Martin Txiki

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Martin txiki (Martin le petit[1]), Martintxo, San Martin txiki (Saint Martin le petit) ou San Martiniko est considéré comme le héros « civilisateur » du peuple basque. Ce nom est une transformation de Saint Martin, un Saint tourangeau qui figure dans un thème légendaire. Parmi les humains, il fut le premier laboureur à cultiver la semence de blé. Il s'enquit de l'époque où il fallait la semer et fit de même avec le maïs, le navet et il cultiva ces trois végétaux. Il vola également les secrets de fabrication de l'axe de roue du moulin, de la scie, la soudure du fer avec un fondant. Il fut donc un civilisateur aux yeux des Basques.

Le personnage[modifier | modifier le code]

Martín Txiki est un filou, escroc de la mythologie aragonaise et basco-navarraise et est ainsi parvenu à voler, à travers ses ruses, les secrets de l'architecture, la musique, l'agriculture, la forge et la vie sédentaire des Basajaunak. Ce personnage d'homme rusé a probablement été créé par l'imagination populaire comme archétype des soignants celto-ibériques de la zone du Moncayo (plus concrètement celle de San Martín de la Vierge de Moncayo) qui voyageaient sur les terres vascones et/ou pyrénéennes pour traiter les patients avec des outils en bronze, cuivre et fer, matériels totalement inconnus pour les vascons primitifs et peuples pyrénéens connexes.

Légendes[modifier | modifier le code]

La culture du blé[modifier | modifier le code]

À Ataun (Guipuzcoa/Gipuzkoa), on dit que Martin txiki alla au mont Muskia afin de rendre visite aux Basajaunak (pluriel de Basajaun), des êtres surnaturels qui récoltaient sur ces hauteurs de grandes quantités de blé.

Quand il vit là, tous ces tas de blé, il fit un pari avec un Basajaun : à voir qui, d'un bond, traverserait ces tas sans toucher un seul de leurs grains. Le Basajaun passa facilement par dessus; mais Martín Txiki tomba volontairement en plein au milieu de l'un d'eux, ce qui remplit de blé ses abarkak (chaussure traditionnelles de berger). C'est ainsi que lorsqu'il revint au village, il ramena avec lui la précieuse semence. Mais très vite le Basajaun se rendit compte que Martín Txiki emportait des grains de blé dans ses chaussures. Il lança dans sa direction son arme de jet, une hache. Ratant Martín Txiki, celle-ci se planta dans le tronc d'un châtaignier, au lieu-dit Mekolalde à San Gregorio d'Ataun, à plus d'un kilomètre de la grotte de Muskia.

Peu de temps après, notre héros entendit chanter les Basajaunak :

Or irtete, arto ereitte ; or erorte, gari ereitte ; Sanlorentzota arbi ereitte.
À l'apparition de la feuille semer le maÏs; à la chute de la feuille semer le blé; pour la Saint Laurent semer le navet[2].

Un homme qui passait par là entendit la chanson. Alors Martín Txiki sema les grains de blé en automne et récolta ainsi la première fois cette céréale dont la culture se répandit ensuite à travers le monde entier[2].

La fabrication de la scie[modifier | modifier le code]

D'après une autre légende, le Basajaun fabriquait des scies dans son atelier. Martín Txiki ne pouvait le faire, faute de modèle. Désirant percer le secret, il envoya son domestique annoncer que Martin Txiki avait fabriqué la scie. En entendant cela, le Basajaun s'adressa à lui :

« "Ton maître aurait-il vu la feuille de châtaignier ?"
"Non, il ne l'a pas vue, mais il va la voir", répondit le garçon qui rapporta cela à Martin Txiki. »

Ce dernier examina la feuille en question et vit sa dentelure. Il fabriqua ainsi sa première scie. Le Basajaun entra de nuit dans la forge de Martin Txiki afin de s'assurer qu'il avait bien réussi à fabriquer quelque scie. En la voyant; il tordit les dents de façon alternée, il pensait bien qu'ainsi elle serait inutilisable. Mais en réalité il l'améliora car, lui ayant donné de la voie, la lame put circuler facilement dans la fente. À partir de ce moment, la technique de fabrication de la scie se répandit dans le monde[2].

La technique de la soudure[modifier | modifier le code]

Dans le même esprit, une autre légende raconte que Martín Txiki voulu savoir comment le Basajaun soudait deux pièces de fer. Pour cela il envoya son domestique pour dire à travers tout le pays de Kortezubi (Biscaye) qu'il avait découvert le moyen de souder le fer. Alors le Basajaun demanda au crieur public:

« "Serait-ce que Martín Txiki asperge d'eau argileuse les pièces de fer ?"
"Non, il ne le faisait pas, mais maintenant il le fera !" lui répondit-il. »

C'est ainsi qu'en utilisant comme fondant de l'argile en suspension dans l'eau, Martín Txiki arriva à souder le fer.

Cette technique se répandit par la suite dans tous les villages[2].

La construction du moulin à eau[modifier | modifier le code]

Une légende de Sare (Labourd) raconte que l'axe de la roue du moulin de Martiniko était en chêne, il brûlait quand il s'en servait. En revanche, celui du moulin du diable durait plus longtemps. Martin Txiki fit déclarer que son moulin fonctionnait maintenant, et sans aucune défaillance.

« "Ce qui veut dire qu'il a mis un axe en aulne" dit le diable, en commentant la nouvelle.
"Il le fera" répondit l'homme chargé de faire courir ce bruit. »

C'est ainsi que grâce à la ruse de Martin Txiki, les hommes purent bénéficier de moulins dans le monde entier[2].

Autre fable[modifier | modifier le code]

On attribue aussi d'autres faits à Martin Txiki dont celui-ci. À Amasa les habitants entreprirent d'édifier une église à l'endroit qui est actuellement occupé par le centre urbain de Billabona. Mais les matériaux qu'ils rassemblaient de jour à cet endroit étaient mystérieusement transportés de nuit, par Martin Txiki, à la colline où se trouve actuellement l'église paroissiale d'Amasa. Ceci se produisit une fois ou deux. À la fin, ils cédèrent et édifièrent leur église à l'endroit où Martiniko souhaitait qu'elle soit et ils la lui dédièrent.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Note[modifier | modifier le code]

Il n'existe pas de genre (masculin, féminin) dans la langue basque et toutes les lettres se prononcent. Il n'y a donc pas d'association comme pour le français ou QUI se prononce KI. Exemple :

  • lau « le chiffre 4 » se prononce laou et non lo (la lettre u se prononçant comme l'espagnol, ou, sauf en souletin, langue parlée en Soule, province française du Pays Basque où il se prononce comme en français).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. En basque le tx se prononce tch et Martin comme Martine. Txiki se dit donc tchiki
  2. a, b, c, d et e Dictionnaire illustré de mythologie basque, Jose Miguel de Barandiaran - Éditions Elkarlanean

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Contes populaires et légendes du Pays Basque (1978), Presses de la Renaissance (ISBN 2-85616-117-0)
  • José Miguel Barandiaran (trad. Olivier de Marliave, préf. Jean Haritschelhar, photogr. Claude Labat), Mythologie basque [« Mitología vasca »], Toulouse, E.S.P.E.R, coll. « Annales Pyrénéennes », , 120 p. (ISBN 2907211056 et 9782907211055, OCLC 489680103)
  • José Miguel Barandiaran et traduit et annoté par Michel Duvert, Dictionnaire illustré de mythologie basque [« Diccionario Ilustrado de Mitología Vasca y algunas de sus fuentes »], Donostia, Baiona, Elkarlanean, , 372 p. (ISBN 2903421358 et 9782903421359, OCLC 416178549)
  • Anuntxi Arana (trad. Edurne Alegria), De la mythologie basque : gentils et chrétiens [« Euskal mitologiaz : jentilak eta kristauak »], Donostia, Elkar, , 119 p. (ISBN 9788497838214 et 8497838211, OCLC 698439519)
  • Wentworth Webster (trad. Nicolas Burguete, postface Un essai sur la langue basque par Julien Vinson.), Légendes basques : recueillies principalement dans la province du Labourd [« Basque legends »], Anglet, Aubéron, (1re éd. 1879), 328 p. (ISBN 2844980805 et 9782844980809, OCLC 469481008)
  • Jean-François Cerquand, Légendes et récits populaires du Pays Basque : Recueillis dans les provinces de Soule et de Basse-Navarre, Bordeaux, Aubéron, (1re éd. 1876), 338 p. (ISBN 2844980937 et 9782844980939, OCLC 68706678, lire en ligne)
  • Henry Panneel, Contes et légendes du Pays Basque, Éditions Princi Negue (ISBN 2-84618-165-9)
  • (es) Mitos vascos y mitos sobre los vascos, Éditorial Txertoa 1985. (ISBN 84-7148-175-8)
  • (es) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en espagnol intitulé « San Martinico » (voir la liste des auteurs).

Liens externes[modifier | modifier le code]

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