Histoire des femmes dans l'enseignement public français

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Émancipation des femmes dans le système éducatif français[modifier | modifier le code]

Des années de débat[modifier | modifier le code]

La seconde République[modifier | modifier le code]

Durant la Seconde République, Alfred de Falloux fait voter le 15 mars 1850, la loi qui porte son nom: Loi Falloux. Cette loi impose une école de filles dans chaque commune de plus de 800 habitants. Elle autorise les institutrices congrégationnistes à enseigner avec une simple lettre d'obédience alors que les institutrices laïques doivent être munies d'un certificat de capacité.

Le Second Empire[modifier | modifier le code]

Pendant le second empire Second Empire, Victor Duruy avec la loi du 10 avril 1867, favorise l'accès à l'enseignement primaire des filles en obligeant les communes de plus de 500 habitants à créer une école de filles. Il mettra en place des Cours secondaires de jeunes filles.

Quelques mois avant la déclaration de la Guerre franco-allemande de 1870, Jules Ferry alors député républicain déclarait lors d'une conférence :

« Réclamer l'égalité d'éducation pour toutes les classes, ce n'est faire que la moitié de l'œuvre, que la moitié du nécessaire, que la moitié de ce qui est dû ; cette égalité, je la réclame, je la revendique pour les deux sexes… La difficulté, l'obstacle ici n'est pas dans la dépense, il est dans les mœurs[1]. »

En 1870 pendant le siège de Paris ; les maires de Paris, François Arago puis Jules Ferry réunissent une commission mixte de l'enseignement. Cette commission examine entre autres les questions de gratuité, et les réformes à apporter à l’enseignement primaire et secondaire des filles et des garçons. À cette commission siègent les deux premières femmes bachelières de France, Julie-Victoire Daubié et Emma Chenu[2]. Les travaux de cette commission ont été publiés sous le titre : Rapport présenté au nom de la commission des dames: suivi d'un appendice par Fanny Ch. Delon[3] en 1871.

La Commune de Paris[modifier | modifier le code]

Durant les deux mois qu'a duré la Commune de Paris, des institutrices réunissent à leur tour une commission de l'enseignement et en mars 1871 réclament une nouvelle pédagogie pour les enfants des classes populaires et proposent un enseignement laïc permettant de chasser les congréganistes, ceci en mettant en avant les devises de la République.

La Troisième République[modifier | modifier le code]

Léon Richer organisa le premier congrès international des femmes à Paris en 1878 ; quelques mois après ce congrès, Jules Grévy succéda à Mac-Mahon, et ce fut lui qui entraîna le grand changement. Les républicains entrant au pouvoir votent les libertés publiques et s’engagent dans une politique anticléricale.

La loi dite loi Paul Bert votée le 9 août 1879, oblige les départements à disposer d'une école normale primaire de filles pour former les élèves-institutrices.

Le 29 mars 1880, le ministre de l'Instruction publique Jules Ferry, républicain athée et franc-maçon issu d'une riche famille de libres penseurs de Saint-Dié prend deux décrets par lesquels il ordonne aux Jésuites de quitter l'enseignement dans les trois mois et de même ordonne aux enseignants des congrégations catholiques de se mettre en règle avec la loi ou de quitter l'enseignement.

Jules Ferry, ministre de l’instruction publique en 1879 et président du conseil l’année suivante, engagea la bataille contre les congréganistes pour sortir les jeunes filles de l’emprise de l’église

Les années 1960-1970[modifier | modifier le code]

La Première Guerre mondiale met fin au conflit religieux et à la lutte laïque des institutrices françaises. Après avoir remplacé les hommes pendant la durée de la guerre, elles obtiennent en 1919 le même salaire que les instituteurs; mais il faudra attendre les années 1960 pour que leur combat-phare, la mixité scolaire, soit gagné dans la législation.

L’émancipation des femmes dans le système éducatif français s’élargit à l’aube des années 1960 ; en effet 30 % des étudiants en droit et en science sont des femmes; un quart étudie la médecine, 50 % en pharmacie sont des étudiantes. Le taux de féminisation dans des disciplines féminisées atteint de fortes proportions dans les disciplines habituellement masculines.

La crise de mai 68, qui traduisit pour une part le décalage entre le système d’enseignement supérieur et les aspirations des étudiants, entraîna une réforme de l’université, introduite par la loi Faure, qui tentait de promouvoir les principes d’autonomie et de participation. Et en 1975, la loi Haby institua un tronc commun de formation de l’école primaire jusqu’à la sortie du collège. L’accès d’un plus grand nombre d’élèves au baccalauréat a entraîné une progression croissante des effectifs de l’enseignement supérieur.

Des bancs de l’école aux pupitres de classe[modifier | modifier le code]

Le projet républicain : Les réformes de 1881 1882[modifier | modifier le code]

Au XVIII, l’idée de séparer l’éducation des filles et de leur proposer un enseignement différent est abordée dans une abondante littérature pédagogique.

Sous la Révolution, Condorcet défend déjà une éducation commune aux deux sexes. La séparation dans l’éducation pose des arguments moraux, religieux qui ne permettent pas d’arracher les jeunes filles à l’influence de l’église. Mais pendant les années 1880, les républicains instaurent un enseignement laïque et public ; obligatoire et gratuit. Ces mesures viennent en réaction aux excès de la loi Falloux, votée sous la IIe République, qui accordait aux congrégations religieuses une liberté totale d'enseignement.

Des mesures législatives sont prises pour ne pas placer les femmes sur un pied d'égalité avec les hommes. Les grandes réformes de 1881 transforment l’école normale, et c’est sous l’impulsion de Jules Ferry qu’on assiste à une accélération des réformes en France. Le décret du 29 juillet 1881 appliqué par la circulaire Jules Ferry du 18 octobre, évoque l’organisation des écoles normales, ainsi que les arrêtés du 3 août concernant entre autres le programme d’étude, les matières enseignées, l’emploi du temps. Les décrets relatifs à la gestion administrative et comptable des établissements semblent être la clé de voûte de la politique scolaire du gouvernement républicain.

Félix Pécaut écrit [Études au jour sur l’éducation nationale] le 23 avril 1879, Jules Ferry nomma cet ancien pasteur comme inspecteur général de Fontenay-aux-Roses en 1880. Lorsque furent entreprises les réformes de 1881 son avis fut prépondérant car cet homme avait su pointer du doigt les problèmes de l’enseignement primaire : sa médiocrité ainsi que l’insuffisance des formations pédagogique. C’est ce qui constitue donc la réforme de 1881, en France mais surtout en Allemagne. Ces réformes de 1881 sont donc la base du projet républicain.
La loi du 16 juin 1881 sur la gratuité de l’école les libèrent de la pression des conseils généraux et soulage les bourses départementales ; de plus cela donne plus d’autonomie aux recteurs qui contrôlent désormais les établissements de l’État et président à la commission de surveillance, font les budgets. Ils disposent de moyens d’actions importants sur les professeurs et peuvent limiter les abus de pouvoir des directeurs.

C’est en 1882 qu’est créé un concours spécial d’aptitude à l’enseignement secondaire dans les lycées et collèges de jeunes filles ; il donne droit au titre de chargé de cours dans les lycées et de professeurs dans les collèges.

Ce sont les futurs maîtres qui ont le plus gagné de ses réformes ; en effet cela leur a permis une réelle reconnaissance de leur statut et dans leur travail, de plus ils bénéficient d’une liberté plus importante (recommandations de Félix Pécaut). L’essentiel de la réforme était de pouvoir former des professeurs pour les qualités intellectuelles. Ce projet républicain marque la capacité à transmettre ses connaissances, faire réfléchir et réfléchir par soi-même, maîtriser la langue française ; il est aussi empreint d’une évolution de la pensée pédagogique. Les réformes institutionnelles de 1881 permirent d’élaborer un congrès des directeurs et professeurs des écoles normales en avril 1882.

L’obtention du diplôme, les études[modifier | modifier le code]

Pour que les femmes puissent accéder au titre de professeur de lycée elles doivent obtenir une agrégation (arrêté du 31 janvier 1883), malheureusement il existe un décalage avec le professorat des lycées de garçons. En effet les hommes devaient obtenir le baccalauréat et la licence, comme ce fut institué dans l’université napoléonienne. Les femmes devaient se présenter aux examens sans suivre les cours avant que toutes les facultés ne leur soient ouvertes. De plus les hommes acquièrent le titre de professeur même s’ils n’étaient pas agrégés ; les femmes quant à elles-mêmes munies d’une licence ou du certificat d’aptitude étaient cantonnées au titre de « maîtresses » et cette appellation les rapproche des enseignantes et du personnel de surveillance.

Le pouvoir politique et l’administration n’envisagent pas d’établir une préparation au baccalauréat dans les lycées de filles, de même elles n’envisagent pas de rendre toutes les agrégations déjà existantes accessibles aux femmes.
Les directrices furent elles, obligées d’être secondées par une dame censeur seulement après 1945 alors que les proviseurs eux étaient secondés par un censeur dès le XIXe. De plus ces femmes devaient montrer un fort dévouement ainsi qu’une grande fermeté en plus de leur rôle rassurant auprès des parents enclins à préférer un enseignement catholique.

L’agrégation pour un enseignement secondaire des jeunes filles est créé en 1883. Mais ce titre donné aux femmes donne lieu à des protestations, certains les considérant comme des éléments mauvais cherchant à s’approprier les armes du savoir et du pouvoir. Les premières femmes furent agrégées d’allemand et anglais en 1883 (La première agrégée de mathématique le fut en 1885). Mais bien qu'ayant obtenu une agrégation masculine, elles restent en exercice dans les lycées de filles.

Dans ces mêmes années les femmes eurent des initiatives en faveur de cours préparant à l’enseignement supérieur au sein de la Sorbonne. Les universités participent entièrement au projet républicain. C’est en 1924 que fut permis aux filles l’accès à l’université par le baccalauréat unique ainsi dès 1938, les institutrices représentaient la moitié des maîtres du primaire ; tandis qu’à la Sorbonne, en lettres, la première femme professeur le fut en 1947 (Marie-Jeanne Dury).

Coexistence des sexes dans l'enseignement[modifier | modifier le code]

Coéducation dans le milieu scolaire[modifier | modifier le code]

Après l’idée de laïcité, apparue en France au XVIIIe siècle, un corps d’enseignantes se constitue progressivement au XIXe siècle. Depuis la Révolution on affirme le droit à l’instruction pour les femmes. Après 1815, la pensée laïque se développe d’abord chez les universitaires avec comme chef de file Edgar Quinet. Rappelons que les femmes n’ont pas accès à l’Université.

Mais deux Françaises s’affirment comme des théoriciennes du féminisme : Julie-Victoire Daubié née en 1824 et Clémence Royer née en 1830. Toutes deux se rattachent à la pensée laïque (Il faudrait encore ajouter de nombreuses journalistes). Comme la discrimination intellectuelle continuait, on a ainsi analysé la laïcité uniquement d’après les écrits des hommes. Parallèlement aux idées exprimées dans des textes ou des cours à la Sorbonne, les enseignantes prennent leur place dans les écoles françaises.

Au XIXe siècle, deux métiers (traditionnellement exercés par des religieuses) sont concédés aux femmes : soignantes et enseignantes. Les soignantes, surtout des sages-femmes, sont isolées alors que les enseignantes sont groupées dans les établissements scolaires. À la suite de la loi Guizot de 1833. Deux facteurs vont alors mettre en scène les institutrices laïques:

  • Le premier étant l’apparition des salles d’asile. Il s’ensuit la création d’un vrai corps d’institutrices, directrices et inspectrices (La plus notable est Marie Pape-Carpantier, directrice de salle d’asile à La Flèche et au Mans)
  • Le deuxième facteur est la révolution de 1848 et la proclamation de la Deuxième République.

En 1849, un maître d’école lance un appel à ses collègues pour réformer l’enseignement. “L’Association fraternelle des instituteurs, institutrices et des professeurs socialistes” établit un programme d’enseignement, reprenant certaines idées de Condorcet. La déclaration de principe proclame l’égalité parfaite de l’homme et de la femme, l’unité du genre humain et l’adhésion à la République. (En 1848, une protestante, Élisa Lemonnier, en voulant donner une formation aux ouvrières des Ateliers Nationaux jette la base d’un enseignement professionnel féminin laïque). Avec l’avènement du Second Empire commence la répression des enseignants, obligés de prêter serment.

En 1866, Jean Macé fonde la Ligue de l’enseignement qui œuvre pour un enseignement laïque. Malgré la répression, les femmes sont présentes dans les réunions publiques parisiennes à partir de juillet 1868. La Troisième République proclamée, Jules Ferry est élu maire de Paris le 15 novembre 1870. Il réunit une Commission mixte de l’enseignement chargée d’examiner les questions de la réforme de l’instruction primaire. Clarisse Coignet-Gauthier, rapporteur à la « commission des dames », où siègent, entre autres, la première bachelière ès lettres et la première bachelière ès sciences[4], ne prononce pas le mot laïc mais demande un enseignement gratuit et obligatoire pour les filles comme pour les garçons. Pendant les deux mois que dure la Commune de Paris, une autre commission de l'enseignement travaillera également sur la gratuité et la laïcité.


Résumé d'un Extrait du bulletin Archives du féminisme no 9 - décembre 2005 Extrait du dossier "Féministes laïques de la Première vague" servant à l'élaboration de l'article

C’est en 1899, que fut fondé le Bureau international des Écoles Nouvelles (B.I.E.N.) sur l’initiative d’Adolphe Ferrière. Le but étant de coordonner les actions appartenant à ce courant déjà multiple et international, de diffuser les expériences pédagogiques et d’agir sur les systèmes scolaires en vigueur. Ainsi, en 1912, le B.I.E.N. fut amené à fixer les conditions que devaient remplir les maisons d’éducation pour se prévaloir du titre d’école nouvelle.

Il fut fait un programme minimum auquel s’ajoutent les trente points d’un programme maximum qu’Adolphe Ferrière. Le cinquième point est consacré à la coéducation et s’appuie sur l’expérience positive d’une coéducation déjà installée dans certaines écoles nouvelles qui ont servi de modèle. Ainsi, à l’école des Bedales créée par John Badley en Angleterre, ou encore à l’école l’Odenwaldschule fondée par Paul Geheeb en Allemagne étaient construites sur le modèle familial où la mixité sexuelle se voulait naturelle et vécue avec bénéfice. L’enjeu est d’importance : il s’agit bien, au-delà d’une coexistence juxtaposée des deux sexes, de développer moralement enfants et adolescents.

En 1921 fut créée la Ligue internationale pour l'éducation nouvelle. À Calais, lors d’un congrès inaugural, les principaux instigateurs rédigent une charte. L’Éducation nouvelle n’est pas seulement une réaction contre les méthodes traditionnelles, elle est aussi une réaction des pédagogues contre l’inefficacité de l’école en général, contre son décalage par rapport à la société nouvelle. Ainsi, les conditions d’une coéducation véritable sont clairement posées : la coéducation ne peut pas être l’éducation identique pour les filles comme pour les garçons, elle ne se résume pas non plus à leur instruction commune. Tout repose en réalité sur l’idée que la coéducation provoquera une influence positive des uns sur les autres, une collaboration de complémentarité. (La première élaboration de la Charte est due à Mlle Decroix professeur à Rouen)


Résumé de « La coéducation dans l’Éducation nouvelle », Clio, numéro 18/2003, Mixité et coéducation. » Article d’Annick RAYMOND, Docteur en Sciences de l’Éducation, enseigne au Centre de Formation Pédagogique de Lille. ayant servi dans l'élaboration de cet article

Mixité du corps enseignant[modifier | modifier le code]

La coéducation devient un enjeu militant pour les féministes. Dès 1893 les groupes féministes se fédèrent.

Paul Robin (directeur de l’orphelinat de Cempuis) demande au congrès international de l’enseignement primaire en 1889 qu’un enseignement mixte sans aucune discrimination entre enseignants et enseignantes soit fait. Le congrès féministe international de Paris en 1896 fut celui de la coéducation. Le débat est relancé par Marguerite Durand en 1897 lorsqu’elle a fondé La Fronde qui deviendra en 1905 le supplément d’un journal anticlérical L’Action. Ces journaux critiquent l’enseignement secondaire et défendent l’enseignement primaire laïc et continuent à défendre la coéducation.

Les couches moyennes salariées, les artisans et petits commerçant représentent l’origine sociale de la plupart des sévriennes (1re école d’institutrices). Les hommes d’Ulm ne convoitent pas les postes de l’enseignement secondaire, ils recherchent les postes les plus élevés. En 1905 un tiers des « normaliens » en lettres et 30 % des scientifiques occupent un poste en faculté. Ce n’est qu’en 1934 qu’une enseignante tiendra une chaire en faculté.

Formation des femmes dans l’instruction publique[modifier | modifier le code]

Une avancée permise par la législation[modifier | modifier le code]

  • 1792 : Olympe de Gouges proclame la Déclaration des droits de la femme au droit de cité.
  • 1836 : L’ordonnance du 23 juin organise l’enseignement primaire pour les filles.
  • 1838 : première école normale d’institutrices
  • 1849 : Refusant le suffrage universel exclusivement masculin, Jeanne Deroin réclame le droit de vote pour les femmes et se présente aux élections législatives.
  • 1850 : Loi Falloux créant une école de filles dans toute commune de plus de 800 habitants.
  • 1855 : premier collège d’enseignement libre féminin
  • 1861 Julie-Victoire Daubié est la première femme à se présenter au baccalauréat, elle sera la première licenciée ès lettres en 1871.
  • 1862 : Élisa Lemonnier fonde la première école publique laïque d’enseignement professionnelle féminin
  • 15 avril 1867 : Loi Duruy organisation de l’enseignement primaire féminin
  • 1874 : interdiction de travail dans les mines et création des écoles publiques
  • 1876 : Hubertine Auclert, journaliste et première suffragette, fonde l’association " Le droit des femmes " et se bat pour l’égalité politique.
  •  : Loi Camille Sée organisant l’enseignement secondaire pour jeunes filles
  • 1881: Création de l’école normale supérieure de Sèvres pour former les professeurs de sexe féminin
  • De 1881 au 28 mars 1882 : Lois Jules Ferry L’instruction primaire est obligatoire pour les enfants des deux sexes de six ans révolus à treize ans révolus et organise un enseignement laïque.
  • 1885 : premières institutrices laïques
  • 1889 : loi fonctionnarisant les instituteurs et les institutrices
  • 1900 : Loi du 1er décembre ouvre le barreau aux femmes et c’est Jeanne Chauvin qui devient la première avocate
  • 1909 : Loi institue un congé de maternité de huit semaines, sans rupture de contrat de travail mais sans traitement.
  • 1910 : les institutrices obtiennent le maintien du traitement.
  • 1924 : Les programmes de l’enseignement secondaire ainsi que le baccalauréat deviennent identiques pour les filles et les garçons (décret du 25 mars)
  • 1937 : les femmes sont autorisées à enseigner le latin le grec et la philosophie
  • 1938 : Loi du 18 février Suppression de l’incapacité civile; les femmes peuvent s’inscrire à l’université sans l’autorisation de leur mari
  • 1940 : Le régime de Vichy interdit l’emploi des femmes mariées dans l’administration, mesure abrogée en 1942 sous la pression de l'effort de guerre.
  • 1944 : Par ordonnance du 21 avril, signée du général de Gaulle, « les femmes sont électrices et éligibles dans les mêmes conditions que les hommes »
  • 1946 : arrêté du 30 juillet supprime la notion de « salaire féminin » garantissant l’égalité des hommes et des femmes comme la constitution le stipule.
  • 1959 : l’école des Ponts et Chaussées est ouverte aux filles
  • 1965 : La loi du 13 juillet modifie le régime légal du mariage du couple se mariant sans contrat, cela permet aux femmes d’exercer une activité professionnelle sans le consentement de leur mari.
  • 1972 : L’école polytechnique devient mixte ; huit femmes sont reçues et l’une d’entre elles sort major de sa promotion (Anne Chopinet)
  • 1975 : Loi Haby et ses décrets d’application organisent l’obligation de mixité dans tous les établissements publics
  • 1983 : Loi Roudy du 13 juillet établit l’égalité professionnelle entre les hommes et les femmes

Et plus récemment :

  • 1992 : Loi du 2 novembre définit l’abus d’autorité en matière de harcèlement sexuel dans les relations de travail
  • 2000 : 25 février: convention interministérielle est signée entre les ministères de l’emploi et de la solidarité, de l’éducation nationale, de l’agriculture et de la pêche, de la recherche et de la technologie et avec le secrétariat d’état aux droits des femmes et à la formation professionnelle afin qu’une politique d’égalité des chances entre les filles et les garçons, les hommes et les femmes dans le système éducatif soit mise en place.
  • 2001 : Adoption de la loi Génisson sur l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes. Cette loi actualise et renforce la loi de 1983 en définissant les axes de sa mise en œuvre.
  • 2001 : 6 novembre loi relative à la lutte contre les discriminations à l’emploi
  • 2002
    • 1er janvier apparition du congé de paternité
    • 17 janvier Loi de modernisation sociale aborde le thème de la lutte contre le harcèlement moral au travail

Formation pédagogique en France métropolitaine[modifier | modifier le code]

Des formations pour des institutrices en AOF[modifier | modifier le code]

L’école normale en AOF : la volonté d’une femme[modifier | modifier le code]

C’est à quelques kilomètres de Dakar, que s’est installée en décembre 1938, dans les locaux d’une ancienne maison de commerce, la première École normale d’institutrices africaines de l’Afrique Occidentale Française.

Cette école fut créée dans le but de dispenser une éducation spécifique aux fillettes, pour former à long terme des jeunes filles ayant une culture suffisante ; et pour qu’elles soient de parfaites maîtresses de maison indigènes. Et comme en témoigne plusieurs écrits, également pour contribuer à la formation de couples d’instituteurs ou de fonctionnaires intégrés au système colonial, et en même temps fidèles aux valeurs de la civilisation africaine.

C’est Germaine Le Goff qui fut formée au sein d’une École normale ; qui dans les années 1920, enseigna dans des écoles primaires de filles à Ségou au Soudan français puis fut ensuite affectée à Saint-Louis puis au Petit Lycée de Dakar. Elle propose de créer différents niveaux d’étude : l’instruction de base délivrée dans des écoles du premier et du second degré ; puis pour les meilleures élèves une formation d’institutrice au sein d’une École normale ménagère. C’est de cette rencontre entre les ambitions de Germaine Le Goff et les objectifs politiques du Gouvernement général que naît l’École normale d’institutrices de l’A.O.F. En effet le gouvernement général prit conscience, à la veille de la Seconde Guerre mondiale, de l’importance d’entreprendre la formation des femmes pour œuvrer dans la réussite de la mission civilisatrice menée par la France en Afrique.

La fondation d’une École normale d’institutrices de l’A.O.F. est mise en parallèle avec les principes même qui en France ont déterminé le développement de l’éducation des filles par les républicains à la fin du XIXe siècle.
Le premier objectif consiste à tenter d’établir un certain équilibre car le retard s’accentue en matière d’éducation des filles, soit parce qu’elles n’ont pas accès à l’école, soit parce qu’elles interrompent très rapidement leur scolarité.
Le second objectif des autorités françaises était d’intensifier la domination sociale dans les colonies par l’intermédiaire des femmes, capables de faire pénétrer plus efficacement les valeurs françaises au cœur des familles". En 1924, Jules Carde, alors Gouverneur général de l’A.O.F., écrivait : « il est en effet très important pour nous d’assurer notre influence sur la femme indigène. Par l’homme nous pouvons augmenter et améliorer l’économie du pays, par la femme nous touchons au cœur même du foyer indigène ». La femme servait de médiatrice auprès des hommes et des enfants, son rôle d’éducatrice devint un enjeu fondamental dans la volonté d'exercer une influence française.

Comme l’éducation des filles se développe, le Gouvernement colonial crée des auxiliaires féminines pour seconder, puis remplacer des enseignantes françaises trop peu nombreuses en A.O.F.

À l’automne 1937, le projet de créer une École normale d’institutrices est intégré à un programme de réorganisation de l’enseignement et prévoit également la création d’Écoles normales rurales dans différents territoires. Un arrêté du 21 juillet 1938 institue officiellement une École normale de jeunes filles de l’Afrique Occidentale Française, c’est Germaine Le Goff qui est choisie comme directrice.

Il eut une autre directrice prestigieuse Madame Jules Favre, qui dirigea l’École normale supérieure de Sèvres, de sa fondation en 1881 jusqu’en 1896, elle était fondamentale et tenait à la spécificité de l’enseignement adapté aux colonies.
Selon des directives officielles, un enseignement fut fondé sur l’association de cours généraux pour imprégner les élèves de culture française, et de cours pratiques permettant de les enraciner dans leur milieu d’origine. Mais la priorité est donnée aux cours de français et aux leçons de morale, à l’étude de l’histoire de France et d’Afrique Occidentale Française. L’enseignement dispensé repose assez largement sur les programmes adoptés par les institutions pour jeunes filles en France de la seconde moitié du XIXe siècle. La spécificité coloniale tenait davantage dans les activités qui avaient pour but de rapprocher les jeunes filles de leur pays d’origine.

Des débuts non sans difficultés[modifier | modifier le code]

L’ensemble de cette formation a contribué à placer les premières institutrices africaines entre deux civilisations, et à faire de ces femmes des « pionnières de la promotion de la femme africaine ».
Dès 1938, l’élite africaine masculine formée à l’École William Ponty ou à l’École de Médecine réagit contre le projet de former des institutrices africaines. Dès la sortie de la première promotion en 1941, le Gouvernement général considère que la formation dispensée est une réussite. Mais en réalité des témoignages recueillis auprès d’anciennes élèves africaines montrent la difficulté de l’exercice de leur métier et de leur intégration sociale au sein de leurs anciennes colonies dans lesquelles elles exercent. En effet les premières institutrices se trouvent tiraillées entre deux mondes et deux civilisations, sans enracinement véritable. Il faut alors qu’elles concilient leur attachement aux valeurs africaines et leurs habitudes de vie fondées sur le modèle européen.

Enfin à son apogée, en 1945, l’École ne compte que 120 élèves, ce qui reste faible et ce nombre est ensuite en constante diminution et se stabilise autour de vingt élèves à la veille des indépendances.

En somme cette initiative se voit destinée à une minorité de jeunes filles appartenant à la même catégorie socio-culturelle. Plus de la moitié des élèves étant issue des classes aisées de la population, filles de fonctionnaires ou de commerçants intégrés au système colonial et formés à l’école française.

De plus les rapports administratifs confirment les limites réelles de l’expérience politique ; témoignant d’un manque effectif d'élèves et de moyens financiers. Mais ils montrent des jeunes femmes profondément imprégnées par l'éducation qu'elles ont reçue et aptes à lutter pour leur émancipation.


voir bibliographie, article de Pascale BARTHÉLÉMY ayant permis de réaliser cet article

Les Enseignantes dans la vie privée et professionnelle[modifier | modifier le code]

Carrière ou vie privée[modifier | modifier le code]

Les femmes devenues professeurs d’école normale primaire ou chefs d’établissement sont plutôt des enfants d’instituteurs. Mais ce sont aussi des jeunes filles se déplaçant de la campagne vers la ville ou résidant en ville et dans des petites agglomérations qui composent le corps enseignant féminin.
De plus c’est par le sacrifice de l’entourage de ces jeunes filles qu’elles réussirent à continuer leurs études. En effet le soutien des parents et la motivation apportée par la fratrie permet à ces étudiantes de s’engager dans des écoles d’enseignement public.

Les femmes s’engagent dans une carrière les menant en ville par envie de liberté et par nécessité. Elles revendiquent le droit de se gouverner elles-mêmes sans subir de contrôle extérieur. Et la plupart des femmes professeurs ne se marient pas, le célibat reste un trait distinctif des enseignantes du secondaire car ces femmes cherchent l’autonomie et la liberté intellectuelle. Se marier et fonder une famille signifiait alors arrêter sa profession pour s’occuper de sa famille; Et si elles choisissent de se marier tardivement, on a pu remarquer que le taux de divorce augmente en même temps que leur émancipation.
L’un des premiers problèmes rencontré est la surprotection des familles. Même si les femmes acquièrent une indépendance financière, les familles continuent d’être à la fois un moteur dans leur projet d’émancipation mais également un frein vers leur prise de liberté totale.

Au début des années 1930 le célibat de ces femmes témoigne d’un phénomène social, d’un changement de rapport entre les sexes dans les couches moyennes et favorisés.

La famille encourage les jeunes filles à s’impliquer dans leur travail scolaire et généralement n’approuvent pas vraiment la décision des jeunes femmes de louer une chambre chez l’habitant ou de vivre en colocation avec des amies. Les étudiantes normaliennes étaient accueillies par « des compagnes » de Sèvres ; elles organisent des réseaux de solidarité leur permettant un soutien moral.

Les jeunes filles qui ne se marient pas ne souhaitent pas vivre chez leurs parents une fois leurs études finies, malgré le confort et le soutien financier.

Pour que les enseignantes se marient il leur faut rencontrer un collège ou un homme fréquentant les mêmes lieux qu’elles. Quant aux femmes mariées elles ne firent aucune concession vis-à-vis du maintien de leur vie professionnelle. Elles travaillaient à plein temps et s’organisaient pour élever leurs enfants, elles pouvaient employer un personnel de maison et faire venir leurs enfants au sein de l’école pour les allaiter par exemple.

Les conditions de travail[modifier | modifier le code]

Si l’on fait un bilan des conditions auxquelles se voit confrontées les jeunes enseignantes on ne peut que remarquer qu’elles n’ont pas été formées à "l’après école " dans le relationnelle avec le corps des supérieurs hiérarchiques et avec les parents des élèves.
Les jeunes femmes qui arrivent seules dans une ville de province ont du mal à trouver un logement et n’ont pas un excellent accueil à leur arrivée ; de plus leur liberté de se déplacer de s’habiller se trouvent dirigées par l’opinion qui souhaite une image "lisse et respectable"; mais en même temps les inspecteurs réclament de l’originalité et de la fermeté. Ces jeunes filles timides modestes avec trop peu de personnalité se trouvent donc confrontées à un gros problème d’insertion.

De plus la charge de travail des professeurs féminins est en total paradoxe avec la volonté du ministère de l’enseignement qui souhaite alléger le programme d’étude afin de respecter « la nature fragile des jeunes femmes » car la réduction de la durée des cours entraîne une multiplication des classes confiés à chaque professeur et augmente également le temps de correction des copies.

Ensuite lorsqu’elles souhaitent préparer un concours une fois l’agrégation obtenue, elles ne trouvaient pas le temps de les préparer, surtout que le reste du temps qui leur était imparti se voyait diminuer par les obligations familiales.
Si l’on prend en compte leur volonté de garder leur emploi dans l’instruction et de la concilier avec leur vie de femme mariée et de mère de famille on comprend quel soulagement ce fut pour elles lorsque furent institués le temps partiel puis les congés parentaux.

Documents[modifier | modifier le code]

« C’est Antoine Caritat, marquis de Condorcet, qui a permis au mouvement féministe de trouver dès 1787 son avocat le plus convaincant mais aussi le plus décevant. Celui-ci proclame :

  • "Je crois que la loi ne devrait exclure les femmes d'aucune place. […] Songez qu'il s'agit des droits de la moitié du genre humain".

C'est que le marquis de Condorcet est fils unique et orphelin de père, et a été élevé et couvé par une mère aimante et exclusive. En 1789, il trouve une spécialité dans l'éducation dont il sera à la Convention l'avocat visionnaire. Il dit ainsi :

  • " Ce n'est pas la nature, c'est l'éducation, c'est l'existence sociale qui cause cette différence [...] il est donc injuste d'alléguer, pour continuer de refuser aux femmes la jouissance de leurs droits naturels, des motifs qui n'ont une sorte de réalité que parce qu'elles ne jouissent pas de ces droits ".

Condorcet ouvre la voie aux féministes du XIXe siècle qui centreront leur lutte sur l'accession des filles à l'instruction. Parallèlement à son combat pour l'instruction des femmes, Condorcet met l'accent sur leurs droits politiques. Les femmes doivent voter car aucune caractéristique naturelle ne peut constituer une contre-indication. »

Divers[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Julie-Victoire Daubié, Du progrès de l'enseignement primaire : justice et liberté, Paris, Imprimerie de Claye, 1863.
  • Jean-Pierre Mouchon, "Le lycée Montgrand des origines à nos jours (1891-1998) (Marseille, Terra Beata, 409 p., ill., trois éditions, 1994, en deux volumes, 1998, 2001+ supplément).
  • Marlaine Cacouault-Bitaud, (2007) Professeurs... mais femmes - Carrières et vies privées des enseignantes du secondaire au XXe siècle, La Découverte, 320 p.
  • Marcel Grandière,La formation des maîtres en France 1792-1914, Institut national de recherche pédagogique
  • Marie-Pierre Moreau, Les enseignants et le genre, Presses universitaires de France
  • Nicole Mosconi, Égalité des sexes en éducation et formation, Presses universitaires de France
  • Pascale Barthélémy« La formation des institutrices africaines en A.O.F. : pour une lecture historique du roman de Mariama Bâ, Une si longue lettre », Clio, Femmes d'Afrique numéro 6/1997,
  • Adolphe Ferrière, La Coéducation des Sexes dans ses rapports avec la crise de la famille et la transformation de l’école, 1927, Genève, Société générale d’imprimerie

Chronologie[modifier | modifier le code]

  • 1622 Marie de Gournay (nièce de Montaigne) publie le traité de l’Égalité des hommes et des femmes
  • 1673-1674 François Poullain de La Barre, De l’Égalité des sexes et de l’Éducation des dames
  • 1790 Condorcet, Sur l’admission des femmes au droit de cité. La même année, en Angleterre, Mary Woolstonecraft publie sa Revendication des droits de la femme
  • 1872 Victor Hugo réclame l’égalité des sexes
  • 1873 Déportation à Cayenne de la communarde Louise Michel
  • 1878 premier congrès international du droit des femmes à Paris mais la question des droits civiques est exclue
  • 1882 Léon Richer crée le journal féministe Le droit des femmes; en 1869, il fonde la ligue française pour le droit des femmes
  • 1888 création à Washington du conseil international des femmes, d’où naîtra le conseil national des femmes françaises
  • 1897 Marguerite Durand fonde le journal féministe La Fronde, entièrement fait et même imprimé par des femmes.
  • 1898 Jean Jaurès se déclare favorable au suffrage féminin. Création de la ligue des droits de l’homme qui adhère immédiatement au mouvement féministe.
  • 1909 fondation de l’union française pour le suffrage des femmes
  • 1914 la guerre fait entrer les femmes massivement dans l’industrie et dans les syndicats
  • 1935 Louise Weiss et 48 manifestantes s’enchaînent au pied de la bastille pour réclamer l’égalité des droits
  • 1936 Irène Joliot-Curie, Cécile Brunschvicg, Suzanne Lacore sont nommées sous-secrétaires d’état dans le gouvernement de Léon Blum
  • 1940 Simone de Beauvoir publie Le Deuxième Sexe.
  • 1966 interdiction de licencier une femme enceinte ou en congé de maternité
  • 1980 Marguerite Yourcenar est la première académicienne

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. De l'égalité d'éducation : conférence populaire faite à la Salle Molière le 10 avril 1870 par M. Jules Ferry , éd. Société pour l'instruction élémentaire, Paris, 1870
  2. Véronique Durupt, La première "bachelier" : Julie Victoire Daubie, Fontenoy-le-Château, les Amis du Vieux Fontenoy, , 119 p. (ISBN 978-2-746-63362-9), p. 70-72
  3. Clarisse Coignet, Rapport présenté au nom de la commission des dames: suivi d'un appendice par Fanny Ch. Delon, éd. Impr. administrative de Paul Dupont, Paris, 1871
  4. Julie-Victoire Daubié et Emma Chenu

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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