Wilhelm Sauer (facteur d'orgue)

Un article de Wikipedia, l'encyclopedie libre.
Sauter a la navigation Sauter a la recherche
Pour les articles homonymes, voir Wilhelm Sauer.
Wilhelm Sauer
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Nationalité
Activités
Facteur d'orgues, fabricant d'instruments de musique
Autres informations
Distinction

Wilhelm Carl Friedrich Sauer, né le , et mort le , est un facteur d'orgue allemand. Célèbre constructeur d'orgue de la période romantique, Sauer construisit avec son entreprise W. Sauer Orgelbau, plus de 1 100 orgues au cours de sa vie ; figurent parmi celles-ci les orgues de la Cathédrale Saint-Pierre de Brême, de l'Église Saint-Thomas de Leipzig, et de la Cathédrale de Berlin, considéré comme " son dernier grand chef-d'œuvre "[1].

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Wilhelm Sauer est né à Schönbeck, dans le Duché de Mecklembourg-Strelitz[2], il est le fils du forgeron et facteur d'orgue autodidacte Ernst Sauer (1799–1873), originaire de Karlsburg en province de Poméranie, et sa femme Johanna Christine, née Sumke (1800–1882)[3],[4]. Ses parents se sont mariés en 1822. Il était le frère de Johann Ernst Sauer (1823–1842).

Orgue fabriqué par Wilhelm Sauer dans la Cathédrale de Berlin[5]

Lorsque Wilhelm est âgé de sept ans, la famille déménage à la ville voisine de Friedland, où son père construit une usine et se lance dans le commerce des orgues. Wilhelm y passe sa jeunesse et y est scolarisé, avec dans l'idée d'intégrer ensuite l'Académie royale des sciences de Prusse. Toutefois, lorsque son frère aîné Johann meurt en décembre 1842[4], Wilhelm devient l'héritier et le continuateur de l'affaire paternelle. Wilhelm reçoit une éducation précoce sur la construction d'orgues de la part de son père. Il quitte la maison en 1848 pour poursuivre ses études dans ce domaine, avec l'étude sous l'égide de Eberhard Friedrich Walcker (1851–1853) à Ludwigsburg et Aristide Cavaillé-Coll à Paris[6].

Carrière[modifier | modifier le code]

En 1855, Sauer reprend la direction de la branche allemande de l'usine de son père, ouverte pour le marché prussien, pour éviter les droits de douane. Le 1er mars 1856, Sauer lance sa propre affaire, Wilhelm Sauer facteur d'orgue à Francfort, Oder, qui croît rapidement, avec une filiale temporaire à Königsberg (1860). Des commandes étrangères affluent rapidement[6],[7]. Vers 1882, il a livré 380 orgues[8]. En 1883, Sauer reçoit la distinction d'Akademischer Künstler et l'année suivante, le 1er avril 1884, il est nommé "Facteur d'orgue du Roi" par son cabinet[4].

De son vivant, Wilhelm Sauer construit avec son équipe plus de 1 100 orgues. Les plus grands et les plus fameux d'entre eux sont, entre autres, celui de la cathédrale de Berlin (1903, IV/113), de l'église Saint Thomas[9] de Leipzig (1888/1908, III/88), et de la mairie de Görlitz (1910, IV.72).

Deux de ses orgues de 1897 se trouvent en Namibie : un à l'église du Christ de Windhoek et l'autre à l'église luthérienne de Swakopmund [9]. En 1910, Sauer vend sa compagnie à son directeur et adjoint de longue date Paul Walcker, le fils d'E. F. Walcker.

Au moins une dizaine de ses orgues sont installés en Lettonie[10].

Vie personnelle[modifier | modifier le code]

Pierre tombale de Wilhelm Sauer.

Il épousa Minna Auguste Penske en 1859 (qui décèdera en 1876), la fille d'un chantre, et le couple a eu une fille nommée Johanna (1859–1887). Le 7 septembre 1878, il a épousé sa seconde épouse Anna Bauer (18 janvier 1848 – 11 août 1924). Elle était la fille d'un propriétaire de brasserie et membre du conseil municipal à Potsdam[4]. Ils ont eu deux fils : Wilhelm (1879–1962) et Franz Gustav Adolf (1883–1945 disparu). Son petit-fils, Wolfgang Sauer (1920–1989), est allé aux États-Unis en 1964 et est devenu un professeur d'histoire allemande à l'Université de Californie à Berkeley[11]. La pierre tombale de Wilhelm Sauer est maintenant en Kleistpark à Francfort-sur-l'Oder, où il est mort.

Travaux notables[modifier | modifier le code]

Année Oeuvre Localisation Église Photo Mécanismes Registres Commentaires
1853 Rechlin-Boek St Jean I/P 6 Le plus vieil ouvrage conservé de Wilhelm Sauer. Pédalier et bourdon ajouté par Carl Börger vers 1900. Restauré par Christian Scheffler entre 1995 et 2003.
1864 94 Marienwerder (actuelle Kwidzyn) Cathédrale III/P 49 À restaurer.
1869 95 Berlin Église St Thomas IV/P 52 Endommagé par un bombardement des Alliés et démonté en 1944.
1870 Labiau (actuelle Polessk) Église Remplacement d'un orgue plus ancien de Johann Josua Mosengel ; démoli après 1945.
1872 235 Zeschdorf-Döbberin Église du village I/P 8
1874 209 Doberlug-Kirchhain Église abbatiale de Dobrilugk II/P 26
1879 248 Frankfurt (Oder) Église St Gertraud III/P 36
1883 401 Wernigerode Église NotreDame (Liebfrauenkirche) II/P 30 Façade d'orgue baroque.
1884 419 Lauchhammer-Kostebrau Église villageoise I/P 7 Construit pour l'Église protestante de Klettwitz, à cet endroit depuis 1907.
1886 Herne (quartier Herne-Eickel) Église St Jean II/P 33 Détruit par un bombardement Allié en 1944.
1887 475 Frankfort-Griesheim Église de la Bénédiction (Segenskirche) II/P 28 Construit pour l'Église protestante de Bochum-Laer (démoli en 1974), à l'endroit actuel depuis 1995.
1888 Göttingen Église St Nicolas (Église de l'Université) II/P 23
1889 501 Leipzig Église St Thomas III/P 63 Étendu à 88 registres en 1908.
1889 505 Amsterdam Basilique Saint-Nicolas III/P 40 Deux machines Barker.
1890 530 Bad Freienwalde-Bralitz Église villageaoise II/P 13 Restauré en 2015.
1891 554 Mühlhausen Église Ste Marie III/P 61
1891 Hötensleben-Barneberg Église de la Paix (Friedenskirche) II/P 19
1891 557 Jacobsdorf-Sieversdorf Église villageoise I/P 6
1893 554 Berlin Église Garrison III/P 70 Le plus grand orgue d'église de l'époque. Détruit dans un incendie en 1908.
1893 Berlin Église Immanuel II/P 29
1894 620 Apolda Église luthérienne III/P 47
1894 Saalfeld Église St Jean (Johanneskirche) III/P 49 Façade d'orgue baroque. Reconstruit en 1932. Restauré en 1996.
1894 Bremen Cathédrale III/P 65 Étendu à IV/P/98 en 1926 et 1939.
1895 661 Gehren Église St Michel II/P 23
1896 Potsdam Église pentecôtiste (Pfingstkirche) II/P 16 Étendu à II/P/28 en 1933. Démonté en 2011.
1897 Chorin-Golzow Église villageoise II/P 15 Reconstruction en 1911. Restauration en 1994.
1898 731 Wuppertal-Elberfeld Église du cimetière II/P 30 Rénovation partielle en 1995.
1898 755 Moscow Cathédrale luthérienne Saints Pierre et Paul III/P 33
1903 891 Bad Harzburg Luther Church III/P 40 À l'origine II/P/29, restauré et étendu par Christian Scheffler en 1997–2001.
1905 945 Fulda Église du Saint Esprit II 16 En 1990, restauré dans la version initiale de 1905.
1906 981 Abbaye de Neuzelle Église Ste Marie II/P 24 Reconstruction par Christian Scheffler en 2001.
1907 Kostebrau
1908 Potsdam Église St. Nicolas III/P 49
1908 Bad Homburg Église du Rédempteur Le son du "Fernwerk" est produit au-dessus de l'autel.
1909 1025 Bad Salzungen Église municipale III 41 Orgue construit selon les idées de Max Reger, et restauré de 1994 à 2000.
1910 Jerusalem Hôpital Augusta Victoria Le pédalier de Sauer fonctionne toujours[12] ; unique au Moyen-Orient 2011.

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Incorporated Association of Organists, Organists' review, Incorporated Association of Organists, (lire en ligne), p. 326
  2. (en) Friedrich Blume et Ludwig Finscher, Die Musik in Geschichte und Gegenwart: allgemeine Enzyklopädie der Musik, Bärenreiter, (ISBN 978-3-7618-1134-4, lire en ligne), p. 1984
  3. (en) American Guild of Organists, Royal Canadian College of Organists et Associated Pipe Organ Builders of America, The American Organist, American Guild of Organists., (lire en ligne), p. 69
  4. a b c et d (en) « History », Sauerorgelbau.de (consulté le 4 avril 2012)
  5. (en) The Organ, Musical Opinion., (lire en ligne), p. 151 :

    « For nearly 50 years the 1905 Wilhelm Sauer four manual organ stood, damaged and vandalised, in Berlin's Cathedral. It has been restored to its original specification by the Sauer firm... »

  6. a et b (en) Richard Kassel, The organ: an encyclopedia, Psychology Press, , 483– p. (ISBN 978-0-415-94174-7, lire en ligne)
  7. (en) Georg Mehlis et Richard Kroner, Logos: Internationale Zeitschrift für Philosophie der Kultur, J.C.B. Mohr, (lire en ligne), p. 162
  8. (en) Janet M. Green et Josephine Thrall, The American history and encyclopedia of music ..., I. Squire, , 266– p. (lire en ligne)
  9. a et b (en) Douglas Earl Bush et Richard Kassel, The Organ: An Encyclopedia, Psychology Press, , 21, 487– p. (ISBN 978-0-415-94174-7, lire en ligne)
  10. (en) Alexander Fiseisky, « A History of the Organ in Latvia », The Diapason, Scranton Gillette Communications, vol. 98, no 8,‎ (lire en ligne)
  11. (en) Gilbert Allardyce, The Place of Fascism in European History, Prentice-Hall, (lire en ligne), p. 162
  12. « Organ of the Church of the Ascension - Augusta Victoria », Israel Organ Association (consulté le 7 avril 2012)

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Felix Friedrich, Grove Music Online (ISBN 9781561592630, lire en ligne)
  • (en) The Grove Dictionary of Musical Instruments (ISBN 9780199743391 et 9780199743407, lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • Portail de l’orgue
  • Portail de la musique
  • Portail de l'Empire allemand