Eugène Rousseau (artiste)

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Eugène Rousseau
Vase carpe sur un modèle d´Eugène Rousseau exécuté par les verriers Appert Frères
Naissance
Décès
(à 63 ans)
Paris
Nationalité
Activités

François-Eugène Rousseau, né à Paris le et décédé dans la même ville le [1], est un maître verrier, artiste du mouvement des arts décoratifs. Son œuvre introduit le japonisme dans la verrerie française, puisque ses créations reprennent la plupart du temps des motifs japonais.

Biographie[modifier | modifier le code]

Eugène Rousseau s´établit dès 1855 en tant que marchand spécialisé dans la porcelaine et la faïence au numéro 43 de la rue Coquillière à Paris. L´établissement se trouve dans l´ancienne maison Duban, fondée en 1753 à cette adresse[2], louée depuis 1826 par son père Joseph Rousseau dont il prend la relève alors qu´il a 28 ans. Il se tourne vers le verre un peu plus tard dans sa carrière, lorsqu´il s´intéresse aux motifs japonisants[3].

Il s´intéresse aux techniques innovantes de ses contemporains, et demande à Marc-Louis Solon, alors décorateur à la manufacture de Sèvres, de réaliser des œuvres dites "pâtes rapportées" que Solon signera sous le pseudonyme "Milès"[4]. La technique de la pâte rapportée (ou pâte-sur-pâte) est alors novatrice, et consiste à appliquer de la pâte liquide sur un vase cru pour dessiner des motifs en relief [5].

En 1867, Eugène Rousseau fait réaliser par Félix Bracquemond un service de porcelaine destiné à être présenté à l'exposition universelle à Paris, où pour la première fois un artiste européen copie directement un artiste japonais, en reproduisant des figures animales de la Manga d'Hokusai que Bracquemond avait découverte en 1856 dans l'atelier de son imprimeur Auguste Delâtre, après avoir été utilisée pour caler un envoi de porcelaines[6]. La commande des deux cents pièces est passée à la Manufacture Lebeuf, Milliet et Cie installée à Creil et Montereau. À la suite du succès de ce service, l'esthétique japonaise influencera la production de Rousseau.

En 1871 il travaille avec Henri Lambert [1] qui réalise un service Boucheron japonisant, exposé à l´Union centrale en 1874.

Assiette du service Lambert-Rousseau conservée au musée d´Orsay

En 1877, il travaille avec Alphonse-Georges Reyen[3].

En 1884, il est le premier à exposer du verre craquelé à l´Union centrale des arts décoratifs, réalisé selon une technique vénitienne du XVIe siècle.

Il travailla beaucoup avec les verriers Appert Frères, localisées à Clichy, qui réalisèrent parmi ses plus belles pièces.

Eugène Rousseau est à l´époque un marchand et artiste de renom[7], reconnu dans le monde des arts parisien. Il est notamment membre de l´Union centrale des Arts décoratifs dès sa création en 1862[1], et reçoit la croix de la Légion d´Honneur[1].

En fin de carrière, il s´associe avec Ernest Leveillé, qui fut également son élève. Ensemble, ils réalisent une collection d´imitations de pierres précieuses[1]. Leveillé poursuivra l'œuvre d'Eugène Rousseau après sa mort, ayant racheté le fonds de son atelier rue Coquillière en 1885[3].

Galerie[modifier | modifier le code]

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Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Giuseppe Cappa, Le génie verrier de l´Europe, éditions Mardaga, (ISBN 2-87009-680-1)
  • (de) Karin Schneck, François Eugene Rousseau : Keramik und Glas an der Schwelle zum Jugendstil, Kunsthistorisches Institut der Freien Universität Berlin, 1988 (thèse).
  • Karin Schneck, « François Eugène Rousseau (1827-1890) : céramique et verrerie à l'aube de l'Art Nouveau », in Annales du 11e congrès de l'association internationale pour l'histoire du verre 1990, vol. 11, 1990, 449 p.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]