Règle de proximité

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La règle de proximité (ou règle de voisinage) est une règle d'accord grammatical qui consiste à accorder le genre et éventuellement le nombre de l'adjectif avec le plus proche des noms qu'il qualifie, et le verbe avec le plus proche des chefs des groupes coordonnés formant son sujet. En vertu de cette règle, contrairement à l'usage actuel du français, le féminin et le singulier peuvent donc l'emporter sur le masculin et le pluriel. Elle se rencontre en grec ancien et en latin, de même qu'en ancien français, et dans les autres langues romanes. En français, elle a été peu à peu reléguée au statut d'exception, tandis que le masculin s'impose dans l'accord du genre ; elle fournit aujourd’hui la matière de propositions de réforme de l’accord de l'adjectif pour ceux qui y voient un outil de promotion de l'égalité entre femmes et hommes.

En grec ancien et en latin[modifier | modifier le code]

L'accord de voisinage est similaire en grec ancien et en latin. Le grec ancien se caractérise également par le maintien d'une règle d'accord de l'indo-européen commun, dite « Ta zoa trekhei » (Τὰ ζῷα τρέχει : « les animaux cour[en]t ») : les sujets de genre neutre, au pluriel, induisent un verbe au singulier[1].

L’adjectif épithète, s'il détermine plusieurs noms, s'accorde en genre et en nombre avec le plus proche. L'accord de l'adjectif attribut, si les sujets sont des noms de personnes de genres féminin et masculin, se fait au masculin pluriel ; toutefois il peut aussi se faire au féminin ou au singulier si telles sont les caractéristiques du sujet le plus proche, le verbe d'état, dans ce cas, s'accordant lui aussi avec le sujet le plus proche[2]. De façon générale, le verbe peut s'accorder, s'il a plusieurs sujets, soit avec l'ensemble des sujets, soit avec le sujet le plus proche[3],[4],[5].

Dans l'exemple suivant, captus est s'accorde avec le sujet le plus proche, unus, au masculin et au singulier, sans qu'il soit tenu compte du premier sujet, filia :

Orgetorigis filia atque unus e filiis captus est.

— Jules César, La Guerre des Gaules, I, 26.

« La fille d’Orgétorix et un de ses fils fu[ren]t capturé[s]. »

— La Guerre des Gaules, I, 26.

Autre exemple d'accord du verbe avec le sujet le plus proche :

Gallos a Belgis Matrona et Sequana dividit.

— Jules César, La Guerre des Gaules, I, 1.

« La Marne et la Seine sépare[nt] les Gaulois des Belges. »

— La Guerre des Gaules, I, 1.

Accord de l'adjectif épithète[6] :

« Le Sénat et le peuple romain[s]. »

Il existe une différence de traitement, en ce qui concerne les accords, entre les noms de choses et les noms de personnes. Ainsi, lorsqu'un accord est fait au pluriel concernant des noms de choses à la fois masculins et féminins, il se fait au neutre pluriel. Pour des noms de personnes féminins et pluriel, l'usage courant est d'employer le masculin pluriel. Cette pratique influence les cas où l'accord de proximité peut être employé. Il est donc beaucoup plus fréquent d'utiliser l'accord de proximité avec les noms de choses qu'avec les noms de personnes [7].

Dans son étude sur la construction des accords depuis la latin vers le français, le professeur Bernard Colombat conclut : « Contre toute attente, les anciens étaient plus sensibles que nous au respect du sexe et à la discordance des genres. Dans la société romaine, pourtant éminemment phallocratique, l'accord au masculin d'un adjectif apposé à deux noms, l'un masculin et l'autre féminin, n'est pas considéré comme normal »[8].

Les autres langues romanes, comme l'espagnol et le portugais, pratiquent toujours l'accord de proximité[6].

En français[modifier | modifier le code]

Coexistence des règles jusqu'à la Renaissance[modifier | modifier le code]

L'accord de proximité se rencontre fréquemment jusqu'à la Renaissance, en particulier pour les noms communs abstraits, mais beaucoup plus rarement en ce qui concerne les noms communs désignant des personnes, comme en latin. Il est employé concurremment avec l'accord selon le sens[9], qualifié de syllepse grammaticale. Éliane Viennot donne un exemple de cet accord selon le sens dans une lettre de Madame de Sévigné : « Il a tout refusé, mais la noblesse de Rennes et de Vitré l’ont élu malgré lui, pour être à leur tête, au nombre de six cents et plus »[10]. Elle ajoute : « cet accord selon le sens est toujours pratiqué, comme la plupart d’entre nous le savent (et non le sait) »[11].

En ancien français, il est permis d’accorder l’adjectif en genre et en nombre avec le dernier nom[12] et cet usage est dominant au moins pour l'accord de l'épithète[13]. Le linguiste et grammairien français Georges Gougenheim signale en effet que « Les règles assez factices de la prédominance du masculin dans les adjectifs qualifiant plusieurs noms n'existent pas encore au XVIe siècle. L'adjectif s'accorde avec le nom le plus rapproché : Portant à leur palais “bras et mains innocentes” »[14],[15].

Lorsqu'un verbe à la troisième personne est accompagné de plusieurs sujets au singulier, le verbe s'accorde le plus souvent au singulier, avec le sujet le plus proche[16].

Malvestiez, honte ne peresce
ne chiet pas, car ele ne puet.

— Chrétien de Troyes, Perceval ou le Conte du Graal (v. 412-413)

« La méchanceté, la honte et la paresse
ne déchoit pas, c’est impossible »

— Perceval ou le Conte du Graal (v. 412-413)

Quand un verbe a plusieurs sujets dont le plus proche est au singulier, il peut se mettre au singulier[17] : vn gentil-homme, dont l’amour & la fermeté, & la patience eſt ſi louable (« un gentil homme, dont l’amour, la fermeté et la patience est si louable »), Marguerite de Navarre, L'Heptaméron[18].

Dans l'exemple qui suit, le verbe s'accorde au singulier, et le participe passé au féminin, avec le premier sujet, Justice : Au Ciel eſt reuollée, & Iuſtice, & Raiſon (« Au ciel est revollée et Justice et Raison »), Ronsard, Discours des misères de ce temps[19].

Pour les noms communs désignant des personnes la règle d'accord au masculin est néanmoins la plus fréquente. Ainsi, au chapitre 50 de Gargantua de Rabelais, l'accord au masculin pluriel prévaut : Itẽ par ce que tant hõmes que fẽmes une foys repceuz en religion apres lan de ꝓbation eſtoient forcez & aſtraictz y demourer perpetuellement leur vie durante, feut eſtably que tãt hommes que femmes la repceuz, ſortiroient quand bon leurs ſembleroit franſchement & entierement (« Item, parce que tant hommes que femmes une fois reçus en religion après l’an de probation étaient forcés et astreints y demeurer perpétuellement leur vie durant, fut établi que tant hommes que femmesreçus, sortiraient quand bon leurs semblerait franchement et entièrement »)[20].

Au XVIIe siècle encore, l'adjectif épithète, lorsqu'il se rapporte à plusieurs noms, peut s'accorder avec le plus proche. On en trouve de nombreux exemples chez Racine, qui emploie concurremment la règle d'accord de proximité avec celle selon laquelle « le masculin l'emporte sur le féminin » : Sur-tout j’ay cru devoir aux larmes, aux prieres / Conſacrer ces trois jours & ces trois nuits entieres (« Surtout j’ai cru devoir aux larmes, aux prières / Consacrer ces trois jours et ces trois nuits entières[21] »), Athalie (1691), ou encore, dans la même pièce, « Armez-vous d’un courage & d’une foy nouvelle[22] ». De même il est encore courant qu'un verbe avec plusieurs sujets s'accorde avec le plus rapproché[23] : Sa bonté, ſon pouuoir, ſa iuſtice eſt immenſe (« Sa bonté, son pouvoir, sa justice est immense »), Corneille, Polyeucte[24].

XVIIe et XVIIIe siècles : la règle de primauté du masculin est argumentée[modifier | modifier le code]

Pour la linguiste Lucy Michel, c'est au XVIIe et XVIIIe siècles qu'apparait la formulation de la règle de primauté du masculin, corrélée à « une certaine conception de la domination masculine, présentée comme essentielle, naturelle et indiscutable »[25]. Elle caractérise ainsi l'évolution des accords, notamment l'accord en genre : « L'accord de proximité, intra-linguistique, cède le pas à un accord par défaut au masculin, fondé sur l'idée non-linguistique que la matrice de l'humain est le mâle »[25].

Pour l'historienne de la littérature Éliane Viennot[26], le poète français Malherbe, commentant son contemporain Desportes, serait le premier à avoir critiqué l'emploi d'accords de proximité. Commentant ce vers de Desportes, Pour rendre mon deſir & ma peine eternelle (« Pour rendre mon désir et ma peine éternelle[27] »), il estime que éternelle ne se rapporte qu'à peine[26]. Pour ces trois vers de Desportes :

Filets d’or, chers liens de mes affections,
Et vous, beautez du Ciel, graces, perfections,
Helas pour tout iamais me ſerez-vous cachees ?

— Philippe Desportes, Cleonice. Dernières Amours[28]

« Filets d’or, chers liens de mes affections,
Et vous, beautés du ciel, grâces, perfections,
Hélas pour tout jamais me serez-vous cachées ? »

— Cleonice. Dernières Amours[28]

Malherbe écrit : « Il faut cachés »[29].

L'Académie française elle-même emploie un accord de proximité dans ses Statuts et règlements de 1635 :

« La principale fonction de l’Académie sera de travailler avec tout le soin et la diligence possible [et non possibles] à donner des règles certaines à notre langue »

— Statuts et règlements de l’Académie française, cité dans Histoire de l’Académie française[30]

Le grammairien et membre de l'Académie Vaugelas ne s'y montre pas complètement opposé :

Ni la douceur ni la force n’y peut rien. Tous deux ſont bons, n’y peut rien, & n’y peuuent rien, parce que le verbe ſe peut rapporter à l’vn des deux, ſeparé de l’autre, ou à tous les deux enſemble. I’aimerois mieux neantmoins le mettre au pluriel qu’au ſingulier.

— Vaugelas, Remarques sur la langue françoise[31]

« Ni la douceur ni la force n’y peut rien. Tous deux sont bons, n’y peut rien, et n’y peuvent rien, parce que le verbe se peut rapporter à l’un des deux, séparé de l’autre, ou à tous les deux ensemble. J’aimerais mieux néanmoins le mettre au pluriel qu’au singulier. »

— Remarques sur la langue françoise[31]

Dans ce même ouvrage, commentant une phrase que Malherbe présente comme un écueil à éviter (« Ce peuple a le cœur & la bouche ouuerte à vos loüanges »[32]), Vaugelas invoque la noblesse du masculin pour justifier qu'il l'emporte sur le féminin, même si à cette occasion il admet une exception car cela heurte trop l'usage de son temps[33] :

Il faudroit dire, ouuerts, ſelon la Grammaire Latine, qui en vſe ainſi, pour vne raiſon qui ſemble eſtre commune à toutes les langues, que le genre maſculin eſtant le plus noble, doit predominer toutes les fois que le maſculin & le feminin ſe trouuent enſemble, mais l’oreille a de la peine à s’y accommoder, parce qu’elle n’a point accouſtumé de l’ouir dire de cette façon, & rien ne plaiſt à l’oreille, pour ce qui eſt de la phraſe & de la diction, que ce qu’elle a accouſtumé d’oüir. Ie voudrois donc dire, ouuerte, qui eſt beaucoup plus doux, tant à cauſe que cét adjectif ſe trouue joint au meſme genre auec le ſubſtantif qui le touche, que parce qu’ordinairement on parle ainſi, qui eſt la raiſon deciſiue, & que par conſequent l’oreille y eſt toute accouſtumée.

— Vaugelas, Remarques sur la langue françoise[34]

« Il faudrait dire, ouverts, selon la grammaire latine, qui en use ainsi, pour une raison qui semble être commune à toutes les langues, que le genre masculin étant le plus noble, [il] doit prédominer toutes les fois que le masculin et le féminin se trouvent ensemble, mais l’oreille a de la peine à s’y accommoder, parce qu’elle n’a point accoutumé de l’ouïr dire de cette façon, et rien ne plait à l’oreille, pour ce qui est de la phrase et de la diction, que ce qu’elle a accoutumé d’ouïr. Je voudrais donc dire, ouverte, qui est beaucoup plus doux, tant à cause que cet adjectif se trouve joint au même genre avec le substantif qui le touche, que parce qu’ordinairement on parle ainsi, qui est la raison décisive, et que par conséquent l’oreille y est toute accoutumée. »

— Remarques sur la langue françoise[34]

Mais sans exception plus loin dans l'ouvrage :

Trois ſubſtantifs, dont le premier eſt maſculin, & les autres deux, feminins, quel genre ils demandent ? Parce que le genre maſculin eſt le plus noble, il preuaut tout ſeul contre deux feminins, meſme quand ils ſont plus proche du regime.

— Vaugelas, Remarques sur la langue françoise[35]

« Trois substantifs, dont le premier est masculin, et les autres deux, féminins, quel genre ils demandent ? Parce que le genre masculin est le plus noble, il prévaut tout seul contre deux féminins, même quand ils sont plus proche du régime. »

— Remarques sur la langue françoise[35]

Liberté de la langue françoise dans sa pureté, ouvrage de Scipion Dupleix paru en 1651.

Le grammairien Scipion Dupleix reprendra quelques années plus tard (dès 1651) cette analyse de Vaugelas dans son ouvrage intitulé Liberté de la langue françoise dans sa pureté :

Parce que le genre maſculin eſt le plus noble, il prevaut tout ſeul contre deux ou pluſieurs feminins, quoy qu’ils ſoient plus proches de leur adjectif.

— Scipion Dupleix, Liberté de la langue françoise dans sa pureté[36]

« Parce que le genre masculin est le plus noble, il prévaut tout seul contre deux ou plusieurs féminins, quoi qu’ils soient plus proches de leur adjectif. »

— Liberté de la langue françoise dans sa pureté[36]

On note à cette époque des hésitations chez certains auteurs dans l'application ou non de l'accord de proximité. Ainsi, dans les vers suivants (v. 931-932) de La Mort de Pompée (1643) de Corneille :

Sans que ny vos reſpects, ny voſtre repentir,
Ny voſtre dignité vous en peuſt garantir.

« Sans que ni vos respects, ni votre repentir,
Ni votre dignité vous en pût garantir[37]. »

Le groupe « vous en peuſt (« vous en pût ») » est corrigé à partir de 1660 en « vous puſſent (« vous pussent ») »[38]. Dans Les Caractères de La Bruyère, on peut lire dans la quatrième édition de 1689 au chapitre « De la mode » : l’on condamne celle qui fait de la tête des femmes la baze d’un édifice à pluſieurs étages, dont l’ordre & la ſtructure change ſelon leurs caprices (« l’on condamne celle qui fait de la tête des femmes la base d’un édifice à plusieurs étages, dont l’ordre et la structure change selon leurs caprices[39] »). L'auteur corrige le verbe change à partir de la septième édition (1692)[40] pour lui préférer le pluriel changent[23].

Concernant les arguments avancés en soutien à la règle, outre Vaugelas cité ci-avant, plusieurs grammairien invoquent la « noblesse » comme motif de supériorité. C'est le cas chez l'abbé Bouhours en 1675 : « quand les deux genres ſe rencontrent, il faut que le plus noble l’emporte »[41].

Bouhours fait explicitement référence à Vaugelas dans un autre de ses ouvrages :

Un de nos plus celebres Ecrivains dit dans un de ſes meilleurs Livres :

« C’eſt un ſentiment & une veüe qui n’eſt pas moins forte que tous les raiſonnemens. »

— Educat. d’un Prince. p. 121

Un autre, qui n’a pas moins de réputation, dit :

« Les yeux & les oreilles furent tellement ſaiſies. »

« Ces peres & ces meres qui font profeſſion d’eſtre Chreſtiennes. »

— Hiſt. du V. & du N. Test. p. 91. p. 40

Je trouverois ces conſtructions admirables, ſi je pouvois les accorder avec ce que dit M. de Vaugelas ; que deux ſubſtantifs de different genre demandent le pluriel au verbe qui les ſuit ; & que dés qu’on emploie le pluriel au verbe, il le faut employer auſſi à l’adjectif qui prend le genre maſculin comme le plus noble, quoy-qu’il ſoit plus proche du feminin.

— Dominique Bouhours, Doutes sur la langue françoise[42]

« Un de nos plus célèbres écrivains dit dans un de ses meilleurs livres :

« C’est un sentiment et une vue qui n’est pas moins forte que tous les raisonnements. »

— Éducat. d’un Prince. p. 121

Un autre, qui n’a pas moins de réputation, dit :

« Les yeux et les oreilles furent tellement saisies. »

« Ces pères et ces mères qui font profession d’être chrétiennes. »

— Hist. du V. et du N. Test. p. 91. p. 40

Je trouverais ces constructions admirables, si je pouvais les accorder avec ce que dit M. de Vaugelas ; que deux substantifs de différent genre demandent le pluriel au verbe qui les suit ; et que dès qu’on emploie le pluriel au verbe, il le faut employer aussi à l’adjectif qui prend le genre masculin comme le plus noble, quoiqu’il soit plus proche du féminin. »

— Doutes sur la langue françoise[42]

Chez Nicolas Beauzée en 1767, cette affirmation est rendue plus explicite : Le genre maſculin eſt réputé plus noble que le féminin, à cauſe de la ſupériorité du mâle ſur la femelle ; le maſculin & le féminin ſont plus nobles que le neutre, à cauſe de la ſupériorité des êtres animés ſur ceux qui ne le ſont pas (« Le genre masculin est réputé plus noble que le féminin, à cause de la supériorité du mâle sur la femelle ; le masculin et le féminin sont plus nobles que le neutre, à cause de la supériorité des êtres animés sur ceux qui ne le sont pas »)[43]. Ce recours au principe de la « plus grande noblesse » se retrouve dans les Principes généraux et raisonnés de la grammaire françoise de Pierre Restaut[44], dans la Grammaire françoise simplifiée de François-Urbain Domergue[45] et dans la Grammaire générale des grammaires françaises de Napoléon Landais[46]. Noël-François De Wailly expose toutefois la règle sans référence à la « noblesse »[47]. Ainsi que pour la Grammaire françoise raisonée (1721) du pédagogue et grammairien Monsieur de Vallange[48], le masculin l'emporte car il est plus « fort »[49],[50].

Le linguiste et grammairien André Chervel note que l'argument de la plus grand noblesse a aussi été invoqué par des grammairiens aux XVIIe et XVIIIe siècles (Claude Irson, Laurent Chifflet, Jean de Vayrac (ru), Denis Gaullyer) pour expliquer une supériorité de la première personne (je) sur la deuxième (tu), puisque les deux combinées forment la première personne du pluriel (nous)[51]. On trouve cette règle à l'article « François » (français) de l'Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers :

Si l’un des nominatifs eſt d’une plus noble perſonne que l’autre, le verbe s’accordera avec lui en perſonne. La premiere, je, ou nous, eſt la plus noble des trois : la ſeconde va après. Votre frere & vous n’êtes pas trop ſages.

De même, ſi l’un des deux ſubſtantifs eſt d’un plus noble genre que l’autre, c’eſt-à-dire, s’il est du maſculin, & l’autre du féminin, l’adjectif pluriel qui accompagne le verbe, ſera auſſi du maſculin, comme : le tonnerre & la pluie étoient fort violens.

Mais après deux ſubſtantifs de genre différent, l’adjectif ſingulier s’accorde avec le dernier, comme j’ai le cœur & la bouche ouverte à vos louanges.

— Article « François », Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers[52]

« Si l’un des nominatifs est d’une plus noble personne que l’autre, le verbe s’accordera avec lui en personne. La première, je, ou nous, est la plus noble des trois : la seconde va après. Votre frère et vous n’êtes pas trop sages.

De même, si l’un des deux substantifs est d’un plus noble genre que l’autre, c’est-à-dire, s’il est du masculin, et l’autre du féminin, l’adjectif pluriel qui accompagne le verbe, sera aussi du masculin, comme : le tonnerre et la pluie étaient fort violents.

Mais après deux substantifs de genre différent, l’adjectif singulier s’accorde avec le dernier, comme j’ai le cœur et la bouche ouverte à vos louanges. »

— Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers[52]

André Chervel cite aussi l'auteur Jean-Baptiste du Val (d), au début du XVIIe siècle, sur la relation entre le substantif et l'adjectif : « Quelques-uns ont dit que le substantif était le mâle, et l'adjectif la femelle, d'autant que celui-là est le plus noble, plus significatif et non sujet à autrui »[53]. Mais Marc-Alexandre Caminade et Charles-Pierre Girault-Duvivier mettent en avant l'argument de l'antériorité : l'adjectif « se met au masculin comme à son genre primitif, tout nom susceptible des deux genres étant masculin avant d'être féminin »[54]. Cet argument de l'antériorité se retrouve aussi dans le Dictionnaire raisonné des difficultés grammaticales et littéraires de la langue françoise de Jean-Charles Laveaux : « puisqu’il n’y a pas plus de raison pour faire l’adjectif masculin que pour le faire féminin, il est naturel qu’on lui laisse sa première forme, qui se trouve celle qu’il a plu d’appeler genre masculin »[55]. Pour André Chervel[54], c'est l'avis de Condillac qui est décisif pour écarter l'argument de la « noblesse » :

« Une preuve que la noblesse du genre n’est point une raison, c’est que l’adjectif se met toujours au féminin, lorsque, de plusieurs substantifs, celui qui le précède immédiatement, est de ce genre. On dit : il a les pieds et la tête nue, et non pas nus : il parle avec un goût et une noblesse charmante, et non pas charmans. L’adjectif dégénère-t-il de sa noblesse, en prenant le genre féminin ? »

— Étienne Bonnot de Condillac, Cours d’études pour l’instruction du prince de Parme[56]

Mais Louis-Nicolas Bescherelle rappelle encore dans l'édition de 1850 de sa Grammaire nationale :

« Dans ces exemples, souvent cités, le féminin est à sa place ; l’ironie explique tout. Le but des auteurs est d’exprimer un ridicule ; or, la masculinité annonce toujours une idée grande et noble ; elle eût été déplacée ici sous la plume satirique de nos grands écrivains. Le féminin est donc venu là, parce que le masculin n’y pouvait être. Les exemples d’expressions féminines, dans l’ironie, sont très nombreux. En effet, veut-on peindre d’un seul trait un guerrier qui manque de courage, on l’appelle ironiquement une femme ! Celte ironie est de la dernière injustice, il est vrai, mais enfin elle explique les peuples qui s’en servent et les langues qui l’emploient. En France, l’ironie est féminine, parce que le masculin est toujours noble dans son emploi. Du reste, l’ancienne grammaire avait admis cette vérité, en lui donnant cette forme si connue : Le masculin est plus noble que le féminin. »

— Louis-Nicolas Bescherelle, Grammaire nationale[57]

XVIIIe et XIXe siècles : la règle de primauté du masculin est assertée[modifier | modifier le code]

Pour Lucy Michel, à la fin du XVIIIe siècle et au XIXe siècle, les arguments utilisés pour justifier la primauté du masculin disparaissent des grammaires au profit d'une assertion gnomique : « La naturalisation, en s'effaçant comme processus et en ne laissant apparaitre que le résultat final, est donc amenée à son terme »[58]. Elle souligne qu'à partir de cette époque, la règle est énoncée comme un fait incontestable, sans explication liée à une supériorité ou une antériorité du masculin : « à la fin, il ne reste plus que la loi, l'argument d'autorité qui pose l'incontestabilité du phénomène linguistique »[59].

Toutefois, au XIXe siècle, la règle générale de l'accord sur le masculin reste énoncée avec des exceptions et des réserves chez plusieurs grammairiens. Ainsi, si dans sa Grammaire des grammaires, Charles-Pierre Girault-Duvivier énonce que « L’Adjectif se rapportant à deux ou plusieurs Substantifs distincts et du nombre singulier, se met au pluriel, et prend le genre masculin, si […] les Substantifs sont de genres différents », il défend encore partiellement l'accord de proximité. Citant François-Urbain Domergue, « Auguste gouverna Rome avec un tempérament, une douceur soutenue », il explique que si les substantifs sont synonymes, on accorde l'adjectif avec le dernier[60]. Il explique en effet :

« Lorsque dans plusieurs substantifs l’esprit ne considère que le dernier, soit parce qu’il explique ceux qui précèdent, soit parce qu’il est plus énergique, soit parce qu’il est d’un tel intérêt qu’il fait oublier les autres, l’adjectif placé après ces substantifs s’accorde avec le dernier »

— Charles-Pierre Girault-Duvivier, Grammaire des grammaires[60]

Et pour Louis-Nicolas Bescherelle, si « quand il y a plusieurs substantifs de différents genres, l’adjectif se met au masculin pluriel », il nuance toutefois :

« Observation. — L’euphonie exige que l’on énonce quelquefois le substantif masculin avant le féminin, quand l’adjectif n’a pas la même terminaison pour les deux genres.

Ainsi, l’on dira : Cet acteur joue avec une noblesse et un goût parfaits, plutôt que : avec un goût et une noblesse parfaits, parce que, dans cette dernière construction, la rencontre du substantif féminin noblesse et de l’adjectif masculin parfaits est à la fois dure et désagréable. »

— Louis-Nicolas Bescherelle, Grammaire nationale[61]

Le grammairien suisse Cyprien Ayer expose pour sa part, dans sa Grammaire comparée de la langue française, parue en 1876 : « Quand l'adjectif se rapporte à plusieurs noms, il faut distinguer l'accord du nombre et l'accord du genre ». Pour l'accord en nombre, il en précise les circonstances :

« L’adjectif se met au singulier c’est-à-dire qu’il s’accorde avec le dernier substantif singulier, lorsqu’il se rapport exclusivement à ce dernier, ou qu’il y a synonymie, gradation, comparaison, exclusion, etc. : Le bon goût des Egyptiens leur fit aimer la solidité et la régularité tout nue (Boss.). L’aigle fend l’air avec une vitesse, une rapidité prodigieuse (Buf.). Mais le fer, le bandeau, la flamme est toute prête (Rac.) […]

Accord du genre. Si l’adjectif se rapportant à plusieurs noms de genres différents est au pluriel, il prend toujours le genre masculin ; mais quand les terminaisons des deux genres de l’adjectif sont sensiblement différentes, on doit avoir soin de mettre le substantif masc. le dernier pour éviter le rapprochement d’un nom fém. avec une finale masc. […]

On trouve cependant le féminin, quand le nom le plus voisin est de ce genre. Ainsi La Fontaine a dit : Nos destins et nos mœurs différentes. »

— Cyprien Ayer, Grammaire comparée de la langue française[62]

En ce qui concerne les grammaires scolaires du XIXe et du XXe siècle, si l'historien André Chervel ne trouve pas de mention du terme « proximité », il note que le terme « voisin » ou même parfois « accord de voisinage » a pu être utilisé[63]. Plus souvent, on y invite simplement l'élève à pratiquer « l'accord avec le dernier substantif » « lorsque les substantifs sont synonymes » comme dans la Grammaire mnémonique d'Albert de Montry de 1836[64] (« même observation chez Bonneau et Lucan (1838)[65], Larousse (1880), Larive et Fleury (1902) ou Souché et Lamaison (1955) »[63]). L'exception de la gradation est aussi mentionnée, comme dans le Mémento théorique du brevet de Coudert et Cuir de 1887[63].

L'accord de l'adjectif avec des noms de choses est aussi cité comme une exception, avec pour appui le vers de Racine « Armez-vous d’un courage et d’une foi nouvelle », dans la Grammaire de la langue française d'Israël-Michel Rabbinowicz (he), parue en 1886, ou dans la Grammaire française d'Oscar Bloch et René Georgin de 1936[63]. Pour Auguste Brachet (de) et Jules Dussouchet, dans leur Grammaire française complète à l'usage de l'enseignement secondaire et de l'enseignement primaire supérieur, parue en 1888, l'accord de proximité est mentionné au titre d'un rappel historique : « dans notre ancienne langue ces règles d'accord n'étaient pas suivies ; d'ordinaire le verbe s'accordait seulement avec le nom le plus rapproché »[66]. André Chervel cite aussi la Grammaire française à l'usage des athénées, des collèges et des écoles moyennes de Bernard Van Hollebeke et Oscar Merten, parue en 1923, qui recommande encore la construction « Grande fut ma surprise et mon étonnement »[67].

Pour la formule « le masculin l'emporte sur le féminin », « l'une des plus célèbres de la grammaire française »[68], André Chervel remarque son absence « de la plupart des ouvrages de grammaire françaises », quoiqu'il cite une formule proche dans un manuel pour le cours préparatoire de 1887 : « Le masculin a la priorité sur le féminin : “Le père et la mère sont contents” »[69]. Mais il souligne que « le petit nombre des occurrences de la formule dans l'imprimé contraste avec son incroyable célébrité »[69].

Des propositions de retour[modifier | modifier le code]

Au XXIe siècle des propositions de retour à l'accord de proximité pour l'accord du genre sont avancées.

Dénonçant la « réforme sexiste de la langue » ayant conduit à l'abandon de l'accord de proximité, plusieurs associations dont la Ligue de l'enseignement et Femmes solidaires lancent en 2011 une pétition et demandent à l'Académie française de réformer l'accord de l'adjectif en faveur de l'emploi de la règle de proximité dans l'accord du genre[32].

D'autres institutions proposent une alternative : l'Office québécois de la langue française distingue l'« accord de proximité » au sens de cet article (accord qui n'est plus la « règle habituelle ») et une « règle de proximité » selon laquelle on doit préférer « l’étudiante et l’étudiant inscrits » à « l’étudiant et l’étudiante inscrits » : l'adjectif étant au masculin, le nom masculin doit être plus près pour des raisons stylistiques. L'Office ne recommande pas l'usage du féminin grammatical comme outil de promotion dans ce contexte[12].

Pour André Chervel, avant tout la question des accords ne peut être séparée du rôle majeur du masculin dans l'économie générale du système de la langue[70], ensuite il constate que les grammaires anciennes se sont peu intéressées à la question de l'accord de l'adjectif quand il se rapporte à la fois à un nom masculin et à un nom féminin (pour le XVIIe siècle, dix-neuf ouvrages seulement le mentionnent, sur soixante-deux qu'il a consultés). Enfin, il souligne que les multiples grammaires du XIXe et du XXe siècle qui continuent à mentionner l'accord de proximité, ne serait-ce que pour recommander de ne pas placer le substantif féminin à côté de l'adjectif appliquant la règle du masculin pluriel, illustrent la survivance de cet accord jusqu'à notre époque et que cette survivance démontre, selon lui, qu'il n'y a pas eu « une masculinisation délibérée du français à l'époque classique »[67] visant à le faire disparaitre, qui est la thèse défendue par Éliane Viennot[71]. Toutefois, il affirme, en même temps, que rétablir l'usage de cet accord reviendrait à « s'en prendre tôt ou tard à la structure même de la langue »[67].

Mais pour la linguiste, Lucy Michel, la croyance en la prédominance intrinsèque du masculin est un effort de « déhistoricisation et de décontextualisation de la langue, qui est posée comme dénuée de tout lien avec le monde extra-linguistique, et plus simplement, avec la société »[72].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Marcel Bizos, Syntaxe grecque, Vuibert, (ISBN 978-2-71-177210-0).
  2. Lucien Sausy, Grammaire latine complète, Librairie Fernand Lanore, (ISBN 978-2-85157-096-3), p. 35-36.
  3. Jean Allard et Émile Feuillâtre, Grammaire grecque, Hachette, (ISBN 978-2-01-000349-3), p. 151.
  4. Sausy 1985, p. 209.
  5. Henri Petitmangin, Grammaire latine (complète), Pars, J. de Gigord, , 37e éd. (1re éd. 1912) (lire en ligne), § 102*.
  6. a et b Abeillé, An et Shiraïshi 2018.
  7. Philippe Cibois, « L’accord de proximité en latin (et en grec) », sur Hypothèses.org, .
  8. Colombat 2019, p. 78.
  9. Viennot 2018, p. 25-26, 91-92.
  10. Madame de Sévigné, Lettres, t. 8, Paris, Hachette, (lire sur Wikisource), p. 533.
  11. Viennot 2018, p. 26.
  12. a et b Office québécois de la langue française, « L'accord de l'adjectif », sur Banque de dépannage linguistique, gouvernement du Québec, (consulté le 18 janvier 2012).
  13. Chervel 2019, p. 104, 105.
  14. Gougenheim 2000, cité dans Chervel 2019, p. 104.
  15. Théodore Agrippa d'Aubigné, Les Tragiques, vol. III, Le Dezert, L.B.D.D., (lire sur Wikisource), p. 99.
  16. Lucien Foulet, Petite Syntaxe de l'ancien français, Librairie Honoré Champion, , p. 202.
  17. Gougenheim 2000, p. 249-250.
  18. Marguerite de Navarre, L'Heptaméron, t. II, 17, Paris, (lire en ligne), p. 67.
  19. Pierre de Ronsard, Discours des misères de ce temps, à la Royne mère, Paris, G. Buon, (lire en ligne), v. 182-183.
  20. François Rabelais, Gargantua (lire sur Wikisource), chap. 50.
  21. Jean Racine, Athalie, Paris, Thierry, (lire sur Wikisource), p. 11.
  22. Jean Racine, Athalie, Paris, Thierry, (lire sur Wikisource), p. 79, v. 1269.
  23. a et b Gabriel Spillebout, Grammaire de la langue française du XVIIe siècle, Picard, coll. « Connaissance des langues », (ISBN 978-2-7084-0119-8), p. 390-394.
  24. Pierre Corneille, Polyeucte, Paris, (lire en ligne), p. 58, v. 849.
  25. a et b Michel 2016, p. 11.
  26. a et b Viennot 2014, p. 64.
  27. Philippe Desportes, Premières œuvres, t. I : Diane. Premières Amours, Paris, Mamert Patisson, (lire sur Wikisource), p. 39b.
  28. Philippe Desportes, Premières œuvres, t. III : Cleonice. Dernières Amours, Paris, Mamert Patisson, (lire sur Wikisource), p. 131b.
  29. Viennot 2014, p. 65.
  30. Paul Pellisson et Charles-Louis Livet, Histoire de l’Académie française, Didier et Cie, (lire en ligne), vii.
  31. Claude Favre de Vaugelas, Remarques sur la langue françoise, Paris, Vve Jean Camusat et Pierre Le Petit, (lire en ligne), p. 150.
  32. a et b Anne Chemin, « Genre, le désaccord », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  33. Aurore Évain, Edwige Keller-Rahbé et Éliane Viennot, « Les accords », sur Société internationale pour l'étude des femmes de l'Ancien Régime.
  34. Claude Favre de Vaugelas, Remarques sur la langue françoise, Paris, Vve Jean Camusat et Pierre Le Petit, (lire en ligne), p. 83.
  35. Claude Favre de Vaugelas, Remarques sur la langue françoise, Paris, Vve Jean Camusat et Pierre Le Petit, (lire en ligne), p. 381.
  36. Scipion Dupleix, Liberté de la langue françoise dans sa pureté, Paris, Denys Béchet, (lire en ligne), p. 696.
  37. Pierre Corneille, La Mort de Pompée, Paris, (1re éd. 1644) (lire en ligne), p. 46.
  38. Pierre Corneille, La Mort de Pompée, Paris, (1re éd. 1644) (lire en ligne), p. 32.
  39. Jean de La Bruyère, Les Caractères, Paris, Étienne Michallet, , 4e éd. (1re éd. 1688) (lire en ligne), p. 375.
  40. Jean de La Bruyère, Les Caractères, Paris, Étienne Michallet, , 7e éd. (1re éd. 1692) (lire en ligne), p. 551.
  41. Dominique Bouhours, Remarques nouvelles sur la langue françoise, Paris, (lire en ligne), p. 4.
  42. Dominique Bouhours, Doutes sur la langue françoise, Sébastien Mabre-Cramoisy, (lire en ligne), p. 129.
  43. Nicolas Beauzée, Grammaire générale ou Exposition raisonnée des éléments nécessaires du langage : pour servir de fondement à l'étude de toutes les langues, livre III, t. II, Paris, Barbou, (lire en ligne), chap. VII (« De la Concordance »), p. 358.
  44. Pierre Restaut, Principes généraux et raisonnés de la grammaire françoise, Evert Van Harrevelt, (1re éd. 1730) (lire en ligne), p. 67.
  45. François-Urbain Domergue, Grammaire françoise simplifiée, Nouvelle édition, Paris, Durand, (lire en ligne), p. 94.
  46. Napoléon Landais, Grammaire générale des grammaires françaises présentant la solution analytique, raisonnée et logique de toutes les questions grammaticales anciennes et nouvelles, Didier et Cie, , 8e éd. (1re éd. 1835) (lire en ligne), p. 450.
  47. Noël-François De Wailly, Principes généraux et particuliers de la langue française, Barbou, , 9e éd. (lire en ligne), p. 165-166.
  48. James Guillaume, « Vallange », sur Institut français de l'éducation.
  49. Chervel 2019, p. 86-87.
  50. M. de Vallange, Grammaire françoise raisonée, (lire en ligne), p. 89.
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  55. Jean-Charles Laveaux, Dictionnaire raisonné des difficultés grammaticales et littéraires de la langue françoise, Lefèvre, (lire en ligne), p. 38.
  56. Étienne Bonnot de Condillac, Cours d’études pour l’instruction du prince de Parme, C. Houel, (lire en ligne), p. 173-174.
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  58. Michel 2016, p. 12.
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  62. Cyprien Ayer, Grammaire comparée de la langue française, Genève, Georg, (lire en ligne), p. 285, 300, 308.
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  69. a et b Chervel 2019, p. 80.
  70. Chervel 2019, p. 91.
  71. Viennot 2014
  72. Michel 2016, p. 9.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Anne Abeillé, Aixiu An et Aoi Shiraïshi, « L’accord de proximité du déterminant en français », Discours, no 22,‎ (DOI 10.4000/discours.9542)
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  • Georges Gougenheim, Grammaire de la langue française du seizième siècle, Picard, coll. « Connaissance des langues », (1re éd. 1973) (ISBN 978-2-7084-0469-4)
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  • Lucy Michel, La relation entre genre grammatical et dénomination de la personne en langue française (thèse de doctorat en linguistique française), Université de Bourgogne, (lire en ligne)
  • Lucy Michel, « Penser la primauté du masculin – sémantique du genre grammatical, perspectives synchroniques et diachroniques », dans F. Neveu, G. Bergounioux, M.-H. Côté, J.-M. Fournier, L. Hriba et S. Prévost, SHS Web of Conferences. Actes du 5e congrès mondial de Linguistique française – CMLF 2016 (Tours, 4-), vol. 27, Les Ulis, EDP Sciences, (DOI 10.1051/shsconf/20162704005), p. 1-23
  • Marie-Louise Moreau, « Écriture inclusive : le piège des étiquettes », Le Soir,‎ (lire en ligne)
  • Marie-Estelle Pech, « Écriture inclusive : pour les grammairiens, le masculin est aussi neutre », Le Figaro,‎ (lire en ligne)
  • Éliane Viennot, Non, le masculin ne l'emporte pas sur le féminin ! Petite histoire des résistances de la langue française, Donnemarie-Dontilly, Éditions iXe, (ISBN 979-10-90062-20-7)
Anne-Marie Houdebine-Gravaud, « Éliane Viennot, Non le masculin ne l’emporte pas sur le féminin ! Petite histoire des résistances de la langue française. Éditions iXe, Donnemarie-Dontilly, 2014, 119 p. », Travail, genre et sociétés, vol. 39, no 1,‎ , p. 219-221 (DOI 10.3917/tgs.039.0219)
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