Famille Michaud

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La famille Michaud est une famille originaire de Savoie (Mognard près d'Albens). Certaines de ses branches appartiennent à la noblesse française subsistante.

Cette famille fut illustrée notamment par le Comte Alexandre Michaud de Beauretour (1771-1841) et son frère Jean-Louis (1775-1821), le Baron Pierre Michaud (1769-1848), l'historien et académicien Joseph Michaud (1767-1839) et son frère l'écrivain et historien Louis-Gabriel Michaud (1773-1858).

Histoire[modifier | modifier le code]

Le comte Amédée de Foras, auteur de l'Armorial et Nobiliaire de Savoie, indique que « Suivant la tradition, les Michaud seraient issus des Michaud, seigneurs de Corcelles et de Champdor en Bugey. Cela est fort possible, mais ils n'en ont pas rappelé le souvenir par leurs armoiries. Quoi qu'il en soit, les Michaud ont produit plusieurs hommes qui, par leur valeur et le caractère, ont honoré notre pays de Savoie. Ils ont acquis par leur propre mérite une noblesse qui peut se passer d'aïeux »[1]. Thierry Faure-Nillet, auteur du livre Seigneurs et Seigneuries du plateau d'Hauteville-Lompnes (2009), signale que les familles Michaud, seigneurs de Corcelles et de Champdor en Bugey sont éteintes en ligne masculine à la fin du XVIIIe siècle, donc que le lien avec l'actuelle famille Michaud subsistante est improbable. L'extinction de cette famille a pu d'ailleurs permettre une "appropriation" de filiation et la création de la tradition rappelée par Amédée de Foras aux fins de rehausser la "qualité" de la famille[2].

Ce lien est d'autant plus improbable car il ressort d'un document de 1711, trouvé récemment dans le Tabellion d'Aix-Les-Bains (Savoie), faisant référence à un document de 1637 que cette famille Michaud (son patronyme étant alors Mattel alias Michaud, même si le patronyme Michaud fut utilisé seul dès le milieu du XVIe siècle), dont la généalogie est rappelée dans le premier document, était installée dans la paroisse de Mognard (située à quelques kilomètres d'Aix-Les-Bains) depuis la fin du XV°, généalogie confortée par les informations contenues dans la Gabelle du sel de 1561 (recensement de tous les habitants de la Savoie d'alors commandé par Emmanuel-Philibert de Savoie à des fins fiscales). Cette généalogie commençant par un Guillaume né aux environs de 1485 exclut donc tout lien direct avec les anciens barons Michaud de Champdor et de Corcelles[réf. nécessaire][3].

La famille Michaud originaire de Mognard, près d'Albens, obtint des patentes de bourgeois de Chambéry le 18 juillet 1721 par les frères Pierre et Joseph Michaud. L'un des fils de Pierre, Louis-Marie Michaud transporta son domicile vers 1767 à Villette-sur-Ain[4].

En 1766, Louis-Marie Michaud, bourgeois de Chambéry, était notaire commissaire à terrier et habitait Albens. Marié à Marie-Anne Montagnat, il fut le père de Joseph Michaud (né en 1767 à Albens) et de Louis-Gabriel Michaud (né en 1773 au château de Richemont à Villette-sur-Ain)[5].

La famille Michaud comprend plusieurs branches : une branche aînée, toujours subsistante (représentée entre-autres par les barons Michaud), originaire de Mognard département de la Savoie et une branche cadette, dite de Morillon département de la Haute-Savoie, qui donna les Michaud de Beauretour (éteints)[6].

D'autres branches subsistent encore en Savoie.

Noblesse[modifier | modifier le code]

Une branche subsistante fut anoblie avec le titre de baron par lettres patentes du 16 juin 1846 du roi Charles-Albert de Sardaigne[7]. Elle est inscrite à l'Association d'entraide de la noblesse française depuis 1959[8].

Une branche éteinte, fixée au XVIIIe siècle au comté de Nice, fut titrée comte de Beauretour en 1816 par le roi Victor-Emmanuel Ier de Sardaigne.

Personnalités[modifier | modifier le code]

Branche subsistante Michaud, originaire de Mognard

  • Pierre Michaud (né le 10 août 1678 à Mognard et mort le 18 décembre 1759 à Albens), il était le fils d'Alexandre Michaud qui épousa en 1669, Philiberte Renaud, originaire de Mognard[2]. Il fut bourgeois de Chambéry en 1721. Marié à Jeanne-Antoine Debornes (†1716) et en 1716 à Jeanne Collonges, dont il eut entre-autres : Noël, Joseph et Louis-Marie qui suivent.
    • Noël Michaud, né en 1727 à Albens et mort en 1785 à Jonzier-Epagny, (fils du précédent et de Jeanne Collonges), il épousa le 9 janvier 1760 à Rumilly Thérèse de Bracorens de Savoiroux, dont entre-autres Pierre qui suit.
      • Pierre baron Michaud (1769-1848), il servit l'Empire, sous Junot, en Espagne, où sa conduite lui valut la Légion d'honneur. Blessé En 1810, il se retira. Rappelé au service en juillet 1813, il est nommé chef de bataillon à la Légion du Mont-Blanc, sous le général Desaix. De nouveau blessé gravement en février i814, il dut quitter le champ de bataille. Après la chute de l'Empereur, il offrit ses services à la maison de Savoie. Nommé gouverneur de Nice avec le titre de major-général de cavalerie, il reçut du roi Charles-Félix, en 1840, la grande médaille mauricienne en or instituée en faveur des officiers généraux en activité qui comptaient cinquante ans de services. Il fut anobli par Charles-Albert en 1846 avec le titre de baron et mourut en 1848 à Pancalieri en Piémont. Marié en 1811 à Claudine Berthaud, il eut quatre enfants dont Claude-Antoine-Alexandre baron Michaud (1812-1884) qui épousa en 1840 Marie-Antoinette-Sébastienne Domenget et continua les barons Michaud. Il était le cousin germain de Joseph Michaud, l'auteur des Croisades[9].
      • Marie-Anne (1759-1847), sœur du baron Pierre Michaud, elle épousa Jean-François Mollard et fut la mère du général Philibert Mollard.
    • Joseph Michaud (1730-1805) (fils de Pierre Michaud et de Jeanne Collonges), Garde du corps de SM, il épousa en 1773 Claudine Muffat de Saint-Amour.
      • Pierre-Marie-François Michaud (né le 26 août 1784 à La Biolle, et mort le 8 avril 1863 à La Biolle), fils du précédent. Capitaine au 32e régiment de ligne puis percepteur et maire de la Biolle de 1860 à 1862. Chevalier de la Légion d’honneur le 10 novembre 1813. Il épousa en 1831 Sophie de Pelly (1807-1881)[10].
    • Louis-Marie Michaud (1732-1778) (fils de Pierre Michaud et de Jeanne Collonges), bourgeois de Chambéry, notaire commissaire à terrier, habitant à Villette-sur Ain, il épousa en 1765 Marie-Anne Montagnat, dont entre-autres Joseph et Louis-Gabriel qui suivent.
      • Joseph Michaud (1767-1839) académicien, historien et pamphlétaire, fils du précédent. Marié le 2 septembre 1809 à Paris avec Violette Roux.
      • Louis-Gabriel Michaud (1773-1858), écrivain et historien, frère du précédent, marié à Angélique-Julie Bonnard.

Branche éteinte Michaud, originaire de Morillon (Haute-Savoie) :

  • Jean-François Michaud (né le 20 septembre 1734 à Exilles (Piémont) et mort le 16 avril 1809 à Turin), il était l'arrière-petit-fils d'Alexandre Michaud, qui épousa en 1669, Philiberte Renaud, originaire de Mognard, petit-fils de François-Louis Michaud, né à Mognard le 22 mars 1696, qui s'établit en Faucigny où il épousa une demoiselle Gerdil, et fils de Joseph Michaud, né le 11 novembre 1702 à Morillon et de Marie-Bartholomée Cullaz (née le 21 octobre 1707 à Morillon)[2]. Ingénieur en chef du Comté de Nice, il épousa le 10 janvier 1768 à Nice Marie-Antonia Raynaud[11]

Armes[modifier | modifier le code]

  • Barons Michaud (1846) : « Tranché d’or au lion de sable, armé et lampassé de gueules, brandissant une épée d’argent et au 2 par une ligne canelé de 14 pièces de gueules à 2 bandes d’argent »[13],[14].
  • Famille Michaud comte de Beauretour : « Coupé : au I partie : au 1 d'or, à deux fleurs de lis d'azur en pal; au 2 d'argent, au chêne arraché de sinople à la barre bretessée de trois pièces de gueules brochante, au II dans un coupé d'azur, un navire d'argent aux voiles déployé"[15].

Propriétés[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Comte Amédée de Foras, Armorial et Nobiliaire de l'Ancien Duché de Savoie, Grenoble, éditions Allier, 1900, T.IV-p. 10-12
  2. a b et c Foras, ibidem
  3. AD 73 2C10 vue 54; AD 73 SA 1959 p:39
  4. Mémoires de la Société Royale Académique de Savoie, Volume 12, 1846, page CXVI.
  5. Revue du Lyonnais, Volume 30, 1865, page 461.
  6. La famille Michaud de Beauretour est éteinte en ligne masculine depuis le XIXe siècle. « Félix Hancy et Paul Hancy, descendants en ligne féminine, ont demandé le Ier juin 1975, l'autorisation de joindre à leur nom celui de la famille Michaud de Beauretour »(Pierre-Marie Dioudonnat, Le Simili-Nobiliaire français, Sédopols, 2012, p. 392)
  7. Régis Valette, Catalogue de la noblesse française, Robert Laffont, 2007; p. 139
  8. Annuaire de l'A.N.F, Albédia, Aurillac, 2017
  9. Henri Bordeaux, de l'Académie française dans La Revue des deux mondes, 1er septembre 1926 , pages 62.
  10. Base Léonore, dossier de la Légion d’honneur : LH/1861/47 : Pierre-Marie-François Michaux.
  11. Jean-Marie Rainaud, Maurice Rainaud, L'ombre d'un rêve, Éditions L'Harmattan, 2016, page 21.
  12. Leo Tolstoy, War and peace, Vintage Classics, 2008.
  13. F. de Saint-Simon, E. de Séréville, Dictionnaire de la noblesse française, 1975, page 719.
  14. Grand Armorial de France, 1948 , tome V, page 56.
  15. Annuaire général héraldique, 1902, page 813.
  16. Philippe Paillard, Histoire des communes savoyardes, Volume 3 ,Numéro 2, page 73.
  17. Claude Guigue, Topographie historique du département de l'Ain, Bourg-en-Bresse, Gromier Ainé, (lire en ligne), p. 318.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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