Luc Chicoine

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Luc Chicoine
Biographie
Naissance
Décès
(à 85 ans)
Montréal
Nom de naissance
François Luc Chicoine
Nationalité
Canadienne
Formation
Activité
Conjoint
Pierrette Legault

Luc Chicoine (né le à Montréal et mort le (à 85 ans) dans la même ville) est un médecin canadien, pédiatre et professeur de pédiatrie[1],[2].

Pionnier de la pédiatrie au Canada, doté d’un sens clinique d’exception, Luc Chicoine s’est notamment distingué au Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine par ses actions de bâtisseur en fondant de nombreux services et sections de l’institution, ainsi que sa passion pour l’enseignement clinique et sa détermination à faire du soin aux enfants une science et un humanisme[3],[4],[5],[6],[7],[8],[9].

Professeur titulaire à l’Université de Montréal (1971), directeur hospitalo-universitaire du département de pédiatrie (de 1972-1973 puis de 1975-1982), fondateur du centre antipoison (1958), du service des maladies infectieuses et des cliniques de fibrose kystique, de diabète, de rhumatologie et d’adolescence du CHU Sainte-Justine, président de la Société canadienne de pédiatrie (1972-1973), le Dr Chicoine a été récipiendaire de nombreux honneurs dont le prix Letondal de l’Association des pédiatres du Québec (1999) à l’occasion du cinquantième anniversaire de l’association, la Médaille Édouard Montpetit de la fondation Édouard Montpetit pour sa contribution à l’essor de la médecine au Canada-français et au Québec (2005) ainsi que le prix Sainte-Justine à l’occasion du centenaire du Centre hospitalo-universitaire. Un prix d’excellence clinique en son nom, le prix Luc-Chicoine, est désormais remis annuellement au meilleur clinicien parmi les médecins résidents en formation du programme de pédiatrie de l’Université de Montréal[10],[11].

Luc Chicoine était l’époux de Pierrette Legault (1927-2009), qui a elle-même œuvré à l’hôpital Sainte-Justine en tant que travailleuse sociale. Ensemble, ils ont eu un fils né en 1957, Jean-François Chicoine, également pédiatre et professeur de pédiatrie au CHU Sainte-Justine[12],[13].

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

François Luc, dit Luc, nait à domicile à Montréal, l’année de la Crise de 1929, dans la grande maison familiale du Boulevard Pie-IX. Il est le petit-fils de Gédéon Danis, son mentor, marchand dans ville Maisonneuve (Montréal), aujourd’hui annexé à Montréal, un grand-père maternel qu’il affectionne particulièrement pour sa vision concrète des responsabilités et ses talents pour les chiffres. C’est d’ailleurs à cet héritage grandparental que Luc Chicoine fera un jour référence pour expliquer sa capacité à administrer des programmes hospitalo-universitaires[14],[2],[12]. Les parents de Luc, Lucienne Danis et Henri Chicoine, auront trois autres fils, Pierre, qui deviendra psychologue, Yves qui deviendra pharmacien, et Claude, orthodontiste. La famille Danis-Chicoine habite à l’époque sous un même toit. Gédéon demeure très actif au sein du clan, voire dans tout l’Est montréalais où il initie le jeune Luc, déjà pragmatique, à la gestion de ses immeubles, lui permettant du coup de côtoyer les forces vives du quartier Oscar Dufresne, Marius Dufresne et Guido Nincheri[14],[15].

Village d'Oka, municipalité du Québec

Luc passe l’essentiel de son temps à étudier, ce qu’il adore plus que tout. Il raconte même s’être présenté en pyjama à une classe de première année où ses parents ne l’avaient pas encore inscrit étant donné ses 5 ans tout juste révolus[12]. Premier de classe, il fréquente de 1940 à 1946 l’Externat classique Sainte-Croix (devenu le Collège Sainte Croix, et de nos jours le Collège de Maisonneuve) puis le Collège Sainte-Marie de Montréal de 1946 à 1948[16],[17].Ses temps libres, il les occupe à explorer la photographie ou à jouer au ping-pong ou aux échecs, à faire un peu de villégiature en famille à Rivière-des-Prairies ainsi qu’au cinéma Orléans, propriété de son grand-père sur la rue Ontario. Il voit dans le septième art la possibilité d’« atteindre beaucoup plus de gens et de classes »[18], bref quelque chose du partage éducatif qui dépasse la représentation théâtrale[19]. En vrai démocrate, et au-delà de ses origines bourgeoises, Luc Chicoine demeura des décennies plus tard un citoyen simple, sans fards, épris de justice et d’honnêteté intellectuelle[20].

Luc poursuit ensuite son adolescence dans le village d’Oka (Québec), où la famille s’installe les étés. Là, il rencontre son grand amour, Pierrette Legault, avec qui il se marie en 1954 pour partager leurs vies, projets et valeurs durant plus de cinquante ans, jusqu’à la mort de Pierrette le 31 mai 2009[14],[21].

Formation[modifier | modifier le code]

Cours classique, habile en grec et en latin, grand lecteur, depuis toujours passionné de voyages, d’histoire et de l’Égypte antique, Luc Chicoine envisage d’abord une carrière de mathématicien, puis, presque par hasard, en raison d’une possibilité d’inscriptions où il accompagne des camarades de classe, il opte finalement pour la médecine à l’Université de Montréal, tandis que sa femme va poursuivre ses études universitaires en service social[2]. Avec esprit, Luc Chicoine répètera qu’il est devenu le moins célèbre de ses confrères de classe : le cinéaste Pierre Perrault, l’écrivain Hubert Aquin, le pharmacien et homme d’affaires Jean Coutu ainsi que le Dr Henry Morgentaler, tous de la génération d’entre-deux-guerres[12].

Sainte-Justine, cours de médecine, années 1950

Durant son cours de médecine (1948-1953), Luc Chicoine réalise de plus en plus la satisfaction qu’il pourrait avoir à travailler auprès des enfants, « il est plus important et plus stimulant de préparer et de favoriser l’avenir des enfants que de réparer les lésions du temps et des abus chez les adultes. »[22],[23] En 1953, il se joint conséquemment à l’équipe du département de pédiatrie de Sainte-Justine pour entreprendre sa résidence. « Ce n’était pas un hôpital médicalement d’avant-garde, écrira-t-il, c’était vieux et trop petit et la pédiatrie en était à ses premiers balbutiements. Mes contacts comme étudiant m’avaient cependant montré que le milieu était plus sympathique et humain que les autres hôpitaux. »[22] Pierrette Legault travaille aussi à Sainte-Justine à l’époque, notamment pour assister les familles de la Petite-Bourgogne[23].

Les premières années, le Dr Chicoine côtoie les docteurs Raymond Labrecque, Edmond Dubé et un gestionnaire d’envergure pour lequel il conservera une vive admiration, Gaspard Massue[23]. La personnalité du Dr Albert Royer, pédiatre spécialisé en hématologie, marque également le jeune médecin en formation. Rétrospectivement, il dira de lui avec qui il aura collaboré étroitement qu’il était le « premier spécialiste pédiatre d’allure moderne »[24],[25],[23].

Diplômé de l’Université de Montréal (1953), Luc Chicoine complète ses années de formation à Sainte-Justine, puis, comme Research Fellow au Western Reserve Hospital de Cleveland, en Ohio, où il étudie notamment la réhydratation intraveineuse[26],[5],[2]. Luc Chicoine doit son séjour aux États-Unis à Justine Lacoste-Beaubien, la cofondatrice de Sainte-Justine, qui avait prévu des bourses d’études de manière à magnifier l’expertise de ses nouveaux médecins montréalais[24],[27]. « Madame Beaubien a été la femme la plus exceptionnelle de ma vie…en dehors de ma femme, et avec ma mère ! » confiera-t-il lors d’un entretien autour de l’anthropologie familiale en novembre 2012[14],[23]. Le « plan de quatre ans » de Justine Lacoste-Beaubien prévoyait alors pour les médecins résidents en spécialisation un entrainement à Sainte-Justine prolongé par deux années à l’étranger dans un secteur dont l’hôpital avait besoin[24],[27],[23].

Luc Chicoine à Cleveland, Ohio, 1956

Il côtoie à Cleveland Benjamin Spock, un pédiatre venu de Pittsburgh qui lui enseigne la psychologie de l’enfance et dont les le charisme et les aspirations éducatives l’impressionnent[28],[29].

Dès son retour de Cleveland, Luc Chicoine est nommé moniteur clinique. À l’époque, des pressions se font sentir à l’Université de Montréal pour améliorer la part clinique du curriculum, alors jugé bien trop pauvre[30]. Pour décharger un peu les professeurs académiques, les médecins en fin de formation, dont le jeune Luc, se font ainsi offrir une bourse de monitorat pour assurer un meilleur enseignement aux étudiants inscrits au programme[24].

Déménagement de Sainte-Justine[modifier | modifier le code]

Luc Chicoine et son fils, Jean-François, 1961

Cette année-là, 1957, l’année du grand déménagement, « sa meilleure année » d'après lui, Luc Chicoine est certifié en pédiatrie du Collège des médecins et chirurgiens de la province de Québec, ainsi que du Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada et de l’American Board of Pediatrics[12],[31]. Le 25 juillet 1957, il assiste à la naissance de son fils Jean-Francois, qui écrira plus tard : « J’ai vu le jour dans la vieille bâtisse quelques mois avant le déménagement, avec l’oralité d’avoir cassé le vieux Sainte-Justine, à la suite de quoi la génération des Justine avait dû en bâtir un autre. »[32]

La date du transfert du CHU Sainte Justine de la rue Saint Denis au chemin de la cote Sainte-Catherine avait été déterminée par le conseil d’administration après consultation et entente avec les professionnels impliqués. Plus de 233 patients seraient véhiculés par des ambulances ou par des voitures, certaines prêtées par des vendeurs d’automobiles, par la Croix-Rouge et l’ambulance Saint-Jean. Des chars allégoriques seraient mis à contribution, faisant du transfert une véritable parade[33]. Le 20 octobre 1957, avec des bénévoles de la Société de secours aux enfants infirmes et des particuliers, avec la collaboration des sœurs de la Sagesse et d’une centaine de soldats, assistés d'Edmond Dubé, Yvan Dion et Albert Royer, Luc Chicoine s’inscrit dans l’histoire de l’institution en épaulant Mme Justine Lacoste-Beaubien lors du grand déménagement dans un bâtiment tout neuf, moderne et spacieux[7].

Luc Chicoine s’occupe de l’attribution des nouveaux lits et de la supervision du personnel médical étudiant. « L’orchestration du déménagement fut si parfaite, rapporte Sœur Cyprien, que les activités du dispensaire n’ont, en aucun temps, été interrompues. »[34],[7],[22] Pour couronner la journée, une première naissance survient dans le nouvel immeuble, une petite fille que ses parents prénomment Justine[24].

Pédiatrie et baby-boom[modifier | modifier le code]

Dès la fin des années 1950, Luc Chicoine cumule activités cliniques et d’enseignement, mais également de la recherche clinique. Sa personnalité imposante, son travail sans relâche et son honnêteté professionnelle l’amèneront précocement à prendre en charge différentes responsabilités hospitalo-universitaires et nombre de comités intrahospitaliers ou pancanadiens qui se déploieront pour la suite sur les quarante prochaines années[35],[5],[36],[24]. Avec ses jeunes collègues, il transformera graduellement la pédiatrie observationnelle en une discipline scientifique de portée internationale. Marqué par son passage en Ohio, il ne supporte pas le retard relatif du Canada français en matière de services à l’enfance[12].

L’époque est animée par de nouvelles valeurs, notamment en matière de droit, dont celui d’être soigné nonobstant son statut d’enfant ou peu importe sa classe sociale[37]. Les familles sont nombreuses. Jusqu’au début des années 1960, le taux de natalité au Canada est encore très élevé. Les femmes accouchent maintenant à l’hôpital et des baptêmes de bébés catholiques sont pratiqués à Sainte-Justine. Les premiers enfants du baby boom de l’après-guerre sont à devenir des teenagers. La pédiatrie se construit, mais nous sommes encore en pleine Grande Noirceur, tout reste à faire[24],[38],[39]. Les pédiatres ont ainsi le champ libre et une large population émergente à desservir[40],[41],[24].

Les activités cliniques du jeune docteur Chicoine se concentrent surtout à Sainte-Justine, mais son rayonnement en pédiatrie générale l’amène aussi à travailler avec les orphelins de Duplessis ainsi qu’à la crèche d’Youville à Montréal, puis, rapidement, dans nombre d’hôpitaux de la grande région montréalaise. À Sainte-Justine, ses confrères travaillent dans le même esprit de défrichage, comme Jacques-Charles Ducharme et Pierre-Paul Colin en chirurgie pédiatrique, Jacques-Raymond Ducharme en endocrinologie et en recherche, Roger Simoneau en orthopédie, Gloria Jéliu en pédiatrie sociojuridique, Camille Laurin en psychiatrie ainsi que son amie Lucille Teasdale-Corti qui partira pour l’Ouganda[24],[42].

Les principaux problèmes médicaux des enfants montréalais des années 1950 comportent la malnutrition et les maladies contagieuses. Anémies nutritionnelles, scorbut, rachitisme, autres avitaminoses sont monnaie courante au dispensaire du CHU Sainte-Justine où se présentent plus de 200 patients par jour[43],[44]. « Le scorbut, c’était le fun, on leur donnait un verre de jus d’orange, puis le lendemain, c’était fini. » dira Luc Chicoine se remémorant les acquis de ses premières années de sa pratique[23].

Avec la collaboration des ministères fédéral et provincial de la Santé nationale, le Dr Luc Chicoine instaure en avril 1958 à l’hôpital Sainte-Justine un centre de lutte contre les intoxications[45]. Pierre Gaudreault, pédiatre toxicologue, lui succèdera un demi-siècle plus tard à la direction du centre[46].Au départ, en tête de liste des intoxications rapportées : l’acide acétylsalicylique, les barbituriques, les tranquillisants, les corrosifs, les hydrocarbures ainsi que les insecticides et les rodenticides. Un enfant est rapporté décédé d’une intoxication à la strychnine[45]. Sa collaboration clinique et académique avec elle et son équipe mise à profit, s’ensuivront les premiers écrits canadiens français sur la question de la toxicologie chez l’enfant, notamment sur les dangers des phénothiazines, des salicylates, des corrosifs domestiques et de l’acétaminophène[47],[48],[49],[50],[51].

Luc, Pierrette, Dr Royer et sa femme, 1959

Autour des maladies infectieuses, « Personne ne voulait aller là, c’était trop contagieux ! »[23]. À l’époque, peu de médecins montréalais s’intéressent aux problèmes de contagion, de vaccination et d’infection chez les enfants. « Je me portais volontaire plus souvent que les autres parce que j’aimais cela, tout simplement. »[52]. Les séquelles encéphaliques laissées par la rougeole et, surtout, la grande épidémie de poliomyélite de 1959 marquent tout particulièrement Luc Chicoine. Le vaccin contre la polio avait été commercialisé en 1955, mais il était encore sous utilisé au Québec avant 1959. En 1956, par exemple, les deux tiers des cas de poliomyélite paralytique au Canada se trouvent au Québec. En 1959, 433 enfants sont hospitalisés à Sainte-Justine en raison de la poliomyélite[53],[54],[23]. Il n’en fallait pas moins pour faire de Luc Chicoine un activiste vaccinal[55],[56].Plus tard, lors de l’année internationale de l’enfant en 1979 : « La diphtérie a diminué de 50,000 fois aux États-Unis l’année dernière, il faut avoir de la mauvaise volonté pour penser que la statistique est due à autre chose que la vaccination »[57]. Toujours solidaire de cette cause dans les années 1980 : « Je tiens pour presque criminelle une personne qui refuse la vaccination et propage éventuellement dans tout son entourage un virus qu’elle a contracté par sa faute. »[58]

Dès 1958, Mme Justine Lacoste-Beaubien compte de plus en plus sur la présence médicale du Dr Chicoine[59]. En 1959,Luc Chicoine fait visiter à Fidel Castro, venu à la demande de son ministère de la santé, les installations modernes de Sainte-Justine. Il demeura toute sa vie marqué par cette brève rencontre, l’idée d’un accès populaire aux services médicaux pour contrer les inégalités et, cela, dans la foulée des amitiés canado-cubaine qui émergeraient pour la suite[60].

Quand arrivent les années 1960, Luc Chicoine a obtenu la balance de ses certifications québécoises, canadiennes et américaines[23]. Il publie dans une revue médicale fondée par le chirurgien Edmond Dubé, Les annales médico-chirurgicales de l’hôpital Sainte-Justine (1930-1961). Ses premiers articles ont pour sujet des passions qui l’animeront toute sa vie : les électrolytes, les maladies infectieuses, la malnutrition infantile et les intoxications[61],[62],[63],[64],[65],[66],[67].

Science et révolution tranquille[modifier | modifier le code]

Fier de son expertise acquise lors de son entrainement en Ohio et confronté aux besoins de Sainte-Justine, le Dr Luc Chicoine explore en détail, les principes de base de la réhydratation intraveineuse ou orale des gastro-entérites[68],[69],[70]. « Nous avions du retard, on installait des solutés un peu à l’aveuglette »[23]. Après avoir fait un tour comparatif des différentes attitudes thérapeutiques existantes, dont celles du Dr WM Wallace de Cleveland, il conceptualise en 1961 une méthode simple et rapide pour calculer les besoins d’entretien hydrique des enfants. Sa formule cc/kg/jour = 85 – (3X âge) alimentera le travail clinique de décennies de pédiatres œuvrant en milieu hospitalier. À l’époque, son audace par ailleurs scientifiquement documentée, parait d’une grande modernité[71],[72],[73].

La science met l’épaule à la roue de la Révolution tranquille et, dans l’institution, l’ambiance est parfaitement collégiale. « Il est partout, on retrouve Luc Chicoine dans tous les rouages du nouvel hôpital émergent. »[72],[6] Ses travaux sur les électrolytes le conduisent vers le traitement de l’acidocétose diabétique[74] ainsi que sur le diagnostic de la mucoviscidose. Il démarre les consultations en diabète et en rhumatologie. La clinique du diabète fondée, il en confie la direction à son confrère pédiatre, Roger Poirier. Avec l’impulsion de son collaborateur biochimiste Robert A. Ayotte, il importe à Sainte-Justine, le test de sudation (test à la sueur), alors indisponible dans la province de Québec. Il fonde ainsi la clinique de fibrose kystique de l’hôpital, et le service de maladies infectieuses où ses recherches forgeront les prémisses de l’infectiologie pédiatrique[75],[76],[23].

Animé par la notion de « progrès », ses travaux et publications des années 1960 vont annoncer de plus en plus les couleurs dominantes dynamiques de Luc Chicoine et concernent les électrolytes, la malnutrition, les intoxications et, d’une manière privilégiée, les maladies infectieuses, les vaccins émergents et l’utilisation des antibiotiques chez l’enfant[77],[78],[79],[80],[81],[82],[70],[83],[84],[85],[86],[87],[88],[89],[90],[91],[92],[93],[94]. En 1966, lui et la Dre Gloria Jéliu livrent incidemment dans L’Union médicale du Canada un véritable plaidoyer pour le développement d’une recherche de pointe et, conséquemment, pour une « vivification de l’enseignement » de la pédiatrie par la recherche. « Le drame de la thalidomide a servi à attirer l’attention sur la réactivité particulière de l’organisme fœtal et infantile à l’égard des produits pharmacologiques. Des études récentes montrent que peu de données pharmacologiques s’appliquent intégralement à l’enfance et que toute la pharmacodynamie doit être repensée avec une optique pédiatrique »[95].

Mais avant la recherche, ce qui parfois va lui être reproché par ses rares détracteurs, et de pair avec la clinique, le Dr Chicoine, incroyable pédagogue, aura mis l’enseignement de la pédiatrie « contemporaine » parmi ses principales priorités[96]. Comme professeur ou directeur de programme, il va s’investir dans l’enseignement aux médecins en formation, dans l’éducation médicale continue à ses pairs ainsi que dans la formation des infirmières[97],[5],[98],[99],[100]. En 1965, il est examinateur au Collège des Médecins et chirurgiens du Canada ainsi qu’au Conseil Medical du Canada. En 1968, il dirige le programme de formation prédoctorale du département de pédiatrie, puis l’organisation de l’enseignement continue. Professeur agrégé dans les années 1960, dès 1971, Dr Luc Chicoine sera finalement promu professeur titulaire à l’Université de Montréal. Sa disponibilité est totale, et ses cours, notamment sur l’antibiothérapie, la vaccination et les infections courantes chez l’enfant feront fureur, partout dans la province et au Canada[101],[5].

En 1967-68, on confie rapidement les guides du département de pédiatrie à Luc Chicoine, « pro tempore », en remplacement du Dr Albert Royer parti en année sabbatique en Tunis. En 1968, Luc Chicoine est impliqué en tant que membre du conseil de coordination secteur sante de la commission Castonguay[5],[6]. Mme Beaubien est morte, l’assurance hospitalisation est en place depuis 1961, l’assurance-maladie s’en vient, l’état prend de plus en plus de place dans le soin des enfants[24],[23].

Pour l’institution, voire pour l’ensemble de la pédiatrie canadienne-française, le Dr Chicoine, « Monsieur Sainte-Justine », comme l’écrira le Dr Jean Wilkins en témoignant des facettes multiples de son mentor, aura été avant tout celui d’un modèle de clinicien, intuitif, généreux et loyal. Dès ses premières armes en pédiatrie, « il a sa manière, une observation clinique impressionnante. C’est un homme de partage, très très respectueux et des autres et de ses confrères, qui a donné un vrai élan à la pédiatrie francophone. » Ses pairs et lui participent effectivement à une sorte de révolution tranquille du soin pédiatrique en le portant au-delà de la survie et de la charité « à travers une médecine fondée sur les faits (Evidence-Based Medicine), sans pour autant y perdre en humanisme ou en jugement pratique»[5],[102]. « C’était un observateur hors-normes avec une finesse de jugement sur les gens, sur leurs capacités et leurs limites et, cela, avec énormément de pudeur » ajoutera Dre Élizabeth Rousseau, son étudiante pédiatre, puis longtemps collègue au CHU Sainte-Justine.

« Les temps sont révolus où la pédiatrie s’enorgueillissait de maitriser seulement des principes de puériculture et des connaissances précises de pathologies qui dérivaient beaucoup plus d’observations descriptives que d’une compréhension intime de mécanismes physiopathologiques et biologiques complexes » écrivent Luc Chicoine et Gloria Jéliu en 1966. « La conception d’une pédiatrie, annexe mineure de la médecine interne, se référant à des modèles adultes pour y puiser des analogies de structure, de fonction ou de méthodologie médicale est foncièrement dépassée aujourd’hui. »[95] C’était probablement cela, la révolution.

Centre-mère Enfant[modifier | modifier le code]

Après un passage comme chef du service de pédiatrie en 1970, Luc Chicoine devient directeur du département universitaire de pédiatrie (1972-73/1975-1982). Il est toujours à la barre du centre antipoison (1958-1986) et de la section des maladies infectieuses (1967-1992) où il œuvre conjointement avec des microbiologistes comme les Drs Jean Joncas, Gilles Delage et Lucette Lafleur et des pédiatres, notamment le Dr Gabriel St Rome[103],[23],[24]. Sous l’effet des réaménagements structurels au ministère de la Santé, il va travailler étroitement avec la direction hospitalière, notamment avec Sœur Jeanne Laporte et M. Jean-Pierre Chicoine, puis comme président du conseil des médecins et dentistes (1985-87)[24]. Sous sa direction, nombre de projets d’expertise locale et internationale vont prendre forme. Luc Chicoine est appelé en Tunisie, en Algérie et dans tous les points de service à l’enfance du Québec, jusqu’à la Baie James[5],[24],[7],[2],[23].

La longue scolarisation des jeunes, la contre-culture naissante, la drogue, enfin la sexualité adolescente sortie de la clandestinité font qu’une médecine de l’adolescence s’impose de plus en plus aux yeux des médecins. Sensible à cette mouvance sociale, Luc Chicoine va ainsi se faire un point d’honneur de mettre en place un service de médecine de l’adolescence à Sainte-Justine[5],[104],[105]. « Vous n’avez pas idée combien vous avez été important pour moi, combien je vous suis reconnaissant de cette invitation faite à me joindre au département de pédiatrie de Sainte-Justine et de l’Université de Montréal en 1973. » déclarera Dr Jean Wilkins, le premier pédiatre québécois impliqué dans la médecine de l’adolescence. « Dr Chicoine, vous avez dirigé ma carrière dans le sens de son orientation et de la façon de pratiquer la pédiatrie. Le lien intime et indissociable entre clinique et enseignement, vous aviez l’art de le pratiquer avec une puissance et une certitude que tout le monde vous reconnaissait et enviait. »[72].

À Sainte-Justine, si les années 1970 et 1980 portent sa marque et celle de ses collaborateurs et alliés, ce serait celle d’une volonté d’efficience dans les soins à l’enfance[7]. « Des heures d’attente qui n’en finissent plus aux urgences, impossible du temps de Luc Chicoine » écrit Julie Roy. En moins de deux, il réunissait une brigade de médecins expérimentés pour régler la situation. « Il nous donnait des directives dans l’escalier et en très peu de temps l’urgence était désengorgée. Il était plus qu’efficace » raconte le Dr Jean Wilkins[106].

Malgré ses responsabilités administratives, Luc Chicoine va continuer son travail clinique, là où il trouve le sens véritable de sa profession, ainsi que l’enseignement, beaucoup d’enseignement. On se l’arrache alors pour des conférences hospitalières ou régionales tant il est drôle et pragmatique. Ses résumés de cours sur les vaccins et les antibiotiques font légion. Il a l’art de la synthèse, sa capacité de résumer ce qui est complexe est remarquable. Ses publications ou chapitres de livres en toxicologie, en maladies infectieuses et en antibiothérapie pédiatrique se multiplient selon les expertises de ses différents collaborateurs, autour du Yersinia Enterocolitica avec Dr Lucette Lafleur, sur le virus Epstein Barr avec le Dr Jean Joncas, sur les intoxications avec le Dr Pierre Gaudreault, son successeur au centre antipoison. Dr Chicoine se fait également un point d’honneur de publier des guides de pratique thérapeutique concis et accessibles dont l’un, aux Éditions de l’hôpital Sainte-Justine sur l’antibiothérapie pratique en pédiatrie. Au fait des découvertes nutritionnelles, pharmaceutiques et surtout en vaccinologie observées tout au long de sa carrière, il va se faire un ardent acteur de la prévention au sein des multiples aspects de la santé et du droit des enfants. Il s’implique en santé communautaire et n’a surtout pas peur des débats sur la place publique : les antivaccinaux, la prescription d’antitussifs, le dépistage de l’hépatite B, puis la santé des enfants en garderie, une nouvelle réalité sociologique qui se pointe. Sur cette dernière question, aux questionnements sociaux complexes, son fils Jean-Francois Chicoine lui dédiera son livre pamphlétaire « Le bébé et l’eau du bain »[107].

D’extrême importance pour Luc Chicoine toujours prêt à confronter la rumeur publique, cette notion de progrès, de modulation des savoirs permettant une acuité nouvelle pour le médecin[23]. En 1976, sur la protection du prépuce : « l’évolution des connaissances sur le sujet de la circoncision va dans le même sens que celles qui ont présidé à des changements d’attitudes vis-à-vis des amygdales. On connait mieux la fonction de ces organes et on réalise maintenant que la nature fait rarement ou jamais des organes inutiles. »[108]. Pour Luc Chicoine, toujours premier de classe, le médecin se doit d’être un érudit parce que c’est par l’érudition qu’il fonde sa médecine, puis par l’amour des enfants qu’il en assure la transcription. « On ne peut pas faire ce métier là si on aime pas les enfants »[109].

Pédiatrie internationale[modifier | modifier le code]

En 1989, libéré de ses taches hospitalo-universitaires, et comme dans un dernier appel pour la nouveauté, le Dr Luc Chicoine est l’instigateur de la clinique des enfants voyageurs du CHU Sainte-Justine, qu’il appelle affectueusement « clinique des petits trotteux », et qui donnera ultérieurement naissance aux consultations spécialisées en santé-voyage, en santé-accueil et, surtout, à la clinique d’adoption et de santé internationale du CHU Sainte-Justine, certainement la plus grande expertise francophone en matière d’adoption internationale[110],[111],[112],[113],[23]. « Mieux que quiconque, toute sa carrière durant, il sentait les affaires qui devaient aller en développement», dira le Dr Jean Wilkins ». À cette époque, l’adoption internationale monte en flèche. L’expertise de Luc Chicoine, notamment en maladies infectieuses et en malnutrition infantile, contribue à documenter le caractère essentiel des évaluations préadoptives et des examens de santé au retour des pays d’origine[114],[115]. « J’aime particulièrement travailler avec ces nouveaux parents. Les consultations sont parfois plus longues parce qu’ils sont inexpérimentés en matière d’enfants, mais ils sont très motivés, pleins de bonne volonté et intelligents »[116],[117].

Fidèle à sa manière inspirée du réel et des besoins des familles, il livrera sur la question de la santé des enfants adoptés des publications, parmi les premières du genre, et des guides éducatifs accessibles aux parents. Sur la question, et fidèle à sa tradition éducative, il publie, avec la Fédération des parents adoptants du Québec et le ministère de la Santé et des services sociaux du Québec, un premier guide de service à l’intention des parents adoptifs[118].En tant que précurseur de l’évaluation de la santé de l’enfant adopté, il est ainsi invité à préfacer en 2003, l’ouvrage « L’enfant adopté dans le monde en quinze chapitres et demi » de Jean-François Chicoine, Patricia Germain et Johanne Lemieux aux Éditions du CHU Sainte-Justine, vendu à des dizaines de milliers d’exemplaires et considéré comme un classique du genre[117],[119],[114],[120].

Retraite universitaire[modifier | modifier le code]

« Sa pente descendante », confiera-t-il à Denise Bombardier qui l’interview en 1999[121]. En 1998, une série consécutive de différentes conditions chroniques – hématologiques, pulmonaires, immunologiques- forcent Luc Chicoine à quitter à contrecœur ses petits patients de Sainte-Justine, après 41 ans sonnés d’une carrière merveilleusement bien remplie[121].« À la retraite, rien n’est plus satisfaisant que de constater qu’on n’a pas perdu son temps », écrira-t-il en 2003. « Pour moi, c’est une grande joie que d’observer l’évolution favorable du travail que J’ai commencé. »[122]

Luc Chicoine profitera de la suite pour voyager encore des années avec Pierrette, dorénavant bénévole à Sainte-Justine et, professionnellement, pour soutenir les recherches, publications et textes écrits ou électroniques de son fils pédiatre, tout spécialement lorsqu’il s’agira de contextualiser l’évolution des maladies infectieuses[123]. Il prononcera encore quelques conférences de prestige autour de l’histoire de la coqueluche, de la diphtérie, de la polio et de la rougeole. Parmi ses dernières interventions, on note un clin d’œil au temps qui passe, avec pour sujet la vaccination des « snowbirds ».

Luc Chicoine à Oka, 2014

De nombreux prix et hommages accompagneront ses prochaines années. En 1999, Luc Chicoine reçoit le Prix Letondal de l’Association des pédiatres du Québec[124],[125],[126]. En 2005, il reçoit la Médaille Edouard Montpetit de la fondation Édouard-Montpetit pour souligner sa contribution à l’essor de la médecine au Canada-français et au Québec[127]. En 2007, lors du centenaire de l’institution, et à l’occasion de l’obtention du prix Sainte-Justine, remis à une personne ayant contribué de facon exceptionnelle au développement, au rayonnement et à la notoriété du Centre hospitalier Sainte-Justine, le Dr Chicoine rappelle l’importance de l’humain au centre des fondements des soins pédiatriques[128],[129].Les grands noms de Sainte-Justine assistent tous à la cérémonie animée par Denise Bombardier. Ses chères assistantes administratives du temps, Mesdames Diane Léveillé et Nicole Thibodeau le retrouvent. Pierrette est déjà malade, mais se love, fière et sereine, au discours coloré de son mari[23]. 2007 À l’heure où la priorisation des investissements favorise les laboratoires et la haute technologie, Luc Chicoine y ravive avec éloquence le rôle primordial des anciens membres de son équipe et les liens forts qui les avaient unis avec les patients. De nos jours, « On a gagné en science, mais on a perdu en humanité, je pense que ça résume toute l’affaire. » ajoutera-t-il. Son dévouement constant à l’amélioration de la santé des mères et des enfants est chaudement applaudi[129],[128]. Avec humour, verve et honnêteté, il conclut avec sa marque habituelle sur le fait qu’il aura toujours préféré à la présence des adultes, leurs enfants, dont il a été l’ami et un puissant défenseur. « J’aime les enfants, ils sont moins hypocrites, moins menteurs, plus spontanés. »[14]

Luc Chicoine a habité Montréal, dans l’est, dans la Petite-Patrie, dans le Nouveau-Bordeaux, puis longtemps Outremont, mais en conservant toujours une maison d’été dans le village d’Oka, ensuite vendue lors de la crise d’Oka. De 2007 à 2009, il déménage avec sa femme chez son fils et sa belle-fille, Esther Rhéaume, dans une maison intergénérationnelle du plateau Mont Royal aménagée expressément pour eux et où va s’éteindre Pierrette le 31 mai 2009 après 2 ans et demie de maladie. Entre cette date fatidique, dont il ne se remettra jamais, et le jour de sa propre mort, le 25 janvier 2015, Luc Chicoine continuera d’habiter chez son fils et sa belle-fille[130]. Une insuffisance respiratoire grandissante le conduisant aux soins palliatifs de l’hôpital Notre Dame, il mourra, toujours vif et un peu trop lucide, dans les bras de son fils, au même hôpital où mourrait en 1945, son grand-père vénéré, Gédéon Danis. Il est enterré au cimetière Notre-Dame-des-Neiges de Montréal, avec Pierrette. De leur pierre tombale, on aperçoit bien la tour de l’Université de Montréal.

Hommages[modifier | modifier le code]

CHU Sainte-Justine

Le 4 février 2015, une cérémonie officielle pour rendre hommage au Dr Luc chicoine aura lieu « dans sa maison» au CHU Sainte-Justine, dans l’amphithéâtre qui porte le nom de sa protectrice Justine Lacoste-Beaubien. « La vraie Sainte, c’est celle que j’ai connue», avait-il déjà déclaré devant ses pairs de l’institution, « pas la jeune fille qui s’était malencontreusement trouvée sur le chemin d’un Romain »[23]. Différents interlocuteurs s’expriment ce jour-là sur son passage : Dr Normand Lapointe, Dr Marc Lebel, Dr Jean Wilkins, Dr Jean-Yves Frappier, Mme Hélène Laurendeau, M. Benoit Brière et, de circonstance, le Dr Jean-François Chicoine. Le Dr Marc Girard, alors directeur des services professionnels, rend hommage à Luc Chicoine, visionnaire, de belle façon : « Il est raisonnable de déclarer aujourd’hui qu’au Québec, si la neurologie a eu le docteur Wilder Penfield, la cardiologie, le docteur Paul David, la recherche médicale, le docteur Armand Frappier, la pédiatrie a pu compter sur le docteur Luc Chicoine. »[8]

De l’avis de tous ses confrères, c’est son instinct diagnostique hors norme qui aura porté la pédiatrie clinique vers l’excellence, avec un prix départemental qui porte dorénavant son nom, le prix Luc-Chicoine, décerné annuellement afin de souligner l’excellence clinique d’un médecin résident en pédiatrie qui se serait distingué. « Plus qu’un bâtisseur, il fut un développeur », dira Jean-Yves Frappier, directeur du département de pédiatrie au moment du décès de Luc Chicoine en 2015. « Il n’a pas uniquement développé l’enveloppe, mais le concept, la mission, la croyance en la pédiatrie, une pédiatrie plurielle, de qualité, d’avant-garde. »[104]

Mourir en vie/Dying alive, un court métrage de fiction inspiré du dernier réveillon de Noël de Luc & Jean-François Chicoine est en cours de production en 2016.

Héritage[modifier | modifier le code]

Pédiatrie générale[modifier | modifier le code]

La pédiatrie devient une discipline officielle dans la province de Québec seulement dans les années 1950, le premier pédiatre y étant diplômé en 1956. Concurremment, Sainte-Justine est très déterminée à abaisser la mortalité infantile, alors particulièrement élevée dans la province[131]. Pour Luc Chicoine et ses collègues, ce sera l’occasion de construire, puis de défendre une pédiatrie générale scientifique à l’écoute du patient avec une exploration pertinente, et plus largement, une adaptation aux besoins de la famille. De nombreuses fois Luc Chicoine confiera à son équipe qui l’épaule : « si c’est utile aux parents, c’est que c’est pour le bien des enfants et de la société ». En plus de quarante ans de carrière, en tant que chef du service de pédiatrie, directeur de département ou président du conseil des médecins et dentistes, le Dr Chicoine, homme d’action, mais de peu de mots, va donc laisser sa marque en fondant ou en impulsant de nombreux nouveaux services à la clientèle tels les cliniques de fibrose kystique, du diabète, de rhumatologie puis l’arrimage de la médecine de l’adolescence, des champs d’intervention toujours bien en place dans le CHU moderne. Il va fonder le centre antipoison et surtout, sa réalisation la plus fameuse, ouvrir les portes du service de maladies infectieuses[132],[5],[126],[31],[24]. « Partout où on a besoin d’un coup de main, il apparait » écrira en lui rendant hommage le Dr Louise Laberge, présidente du conseil des médecins et dentistes en 1995[6].

« Il était heureux avec un stéthoscope au cou, puis des petits qu’il pouvait soigner et des parents qu’il pouvait raisonner » dira Jean Wilkins. Pour Luc Chicoine, les fondements d’une offre clinique passent avant toute autre empreinte, voire avant l’enseignement et la recherche : « si essentielles que soient la recherche et les publications, avoir de beaux laboratoires et publier dans des revues prestigieuses ne sert à rien s’il n’y a pas en première ligne le gout de s’occuper des enfants et de leurs problèmes de santé les plus courants. »[4]

« Jamais je n’ai été attiré par l’ultra-spécialisation », déclarera le Dr Chicoine qui gardera et soutiendra toujours dans l’institution un équilibre entre l’arrivée des spécialistes pédiatriques et le développement du pédiatre interniste[4].Dans les années 1970, Sainte-Justine va effectivement s’affirmer comme un centre mère-enfant offrant des soins spécialisés et intégrés à des clientèles spécifiques. Ce sont en l’occurrence les années où Luc Chicoine va intervenir en tant que directeur du département de pédiatrie, privilégiant avec force de convictions un équilibre entre l’offre de soins pédiatriques généralistes et d’autres, plus pointus[24]. Cet équilibre subtil est encore aujourd’hui matière à débats, à réformes et à construits, mais quand il s’agit d’aborder le sujet du généralisme dans la prise en charge globale de l’enfant, c’est bien à Luc Chicoine qu’il faudra longtemps référer.

Caractéristique de son style démocratique, toute sa carrière aura fait une large part à la prévention et à l’éducation pour la santé, notamment en termes de nutrition, de prévention des traumatismes à domicile ainsi que de vaccination[133].Pour Luc Chicoine, la pédiatrie générale n’existe pas sans action préventive, sans participation active à cette action. « La vaccination est, pour moi et tous ceux qui préfèrent prévenir, un acquis sur le fleuron de la pédiatrie. Qu’on se rappelle le succès obtenu contre la variole qui a été l’objet du premier vaccin scientifique et aussi la première maladie éradiquée de la terre grâce à la vaccination. »[134]. Dans la presse écrite, aussi à la radio et à la télévision, les émissions de service du type « femme d’aujourd’hui » auxquelles Luc Chicoine participe, servent énormément à la diffusion sociale de ses différents messages[135],[136],[137],[138],[139],[140],[58].

Sémiologie médicale[modifier | modifier le code]

Le leadership du Dr Luc Chicoine à titre de clinicien constitue sans contredit la contribution la plus marquante de son œuvre[141]. « Il a su valoriser notre capacité de réfléchir avant de prendre une décision » ou encore «  Il a été à l’avant-garde de l’application d’un certain nombre de connaissances modernes au moment où la pédiatrie était en plein essor » dira de lui sa consœur Dre Gloria Jéliu avec laquelle Luc Chicoine entretiendra plus d’un demi-siècle de rapports chaud-froid, mais toujours respectueux, amicaux et en quelque part, mutuellement admiratifs. « Sous des dehors un peu « raide », se cache un cœur d’or », conclura-t-elle dans un hommage à son vieux collègue en 2006[142].

« Aucun pédiatre au Québec n’a joui d’une estime aussi grande que celle que ses confrères lui ont accordé tout au long de sa carrière », écrira le Dr Jean Wilkins, l’un de ses plus proches élèves. « L’homme était impressionnant par ses connaissances de la pédiatrie générale, l’exactitude de son sens clinique, la justesse de son jugement et, à travers son assurance, pointait le questionnement toujours approprié du scientifique, un questionnement précis, vif et qui devenait exigeant pour ceux et celles qui sont appelé(e)s en consultation. Être appelé en consultation par le Dr Luc Chicoine pouvait être vécu comme un honneur et un appel au dépassement. »[5]

Ses forces cliniques conduiraient à des avenues nouvelles en termes d’investigation, le test de sudation importé des États-Unis étant le plus notoire[76]. Elles lui inspireraient également des solutions thérapeutiques originales, sa méthode pour calculer les besoins d’entretien hydrique des enfants étant celles qui sera le plus longtemps utilisée à Sainte-Justine[68],[143],[70]. Une formule accrocheuse pour une condition clinique courante avec, dans les années qui suivront, la réduction de la morbidité liée aux désordres électrolytiques.

« Aux antipodes de la pensée médicale pessimiste, alarmiste et défensive » confiera l’un de ses élèves, le Dr Michel Robitaille pédiatre, «  j’avais été formé à ne pas avoir peur de l’ennemi représenté par la maladie infantile mais à l’affronter avec force, courage, savoir, perspicacité et autonomie, non pas à l’aveuglette mais bien dès qu’il se pointait le bout du nez.. » Dans la continuité de l’examen physique pour la poursuite du diagnostic, Luc Chicoine entretiendra longtemps l’une de ses marques de commerce, soit un discours éditorial contre l’abus des analyses de laboratoire et pour la promotion d’un usage intelligent des supports diagnostiques à la clinique. « Avant 1970, chaque analyse de laboratoire était facturée au malade, ça nous mettait des freins! »[144].« Ses tournées étaient humoristiquement appelées les tournées d’annulation, car il détestait la surcharge de tests et d’analyses inutiles » racontera son élève le Dr Jean Wilkins[106].

Enseignement médical[modifier | modifier le code]

Luc chicoine envisageait un avenir possible pour la pédiatrie grâce à l’apport de ce qu’il appelait des « lueurs de connaissance ». Constatant les immenses progrès réalisés depuis le début de sa carrière en nutrition, dans le contrôle des maladies infectieuses, ainsi que dans la prise en charge de la population adolescente, des enfants maltraités ou porteurs de handicaps, il saisissait avec beaucoup d’acuité l’ampleur des défis existants, notamment du côté de la maladie sociale. Ni positif, ni négatif, réaliste comme il se plaisait à le dire, il écrirait en 1982, dans un article sur l’enseignement de la pédiatrie et du soin aux enfants : « certes, les médecins et les pédiatres ont un rôle à jouer dans la prévention et le traitement de tous ces troubles psychosociaux (ex. surconsommation des médicaments et drogues, troubles familiaux, troubles scolaires, problèmes d’adaptation à l’adolescence) mais notre société actuelle, par ignorance probablement, a tendance à pécher par excès en médicalisant toutes les situations sociales et comportementales qu’on considère encore comme déviantes, mais qu’il faudra possiblement considérer comme normales dans une société déviante ». On en pensera ce qu’on voudra, il avait le mérite d’être clair et d’anticiper une sorte de rappel à la tolérance[96].

Toujours à l’affut des besoins de la clientèle pédiatrique, la spécialisation de plus en plus grande des pédiatres est un sujet qui va préoccuper la carrière d’enseignant de Luc Chicoine. « Il faut éviter que la pédiatrie évolue comme la médecine interne » affirme-t-il « c’est-à-dire vers la spécialisation et la disparition de la pédiatrie générale. Ceci est important pour la pratique pédiatrique et encore plus essentiel pour l’enseignement, surtout au prégradué. »[40].« Le Dr Chicoine était un pilier », se rappellera le Dr Normand Lapointe, également récipiendaire du prix Sainte-Justine. « Il est l’un des principaux initiateurs de l’enseignement pédiatrique structuré au Québec, un modèle de formation académique dont a profité une grande partie des pédiatres du Québec, un modèle très performant. À mon retour de formation au début des années 1970, alors que j’étais le responsable des résidents du programme, nos jeunes recrues en pédiatrie avaient des résultats supérieurs aux examens annuels nord-américains. »[36]. En 2007, alors vice-doyenne de la faculté, l’honorable Hélène David s’exprimait elle aussi sur les succès de ses universitaires aux examens de l’American Board en 2007 : « nous sommes certains que les pédiatres de la trempe du Dr Chicoine sont la cause de tels succès. J’espère que votre dévouement pour l’enseignement restera un modèle pour les prochaines générations[145].

Malnutrition infantile[modifier | modifier le code]

Au début des années 1950, la morbidité et la mortalité nutritionnelle occupe encore une bonne part du personnel de l’hôpital Sainte-Justine. « Laver, bercer, nourrir, voilà ce qu’on faisait » se rappelle Luc Chicoine en 2007[23]. À l’époque, il s’intéresse tout spécialement au rachitisme et à ses causes[146],[147],[44].Il est particulièrement irrité par les lenteurs de la province à intervenir dans le dossier de la supplémentation alimentaire en vitamine D, retard pour lequel il accuse directement les interdits du gouvernement Duplessis. Lors de son entrainement en Ohio, il a eu honte lors d’une présentation où le Canada Français était cité comme un malheureux exemple du rachitisme résiduel en Amérique. « Il faut rappeler que nos lois défendaient l’addition de vitamine D dans le lait alors que les besoins étaient grands, surtout à cause du climat. Dans la plupart des autres centres d’Amérique, la loi obligeait l’addition de vitamine D. Il n’y avait pas de quoi être fier. » À Sainte-Justine, des dossiers d’enfants rachitiques sont empilés pour impressionner les décideurs de la province. Les autorités politiques alertées, Luc Chicoine et ses collègues de Sainte-Justine et d’ailleurs participeraient ainsi, et activement, à la supplémentation vitaminique de la pinte de lait, encore de circonstance près de soixante ans plus tard[148].

À chaque condition, sa génération, la lutte montréalaise contre ce type urbain de malnutrition infantile ferait ensuite place à de nouveaux défis. Dans les années 1970 et 1980, à l’instar des Drs Albert Royer et Élizabeth Rousseau, Luc Chicoine se positionne activement pour un retour à l’allaitement maternel, alors socialement délaissé au profit des formules, mais « à qui on n'a pas trouvé de défauts »[23]. En clinique et dans les médias, il fait la promotion d’une alimentation saine et équilibrée en prévention de l’obésité et de la maladie cardio-vasculaire. Doux-amer, Luc Chicoine il confiera néanmoins en 1985 : « La médecine a connu des progrès magnifiques : il y a bien longtemps qu’on ne rencontre plus de cas de rachitisme, de poliomyélite ou de scorbut. Mais nos enfants sont malades autrement dans leur tête, et dans leur cœur, et c’est toute la société qui est malade aussi. »[52]

Intoxications pédiatriques[modifier | modifier le code]

Membre du Comité des drogues à la cour du Bien-être Social du Québec en 1968, membre du comité sur les drogues du collège des médecins et chirurgiens du Québec et du comité sur les drogues de l’association canadienne de la santé mentale en 1970, Luc Chicoine est longtemps seul à la barre du centre anti poison de Sainte-Justine qu’il a fondé en 1958, répondant lui-seul pendant une certaine période à jusqu’à 10,000 appels par an. Baillargeon[149],[150]. « Sur la question, j’ai acquis ma formation par moi-même, en lisant, en assistant à des congrès. »[151]. Il est érudit, à l’écoute, c’est pour beaucoup un autodidacte.

Dès le début des années 1970, il participe activement, et publiquement, avec courage, à des campagnes de prévention des intoxications. Il écrit : « Toute publicité pharmaceutique destinée au public devrait être défendue dans tous les médias d’information. Cette publicité est souvent fallacieuse et toujours tendancieuse. Elle encourage la « pilulomanie » et favorise le développement de dépendance envers la médication[152].». Dénonçant sur la question le retard du Québec comparativement à l’Ontario, il contribue activement à la mise en place des premiers contenants de médicaments sécuritaires en assumant lui-même les aspects éducatifs dans les journaux et à la télévision.

Le Dr Pierre Gaudreault, pédiatre et pharmacologue succède au Dr Chicoine dont il rappelle la manière franche et directe au moment d’un hommage: « il avait la facon de le dire, le tour de trouver le mot juste. »[153]. Mais en 1986, trois centres antipoison québécois se seront amalgamés en un seul centre provincial au Centre Hospitalier de l'Université Laval (CHUL)[154]. Luc chicoine reconnait l’intérêt d’un regroupement, mais fidèle à sa manière, craint alors pour la qualité de l’expertise clinique à long terme des pédiatres du CHU Sainte-Justine.

Infectiologie pédiatrique[modifier | modifier le code]

Durant plus d’une quarantaine d’années, le Dr Luc Chicoine va s’investir dans la reconnaissance des pathogènes responsables des infections courantes, sévères ou émergentes chez l’enfant et des traitements à leur associer. En 1967, il fonde la section des maladies infectieuses du service de pédiatrie de l’hôpital Sainte-Justine dont il deviendra responsable pendant 23 ans[155].Tout en développant les services cliniques, il collabore activement avec les microbiologistes, Bernard Martineau, fondateur du laboratoire de microbiologie de Sainte-Justine, puis, à travers les années, les Dr Gilles Delage, Dr Jean Joncas et Dre Lucette Lafleur notamment[23]. De tous les praticiens de Sainte-Justine, il est celui qui aura soigné le plus grand nombre d’enfants atteints de méningites bactériennes. L’utilisation judicieuse des antibiotiques chez l’enfant, notamment avec l’apparition de pénicillines antistaphylococciques, occupera une bonne part de ses travaux. Une molécule après l’autre, un vaccin après l’autre, le Dr Chicoine aura cherché la meilleure facon de faire et transmettra ses connaissances à travers des centaines d’intervention aux professionnels de l’enfance tout autour du Québec[134],[140]. On s’arrachera ses résumés concis et pratiques dont son guide d’antibiothérapie pratique[156].

Il s’investit en vaccinologie, surveillant activement l’arrivée des nouveautés permettant la prévention des maladies redoutables, faisant avec ses proches collègues des commandes express pour Sainte-Justine. À ses premiers carnets de route des années 1950 et 1960 succèdera le Programme d’immunisation du Québec (PIQ). En tant que pédiatre mandaté par le Ministère de la Santé et des services sociaux, il aura également participé activement avec la direction de la protection de la santé publique au programme d’indemnisation des victimes d’immunisation, un programme toujours bien en place au Québec[157].

Tout au long de sa retraite, il continuera à se passionner pour l’infectiologie et la vaccination, bref jusqu’à la fin de sa vie. Depuis 1999, une plaque commémoratrice soulignant le travail de pionnier en maladies infectieuses au CHU Sainte-Justine de Luc Chicoine est installée à la porte de l’unité d’infectiologie pédiatrique[36],[56]. Avec les années, la section des maladies infectieuses du département de pédiatrie est devenue un service clinique spécialisé à part entière dirigée par les Drs Marc Lebel puis maintenant par le Dr Bruce Tapiero. Le recrutement subséquent de jeunes pédiatres infectiologues qui ont tous eu une formation spécifique et poussée en infectiologie pédiatrique avec des années de formation complémentaire à l’étranger a posé les bases de la constitution d’une équipe d’experts dans les pathologies infectieuses de l’enfant. Des consultations de plus en plus spécialisées, une clinique de tuberculose, de l’antibiothérapie à domicile, la prise en charge des infections fœto-maternelles dont le VIH, tout cela a fait partie des nombreux développements du service. Comme l’avait souhaité Luc Chicoine, l’enseignement des maladies infectieuses demeure une des priorités du service[103].

Adoption internationale[modifier | modifier le code]

Les premiers enfants issus de l’adoption internationale examinés par le Dr Chicoine sont devenus des adultes de plus de 30 ans. Encore aujourd’hui, la clinique d’adoption et de santé internationale du CHU Sainte-Justine est extraordinairement vivante et reçoit des enfants migrants, adoptés au national et à l’international, ainsi que des enfants vivant en familles d’accueil ou en institution[158],[159]. En 2003, cette consultation clinique donne des ailes au premier portail WEB sur l’adoption mis en ligne par Le monde est ailleurs à la délégation du Québec à Paris[160]. En 2005, l’organisme éducatif Le monde est ailleurs reçoit le prix David Kirk du Conseil de l'adoption du Canada/Adoption Council of Canada pour « son excellence dans le secteur de la recherche et de l'enseignement en ce qui a trait à l'adoption et pour sa contribution exceptionnelle à la compréhension des liens d’adoptions. »[161],[162]. Toujours présent à la clinique d’Adoption et de santé internationale du CHU Sainte-Justine, le Dr Jean-François Chicoine dira de son travail clinique avec son tuteur paternel : « C’est mon père qui m’a appris à reconnaitre à la clinique les signes et symptômes de rachitisme chez les nouveaux arrivants de Chine ou de Russie. Lui, il avait soigné des milliers de rachitiques dans les années 1950, moi j’étais un enfant gâté de SA vitamine D. »[163]

Distinctions[modifier | modifier le code]

  • 1960 Fellows de L’American Academy of Pediatrics
  • 1971 Professeur titulaire de pédiatrie à la faculté de Médecine de l’Université de Montréal 1994 Fellow émérite de la Société Canadienne de Pédiatrie
  • 1995 Trophée de la reconnaissance du Conseil des médecins et dentistes du CHU Sainte-Justine
  • 1996 Hommage du recteur de l’Université de Montréal
  • 1997 Prix de carrière 1961-1997 de l’Université de Montréal
  • Années 1990 Création du Prix Luc chicoine
  • 1999 Prix Letondal de l’Association des Pédiatres du Québec
  • 1999 Plaque commémorative Dr Luc Chicoine, service de maladies infectieuses du CHU Sainte-Justine
  • 2005 Médaille Edouard Montpetit de la fondation Edouard-Montpetit pour souligner sa contribution à l’essor de la médecine au Canada-français et au Québec
  • 2007 Prix Sainte-Justine à l’occasion du Centenaire du CHU Sainte-Justine
  • 2011 Certificat de reconnaissance pour l’ensemble de sa carrière du Conseil des médecins et dentistes du CHU Sainte-Justine

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Extrait de Des Rivières, M. Une femme, mille enfants, Justine Lacoste Beaubien (1877-1967), Montréal, les Éditions Bellarmin, 1987, 271 p. « Le 12 mai 1958, le docteur Desrochers, de Trois-Rivières, communique avec l’hôpital Sainte-Justine. Un accident vient de se produire et une petite fille de sept ans, sa nièce, lui paraît souffrir d’une grave commotion cérébrale, peut-être même d’une fracture du crâne. Il veut à tout prix que l’enfant soit transportée à Sainte-Justine par hélicoptère, étant donné la gravité du cas. Le docteur Chicoine reçoit l’appel. « Vous avez un hélicoptère dans la région ? » demande-t-il. – « Pas du tout, répond son collègue, mais si vous avez un héliport à l’hôpital, n’avez-vous pas aussi des hélicoptères ? ». Le docteur Chicoine assure le médecin qu’il le rappellera dans une demi-heure, il raccroche et se précipite au bureau de Mme Beaubien pour demander conseil. – « Faites le nécessaire, lui répond-elle, et tenez-moi au courant, je paierai personnellement la note. » Le docteur Chicoine téléphone aussitôt à deux ou trois compagnies aériennes de Montréal. Aucun hélicoptère n’est disponible. Il se met en contact avec l’Armée. Les hélicoptères sont actuellement aux manœuvres; peut-être serait-il possible d’en obtenir un à Brockville, en Ontario ? Le docteur Chicoine informe Mme Beaubien. – « Eh bien, communiquez avec Brockville et s’ils disposent d’un hélicoptère, envoyez-le à Trois-Rivières. » Un hélicoptère de la base militaire ontarienne vient en effet cueillir la fillette à Trois-Rivières… six heures plus tard, pour se poser à Sainte-Justine en fin d’après-midi. Mme Beaubien est sur le toit avec le personnel d’urgence, une civière, trois journalistes et trois photographes (Justine, ô Justine !). À la surprise de tous, la petite fille descend de l’appareil par elle-même, toute souriante, suivie de son oncle médecin et d’une infirmière; la commotion cérébrale avait été beaucoup moins grave que prévu. Le coût de l’équipée se chiffra aux alentours de mille dollars, mais le « zoom » sur l’héliport de Sainte-Justine dans la presse du lendemain valait aussi son pesant d’or. Si Justine Beaubien pouvait s’enorgueillir des réalisations accomplies jusqu’ici en faveur de ses chers petits malades, elle n’en voyait pas moins les énormes obligations financières qu’elles entraînaient. »
  2. Extrait de Chicoine JF Il n’y a plus d’orphelins ! In La petite histoire de Sainte-Justine, Éditions de l’Hôpital-sainte Justine, Qc., 2007 « Quand j’étais petit, j’accompagnais mon père le samedi, à sa visite au 3 ième, bloc 6, écrit Jean-Francois Chicoine. À dix heures, c’était ma leçon de natation avec M. Dehass, prof de crawl, en compagnie d’enfants de pédiatres, de chirurgiens et d’infirmières : il y avait les petits Doray, les petits « Petit » Ducharme (le chirurgien) et les petits « Gros » Ducharme (l’endocrinologue), les petits Clermont, les petits Royer (qui étaient déjà plus grands que moi), les petits Saint-Rome, et beaucoup d’autres encore…C’était craquant, incontournable, fondateur oserais-je dire! Entre la fin de ma leçon de piscine et la fin de la tournée de papa, il y avait des temps mous que Justine Beaubien se faisait une joie de rendre plus vivants. Elle aimait les enfants, beaucoup et pour de vrai. Elle avait un peu de barbe, mais elle me serrait très fort, comme une grand-mère. Je me souviens de ses tours de fauteuil roulant, entre la cafétéria des docteurs et celle du personnel non médical, entre le côté des sœurs et celui des docteurs! ».

Références[modifier | modifier le code]

  1. Dr Luc Chicoine : tout pour les enfants, La presse, 14 février 2015
  2. a b c d et e Jean-François Chicoine, « Dr Luc Chicoine », Interblocs, CHU Sainte-Justine, vol. 37, no 2,‎
  3. CPS Quebec paediatrician a Pioneer in infectious Diseases, CPS News Canadian Paediatric Society, septembre-octobre 1999
  4. a b et c AMLFC Le Dr Luc Chicoine, 41 ans au service des enfants, Bulletin mars 1995, p3-4, vol XXVIII no 3
  5. a b c d e f g h i j et k Wilkins J. Candidature du Dr Luc Chicoine pour le Prix Sainte-Justine, Département de pédiatrie du CHU Sainte-Justine, 2005.
  6. a b c et d Laberge L., Docteur Luc Chicoine, Interblocs, vol 18 no2, avril 1995
  7. a b c d et e Des Rivières, M. Les premiers 50 ans de l’hôpital Sainte-Justine IN La petite histoire de Sainte-Justine 1907-2007, Éditions du CHU Sainte-Justine, Montréal 2007
  8. a et b Girard, M. Discours à l’occasion de la cérémonie pour Luc Chicoine, CHU Sainte-Justine 2015
  9. ÉLECTRONIQUE: SAINTE-JUSTINE, Interview avec Jean Wilkins IN Forces vives Luc Chicoine, CHU Sainte-Justine, Montréal 2006
  10. « Université de Montréal », sur www.umontreal.ca (consulté le 16 juin 2016)
  11. « CHU Sainte-Justine »
  12. a b c d e et f SAINTE-JUSTINE, Interview avec Luc Chicoine IN Forces vives Luc Chicoine, CHU Sainte-Justine, Montréal 2006.
  13. SAINTE-JUSTINE, Interview avec Pierrette Legault-Chicoine IN Forces vives Luc Chicoine, CHU Sainte-Justine, Montréal 2006
  14. a b c d et e Jézéquiel M. & Ouellette, F. R. Luc & Jean-Francois Chicoine IN Les transmissions familiales aujourd’hui : de quoi vont hériter nos enfants ?, Fides, Québec 2012.
  15. « Château Dufresne », sur le site du Grand répertoire du patrimoine bâti de Montréal.
  16. Association des anciens du collège Sainte-Croix - Armoiries du collège Sainte-Croix
  17. Association des anciens du collège Sainte-Marie
  18. Chicoine L. Photographie IN Sainte Marie, Québec, novembre 1947
  19. Chicoine L. Pérusse a parlé à travers son chapeau, Le trait d’Union, Québec janvier-février, 1946
  20. ÉLECTRONIQUE : SAINTE-JUSTINE, Interview avec Luc Chicoine IN Forces vives Luc Chicoine, CHU Sainte-Justine, Montréal 2006
  21. Généalogie de Pierrette Legault
  22. a b et c Luc Chicoine, « Le grand jour : un changement de vie mais non de vocation », dans Claude C. Roy (dir.), La petite histoire de Sainte-Justine 1907-2007 : Pour l'amour des enfants, Éditions du CHU Sainte-Justine, (ISBN 9782896191048)
  23. a b c d e f g h i j k l m n o p q r s t u et v SAINTE-JUSTINE, Discours de Luc Chicoine, récipiendaire du Prix Sainte-Justine, IN Forces vives Luc Chicoine, CHU Sainte-Justine, Montréal 2007.
  24. a b c d e f g h i j k l m n et o Baillargeon D. Naitre, vivre grandir : Sainte-Justine 1907-2007, Les éditions du Boréal, QC 2007
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  35. Ducharme, J.R. lettre au doyen de la faculté de médecine Dr Pierre Bois, CHU Sainte-Justine, 12 novembre 1970
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  60. La visite de Fidel Castro à Montréal : http://ici.radiocanada.ca/emissions/a_rebours/20142015/chronique.asp?idChronique=288546 Dans un passage amusant de son livre, l’une des biographes de Mme Beaubien décrit bien la relation entre Luc Chicoine et Mme Beaubien.
  61. Chicoine, L. Un centre de lutte contre les intoxications, Annales médico-chirurgicales de l’Hôpital Sainte Justine, Tome VIII –no3, 1959
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  141. SAINTE-JUSTINE, Interview avec Jean Wilkins IN Forces vives Luc Chicoine, CHU Sainte-Justine, Montréal 2006.
  142. SAINTE-JUSTINE, Interview avec Gloria Jéliu IN Forces vives Luc Chicoine, CHU Sainte-Justine, Montréal 2006
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  146. Chicoine, L., Poirier R., Ayotte, R.A. Rachitisme résistant à la vitamine D. Annales médico-chirurgicales de l’Hôpital Sté-Justine 1958.
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  149. D. Naitre, vivre grandir : Sainte-Justine 1907-2007, Les éditions du Boréal, QC 2007
  150. Chicoine, L. Un centre de lutte contre les intoxications, Annales médico-chirurgicales de l’Hôpital Sainte Justine, Tome VIII –no3, Qc. 1959.
  151. BULLETIN AMLFC Le Dr Luc Chicoine, 41 ans au service des enfants, AMLFC, vol XXV111 no3, mars 1985, p3-4
  152. Intoxication accidentelle, Québec/Medical, janvier 1973, p.9
  153. SAINTE-JUSTINE, Interview avec Pierre Gaudreault IN Forces vives Luc Chicoine, CHU Sainte-Justine, Montréal 2006.
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  157. « Programme d'indemnisation des victimes d'une vaccination ».
  158. CHU Sainte-Justine, L’adoption internationale, dossier Interblocs, Interblocs vol 27 no 9, novembre-décembre 2004
  159. « Service des maladies infectieuses du CHU Sainte-Justine », sur le site du centre hospitalier
  160. « Mise en ligne d’Abandon, Adoption, Autres Mondes »
  161. « Prix David Kirk »
  162. Herman, E. The Adoption History Project, Department of History, University of Oregon, Eugene, Oregon 97403-1288
  163. Chicoine, JF Adoption internationale-humanisme & industrie, Colloque de sante mondiale, UDM, 2014
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