Secteur sauvegardé de Perpignan

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Le secteur sauvegardé de Perpignan est créé en 1995. Il couvre 100 hectares soit 1,5 % de la surface de la commune[1]. Outre le palais des Rois de Majorque et la Citadelle il couvre les quartiers Saint-Jean, Saint-Mathieu, La Réal, Saint-Jacques et Remparts Villeneuve ainsi que certaines parties plus récentes (boulevard Wilson et Jean Bourrat, promenade des Platanes...)[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

À l'initiative du maire Jean-Paul Alduy, un secteur sauvegardé est créé le 13 septembre 1995 par un arrêté ministériel. Se substituant au Plan local d'urbanisme, un Plan de sauvegarde et de mise en valeur est élaboré et validé le 13 juillet 2007[2]. Il a été conçu par Monsieur Berger et Madame Tjoyas architectes.

Un projet de révision est enclenché le 12 décembre 2013 et approuvé le 5 février 2014 par le conseil municipal[3]. Il devrait être rendu applicable en 2019.

Un collectif est créé en février 2017 pour réagir au projet de révision du secteur sauvegardé par la Mairie de Perpignan et aux nombreuses démolitions[4] qui s’accélèrent depuis 2014[5],[6].

Description[modifier | modifier le code]

Le secteur sauvegardé est divisé en quatre zones (Usa, Usb, Usc, Usd). L'ensemble des bâtiments, espaces verts, alignements d'arbres ou de façades est réparti dans plusieurs catégories. En ce qui concerne les bâtiments on distingue les :

  • monuments historiques (bâtiments ou façades protégés par la législation sur les monuments historiques).
  • immeubles à conserver et à restaurer dont la démolition, la modification ou l'altération sont interdites (légende : 5)
  • immeubles à maintenir dont les structures et les volumes sont à conserver (5 bis)
  • immeubles pouvant être indifféremment conservés, améliorés ou remplacés (6)
  • ceux dont être la démolition totale ou partielle pourra être imposée lors de travaux (7)[2].

Le plan contient un rapport de présentation[7], des règles écrites[8] et un ensemble de 5 planches[9] correspondant aux zones définies.

Révision du Plan de sauvegarde et de mise en valeur[modifier | modifier le code]

Le maire Jean-Marc Pujol et son équipe décident en 2014 de revoir ce Plan de sauvegarde, jugé trop contraignant notamment pour le nouveau Programme national de rénovation urbaine (NPNRU) sur le quartier Saint-Jacques et les projets envisagés par la municipalité[10],[11]. En effet 100 millions d'euros seront investis par la ville, l'État, la Région et l'Europe sur les trois quartiers La Réal, Saint-Mathieu et Saint-Jacques visés par la révision du Plan de sauvegarde[12].

L'équipe missionnée pour la révision du Plan se compose de quatre personnes :

  • Alain Vernet (mandataire), architecte du patrimoine
  • Bertrand Ramond, architecte (agence ART)
  • Sophie Aspord-Merchier, historienne, archéologue
  • Pierre Tronchon, juriste et urbaniste.

Il s'agit pour l'équipe de « dédensifier » le secteur et de faire revenir les habitants dans ces quartiers. Outre la rénovation ou la réhabilitation de certains immeubles, il s'agit de démolir des bâtiments dont beaucoup sont insalubres mais aussi d'axer le Plan de sauvegarde en regard des projets prévus par le NPNRU[12]. Des immeubles auparavant classés en 5 bis (à conserver) changent de catégories pour pouvoir être démolis. C'est notamment le cas pour quatre immeubles rue des Augustins pour aménager une sortie vers le Musée Rigaud mais également dans les quartiers Saint-Mathieu ou Saint-Jacques où de nombreux bâtiments seraient amenés à changer de catégories[10].

Une réunion publique a eu lieu le mardi 27 juin 2017 pour présenter le projet définitif du plan de révision du secteur sauvegardé à Perpignan[13].

Le conseil municipal donne un avis favorable au projet de révision lors de sa séance du 7 février 2018[14]. Au projet initial[3] ont été rajoutés les mentions suivantes :

  • modification de la classification du bâtiment (ancienne école Mme Rolland) cadastré AE 129 et situé au 12 rue Foy avec notamment le passage de la légende 5 en 5bis ;
  • modification de la classification de l’immeuble cadastré AH 27 et situé au 1 et 1bis rue Côte Saint-Sauveur avec notamment le reclassement de l’ancien clocher en légende 5 et du passage en légende 6 pour le reste de l’immeuble ;
  • modification de la légende de l’immeuble cadastré AB 229 situé au n° 21 de la rue des Augustins avec un passage de 5bis en 6 en cohérence avec l’OAP (Orientation d'aménagement et de Programmation) n° 8 de l’axe structurant est-ouest du centre ancien de Perpignan ;
  • mise en cohérence du PSMV avec le Nouveau Programme National de Rénovation Urbaine (NPNRU) avec la possibilité de modifier la classification de l’immeuble AD37 situé 41, rue d’en Calce permettant ainsi de relier la rue J. Denis et la rue des Mercadiers.

Il doit maintenant passer devant le Conseil communautaire (15 février 2018), puis être examiné par la commission nationale. Le nouveau Plan de sauvegarde devrait être rendu applicable en 2019 après enquête publique[3].

L' enquête publique a eu lieu du 11 mars 2019 au 29 mars 2019[15] puis prolongé au 12 avril. Le commissaire-enquêteur, M. Didier Zazzi, émet un avis favorable en date du 19 mai 2019[16].

Controverse[modifier | modifier le code]

La révision du Plan de sauvegarde, associée à d'autres décisions urbanistiques de la municipalité, suscite une forte opposition. Cette opposition est initialement portée par l'ASPAHR[17]. L'Association pour la sauvegarde du patrimoine artistique et historique roussillonnais a été créée en 1963 et est réactivée en 2017 à la suite de la destruction du presbytère de Perpignan et au projet de transformation du théâtre municipal en amphithéâtre dévolu à l'université. Face aux destructions programmées, l'ASPAHR promeut la réhabilitation du quartier médiéval et une concertation réelle avec les populations concernées[18].

Les habitants du quartier Saint-Jacques s'opposent à l'action des pelleteuses venues détruire un pâté de maisons en juillet 2018, entraînant l'interruption des travaux et l'intervention du préfet et dénoncent le manque de concertation sincère.

L'animateur Stéphane Bern, en charge d'une mission Patrimoine auprès du président de la République, prend position publiquement contre les destructions[19], [20].

La destruction de logements dans un quartier médiéval habité par des gitans suscite l'intérêt des médias internationaux : New-York Times[21], Al-Jezeera[22], etc.

Bâtiments détruits classés en 5 bis[modifier | modifier le code]

La catégorie 5 bis du Plan de sauvegarde comprend les immeubles à maintenir dont les structures et les volumes sont à conserver. Plus d'une vingtaine d'immeubles ont pourtant été démolis au cours des dernières années malgré leur classement en catégorie 5 bis.

Liste par rues avec la référence cadastrale de la parcelle :

  • rue Amiral-Ribeill : parcelle AC 73
  • rue de l'Horloge : parcelle AC 74 (ancien presbytère de la cathédrale)
  • Place Fontaine-Neuve : parcelles AE 145, AE 146, AH 484 (ancienne partie du couvent des Dames de Saint-Sauveur)
  • Place Joseph-Deloncle : parcelle AH 65, AH 66, AH 68 (ancienne pharmacie Joseph Deloncle), AH 69
  • Rue des Bohémiens : parcelle AH 312
  • Rue Michel Carola : parcelle AH 365
  • Place du Puig : parcelle AD 30
  • Rue Saint-François-de-Paule : parcelles AD 302, AD 305, AD 306, AD 309, AD 310, AD 314, AD 315
  • Rue de l'Anguille : parcelle AD 312, AD 28

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. ANVPAH&VSSP, « Perpignan - Association nationale des villes et pays d'art et d'histoire et des Villes à secteur sauvegardé et protégé », sur www.an-patrimoine.org (consulté le 20 mars 2017)
  2. a b et c « Plan de sauvegarde et de mise en valeur | Perpignan la Catalane, Perpinyà la Catalana », sur www.mairie-perpignan.fr (consulté le 19 mars 2017)
  3. a b et c « Projet de révision du PSMV | Perpignan la Catalane, Perpinyà la Catalana », sur www.mairie-perpignan.fr (consulté le 19 mars 2017)
  4. « Secteur sauvegardé de Perpignan : destructions et menaces - La Tribune de l'Art », sur www.latribunedelart.com (consulté le 20 avril 2017)
  5. « Sauver Perpignan », sur Sauver Perpignan (consulté le 19 mars 2017)
  6. (ca) « La piconadora amenaça el nucli històric de Perpinyà », Directa,‎ (lire en ligne, consulté le 19 mars 2017)
  7. « Rapport de présentation | Perpignan la Catalane, Perpinyà la Catalana », sur www.mairie-perpignan.fr (consulté le 21 mars 2017)
  8. « Règlement et Annexes | Perpignan la Catalane, Perpinyà la Catalana », sur www.mairie-perpignan.fr (consulté le 21 mars 2017)
  9. « Documents graphiques | Perpignan la Catalane, Perpinyà la Catalana », sur www.mairie-perpignan.fr (consulté le 21 mars 2017)
  10. a et b « Secteur sauvegardé de Perpignan : un ascenseur pour Saint-Jacques », sur Lindependant.fr (consulté le 19 mars 2017)
  11. « Projet urbain et social Centre historique 2018/2024 Projet de renouvellement urbain Centre Historique quartier Saint Jacques », sur http://www.mairie-perpignan.fr/
  12. a et b « Perpignan : Saint-Jacques, Saint-Mathieu, la Réal... La rénovation urbaine à 100 millions », sur Lindependant.fr (consulté le 19 mars 2017)
  13. « Secteur sauvegardé à Perpignan: l’avenir du centre ancien dans l’œil du cyclone », sur Lindependant.fr (consulté le 29 juin 2017)
  14. « Compte rendu du conseil municipal », sur http://www.mairie-perpignan.fr/,
  15. « Révision n°1 du PSMV du site patrimonial remarquable de Perpignan / Enquêtes publiques et autres procédures / Publications / Accueil - Les services de l'État dans les Pyrénées-Orientales », sur www.pyrenees-orientales.gouv.fr (consulté le 12 mars 2019)
  16. « Révision n°1 du PSMV du site patrimonial remarquable de Perpignan / Enquêtes publiques et autres procédures / Publications / Accueil - Les services de l'État dans les Pyrénées-Orientales », sur www.pyrenees-orientales.gouv.fr (consulté le 24 mai 2019)
  17. « Patrimoine. Perpignan signe pour son théâtre », L'Humanité,‎ (lire en ligne, consulté le 19 septembre 2018)
  18. « Perpignan : la réhabilitation du quartier historique Saint-Jacques fait polémique », France 3 Occitanie,‎ (lire en ligne, consulté le 19 septembre 2018)
  19. « À Perpignan, la démolition de plusieurs immeubles historiques fait polémique », FIGARO,‎ (lire en ligne, consulté le 19 septembre 2018)
  20. La-Croix.com, « Perpignan: la réhabilitation du quartier historique Saint-Jacques fait polémique », sur La Croix, (consulté le 19 septembre 2018)
  21. (en) « Catalan Gypsies, Unique and Embattled, Resist as Homes Are Reduced to Rubble », The New York Times,‎ (lire en ligne, consulté le 19 septembre 2018)
  22. « Historical French Gypsy neighbourhood faces demolition », sur www.aljazeera.com (consulté le 19 septembre 2018)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • François Guyonnet. Les maisons en terre de la rue de l'Anguille à Perpignan. Du lotissement médiéval au secteur sauvegardé. In Roches ornées, roches dressées : aux sources des arts et des mythes : les hommes et leur terre en Pyrénées de l'est : actes du colloque en hommage à Jean Abélane. Perpignan, Presses Universitaires de Perpignan, Association archéologique des Pyrénées-Orientales, 2005, p. 497-512. (ISBN 2-914518-61-7)
  • France. Direction de l'architecture et du patrimoine. Façadisme et identité urbaine : actes du colloque international, Paris, 28-29-30 janvier 1999 = Façadism and urban identity : international conference proceeding. Paris, Éditions du Patrimoine, 2001. 382 p. (ISBN 2-85822-415-3)
  • Antoine de Roux. Perpignan, de la place forte à la ville ouverte. X-XXe siècle. Perpignan, Archives communales de Perpignan, 1999. 382 p.-XXXX p. de pl. (ISBN 2-909444-05-8)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]


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