Rebecca Nyandeng De Mabior

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Rebecca Nyandeng De Mabior
Fonction
Ministre des Transports
Biographie
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Parti politique

Rebecca Nyandeng De Mabior, appelée également Rebecca Nyandeng Garang de Mabior (du nom de son mari), née en 1956, est une femme politique du Soudan du Sud.

Elle est la femme de John Garang, vice-président du Soudan et président du Gouvernement du Sud-Soudan. À la mort de John Garang dans un accident d’hélicoptère, en 2005, elle devient une figure importante du Mouvement populaire de libération du Soudan (en anglais : Sudan People's Liberation Movement, SPLM), le parti qu'il a fondé. Elle devient ministre des Transports et de l'Infrastructure routière, au sein  du gouvernement autonome du Soudan du Sud, puis conseillère du président du Soudan du Sud. Peu de temps après le début de la guerre civile sud-soudanaise qui éclate mi-décembre 2013, elle quitte le gouvernement et le pays, pour y revenir fin 2015, s'associant à une tentative de réconciliation entre les factions politiques opposées.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et éducation[modifier | modifier le code]

Rebecca Nyandeng de Mabior est issue du peuple Dinka. Elle est née à Bor, une ville située sur la rive est du Nil blanc, à 200 km en aval de Djouba, la capitale. Son père est employé du département forestier. En 1973, son père est amené à travailler à Djouba, et la famille s'installe dans cette ville, où elle poursuit ses études.

Rébellion contre Khartoum[modifier | modifier le code]

Elle se marie le 19 décembre 1976 avec John Garang, un officier de l'armée soudanaise. Son mari, devenu colonel, déserte pour rejoindre une guérilla opposée au pouvoir de Khartoum et au régime islamiste du général Omar el-Béchir, puis participe à la fondation, en mai 1983, du Mouvement populaire de libération du Soudan (Sudan People's Liberation Movement) et de sa branche armée, l'Armée populaire de libération du Soudan ou Sudan People's Liberation Army (SPLA). Elle-même l'accompagne au sein des forces rebelles, dans la brousse, et reçoit une formation militaire mais se consacre pour l'essentiel à des tâches humanitaires[1].

Efforts pour le processus de paix avec le Nord[modifier | modifier le code]

Après un cessez-le-feu en octobre 2002, des accords de paix entre le gouvernement de Khartoum et les rebelles animistes et chrétiens de la SPLA sont signés le 9 janvier 2005. Le gouvernement est représenté par le vice-président Ali Osmane Taha et la SPLA par John Garang. Un vote de la population du sud sur l'indépendance est prévu en 2010. John Garang est nommé vice-président du Soudan le 9 juillet 2005, mais il meurt le 30 du même mois dans un crash d'hélicoptère.

Après la mort de John Garang, sa veuve rejoint le bureau politique du SPLM[1], tandis que le général Salva Kiir reprend les différentes fonctions exercées précédemment par John Garang et devient vice-président du Soudan, président du Gouvernement du Sud-Soudan du Sud, et commandant en chef de la SPLA. Il nomme Rebecca Nyandeng De Mabior ministre de la Voirie et des Transports du gouvernement du Soudan du Sud.

Elle continue à être une ardente défenseur de la mise en œuvre de l'Accord de paix global signé en 9 janvier 2005 par John Garang, pour mettre fin à la guerre civile nord-sud au Soudan[2]. Début 2006, elle rencontre aux États-Unis le président George W. Bush, puis la secrétaire d’État américaine Condoleezza Rice et son adjoint Robert Zoellick. Elle leur transmet un message de reconnaissance pour l'implication américaine dans la quête de la paix au Sud-Soudan[3].

Elle soutient la mise en œuvre du processus qui mène le Soudan du Sud à l'indépendance le 9 juillet 2011[2]. En 2007, elle perd toutefois son poste de ministre, et est nommé à un poste de conseiller auprès, pour les affaires humanitaires, auprès de Salva Kiir[4].

Parcours dans le Soudan du Sud indépendant[modifier | modifier le code]

Selon le Sudan Tribune, Rebecca Nyandeng a un entretien important, le 22 décembre 2013, avec le président du Soudan du Sud, Salva Kiir, pour échanger sur la guerre civile sud-soudanaise qui s'est déclenchée mi-décembre : le 15 décembre 2013, en effet, des combats ont éclaté dans la capitale Djouba, entre les partisans du président Salva Kiir et ceux de Riek Machar limogé en juillet du gouvernement, des massacres de civils ont été perpétrés par les forces présidentielles dans la capitale les jours suivants, les Occidentaux ont évacué leurs ressortissants, et, le 19 décembre, les soldats de Riek Machar se sont emparés de la ville stratégique de Bor, contraignant les compagnies pétrolières à cesser leur activité.

Durant les mois qui suivent, une guerre civile s'intensifie entre les forces fidèles au président Kiir, et celles rassemblées par son ancien vice-président Machar. Certaines villes du pays comme Bor, Malakal et Bentiu changent plusieurs fois de mains. Des tueries en masse, des pillages et des viols sont perpétrés par les deux camps. Ce conflit fait des dizaines de milliers de morts et des millions de déplacés.

Restée à son poste à Djouba, Rebecca Nyandeng De Mabior est finalement limogée en août 2014 de son rôle de conseillère par Kiir[5]. Elle choisit l'exil à Nairobi, au Kenya[6]. En juillet 2015, elle rencontre le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, à Addis Abeba. Elle revient à Djouba, capitale du Soudan du Sud, en novembre 2015, pour préparer sur place une réconciliation entre Kiir et Machar, qui s'amorce difficilement à la suite d'un accord signé les 17 et 26 août 2015 par leurs entourages respectifs[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Abol Kuyo 2015.
  2. a et b Kelemen 2006, NPR.
  3. Staff ST 2006, Sudan Tribune.
  4. Ostrowski 2010, p. 120.
  5. Simon Wudu 2014, Voice of America.
  6. Staff ST 2015, Sudan Tribune.
  7. Majack Kuany 2015, The Nation Mirror.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Staff ST, « Bush meets with Sudanese leader’s widow », Sudan Tribune,‎ (lire en ligne).
  • (en) Michele Kelemen, « Garang's Widow Seeks to Revive Sudan Peace Deal », NPR,‎ (lire en ligne).
  • Stéphane Aubouard, « Le pays miné par une guerre intestine », L’Humanité,‎ (lire en ligne).
  • Zygmunt L. Ostrowski, Soudan: conflits autour des richesses, Éditions L’Harmattan, (ISBN 9782296135550, lire en ligne), p. 48, 58-63, 70-74, 112, 119-120, 151.
  • (en) Waakhe Simon Wudu, « South Sudan President Fires John Garang's Widow », Voice of America,‎ (lire en ligne).
  • (en) Ayman Suliman, « Readout of the Secretary-General’s meeting with Ms. Rebecca Nyandeng de Mabior of South Sudan, widow of First Vice-President of Sudan, Dr. John Garang », Unic network,‎ (lire en ligne).
  • (en) Daniel Majack Kuany, « Rebecca Nyandeng Garang breaks down after Returning to Juba », The Nation Mirror,‎ (lire en ligne)
  • (en) Ahmed Lotole, « Rebecca Nyandeng Garang almost slapped by an angry woman in Juba », Hot in Juba,‎ (lire en ligne).
  • (en) Staff ST, « Juba church leaders downplay attack on Rebecca Garang », Sudan Tribune,‎ (lire en ligne).
  • (en) Kuyok Abol Kuyo, South Sudan: The Notable Firsts, (lire en ligne), « Rebecca Nyandeng Garand (1956 - ) ».

Webographie[modifier | modifier le code]

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