Différences liées au sexe dans la schizophrénie

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La schizophrénie est diagnostiquée davantage chez hommes que chez les femmes, avec un ratio de 1,4:1[1],[2],[3]. Les femmes sont plus susceptibles que les hommes de faire l'expérience de caractéristiques psychotiques plus tard dans la vie et elles ont tendance à afficher plus d'émotion et de symptômes psychotiques que les hommes. Les chercheurs ont aussi trouvé que le genre est utile dans la compréhension de la schizophrénie.

Considérations cliniques[modifier | modifier le code]

Selon le DSM-5, les femmes ayant un diagnostic de schizophrénie sont plus susceptibles que les hommes de ressentir les premiers symptômes majeurs de la maladie à un âge plus avancé. Elles manifestent souvent plus d'émotions et de symptômes psychotiques, alors que les hommes ont tendance à avoir plus de symptômes de désorganisation et de schizophrénie négatifs. Les femmes ont tendance à montrer une aggravation des symptômes psychotiques à mesure qu'elles vieillissent tandis que les hommes ont tendance à subir un plus grand préjudice social.

Bien que ces tendances ont été observées, les hommes et les femmes présentant cette maladie peuvent s'éloigner significativement de ce qui correspond généralement aux sympômes associés à leur sexe, tout en restant dans les critères du diagnostic de schizophrénie[4].

Développement[modifier | modifier le code]

Différences entre les sexes dans l'enfance[modifier | modifier le code]

Les enfants diagnostiqués avec schizophrénie infantile, une forme rare de la schizophrénie avec une apparition de symptômes psychotiques avant l'adolescence, présentent très peu de différences selon le sexe. Chez les garçons, les premières manifestations ont tendance à apparaître à un âge plus jeune d'environ un an. Les femmes ont tendance à avoir des scores plus faibles au QI verbal à cet âge[5].

Différences entre les sexes concernant l'apparition des symptômes au cours de la vie de jeune adulte[modifier | modifier le code]

L'apparition des premiers signes est plus fréquent pour les hommes et les femmes, entre la fin de l'adolescence et le milieu de la trentaine d'âge. Les femmes sont plus sujettes pour faire l'expérience de leur premier épisode psychotique à la fin de la vingtaine d'âge, et les hommes vers le milieu de leur vingtaine d'âge.

Prévalence chez les femmes pendant l'âge moyen[modifier | modifier le code]

Au cours de l'âge moyen, plus de femmes que d'hommes souffrent de schizophrénie. La raison de ce phénomène est inconnue. Les théories comprennent le vieillissement du cerveau pour expliquer la latence d'apparition chez les femmes comparativement aux hommes, mais aussi l'hormone de l'épuisement au cours de la ménopause, citant la nature anti-psychotique de l'œstrogène[6].

Mariage et maternité[modifier | modifier le code]

La plupart des hommes diagnostiqués avec schizophrénie ne se marient pas et ont des réseaux sociaux limités. Les femmes avec un diagnostic de schizophrénie, en particulier dans les cas de survenue tardive, sont plus susceptibles que les hommes d'être mariées.

Les femmes avec un diagnostic de schizophrénie ont tendance à avoir moins de descendants que celles qui ne sont pas touchées ; toutefois, cette différence est moins marquée que celle des hommes[7]. Les femmes avec un diagnostic de schizophrénie font souvent l'expérience de pressions issues de leur communauté pour ne pas avoir d'enfants en raison de leurs troubles mentaux[8].

Hospitalisation[modifier | modifier le code]

La première admission à l'hôpital des personnes avec schizophrénie a tendance à être à un plus jeune âge chez les hommes que chez les femmes, indépendamment de l'âge du début de la maladie[9]. Les premières manifestations de la schizophrénie peuvent apparaître au même âge chez les deux sexes, mais le temps qui s'écoule entre le début de la maladie et la date de la première admission à l'hôpital est beaucoup plus courte chez les hommes que chez les femmes. Les différences entre les sexes concernant l'âge de la première admission à l'hôpital sont généralement dues à une apparition plus soudaine de la maladie chez les femmes[10].

Consommation du tabac[modifier | modifier le code]

Le tabagisme est plus répandu chez les personnes avec schizophrénie (80 %) que dans la population générale (20 %)[11]. Cependant, la schizophrénie n'est vue que comme un facteur de risque de tabagisme chez les hommes, avec des facteurs sociaux associés à la maladie mentale contribuant à augmenter les taux de tabagisme chez les deux sexes[12].

Performance cognitive et phénotype[modifier | modifier le code]

Il existe des différences cognitives entre les hommes et les femmes schizophrènes. Les patients homme ont une association négative significative entre les variables cognitives et les scores de l'ESPN (symptôme négatif de l'échelle)[réf. nécessaire]. La diminution significative de la mémoire immédiate et la mémoire lente, le langage et le total des scores du RBANS ont été observés chez les personnes schizophrènes pour les deux sexes. Les hommes ont une plus faible mémoire immédiate, mémoire différée, et un total des scores RBANS que les femmes, bien que cette différence entre les sexes a également été observée dans le groupe de contrôle sans schizophrénie. Chez les femmes, il y avait des corrélations positives entre les symptômes positifs de l'échelle et la mémoire immédiate, visuo-spatiale, et le score total. Les indices de l'attention et du langage étaient négativement associés avec les échelles de symptômes. Un faible niveau éducatif, des symptômes négatifs plus importants, un âge plus avancé et le fait d'être un homme ont été associés à des troubles cognitifs dans la schizophrénie[13].

Rôles de genre[modifier | modifier le code]

Les différents genres présentent souvent ce qui a été appelé l'inversion des rôles parce que chaque genre présente des caractéristiques opposées à leur stéréotypée du rôle de genre[14]. Les études les plus récentes ne confirment pas cette hypothèse[15].

De récents travaux de recherche ont trouvé des tendances en utilisant le genre non-biologique pour séparer les personnes avec un diagnostic de schizophrénie[16].

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) John McGrath, Sukanta Saha, David Chant et Joy Welham, « Schizophrenia: A Concise Overview of Incidence, Prevalence, and Mortality », Epidemiologic Reviews, vol. 30,‎ (DOI 10.1093/epirev/mxn001, lire en ligne [PDF]).
  2. (en) Aleman, Kahn et Selten, « Sex differences in the risk of schizophrenia: evidence from meta-analysis », Archives of General Psychiatry, vol. 60(6),‎ , p. 565-71 (lire en ligne).
  3. (en) Kathryn Abel, Richard Drake et Jill Goldstein, « Sex differences in schizophrenia », International Review of Psychiatry, no 22(5),‎ , p. 417-428 (lire en ligne).
  4. (en) Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders, Arlington Virginia, American Psychological Association, (ISBN 9780890425596).
  5. (en) Anna E. Ordóñez, Frances F. Loeb, Xueping Zhou et Lorie Shora, « Lack of Gender-Related Differences in Childhood-Onset Schizophrenia », Journal of the American Academy of Child & Adolescent Psychiatry, vol. 55, no 9,‎ , p. 792-799 (DOI 10.1016/j.jaac.2016.05.022, lire en ligne).
  6. (en) David Castle, John McGrath et Jayashri Kulkarni, Women and Schizophrenia, Cambridge, Cambridge University Press, (ISBN 0521786177).
  7. (en) A. Jablensky, Schizophrenia, (DOI 10.1002/9780470987353.ch12, lire en ligne), « Chapter 12. The Epidemiological Horizon ».
  8. (en) Jenny Hearle et John McGrath, Women and Schizophrenia, Cambridge, Cambridge University Press, , 79-94 p. (ISBN 0521786177), « Motherhood and Schizophrenia ».
  9. (en) H. Häfner, A. Riecher, K. Maurer et W. Löffler, « How does gender influence age at first hospitalization for schizophrenia? A transnational case register study », Psychological Medicine, vol. 19, no 4,‎ , p. 903–918 (PMID 2594886, DOI 10.1017/S0033291700005626).
  10. (en) M. C. Angermeyer et L. Kühn, « Gender differences in age at onset of schizophrenia. An overview », European Archives of Psychiatry and Neurological Sciences, vol. 237, no 6,‎ , p. 351–364 (PMID 3053193, DOI 10.1007/BF00380979).
  11. (en) N. L. Keltner et J. S. Grant, « Smoke, Smoke, Smoke That Cigarette », Perspectives in Psychiatric Care, vol. 42, no 4,‎ , p. 256–261 (PMID 17107571, DOI 10.1111/j.1744-6163.2006.00085.x).
  12. (en) J. Johnson, P. Ratner, L. Malchy et C. Okoli, « Gender-specific profiles of tobacco use among non-institutionalized people with serious mental illness », BMC Psychiatry, vol. 10,‎ , p. 101 (PMID 21118563, PMCID 3002315, DOI 10.1186/1471-244X-10-101).
  13. (en) M. Han, X. F. Huang, D. C. Chen et M. H. Xiu, « Gender differences in cognitive function of patients with chronic schizophrenia », Progress in Neuro-Psychopharmacology and Biological Psychiatry, vol. 39, no 2,‎ , p. 358–363 (PMID 22820676, DOI 10.1016/j.pnpbp.2012.07.010).
  14. (en) J. Ecker, J. Levine et E. Zigler, « Impaired Sex-Role Identification in Schizophrenia Expressed in the Comprehension of Humor Stimuli », The Journal of Psychology, vol. 83, no 1st Half,‎ , p. 67–77 (PMID 4688199, DOI 10.1080/00223980.1973.9915592).
  15. (en) M. C. Angermeyer et D. Grottker, « Do schizophrenic psychoses lead to a reversal of sex-specific role behavior? Results of an explorative study », Psychiatrische Praxis, vol. 17, no 2,‎ , p. 85–90 (PMID 2343069).
  16. (en) Richard Lewine, Morgan Martin et Mara Hart, « Sex versus gender differences in schizophrenia: The case for normal personality differences », Schizophrenia Research,‎ (lire en ligne).
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