Gilbert Blardone

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Gilbert Blardone
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Gilbert Blardone né le à Évian-les-Bains, est un économiste français.

Biographie[modifier | modifier le code]

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Né dans une famille d’artisans Gilbert Blardone est un économiste hétérodoxe, imperméable aux idéologies, préoccupé avant tout d’analyser les réalités. Il place l’Homme et non l’Argent au centre des politiques économiques, monétaires, sociales, environnementales. Il donne toujours la priorité à l’analyse sur les théories pour expliquer les objectifs, la complexité et les contradictions de ce temps. En ce qui concerne l’Union Européenne, la Zone Euro et la France, il suggère une politique vigoureuse de sortie de crise par la relance de l’activité économique. Pour le monde, les pays émergents, les laissez pour compte du développement, il propose une maîtrise de la mondialisation par la création de « Zones d’échanges organisés » et une coopération fondée sur les besoins réels des populations.

Blardone a été disciple et ami de François Perroux, titulaire de la chaire « d’analyse des faits économiques et sociaux » (1955-1973) au Collège de France à Paris[1]. Il était aussi proche de Maurice Allais[2], seul Prix Nobel Français d’économie (1988). Le Monde du 19 décembre 1967[3] a consacré une page aux points de vue divergents de Maurice Allais et de Gilbert Blardone sur l’avenir de la convertibilité du dollar en or et du système monétaire international issu des accords de Breton Woods en septembre 1944. Maurice Allais proposait de doubler le prix de l’or pour « fournir à l’économie mondiale les liquidités-or qui lui sont nécessaires » alors que Gilbert Blardone, proposait au contraire de « démonétiser l’or » au profit d’une simple monnaie de compte créée dans le cadre du Fonds Monétaire International, qui prendrait la forme de crédits ouverts aux diverses nations en fonction de leur véritable besoin de développement ».

En 2008, à la demande de G. Blardone, Président d’honneur et d’Henry Savall, Président en exercice de l’Association Lyonnaise des Amis de François Perroux, fondé en 1985 par Blardone et quelques Universitaires Lyonnais, Maurice Allais acceptait d’introduire la 11e journée François Perroux, initiée par l’Association, sur le Thème « Comment vivre ensemble : conditions économiques et sociales de la démocratie »[4]

Professeur agrégé à la Faculté de Droit de l’Université Catholique de Lyon, il enseigne l’économie et les politiques économiques et financières à l’Institut d’Études Politiques de Lyon de l’économie Internationale et de l’économie du développement.

Il a obtenu un Diplôme d’Études Supérieures de Droit Romain et d’Histoire du Droit.

Titres universitaires[modifier | modifier le code]

  • Licencié en droit
  • Diplômé d’études supérieures de droit romain et d’histoire du droit
  • Docteur es sciences économiques, université de Paris Sorbonne

Fonctions[modifier | modifier le code]

Professeur des universités

Directeur de la Chronique sociale de France [1], Lyon (1966-1972)

Membre de la Commission générale des Semaines sociales de France - Responsable des Carrefours des jeunes, Lyon (1958 - 1990)

Fondateur et Président d’honneur de l’Association François Perroux, économiste, professeur au Collège de France

Fondateur et animateur des revues

Directeur de recherches

Consultant international

  • Établissement de diagnostics économiques et financiers en Afrique et Amérique latine (1960-2000)
  • Professeur invité aux universités de Santiago du Chili ; Mexico ; Lima ; Alexandrie ; Yaoundé ; Rabat, Michigan (USA)


Pensée[modifier | modifier le code]

Crise de la dette[modifier | modifier le code]

La pratique de l’analyse économique, tant au niveau micro que macro économique, monétaire, financière a persuadé Blardone que des économistes comme François Perroux, Maurice Allais pour qui "l’Homme doit être au centre de l’analyse et des politiques économiques et sociales et non l’argent", sont les mieux à même de comprendre et d’expliquer les ambitions, la complexité et les contradictions du monde contemporain : les idéologies et leurs dogmes obscurcissent les réalités et faussent les analyses. Ceci conduirait à des politiques inadaptées au réel qui n’atteignent pas les objectifs qu’elles se sont fixés. C’est ainsi que l’idéologie ultralibérale et sa vision purement comptable des réalités et de la monnaie conduit les États en temps de crise, à des politiques d’austérité dites « vertueuses » (approche morale) qui alimentent la crise au lieu d’en sortir. Une approche comptable dogmatique des réalités économiques, monétaires et sociales qui condamnent systématiquement déficits et endettements de la part des États et des Collectivités publiques, étouffe les économies européennes et pérennise la crise. Ce dogmatisme irréaliste s’est traduit dans la Zone Euro par la « règle d’or » de l’équilibre budgétaire et du désendettement des États en toutes circonstances, responsable d’une stagnation de longue durée.

En réalité, la capacité d’endettement d’un acteur privé ou public dépend non d’une valeur statistique, quelle qu’elle soit (par exemple 3 % ou 60 % du PIB selon la « règle d’or » européenne soutenue par l’Allemagne), mais de la capacité de l’emprunteur à régler le service de sa dette (intérêts et remboursements) aux dates prévues dans le contrat de prêt. En ce qui concerne les États et les collectivités publiques en cas de difficultés pour effectuer ce service à un moment donné du fait de la conjoncture, c’est avec la Banque Centrale que la question doit être résolue, c’est elle qui devrait être le prêteur en dernier ressort des États et collectivités publiques, non les marchés financiers. Malheureusement, la Banque Centrale Européenne, depuis le Traité de Maastricht (1992) n’a plus cette fonction. Les États et Collectivités publiques sont ainsi livrés à la spéculation des marchés financiers prêteurs, ce qui met l’Euro sous leur domination et le rend instable. Il est urgent de rendre à la BCE son rôle de prêteur en dernier ressort des États et des Collectivités publiques si l’on veut soustraire l’Euro à la spéculation des marchés financiers

L’approche comptable des réalités fige les situations à un moment donné. Elle est purement statique alors que la réalité est mouvante et dynamique. Le monde est en perpétuelle évolution, endetté aujourd’hui, riche demain. Les décisions des acteurs (ménages, entreprises, financières ou non, collectivités, États, etc.) provoquent des opérations qui s’enchainent les unes les autres, dans un mouvement continu. C’est ce mouvement que l’analyse économique, monétaire, sociale, écologique… doit éclairer et expliquer pour proposer des politiques adaptées aux situations concrètes.

Ce sont ces circuits économiques[5] et monétaires résultant des opérations des acteurs que les politiques économiques et monétaires doivent réguler pour éviter les crises et promouvoir une activité économique forte et durable assurant le plein emploi des hommes et des équipements pour le mieux-être de tous.

En ce qui concerne la France, les marchés financiers estiment que la situation, à long terme, de ses circuits économiques et financiers est fondamentalement bonne du fait de ses ressources et de la qualité de sa main d’œuvre quelle que soit la conjoncture. En effet, pour les circuits économiques, l’OCDE et le FMI estiment leur potentiel de croissance à 1,6 % par an. Pour les circuits financiers le taux d’épargne des Français est l’un des plus élevés du monde industrialisé, 15,1 % en 2013, 15,6 % en 2014, soit 11000 milliards d’euros en 2010 et 12000 en 2014 (INSEE), pour un endettement de 2000 milliards. La garantie des emprunts est donc largement assurée d’où des prêts consentis à des taux d’intérêt très bas et même, quelquefois, négatifs ! L’Agence France Trésor (AFP) gère avec réalisme et efficacité dans le temps la relation circuits économiques – circuits financiers, la dette et son service. Dans ces conditions, la politique d’austérité menée en France depuis janvier 2011 n’a ni justification économique ni justification financière. Elle ne fait que compromettre le bon fonctionnement des deux circuits et retarder ainsi l’exploitation du potentiel de croissance et d’épargne du pays. Elle pérennise la crise.

La mise œuvre du potentiel de croissance et d’épargne suppose de conjuguer une politique de l’offre et une politique de la demande. Du côté de l’offre, il s’agit, à la fois, d’orienter l’épargne vers des investissements productifs et d’améliorer les relations banques – entreprises. Il convient ainsi d’assurer aux entreprises des crédits réguliers de fonctionnement et d’équipement quelle que soit la conjoncture. Il s’agit aussi, pour la France de pratiquer la Préférence Communautaire dans les relations internationales. Du côté de la demande, la reprise de l’activité doit permettre d’une part d’améliorer les minima sociaux pour assurer à la population concernée le minimum vital ; d’autre part, dans les entreprises, d’ajuster les salaires à la productivité, le salaire minimum demeurant la base de l’échelle des salaires.

Potentiel de croissance et épargne sont les deux leviers dont la France dispose déjà pour sortir de la crise.

Tiers-monde[modifier | modifier le code]

Dans les années1950-1960, la décolonisation portait au premier plan les questions du sous-développement. Blardone orienta ses recherches sur les réalités du sous-développement et les conditions du développement dans le Tiers Monde[6].

En 1970, Directeur de l’Institut de Sciences Sociales Appliquées (ISSA) de l’Université Catholique, il organise un enseignement systémique et pluridisciplinaire de l’économie et de l’économie du développement avec la collaboration de collègues géographes, sociologues, politologues, philosophes, théologiens. Cette grille d’analyse systémique et pluridisciplinaire des réalités politiques, économiques, monétaires et sociales sera expérimentée sur le terrain, en France et à l’étranger et sera à l’origine de missions universitaires en Afrique (Tunisie, Égypte, Guinée Conakry, Guinée Bissau, Angola) en Amérique Latine (Mexique, Pérou, Chili, Cuba) à Madagascar…

Cette approche pluridisciplinaire et appliquée des réalités économiques et sociales intéressera notamment l’Institut International d’Études Sociales (IIES) du Bureau International du Travail (BIT)[7], l’Institut Africain de Genève qui deviendra l’Institut Universitaire d’Études du Développement (IUED), l’Institut d’Études du Développement Économique et Social (IEDES) dirigé par François Perroux à Paris[8] et l’Université Internationale francophone Senghor d’Alexandrie (Égypte) dont l’objectif est de former les futurs « décideurs » francophones grâce à des enseignements pluridisciplinaires appliqués conduisant à un « Diplôme d’Études Professionnelles Approfondies »

Parallèlement à ces enseignements, Blardone prend part aux recherches de l’Institut de Sciences Économiques et Mathématiques Appliqués (ISMEA) créé et dirigé par François Perroux à Paris[9].

En plus de ces missions universitaires, Blardone participe, après les indépendances des années 60, à l’information et à la formation des militants des Secrétariats Sociaux de l’ancienne Afrique Occidentale et Équatoriale.

Adjoint puis successeur de Joseph Folliet, sociologue français, à la Direction de la Chronique Sociale de France, Blardone organise avec lui de 1950 à 1960 les Sessions africaines de Lyon qui durant un mois chaque année reçoivent de jeunes syndicalistes africains destinés à devenir les cadres des futurs Etats. Ces jeunes ont été sélectionnés par les Secrétariat Sociaux d’Afrique, qui après l’indépendance, continueront à travailler avec eux. C’est Marius Gonin, journaliste lyonnais, pionnier du catholicisme social, fondateur de la Chronique Sociale de France (1892), Centre de réflexion et d’informations sociales, qui avait lancé les Secrétariats Sociaux, relais de la Chronique Sociale dans les régions. Ils ont essaimé plus tard en Afrique. Les Semaines Sociales annuelles, lieu d’échanges et de réflexions sont l’Université sociale itinérante de ville en ville, elles accueillent les jeunes syndicalistes africains durant leur séjour lyonnais. Le trépied pensé par Gonin, Chronique sociale, Secrétariats sociaux, Semaines sociales, documentation, information, formation pour les militants sociaux, se révèlera aussi efficace en Afrique qu’en France dans les années qui ont précédé et suivi les indépendances. Blardone est membre de la Commission Générale des Semaines Sociales de 1963 à 1990 et présente plusieurs exposés. À la Semaine Sociale de Marseille en 1956 « Avantages et coûts sociaux de la croissance économique » ; à la Semaine Sociale de Lyon en 1964 « Le prolétariat a-t-il disparu ? » en dialogue avec le sociologue Chombart de Lawe ; à la Semaine de Nantes en 1967 « Le Tiers Monde à l’écart du développement ? » ; à la Semaine de Lille en 1969 « Système économique et type de Société dans certains pays de l’Est ».

En 1962, au retour d’une Afrique en plein bouleversement, avec une jeunesse avide de découvrir le monde, Blardone convainc Georges Hourdin et les dirigeants de Malesherbes Publications à Paris, éditeur de La Vie Catholique, de lancer un magazine consacré aux Jeunes Nations et à leur développement.

Ce sera Croissance des Jeunes Nations. Parallèlement à Lyon, Blardone ouvrira l’un des premiers centres de documentation sur le Tiers Monde qui prendra le nom de la Revue – Centre Croissance des Jeunes Nations[10]. En 1972, le Centre lancera « Informations et Commentaires – Le développement en question », plus technique que la revue CJN, cette publication complètera le magazine. En 1990, le relai a été assuré par une équipe pluridisciplinaire de l’Université Pierre Mendès France de Grenoble[11].

Blardone a enseigné à l’Institut d’Études Politiques de Lyon les relations économiques internationales et les politiques de développement.

Il estime que plus la mondialisation est anarchique, plus les problèmes, les dysfonctionnements et les crises qu’elle suscite imposent de trouver des solutions à tous les niveaux de décisions; au niveau macroéconomique des États comme au niveau microéconomique des entreprises. Les communes, les régions, les nations, les groupes de nations doivent être concernés par la recherche des solutions et doivent se répartir les tâches et les responsabilités.

Dans son dernier ouvrage « La crise 2007-2014, Chronologie, analyse et perspectives. Du capitalisme financier à l’économie solidaire et sociale de marché »[12], Blardone tire les leçons de sept années d’une crise qui n’en finit pas. Il estime que pour en sortir, il faudra aller au-delà des politiques de relance classique à court terme et du rejet de l’austérité.

Dans un premier temps, en urgence, il faudra, dans l’Union Européenne et, notamment, en France, rétablir la pratiques des budgets cycliques pour réguler le flux des monnaies d’origine étatique avec déficit budgétaire en période de crise ; équilibre en période de pleine activité ; excédent en période de surchauffe (manque d’hommes et d’équipements). Il faudra rétablir la Banque Centrale Européenne (BCE) dans ses trois fonctions d’émettrice de monnaie selon les besoins de l’économie européenne ; de Banque des banques pour éviter les politiques de crédit aventureuses et assurer la sécurité des dépôts mais aussi pour fournir aux entreprises les fonds de fonctionnement et d’investissement indispensables à leur activité. Une coopération réaliste des entreprises et des banques peut assurer aux entreprises une activité suffisante à leur survie en leur permettant de s’adapter aux variations de la conjoncture par l’innovation. Enfin, prêteur en dernier ressort la BCE soustraira les États et les collectivités publiques à la spéculation des marchés financiers à l’origine de la crise en 2007. Ceci implique que la BCE rachète les dettes actuelles des États qui sont en difficulté pour honorer le service de leur dette (intérêts et remboursements) auprès de leurs créanciers privés. La BCE doit redevenir prêteur en dernier ressort et accompagner les États dans la gestion de leur dette soustraite à la spéculation. Pour faciliter la compétitivité des entreprises de l’Union par rapport à leurs concurrents étrangers, l’impôt sur les sociétés (IS), dans l’Union devrait s’établir en moyenne autour de 10 %, non à 25 %. Une politique d’urgence de ce type remettra sur pied toutes les économies de l’Union Européenne en difficulté vis-à-vis des marchés financiers spéculatifs, le chômage baissera significativement parce que les trois moteurs de l’activité économique, la consommation, l’investissement, les exportations repartiront à condition que la Préférence Communautaire, prévue au Traité de Rome (1957), fondateur de l’Union soit rétablie[13], ainsi que les taxes anti-dumping, notamment fiscales, aux frontières des États de l’Union afin de décourager les concurrences sauvages entre les États eux-mêmes et en provenance des pays étrangers. L’Euro ne sera plus menacé par les marchés, il échappera à leur domination et sera en mesure de jouer pleinement son rôle de monnaie internationale. Cela est d’autant plus important et urgent que les États-Unis se servent de plus en plus du dollar pour assurer leur domination sur ses utilisateurs et punir les banques qui n’obéissent pas aux lois américaines. Seul un Euro, protégé des attaques spéculatives par une Banque Centrale Européenne (BCE) qui aurait retrouvé toutes ses fonctions, peut être une alternative crédible au dollar dans les transactions soumises aux « effets de domination » (Fr. Perroux) américains.

La crise est née aux États-Unis en 2007 d’une politique inconsidérée de crédits immobiliers (subprimes). Elle s’est propagée en Europe à travers les systèmes bancaires et les marchés financiers. Les USA l’ont surmontée grâce à une politique monétaire active (quantitative easing) de la FED, la Banque Centrale. En Europe, la crise perdure depuis sept ans essentiellement du fait des politiques d’austérité et de l’abandon de la Préférence Communautaire.

À plus long terme, de telles mesures d’urgence pour sortir de la crise ne suffiront pas à assurer, une croissance économique durable et stable des économies de l’Union et un bon fonctionnement de l’Euro. Il faut soustraire durablement l’activité économique de l’Europe à une spéculation financière imprévisible et prédatrice.

Des entreprises aux carnets de commandes remplis sont mises en liquidation parce que les actionnaires estiment les bénéfices insuffisants pour leur assurer un minimum de 15 % de retour sur investissement ou parce que les banques commerciales leur refusent un crédit de fonctionnement Des plans sociaux et des faillites s’en suivent dont les travailleurs font toujours les frais. Soustraire ces entreprises à la domination du capital est la seule voie réaliste. La gestion doit pouvoir être assurée par une étroite coopération entre tous les acteurs intéressés certains de trouver les appuis techniques et financiers que justifie leur bonne santé économique. Il s’agit de passer d’une gestion étroitement capitaliste à une gestion solidaire et sociale de marché dans laquelle, créativité, travail, argent, fournisseurs et clients sont associés pour le mieux-être de tous et dans laquelle les banques commerciales accompagnent les entreprises.

L’ouvrage se termine en indiquant par quels processus concrets, réalistes (hétérodoxes !) au niveau microéconomique comme au niveau macroéconomique de la région ou de la Nation, parvenir à instaurer progressivement, en partant des entreprises et des secteurs menacés, une économie solidaire et sociale de marché. L’économie sociale allemande et sa cogestion, partielle, visaient à rendre supportable par les travailleurs un capitalisme qu’il s’agissait d’aménager et de sauver. L’économie solidaire et sociale de marché tend à substituer progressivement à la gestion de l’entreprise et de l’économie par le seul capital, une gestion par les acteurs eux-mêmes. Il s’agit de changer de système de gestion pas d’aménager le capitalisme. Cela implique des Institutions techniques, économiques et financières spécialisées d’accompagnement et un système de formation continue des acteurs. Certaines existent et ont déjà fait leurs preuves[14].

Le début du XXIe siècle est marqué par l’explosion des nouveaux moyens de communication, d’information et de formation au service des acteurs de la vie politique, économique et sociale. Le capitalisme, notamment le capitalisme financier d’aujourd’hui, n’est qu’un mode archaïque de gestion de l’entreprise et de l’économie correspondant à une époque où seul l’argent signifiait compétence grâce à l’accès aux connaissances et à la communication. La gestion de l’économie par les seuls détenteurs de l’argent et de la connaissance semblait aller de soi. Ces temps sont révolus. Le XXIe siècle ouvre à tous l’accès à la connaissance et à la compétence. La coopération de tous les acteurs à la gestion de l’entreprise et de l’économie devient possible et réaliste. Elle est souhaitable pour établir une paix sociale durable, stimuler le dynamisme et la créativité de tous, éliminer les crises. La multiplication des autos-entreprises est une illustration de ce dynamisme au niveau même des populations. La formation continue[15], notamment en matière de gestion, garantit la compétence.

Le temps est venu de substituer à la gestion de l’entreprise et de l’économie par le seul capital, motivé essentiellement par l’attrait du gain, source de crises à répétition avec leur cortège de chômage, de misère, d’inégalités, de désespoir, une gestion participative de tous les acteurs concernés, en fonction de leurs responsabilités respectives, épaulés par des Institutions adaptées et une formation continue de tous ces acteurs.

La gestion participative à tous les niveaux de décisions, dans leur préparation comme dans leur exécution, garantirait leur efficacité étant donné à la fois la complexité des problèmes et l’évolution des mentalités en ce début du XXIe siècle/

L’économie solidaire et sociale de marché peut être l’économie du XXIème siècle, prélude à « la mise en place d’un nouvel ordre économico-productif, socialement responsable et à dimension humaine »[16]. Ce temps qui est celui de la formation, de la communication et de l’innovation, peut être aussi celui de la prise en main, sur tous les plans, par les hommes et les femmes, de leur destin.


Dans ces multiples activités, en France comme à l’étranger, Blardone a toujours bénéficié, depuis son mariage en 1948 avec Marie Thérèse Parisot, documentaliste, de l’affection, du dynamisme, de la compétence et de la collaboration de son épouse, du soutien et de la complicité de ses trois enfants, Marie Christine, économiste, Jean Dominique et François Xavier, tous deux ingénieurs, de ses dix petits-enfants et de ses treize arrière-petits-enfants. Par les temps qui courent, cette aventure familiale a, elle aussi, un parfum d’hétérodoxie !

À la retraite, Blardone partage son temps entre l’équipe de la Revue « Informations et Commentaires – Le développement en question » à Grenoble ; celle de l’ISEOR à Ecully pour l’Association Lyonnaise des Amis de François Perroux et ses journées d’information et de réflexion. Il a entrepris dès 2007, la chronologie d’une crise qui n’en finit pas, sa signification économique et humaine, la possibilité qu’elle débouche sur un autre système de gestion de nos économies qu’un capitalisme financier archaïque et prédateur. Un blog lui permet de garder le contact avec un réseau de lecteurs et d’amis (blardone.blog.lemonde.fr) ce qui, aujourd’hui, n’est plus hétérodoxe.

Principales publications[modifier | modifier le code]

  • Initiation aux problèmes d’outre-mer : colonisation, décolonisation, sous-développement. Lyon, Ed. de la Chronique sociale de France, 1959.
  • Initiation économique et sociale. Lyon, Ed. de la Chronique sociale de France, 1964.
  • Le circuit économique. T. 1-3. Paris, Bloud et Gay, 1964. 3 vols.
  • Les investissements et la propagation de leurs effets dans les pays sous-développés. Paris, Institut de sciences économiques appliquées, 1964.
  • Progrès économiques dans le tiers-monde : environnement socio-politique, croissance démographique et urbanisation. Paris, Librairie sociale et économique, 1972. 233 p.
  • Progrès économiques dans le tiers monde : population active, productivité, croissance et développement. Paris, Librairie Sociale et Économique, 1973. 279 p. (Institut international d’études sociales. Cahiers, 11.)
  • Population, progrès technique et social, développement économique et emploi : modèle socio-économique ; application à une région rurale française. Genève, 1978. 103 p. (Bureau international du travail. Programme mondial de l’emploi. Working papers, 66.)
  • De la ‘désarticulation’ au ‘développement global, endogène et intégré’ : le développement dans l’économique de François Perroux. Monde en développement (Paris), 9(35), p. 11-33.
  • Chômage, défit extérieur, inflation… Comment en sortir ? Paris, Ed. du Cerf, 1981.
  • L’interdépendance générale chez François Perroux et le bon usage de l’équilibre ; introduction. Dans : Perroux, François. Dialogue des monopoles et des nations. Grenoble, Presses universitaires de Grenoble, 1982.
  • Vaincre le chômage. En collab. Paris, Ed. de l’Épargne, 1987. 265 p.
  • Le système monétaire international. 2e éd. Par P. Pascallon et G. Blardone. Paris, Ed. de l’Épargne, 1989.
  • Le Fonds monétaire international, l’ajustement et les coûts de l’homme : dégager de nouveaux chemins. Paris, Ed. de l’Épargne, 1990.
  • « Économie de marché ou économie capitaliste ? » Dans : Association lyonnaise des Amis de François Perroux. La coexistence pacifique vingt ans après. Paris, Ed. de l’Épargne, 1992, p. 199-227.
  • « La coopération industrielle des pays de l’OCDE : nouvelles tendances et nouvelles pratiques. » Dans : Association lyonnaise des Amis de François Perroux. La nouvelle coexistence des nations. Sous la dir. de L. Abdelmaki et D. Dufourt. Paris, Ed. de l’Épargne, 1994, p. 211-238.
  • Fonds monétaire international, endettement du tiers monde et ajustement structurel : analyse méthodologique appliquée à Madagascar et à la Tanzanie. En collab. avec Lothar Caviezel. Berne, P. Lang, 1995.
  • « Une double contradiction : libre échange et complexité du réel. » Dans : Association lyonnaise des Amis de François Perroux. Nouveaux aspects des échanges internationaux : globalisation et régionalisation. Paris, Ed. de l’Épargne, 1995, p. 95-105.
  • « La zone franc après la dévaluation. » Dans : Association lyonnaise des Amis de François Perroux. Zone franc : du franc CFA à la monnaie unique européenne. Sous la dir. de R. Sandretto. Paris, Ed. de l’Épargne, 1995, p. 231-246.
  • « La zone franc et la monnaie unique européenne : la montée des inégalités. » Dans : Association lyonnaise des Amis de François Perroux. Zone franc : du franc CFA à la monnaie unique européenne. Sous la dir. de R. Sandretto. Paris, Ed. de l’Épargne, 1995, p. 221-228.
  • « François Perroux : le centenaire d’un grand économiste » Par Raymond Barre, Gilbert Blardone et Henri Savall. Paris, Economica, 2005. 170 p. fiche de lecture
  • « La crise 2007-2014, Chronologie, analyse et perspectives. Du capitalisme financier à l’économie solidaire et sociale de marché » 406 p. (ISBN 979-10-227-3280-2) éditions papier et numérique Ed. Bookelis En vente aussi sur Amazon et dans les librairies.
  • "Comprendre l'activité et les politiques économiques. L'économie de la vie" - 188 p. édition papier et numérique. Ed. Bookelis

Nombreux articles et chroniques économiques dans diverses revues dont Croissance des jeunes nations, Informations et commentaires et dans divers journaux dont Le Monde et La Croix.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. L’œuvre de Perroux (1903-1987) est immense, plus de 15 000 pages. Dix-huit Universités étrangères lui ont conféré le titre de Docteur Honoris Causa en hommage à l’ensemble de son œuvre. Ses principales publications, livres, articles, cours au Collège de France sont rappelées dans «  Hommage à François Perroux » Presses Universitaires de Grenoble 1978, 748 p. « L’économie du XXème siècle », Paris, Presses Universitaires de France, 3e ed, 1969, 814 p. représente une synthèse de sa pensée. Pour Perroux, l’économie est politique et doit prendre en compte l’état du monde pour l’expliquer afin de surmonter ses dysfonctionnements. Elle doit être au service « de tout l’Homme et de tous les hommes », cf. Raymond Barre, Gilbert Blardone, Henri Savall et autres : « François Perroux, le centenaire d’un grand économiste ». Paris, Economica, 2005, 170 p. Voir aussi François Perroux, Wikipedia
  2. Maurice Allais, (1911-2010) Polytechnicien, Ingénieur général des Mines, médaille d’or du Centre !national de la Recherche Scientifique, Prix Nobel d’Économie 1988, Membre de l’Académie des Sciences Morales et Politiques. Sa bibliographie comporte 300 titres. Son ouvrage « La passion de la recherche – Autoportrait d’un autodidacte », Paris, Ed. Clément Juglar, 2001, 487 p. présente une vue générale de son œuvre en économie et en physique. Dans son introduction, Maurice Allais précise : « Dans le déroulement de toute mon œuvre, je n’ai cessé de suive deux principes : le respect inconditionnel des données de l’expérience ; une totale indépendance de ma pensée. » À propos de la crise de 2007, il écrit « La crise d’aujourd’hui, c’est avant tout une crise de l’intelligence. Il est dérisoire de ne remédier qu’aux effets. C’est aux causes qu’il faut s’attaquer. Et ce combat doit être poursuivi en fonction d’un seul principe qui doit transcender tous les autres : l’économie doit être au service de l’Homme et non l’Homme au service de l’économie ». L’Europe en Crise. Que faire ? Réponses à quelques questions, p. 93. Pour une autre Europe, Paris, Ed. Clément Juglar, 2005, 181 pages.
  3. « Deux points de vue sur les Problèmes Monétaires. Faut-il doubler le prix de l’or par Maurice Allais ; Démocratiser l’or par Gilbert Blardone ». 19-12-1967 « Le Monde » p.24.
  4. 11e Journée de l’Association Lyonnaise des Amis de François Perroux, Lyon, Ed. ISEOR, 15, chemin du petit bois, 69134 Écully, 193 p. Fév. 2008.
  5. Blardone Gilbert. Le Circuit Économique – 3 volumes, Paris, Éd. Bloud et Gay, 1960 (T1 Le Capitalisme, 210 p. ; T 2 L’Entreprise, 255 p. ; T 3 Les Revenus, 191 p.)
  6. Blardone Gilbert – « Progrès Économique dans le Tiers Monde » 2 vol._Paris, Librairie sociale et économique, 1972 (T1 Population active, productivité, croissance, développement 279 p. – T 2, L’environnement socio-politique du développement, 272 p.)
  7. Blardone Gilbert, - Éléments pour un diagnostic sur la situation de développement d’un pays dans Bulletin de l’IIES N° 12 1974 Genève pp.65-82. -Blardone Gilbert ; Leroy Marie Christine, Parisot Gérard, Tabournel Jean Simon, René Valette, Élisabeth Voisin et autres – Population, Progrès Technique et social : développement économique et emploi. Modèle démographique et socio-économique ISSA 10 et ISSA 11. Application à une région rurale française : Le Monts du lyonnais, Genève 1978, 103 p. Bureau International du Travail, Programme Mondial de l’Emploi, Directeur Gerry Rodgers, Working Paper N°66
  8. Blardone Gilbert, De la « désarticulation » au « développement global, endogène et intégré » (DGEI). Le développement dans « l’économique de François Perroux » dans Mondes en Développement N°35 1981, Ed. ISMEA, Paris p.11 à 33
  9. Blardone Gilbert, Démonts Roger, avec la collaboration de Paul Boyer et de Moïses Ikonikoff « Les investissements et la propagation de leurs effets dans les pays sous-développés ». Application de la méthode d’analyse systémique pluridisciplinaire au complexe électro métallurgique du Kouilou au Congo, Paris, Ed. ISEA, 1964,106 p.
  10. La Revue publiera notamment les entretiens de Blardone avec Sekou Touré, Président de la Guinée, Fidel Castro de Cuba et Salvador Allende du Chili ainsi que les expériences de développement de divers pays. G. Blardone – La Guinée, cinq ans après, Entretien avec Sekou Touré dans Croissance des Jeunes Nations – CJN – N° 46, Juil.-Août 1965 p. 4-16 -Du même auteur, Cuba fait renaître l’espoir chez les latino-américains – Entretien avec Fidel Castro- CJN – N° 43 avril 1965, p.4-12. -Au Chili, la révolution dans la liberté – Entretien avec Salvador Allende – CJN – N°98 avril 1970
  11. Dans le N° 154 de janv. – Mars 2011 G. Blardone publie «  Le grand jeu du développement selon François Perroux. Croissance économique, développement humain, société progressive. Bilan du développement 1975-2010 » pp. 6-45. Informations et Commentaires, le Développement en question. 1 rue Lieutenant Potier – 38700 Corenc. Rédacteur en chef Patrice Allard.
  12. Ed. ISEOR, Institut de Socio-économie des entreprises et des organisations, 15, Chemin du petit bois 69130 Ecully, 391 p. En vente aussi sur Amazon et dans les librairies.
  13. Maurice Allais estime que le rétablissement de cette Préférence Communautaire conditionne l’avenir économique de l’Union. « Elle est, selon lui, la condition absolue de la survie de l’Union » (op.cit. p.89). Il estime « qu’à partir de 1974 l’abandon progressif de la Préférence Communautaire par l’Organisation de Bruxelles a entrainé une réduction du taux de croissance du Produit Intérieur Brut réel par habitant de 60 % … Cette Préférence Communautaire devrait assurer pour au moins 80 % la consommation communautaire par une production communautaire » (op.cit. p.37-38)
  14. Des formes concrètes d’économie solidaire et sociale de Marché (ESSM) existent déjà en Europe. En France ces entreprises ont un statut juridique précis : coopératives, mutuelles, associations, fondations. Elles représentent 10 % du PIB c'est-à-dire de la richesse marchande produite chaque année ; 10,3 % des emplois salariés soit 2,34 millions de personnes dans 220 900 établissements et 56,4 Md € de rémunérations brutes par an. Elles représentent dans le secteur social 63 % des emplois ; dans les sports et loisirs 56 % ; dans la finance, la banque, les assurances 30 % ; dans la culture 29 %. Elles embauchent malgré la crise (+2 % par an). Elles sont soutenues financièrement par la Caisse des Dépôts et Consignation (CDC) ; elles disposent d’une agence d’ingénierie et de services pour entreprendre autrement, l’AVISE à laquelle participe la CDC. L’agence édite une centaine de publications, anime six sites Internet et un réseau de Fabriques à initiatives ; e-mail contact@avise.org. Un Institut comme l’ISEOR, Fondateur – Directeur Professeur Henri Savall, a depuis 35 ans, conseillé en gestion participative 1200 entreprises.
  15. Gilbert Blardone, Vers une gestion participative des entreprises et de l’économie, dans Recherches en Sciences de Gestion, Ed. ISEOR N° 101, 2014, p. 23-56
  16. Benoit XVI. Encyclique «  Caritas in veritate. Le développement humain intégral dans l’Amour et la Vérité », Paris Ed. du Cerf 2009, 130 p.
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