Pierre-Paul Nairac

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Pierre-Paul Nairac
portrait de Pierre-Paul Nairac par Joseph Boze en 1786
Fonction
Député aux États généraux de 1789
-
Biographie
Naissance
Décès
(à 81 ans)
Bordeaux
Nationalité
Activités
Famille
Père
Paul Nairac (1694-1759)
Mère
Suzanne-Marguerite Roullaud (1705-1775)
Fratrie

Élisée-Étienne Nairac (1734-1791)

Jean-Baptiste Nairac (1738-1817)
Conjoint
Jeanne-Barbe Wetter (?-1791)
Autres informations
Propriétaire de
Religion
protestant
Membre de

Pierre-Paul Nairac (Bordeaux, 1732 - ibid, 1812) fut armateur, raffineur bordelais et député du Tiers état aux États généraux de 1789[1]. Il est souvent appelé Paul Nairac, mais ne doit pas être confondu avec son père Antoine-Paul Nairac (1694-1759), également appelé Paul Nairac.

Biographie[modifier | modifier le code]

Issu d'une famille protestante du Tarn, Pierre-Paul Nairac est né le 3 avril 1732 à Bordeaux. Il est le fils d'Antoine-Paul Nairac, négociant et raffineur, et de Suzanne-Marguerite Roulland.

En 1759, il engage Jean-Paul Marat qui vient de Genève pendant deux ans pour être le précepteur de son fils[2].

Pierre-Paul Nairac fait sa médecine à Bordeaux, puis épouse en 1760 Jeanne-Barbe Wetter, originaire de Suisse, et monte à Paris en 1762[3].

Plus tard, il s'associe avec son fils Laurent-Paul et son frère Élisée Nairac pour faire de l'armement maritime. Il possède une flotte de quatre navires, dont trois navires négriers et deux raffineries de sucre[4] à Bordeaux dans le quartier Sainte-Croix. De 1764 à 1792, ils ont organisé 24 expéditions dont 18 déportèrent plus de 8000 Noirs, ce qui les place en tête des négriers bordelais[réf. nécessaire].

Également ils possédaient un domaine (Habitation de Nairac) en 1786, à l'île Bourbon (St- Pierre de la Réunion), dans la région du Tampon actuel, qui comprenait 414 esclaves, dont 98 enfants, 2 invalides et 24 domestiques[5].

Portrait de Pierre-Paul Nairac peint par Pierre Lacour.

Avec les profits tirés de ces activités, il fait bâtir entre 1775 et 1777 un hôtel particulier à Bordeaux, dénommé Hôtel Nairac[6], selon les plans dressés par l'architecte Victor Louis. Le coût de la construction est de 233 000 livres, équivalents à plus de 2,6 millions d'euros d'aujourd'hui[7]. Sous la Révolution, Nairac revend en 1792 cet hôtel à des négociants[8].

Pierre-Paul et Élisée Nairac réclameront à plusieurs reprises un anoblissement au pouvoir royal[9], en récompense de son zèle négrier, mais celui-ci lui sera toujours refusé en raison de sa religion protestante[10].

Initié à la loge de l'Amitié, où se retrouvaient les armateurs bordelais, Nairac appartenait à la franc-maçonnerie bordelaise[11].

Épris de liberté, l'esclavagiste est élu en 1789 député du Tiers état aux États généraux puis à l'Assemblée constituante.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pierre-Paul Nairac sur le site de l'assemblée nationale
  2. " En 1759, en sa dix-septième année Marat quitte la Suisse pour se rendre en France. Cabanès note que le jeune homme sollicita d'être attaché à l'expédition que l'abbé Chappe organisait à Tobosk observer le passage de Venus sur le Soleil; sa requête ne fut pas accueillie. Il vint à Bordeaux où il séjourna deux ans en qualité de précepteur des enfants du futur député aux États Généraux, P-P Nairac, raffineur de sucre et armateur, qui, par sa femme, avait des relations avec sa famille en Suisse. Frantz Funck-Brentano, Marat ou le mensonge des mots, Paris, Grasset, 1940.
  3. SAUGERA Eric, Bordeaux port négrier (XVIIe-XIXe siècles), KARTHALA Editions, (ISBN 9782811146238, lire en ligne)
  4. Historia : Des négriers si prospères
  5. J. V. Payet, Histoire de l'esclavage à l'île Bourbon (Réunion), L'Harmattan, , page 80
  6. L'hôtel particulier est situé au n°17 cours de Verdun et abrite la cour administrative d’appel de Bordeaux depuis le 23 décembre 1999.
  7. « Convertisseur de monnaie d'Ancien Régime - Livres - euros », sur convertisseur-monnaie-ancienne.fr (consulté le 20 octobre 2019)
  8. Bordeaux : cour administrative d’appel de Bordeaux
  9. Albert Rèche, Dix siècles de vie quotidienne à Bordeaux, (Seghers) réédition numérique FeniXX, (ISBN 9782232144967, lire en ligne)
  10. « Les grands négociants bordelais au XVIIIe siècle / par A. Communay Communay , Arnaud (1845-19..) », sur bibliotheque.bordeaux.fr (consulté le 20 octobre 2019)
  11. Lieux symboliques en Gironde. Trois siècles de franc-maçonnerie à Bordeaux., Florence Mothe, page 111

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]