The Secret of Monkey Island

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The Secret of Monkey Island

Éditeur LucasArts
Développeur Lucasfilm Games
Distributeur Electronic Arts[1]
Concepteur Ron Gilbert (chef de projet)
Tim Schafer
Dave Grossman
Musique Michael Land

Date de sortie PC
Octobre 1990
Amiga, Atari ST
Début 1991
MAC OS
1991

CD-ROM
1992

Special Edition
15 juillet 2009
Genre Aventure
Mode de jeu Un joueur
Plate-forme Version original
Amiga, Atari ST, CDTV, DOS, FM Towns, Mac OS, Mega-CD
Special Edition
iOS, Mac OS X, Windows, PlayStation Network, Xbox Live
Média Disquettes, CD-ROM
Contrôle Clavier, souris, manette

Moteur SCUMM

The Secret of Monkey Island (en français, Le Secret de l'Île aux Singes) est un jeu d'aventure graphique de type pointer-et-cliquer développé et publié par LucasArts en octobre 1990. Le jeu se déroule dans une version imaginaire des Caraïbes pendant la grande époque de la piraterie. Le joueur incarne le personnage de Guybrush Threepwood, un jeune home rêvant de devenir un pirate, et doit explorer les îles imaginaires du jeu et résoudre des puzzles. Le jeu est conçu en 1988 par Ron Gilbert, alors employé de LucasArts, avec l’aide de Tim Schafer et de Dave Grossman. C’est le cinquième jeu à utiliser le moteur SCUMM, celui-ci ayant été modifié pour Monkey Island afin d’intégrer une interface plus facile à prendre en main.

À sa sortie, The Secret of Monkey Island est très bien accueilli par les critiques qui mettent en avant son humour, ses effets sonores et son système de jeu qui lui valent d’être encore aujourd’hui considéré comme une des références du genre. Suite à son succès, LucasArts publie dès 1991 une suite, intitulé Monkey Island 2: LeChuck's Revenge. Trois autres épisodes viendront ensuite compléter la série. Le jeu a également été réédité sous la forme d’une édition spéciale publié en 2009 et permettant de jouer sur iPhone, Windows et Xbox 360. Celle-ci étant également disponible pour PlayStation 3, iPad et Mac OS X depuis 2010.

Sommaire

Trame

Univers

The Secret of Monkey Island se déroule au XVIe siècle dans une version imaginaire des Caraïbes, créé par Ron Gilbert en 1988, pendant la grande époque de la piraterie. Le jeu commence sur l'île de Mêlée, une île regorgeant de pirates, et se poursuit sur la mythique île aux Singes peuplée de cannibales et servant de repère a des pirates fantômes. En plus de sa dimension fantastique, incarné par la prêtresse Lady Vaudou, le jeu regorge d'anachronisme.

Les Lieux de l'Aventure

L'aventure du jeu se déroule sur trois lieux principaux, dont le passage de l'un à l'autre délimite les différentes parties du jeu.

L'Ile de Mêlée 

L'Ile de Mêlée est le lieu où débute et se termine l'aventure. Il s'agit d'une île ayant grossièrement une forme de croissant, essentiellement constituée de forêts, et peuplée de pirates qui lorsqu'ils sont à terre acceptent plus ou moins d'obéir à une autorité locale incarnée par un gouverneur. Parmi les lieux les plus notables de l'île, la ville de Mêlée située sur la côte ouest est le plus remarquable. Dès qu'on y pénètre, on y trouve la basse ville et les quais près desquels se trouve le Scumm Bar, perpétuellement rempli de pirates ivrognes, et repère du Conseil des Pirates. Dans la haute ville, au détour des rues pavées, on trouvera l'église, le bazar de la ville, les geôles, la grande horloge (qui indique toujours dix heures) et la salle de Vaudou, le tout parmi les passants et rencontres improbables effectuées dans les ruelles isolées. Au fond de la ville et loin des habitations, siège le palais du gouverneur Marley, la plus grande et luxueuse résidence de l'île. La ville est en contrebas d'une falaise au sommet de laquelle se trouve un poste de vigie surveillant les allées et venues des navires. Le reste de l'île n'est pas entièrement vierge. Reliés par des sentiers sur lesquels des pirates sont en maraude, on trouve un cirque ambulant, un site de vente de bateaux d'occasions, un centre de formation au combat au sabre, ainsi que, sur une petite île au nord-est nommée Hook Island reliée par un câble à l'Ile de Mêlée, une maison où jadis Meathook offrait des spectacles aux visiteurs. On peut également explorer la forêt, qui contient en son cœur la demeure de la Reine du Sabre ainsi que le site du trésor légendaire de Mêlée, agréée par la chambre de tourisme de l'île.

Le Singe des Mers

C'est le navire avec lequel Guybrush rejoindra l'Ile de Mêlée. Le navire a jadis appartenu à deux explorateurs (Herman Toothrot était l'un d'entre eux, comme le journal de bord l'indique) qui se sont rendus sur l'Ile au Singe pour y découvrir ses secrets. Le navire fut ensuite le seul navire à en être revenu avec à son bord un équipage de singes, avant de finir en vente au marché de bateaux d'occasion de Stan. Le bateau est en assez mauvais état et présente des signes de délabrement et de fuites. On y trouve un pont sur lequel se trouve un unique canon, un poste de vigie, la cabine du capitaine, une cale, une cuisine et un dortoir pour l'équipage. Une fois sur l'Ile au Singe, Guybrush pourra ou non couler le Singe des Mer en actionnant une catapulte artificielle fabriquée par Herman Toothrot. Il est à noter que pour être en cohérence avec Monkey Island 4, cette action a dû bien être commise dans Monkey Island 1 (involontairement ou non).

L'Ile aux Singes

L'Ile aux singes est connue pour abriter un secret mystérieux et ne figure sur aucune carte. Aucun humain n'en est jamais revenu vivant avant que Guybrush Threepwood ne le fasse dans le tout premier Monkey Island. L'île est entièrement recouverte d'une jungle épaisse, et séparée en différentes zones par des cols montagneux infranchissables. Hormis les singes, on ne trouve comme habitant de l'île qu'une poignée de cannibales (au nord) et un naufragé, Herman Toothrot (au sud). Ces derniers sont en querelle de voisinage, ont de nombreux contentieux et refusent de s'adresser la parole. Ils communiquent régulièrement par courrier interposé sur les lieux où les contentieux sont en vigueur. À noter que depuis peu, LeChuck et ses pirates fantômes ont également des litiges avec les cannibales, et participent également à cette correspondance ridicule.

Personnages

Article détaillé : Personnages de Monkey Island.
Guybrush Threepwood 
Guybrush Threepwood est un jeune homme arrivé sur l'île de Mêlée dans l'espoir de devenir pirate. Il décide donc d'aller voir les trois juges de l'île pour leur demander comment le faire. Guybrush est le héros de Monkey Island et se caractérise par sa maladresse et son manque de chance. Il se retrouve involontairement au centre de la lutte entre les deux autres personnages principaux : Elaine Marley et LeChuck.
Elaine Marley 
Elaine Marley est gouverneure de l'île de Mêlée. Elle est redoutée pour son caractère mais appréciée pour ses grandes qualités. Guybrush en est amoureux, mais c'est aussi le cas du pirate fantôme LeChuck, qui capture Elaine. Cette dernière démontrera malgré tout ses capacités à se débrouiller et constitue une sorte de rivale alliée de Guybrush.
LeChuck 
LeChuck est le principal antagoniste du jeu. C'est un pirate mort-vivant, capitaine d'un équipage de morts-vivants et érudit de la magie vaudou. Dans le premier épisode, il est incarné sous sa forme de pirate-fantôme mais reste capable de se transformer sous les traits d'êtres humains.

Scénario

Le joueur incarne Guybrush Threepwood, un jeune homme rêvant de devenir pirate qui arrive sur l'île de Mêlée. Il rencontre les chefs des pirates de l'île qui lui assigne les trois épreuves qu'il doit accomplir pour devenir pirate : gagner un duel au sabre contre la Reine du Sabre Carla, trouver un trésor caché et voler un idole dans la maison du gouverneur. En explorant l'île pour accomplir ces épreuves, Guybrush entend parler d'un pirate fantôme, LeChuck, qui serait mort lors d'une expédition vers la mystérieuse île aux Singes, qu'il tentait de rejoindre pour gagner l'amour du gouverneur Elaine Marley. Il fait la connaissance de plusieurs habitants de l'île, comme Lady Vaudou, Stan ou Otis, et rencontre la gouverneur Elaine dont il tombe amoureux. Alors qu'il termine les épreuves devant faire de lui un pirate, l'île est attaqué par LeChuck et son équipage qui enlèvent Elaine avant de retourner sur l'île aux Singe. Pour la sauver, Guybrush achète un bateau et recrute un équipage avant de lever l'ancre pour l'île aux Singe[2]. Après avoir accosté sur celle-ci, il découvre un village de cannibales dont les habitants se disputent avec un naufragé appelé Herman Toothrot. Guybrush parvient à les réconcilier avant de récupérer une racine vaudou sur le bateau de LeChuck pour le compte des cannibales. Pour le remercier, ils lui offrent un élixir, fabriqué à partir de cette racine, pouvant détruire les fantômes. En retournant sur le bateau de LeChuck, Guybrush apprend que celui-ci est retourné sur l'île de Mêlée pour se marier avec Elaine à l'église. Il retourne alors sur l'île de Mêlée et tente d'interrompre le mariage mais ne parvient qu'à ruiner les plans d'évasions d'Elaine et à perdre son élixir. Guybrush est alors sévèrement battu par les pirates fantômes dans un combat à travers l'île. Le combat amène Guybrush jusqu'au grand magasin de l'île ou il trouve une bouteille de racinette qu'il utilise à la place de son élixir pour détruire les pirates fantômes[3],[4].

Système de jeu

The Secret Monkey Island est un jeu d'aventure en 2D se jouant en vue à la troisième personne. Via une interface en pointer-et-cliquer, le joueur dirige Guybrush Threepwood et doit résoudre des puzzles pour avancer dans le jeu. Le joueur peut interagir avec son environnement en utilisant différentes commandes verbales comme la commande « parler a » qu'il peut utiliser pour communiquer avec un personnage[5]. Lorsqu'il discute avec un personnage, le joueur peut choisir plusieurs sujets de discussion qui sont listé dans un « arbre de discussion », Monkey Island étant un des premiers jeux à intégrer un tel système[6]. L'action du jeu est fréquemment interrompue par des scènes cinématiques, des séquences animés non-interactive, fournissant au joueur des informations concernant la personnalité des personnages et faire avancer l'histoire[7]. Comme dans les titres postérieurs développé par LucasArts, les concepteurs ont rendu la mort du personnage principal quasiment impossible et ont essayé d'éviter les situation « cul-de-sac » dans lesquels le joueur ne peut plus avancer[8]. Le jeu inclut également un système de duel d'insultes au sabre dans lequel le joueur tente d'humilier son adversaire en utilisant des insultes qu'il peut apprendre en combattant d'autres pirates.

Développement

Origine

Ron Gilbert a l'idée d'un jeu d'aventure mettant en scène des pirates en 1988 après avoir le jeu Zak McKracken and the Alien Mindbenders[9]. Il commence par mettre sur le papier différentes histoires de pirates lors d'un week end chez des amis. La version initiale de son scénario des méchants, alors anonyme, qui deviendront plus tard LeChuck et Elaine, Guybrush étant absent de l'histoire à l'époque[10]. Il propose ensuite l'idée au personnel de Lucasfilm Games sous la forme d'une série de courtes histoires[11]. L'idée de Gilbert est chaleureusement accueillie mais le développement du jeu est reporté, Lucasfilm préférant d'abord se focaliser sur Indiana Jones and the Last Crusade: The Graphic Adventure[9]. Le développement de celui-ci se termine en 1989 et Gilbert peut alors commencer à travailler sur son projet, intitulé à l'époque Mutiny on Monkey Island[9],[12]. Gilbert réalise rapidement que concevoir le jeu seul sera difficile et il décide d'associer à son projet Tim Schafer et Dave Grossman qu'il avait fait recruter par Lucasfilm[13].

Le système de duel d'insulte du jeu est inspiré des films de cape et d'épée dans lesquels jouait Errol Flynn, films qu'il regardé souvent avec Schafer et Grossman pour chercher l'inspiration. Ils remarquent alors que les pirates figurants dans ces films passent plus de temps à s'insulter qu'à se battre, ce qui leur donne l'idée de basé les duels du jeu sur les insultes plutôt que sur les combats[9],[14]. Pour écrire les insultes de ces duels, ils ont été aidé par l'écrivain Orson Scott Card lors d'une visite du siège social de Lucasfilms au Skywalker Ranch[15]. Plusieurs des idées originales de Gilbert ont été abandonnées au cours du développement, celui-ci expliquant que « ce qui avait été laissé de côté l'avait été pour de bonnes raisons »[14].

Écriture du scénario

« C'est l'histoire d'un jeune homme qui arrive sur une île en cherchant à accomplir son rêve. En poursuivant son but, il découvre l'amour et se met à croire que c'est plus important que ce qu'il faisait au départ. Vous riez, mais ce qui se passe a également quelque chose de profond – Dave Grossman, 2009[16]. »

Lorsque le travail sur le scénario commence, Gilbert découvre que les styles d'écritures de Schafer et Grossman sont trop différent du sien pour former un tout cohérent. D'après lui, Grossman a en effet « un humour pince-sans-rire et sarcastique » alors que celui de Schafer est « plus direct ». Gilbert les fait donc travailler sur des personnages et des parties du scénario différents en fonction du style comique qu'il juge nécessaire[13]. D'après Grossman, cela a été bénéfique pour le jeu, lui et Schafer « étant drôle de manières différentes » et leurs humours « fonctionnant bien ensemble »[16]. Schafer et Grossman ont écrit la plus grande partie des dialogues alors qu'ils programmaient le jeu, le résultat étant des textes plus ou moins improvisés[9]. Certains des dialogues sont basés sur l'expérience personnelle des concepteurs. L'horreur qu'a Schafer pour les champignons a par exemple inspiré la réplique de Guybrush « J'avais le sentiment qu'en enfer, il y aurait des champignons[14] ».

L'univers du jeu et les personnages ont principalement été créé par Gilbert. Celui-ci décide d’ajouter des éléments paranormaux dans le scénario du jeu après avoir lu la nouvelle On Stranger Tides de Tim Powers. D’après lui, les romans de Tim ont également eut une influence sur certains personnages comme Guybrush et LeChuck. Pour l’ambiance du jeu, Gilbert s’est principalement inspiré du parc d’attraction Pirates of the Caribbean qui était sont préféré lorsqu’il était enfant[17]. Lors de l’étape finale de la conception, Gilbert a introduit plusieurs personnages qui n’étaient pas directement lié au scénario du jeu. D’après lui, c’était une décision importante car il pensait que les joueurs souhaiteraient rencontrer des personnages moins importants, mais avec lesquels ils pourraient vraiment interagir, en progressant dans le jeu[11]. Les développeurs ont également introduit un personnage du jeu Loom, publié par LucasArts en 1990, celui-ci encourageant le joueur à acheter Loom lorsque’il lui parle[18].

Conception

Le premier objectif de Gilbert, Schafer et Grossman était de créer un système de jeu plus simple et plus accessible que celui des précédents titres développés par le studio. Gilbert avait déjà imaginé les principaux puzzles du jeu avant même que la production de celui-ci ne commence, limitant le travail des concepteurs à « concrétiser ses idées »[9]. Gilbert était frustré par les jeux d’aventures publiés à l’époque par Sierra On-Line. Il regrette en effet que le personnage contrôlé par le joueur soit tué à chaque erreur de celui-ci, considérant ce type de gameplay comme « une solution au rabais » pour les concepteurs[9]. Il avait déjà appliqué certaines de ses idées dans le jeu Maniac Mansion en 1987 mais regrette avoir commis un grand nombre d’erreurs comme ces situations « cul-de-sac », à partir desquels le joueur ne peut plus terminé le jeu, ou la mauvais implémentation des déclencheurs des cinématiques. Gilbert souhaite éviter ces erreurs dans The Secret of Monkey Island et l’équipe décide de rendre la mort du personnage impossible, permettant au joueur de se focaliser principalement sur l’exploration de l’univers du jeu[19],[9].

The Secret of Monkey Island est le cinquième jeu développé par Lucasfilm utilisant le moteur SCUMM. Celui-ci, développé à l’origine pour Maniac Mansion, a été peu à peu amélioré depuis sa création[19]. Ainsi, le système de commandes verbales introduit dans Maniac Mansion devient plus abstrait et plus simple dans les versions suivantes du moteur[20]. Le jeu utilise la même version de celui-ci que Indiana Jones and the Last Crusade mais bénéficie tout de même de quelques améliorations par rapport à ce dernier. Ainsi, un arbre de dialogue a été ajouté pour simplifier les conversations et les duels d’insultes[19]. Les développeurs ont également supprimé la commande « qu'est-ce que c'est » permettant d’obtenir la description d’un objet, cette description s'affichant dans le jeu dès que le curseur de la souris passe sur l’objet[19],[21]. Enfin, certaines commandes deviennent automatique et peuvent être déclencher avec un simple clic, la commande « parler » s'activant par exemple par défaut lorsque le joueur clic sur un personnage. Ces améliorations de l’interface deviendront des standards pour les titres suivants développés par le studio[21]. Le rendu graphique du moteur SCUMM a également été amélioré. D'après Steve Purcell, les graphismes EGA de la première version — permettant un affichage en 320x200 et 16-bits — étaient en effet devenus trop limitatifs, obligeant les artistes à choisir des tons bizarres pour les arrières plans[20],[22]. C'est par exemple pour cette raison que les concepteurs avaient au départ choisis le blanc et le noir pour la tenue de Guybrush[19]. Une version VGA du jeu corrigera plus tard ces problèmes en permettant au jeu de fonctionner en 256 couleurs, permettant aux artistes du studio de concevoir des arrières plans et des personnages plus colorés et détaillés[21],[23].

Le thème musical du jeu, le « reggae pirate », a été composé par l’un des musiciens de Lucasfilm Games, Michael Land, au format MIDI. C’était son premier projet pour le compte du studio[24]. Le jeu est d’abord publié sur disquette en 1990. Le jeu est ensuite republié sur CD-ROM en 1992, cette version incluant une bande originale en haute-qualité[25]. La musique du jeu reste populaire et a été remixé par les musiciens de OverClocked ReMix ainsi que par des fan du jeu[26],[27].

D'après Ron Gilbert, le budget de développement du jeu aurait été de 135 000 USD.

Versions

The Secret of Monkey Island

La version PC du jeu, disponible sur disquettes et fonctionnant sous DOS, est publié par Lucasfilm en octobre 1990[28]. Celle-ci utilise des graphismes en EGA permettant un affichage en 320x200 et 16 couleur. Début 1991, Lucasfilm publie le jeu sur Atari ST, Amiga et MAC. La version ST bénéficie d'une amélioration de sa qualité sonore mais reste bas sur le même standard d'affichage que la version PC. En revanche, les versions Amiga et MAC bénéficie d'une amélioration graphique permettant un affichage en 32 couleurs.

Lucasfilm publie ensuite une nouvelle version PC basé sur le standard graphique VGA permettant un affichage en 256 couleurs. Une nouvelle version est publié sur CD-ROM en 1992[29]. Celle-ci est utilise les mêmes graphismes VGA que la précédente mais bénéficie d'une amélioration de sa qualité sonore et de son interface.

Une version Mega-CD a été publié par JVC aux États-Unis en septembre 1992 et par Victor Interactive Software au Japon en septembre 1993[30].

Le jeu a également été publié en version budget sur Amiga par Kixx XL en septembre 1993[31].

Special Edition

Article détaillé : The Secret of Monkey Island: Special Edition.

Le producteur de LucasArts, Craig Derrick, et son équipe décident de développer un remake en 2008. Après des recherches sur l’univers de la série, ils ont en effet l’idée de créer quelque chose de nouveau tout en restant fidèle au jeu original[32]. Les développeurs ont donc essayé de respecter au maximum la conception de la version originale, les changements apportés ne devant pas modifier l’ambiance du jeu. Dans cette optique, l’équipe s’est focalisée sur les détails, ajoutant par exemple des éléments dans les arrières plans du jeu. Bien que les développeurs considèrent le moteur SCUMM comme révolutionnaire pour l’époque, ils sont forcés de modifier l’interface du jeu, Brooks Brown leur expliquant que celle-ci n’est pas compatible avec les sticks analogiques utilisés par la plupart des consoles. Les concepteurs créés donc un nouveau système utilisant un curseur contextuel relié aux éléments du jeu. Brown a également proposé de mettre à jour le gag faisant la publicité de Loom, celui-ci n’étant plus en vente, en la remplaçant pour une référence a Star Wars: The Force Unleashed. L’idée fut néanmoins abandonné, les développeurs considérant que le jeu ne serait plus le même si ce genre de modification étaient implantées[18]. Avant la sortie du jeu, LucasArts à néanmoins annoncé que Loom, ainsi que d’autres titres du catalogue du studio, serait mis en vente sur Steam[33].

Le développement du remake est confirmé par LucasArts le premier juin 2009 avant d’être présenté sous le titre The Secret of Monkey Island: Special Edition lors de l’E3 2009[34],[35]. Les versions pour iPhone, Microsoft Windows et Xbox 360 de celui-ci sont finalement publiés en juillet 2009[36],[37]. Celles-ci ne sont disponibles qu'en téléchargement, Brooks Brown expliquant que ce mode de distribution avait été choisi car il était en pleine expansion à l'époque[38]. Elles sont suivies par des versions pour PlayStation 3, Mac OS et iPad début 2010[39]. Le remake inclut de nouveaux graphismes plus détaillé, une bande originale remastérisé, un doublage pour les différents personnages ainsi qu’un nouveau système d’aide. Les développeurs ont également ajouté une option permettant de jouer avec les graphismes et les effets sonores de la version originale[35],[32]. Les doublages du remake ont pour la plupart été réalisés par des acteurs ayant déjà travaillé sur des épisodes de la série, incluant Dominic Armato pour la voix de Guybrush et Earl Boen pour celle de LeChuck[18].

Accueil

Aperçu des notes obtenues
The Secret of Monkey Island
Média Nat. Notes
Sur PC (1990)
Computer and Video Games GB 94 %[40]
Dragon US 5/5[41]
Gen4 FR 95 %[42]
Joystick FR 83 %[43]
Tilt FR 15/20[44]
Zero GB 84 %[45]
Sur Amiga (1991)
Amiga Power GB 90 %[46]
Amiga Action GB 90 %[47]
Amiga Computing GB 90 %[48]
The One GB 92 %[49]
Sur Mega-CD (1993)
Joypad FR 87 %[50]

The Secret of Monkey Island

À sa sortie, la version PC de The Secret of Monkey Island est bien accueillie par la presse spécialisé. Ainsi, la critique du magazine Dragon juge que les graphismes en VGA du jeu sont superbes et que celui-ci est doté d’animations réussies, d’une bande originale fantastique, de dialogues hilarants et de puzzles intéressants. Le test résume ainsi le jeu comme « une aventure graphique très agréable » bien que son prix soit jugé excessif[41]. La critique du magazine Zero trouve également le jeu très amusant et met en avant sa difficulté bien dosée, notant que celui-ci parvient enfin à rendre l’aventure plus amusante que frustrante[45]. Dans Computer and Video Games, le jeu est jugé supérieur aux précédents jeux d’aventure développé par Lucasfilm. La critique explique notamment que dans d’autres titres du genre, l’aspect divertissant provient principalement de la résolution des puzzles alors que dans Monkey Island, la présentation digne d’un film et les situations hilarantes donnent au joueur l’impression de prend part à une comédie, rendant le jeu beaucoup plus agréable. La critique met également la conception magistrale des puzzles et son interface accessible et conclut que le résultat est « tout à fait captivant »[40].

Le test des versions PC, Amiga et Atari ST publié par le magazine ACE juge également que l’interface du jeu est pratique. La critique fait aussi l’éloge de l’ambiance, des graphismes et des effets sonores du jeu, notant que dans ce domaine celui-ci est en tête du peloton avec King's Quest V. La critique regrette néanmoins que la plaisanterie récurrente des développeurs, qui ont placés « TM » à la fin de chaque nom de lieu ou de personnage, porte atteinte à l’atmosphère du jeu. Pour terminer, le test met en avant les personnages, le scénario et les dialogues comme étant les points forts du jeu[51].

Comme la version PC, la version Amiga du jeu est unanimement acclamée par les critiques. La critique du magazine Amiga Power fait ainsi l’éloge des éléments comiques et de l’interface du jeu qui permettent au joueur d’oublier ce qu’il fait pour se concentrer pleinement sur l’aventure. Le test souligne également que le scénario, les graphismes et les effets sonores du jeu s’accordent parfaitement et contribuent à créer une atmosphère très dense. Pour résumer, la critique juge que plaisirs que procure Monkey Island permet à celui-ci de surpasser tous les autres jeux d’aventure incluant Zork, The Hobbit ou Lord of the Rings[46]. Dans The One, la critique note que Lucasfilm a repris tous les éléments qui avaient fait le succès de ses précédents jeux d’aventures et qu’ils sont parvenus à les améliorer. Comme dans les autres critiques, le journaliste fait l’éloge de ses personnages et de son scénario hilarants. Celui-ci se plaint néanmoins des fréquents ralentissements graphiques du jeu[49]. Le jeu est également encensé par les magazines Amiga Computing et Amiga Action, le test de ce dernier concluant que les joueurs n’avait aucune excuse pour ne pas l'acheter[48],[47].

Depuis sa sortie, The Secret of Monkey Island apparaît régulièrement dans des listes des meilleurs jeux vidéo de tous les temps publiées par la presse spécialisé. En 1996, le magazine Computer Gaming World le classe ainsi à la 19e position de son classement, expliquant notamment que son système de duel au sabre à base d’insultes est inoubliable[52]. La même année, le magazine Amiga Power le classe lui aussi à la 19e position de son classement[53]. Le jeu apparaît également à plusieurs reprises dans le Hall of Fame de nombreux magazines et site spécialisé[54],[55]. En 2004, le site Adventure Gamers le classe deuxième de son classement des meilleurs jeux d’aventure de tous les temps, notant que celui-ci a inaugurer l’âge d’or du jeu d’aventure, qu’il a inspiré de nombreuse suites et qu’il reste le jeu d’aventure le plus fun de tous les temps[56]. Le site Games Radar le place en tête de sa liste des meilleurs jeux du genre[57]. Le site IGN l’inclut aussi dans sa liste des 10 meilleurs titres d’aventure développés par LucasArts[58]. Le jeu est également cité dans le livre 1001 Video Games: You Must Play Before You Die, son auteur jugeant qu'il est de loin le meilleur jeu vidéo comique de tous les temps[59].

Special Edition

Aperçu des notes obtenues
Special Edition
Média Nat. Notes
1UP US A[60]
Eurogamer GB 90 %[61]
GamePro GB 4/5[62]
GameSpot US 80 %[63]
GameSpy US 4.5/5[64]
IGN US 87 %[65]

Comme la version originale, The Secret of Monkey Island: Special Edition est bien accueilli par la presse spécialisé. Ainsi, la critique du magazine GamePro fait l'éloge de la mise aux goût du jour des graphismes et des effets sonores du jeu. Le test met également en avant les dialogues, le scénario, l'humour, les puzzles et la difficulté bien dosé comme étant les points forts du jeu et conclu que celui-ci est « impressionnant, hilarant et qu'il vaut le coup »[62]. La rédaction du site IGN écrit que « près de 20 après sa sortie, le jeu reste une bombe ». La critique accueille positivement la nouvelle musique, la nouvelle fonction d'aide ainsi que les effets sonores et doublages additionnels mais note que les graphismes de la nouvelle version n'ont pas le charme de ceux du jeu original. D'après la critique, le jeu reste un des meilleurs et un des plus amusant du genre[65]. Le jeu est également encensé par la critique du site Gamespot qui note que « le nouveau doublage fait oublier le jeu original » et que ce qui avait fait le succès de celui-ci à bien vieilli[63]. Enfin, le test du site Eurogamer juge que globalement, cette nouvelle version améliore le jeu bien que sa nouvelle interface soit jugé moins intuitive que l'ancienne[61].

En 2010, le site IGN place la version Xbox du jeu comme un des 20 meilleurs jeux disponible sur le plate-forme Xbox Live Arcade [66].

Postérité

The Secret of Monkey Island a donné naissance à quatre suites. La première, Monkey Island 2: LeChuck's Revenge, est publiée en 1991 et entraîne Guybrush à la recherche d'un trésor[67]. Six ans plus tard, LucasArts publie The Curse of Monkey Island, qui utilise un nouveau moteur graphique[68]. En 2000, le studio publie le quatrième épisode de la série, Escape from Monkey Island, qui utilise le moteur graphique en trois dimensions de Grim Fandango[69]. Le dernier jeu de la série, Tales of Monkey Island publié en 2009, est divisé en une série de cinq chapitres[70].

Références

  1. (en) September's Flashbacks, LucasArts Entertainment Company LLC, 2002.
  2. L'Aventurier Fou, « Solution de The Secret of Monkey Island - Partie 1 », Gen4, no 42, 1992, p. 21-23 .
  3. L'Aventurier Fou, « Solution de The Secret of Monkey Island - Partie 2 », Gen4, no 43, 1992 .
  4. Tiltus, « Solution de The Secret of Monkey Island », Tilt, no 94, 1991, p. 111-113 .
  5. (en) Levi Buchanan, « Fond Memories: The Secret of Monkey Island » sur IGN.com, 12 septembre 2008.
  6. (en) Jeffrey Matulef, « Analysis: Smooth Talk – The Evolution Of Dialog Trees » sur Gamasutra, 5 août 2010.
  7. Shepard 1990, p. 5.
  8. (en) Evan Shamoon, « Game Over: Tension and the tentacle » sur 1UP.com, Avril-Mai 2008.
  9. a, b, c, d, e, f, g et h (en) « The Making Of – The Secret of Monkey Island », Retro Gamer, Imagine Publishing, no 34, 5 décembre 2008, p. 58–61 .
  10. (en) Ashley Day, « Tales from Monkey Island », Retro Gamer, Imagine Publishing, no 70, 2009, p. 29–35 .
  11. a et b (en) « The Secret of Creating Monkey Island », Lucasfilm Adventurer, Lucasfilm Games, vol. 1, no 1, Automne 1990 [texte intégral] .
  12. (en) Video Game History Month: Tim Schafer sur GameSpot, 12 mai 2011.
  13. a et b (en) Greg Kasavin, « Designer Threads Featuring Ron Gilbert – Part 2 » sur GameSpot, 30 juin 2006.
  14. a, b et c (en) Ron Gilbert, « Stuff and Things and Monkey Island », Grumpy Gamer, 1er juin 2009.
  15. (en) Ron Whittaker, « Gaming Today’s Exclusive Interview with Author Orson Scott Card » sur GameFront, 15 juin 2007.
  16. a et b (en) Winda Benedetti, « Aye matey, beloved pirate games set sail again », MSNBC, 7 juillet 2009.
  17. (en) Ron Gilbert, « On Stranger Tides », Grumpy Gamer, 20 septembre 2004.
  18. a, b et c (en) Jason Hill, « By George, it's Monkey magic », WAtoday, 18 juin 2009.
  19. a, b, c, d et e (en) « Behind the Scenes: Maniac Mansion + Day of the Tentacle », GamesTM, Imagine Publishing, no 3, 2010, p. 22–27 (ISSN 1448-2606) .
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Bibliographie

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