Troubles au Tibet en mars-avril 2008

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Troubles au Tibet en mars-avril 2008

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Les régions de population tibétaine, représentées en jaune

Le 10 mars 2008, quelques mois avant les Jeux Olympiques d'été de 2008 et le jour du 49e anniversaire du soulèvement tibétain de 1959, des manifestations pacifiques de moines bouddhistes ont lieu à Lhassa, capitale de la région autonome du Tibet. Ceux-ci réclament la libération des moines emprisonnés en octobre 2007.

Le 14 mars, les manifestations dégénèrent en violentes émeutes dirigées contre les habitants non tibétains et leurs biens. Les forces de l’ordre se replient devant l’assaut des émeutiers et ne reprennent progressivement le contrôle de la ville que le lendemain, procédant alors à de nombreuses arrestations. Selon les autorités, le bilan humain et matériel est lourd : 19 morts victimes des émeutiers et un millier de commerces et bâtiments publics détruits.

Selon le gouvernement tibétain en exil, 80 Tibétains sont morts victimes de la répression chinoise le 14 mars à Lhassa, bilan que le témoignage des Occidentaux présents sur place ne permet pas de corroborer.

Des manifestations se produisent aussi dans d’autres zones de population tibétaine, notamment dans la préfecture autonome tibétaine d’Aba, où des tirs des forces de l’ordre auraient fait des victimes le 15 mars.

Alors que les médias occidentaux présentent des images de manifestations réprimées en Inde et au Népal comme se déroulant à Lhassa, les médias chinois diffusent, pour leur part, des vidéos montrant les agressions et destructions commises par les émeutiers.

La Région autonome du Tibet demeure fermée aux journalistes et aux étrangers depuis le 19 mars, mais est de nouveau ouverte aux touristes chinois depuis le début du mois de mai.

Sommaire

Chronologie des événements

Le 10 mars, 300 à 400 moines du monastère de Drepung défilent dans les rues de Lhassa, afin de demander la libération de moines emprisonnés en 2007, après qu’ils eurent repeint les murs du monastère en blanc pour fêter la remise de la médaille d'or du Congrès des Etats-Unis au 14e dalaï-lama[1],[2]. Les moines, bloqués par un barrage des forces de l’ordre, s’assoient pour un sit-in de quelques heures avant de se disperser. Au crépuscule, des moines et des étudiants se rassemblent au centre-ville sur la place du Barkhor, 6 ou 7 d’entre-eux sont arrêtés.

Le 11 mars, afin de protester contre ces arrestations, plus de 500 moines de Drepung, auxquels se sont joints ceux de Sera, manifestent de nouveau. Fin de matinée, des incidents éclatent quand la police chinoise et de la Police armée du peuple paramilitaire dispersent les manifestants par la force. Des grenades lacrymogènes sont utilisées, et des moines frappés à coups de matraque.
D’après le gouvernement tibétain en exil, d’autres manifestations ont éclaté dans trois autres monastères, dont l’un situé dans la province traditionnelle tibétaine de l’Amdo incorporée au Qinghai. Le 11 mars, un porte-parole du ministère chinois des affaires étrangères déclare que des manifestations « illégales et menaçant la stabilité sociale » ont eu lieu à Lhassa.

Le 12 mars, la tension monte d’un cran avec les rumeurs de tentatives de suicide de deux moines de Drepung. Selon un témoin, au monastère de Séra, des moines qui ont débuté une grève de la faim sont battus par la police. [2]

Le 14 mars, de violentes émeutes se sont déroulées à Lhassa, les plus graves depuis le Soulèvement tibétain de 1959[3],[4],[5].
Les premières violences commencent le matin près du temple de Ramoche. Selon Le Monde, les premières violences feraient suite au passage à tabac de deux moines bouddhistes par les forces de l’ordre[2], rumeur qui se propage dans Lhassa, ou bien, selon les sources officielles chinoises, à des jets de pierre contre les forces de l’ordre.[3] Les émeutes éclatent au début de l’après-midi : une foule de plusieurs douzaines de personnes se déchaînent, dont certaines hurlent en jettant des pierres sur les magasins appartenant à des Chinois et sur les taxis dont la plupart à Lhassa sont conduits par des Hans.

L’émeute se propage rapidement à travers les ruelles commerçantes. Des foules, qui se sont rassemblées apparemment de façon spontanée, dévastent les magasins n’appartenant pas aux Tibétains et en répandent les marchandises dans la rue, avant d’y mettre le feu. Pour échapper au saccage, les commerçant tibétains nouent, sur leur devanture, des foulards blancs traditionnels les signalant comme tels. Selon le témoignage d’un touriste suisse qui se trouvait dans la rue principale de Lhassa, il y avait là une foule de 400 à 500 personnes, et des pavés sont lancés à travers la rue pour atterrir dans une rue latérale où une cinquantaine de policiers, mal protégés par leurs boucliers en plastique, finissent par battre en retraite [6]. Selon divers témoignages, des Chinois isolés, passant à pied ou en véhicule, sont agressés, lapidés ou pris en chasse par des manifestants, dont certains armés de sabres tibétains, de bâtons ou de barres de fer.[7]. Quelques émeutiers scandent « Vive le dalaï-lama ! » et « Tibet libre ! ». Selon le gouvernement chinois, 13 personnes seraient mortes, victimes des émeutiers, la plupart brûlées vives dans les incendies. Pendant des heures, les forces de sécurité interviennent peu. Selon James Miles, correspondant à Lhassa de The Economist,les autorités auraient été paralysées par les risques politiques qu’une vive réaction aurait impliqués[3],[4],[5].

Selon une dépêche de l’AFP, un des très rares manifestants tibétains qui a réussi à s’enfuir du Tibet, après 4 jours de manifestations à Lhassa, a témoigné d’actes de violence particulièrement graves des forces de maintien de l’ordre à Lhassa ; ce témoignage n’est cependant corroboré par aucune autre source présente sur place lors des manifestations. Selon lui, des troupes chinoises brandissant des couteaux auraient attaqué les manifestants tibétains le 14 mars, « Nous manifestions pour marquer le 49e anniversaire (du Soulèvement tibétain de 1959 contre la domination chinoise) lorsque les troupes nous ont attaqués avec de longs couteaux. Nous avons jeté des pierres et les soldats se sont retirés et sont ensuite revenus avec des armes et puis il y a eu de la fumée, des coups de feu et des cris terribles ». Il affirme avoir vu plusieurs Tibétains mourir de balles et de coups de couteau. « Les troupes ont juste jeté (les morts) comme des carcasses dans des fourgons de police ». Ce réfugié est le 4e Tibétain à avoir pu s’échapper de la région depuis le déclenchement des troubles en mars 2008.[8],[9]

Le 14 mars, Radio Free Asia rapporte que les policiers et les membres des forces de sécurité « ont tiré sur les manifestants antichinois alors que ces derniers mettaient le feu à des voitures et envahissaient les rues », le bilan serait d’une centaine de morts[10]. Des témoins ont indiqué à des agences de presse étrangères que les rues de Lhassa étaient quadrillées par la police, les forces paramilitaires de la Police armée populaire ainsi que par l’armée[11].

Selon Qiangba Puncog, président du Gouvernement régional de la Région autonome du Tibet, le personnel de sécurité n’était pas armé lors des émeutes du vendredi 14 mars à Lhassa[12], James Miles et certains touristes occidentaux confirment que la police n’était pas armée ("no guns visible"), une détonation a été entendue mais il est difficile de dire s’il s’agissait d’un coup de feu ou d’une explosion due à un incendie[13]. Selon d’autres touristes, des coups de feu ont clairement été entendus[14]. Des « bruits de coups de feu » sont rapportés dans la conversation entre un activiste à Lhasa et le secrétaire culturel du Congrès de la jeunesse tibétaine mais il n'en existe aucun enregistrement vérifiable[15].

Selon Xinhua, l’agence Chine-Nouvelle, 13 civils chinois ont été brûlés vifs (dont un aspergé d’essence) ou poignardés à mort par les émeutiers[16], 18 civils et un agent de police ont trouvé la mort au cours des émeutes du 14 mars à Lhasa, 241 agents de police ont été blessés (dont 23 actuellement dans un état critique), un autre a été tué par la foule, 382 civils ont été blessés (dont 58 grièvement). Selon Phayul.com, un site créé en 2001 par un Tibétain en exil, des manifestations très tendues, dispersées par des tirs des forces de l’ordre, seraient signalées dans le Gansu, une partie de l’ancienne province tibétaine de l’Amdo[17].

Le samedi 15 mars, selon le Centre tibétain pour les droits de l'homme et la démocratie, des milliers de manifestants se rassemblent à nouveau dans cette région proche du monastère de Labrang[18]. La présence de chars et de véhicules militaires chinois à Lhassa est rapportée par des touristes étrangers[19]. Le centre historique de la ville est placé sous couvre-feu, l’accès pour les touristes et les journalistes est suspendu, empêchant les médias étrangers d’accéder à la région[11]. Le 14e dalaï-lama demande à la Chine de « cesser d’utiliser la force », de « répondre au ressentiment des Tibétains par le dialogue » et aux Tibétains de « ne pas recourir à la violence »[20]. Durant le week-end, les manifestations antichinoises débordent hors de la capitale. À Xiahe, dans la province du Gansu, des manifestations éclatent le vendredi et le samedi autour du grand monastère de Labrang, des milliers de moines défilant en criant « Tibet libre ! » et « Laissez le dalaï-lama revenir au Tibet ! ». D’après Kate Saunders, responsable d’International Campaign for Tibet, « des manifestations ont éclaté dimanche dans la ville de Ngawa (dans le Sichuan) et sept personnes ont été tuées ». Le gouvernement local promet de « lancer une guerre du peuple pour combattre le séparatisme et faire éclater en pleine lumière le visage hideux du dalaï-lama et de son groupe », il lance également un ultimatum aux émeutiers, leur demandant de se rendre d’ici à lundi soir[21]. Le mardi 18 mars la centaine de touristes restant en ville est déplacée dans des hôtels situés loin du lieu des émeutes. Le mercredi soir à 22H : 170 personnes s’étaient rendues[22]

Le 28 mai, selon le TCHRD, 3 nonnes demandant le retour du Dalai Lama, la libération des prisonniers politiques tibétains et la liberté au Tibet auraient manifesté dans le district de Kardze (Sichuan ou Kham) où la situation demeure très tendue. Selon des témoignages rapportés au TCHRD, des coups de feu auraient été tirés par la police lors de la manifestation, et une blessure ouverte avec saignement d’une des nonnes, Rigden Lhamo, a été rapportée par deux témoins. On ignore si cette blessure provient des coups de feu ou des mauvais traitements infligés par les forces de sécurité[23]

Bilan des morts, des blessés et des arrestations

Depuis le début des troubles, les bilans humains sont contradictoires selon les sources.

Le gouvernement tibétain en exil déclare le 15 mars qu’il a reçu « des rapports non confirmés » estimant à 100 morts le bilan de l’agitation au Tibet[24]. Le 15 mars, Radio Free Asia, cite des témoins qui rapportent avoir vu au moins deux corps dans les rues de Lhassa[25]. Le lendemain, le gouvernement tibétain en exil confirme au moins 80 morts[26].

L’Agence Chine Nouvelle[27] rapporte, le 15 mars, que 10 personnes auraient été brûlées vives dans les incendies provoqués par les émeutiers, parmi lesquelles 2 employés d’hôtel et 2 propriétaires d’ateliers[28].

Le 17 mars, l’agence de presse Associated Press rapporte que le gouverneur de la Région autonome du Tibet, Jampa Phuntsok‎, a confirmé, lors d’une conférence de presse, le chiffre de 16 morts et de douzaines de blessées à la suite des violences du week-end[29]. Les autres sources publiées après la même conférence de presse indiquent que la Chine a porté le bilan des morts à Lhassa à 13[30],[31]. L’agence Associated Press déclare plus tard que le bilan officiel du gouvernement chinois sur le nombre de morts de la semaine précédente à Lhassa s’élève à 22[32]. L’agence de presse chinoise Xinhua, quant à elle, annonce un bilan de 19 morts[27],[33],[34].

Selon James Miles, correspondant à Lhassa de The Economist, les morts comprennent à la fois des Tibétains et des Chinois Hans, et les dégâts sont évidents à travers la ville [35].

Le 25 mars, selon des sources d’informations affiliées à l’Administration des Tibétains en exil et au TCHRD, la Police armée du peuple a coupé l’eau, l’électricité, l’approvisionnement en nourriture et l’accès aux soins dans les monastères de Sera, Drepung et Ganden et autres monastères actifs au cours des manifestations. De ce fait, les moines risqueraient la famine[36], et le 24 mars un moine serait mort de famine au Temple de Ramoché, lequel avait été la cible de gaz lacrimogène de la part des militaires[37],[38],[39].

Le 28 mars, l'International Herald Tribune rapporte que cinq vendeuses ont été brûlées vives à la suite de l'incendie allumé par des émeutiers dans le magasin de vêtements Yishion où elles travaillaient. Il s'agit de Yang Dongmei, 24 ans; He Xinxin, 20 ans; Chen Jia, 19 ans; Liu Yan, 22 ans; Cirenzhuoga, 21 ans, cette dernière étant tibétaine.[40].

Le 5 avril, le Tibetan Centre for Human Rights and Democracy (TCHRD) déclare que les autorités chinoises ont arrêté plus de 2 300 Tibétains dans les différentes parties du Tibet[41]. Selon le Gouvernement tibétain en exil, plus de 140 personnes ont été tuées au cours des répressions des récents troubles au Tibet[42].

Un article mis en ligne le 8 avril sur le site de CCTV-F lié à la Télévision centrale de Chine, rapporte que le Bureau de la sécurité publique de Lhassa accuse la « clique du dalaï-lama » d’avoir publié un bilan des morts erroné et gonflé : 5 personnes qui figurent sur la liste sont encore en vie ou n’existent pas et 35 autres personnes sont introuvables; les 18 civils et le policier tués à Lhassa le 14 mars n’y figurent pas,[43].

Le 9 avril, le TCHRD déclare qu’un moine, relâché après plusieurs jours de détention, montre des signes d’atteinte neurologique, des marques de contusions sur le corps, dûs a des tortures pratiquées par la police en prison[44].

Le 16 avril, le Centre culturel tibétain Khawa Karpo, une association tibétaine en exil en Inde confirme l’arrestation, à la suite des manifestations, de la chanteuse tibétaine Jamyang Kyi[45].

Le 18 avril, selon le dalaï-lama, le bilan des morts dépasserait 400 personnes, tandis que des milliers d’autres auraient été arrêtées [46].

Le 29 avril, selon l’Agence Chine Nouvelle, 30 personnes, dont 6 moines, ont été condamnées à des peines de prison s’échelonnant de 3 ans à la perpétuité[47].

Selon un rapport publié le 29 avril sur le site Internet en langue anglaise China View, les trois Tibétains condamnés à perpétuité (pour incendie et pillage de magasins, destruction de bâtiments publics, pour un total de 22 millions d’euros[48]) sont le chauffeur d’une société immobilière de Lhassa, un entrepreneur du Lingzhou et un moine du Doilungdequen. L’article rappelle que 382 civils ont été blessés ainsi que 241 policiers[49].

Selon Human Rights Watch, les procès des 30 Tibétains accusés d’avoir participé aux manifestations violentes du 14 mars à Lhassa n’étaient pas ouverts au public, comme le prétend le gouvernement chinois, et n’ont pas respecté les normes internationales minimums[50]. D’autres procès seraient attendus[51].

Le 29 avril, Pékin déplore la mort de 18 innocents et reconnaît avoir arrêté 400 personnes mais non avoir tiré sur les émeutiers. Ce bilan est contesté par les Tibétains en exil, qui avancent les chiffres de 203 morts, d’un millier de blessés et de 5 175 arrestations[48],[51].

Le 30 avril, la police chinoise déclare avoir tué un Tibétain dans le nord-ouest de la Chine lors d’une fusillade au cours de laquelle un membre des forces de l’ordre a également été tué[52].

Selon l’Agence Chine Nouvelle, le 1er mai, dans la province de Qinghai (nord-ouest de la Chine), à Huzhu, plus de 1 000 personnes ont assisté aux funérailles de Lama Cedain, policier tibétain tué lors d’une fusillade avec le présumé responsable de l’émeute du 21 mars dans la ville de Hongke dans la région du Dari[53]. Selon le bureau de sécurité du district, le policier a été tué dans une fusillade, ses collègues ont riposté tuant le suspect. Selon des « sources tibétaines » non vérifiées citées par un journaliste du The Times, ce policier aurait été tué par les villageois pour avoir tué un moine tibétain qui avait enlevé et brûlé le drapeau chinois d’un bâtiment gouvernemental lors des manifestations de la ville de Dari le 21 mars.[54]

Le 17 avril, selon le TCHRD, une femme tibétaine, de 38 ans, qui a été impliquée dans les manifestations pacifiques les 16 et 17 mars 2008 dans le district de Ngaba, serait morte après avoir été torturée dans une prison chinoise. Après sa libération, l’hôpital gouvernemental, qui pourrait avoir été sous influence des autorités chinoises locales, a refusé de l’admettre.[55]

Dans son infolettre datée du mois de mai 2008, Claude B. Levenson, traductrice du dalaï-lama, affirme que les forces de l'ordre ont tiré à balles réelles, entraînant des morts dont les cadavres ont été enlevés manu militari et de nuit.[56]

Le 6 juin, rapporte le Quotidien du peuple en ligne, la police tibétaine annonce avoir arrêté 16 moines bouddistes et être à la recherche de trois autres, impliqués dans trois attentats ou tentatives d'attentat à la bombe visant un transformateur, une station d'essence, une permanence de la police et une résidence privée. Les moines ont déclaré avoir été inspirés par les événements du 14 mars et l'écoute des radios pro-GTE [57].

Dans une information rendue publique le 18 juin, selon Amnesty International, 1000 Tibétains auraient disparu ou seraient détenus arbitrairement[58],[59],[60]

Bilan matériel

Le 22 mars, le gouvernement régional du Tibet a confirmé le bilan matériel des émeutes du 14 mars à Lhassa :
« Les émeutes ont eu pour résultat le pillage de magasins, et l’incendie de commerces, de véhicules et de résidences. Des émeutiers ont mis le feu à sept écoles, cinq hôpitaux et 120 résidences. 84 véhicules ont été incendiés et 908 boutiques pillées. Les pertes sont estimées à plus de 244 millions de yuans (environ 34,59 millions de dollars). »[61]

Réponse des autorités chinoises

Les autorités chinoises ont répondu en déployant la Police armée populaire le troisième jour des mouvements de protestation[62], et en fermant les monastères. Le Tibet et les zones tibétaines voisines ont été fermés à la presse ; des journalistes, aussi bien étrangers que de Hong Kong, en ont été expulsés[63]. De son côté, le général Yang Deping a affirmé que les troupes de l’Armée populaire de libération n’interviendraient pas[64],[65].

Les autorités chinoises se sont par ailleurs déclarées inquiètes que les manifestations tibétaines puissent inciter les activistes ouïghours de la région autonome voisine du Xinjiang à organiser également des manifestations de rue[66].

Le 11e Panchen Lama désigné par les autorités chinoises mais non reconnu par les Tibétains[67], Gyancain Norbu, a prononcé une déclaration condamnant les troubles : « Les actes des émeutiers ont non seulement nui aux intérêts de la nation et du peuple, mais également violé l’esprit du bouddhisme. Nous sommes résolument opposés à toute activité qui vise à diviser le pays et à saper l’unité ethnique. Nous condamnons fermement le crime d’un petit nombre de gens qui ont brisé les vies et les biens du peuple »[68].

Le chef du gouvernement de la Région autonome du Tibet, Jampa Phuntsok‎ affirme « Nous n’avons pas ouvert le feu », et accuse la « clique » séparatiste du dalaï-lama d’être responsable de ces troubles[69], il précisera le 17 mars : « Ni port ni usage d’armes destructives par le personnel de sécurité dans les émeutes à Lhassa ».

Zhang Qingli, secrétaire du Comité de la Région autonome du Tibet du Parti communiste chinois, a déclaré le 18 mars : « Actuellement, nous menons une lutte intense de sang et de feu contre la clique du Dalaï Lama, une lutte à mort ». Le premier ministre chinois Wen Jiabao a affirmé le même jour avoir « les preuves » que les émeutes de Lhassa avaient été « fomentées et organisées par la clique du Dalaï Lama » pour « saboter les jeux Olympiques » de Pékin en août[70].

Cependant, selon James Miles sur place, il n’y avait aucun signe d’une activité organisée.[71]

Le Quotidien du Peuple, dans un article du 7 avril sur son site web en français, rapporte que « le département de l’Organisation du Comité central du Parti communiste chinois (PCC) a appelé les membres du Parti et les officiels des régions tibétaines à jouer un rôle actif dans le maintien de la stabilité sociale tout en étant plus fidèles ». Il a notamment « appelé les organes du Parti des régions concernées à renforcer le patriotisme et la conscience morale des membres du Parti et des officiels afin qu’ils restent fidèles lors des tentatives sécessionnistes »[72].

Toujours selon le Quotidien du Peuple, dans un article du 14 avril sur ce même site, « un groupe de travail de formation juridique a été envoyé au monastère de Drepung à Lhassa pour rétablir l’ordre religieux », et « d’autres groupes de travail ont également été envoyés dans d’autres monastères pour maintenir la stabilité sociale, sauvegarder les intérêts fondamentaux du public et assurer l’ordre normal des activités bouddhiques ». Le but de ces « groupes de travail » était de « renforcer la vulgarisation et l’éducation sur le système légal du pays dans les monastères et ils ont obtenu des progrès satisfaisants dans leur travail »[73].

Le 16 avril 2008, un journaliste chinois remarque que « Dans l’état actuel des choses, c’est dans le refus d’une partition du pays et le soutien aux Jeux olympiques de Pékin par des actes réels [ce qui résume la position du dalaï-lama] que se trouve peut-être une amorce de dialogue entre les deux parties. »[74].

Selon Le Monde, qui reprend un article du Quotidien du Tibet du 21 avril, le parti communiste chinois « a lancé une campagne d’éducation politique de deux mois au Tibet pour venir à bout des velléités d’émancipation et de la popularité du dalaï-lama » : cette campagne, qui, selon Le Quotidien du Tibet, « s’appuiera notamment sur des programmes de télévision et des séances de dénonciations collectives », vise à « unifier la pensée, assurer la cohésion des dirigeants et des masses, accentuer la lutte contre le séparatisme et répondre aux complots séparatistes de la clique du dalaï-lama »[75].

Réponse du dalaï-lama et du gouvernement tibétain en exil

Le dalaï-lama déclare le 16 mars, lors de sa première intervention publique depuis le début des manifestations, être « très très inquiet » quant à la tournure des événements et qu’il est « de la responsabilité morale de la communauté internationale de rappeler au gouvernement chinois d’être un hôte convenable »[76]. Le lundi 17 mars, le Parlement tibétain en exil avance un bilan estimé à plusieurs centaines de morts depuis le début des manifestations[77] et demande l’attention des Nations unies et de la communauté internationale. Lhassa est placée sous surveillance policière, tout comme les enclaves tibétaines du Sichuan et de Gansu. Le dalaï-lama déclare que « la nation tibétaine fait face à un grave danger. Que la Chine le reconnaisse ou non, il y a un problème »[78].

Le gouvernement tibétain en exil s’est déclaré « hautement préoccupé » par des informations « émanant des trois régions du Tibet et faisant état de personnes tuées au hasard, de blessés et d’arrestations de milliers de Tibétains qui manifestaient pacifiquement contre la politique chinoise ».

En réponse aux accusations chinoises, le dalaï-lama nie toute responsabilité et déclare que ces manifestations ne sont que l’expression d’un « profond ressentiment » des Tibétains à l’égard du pouvoir chinois[11].

Le 18 mars, Tenzin Gyatso, le 14e dalaï-lama a déclaré : « Puisque le Gouvernement chinois m’a accusé d’orchestrer ces manifestations au Tibet, j’appelle à une investigation minutieuse par un organisme respecté, qui doit inclure des représentants chinois, pour examiner ces allégations. Un tel organisme devrait visiter le Tibet, les secteurs tibétains traditionnels hors de la Région autonome du Tibet, et aussi l’Administration tibétaine Centrale ici en Inde. Pour que la communauté internationale, et surtout le plus d’un milliard de Chinois qui n’ont pas accès à une information non censurée, découvrent ce qui s’est vraiment passé au Tibet, ce serait extraordinairement utile que des représentants de la presse internationale entreprennent aussi de telles investigations. »[79]

Il a également répété ce qu’il avait déjà dit à Jonathan Mirsky, journaliste de The Observer en 1987 : si la majorité des Tibétains au Tibet avaient recours à la violence dans leur lutte pour la liberté, il n’aurait pas d’autre option que de démissionner de sa fonction de porte-parole du peuple tibétain[80].

Le 28 mars, le dalaï-lama a lancé un Appel au peuple chinois[81], pour aider à dissiper les malentendus entre Tibétains et Chinois, et pour aider à trouver une solution pacifique et durable au problème du Tibet par le dialogue dans un esprit de compréhension et de conciliation[82].

Le 1er avril 2008, la Chine a intensifié ses accusations contre les partisans du dalaï-lama, les accusant de planifier des attaques-suicides. Le premier ministre du gouvernement tibétain en exil, Samdhong Rinpoche, a réfuté ces allégations, affirmant : « Les exilés tibétains sont totalement engagés dans la non-violence, à 100%. Il n’est pas question d’attentats-suicide. Mais nous redoutons que des Chinois se déguisent en Tibétains et projettent de tels attentats pour faire une mauvaise publicité aux Tibétains »[83].

Le 2 avril, le dalaï-lama a appelé « les dirigeants mondiaux, les parlementaires, les ONG et les populations » à réclamer « un arrêt immédiat de l’actuelle répression » ainsi que « la libération de tous ceux qui ont été arrêtés ou interpellés »[84].

Le 2 avril, dans un entretien sur Radio France Internationale, Dawa Tsering, secrétaire adjoint du Département de l’information et des relations internationales du gouvernement tibétain en exil, répond ainsi à la question « Pourquoi le dalaï-lama n’a-t-il pas condamné les violences commises par les émeutiers ? » :[85]

« Tout d’abord, je dois préciser que les Tibétains ont été non violents de bout en bout. Dans l’optique tibétaine, la violence nuit à la vie. Dans les vidéos, on voit les émeutiers tibétains battre des Chinois hans, mais ils n’ont fait que les battre, les Chinois hans étaient libres de s’enfuir. Donc il n’y a eu que des gens battus, la vie a été épargnée. Ceux qui ont été tués, l’ont tous été par accident. Dans les vidéos diffusées par le gouvernemnt chinois, on voit clairement que lorsque les Tibétains martèlent leurs portes, les Chinois hans vont tous se cacher à l’étage. Lorsque les Tibétains mettent le feu aux bâtiments, les Chinois hans restent cachés au lieu de s’échapper, si bien que ces Chinois hans sont accidentellement brûlés vifs. Ceux qui ont mis le feu, pour leur part, n’avaient aucune idée du fait qu’il y avait des Chinois hans se cachant à l’étage. Donc non seulement des Chinois hans ont été brûlés vifs mais aussi des Tibétains. Donc tous ces incidents sont de accidents, par des meurtres ».

Le 6 avril, dans une déclaration, le dalaï-lama donne ses recommandations à l’ensemble des Tibétains à l’intérieur du Tibet et en exil. Il y réaffirme sa position politique, notamment pour l’arrêt des répressions chinoises et en faveur de la non-violence[86].

Le 11 avril, en visite au Japon, le dalaï-lama a réitéré son appel pour une enquête internationale sur les répressions sévères de la Chine, qualifiant la version des événements présentée par Pékin de « déformée » [87].

Le 24 avril, le dalaï-lama a déclaré qu’il avait écrit au président chinois Hu Jintao lui demandant d’accepter la visite de ses émissaires pour calmer la situation au Tibet,[88], la lettre adressée le 19 mars est restée sans réponse.[89] A la même date, le Dalai Lama fait appel à tous les Bouddhistes chinois[90]

Le 29 avril, le porte-parole du gouvernement en exil Thubten Samphel réaffirme ce qu’avait déjà exprimé le dalaï-lama lors de son Appel au peuple chinois du 28 mars : « Nous ne sabotons pas les Jeux », mais et il retourne les accusations contre leurs auteurs : « si quelqu’un le fait, c’est la Chine elle-même par ses mesures répressives au Tibet. Nous demandons aux autorités chinoises de permettre à des organisations internationales respectées de découvrir qui est derrière les troubles »[51].

Le 12 mai, le 14e Dalai Lama demande à la Chine et la Communauté internationale d’autoriser la présence de média indépendant au Tibet.[91]

Dialogue entre le gouvernement chinois et le gouvernement tibétain en exil

Des représentants chinois et tibétains se sont rencontrés à sept reprises entre 2002 et 2007 sans qu’aucune ébauche de solution n’ait été trouvée. Le dimanche 4 mai, pour la première fois depuis 10 mois et depuis les troubles du mois de mars, les deux parties se sont à nouveau retrouvé à Shenzhen dans la province de Canton, pour une entrevue à huis clos. Les deux représentants tibétains étaient Lodi Gyari et Kelsang Gyaltsen, 2 émissaires du dalaï-lama. Du coté chinois, étaient présents Zhu Weiqun et Sithar, hauts responsables du Département du Front uni du Parti communiste. Sithar d’ethnie tibétaine, est un ancien diplomate en Suisse et vétéran des discussions sino-tibétaines. Cette rencontre n’a débouché sur aucune décision concrète, sinon celle de poursuivre les discussions ultérieurement[92].

Les émissaires du Dalaï Lama doivent maintenant s’entretenir avec le Dalaï Lama, et ils feront une conférence de presse par la suite.[93]

Manifestations internationales pro-tibétaines et pro-chinoises

Dans le monde, des manifestations rassemblent samedi 15 et dimanche 16 mars des centaines de personnes à New York et dans plusieurs capitales européennes afin de dénoncer la répression de Pékin au Tibet.

En Inde

Des centaines de Tibétains en exil en Inde étaient parti le 10 mars de Dharamsala vers la frontière chinoise pour réclamer la liberté au Tibet.[94] Le 13 mars, la police a arrêté une centaine de Tibétains en exil qui marchaient vers le Tibet afin de manifester contre la répression chinoise.[95] Le 15 mars, 44 autres Tibétains prirent le relais de la marche et furent rejoints par les marcheurs relâchés après 14 jours de détention.[96]

Au Népal

Manifestation de Tibétains à Pokhara, au Nepal

Le 24 mars 2008, au Népal où vivent 20.000 Tibétains en exil, une manifestation a réuni environ 500 tibétains portant des pancartes "Tibet libre". L’un d’entre eux a déclaré à l’AFP : "Nous allons continuer nos manifestations. Les Chinois ne peuvent pas tuer impunément des Tibétains". Cette manifestation a été violemment réprimée par la police népalaise et 245 personnes ont été arrêtées, entraînant les protestations de l’association Human Rights Watch. [97]

Selon le site créé par des étudiants chinois anti-cnn.com, certains journalistes occidentaux, notamment en Allemagne avec la chaîne N-TV, le journal Bild Zeitung et le site en ligne de la RTL, et aux États-Unis avec le Washingtown Post, ont utilisé ces images en prétendant qu’il s’agissait de répression policière à Lhassa au Tibet.[réf. nécessaire]

En France

Manifestation solidaire du Gouvernement tibétain en exil devant l’ambassade de Chine à Paris le 16 mars 2008.

Le dimanche 16 mars 2008, 500 manifestants, dont des députés et des personnalités se sont rassemblés devant l’Ambassade de Chine à Paris, avenue George V. Un manifestant parvient à escalader le bâtiment et à remplacer le drapeau chinois par un drapeau tibétain, la police utilise lors des gaz lacrymogènes[98], [99].

Manifestants chinois soutenant les JO de Pékin à Paris en avril 2008, et arborant un t-shirt sur lequel est inscrit "One China, One family" et au verso " Faisons des JO un pont, pas un mur".

Le 19 avril, la communauté chinoise et des étudiants chinois en France organisent une manifestation à Paris (7 000 personnes selon les organisateurs[100], 4 000 selon la police et « plusieurs centaines de personnes » selon le Nouvel Observateur). Protestant contre la désinformation des médias occidentaux, ils manifestent leur soutien aux Jeux olympiques de Pékin, qu’ils souhaitent apolitiques. Arborant des drapeaux de la RPC, de la RC et de la France, ils scandent les slogans « La liberté de la presse, ce n’est pas mentir », « Un peuple, une seule Chine ». Un appel est lancé pour construire un pont et non un mur entre les peuples français et chinois[101],[102]. Selon le magazine Marianne, cette manifestation pro-chinoise aurait été organisée par l’ambassade de Chine[103]. Des manifestations semblables ont également eu lieu à Londres, Berlin et Vienne ainsi qu’à Los Angeles [104].

En Chine

Fin avril 2008, plusieurs manifestations anti-françaises éclatent devant les supermarchés Carrefour à Xian, Harbin, Jinan, Qingdao et Wuhan. L’enseigne Carrefour, accusée de soutenir activement le Dalai Lama, cristallise le ressentiment des Chinois (la direction de Carrefour a démenti, il ne s’agirait que d’un actionnaire) à la suite des événements survenus lors du Relais de la flamme olympique 2008 à Paris. La mairie de Paris a notamment déployé un drapeau tibétain et fait citoyen d’honneur le Dalaï Lama.[105], initiatives qui ont été un temps assimilées à la position de la France par les Chinois. Il s’agit des plus importantes manifestations nationalistes en Chine depuis celles contre les États-Unis en 1999, après le bombardement de l’ambassade chinoise de Belgrade[106], ou contre le Japon au printemps 2005[107], et les premières dirigées spécifiquement contre la France depuis l’établissement des relations diplomatiques en 1964. Les revendications sont principalement « Contre l’indépendance du Tibet », « Boycott des produits français », « Soutenez les Jeux Olympiques » et « Condamnez CNN ». Certains manifestants chinois brûlent des drapeaux français, d’autres y dessinent des croix gammées, revendiquent une « Corse libre » et traitent Jeanne d'Arc de prostituée[108],[109]. Du côté français, ces manifestations et insultes ne donneront pas lieu à réaction particulière.

Réactions diplomatiques internationales

Le 15 mars, l’Union européenne et les États-Unis ont fait part de leur préoccupation et la Maison Blanche a appellé les autorités chinoises à « respecter la culture tibétaine et à « engager le dialogue avec le dalaï-lama »[11].

L’Union européenne a demandé à la Chine de faire preuve de retenue et de respecter les droits de l’homme, les 27 nations européenes ne s’étaient pas encore accordées sur une déclaration. Javier Solana, le représentant de l’UE pour les affaires étrangères, ridiculisa l’idée que les Européens pourraient boycotter les Jeux Olympiques de Pékin en raison des événements au Tibet, affirmant que lui-même avait prévu d’y aller[110]. Le haut commissaire de l’ONU pour les droits de l’homme, Louise Arbour, a demandé au gouvernement chinois de permettre aux protestataires « d’exercer leur droits pour la liberté d’expression et de réunion » et de ne pas utiliser de force excessive ou de mauvais traitement sur les individus arrêtés[111]. Le secrétaire général Ban Ki-Moon a demandé une « résolution pacifique » du conflit et a déclaré qu’il n’y aurait pas d’intervention de l’ONU[112].

Lors de la cession du 25 mars du Conseil des droits de l'homme des Nations unies, les USA, l’Australie ainsi que plusieurs ONG ont été interrompues par la Chine en raison de références au Tibet.[113]

Au terme de la 2e semaine après le début des manifestations de moines tibétains à Lhassa, les réactions internationales étaient encore mesurées, les grandes puissances voulant préserver leur bonnes relations avec la Chine, partenaire économique d’importance. À part quelques protestations et appels à la retenue, aucune mesure concrète n’avait encore été prise[114].

En France

Le mardi 18 mars, le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner a déclaré que la France n’était pas favorable à un boycott de la cérémonie d’ouverture des jeux Olympiques de Pékin ainsi que demandé par Reporters sans frontières. Interrogé sur la difficulté de faire pression sur la Chine quand des intérêts économiques sont en jeu, il a admis « évidemment, ça complique les choses ». Il a souligné que, pour lui, le dalaï-lama avait « une vision très pacifique des choses » et rappelé qu’il « ne demandait pas l’indépendance du Tibet », contrairement à ce qu’affirme Pékin. Il a souligné que la France était l’« amie » de la Chine, un pays avec lequel elle a des « rapports très cordiaux ». Il a jugé que les autorités chinoises devraient accorder « la liberté d’accès pour la presse » au Tibet car « il faut que l’on sache » ce qui s’y passe[115],[116].
Le même jour sur France 3, Ségolène Royal s’est dite « profondément choquée de cette espèce d’inertie des nations démocratiques face à ce qui se passe en Chine », au Tibet. « On ne peut pas quand même assister à des assassinats, à des tueries, à des répressions aussi violentes ». La veille elle s’était déjà prononcée en faveur d’une menace de boycott des jeux Olympiques de Pékin « pour que la Chine cesse immédiatement la répression » dans la région[117].

Le mercredi 19 mars, Rama Yade, la secrétaire d’État chargée des Affaires étrangères et des Droits de l’Homme, a déclaré qu’à titre personnel, elle ne serait pas contre un boycott de la cérémonie d’ouverture des JO à Pékin, si la situation se dégradait au Tibet et qu’elle serait « tout à fait disposée et même très heureuse » de recevoir le chef spirituel tibétain s’il venait en France[118],[119].

Le 21 mars, Le Monde, dans un article intitulé La France évite de critiquer la Chine à propos du Tibet, explique que « l’attitude française tranche avec les positions adoptées par le Royaume-Uni et l’Allemagne », plus engagées, et rappelle que « Paris n’a pris aucune mesure concrète » pour protester contre les évènements au Tibet dans un souci de préserver son « partenariat stratégique et global » avec Pékin. Bien que Nicolas Sarkozy ait présenté la défense des droits de l’homme comme l’une de ses priorités, l’Elysée n’a produit encore aucun communiqué alors que le ministre allemand des affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, et le premier ministre anglais se sont entretenus téléphoniquement avec leur homologues chinois afin de réclamer un arrêt des violences au Tibet[120].
Le 24 mars, le président Nicolas Sarkozy demande au président chinois Hu Jintao « de la retenue et la fin des violences par le dialogue au Tibet ». Le 25 mars, il répond à propos d’un éventuel boycott de la cérémonie d’ouverture des JO :« toutes les options sont ouvertes ». Il explique avoir « un émissaire qui s’est entretenu avec les autorités les plus proches du dalaï-lama » et déclare vouloir que « le dialogue commence » et qu’il « graduera sa réponse en fonction de la réponse qui sera donnée par les autorités chinoises ». Concernant un possible boycott, il répond : « J’adapterai ma réponse aux évolutions qui auront lieu je l’espère le plus rapidement possible. Je ne ferme la porte à aucune éventualité, mais je pense qu’il est plus prudent de réserver mes réponses à l’évolution concrète de la situation. […] J’en appelle au sens de la responsabilité des dirigeants chinois »[121].

Le samedi 5 avril, Rama Yade, secrétaire d’État aux droits de l’Homme, aurait déclaré dans un entretien au journal Le Monde que le président de la France fixe trois conditions à sa présence à Pékin lors de la cérémonie d’ouverture des jeux : la fin des violences contre la population et la libération des prisonniers politiques, la lumières sur les événements tibétains et l’ouverture du dialogue avec le dalaï-lama[122]; en outre la libération de Hu Jia, un dissident chinois lourdement condamné serait aussi demandé[123]. Elle dément toutefois le jour même avoir employé le terme "conditions"[124]. Bernard Kouchner tente d’éteindre le début de controverse en affirmant le soir sur France 2 que « ce serait vraiment torpiller une éventuelle participation au dialogue que de poser des conditions », « il n’y pas de conditions et d’ailleurs, Mme Rama Yade a démenti ce mot », « en fonction de l’évolution [de la situation au Tibet], le président décidera (…). La position n’est pas encore arrêtée. »[125]

Le 11 avril, en visite en Inde, Ségolène Royal rencontre Tempa Tsering et Jetsun Pema et propose à nouveau de brandir «La menace de non-participation aux JO», alors que la résolution du problème tibétain est toujours incertaine[126] Tempa Tsering déclare que chaque pays peut boycotter les JO de Pékin même si le dalaï-lama soutient les JO[127].

Selon un article daté du 23 avril 2008 sur le site en ligne en langue française du Quotidien du Peuple, l’ambassadeur de France à Pékin a déclaré que la Mairie de Paris, qui a fait citoyen d’honneur de la ville de Paris le Dalaï Lama, « ne représentait pas le gouvernement français ». L’ambassadeur a réaffirmé par ailleurs que « la France reconnaissait que le Tibet était une partie de la Chine »[128].

Au Japon

Le temple de Zenkō-ji a pris la décision de ne pas participer au Relais de la flamme olympique 2008 en solidarité avec les Tibétains.[129],[130] Le Temple a été vandalisé quelques jours plus tard, peut-être à cause de cette décision.[131]

Contrôle de l’information en Chine

Fermeture du Tibet aux journalistes étrangers

Malgré une nouvelle loi censée assouplir les réglementations concernant le travail des journalistes étrangers en chine pendant la période des Jeux Olympiques de 2008, un permis spécial leur est toujours nécessaire pour se rendre dans le Xinjiang (Turkestan Oriental) et le Tibet[132].

James Miles est le seul journaliste occidental avec un permis officiel qui était présent à Lhassa pendant les émeutes. Il a obtenu ce permis, valable du 12 au 19 mars, avant les premières manifestations de moines débutées le 10 et a ainsi pu apporter un témoignage de ces événements. D'après lui, le fait qu'il ai pu être autorisé à visiter Lhassa, une ville que les journalistes étrangers sont rarement autorisés à visiter, est une erreur d’interprétation des autorités qui avaient estimé contrôler suffisamment la situation pour permettre à ce voyage de se poursuivre[133]. Il raconte dans une interview pour CNN que les journalistes qui ont tenté d'aller au Tibet non officiellement, sans permis, que cela soit avant ou pendant les événements, ont été rattrapés et expulsés[134].

Dès le début des troubles, les autorités chinoises ont fermé l'accès au Tibet des touristes et journalistes étrangers, empêchant tout travail journalistique indépendant. Dans un communiqué du 19 mars, Reporters sans frontières déclare avoir recensé depuis le 10 mars plus de « quarante violations graves des droits des journalistes étrangers qui ont été notamment empêchés de travailler librement dans les villes de Lhassa, Pékin, Chengdu, Xining et dans d’autres localités des provinces du Gansu, du Sichuan et Qinghai. » et cite des exemples de journalistes menacés, refoulés, séquestrés ou dont le matériel a été confisqué[135]. Dans un autre communiqué il déclare que « depuis le 12 mars 2008, les autorités refusent d’accorder aux correspondants étrangers un permis pour se rendre au Tibet [et que] les touristes n’y ont également plus accès »[136].

Les médias occidentaux n’ayant pas la possibilité d’accéder librement aux zones tibétaines, seuls les médias officiels ont été habilités à informer le public chinois. Les seules images diffusées sont celles de manifestants tibétains agressant violemment des personnes, attaquant des boutiques tenues par des Chinois ou brûlant des voitures de police. Ying Chan, directeur du département de médias et journalisme à l’université de Hongkong, estimant que « le gouvernement chinois a verrouillé l’accès à ce qu’il considère être des informations ou des vidéos sensibles », compte sur « des touristes pour envoyer des informations »[137].

La plupart des journalistes étrangers n'ont pu assister à l'ascension de la flamme olympique sur l’Everest. Après avoir d'abord reporté le voyage pour raison météorologique, les officiels ont refusé le 24 avril le paiement des billets d'avion pour Lhassa de plusieurs médias, dont l'AFP et d'autres agences internationales, les empêchant de se rendre sur place[138]. Afin d'éviter toute manifestation solidaire du Gouvernement tibétain en exil lors de cet événement, la Chine avait déployé des forces de l'ordre dans la région et interdit toute autre expédition, notamment au Népal, où le versant sud avait été fermé[139].

Environ deux semaines après le début des manifestations et des émeutes à Lhassa et pour la première fois, la Chine a invité à Lhassa une délégation de presse occidentale composée de 26 journalistes essentiellement américains et asiatiques afin de « constater les dégâts et d'interroger les habitants ». Le lendemain de son arrivée, le 27 mars, alors que le groupe visitait le temple du Jokhang, une trentaine de moines au moins ont interrompu le responsable chinois qui donnait la version officielle des émeutes et l’ont accusé de mensonges avant de scander : « Nous voulons la liberté, nous voulons le dalaï-lama ». Un des moines déclara que les moines qui avaient témoigné devant les journalistes n'étaient pas des croyants mais des membres du parti communiste qu'on avait placés là. Le groupe de journalistes, étroitement encadré tout le long de leur voyage de deux jours, fut rapidement invité à quitter les lieux et à remonter dans les bus. L'agence Xinhua News annonça le lendemain que des moines avait interrompu la visite sans donner plus de précision. A Lhassa, les journalistes purent se rendre compte de l’ampleur des destructions et de l'importante présence policière quadrillant la ville. Il ne purent quasiment pas interroger de Tibétains et, lorsqu'ils y parvenaient, ces derniers étaient aussitôt questionnés par des policiers en civil[140],[141].

Le tourisme au Tibet est complètement rouvert aux Chinois depuis le 1er mai 2008.[142]

Deux mois plus tard, le 3 juin, 31 journalistes de Hong-Kong, Macao et Taiwan ont été invités pendant 3 jours à découvrir Lhassa et Shannan « sans aucune restriction » selon un officiel du gouvernement de la région autonome du Tibet[143].

Le 12 juin, le Tibet était toujours fermée aux journalistes et aux étrangers.[144]

Censure d'Internet

À l’issue de la première semaine d’affrontement, des vidéos sur Internet, hébergées par des portails tels que YouTube, ont subi une période de blocage pour les internautes situés en Chine, qui n’ont eu alors accès qu’à des pages blanches. En réponse au site anti-CNN, un dissident chinois remarque que la plupart des internautes indignés en Chine n’ont jamais vu CNN ni eu droit d’accès aux médias occidentaux[145]. Trois semaines après les événements, la Chine a réduit sa censure sur Internet en redonnant notamment l’accès à YouTube, Blogspot et surtout Wikipedia qui était censuré depuis octobre 2005.[146]

Si la censure des informations publiques d’Internet peut être contournée par des techniques d’anonymisation (par exemple les serveurs de proxy) [147],[148], elle peut toutefois gêner l’accès aux sites privés demandant une identification. La limite principale de l’accès aux informations occidentales reste aujourd’hui la barrière de la langue[réf. nécessaire].

Brouillage des radios

Les informations occidentales sont accessibles au Tibet par Radio Free Asia, une station de radio du gouvernement américain qui diffuse des émissions en tibétain ou encore Voice of America et Voice of Tibet. Ces radios étrangères, qui sont écoutées par de nombreux moines[149], sont brouillées depuis 2000, mais Radio Free Asia contourne ce brouillage par l’utilisation de 10 fréquences différentes[150],[149].

Présentation des événements par les médias

Présentation des événements par les médias occidentaux

La majorité des Chinois estiment que les médias occidentaux ont surtout présenté la répression, en particulier au début des émeutes. Certains médias sont allés jusqu’à publier des images retouchées ou accompagnées de légendes erronées, comme le montre le site chinois Anti-CNN[151],[152]. Les étudiants chinois mettent en cause la partialité de trois sources d’informations : le gouvernement tibétain en exil, CNN et Radio Free Asia [153]. Forts de leurs a prioris, les médias occidentaux ont cherché à inverser les rôles entre coupables et victimes, en ne présentant pas, sinon de manière très confidentielle, les témoignages des familles des victimes. Les Chinois attendent des médias occidentaux qu’ils rectifient leur message[154].

Des témoignages de touristes occidentaux remettent cependant en cause cette vision des médias et décrivent de violentes émeutes dirigées contre les Hans et les Huis[155],[156]. Le témoignage d’un journaliste britannique sur place décrit des émeutes à caractère ethnique se déroulant le 14 mars[157].

Des médias renommés comme RFI et le Nouvel Obs ont publié, à propos de la manifestation de soutien aux JO du 19 avril à Paris, des articles minorant fortement le nombre de manifestants.[158],[159] Ces articles, qui reposent sur une dépêche de l’AFP [160], ont été modifiés pour ne faire état que de quelques centaines de manifestants (en réalité, 4 000 selon la police, dépêche AFP, et 7 000 selon les organisateurs), souligner que les organisateurs auraient souhaité rassembler 10 000 personnes, et supprimer le message principal de la manifestation selon l’AFP : la majorité des pancartes affichaient des slogans hostiles aux médias occidentaux. « Contre les injustices de la presse », « les médias dominants vous manipulent » ou encore « la liberté de la presse, ce n’est pas mentir ».

LePoint.fr et LeMonde ont publié des articles pointant « le manque de professionnalisme ahurissant » de la part des médias occidentaux [161],[162]. L’angle d’approche des premiers reporters sur les émeutes au Tibet a été probablement biaisé par les images que renvoient couramment la Chine et le Tibet (la situation préoccupante des droits de l’homme pour le premier et un idéal de paix et d’harmonie pour le deuxième). Outre la propagande patriotique présente, LePoint.fr remarque que les éléments vérifiables du site Anti-CNN sont corrects. Des médias occidentaux ont bien diffusé les images et extraits vidéos, pointés par le site comme étant biaisés anti-chinois (légende ou modification). Ces documents ont depuis été retirés avec parfois un communiqué d’excuse.

LePoint.fr dresse la liste des grossières erreurs des médias [163] : CNN a publié une image recadrée donnant l’impression d’un camion militaire poursuivant des civils tandis que l’image originelle montre des manifestants jetant des pierres sur le véhicule. Le Times, le Washington Post, RFI, CTV, N-TV, ou encore le Bild ont publié des images de la répression de Tibétains comme étant le fait de la police chinoise au Tibet alors qu’il s’agit de la police népalaise au Népal (uniformes différents). Quant à Fox News, son site Web accuse la police chinoise d’exhiber les prisonniers tibétains dans la rue, alors que l’image montre la police indienne en train d’arrêter des manifestants tibétains. La BBC a légendé « présence militaire importante » la photo d’une ambulance. Au Tibet, un touriste canadien a pris une photo des soldats anti-émeutes chinois. Celle-ci a été utilisée par le New York Times pour illustrer la répression chinoise sanglante. En réalité on voit une formation de soldats équipés contre les émeutes, qui essaient de se protéger des jets de pierres des manifestants. Certains boucliers, pourtant extrêmement solides, sont brisés. Le touriste canadien raconte que quelques instants après ce cliché, les émeutiers chargeaient le groupe de soldats.

Lors du parcours de la flamme, l’un des présentateurs vedette de CNN, Jack Cafferty s’est permis des propos injurieux à l’encontre des Chinois [164] Selon lui « Nous (les Américains) continuons à importer leurs saloperies couvertes de peinture au plomb ». Quatorze avocats chinois ont intenté une action en justice contre CNN et son commentateur.[165]

Présentation des événements par les médias chinois

Présentation des événements par les médias tibétains en exil

Le 18 avril 2008, lors d’une conférence de presse, le Premier ministre tibétain, Samdhong Rinpoché, déclare qu’après le 10 mars 2008, des manifestations ont atteint l’ensemble du Tibet (incluant le U-Tsang, le Kham, de l’Amdo), ayant pour origine la frustration accumulée pendant 50 ans de nombreux Tibétains en raison d’une répression excessive. Le premier ministre s’étonne que les autorités chinoises n’aient pu maintenir l’ordre au Tibet en une journée et qu’il fallu plus de cinq semaines. Ainsi, contrairement à des situations analogues récentes, le 14 mars aucune mesure répressive n’est prise pendant plusieurs heures. Un grand nombre de manifestants n’était pas connu à Lhassa, et des témoignages font état de policiers chinois déguisés en Tibétains ou en moines et menant les manifestations.[166],[167]

Documents photographiques et vidéos transmis par internet

Des photos et vidéos de victimes présumées de la répression au Tibet sont diffusées par différents sites. Ces images de cadavres peuvent choquer. Une page de Wikileaks leur est consacrée [168]. Wikileaks a diffusé plus de 150 photos et vidéos censurées du soulèvement au Tibet et appelle les blogueurs du monde à aider à passer la censure d’Internet en Chine — aussi appelée « la Grande Muraille pare-feu de Chine ». Ces photos, qui sont données en vrac, sont présentées comme « preuves photographiques de la répression sanglante d’une manifestation pacifique de Tibétains de Ngaba dans le Sichuan le 16 mars 2008 » mais elles restent à authentifier de façon indépendante, les régions tibétaines demeurant interdites aux journalistes[169].

Le site web du TCHRD présente également des photos censées être de la répression des forces de l’ordre[170], et de victimes entourées par la foule[171].

De nombreuses vidéos sont présentes sur internet, beaucoup ont été tournées par des touristes et reprises par les télévisions[172] et permettent en partie de pallier à l'absence de journalistes indépendants sur place suite à la censure médiatique imposée par le gouvernement chinois, qui a soit expulsé les journalistes présents, soit leur a interdit l'entrée sur le territoire.[173] Elles sont accessibles avec les mots clefs "Tibet Riots".[174]. Certaines vidéos dénoncent les versions tronquées des vidéos présentées par les médias occidentaux [175] en leur reprochant de ne pas avoir montré les violences des manifestants et les lynchages vus dans différentes vidéos amateur, ainsi que la souffrance des familles des victimes vues à la télévision chinoise[176].

Interrogations sur l’origine des troubles

Selon l’Institut français des relations internationales, exaspération envers le pouvoir et difficultés économiques se sont mutuellement amplifiées au Tibet. En outre, la plupart des commerces appartiennent à des Chinois han ( 90% de la population chinoise [dans l’ensemble de la Chine]) ou hui (Chinois musulmans qui contrôlent à Lhassa une grande partie du commerce de la viande) : ces faits convergent pour donner à une fraction de la population tibétaine le sentiment d’être l’otage d’une politique économique et démographique qu’elle ne maîtrise pas[177]. A cet égard, il est intéressant de noter l'existence de griefs économiques particuliers liés à l'essor du tourisme de masse à Lhassa : des « Tibétains se plaignent du fait que les marchands chinois y contrôlent désormais la plupart des magasins pour touristes dans le secteur de Barkhor »[178].

Le 20 mars, dans un article repris sur le site The Epoch Times, le journaliste Gordon Thomas affirme que les services secrets britanniques disposent de preuves photographiques, prises par satellite qui confirment que les Chinois ont utilisé des agents provocateurs pour déclencher les émeutes donnant à l’Armée populaire de libération (APL) une raison pour se déployer dans Lhassa tuant et blessant pendant plusieurs semaines. Selon Thomas, cela confirmerait l’implication, qui aurait été dénoncée par le dalaï-lama, d’agents chinois de l’APL déguisés en moines dans le déclenchement des émeutes à Lhassa[179].

Par ailleurs, une photographie montrant des policiers chinois recevant des robes de moines, a fait l’objet d’une diffusion massive par courrier électronique et a été reproduite sur certains sites « pro-tibétains »,[180] comme preuve de cette implication ; elle s’est finalement avérée provenir d’un tournage de fiction réalisé en 2003[181]. Selon le Los Angeles Times, cette photo aurait été prise lors du tournage du film Le Talisman de Michelle Yeoh tourné à Lhassa en 2001-2002.[182]

Le 21 mars, une accusation similaire est portée par Ruan Ming, un officier communiste chinois dissident, conseiller du président du gouvernement taiwanais. Selon Ruan Ming, le Parti communiste chinois aurait soigneusement monté les incidents au Tibet afin de forcer le dalaï-lama à démissionner et de justifier la répression des Tibétains. Il pense que les événements au Tibet visent à influencer l’opinion mondiale en discréditant le dalaï-lama à l’instar des accusations portées contre Zhao Ziyang lors des massacres de Tiananmen de 1989. Si le dalaï-lama se retirait, le PCC pourrait étiqueter les Tibétains comme terroristes, à l’instar de ce qui se passe pour le Mouvement d'indépendance du Turkestan oriental[183].

Michael Sheridan, journaliste au Times, dans un article daté du 23 mars, voit dans la répression des troubles une « répression ethnique » qui aurait été planifiée par trois personnalités de l’État chinois : Wang Lequan, Zhang Qingli et Li Dezhu[184].

Selon la radio Sound of hope (liée au mouvement Falun Gong), le régime chinois aurait orchestré les violences à Lhassa.

A ce que rapporte The Epoch Times dans un article publié le 22 mars, un policier chinois déguisé en Tibétain et portant un couteau se serait mélé aux manifestants aux dires d’une Thaïlandaise d’origine chinoise (dont l'identité n'est pas précisée). Cette dernière, se rendant dans un commissariat local où elle connaissait un policier, aurait vu arriver un homme, un couteau à la main, accompagnant des émeutiers arrêtés, et qui aurait retiré par la suite ses vêtements de style tibétain pour revêtir son uniforme de police. Expulsée de Lhassa le lendemain et arrivant 10 jours plus tard en Inde via le Népal, cette Chinoise thaïlandaise aurait reconnu l’homme du commissariat sur BBC TV news et en aurait fait part à des associations des Tibétains en exil [185]. Le traducteur en chinois du dalaï-lama, Ngawang Nyendra, cité dans le même article, affirme que les autorités chinoises ont diffusé, à la suite de cette révélation, des photos d'où l'homme au couteau avait été effacé avec un logiciel de retouche et que la vidéo correspondante avait cessé d'être diffusée par la télé chinoise. Pourtant, la photo originelle, non retouchée, est toujours présente sur le site de CCTV.com.[186]

Selon Phayul.com, des témoins oculaires ont indiqué que sur les images montrées par les médias chinois, certains "émeutiers" étaient en fait des policiers chinois envoyés par les autorités chinoises pour inciter la violence entre les chinois Han et les Tibétains.[187]

Les économistes F. William Engdahl et Michel Chossudovsky ont suggéré quant à eux que cette crise pouvait avoir pour instigateur les États-Unis, dans le cadre de leurs actions de déstabilisation de la Chine[188],[189],[190],[191]. Selon Chossudovsky, les émeutes ne sont pas un mouvement pacifique spontané mais des événements prémédités et soigneusement orchestrés. Chossudovsky reconnaît cependant, qu’étant donné la nature cachée des opérations d’espionnage, il n’y a pas de preuve de l’implication des États-Unis dans cette crise. Mais il ajoute que de la fin des années 1950 jusqu’en 1974, le dalaï lama a figuré sur la liste de personnel de la CIA, laquelle avait organisé un camp d’entraînement militaire secret pour les "combattants de la résistance du Dalaï Lama". De même, il affirme qu’au travers de la National Endowment for Democracy créée en 1983, la CIA finance nombre d’organisations d’exilés tibétains, tant en Chine qu’à l’étranger : International Campaign for Tibet, Tibet Multimedia Center, Tibetan Center for Human Rights and Democracy, ainsi que l’association Reporters sans Frontières.

Pour le consul général adjoint de Chine à New York, Kuang Weilin, qui s’exprimait le 3 avril, « les violences en Chine et les attaques contre une vingtaine de missions diplomatiques chinoises d’outre-mer sont complotées, organisées et commanditées par la clique du dalaï lama qui reste attachée à son rêve d’ "indépendance du Tibet" ». « Pourquoi ces émeutiers, à l’intérieur comme à l’extérieur de la Chine, ont-ils adopté les mêmes tactiques, crié les mêmes slogans et montré le même niveau de violences ? », a-t-il ajouté[192].

L’agence de presse chinoise Xinhua cite un rapport selon lequel une fondation allemande (Friedrich Naumann Stiftung für die Freiheit ou FNSt) aurait planifié les manifestations en liaison avec le quartier général du dalaï-lama[193], en se référant à un article publié dans le journal canadien The Globe and Mail. L’auteur de cet article, Doug Saunders, écrivait que de nombreuses manifestations seraient coordonnées par un organisateur à temps plein (aucune fondation allemande n’est explicitement citée) engagé par le gouvernement tibétain en exil, et que des documents, envoyés à 150 groupes de soutien au Tibet de par le monde, donnaient des indications détaillées sur l’organisation de manifestations lors du relais de la flamme olympique dans son périple autour du monde[194]. Cependant, Doug Saunders, étonné de l’engouement de Xinhua pour son article, a écrit par la suite que les manifestations lors du relais de la flamme n’avaient pas de rapport avec les émeutes et les soulèvements à l’intérieur du Tibet[195].

De même, selon un rapport du Ministère de la sécurité intérieure chinois, les émeutiers auraient reçu un financement étranger provenant de fondations américaines[196].

Le « Quotidien du peuple en ligne », site Internet en français du gouvernement chinois, a publié le 7 avril l’intervention d’un certain Gu Yangzhai qui, entre autres choses, décortique le modus operandi des activistes tibétains ainsi qu’a pu le reconstituer la police locale. Les instructions émanant de l’extérieur du Tibet auraient été envoyées sous forme codée via l’Internet, il en aurait été de même en sens inverse pour les rapports sur la situation interne. De là viendrait la synchronisation observée dans le déclenchement et le déroulement des troubles en des lieux éloignés entre eux de centaines de kilomètres[197].

Annexes

Articles connexes

Liens externes

Wikimedia Commons propose des documents multimédia libres sur Troubles au Tibet en mars-avril 2008.

Journaliste et touristes présents

  • (fr) Jours d’émeutes à Lhassa Article du seul journaliste occidental présent à Lhassa : James Miles, The Economist, traduction "Contre Info" de la version originale Trashing the Beijing Road
  • (en) Fire on the roof of the world, James Miles
  • (en) Interview de James Miles par CNN
  • (fr) Synthèse de témoignages de touristes La semaine qui ébranla le Tibet, source : Le Monde, 4 avril 2008
  • (en) Synthèse de témoignages de touristes Eyewitnesses Recount Terrifying Day in Tibet
  • (fr) Témoignages de touristes présents : Blog d’Aurélien Emeutes à Lhassa, Touriste espagnol Dans les rues de Lhassa vendredi, une "chasse aux Chinois", des touristes canadiens et suisses Scènes de lynchage de Chinois par des Tibétains
  • (en) Témoignages de touristes présents : Blog de Kadfly : Lhasa Burning, Safe and sound in Kathmandu, A few more pictures from Lhasa, Interview with Blogdai and some answers for Jotman, un touriste suisse Eyewitness: Tibet out of control, des touristes étrangers 'Oh my God, someone has a gun …', Eyewitness account of Lhasa violence, touriste du Danemark Crackdown as 10 burnt to death in Tibet riots
  • (nl) Témoignages de touristes présents : Nederlanders over onlusten in Tibet
  • (en) Synthèse de témoignages par un blogueur américain (page soupçonnée de partialité) : Eyewitnesses confirm Tibetan Riots and Violences

Témoignage des victimes

  • (en) Des victimes musulmanes racontent les émeutes de Lhassa : Injured Muslims tell of Lhasa unrest

Émissions et points de vue

  • (fr) Jean-Luc Mélenchon (sénateur de l’Essonne) : Une idée sage sur le Tibet et les JO 2008 (Video), Point de vue (Blog)
  • (en) Youtube Vidéo et Photos des manifestations dans le monde et au Tibet en 2008
  • (en) CCTV-9 (télévision chinoise), images d’émeutes Émission (partie 1), témoignages des victimes (Émission Partie 2)
  • (fr) Libération du 9 mai 2008, Ce que veut le Tibet, Reprise prévue des négociations, Le dalaï-lama, icône à multiples facettes, «Pékin est face à un nouveau défi», Dialogue, «Au Tibet, même les odeurs sont chinoises» Video,« Pékin est face à un nouveau défi », Robert Barnett
  • (fr) Deux interviews du 14e Dalai Lama : Avant sa visite en Allemagne, La « voie du milieu » pour le Tibet (le Monde 10 avril 2008)
  • (fr) Matthieu Ricard (traducteur du dalaï-lama): « Après les JO, ce sera fichu, on ne parlera plus du Tibet »
  • (fr) C dans l'air émission du 19 mars 2008 sur (France 5), JO : Chine écrase Tibet
  • (fr) Peter Franssen, site Michel Collon Investigation , 5 questions à propos du soulèvement au Tibet
  • (fr) Émission du 23 avril 2008 (France 3) Ce soir ou jamais : débat sur le Tibet
  • (fr) CCTV (dossier de la télévision chinoise) Les émeutes au Tibet
  • (fr) Carte du Tibet présentant les divers sites des manifestations de 2008 (Site Phayul.com)

Notes et références

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  2. abc La semaine qui ébranla le Tibet
  3. abc Trashing the Beijing Road, 19 mars 2008, The_Economist. Consulté le 19 avril 2008
  4. ab Jours d’émeutes à Lhassa, 19 mars 2008, The_Economist. Consulté le 19 avril 2008
  5. ab Documentaire CCTV9 émeutes à Lhassa, 21 mars 2008, CCTV-9. Consulté le 21 avril 2008
  6. Le Tibet sous haute surveillance, témoignage de Claude Balsiger
  7. 12 policemen gravely injured in Lhasa riot, 16 mars 2008, China View. Consulté le 10 juin 2008
  8. Un manifestant tibétain témoigne de la répression chinoise à Lhassa en mars 2008
  9. Escaped Tibetan rioter tells of Chinese repression
  10. China Clamps Down on Tibetan Protests As Many Deaths, Injuries Reported, 14 mars 2008, Radio Free Asia. Consulté le 14 mars 2008
  11. abcd Pékin aux prises avec une révolte au Tibet, 15 mars 2008, Le Monde. Consulté le 17 mars 2008
  12. Ni port ni usage d’armes destructives par le personnel de sécurité dans les émeutes à Lhasa, 17 mars 2008, Xinhua. Consulté le 4 mai 2008
  13. Fire on the roof of the world, 14 mars 2008, The_Economist. Consulté le 25 mai 2008
  14. Violence in Tibet as Monks Clash With the Police
  15. With Reports Of Violence, Anger Ignites Beyond Tibet
  16. 13 civils brûlés vifs ou poignardés à mort dans les émeutes à Lhasa, 17 mars 2008, Xinhua. Consulté le 4 mai 2008
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  18. Fresh protest in Amdo Labrang, 15 mars 2008, Phayul.com. Consulté le 17 mars 2008
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  44. Tortured monk released in unstable mental condition
  45. Une célèbre chanteuse tibétaine interpellée par la police chinoise
  46. Le dalaï-lama, la Chine et Hitler
  47. Émeutes au Tibet, Les premières condamnations tombent
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  54. Tibetans shot officer 'to avenge killing of monk'
  55. A Tibetan woman succumbs to torture
  56. TIBET, CETTE FLAMME INEXTINGUIBLE
  57. La police du Tibet a arrêté 16 moines suspectés d'attentats à la bombe, Le Quotidien du peuple en ligne, 6 juin 2008. Consultée le 2008-06-09.
  58. Tibet: 1.000 manifestants arrêtés en mars n'ont pas réapparu
  59. Un millier de Tibétains détenus sans inculpation, selon Amnesty
  60. More Than 1000 Still Unaccounted For in Tibet Lock-Down as Olympic Torch Approaches Region, Amnesty International
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  66. Q&A: The showdown in Tibet. Why would Tibet boil over right now, 15 mars 2008, Chicago Tribune. Consulté le 19 mars 2008
  67. Le dalaï-lama peut-il démissionner?
  68. Le 11e Panchen Lama condamne les violences à Lhasa, 16 mars 2008, Xinhua. Consulté le 19 mars 2008
  69. Nous n’avons pas ouvert le feu, 15 mars 2008, Xinhua. Consulté le 23 avril 2008
  70. Pékin dit mener "une lutte à mort" avec le dalaï-lama, 19 mars 2008, France 24. Consulté le 19 mars 2008
  71. Transcript: James Miles interview on Tibet
  72. Le PCC requiert une plus grande fidélité parmi ses membres dans les régions tibétaines, 7 avril 2008, Quotidien du Peuple. Consulté le 19 avril 2008
  73. Un groupe de travail envoyé au Monastère de Drepung à Lhasa pour rétablir l’ordre religieux, 14 avril 2008, Quotidien du Peuple. Consulté le 19 avril 2008
  74. TIBET Une autre politique chinoise est possible
  75. Pour lutter contre le "séparatisme", Pékin veut éduquer les Tibétains, 22 avril 2008, Le Monde. Consulté le 22 avril 2008
  76. De son exil indien, le Dalaï Lama se dit "très, très inquiet", 17 mars 2008, Le Monde. Consulté le 17 mars 2008
  77. Le bilan s’alourdit au Tibet, des manifestants sont arrêtés au Népal, 17 mars 2008, 20 Minutes. Consulté le 17 mars 2008
  78. Emeutes au Tibet : le Parlement en exil évoque des centaines de morts, l’armée chinoise se déploie, 17 mars 2008, Le Monde. Consulté le 17 mars 2008
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  80. Press Release, 18 mars 2008, Site du dalaï-lama. Consulté le 20 mars 2008
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  82. An Appeal to the Chinese People
  83. La Chine accuse les Tibétains de vouloir perpétrer des attentats-suicide
  84. Répression au Tibet: le dalaï lama veut une pression internationale sur Pékin
  85. 西藏流亡政府回应北京的指控 (Tibetan Government-in-Exile respond to Beijing accusations), Radio France International, 2008-04-02.
  86. Statement of His Holiness the Dalai Lama to All Tibetans
  87. Dalai Lama Calls Again For Crackdown Probe
  88. Dalai Lama asks Chinese president to allow Tibet envoys, EU urges debate
  89. Le dalaï lama inquiet pour le Tibet
  90. An Appeal To All Chinese Spiritual Brothers And Sisters, Traduction en français
  91. Dalai Lama urges international media presence in Tibet
  92. Les négociateurs chinois et tibétains ne parviennent à aucun résultat, 5 mai 2008, Le Monde.
  93. Envoys will brief His Holiness the Dalai Lama on 7 May
  94. Des Tibétains d’Inde organisent une marche de protestation avant les JO de Pékin
  95. La police indienne arrête 100 exilés en route vers le Tibet
  96. Le site de la Marche de retour au Tibet
  97. 245 manifestants tibétains arrêtés au Népal sur le journal du dimanche.
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  100. Des milliers de Chinois réunis à Paris pour soutenir les JO de Pékin, Le Parisien, 19 avril 2008
  101. Des Chinois de Paris dénoncent une « désinformation », Le Parisien, 19 avril 2008
  102. Texte intégral de Li Huan lors des manifestations des Chinois d’outre-mer et des étudiants chinois en France », Le Quotidien du peuple, 22 avril 2008
  103. Ambassade de Chine/ ministère de l’Intérieur : 1-0 à la mi-temps
  104. Lesoir.be Manifestations pro-chinoises en Europe et aux USA
  105. Le dalaï-lama, « citoyen d’honneur » de Paris (France24)
  106. En Chine, un État autoritaire mais faible
  107. Pékin attise les tendances nationalistes d’une partie de l’opinion
  108. Manifestations anti-France en Chine, Le Parisien, 19 avril 2008
  109. Nouvelles manifestations anti-occidentales en Chine, Le Parisien, 20 avril 2008
  110. EU urges China to show restraint in Tibet, 14 mars 2008, Reuters. Consulté le 22 mars 2008
  111. China should allow demonstrations in Tibet — U.N., 14 mars 2008, Reuters. Consulté le 22 mars 2008
  112. UN calls for restraint in Tibet, 17 mars 2008, BBC News. Consulté le 22 mars 2008
  113. Quand le Tibet explose, la Chine tangue… et le Conseil chavire
  114. Courrier international, http://www.courrierinternational.com/article.asp?obj_id=83791
  115. Paris contre le boycottage de la cérémonie des JO, n’exclut pas concertation de l’UE, news.fr.msn.com
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  117. Royal pour le boycott des JO, www.lefigaro.fr. Consulté le 21 mars 2008
  118. La France pourrait boycotter la cérémonie des JO, 20 mars 2008, L'Express. Consulté le 2008-03-21
  119. Rama Yade pense à boycotter la cérémonie d’ouverture des JO, www.europe1.fr. Consulté le 21 mars 2008
  120. La France évite de critiquer la Chine à propos du Tibet, www.lemonde.fr. Consulté le 21 mars 2008
  121. O: Sarkozy n’exclut pas un boycott…, 25 mars 2008, liberation.fr. Consulté le 25 mars 2008
  122. Rama Yade : Les "trois conditions" pour que M. Sarkozy se rende à l’ouverture des JO, 05 avril 2008, Le Monde. Consulté le 06 avril 2008
  123. JO: La France pose ses conditions
  124. Rama Yade dément avoir parlé de "conditions" pour la venue de M. Sarkozy à l’ouverture des JO, 05 avril 2008, Le Monde. Consulté le 06 avril 2008
  125. JO : Bernard Kouchner essaie de mettre un terme à la cacophonie, 06 avril 2008, Le Monde. Consulté le 06 avril 2008
  126. En Inde, la socialiste rencontre la sœur du dalaï-lama
  127. La flamme olympique : le parcours heure par heure
  128. Ambassadeur français : le Maire de Paris ne représente pas le gouvernement français, 23 avril 2008, Le Quotiden du peuple. Consulté le 1er mai 2008
  129. Japon: un célèbre temple bouddhiste refuse d’accueillir la flamme des JO
  130. Le temple de Zenkoji boude la flamme
  131. JO: dégradations contre un temple nippon ayant refusé d’accueillir la flamme
  132. (fr) Assouplissement de la réglementation pour les journalistes en 2008, sauf au Tibet sur http://www.tibet-info.net, Source Xinhua, 12 décembre 2006. Consulté le 4 juin 2008
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  135. (fr) Reporters sans frontières, « Nouvelles entraves pour les journalistes étrangers, le contrôle et la propagande s’intensifient au Tibet » sur http://www.rsf.org, 19 mars 2008. Consulté le 4 juin 2008
  136. (fr) Reporters sans frontières, « La répression au Tibet se déroule à huis clos : Reporters sans frontières dénonce une nouvelle violation grave des engagements olympiques des autorités de Pékin » sur http://www.rsf.org/, 17 mars 2008. Consulté le 4 juin 2008
  137. La Chine bloque YouTube dans le volet électronique de sa "guerre populaire" au Tibet, 17 mars 2008, Le Monde. Consulté le 19 mars 2008
  138. Des journalistes privés de la Flamme sur l'Everest sur http://sport.france2.fr, 24 avril 2008. Consulté le 05 juin 2008
  139. (fr) AFP et LIBERATION.FR, « La flamme olympique au sommet de l'Everest » sur http://www.liberation.fr, jeudi 8 mai 2008. Consulté le 5 juin 2008
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  141. (fr) Philip Bruno, « Pékin veut montrer que le Tibet est sous contrôle » sur http://www.europe-solidaire.org, 27 mars 2008. Consulté le 6 juin 2008
  142. Le tourisme au Tibet sera complètement rouvert aux Chinois à partir du 1er mai
  143. Des journalistes de HK, de Macao et de Taiwan invités à couvrir le Tibet après les émeutes de Lhasa
  144. Tibet fermé : Pékin accuse le dalaï
  145. Journal d’un Chinois Le Monde, Blog de caichongguo
  146. Wikipedia refait un peu surface en Chine, 9 avril 2008, génération nouvelles technologies. Consulté le 24 avril 2008
  147. Contourner le grand pare-feu de la Chine
  148. Acceder aux sites censurés grâce aux serveurs proxy : Youtube- Pandora - Myspace - Wikipedia … / Arkius
  149. ab La répression au Tibet se déroule à huis clos, 17 mars 2008, Reporters sans frontières. Consulté le 19 mars 2008
  150. Reporters sans frontières dénonce le brouillage des radios étrangères en Chine
  151. Photos annotées publiées dans les médias allemands, Peter Franssen, Site web chinois Anti-CNN
  152. Crise tibétaine: un site internet chinois dénonce les médias occidentaux
  153. station de radio du gouvernement américain, fondée en 1950 par la CIA et financée par celle-ci jusqu’à 1971. Elle est actuellement financée par le Congrès des États-Unis
  154. Médias étrangers : informations incorrectes
  155. Que s’est-il vraiment passé à Lhassa ? Journalistes et touristes disent autre chose, Peter Franssen
  156. Un touriste français à Lhassa: « Une ambiance de guerre civile », Rue89, 17 mars 2008
  157. La semaine qui ébranla le Tibet
  158. Des Chinois manifestent à Paris pour les Jeux par Stéphane Lagarde, RFI
  159. Paris : des Chinois manifestent en faveur des JO, article du Nouvel Obs
  160. Manifestation à Paris pour les JO de Pékin et contre la "désinformation"
  161. Tibet : Anti-cnn.com pointe les erreurs des médias occidentaux (Lepoint)
  162. TIBET : qui est victime de l’information ? (Le Monde) copie sur le blog relatio.fr
  163. Tibet : Anti-cnn.com pointe les erreurs des médias occidentaux (Lepoint)
  164. Le Point 16/04/2008
  165. Des avocats chinois intentent une action contre CNN et son commentateur pour leurs commentaires calomnieux
  166. (fr)Déterioration de la situation au Tibet
  167. (en)China’s “unnecessary repressive measures” deteriorating situation in Tibet
  168. Wikileaks : vidéos et photos censurées, de Wikileaks. Accessible aussi sur Freenet : USK@n7~-0UtfsoqcXXh3ANOn8CYEQlDC~9P6X6xpAU~SMQY,FHKzm~gWLh4exgDVdCOWBVU60AQ3DHTp4kB4pWgTFzk,AQACAAE/WikiLeaksOrgTibetProtestPhotos/1/
  169. Is Beijing Softening on Tibet?
  170. Photographic evidence of the bloody crackdown on peaceful protesting Tibetan at Ngaba County, Sichuan Province, on 16 March 2008
  171. 17 March 2008
  172. First Cut: Aussie captures Tibet riots on camera
  173. Nouvelles entraves pour les journalistes étrangers, le contrôle et la propagande s’intensifient au Tibet
  174. Detailed Video of Tibet Riot
  175. Tibet Riot, you won't see this on CNN and BBC
  176. CCTV9 Documentary on Lhasa, Tibet, China Riots (Part 2 of 2)
  177. Valérie Niquet, groupe de travail Chine, stratégie de défense, www.ifri.org
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  180. Piratage informatique : la Chine attaque avant les JO ?
  181. « Une photo à ne pas diffuser »
  182. Photo of Chinese forces with monks' robes proves illusory
  183. Former Advisor to Party General Secretary Claims Regime Staged Lhasa Incident, 24 mars 2008, The Epoch Times. Consulté le 26 mars 2008
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  185. Chinese Regime Implicated in Staging Violence in Lhasa—UPDATED
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  187. China selectively invites second batch of reporters to Lhasa after Tibet unrest
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  190. Risky geopolitical game: Washington plays ‘Tibet Roulette’ with China, F. William Engdahl, onlinejournal.com, 14 avril 2008
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  196. (zh) Les guérilleros de Congrès de la Jeunesse tibétaine soutenus par les fondations états-uniennes. - (en) Traduction Google (!)
  197. Le beau rêve du Dalaï Lama se brise, Le Quotidien du peuple en ligne, 7 avril 2008. Consultée le 29 avril 2008.
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