Confrérie de la Cuillère

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La Confrérie de la Cuillère est une association chevaleresque et secrète destinée à venir en aide au duc de Savoie Charles III dans ses tentatives de conquête de Genève.

Histoire[modifier | modifier le code]

Une première assemblée aurait eu lieu en octobre 1527 au château de Bursinel[1], réunissant de nombreux nobles du Pays de Vaud, du Faucigny, de la Bresse et de la Franche-Comté. Le chroniqueur François Bonivard évoque l'assassinat en 1529 à Genève de François de Pontverre, le chef des conjurés[2], ces derniers étant appelés aussi « gentilshommes de la Cuiller », « compagnie de la Cuiller », ou « bande des Cuillères »[3]. En signe de ralliement, ils portaient au cou une cuillère, attachée par un ruban de soie[4].

Genève, alliée depuis 1526 aux Cantons confédérés, déjoue plusieurs attaques grâce à l’appui des villes suisses. Ainsi, des troupes bernoises, fribourgeoises et soleuroises viennent au secours de Genève en 1530, incendiant sur leur passage de nombreux châteaux détenus par des conjurés vaudois, dont Allaman[5], Bursinel[6], Dully[7], Perroy[8], Rolle[9], Vullierens et Vufflens[10], tout comme la maison forte du Rosay à Bursins[11], et celle de Vincy à Gilly[12]. Une nouvelle menace, en janvier 1536, mène à une seconde campagne helvétique qui débouche sur la conquête du Pays de Vaud par les Bernois. À cette occasion encore, les seigneurs de Rolle et de Vincy manifestent des velléités de résistance. En représailles, leurs châteaux, avec la maison d'Allinges à Rolle, sont à nouveau incendiés[13]. L'aventure se termine le 25 février 1536 par la capitulation d'Yverdon, où les conjurés s'étaient retranchés, et par la fuite à Saint-Claude, en Franche-Comté, de leur principal chef, le baron de La Sarraz[1] .

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Emile Rivoire et Victor van Berchem, Registres du Conseil de Genève, t. XI 1528-1531, Genève, Société d'histoire et d'archéologie de Genève, .
  • Louis Junod, Mémoires de Pierrefleur [1530-1561], Lausanne, , p. 6-9.
  • François Bonivard, Chroniques de Genève, Genève, Gustave Revillod, .
  • Eugène Mottaz, Dictionnaire historique du canton de Vaud, t. I, Genève, Slatkine, , p. 581-584.
  • Jean de Senarclens, 800 d’histoire de la famille de Senarclens et de sa branche de Grancy, Genève, , p. 132.
  • Paul Bissegger, Les Monuments d'art et d'histoire du canton de Vaud VII. Rolle et son district, Berne, coll. « Les monuments d'art et d'histoire de la Suisse 120 », , 486 p. (ISBN 978-3-03797-029-4).

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Mottaz 1982, p. 581-584
  2. Bonivard 1867
  3. Rivoire 1931, p. 176 n. 1, 180 n. 1, 192 n. 1, etc.
  4. Junod 1933
  5. Bissegger 2012, p. 38.
  6. Bissegger 2012, p. 56.
  7. Bissegger 2012, p. 114.
  8. Bissegger 2012, p. 242.
  9. Bissegger 2012, p. 279.
  10. Rivoire 1931, p. 487 n. 1, lettre du 8 oct. 1530.
  11. Bissegger 2012, p. 91.
  12. Bissegger 2012, p. 149.
  13. Bissegger 2012, p. 353.
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