Marie Antoinette Marcotte

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Marie Antoinette Marcotte
Marie Antoinette Marcotte vers 1904
Naissance
Décès
(à 61 ans)
Paris 10e
Nom de naissance
Lucile Marie Antoinette Marcotte
Nationalité
Activité
Maître
Lieux de travail
Mouvement
Distinctions
Œuvres principales
Dans les serres de S. M. le Roi des Belges, 1913
signature

Lucile Marie Antoinette Marcotte (née à Troyes le 31 mai 1867[1], et morte à Paris 10e le 30 avril 1929[2]) est une femme peintre française ayant vécu et travaillé surtout en Belgique. Ses thèmes de prédilection sont politiquement neutres, jardins et fleurs. Mais elle a également représenté plusieurs scènes de genre qui montrent son intérêt pour les conditions de vie de classes sociales défavorisées.

Biographie[modifier | modifier le code]

Les informations suivantes proviennent principalement de : Nos artistes anversois de Gustave De Graef[3].

Marie Antoinette Marcotte, par sa mère, est issue de la famille aristocratique Toudouze ayant comporté de nombreux artistes au cours du 19e siècle. Son père était affilé à la famille aristocratique des Marcotte de Quivières et les Marcotte d'Argenteuil. Il fut vice-consul de France à Ostende, puis à Anvers en 1872 ; il meurt subitement en 1884. Sa mère se remarie avec Jules Alexandre Sohr, dont elle a eu trois enfants : Marguerite, Frédéric et Eva Sohr[4].

La passion de Marie Antoinette pour le dessin et la peinture se manifeste tôt. Vers l'âge de 15 ans elle sollicite Émile Claus pour devenir son élève. Claus, n'acceptant pas d'élève, lui prodigua néanmoins ses conseils sur son travail artistique pendant plusieurs années.

À l'âge de 19 ans elle va parfaire ses études à Paris dans l'atelier de Jules Lefebvre et elle expose son premier tableau Le petit campagnard au Salon des Champs-Élysées de 1888. Dans le Salon de 1889 elle expose La fillette des champs. En rentrant à Anvers Marie Antoinette participe à l'atelier d'Edgard Farasyn. En 1891, elle entre à l'Académie royale des beaux-arts de Bruxelles où elle suit les cours de Jean-François Portaels et Joseph Stallaert.

Portrait en 1897

Marie Antoinette Marcotte est restée célibataire, choix fréquent en Belgique à cette époque pour les femmes ayant une vocation artistique et désireuses de se professionnaliser[5].

Sous l'influence d'Émile Claus, elle abandonne le thème des scènes représentant la vie des pauvres[6], pour se former au luminisme et se spécialiser dans l'étude des serres[7].

Elle participe à l'Exposition de Bordeaux (1895) et expose pour la première fois au Salon des artistes français en 1901 ; elle reçoit une mention honorable au salon de 1905.

C'est la seule femme peintre acceptée au salon des beaux-arts d'Ostende en 1905, avec Juliette Wytsman[8]. Elles seront quatre au salon de 1907 avec Anna Boch, Louise Danse et Anna De Weert[9].

Binnen het Prikkeldraad, 1919

Elle participe par la suite à de nombreuses expositions avec succès :

  • à Munich en 1905, avec Im Treibhaus[10],
  • au salon des beaux-arts d'Ostende en 1907, avec A la Fiancée, Serre de Chrysanthèmes, Serre d'Azalées et Mon Atelier au Printemps[11],
  • à Anvers en 1908 avec Un coin du jardin d'hiver de Mr Good, La communion et Serre d'azalées[12],
  • à Berlin la même année avec une Serre d'azalées[13],
  • à Gand en 1913 : Dans les serres de S. M. le Roi des Belges, Le couloir aux géraniums (palais de Laeken) et La forcerie des lilas[14],
  • en 1914 à l'Exposition Générale des Beaux-Arts (salon trienna) de Bruxelles : Dans les serres de S. M. le Roi des Belges[14],
  • et Saint-Pétersbourg.

En 1919, Marie-Antoinette illustre le livre de Henri Habert (nl), Entre les fils barbelés : D'après les récits des évadés Serbes, publié à Amsterdam.

Notoriété[modifier | modifier le code]

En 1891, Marie Antoinette reçoit une médaille d'or à l'Académie royale des beaux-arts de Bruxelles
En 1905, son travail reçoit une mention honorable au Salon des artistes français de Paris
En 1906, elle est élevée au rang de chevalier de l'Ordre de Léopold[15].

Elle a été à l'honneur pendant l'été 2018 au musée Rops[16] de Namur.

Tableaux de scènes populaires[modifier | modifier le code]

Portraits[modifier | modifier le code]

Paysages en extérieur[modifier | modifier le code]

Ils sont rares, car à l'époque, une femme seule ne pouvait peindre en plein air[18].

Les serres[modifier | modifier le code]

Les tableaux de serres de Marie-Antoinette ont fait sa renommée internationale ; depuis le succès remporté par le Crystal Palace à l'Exposition universelle de 1851 cette architecture de métal et de verre a inspiré de nombreuses réalisations en Europe.

Les bouquets[modifier | modifier le code]

Œuvres exposées dans des musées[modifier | modifier le code]

La plupart de ses tableaux sont exposés dans les musées belges de Courtrai, Anvers, Gand et Bruxelles[19].

Contexte sociologique en Belgique[modifier | modifier le code]

Les informations suivantes proviennent principalement de : Denis Laoureux, Parent-elles..., 2017.

Faire une carrière artistique au XIXe siècle en Belgique n'est pas un choix facile pour une femme. De manière générale, l'exercice d'une profession est un privilège masculin dans les usages sociaux de l'époque et comme les femmes ne sont pas censées travailler, la formation artistique ne leur est pas accessible. Les premières écoles d'art ne leur seront ouvertes qu'à la fin des années 1880. De plus le mariage est une norme sociale dans les usages de la bourgeoisie belge ce qui ne permet pas à une épouse-mère-femme au foyer de déployer une activité publique par exemple dans les salons ou les galeries d'art. D'autant que la responsabilité du mari serait engagée. D'où de nombreuses carrières avortées quand la vie de famille commence, comme ce fut le cas pour la sœur de Maurice Maeterlinck après deux expositions en 1886 et 1889 au Salon triennal de Gand (son cousin faisant partie de la commission directrice) : la première fois elle présente le portrait de Mr O. M.[20] et la seconde fois un tableau intitulé L'Esclave.

Plusieurs artistes-peintres ont transgressé la norme sociale du mariage et sont restées célibataires pour vivre pleinement leur vocation. Ce choix était encore plus méritoire pour les femmes n'ayant aucune assise dans le monde de l'art, comme ce fut le cas pour Anna Boch, Louise Héger, Louise De Hem, Euphrosine Beernaert, Berthe Art, Cécile Douard, Marguerite Putsage, Paule Deman, Marguerite Verboeckhoven, Hélène Cornette[21], Jenny Montigny, Yvonne Serruys ou Marie De Bièvre. Mais elles se sont appuyées sur un capital relationnel, financier et culturel élevé qui les a délivrées de tout souci matériel grâce aux relations familiales.

Certaines ont résolu l'incompatibilité entre leur carrière artistique et le statut de femme mariée en utilisant un pseudonyme, comme Claire Duluc pour se distinguer de son père, Félicien Rops et de son mari, Eugène Demolder[22]. D'autres se sont mariées à un artiste, en particulier Eugénie Beauvois, épouse d'Edmond Lambrichs, Juliette Massin (sœur de Marthe Massin qui épouse le peintre symboliste William Degouve de Nuncques en 1894), Juliette Ziane, épouse de Louis-Gustave Gambier, Gabrielle Canivet, épouse de Constant Montald, Hélène De Rudder née Du Ménil, Juliette Wytsman née Trullemans, Juliette Blum, épouse de Charles Samuel. Elles ont poursuivi leur carrière parallèlement à celle de leur mari. Le foyer familial est devenu un lieu de monstration ; leurs expositions en commun deviennent des événements partagés.

Signalons également le cas, moins fréquent, de maris acteurs de la scène littéraire ou culturelle comme celui d'Anna De Weert qui passa plusieurs étés en famille avec Emile Claus dans les années 1890 et fit partie du Cercle Artistique et Littéraire de Gand. Marie Danse et sa sœur Louise Danse, ou Elisabeth Wesmael, épouse de Maurice Des Ombiaux, ont poursuivi leur carrière parallèlement à celle de leur époux qu'elles ont rencontré grâce au livre, dont elles sont devenues illustratrices.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Document utilisé pour la rédaction de l’article Denis Laoureux, « Parent-elles, compagne de, fille de, sœur de… : les femmes artistes au risque de la parentèle », Archives of Women Artists (Research & Exhibitions),‎ (lire en ligne, consulté le 3 septembre 2018).
  • Document utilisé pour la rédaction de l’article Eliane Gubin, Dictionnaire des femmes belges : XIXe et XXe siècles, Lannoo Uitgeverij, 2006 - 637 pages, , 637 p. (ISBN 978-2873864347, lire en ligne), p. 388
  • Document utilisé pour la rédaction de l’article (en) Walter Shaw Sparrow, Women Painters of the World : from the time of Caterina Vigri, 1413–1463, to Rosa Bonheur and the present day, London, Hodder & Stoughton, coll. « The Art and Life Library », , 352 p. (disponible sur Internet Archive)
  • Document utilisé pour la rédaction de l’article (en) « Exhibitions of Modern European Painting 1905-1915 » (consulté le 3 septembre 2018).
  • Document utilisé pour la rédaction de l’article « Marie Antoinette Marcotte », femmespeintres.net (consulté le 3 septembre 2018).
  • Charles de Martrin-Donos et A Breuer, Nos contemporains : portraits et biographies des personnalités belges ou résidant en Belgique, connues par l'oeuvre littéraire, artistique ou scientifique, ou par l'action politique, par l'influence morale ou sociale., Bruxelles, , 500 p., pages 443-
  • Sabine Van Cauwenberge (Université Libre de Bruxelles – Groupe interdisciplinaire d'études sur les femmes et Bibliothèques), « Femmes artistes en Belgique au XIXe siècle », Sextant, vol. 12,‎ , p. 7- 36 (lire en ligne, consulté le 5 septembre 2018).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Archives de l'Aube, acte de naissance n°350 dressé le 01/06/1867, vue 90 / 226
  2. Archives de Paris, acte de décès n°2497, vue 12 / 31
  3. Gustave De Graef, Nos Artistes Anversois, Anvers, Jos. Theunic, , 272 p. (disponible sur Internet Archive), pages 133-138.
  4. « Eva Lucille Sohr », Généalogie de la famille de PRELLE de la NIEPPE et de diverses familles alliées directement ou indirectement, sur Famille de Prelle de la Nieppe. (consulté le 6 septembre 2018).
  5. Denis Laoureux, « Parent-elles, compagne de, fille de, sœur de… : les femmes artistes au risque de la parentèle », Archives of Women Artists (Research & Exhibitions),‎ (lire en ligne, consulté le 3 septembre 2018).
  6. Société des artistes français, Catalogue illustré du Salon de 1889, Paris, L. Baschet, (lire en ligne), p. 225.
  7. (en) Walter Shaw Sparrow, Women Painters of the World, Seltzer Books, 1905, réédition 2018, 378 p. (lire en ligne).
  8. Edmond Picard, Trois saisons d'activité, 1905, 1906, 1907, Ostende centre d'art, , 94 p. (lire en ligne), p. 47.
  9. Edmond Picard, Trois saisons d'activité, 1905, 1906, 1907, Ostende centre d'art, , 94 p. (lire en ligne), p. 49.
  10. Exhibitions of Modern European Painting 1915, p. 992
  11. Exhibitions of Modern European Painting 1915, p. 123
  12. Exhibitions of Modern European Painting 1915, p. 1048
  13. Exhibitions of Modern European Painting 1915, p. 178
  14. a et b Exhibitions of Modern European Painting 1915, p. 580
  15. Eliane Gubin, Dictionnaire des femmes belges: XIXe et XXe siècles, Lannoo Uitgeverij, 2006 - 637 pages, , 637 p. (ISBN 978-2873864347, lire en ligne), p. 388.
  16. Astrid Jansen, « Femmes en fleurs au Musée Rops », Le magazine belge des arts visuels, sur mu-in the city, (consulté le 6 septembre 2018).
  17. Le tableau a été exposé à l'Exposition de Bordeaux (1895)
  18. Denis Laoureux Parent-elles, compagne de, fille de, sœur de... : les femmes artistes au risque de la parentèle, p. 4.
  19. « Marie-Antoinette Marcotte, Serre d'azalées, Inv. 3757 », sur Musées royaux des beaux-arts de Belgique (consulté le 4 septembre 2018).
  20. Exposition triennale de Gand, XXXIIIe exposition triennale de Gand : salon de 1886 : notice sur les tableaux et objets d'art exposés au casino, Gand, , 186 p. (lire en ligne), p. 92.
  21. « Tête d'Alexandre Markelbach », sur Les trésors de l'Académie (consulté le 4 septembre 2018).
  22. David Martens, « Femmes artistes au miroir du pseudonyme », catalogue d’exposition, Musée Félicien Rops, Namur,‎ (lire en ligne, consulté le 4 septembre 2018).

Annexes[modifier | modifier le code]

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Autres sources[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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