Musée de Pont-Aven

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Musée de Pont-Aven
Logo du musée en 2016.
Informations générales
Ouverture
Surface
2 000 m2
Visiteurs par an
120 000 (2016[1])
Site web
Collections
Collections
Nombre d'objets
1 514 au
Bâtiment
Protection
Localisation
Pays
Région
Commune
Adresse
place Julia
29930 Pont-Aven
Coordonnées
Localisation sur la carte du Finistère
Localisation sur la carte de Bretagne
Localisation sur la carte de France

Le musée de Pont-Aven est un musée français situé à Pont-Aven, dans le département du Finistère, en Bretagne.

Créé en 1985, il a pour vocation de faire connaitre les peintres qui séjournèrent dans cette ville et firent la réputation de l'École de Pont-Aven et du mouvement nabi. Peintures, dessins, aquarelles de Paul Gauguin, Émile Bernard, Paul Sérusier permettent la découverte de ces mouvements picturaux de la fin du XIXe siècle.

Le musée accueille aussi des expositions temporaires mettant en lumière certains thèmes ou artistes, mêlant différents styles et inspirations, de l'école de Pont-Aven à l'art contemporain.

Depuis 2012, le musée, auparavant géré par la commune, a été transféré à Concarneau Cornouaille Agglomération qui entreprend à partir de 2013 sa rénovation totale. Le musée, porté de 850 à 2 000 m2 répartis sur sept niveaux[2], conserve 1 514 œuvres à sa réouverture, le .

Historique[modifier | modifier le code]

Naissance de l'École de Pont-Aven[modifier | modifier le code]

Article détaillé : École de Pont-Aven.

Jean-Baptiste Corot et ses amis séjournent en 1862 sur la côte bretonne, dans le petit village de Pont-Aven, situé entre Concarneau et Quimperlé. En juin 1886, Paul Gauguin fait son premier séjour à Pont-Aven, sur les conseils du peintre Armand Félix Marie Jobbé-Duval, breton d'origine, ainsi que du Père Tanguy, son marchand de couleurs. Entre 1887 et 1896, Paul Gauguin y revient à de nombreuses reprises et rencontre ainsi Émile Bernard. Ils adoptent de nouvelles techniques de peinture (le synthétisme et le cloisonnisme), caractérisées par de grands aplats de couleurs pures, cernés d'un trait noir et supprimant la perspective classique. De nombreux peintres les rejoignent à Pont-Aven (Paul Sérusier, Charles Filiger, Maxime Maufra, Henry Moret, Ernest de Chamaillard), formant ainsi l'École de Pont-Aven.

Création du musée[modifier | modifier le code]

En août 1939 émerge un premier regain d’intérêt pour le passé artistique de la ville. Le maire de Pont-Aven inaugure une plaque commémorative fixée sur l’ancienne pension Gloanec rappelant le séjour de nombreux artistes. Parallèlement à ce geste, les salons de l’hôtel Julia accueillent une exposition consacrée à Paul Gauguin et au groupe de Pont-Aven.

En 1953, année du cinquantenaire de la mort de Paul Gauguin, est organisé une rétrospective dont le point d’orgue est le prêt exceptionnel de La Belle Angèle, tableau alors conservé à Paris au musée du Louvre. Jean-Jacques Manrot-Le Goarnig fut un temps conservateur du musée Paul-Gauguin de Pont-Aven[3].

Créée en 1960, l'Association des Amis de Gauguin est présidée par Maurice Malingue. Son ambition est d'organiser une exposition par an afin de faire connaître l’École de Pont-Aven. En 1961, la Société de peinture de Pont-Aven, présidée par Bertrand Queinec, se substitue à la précédente association. Elle est rebaptisée Association des Amis du musée de Pont-Aven.

Le projet de musée prend réellement corps avec le début des travaux de construction et d’aménagement de l’établissement à l'automne 1984. Le musée des beaux-arts de Pont-Aven est inauguré le [4].

Le musée aujourd'hui[modifier | modifier le code]

En 2003, grâce à une souscription auprès des entreprises et particuliers de la région, le musée acquiert Deux têtes de bretonnes, un pastel de Paul Gauguin. Ce tableau, représentant deux bretonnes en coiffe de Pont-Aven, date du cinquième et dernier séjour de Gauguin en Bretagne, en 1894, et est dédié à son ami le peintre Maxime Maufra[5],[6].

Des études pour l'extension du musée sont initiées en 2006[7].

En 2010 se tient l'exposition des 25 ans du musée.

En 2012, à la suite du choix du cabinet d'architectes L’Atelier de l’Ile, le , les travaux du nouveau musée démarrent en 2013, le musée ayant fermé ses portes le au soir. Le musée rouvre après travaux le . La surface d'exposition est alors doublée, passant de 850 à 1 700 m2. Le rez-de-chaussée, en dehors des infrastructures classiques (accueil, caisses, boutiques…) dispose d'un centre de ressource important sur l'école de Pont-Aven. Au premier étage, la salle Julia est nommée ainsi en l'honneur de Julia Guillou (1848-1927), qui fit construire cet hôtel entre 1881 et 1900, devenu par la suite ce musée. Il s'agit de la salle à manger de l'ancien hôtel, dont les boiseries ont été conservées et restaurées, auxquelles trois luminaires du XXIe siècle de Matali Crasset ont été ajoutés. Cette salle fait office de salon de réception, de lieu de conférence ou de concert. Le deuxième étage est consacré aux expositions temporaires. Le troisième niveau présente les expositions permanentes sur les auberges des artistes, la chronologie, Paul Gauguin, les fondateurs de l'école de Pont-Aven, le japonisme, les nabis et Pont-Aven après Gauguin.

Un jardin intérieur en terrasse est visible depuis le hall lumineux vitré qui dessert les niveaux du musée, avec des plantes se référant aux œuvres de l'école de Pont-Aven (ajoncs, bruyères…). Une annexe est intégrée pour les réserves du musée[8].

Le musée des beaux-arts de Pont-Aven a aujourd'hui pour objectifs de faire connaître l’œuvre des artistes inspirés par la Bretagne et plus particulièrement par Pont-Aven, depuis les années 1860 jusqu’aux années 1970, de développer un travail scientifique concernant cette période chronologique et de s’ouvrir à la création contemporaine.

Le , le musée d'Orsay de Paris a signé un partenariat avec le musée de Pont-Aven. Ce parrainage a pour but de bâtir un partenariat scientifique et d'obtenir plus facilement des prêts du musée. Trois autres musées de France sont partenaires du musée d'Orsay.

Œuvres de la collection permanente[modifier | modifier le code]

Né sans collection, le musée a mené dès ses débuts une importante campagne d’acquisitions. Il compte actuellement un fonds de 1 300 œuvres[9] (4 500 d'après le site du musée[10]) dont la moitié est dédiée aux arts graphiques (gravures, aquarelles, pastels…). La période chronologique balayée va de 1870 aux années postérieures à 1900.

La collection regroupe des œuvres d’artistes de reconnaissance internationale comme Émile Bernard, Maurice Denis, Paul Gauguin (14 œuvres[11]), Georges Lacombe, Paul Sérusier entre autres, mais aussi des artistes de moindre renommée comme Pierre-Eugène Clairin, Émile Jourdan, Maurice Asselin, Marie Luplau. Le fonds s’est également ouvert aux artistes étrangers : Constantin Kousnetzoff, Carl Moser, Sydney Lough Thompson[12].

Le musée poursuit ses acquisitions avec une moyenne d’une douzaine d’œuvres par an.

Collections[modifier | modifier le code]

  • Maurice Denis :
    • Les Feux de la Saint-Jean à Loctudy, 1895, huile sur carton ;
    • Maternité devant la mer ou Maternité au Pouldu, 1899 ;
    • Hommage à Notre-Dame-du-Folgoat (Folgoët), 1921, huile sur carton.
  • Émile Dezaunay :
    • La petite Mendiante de Pleyben, eau-forte et aquatinte en couleurs, 41,7 × 31 cm ;
    • Jeune Fille de Rosporden assise, 1895, eau-forte et aquatinte en couleurs, 27,8 × 19,9 cm.
  • Charles Filiger : Tête d’homme au béret bleu, 1892, gouache.
  • Paul Gauguin : Deux Têtes de Bretonnes (hommage au peintre Maxime Maufra), 1894, pastel[5].
  • Georges Lacombe : Grotte à Camaret, 1893-1894, huile sur toile.
  • Henry Moret : Falaises en Bretagne, vers 1898, huile sur toile.
  • Émile Schuffenecker : Portrait de Madame Champsaur, 1890, huile sur toile.
  • Paul Sérusier : Portrait de Marie Lagadu, vers 1889, huile sur toile.


Expositions temporaires[modifier | modifier le code]

De 1985 à 2016

Administration[modifier | modifier le code]

  • Conservatrices :
    • 1985-2006 : Catherine Puget[16] ;
    • depuis 2006 : Estelle Guille des Buttes-Fresneau[17].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Antoine Terrasse, Pont-Aven, l'école buissonnière, Éditions Gallimard, Collection « Découvertes », 1993.
  • André Cariou, Les peintres de Pont-Aven, Éditions Ouest-France, 1999.
  • Antoine Terrasse et Claire Frèches, Les Nabis, Éditions Flammarion, 2002.
  • Collectif, L'aventure de Pont-Aven et Gauguin, Éditions Skira, 2003.
  • Catherine Puget, L'estampe en Bretagne 1880-1960, Éditions Musée des Beaux-Arts de Pont-Aven, 2006 (ISBN 2910128377).
  • Collectif, La Bretagne de Paul Signac, Éditions Musée des Beaux-Arts de Pont-Aven, 2008.
  • Myriam de Palma, Maurice Chabas (1862-1947), peintre et messager spirituel, Somogy, Musée de Pont-Aven, Musée de Bourgoin-Jallieu, 2009.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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