Jacques Nompar de Caumont La Force

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Ne doit pas être confondu avec Jacques Nompar de Caumont.

Jacques Nompar de Caumont La Force
Surnom Caumont la Tempête
Naissance
La Jumellière (Maine-et-Loire)
Décès (à 28 ans)
Versailles (Yvelines)
Origine France
Arme cavalerie
Unité 8e Régiment de dragons
Grade lieutenant
Années de service 1903-1910
Famille Famille de Caumont

Jacques Nompar de Caumont La Force, né le à La Jumellière (Maine-et-Loire)[1],[2] et mort en service aérien commandé le à Versailles (Yvelines)[3], est un militaire français, pionnier de l’aviation.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jacques Ghislain Louis Marie appartient à la Famille de Caumont, de très ancienne noblesse française[3], à laquelle Charles V avait donné le nom de Nompar (non pareil, sans rival) pour la bravoure de l'un de ses lointains ancêtres[4].

Il entre à l’École spéciale militaire de Saint-Cyr le [1],[2] dans la 88e promotion « Henri de la Tour d'Auvergne »[5]. Il en sort avec le grade de sous-lieutenant le . Il est affecté au 8e régiment de dragons. Promu lieutenant le 1er octobre 1907[1],[2],[6], il est l’un des premiers pilotes militaires français[6]. Il fait partie, en , du second contingent d’officiers volontaires pour recevoir une formation de pilote : cinq pour l’armée de terre, cinq pour la Marine nationale. Envoyé comme ses camarades en école de pilotage civile[7], il apprend à piloter à l’école Sommer, à Mouzon[1], et obtient le brevet de pilote (n° 156)[3],[7],[8].

Il se fait rapidement remarquer du grand public pour ses exploits. Il participe en au Circuit de l'Est[1],[5],[6] organisé par le journal Le Matin. Ce circuit comportait un parcours de 800 km à effectuer à dates fixes en 6 étapes : ParisTroyesNancyCharleville-MézièresDouaiAmiens – Paris. L’aviation militaire participa à l’épreuve mais sans entrer dans la compétition. Il s’agissait de profiter de l’organisation des épreuves avec ses terrains d’étapes. Trois avions militaires sont engagés, avec comme équipages le lieutenant Albert Féquant, ayant le capitaine Marie comme observateur, le lieutenant Félix Camerman, avec le lieutenant Marcel Vuillerme comme observateur, et le lieutenant Jacques Nompar de Caumont La Force, seul à bord. Les équipages reçoivent l’ordre de décoller de leurs bases et de gagner en vol Nancy, tout en recueillant tous les renseignements qu’ils jugeront importants[7]. Lors de cette occasion, il réalise un vol remarqué entre Mourmelon et Nancy, via Verdun[6]. Il est le premier aviateur français à survoler la frontière de l'est, et le premier à atterrir à Lunéville, où il avait sa garnison, le [3],[7],[8].

Il est désigné pour prendre part aux grandes manœuvres de Picardie[1],[5] qui se déroulent du 9 au . Pour le 2e corps d’armée, trois avions sont engagés dans les manœuvres, sous le commandement du capitaine Hugoni, dont un Sommer que pilote Jacques Nompar de Caumont la Force[7]. Il reçoit notamment pour mission de porter un pli du quartier général, situé à Beauvais, jusqu’à Rouen, puis il revient au champ des grandes manœuvres, avant de regagner Vincennes[1],[2].

Il est ensuite attaché à la direction de Vincennes. Il s’entraîne à Buc (Yvelines) pour établir un record de vitesse : effectuer le vol Saint-Cyr-Vendôme et retour, et ainsi remporter le prix Lazare Weiller[1], doté d'une somme de 25000 francs[6] octroyé à l'aviateur militaire ayant accompli la plus belle performance durant l'année 1910[1],[6]. Le , il décolle aux commandes de son monoplan biplace Nieuport[1],[6] à moteur Robert Esnault-Pelterie de 50 ch[7] quand son avion s’écrase. On incrimine, selon les sources, une panne de moteur (des témoins auraient entendu clairement des ratés)[1],[6], un blocage du gouvernail (l’avion a été vu secoué de violents soubresauts)[2] voire la rupture en vol de l’empennage[7]. Transporté à l’hôpital militaire de Versailles, il y décède le même jour[1],[3],[5],[7]. Il est le troisième officier aviateur français mort en service aérien commandé (SAC)[3],[5],[7].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Hommages[modifier | modifier le code]

  • Maurice Barrès écrit de lui après sa mort : « Ses camarades ne l’appellent plus Caumont La Force, ils l’appellent Caumont la tempête. Et certes il méritait cet étrange surnom de Nompar, non pareil, sans rival, que Charles V avait donné pour sa bravoure à l’un de ses lointains ancêtres. »[5],[8].
  • Cet éloge est rappelé par Joseph Kessel lors de son discours de réception à l'Académie française, le jeudi 6 février 1964. Élu au fauteuil du duc de Caumont La Force, Joseph Kessel rappelle le souvenir de son prédécesseur et du frère de celui-ci, le lieutenant Jacques de Caumont La Force[5].
  • En 1932, un monument en son honneur est érigé à Lunéville, orné d'un bas-relief réalisé par François Meheut[3],[8].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f g h i j k et l Bernard Marck, Dictionnaire universel de l'aviation, Tallandier, , 1129 p. (ISBN 2-84734-060-2), p. 196.
  2. a b c d e et f « L’Aviation - Une nouvelle victime - Le lieutenant de Caumont trouve la mort à Buc en essayant un nouvel appareil », La Croix, vol. 32e année, no 4527,‎ (lire en ligne).
  3. a b c d e f et g « Le monument au Lieutenant Jacques Caumont la Force à Lunéville (54) », sur Petit Patrimoine (consulté le 19 août 2018).
  4. duc Jacques Nompar de Caumont de La Force, Jean de Caumont duc de La Force et Henri Nompar de Caumont, duc de La Force, Mémoires authentiques de Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, maréchal de France, et de ses deux fils, les marquis de Montpouillan et de Castelnaut : suivis de documents curieux et de correspondances inédites de Jeanne d'Albret, Henri III... et autres personnages marquants depuis la Saint-Barthélemy jusqu'à la Fronde : pour faire suite à toutes les collections de mémoires sur l'histoire de France, vol. 1, Charpentier, , 511 p. (lire en ligne), p. 5.
  5. a b c d e f et g Alain Garric, « H Jacques GLM DE CAUMONT LA FORCE Caumont La Tempête », sur Geneanet (consulté le 19 août 2018).
  6. a b c d e f g et h « Encore une victime - Le lieutenant de Caumont fait une chute mortelle », Le Petit Parisien : journal quotidien du soir, vol. 35e année, no 12.181,‎ , p. 1 (lire en ligne).
  7. a b c d e f g h et i Albin Denis, « Les débuts de l’aviation militaire française – Année 1910 » (consulté le 19 août 2018).
  8. a b c et d Le Pélican, « Lieutenant Jacques Caumont La Force », sur Aérostèles, lieux de mémoire aéronautique, (consulté le 19 août 2018).
  9. « LH/452/18 », sur Base de données Léonore (Légion d'honneur) (consulté le 19 août 2018).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Bernard Marck, Dictionnaire universel de l'aviation, Tallandier, , 1129 p. (ISBN 2-84734-060-2), p. 196.
  • « LES VOLS TRAGIQUES – TERRIBLE ACCIDENT d'Aviation - LE LIEUTENANT DE CAUMONT tombe et se brise les Jambes », La Presse, vol. 77e année, no 6788,‎ , p. 1 (lire en ligne).
  • « L’Aviation - Une nouvelle victime - Le lieutenant de Caumont trouve la mort à Buc en essayant un nouvel appareil », La Croix, vol. 32e année, no 4527,‎ (lire en ligne).
  • « Encore une victime - Le lieutenant de Caumont fait une chute mortelle », Le Petit Parisien : journal quotidien du soir, vol. 35e année, no 12.181,‎ , p. 1 (lire en ligne).

Liens externes[modifier | modifier le code]

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