Biographie des 750 représentants à l’Assemblée législative, élus le 13 mai 1849

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Biographie des 750 représentants à l’Assemblée législative, élus le 13 mai 1849
1849 (pp. 5-245).
AVERTISSEMENT.

Nous vivons dans un temps où les hommes apparaissent et disparaissent si vite de la scène politique, que le public a besoin de connaître à l’instant même tous ceux qui viennent successivement y jouer un rôle.

C’est pour répondre à cette juste et impatiente curiosité que nous publions, quelques jours à peine après l’ouverture de la Législative, la biographie de ses sept cent cinquante membres.

Notre travail a été fait rapidement, mais sans précipitation. Tous les renseignements, pris à de bonnes sources, ont été contrôlés avec un grand soin. Nous avons préféré dire peu, que de dire ce que nous ne savions pas bien. Nous avons pu commettre involontairement quelques erreurs, mais nous pouvons affirmer qu’elles ne sont ni nombreuses ni importantes ; et si petites qu’elles soient, nous serons toujours heureux d’être appelés à les rectifier dans une nouvelle édition.

Notre œuvre n’est point une œuvre de parti, c’est un travail consciencieux, sans passion et sans haine. Il ne contient que des indications et des faits. Les appréciations, les jugements, c’est au lecteur à les porter lui-même selon ses opinions propres et ses sentiments personnels.

Républicains sincères, résolus, mais républicains modérés, nous voulons croire qu’il n’y a dans l’Assemblée législative que des républicains, et, lorsque nous disons tel est ' legitimiste, tel conservateur, tel orléaniste, etc., nous n’entendons parler que de ce qu’il était antérieurement à la république ; car, chargé d’appliquer la constitution, il serait coupable s’il avait accepté ce mandat pour la renverser ; et, nous le répétons, nous livrons au public des renseignements, des indications, des faits, nous n’accusons ni ne jugeons.

E. C. — De M.
Journalistes.

Les départements sont classés par ordre alphabétique, et le même ordre a été suivi pour les noms dans chaque département.

Une table, placée à la fin du volume, facilitera d’ailleurs toutes les recherches.
BIOGRAPHIE
DES
750 REPRÉSENTANTS.






AIN. — 8 REPRÉSENTANTS.


Ce département avait nommé 9 représentants à la Constituante, 4 ont été réélus. — 4 nouveaux. — Les non réélus sont MM. Charassin, Guigue de Champvans, Regembal, Tendret, Bodin. — Le nombre des électeurs inscrits était de 102,031.

BAUDIN (ALPHONSE), élu le cinquième par 46,739 voix. Médecin à Paris, âgé de trente-cinq à quarante ans. Avant la révolution de février, il parlait souvent dans les loges maçonniques. Il y manifesta un talent oratoire très remarquable ; il défendait en économie politique les doctrines du communisme. Après la révolution, il devint un des principaux orateurs des clubs. Démocrate et socialiste, il siège à la Montagne.

BOCHARD, élu à la Constituante par 72,162 voix, réélu le deuxième par 52,111 voix. Né à Marboiz (Ain) le 20 janvier 1779. Il était avocat à Bourg, et avait donné des preuves de patriotisme sous la monarchie de juillet. À l’Assemblée, il était membre du comité de l’administration départementale et communale. Il a voté pour le droit au travail, l’impôt progressif, et généralement contre la politique du gouvernement depuis le 10 décembre. Il appartenait au parti des représentants de la réunion du Palais-National.

BOUVET (ARISTIDE), élu le sixième par 46,453 voix. Officier de santé. Cousin de M. Francisque Bouvet. Il a les mêmes opinions. Il est partisan des doctrines socialistes.

BOUVET (FRANCISQUE), élu à la Constituante par 48,321 voix, réélu le premier par 53,546 voix. Né le 25 avril 1799. Avant la révolution de février, il combattait déjà et depuis longtemps dans les rangs du parti républicain. Auteur de plusieurs ouvrages sur les questions de philosophie et de politique, un des rédacteurs de la Revue Indépendante, il avait fondé dans son département le journal démocratique, le Réveil de l’Ain. Il a été condamné à la prison en 1832 pour la publication d’un ouvrage intitulé République et Monarchie. Dans l’Assemblée, il a voté pour le droit au travail, et presque constamment avec la réunion du Palais-National. Porté sur la liste des démocrates-socialistes, il n’appartient pas cependant complètement à la Montagne. Il est partisan de la paix universelle, et il voudrait résoudre toutes les difficultés entre les nations par un congrès perpétuel de tous les peuples.

GASTIER, élu le septième par 48,881 voix. Âgé d’environ soixante ans, médecin homœopathe. Il était porté par les républicains démocrates-socialistes.

MAISSIAT (JACQUES), élu à la Constituante par 37,220 voix, réélu le huitième par 26,645 voix. Né à Nantua (Ain) en 1805. Médecin depuis 1838, il obtint, au concours, le titre d’agrégé de la Faculté pour la physique médicale. Plus tard il fut nommé sous-conservateur du Musée anatomique de Paris. Il faisait partie, à l’Assemblée, du comité de l’instruction publique. Il a presque toujours voté avec les représentants qui se réunissaient rue de Poitiers. Dans un discours très ingénieux et qui a produit beaucoup d’effet, il a combattu la proposition de M. Dufournel relative au reboisement. Il a fait aussi une dissertation très savante et très spirituelle sur la construction de la salle des séances de l'Assemblée et a fait rejeter le projet qui avait pour but de faire servir, en l’agrandissant, l’ancienne salle de la Chambre des députés.

MOTTET-ROSELLI (DE BELLEY), élu le quatrième par 48,000 voix. Nommé commissaire du département de l’Ain à la révolution de février, avec M. Hugon. M. de Champvans avait été nommé de son côté, et un conflit s’est établi entre ces divers commissaires, à la suite duquel M. de Champvans est resté seul à la tête du département. M. Roselli est démocrate-socialiste.

QUINET (EDGARD), élu à la Constituante par 55,268 voix, réélu le troisième par 51,944 voix. Né à Bourg en 1803. Il était professeur au collège de France, où il eut un grand succès auprès de la jeunesse des écoles. Il fut suspendu jusqu’à la révolution de février. Il se présenta dans plusieurs collèges aux élections de 1846, mais il ne put réussir. En 1848, il fut nommé colonel de la onzième légion de Paris, composée en grande partie d’étudiants. M. Edgard Quinet a parlé en faveur de la république romaine, et a toujours voté avec les représentants de la réunion du Palais-National. Il a aussi voté pour le droit au travail. Il était membre du comité des affaires étrangères. M. Quinet n’est point un orateur, et il évite la tribune. ----




AISNE. — 12 REPRÉSENTANTS.


Ce département avait nommé 14 Représentants à la Constituante, 4 ont été réélus. — 8 nouveaux. — Non réélus, MM. Baudelot, Desabes, Dufour, Lemaire, Nachet, Proux, Plocq, Quinette, de Tillancourt et Vivien. — Électeurs inscrits, 160,698 ; — votants, 112,795.

BARROT (ODILON), élu la Constituante par 107,005 voix, réélu le troisième par 63,782 voix. Né en 1791. Fils d’un député de la Lozère à la Constituante et à la Convention ; avocat à la Cour de cassation de 1814 à 1830, secrétaire de la commission municipale, après la révolution de juillet, et chargé de conduire la famille déchue à Cherbourg. Préfet de la Seine, il quitta l’administration en mème temps que ses amis Laffitte et Dupont de l’Eure abandonnèrent le ministère. Député de Paris, de l’Eure, puis du Bas-Rhin, et enfin de l’Aisne, il fut un des rédacteurs du compte-rendu et prit une large part, comme chef de l’opposition, à toutes les grandes discussions parlementaires jusqu’en 1848. Il se mit alors à la tête du mouvement des banquets réformistes dans lesquels il prononça, sur la question de là réforme électorale, seize discours remarquables. Le 24 février, il fit un effort en faveur de la régence mais reconnaissant bientôt que là n’était point le vœu du pays, il se rallia franchement à la forme républicaine, combattit la nomination d’une commission exécutive en demandant que l’Assemblée nommât directement les ministres, fit partie de la commission chargée d’élaborer le projet de constitution, et présida la commission d’enquête sur les événements de mai et de juin. Président du conseil après l’élection du 10 décembre, il n’a pas un moment cessé de faire preuve de courage et d’énergie, répondant aux interpellations et aux attaques de l’opposition, ralliant souvent la majorité à l’administration par la confiance qu’inspirent sa probité et la loyauté incontestable de ses intentions. Il reste président du Conseil du cabinet du 2 juin.

BAUCHART, élu à l’Assemblée constituante et réélu le deuxième par 64,544 voix. Né en 1810 à Villers-le-Sec, il était avocat à Saint-Quentin et membre du conseil général de l’Aisne. Il fut du nombre de ceux qui, le 24 février, allèrent suspendre le sous-préfet de Saint-Quentin et proclamer le nouveau gouvernement. Il était un des membres les plus laborieux et les plus capables du conseil général. À la Constituante, il a fait partie du comité de la justice, et plusieurs fois il est monté à la tribune, notamment pour soutenir l’autorisation de poursuites contre le général Courtais et Barbès. Membre de la commission d’enquête, il fut chargé de rédiger le fameux rapport sur les événements de juin. Avant les élections du 10 décembre, M. Bauchart était pour le général Cavaignac, mais il s’est sincèrement rallié au gouvernement de Louis-Napoléon et l’a appuyé dans toutes les circonstances. Ami particulier d’Odilon Barrot, il partage les opinions du président du conseil. Il a fait d’abord partie de la réunion du Palais-National, mais depuis son rapport il est entré dans celle de l’Institut, et a constamment voté avec les républicains modérés. Ses principaux votes sont contre le droit au travail, contre l’impôt progressif, pour la proposition Rateau.

BROCARD DE BUSSIÈRES, élu le douzième par 51,096 voix. Né en 1791, ancien officier du génie, il fut élu pour la première fois à la Chambre des députés en 1834, par le département de la Marne. Il fut réélu en 1837, mais il ne put siéger à la Chambre parce que la députation de la Marne comptait plus de la moitié de ses membres n’ayant pas leur domicile dans le département. Il lut réélu en 1842 et en 1846, et il revint prendre sa place au milieu des centres. M. de Bussières a toujours voté selon le mot d’ordre du ministère. Il a approuvé l’indemnité Pritchard et toutes les mesures présentées par le cabinet Guizot. Il appartenait à cette phalange que M. de Lamartine désigna du nom de conservateurs-bornes.

CAMBACÉRÈS, élu le cinquième par 62,287 voix. Ancien député, neveu de l’archi-chancelier de l’empire. Il a été envoyé à la Chambre en 1842 par le collège intra-muros de Saint-Quentin en remplacement de M. Fould. M. Cambacérès siégeait à la gauche et a constamment voté avec l’opposition. Il s’est associé au mouvement réformiste et il a prononcé un discours très énergique au banquet de Saint-Quentin. Il a signé la mise en accusation du ministère Guizot et a montré beaucoup de fermeté dans toute la lutte qui a précédé la révolution de février.

DEBROTONNE, élu à la Constituante par 48,983 voix, réélu le quatrième par 62,619 voix. Né en 1789, propriétaire, ancien député ; il avait été nommé à la dernière législature de la monarchie en remplacement de M. de Sade. Il siégeait au centre gauche. Libéral très sincère, il s’associa franchement au mouvement réformiste et assista à plusieurs banquets. Ses votes à l’Assemblée constituante ont été ceux d’un républicain modéré. Il y faisait partie du comité d’agriculture où rappelaient des connaissances étendues et pratiques.

FOUQUIER D’HÉROUEL, élu le septième par 59,837 voix. Fabricant de sucre. Membre du conseil général de l’Aisne. Âgé d’environ soixante ans. Il est inspecteur des haras, pour le département et possède des connaissances très étendues en agriculture. C’est un ancien conservateur. Il a toujours été en opposition avec le parti libéral.

GODELLE, élu le dixième par 57,464 voix. Propriétaire, ancien notaire à Guise, membre du conseil général de l’Aisne. Âgé d’environ quarante ans. C’est un ancien conservateur qui a toujours été hostile aux candidats du parti libéral dans le département.

HÉBERT, élu le neuvième par 57,513 voix. Propriétaire, ancien secrétaire général de la préfecture de f Aisne. Membre du conseil général du département. Âgé d’environ quarante ans. C’est un ancien conservateur. Il a constamment combattu les candidats libéraux sous la monarchie.

LADEVÈZE, élu le huitième par 58,907 voix. Propriétaire, membre du conseil général de l’Aisne, commandant de la garde nationale de Château-Thierry. Âgé d’environ quarante-cinq ans. C’est un ancien légitimiste qui s’est, dit-on, rallié à la république.

LAURISTON, élu le onzième par 55,216 voix. Général, marquis, ancien pair de France, nommé à la fin de 1848, colonel de la garde nationale de la dixième légion de Paris. Il était un des candidats désignés par la réunion de la rue de Poitiers pour le département de la Seine. À la Chambre des pairs, M. de Lauriston votait pour le ministère Guizot. On le désignait comme un légitimiste rallié.

LHERBETTE, élu à la Constituante par 124,392 voix, réélu le premier par 71,929 voix. Ancien député. Né en 1791. Sous la restauration, il était procureur du roi à Bernay, mais il donna bientôt sa démission, ne voulant pas s’associer aux actes d’un gouvernement qui n’avait pas ses sympathies. Nommé député après la révolution de 1830, il n’a cessé de combattre pendant dix-huit ans dans les rangs de l’opposition. La liste civile a toujours trouvé en lui un rude adversaire. En 1847 il dévoila le système des coupes-sombre. Lors de la campagne réformiste il assista à un grand nombre de banquets dans lesquels il prononça des discours très énergiques, et fut l’un des dix-sept députés qui voulaient assister à celui du 22 février. Dans la dernière Assemblée, il a pris part aux discussions importantes. Il a parlé en faveur du choix direct des ministres par l’Assemblée, à l’époque de la nomination de la commission exécutive ; il a combattu l’impôt progressif et défendu le système des deux Chambres. Il a proposé la suppression totale des pensions de la prairie et des sénateurs et a flétri les moyens à l’aide desquels des pensions de retraite avaient été accordées aux préfets après février. Homme honnête et consciencieux, il n’était pas républicain en février ; mais, par tempérament sans doute, il a fait une rude guerre à la monarchie déchue. lin jamais appartenu à aucun parti, il aime à marcher seul et combat plus volontiers le pouvoir qu’il ne le défend.

PAILLET, élu le sixième par 59,850 voix. Un des avocats les plus distingués du barreau de Paris, il a été pendant deux ans bâtonnier de l’ordre. En 1842, il s’était porté comme candidat ministériel dans l’arrondissement de Soissons, en opposition avec M. Lherbette. Il eut 313 voix contre son concurrent qui en obtint 324. Il avait aussi été porté dans un des collèges de Paris où il échoua. En 1846 il fut élu dans l’Aisne et dans la Charente-Inférieure. Il opta pour le premier département, et M. Bethmond fut élu à sa place, à La Rochelle. M. Paillet fit alors partie du centre gauche. Cependant il vota souvent avec le ministère Guizot ; mais dans la discussion de l’adresse en 1848, il s’était fait inscrire pour parler en faveur du droit de réunion. ----




ALLIER. — 7 REPRÉSENTANTS.


Ce département avait nommé 8 représentants à la Constituante, 4 ont été réélus. — 3 nouveaux. — Non réélus, MM. Bureau de Puzy, de Courtais, Laussedat et Tourret. — Électeurs inscrits, 90,096 ; — votants, 65,506.

FARGIN-FAYOLLE, élu à la Constituante par 47,418 voix, réélu le deuxième par 40,497 voix. Né à Montluçon en 1810. Avocat, propriétaire à Lamay. Il a toujours été dans les rangs de l’opposition avant février. Après la révolution, ses compatriotes l’envoyèrent à la Constituante où il a voté avec les représentants de la Montagne. Il faisait partie du comité de l’Algérie et des colonies.

LEDRU-ROLLIN, élu à la Constituante, dans le département de la Seine par 134,587 voix, dans Saône-et-Loire, et en Algérie, réélu le cinquième dans l’Allier par 40,407 voix et dans quatre autres départements. Il a obtenu au dix décembre plus de 300,000 voix pour la présidence de la République. Il est né à Paris en l808. Après les journées de juin 1832, il rédigea une consultation contre l’état de siège, décrété par le gouvernement de Louis-Philippe. Deux ans après, il publia sur les massacres de la rue Transnonain un mémoire qui eut un très grand retentissement. Avocat à la Cour de cassation, il plaida dans un grand nombre de procès politiques. En 1841, à la mort de M. Garnier-Pagès aîné, ce vigoureux athlète de la démocratie, M. Ledru-Rollin fut envoyé à la Chambre des députés par les électeurs du Mans. Il siégea toujours avec les membres de l’extrême gauche. Il assista à plusieurs banquets, notamment à ceux de Lille, Chalon-sur-Saône et Dijon. Dans la discussion de l’adresse de 1848, il prononça un discours remarquable en faveur du droit de réunion. Le 24 février, il fut un des premiers à s’élever contre la proposition de la régence et à demander l’appel au peuple. Nommé membre du gouvernement provisoire, il fut chargé du portefeuille de l’intérieur. A la réunion de la Constituante, il fut nommé membre de la commission exécutive ; il y resta avec ses autres collègues jusqu’aux malheureuses journées de juin. Chef de la Montagne, il est devenu démocrate-socialiste. Il est un des premiers orateurs de l’Assemblée ; son talent a beaucoup grandi dans les dernières luttes de la tribune.

MADET (CHARLES), élu à la Constituante par 47,895 voix, réélu le troisième par 40,475 voix. Né en 1805 à Ygrande (Allier). Fils d’un aubergiste, il fit ses études au collège de Moulins, et vint faire son droit à Paris. Il fit partie de plusieurs sociétés secrètes. Il fut condamné à trois mois de prison, qu’il subit en compagnie de Raspail et de plusieurs autres républicains. Après des luttes longues et difficiles, ayant perdu une partie de sa fortune, il rentra dans la vie paisible de la campagne. La révolution de février le fit porter à l’Assemblée constituante. Il a voté pour le droit au travail, contre les deux Chambres, contre le vote à la commune, la proposition Rateau, et la loi sur les clubs. Il fait partie des représentants de la Montagne. Il était membre du comité de l’Algérie et des colonies.

MATHÉ (FÉLIX), élu à la Constituante par 51,989 voix, réélu le premier par 40,529 voix. Né en 1808. Propriétaire. Il a subi cinq condamnations politiques, en 1831, notamment pour détention d’armes, en 1833 pour coalition d’ouvriers, et en 1835 pour les affaires d’avril. Il était un des principaux membres de la Société des Droits de l’homme. Il a payé par plusieurs années de prison et par quatre années d’exil en Belgique, son aversion pour la royauté. À la révolution de février, il fut nommé commissaire de la république pour son département. A la Constituante, il a, toujours voté avec les représentants de la Montagne. C’est un républicain démocrate-socialiste.

RANTIAN, élu le septième par 39,076 voix. Républicain démocrate-socialiste. Fils d’un ouvrier de Gannat (Allier), il est maire de cette ville.

SARTIN, élu le sixième par 40,233 voix. Avocat à Montluçon (Allier) ; nommé sous-commissaire du gouvernement provisoire dans cette ville, puis sous-préfet, il fut destitué par M. Sénard, ministre de l’intérieur du général Cavaignac. C’est un républicain démocrate-socialiste.

TERRIER (BARTHÉLEMY), élu à la Constituante par 52,939 voix, réélu le quatrième par 40,424 voix. Né à Montaigu en 1805. Il a depuis longtemps, et bien jeune, payé sa dette aux opinions républicaines. Il a subi en 1831 et en 1834, deux condamnations politiques qui, loin d’affaiblir son zèle pour le triomphe des principes démocratiques, n’ont fait que l’affermir. Ayant reçu le titre de docteur à la Faculté de médecine de Paris, il alla en 1838 se fixer au Donjon, où il exerça sa profession jusqu’à la révolution de février. À l’Assemblée, il a fait partie du comité de l’instruction publique et a toujours voté avec les représentants de la Montagne. Il a demandé la suppression de l’article 93 de la loi électorale relatif a la saisie de l’indemnité.





ALPES (BASSES-). — 3 REPRÉSENTANTS.


Ce département avait nommé 4 représentants à la Constituante, 2 ont été réélus. — 1 nouveau. — Non réélus, MM. Duchaffault et Chais. — Électeurs inscrits, 48,379 ; — votants, 26,462.

FORTOUL (HIPPOLYTE), élu vers la fin de 1848 à l’Assemblée constituante en remplacement de M. Denoize, réélu le troisième par 11,352 voix. Âgé d’environ quarante ans. Écrivain distingué, ex-professeur de littérature à Toulouse et à Aix, il faisait partie du comité dé l’instruction publique. Il a constamment voté en faveur de l’administration du 20 décembre.

LAIDET (le général FORTUNÉ), élu à la Constituante par 19,000 voix, réélu le premier par 14,364 voix. Né en 1784. M. Laidet fut nommé chef de bataillon par Napoléon ; il devint colonel sous les Bourbons. Élu en 1827, il a voté l’adresse des 221. Depuis là session de 1834, il a constamment voté avec la gauche, et fut nommé questeur de la Chambre. Il échoua aux élections de 1846. Depuis qu’il est à l’Assemblée, il fait partie du comité de la guerre et vote toujours avec les représentants qui se réunissent au Palais-National, et qui ont fait une constante opposition à l’administration du 20 décembre.

YVAN (MELCHIOR), élu le deuxième par 13,418 voix. Médecin ; il a accompagné M. Lagrénée dans son ambassade en Chine. Il était conservateur sous le ministère Guizot ; mais depuis la révolution de février, il est devenu républicain démocrate, et il a fait dans son département une propagande active en faveur des doctrine du socialisme.





ALPES (HAUTES-). — 3 REPRÉSENTANTS.


Ce département avait nommé 3 représentants à la Constituante 2 ont été réélus. — 1 nouveau. — Non réélus, M. Bellegarde. — Électeurs inscrits, 36,964 ; votants, 21,644.

ALLIER, élu à l’Assemblée constituante, réélu le troisième par 6,935 voix. Né en 1793. Il s’engagea d’abord comme simple soldat et devint capitaine sous l’empire. En 1814, sa santé ne lui permettant plus de continuer son service il dpnna sa démission et se livra entièrement aux beaux-arts. Il a exposé des statues fort remarquables, à plusieurs salons consécutifs. Envoyé, en 1839 par le collège d’Embrun, il était le premier artiste qui, depuis le peintre David, avait pu pénétrer dans les assemblées législatives. Il appartenait à l’extrême gauche. En 1846, son élection échoua, grâce aux intrigues et à la corruption que le ministère employa contre lui ; mais après la révolution de février, les électeurs le renvoyèrent de nouveau à la Constituante. M. Allier a voté pour deux Chambres, contre le droit au travail, pour la loi sur les clubs. Il faisait partie des républicains modérés de la réunion de l’Institut.

CHAIX, élu le deuxième, par 13,019 voix. Avocat ; il était porté sur la liste des républicains démocrates mais on assure que ses opinions ne sont pas encore bien arrêtées et qu’il n’est pas socialiste.

FAURE (PASCAL-JOSEPH), élu à la Constituante par 8,000 voix, réélu le premier par 14,049 voix. Né à Reculson près Gap le 3 mars 1798 ; il exerçait la profession d’avocat lorsque la révolution de juillet l’arracha à ses travaux. Il fut nommé député en 1831 et siégea sur les bancs de l’opposition. En 1832, il fut l’un des signataires du compte-rendu. Réélu à la législature de 1834, il échoua à la suivante. Il fut nommé président du conseil général de l’Isère en 1834, et il a constamment conservé cet honneur. À l’Assemblée, il a quelquefois voté avec les représentants de la réunion du Palais-National, mais plus souvent avec le parti modéré. ----




ARDÈCHE. — 8 REPRÉSENTANTS.


Ce département avait envoyé à la Constituante 9 représentants, 2 ont été réélus. — 6 nouveaux. — Non réélus, MM. Chazallon, Dautheville, Mathieu, Ruuveure, Royol, Siboul et Valladier. — Électeurs inscrits, 105,091.

BONAPARTE (pierre), élu à la Constituante dans le département de la Corse, réélu à la Législative dans l’Ardèche, le sixième, par 32,331 voix. Il a été également réélu dans la Corse. Né à Rome, après l’exil de la famille impériale, le 11 octobre 1815, de Lucien Bonaparte, prince de Canino, frère aîné de l’empereur. Élevé en Italie, il y a fait sa première éducation militaire. Après la révolution de février, il s’empressa d’accourir à Paris où il arriva le 27. À la Constituante, il a prononcé plusieurs discours où il a fait preuve d’un républicanisme sincère. Toutes les fois que le président de la république, son cousin, a été attaqué, il l’a défendu avec énergie ; il professe pour lui beaucoup d’estime et d’attachement. Pendant les journées de juin, il eut un cheval blessé sous lui au moment où il allait reconnaître les insurgés avec M. de Lamartine. Il a voté pour le droit au travail, contre les deux Chambres, contre la proposition Rateau. Il était membre du comité de la guerre. C’est un homme de cœur et de courage ; il avait été nommé chef de bataillon dans la légion étrangère par le gouvernement provisoire.

CHABERT, élu le quatrième par 32,220 voix. Ancien élève de l’École polytechnique ; ingénieur ; professeur à l’École de marine de Brest. Jeune homme de mérite ; bien que porté sur la liste des démocrates-socialistes, il peut être classé parmi les républicains modérés.

CHAMPANHET, élu à la Constituante par 37,007 voix, réélu le huitième par 30,768 voix. Né le 26 novembre 1796 au Pont-d’Aubenas, dont il est le maire depuis plus de vingt-cinq ans. Médecin. À l’Assemblée, il était membre du comité de l’administration départementale et communale. Il a voté contre le droit au travail, pour les deux Chambres, pour le vote à la commune, pour la proposition Rateau, contre la diminution de l’impôt du sel, contre la mise en accusation du ministère. Il appartenait à la réunion de la rue de Poitiers.

COMBRIER, élu le deuxième par 34,757 voix. Avocat, il avait été nommé procureur général à Nîmes par le premier ministre de la justice du gouvernement provisoire, M. Crémieux. Il donna sa démission sous M. Marie, ministre du général Cavaignac. Républicain ardent, il était porté sur la liste des démocrates-socialistes.

GLEIZAL, élu le troisième par 33,677 voix. Avocat. C’est aussi un républicain de vieille date, qui était sur la liste des candidats démocrates-socialistes.

LAURENT, élu à la Constituante par 28,759 voix, réélu le premier par 35,894 voix. Né le 4 septembre 1793 à Saint-Andriol. Avocat, juge de première instance de Privas. Il publia, en 1828, un ouvrage ayant pour titre : Réfutation de l’Histoire de France de l’abbé de Montgaillard. Il est auteur d’une Histoire de Napoléon, illustrée par Horace Vernet. Il fut commissaire de la république dans son département, sous le gouvernement provisoire. À la Constituante, il a voté pour le droit au travail, contre les deux Chambres, pour la diminution de l’impôt du sel, contre la proposition Rateau, pour la mise en accusation du ministère du 10 décembre. Il était membre du comité des travaux publics et faisait partie de la nuance la plus avancée de l’opposition dans l’Assemblée. Il était porté sur la liste des candidats démocrates-socialistes.

VACHERESSE, élu le septième par 30,844 voix. Médecin ayant quelque fortune ; démocrate ardent ; très brave homme. Il est aimé et estimé dans son département.

VASSEUR, élu le cinquième par 32,408 voix. Propriétaire ; républicain depuis longues années. C’est l’un des frères Valseur qui furent impliqués dans l’insurrection de Grenoble, en 1831. Il était porté sur la liste des démocrates-socialistes.





ARDENNES. — 7 représentants.


Ce département avait nommé 8 représentants à la Constituante, 4 ont été réélus. — 3 nouveaux. — Non réélus, MM. Blanchard, Drapier, Robert, Tranchard. — Électeurs inscrits, 89,712.

CUNIN (charles), élu le sixième, par 24,586 voix. Fils de M. Cunin-Gridaine, ancien ministre du commerce du cabinet Guizot. Fabricant de drap, un des associés de la maison qui avait souscrit pour 500,000 francs d’actions de chemins de fer. M Charles Cunin était porté sur la liste des candidats du parti modéré. Il peut être classé parmi les anciens conservateurs.

ÉVAIN, élu le troisième, par 39,027 voix. Propriétaire, noble de fraîche date ; il a, dit-on, été créé baron, il y a deux ou trois ans. Porté sur la liste des candidats du parti modéré ; ses opinions antérieures à la révolution de février doivent le faire classer parmi les légitimistes.

PAYER, élu à la Constituante par 46,646 voix, réélu lé quatrième par 31,661 voix. Né le 3 février 1818. Professeur suppléant à la Sorbonne, il a pris une part active à la révolution de février, à la suite de laquelle il devint chef de cabinet de M. de Lamartine, au ministère des affaires étrangères. Mais il n’exerça pas longtemps ces fonctions, et partit bientôt dans son département pour y travailler au succès de son élection. Il était membre du comité des affaires étrangères. Il a pris plusieurs fois la parole mais ses discours ont eu peu de succès. Il a fait partie des diverses commissions chargées de l’examen des fonds secrets des ministères de MM. Ledru-Rollin, Sénard, Dufaure et Léon Faucher Il a presque toujours voté avec la partie modérée de l’Assemblée.

RICHÉ, élu le cinquième, par 30,736 voix. Avocat. Il était porté sur la liste des candidats du parti modéré ; il est considéré comme appartenant à l’opinion légitimiste.

TALON (jules), élu à la Constituante par 49,375 voix, réélu le deuxième par 43,017 voix. Né à Valenciennes (Nord) le 8 juillet 1810. Il entra à l’École polytechnique en 1829, et en sortit en 1831 comme officier d’artillerie. En 1837, il donna sa démission, et se retira à la campagne pour s’occuper exclusivement de travaux d’agriculture. Jusqu’à la révolution de février, il s’est tenu éloigné des luttes politiques. À l’Assemblée, il a voté pour deux Chambres, pour le vote à la commune, et généralement avec les représentants qui appartiennent à la réunion de la rue de Poitiers. Il faisait partie du comité de l’agriculture et du crédit foncier, et s’est occupé spécialement de la question du sel, sur laquelle il fit un rapport le 21 septembre 1848.

TERNAUX-MORTIMER, élu à la Constituante par 37,366 voix, réélu le premier par 49,195 voix. Né en 1808. Après la Révolution de juillet, il fut nommé membre de la commission des récompenses nationales, bientôt après auditeur au Conseil d’État, puis maître des requêtes en service ordinaire. Membre du conseil général de la Seine, il fut élu député de Réthel en 1842, en remplacement du maréchal Clausel. Dans les premières sessions, il vota plusieurs fois avec le ministère Guizot ; mais depuis 1845, il entra franchement dans les rangs de l’opposition du centre gauche. Il voulait la réforme électorale. À l’Assemblée constituante, il vota avec les représentants faisant partie de la réunion de la rue de Poitiers. Il se montra assez hostile au gouvernement provisoire et attaqua toutes ses mesures financières. Il faisait partie du comité des finances dont il était un des membres les plus actifs. Il a été nommé, sous le gouvernement du général Cavaignac, membre de la commission municipale de Paris.

TOUPET-DESVIGNES, élu à la Constituante par 29,655 voix, réélu le septième par 21,092 voix. Né à Givet. Il était commandant de la garde nationale lors de la révolution de février. Il jouit d’une belle fortune. Il a repoussé, à l’Assemblée, l’art. 4 du projet de décret relatif à la colonisation de l’Algérie. Il appartenait au comité de l’Algérie et du crédit foncier, dont il a aussi été le secrétaire. Il a voté contre le droit au travail, contre les deux Chambres, pour le vote à la commune, pour la proposition Rateau et contre la diminution de l’impôt du sel. Il appartenait au parti modéré de la Constituante. ----




ARIÈGE. — 6 REPRÉSENTANTS.


Ce département avait nommé 7 représentants à la Constituante, 3 ont été réélus. — 3 nouveaux. — Non réélus, MM. Casse, Darnaud, Galy-Cazalat, Xavier Durrieu. — Électeurs inscrits, 77,191 ; votants, 45,357.

ANGLADE (clément), élu à la Constituante par 43,971 voix, réélu le premier par 34,907 voix. Né à Urs en 1801. M. Anglade était avocat, mais il s’est occupé surtout d’agriculture. Nommé député en 1833, il fut un des premiers qui réclamèrent la réduction de l’impôt du sel. Il s’est récusé, lors du procès du journal la Tribune, traduit devant la Chambre des députés. Après la session, il ne fut point réélu. A la Constituante, il a fait partie du comité de législation Il a fait une proposition relative à la création de médecins cantonnaux. C’est un républicain de la veille et qui a voté généralement avec les représentants de la Montagne.

ARNAUD, élu à la Constituante par 29,515 voix, réélu le deuxième par 21,161 voix. Né à Saint-Girons en 1817. Homme de lettres et avocat, il a fait plusieurs ouvrages dans lesquels il a spécialement traité les questions religieuses. Il était membre du comité des cultes dont il fut le vice -président. Il appuya le principe du droit au travail qu’il chercha à rapprocher du principe de la propriété et du principe de la liberté. Il demanda le rejet de l’art. 14 du projet de décret sur les clubs. Il a voté contre les deux Chambres, contre le vote à la commune, pour la suppression du remplacement militaire, pour la diminution de l’impôt du sel, contre la proposition Rateau, Il appartenait au parti des représentants qui se réunissaient au Palais-National, et il a constamment voté contre le ministère du 10 décembre. Il est un des six secrétaires du bureaux de l’Assemblée législative.

PILHES. Élu le quatrième par 18,691 voix. Âgé d’environ quarante ans. Républicain de la veille, il était un des membres du comité central des sociétés secrètes avant février. Après la révolution il fut nommé commissaire de la république par M. Ledru-Rollin. Révoqué de ses fonctions, il fonda à Paris une librairie révolutionnaire, où l’on ne vendait que les ouvrages des républicains démocrates socialistes. Mais il abandonna bientôt cet établissement. Il appartenait, avant les élections, à l’administration du journal de M. Proudhon, le Peuple.

PONS-TENDE, élu le troisième, par 19,488 voix. Propriétaire, aimé dans son pays. Il était porté sur la liste des candidats républicains démocrates et socialistes.

ROUAIX, élu le cinquième par 17,348 voix. Avocat à Saint-Giron. À la révolution de février, il prit possession de la sous-préfecture, et fut nommé sous-commissaire par M. Ledru-Rollin. Il se présenta aux élections à l’Assemblée constituante, mais il ne fut pas élu. Il était cette fois-ci porté sur la liste des républicains démocrates-socialistes.

VIGNES (THÉODORE), élu à la Constituante par 21,313 voix, réélu le sixième par 16,198. Né à Pamiers en 1812. Il exerçait la profession d’avocat lorsqu’arriva la révolution de février. Il fut nommé sous-commissaire de la république par le gouvernement provisoire dans l’arrondissement de Pamiers À l’Assemblée, il a voté pour le droit au travail, contre le vote à la commune, pour le crédit foncier, contre la suppression du remplacement militaire, contre la proposition Rateau, pour la mise en accusation du ministère et généralement pour toutes les mesures proposées par les représentants de la Montagne. Il était membre du comité de l’agriculture et du crédit foncier. ----




AUBE. — 5 REPRÉSENTANTS


Ce département avait nommé 7 représentants à la Constituante ; 1 a été réélu. — 4 nouveaux. — Non réélus, MM. Delaporte, Gayot, Gerdy, Lignier, Milliard et Stourm. — Électeurs inscrits, 89,911.

BLAVOYER (ARSÈNE), élu à la Constituante par 26,674 voix, réélu le premier par 39,998 voix. Né à Troyes le 28 janvier 1815. D’abord avocat à Troyes, il se retira dans ses propriétés de Bourguignon-Faulx où il s’occupait d’agriculture. À l’Assemblée il a proposé un amendement au projet de décret relatif à l’enseignement agricole. Il était membre du comité de l’agriculture et du crédit foncier. Il a voté contre le droit au travail, pour les deux Chambres, pour le vote à la commune, contre le crédit foncier, pour la proposition Rateau. Il appartenait à la nuance des représentants de la réunion de la rue de Poitiers.

HUSSON, élu le troisième par 25,770 voix. Maréchal de camp âgé de soixante-cinq ans environ. Il a servi sous l’empire. Il commandait le département de l’Aube au moment de la révolution de février. Mis à la retraite par le gouvernement provisoire, il fut élu colonel de la garde nationale de Troyes. Il a été nommé comme bonapartiste.

PÉRIER (CASIMIR), élu le deuxième par 30,392 voix, fils de l’ancien président du conseil des ministres de Louis-Philippe. Il a été nommé à la dernière Chambre des députés par le premier arrondissement de la Seine. Il a constamment voté pour le ministère Guizot. De 1830 à 1846, il était employé dans la diplomatie. Il est peu probable qu’il se soit rallié complètement à la république.

PLANCY (DE), élu le cinquième par 19,061 voix. Jeune homme de trente ans environ, qui a passé sa première jeunesse dans les plaisirs de la vie parisienne. Il a été nommé comme bonapartiste. Son titre est d’être le petit-fils du trésorier de l’empereur.

VANDEUVRE (GABRIEL), élu le quatrième par 19,448 voix. Propriétaire très riche, âgé de quarante-cinq ans environ. Légitimiste et catholique très sincère et très fervent. C’est le fils de l’ancien pair de France.





AUDE. — 6 REPRÉSENTANTS.


Ce département avait envoyé à la Constituante 7 représentants ; aucun n’a été réélu. — 6 nouveaux. — Les anciens étaient : MM. Anduze-Faris, Armand Barbès, Joly fils, Raynal, Sarrans, Solier et Trinehant.

ALENGRY, élu le deuxième à l’Assemblée législative par 37,416 voix. Riche propriétaire. Ancien officier de l’empire en retraite. Avant la révolution de février, il était conservateur. Sa candidature a été appuyée par le parti modéré.

BELVÈZE (DE), élu le quatrième à l’Assemblée législative par 36,965 voix. Très riche propriétaire. Avant la révolution de février, il était partisan déclaré de la branche aînée contre la branche cadette des Bourbons. Sa candidature a été vivement appuyée par les légitimistes.

DUPRÉ, élu le sixième à l’Assemblée législative par 33,093 voix. Avocat, ancien saint-simonien, ancien procureur du roi à Perpignan. Il s’était montré très hostile à la liberté de la presse. Sa candidature a été spécialement appuyée par les conservateurs de la dernière monarchie.

HAUTPOUL (D’), élu le cinquième à l’Assemblée législative par 35,970 voix. Général, ancien pair de France, commandant de la division militaire de Marseille, lors de la révolution de février. Sous Louis-Philippe, M. d’Hautpoul appartenait au parti légitimiste.

JOUY, élu le troisième à l’Assemblée législative par 37,164 voix. Riche propriétaire. Sous le gouvernement renversé par la révolution de février, il appartenait au parti conservateur qui a vivement soutenu sa candidature.

MATHIEU DE LA REDORTE, élu le premier à l’Assemblée législative par 37,697 voix. Riche propriétaire. Né en 1803, ancien élève de l’École polytechnique, ancien capitaine d’artillerie, comte, ancien député ; il avait été élu en 1834, en remplacement de M. Mahul. Il a siégé au centre gauche et a toujours voté avec M. Thiers. N’ayant pu être réélu, il fut nommé pair de France.





AVEYRON. — 8 représentants.


Ce département avait envoyé à la Constituante 10 représentants ; 5 ont été réélus. — 3 nouveaux. — Non réélus : MM. Médal, Grandet, Dubruel, Affre et Abbal. — Électeurs inscrits, 112,504 ; votants, 79,850.

BALZAC (DE), élu le cinquième à l’Assemblée législative par 42,745 voix. Membre du conseil général de son département. Il était porté sur la liste des modérés, mais son élection appartient surtout au parti légitimiste qui l’a vivement appuyée.

COMBES (L’ABBÉ), élu le sixième à l’Assemblée législative par 41,942 voix. Curé de Rhodez. Sa candidature a été présentée et appuyée par le parti légitimiste et les anciens conservateurs.

DALBIS DU SALZE, élu à la Constituante par 32,000 voix, réélu le troisième par 44,075. Né à Salzes (Aveyron) en 1798. Propriétaire, ancien magistrat sous la restauration. Il s’était porté plusieurs fois sur les rangs comme candidat à la députation sous Louis-Philippe mais il ne put réussir. A lâ Constituante, il a voté contre le droit au travail, pour deux Chambres, pour la proposition Rateau, contre la suppression du remplacement militaire. Il avait donné sa démission de représentant le 10 février 1849.

DENAYROUSE, élu le septième à l’Assemblée législative par 33,335 voix. Avocat. Il a été porté sur la liste démocratique et sociale qui n’a vu triompher, dans ce département, que deux candidats sur huit. PRADIÉ, élu à la Constituante par 36,373 suffrages, réélu le huitième par 32,732. Né en 1817 à Rhodez. Notaire à Marcilhac homme de lettres et fondateur, dans cette ville, d’un journal de l’opposition sous là monarchie. Il a publié plusieurs ouvrages théologo-philosophiques, entre autres un Essai sur l’Etre divin. A l’Assemblée constituante, il faisait partie du comité des cultes dont il était secrétaire. Il a voté pour le droit au travail, contré les deux Chambres, pour la suppression du remplacement militaire, pour la diminution de l’impôt du sel, contre la loi sur les clubs. Il votait généralement avec les représentants de l’opinion la plus avancée.

RODAT, élu à la Constituante par 38,000 voix, réélu le premier par 46,128. Avocat, bâtonnier de l’ordre. Né le 14 janvier 1808 à Olanps, près de Rhodez. Fils d’un propriétaire, il a été substitut du procureur du roi à Espalion, en 1835, et à Rhodez, en 1834. En 1841, il donna volontairement sa démission pour rentrer dans les rangs du barreau. A F Assemblée, il faisait partie du comité de la justice. Il a voté contre le droit au travail, pour les deux Chambres, pour le vote à la commune, pour l’amendement contre l’impôt progressif, et en général avec la nuance des représentants de la rue de Poitiers.

VERNHETTE, élu à la Constituante par 31,000 suffrages, réélu le quatrième par 42,878. Né le 27 octobre 1801 à Montjau (Aveyron). Sous la restauration, il était dans la magistrature. A la révolution de juillet, il donna sa démission et alla s’établir avocat dans sa ville natale. A la Constituante, il faisait partie du comité de la justice. Il a voté contre le droit au travail, pour deux Chambres, pour le vote à la commune, contre la suppression du remplacement militaire, contre la diminution de l’impôt du sel, pour la proposition Rateau. M. Vernhette a toujours voté avec les membres de la réunion de la rue de Poitiers.

VÉSIN (émile) élu à la Constituante par 60,467 suffrages, réélu le deuxième par 44,532 voix. Né le 8 août 1803 à Montrepos. Ex-procureur du roi sous-commissaire de la république après la révolution de février, dans le département de l’Aveyron. M. Vésin ayant combattu dans un club certaines mesures prises par le commissaire-général, fut d’abord suspendu, puis révoqué plus tard. A l’Assemblée, il était membre du comité du travail et de l’agriculture et du crédit foncier. Il a pris plusieurs fois la parole, notamment le 31 janvier, contre la mise en accusation du ministère. Il a voté contre le droit au travail, pour deux Chambres, contre la diminution de l’impôt du sel, et généralement avec les membres de la réunion de la rue de Poitiers. C’est un homme courageux et modéré. Il était très opposé à l’élection du général Cavaignac à la présidence de la république.

B.-DU-RHONE. – 9 REPRÉSENTANTS.

Ce département avait nommé 10 représentants à la Constituante, 5 ont été réélus. - 4 nouveaux. - Non réélus, MM. Astouin, Barthélémy, Démosthènes Ollivier, Félix Pascal, Alexandre Rey. Electeurs inscrits, 114,293.

BARTHÉLÉMY (sauvaire), élu à la Constituante par 37,961 voix, réélu le troisième par 43,051 voix. Né en 1800 à Marseille ; il était pair de France, et se rangea presque toujours du côte du ministère ; il était classé parmi les légitimistes. A la Constituante, ses opinions semblent n’avoir pas varié, si l’on en juge par les votes suivants contre le droit au travail, il a adopté la proposition des deux Chambres, et appuyé le vote à la commune ; il a accueilli avec faveur la proposition Rateau relative à la dissolution de la Constituante ; il n’est point partisan de l’abolition de l’impôt du sel et a voté la loi sur les clubs (ensemble de l’art. 1) en un mot, il a voté constamment avec la partie de l’Assemblée nationale qui se réunissait dans la rue de Poitiers. Membre du comité des finances, on l’accuse d’avoir jeté une grande perturbation dans l’administration par l’ardeur qu’il a apportée à proposer et à soutenir de nombreuses réductions dans le budget rectifié de l’année 1848.

BERRYER, élu à la Constituante par 44,169 voix, réélu le deuxième par 45,163 voix. Né le 4 janvier 4790. Il est trop connu pour que nous écrivions ici sa biographie. Les actes de sa vie d’avocat les actes de sa vie politique se sont tous accomplis au grand jour nous ne voulons pas les juger nous nous bornerons à exprimer le regret que M. Berryer n’ait pas mis au service de la cause démocratique les admirables ressources de son immense talent. A ta Chambre des députés, il a toujours siégé l’extrême droite. Depuis la révolution de février il n’a point combattu le gouvernement existant. A l’Assemblée, il a voté contre le droit au travail, contre le crédit foncier, pour la proposition Rateau, contre la diminution de l’impôt du sel. Il faisait partie du comité des finances et il était un des quinze membres du comité électoral de la rue de Poitiers.

CHANGARNIER (le général), élu à la Constituante dans le département de la Seine par 94,420 voix, réélu le quatrième à la Législative dans les Bouches-du-Rhône par 44,883, et dans la Somme et Seine-et-Oise. Né à Château-Chinon en 1799. Élève de l’École militaire de Saint-Cyr, il en sortit sous-lieutenant pour entrer dans la garde royale. En 1830 il fut envoyé en Afrique avec l’épaulette de lieutenant. En 1856, lors de la première expédition de Constantine, il était chef de bataillon au 2e léger. Connu dès lors pour un officier d’un grand mérite, il devint successivement colonel, général de brigade, générât de division. Depuis dix-huit ans, il a pris part à presque tous les combats que nos troupes ont livrés en Afrique et a constamment fait preuve d’habileté ; d’énergie et de courage. Il commandait à Alger, lorsqu’après la révolution de février y arriva la nouvelle de la proclamation de la république en France, et ce fut lui qui reçut des mains du duc d’Aumale, alors gouverneur général, le gouvernement provisoire de l’Algérie, en l’absence du général Cavaignac nommé officiellement à ce poste. Nommé gouverneur général de l’Algérie en remplacement du général Cavaignac, puis élu représentant du peuple dans le département de la Seine depuis il a été nommé général en chef des troupes de la première division et de la garde nationale du département de la Seine. Il remplit cette double fonction jusqu’au milieu de mai 1849. A la Constituante, il a voté contre le droit au travail, pour les deux Chambres, contre la diminution de l’impôt du sel, pour l’ensemble de la loi sur les clubs. Il a opté pour le département de la Somme.

FOURNIER (louis), élu le huitième par 57,874 voix. Ancien négociant, membre de la chambre du commerce de Marseille. Il appartenait sous la dernière monarchie au parti conservateur.

LABOULIE (gustave), élu à la Constituante par 33,051 voix, réélu le cinquième par 44,807 voix. Né en 1800 à Aix. Avocat remarquable, il consacra son talent à la défense des journaux légitimistes prévenus de délits de presse, et fut envoyé en 1834 à la Chambre des députés par la ville de Marseille. En 1848, il dut sa nomination à l’Assemblée constituante, au parti légitimiste, et il a presque constamment voté avec les membres de la réunion de la rue de Poitiers, pour le vote à la commune, contre l’amendement Grévy (question de la présidence), le crédit foncier, la suppression du remplacement militaire, la diminution de l’impôt du sel, et pour la suppression des clubs.

MERENTIÉ, élu le septième par 42,955 suffrages. Portefaix, membre du conseil municipal de Marseille. Il appartient au parti légitimiste, mais c’est, dit-on, un homme d’une opinion modérée. Il est très considéré de ses concitoyens.

PASCAL (frédéric), élu le neuvième à la Constituante par 57,651 suffrages. C’est un banquier très riche qui a toujours été conservateur sous le règne de Louis-Philippe. Il a combattu tous les candidats du parti libéral dans les élections.

POUJOCLAT, élu à la Constituante aux élections supplémentaires de juin 1848, réélu le sixième par 44,468 voix. Né en, 1802 à Marseille. Homme de lettres, ami et élève de Michaud, l’historien des Croisades, M. Poujoulat a publié un grand nombre d’ouvrages historiques, dont un fut couronné par l’Académie française. Il a été un des rédacteurs de la Quotidienne, journal légitimiste. A la Constituante, il faisait partie du comité de l’instruction publique. Il a voté contre le droit au travail, pour les deux Chambres, pour le vote à la commune, pour la proposition Rateau. Il a appuyé le projet de décret relatif à un crédit de cinquante millions pour les colonies agricoles de l’Algérie. Il était de la nuance des représentants qui se réunissaient rue de Poitiers.

REYBAUD (LOUIS), élu à la Constituante ; au mois de juin, en remplacement de M. de Lamartine, et réélu à l’Assemblée législative, le premier, par 45,404 voix. Né à Marseille le 15 août 1799. Fils d’un honorable négociant de cette ville, son père le destinait au commerce. M Louis Reybaud se fit homme de lettres. Il recueillit de beaux succès dans sa carrière littéraire comme romancier et comme économiste c’est l’auteur de Jérôme Paturot. En 1846, il se présenta comme député et fut élu. Il siégait au centre gauche de la Chambre. Après la révolution de février, M. Louis Reybaud ne se représenta qu’aux élections supplémentaires du 4 juin. Il était membre du comité du travail et a toujours voté avec la partie la plus modérée de l’Assemblée. C’est un écrivain très distingué qui a toujours défendu les idées libérales.

CALVADOS. – 10 REPRÉSENTANTS.

Ce département avait envoyé 12 représentants à la Constituante, 3 ont été réélus. – 7 nouveaux. Non réélus MM. Belleneontre, Besnard, Demortreux, Desclais, Hervieu, Lebarillier, Lemonnier, Marie, Person. Electeurs inscrits, 137,851 votants, 89,030.

BOSCHER, élu le quatrième par 64,368 voix. Ancien préfet du Gers ; il était préfet du Calvados au moment de la révolution de février. Administrateur habile, il était très dévoué à la politique de M. Guizot ; c’était un des familiers du château.

CAULAIXCOURT (de), élu le dixième par 57,856 voix. Fils du duc de Vicence. Membre du conseil général du Calvados, Il a été nommé comme appartenant aux opinions bonapartistes.

CORDIER, élu le troisième sur la listé, par 63,723 voix. Ancien sous-préfet de Pont-Lévêque, sous le dernier gouvernement monarchique il était conservateur ardent et très dévoué à la dynastie d’Orléans et à M. Guizot, auquel il devait sa nomination ; Agé de 34 ou 35 ans.

DESLONGRAIS (ARMAND ROCHERRLLE), élu à la Constituante par 1 00,894 voix, réélu le septième sur la liste par 59,620. Il est mort depuis les élections.

DES ROTOURS DE CHAULIEU, élu le huitième par 58,141 voix. Membre du conseil général du Calvados. Il était le chef du parti légitimiste dans l’arrondissement de Vire.

DOUESNEL DUBOSCQ (ROBERT-ALEXANDRE), élu à la Constituante par 56,860 voix, réélu le cinquième par 64,172 voix. Né dans l’arrondissement de Bayeux le 16 octobre 1798. Procureur du roi à Bayeux, il se fit destituer pour conserver son indépendance. Chef de bataillon de la garde nationale et membre du conseil général, il a fondé une maison de banque qu’il dirige avec deux associés. Membre du comité de législation, il a voté pour la suppression des clubs et contre la diminution de l’impôt du sel. Il faisait partie de la commission qui a préparé la loi électorale ; il a pris souvent la parole dans la discussion de cette loi. Il votait habituellement avec le parti modéré de la rue de Poitiers,

D’HOUDETOT, élu le sixième par 63,363 voix. Comte, ancien pair de France, frère du député qui était aide-de-camp du roi Louis-Philippe. Tres riche propriétaire. M. d’Houdetot était un des agents les plus actit’s de la politique de M. Guizot dans le département du Calvados. A la Chambre des pairs, il a toujours voté avec le parti conservateur.

PAULMIER, élu le premier sur la liste par 66,567 voix. Riche propriétaire, fils d’un ancien courtier de commerce de Paris. Nommé députera 1846 par l’arrondissement de Falaise il vota avec la partie la plus timide du centre gauche. Il ne fut pas réélu pour la Constituante.

RIOULT DE NEUVILLE, élu le neuvième par 57,936 voix. Propriétaire, membre du conseil gêneral du Calvados. Il était à la tête du parti légitimiste dans l’arrondissement de Lisieux.

THOMINE-DESMAZCRES, élu à la Constituante depuis le commencement de cette année, en remplacement de M. Durand ; réélu, le deuxième sur la liste, par 65 810 voix. Il faisait partie du comité de 1 instruction publique. Il a voté pour la proposition Rateau pour l’ordre du jour Oudinot et pour la suppression des clubs. Il est du parti modéré.

CANTAL. – 5 REPRÉSENTANTS.

Ce département avait envoyé 7 représentants à la Constituante, 5 ont été réélus. Pas de nouveaux. Non réélus, MM. Daude et Devons.

DURRIEU (PAULIN), élu à la Constituante par 18 000 voix, réélu le cinquième par 15,460 voix. Né en 1808. Ancien membre de la Société des Droits de l’homme ; sous-commissaire de la république à Mauriac. Membre du comité de législation. Il a voté pour le droit au travail, pour l’amendement Grévy dans la question de la présidence, contre la proposition Rateau-Lanjuinais, contre la suppression des clubs et pour celle de l’indemnité au commandant des gardes nationales de la Seine. Républicain de la veille, il a été presque constamment dans l’opposition à l’Assemblée constituante.

MURAT-SISTRIÈRES, élu à la Constituante par 22,000 voix, réélu le deuxième par 20,147 voix. Né en 1803. Fils du général Murat-Sistrières ; ancien élève de l’Ecole polytechnique ; ancien capitaine d’artillerie membre du conseil générât ; candidat de la gauche radicale sous le gouvernement déchu. Membre du comité des finances. Il a voté pour les deux Chambres et pour le vote à la commune, pour la suppression des clubs et généralement avec le parti modéré de la rue de Poitiers.

PARIEU (FÉLIX ESQUIROU DE), élu à la Constituante par 24,000 voix, réélu le premier par 20,889 voix. Né à Aurillac le 13 avril 1811). Avocat près la Cour d’appel de Riom, depuis 1841 membre de l’Académie e de Clermont-Ferrand ; ancien membre dé l’Institut historique de Paris ; auteur de plusieurs articles de jurisprudence et de notices sur l’agriculture du Cantal. Membre du comité du travail. Il a voté contre les deux Chambres, pour la suppression des clubs et pour la suppression de l’indemnité au commandant des gardes nationales de la Seine. Membre de plusieurs commissions, il a été chargé successivement des rapports sur le décret des successions et donations, sur le décret relatif à l’impôt du revenu mobilier, sur la proposition relative à la législation de l’apprentissage ; il a parlé, le 5 octobre, en faveur de la nomination du président de la république par l’Assemblée ; il a déployé dans plusieurs circonstances un talent de parole fort remarquable il a successivement appartenu à la réunion de la rue de Poitiers et à celle de l’Institut. On peut le classer parmi les partisans de la république modérée.

RICHARD, élu à la Constituante par 16,000 voix, réélu le troisième par 18,022 voix. Né en 1809, dans le canton de Pierrefort. Élève d’Alfort ; médecin vétérinaire au 1er régiment d’artillerie ; professeur d’économie du bétail à Grignon ; fondateur d’une école d’agriculture en Auvergne ; professeur d’histoire naturelle à l’École des haras auteur de divers ouvrages d’agriculture et de science hippique ; sous-commissaire de la république à Saint-Flour. Membre du comité de l’agriculture et du crédit foncier ; rapporteur du projet de décret sur l’enseignement agricole e en France. Il a voté pour le droit au travail, pour le crédit foncier, contre la proposition Rateau-Lanjuinais, pour la suppression du remplacement militaire, pour celle de l’indemnité au commandant des gardes nationales de la Seine, et généralement avec les représentants de la réunion du Palais-National.

TEILHARD-LATÉRISSE, élu à la Constituante par 20,000 voix, réélu le quatrième par 16,565 voix. Né à Murat en 1811. Médecin ; ancien maire de Mural où il est renommé surtout pour sa bienfaisance et son humanité. Membre du comité des finances. Il a voté pour le droit au travail, contre la proposition Rateau-Lanjuinais, contre la suppression des clubs, pour celle de l’indemnité au commandant des gardes nationales de la Seine et contre l’ordre du jour au sujet des affaires d’Italie. Il faisait partie de la réunion du Palais-National, et a fait une constante opposition au ministère du 20 décembre.

CHARENTE. – 8 REPRÉSENTANTS.

Ce département avait envoyé 9 représentants à la Constituante, 5 ont été réélus. 3 nouveaux. – Non réélus, MM. Babaud-Laribière, Lavallée, Planat.

ANDRÉ, élu le septième par 31,691 voix Notaire ; c’est un ancien conservateur, mais qui ne repousse pas tout à fait les idées de progrès et de réforme ; il accepte la forme républicaine. On pense qu’il siégera sur les bancs du parti modéré de l’Assemblée.

BODET (MATHIEU), élu à la Constituante par 37,839 vois, réélu le premier par 50,818 voix. Né à la Monlède le 16 décembre 1816. Avocat à la Cour de cassation, membre du conseil général, membre du comité des finances. Il a voté pour les deux Chambres, pour le vote à la commune, pour la proposition Rateau-Lanjuinais, pour la suppression des clubs, et pour l’ordre du jour dans la discussion sur les affaires d’Italie.

GIRARDIN (ERNEST DE), élu à la Constituante par 44,829 voix, réélu le troisième par 47,983 vois. Né en 1803. Fils de Stanislas de Girardin, l’élève de J.-J. Rousseau ; ancien député de l’extrème gauche, connu surtout par son énergique participation à la fameuse scène parlementaire du voyage de Gand. Membre du comité de l’intérieur. Il a voté pour les deux Chambres, pour la proposition Rateau-Lanjuinais, pour la suppression des clubs, pour l’ordre du jour dans la discussion au sujet des affaires d’Italie, et généralement avec le parti modéré de la rue de Poitiers.

HENESSY. (AUGUSTE) à la Constituante par 55,383 voix, réélu le cinquième par 40,371 voix. Né à Cognac en 1805. Négociant, membre du conseil général, membre du comité des finances. Il a voté contre la diminution de l’impôt du sel, pour l’ordre du jour dans la discussion sur les affaires d’Italie, pour la suppression des clubs. Il appartenait à la réunion de la rue de Poitiers dont il a constamment suivi la ligne politique.

LEMERCIER, élu le huitième par 28,856 voix. Fils du sénateur, ancien colonel d’état-major, baron, etc. Nommé député en 1842, par l’arrondissement de Cognac, il siégeait sur les bancs du Centre et s’était associé complétement à la politique de M. Guizot, dont ses votes appuyaient fidèlement toutes les mesures. Il a voté l’indemnité Pritchard.

POUGEARD, élu à la Constituante par 67,508 voix réélu le quatrième par 46,781 voix. Né à Confolens en 1805. Avocat. Membre du comité des finances, auteur de plusieurs propositions sur des questions de crédit. Il a voté pour la diminution de l’impôt du sel, pour l’ordre du jour dans la discussion sur les affaires d’Italie, pour la suppression des clubs. Il vient de déposer une nouvelle proposition sur le régime hypothécaire.

RATEAU, élu à la Constituante par 57,839 voix, réélu le deuxième, par 48,424 voix. Agé de quarante-neuf ans. Avocat, membre du conseil général de la Gironde auteur de la proposition relative à la dissolution de l’Assemblée nationale. Membre du comité de la justice. Il a voté pour les deux Chambres, contre le vote à la commune, pour la suppression des clubs. On peut le classer parmi les représentants qui ont constamment voté avec la réunion de la rue de Poitiers.

SAZERAC DE FORGE (léonide), élu le septième par 36,265 voix. Président du tribunal de commerce, à Angoulême. Ancien conservateur. Il a toujours combattu les candidats du parti libéral.

CHARENTE-INF. – 10 REPRÉSENT.

Ce département avait envoyé 12 représentants à la Constituante, 4 ont été réélus. 6 nouveaux. Non réélus, MM. Audry de Puyraveau, Brard, Debain, Dupont de Bussac, Gaudin, Renou de Ballon, Target, d’Argenteuil.

BAROCHE, élu à la Constituante par 83,300 voix réélu le quatrième par 75,497 voix. Né à la Rochelle en 1803. Avocat à la Cour d’appel de Paris, bâtonnier de l’ordre, ancien député, procureur général à la Cour d’appel de Paris chargé des fonctions du ministère public près la haute cour de justice dans le procès du 18 mai. Membre du comité des affaires étrangères. 11 a demandé, le 8 mai 1848 la nomination directe des ministres par la Constituante ses discours ont souvent éclairé l’Assemblée dans la discussion des questions de jurisprudence. Il a parlé notamment à l’occasion de la liste dressée par la commission des récompenses nationales et il a vivement combattu l’argumentation de M. Dufaure. Il a voté pour les deux Chambres et pour l’ordre du jour Oudinot. Il avait d’abord fait partie de la rue de Poitiers ; mais, dès le mois de juillet 1848, il s’est fait inscrire parmi les républicains modérés de la réunion de l’Institut.

BONAPARTE (napoléon), élu à l’Assemblée législative, sixième, par 42,521 voix. Né à Trieste en 1822, second fils de Jérôme Bonaparte ; élève de l’Ecole militaire de Louisbourg, d’où il sortit pour ne point servir contre la France ; rentré en France quelques mois avant la révolution de février. Elu à la Constituante par le département de la Corse il a parlé en faveur de la Pologne, et refusé de voter le décret de proscription qui frappait la branche cadette des Bourbons. Nomme ministre plénipotentiaire à Madrid révoqué pour avoir quitté son poste sans autorisation, à la suite d’une lettre qui lui avait été écrite par le président de la république, et qui fut publiée dans tous les journaux ; membre du comité des affaires étrangères. Il a voté pour les deux Chambres, combattu la prise en considération de la proposition Râteau, et voté contre l’ordre du jour dans la discussion sur les affaires d’Italie.

BUGEAUD (le maréchal), élu à la Constituante, lors des réélections de 1848, réélu le troisième par 73,930 voix. Né en 1784. Colonel en 1850 ; ancien député gouverneur général de l’Algérie ; duc d’Isly. La vie politique du maréchal Bugeaud est trop connue pour qu’il soit nécessaire d’en rappeler ici les détails. On sait que sous le gouvernement renversé le 24 février il était un des membres les plus ardents du parti conservateur. Il n’a fait qu’une très courte apparition à l’Assemblée nationale d’où son commandement de l’armée des Alpes l’a tenu constamment éloigné. Après la révolution, il a écrit au gouvernement provisoire pour lui demander une enquête sur les événements de la rue Transnonain, auxquels il prétend avoir été complétement étranger, et pour protester de son dévouement à la république. Depuis, il n’a manifesté ses opinions que par quelques discours prononcés à Bourges et a Lyon, et dans lesquels il a violemment attaque le parti des républicains socialistes. Tous les partis s accordent à le considérer comme l’homme de guerre le plus capable de commander en chef une grande armée. Il est très aimé des soldats. Dans l’Assemblée, il faisait partie du comité de la guerre. Il est mort le 10 juin.

CHASSELOUP-LAUBAT (PROSPEU), élu le cin- quième par 42,127 voix. Né en 1805 ; il était conseiller d’Etat en service ordinaire ; conservé parle gouvernement provisoire ; il a été réélu à ces fonctions par l’Assemblée constituante. Nommé député en 1856 il a voté avec le centre gauche, et il a appuyé la proposition Rémusat sur les fonctionnaires publics, qui, ; si elle eût été adoptée, aurait eu pour effet de 1 exclure de la Chambre ou du conseil d’État. Il a été constamment réélu jusqu’en 1848.

DUFAURE, élu à la Constituante par 68,197 voix, réélu le premier dans la Charente par 85,992 voix, et à Pans par 119,575 voix. Né en 1798. Avocat à Bordeaux ; élu député à Saintes, en 1834- il défendit, en 1835 M. Audry de Puyraveau qu’on voulait envoyer devant la Cour des pairs, et repoussa les lois de septembre. Conseiller d’Etat en démissionnaire à l’avènement du ministère du 1S avril ; ministre des travaux publics en 1839 ;opposé, en 1841, à la loi sur les fortifications de Paris ; chef d’une sorte de tiers-parti en 1844 ; en 1847, il blâma le mouvement réformiste et refusa d’assister au banquet du Château-Rouge. Membre de la commission de constitution, il s’est rallié sincèrement à la république ; ministre de l’intérieur depuis la fin de septembre jusqu’au 20 décembre 1S48. C’est sous son administration qu’ont eu lieu les élections du 10 décembre. Partisan passionné du général Cavaignac, M. Dufaure s’est montré très hostile à la candidature de Louis-Napoléon ministre démissionnaire après l’élection du 10 décembre il a parlé, depuis, plusieurs fois dans les questions importantes et s’est constamment fait remarquer par la netteté de son langage et par un grand talent oratoire. Il vient d’être nommé ministre de l’intérieur dans le cabinet du 2 juin.

LABORDE (étienne) élu le huitième par 33 003 voix. Agé de soixante-six ans, Enrôlé volontaire en 1805, il fit les campagnes d’Austerlitz, de Prusse, de Russie et d’Espagne. L’empereur, après son abdication en 4814, le choisit pour faire partie du bataillon de grenadiers qui devait le suivre à l’île d’Elbe. M. Laborde fut nommé, après le 20 mars, chef de bataillon et prit le commandement de la place de Cambray. Mis à la retraite lors de la seconde restauration, il rentra au service en 1830 comme lieutenant-colonel du 55e de ligne, puis du 41e ; au siège de la citadelle d’Anvers, il sollicita et obtint l’honneur de monter le premier à l’assaut. Placé ensuite à la tête de la 39e compagnie de vétérans, il cessa en 1853 de figurer parmi les officiers de cette arme. Impliqué dans l’affaire de Boulogne, il fut condamné, à deux ans de prison.

MONTHOLON (Charles-tristan de), élu le septième par 40,025 voix. Né à Paris en 1785. Comte, général de brigade, aide-de-camp de empereur Napoléon, qu’il suivit à l’ile de Sainte-Hélène, d’où il ne revint qu’après la mort de l’illustre captif. Un des quatre exécuteurs testamentaires de Napoléon, et choisi par lui pour être le dépositaire d une partie de ses manuscrits. Il a publié avec M. Gourgaud les Mémoires pour servir à l’histoire de France sous Napoléon, écrits à Sainte-Hélène sous sa dictée. Le général Montholon paraît avoir voué à Louis-Napoléon Bonaparte le culte qu’il avait pour son oncle ; il a été condamné par la Chambre des pairs pour sa participation dans l’affaire de Boulogne.

NAGLE (DE), élu le dixième par 29,666 voix. Commandant de la garde nationale de La Rochelle. Il appartenait sous la monarchie de juillet à l’opposition timide et modérée du tiers-parti. Il s est franchement rallié à la république.

RÉGNAULT DE SAINT-JEAN D’ANGÉLY élu à la Constituante lors des réélections de juin, réélu Je deuxième par 74,243 voix. Fils du ministre de la république et de l’empire ; général de brigade. Il était membre du comité de la guerre, et faisait partie de la réunion de la rue de Poitiers, avec laquelle il a constamment voté. Il a, d’ailleurs, été très longtemps absent de l’Assemblée ; il commandait une brigade de l’armée des Alpes, et il fait partie de l’expédition commandée par le général Oudinot.

WAST-VIMEUX, élu le neuvième par 30,006 voix. Général ayant servi sous l’empire. Il a été nommé par les bonapartistes de ce département qui avaient déjà élu l’année dernière Louis-Napoléon.

CHER. 6 REPRÉSENTANTS.

Ce département avait envoyé à la Constituante 7 représentants, 2 ont été réélus. 4 nouveaux. Non réélus. MM. Bidault, Duplan, Duvergier de Hauranne, Poisle-Desgi-anges, de Vogué.

BOUTIQUE (ÉTIENNE-URSIN), élu à la Constituante par 47,942 voix, réélu le deuxième par 35,855 voix. Né à Château-sur-Cher en 1801. Avocat, membre du conseil général du Cher depuis 1833. Il a toujours été, sous la monarchie, dans les rangs de l’opposition. En 1845, il publia une traduction en vers des satires de Juvénal. A la révolution de février, il fut appelé à remplir les fonctions de maire. A la Constituante il faisait partie du comité de la justice. Il a voté contre le droit au travail, pour les deux Chambres, contre le vote à la commune, contre la proposition Rateau, pour la diminution de l’impôt du sel, contre la loi sur les clubs. Il appartenait à la nuance des représentants qui se réunissaient au Palais-National. Il s’est montré très hostile au cabinet du dix décembre,

LOURIOU, élu le quatrième par 52,648 voix. Avocat très distingué du barreau de Bourges. Il a été porté sur la liste des démocrates-socialistes et deviendra bientôt, assure-t-on, un des orateurs les plus puissants de la Montagne. C’est un jeune homme de beaucoup de mérite.

MICHEL DE BOURGES, élu le troisième par 33,617 voix. Avocat, ancien député. Après la révolution de juillet, Dupont de l’Eure voulut le nommer procureur général ; il refusa. En 183] il prêta l’appui de sa parole à l’un des accusés du procès dit des dix-neuf patriotes, et plus tard au rédacteur en chef de la Tribune, dans l’affaire des fusils-Gisquet. En 1854 il défendit Voyer d’Argenson, et dans la même année, son énergique plaidoyer, lors du procès des vingt-sept, le fit suspendre pour six mois par la Cour d’assises de la Seine. Nommé député en 1837 par la ville de Niort, il siégea à l’extrême gauche, mais il n’eut pas à la Chambre le succès oratoire qu’on pouvait attendre de lui. Il ne fut pas réélu, et depuis cette époque il a faibli comme démocrate. Il contracta des amitiés avec les fidèles de Louis-Philippe et perdit beaucoup dans la confiance des patriotes du Cher. La révolution de février à paru réveiller ses anciennes idées, et il a été porté sur la liste des candidats socialistes.

PYAT (félix), élu à la Constituante par 34,321 voix, réélu le premier par 33,960 voix. Il a été réélu également dans le département de la Seine. Né à Vierzon en 1814. Homme de lettres, rédacteur de plusieurs journaux républicains avant la révolution de février, auteur de plusieurs pièces de théâtres qui ont eu un très grand succès, telles que les Deux Serruriers, Diogène, et le Chiffonnier. Il fut condamné à six mois de prison pour un pamphlet qu’il fit contre M. J. Janin le feuilletoniste des Débats. Il fut nommé commissaire du gouvernement provisoire pour le département du Cher. A la Constituante, il est monté plusieurs fois à la tribune et y a prononcé un discours remarquable sur la question du droit au travail. Il faisait parti du comité de l’intérieur ; il a toujours voté avec les représentants de la Montagne dont il est un des principaux membres. Il s’est battu en duel avec M. Proudhon ; mais depuis, le parti de la Montagne s’est complétement fondu avec le parti socialiste, et M. Pyat a été un de ses candidats aux élections de Paris.

VAUTHIER, élu le cinquième par 52,119 voix. Ancien élève de l’École polytechnique, ingénieur des ponts et chaussées. Il a été porté sur la liste des républicains démocrates-socialistes. Il est partisan de la doctrine phalanstérienne.

VIGUIER, élu le sixième par 51,891 voix. C’est un homme d’environ soixante ans. Propriétaire, ancien arquebusier, républicain de la veille. Immédiatement après la révolution de juillet, il a contribué à fonder la Revue du Cher qui propageait les doctrines républicaines dans le département. Il a fait une opposition constante et énergique à la monarchie de Louis-Philippe. Il était membre de la Solidarité républicaine ; et plusieurs visites domiciliaires ont été laites chez lui, sous le ministère de M. Léon Faucher.

GORRÈZE. – 7 REPRÉSENTANTS.

Ce département avait envoyé 8 représentants à la Constituante, 5 ont été réélus. 2 nouveaux. – Non réélus, MM. Duhousquier-Laborderie, Favart, Lebraley. Electeurs inscrits, 84,363.

BOURZAT, élu à la Constituante par 22, 226 suffrages, réélu le troisième par 33,626 voix. Né en 1798 à Brives-la-Gaillarde. Avocat dans sa ville natale, il fut surnommé l’avocat des pauvres, à cause de son désintéressement et de son caractère éminemment honnête et bienfaisant. A la Constituante il était membre du comité de législation. Il a voté pour le droit au travail, contre les deux Chambres, pour la suppression du remplacement militaire, contre la proposition Rateau, pour la diminution de l’impôt du sel, pour la mise en accusation du ministère du 10 décembre. Il était de la nuance des représentants qui se réunissaient au Palais-National

CEYRAS, élu à la Constituante par 29,715 suffrages, réélu le cinquième par 54,888 voix. Né à Rochefort en 1796. Il était juge du tribunal de Tulle avant la révolution de février, et faisait partie du conseil municipal depuis plusieurs années. Il fut nommé commissaire de la république. A la Constituante il a fait une proposition concernant les invalides de la campagne et s’est occupé spécialement des questions de paupérisme. Il était membre du comité de l’Algérie et des colonies. Il a voté contre le droit au travail, contre les deux Chambres, contre la proposition Rateau, pour la diminution de l’impôt du sel, contre la loi sur les clubs, pour la mise en accusation du ministère du 10 décembre. Il était porté sur la liste des candidats démocrates-socialistes.

CHAMIOT-AVENTURIER, élu le septième à la Législative par 19,885 voix. Ancien commissaire du gouvernement provisoire, nommé préfet sous la commission exécutive", révoqué depuis. Il est républicain de la Montagne.

LATRADE (Louis) élu à la Constituante par 7 428 suffrages, réélu le deuxième par 56 988 voix. Né à Paris en 1812. Ancien élève de l’Ecole polytechnique il prit part aux luttes du parti républi cain sous le règne de Louis-Philippe et plusieurs fois il s’est assis sur les bancs des assises comme accusé politique. Il fut ensuite attaché à la rédaction du National. A la révolution de février, il fut nommé commissaire du gouvernement provisoire dans la Gironde, où il fut obligé d’abandonner ses fonctions ; puis, il fut nommé commissaire dans la Dordogne. A la Constituante, il a fait partie du comité de l’intérieur et des travaux publics. Il a fait une proposition relative aux entreprises de travaux à accorder aux associations d’ouvriers. Il a voté pour le droit au travail, contre les deux Chambres, contre la proposition Rateau, pour la diminution de l’impôt du sel, contre la foi sur les clubs. Il appartenait à la nuance des représentants qui se réunissaient au Palais-National. Il fut un des représentants de cette réunion qui travaillèrent le plus au renversement de la commission exécutive et à l’élévation du générai Cavaignac.

MADESCLAIRE, élu à la Constituante par 25,183 suffrages, réélu u le sixième par 55,475 voix. Né à Tulle en 1804. Brasseur, membre du conseil municipal à Tulle et commandant de la garde nationale. A la Constituante, il faisait partie du comité de l’intérieur. Il a volé contre le droit au travail, contre les deux Chambres, contre la proposition Rateau, pour la diminution de l’impôt du sel, pour la mise en accusation du ministère du 10 décembre. Il appartenait à la nuance des représentants qui tenaient leur réunion au Palais-National. Il s’est montré très hostile à l’administration du 10 décembre.

PÉNIÈRES, élu à la Constituante par 17,784 suffrages, réélu le quatrième par 55,296 voix. Né à Ussel en 1810. Petit-fils du conventionnel Pénières. Avant la révolution de février, il a toujours été dans l’opposition, contre le parti ministériel. A la Constituante, il était membre du comité de la guerre. Il a voté pour le droit au travail, contre les deux Cham bres, contre la proposition Rateau, pour la dirmfcu tion de l’impôt du sel. Il était de la nuance des représentants qui se réunissaient au Paiais-Nattonal

SAGE, élu le premier par 37,716 voix. Avocat, candidat des républicains démocrates-socialistes. Il a pris la parole dans une des premières séances de l’Assemblée législative pour demander une enquête sur les élections des Côtes-du-Nord. Il a prétendu que le sergent Rattier avait eu le droit de parler au nom de l’armée.

CORSE. – 5 REPRÉSENTANTS.

Ce département avait envoyé à la Constituante 6 représentants, 2 ont été réélus. 3 nouveaux. – Non réélus MM. Louis-Napoléon Bonaparte, Napoléon Bonaparte, Conti et Piétri. votants, 42.987.

ABBATUCCI (charles), élu le deuxième par 23,121 voix. Avocat, substitut du procureur de la république du département de là Seine. Il est fils de M. Abbatucci, ancien député de l’opposition libérale, nommé conseiller à la Cour de cassation depuis la révolution de février, et qui faisait partie de, I Assemblée constituante. M. Abbatucci fils siégera parmi les républicains modérés. Il est dévoué, comme son père, à la famille Bonaparte et particulièrement au président de la république.

ARRIOHI (le général), élu le premier par 27,738 voix. Aide-de-camp du général Berthier, en Orient ; chef d’escadron à la bataille de Marengo général de brigade à Austerlitz général de division à Esling ; nommé duc de Padoue par Napoléon, peu de temps après la bataille de Friedland ; gendre du comte Henri de Montesquiou. Membre de la Chambre des pairs pendant les Cent-Jours. Il conçut un moment le projet de rendre la Corse indépendante, après la seconde abdication de l’empereur. Frappé par l’ordonnance royale du 7 janvier 1816, il obtint son rappel en 1820. Il est allié à la famille Bonaparte et dévoué particulièrement au président de la république. Son fils est préfet du département de Seine-et-Oise.

BONAPARTE (pierre), élu le quatrième par 21,765 voix (Voir, pour sa biographie, au département de l’Ardèche dans lequel il a été également élu).

CASABIANCA (françois-xavier) élu à la Constituante par 16,000 voix, réélu le troisième par 22,002 voix. Né le 87 juin 1796 à Nice, où sa famille s’était réfugiée pendant l’occupation de la Corse par les Anglais. Élève du Lycée-Napoléon, il y a obtenu, à l’âge de seize ans, le premier prix de philosophie. Avocat à la cour d’appel de Bastia, il s’y est placé au premier rang, dès son début. Candidat de l’opposition en 1837, il ne lui manqua que cinq voix pour être élu député. Il n’a jamais exercé de fonctions publiques. A la Constituante, il était membre du comité de la marine. Il a voté contre le droit au travail, contre les deux Chambres, contre le vote à la commune, contre la proposition Rateau, contre la mise en accusation du ministère Il appartenait à la réunion des républicains modérés de l’Institut. Il est très dévoué à la famille Bonaparte.

GAVINI (dénis), élu le cinquième par 20,785 voix. Agé de trente ans environ. Avocat à Bastia ; lors des élections du dix décembre, il combattit en faveur de la candidature du général Cavaignac. Il a été porté par le parti hostile au président de la république et à l’influence de la famille Bonaparte.

COTE-D’OR. – 8 REPRÉSENTANTS.

Ce département avait envoyé 10 représentants à la Constituante, 4 ont été réélus. 4 nouveaux. Non réélus-, MM. Pougueret Godard-Poussignol, Magnin-Philippon, Maire, Monnet et Perrenet.

BENOIT-CHAMPY, élu le quatrième par 49,782 voix. Avocat distingué du barreau de Paris, membre du conseil de fcwdre. Il professait des opinions libérales avant la révolution defevner il fut nommé, par le gouvernement provisoire, ministre plénipotentiaire à Florence. Il a sincèrement accepté la république, mais il la veut honnête et modérée.

CHAPER, élu à l’Assemblée législative le cinquième, par 46,713 voix. Porté sur la liste du parti modéré, depuis qu’il est à l’Assemblée législative, il a constamment voté avec la droite.

DEMONTRY (jules-léon-james) élu à la Constituante par 50,000 voix, réélu le huitième par 36,756 voix. Né à Dijon en 1805. L’un des fondateurs de l’Association bourguignonne contre le retour de la branche aînée ; poursuivi en 1851 pour la publication d’un manifeste aux officiers de l’armée collaborateur du Patriote de la Côte-d’Or ; organisateur en 1833 de la Société des Droits de l’Homme dans la Côte-d’Or ; défenseur des prévenus d’avril ; correspondant de la Réforme ; organisateur, en novembre 1847, du banquet républicain de Dijon ; commissaire de la république pour la Côte-d’Or, puis commissaire-général pour les départements du Doubs et de la Haute- Saône. Membre du comité des affaires étrangères. Il a constamment siégé et voté avec la Montagne.

JOIGNEAUX, élu à la Constituante par 44,520 voix, réélu le septième par 37,325. Né à Varennes en 1815. Ancien élève de l’École centrale des Arts et des Manufactures ; agronome et publiciste ; fondateur de la Revue de la Côte-d’Or et rédacteur du journal le Châtillonnais ; rédacteur en 185Õ du Journal du Peuple, du Corsaire et du Charivari ; arrêté et mis en prison pour avoir pris part à la rédaction de l’Homme libre ; auteur des Prisons de Paris. Membre du comité des travaux publics. Il siégeait sur les bancs de la Montagne.

MARÉCHAL, élu à la Constituante par 44,838 voix réélu le deuxième par 65,460 ; né à Blignysur-Beaume, en 1800. Avocat, ex-substitut du procureur du roi, en 1830. Membre du comité de l’instruction publique. Il a voté pour les deux Chambres, contre la réduction de l’impôt du sel, pour la suppression des clubs et généralement avec le parti modéré de la rue de Poitiers.

)~ ?~ élu à la Constituante par

/),491 voix, réélu le premier par 54,469. Né à Dijon le 28 février 1785. Avocat célèbre sous la restauration. Député libéral de 1827 à 1830, il prit une part active à la révolution de juillet, fut membre du gouvernement provisoire, siégea de nouveau sur les bancs de l’opposition et se fit remarquer par l’ardeur avec laquelle il combattit le ministère de Casimir Périer. Orateur habile et spirituel, il s’attacha spécialement à traiter les questions de politique extérieure et d’industrie viticole. Membre du comité des affaires étrangères, rapporteur de la commission des boissons à l’Assemblée constituante. Il a voté pour la suppression de l’indemnité au commandant des gardes nationales de la Seine, et pour l’ordre du jour dans la discussion sur les affaires d’Italie

NOBLET, élu à l’Assemblée législative le sixième, par 46,406 voix. Candidat du parti modéré ses votes, depuis qu’il est entré à l’Assemblée législative, ont toujours été en faveur du ministère.

VAUDREY élu le troisième par 53,676 voix. Colonel, aide-de-camp du président de la république. Il commandait le 4e régiment d’artillerie, lors de la tentative de Strasbourg, en 1836. Il fut impliqué dans cette affaire et acquitté par le jury.

COTES-DU-NORD. – 13 REPRÉSENT.

Ce département avait envoyé 16 représentants à la Constituante, 4 ont été réélus. 9 nouveaux. Non réélus, MM Carré Glais-Bizoin, Houvenagle, Ledru, Loyer, Marie, 1 Sel Morhéry, Perret, Racinet, Jules Simon Yves Tassel. Electeurs inscrits, 164,000 ; – votants, 110,000.

BIGREL (Théophile), élu le dixième à la Législative. Propriétaire, membre de la Légion d’honneur, ancien sous-préfet de l’arrondissement d’Argentan il fut Sué par le gouvernement provisoire. Il était du parti conservateur sous le ministère Guizot.

BOTMILLIAU, élu le troisième à la Législative. Propriétaire ; maire de la ville de Guingamp. était porté sur la liste des candidats modérés, et doit être classé parmi les légitimistes.

CHARNES, élu le quatrième à la Législative. Capitaine de vaisseau, ancien capitaine du pavillon du prince de Joinville. Ses fonctions permettent de le classer parmi les orléanistes. Il était porté sur la liste des candidats modérés.

CUVERVILLE, élu le sixième à la Législative. Propriétaire catholique sincère, partisan de la liberté de l’enseignement. Sa candidature a été soutenue par les légitimistes.

DENIS, élu à la Constituante par 70 596 voix, réélu le cinquième à la Législative. Né en 1801. Armateur à Saint-Brieuc, maire du Plérin. Membre du comité de la marine. Il a voté pour les deux Chambres et le vote à la commune, pour la réduction de l’impôt du sel, pour la proposition Rateau-Lanjuinais et pour l’ordre du jour dans la question sur les affaires d’Italie.

DEPASSE (émile-tocssaint-marcel), élu à la Constituante par 90,577 voix, réélu le septième à la Législative. Né à Guingamp le 29 juillet 1804. Ancien notaire, maire de Lannion, auteur d’un ouvrage intitulé Considérations sur les salles d’asiles et de leur influence sur l’avenir des classes pauvres. Il s’est occupé activement, dans la ville qu’il administrait, de l’extinction de la mendicité, de la fondation de salles d’asile, de l’organisation de l’éducation professionnelle. Membre du comité de la marine, il a pris part surtout aux travaux intérieurs sur les questions d’assistance. Il a voté pour les deux Chambres contre la proposition Rateau-Lanjuinais, pour la réduction de l’impôt du sel, pour l’ordre du jour dans la discussion sur les affaires d’Italie. Il faisait partie des républicains modérés de la réunion de l’Institut.

DIEULEVEULT, élu le treizième à la Législative. Maire de Tréguier ; propriétaire ; membre du conseil général des Côtes-du-Nord. Sa candidature a été surtout soutenue par le parti légitimiste.

LECOMTE (LOUIS), élu le onzième à la Législative. Banquier, membre de la Légion d’honneur ; il était maire de la ville de Dinan sous le dernier gouvernement monarchique, et passait alors pour très conservateur.

LEGORREC (CLAUDE-JEAN-MARIE), élu à la Constituante par 89,875 voix, réélu le deuxième à la Législative. Né à Saint-Brieuc, le 5 mai 1800. Licencié en droit, capitaine de la garde nationale, maire de Pontrieux, membre du conseil général, député depuis 1842 ; votant avec la gauche. Membre actif de la Charbonnerie en 1820, il a fait partie, en 1848, de la commission administrative de son département. 1. Membre du comité de l’agriculture et du crédit foncier. Il a voté pour les deux Chambres, pour la réduction de l’impôt du sel, pour la suppression des clubs, contre celle de l’indemnité au commandant des gardes nationales de la Seine, pour l’ordre du jour dans la discussion sur les affaires d’Italie, et généralement avec le parti modéré de la rue de Poitiers.

LENORMAND-DESSALES, élu le huitième à la Législative. Ancien capitaine du génie ; membre du conseil général des Côtes-du-Nord. Il appartient au parti modéré.

MONTALEMBERT (de), élu à la Constituante dans le Doubs par 22,352 voix, réélu dans le même département et dans les Côtes-du-Nord le douzième à la Législative. Né à Paris en 1812. Ex-pair de France, auteur d’une Histoire de Catherine de Hongrie, collaborateur de Lamennais pour la rédaction du journal Avenir, dans lequel il se fit lé défenseur de la Pologne et l’adversaire intraitable de l’Université. Apôtre des intérêts catholiques, il se distingua surtout en 1847 et en 1848 par deux discours sur l’Irlande et sur les affaires de la Suisse. Membre du comité de l’instruction publique, il a pris part aux discussions de la constitution. La cause de la liberté de l’enseignement n’a point d’avocat plus persévérant ni plus zélé. Il a voté pour les deux Chambres et pour le vote à la commune, contre la suppression de l’indemnité au commandant des gardes nationales de la Seine, et pour l’ordre dit jour dans la discussion sur les affaires d’Italie. Il faisait partie de la réunion de la rue de Poitiers : il était l’un des quinze membres de son comité électoral. C’est un orateur très distingué.

THIEULLIN, élu le neuvième à la Législative. Propriétaire il était préfet du département des Côtes-du-Nord, lors de la révolution de février ; il fut révoqué par le gouvernement provisoire il est commandeur de la Légion d’honneur, et doit être classé parmi les anciens conservateurs.

TRÉVENEUC (HENRI-LOUIS-MARIE de), élu à la Constituante par 94,132 voix, réélu le premier à la Législative. Né à Saint-Brieuc le 13 septembre 1815 Ancien élève de l’École de Saint-Cyr, envoyé comme soldat au fr léger pour sa participation au complot d’avril dans l’intérieur de la maison, sous-officier démissionnaire, élève d’architecture à l’École des Beaux-Arts ; licencié en droit. Membre du comité des affaires étrangères. Il s’est fait remarquer dans l’affaire du 15 mai par son courage et sa résolution. Il a voté pour les deux Chambres et le vote à la commune, pour la réduction de l’impôt du sel, pour la suppression des clubs, contre celle Je l’indemnité au commandant des gardes nationales de la Seine, et pour l’ordre du jour ministériel dans la discussion sur les affaires d’Italie.

CREUSE. 6 REPRÉSENTANTS.

Ce département avait envoyé 7 représentants à la Constituante, 2 ont été réélus. 4 nouveaux. Non rééius, MM. De Sainclhorenl, Lassaie, Lecler, Leyraud et Sallandrouze.

DELAVALLADE, élu le cinquième à la Légis- lative. Médecin homéopathe. Il a été porté par les démocrates-socialistes de l’école de M. Pierre Leroux, qui a fondé une imprimerie dans la Creuse et qui a fait une propagande très active dans ce département.

FAYOLLE (ENMOND) élu à la Constituante par 22 000 suffrages, réélu le sixième à la Législative. Né à Guéret en 1810. Avocat. Il était républicain avant février, et après la révolution il a combattu la candidature de son beau-père, M. Leyraud, qu’il ne jugeait pas assez sympathique au régime républicain. A l’Assemblée, il faisait partie du comité de l’intérieur. Il a voté pour le droit au travail, contre les-deux Chambres, contre la proposition Rateau, pour la diminution de l’impôt du sel. Il appartenait à la réunion du Palais-National.

GUIZARD, élu à la Constituante par 21,000 suffragés, réélu le premier à la Législative. Né en 1805. Médecin à Guéret. En 1830, il se battit courageusement et fut décoré de juillet. Lorsqu’en 4832 le choléra éclata à Paris, il fut désigné par ses collègues pour aller étudier et conjurer le terrible fléau. A la révolution de février, connu depuis longtemps pour ses opinions avancées, il fut désigné par le comité central républicain de la Creuse comme commissaire du département. A la Constituante, il faisait parti du comité de l’intérieur. Il a voté pour le droit au travail, contre les deux Chambres, pour le crédit foncier, contre la proposition Rateau, pour la diminution de l’impôt du sel, contre la loi sur les clubs, et généralement avec les représentants qui se réunissaient au Palais-National. Il était porté sur la liste des démocrates-socialistes.

LEROUX (jules), élu le troisième à la Législative. Homme de lettres, âgé d’environ quarante ans, frère de M. Pierre Leroux, dont il partage complé tement les doctrines socialistes. M. Jules Leroux a assisté à un grand nombre de banquets qui ont eu lieu dans Paris depuis l’élection du 10 décembre. Il y a prononcé plusieurs discours.

MOREAU, élu à la Législative le deuxième. Médecin, partisan des doctrines socialistes. Il a été porté à la représentation par les démocrates-socialistes de son département. Il a voté à l’Assemblée législative pour l’enquête parlementaire sur les élections de l’Aude.

NADAUD (martin) élu le quatrième à la Législative. Ouvrier maçon président du club des habitants de la Creuse à Paris. Né à Lannartinesche (Creuse) en 1815. Il est venu à Paris en 1830. Il travaillait à la construction de la mairie du 12e arrondissement lorsqu’il fut nommé représentant dans son département. Il appartenait à l’opinion des communistes icariens, mais ses idées se sont modifiées, et il doit être maintenant classé parmi les républicains démocrates-socialistes. Il a signé la mise en accusation du ministère, dans la séance du 11 juin dernier.

DORDOGNE. – 10 REPRÉSENTANTS.

Ce département avait envoyé à la Constituante 12 représentants, 4 ont été réélus. 6 nouveaux. Non réélus, MM. Barailler, Dezeimeris, Dupont, Dussolier, Goubie, Grollier-Desbrousses, Lacrouzille, Savy, Taillefer.

CHAVOIX (JEAN-BAPTISTE), élu à la Constituante par 35,978 voix, réélu le premier par 62,184 voix. Né à Excideuil, arrondissement de Périgueux, le 24 août 1805 ; médecin, membre du conseil général. En 1826, il fut un des lauréats de l’Ecole de médecine, et il était reçu docteur à vingt-deux ans. Après la révolution de juillet, il fut appelé au conseil municipal et presqu’en même temps, désigné pour remplir les fonctions d’adjoint au maire d’Excideuil. En 1836, il fut nommé maire de cette ville et membre du conseil général pour les cantons d’Excideuil et d’Hausefer. Il était médecin du général Bugeaud. En 1846, il se présenta comme candidat de opposition contre M. Bugeaud, qui n’eut qu’une majorité de seize voix. M. Chavoix fut alors destitué de ses fonctions de maire. A l’Assemblée constituante, il faisait partie du comité de l’intérieur, dont il était le secrétaire. Il a voté pour le droit au travail, contre les deux Chambres, contre la proposition Rateau, pour la diminution de l’impôt du sel, et généralement avec les représentants qui se réunissaient au Palais-National. Il est un de ceux qui ont le plus contribué an renversement de la Commission exécutive et à l’élévation du général Cavaignac. Il était porté sur la liste des candidats démocrates-socialistes.

DELBETZ, élu à la Constituante par 56,352 voix réélu le troisième par 61,288 voix. Né a Eymet le 19 mars 1818 Fils d’un ministre protestant, il vint étudier la médecine à Paris, où il fut reçu docteur en 1842. Il rentra dans son pays natal pour y exercer sa profession A la révolution de février, il fut nommé sous-commissaire de la république pour l’arrondissement de Bergerac. A la Constituante, il faisait partie du comité de l’intérieur. Il a voté pour le droit au travail, contre les deux Chambres, contre la proposition Rateau, pour la diminution de l’impôt du sel, pour la mise en accusation du ministère du 10 décembre. Il appartenait aux représentants de la Montagne

DUCLUZEAU, élu à la Constituante par 55,905 voix réélu le deuxième par 61,408 voix. Né à Ribérac en 1778. Médecin, ancien maire, ancien député. Il siégeait sur les bancs de l’opposition dans la Chambre des députés, dont il a fait partie pendant quelques années après la révolution de juillet. A la Constituante, il était membre du comité de l’intérieur Il a voté pour le droit au travail, contre les deux Chambres, contre le vote à la commune, contre la proposition Rateau, contre les lois sur les clubs, pour la diminution de l’impôt du sel, et la mise en accusation du ministère du 10 décembre. Il appartenait à la réunion du Palais-National. Il était porté candidat sur la liste des démocrates-socialistes.

DUFRAISSE (MARC), élu le huitième par 59,776 voix. Ancien membre de la société des Droits de l’homme en 1852. Il a toujours appartenu au parti républicain. On a publié une lettre qu’il avait écrite à l’occasion de l’attentat de Fieschi, dans laquelle il manifestait des sympathies pour Morey et Pépin. Nommé commissaire général pour plusieurs départements, par M. Ledru-Rollin ; puis préfet de l’Indre par M. Recurt ; il fut destitué sous le gouvernement du général Cavaignac, par M. Sénard. Il siégera à la Montagne.

DULAC élu le cinquième par 60,445 voix. Propriétaire, âgé de trente-huit à quarante ans. Démocrate-socialiste homme doux et modéré d’ailleurs. Il a dit dans sa profession de foi qu’il préférerait voir périr dix mille hommes dans la guerre civile que de voir tomber une seule tête sur l’échafaud. Suivant lui lorsqu’une nation se trouve séparée en deux parties hostiles, la question ne peut se décider que par les armes et le vaincu doit céder la place au vainqueur et aller chercher une autre patrie.

JOLLIVET, élu le septième par 60,060 voix. Médecin à Nontron, membre du conseil généra) depuis février, Il a été nommé par les républicains démocrates-socialistes du département.

LAMARQCE, élu le neuvième par 59,330 voix. Ancien maître de forges, industriel, âgé d’environ trente-deux ans. Il à été commissaire du gouvernement provisoire dans la Dordogne avec M. Latrade. Sous le dernier gouvernement monarchique, il professait des opinions libérales cependant on lui a reproché d’avoir sollicité une place de payeur. Porté par les républicains démocrates-socialistes, il siégera à la Montagne.

MARC-MONTAGUT, élu le sixième par 60,289 voix. Ancien élève de l’École de Grignon, cultivateur, il a été porté sur liste des candidats démocrates-socialistes. Il siégera, dit-on, à la Montagne.

MIE (auguste), élu à la Constituante dans les réélections de juin en remplacement de M. de Lamartine, réélu le quatrième par 61,410 voix. Né a Périgueux le 17 octobre 1801. Ancien carbonaro, il combattit en juillet 1830. Imprimeur du journal la Tribune, il fut dépouillé de son brevet en 1852. Il fut compromis dans les troubles d’avril 1854. M. Mie a subi, sous le dernier gouvernement, vingt-cinq procès en cours d’assises et quatre en police correctionnelle. Deux fois seulement, il est vrai, des condamnations ont été obtenues contre lui. A la Constituante, il a voté pour le droit au travail, contre les deux Chambres, pour le remplacement militaire, pour la diminution de l’impôt du sel. Il a presque toujours voté avec les représentants de la Montagne.

SAINT-MARC RIGAUDIE, élu le dixième par 88 983 voix. Propriétaire, membre du conseil générai républicain de la veille, il fut nommé par M. Ledru-Rollin commissaire du gouvernement provisoire dans le département de Lot-et-Garonne. Sous le ministère Recurt, il fut nommé préfet des Vosges mais les réclamations de quelques représentants de ce département le firent révoquer définitivement. Il était porté sur la liste des démocrates-socialistes.

DOUBS. – REPRÉSENTANTS,

Ce département avait envoyé à la Constituante 7 représentants, 4 ont été réélus. 2 nouveaux. Non réélus, MM. Convers, Mauvais et Tranchard. - Electeurs inscrits, 81,975.

BARAGUEY-D’HILLIERS, général division, élu à la Constituante par 31,933 suffrages réélu le deuxième par 34,913. Né à Paris le 6 septembre 1795. Nommé gouverneur de l’École de Saint-Cyr en 1852 il réprima un complot républicain qui avait pris naissance dans l’École. Plus tard, il fut envoyé en Afrique, où, dans plusieurs combats, il déploya une grande bravoure personnelle. A la révolution de février, il commandait la ville de Besançon, et en cette qualité, il s’opposa énergiquement aux commissaires du gouvernement provisoire. Il a fort peu de sympathie pour la révolution. Président de la réunion de la rue de Poitiers, il ne cache pas ses tendances réactionnaires. Ses votes dans l’Assemblée constituante ont été constamment hostiles au mouvement républicain.

BIXIO, élu à la Constituante par 35,865 suffrages, réélu le quatrième par 51,637. Né à Chiavari (Italie), le 20 novembre 1808. Il vint en France très jeune, étudia la médecine et les sciences naturelles. En 4850, il se battit pour la liberté et fut décoré de juillet. Il publia, avec le concours de plusieurs savants agriculteurs, un livre très important ayant pour titre : La Maison rustique au XIXe siècle. En février, il fut nommé, par M. Pagnerre, chef du secrétariat du gouvernement provisoire. Puis, il fut envoyé par M. de Lamartine, comme ministre plénipotentiaire, à Turin ; il remplit cette mission avec une grande distinction, jusqu’au moment où le département du Doubs le nomma son représentant. A la Constituante, il faisait partie du comité des affaires étrangères. Dans les malheureuses et sanglantes journées de juin, M. Bixio, mû par un louable sentiment d’humanité, voulut arrêter cette lutte fratricide. Il alla sur les barricades pour faire cesser le combat et reçut une balle en pleine poitrine. Guéri de sa blessure, il fut nommé vice-président de l’Assemblée. Appelé au ministère du 20 décembre comme ministre du commerce, il donna sa démission dix jours après. Il a voté contre le droit au travail, pour les deux Chambres, pour la proposition Râteau, contre la diminution de l’impôt du se). Il appartenait au parti républicain modéré de la Constituante qui se réunissait à l’Institut.

DEMESMAY, élu à la Constituante par 48,445 suffrages, réélu le premier par 59,596. Né à Pontarlier en 1805. Ancien député, homme de lettres et négociant, il s’est fait une bonne réputation de capacité et une belle fortune. A la mort du philosophe Jouffroy, en 1842, il fut envoyé à la Chambre des députés par le collége électoral de Pontarlier. Il faisait partie des conservateurs intelligents et progressifs. Honnête et consciencieux, il attacha son nom à la question de la suppression de l’impôt du sel, que la Chambre des députés adopta et que la Chambre des pairs repoussa. Il fit sur ce sujet plusieurs brochures remarquables. Après la révolution de février, M. Demesmay s’est rallié à la république modérée. A l’Assemblée, il continua de s’occuper de la question à laquelle il s’était dévoué, et demanda, au mois de décembre 1848, que la loi du 15 avril 1848 sur l’impôt du sel fût suspendue jusqu’au ler février. Il était membre du comité d’agriculture et il a constam, ment voté avec la partie modérée de la Constituante,

MONTALEMBERT (DE), élu à la Constituante par 22,552 suffrages, réélu le troisième par 3-2,702 voix. Il a été également élu dans les Côtes-du-Nord (voir sa notice dans ce département).

MOUSTIER (léonel DE), élu le cinquième par 25,049 voix. Membre du conseil général, il lui avait proposé à sa dernière session de se réunir au chef-lieu du département, sans convocation quelconque de l’autorité, pour prendre en main la direction des affaires du département et résister à Paris, si Paris tombait au pouvoir des républicains ardents et des socialistes. M. de Moustier est dévoué aux intérêts catholiques. C’est un propriétaire très riche.

PIDOUX (victor), élu le sixième par 21,501 voix. Avocat ; catholique. Il était légitimiste avant la révolution de février, mais il a déclaré qu’il se soumettait à la constitution républicaine et au gouvernement proclamé par six millions de suffrages. Sa candidature a été combattue faiblement par les anciens conservateurs et fortement par les républicains démocrates.

BROME. – 7 REPRÉSENTANTS.

Ce département avait envoyé à ]a Constituante 8 représentants, 6 ont été réélus. - 1 nouveau. Non réélus, MM. Bonjean et Morin. Electeurs inscrits, 94,706.

BAJARD, élu à la Constituante par 34,744 suffrages, réélu le cinquième par 42.292 voix. Né en 1793 a Saint-Donat (Drôme). De 1815 à 1820 il a étudié la médecine à Paris et s’est fait recevoir docteur En 1821 il entra dans la société des Carbonari. Après juillet, il fut membre de la société des Droits de l’homme et il a présidé la société républicaine de Romans, Il devint chef de bataillon de la garde nationale en 1834. Il salua la révolution de février avec enthousiasme. A la Constituante, il faisait partie du comité des affaires étrangères. Il a voté pour le droit au travail, contre les deux Chambres, pour la diminution de l’impôt du sel, contre la proposition Rateau, contre la loi sur les clubs, pour la mise en accusation du ministère du 20 décembre. Il appartenait au parti des représentants qui se réunissaient au Palais-National et qui ont fait une opposition radicale au gouvernement du président de la république.

BANCEL fils, élu le septième par 41,-104 voix. Avocat à Valence. C’est un jeune homme d’une trentaine d’années. Il n’était pas républicain avant la révolution de février. Depuis, il est devenu partisan du fouriérisme et a fait un actif prosélytisme parmi les artilleurs en garnison dans sa ville natale. Il a aussi gagné au socialisme un grand nombre d’ouvriers en ouvrant des cours. Il est orateur, poëte et auteur d’une brochure sur le crédit hypothécaire.

BELIN, élu à la Constituante par 25,114 suffrages, réélu le sixième par 41,545. Né à Valence en 1810. Il est avocat, et depuis quatre ans fixé au barreau de Lyon. A la Constituante, il a voté contre le droit au travail, contre les deux Chambres, contre la proposition Rateau, pour la diminution de l’impôt du sel, contre la loi sur les clubs, pour la mise en accusation du ministère du 20 décembre. Il faisait partie du comité de l’agriculture et du crédit foncier. Il était de la nuance des représentants qui se réunissaient au Palais-National. Il a été porté sur la liste des républicains-socialistes.

CURNIER, élu à la Constituante par 53,508 suffrages, réélu le deuxième par 43,330 voix. Né à Valence en 1817. Propriétaire licencié en droit. Il remplissait les fonctions d’adjoint au maire lors- qu’éclata la révolution de février. Le commissaire de là république le nomma maire de Valence. Plus tard, il fût aussi nommé commissaire du gouvernement provisoire. A la Constituante, il faisait partie du comité de Instruction publique. Il a voté pour le droit au travail contre les deux Chambres, contre là proposition Rateau, contre la loi sur les clubs pour là diminution de l’impôt du sel, pour la mise en accusation du ministère du 20 décembre. Il appartenait à la nuance des représentants qui tenaient leur réunion au Palais-National.

MATHIEU (de la Drôme) élu à la Constituante par 37,835 suffrages, réélu le quatrième par 42,762 voix ; il a été également élu à Lyon. Né à Saint-Christophe-le-Lacy le 7 juin 1808. Homme de lettres, agriculteur et économiste. Il était parvenu à fonder à Romans un Athénée de belles-lettres. Mais les autorités s’en effrayèrent et firent fermer l’athénée. Il fonda alors une revue sous le titre de la Voix d’un solitaire. En 1847 il assista au banquet réformiste dé Romans et y prononça un discours très énergique. A là Constituante, il faisait partie du comité des affaires étrangères. Il a pris une large part à tous les travaux de I Assemblée et y a prononcé beaucoup dé discours sur un grand nombre de questions importantes. Il a soutenu les doctrines socialistes. Il a voté pour le droit au travail, contre les deux Chambres contre la proposition Rateau, pour la diminution de l’impôt du sel, enfin pour la mise en accusation du ministère du 20 décembre. Il faisait partie de la réunion de la Montagne et était membre du conseil central de la Solidarité républicaine.

REY, élu à la Constituante par 34,175 suffrages, réélu le troisième par 42,904 voix. Né à Aurel (Drôme) en 1803. Propriétaire, membre du conseil gênerai de la Drôme et maire de la ville de Saillant depuis 1836. Il était avant cette époque commandant de la garde nationale. Sous le ministère de M. Humann, M. Rey, comme maire, a refusé de prêter son concours à l’exécution de la loi sur le recensement ; ce refus lui valut, de la part de l’administration, des menaces de poursuites, d’ailleurs restées sans effet. A la Chambre, M. Rey était membre du comité de l’instruction publique. Il a voté pour le droit au travail, contre les deux Chambres, contre là proposition Râteau, pour l’impôt du sel, contre la loi sur les clubs, pour la mise en accusation du ministère du 20 décembre. Il était de la nuance des représentants qui se réunissaient au Palais-National, et à été porté sur la liste dès républicains montagnards.

SAtrf ÂtRÂ, élu à la Constituante par 34,878 suffrages, réélu le premier par 45,689. Né à Montélimart en 1804. Petit-fils de conventionnel, il était républicain avant février. En 1835, il donna asile à Montélimart, à un des condamnés politiques dé Lyon, M. Reverchon. Après la révolution de février, il fut nommé sous-commissaire de la république par M. Ledru-Rollin. A la Constituante, il a pris une part assez active à toutes les discussions politiques. Il était membre du comité de l’agriculture et du crédit foncier. Il a voté contre le droit au travail, contre les deux Chambres, contre la proposition Râteau contré la loi sur les clubs, pour la mise en accusation du ministère du 20 décembre. Il appartenait à là nuance des représentants qui se réunissaient au Palais-National. C’est un ancien courtier d’assurances. Il était porté sur là liste des républicains montagnards.

EURE – 9 REPRÉSENTANTS.

Ce département avait envoyé 11 représentants à la Constituantes, 2 réélus, – 7 nouveaux. Non réélu, MM. Alcafi,
Canel, Davy, Dumont, Dupont (de l’Eure), Langlois, Legendre, Montreuil et Picard. - Electeurs inscrits, 125,952 votants, 93,000.

BROGLIE (DE), élu le quatrième par 55.021 voix. Ancien pair de France, ancien vice-président de la Chambre des pairs, ancien président du conseil des ministres sous la dernière dynastie. Il était un des principaux chefs du parti conservateur et doctrinaire. La vie politique du duc de Broglie a eu trop de retentissement pour que nous ne laissions pas à nos lecteurs le soin de l’apprécier ; ils la trouveront d’ailleurs dans toutes les biographies. Il était un des quinze membres du comité électoral de la rue de Poitiers, et sera un des chefs de la droite dans la nouvelle Assemblée législative.

BEMANTE (antoine-marie), élu à la Constituante ; réélu le cinquième par 54,168 voix. Né à Paris, le 26 septembre 1789. Reçu docteur en droit en 1810 il fut nommé en 1819, après un brillant concours, professeur suppléant à la Faculté de Paris. En 1821, il passait professeur en titre. En 1830, il publia son cours du Code civil. Il fut nommé chevalier de la Légion d’honneur en 1843, et officier en 1846- il a été appelé à la haute commission des études de droit. A 1 Assemblée constituante, il était membre du comité de l’instruction publique. Il a voté contre le droit au travail, pour les deux Chambres, pour le vote à la commune, pour la proposition Rateau, contre la mise en accusation du ministère. Il appartenait à la nuance des représentants qui se réunissaient rue de Poitiers.

FONTENAY (DE), élu le neuvième par 45,743 voix. Ancien manufacturier, ancien membre du conseil gênerai sous la dynastie déchue, il appartenait au parti conservateur ; mais il suivra la direction politique de M. Hippolyte Passy, son ami particulier.

LEFEBVRE-DURUFLÉ, élu le sixième par 83,568 voix. Ancien manufacturier, membre du conseil général de l’Eure il appartenait, sous le dernier gouvernement monarchique, au parti conservateur.

LEGRAND (DE guitry), élu le huitième par 52,697 voix. Propriétaire cultivateur membre du conseil général ; ancien conservateur modéré de la nuance de M. Antoine Passy frère du ministre des finances

PASSY (hippolyte) élu le premier par 86,854 voix. Ministre des finances du 10 décembre, ancien pair de France, ancien député, ancien ministre des finances du 22 février sous la monarchie déchue, membre de l’Académie des sciences morales et politiques. Elu député en 1830, il appuya le ministère de Casimir Périer, et, depuis, il fit partie du centre gauche. Sa vie politique est trop connue pour que nous ayons besoin d’en rapporter ici les détails. Il a sincèrement accepté la république, et, depuis qu il est au ministère, il s’est complétement associé a la politique de M. Odilon Barrot. Il a conservé son portefeuille dans le cabinet du 2 juin.

SEVAISTRE (pàth), élu à la Constituante par 52,773 voix réélu le deuxième par 56,468 voix. Ancien président de la chambre de commerce d Elbeuf, ancien commandant de la garde nationale. Il a pris plusieurs fois la parole à l’Assemblée, notamment dans la question des clubs qu’il a violemment attaqués. Il s’est montré très hostile au gouvernement provisoire et à la commission exécutive. Il a constamment voté avec la partie la moins républicaine de l’Assemblée.

SUCIIET (D’ALBUFÉRA), élu le troisième par 55,708 voix. Propriétaire, membre du conseil général de l’Eure ; âgé de trente-six ans environ il est fils du maréchal Suchet d’Albuféra, auquel il succéda à la Chambre des pairs. Il appartenait au parti conservateur.

VATIMESNIL (LEFÉBVRE DE), élu le septième par 83,368 voix. Avocat ; il était substitut du procureur du roi au tribunal de la Seine en 1815, substitut du procureur général en 1817, avocat général à la Cour de cassation en 1824 ; nommé député en 1826, il devint ministre de l’instruction publique sous le ministère Martignac ; il fit partie de la chambre des députés pendant les premières années de la monarchie de juillet il était alors classé parmi les légitimistes ralliés et votait constamment avec le ministère.

EURE-ET-LOIR. – 6 représentants.

Ce département avait 7 représentants à ia Constituante. 3 ont été réélus. – 3 nouveaux. – Non réélus, MM. Isambert, Marescal, Trousseau et Raimbault.

BARTHÉLEMY, élu à la Constituante par S7,528 voix, réélu le quatrième par 21,9&3 voix. Né à Paris, lé 18 avril 1802, fils d’un receveur de l’enregistrement et des domaines. Jusqu’en 1829 il exerça dans la capitale la profession d’imprimeur, et il y a laissé les souvenirs les plus honorables. Puis il se retira dans une de ses propriétés à Bailleau-L’Évèque ; il fut nommé maire de sa commune en 1830, et membre du conseil général d’Eure-et-Loir en 1836. Porte cette même année, comme candidat de l’opposition, contre M. Chasles, candidat ministériel. Lors de la campagne réformiste que l’on fit avant février, M. Barthélémy, assista et prononça un discours au banquet de Chartres. Lors de là révolution de février, nommé commissaire de la république par le gouvernement provisoire, il sut s’acquitter de ses fonctions avec zèle et talent. Actionnaire du journal le National, et partisan du général Cavaignac, il a souvent voté contre le ministère du 20 décembre. Il faisait partie de là réunion du Palais-National.

DESMOUSSEAUX DE GIVRÉ, élu le sixième par 21,117 voix. Né en 1802, ancien député. Il était employé dans la diplomatie sous la restauration ; après 1830, il fut nommé secrétaire à l’ambassade d’Angleterre. En 1837 il fut envoyé à la Chambre des députés par le collége électoral de Dreux. Il vota longtemps avec lé parti conservateur, mais vers la fin, il attaqua le ministère Guizot, et, dans un discours vif et spirituel, il fit entendre ces trois mots devenus célèbre : Rien ! rien ! rien ! il faisait alors partie de cette toute petite phalange qu’on nommait les conservateurs progressistes.

LEBRETON, élu à la Constituante par 39,43,8 vois, réélu par 45,354 voix. Né en 1791 d’une famille de laboureur de la Beauce. Général de brigade. Il entra au service en 1813, comme volontaire, et gagna successivement tous ses grades ; 11 a servi plusieurs années en Afrique. Homme d’opinions modérées, il a loyalement accepté la république. Il a pris plusieurs fois ta parole son élocution est facile et ne manque pas d’une certaine vigueur. Il a relevé avec énergie l’expression de hochet donnée à la croix de la Légion d’honneur, par M. Clément Thomas, qui était alors général en chef de la garde nationale. Pendant les journées de juin, le général Lebreton à dirigé en personne l’attaque du clos Saint-Lazare, une des forteresses les plus redoutables de l’insurrection il s’y est distingué par son courage et son humanité. Il fut alors nommé questeur en remplacement du malheureux général Négrier. Il a vivement combattu une illégalité commise par le général Lamoricière, ministre de la guerre, et a défendu le commandant Tombeur qui avait été forcé de déposer les armes sur là place des Vosges, et pour lequel il demandait la justice d’un conseil de guerre. Il toujours voté avec le parti modéré.

NEY LA MOSKOWA, élu le deuxième par 26,805 voix. Fils du maréchal Ney, ancien pair de France, lieutenant-colonel de dragons, gendre de Laffitte. Il faisait partie de l’opposition dans la Chambre des pairs où il avait consenti à siéger parmi les juges de son père. Il a publié dans divers journaux plusieurs articles sur le papier-monnaie dont il est un des plus zélés partisans. Quoiqu’il ne fût point républicain avant la révolution de février, il a accepté la république et la constitution, et paraît entièrement dévoué au président de la république.

PARFAIT (noel), élu le troisième par 22,766 voix. Homme de lettres, auteur dramatique, poëte ; républicain dès 1832, il faisait alors partie de diverses sociétés politiques ; il fut poursuivi devant la Cour d assises et condamne à la prison pour une satire en vers. C’est un jeune homme de trente-six ans. Il a été porté sur la liste des candidats modérés. Dans une des premières séances de l’Assemblée législative il a demandé qu’on infligeât un blâme aux conseils généraux qui se sont immiscés dans les élections.

SUBERVIE (georges-gervais), élu à la Constituante par 58,565 voix, et réélu le cinquième par 21,769 voix. Né en 1776 à Lectoure. Général de division en retraite, membre du conseil général du Gers, ancien député. En 1792, il partit comme volontaire avec le maréchal Lannes. Enrôlé d’abord dans armée des Pyrénées, il fit toutes les campagnes de la république et de l’empire. Il était à la bataille de Waterloo, comme général de division. En 1824 il fut mis à la retraite. Le 29 juillet 1830, il acceptait le commandement de la première division militaire. En 1831, sa ville natale l’envoya à la Chambre des députés où il siégea à l’extrême gauche. En 1839 et 1842 il ne fut point réélu. En 1846, le collége de Nogent-le-Rotrou le renvoya de nouveau à la Chambre. Le 24 février, mande à l’Hôtel-de-Ville de Paris, il s’y rendit en grand uniforme, et le Gouvernement provisoire lui donna le ministère de la guerre. Il y demeura pendant vingt-un jours, et il fut nommé grand chancelier de la Légion d’honneur. A la Constituante, il a voté contre le droit au travail, contre les deux Chambres, contre la proposition Rateau, pour la diminution de l’impôt du sel, pour la mise en accusation du ministère du 20 décembre. Il était membre du comité de la guerre. Il faisait partie de la nuance des représentants qui se réunissaient au Palais-National.

FINISTÈRE. – 13 représentants.

Ce département avait envoyé 15 représentants à la Constituante, 4 ont été réélus. 9 nouveaux. Non réélus, MM. Brunel, Decouvrant, Fauveau, Fournas, Graveran, Kersauson, Lebreton, Riverieulx, Rossel, Soubigou, Tassel. – Votants, 150,165.

BARCHOUX DE PENIIOËN, élu à la Législative le sixième par 54,753 voix. Homme de lettres traducteur de plusieurs ouvrages de Kant et de quelques autres philosophes allemands. Il a été appuyé dans les élections par le parti modéré.

BLOIS (DE), élu le dixième par 50,934 voix. Avocat distingué, ancien magistrat. Il est catholique, partisan de la liberté de l’enseignement. Sous la branche cadette, il appartenait au parti légitimiste.

COLLAS DE LA MOTHE, élu à la Législative, le neuvième, par 51,574 voix. Il a été porté sur la liste des candidats modérés appuyés par la rue de Poitiers.

DUCOUÉDÏÇ, élu à la Législative, le douzième, par 49,683 voix. C’est un propriétaire, dont les opinions sont celles d’avant la révolution de 1830. Porté sur la liste des modérés ; sa candidature a été appuyée par les légitimistes.

KERANFLECH (yves-michel-gilart de), élu à la Constituante par 50,028 voix, réélu le septième par 53,354 voix. Né le 24 juin 1791 à Siribil (Finistère). Fils d’un gentilhomme mort dans l’émigration, il a achevé ses études et fait son droit à Paris. De 1818 a 1830, il a exercé les fonctions du ministère public à Brest, où il a été successivement substitut et procureur du roi. A la révolution de juillet, il donna sa démission et se retira à Morlaix. Quelque temps après, il fut nommé membre du conseil municipal et du bureau de bienfaisance. A la Constituante, il faisait partie du comité des cultes. Il a voté contre le droit au travail, pour les deux Chambres, pour le vote à la commune, pour la proposition Bateau, contre la diminution de l’impôt du sel, pour la loi sur les clubs, contre la mise en accusation du ministère du 10 décembre. Il appartenait à la nuance des représentants qui tenaient leurs réunions rue de Poitiers.

KÉRATRY, élu à l’Assemblée législative le treizième par 48,265 voix. Ancien député ancien pair de France ; homme de lettres ; âgé d’environ quatre-vingts ans. Sous la restauration, il faisait de l’opposition et appartenait au parti libéral il était un des fondateurs du banquet breton qui avait lieu annuellement à Paris, et qui était une sorte de manifestation périodique contre le gouvernement de Charles X. Surpris par la révolution de juillet qu’il ne désirait point, il se rallia complétement à la nouvelle dynastie, se prononça, à la Chambre des députés, peur l’hérédité de la pairie, combattit, comme rappoiteur, la proposition Portalis sur l’abolition du 21 janvier, et celle d’Eusèbe Salverte sur la destination du Panthéon. Nommé pair de France, il vota constamment pour tous les ministères. Les légitimistes, qui le regardent comme un de leurs co-religionnaires politiques, ont vivement soutenu sa candidature à l’Assemblée législative.

LACROSSE, élu à la Constituante par 80,491 voix, réélu le premier par 78,370 voix. Né en 1794. Fils de l’amiral de ce nom, célèbre dans les guerres maritimes de la république et de l’empire ; membre du conseil général du Finistère et chevalier de la Légion d’honneur. En 1809, il entrait dans l’armée navale en qualité d’aspirant. En 1815, il en sortait pour prendre du service dans la garde impériale. En 1815, il se retirait avec nos braves derrière la Loire, et quittait définitivement le service. Nommé colonel de la garde nationale de Brest en 1830, il entrait à la Chambre des députés en 1834 ; il siégea à la gauche et vota avec l’opposition dynastique. H soutint le ministère du 1" mars et fut fidèle a M. Thiers. A sa chute, il rentra dans l’opposition. A la Constituante, il faisait partie du comité de la marine. Il a été nommé vice-président de l’Assemblée, et au 10 décembre, le président de la république lui confia le portefeuille du ministère des travaux publics, qu’il conserve dans le cabinet du 2 juin. Il s’est très sincèrement rallié au gouvernement républicain.

LAMÉ, élu à l’Assemblée législative le dixième par 51,130 voix. Il était porté sur la liste des candidats du parti modéré.

LEFLO, élu à la Constituante aux élections supplémentaires, réélu le deuxième par 58,102 voix. Né en 1804 à Lesneven, arrondissement de Brest. Ancien élève de l’École militaire de Saint-Cyr, général de brigade, ambassadeur. En 1831, il débarquait sur les côtes de l’Algérie en qualité de lieutenant. A la prise de Constantine, il était capitaine et sa conduite fut si éclatante qu’il fut promu au grade de chef de bataillon. A l’Assemblée constituante, il ne prit pas part à ses travaux, car il fut presque immédiatement envoyé comme ambassadeur près de l’empereur de Russie. A son retour, il a voté pour )a suppression des clubs. Dans une des dernières séances, il a prononcé un discours très énergique sur là question de Rome. Il est un des trois questeurs de l’Assemblée législative.

MAZÉ-LAUNOY, élu à la Législative, le quatrième, par 55,700 voix. C’est un riche propriétaire. Il est membre du conseil général du département ; il était porté sur la liste des candidats modérés.

MÈGE (james), élu à la Constituante par 22,643 voix, réélu le cinquième par 55,588 voix. Né en 1808 à Sibiril. Ancien négociant à Roscoff. Il ne s’est jamais occupé de politique, cependant il était de l’opposition libérale avant février. Il s’est rallié à la république modérée. A la Constituante, il a voté contre le droit au travail, contre la suppression du remplacement militaire, pour la proposition Rateau, contre la diminution de l’impôt du sel, pour la loi sur les clubs, contre la mise en accusation du ministère du 20 décembre.

ROCQUEFEUIL, élu à l’Assemblée législative le huitième par 51,714 voix. On peut le classer parmi les membres de l’ancien parti légitimiste.

ROMAIN DES FOSSÉS, élu à la Législative, le troisième, par 83,384 voix. C’est un officier de marine très capable. Homme intelligent, il était porté sur la liste des candidats de la république modérée.

GARD. 8 REPRÉSENTANTS.

Ce département avait envoyé à la Constituante 10 représentants, 5 ont été réélus. 3 nouveaux. Non réélus, MM. Bousquet, Demians, Favend Reboul et Teulon. – Electeurs inscrits, 121,533.

BAUNE (de), élu le sixième par 50,032 voix. Riche propriétaire de la côte du Rhône âgé de quarante ans ; il appartenait au parti légitimiste.

BÉCHARD (Ferdinand), élu à la Constituante par SS,418 voix, réélu le quatrième par 50,740 voix. Né en 1799 agîmes. Avocat à la cour de cassation, ancien député. En 1833, il devint membre du conseil général du département du Gard. En 1836, il publia un Essai sur la Centralisation administrative. Nommé député en 1837, il alla s’asseoir sur les bancs de l’opposition de droite où il resta jusqu’en 1846. Ami de M. de Genoude, il écrivit pendant quelque temps dans la Gazette de France. A la Constituante, il était membre du comité de l’instruction publique. Il a voté contre le droit au travail, pour les deux Chambres, contre la suppression du remplacement militaire, pour la proposition Rateau, pour la loi sur les clubs, contre la mise en accusation du ministère du 20 décembre. Il a pris une part active à tous les travaux de la Chambre et a parlé quelquefois. Il appartenait à la nuance de la rue de Poitiers ; ses opinions légitimistes sont bien connues il est surtout l’adversaire prononcé de la centralisation.

BENOIST (dénis), élu le premier par 52,514 voix. Ancien député légitimiste sous le gouvernement de la branche cadette, ancien inspecteur des finances sous M. de Villèle il vient d’être élu un des vice-présidents à l’Assemblée législative. Il était choisi par la réunion du conseil d’État qui a succédé à la réunion de la rue de Poitiers.

CHAPOT, élu à la Constituante par 50,026 voix, réélu le cinquième par 50,597 voix. Né au Vigan en 1814. Avocat qui ne manque pas de mérite, mais dont la vie politique n’a commencé qu’à l’avènement de la république. A la Constituante, il était membre et secrétaire du comité des cultes. Il a voté contre le droit au travail, pour les deux Chambres, pour le vote à la commune, pour la proposition Rateau, contre la diminution de l’impôt du sel, pour la loi sur les clubs, contre la mise en accusation du ministère du 10 décembre.’ Il fait parti de la nuance des représentants qui se réunissaient rue de Poitiers, et il a été porté sur la liste des légitimistes.

LABRUGUIÈRE-CARME, élu à la Constituante par 51,404 voix, réélu le septième par 49,658 voix. Né à Uzès en 1790. Ancien officier supérieur sous l’empire, colonel de la garde nationale d’Uzès. Jouissant d’une assez belle fortune. A la Constituante il faisait partie du comité de la guerre. Il a voté contre le droit au travail, contre les deux Chambres, pour le vote à la commune, pour la proposition Rateau, contre la diminution de l’impôt du sel, contre la mise en accusation du ministère du 20 décembre., Il appartenait à la rue de Poitiers, et il a été appuyé" ° dans les élections à la Législative par le parti légitimiste du Gard.

LARCY (de), élu à la Constituante par 53,491 voix, réélu le troisième par 50,808 voix. Né au Vigan en iy0o. Il entra dans la magistrature à vingt-deux ans en qualité de juge auditeur, et fut nommé, en 1829, substitut du procureur du roi à Arles. En 1850, il donna sa démission. En 1831, il publia une brochure ayant pour titre : La Révolution et la France. Un 1853 il fut élu membre du conseil général du département. En 1839, il fut envoyé à la Chambre des députés où il siégea sur les bancs de l’opposition de droite. En 4844, il fut un des cinq députés qui allèrent à Belgrave-Square pour voir Henri V. Il succomba aux élections de 1846. A la Constituante, il a voté contre le crédit foncier, contre le remplacement militaire, pour la proposition Rateau, contre la diminution de l’impôt du sel, pour la loi sur les clubs, contre la mise en accusation du ministère du 20 décembre. Il était membre du comité des finances. Il appartenait à la réunion de la rue de Poitiers, et faisait partie de son comité électoral.

ROUX-CARBONNEL, élu à la Constituante par 51,S46 voix, réélu le deuxième par 52,385 voix. Né à Nîmes en 1788. Président du tribunal de commerce et membre du conseil municipal de Nîmes, ancien manufacturier. A la Constituante, il faisait partie du comité du commerce et de l’industrie. Il a voté contre le droit au travail, pour les deux Chambres, pour le vote à la commune, pour la proposition Rateau, pour la diminution de l’impôt du sel, contre la mise en accusation du ministère du 20 décembre. Il appartenait à la nuance des représentants qui se réunissaient rue de Poitiers ; il a été porté sur la liste des candidats du parti légitimiste.

SURVILLE (de), élu le huitième par 49,510 voix. Fils du receveur général du Gard âgé de quarante ans environ il était porté sur la liste des candidats présentés par le parti légitimiste.

GARONNE (HAUTE-). – 10 représ.

Ce département avait envoyé à la Constituante 12 représentants ; 4 ont été réélus. –G nouveaux. – Non réélus, MM. Azerm, Calès, Gatien-Arnoult, Joly, Armand Marrast,
Mule, Pagès (de l’Ariége) et Pegot-Ogier. – Electeurs incrits, 159,000 ; votants, 94,485.

CASTILLON SAINT-VICTOR élu le dixième par 50,577 voix. Riche propriétaire ; un des fondateurs de la Gazette du Languedoc ; légitimiste de la nuance de M. de Genoude. Il a pris la parole dans la séance du 30 mai pour attaquer la nationalité de M. Antony Thouret.

DABIJAUX, élu à la Constituante par 53,469 voix, réélu le premier par 62,882 voix. Né à Aurignac le 18 mai 1796. Il a exercé la profession d’avocat à Saint-Gaudens depuis 1823. Élu depuis 1855 au conseil général de la Haute Garonne, i| a demandé, dès lu première session de 1834, la publication des séances par la voie de la presse. Cette proposition a été enfin accueillie en 1858. En 1841, il combattit la mesure du recensement. Il soutint à la session de 1847 le droit des conseils généraux d’émettre des vœux sur les questions politiques et notamment en faveur de la réforme électorale. A la Constituante, il faisait partie du comité de la justice. Il a voté contre le droit au travail, contre les deux Chambres, pour le vote à la commune, pour la proposition Râteau, pour la diminution de l’impôt du sel, pour la loi sur les clubs, contre la mise en accusation du ministère du 20 décembre. Il a souvent pris la parole et s’est montré assez hostile au gouvernement provisoire et à la commission exécutive. Il appartenait à la nuance modérée de l’Assemblée.

ESPINASSE (JEAN-MARIE-HENRI DE L’), élu à la Constituante par 42,970 voix, réélu le quatrième par 59,226 voix. Né en 1784 à Toulouse. Il entra de bonne heure au service, débuta comme simple soldat, fit les campagnes de l’empire, fut décoré de la main de Napoléon, et revint avec l’épaulette de capitaine de dragons, Mis en non activité après le licenciement de l’armée il fut incorporé en juillet 1818 dans un régiment de cavalerie légère où il devint chef d’escadron. Admis dans la maison militaire du roi, là révolution de juillet le trouva adjudant-major dans les gardes du corps. 11 accompagna jusqu’à Cherbourg la famille de Charles X ; Il reprit du service comme colonel, et lors de la campagne d’Anvers, il commandait le quartier-général de l’armée ; sous les ordres du maréchal Gérard. Nommé député en 1857, il appartint à l’opposition légitimiste. A la Constituante il a voté contre le droit au travail, pour les deux Chambres ; pour le vote à la commune, contre là mise eu accusation du ministère. Il était membre du comité des cultes. Il a pris plusieurs fois la parole dans la discussion du budget de la guerre. Il appartenait à la réunion de la rue de Poitiers.

FOURTANIER, élu le troisième par 60,032 voix. Avocat distingué ; ancien conseiller de préfecture sous l’administration de M. Napoléon Duchâtel ; il s’était porté candidat conservateur dans l’arrondissement de Villefranche, sous la monarchie déchue ; mais il ne fut pas élu. Il a été nommé maire de Toulouse, après le banquet dénoncé à la tribune par M. Denjoy, sous le ministère de M. Dufaure. Il est âgé de cinquante à cinquante-cinq ans.

GASC, élu le cinquième par 88,228 voix. Ancien bâtonnier des avocats ; homme de beaucoup de talent ; il appartenait à l’opinion libérale, sous la monarchie déchue ; il a été défenseur de Léotade, et c’est probablement ce qui lui a valu d’être porté dernièrement aux élections par le parti légitimiste.

LIMAYRAC (de). élu le neuvième par 56,209 voix. Propriétaire très riche ; il a été substitut sous la restauration ; catholique fervent, sa candidature a été vivement appuyée par l’archevêché et le parti légitimiste ; Il est fils d’Un ancien préfet du département de la Haute-Garonne, sous la restauration. Il est âgé de quarante-cinq ans environ.

MALBOIS (JEAN-FRANÇOIS), élu à la Constituante par 44,960 voix, réélu le septième par 57,934 voix. Né le 19 mai 1787 à l’Isle-en-Dodon (Haute-Garonne). Il se destinait à l’École polytechnique, lorsqu’il fut appelé sous les drapeaux le 24 juin 1807, comme vélite dans les chasseurs à cheval de la garde impériale. De 1808 à 1811, il a fait les guerres d’Allemagne et d’Espagne. Depuis cette époque jusqu’en 1814, il a continué à servir comme lieutenant au 31e de chasseurs à cheval. Ayant déposé les armes à la restauration, il fut maire dans son pays natal de 1817 à 1827, et membre du conseil général du département depuis 1834.11 a a appartenu à l’opposition constitutionnelle très avancée. A la révolution de février, il fut nommé président de la commission municipale de son canton. A l’Assemblée, il a voté contre le droit au travail, contre les deux Chambres, contre la proposition Rateau, contre la mise en accusation du ministère, pour la loi sur les clubs. Il était membre du comité de l’agriculture et du crédit foncier, et faisait partie de la nuance modérée de la Constituante.

RAQUETTE, élu le huitième par 57,511 voix. Ancien magistrat sous la restauration, il a conservé les opinions qu’il avait alors, et a été très vivement soutenu dans les dernières élections par le parti légitimiste.

RÉMUSAT (françois-marie-charles de) élu à la Constituante par 43,840 voix, réélu le deuxième par 62,413 voix. Né en 1797, il est le fils de l’ancien chambellan de Napoléon, petit-fils de Lafayette, et neveu de Casimir Périer. Dans les premières années qui suivirent la révolution de juillet, M. Rémusat appartenait à l’école doctrinaire dont M. Guizot émit le chef ; mais, après la coalition, il s en retira pour entrer dans le centre gauche ; c’est ainsi qu’il devint ministre de l’intérieur dans le cabinet du 1er mars il quitta son portefeuille le 29 octobre, et rentra dans l’opposition du centre gauche. C’est lui qui proposa l’exclusion des fonctionnaires publics de la Chambre. A la Constituante, il était membre, du comité de la guerre dont il était le vice-président. Il a voté contre le droit au travail, pour les deux Chambres, pour le vote à la commune, contre la mise en accusation du ministère du 20 décembre. Il faisait partie de la réunion de la rue de Poitiers, et il était membre de son comité électoral.

TRON, élu le sixième par. 58,033 voix. Jeune avocat très riche ; maire de Bagnères-de-Luchon il était libéral sous le dernier gouvernement ; il appartient au parti modéré.

GERS. – 7 REPRÉSENTANTS.

Ce département avait envoyé 8 représentants à la Constituante, 3 ont été réélus. – 4 nouveaux. – Non réélus, MM. Alem-Rousseau, Ayliea, Boubée, David et Oounon. – Electeurs inscrits, 98,572 ; votants., 70,087.

BELLIARD, élu le quatrième par 50,164 voix. Neveu du maréchal Lannes : avocat a Lectoure ; âge de quarante ans environ il l’ut nommé sous-préfet de l’arrondissement de Lombez par la commission exécutive nommé préfet du Gers par M. Sénard, il fut révoqué par M. Dufaure. C’est un républicain modéré.

CAKBONNEAU (achilm) élu à la Constituante par 28,635 voix, réélu le deuxième par 38,005_voix. Né à Lectoure en 1803. Membre du conseil général du Gers, et le premier avocat du barreau de Lectoure. Il était républicain en février. Après la révolution, il fut nommé commissaire de la république dans son arrondissement. A la Constituante, il était membre du comité de l’administration départementale et communale. Il a voté pour le droit au travail contre les deux Chambres, pour la proposition Rateau, contre la loi sur les clubs, pour la mise en accusation du ministère du 20 décembre. Il appartenait à la nuance des représentants qui se réunissaient au Palais-National.

DUPUTZ, élu le sixième par 30,528 voix. Ancien commis négociant à Bordeaux ; fils d’un failli, il a payé toutes les dettes de son père. Il est âgé de trente-cinq à trente-six ans c’est un républicain très ardent. Sa candidature a été soutenue par les socialistes.

GAVARRET, élu à la Constituante par 61 589 voix, réélu le premier par 40,021 voix. Né à Lassauvetat en 1791. Ancien député, membre du conseil général du Gers. Il prit part au mouvement réformiste, et il a présidé le banquet de Condom. A l’Assemblée, il était membre du comité des cultes, et s’est montré, dans la commission de l’instruction publique, favorable à la gratuité absolue de l’enseignement primaire. Il a voté pour le droit au travail, contre les deux Chambres, contre le vote à la commune, contre la proposition Rateau, pour la mise en accusation du ministère du 20 décembre. Il appartenait à la nuance des représentants qui se réunissaient au Palais-National.

JORET, élu le cinquième par 30,820 voix. Propriétaire, membre du conseil général depuis plusieurs années, âgé de quarante-cinq à cinquante ans. Il était de l’opposition libérale sous la dynastie déchue il s’est sincèrement rallié à la république. C’est un ardent défenseur des intérêts viticoles.

LACAVE-LAPLAGNE, élu le septième par 58,230 voix. Mort à Paris le 14 mai 1849, après la clôture du scrutin.

PANAT (DE), élu à la Constituante, aux élections supplémentaires, réélu par 31,320 voix. Né le 21 mars 1787 à l’Ile-Jourdain. Il était, en 1840, auditeur de première classe au conseil d’Etat. A la restauration, il s’engagea à Bordeaux dans les volontaires royaux, et devint, trois mois plus tard, secrétaire d’ambassade en Sicile. Nommé secrétaire d’ambassade à Naples, à la seconde restauration, il fut, au bout de deux ans, chargé d’affaires près la même cour. Puis il devint maire dans son pays natal, et enfin député en 1827. Il devint préfet en 1828, et donna sa démission après la révolution de juillet. En 1839, il fut réélu député, et appartint à l’opposition de droite. A la Constituante, il était membre du comité des finances. Il a voté contre le droit au travail, pour le vote à la commune, pour la proposition Rateau et contre la mise en accusation du ministère du 20 décembre. Il était de la nuance des représentants de la réunion dé la rue de Poitiers. Il entend parfaitement les questions de finances, et il vient d’être nommé questeur de la nouvelle Assemblée.

GIRONDE. 43 REPRÉSENTANTS.

Ce département avait envoyé à la Constituante 15 représentants, 8 ont été, réélus. 7 nouveaux. Non réélus, MM. Billaudel, Ducos, Feuilhade-Chauvin, Lagarde, Larrieu, Serviere, Simiot, Clément Thomas et Lubbert. – Electeurs inscrits, 179,161 ; votants, 125,001.

COLLAS, élu le treizième par 66,344 voix. Ancien négociant ; il a été nommé délégué de la ville de Bordeaux pour l’examen de la question des sucres. Il appartient au parti conservateur.

DENJOY (JEAN-FRANÇOIS), élu à la Constituante par 73,537 voix, réélu le sixième par 71,753 voix. Né à Lectoure (Gers) le 16 Juin 1814. Il fit son droit à Paris, et fut nommé en 1833, inspecteur gratuit de l’instruction dans son arrondissement. En 1834, il fut nommé inspecteur spécial pour le département du Gers tout entier. Rentré en 1839 dans le barreau, il devint un des principaux avocats du tribunal de première instance d’Auch. En 1844, il fut décoré de la Légion d’honneur et nommé sous préfet de Loudéac (Côtes-du-Nord). En 1847, il passa à la sous préfecture de Lesparre (Gironde). A l’avènement de la république, il envoya sa démission le 29 février. A la Constituante il était membre du comité des affaires étrangères. Il a parlé plusieurs fois, entre autres à propos du banquet de Toulouse et il a montré beaucoup d’énergie et de sang-froid. Il a eu un duel avec M. Ledru Rollin. Il faisait partie de la réunion de la rue de Poitiers, et a toujours voté avec elle.

DESÈZE (aurélien), élu à la Constituante par 58,302 voix, réélu le quatrième par 73,333 voix. Né à Bordeaux avocat général dans sa ville natale avant juillet 1830, il donna sa démission après la révolution. A la Constituante, il était membre du comité de la justice. Il a voté contre le droit au travail, pour les deux Chambres, pour le vote à la commune, contre la diminution de l’impôt du sel, pour la loi sur les clubs, contre la mise en accusation du ministère II appartenait aux opinions légitimistes et faisait partie de la réunion de la rue de Poitiers. Il a pris plusieurs fois la parole, mais il n’a pas justifié à la tribune les espérances que ses amis de la Gironde avaient fondées sur son talent oratoire. Il peut être un avocat habile, mais il n’a pas montré qu’il fût un grand orateur politique. Il est un des deux légitimistes portés au bureau de l’Assemblée comme vice-présidents,

GROUCHY (Alphonse), élu le septième par 70,943 voix. Général ; il a été porté sur la liste des modérés par le parti légitimiste et aussi par l’ancien parti conservateur. Sous la monarchie déchue, il était classé parmi les légitimistes ralliés.

HOVYN TRANCHÊRE, élu à la Constituante par 62,796 voix, réélu le cinquième par 72,357 voix. Né à Bordeaux le 18 avril 1816. Homme de lettres et agriculteur, il a écrit dans plusieurs journaux de Bordeaux des articles d’économie politique. Appelé en 1844, comme grand propriétaire, à diriger de vastes travaux agricoles, il embrassa cette nouvelle position comme le véritable but de sa vie, et réussit à s’y rendre utile. A la Constituante il faisait partie du comité de l’agriculture et du crédit foncier. Il a voté contre le droit au travail, pour les deux Chambres, pour le vote à la commune, pour la proposition Rateau, pour la diminution de l’impôt du sel, contre la mise en accusation du ministère. Il était de la nuance des représentants qui se réunissaient rue de Poitiers.

HUBERT DELISLE, élu à la Constituante par 58,849 voix, réélu le deuxième par 74,044 voix. Né en 1810 aux Antilles où il possède des plantations considérables, il est venu s’établir dans le département de la Gironde, qui l’a nommé secrétaire de son comité viticole. Il est maire de Saint-André-de-Cubzac et président du comité agricole de sa commune. A la Constituante il était membre du comité de l’Algérie et des colonies. Il a voté contre le droit au travail, pour les deux Chambres, pour le vote à la commune, pour la proposition Rateau, pour la diminution de l’impôt du sel, pour la loi sur les clubs, contre la mise en accusation du ministère. Il appartenait à la nuance des représentants qui se réunissaient rue de Poitiers, Il a pris plusieurs fois la parole, notamment comme rapporteur de la commission du règlement.

JOURNU, élu le dixième par 68,444 voix. Beau-frère de M. Gauthier, sous-gouverneur de la Banque de France. Sa candidature a été soutenue par le parti légitimiste auquel il appartient.

LA GRANGE (de), élu le onzième par 68,208 voix. Marquis, propriétaire, ancien secrétaire d’ambassade. Nomme député en 1837, il a été constamment réélu jusqu’à la révolution de février ; il a toujours appuyé le ministère ; il a voté notamment pour l’indemnité Pritchard et contre la proposition de M. Rémusat sur les fonctionnaires publics. Il a publié une brochure sur les octrois dont il voulait la suppression. Sous le dernier gouvernement, il était classé parmi les légitimistes ralliés.

LAINÉ, élu le troisième par 73,444 voix. Vice-amiral. Il a été porté sur la liste modérée par le parti légitimiste qui a vivement soutenu sa candidature.

LOPEZ DUBEC, élu le neuvième par 68,824 voix. Négociant armateur, adjoint au maire de Bordeaux, membre de la chambre du commerce ; israélite. Il appartenait, sous la monarchie déchue, au parti conservateur.

MOLE (le comte louis-mathieu), élu aux élections supplémentaires par 23,224 voix, réélu le huitième par 69,638 voix. Né à Paris en 1780. Après de fortes études, il commença à vingt ans et publia à vingt-quatre ans, un écrit remarquable intitulé Essai de morale et de politique. M. de Fontanes applaudit à cet ouvrage dans un article du Journal des Débats qu’il signa. M. Molé entra au conseil d’État comme auditeur, devint bientôt maitre des requêtes puis préfet de la Côte-d’Or, conseiller d’État en service extraordinaire, directeur des ponts et chaussée et comte de l’empire. Napoléon l’attacha plus tard à son cabinet, et l’admit à toute heure dans son intérieur. L’empereur le nomma successivement commandeur de l’ordre de la Réunion, et grand-juge, ministre de la justice, pendant la campagne d’Allemagne, en 1813. Après les désastres de la Russie, il l’appela à présider le conseil de la régence. Lors des événements de 1814, M. Molé suivit l’impératrice Marie-Louise à Blois avec les autres ministres. Pendant la première restauration, il ne demeura pas aux affaires ; mais, quelques jours avant le 20 mars, comme membre du conseil municipal de Paris, il signa l’adresse de ce corps à Louis XVIII. A son retour de l’île d’Elbe, l’empereur lui offrit en vain les portefeuilles de la justice, de l’intérieur et des affaires étrangères. M. Molé reprit sa place de directeur des ponts et chaussées ; mais il refusa de signer la déclaration du conseil d’État qui repoussait à jamais les Bourbons et s’éloigna de Paris. Cependant, Napoléon le nomma membre de la Chambre des pairs. M. Mole s’excusa de ne pas venir siéger immédiatement, ce qui fit qu’après les événements de Waterloo, il fut rappelé au conseil d’État et maintenu à la direction des ponts et chaussées. Louis XVIII le nomma, à son tour, membre de la Chambre des pairs. Dans le procès du maréchal Ney, il vota pour la peine de mort. En 1817, il devint ministre de la marine. Sous le gouvernement de juillet, il a été appelé deux fois à la présidence du conseil et au ministère des affaires étrangères. A l’Assemblée constituante, il a parlé deux ou trois fois. Membre de la réunion de la rue de Poitiers, il a toujours voté avec elle. Il était un des membres les plus influents de son comité électoral.

RAVEZ (simon), élu à la Législative, le douzième, par 67,448 voix. Né à Rives-de-Gier (Loire) en 1770. Primitivement avocat à Lyon, puis à Bordeaux, Nommé député en 18161 il a siégé a la droite. Depuis la fin de 1818, il a présidé successivement et sans interruption les dix sessions suivantes jusques et y compris celle de 1827. Il a été sous la restauration conseiller d’État, sous-secrétaire d’État au ministère de la justice. Il fut nommé grand-officier de la Légion d’honneur en 1824, et chevalier-commandeur de l’ordre du Saint-Esprit en 1825. Éloigné de la scène politique depuis 1850, il a été porté sur la liste des candidats du parti légitimiste de la Gironde.

RICHIER (marcel), élu à la Constituante par 115,735 voix, réélu le premier par 74,467 voix. Né le 8 août 1805 à Joinville (Haute-Marne). Il prit une part active à la révolution de juillet. Il abandonna le barreau pour s’occuper d’agriculture. Il a concouru, en 1854, à la fondation du comice agricole central du département, dont il a été le secrétaire général jusqu’en 1840. Il devint maire de Ludon vers la fin de 1841. Nommé, en 1845, président de la société d’agriculture du département, il a été constamment réélu. A la Constituante, il faisait partie du comité de l’agriculture et du crédit foncier. Il a voté contre le droit au travail, contre les deux Chambres, pour le vote à la commune, pour la proposition Rateau, pour la loi sur les clubs. Il appartenait à la réunion de la rue de Poitiers.

HÉRAULT. – 8 REPRÉSENTANTS.

Ce département avait envoyé 10 représentants à la Constituante, 2 ont été réélus. 6 nouveaux. Non réélus, MM. André, Bertrand, Carioh-Nisas, Cazelles, Laissac, Reboul-Coste, Renouvier, Vidal.-Electeurs inscrits, 125,151.

BRIVES, élu à la Constituante par 27,358 voix, réélu le huitième par 24,948. Né à Montpellier, en 1800. Fils d’un jardinier ; nommé commissaire du gouvernement provisoire, le 21 mars, en remplacement de M. Charamaule ; il a refusé, quoique pauvre, le traitement attaché à cette fonction. Il faisait partie du comité des affaires étrangères. Il a voté pour le droit au travail, pour l’impôt progressif, pour l’amendement Grévy relatif à la présidence, pour le crédit foncier, contre le remplacement militaire, contre la proposition Rateau-Lanjuinais, et généralement pour toutes les mesures appuyées par le parti de la Montagne dont il est un des membres les plus résolus.

CHARAMAULE (hippolyte), élu à la Constituante par 42,229 voix, réélu le troisième par 28,834 voix. Né à Mèze le 25 avril 1794. Un des avocats les plus distingués du Midi. Ancien député, il combattit l’hérédité de la pairie, demanda l’incompétence de la Chambre dans le procès intenté à la Tribune, appuya la pétition de Pérottes sur les massacres du pont d’Arcole et fit voter une enquête à ce sujet. Il parla et vota contre la loi sur les associations, il combattit les projets de loi sur les crieurs publics, sur la possession d’armes et de munitions de guerre, sur la disjonction, sur les dotations et sur les fortifications de Paris. Sous tous les ministères, il vota contre les fonds secrets. Il présida le banquet réformiste de Montpellier, le 5 décembre 1847. Président de la, commission exécutive de l’Hérault, ce fut lui qui fit proclamer la république dans les rues et sur les places, aussitôt après la réception de la dépêche télégraphique du gouvernement provisoire. Membre du comité de législation à l’Assemblée, il a souvent occupé la tribune et a présenté plusieurs amendements, entre autres, celui qui tendait à proscrire toute mesure préventive en matière de presse. Il était pour la nomination directe des ministres par l’Assemblée. Il a voté pour l’impôt proportionnel, pour les deux Chambres, pour le vote à la commune, pour l’amendement Grévy, pour le crédit foncier, pour la proposition Rateau-Laniuinais, pour la suppression des clubs, et contre celle de l’indemnité au commandant des gardes nationales de la Seine. Il faisait partie de la réunion des républicains modérés de l’Institut.

DEBÉS (Ferdinand), élu le sixième par plus de 23,000 voix. Propriétaire, nommé en 1842 par le collége de Béziers, en concurrence avec M. Odilon Barrot, qui était porté par les électeurs de l’opposition. Il a constamment voté en faveur du ministère Guizot, notamment lors de la déclaration des satisfaits. Quoique ancien conservateur, il a été soutenu dans la dernière élection par le parti légitimiste.

GIRARD (ALFRED DE), élu le cinquième par 25,561 voix. Avocat, conseiller municipal à Montpellier il s’est montré très hostile à la révolution de février et aux divers gouvernements qui se sont succédé depuis l’avènement de la république. Il a été porté aux élections par le parti légitimiste.

GRASSET (de), élu le premier par 30,588 voix. Riche propriétaire à Pézénas ; nommé député en 1842, il a voté constamment contre le ministère, avec l’opposition de droite. Sa candidature à l’Assemblée législative a été soutenue par le parti légitimiste de l’Hérault.

LEDRU-ROLLIN, élu le septième par 25,041 voix (Voir, pour sa biographie, au département de l’Allier, dans lequel il a été également élu, ainsi que dans Saône-et-Loire, dans la Seine et dans le Var).

SAINT-PRIEST CAItAJIAN (DE), élu le deuxième par 29,498 voix. Propriétaire, marquis, ancien ambassadeur en Espagne. Il appartenait au parti légitimiste, qui a vivement soutenu sa candidature à 1 Assemblée législative,

VERNHETTE (amédée), élu le quatrième par 28,208 voix. Gendre du baron Capelle, dernier ministre des travaux publics de la restauration. Il était préfet des Vosges en 1830, mais, à la révolution de juillet, il abandonna les fonctions publiques et se fit avocat. Il est un des chefs du parti légitimiste de Montpellier.

ILLE-ET-VILAINE. – 42 REPRÉSENT.

Ce département avait envoyé 14 représentants à la Constituante, 3 ont été réélus. 9 nouveaux. Non réélus MM. Bertin, Bidard, Garnier-Kiruault, Jouin, Legeard de la Diriays, Legraverend, Marion, Méaulle, Paul Rabuan, Roux-Lavergne, de Trédern. – Electeurs inscrits, 154,858 ;

ANDIGNÉ DE LA CHASSE (D’), élu à la Constituante par 77,999 voix, réélu le troisième par 75,847 voix. Né en 1791 ancien officier, membre du conseil général d’Ille-et-Vilaine il fut élu député en 1859, par le collége de Montfort, en qualité de légitimiste pur, et vota constamment avec l’opposition contre le ministère. Il était, à l’Assemblée, membre du comité de l’administration départementale et communale ; il a voté pour les deux Chambres et le vote à la commune, contre la suppression du remplacement militaire, pour la réduction de l’impôt du sel, pour la suppression des clubs. Porté sur la liste de l’évêque de Rennes, sa candidature a été vivement appuyée par les légitimistes d’Ille-et-Vilaine. Il faisait partie de la réunion de la rue de Poitiers.

ARMAND DE MELUN, élu le sixième par 73,789 voix. Propriétaire, un des fondateurs du journal les Annales de la Charité ; catholique sincère, partisan de la liberté de l’enseignement ; philanthrope éclairé et progressif ; directeur de l’Œuvre de la miséricorde ; il a été porté par le parti légitimiste auquel il appartenait sous le dernier gouvernement monarchique.

CAILLER DU TERTRE, élu le neuvième par 71,943 voix. Propriétaire, ancien vérificateur des poids et mesures à Vitré ; il était connu, sous la dynastie de la branche cadette, par son dévouement aux opinions légitimistes.

FRESNEAUx (armand), élu à ]a Constituante par 88,094 voix, réélu le premier par 77,071 voix. Né à Redon en 1822. Fils du préfet de la Corse, destitué par le gouvernement provisoire secrétaire particulier de M. Duchâtel ; candidat porté en première ligne par l’évêque de Rennes ; il faisait partie du comité des affaires étrangères. Il a voté pour les deux Chambres, pour le vote à la commune, contre la réduction de l’impôt du sel ; contre le décret qui fixait à dix les lois organiques, pour la suppression des clubs et pour l’ordre du jour dans la discussion sur les affaires d’Italie. Il à fait un discours très remarquable contre le préambule de la constitution. Depuis, il appris plusieurs fois la parole ; mais il a obtenu moins de succès qu’à son début, Il appartenait à la réunion de la rue de Poitiers.

KEBDREL (vincent, audren DE), élu à la Constituante par 83,871 voix, réélu le deuxième par 76,607 voix. Né à Lorient, le 27 septembre 1815. Fils et petit-fils de maires de Lorient, rédacteur du Journal de Rennes, membre de plusieurs sociétés savantes secrétaire du comité de l’instruction publique ; il appartient au parti légitimiste. Il a voté pour les deux Chambres et le vote à la commune, contre le décret qui fixait à dix les lois organiques, contre ta réduction de l’impôt du sel, pour la suppression des clubs et pour l’ordre du jour dans la discussion sur les affaires d’Italie. Il faisait partie de la réunion de la rue de Poitiers

KERMAREC (de), élu le onzième par 61,924 voix Il était dans la magistrature debout, avant la révolution de février : il donna sa démission sous le gouvernement provisoire ; il était considéré comme légitimiste rallié ; sa candidature a été appuyée à la fois par le parti légitimiste et par l’ancien parti conservateur.

LAFOSSE, élu le huitième par 75, 457 voix. Propriétaire, il était conseiller à la cour de Rennes lors de la révolution de 1830, mais il refusa de prêter serment et quitta la magistrature. Catholique fervent, partisan de la liberté de l’enseignement, il a été porté sur la liste de l’évoque et vivement appuyé par le parti légitimiste auquel il appartient depuis longtemps.

POSTEL, élu le cinquième par 74,128 voix. Avocat à Vitré catholique fervent, partisan de la liberté de l’enseignement ; estimé dans son pays ; il appartenait au parti légitimiste qui a vivement soutenu sa candidature.

POXTGÉRARD élu le quatrième par 76,186 voix. Négociant, maire de Rennes il appartenait au parti conservateur ; cependant sa candidature a été soutenue par les légitimistes qui l’ont porté sur leur liste.

QUERHOENT, élu le septième par 73,676 voix. Ancien capitaine de hussards ; sa candidature a été vivement soutenue par le parti légitimiste d’Ille-et-Vilaine.

RIBOISSIERE (DE la), élu le douzième par 50,417 voix. Comte, commandeur de la Légion d’honneur, ancien pair de France, ancien député, ex-colonel de la 5e légion de la garde nationale de Paris ; à la Chambre des pairs comme à la Chambre des députés il a constamment voté en faveur de la politique du parti conservateur.

SERRÉ (henri de), élu le dixième, par 68,804 voix. Homme de lettres ; il était, sous le dernier gouvernement, rédacteur du journal légitimiste de Maine-et-Loire ; puis il devint rédacteur du journal de Rennes ; c’est un ancien secrétaire de M. de Falloux dont il partage complétement les opinions.

INDRE. – 5 REPRÉSENTANTS.

Ce département avait envoyé 7 représentants à la Constituante. 4 ont été réélus. 1 nouveau. Non réélus, MM. Bertrand, Fleury, Bellimont. Electeurs inscrits, 73,548.

BARBANÇOIS, élu le troisième par 26,801 voix. Sa candidature a été combattue par les démocrates-socialistes il était porté sur la liste du parti modéré.

CHARLEMAGKE (edmond), élu à la Constituante par 35,214 voix, réélu le premier par 27,620 voix Né a Châteauroux en 1798 ; petit-fils d’un membre de 1 Assemblée constituante ; fils d’un député de 1815 et de 1818 ; procureur du roi sous la restauration ; démissionnaire, après 1830, pour s’acquitter exclusivement de ses devoirs de député ; il a constamment siégé, depuis 1830, à la Chambre des députés, où il votait avec la gauche auteur d’un amendement relatif à la révision des pensions des chouans, il demanda aussi la suppression des pensions accordées à ceux qui, depuis 1789, avaient porté les armes contre la France. Sous-commissaire de la république à Issoudun ; membre du comité des finances ; il a voté pour la proposition Rateau-Lanjuinais, contre la réduction de l’impôt du sel, pour la suppression des clubs, contre celle de l’indemnité au commandant des gardes nationales de la Seine, et pour l’ordre du jour dans la discussion sur les affaires d’Italie.

DELAVAU (FRANÇOIS-CHARLES), élu à la Constituante par 35,331 voix, réélu le deuxième par 27,083 voix. Né à La Châtre en 1799. Médecin, ancien membre du conseil général et maire de La Châtre, député de l’opposition, nommé en 1842 en concurrence avec M. Muret de Bord ; il s’éleva contre les lois de septembre et contre les fortifications de Paris. Commissaire de la république ; il était à l’Assemblée membre du comité de l’administration départementale et communale ; il a voté pour la proposition Rateau-Lanjuinais, contre la réduction de l’impôt du sel, pour la suppression des clubs, contre celle de l’indemnité au commandant des gardes nationales de la Seine, et pour l’ordre du jour dans la discussion sur les affaires d’Italie.

GRILLON (EUGÈNE-VICTOR-ADRIEN), élu à la Constituante par 32,107 voix, réélu le quatrième par 26,739 voix. Né à Châteauroux en 1796. Avocat, maire de Châteauroux de 1832 à 1846 ; concurrent de M. Muret de Bord aux élections de cette dernière année, dans lesquelles il ne succomba que par suite des intrigues ministérielles. Membre du comité des travaux publics il a voté contre la proposition Rateau-Lanjuinais, contre la réduction de l’impôt du sel, pour la suppression des clubs, et contre celle de l’indemnité au commandant des gardes nationales de la Seine. Il appartenait à l’opinion modérée et a souvent voté avec la réunion de la rue de Poitiers.

ROLLINAT, élu à la Constituante par 24,374 voix, réélu le cinquième par 23,718 voix. Né à Châteauroux en 1804. Avocat distingué ; membre du comité des affaires étrangères, il a pris une part active aux travaux intérieurs, et quelquefois aux discussions de l’Assemblée, II a voté pour li droit au travail, pour l’amendement Grévy sur la question de la présidence, pour la suppression du remplacement militaire, contre la proposition Rateau-Lanjuinais, pour la réduction de l’impôt du sel, contre la suppression des clubs, et pour le renvoi dans les bureaux de la proposition de mise en accusation du président et de ses ministres. Il appartenait à la réunion du Palais-National, et il a été porté sur la liste des démocrates-socialistes.





INDRE-ET-LOIRE. — 6 REPRÉSENT.


Ce département avait envoyé 8 représentants à la Constituante, 3 ont été réélus. — 3 nouveaux. — Non réélus, MM. Foucqueteau, Julien, Amable Jullien, Luminais et Bacot. — Électeurs inscrits, 92,573.

CRÉMIEUX (ISAAC-ADOLPHE), élu à la Constituante dans le département de la Seine et dans celui d’Indre-et-Loire par 75,570 voix, réélu le sixième par 24,728 voix. Né à Nîmes en 1796. Avocat, il commença sa réputation par la défense des ministres de Charles X ; ancien député de la gauche, il présenta la proposition ayant pour but l’adjonction des capacités et prit une part active dans le mouvement des banquets réformistes. Membre du gouvernement provisoire et ministre de la justice après la révolution de février 1848 ; démissionnaire à la suite de la séance dans laquelle MM. Portalis et Landrin demandèrent infructueusement l’autorisation d’exercer des poursuites judiciaires contre Louis Blanc ; membre du comité de la justice ; rapporteur d’un grand nombre de commissions, il a pris une part très active à tous les travaux de l’Assemblée ; il a voté pour le droit au travail, pour le vote à la commune, pour la réduction de l’impôt du sel, contre la suppression des clubs, pour celle de l’indemnité au commandant des gardes nationales de la Seine, contre le ministère dans la discussion sur les affaires d’Italie ; partisan déclaré de l’élection du dix décembre, il a cependant fait une opposition constante au ministère qui en a été le résultat ; on peut le ranger dans le parti des républicains avancés.

FLAVIGNY (DE), élu le troisième par 31,105 voix. Vicomte ; ancien pair de France, légitimiste rallié. À la Chambre des pairs, il figurait parmi les membres du parti conservateur.

GOUIN (ALEXANDRE), élu à la Constituante par 43,010 voix, réélu le deuxième par 32,374 voix. Né en 1792. Banquier ; membre du conseil général du commerce et du conseil général d’Indre-et-Loire ; ex-député du centre gauche. Après avoir voté pour les lois de septembre et pour les dotations, il vota contre la loi de disjonction ; il fit partie de la coalition en 1839, entra dans le cabinet du 1er mars, comme ministre du commerce, présenta et fit adopter la loi concernant le travail des enfants dans les manufactures ; partisan de la conversion des rentes, il renouvela trois fois sa proposition au sujet de cette importante mesure et la fit prendre trois fois en considération. Il présidait, à l’Assemblée, le comité des finances et prenait une part active aux travaux intérieurs de la Constituante. Il a voté pour l’impôt proportionnel, pour les deux Chambres, contre le crédit foncier, pour la proposition Rateau-Lanjuinais, contre la réduction de l’impôt du sel, pour la suppression des clubs, et pour l’ordre du jour en faveur du ministère, dans la discussion sur les affaires d’Italie.

ORNANO (le général D’), élu le premier par 34,450 voix. Ancien pair de France, comte, grand’croix de la Légion d’honneur ; il a servi sous l’empire. Sous la monarchie de Louis-Philippe, il appartenait au parti conservateur ; il a été nommé représentant à l’Assemblée constituante au mois de janvier dernier en remplacement de M. Bacot. Il a voté contre la mise en accusation du ministère, pour l’expédition d’Italie, pour la suppression des clubs. Allié à la famille Bonaparte, il est personnellement dévoué au président de la république.

PISCATORY, élu le quatrième par 30,143 voix. Ancien député, ancien pair de France, ancien ambassadeur en Grèce. Nommé député en 1832, il vota constamment en faveur du pouvoir ; cependant il fit partie de la coalition et attaqua le ministère du 15 avril auquel il fit une guerre à la fois rude et spirituelle ; mais il se rangea bientôt sous la bannière de M. Guizot ; il fut envoyé en Grèce et nommé pair de France. Il était du comité électoral de la rue de Poitiers.

TASCHEREAU (JULES), élu à la Constituante par 47,310 voix, réélu le cinquième par 25,131 voix. Né en 1802 ; fils d’un ancien président de la cour d’appel d’Orléans ; secrétaire général de la préfecture de la Seine, après la révolution de juillet ; fondateur, en 1832 de la Revue Rétrospective. Député de Loches en 1838, il siégea à gauche, signa l’acte d’association contre le retour de la branche aînée, et vota constamment avec l’opposition Barrot. Il ne se représenta pas en 1842, et s’occupa alors presque exclusivement de la rédaction du Siècle et de l’Illustration. Il a fondé en 1848 la nouvelle Revue Rétrospective devenue célèbre par la publication d’une pièce relative au citoyen Blanqui. Il faisait partie à l’Assemblée du comité des affaires étrangères. Il a voté pour l’impôt proportionnel, pour les deux Chambres contre le décrét qui fixait à dix le nombre des lois organiques, pour la proposition Rateau-Lanjuinais, contre la réduction de l’impôt du sel, pour la suppression des clubs, et pour l’ordre du jour en faveur du ministère dans la discussion sur les affaires d’Italie. Partisan très déclaré de la candidature du général Cavaignac, il s’est depuis rallié à l’élu du 10 décembre il faisait partie du comité électoral de la rue de Poitiers.





ISÈRE. — 12 REPRÉSENTANTS.


Ce département avait envoyé 15 représentants à la Constituante, 10 ont été réélus. — 2 nouveaux. — Non réélus, MM. Alphonse Blanc, Froussard, Marion de Faverger, Renaud et Tranchant.

AVRIL, élu le douzième par 60,129 voix. Ancien instituteur primaire, républicain ardent, partisan des idées socialistes. Il était porté sur la liste des républicains démocrates qui a triomphé tout entière dans ce département.

BERTHOLON (CÉSAR), élu à la Constituante par 106,186 voix, réélu lé quatrième par 71,682. Né à Lyon en 1796. Fils d’un négociant de Lyon dont il continua longtemps le commerce, il fut, peu de temps après la révolution de juillet, l’un des fondateurs, à Lyon, de la société démocratique des Droits de l’Homme. Rédacteur du Censeur, il s y occupait, de préférence, des questions d’économie politique. Il présidait, dès 1840, un banquet réformiste à Lyon. Sous-commissaire à Vienne après la révolution de 1848 ; membre du comité du commerce et de l’industrie à l’Assemblée, il a voté constamment avec les républicains qui faisaient partie de la réunion du Palais-National et qui ont fait une constante opposition au ministère du 20 décembre. Il était porté sur la liste des candidats républicains démocrates.

BRILLIER, élu à la Constituante par 99,197 voix, réélu le onzième par 65,814. Né à Heyrieux en 1812. Fils un cultivateur ; avocat à Vienne, il y devint un des principaux membres du barreau. Il faisait partie, à l’Assemblée, du comité de législation. Il a voté pour l’impôt proportionnel, pour le crédit foncier, contre la suppression du remplacement militaire, contre la proposition Rateau-Lanjuinais, contre la suppression des clubs, et pour celle de l’indemnité au commandant des gardes nationales de la Seine. Il appartenait à la réunion du Palais-National, et s’est montré constamment hostile à la politique du président de la république.

CHOLAT, élu à la Constituante par 86,610 voix, réélu le huitième par 69,090. Né à La Tour-du-Pin en 1810. Fils d’un maître d’hôtel, ex-élève de l’École polytechnique et de l’École d’application de Metz, ex-capitaine d’artillerie. À la révolution de février, il fut nommé chef d’état-major de la garde nationale de Lyon, qu’il organisa et dont il garda le commandement jusqu’au 1er avril. Membre du comité de la marine à l’Assemblée, il appartenait au parti des républicains de la nuance du Palais-National, et il constamment voté contre le gouvernement du 10 décembre. Il était un des candidats des républicains démocrates.

CLÉMENT (AUGUSTE), élu à la Constituante par 84,417 voix, réélu le cinquième par 70,527. Né à Grenoble en 1790. Nommé par Dupont (de l’Eure) procureur du roi à Saint-Marcellin en 1831, démissionnaire pour ne point participer aux intrigues électorales du gouvernement déchu en 1848. Après la révolution de février, il fut un des premiers à proclamer la république et à organiser la commission départementale. Il faisait partie, à l’Assemblée, du comité de législation. Il a voté avec la Montagne surtout depuis le 10 décembre. Il figurait sur a liste des candidats démocrates.

CRÉPU (ALEXANDRE), élu à la Constituante par 105,200 voïx, réélu le septième par 60,164. Né à Grenoble en 1797. Avocat, rédacteur du Journal libre de l’Isère en 1819, fabricant de produits chimiques dans la Drôme en 1825, fondateur du Dauphinois dans l’Isère en 1831, rédacteur en chef du Patriote des Alpes ; nommé sans interruption depuis 1834 rapporteur du budget par le conseil municipal de Grenoble, président de la commission départementale de l’Isère après la révolution de février. Il faisait partie à l’Assemblée du comité de l’intérieur, et s’occupait principalement des questions de finances, d’industrie et d’agriculture. Ses votes ont été généralement conformes à ceux de la Montagne. Il faisait partie de la réunion du Palais-National et il avait su se faire nommer membre du conseil d’État. Dans tous les cas, on le voit, ses précautions étaient prises contre les chances du scrutin électoral.

DURAND-SAVOYAT (NAPOLÉON), élu à la Constituante par 74,432 voix, réélu le sixième par 70,060. Né à Izeau en 1800. Fils d’un cultivateur, élève en agriculture aux instituts d’Hofwyll et de Roville, propriétaire-cultivateur à Cornillon, directeur et rédacteur du Dauphinois en 1830. Il faisait partie, à l’Assemblée, du comité de l’agriculture et du crédit foncier. Il a constamment voté avec les membres du Palais-National contre la politique du gouvernement du 10 décembre. Les républicains démocrates l’ont porté sur la liste de leurs candidats.

FARCONNET (FRÉDÉRIC), élu à la Constituante par 127,422 voix, réélu le premier par 75,003. Né à Montferrat en 1809. Avocat à la Cour d’appel de Grenoble, journaliste démocrate à Paris en 1830 et 1831, il était en 1832 rédacteur du Patriote des Alpes à Grenoble ; il se fit remarquer à Bourg par la défense de quelques détenus politiques grenoblois. Maire de Grenoble à la révolution de février, il refusa, pour rester à la tête de l’administration municipale, les fonctions d’avocat général à la Cour d’appel. Il faisait partie à l’Assemblée du comité de législation. Il a voté pour le droit au travail, pour l’impôt progressif, pour le crédit foncier, contre la proposition Rateau-Lanjuinais, pour la réduction de l’impôt du sel, contre la suppression des clubs, pour la suppression de l’indemnité au commandant des gardes nationales de la Seine, et généralement pour toutes les mesures appuyées par le parti de la Montagne. Il était porté sur la liste des républicains démocrates.

REPELLIN, élu à la Constituante par 81,956 voix, réélu le troisième par 71,713. Né à Moirans en 1800. Ancien avoué, avocat à la Cour d’appel de Grenoble, un des rédacteurs du Patriote des Alpes, membre du conseil municipal de Grenoble, membre de la commission départementale de l’Isère, appelé aux fonctions de commissaire général de quatre départements du Midi ; élu, quoique absent, colonel de la garde nationale de Grenoble. Il faisait partie à l’Assemblée du comité de l’administration départementale et communale. Auteur de plusieurs amendements, il a souvent pris la parole. Il siégeait sur les bancs de l’extrême gauche avec laquelle il a constamment voté. Il était un des candidats démocrates.

REYMOND, élu le neuvième par 66,708 voix. Sa candidature a été vivement combattue par le parti modéré, mais le concours des républicains démocrates en a assuré le succès.

RONJAT (JOSEPH-ANTOINE), élu à la Constituante par 74,858 voix, réélu le neuvième par 66,522. Né à Saint-Marcel d’Eyzin le 14 juillet 1790. Fils d’un député à la fédération, lieutenant en 1815 et capitaine en 1816 de la garde nationale mobile, juge de paix en 1830, destitué en 1832, impliqué dans le procès d’avril ; il prit part en 1847 au mouvement des banquets réformistes. Il faisait partie, à l’Assemblée, du comité de l’agriculture et du crédit foncier. Tous ses votes ont été conformes à ceux de la Montagne. Les républicains démocrates l’avaient porté au nombre de leurs candidats.

SAINT-ROMME, élu à la Constituante par 127,422 voix, réélu le deuxième par 74,613. Né à Roybon en 1797. Avocat, rédacteur du Dauphinois et du Patriote des Alpes, défenseur des accusés d’avril. La révolution de février le trouva, dans l’arrondissement de Saint-Marcellin, occupé d’études et d’expériences agronomiques. Nommé alors procureur-général à la Cour d’appel de Grenoble, il donna sa démission pour ne pas cumuler ces fonctions avec celles de représentant. Membre du comité de l’intérieur, il a pris une part active aux discussions et présenté un grand nombre d’amendements. Il faisait partie de la réunion du Palais-National, avec laquelle il a constamment voté. Il était porté sur la liste des républicains démocrates.





JURA. — 7 REPRÉSENTANTS.


Ce département avait envoyé à la Constituante 8 représentants, 3 ont été réélus. — 4 nouveaux. — Non réélus, MM. Chevassu, Gréa, Huot, Jobez, Valette. — Électeurs inscrits, 90,110 ; votants, 71,295.

CORDIER (JOSEPH), élu à la Constituante par 58,808 voix, réélu le deuxième par 48,625 voix. Né à Orgelet en 1775. Ancien inspecteur divisionnaire des ponts et chaussées, membre du conseil général du Jura. Il fut nommé député en 1827, et depuis il a toujours siégé à la Chambre dans les rangs de l’opposition de l’extrême gauche. À la Constituante, il était membre du comité des finances. Il a voté contre le droit au travail, pour les deux Chambres, pour le vote à là commune, contre la proposition Rateau. Depuis le 10 décembre, il a constamment voté contre le ministère ; partisan d’une liberté presque absolue, adversaire de la centralisation, il voudrait appliquer à la France les institutions de la république des États-Unis. Il a publié un ouvrage important sur la situation comparée de la France et de l’Angleterre.

CRESTIN (LÉON), élu le quatrième par 45,874 voix. Juge à Dôle, fort estimé dans son pays ; d’un républicanisme ardent ; il a été porté sur la liste des républicains socialistes.

DERRIEY, élu le cinquième par 45,463 voix. Propriétaire, président du comice agricole de Dôle ; il s’est beaucoup occupé de politique depuis la révolution de février ; il a puissamment contribué à la propagation des doctrines socialistes dans le Jura ; il appartient à l’école phalanstérienne.

GRÉVY (JULES), élu à la Constituante par 65,150 voix, réélu le premier par 48,740 voix. Né en 1810. Avocat. En juillet 1830, il prit part, avec beaucoup de ses camarades de l’École de Droit, aux combats du peuple de Paris. Il entra des premiers à la caserne de Babylone. Il défendit plusieurs accusés dans le procès des 12 et 13 mai 1839 ; mais, depuis, ses opinions devinrent beaucoup plus modérées, et, au barreau, il n’était plus considéré comme étant aussi hostile à la monarchie déchue. Quoi qu’il en soit, il fut nommé commissaire de la république pour le département du Jura. À la Constituante, il était membre du comité de la justice. Il a attaché son nom à l’amendement qui repoussait le principe de la création d’un président de la république et qui concentrait tous les pouvoirs dans le sein de l’Assemblée nationale ; il a été rapporteur des propositions ayant pour objet la dissolution de l’Assemblée constituante, et il les à vivement combattues. Partisan déclaré de l’élection du général Cavaignac, il a constamment voté contre le gouvernement du 10 décembre ; dans ces derniers temps, il a été élu un des vice-présidents de l’Assemblée, et il est un de ceux qui ont le plus faiblement dirigé les discussions en l’absence de M. Armand Marrast.

RlCHÀiLDËT, élu le septième par 59,918 voix. Ancien agent voyer ; rédacteur de la Démocratie jurassienne ; il a fait dans le département, depuis la révolution de février, une propagande très active en faveur des doctrines communistes.

SOMMIER, élu le sixième par 40,115 voix. Homme de lettres, journaliste il a fait un ouvrage, intitulé La Révolution dans le Jura, où il se déclare partisan des principes dé 92 ; il a été porté sur la liste des républicains démocrates.

TAMISIER, élu à la Constituante par 56,204 voix, réélu le troisième par 46,721 voix. Né en 1808 à Lons-le-Saulnier. Ancien élève de l’Ecole polytechnique, capitaine d’artillerie. Il était en garnison à Vincennes lors de la révolution de février, et il fut un des premiers à l’acclamer. A la Constituante, il faisait partie du comité de la guerre. Il a voté pour le droit au travail, contre les deux Chambres, contre le vote à la commune, contre la proposition Râteau, pour la diminution de l’impôt du sel, contre la loi sur les clubs, pour la mise en accusation du ministère. Il est socialiste de l’école phalanstérienne.





LANDES. — 6 REPRÉSENTANTS.


Ce département avait envoyé à la Constituante 7 représentants, 6 ont été réélus. — Non réélu, M. Duclerc. — Électeurs inscrits, 82,019.

BASTIAT (FRÉDÉRIC), élu à la Constituante par 56,000 voix, réélu le quatrième par 25,726 voix. Né à Bayonne en 1801. Juge de paix de son canton et membre du conseil général du département des Landes depuis 1830, il était régulièrement porté candidat de l’opposition sous la monarchie, et régulièrement repoussé. Il est partisan du libre échange sur lequel il a publié diverses brochures. C’est un économiste distingué. À la Constituante, il était membre du comité des finances. Il a voté contre le droit au travail, pour la proposition Rateau, contre la diminution de l’impôt du sel, pour la loi sur les clubs. Il appartenait au parti des républicains modérés ; il a fait une proposition ayant pour but d’interdire aux ministres le droit de faire partie de l’Assemblée. Il a prononcé plusieurs discours.

DAMPIERRE (ÉLIE), élu à la Constituante par 19,000 voix, réélu le troisième par 25,783 voix. Né en 1813. Riche propriétaire. En 1836, il se présenta comme candidat à la députation, et dans sa profession de foi il demandait le suffrage universel, sans lequel, disait-il, la monarchie n’a pas de vie. Il échoua. À la Constituante, il a voté contre le droit au travail, pour les deux Chambres, pour le vote à la commune, pour la proposition Rateau, pour la loi sur les clubs, contre la mise en accusation du ministère. Il était membre du comité du travail. Avant la révolution de février, il appartenait au parti légitimiste.

DUPRAT (PASCAL), élu à la Constituante par 30,000 voix ; réélu le deuxième par 27,163 voix. Né en l8l2 à Hagetman (Landes). Homme de lettres. En 1840, il était professeur d’histoire au collège d’Alger. Plus tard, il revint en France et fut attaché comme rédacteur à plusieurs journaux démocratiques, notamment à la Réforme. En 1847, Il devint rédacteur en chef de la Revue indépendante. Après la révolution de février, il fonda un nouveau journal, le Peuple Constituant avec M. de Lamennais. À l’Assemblée constituante, il a voté contre les deux Chambres, contre la proposition Rateau ; contre la loi sur les clubs. Après s’être montré favorable à la commission exécutive, il a très activement travaillé à son renversement. Ce fut lui qui proposa la mise de Paris en état de siège, le 24 juin, ainsi que la remise de tous les pouvoirs entre les mains du général Cavaignac. Il a fait partie de la commission de constitution. Il était membre du comité du travail. Sous le gouvernement du général Cavaignac, il a été chargé d’une mission à Vienne, en Autriche, mais il a été rappelé avant d’avoir pu quitter la France. Il a souvent voté avec les républicains de la Montagne.

LEFRANC (VICTOR), élu à la Constituante par 57,000 voix, réélu le premier par 34,440 voix. Né le 2 mars 1809 à Garlin (Basses-Pyrénées). Après avoir fait ses études de droit à Paris, il alla s’établir comme avocat à Mont-de-Marsan. Sous la monarchie, il a toujours appartenu à l’opposition ; il était de la nuance des républicains du National. Après la révolution de février, il fut nommé commissaire de la république dans son département. À la Constituante, il vota contre les deux Chambres, contre le vote à la commune, contre le droit au travail, pour la proposition Rateau, contre la diminution de l’impôt du sel, pour la loi sur les clubs, contre la mise en accusation du ministère. Il était membre du comité des travaux publics. Il faisait partie de la nuance des représentants qui se réunissaient à l’Institut. Il a pris une part active aux travaux de l’Assemblée, et il a montré un talent très remarquable dans les questions des chemins de fer et dans la discussion de la loi électorale.

MARRAST (FRANÇOIS), élu à la Constituante par 33,000 voix, réélu le sixième par 20,946 voix. Né à Bayonne en 1800. Sous-lieutenant au commencement de la restauration, il donna sa démission et alla combattre en Amérique dans les rangs des insurgés qui essayèrent de secouer le joug de l’Espagne. À son retour, il se livra entièrement à l’agriculture jusqu’au moment où éclata la révolution de février. Candidat à l’Assemblée nationale, il se déclara, dans sa profession de foi, républicain de l’école américaine. Il était, à la Constituante, membre du comité de l’intérieur. Il a voté pour les deux Chambres et le vote à la commune, contre le décret qui fixait à dix les lois organiques, contre la réduction de l’impôt du sel et pour la suppression des clubs, et en général avec le parti modéré de la rue de Poitiers.

TURPIN (NUMA), élu à la Constituante par 38,000 voix, réélu le cinquième par 23,691 voix. Né à Saint-Julien en 1802. Maire de sa commune, juge suppléant, membre du conseil général des Landes, il a fait partie de la société des Carbonari, en 1818. À la Constituante, il était membre du comité de l’agriculture et du crédit foncier. Il a voté contre le droit au travail, pour les deux Chambres, pour le vote à la commune, pour la proposition Rateau, contre la diminution de l’impôt du sel, pour la loi sur les clubs, contre la mise en accusation du ministère du 10 décembre. Il appartenait à la nuance des représentants qui se réunissaient rue de Poitiers.




LOIR-ET-CHER. — 5 REPRÉSENTANTS.


Ce département avait envoyé à la Constituante 6 représentants, 3 ont été réélus. — 2 nouveaux. — Non réélus, MM. Ducoux, Durand (de Romorantin) et Normand. — Nombre des votants, 52,930.

BENIER, élu le troisième à la Législative par 26,908 voix. Propriétaire, marchand de bois, membre du conseil général. Âgé de soixante ans environ. Il est très connu des gens de la campagne avec lesquels il a des relations très familières et pas du tout aristocratiques. Il était porté sur la liste des candidats démocrates et socialistes.

CANTAGREL, élu le quatrième à la Législative par 24,226 voix. Homme de lettres, un des rédacteurs de la Démocratie Pacifique. Il est âgé d’environ quarante ans. C’est un homme de talent. Il a parlé plusieurs fois dans les banquets socialistes, et ses discours ont été généralement applaudis. Il appartient à l’école phalanstérienne, dont il est un des apôtres les plus fervents et les plus actifs.

GÉRARD (LÉON), élu à la Constituante par 32,000 voix, réélu le cinquième par 23,375. Né à Paris, le 15 mai 1817. Il fut reconnu admissible à l’École polytechnique et préféra le droit. Il fut reçu avocat en 1841, mais il ne plaida pas, et s’occupa avec ardeur de beaux-arts et de peinture. À la Constituante il était membre du comité du commerce et de l’industrie. Il a voté contre le droit au travail, pour les deux Chambres, pour la proposition Rateau, pour la loi sur les clubs, contre la mise en accusation du ministère. Il appartenait à la nuance des représentants de la réunion de la rue de Poitiers.

SALVAT, élu à la Constituante par plus de trente mille voix, réélu le deuxième par 30,651 voix. Né le 10 octobre 1791 à Peyrnis (Hautes-Alpes). Il a fait les campagnes de 1813 et 1814. Il partit ensuite, comme avocat, pour l’île de France, et ne revint dans la mère-patrie qu’en 1824. II fixa son séjour dans le département de Loir-et-Cher, où il a contribué, sous la monarchie, à envoyer à la Chambre des députés de l’opposition. À la Constituante, il a voté pour le droit au travail, contre les deux Chambres, pour la diminution de l’impôt du sel, contre la loi sur les clubs. Il était membre du comité de l’agriculture et du crédit foncier, il a presque constamment voté avec les représentants de la Montagne.

SARRUT (GERMAIN), élu à la Constituante par 35,000 voix, réélu le deuxième par 28,330 voix. Son élection vient d’être annulée, en vertu de la disposition électorale qui frappe d’inéligibilité le tailli non réhabilité. M. Sarrut vient de faire une demande de réhabilitation devant là Cour d’appel de Paris.





LOIRE. — 9 REPRÉSENTANTS.


Ce département avait envoyé à la Constituante 11 représentants, 5 ont été réélus. — 4 nouveaux. — Non réélus, MM. Aleock, Devillaine, Jules Favre, Fourneyron, Point, Verpilleux.

BAUNE (EUGÈNE), élu à la Constituante par 70,160 voix, réélu le neuvième par 35,098 voix. Né à Montbrison eu 1800. Journaliste. Il était un des accusés d’avril. Il avait pris une part très active aux insurrections de Lyon. Plus tard, il fut attaché au journal la Réforme. Républicain depuis vingt ans. Après la révolution de février, il fut envoyé comme commissaire de la république dans son département. À la Constituante, il faisait partie du comité des affaires étrangères. Il a pris la parole plusieurs fois dans la question italienne. Il a toujours voté avec les représentants de la Montagne dont il était un des principaux membres.

BERNARD (MARTIN), élu à la Constituante par 47,066 voix, réélu le quatrième par 36,014 voix. Né le 17 septembre 1808 à Montbrison. En 1826, il vint à Paris comme compositeur d’imprimerie. Il voulut partir pour la Grèce, afin de prendre part à la guerre de l’indépendance. Il combattit en 1830. Il fit partie de la Société des Droits de l’Homme. Au procès d’avril, il fut appelé à faire partie du grand congrès des défenseurs des accusés. Plus tard, il était un des principaux directeurs de la Société des Familles et de celle des Saisons. Au 12 mai 1839, il fut un des chefs de l’insurrection, et la Chambre des pairs le condamna à la déportation ; il fut renfermé au Mont-Saint-Michel, et la révolution de février le trouva à Doullens. Il fut nommé commissaire général de la république pour quatre départements, le Rhône, la Loire, la Haute-Loire et l’Ardèche. À la Constituante, il était membre du comité de l’intérieur et a voté toujours avec les représentants de la Montagne dont il faisait partie.

CALLET, élu à la Constituante par 41,607 vox, réélu le deuxième par 37,428 voix. Né le 27 octobre à Saint-Étienne. Homme de lettres, il fut, à l’âge de dix-sept ans, attaché à la rédaction de la Gazette de France et y a travaillé jusqu’en 1840. Il était aussi l’un des principaux collaborateurs de l’Encyclopédie du dix-neuvième siècle. À la Constituante, il était membre du comité des cultes. Il a voté contre le droit au travail, contre les deux Chambres, pour le vote à la commune, pour la proposition Rateau, contre la diminution de l’impôt du sel, contre la mise en accusation du ministère du 20 décembre. Il appartenait au parti modéré de la rue de Poitiers.

CHEVASSIEU, élu à la Constituante par 88,412 voix, réélu le premier par 39,877 voix. Né à Montbrison en 1813. Il a été maire de cette ville après la révolution de février. A la Constituante, il était membre du comité de l’agriculture et du crédit foncier. Il a voté pour le droit au travail, contre les deux Chambres, pour la proposition Rateau, pour la diminution de l’impôt du sel, contre la loi sur les clubs, pour la mise en accusation du ministère. Il était de la nuance des représentants qui se réunissaient au Palais-National, et a souvent appuyé les propositions laites par la Montagne.

DUCHÉ, élu le huitième par 35,154 voix. Avocat. Il a été adopté par les républicains socialistes de la Loire qui ont fait triompher sa candidature aux dernières élections, non sans peine, car les candidats du parti modéré, conservateurs ou légitimistes, l’ont suivi de très près.

HEURTIER, élu le cinquième par 35,923 voix. Il était porté sur la liste du-parti modéré, qui a obtenu un nombre de voix presque égal à celui des républicains démocrates.

LEVET (henri), élu à la Constituante par 34,797 voix, réélu le troisième par 57,045 voix. Né en 1795. Ancien conseiller de préfecture. A la Constituante, il était membre du comité du travail. Il a voté contre le droit au travail pour- les deux Chambres, pour le vote à la commune, pour la proposition Rateau, contre la diminution de l’impôt du sel, contre la mise en accusation du ministère du 10 décembre. Il était de la nuance des représentants qui se réunissaient rue de Poitiers.

PERSIGNY (JEAN-GILBERT-YICTOR FIALIN De) élu le septième par 35,485 voix, élu également dans le département du Nord. Né en 1810 à Saint-Germain-Lespinasse (Loire). Secrétaire de Louis-Napo- léôn Bonaparte, arrêté dans l’affaire de -Strasbourg acquitté par la Cour d’assises du Bas-Rhin, impliqué dans l’affaire de Boulogne et condamné par la Cour des pairs à vingt années de détention, aide-de-camp du président de la république, auquel il est personnellement dévoué depuis quinze ans. Il était un des quinze membres du comité électoral de la rue de Poitiers, et l’un des vice-présidents du comité bonapartiste.

SAIN, élu le sixième par 35,596 voix. Nommé préfet depuis l’avènement de la république, puis révoqué. Il a travaillé activement à la propagation des doctrines avancées. Les républicains démocrates-socialistes l’avaient porté au nombre de leurs candidats. Les journaux ont annoncé sa mort qu’il a eu le bon esprit de démentir lui-même.

LOIRE (HAUTE-). – 6 REPRÉSENT.

Ce département avait envoyé à la Constituante 8 représentants/ seul a été réélu. 5 nouveaux.– Non réélus MM. Avond, Badon, Grellet, Lafayette, Lagrevol, Laurent et le général Rulhière.

BREYMAND (auguste), élu à la Constituante par 25,218 voix, réélu le premier à la Législative. Né au Puyenl803 ; propriétaire. Il combattit en juillet, et la commission des récompenses nationales le fit entrer comme lieutenant dans un régiment, qu’il alla rejoindre en Afrique. En 1834, se trouvant eu garnison à Grenoble, immédiatement après les événements de Lyon, il donna sa démission. Rentré dans ses foyers, il fut nommé commandant de la garde nationale du Puy. A la Constituante, il était membre du comité des cultes. Aux journées de juin, il alla vers les insurgés qui voulurent le fusiller, mais sa conduite énergique et sa présence d’esprit le sauvèrent du danger. Il a voté pour le droit au travail, contre les deux Chambres, contre la proposition Râteau, pour la diminution de l’impôt du sel, pour la mise en accusation du ministère. Il était de la nuance des représentants qui votaient souvent avec la Montagne.

CHOUVY (Camille), élu à la Législative Je troisième. Propriétaire. Il a été porté sur la liste des candidats démocrates et socialistes qui a triomphé tout entière dans ce département.

CHOVELON, élu à la Législative le quatrième. Cultivateur. Les républicains démocrates-socialistes ont adopté sa candidature, qu’ils ont vivement soutenu.

MAIGNE (jules), élu à la Législative le cinquième. Né en 1816. Répétiteur. Avant la révolution, il vivait en intimité avec Charles Teste. Il combattit en février et a rempli les fonctions de sous-commissaire de la république à Brioude. Après les journées de juin, il revint à Paris, et fit partie du comité démocrate-socialiste des Écoles. Il fut aussi attaché à la rédaction d’un journal mensuel, le Défenseur du Peuple. Il était président du comité électoral du onzième arrondissement, lors de l’élection du 10 décembre. Il a assisté aux divers banquets socialistes, où il a prononcé plusieurs discours. Très jeune encore, malgré l’ardeur de ses opinions démocratiques et sociales, il su se faire aimer de tous ceux qui le connaissent.

MONNIER, élu à l’Assemblée législative le sixième. Propriétaire. Démocrate et socialiste, sa candidature a été vivement combattue par le parti modéré, et il n’est arrivé que le dernier sur la liste des républicains démocrates.

SAINT-FERÉOL, élu le septième à l’Assemblée législative. Riche propriétaire. Né en 1810. Il est républicain démocrate-socialiste.

LOIRE-INFÉR. – 11 représentants.

Ce département avait envoyé à la Constituante 13 représentants. 7 ont été réélus. – 4 nouveaux. – Non réélus, MM. Bedeau, Billault, Braheix, Fournier, Lanjuinajs, Waldeck-Rousseau. – Electeurs inscrits, 148,353.

CAMUS DE LA GUIBOURCÈRE (alexandre-prosper), élu à la Constituante par 68,184 voix, réélu, le sixième par 70,162. Né 4 Paris en 1793. Maire de Teillé, membre du conseil général et du conseil d’arrondissement dans le département de la Loire-Inférieure. A la Constituante, il faisait partie du comité de l’Algérie et des colonies. Il a voté contre le droit au travail, pour les deux Chambres, pour le vote à la commue, pour la proposition Râteau, contre la diminution de l’impôt du sel, pour la suppression des clubs. Il appartenait la nuance des représentants qui se réunissaient rue de Poitiers.

CHAUVIN, élu le onzième par 60,228 voix. Porté sur la liste des modérés, il a été nommé par le concours de l’ancien parti conservateur et des légitimistes.

COISLIN (de), élu le dixième par 62,291 voix. Un des plus jeunes membres de l’Assemblée législative, il a siégé au bureau comme secrétaire provisoire. Il appartenait au parti légitimiste, qui a très vivement soutenu sa candidature.

DESMARS, élu à la Constituante par 68,184 voix, réélu le troisième par 71,098 voix. Né à Savenay, le 4 février 1811. Il a été reçu avocat, en 1835, à la Faculté de Paris. En 1847, il était élu membre du conseil général de son département. Il était membre du comité de l’Algérie et des colonies. Il a voté contre le droit au travail, contre les deux Chambres, pour le vote à la commune, pour la proposition Rateau, contre la mise en accusation du ministère du 20 décembre et généralement avec les membres de la réunion de la rue de Poitiers.

FAVRE (Ferdinand), élu à la Constituante par 82,291, réélu le deuxième par 72,669 voix. Né en 1779 à Couvit, canton de Neufchâtel. En 1850, après la révolution de juillet, il s’inscrivit l’un des premiers pour faire partie de l’escadron de cavalerie de la garde nationale. En 1 832, il était maire de Nantes au moment de l’arrestation de la duchesse de Berri. Il a été cinq fois nommé maire de Nantes. Après la révolution de février 1848, il fut révoqué de ses fonctions. A la Constituante, il faisait partie du comité de l’administration départementale et communale. Il a voté contre le droit au travail, pour les deux Chambres, pour le vote à la commune, pour la proposition Rateau, pour la diminution de l’impôt du sel, contre la mise en accusation du ministère du 10 décembre. Il appartenait à la nuance des représentants qui se réunissaient rue de Poitiers.

FAVREAU (louis-jacques), élu à la Constituante par 70,510 voix, réélu le huitième par 06,501 voix. Né à Nantes en 1812. Avoué, membre du conseil municipal de la ville de Nantes. Il faisait partie du comité de la justice, et plusieurs fois il a pris la parole sur des questions de législation. Il a voté contre le droit au travail, pour le vote à la commune, pour la proposition Râteau, pour la diminution de l’impôt du sel, pour la suppression des clubs, contre la mise en accusation du ministère. Il appartenait à la nuance des représentants qui se réunissaient rue de Poitiers.

GICQUEAU, élu le neuvième par 63,853 voix. Il appartient au parti modéré. Sa candidature a été combattue à la fois par les démocrates-socialistes et par les républicains de la nuance de M. Billault.

GRANVILLE (ARISTIDE DE), élu à la Constituante par 76 849 voix, réélu le quatrième par 70,938 voix. Né le 17 mai 1791. Propriétaire agronome. Il a servi dans les chevau-légers sous la restauration. Il est membre du conseil d’arrondissement de Paimboeuf, et maire de la commune de Port-Saint-Père. Après février, il tut destitué de ses fonctions. A la Constituante il a voté contre le droit au travail, pour les deux Chambres, pour la proposition Rateau, contre la diminution de l’impôt du sel, pour la suppression des clubs, contre la mise en accusation du ministère du 20 décembre. Il appartenait à la nuance des représentants de la réunion de la rue de Poitiers.

LANCASTEL (DE), élu le septième par 69,225 voix. Il était porté sur la liste modérée qui avait été dressée d’accord entre l’ancien parti conservateur et le parti légitimiste.

ROCHETTE (ernest DE LA), élu à la Constituante par 73 722 voix, réélu le cinquième par 70,537 voix. Né à Saint-Étienne-de-Montlieu en 1804. Propriétaire, membre du conseil d’arrondissement de Savenay. A la Constituante, il faisait partie du comité des affaires étrangères, puis de l’agriculture et du crédit foncier. Il a voté contre le droit au travail, pour les deux Chambres, pour le vote à la commune, pour la proposition Râteau, pour la diminution de l’impôt du sel, pour la suppression des clubs, contre la mise en accusation du ministère du 10 décembre. Il appartenait au comité électoral de la rue de Poitiers.

SËSMAISOJVS (OLIVIER de), élu à la Constituante par 85,805 voix, réélu le premier par 79,288 voix. Né en 1801. Il est entré à l’École militaire en 1824 et a fait la première campagne d’Afrique. Il donna sa démission en 1850. Nommé membre du conseil général en 1848, il était déjà à cette époque président du comice agricole central du département de la Loire-Inférieure il est auteur de plusieurs ouvrages sur l’agriculture. Il était membre du comité de l’agriculture. Il a voté pour le droit au travail, pour les deux Chambres, pour le vote à la commune, pour la proposition Rateau, pour la diminution de l’impôt du sel, pour la suppression des clubs. Il était de la nuance des représentants de la rue de Poitiers.

LOIRET. – 7 REPRÉSENTANTS.

Ce département avait envoyé à la Constituante 8 représentants 6 ont été réélus. – 2 nouveaux. – Non réélus, MM. Victor Considérant, Rondeau.

ABBATUCCI, élu à la Constituante par 60,840 voix, réélu le quatrième par 32,264 voix. Né à Zicavo en Corse, en 1791. En 1808, il alla étudier le droit à Pise, et se décida à entrer dans la magistrature. Nomme d abord procureur du roi en 1816, passa, trois ans après, à la Cour de Bastia comme conseiller, et il y était encore lorsqu’arriva la révolution de 1830 Dupont (de l’Eure) le fit, à cette époque, président de chambre de la Cour royale d’Orléans. Il fut nommé en même temps député de la Corse. En 1831 il ne fut pas réélu. En 1839, il fut envoyé par le collège d’Orléans et ne cessa depuis d’être dans les rangs de l’opposition de gauche. Après février, il fut appelé à la Cour d’appel de Paris et presque immédiatement à la Cour de cassation. A la Constituante, il était membre du comité de législation dont il était président. Il a voté contre le droit au travail, contre les deux Chambres, pour la proposition Râteau, contre là diminution de l’impôt du sel, contre la mise en accusation du ministère. Il appartenait à la nuance des représentants qui se réunissaient ; à l’Institut. Il est ami particulier du président de la république et dé M. Odilon Barrot.

ARBEY, élu à la Constituante par 52,477 voix, réélu le troisième par 33,012. voix : Né en 1805. Avoué à Pithiviers, il a su se faire estimer de ses concitoyens qui l’envoyèrent à la Constituante sans qu’il eût dés antécédents politiques. A l’Assemblée, il était membre du comité de la justice ; II a voté contre le droit au travail, contre les deux Chambres, pour la proposition Râteau, pour la diminution de l’impôt du sel, pour la loi sur les clubs Il appartenait au parti modéré qui l’a porté sur sa liste aux dernières élections.

LACAVE, élu à la Législative le cinquième par 29,859 voix. Ingénieur en chef des ponts et chaussées. Maire d’Orléans sous, la restauration, il était du parti conservateur sous le dernier gouvernement.

MARTIN (Alexandre), élu à la Constituante par 67,675 voix, réélu le deuxième par 33,897 voix. Né le 5 août 1805 à Rouen. A la révolution de juillet 1830, il organisa la colonne des volontaires rouennais, et se mit aussitôt en marche, avec elle, sur Paris. Il a été, pour ce fait, décoré de juillet. Sa famille ayant éprouvé des revers de fortune, il vint s’établir à Orléans. Membre du conseil municipal de cette ville, il fut, après la révolution de février, adjoint au commissaire du gouvernement provisoire et maire de la ville. A la Constituante, il était membre du comité des travaux publics. Il a voté pour le droit au travail* contre les deux Chambres, contre la proposition Râteau, pour là diminution de l’impôt du sel, contre la loi sur les clubs. Il appartenait à la nuance des représentants qui se réunissaient au Palais-National. 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