Régis Mathieu

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Régis Mathieu
Naissance
(47 ans)
Nationalité
Française
Activités
bronzier d'art
Autres activités
restaurateur, créateur et éditeur de lustres
Compléments

Fondateur et propriétaire de l'entreprise Mathieu Lusterie :

  • Prix SEMA 2005
  • Trophée INPI 2014
  • Labellisée EPV depuis 2007

Régis Mathieu, né le , est un artisan français, bronzier d'art[1], restaurateur, créateur et éditeur de lustres, fondateur et propriétaire de l'entreprise Mathieu Lusterie, labellisée Entreprise du Patrimoine Vivant (EPV).

Biographie[modifier | modifier le code]

Débuts et formation[modifier | modifier le code]

Régis Mathieu est le fils d'Henri et Yvette Mathieu. Son père crée une lustrerie en 1948[2],[3] à Saint-Jérôme à Marseille[4]. L'entreprise comptait alors plus de 200 salariés[5]. Henri Mathieu est le créateur de « la fameuse collection de luminaires à spirales cinétiques[6] ». Il décède lorsque Régis Mathieu a 11 ans, en 1982, et sa mère poursuit l'activité jusqu'en 1992[4], mais l'entreprise « menace de fermer définitivement ses portes[3] », Régis Mathieu précisant qu'alors « les lustres d'antan étaient tombés en désuétude[3] ». Il décide alors de « créer des luminaires au style contemporain[3] ».

Fils cadet de la famille, Régis Mathieu reprend alors l'entreprise en 1992[2],[4],[3], parallèlement à ses études, un Master of Business Administration[4],[1] (MBA) en commerce international réalisé à Marseille, intégrant donc l’entreprise familiale de restauration et de fabrication de lustres.

L'entreprise Mathieu Lustrerie[modifier | modifier le code]

En 2001, après ses 20 premières années passées à Marseille, il restaure une ancienne usine d'ocre, bâtie au 19e siècle[5] et désaffectée depuis 1930[4], à Gargas (Vaucluse), dans le Luberon en Provence[4]. Passionné d'Histoire de l'Art, il y installe ses ateliers où il anime une équipe d’une quinzaine de restaurateurs spécialistes dans le travail du bronze[7] — ciseleurs, doreurs et monteurs en bronze — qui réalisent aujourd’hui les restaurations de la plupart des lustres des Monuments Historiques nationaux et étrangers. L'entreprise prend le nom de Mathieu Lustrerie[7]. Il y travaille également avec son épouse Hélène, originaire du Luberon, rencontrée durant son adolescence[4].

Un lustre de la galerie des Glaces du Château de Versailles.

L'entreprise « développe une triple activité de restauration, de création et d’édition[2]. »

La lustrerie restaure les lustres du Château de Versailles en 2004, et amène Régis Mathieu à repenser une forme d'éclairage à l'électricité[8]. Il crée alors une nouvelle sorte d'ampoule LED[6], les « Bougies Mathieu », qui « sont des ampoules spécifiques qui restituent l’ambiance des soirées aux chandelles d’autrefois[2] », une ampoule LED pour tous ses lustres « Evolution One », « qui est censée restituer parfaitement le look mais surtout l’ambiance lumineuse d’une flamme d’une vraie bougie, son halo et sa couleur[5] ». Les « Bougies Mathieu » obtiennent un brevet en 2006[3].

En 2005, la reconnaissance du travail de l’entreprise a été officialisée avec l’obtention du Prix National de la Société d'encouragement aux métiers d'art[1] (SEMA) pour la restauration et la conservation du lustre monumental de la Salle Garnier (opéra de Monte-Carlo à Monaco).

En 2007, l’entreprise est labellisée Entreprise du Patrimoine Vivant[2],[7] (EPV), label créé « pour distinguer des entreprises françaises aux savoir-faire artisanaux et industriels d’excellence[9] ».

En 2008, l'entreprise avait déjà travaillé pour plusieurs marques[2], dont Hermès, Christian Lacroix, Chanel, Cartier et Louis Vuitton.

Le Mobilier National a fait l’acquisition d’un lustre Saturne et l’entreprise a restauré de nombreux Monuments Nationaux[2],[7],[10] et à l’étranger tels que le Château de Versailles[8], le Théâtre National de Fontainebleau, l’Opéra de Monte-Carlo à Monaco et l’Opéra de Paris, l’Académie de Musique de Philadelphie[2],[5] et le Palais de Laxmi Vilas[8], à Vadodara en Inde.

En effet, il connaît l'Inde depuis le début des années 2000 pour y rechercher du cristal de roche[8]. Il s'y rend plusieurs fois par an depuis plus d'une quinzaine d'années[8], le pays connaissant une nouvelle classe de personne fortunées, s'intéressant au luxe, et aux lustres[8].

De nombreuses boutiques de luxe à travers le monde, ainsi que les maisons de haute joaillerie font appel à son savoir-faire pour réaliser des lustres « sur mesure[5] » correspondant à leur image.

Artiste contemporain, Régis Mathieu s’inspire de certaines formes décoratives du passé, et associe son savoir-faire traditionnel de travail du bronze à de nombreux matériaux[2],[6] tels que le cristal de roche, la porcelaine, l’argent, l’or, le bois, des miniaturisations électriques, ou les pierres semi-précieuses pour occuper l’espace : il joue avec les formes et la lumière, considérant qu’un lustre est, selon ses dires, « comme un bijou suspendu au plafond ».

En 2008, l'entreprise compte 25 salariés[2]. En 2011, elle vend 500 luminaires par an[4], possède deux magasins à New York et en Inde, ainsi qu'un show room en Russie[4],[5], et quelques années plus tard, est implantée en Chine[11], et en 2015, ouvre un atelier en Inde[11].

En 2013 est ouverte la Galerie Lumières à Paris[5],[12], place Beauveau[6],[13].

Fin 2014, l'entreprise réalise « 5 millions d'euros de chiffre d'affaires (x 25 en vingt ans), dont 70% à l'export[3] », et 6 millions l'année suivante[11].

En décembre 2014, l'entreprise reçoit le trophée national Institut national de la propriété industrielle[3],[11] (INPI) dans la catégorie « Design ». La PME a été distinguée pour « avoir su transformer ses innovations en objets de marché, véritables leviers de croissance[11] ».

Après une période géométrique inspirée par les astres avec les collections de lustres Saturne, Orbite ou Odyssée dans les années 2000, il explore les formes artistiques de la nature, comme l’avait fait Ernst Haeckel au début du XXe siècle, et crée une collection, au milieu des années 2010, inspirée des fonds marins, avec les appliques Cirripédia, ou encore les lustres Oursin et Méduse.

Le Musée de lustres[modifier | modifier le code]

Un exemple de lustre : le lustre montgolfière.

Régis Mathieu a ouvert sur le lieu de son entreprise un musée de lustres, sur plus de 1 000 mètres carrés[6], qui comptait plus de 250 modèles de tous les pays, en 2013[5]. Le plus ancien date du XVe siècle : « Je l’ai repéré dans un tableau d’un peintre hollandais » précise Régis Mathieu[5].

S'appuyant sur cette collection, il publie en 2013 aux éditions Le Passage l'ouvrage Lumières, une brève histoire du lustre[10], une « histoire illustrée du lustre grâce à ses collections et des tableaux venus des plus grands musées du monde[13] ».

Fin 2014, le musée accueille 120 000 visiteurs par an[3]. En 2016, il se sépare d'une cinquantaine de pièces[14].

Régis Mathieu collectionne également les automobiles[10], et les expose une fois par an[6].

En septembre 2017, le lieu « se double d'un salon de thé et d'une librairie spécialisée dans les ouvrages sur les métiers d'art[6] ».


Collectionneur de Porsche[modifier | modifier le code]

Régis Mathieu, dès sa jeunesse, est attiré par les voitures, notamment les Coccinelle et les Porsche. À la fin des années 1980, à l'âge de 17 ans, il obtient sa première voiture, une Volkswagen Coccinelle. Il réunit peu a peu plus d'une vingtaine de Porsche parmi lesquelles une 904 GTS, une 718 RSK, une méconnue 356 Carrera Abarth ou encore la 911 S ayant appartenu à Ferry Porsche[15]

En 2018, il expose pour la première fois sa collection de voitures anciennes ainsi que certains de ses lustres lors d'une exposition à la Cité de l'Automobile, produite par Culturespaces, pour les 70 ans de la marque sportive Porsche[réf. nécessaire].

Prix et label[modifier | modifier le code]

Brevet[modifier | modifier le code]

  • « Bougies Mathieu », un brevet de l’entreprise en 2006[3], ces ampoule LED[6],[5] « sont des ampoules spécifiques qui restituent l’ambiance des soirées aux chandelles d’autrefois[2] ».

Publication[modifier | modifier le code]

Expositions[modifier | modifier le code]

Les expositions « hors les murs »[16] :

  • été 2013 : « Lumières », Musée Louis Vouland, Avignon
  • avril 2015 : Salon Paris Beaux-Arts, Carousel du Louvre, Paris
  • mars 2017 : Pavillon des arts et du design (PAD), Paris
  • septembre 2017 : Biennale des Antiquaires, Grand Palais, Paris
  • septembre 2017 : AD intérieur, La Monnaie de Paris
  • été 2018 : Porsche, chefs-d’œuvre de Régis Mathieu, Cité de l'Automobile, Mulhouse.[17]

Travaux[modifier | modifier le code]

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L'entreprise a effectué de nombreux travaux à travers le monde :

Année Lieu Pays Ville Nature des travaux
2017 Hôtel de Crillon France Paris Place Vendôme
Cité de l'économie et de la monnaie Paris Restauration des luminaires
Château d’Azay-le-Rideau Azay le Rideau Restauration des appartements
Opéra Comique Paris Restauration générale
Château de Fonscolombe Puy-Sainte-Réparade,
Bouche-du-Rhône
2016 Sénat Paris,
Palais du Luxembourg
Restauration des appartements
Banque de France Paris,
Hôtel de Toulouse
Restauration de la Galerie dorée
Boutique Van Cleef Angleterre Londres
Château de Chantilly[1] France Chantilly Restauration des petits appartements
Automobile Club de France Paris,
Place de la Concorde
Restauration des salons
Boutique Guerlain[6],[1] Paris, avenue des Champs Elysées Vitrines du mois de septembre
2015-2016 Palais de Laxmi Vilas[8] Inde Vadodara Gujarat Restauration des lustres du Durbar Hall
2015 Château de Sceaux France Sceaux Restauration de l’Orangerie
Palais du Pharo Marseille Restauration des salons d’honneur
2014 Boutique Vacheron-Constantin Paris,
Rue de la Paix
Ouverture
Musée du Louvre Paris Mécénat pour salle de collection du Mobilier XVIIIe siècle
2013 Cathédrale Notre-Dame Paris Restauration du grand lustre
Historial Jeanne d'Arc Rouen Restauration des lustres de l’Hôtel d’Estouteville et de la Chapelle d’Aubigné
Hôtel de Beauharnais
(résidence de l'ambassadeur d’Allemagne)
Paris
2012-2013 Château de Fontainebleau Fontainebleau Théâtre impérial
après 2008[2] Conseil d’État Paris
Salle Wagram Paris
Collection Wallace Angleterre Londres
2008[2],[5] Académie de musique États-Unis Philadelphie Lustre de neuf mètres de haut
Palais Farnèse Italie Rome
Opéra de Monte-Carlo[1] Monaco Monaco
Ministère de la Marine France Paris
Singerie du Château de Chantilly Chantilly
Château de Maisons-Laffitte[1] Maisons-Laffitte
Avant 2008[2],[5] Petit Trianon Paris Quinze lanternes hexagonales
Opéra Garnier,
Grand Foyer
Paris Candélabres[1]
Opéra Garnier, Billeterie Paris Candélabres[1]
2004 Château de Versailles[8],[1] Versailles Lustres

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f g h i j et k Fiche de l'entreprise Mathieu Lustrerie, sur l'Annuaire Officiel des Métiers d'Art. Erreur de référence : Balise ref non valide ; le nom « annuairemetiers » est défini plusieurs fois avec des contenus différents
  2. a b c d e f g h i j k l m n et o Catherine Deydier, « Régis Mathieu, artisan du lustre, Magicien de la lumière », Propriétés Figaro, n°115,‎ novembre-décembre 2008 (lire en ligne)
  3. a b c d e f g h i j et k Laure-Emmanuelle Husson, « Ce Provençal a remis le lustre à la française au goût du jour », challenges.fr,‎ (lire en ligne)
  4. a b c d e f g h et i Violetta Assier, « Au cœur du Lubéron, la lustrerie familiale joue dans la cour des grands : Quand le lustre revient au goût du jour... », ledauphine.com,‎ (lire en ligne)
  5. a b c d e f g h i j k et l Daniel Dray, « Vu ailleurs : Régis Mathieu, un patron vauclusien qui rayonne en France et à l’étranger. », lefrancofil.com,‎ (lire en ligne)
  6. a b c d e f g h et i Caroline Knuckey, « Lustres haute couture », Les Echos,‎ (lire en ligne)
  7. a b c d et e « Mathieu Lustrerie : Bronzier d'art » [PDF], sur patrimoine-vivant.com (consulté le 6 mars 2018)
  8. a b c d e f g et h (en) Régis Mathieu, « From Utility to Art. The journey of the chandelier », Business Today,‎ (lire en ligne)
  9. Présentation du label EPV, sur le site officiel.
  10. a b et c Frédéric Brun, « Régis Mathieu redonne son lustre à l'automobile française », lesgrandsducs.com,‎ (lire en ligne)
  11. a b c d e f et g Daniel Dray, « Mathieu Lustrerie, une entreprise innovante qui rayonne en France et à l’étranger », lefrancofil.com,‎ (lire en ligne)
  12. Site de la Galerie Lumières, Paris.
  13. a et b Guy Boyer, « L’histoire illustrée du lustre », article de la revue Connaissance des arts du 29 août 2013.
  14. Françoise Chauvin, « Et la lumière fut chez Piasa », article du magazine Connaissance des arts du 6 juillet 2016.
  15. « Expo : Porsche et lustres de R. Mathieu à Mulhouse », sur Sportauto.fr (consulté le 9 décembre 2018)
  16. Expositions "Hors les murs", siite de la Galerie Lumières, Paris.
  17. Jules Humbert, « Les 70 ans de Porsche, l'expo star du musée de Mulhouse », sur FIGARO, (consulté le 9 décembre 2018)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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