Nord 1300

Un article de Wikipedia, l'encyclopedie libre.
Sauter a la navigation Sauter a la recherche

Nord 1300

Nord 1300 vers 1950 sur le terrain de Lyon-Corbas

Constructeur SNCAN
Premier vol 1945
Équipage 1
Dimensions
Profil Göttingen 535
Envergure 13.54 m
Longueur 6.15 m
Surface alaire 14.2 m2
Allongement 13
Masses et charge
Masse à vide 177 kg
Charge alaire maximale 17.68 kg/m2
Masse maximale 250 kg
Performances
Vitesse maximale 150 km/h
Finesse 17 à 60 km/h
Taux de chute minimal 0.94 ms à 55 km/h m/s

Le Nord 1300 (généralement prononcé "Nord treize cents") est la version construite en France par la SNCAN après la seconde guerre mondiale du planeur allemand Schneider Grunau Baby.

Histoire[modifier | modifier le code]

A l'issue de la seconde guerre mondiale le vol à voile français, à l'instar du reste du pays, était dévasté. Les planeurs qui n'avaient pas péri au cours des hostilités étaient obsolètes. La direction des sports aériens créée pour remédier à cet état de fait fut munie de larges crédits et passa de grosses commandes de planeurs français étudiés pendant l'occupation (Émouchet, Caudron C 800, Castel 301 et 310) mais aussi du Nord 1300 d'origine allemande.

On parle généralement de production sous licence (mais il existe une possibilité qu'il s'agisse plutôt d'une "récupération" des liasses de plans et des outillages allemands à la fin de la guerre). Selon Raymond Sirretta le planeur à quand même subi quelques modifications sur lesquelles il ne s'étend pas mais qui selon ses termes "... ont transformé le bon planeur d'entrainement qu'était le Grunau en veau complet"[1] ce qui semble aussi être l'avis du CEV, (voir chapitres "Vols").

En 2019, le site de la DGAC compte encore 33 planeurs inscrits sur le registre des aéronefs[2].

Construction[modifier | modifier le code]

Il s'agit d'un monoplace monoplan à ailes hautes haubanées. Sa construction est en "bois et toile" avec un fuselage de section hexagonale et un cockpit ouvert. Le capot amovible portant le pare-brise comporte deux petits hublots ronds dont la fonction est d'éclairer les instruments de vol. Son atterrisseur est composé d'un patin en frêne et d'une béquille de queue.

Vols[modifier | modifier le code]

Selon les observations du CEV il était longitudinalement stable et bien amorti mais très instable transversalement en utilisation normale avec une tendance au virage engagé. Les ailerons étaient moins efficaces que ceux du Grunau. Son important lacet inverse et la faible efficacité de la gouverne de direction obligeait à piloter "commandes croisées" en ascendance et il était délicat à piloter pendant le remorquage. Le décrochage se produisait entre 30 et 48 km/h avec une faible abattée mais un départ en autorotation en cas de dissymétrie. Testé jusqu'à 125 km/h en configuration lisse ses performances étaient très modestes avec une chute mini de 0.94 m/s à 55 km/h.[3]

Conclusion : "Dans l'ensemble plutôt inférieur au modèle d'origine et peu susceptible d’amélioration, ce monoplace d'entrainement ne pouvait constituer qu'un appareil de transition dépassé dans l’attente d'un successeur."[3]

A l'usage, sa faible finesse, sa robustesse, ses aérofreins très efficaces et son atterrisseur rustique le rendaient facile à poser même en campagne. Il est resté un des principaux planeurs d'entrainement pour les jeunes "lâchés" (avec le Castel 310P et le S.A.103 Émouchet) jusqu'à l'arrivée de la génération suivante (Wassmer Javelot, M100 Mésange, Avialsa A60 Fauconnet) voire un peu après.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Raymond Sirretta, Le vol a voile (L'aile et le vent), Paris, Flammarion, , 214 p., p. 12
  2. https://immat.aviation-civile.gouv.fr/immat/servlet/aeronef_liste.html
  3. a et b Fayer, Jean-Claude., Prototypes de l'aviation française : 1945-1960, ETAI, (ISBN 2726886086 et 9782726886083, OCLC 401666082, lire en ligne)
  • Portail de l’aéronautique