La Femme au Perroquet (célébrité du Quartier latin)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis La Femme au perroquet (célébrité du quartier latin))
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Pour les articles homonymes, voir La Femme au perroquet.

La Femme au Perroquet, née Maillard, était une Parisienne, célébrité du Quartier latin. Aujourd'hui oubliée, elle mourut en 1868. Son souvenir nous est connu grâce à sa description parue peu après sa mort dans Le Monde illustré, dirigé par Charles Yriarte.

Description[modifier | modifier le code]

La Femme au Perroquet, gravure sur bois signée J. Demare / A. Sautuan, illustrant l'article[1].

Le Monde illustré écrit, le [1] :

« La Femme au Perroquet

Les habitants du quartier latin doivent se souvenir de cette pauvre vieille femme — la Femme au Perroquet — qui, en hiver comme en été, par la pluie ou par le beau temps, rôdait sur les trottoirs de la rue Soufflot. C'était là son quartier privilégié, celui de ses pratiques aussi ; cependant, elle descendait parfois du côté du faubourg du Temple, et, rue du Temple comme rue Soufflot, elle trouvait toujours ce qu'elle cherchait ! — des enfants.

Cette femme, couverte d'oripeaux extravagants et portant au poing un énorme ara vert à tête rouge, était sans cesse poursuivie par des bambins de dix ans, pour lesquels elle avait, dans son ridicule[2], et des bonbons et des jouets.

Aussi quelle fête, quand la Femme au Perroquet apparaissait au coin d'une rue !

Plongeant sa main dans son ridicule, elle en tirait des friandises qu'elle distribuait le plus gaiement du monde.

Or, cette pauvre femme vient de mourir.

Elle avait perdu la raison à la suite d'un incendie où elle vit périr son unique enfant, qu'elle adorait.

Depuis cette époque, elle n'avait, pour vivre, qu'une rente et le soutien que lui offrait la charité publique.

Elle ne se souvenait de rien, mais de son passé, elle avait gardé un amour immodéré de sa toilette, qu'elle satisfaisait en s'affublant des objets les plus disparates.

Cette folle avait pourtant un nom célèbre : elle n'était autre que la fille de Maillard, l'huissier du Châtelet qui joua un rôle si terrible, en 92[3], parmi les septembriseurs. »

— L. de B.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b L. de B. « La Femme au Perroquet », Le Monde Illustré, 24 octobre 1868, p. 272.
  2. Un ridicule était un petit sac de dames. Sa définition est donnée par Fr. Noël et L. J. Carpentier dans Philologie française ou Dictionnaire étymologique, critique, historique, anecdotique, littéraire, Le Normand père, Paris, 1831, page 768 : « Ridicule est aussi le nom donné de nos jours à de petits sacs d'étoffe que portent les femmes, et où elles renferment leurs mouchoirs, leur argent, etc ; on les nommait précédemment sacs à ouvrage. »
  3. Le Monde Illustré indique par erreur comme date 1793, alors qu'il s'agit en fait de 1792. La date a été ici corrigée.

Voir aussi[modifier | modifier le code]