Delanne D-1300

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Delanne D-1300
Rôle avion d'affaires
Constructeur Maurice Delanne
Dimensions
Longueur 11,125 m
Envergure 8,25 m
Aire alaire 20 m2
Masse et capacité d'emport
Max. au décollage 3 145 t
Kérosène 1 100 L
Passagers 6
Fret 525 kg
Motorisation
Moteurs Turbomeca Marboré
Performances
Vitesse de croisière maximale 740 km/h
Vitesse maximale 850 km/h
Autonomie 1 000 km
Plafond 12 000 m
Charge alaire 157 kg/m2

Le Delanne D-1300 est un petit avion d'affaires[1] à réaction conçu en France en 1960 par l'ingénieur aéronautique français Maurice Delanne.

Conception[modifier | modifier le code]

En 1960, Maurice Delanne rentre des États-Unis où il avait émigré en 1945, à son retour de déportation. Il en revient avec l'idée que l'avènement de la propulsion à réaction entraîne une plus longue course de décollage, et cela va à l'encontre du développement de l'aviation d'affaires à réaction. Ce type d'avion devrait pouvoir utiliser un grand nombre de terrains, alors qu'il est, au contraire, obligé de se limiter aux longues et coûteuses pistes créées spécialement pour les avions de ligne ou les appareils militaires. Le turboréacteur, même à double flux, est, à cette époque, mal adapté aux faibles vitesses de translation des phases de décollage et d'atterrissage. Maurice Delanne propose donc en 1961 son projet d'avion de tourisme et de transport postal propulsé par deux petits réacteurs[2] Turbomeca Marboré[1] II : le Delanne D-1300.

Sur le plan aérodynamique, l'avion reprend la formule des ailes en tandem qu'il a mise au point sur des avions à hélice avant la Seconde Guerre mondiale. Cependant, à l'époque ses avions avaient des ailes en mouette. Pour le D-1300, il adopte l'aile delta mise au point, également avant la Seconde Guerre mondiale, par son collègue Nicolas Roland Payen[3]. Les ailes sont décalées, et les gouvernes de profondeur et de gauchissement sont montées sur la seule aile arrière. Cette disposition dégage entièrement l'aile avant, qui peut ainsi être pourvue d'un dispositif hypersustentateur optimisé. Chaque aile a une flèche de 65 degrés au bord d'attaque et 10 degrés au bord de fuite, et une surface alaire de 10 m2. Le profil d'aile est un NACA 65.006 à calage constant. L'aile avant porte des volets à recul avec déflecteur, dont le braquage peut atteindre 60 degrés. Leur commande est électrique. L'aile arrière porte des ailerons spéciaux : ceux-ci ne sont pas classiquement placés au bord de fuite, mais constitués par les extrémités de la voilure, pivotant autour d'un axe perpendiculaire au plan de symétrie de l'avion, comme sur le Short SB.4 Sherpa britannique de 1953. Maurice Delanne proposait, étant donné la faible dimension de chaque demi-voilure, de prévoir leur fabrication en demi-coquille d'alliage léger coulé, les revêtements d'extrados et d'intrados étant identiques[2].

Le fuselage peut accueillir six passagers. Il a une structure à quatre longerons avec cadres principaux ou secondaires, et un revêtement travaillant en alliage léger. Les deux réacteurs sont accolés de chaque côté de la pointe arrière, comme sur l'avion de ligne Sud-Aviation SE.210 Caravelle. Leur alimentation en air est assurée quelle que soit l'incidence de l'appareil, grâce à l'interaction aérodynamique entre les deux voilures. Les roues principales du train d'atterrissage s'escamotent en se repliant latéralement dans le fuselage, grâce à un système de parallélogramme. La roue avant, orientable, se replie dans le nez[2].

L'avion devait atteindre de hautes performances, avec une charge alaire maximale de 157 kg/m2 au décollage, et une poussée totale des réacteurs de 800 kg. Le poids total au décollage était de 3 145 kg, soit un rapport poids/poussée de 3,9. L'écart entre la vitesse maximale en palier (850 km/h) et la vitesse d'atterrissage (95 km/h) atteignait donc un coefficient de 9, chiffre inégalé pour un appareil de cette catégorie[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b François Delassale, « Les avions de Maurice Delanne », Aeromed, no 71,‎ , p. 4-9 (lire en ligne).
  2. a b c et d « Projet Delanne D-300 », sur Minijets (consulté le 6 octobre 2018).
  3. Pierre_Gaillard, « L'oeuvre de Nicolas Roland Payen » (consulté le 6 octobre 2018).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • « Le projet du Delanne D-1300 », Les Ailes, no 1835,‎ , p. 1.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Portail de l’aéronautique
  • Portail de la France