. Accident, Aventure, événem.ent. Ilarius… ordonna par escript en langue Grecque les acci- dens du jeune roy Fleury et de la rogne Blanche- fleur. A. SEviri, trad. de BoccAcE, le Milocope, L. VIE, 174 ro. — Le jugement qu’elle fit des pre- miers Essays… et la vehemence farneuse dont elle m’ayma… sur la seule estime qu’elle en print de moy… c’est un accident de tres-digne conside- ration. MoriirrA.PGINTE, 1I, 17 (III, — J’advoue- ray n’avoir jamais esté. proche dr. : quelques signa- . lez accidens, ou sinistres ou houreuN, que je Ifell a.ye. e.0 quelque advertissement, ou en songe ou autrement. MARC. DE VALOIS, ildinOireS, p. 43. Malheur. Il {Sénèque condamne. à mort] se (lestourne sa femme, et l’embra.ssant estroitte- men t„ comme par la pesanteur de la douleur elle diUtilloit de cœur et de forces, la pria de porter un pli plus patiemment cet acciderit. MON TAIGIbi E5 Il, (II1, 183).— On le condamna à estre pendu et estranglé publiquement… Accident horrible et inouy. In., III, 6 (111, 412). Accidentaire. Qui n’est pas essentiel.. — La e.xprirne la sustance de la chose défi- nie, et le naturel fond d’elle. Et la. description peint. et colore seulement la chose descrite par ses propriétés et qualité ?. occidentaires. SEBILLFTI, Art poétique, 10. — Pour oster de J’impression des gens, que (i.k.stk.. appeience charnelle n’estoit la cause dont nous a.ymons, avi. : 4 voulu mairitenir •, estre unecallse accidentairu, PASQUIEFII Mond- , p hi L. 1 732). — Les autre.s differenees sont casuelles, et accidentaires. J. publi que, I, 6. — cathedre Ifentre pas en la definition de l’Eglise., n’estant qu’une simple circonsionr.e RI-Titien-taire. Pu. DE MARNIX ! Dif fer. de la 1, 1, 8. — On peut bien suppléer ce qui est acciden- : taire en lino chose. Du lierm.F1— A rrests pron. en. robe rouge, 6. — Le moi equivoque se prrind tousjours en sa_ principale significa.tion quand il est mis seul et sans limitation, et. non jamais pour les ca.tions accidentaires et moins principales. St FRANçois DE SALES1 Def. de ta Croix, 1V - . Dieu a princireale.raent establi le Mariage pour la production et honne.ste nourriture des ennuis, et c’est sa premiere fin. La seciionde est accidentaire. ID., Vie devote, II I, 38. Qui arrive fortuitement, qui n’a qu’une exis- . tence temporaire. — Car si le ciel csmeut pa_r son cours circulaire La Flamme, l’Air et Mau, c’est chose accidentaire. J. nu CHESNE, Grand Miroir du Monde, L. V, p. 160. — Car la Fia.mme n’est rien qu’accidentaire feu Qui su.bsiste en Uri corps. ID., ib.., L. V, p. 168. — Endurans avecques pa- tience et longo.nimité le mal venant à cause de leurs peehez qui ne peut estre pour tousjours, n’estant qu’ateidentaire et. diabolique. LE LOYEll* des Spectres, VIII, (En médecine.) — Lo. resolution d’une partie CRUSO CüilVtliSiOrt neeidentaire à l’autre. Amurt, PA ne., VIII, 11. — Reste à parler hriefvemeni de fuivre accidentaire. ID., XX, 1, 25, var. — Icelles evacuations ne sont pas tousjours cri- tiques, mais symptomatiques ou acciclentaires. In., XXIV, 40. Aecidental. Qui n’est pas essentiel. — 11 est uxpeclient (le monstrer icy, non seullement quelles sont Ies indulgences, comma ils en usent : mais du tout que c’est à les prendre en leu.r propre et meil- leure. nature, sans quelque qualité du vice occi- dental. C’ALvui, V, p. 33-1. — Si 1a mort ayant son origine. de la clieute Photrime est oc- cidentale, la restauration acquise par Jesus Christ appartient. aux rnesmes corps, qui sont devenus mortels par le pc.., chÈ.i. ID., ib., 111, xxv, 7.— Le donner a.ctuel est. plus grand que le pu t-ntiei, J’in- terieur que l’exterieur, le substantid que l’acci- dental. MONTAIGNF..„ trac], de R..’,..ym.0, : “." SEB0N1 — Cette cy [la spirituelle beauté] estoit icy principale : la corporelle, accidentaie et se-conde. ID., Ess., 1, 27 (1, 233). — L’esprit a_ ses maladies, ses defauts… les uns sont accidentaux, et qui luy arrivent d’ailleurs.. CnARRoN, Sagesse, Qui n’est pas habituel, qui se. produit fortuite- ment, par accident.— En ces tenebres parfondes, et en maintes autres bru’i'nes occidentales, le Ires- resplendissant Escarboucle de SOn experieni., L.„ ha surmonté lespesseur des noires ombres de toutes ses adversitez. LEDITAIRE DE. BELGEs, Cou.- roilne Margaritique (IV, 151). — La disposition occidentale qui luy estoit o.dvenue par trop hu-. mer de puree Sep tenibraie. RAI% F A.LS II 7, — Si l’empeschernent de la langue ne vient. point d’un vice naturel ou occidental, mais d’une obstina- tion de ne vouloir respondre, je m’efforceroy par tous les moyens (le ce monde qu’il parle. Lo uv EAU. trad. des Facetieuses Nuits de ST RA.ÉFA ROLE, IV, 1. — Une mort non occidentale ou fortuite, mais premeditee, pourpensee et deliberee. MoriTAEGNE, trait de RAY mem) SI : BON, ch. 259. — ri se faut servir de ces commodite.z accidentales et hors de ni e n e : n tant qu’elles nous sont plaisantes, • mais saiLs en foire nostre principal fondement. ID., Essais, I, 38 (I, aos). — [Le.s Stoïciens] res- pondent, que ce mouvement de Pame est extra.or- dinaire et de.sregié, venant en nous d’une impul- sion estrangere, occidentale et fortuite. ID" II, 14 (Il, 393). — Pour éviter les autres incommoditez accidentales, que le mespris des hommes luy pour- roit a.pporter. ID., II, 16 (III, 3). — Je corrigerois bien une erreur occidentale, de quoy je suis plein, ainsi que je cours inadverternment mais les im- perfections qui sont. moy ordinaires. et cons- tantes, ce seroill, trahison de les osier. In., III, 5 (111, — Soit sur les ordinaires necessités, soit sur les aocidentales. O. DE SERRES, Theatre d…4- Vl 14. Accidentalemelit, Pa.r l’effet des événements extérieurs, et non par l’effet de la nature. — Bien que Ie.s hommes soient uns et pareils., quant à leur nature, si reçoivent-ils occidentalement. de rine- qualité en —valeur et en. pris. Mo NTA [Ut’E, trad. de ftiii.Thickxn SE, e0N, ch. 61. — Ce n’est donc pas proprement, mais accidentalement, qu’elle nous cause ce vertueux desir de profiter en vertu. FRA ri-çois D’AmBoisE, Dial. et Devis des Damoiselles, 11, 262 ro,. Relativement à te qui n’est pas essentiel. — Considerez accidentalement ils se peuvent appel- ler drogues Rui guerissent les estourdissemens de l’ame. LA NOUE,. Diec. peA. et mil., XVIII, {P. 397. _Fortuitement.— Depuis, Henry prospera telle- ment, Qu’o.ut Acquitaine accidentallement. BoucnET, Epietres familierce Traverseur, 1. — Et si perdray tout net l’usag„e des vrayes utili- tez, qui accidentalement la suyvent par fol& ? lef r rir — T II, 16 (HI, 13). pluspart desquilles maladies [des vignes] viennent acLidentaluinent, ou du temps, ou d’imprudence. O. DE SE" ELRZSI Theatre d’Agric., 5. Aceidieux. Insouciant. — [La Mort] Adverse, ague, ardante, agonieuse, Accidieuse, avare, am- bicieuse. Anc. poe. franç, , XIII, a92. Accipe. Maistre Accipe (nom donné par plai- santerie à celui qui veut prescrire comme un mé- decin). — Dictes-vous vray, maistre Accipe ? — Pour mieulx &mener bonne vie Vous serez gail- lard assouvye prenant ce bon recipe. DE CoLLEmY rd, Dia1. de deue eniaris (p. 104). Accipier. Recevoir (mot forgé pour-railler les latiniseurs). — Les unes, pour tes divices, pre- tendent raccipier pour cenjuge. Epistre du Ly-mosin, dans RABELAIS, III, 275.

Accognoistre, Faire accognoistre. Faire con- naître, faire savoir. — En quel lieu peult e.I encore estre? — Je vous le Leray acongnoistre Devant que de moy separer. Sotties, II, U3. — Et de sa part, ll me fart accognoistre a ii..-oluntÉ, son pays, et son estre. F. HABEB.T, Voyage de oinine riche. — l Iês puis d'un puis dia.utre fera Jupitêr, ohé vrenourri, Peurs' oz uméins mortéls ne se têt ako- noêtre sa pa.nse. BA.ir, fié Bezognes d'Eziode (V, 342)+ Accointahl ee Accueillant, aimable, gracieux.— J e me sça.urois bien rendre à. chascun accointable, Et fa.çonner mes n-kœurs aux mœurs du temps qui court. Du BELLAY, Regrets, — commencea à devenir presumptueux, et à tenir plus de gravité qu'il ne souloit auparavant, sortant. des termes de Prince' courtois et accola la_bie à tout le monde, AblyoT, Romulus, 6. — [Aristides] se monstroit le phis familier et le plus gracieux qu'il pouvoit envers e-ulx, rendant semblablement son com- pagnon accointable à tout le monde, ID„ A ris- tide, 23. — Si estoye-nt les Capitaines d'Othon plus accointables et plus gracieux à, traitter et parler aux villes et aux hommes privez et particu- liers, que n estoyen I. pas ceulx de Vitellius. ID., OthOne 6. — Il n'y aura point un despit pour nous estranger de nos prochains : mais... nous serons faciles et accointables, (.ALVIN., Sem. sue rEpisÉre aux Galafes, 317 (LI, 48). Cretee, ami aux Muses accointables, Tousjours aimant les carmes de]ec- tabics+ Dis MASUnE5-1, Eneide, p. 487. — Or n'oust il de rien qu'il eust ainsi esté gra- cieux, accointable et humain, s'il eust eu aupres de luy un chien qui eust effroyé et chassé ceuIx qui eussent voulu recourir en franchise à luy., Agi ici, Demandes des choses romaines, – Estre sobre en habits, estre Prince accointa.ble, Et n'ouïr ny fia-Leurs ny menteurs à la table. RorisAnn, Bocage royal (III, 202). — Un coeur femiriin, Qui doit estre tout benin, Humain, cour- tois, accointable. P. DE BRACII, Foui es s_Med., L. I, Ode. — Accointables nymphettes Et en toutes beautez uniquement parfaites. Guy OE TOURS, Paradis d'Amour (II, 20). (En paillant des manières, de la mine.) — L'unie luy mimes'. une bea_ulté notable, Ung clair esprit, une grace acointable. AILe. Poe.. franç,, I, 231. — Te voyant ]'autre jour chez mon pore à la table, Sans barbe et chevelu,. de visage accointabIe„ Jeune, doux et courtois, tu me guignas le coeur. RoNsmili, Hymne de l'Esté (IV, 306). — Ou bien soit vostre, maintien Difficile, ou accointable, Tonsjours, Dame, je vous tien Beaucoup craintes et. plus amiable. PONTUS DE T À Rli, Nota). ŒL(1), Chançun_ (p, 173), — Tant me plaisoit, son acueil accointable, Tant la douceur de sa grace traitable. BAÏF, Poeme$, L. IX (II, 423). — Elle a sa race amiable. Sa façon est accointable, P. DE BRACH, POelneS, 1J+ He Ode de la Paix. Mal aecointable. Dépourvu de bonne grâce; — Sa cholere qui estoit impatient», et sou obstination inflexible de ne vouloir jamais ceder à personne, le rendoyent mal accointable, et mal propre pour vivre et converser entre les hommes. Am Y OT, COTiOtall.1 t.— Quant à Nicias ses richesses le rendoyent envié, et trouvoit on sa maniere de vivre trop estraq,re, d'estre ainsi mal accointable, et si peu populaire comme{il estoit. ID-1 Nking, t t. — Combien qu'il fus!. fort doulx mai et fort hun de sa nature, st est-ce qu'à le voir au visage, il monstroit estre austere et mal accoin- table. ID., Phocion., 5. — II n'y a rien si contraire à l'amitié!, rie si mal accointable, que liestre fas- choux, chagrin, tousjours reprenant, et Lousjours se plaignant, ID.} Comment discerner le flatteur d'avec l'amy, , 2. — I IS prennent... un visage refron- né qui ne rit jamais, austere, mal-gracieux et mal-accointable. In+, De l'Avarice et conorg'ie ise d'avoir, 7 . Accointance. Connaissance, Kquentation, -- Ceste Thargelia e,stant belle de visage, et ayant borine grace, ONee Un esprit vie, et. doux langage, eut, l'accointance de plusieurs grands per- sonnages de la Grece. Amy eT Péri sr24. - Mon pore..+ rechercha. avec grand soin et despence Fac- .cointance des hommes doctes. MONTA1GN E I 1,12 (11, 14'2). — Nous voyons les cheva_ux prendre. certaine accointance des uns aux autres, jusques nous mettre en peine pour les faire vivre ou voyager separernent. ID.. ib. 01, 104). — Le grand sultan Soliman... J'envoya recherchez. d'ami- tié et a.c.cointance. linANTôm.F..., Cap. franç., l'ad- mirai de Chastillon (1-V, 207). Accointe. Amie, amante. —lF Ille, soyez on habit courte, Et vous parez de grands vertus Sans faulx semblant, ne ris, n'abus Faire à ceulx dont estes aceinte. Ane. Poés. franç., 11, 19. — Dame Venus ton accointe lita rait faire. ceste, nuict un beau chef d' oeuvre. LEMAIRE DE BELGES, ililter.7 8+ — Elle [Venus] est trop amoureuse et ac- cointe de Mars, le grand Dieu des batailles. ID., Concorde des deux Langages, Prolôgue. (Adj.) — Union. Concorde, simple..+ frater- nelle, conjointe ou accointe. M, DE LA Po Epi- Accointé (subst.). Ami. — Ce petit amas de rymes... lequel, en le lisant sera suffisant,., de la faire regretter non seulement a ses accointées, relais aussi à toute personne de. vertu+ l'ou•oiNE n u Mo u rr1N# au.A! Dames Lyonewises, Préface des mes de Pernett.e du. Guillet. Amant. — Apollo envieux de lhonneur de Ve- nus, et pour causer despit et stomachation à elle et à Mars son accointé... refit signe de la main pour obtenir silence. LIEllpfAIRE DE BELGES, Iiiusfr., I, 34. Aceointement. Liaison. — Le venir} l'ouyr, Je parler, le touche.r Finoient le but de mon conten- tement, Tant que le bien qu'Amantz ont sur tout cher N'eust moques liou en nostre accointement. -1‘1_ AuRICE SIC:EFE7 Deir, Accointer (trans.).. Aborder, fréquenter. — Dante Prudence print la ires sale duchesse parta main, et dame Espe.rance acointa sa tres cluiere Mlle} e L toutes les aultres vertus les suivirent deux a deux. LEMAIRE DE BELGES, le Temple d Honneur et de Vertus (IV, 235). — Ses meurs aiii,Yoyent de nature une certaine haultaineté et austerité ma- laisetr à abborder e t malgracieuse à accointer. AMYOT} Dion, 8. — Je peregrin.e... non pour cher- cher des Gra.scons... je cherche des Grecs piustost, et des Persans : j'accointe ceux la, je les considere. MoNTA.icru.., III, 9 (IV, 99). — n les fuyoit comme personnes excommuniees.„ personne ne les saluoil ni accointoit. ID., HI, 12 (IV, 193). — je ha y ceux qui su.ivent. le vice, Et leur deffe.ns de m'accointer. DE.srioaTEs, P.F. de David, 100. Se lier avec. — Ledict Seigneur de Bonnivet accointa peu à peu ce Gentil homme par telle doulceur et finesse qu'il ne s'apperceut de liocca.- s'on, mais l'aima si pa.rfaictement qu'après sa Dame c'estoit la créature du monde qu'il aimoit le plus. M4RG. DE NAV" Heptane" 14. — En sa jeunesse accointa le Capitaine Chabrias, et le suyvit., apprenant de iuy beaucoup de choses appartenantes au faiet de la guerre, et reciproquement aussi le corrigeant de quelques imperfections qu’il avoit de nature. Am vo.r, Phocion, 6.

— Amy, qu’en la prime jeunesse Vacointay chez le bon l’usait. Poemes, Li. IV (II., 202). Se familiariser avec. — Il appartient : à un seul ocrates, d’accointer la mort d’un visage ordi- naire, s’en apprivoiser et s’en jouer. MoNTA1GNE, III, 4 (III, 303). — Peu y a qui considerent les .maux en eux mesmes, qui les gour Lent et accointent, comme fit Socrates la mort. CHARBON, Sa- gesse., III, 29. (Dans ta phrase de Montaigne, accointe, — peut aussi bien signifier aborder, mais Charron, qui imite Montaigne, donne au mot le sens de se familiariser avec.) Avoir des relations d’amour avec qqn. — En tel païs portent pour marque d’honneur autant de belles hou pes frange.s au bord de leurs robes, qu’elles ont accointé de masles. MorvrArcm., 1, 22 (I, 131).. Disposer. — Si faut il, troupe eshaudie, Que je die Noir m3.-steres esba.udiz, Les celebrant sur ]a • harpe Weil écharpe Phebus m.’acointa jadis. O. Dr. MAe : NY, Gayete2., les Martinales. S’accointer de. S’approcher de, s’unir à.— Et la Veau se joint à un Amant Comme le fer s’ac- cointe de l’Aimant.. J. PAssERAT, Œtw. poet., I, 3-1. Aborder, entrer en relations avec, fréquenter. Cestuy marchant print dévocion de faire dire une messe toutes les !.iepmaines, et s’accointa d’ung prestre, appellé Jehan, qui luy di- soit sa messe tous 1*. ; samedis. Nrcoi..A.s TROYÉS, Grand Parangon, 30. — Et tu eusses suie y peut entre Non une fois, mais raille fois, Les Cours des Papes et des Rois, Sans t’accointer d’un si bon maistre. RoNsA.Rni Odes, V,. 24, — En disant. que Job s’a.cointe de Dieu, il entend qu’au paravant il s’es estoit retiré. CA.Lvms, Serin. sur le liv. de Job, 86 XXX IV, 315). — Depuis qu’il eut esté esteu capitaine, jamais il ne se trouva au conseil avec ses autres compagnons, ny jamais rte s’approcha ny ne s’accointa d’eulx. MelYoT, trad. de Di000ftE., XIII, 29. — Caton… s’accointa de Antipater Tyrien„ philosophe Stoïque… embra- sant l’exercice de toute vertu, avec une si grande, affection, qu’il sembloit proprement qu’il y Fust poulsé par quelque divine inspiration. ID., Caton d’Utique, Ii. — D’ernbas la troupe saincte autre- fois an-to-ureuse, Nous honorant sur tous, Viendra nous saluer, s’estimant bien-heureuse De s’ac- cointer de, nous. Ro Ns rup _Amozirs diverses, Chan- . son’à (I, 3fi5), — Hante les bons, des meschans ne Vacointe. PIBIIAC Quatrains, 35. — Une femme… s’estant à son lever accointée de ses voisines comme de coustume, leur laissa couler quelque mot de recommendation de ses affaires, TA rGNE, II, 29 (III, 122). — Et des trompeurs qui masquent leur courage, Je n’a voulu tant soit Peu m’accointer. DEsPort.TEs, Ps. de David, 25. — Fig.. : [Euripidesi conseille et commande aux gou- verneurs de fouir l’ambition comme une trespes- tilente et mortelle furie à cent’qui s’accointent d’elle. A m YOT, Sylla, 4, l’1"14-1CCUinter de. Avoir des reia.tions d’amour avec. — La 1)te.sse Venus daigna bien sacoirder de Iuy, tant quil engendra en elle le tort Eneas. LEMAIRE DE BELGE, 5, Ji/ 11, st r I, 22. — Celui pre- "nier qui de moy s’acointa., Avec.’sa mort mes amours emporta. Du BELLAY, Eneide, IV 342). — Ii s’accointa de ceste Laurentia, et l’aima tel- . lement, que depuis venant à mourir, il la laissa son heritiere de plusieurs grands biéns. AmyoT, Roneuly_s, 5, — Ln premiere Dame de qui Alexan- dre s’accointa en _Asie, fut Barsine, fille d’Artaba- zus, de laquelle il eut un fliz qui fut nommé Her- cules. ID., Eumène, 1. S’accointer à. Se familiariser avec. J’a y au moins ce profit de la cholique, que ce que je n’avoy encore peu sur moy, pour me concilier du tout, et m’accointer à la mort, elle le parfera. MoNrAiGNE, II, 37 (Hi, 201). Accoisement Apaisement, calme. — Fo cœurs, par les promesses sacrees que la divine Bonté nous a faites, demeurent tout à fait a.ccoi- sés. Et cet accoiseinent est la racine de ta tres- saincte vertu que nous appelions esperance. st FRANÇOIS DE SALES, Amtir de Dieu, II, 16. — Par un certain accoisement et repos que leur es- prit prend en elle [la présence de la personne ai- niée]. In., ib., VI, 8. — Toutes Ies puissances de nos aines entrent en un aggreabl.e repos, avec un accoysernent si parfait, qu’il n’y a plus aucun sen* tinrent que celu y de la volonté. ID., ib., VI, 9. — c sacrifice a esté appellé le sacrifice d’accoise- ment et de pacification. ID., Sermons recueillis, 30 {IX 28n Ac viser. Apaiser, calmer [au sens matériel’. — A ces chansons les chesnes °Teillez Abaisseront leurs chefs esinerveillez.„ Et par les prez les es ton- nez ruisseaux Pour t’imiter avcoiseront leurs. eaux. R.oNsAan, Pocme8, L. II (V, 262). — Le Beril que je chante, est une pierre fine, Imitant le verni— gay des eaux de la marine, Quand les fiers Aquilons mollement accoisez Ont fait place aux Zephyrs sur les flots reposez. BELLE AU AMOUrS des Pierres pretieuses, le Ber i1. — Calmez la mer, accoisez la tempeste„ Et ma navire avoyez d’un bras fort. _BAÏF, Poeines, L. II (II, 85). — Et toy, Perec Eternel, qui d’un mot seulement Accoises la fureur de liondeux Eiement. Du BARTAS, ire Se- "naine, 5e Jou’, — Visitez ceste mer par mes chants acoisee. ID., ib. — I uL pren pour m’asservir cet arc tant. redouté, Qui de Jupiter mesme accoise la tempeste. DESPORTES, Amours dllippoiyie, la. — (Au sens moral.) Tou Sour et tous ours j’aper- çoy Une grande tourbe apres toy Tachant d’apai- ser ses querelles. 0.. DE, MAGNY, OdfM I, 87. — Encores vous faut.-il d’un courage adcloucy Com- ploter quelque fin à ce discord icy Vous devez accoiser ce turbulent orage, Et sauver par pitié le reste du naufrage. H.. GARMER, Forcie, 875. — Accoisant et flattant les Mens felonnes Des Tigres affamez, et des ileres Lyonnes. BELLE AU, itenours des Pierres precieuses, les A MOILFS de — Le priant [Dieu)… D’accoiser en nos cœurs les passions diverses Qui naissent du limon de nos humeurs perverses. DU HANTAS, 1 Se- maine, 4e Jour. — La France en partis divisée Sent enfin sa rage accoisée. DESPORTES., Diane, L. Complainte. — Il nous faut la triste chan- son Dont accoise son marriçon La gente Philo- mele. R. GA a ritEn, Marc Antoine, 328. Mais tout cela ne peut accoiser les regrets Que j’a y de veoir un Juif grimper sur les degrets De ce Palais Royal. P. MArrumu, Aman, 111 (p. 72). — S’il est expe- (lien t. do vous plaindre à quelqu’un, ou pour rente- dier à l’offense, ou polir accoiser vostre esprit, ïl faut que ce soit à des anges tranquilles et qui ayment bien Dieu, St FRANÇots DE SALES, Vie devole, III, à. S’occulter. S’apaiser, se calmer. — Le doux Ze- phyre un doux souspir de.s.serre, Et tous muets s’a.cco.isent les ruisseaux. RONSARD, Arneurs 67— cassandre. _ Pa y donc, fay donc, Amour, qu mes douleurs s’apaisent, Que mon feu eamortise et mes 5011SpirS S58.CeoiSerit. BELLE A Ui BergeriA 2C fourni, Eclogue sur la guarison d’Amour. Le murmure des eaux leurs cours arnmoncelans Par les champs ravagez, ne bruit de telle noise Que ce chaos bouillant q-ui dans rnoy ne si’accoise. Am. JAMYN, Poesies, L. V, 165 vo. — Mon coa.ur s’esgaye et ma bouche n’est close, Voire rua ch.a.ir s’accoise en seureté. DESPORTES, PS— de David, 15. — L’ante recueillie en son Dieu, pou rquoy, vous s’inquieteroit-elle ? n’a. elle pas sujet do s’ac- coiser et demeurer en repos ? St FRANçois DE Sm, Es, Am-our de Diee..e, VI, 9. — La. guerre d’Ita- lie, par les grandes despense.s intérests des princes, s’accoise. AuBLoNÉ, Hist, Univi, I, 13.. Accoit. Acquiescement. — Combien que cha- cun des autres pays y— eust donné liberallernent son accoit, neantmoins les deputez de Flandres… de- mand.erent jour de retrette sur le fait de la re- cel : ilion de raadicte dame. LEMAIRE DE BELGES, Chronique annale (IV, 491). .A.cicoI. Accolade. — Mon col, qui eut Paccol de chevalier, Est aceollé de trop mortel collier. N[A- ROT, Etegies, 22 (C’est Jacques de Semblançay qui parle). Accolement, Accoler, v. Aecollemeul, Ac- Accolerye. Embrassement. — Relever fault son amy quant il elle, De cu.eur entier 4-bn doulce a_ccolerye Raison me rneult. R. LIE C01.1 n Ej Ron-deaux, Accollée. Accolade, embrassement. — Frere Ja.n de pari le diable, l’acollee, mon arny. A mu y la brassee… que je te esrene d+, — force de Vacoiler. Ii.AnELAis, I., 39.— Mille bons jours viendront de tous coste7….. Lors que de chere et grandes &cep- lees. MA Poo-r, Epistres, 43. — celle fin que… Ca- nope je puisse estre accollant, Qui en ta lettre est. pa.r toy recollée, Et que par toy j’aye son accollée. Jr Bo irCHET, Epistres lame. du Traverseter, 65. —- Par trois fois ressayay d’arrester vollee, Luy donnant de mes bra.s une estroite accollee. BER-T A UT tra_d. du 2e livre de 1’Eneide (p. 280). (Spécialement.) L’accolade die la chevalerie. — Ce Prince Sarrazin desira d’avoir Paccollee, par la main de ce vaillant chev.dier Chrestien. FAU-CH F.Ti Origines des chevaiiers, 1, 1. Acconement. Embrassement. — Venez, venez plustost donner contentement Par un plus dou- cereux et long accoliernent. GREvIN, l’Olimpe, p. 12. — Tousjours je desire Appaiser ce plaisant martrire, Qu’elle pourroit aucun.ement Contenter par accollernent, L. II de l’Olimpe, p. 263. — Approcha.nt de Monfort, les citoyens venoient, Qui d’un accolement Saluste bien-venoient. P. DE BRACIT Paernes et Mes-1., L. 111, VDyage en Go, 1/47- cogne. — Alors que tu entortilles Mon. col où tu. te pandilles D’un folastre accollement. GUY DE TOLIRS Mignardises amoureuses (11, 37). — Me proposant aller a.ux desirez accollemens, aux chers ernbrassernens de ma très douce amie. LA Fu-VEY le Fidelle, IV, Li. Aecolier Embrasser en mettant les bras au- tour du. cou ou du corps. — Les meres larincly.rins de joye non esperee, coururent aux colz leurs treschers enfans, pour les baiser et bienveignier et les pucelles accollerent doucement leurs ires- desirez amis. LEMAIRE DR BELGES., I, 23. — Comment te va ? — Pa.r le corps bleu (beau sire) Je ne te le daignerois dire Sans t’accoller. Çà ceste eschine De l’autre bra.s que je Ves.chine De fine force d’accola_des. MA ROT„ Die de deux amou- reux, — Theagenes bouillon d’ardeur, et enra- geoit de combatre, de sorte que Chariclea, et [’Roy, eusrnes bien à faire à le retenir, en l’acconnt. yoT, H ist. 2Ethiop., L. V, 59 1.70. — 11alicorne feta de tous festoyé, salué, et. accollé à double rebras. RABELAIS„ IV, 4. — Ainsi tout mignard l’enfant nice Entre les bras de sa. nourrice La baise et l’a_colle cent fois.. BA : iie, Aïnou, de Francin, e, L. IV (I, 268). — Tousjours il m’accoloit d’une chaude ambrassée. Rom A RD Hyrnne de l’Esté (IV 205). — Si fut un spectacle fort. plaisant aux yeulx de ceulx qui ; y turent prescris de voir… les entre- veues et caresses des a.mis qui s’entrembrassoyent et accoloyent arnia.ble.ment. /es uns les autres. Amïo’r, Antoine, 35. — 0 la_ pitié de voir les meres desolees, De leurs piteux enfans tendre- ment acoIee.s, S’en aler d’huis en huis leur vie que- [’m'Ader. BAÏF, Poemeg, L. V {II, 226). — Ceste Andromache, à. qui l’estomac fend D’aise et de crainte, accolloit son enfant A plis serrez comme fait le lierre Qui bras sur bras les murailles en- serre. RoNsAlt.n, Franciade, L. I (III, 33). — A quoy cet euil qui luit S’il ne eaproche ? à quoy ces bras s ilz ne m’accolon I ? A I_FBi(.. ; rd, Prirntems, 40 (III, — ào me dresse la teste, et mes deux bras je rue Pour cuider rembra.sser, niais l’ombre disparue Me frauda. tromperesse, et l’accolant souvent Je me trouvay tousjours n’accoler que du vent. H. GARNIER Cornelie, 706, — Je vouloyluy respondre alors qu’il s’envola, Et mon embrasse- ment rien que vent n’accola. 1)E…s’ion-Es, Elegie.s., L. II, Cleophon, — Thcoxena… aceolIa_nt cl-ea.u- de.ment son mary Suyvons ces garçons, mon ainy, et jouyssons momie sepulture avec eux. Et se tenants, ainsin embra.ssez, se precipiterent. MoNTAIGNE., II, 27 (III, 113’. — La comtes.se… remercia le roy, et puis vint. devant. tout le mande baiser et accoler de bon cœ.ur sort filleul. BRAN- riiÔfin Fi, Dise. sur les Duels (VI, 248). — Quiconque, viendra à ma porte m’annoncer la guérison du roy mon frère, tel courrier, fût-il Ias, arassé, fangeux et malpropre, je Pyray baiser et accoller, comrae le plus propre prince et gentilhomme de France. I)es Dames, part. I, Marg, , reine de Nay. (V111, 119). — Lors se tournant vers mov, Wang : plie à tour de bras, et tout petillant. Doux comme une espousee, à la joue il me baise. REGNIE.B., Sat. 8. — Les _bras qui son col plus n’ai.— coIent„ Tragiques., 1 rIV 45). (Au figur6..) — Aussi affin qu’encor un coup raccolie La court du Roy, ma maistresse d’es- colle. MAROT ! Epistres, 43. — Je ne te prie pa.s de me faire enroller Au rang de ces messieurs que la faveur accolle. BELLAY, Regreis, 96. — Si tu n’accroies la mort, au moins tu luy touches en pa.urne une fois le mois. MONTAIGNE, 13 (IV, 2FÉ7). — Jà la vigne amoure.use ;..lccole en mainte sorte D’un bras entortillé son mary qui la porte. Du BAHTA$., ire Semaine, 3e Jour. — [Le herre I corrompt et ruyne la paroy qu’il accole. MON- TAIGNE, I ri 10 (IV, 1-26). Accoler qqn de qqch. Lui en entourer le cou. — C’est le sainct nom du pape, qui accolle Les chiens d’Enfer (s’il luy plaist) d’une estolle. MARCFT, l’Enfer. Porter sur le cou. — S’il me faloit acoller un joug si rude, quo d’estre tousjours occupé apres toy en ces spiritualit.ez, je ne le porterois gueres loin sans le. secouer, et gagner les champs. Trad. de GSLLL„ Disc. fantast. de /cadi ?. Tonnelier, Disc. 10 (p. 335). Acconetter. Prendre par Ie conet.— Ung des miens accolletta celuy qui portoict l’enseigne, mais il se deffict bravement de lu : ±, r, et sauta dans le ChOlnin. MONLUC, CoMenenli, Li II (I, 425).

Accolt, v. Accort.

Accombler. Combler. — Ottroye moy, je te prie, ô Boy Jupiter, que cestuycy qui rra ha accom- blé de tant de maux, soitpuny selon ses d01.1-w- rites. LEta A IRE D F.. BE ToriES, IlietStr., I I, Porter au comble. — Je vous supp.ly, accornblez vos effors A ce coup ey. COLIN BucatEn, Poesies, .107. Acconibié. Rempli+ — Si Mort est Here, et ses faits desreiglez, Si est Amour dangereux et fa- rouche, Et tous ckux sont d'inconstance. accomblez. LE mAIRE. _lit BEt.GEs, let Conte de Cit,pitk et d' Atropos (III, 42). EsÉre accomblé de ses souhaits. Les voir accom- plis. — Or estoit oile [Hélène] alors... toute envi- ronnee de pompe et de delices royales, accomblee de tous les souhaits que femme de prince sauroit demander en ce monde. LEMÂ1PLE DIE BI.ILGSSI ilittStr., II, 4. Accommencer. Commencer.— Je seray forcé e recepvoir la mort ja acommencee, MAuRicE SCÈVE:, let Deplourable Fin de Fia effet eh. 43. — Si les oeuvres sont. esthnées en elfes-rnesmes, elles ne m.enaceront pas moins l'homme de rire de Dieu par leur imperfection, qu'elles luy tesmoignwiont sa benevolence par leur pureté tellement quelle- ment accommencée. CALvIN, VI, p. 290. Les fideles, cependant qu'ilz sont environnez de leur chair mortelle, sont encares pecheurs, et leurs œuvres seulement acommencéese ID-1 ib., \fi, p. 408. — 11 semble aussi qu'il vous ait reservé les aultres moic.ns d'amener à perfection ce qui] luy a pieu d'accommencer. I D lf.ttres, 3950. — J'acommence mon oeuvre par l'exalta- tion d'aucuns grands capitaynes. BRAN7ÔNEI Cap. estr., Charles (pin, Cl, 9, var.). — Il delria et fit signe de la main avec. le gantellet, et de la voix, au capitaine La Mole., d'acconilnencer le combat avant les autres. ID., Cap. estr+, Alislterand Man- druzzo (1, 347-348. — Ainsi ledict prince accorn- mença la guerre. Ire., Cap_ /rami., le mareschal de Vieilleville (V, 52).. — Elle accommençoit ses pro- pos toujours par l'amour de Dieu. ID., des Dames, part. II (IX, 582). iAvers un infinitif complément). — Fiamette... acommença a regarder, MAuRICE SCÈVE r la Deplourable Fin de 'lao te, ch. 17. — Quant. ilz acommencent a aymer. ,, ib., ch. 19_ — Eux se mirent à. luy jettera force 1..au béniste... et accom- mençarent après à faire hiurs exorcismes et orai- sons. BRANTÔ/i1E, Cap. este., le moresekal d'Es- trozze (1I, 256). — Souvent en vers j'aceommençay d'eserire. VAsQuir.; PHILIELTI trad. de PETHARQUE, L. 1, S. 5. (Sans complément.) —I l faut maintenant ve- nir à nos braves François.... Et pour mieux accom- mencer, je viens a nostre brave et gentil Foy Charles VIIIe du nom. 13n.ANTibIE, Cap. cari, le mareschal d'Eserozze (li, 282). eaccornmeneer. Commencer. — Là_ où s'aceorn- mança. un grand combat et si furieux, qu'on oust digit que ce fût esté à bon escient. BBA rirrô M ri, Cap. franç., te grand roy Henry11 (III, 255 Accommodeible. _.4e-columodable à. — Que l'exercice soit un, accommodable à plusieurs et à tous, qui. est le propre office de la gymna.stique. L. LE Roy, trad. des Poliliques d'ArusTorE, IV, L — Le proffiet et Putilité luy est accommodable [à la créature], non pas l'honneur. MONTAIGNE, trad. de RAYMOND SE.noN, ch. 181, — Plutarque a les opinions Platoniques, douces et accornmo- clables à la société civile. ID., Ess›, I I, 10 (11,115). —Chacun i qui mieux mieux, va plastrant et con- fortant cette creance re.ceue, de tout ce que peut sa raison, qui est un mil sou.pple contournable et accommodable . toute figure. In., II.. 12 (II, 290), — [La raison] C'est un instrument de plomb et de cire, a.longeable, pioyabie, et accommodable à. tout biais et à toute mesure. IDi, il?. 01,ue), Accommodateur. — Quant. à ceste accommo- dation d'oreilles, dont vous avez parlé naguore, comment se fait-elle? y a-il maintenant en la cour des accommodateurs d'oreilles?... Ou bien ceste accommodation d'oreilles se fait-elle point par le moyen de quelques pendants qu'on y attache? H. ESTIENNE:, 2e Die du Lang. rai ç. (11, 26•). Accommodation, v. Accommoder. Ac commodément. Dune. façon appropriée, convenable, commode. — Proprement et accom- modérnent parler des choses basses et petites. BuD E, Instii. du Prince, ch. 15. -- Il ne fault pas requerir d'elle Pa science harmoniqu el, qu'elle donne la cognoi7-sa.nce, et qu'elle puisse discerner, si. le poëte a biF.ri pris proprement et accommo- deement pour ex_emple en musique, la mode Hy- podoriene en. son entree. AMYOT, .De la Mzdisipe„ 33. — Nostre vertueux pere-de-fa.mille se main- tiendra gaiment en son mesnage, y vivra accommodérnent. O. DE SERRES5 Théâtre d'Agric., 'III, 17. _-grippa d'Aubigné blâme l'emploi de ce mot Encores voudrois-je, disoit maistre Gervais, que cette Grammaire Fust chastree d'une grande quanti Le d'adverbes, comme... spirituellement, ineffablement, accommodement... cet. accommo- dement est ternie de haute voilerie ou de gibe- ciere, ou style de bourreau pour raccommode- ment de la corde au patient. Faeneste, 11E, 22. Accommoder. Disposer en vue de la commo- dité ou de la beauté, rendre commode, — Pour accommoder ma maison, jé di liberlé dedans huic- laine dernolir iceluy figuier, RATIELÀ15 IV, An- cien prologue. — Je. luy dy... qu'il luy sieroit mieux.„ de laisser à son fils sa maison principale, car il n'avoit que celle-là de bien logée et accom- modée. MoNTLEG.Ne., I1, 8. (II, 84.). — J'accom- rnodois nia grave, agençois mon visage... Je von- lois sembler belle. Ft.r.GNIER, Phylis. Accommoder qqn de qqch. Lui fournir qqch, mettre( midi à sa disposition. — Themistocles... s'enfouyt une 'valet du royaume des Molosses, avec leport et aide du Roy qui le feit accommo- der de toutes choses. Amyot, trad. de DlorioRE, XI, 22. — J'en ay escrit à ceulx de Lectoure... et aultkes villes de mon gouvernement, qui sont sur son chemin, le recevoir et traiter humainement et l'a.ccomm.oder de ce qu'il auroit besoin. MoNwic., Leures, 140. — Ceulx de Tarbes ont grand ne-. cessité de pouldre.„ Je vous prie, Monsieur, les en ii•oulioyr taire accomoder de quelque quantité, laquelle Hz veuillent bien payer. iD„ ib., 239. — L'Empereur Claude... List Faire le canal Fncia, pour accommoder la ville de bonnes eaux. J. Bo- n [Ne RepUbliqUej VI, 2. — Voulons nous entre ay- rnez de DOS enfans?... accommodons leur vie rai- sonnablement, de ce qui est en nostre puissance. MONTAMNE, II, 8 (II, SI). — Il... pria ce jetu garçon de l'accommoder de papier, plume, ancre, cire et, cachet, pour faire une couple missives à quelques-uns de ses amis. Var. hiet. e tin., II.7g• Quant au Basteleur, i1 fut prouvou d'un estai plus honorable et fut accommodé de biens. BE- ROALDE rr EVtnvitts, Voyage des Princes tortu- nez, 52.

Accommoder qqn de qqch. Le lui prêter. — Ceux qui accommodent autruy de leurs biens, en de- n'eurent tousjours seigneurs, et possesseurs. {{sc| J. Bodin, Republique, I, 9. — Va-t’en chez mon cousin René, et luy dis que je, le prie bien fort qu’il m’accommode pour une heure ou deux de son pourpoint et chaus, - ; iLs de. satin incarnat. et de son manteau de tafias, il qu’il te les baille tout à ceste heure. Tou R.Nu.si.ti, les Contens II, 6. — J’ay envoyé pa.r toute la. Sicile chercher argent d’em- prunt aucuns desquels nous en ont liberaleniient accommodé. F.. BRET1N, trad. de Lucurq, Epistres de Phalaris, 62. — Il s’advisa. d’escrire à M. Lain- pas, son cousin… et le pricit bien fort de l’accom- moder de son coche pour deux ou trois jours, T A — DOUROT DES ACCORDS] Apophthegmes die sieur Gaulardi I 1111, 143). — Je vous prie 111 acco 111 — modcr de dix escus, attendant mes coffres qui , sont encore sur le Rhin. Du FAIL, Contes d’Eie-irapel, 18. Accommodé.. Muni, pourvu. — [la No- blesse] en seroit plus aceonirnodee d’argent, et moins endettee. NCI.L1E] Disc. pol. ei IV, p.. 113. — A eur retour ils trouvent leurs maisons -vagues, desertes, ruynè.’, es., où il n’y a phis qup. les murailles, au lieu qu’ils les avoient laissées riche- ment meublées, et accommodées de toutes choses. Sali Men. 2e Ati’..ii.g ; de l’Imprimeur. — L’on s’en sert [de Phydromei.1 en plusieurs endroits iriesme vers les Ardennes et par tout generalernent, où (lentillons les Vigiles, l’on est a_ccommodé. de miel. O. DE Sliline.S, TieMere d’Agric., III, 15. Accommodé (sans déterminant). riche. — Je te mis entre mains tous tes biens, et Vay en fin rendu si accommodé e.t si aysé, que les victorieux sont envieux de la condition du vaincu. MoN- TkiGNE, I, 23 U, 148). S’aceotreinoder.. Se rendre semblable., se confor-mer. — Il n’y auret ordre de. tenir suspectes toutes celles qui. se fardent veu que plusieurs. ne le font que pour s’accommoder aux. a.0 tres. — ne se pourroye.nt elles passer de ceste accommo-dation ? ESTIE N N Dial., du Lang. franç.. ital›, I, 240. —-— C’est tou.chant u.ne chouse qu’il faut sça.voir, si vous voulez VOUS accommoder à la civi- lité qui est maintenant en vogue. — 11 y a trov.-..- jours de l’Accommoder en vos propos. ID., 11, 106. (Par eupliérnisme. S’aceomertoder de inch. Se l’approprier, le voler.. — J’attens qu’on face la lessive, Où, avec une main hastive, Je. grappe ce dont j’ay besoin… Je n’y songe point en malice, Car ce n’est que m’accommoder. Anc. Pués. franç., I, 97. — Chacun siaccomrnode de ces nouvelles gentillesses de langage comme bon Wy semble. — CELTopii. Commen.t entendez vous ce mot de S’accommoder ? — J’ay voulu dire que chacun s’en sert à sa poste. Or sçachez que ce mot s’accommoder, est aujourd’huy accom modé à toutes choses., On dit s aceninmoder de la bourse de queleurd., quand on y met les quatre doits et le pouce pour y pescher à bon escient. On dit, eactommader des habiis de quelcun. : s’accom-moder du cheoal de quelcun. Mesraes on dit s’ae-cominoder de la femme de relcu.n. Il. EsTgENNE, ler du. Lang. jranç. zial., I, 136. — On ne parla que des gens de guerre, veu que du temps de nos seditions civiles… il n’y avoit heure au jour qu’on n’entendist parler de leurs depori…riiens, et si n’y gueres personne. qui n’ait e, J. : Iit_lrimenté leur pillerie, qu.’ils appellent s’accommc•der.Grilm. BoucHET, 2.5e Seree (IV, 97). A ecommoder et. accommodation on t été des m.o ts à la mode. (cf. les deux alinéas précédents), CEL- 70PH. A ce que je voy, il y a beaucoup de nouvelles sortes d’accommoda_tions. — PalLAUS. Encores , y en a il une outre ceste-cl : quand on dit, l’a bien accommodé, e.n parlant crun que quelcun a_ura bien batu. Mesmernent se dira quelquesfois quand il l’aura_ tué. — Voila. une ocrornmodation horrible.. H. ESTIENNE, Die du Lang, franç. I, 137. — Ne vous ay je. pas dict par ci-deviant que ce mot Accoeremoder servet maintenant à tout ? ID., ib., 115 88. — CE LTOPH.’espererois bien me’J'OU- voir façonn.er. Il falet dire, Me pou- voir accommoder. Ne vous souvient il desja plus de ce mot, qui a esté tant de fois repeté ? 11›., 10’..). Accoramuniquer (e) de. Se mettre en rela- tions avec.— „Ainsi que les Litopiens s’accommu- ’liguent de gens de.. bien desquelz usent, aussi s’allient ilz de ma.uvais guarnement de quoy ilz abusent. J. LE BLOND tra.d. 1111 MORUS] l’Isle tri’Utopie, L. Il, 83 vo. Accompagnable. Sociable. — Jay perdu toutes les recreations et plaisirs du monde, en delaissant tous açcompaignables desirs. 11i1A URICE SC É.. F., la Depirmrable Fin de Flamete, ch.. 25. Lieu accompagnable. Lieu fréquenté., où l’on s’assemble. — Le bal, les festins, et les tables, Et sa. propre. maison, Les ris, et les jeux_ delectables, EL les lieux plus accompagna_bles 11 hait comme poison. ButrEr, ler Livre de8 Vers, Ode 22. Mal accompagnable. insociable. — QUE’. Si je per.siste à. entretenir ma sineerité., je suis dict mal plaisant ci, mal accompagnable. F. BRETIN, trad. de Lu ci N I)e ceux qui vif.rent à gages, ao. Accom.pagner. Associer, u.nir. — Il a accom- paigné la Divinité avec rhu.manité à fin de .soubzmettre l’imbecillité de l’une, pour endurer la peine de mort : en la. vertu de l’a.utre batail- ler à l’encontre, jusques à ûbtenir victoyre. CAL- v IN Instit., IV, p. 2e.14. — Toul ainsi que la femme est venue de l’homme… aussi les hommes sont maintenus par les femmes, Dieu les a tellement accompagnez, qu’il faut qu’ils se.nour- rissent en concorde aminble. lo., Serin. sur la pre- miere à Timothee, 18 ? L’II, 217). — Les Pa.yens qui estoyent du tout rejettez et profanes, sont accompagnez avec. les anges de Paradis. ID., ib., 28 (LE( F, 330). — Je pensois estre accompagnée avec une beste, mais vous m’avez donné pour mary le plus beau, le plus sage… et le plus ver- tueux jeune fils qui soit en ce monde, Loi %. trad. des.Facétieuses Nails STRAPARÇ LE, 11, 1. Ëgaler, — Ils arnenoient de Troye a.vecques eux des feMmes que ies Grecijues n’accompa.gnoient ny en. grate ity en beaute. JEAN DE LA LAND131 tra.d, de DICTliS DE Cfri.-rt, L. VII, 133 ro. Accompagner de. Unir à.. — Je faisois a.ymer les jeunes pucelles, les jeune.s hommes j’accornpa- gnois les plus jolies des plus beaus et plus adroits, LouisE LAI% É 5 Debat de. Folie et d’Amour, Dise. 1. S’accompagner à. Se joindre à. —Celuy fuyant le triste oubly Au lac de Lethe ne se bagne, Mais aux immortels s’accornpa.gne I mrnortellement e.nnobly. BAÏF, Poemes, L. IV (I !, 219-220). S’égaler à. — _A_yant subjugué la plus part il est a croire qu’ilz [les Athéniens] prendroient encores plu..6. ; mal en gré que nous voulsissions reputer egaulx à eulx aux affaires comtnuns, et que nous seulz voulsissions nous accompaigner a eulx la ou tous les aultres leur obeissent. SEYssEL, trad, de TnucyniDE, III, 2, 81 ro. S’accompagner de qqn. Prendre qqn pour com- pagnon, pour compagne. — N’as tu daigné Vac- compaigner de moly, Qui suis ta sieur ? Du. BEL- LAY, trad. du tie Liv. de. l’E.n..eide {I, 372). — Ainsi le Preux s’acompagnant d’Orphee… pressé le rocher Thracien. BAÏF, Poemes, L. (il, F12). — C’est aussi une espece de lascheté, qui a introduit en nos combats singuliers, cet usage, de nous accompaigner de seconds, et tiers, et quartl. ;., Iu N- TAIGN E. II, 27 (III, 105). — Le roi de Navarre… s’estant accompagné… de quelques vingt-cinq gentilshommes, part avant jour du logis. Au in- IGNÉ„, Hist. Unie., XII, 22. S’accompagner dc. S’unir t — Si peut entre il esc-et que portant bien, bon amour à une. fille de basse estofe… je m’accompa.gne delle en mariage., ne dira soudai rli-rmint ce peuple, en ce par moy avoir esté commis un exemple de vraye folie ? PAsQui£R, le M..nophile. L. I (II, 711). S’accompagner avec. qqn, Se joindre à qqn comme compagnon. — Il rencontra quelques gens à cheval… avec. lesquelz, sans y penser, il s’accompaigna en devisant. LE Màço : rii, trad. de BoccAcE, Decameron, II, 2. — Le p, : entilhomnie faisant le guet., aussi test que Messire Rogier sortit de la ville, il s’accompagna. fort dextrement avec lu y. Io., ib., X, 1. — Selon sa grave infinie, il [J. C.] s’accompagne avec nous qui sommes bas et contemptibles, CALviN, II, mn, 2. — Regardez à la vertu invincible de tant de martyrs qui nous ont. esté donnez en exemple, et prenez courage a vous accompagner avec. si belle bande. Leilres, gI. — J’aperceu… deux compa- gnons avec iesquelz je m’a.compagn.ay faisant le troisiestne. LouvE.Au, trad. d’Apui… I. 1, — 11 vint à passer un fort beau jeune fils, monté sur un gentil cheval riehenv..nt equippé —, et ayant raid une grande reverence à Guerrin, te salua gracieu- sement en luy disant : « Certes, gentil chevalier, si c’estoit vost.re plaisir, je n.-Caccompagnerois volon- tiers avec. vous. 1 »., trad., des Facetieu_ses Nuits de STS.AipArtott., V, 1. S’accompagner. S’unir par mariage. — Cin- thien espousa en secret Liaikrinie, et en secret s’acca.mpagnerent. JEAN DE LÀ TAILLE,. le Negro- rnant, I, 2. — cognoistras urr jour que c’est se marier sans entre aymé… cherche t’accompagner avec qui L’ailne.-LATUVEY, la Vefre, I, 5. — Je serois hier aise que… allassiez pensant de vous accompagner avec une belle et bonne femme, pour vivre avee icelle et les enfans qu’il plaira à Dieu par sa grave vous donner. luk., la (’onsiance, III, 6. Accompagner intrans.). S’unir. —’Foy mosme, Jupiter…ayant accompagné. avec. los lilles et. femmes di ! inurtelle È,…ondition. F. BRETINe trad. de. Lucurq, Assem-biée des Dieux, 7. Accomparable. Comparable, —— 1l n’est Dieu à toy semblable Ny R loy accomparab.k. MAROT, Ps. de David, 35, — [Pandare et Hicias] en grau- Jour àdrnirables, Aux paternels sapins a.ecompa- raNes. Dis MAsuriEs, Eneide, IX 4.). 480). —-- L’homme qui est en honneur favorable, S’ii ne l’entend, il est accornparable A la jument qui meurt pour tout jamais. ILL, Ps. de David, 49. — Sa semence à tousjours liendray seure et durable : Et du ciel aux longs jours Son throno accompa- ih., 89.. — C’est mon Neoptoleme ae- comparable au x Dieux. A. JANly Iliade, XIX, Vi7 — Puis en ses riions vains Le soir est au matin en force accomparable. BUTTETI Tombeau de Marguerite. — Beautez à i na beauté en rien accomparabies, Fuyez, vaines douceurs, d’auprez rlrk ma. douceur. Auste ; NÉ, Printems, L. II, Qua- drains, — [La racine de buis] est bouillie dans l’ea.0 claire en grand chauderon.,. preparation accomparable au rouir ou naiser des 12.hanvres et fins., O., DE SERPLES„ Thé ore d’Agric., Vil. 10. Accomparager. Comparer, égaler. — Nul ne peut (, siire aceomparaigé au Roy Louys. rognant. SEYSSELe Louys XII, p. — Le Roy Pepin scat, t Cha.ries son fils._ sont dignes d’estre mis au rang, et aceouipa.raigez au Roy Lonys à prescrit rognant. In., ib, , p. 31. — Jupiter Ro boit point de nectar meilleur. — Ce vin est bon ; mais il ne fault pas aeomparager le vin de ce inonde au nectar de Jupiter. DES PERIERS, CymbaluM, Dial. t. — On Taie trop d’honneur à noz forces, les aceoraparageant à un roseau. CALli1N H. p. — Sainct. Augustin aeomparage en quelque lieu la vol un de l’hoinme à un cheval.., accomparage dlauitre part 1)ie.0 et. le Diable. à des chevaucheurs. ID., ib., II, p. 85. — C’est deshonorer la majesté. de Dieu… si on accompa- rage son essence infinie à une petite pieee de boys, de pierre, or ou d’or nt. Tin., ib., III, p. 129. — La parabole est vraye : où il l’aeomparage [l’Église] el un retz, lequel attire toute maniere de poissons. In., ib., IV, p. 274. — Sainct Augus- tin parle tres pro liribinent, quand il accornparage la vie de tenes gens ù une coursF3 esgaree. Io., i(i1 VI, p, 376. — I l n’est pas digne d’estre accom- paragé à un poulx, à un ver, ou quelque autre vermine… ID., ii.1 : ervn. $rir.r le liv. (le Daniel, I 395). — Mais plustost est. de leur rage Très-douce l’occasion Si quelqu’un racornparage A ma triste passion. RivAuDEAu, (Er19r. L. I, Corn- plaincte 4.. — Telles gens… sont bienhureux, car il z sont ancomparagés à Jésus Christi Mo 1, 11 Ce COMM.-Cni, e Préamb. — Quant. aux metaux, il n’y a nunc raison de les accomparager aux Fruits d’autant que leur corps et leur eft’i..et est insen- sible. PAussY, Di.wour$ admirableb.., Melau.z. et Alchimie, p. 902, — Quelqu’un accompara.gca les babillards et grands parleurs… aux flustes : que si vous en estez la langue, tout le reste sera inutile. GU1LL. BOUCHET ? 12e Seree (I I 258). — On ac- comparage le soleil avec le cœur humain. CHO’AÈRES, ire Illatin..ée (p. 51), S’accomparager. Se comparer, s’égaler, être comparé. — Qui est aujourd’huy ]e Prince., qui soy presurne acconaparaiger i lu y, soit de puis- sance, de gloire, ou de prosperité ? SEYSSEL, Louys XII, p. 148. — Nul des bien heureux, ny fortunez d’amours, ne se pela acompa.rager à vous. MA US10E SCÈVE, la Deplourable Fin de _Ma- inate, ch. 15. — Menecrate… s’accomparag, eoit au Roy Philippes, et disoit… que Philippes estoit ltoy de Macedoine, mais ln y qu’il estoit Iloy de la Medueine. GuiLL. Bouclier, 10e Seree (II, 206). — ’J’oiseau se peut aceomparager au cheval en bea.u- coup de sortes. SALUT, trad.. d’HÉRopoTR, 1V, 132. Acecunparee. Comparer, égaler. — Aucun ne doit en riens Accomparer ses faietz (l’armes aux miens. MAitot, ii.egemeni de Minos. — Trop gran- dement erre Qui Vaccompare aux femmes de la terre, Yeu que tu es, à bien te visiter, Toute sem- blable aux filles Juppiter. ln., Leander et _Hers, —- Quand seroit question de accomparer telles compagnies aux synagogues des Juiz, je Grain- drois fc…re injure à costes ey en ne les pre- ferant aux autres : ou pour le moins. en les postposant. CALviNi Leiires, 90 (I,’1, 1, 39). —Ides bonnes œuvres sont accomparirjes’à richesses : ü8- quels il est digit que nous jouyrons en la betati- tuile future. In., Instit., V1, p. 425. — A grand peine en trouveroit on un en l’Eglise Chrestienne, qui soit digne d’estre accomparé à Abraham en fermeté de Foy. In., ib, , VI, p. 459, — Qui est-ce qui souffriroit que telles manieres de gens feussei r t nommez Apostres’et feussent accomparez aux _A postres de Christ ? In., ib., XII I, p. 702. — En l’un de ses sermons il accompara les femmes aux Diables, disant que ee sont les deux plus grands ennemis de Phomm.e. MAm.G.. DE NAV., Heptam.., 46. — Veufve maison des beaux yeux de ma. Dame… Je Vaccompare à quelque pré sans fleur, A. quelque corps orfelin de. son ame. RONSARD Â UrS de Cassandre (I, 89). — [Le poêle Theo- pornpus] accomparoit les Lacedaemoniens aux taverniers, clisa.nt qu’ilz a.voyent donné à taster akIX Grecs du doulx breuva.ge de la liberté, et puis y avoyent meslé du vinaigre. Amyor, Lysandre, — Moneses… eut recours à Antonius, qui le recueillit et accompara sa fortune à. celle de The- mistocles, et l’opulence et magnificence sierie à celle des Roys de Perse. Io., _Aneoine, 37. — Les anciens ont aimé la beauté, haulteur et droic.ture de cest arbre, mesrnement Homere, qui accom- pare la beauté de Na_usicaa a.0 tronc et tige d’un beau palmier. ID. ? Propos de Table, VIII, Li. — „Paccompare daine au iqerpent, furieux, Que le divin Thebain surmonta par la Étame. DEs onTEs, Diane, I, 67, — Pauvre et chelive Jerusalem… à quoy accomparera.y-je la gra.ndeur de ton afflic- tion ? Du VAIR,.41e.rdii. sur les lainent. de „I ereinie 2. —On se met à compter des folies et bouffonneries des rustiques et ruraux, qu’on estime lourdaux accompa.rez à. ceux des villes.. GUILL. BO Cli ET, 34e Seree (V, 66-67). — Innocent III,.. dit que, cotrime Dieu a foie d.eux grands luminaires a.0 ciel.,. a.insy en a-t-il faict deux en l’Eglise, l’un pour les aines, qui est le Pape, qu’il accompare soleil, et l’autre pour le corps, qui est le Roy. Sa& Men, Har. de M. d’Aubray (271-272. — Voylà quelle fut la court de ce grand rov, et son regne, qu’on. pouvoit ae.omparer l’em.’pire de Caesar A NTÔM E Cap. franç., te grand Roy Henry 11 (III, 280). Accomparé de. Comparé à. — Nui ne se.L. pense malheureux Qu’accomparé d’un bien-heure-ux.. R.. GA FI N I E Rt la Troade, 2002. Slai : comparere, Se comparer, s’égaler ; être com- paré, être égalé. —— Voila flanc Job qui se pouvoit bien accomparer’à un blanc. a.uquel on tire. CA T.- VIN, Sem. sur le liv, de Job, 63 (XXXIV, 16). —• • Le mortel ne se doit accomparer aux Dieux. Ro N- sAnns Rummel…on ei Ca1iiree (is 233). — De là est venu le chastiment de tant de planeurs., qui vou- laient raire les galants et s’accomparer aux prin- ces, Sat. Men., 1-far. (le 51. ie Lieutenant (p. 73).. — rne sembloit rhose bien sotte qu’on deust croire que celle liberalité se. peust accomparer à ceste ! cy, LE MAçori, trad. de BoccAc.E.., Decame- ron, X, 5. — [tien icy bas ne s’accompare A l’equi té dont se repare Un Roy de prudence vestu. ll., oNsiinD, Odes, I, I. — Aussi n.ul chant ne s’ac- compare Au chant courageux de Pindare.. ib„ V} 2. — temperance et netteté de mains pour ne se laisser point corrompre pour argent, il se peut accomparer aux plus vertueux, plus nets et plus entiers des Grecs, A NI Y 0 T Alcibiade et Corio- lan, Comparaison, 5. Aceompliment, Action de mettre à exécu- tion, d’accomplir. — Proceder à Paccornpliment de ma promesse.. MAunicE SCÈVE Deptourable Fin de Flainetc, ch.. 33. — Puisque de ta promesse L’entier accomplyment Ociroye à ma. vieillesse Parfait contentement. DES PER1E11.51 Cantique dc Simenn. — Or à present sera L’acompliement Quu Grestienté recouvre son office.. Ane. Poés. franç, , I, 201. — Lu. promesse demande l’accompliment, et l’accompliment presuppose la promesse. MO N- TA LIGNE, trad. de Ilis_ymoND SEporir, ch. 270. Action de rendre complet, parfait. — Il faut que ceste retribution finale, qui doit estre l’ac- compliment. de toutes choses, se ra_pporte conve- nablement et à Dieu, qui la doit faire., et à nomme pour qui elle sera faicte. MoNTAicrie, trad. de R.AY MOND sSEBON ch. 322. État de ce qui est complet, parfait. — [La créa- f ore] N’ayant pas attaint à sa perfection, bonté interieure et propre accompliment, pourneant met elle en que.ste d’un bien exterieur. ID.., ib., ch. 189. Ce qui sert à rendre. complet., parfait. — Toute chose qui se donne ou acquiert, est… le bien inté- rieur de celuy à qui elle est attribuee, et… elle est paiconsequent son secours, son « compliment et sa perfection. ID., ib., ch. 189, — L’am.our et la charité c’est l’accompliment de la bonté. 1D., ib., ch. 288. — Le sacerdotat ou Ia prestrise c’est le dernier but et fin des ordres, mais on leur sur- adjouste par maniere d’embelissement et crac- compliment l’opiscopat, l’archiepiscopat, le pa- triarchat, le cardinalat et le papat. ID., ib., ch. 312. — Tous les jours viennent a 11 dernier comme à leur fin, perfection et aceomplirnent. 1D., ib., ch. 328.. Accomplir. Pourvoir, munir complètement. — Furent les galeres a.ccomplies du nombre d.e gens propices à la rame. Si ne restait que les capitaines et gens de guerre !, lesquelz arriverent à chef de piece, LE M A IRE D E B EL G ES, MUSir..„ 11„ — 11… rit un soir.„ un beau festin, a_ccomply de plusieurs choses plaisant-es. LE M A ÇO N, trad. de BoccAcE, Derameron, I I, 7. — 11 n’y a ny statues… ny cou- lorunes… qui puissent combattre la duree d’une Histoire eloquente, accomplie des qualitez qu’elle doit a_voir. _Amy orr, Hommes illustres a_ux Lec- teurs. Compléter. — Ne cognoissez-vous doncque quelle perturbation introduisez par vostre raison, accomplissa_nt vos larcins d’un homi- cide… ? E’. P.A_SQ U JE Monophile, L. — En quoy m’efforceray de faire mon devoir… priant toutesfois le.s Ie.cteurs de m’excuser si quant aux noms des saincts et sainctes je n’accompli le role de la Kyrielle. II. ES TIENNE, 41 ; b0i. p0 tir Her., ch. 38 (II, 306-307). — Quand sera… cette heu- reuse journee„, que le ciel accomplira tant de graces desquelles il vous a comblé, par celle sans laquelle toutes les autres sont ruineuses, à sçavoir par vostre reconciliation à l’Eglise catholique,.. ? Aumiud, Leure rie piété ou de théol., 7. Accomplissement. Qualité de ce qui est ac- compli, parfait. — La. duchesse… l’admira fort, tant pour sa beauté que pour sa belle fa_çon, qui monstroit à plain Ia vaillance qui estoit en luy, qu’elle €….stimoit bien autant crue les a.utres vertus e.t accomplissernens et perfections.BRA_N T lE Des Dames, part. II (IX, 38q.. Accompiissear. Celui qui accomplit.. — 0 Par- menon que j’aime tant, De tout mon aise et mon bon heur Entrepreneur et moyenneur, Accom- plisseur de mes desirs. BAÏF, l’Eunuque, V, 9. — Monsieur le Pape… estant le souverain et univer- sel pa_steur, prince, pontife, chef, espoux et pere, illuminateur, et parfaict accomplisseur, PH. D E MA RN IX, Dif fer. de la Relig., I, 8. — 11 est juste envers Dieu, et legers impletor, c’est à. dire, accorn- plisseur de la. loy. ID., ib., II, iv, 11, Accomposter une terre. La travailler.— QUiDy me seront ces novanes ostees Qu’en leurs saisons j’ay tant accompostées ? VA U QU EL IN DE LA FRE S-N A T E idinies et Pastorales, I, 80. Accompter. Compter, faire entrer en ligne de compte— — Pour ne perdre telle graisse (accom.p- tee pour notable article de profit en ceste nourriture. O. de Serres, Théâtre d’Agric., IV, 13. — Le grand estai que les Antiques taisoient de la bouqueterie, des chapeaux— de fleurs… montre accomptoienl pour article notable, ces ex- cellentes rnatieres. ib.., VI, 10. — [La saffra- nière] est fauchée à la fin de mai, et aceompté le foin qu’on en tire, en augmentation de revenu. ID., ib., VI, 28. Attribuer. —Il reçoit. la Predestination, sans rien Recompter à la foy, ou TE EV ET Cosenogr., VI, 5 Aecoirepter à. Considérer comme. — Ils n’en esperent que la mort, laquelle ils acompte-nt a grand honneur et gloire., l’ayanS recolle pour cestAL querelle. THEVET„ Comogr., XII, 15. — A tres- bon marché les nourrit-on [los a_beilles]… estant si peu de chose ce que parfois on leur donne, que cela est plus à accompter à rnedecine ou à plaisir, qu’à necr…ssité de nourriture. O. DE. SE mars, héâtre. d’A grie., V, 1 fi. Accomple• entre. Compter parmi. — Par son facile accroist, cent. Arbre-ci {le Prunier] est ac- e.ompté entre les plus communs. 0. DE’SERRESs Théâtre d’Agric., VI, 26. IS’accompier à, pour. Être considéré comme. — Pour tres-grand ornement desquels s’a.ccompte le bon voisin, à cause des infinies commodités qu’on reçoit de sa douce et vcrtuouse conversation. 0+ DE SERRES, Thatre ri Agric, , 1, 2. — Aussi s’accorni à commodité, de ce que les bleds et pailles ne !.— :.ont en danger d’entre m.ouillez en cam- pagne par les pluges, dont le mesnager est des- chargé de grand pansement. ID., ib., I I, 6. Acconeevoir. Atteindre [ce qu’on poursuit]. — Cestuy, quant l’eut ne..oneeu, lei getta a terre et. le tua. FADnr, A ri de Rhet., L. 1, p. 92. —— A icelle [perche] se pendoit par les mains, et d’icelle alloit et venoil sans des pieds à. rien toucher, que à grande course on no l’eus peu aconcepvoir. RA- riELAis, I, 23. — Les autres bergiers… les suy- virent a grands coups de pierres… Finablement les aconceurent, ID., I, 25. — Joseph dit à celuy qui estoit cons bitué sur sa maison, Leve-toy, lesces personnages… Et le maistre d’hostel ies a, cconeeut. G L V I Bibfe franç.., Genese, 4. (L I, 70). — En tesmoig.nage, sont les champs en l’Isle de Samos dits Panerna, c’est à dire tout san- glant, auquel Bacchus les Amazones a_cconceut, fuyantes de la contree dr~s Ephesiens. RABELAIS, V, 38, — n est poursuivi par quelques gens de cheval, qui l’accoaceurent aux campagnes de Je- ric.ho. R, GArtNiErt.„ ire Juilees, Argument. Acconehe. Élégant, bien vèLu. — Pour te mot I calierAeconcio, les uns disent IL esi en bon conche, ou en bon.ne « aiche : les autres, Il esi bien de conche les autres, Il est bien en *mec d. aucuns aussi, H est bien inconche : et quelques uns, le fai sans phis court que tous les autres, Il est bien conelee, — Et vous comment. ? Je croy que vous dites, E est bien acconche. Ou y. EST1FNNE, Dia. du Lang+ franç. ital., 1, 69. — Plus Iuy plaist l’or pour sa seule valeur. Et si Vill-an liriiteux en est teint, Il est acnnclie, il vole droit ut coint. FORCA D EL e C`sic. pool., p, 135, Mal aconche. Mal vè Lu, de mauvaise apparence. L’ho.stesse le voyant [Philopérneni si laid et mal aconche, presurna que ce fut queleiin des gens du capitaine, qui oust esté là, envoyé devant. CHOLIÈ R ES, 5e Matinée (p..189). Tahureau cite accouche parmi les mots à hi. mode : rx A celle fin d’estre estimé mieux parlant, il ne c.h.erhera autre chose qu’à trouver le moyen de faire venir n, propos aucun de ces mots, comme folâtre, fai, acoster, il n’y manque rien, escorte, en. durer une bravade, aconche, galante. I. Dial. du Dernocritic, p. 34. Accouché. Paré, bien vêtu. — Je veux plus- tost arner une, belle naturellement, non adjen- cee, qu’une curieusement acconciee, non belle. Pobnrus Nr TY A RD, tra.cl. der~ P.inetriue de LEAN HERMErit Dial. III, 412-413. — Ce scret une dis. cortesie de passer par la con tracte où est Ia case des dames que savez, sans y faire une petite stance, et. toutesfois, je ne suis pas maintenant bien acconché +pour comparoir devant elles. EsTirpirNE, Dzat _die Lang. franç. 1, 51. Qui a l’esprit vif. — Octavius entendant.qu’il lui ressembloit en tout et par tout, le fit appeller, lir, v demandant si autrefois sa more estoit venue à Rome Pespondit que non fort accoriement, il estoit gaillard et aconché, trop bien son pore y entre diverses fois venu. Du FA ni, C’ondes d’Eutrapel, 33. Dans le mrme conte, Du Fe signale acconch comme un mot d’emprunt : « Vous avez parléi de je rte say quels a.cortement et a.conché, mots quo -veritablement je n’entens point… et n’a y encore aprins si cela est bien fait, changer et invertir les noms de nostre pa.ys, pour en aller emprunter Jù Acconduire. Conduire, amener. — Vous pour.- rez tout. en ceilly qui vilus fortifie. Quant il vous auroit aconduyt jusquos icy, vous verrez l’ad- dresse quit vous donn•ra. CALVIN ! Lettres, 1084. — C e n’est pas pour exclure la rnisericorde de Dieu, mais plustost c’est pour nous amener et Re- conduire. In., Sem. sur la prophetie de Christ, 6 X XV, 667). — Stil y en a gtiChqlles autres [reli- gions] meilleures, et que Dieu approuve plus, il prie que sa bonté face, quil en ayt la cognoissance, et. quit est. prest et appareillé de stiivir… de(1110- que costé que ce soit ou il se praist aconduire et diriger. J. LE Moro, trad. de TH. Morus, d’Utopie, L. I I (100 vo). — Lequel propos se ti- rant file à file plus loin g, les acconduisit finale- ment en la question de Platon, quand il dist que les Republiques seroient, bien heureuses, esquelies Roysphilosopheroient, ou bien les Philosophes trouveraient lieu de régner. E. PASQU1EFie Pourparler du Prince (I, 11)18). — ou s preniieres [les Lettres], le monde estant. encore brusq’, pontes nos esprits, premieres nous acconduites a vertu, induites à conversation mutuelle les hommes es- pars çà et.. là. In., ib. (I, 1020). — Et ne sera ton opinion moins d’efficace pour acconduire le vi- cieux à son vice, comme le vertueux à la vertu. ID., ib. (1, 103M, — Puis apres fut sa Majesté lever par PArchevesque de Griesne, Primat de Polongne, et ledict Evesque Prie Cracoviej, qui Pacconduirent pres de l’Autel. TIIESET, Cosmogr., X X, — Il se reprit et retourna. à la Fée, qui l’avoit acconduit jusques à dix pas de là. BE rioALDE DE VER : VILLE, Voyage des Princes tortu- nez, 734. S’acconduire à, en. S’engager en. — Guischardi sous ombre de porter faveur à nostre Chrestien té, s’aceonduit à cette entreprise, avec un vent si propice, que au grand plaisir de tout le monde, il recourutide la rnaia des Sarrazins toute la Pouille e t Sicile. E. PA s ut s R ReCherChes I, 12. — Com- bien que… je me deusse plustost coniniender un silence, que par presomption trop hardie eac- conduire d-ri longue estendue de propos. 1D., Pourparler du Prince (1, 1019). iteconsuiere. Poursuivre. — Encoe que le chasseur et la becte courent, si le chasseur atrape la beste c’est autant quo si l’un et l’autre nleust bougé : pource que la vitesse du cheval aconsui- vant la beste, fait sembler les choses arrestées. J, DE ViNTEmirtLE, trad. de la Cyropedie, IV, 8. Atteindre, — Ilz se sauverent ergGa.scongne, ne les peust Charles Martel aconsuivre.. LE MAIRE E BELGES, IlittStr., III, 3. — le poursuyvit le chemin de sept journees, et Pacconsuyt en la mon- tagne de Galaad. CA LV il’lb Bible franç., Genese, 31 (L I, PIS). — C’est le cheval guerrier qui sous un Roy vaillant. Acconsuivit ta teste en ses mem- bres tremblante, BAÏF, Pocres, L. I I (11, 96). — Il fut bien aisément apres acconsuivy par ceux qui le poursuivoyent. MoNTAIGNE, I, i8 (1, 403).. — Les derniers levriers ardents à son dommage L’acconsuivent enfin et d’un brave courage L’arrestent tout à coup. GAucHEY, Plaisir dee champs, Chasse du Loup, p. 323. Cours ardemment et visternent, car, dequoy vous servira de le suivre, si vous n’estes si heureux que de l’aconsuivre ? t FB.ANÇOIS DE SALES, AMUI’de Dieu, III, 1. Égaler. — Divin Ronsard, de France le bon- heur… Je ne pretens d’a.consuivre tes graces, Mns pas à pas sans plus suivre tes traces. E. PASQ1i [ER ! Jeux poéliques, II, 6 — Quoyque te Traitté… suive de bien loin tous ces exceliens livres, saris espoir de les.pouvoir aconsuivre. St FRA. : NçO15 DE SA LES, moeir de niee, Préface- 1.7Jxprimer, représenter clignement. — Ainsi que le Timanthe, aussi tout. le plus beau De toy nous le tenons caché sous le rideau, Ne le pouvant au vif de la plume. aconsuivre„ E. P. sQur lit Epi- taphes d I, 931). — Amy, je ne sçauroy aconsuivre en parlant. La merveille et beauté de test, ouvrage grand. RivAuDE.Au, Aman, III Cp. 1.08). Obtenir par ses efforts. — Il demeure court en la course, et D’ors qu’il est sur le pojnt d’acon- suivre et gainer le prix de la gloire par le mar- tyre, il sabbat malheureusement, St FR A NÇOU u } : SALES* A mour de Dieu., X, S. Arriver à comprendre. — Le peuple ne sçau- reit distinguer ou entendre la n’oindre sillabe dF, ce qu’ils disent., tant— s’en faut qu’ils puissent ac- consuivre le sens des paroles qui y sont recitées. D E MARNIX ! Der. de la Relie., II, 3. Atteindre en frappant. — avoit… lespieu trenchant sur lespaule, et les dards affilez en la dextre, pour aconsuivre, retenir et enferrer toutes les bectes rousses et noires, LE MAIRE DE BELGES" _MUS& r I, 23. Le mot pourrait signifier aussi pour- suivre, ou atteindre à la course.) Suivre [dans le temps]. — Le. malheur accort- suit souvent nos bonnes fortunes. E. PASQUIERs Lettr, esy I I, 10. (Autre forme de l’infinitif.) — Ganirnedes ceci nous fait apprendre Qui, par trop fort se meiraire ou mesprendre, Voulut Phebus par force aconsuyvir. Anc. Pués. franç., II, 260. Aecoquiner. Habituer à rne.ndier. — On ne fera point mesmes le profit de ceux à qui on don- nera : car on les accoquine, ils s’accagna.rdent… et en la fin ils se plaisent en leur mendicité. CA.I.V1N, Serre. sur le Deuter., 95 (X XVI I, 341). S’aecoquiner. S’habituer` à mendier. — Beau- coup s’accoquinent,.. et les plus grands criars em- porteront ce dont les povres devroyent astre nourris et substantez. tavi x, Sem. sur te Deuier, , 95 (XXVII, 340). Accord. Habile, sage., , Accort. Accordable., Disposé à accorder. — Deux hommes imbuez de vice… A Juppiter ont faict priere… Le ciel ont rendu accordable. HAuDENT, Apologues d &ope, 1, 195. Accordance. Accord [entre les personnes], — Les deputet des pays, disans nen avoir charge sy non donyr et de rapporter, ne firent lors nulle accordance, ains prindrent terme à respondre. LEMA[RE DE BELGES, Chronique annale (IV, 517), — J’en Ry lessé une autre à qui j’a-voe accor- dance pour vous prendre. NicoLAs E TrtoYes, Grand Parangon, 52, — Et parce donc. serchez ceste accordance, Paix, et amour, sans bruyt ne discordance, BQUerrET, Ep astres morales du Traveriwur, I, 9. — Quand une telle accordance règne erutre le chef et les membres, ilz sont invincibles. BRANTôTilE, Cap,. franç., l’admirai de Cha.s/ilion, IV, 325. Accord [entre les choses]. — Jen dirois aucunes differences et accordances. G. ToRY, Champ fieury, I, 5 re.— II faudroit que ce mot d’abomina- tions fust au singulier, autrement il seroit con- jOillet avec le mot de desolation, et il n’y pour- roi’avoir accordance, comme sçavent ceux qui entendent la langue. CALvirle, Serin. sur le de Daniel, 28 (XLI, 626). Accord [en parlant de musique, de poésie., de danse]. — Et inesmement apprendras Paccor- dance Et la façon de me suyvre à la danse. MA.- ROT, le Bdiadin„. — Et puis cha.ntez en commune accordance : Gloire à Dieu seul, paix en terre aux humains. » I i `hants divers, G. Relus, c’estroient des coptes, mais sans danses ; C’estoit un lict, mais lict sans accordances D’hymnes chantez. In., Leander et Hem— — Au temps de ver qung chascun prend plaisance A escouk7Lr la mu- sicque accordance Des o•sillons. l’iefrcum. D’Am- Bois E, Complainde$ de PESC142Ve fortuné, I ro, — Que ce troupeau, trop ententif au bal, Laisse soubdain ceste gaillarde danse, Et de leurs voix en dolente acordance, Plaignent de nous le malheur inegal. O. DE MAGNY" les Amours, S. 83. De pareille accordance Diane moine et duit L’as- semblee et la danse. DES MAsunts, (Eue. pst., p. 38. — Qui ensemble à la danse Le gai Pearl chantent par accordance. ID., Eneide, VI, p 309. — La docte Polymnie acorda la cadance, Polym- nie à tous chaos a j eusta l’acorda.nce. BAÏF, Pas- setems, L. IV (1 V, 395). — Je veu donner aux François un vers de plus libre accordance. ID" Poemes, L. 11 (II, 62). Dune accordante. D’un même accord. — Voir- ray je point la danse Et les sonneurs tous deux d’une accordanse ? MAROT, leBc1iadrrr. — Un branle doux Dont tu refiles la cadance Avec nous d’une a.ccordance, BAÎF, Diverses Amours, L, III (I, 385-386). — Sus, toutes d’une accordance Re- doublons de danse un tour. DES MASCRESI David triomphant, 1602. — Les filles ont. chanté toutes d’une accordance, Que Salai a tué sansplus mille ennemis, Et que David a mort dix milliers en a mis. 1DIh., 1 5Qn • Dans la phrase suiva.nte, accordanee est pris à la fois au sens général et au sens restreint:n les vernit danser tous deux en la grand’salle du bal d’une belle accordance, et de vollonté et de dance. BRANT Des Dames, part. I, Marguerite reine de France et de Navarre (V111, 73). Accordant. Qui est en bon accord, qui s’ac- corde. •— Quelle prodigieuse ronscience se peut donner repos, nourrissant erg mcsrao giste, d’une société si accordante et si paisible, le crime et le juge ? ; MONTAIGNE ! I, 56 (I, 437). — Il faut ordon- ner à’lame, non… de rites priser et abandonner le corps…, nais de s’allier à luy, de l’embrasser… à ce que leurs effectsn e paroissent pas divers et con-

traires, ains accordons et uniformes. In., II, 17 (III, 30). Accordant à. Qui est d’accord avec, — Leur façon n’a pas esté a.ccorclante à la reigle du Sei- gneur. CALVIN, I ksi IV, tr, 8. — Mes conditions corporelles sont en somme tresbien accordantes à de l’aine. MONTAIGNE, II, 17 (III, 34). Accordement. Accord. — Yver, nous ne de- estriver longuement.. Mais ensemble soyons, faisant accordement. Anc. Poés. franç., VI, 195. Accorder (intrans.). S’accorder, être d’accord. — Sainct Jean et les Apostres ont. consenty accordé en une mesrne doci rine. CA L111 •Xl„ p. 585. — Platon et Aristote difterent eu ce que Platon mesle l’oligarchie avec. la democra- tie, Aristote. les separe… mais accordent— aucu- nement. en la meslanqe de ces tonnes. L. LE Roy, trad. des Politiques d’ARIsToTE, 11„ 41 COmmen- taire, Accorder à, avec. Être d’accord avec. — QuP nous n emouvions point contention contre celuy- qui n’accordera point nostre sentene.e, CALVIN, niait., III, p, 123. — Je n’ay pa_s tousjou, rs Re- cordé à ceulx qui a_sseolent jugernens temeraires. 1D LeurPs, 147, — Pourquoy combatons-nous .contre ! es Papistes, sinon (l’autant qu.e nous n’ac- cordons point à leurs tromperies ? In., Serin. sur ta 2e à Timothée, 2 i(LIV, 24). — Outre ce profit, qtee je tire d’escrire de moy, j’en ay esperé cet autre, que s’il advenoit que mes humours pleus- sent et accordassent à quelque honneste homme, avant mon trespas, recherdleroit de nous joindre, MONTAIGNE, II [, 9 (1V, 92). — Je n’ac- corde point avec ceulx, qui en ce là prennent •Hypostase pour Essence. CALverii, Instit., IV, pi 232. — Et. ne doubte pas, que ceux qui exami- neront la chosc. de pres n’accordent moy. ID., ib., IV, p. — Il ne talait aucuneffiiint doub- ler que n’aciintions tresbien avec Mese, si en tout et par tout. nou.s nous rendons obeissans à_ Dieu, In., ib„ XIV, p. 731. — La plus grande partie des hommes n’af….c.ordera pa.s en cela avec- ques toy. TAIIIIREAti, 2e Mal. dte Demoeritie, p. 167, Concorder avec,. — Le grand dOrinelir M’a donné sens d’eslire En ces livretz tout ceIa qui accorde AUX sainctz escriptz de grace et de con- corde. MARoT, Epistres, 42. — Ceste description convient tresbien et accorde avec celle qu.e nous avons dit apparoistre en la figure universelle du monde. CALviN, Instit., I, p. 28. — Je m’en- quiers seulement à toy, pour voir si ce qu’on dit de luy Accorde à cela qu’aujourd’huy On m’a par missives mandé. J’ouf…1, LE, Eugène, II, 2.. Accorder. Conclure un accord. — Il n’a peu ac- corder avecques le Pape par ce qu’il luy deman doit excessive somme d’argent pour l’investiture de ses terres, RABF.LAIS, Lettres (III, 363). — [Les Grecs] comrnencerent à entrer dedans le pays de le Medie, de laquelle estoit gouverneur Tiribazus, qui Recorda avec eulx, et Ies laissa. passer comme bons arnys. ArgYoT, trad. de DcoDop.E., XIV, 2, Accorder à. Consentir — Or voila le carquois que je mettray pour gage, Si tu restes vainqueur’ ce sera ton partage, Regarde si tu veux accorder à ce poinet, BELLEAU, Bergerie, ire fourn. (1, 296). Accorder à on avec (au sens musical). — De ce lieu trais tant excellent et cher N’insolent pasteu.rs ne bouviers approcher, Mais mainte Muse et Nymphe seulement, Qui (te leurs voix accordoient doulcement Au son de l’eau, MAROT, trad, dos Visions de PÉTRARQUE. — Sur l’arbre sec s’en complainct Philomene ; L’aronde en faict cris pi- teux et trenchans ; La tOurterelte en gemit et en meine Semblable dueil, et j’a_cooride à leurs chants.. In., Complaintes, 4, — Moy j.’accorclray au son De ton flageol ; toy à ma chalemie, BAÏF, Egtogue (111, 59). — Les feuilles lors, d’un doux mur- mure, Au vent matineux accordoient, 1.r.N DF. LA FRESNAYE, Itialie8, II, 55, — LaInlyre à l’impulsion des vents mouvens les chordes accor- doit harmonieusement avezques le chant. RAB E-Lmsi IV, 55, Accorder q ?…te. Convenir par un accord que, — tie Senat mesme cstoit courroucé contre lu.y pour l’accord. qu’il reit avec Hannibal touchant les pri- sonniers de guerre car il accorda que ion eschan- geroit les prisonniers en rendant homme pour homme, ArinroT, Fabius, 7, — Maclian….. et Bou- dic, deux Comtes de Bre.taigne, a, voient entrieux accordé que coluy qui survivrait son pair et com- pagnon, serviroit de pe.re aux enfans du mort. FAUCHE’re Anliquifez, 111, 18. Conclure [Un traité]. — Le Roy François pre- mier… fut conseillé.., de se confederer avec Sultan Soliman… et fut le traitté accordé environ l’an mil cinq cens trentecing„ LA NOUE1 Disc. pol. et rniL, XXI, p, 447, Terminer par un accord. — Archidaenus Roy des Lacedaemoniens feit tout ce qu’il peut pour accorder la plus part de ces differente. Ahn-o-r, Périclès, 29. .Vaccorder à. Donner son assentiMent, son ap- probation. — A tout ce qu’on disoit rioucet m’accordois. REGNIER., Sag. 2. S’accorder de. Cons.entir — Une Maistresse est bien dure et cruelle, Qui ne s’accorde à lu. fin de promottre Le {leu loyer d’un serviteur fidelle, BAÏF,.Diverse..5. Amours, L. 11 (I, 332). Convenir de. — Estans en quelque contraVerZe de science, ils s’accorderent d’entrer tous deux dans le feu, en presence fie tout le peuple, pour la. verification chacun de son party. MONTAIGNE, II, 29 (11i, 126). — Pour Toulouze, fut notamment dit que nul des reformés ne seroit contraint d’y plaidoyer, mais que les parties s’accorderoyent d’un autre parlement. Aunicrid, Hist. Univ., 23. Accorder tes ileutes, les quintes, 1es v. Meute, Quinte, Vielle. Accorné (terme de bla_son). accorné. Animal représenté avec. ses cornes.(La.curnO. — Un Comte cle Foix… print pour blason de ses Ar- moiries, deux va, ches de gueulles en un champ d’or, eampanees,.aceornees, et à ongles d’azur. ET, COMI.ogr., XV, 6. Accort. Avisé, habile, ru.4, qui a respri I. vif. Il estoit si accort et si inventif qu’incontinent qu’il fut à. deux jectz d’arc de la ville, trouva façon d’a_voir une jument d’un povre homme qui s’en retournoit dessus en son village. DES PÉ- RIERS, Nor.ev, Récr., 23. — Le roy Louis onzies- me… aymoit ceux qui estoient accortz et qui res- pondoyent promptement. Iu., ib., 51. — Co- gnoissa.nt qu’il auroit affaire à. homme accort. et de bon entendement, il joua ceste firieSSf. SALUT’, tra.d, d’HF : utorloTE, III, 123. — Encores nous oyons les furies d’Ajax, Et les cris depiteux de l’accort Promethee. BAtie, Passetems, L. V (IV, 444), Itz ne so.nt pas si accortz que je n’aye hien descou.vert leurs menées. Morimic, Lettres, 41. — Si le chef des ennemys est accord et pratic en tels affaires, comme il cognoistra vostre vantaige, il prendra son avantaige. ID., ccrn- ment., L. {HI, 4_72), — [Les insulaires de Chi- tate] sont pour le jourdhuy des plus a.ccorts en matiere de cognoistre les Simples, que ies plus subtils drogueurs seroient bien empe-schez à leur en apprendre quelque chose. THEVET, Cosmogr., , 11. — Que me sert avoir esté prudent et accort tout Te temps de ma vie, si ores que j’avois plus besoin de sagesse j’ay esté moins advisé ? LARI- VEY, le Laquais, V, 1. — Louyse est trop a.ccorte pour faire un contract si peu à l’advantage de sa fille. TouRNEnu, les Conten-s, I, 7. — Le Libertin Courtisan… est si accort, qu’il n’oublie aucun. ar- tifice, pour c..ouvrir ce qu’il sçait. bien que plu-sieurs rePr011Vent. LA NOUE, Disc. pol. et mile, XXIV, p. 609. — Luy, qui estoit accord et fin, Affin de rompre tel dessein, Dessus le champ vous fit entendre Que vous pouviez avoir pour gendre Un lequel avoit bien du bien. JEAN GODARD, les Desgutsez, V, 3. — Aux os et à la mémoire de dom Petro de Navarre, Biscin, rusé’, accort et re-nommé à prendre. villes et places. BRANTÔME, Cap. estr., Done Pedro de Navarre {I, 161). — Comme [Louis XI] estoit Prince accort qui sçavoit aussi dextrement choisir ses advantages pour les mes- nager StIr du parchemin, quo ses predecesseurs par les armes, il estima ne devoir laisser envoler l’occasion qui se presentoit. E. PASQUIERI Re- cherches, V I, 11. — Mais vous devriez, nia fille, en l’âge où je vous voy, Estre riche, contente, avoir fort bie-n dequoy, Et pompeuse en habits, fine, accorte et rusée, Reluire de joyaux ainsi qu’une espousee. REGNIER, Sat. 13. (En parlant des choses.) — Je te conjure, Amour,. par les traits que tu portes, Par le flam- beau doré que tu tiens en ta main, Par le voile sacré qui couvre ton beau sein, Ton visage, tes yeux, et tes ruses accortes. BELLEAU, Bergerie, 2e Journ., Baisers. — Je veux parler d’une sub- tile et accorte invention des dames… je parle de l’invention des ma.sques. H. ESTIENNE, Diai. dli Lang. frareç. ital., I, 219. — Il sera reconnu du vieux Prince Nestor… Et rapporté du double et cauteleux Ulysse Dont on craint moins le bras que l’accorte malice. MONTCHRESTIEN, HeCtOr, (P6 34). ACCOM à. — Mais pour soy nostre Prince a re- tenu la Terre, Terre pleine de biens, de villes et de Forts, Et d’hommes à la guerre et aux Mitses ac- corts. RoNSARD, Hymne de Henry II , 194). — N’estant donc igndrant soy mespne, ains accort AUX affaires d’Estat. JEAN DE LA TAILLE, le Prinee Nécessaire, II. — C’est bien le plus grand mal qu’un homme puisse avoir Que servir une femme accorte à. decevoir. ROPITSIRD, Amours de Marie, Elegie à son livre. — Vous diriez à le voir [le chien couchant} et qu’il est, raisonnable, Et qu’il a jugement tant il est admirable En son mes- lier appris, et accort à. fleurer Les perdris, et les faire en crainte den-teurer. ID.,.Poernes, L. I, ta Chasse (V, 41). — Il faut, que les Pilotes bien ex- perimentez soient accorts à recognoistre ces Pro- montoires, riviercs, et lieux dangereux. TilEvET, Cosenogr., XXIII, 1. Accort de.’labile à. — Ilz sont tous accorts de faire leur profit de tout. DEs PÉRIERS, Nouy. Récris, 79. Md accort, Malavisé, inhabile. — Tout ainsi moy, qu’Amour blessa d’un beau visage —(Dont rosay, mal acort, dans mon cœur recevoir Le por- trait mon meurdrier), je ne puis me mouvoir, Que n’avise par tout ce qui fait que j’enrage. BAÏP, Amour de Francine, L. 1 (I, 114). — Luy estant expert aux choses mechaniques, n’estoit point, ignorant des dlimensions Geometriques : et n’a point esté mal accort aux harmonies musicales. F. BRETIN, trad. de LUCIEN,. Hippia$, 3. Accort est plusieurs fois cité comme un mot à la mode, emprunté à l’italien. — A celle fin d’estre estimé mieus parlant, il ne cherchera autre chose qu’à trouver le moyen de faire venir à propos aucun de ces mots, comme folâtre, fat… l’escarpe, acort. TAHUREAU, ler Dial. du Deinoeri- tic, p. 34. — J’ay usé de propos deliberé en c…e lieu de ce mot Accort, qui est emprunté de l’Italien aussi bien que Reussir, mais le temps nous les a naturalisez. E. PAsQuiEn., Lettres, II, 12. — Nous avons depuis trente ou quarante ans emprunté plusieurs mots d’Italie, con-ime Contraste pour Contention, Concert pour Conference, Accort pour Advisé. ID., Recherches, VIII, 3. (Déformation du mot.) — Parcidevant je vous ay parlé de ceux qui pour Accort disent Excort, Escort : mais je ne vous ay point. Faict mention de ceux qui disant Accolt, tout ainsi qu’aucuns Galbe pour Garbe. H. ESTIENNE, Mal, du Lang. franç. ital., I, 165. Accortement. D’une. manière avisée, habile,. avec esprit, avec ruse. — Car j’ay accortement acquise la richesse Par nion subtil esprit. Anc. Poés. franç., II I, 324. — Il [Mahomet] se porta si accortement (car c’estoit un des plus rusez hom- mes de l’I_Tnivers) que son maistre estant clececié, il espousa la verve. THEVET, COSMOgr., VI, 3. — Entre tous les seigneurs qui descouvrirent plus ac- cortement ces menées et. entreprinses, l’admirai fut des premiers. REGNIER DE LA PLANCHE, HiSt. de l’Estai de France, , 1 a6. L’escu ver repour- prant un peu sa face blesrne, R’asseeure accor- teillent et sa beste et soy-mesme : La meine ores au pas, du pas au trot, du trot Au galop furieux. D u_r BARTAS,. 2e Semaine, 2e Jour, les Artiftees. — II[Salomoni sçait accortement tirer rame des loix, En affaire douteux, prudent, il subtilize, Et des plaideurs rusez les cœurs anatomize. ID., ib., ’rie.10UP, ta Magnificence. — Octavius entendant qu’il lui ressembloit en tout et par tout, le fit ap- peller, luy demandant si autrefois sa mere estoit ve- nue Rome : Respondit que non fort accortement, trop bien son pere y estre diverses fois venu.. Du Ktn„ Contes d Eutrapel, 33. — Les La.e, edemo niens perniettoient de desrober, à charge que ce fut a.ccortement et finement. CIIOLIRES, 6e Ap. Disreee (p. 256). Aceortement est signalé’comme mot d’em- prunt par Noël du Fail, Contes d’Eutrapel, 33. Accortesse et Aecortise. Qualité de celui qui est a.ccort. — Si est-ce que vivre ainsi, Ce leur semble, c’est d’ici tà la cour] La vertu seule, l’hon- neur, L’accortesse, et le bonheur. JODELLE, les Amours, Chanson (II, 78). — Je sça_y aussi Fort mauvais gré à ceux qui ne se contentent d’user de quelques mots italiens, qui en la lin ont été ren- dus familiers au langage _François : mais de ceux- la font venir d’autres, qui luy sont a.ussi estran- ges, comme ceux-la luy sont familiers. Pour exemple, ceux qui ne se contentent pas de dire Ac- cort, et Accortemene, mais disent aussi Accoroise, et Accortesse. Et un certain personnage a passé en- core plus outre. Car ne se contentant pas de ces termes, y a adjousté Accortiser, pour dire faire devenir accort. H. ESTIENNE, Die. du La..rig. -franç. ital., 1, 129, Accortisere v. Accoete.5se. Accostable. Accueillant, bienveillant, af

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