Divergence d'opinion sur les deux zodiaques

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Illustration du décalage lié à la précession des équinoxes entre :
— le zodiaque utilisé en astrologie sidérale (cercle interne sur la figure),
— le zodiaque utilisé en astrologie tropicale (cercle externe).

Cet article traite de la divergence d'opinion sur l'importance relative à accorder aux deux « zodiaques » (la ceinture de constellations zodiacales et l'écliptique lui-même).

Deux notions voisines sont appelées « zodiaque » :

En raison du phénomène astronomique de précession des équinoxes, qui induit un déplacement du point vernal sur la sphère céleste, ces deux ceintures tournent régulièrement l'une par rapport à l'autre. Ce mouvement relatif produit un décalage qui croît régulièrement, à raison d'une minute d’arc par an (valeur exacte 50,3″), ou d’un degré tous les 72 ans, ou d’un tour complet en 25 800 ans, ou d’un signe zodiacal tous les 2150 ans.

Sommaire

Problématique

La précession des équinoxes est connue depuis l'Antiquité. Le décalage entre les constellations et les segments de l'écliptique du zodiaque tropical a donné lieu à une tentative de réforme (Johannes Kepler proposera d'abandonner le zodiaque pour se consacrer uniquement aux angles entre planètes, appelés aspects) ; au XVIIIe siècle, on tentera de trouver dans ce décalage une explication de l'origine des cultes (voir ère astrologique). Une opinion largement répandue est que les astrologues ignorent l'existence de ce phénomène aisément vérifiable par l'observation du ciel[1].

Repères

Si l'on considère que les signes du Taureau et du Scorpion ont à leur milieu les étoiles Aldébaran et Antarès, alors les douze signes ainsi définis sont ceux du zodiaque dit sidéral de Cyril Fagan (ou zodiaque des constellations Babylonien). Il s'agit ici du zodiaque sidéral utilisé par la quasi-totalité des astrologues sidéralistes occidentaux[2].

Ce qu'il est convenu d'appeler l'astrologie hindoue, aussi nommée Astrologie védique ou jyotish, est elle aussi sidérale. Cependant, l'origine de cette astrologie (souvent appelée « védique ») a en fait des origines plus récentes et en partie occidentales. Les textes védiques originaux accordent une importance prépondérante aux solstices et aux équinoxes. Par exemple, le plus ancien texte, le Vedāṅgajyotiṣa 5ff., édicte que le début de l'année est calculé en fonction du solstice d'hiver et de la position de la Lune[3].

Cette « astrologie hindoue » résultant du contact de diverses influences prend en compte le décalage dû à la précession des équinoxes, avec une correction, nommée « Ayanamsa », d'environ 24°. Il existe cependant plusieurs Ayanamsa, faisant que les différents systèmes d'astrologies védiques diffèrent de quelques minutes ou secondes d'arc. La grande majorité des astrologues indiens n'utilisent que le zodiaque sidéral où l'étoile Spica marque le début de la Balance[4].

Au contraire, si l'on considère que le point de départ/arrivée des douze signes est l'endroit (le point vernal) où le trajet annuel apparent du Soleil est coupé par l'équateur terrestre au mois de mars, alors on a défini le zodiaque utilisé par les astrologues dits tropicalistes (par opposition aux astrologues dits sidéralistes, qui utilisent un zodiaque sidéral), qui reprend les signes dont parlent la plupart des journaux occidentaux.

Différences entre « constellations zodiacales » et « signes » de l'astrologie tropicale

En 26 500 ans, l'axe des pôles terrestres effectue une rotation semblable à celle, beaucoup plus rapide (quelques secondes), de ce gyroscope.

Bien que la cause du phénomène soit autre, l'image de la rotation du pôle du gyroscope demeure une excellente illustration du phénomène de la précession des équinoxes. Observons cependant que c'est l'attraction de la Lune orbitant autour de la Terre qui cause ce décalage graduel. Si nous projetons l'axe des pôles vers la voûte céleste, nous observons un trajet circulaire. Actuellement, le pôle Nord pointe vers l'étoile que nous appelons « polaire », Polaris, mais qui ne l'a pas toujours été. En 2000 avant notre ère, l'étoile polaire était Thuban, une étoile de la constellation Draco (le Dragon). En 11 000 avant notre ère, c'était, à quelques degrés près, Véga de la Lyre.

Même si l'axe des pôles tourne ainsi, l'inclinaison de cet axe, par contre, ne varie pas : elle est de 23 degrés et demi, approximativement, un angle d'inclinaison comparable à celui de ce gyroscope.

La précession de équinoxes s'accompagne d'un trajet circulaire des pôles célestes : à chaque ère correspond un pôle céleste différent, qui peut correspondre à une étoile (Polaris, actuellement), mais pas nécessairement.

C'est à cette inclinaison que sont dues les saisons : de la Terre, toujours « penchée » vers Polaris (depuis quelques siècles), nous voyons (si par exemple nous sommes dans l'hémisphère Nord), le Soleil plus longtemps et plus haut dans le ciel (c'est l'été) s'il est placé au plus proche de cette étoile, si, en d'autres termes, nous sommes « penchés » vers un Soleil semblant être dans la constellation du Cancer, voisine de Polaris. À l'opposé, en hiver, nous sommes toujours penchés dans la même direction, mais, la Terre ayant effectué la moitié d'un cycle, le Soleil semble être plus proche de la Lyre, du Capricorne, etc., et il n'apparaît que peu et s'élève peu dans le ciel. Nous somme penchés de l'autre côté. En vérité, l'inclinaison n'a pas varié, c'est notre position par rapport au Soleil qui a changé en six mois.

Positions de la Terre aux solstices et aux équinoxes. Noter que l'axe des pôles est toujours orienté dans la même direction; c'est la position de la Terre qui fait qu'elle soit « penchée » vers le Soleil, en position 4 (été boréal).

Lorsque la Terre est penchée au maximum vers le soleil, c'est l'été boréal; à l'opposé, six mois plus tard, c'est l'hiver boréal qui commence. Ces deux positions de la Terre par rapport au Soleil forment l'axe des solstices. Lorsque la Terre est à mi-chemin entre ces deux dates, ce sont les équinoxes du printemps et de l'automne. Ces deux moments du système Terre-Soleil forment l'axe des équinoxes. Étant donné que ce cycle est entièrement tributaire de l'inclinaison de la Terre, le déplacement de l'axe des pôles fera en sorte que l'arrière-plan stelllaire devant lequel se trouve le Soleil à chaque moment du cycle changera, tout comme le pôle céleste.

Douze constellations, de tailles et de conformations fort différentes, semblent jalonner le trajet apparent du Soleil en douze mois : ce sont les constellations zodiacales. Il n'y a cependant aucun lien nécessaire entre, par exemple, le Cancer sidéral et le mois dit du Cancer (le premier mois de l'été); il y a 13 000 ans, le Cancer sidéral n'était pas l'arrière-plan sidéral du Soleil d'été, mais de l'hiver.

Il demeure que cette confrontation entre le référentiel Terre-Soleil (qui permet également de situer les planètes et la Lune sur, ou autour de, l'écliptique) et le référentiel de la voûte céleste a donné lieu, depuis deux millénaires, à diverses hypothèses sur l'histoire de l'humanité.

Position du point vernal en 1690. Nous observons une fois de plus l'inclinaison de 23⁰27', mais cette fois projetée sur l'arrière-plan de la voûte céleste. L'écliptique (ecliptica), à l'horizontale, croise l'équateur terrestre projeté sur la voûte céleste, qui est incliné à 23⁰27', au point . Ces étoiles et constellations sont celles qui étaient derrière le Soleil le jour du printemps. Trois siècles plus tard, le point a glissé de quelques degrés vers la gauche, vers le Poisson Austral (Piscis Austrinus). Au début de l'ère chrétienne, ce point se trouvait plus à droite, à proximité du nœud qui relie les deux rubans auxquels sont attachés les deux Poissons. Ce décalage s'effectue « à reculons », en ce sens que le Soleil et les planètes, lorsqu'ils parcourent l'écliptique, vont de gauche à droite.

En revanche, l'histoire individuelle et celle des événements de la vie courante restent rattachées, essentiellement, selon l'astrologie tropicale, à la position du Soleil (la saison) et à celle des planètes sur l'écliptique, qui détermine leur trajet apparent dans le ciel.

Théorie des ères astrologiques

Le point vernal a ainsi reculé de la constellation du Taureau (il y a environ 6 000 ans) à celle du Bélier (il y a environ 4 000 ans), et de la constellation du Bélier à celle des Poissons (il y a environ 2 000 ans)[5].

Selon certains, nous sommes déjà dans l'ère du Verseau ; dans son livre L'Ère du Verseau, l'écrivain - il n'est pas astrologue - Jean Sendy fixe par exemple d'après les faits historiques le début de cette ère à 1950 (approximativement la possession de la Bombe A par deux blocs opposés). En revanche, selon Max Duval, astrophile proche de Dom Neroman particulièrement compétent en astronomie, qui se fonde sur la longitude écliptique de l'étoile Régulus, l'humanité doit entrer dans l'ère du Verseau en l'an 2012.

Il suffit d'observer que les constellations des Poissons et du Verseau, tout comme la Vierge et la Balance, en vérité, se chevauchent, pour juger de la difficulté d'établir une ligne de démarcation entre les ères. En effet, ci-contre, nous constatons que les flots s'écoulant de l'urne du Verseau (en bas, à gauche) sont au même niveau, par rapport à l'écliptique, que le poisson Austral, qui semble remonter le courant.

Le mouvement de passage d'une ère à une autre est progressif, et ne s'opère pas d'un coup, comme si l'on passait une frontière. Ce qui est certain, c'est que le point vernal fait le tour du zodiaque sidéral en 260 siècles, selon les évaluations des astrologues et des astronomes.

Problèmes liés à la terminologie

Les douze dénominations des signes astrologiques renvoient donc à deux types de signifiants astrologiques. En effet, si ces douze dénominations renvoient aux douze signes astrologiques, elles renvoient aussi aux douze constellations du même nom, mais pas seulement.

L'astrologie a, en quelques milliers d'années, développé des symbolismes associés à chacune de ces dénominations. Le Bélier est impulsif, le Verseau est innovant, etc., mais ces caractéristiques dérivent de leur place au sein du cercle zodiacal tropique. Le premier signe du zodiaque est jeune, entreprenant et parfois impulsif parce qu'il est le premier, il correspond au printemps[6] (c'est le signe traditionnellement appelé Bélier). Le dixième signe est prudent, calculateur, travailleur : c'est le signe de l'hiver associé, il y a deux millénaires, à la constellation du Capricorne. La désignation est demeurée, malgré le décalage. Les signes dits cardinaux (I, IV, VII, X; Bélier, Cancer, Balance, Capricorne) sont les premiers mois de chacune des saisons, les mutables sont ceux qui les précèdent (XII, III, VI, IX; Poissons, Gémeaux, Vierge, Sagittaire) et les fixes sont ceux qui restent. Les astrologues tropicalistes sont conscients du fait que les signes tropicaux sont définis d'une manière géométrique mais peuvent s'aider du symbolisme associé aux signes tropicaux, même s'ils sont dérivés d'une configuration céleste qui n'a plus cours. Ces symbolismes sont, de toutes manières, sujets à autant d'interprétations qu'il y a d'astrologues et elles évoluent avec le temps, tandis que la signification des axes des solstices et des équinoxes reste inchangée.

Il ne faut pas non plus confondre la constellation et son astérisme, c'est-à-dire la forme géométrique rudimentaire obtenue en reliant arbitrairement les étoiles les plus brillantes.

Notes

  1. L'astrophysicien Hubert Reeves a déclaré à la télévision : « Les astrologues disent que je suis du Lion. Mais lorsque je suis né, le Soleil était en Cancer ! »
  2. François le Calvez, Ère du verseau, Éditions Traditionnelles, 2001, ISBN 2-7138-0175-3, p. 52
  3. Dieter Koch. Vedic Astrology - critically examined - Astrodienst Extrait de "Kritik der astrologischen Vernunft" (Critique de la raison astrologique)
  4. revue L'astrologue n° 97, 1er trimestre 1992, p. 31
  5. Ces « grandes ères » ont été mises en relation avec les symboles des religions dominantes à l'époque. Ainsi, le Taureau fut l'emblème divin privilégié de l'Égypte (le bœuf Apis était vénéré comme incarnation de Rê sur la Terre), de la Chaldée, l'Inde (culte du taureau Nandi et de la vache sacrée), l'Iran, la Chine, la Crète (culte du Minotaure) et l'Assyrie sous ce qu'on appelle l'ère du Taureau (entre vers -4300 et vers -2150). Sous ce que l'on appelle l'ère du Bélier (entre vers -2150 et vers l'an -1), Moïse a reçu le commandement : « Tu prendras le bélier de consécration, et tu en feras cuire la chair dans un lieu saint. »(Exode, 29, 31, Traduction Louis Segond ) et le Dieu Amon avait une tête de bélier en Égypte ; à cette époque, la religion du bélier succéda également à celle du taureau en Assyrie, en Crète et en Inde, où le bélier était considéré comme l'emblème d'Agni, le feu sacré. L'ère des Poissons, dont certains fixent le début avec la naissance de Jésus Christ, porte le symbole chrétien du Poisson (qui était le signe de ralliement des premiers chrétiens), et du signe opposé dans le zodiaque, la Vierge. Un des principes de cette forme d'astro-histoire est que le signe opposé du signe dominant est également valorisé par les religions dominantes de l'époque ; ainsi, sous l'ère du Taureau, le Scorpion (signe opposé à celui du Taureau dans le zodiaque) fut porté sur sa coiffure par l'épouse du Pharaon d'Égypte, et, sous l'ère du Bélier, la religion de Moïse avait deux symboles, le Bélier et la Balance (signe opposé à celui du Bélier dans le zodiaque). Le Culte de Mithra (lié au Taureau), qui est apparu probablement pendant le IIe siècle av. J.-C. avant d'atteindre son apogée durant les IIIe et IVe  siècles, puis d'être supplanté par le christianisme, fut une exception temporaire à cette astro-histoire.
  6. dans l'hémisphère nord, car dans l'hémisphère sud, les saisons sont inversées

Sources

Voir aussi

Articles connexes

Lien externe

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