Gaston Vidal

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Gaston Vidal

Gaston Vidal en 1917,
capitaine au 30e bataillon de chasseurs à pied
Fonctions
Député 1919-1924
Gouvernement IIIe République
Groupe politique PRS
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Saint-Étienne (Loire)
Date de décès (à 60 ans)
Lieu de décès Paris
Nationalité  Français
Parti politique Parti républicain-socialiste
Conjoint Yvonne Carlo (1921), Charlotte de Forton (1934)
Profession Instituteur, puis journaliste
Distinctions Officier de la Légion d'honneur ( 1925 )
Gaston Vidal, Président de l'USFSA en décembre 1920.

Gaston Vidal est un homme politique et dirigeant sportif français, né le à Saint-Étienne (Loire) et mort le à Paris.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né le 19 octobre 1888 à Saint-Étienne[1], Gaston François Vidal commence sa carrière professionnelle comme instituteur avant d’enseigner à l’école primaire supérieure de Moulins. Sportif avéré, il est incorporé en 1914 dans les chasseurs alpins où il fait une brillante carrière qui lui vaut les galons de capitaine.

Il épouse en 1921 une comédienne, Yvonne Carlo. Ses témoins de mariage sont Aristide Briand et Léon Bérard[2]. Le mariage religieux de ce franc-maçon est moqué par les socialistes et le Canard enchaîné[3].

Gaston Vidal est en effet un franc-maçon éminent qui préside en 1920 le convent de la Grande Loge de France et figure au conseil fédéral[4]. Il est cependant radié en 1934[5].

L'Ancien combattant[modifier | modifier le code]

Placé hors cadre en 1917 pour cause de blessures; il prend la vice-présidence de l'Association républicaine des anciens combattants (ARAC), marquée à gauche, qu'il abandonne cependant en 1919[6] pour une autre association (les Combattants de la Grande guerre). Il est un des principaux fondateurs de l'Union fédérale des associations françaises de mutilés, réformés, anciens combattants, leurs veuves, orphelins et ascendants (aujourd'hui l'Union Fédérale des Associations Françaises d'Anciens Combattants) : secrétaire général de son comité exécutif provisoire en 1917-18, il est élu président de l'UF en 1918[7].

Il fait paraître en 1918 un livre de témoignage sur la guerre : Figures et anecdotes de la grande guerre[8]. Conformément aux statuts de l'association qui déclarent les fonctions d'administrateur incompatibles avec tout mandat parlementaire il démissionne de l'UF en 1919 lorsqu'il est élu député de l'Allier[9]. Il continue cependant à s'y intéresser et à fréquenter ses congrès et réunions du bureau jusqu'à l'affaire Oustric. L'UF l'exclut alors malgré son acquittement[10]

Le journaliste[modifier | modifier le code]

Dès sa démobilisation, il devient rédacteur en chef en septembre 1917 du quotidien Le Pays, fondé en avril 1917 par Albert Dubarry, qui reprendra plus tard L'Ere nouvelle. Il est alors à la tête d'une équipe mêlant des radicaux et des socialistes, des patriotes plus ou moins pacifistes, accusés de défaitisme par l'ancien socialiste antimilitariste devenu nationaliste Gustave Hervé dans La Victoire[11]. Il appelle à rompre avec les vieilles générations d'hommes politiques et à promouvoir les hommes de la génération du feu[12]. Avec Yvon Delbos il assume un temps la direction politique d'un quotidien proche de la gauche radicale qui succède au Pays, L'Ère nouvelle, fondé fin 1919[13]. Il dirige ensuite les services sportifs du quotidien Le Journal[14].

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Il se lance alors en politique, bénéficiant de la tribune du Pays et de sa position dans le monde combattant. Il s'implante dans l'Allier où il est élu conseiller municipal de Vichy, conseiller général de Moulins-Est (jusqu'en 1925) et député républicain-socialiste en 1919. Il figure en 4e position sur une liste de Bloc national, mêlant des radicaux, un socialiste indépendant (en l'occurrence Vidal) et des modérés[15]. Au Parlement, il est membre des commissions de l'armée et des pensions militaires.

Il est sous-secrétaire d'État à l'enseignement technique du 17 janvier 1921 au 29 mars 1924 dans le gouvernement Aristide Briand (7) puis dans celui de Raymond Poincaré (2), plus à droite. Il est battu aux élections législatives de 1924, la liste de concentration républicaine sur laquelle il figurait étant prise en étau entre une liste de droite et une liste socialiste[16]. Les socialistes, qui progressent fortement, ont concentré leurs attaques sur les députés sortants qui ont soutenu de leurs votes l'ancien Bloc national. Vidal a été attaqué en raison de ses anciennes fonctions ministérielles et a été aussi l'objet d'attaques personnelles[17].

À nouveau conseiller général de Vichy de 1927[18] à 1928, il envisage un temps de se présenter aux élections législatives de 1928 dans la circonscription de Lapalisse (Allier), puis se présente sans succès à Aix-en-Provence, avec le soutien de la fédération locale du parti radical et radical-socialiste, auquel il a fini par adhérer[19]. Il annonce en 1930 sa candidature à Nice en 1932, avec l'appui des radicaux, candidature avortée du fait de l'affaire Oustric[20].

Dirigeant sportif[modifier | modifier le code]

Réunion du COF en 1922 : no 1 M. Vidal, no 2 M. H.Paté, no 3 Frantz Reichel, no 4 Comte de Clary, no 5 comte de Polignac, no 6 comte de Castellane, Léon Breton

Président de 1919 à 1922 du Sporting club universitaire de France (SCUF)[21], il préside en 1919 l'Union des sociétés françaises de sports athlétiques (USFSA)[22], dont il démissionne en 1923[23]. Comme sous-secrétaire d'État, il cherche à rattacher l'éducation physique et sportive à son ministère, en créant une direction spécialisée[24].

Membre du Comité national des sports (CNS) et du Comité olympique français (COF), dont il démissionne pour le second en 1923 à l'instar de deux autres parlementaires (Henry Paté et Jean Ybarnégaray)[25], il représente le gouvernement à l'inauguration des JO d'hiver de Chamonix[26], et prend une part déterminante aux côtés de Frantz Reichel à la préparation des jeux olympiques de Paris de 1924 à la suite desquels il succède à Justinien Clary à la présidence du CNS de 1925 à 1931. Il cède sa place au Comité national des sports en 1931 à Jules Rimet à la suite de ses démêlés judiciaires et de leurs retombées médiatiques dans la presse.

Le quotidien communiste L'Humanité ne cesse de moquer son embonpoint « bourgeois »[27].

L'affaire Oustric et ses suites[modifier | modifier le code]

Gaston Vidal traîne une solide réputation d'affairiste, et est administrateur de plusieurs sociétés[28]. Il est mêlé en 1929 à l'affaire de la Gazette du franc de Marthe Hanau, en tant que collaborateur du Journal[29]. En 1930, il est mis en cause comme d'autres hommes politiques tel Raoul Péret dans le cadre de l'affaire Oustric, et notamment de l'affaire de l'introduction en bourse de la Snia-Viscosa, en raison de ses démarches au service d'Oustric, avec qui il était en rapport depuis 1923 lorsqu'il était député, et en faveur de la Snia Viscosa[30]. En mars 1931, il est arrêté et emprisonné pour forfaiture à la suite d'une enquête parlementaire. Acquitté en juillet[31] malgré la campagne de presse du Canard enchaîné, il ne se remet jamais du scandale.

Retourné au journalisme, il se trouve impliqué dans des affaires douteuses. Condamné en mars 1935 pour émission de chèques sans provision à 6 mois de prison par défaut et à une amende[32], il est à nouveau arrêté et interné en décembre de la même année pour escroquerie à la suite d'un arrêt de la 10e chambre de la cour d'appel le condamnant à 3 ans de prison et 2 000 francs d'amendes en tant que président du conseil d'administration d'une société en faillite, la Franco-équatoriale minière et industrielle[33]. Il est condamné à 3 000 francs d'amende en 1936 dans l'affaire de l'augmentation irrégulière du capital d'une société, Paris-Foncier, dont il était l'un des administrateurs[34]. C'était une affaire liée à la banque Oustric. S'il est acquitté en 1937 dans l'affaire d'une autre société, La Soie artificielle d'Amiens, fondée en 1926[35], il est encore condamné (13 mois de prison et 500 francs d'amende) la même année dans une autre affaire d'abus de confiance et d'escroquerie[36].

Il ne se consacre ensuite qu'aux affaires commerciales[15]. L'ambiguïté de ses relations pendant l'Occupation le met un moment en cause mais n'entraîne pas de condamnation. Il décède à Paris le 14 mars 1949, d'une opération consécutive à ses blessures de guerre[37].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • « Gaston Vidal », dans le Dictionnaire des parlementaires français (1889-1940), sous la direction de Jean Jolly, PUF, 1960 (Lire en ligne)
  • Georges Rougeron, Les administrations départementales de l'Allier : Le Conseil général, t. 2, 1871-1940, Grande impr. nouvelle, 1960.
  • Serge Fauché, Sport et identités, Paris, L'Harmattan, 2000.
  • Jean-Paul Callède, Les politiques sportives en France : Éléments de sociologie historique, Paris, Economica, 2000.
  • Bernard Morice, Les procès de haute justice au palais du Luxembourg, Paris, France-Empire, 1972.
  • Jean-François Viple, La vie politique et les élections dans l'Allier pendant la Troisième République : sociologie politique de l'Allier, Paris, Librairie générale de droit et de jurisprudence, 1967.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Acte de naissance : AD 42 3NUMEC1/2E 105 acte 2528.
  2. Le Monde illustré, 15 octobre 1921.
  3. Le Populaire, 1er mars 1922, Le Populaire, 9 avril 1923 ; René Rémond, L'anticléricalisme en France de 1815 à nos jours, Paris, Fayard, 1999.
  4. L'Est républicain, 11 septembre 1920, "Au convent maçonnique" ; André Combes, Maçonnerie et radicalisme, Société d'histoire du radicalisme.
  5. Pierre Chevallier, Histoire de la Franc-Maçonnerie française : La maçonnerie, église de la République (1877-1944), Paris, Fayard, 1975.
  6. Le Populaire, 29 avril 1919, Le Populaire, 15 juillet 1919, Romain Ducoulombier, Camarades!: la naissance du Parti communiste en France, Perrin, 2010, p. 175: une démission forcée selon cet auteur.
  7. Cf. le témoignage ultérieur d'un autre fondateur de l'UF, Gaston Rogé, qui souligne l'ambition politique de Vidal mais aussi la sincérité de son combat en faveur des mutilés: Cahiers de l'Union fédérale, 15 mars 1932, "Le congrès de Paris (1917)", Ibid., 15 avril 1932, "De Paris à Lyon", Ibid., 1er juillet 1932, "Le congrès de Lyon"
  8. Études, avril 1919: compte-rendu
  9. L'Est républicain, 12 mai 1921.
  10. Cahiers de l'Union fédérale, 15 mars 1935, Ibid., 1er juin 1935.
  11. Candar Gilles, Jean Longuet: Un internationaliste à l'épreuve de l'histoire, Presses universitaires de Rennes, 2007
  12. Cahiers de l'Union fédérale, 15 avril 1932, "De Paris à Lyon", Le Populaire, 6 août 1918, Le radical, 12 septembre 1918
  13. L'Est républicain, 22 février 1920, publicité pour l'Ere nouvelle, Le Populaire, 10 décembre 1919, Les Nouvelles littéraires, 18 juin 1932, Claude Bellanger, Histoire générale de la presse française, Volume 3, Presses universitaires de France, 1969, Serge Berstein, Histoire du parti radical, vol. 1, Presses de la FNSP, 1980
  14. L'Est républicain, 20 juin 1925, Nomenclature des journaux, 1926, L'Est républicain, 22 avril 1930
  15. a et b Fiche de Gaston Vidal sur le site de l'assemblée nationale, consultée le 17/06/2015., Le Radical, 25 octobre 1919
  16. Le Populaire, 13 mai 1924, Le Populaire, 7 mai 1924
  17. André Touret, Marx Dormoy (1888-1941) : maire de Montluçon, ministre du Front populaire, Ed. Créer, 1998, p. 54
  18. Le Populaire, 4 avril 1927, Georges Rougeron, op. cit., p. 140
  19. L'Homme libre, 10 août 1927, Le Temps, 18 septembre 1927, Le Radical, 11 septembre 1927, Le Radical, 22 janvier 1928, Ibid., 5 février 1928, Le Populaire, 23 mars 1928, Le Gaulois, 30 avril 1928.
  20. Le Radical, 26 octobre 1930.
  21. Biographie de Vidal sur le site du SCUF.
  22. La Vie au grand air, Gaston Vidal, 15 octobre 1919, "Ce que je pense faire à l'USFSA".
  23. Le Populaire, 29 juin 1923, Le Radical, 29 juin 1923
  24. L'Est républicain, 20 janvier 1921, "Le programme de M. Vidal"
  25. Le Populaire, 13 mai 1923, Le Radical, 14 mai 1923
  26. Le Radical, 26 janvier 1924
  27. L'Humanité, 2 août 1924, Ibid., 23 avril 1924, Ibid., 14 mai 1924, Ibid., 19 juillet 1924, Ibid., 22 mars 1927, Ibid., 25 juin 1928.
  28. Par exemple en 1927: L'Humanité, 30 mars 1927
  29. Le Populaire, 1er janvier 1929, Le Populaire, 2 janvier 1929, Le Populaire, 8 janvier 1929, Le Populaire, 13 janvier 1929, Le Populaire, 17 janvier 1930, Le Populaire, 31 décembre 1930
  30. Le Populaire, 9 décembre 1930, Le Populaire, 24 décembre 1930, Le Populaire, 25 décembre 1930, Paris-Soir, 15 février 1931, Ibid., 22 mars 1931, Ibid., 20 mai 1931, Le Petit Parisien, 24 mars 1931, Le Petit Parisien, 26 mars 1931. Cf. Bernard Morice, op. cit.. Un compte bancaire avait été ouvert pour Vidal à la banque Oustric dès 1923. Vidal espérait devenir administrateur de la Snia-Viscosa. Il n'a pas été administrateur de la banque Oustric comme on peut le lire parfois.
  31. Paris-Soir, 23 juillet 1931 (photographie), Paris-Soir, 24 juillet 1931, Le Petit Parisien, 24 juillet 1931
  32. Le Petit Parisien, 16 mars 1935, Ibid., 8 décembre 1935
  33. Déclarée en faillitte en 1932, la société avait émis en 1930 4 millions de bons sans valeur et ses blilans étaient truqués: Paris-Soir, 1er février 1935, Le Journal, 22 mars 1935, L'Ouest-Eclair, 23 août 1934, L'Ouest-Eclair, 1er décembre 1935, L'Ouest-Eclair, 3 décembre 1935, Ibid., 15 mai 1936. Son pourvoi en cassation est rejeté en 1936: Recueil de la Gazette des tribunaux, janvier 1936, Dalloz, 1936
  34. L'Ouest-Eclair, 11 février 1936, L'Ouest-Eclair, 10 mars 1936
  35. Le Petit Parisien, 21 mars 1937
  36. L'Ouest-Éclair, 31 juillet 1937, Le Figaro, 13 janvier 1938
  37. L'Athlétisme, mai 1949.
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