La Haine

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : Navigation, rechercher
Pour les articles homonymes, voir Haine (homonymie).

La Haine

Titre original La Haine
Réalisation Mathieu Kassovitz
Scénario Mathieu Kassovitz
Acteurs principaux
Pays d’origine  France
Sortie 1995
Durée 96 minutes

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

La Haine est un film français en noir et blanc sur la banlieue réalisé par Mathieu Kassovitz et sorti en 1995.

Sommaire

Synopsis

Le récit se déroule au lendemain d'une nuit d'émeutes opposant la jeunesse et la police dans la cité des Muguets à Chanteloup-les-Vignes (78). Ces émeutes étaient consécutives à la bavure d'un inspecteur du commissariat qui avait sérieusement blessé Abdel Ichaha, un jeune résident de la cité, lors d'une garde à vue. On suit les péripéties de trois jeunes amis d'Abdel Ichaha. Vinz, impertinent au tempérament violent, a soif de vengeance au nom d'Abdel. Hubert, d'origine béninoise, dealer de haschisch, ne pense qu'à quitter la cité pour une vie meilleure et se refuse à provoquer la police. Saïd tient un rôle de médiateur entre Vinz et Hubert à propos des désirs de vengeance du premier par rapport à la police.

La nouvelle se répand dans la cité qu'un policier a perdu son revolver durant la nuit des affrontements. On apprend très vite que Vinz l'a trouvé et qu'il compte en faire usage pour tuer un policier au cas où Abdel Ichaha ne sortirait pas du coma dans lequel il est plongé. Hubert le désapprouve. L'usage du revolver est un leitmotiv : Vinz le garde en permanence dans son pantalon, le dégainant à tout va, s'attirant constamment les remontrances d'Hubert.

L'essentiel du récit s'étend sur une seule journée : la journée la plus importante de la vie des trois jeunes.

Fiche technique

Distribution

  • Vincent Cassel : Vinz
  • Hubert Koundé : Hubert
  • Saïd Taghmaoui : Saïd
  • Abdel Ahmed Ghili : Abdel (en photo)
  • Solo : Santo
  • Joseph Momo : Gars ordinaire
  • Héloïse Rauth : Sarah
  • Rywka Wajsbrot : Grand Mère de Vinz
  • Olga Abrego : Tante de Vincent
  • Laurent Labasse : Cuisinier
  • Choukri Gabteni : Frère de Saïd
  • Benoît Magimel : Benoît
  • Medard Niang : Médard
  • Arash Mansour : Arash
  • Abdel-Moulah Boujdouni : Jeune homme d'affaires
  • Mathilde Vitry : la journaliste qui se fait caillasser
  • Christian Moro : Journaliste TV CRS
  • JiBi : le garçon opulent
  • Edouard Montoute : Darty
  • Félicité Wouassi : la mère de Hubert
  • Fatou Thioune : la sœur d'Hubert
  • Thang-Long : l'épicier
  • Cut Killer : le DJ
  • Sabrina Houicha : la sœur de Saïd
  • Sandor Weitmann : l'homme qui ressemble à Vinz
  • François Levantal : Astérix
  • Julie Mauduech : une fille dans la galerie d'art
  • Karin Viard : une fille dans la galerie d'art
  • Vincent Lindon : l'homme saoul
  • Christophe Rossignon : le chauffeur de taxi
  • Mathieu Kassovitz : le skinhead néonazi qui se fait tabasser
  • Anthony Souter : un des skinheads
  • Florent Lavandeira : un des skinheads
  • Teddy Marques : un des skinheads
  • Samir Khelif : un des skinheads
  • Tadek Lokcinski : le monsieur dans les toilettes
  • Virginia Montel : SDF dans le métro
  • Andrée Damant : la concierge
  • Marcel Marondo : le videur
  • Karim Belkhadra : Samir
  • Eric Pujol : l'assistant policier
  • Philippe Nahon : le chef de la police
  • Sébastien Tavel : Officier de police à l'hôpital
  • François Toumarkine : Officier de police à l'hôpital
  • José-Philippe Dalmat : Officier de police à l'hôpital
  • Zinedine Soualem : Officier de police maltraitant Saïd et Hubert
  • Bernie Bonvoisin : Assistant du policier maltraitant Saïd et Hubert
  • Cyril Ancelin : Jeune assistant du policier maltraitant Saïd et Hubert
  • Patrick Médioni : CRS dans la cave
  • Peter Kassovitz : le patron de la galerie d'art
  • Marc Duret : l'inspecteur "Notre Dame"

Commentaires

Cette section ne cite pas suffisamment ses sources. Pour l'améliorer, ajouter en note des références vérifiables ou les modèles {{refnec}} ou {{refsou}} sur les passages nécessitant une source.

Le film met en scène la vie de jeunes banlieusards autour de leur haine pour les forces de maintien de l'ordre, ce qui fut à l'origine d'un débat d'opinions concernant son influence, en tant qu'œuvre cinématographique, sur la société. "La haine" est alors une expression des cités : "j'ai la haine" (j'ai la rage).

Le contexte lié à la sortie de ce film faisait suite à quinze années de perturbations croissantes dans les zones urbaines périphériques (dont les émeutes des Minguettes à Vénissieux en 1981 qui initièrent la première "marche des Beurs" de 1983, et celles de Vaux en Velin en 1991), qui ont considérablement choqué l'opinion et modifié sa perception. La mort de Malik Oussekine, lors des manifestations étudiantes de 1986 contre la loi Devaquet (Ministère de l'Intérieur tenu alors par le tandem Pasqua-Pandrau) est citée dans le film également.

Le film a été tourné en couleur sous l'insistance du coproducteur TF1, mais les copies films ont été tirées en noir et blanc. Originellement, la diffusion TV était prévue en couleur, mais devant son succès, le noir et blanc a été conservé. Le scénario a la structure d'une tragédie ; deux caractéristiques qui donnent une patte classique à un sujet qui d'ordinaire est cantonné aux actualités télévisées. Le découpage des scènes qui affiche l'heure de la journée contribue à l'intensité dramatique d'ensemble, et suggère l'impression que ces gens ne sont jamais laissés en paix quelle que soit l'heure de la journée.

Le découpage en trois mouvements structure également l'évolution dramatique ; scènes d'exposition de la cité en marasme, au lendemain d'une nuit de violences, suivies d'une virée nocturne dans le centre de Paris où le trio est confronté à diverses situations l'amenant à la perception du mépris. La troisième partie est un dénouement allant dans le sens de cette descente graduelle, justifiant son aspect inexorable. Le film est également découpé en « chapitres », annoncés par une horloge qui indique l'heure de chaque scène-clé.

L'élément fédérateur tout au long du film concerne les postures du personnage de Vinz, à la psychologie comparable à Travis dans Taxi Driver, comparaison qui le fascine au point de rejouer la scène anthologique du caïd qui teste ses expressions de dureté face au miroir de sa salle de bain : « C'est à moi que tu parles ? » Les deux amis de Vinz vont tenter au fil des scènes de le raisonner face à la fureur, appelant à la vengeance aveugle, qui le traverse. Vinz parviendra à les surmonter au petit matin. Mais la succession des évènements sera la plus forte.

Ce film est inspiré de l'histoire vraie de Makomé M'Bowolé, tué d'une balle dans la tête par un policier lors de sa garde à vue dans le XVIIIe arrondissement de Paris en 1993[1].

Autour du film 

Distinctions

Récompenses

Nominations


Autour du film

Le film a été en partie réalisé dans les départements :

Notes et références

  1. Video - Procès affaire Makome.
  2. (en)La Haine dans le classement Sight & Sound.
  3. Mathieu Kassovitz l'a déclaré dans les bonus du film.

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

Sur les autres projets Wikimedia :

© Copyright Wikipedia authors - The articles gathered in this document are under the GFDL licence.
http://www.gnu.org/copyleft/fdl.html